Speaker #0Bonjour et bienvenue dans le podcast Areco Vert, le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources panctoriales, usage concret, filière, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous. Belle écoute ! Bonjour à tous, aujourd'hui je vous fais le bilan de cette sixième journée de la quinzaine de l'agriculture teintoriale. Nous avons parlé aujourd'hui de la teinture végétale. Je rappelle que c'est le premier débouché de nos cultivateurs en plantes teintoriales. Aujourd'hui, on a parlé des pratiques d'antan, ce qu'elles nous avaient permis de réaliser pour des pratiques actuelles. Donc, globalement, les secrets, les défis et l'avenir de la teinture végétale. Donc, si vous ne connaissez pas la quinzaine teintoriale, l'idée, c'est de regrouper l'amont et l'aval, donc les cultivateurs de plantes teintoriales, avec les débouchés qui utilisent de la couleur végétale dans leurs produits, que ce soit le textile, les beaux-arts, la santé, la cosmétique, la recherche, la formation, etc. Et donc... Aujourd'hui, on s'est posé la question de quels étaient les vrais besoins en plantes teintoriales des teinturières et teinturiers en végétal. Est-ce que c'était uniquement de la plante fraîche ou est-ce qu'on basculait vers des extraits dont on a parlé le deuxième jour avec Greening ? Et le premier point clé, ça a été de parler de ce sujet-là, plantes entières ou extraits, que choisir ? Et cette grande question, on a vu que c'était un petit peu les deux. Les extraits s'imposent de plus en plus pour des raisons de reproductibilité. Donc on l'a vu, quand on travaille avec la plante fraîche ou séchée, la teneur en colorant, elle varie d'un terroir, d'une saison de récolte, de conditions de récolte, d'autant de manières que les agriculteurs ont de la collecter. Et par exemple, Dominique Cardon nous citait une gaude cueillie dans une région qui est plus verte ou dans une autre qui sera plus jaune, etc. Donc ça crée de la variabilité. Et donc, le fait de travailler avec des extraits, ça enlève encore cette variable, puisque, et donc là, Patrick Brenac et Isabelle Brenac de Greening sont intervenues pour dire que le fait de travailler des mélanges, ça assurait une stabilité, et qu'il y a encore d'autres formulations plus fortes que des extraits, pour répondre aux besoins des différents domaines d'application. Donc, les extraits offrent, vous l'avez compris, une constance qui va rassurer de nouveaux clients vers la couleur végétale. Ça permet des projets ambitieux pour des marques, des créateurs, des longs-métrages, etc. Et ça ne trahit pas la plante, vu que l'origine, c'est bien des plantes, et c'est bien des plantes qui peuvent être issues de nos producteurs et de nos agriculteurs français. Alors, le deuxième témoignage qu'on a eu, c'est donc d'Alexandra Benzedu, qui nous disait qu'elle adorait, par rapport à son amour pour la botanique, la cueillette, etc., travailler avec de la plante. plantes fraîches et donc elle y trouve aussi sa manière d'être, sa manière de faire donc c'est vraiment dépendant des projets de chacun mais pour des projets à plus grande échelle, l'extrait est quand même en train de s'imposer le deuxième point clé de tout ce qu'on peut tirer de l'archéologie expérimentale qu'ont fait Dominique Cardon et Sandrine Rosier dans leur stage autour des couleurs de Paul Gou et d'Antoine Jouannot donc les teinturiers de l'époque, emblématiques, c'est la gestion de l'eau. La gestion des bains, qui était vraiment un point critique en soi. Donc là, c'était vraiment l'histoire de comment on gère les bains. Est-ce qu'on les conserve ? Est-ce qu'on les jette ? Combien de temps ça peut tenir ? Etc. Le travail de Michel Garcia sur le fait d'épuiser les bains et surtout de les transformer en pigments a été salué. Et des retours terrain très concrets ont été partagés dans la session. Donc on a notamment Sandrine Rosier qui nous a confirmé que oui, un bain de teinture peut se conserver. Il faut surveiller l'apparition de moisissures ou de pourritures qui dégradent la teneur en colorant. Et elle nous faisait une référence à leur projet du film Astérix et Obélix, où ils avaient dû teindre en quantité des costumes pour le film, où ils utilisaient des conservateurs naturels, où ils modifiaient le pH pour permettre à... le non-développement, on va dire, de ces moisissures et y réactiver le pH, etc., quand c'était le moment de reteindre à nouveau. Donc ça, c'est une des techniques qui a été partagée. C'est aussi une autre technique pour ne pas consommer, pour savoir où on va dans notre teinture et l'utilisation de nos bains. C'est aussi celle de stopper à, par exemple, une demi-heure de teinture le bain et venir le mesurer avec un spectro-colorimètre. Donc ça, c'est vraiment... Une des propositions phares de Dominique Cardon et Sandrine Rosier dans leur stage, c'est l'utilisation d'outils de mesure pour être sûr qu'on est sur le bon chemin de la teinture et que le delta, vous savez, pour être le plus proche d'une couleur, soit atteint. Et donc cette technique de se stopper pendant la teinture, de sortir la teinture, de la rincer et de la mesurer, c'est vraiment des gestes qu'elles nous ont partagés et des astuces reprises. de ce travaux des anciens maîtres teinturiers. Un autre point clé, c'est la teinture en cascade. C'est un terme qu'a donné Dominique Cardon pour parler du génie des anciens teinturiers. Et ça, c'est incroyable et fascinant. Qui, autrefois, avait développé une organisation d'ateliers qui était redoutablement efficace. Et on commence seulement à la redécouvrir. Et donc, dans le travail... comme je disais, d'archéologie expérimentale que font Dominique et Sandrine Rosier, et bien en fait, vous voyez que ce soit Paul Gou ou Antoine Joanneau, ils avaient un ordre logique, donc vous le retrouvez dans les bouquins de Dominique que je vous invite vraiment à aller consulter, je vous mettrai les liens en dessous et je vous remettrai un épisode de Dominique et de Sandrine, ainsi que la conférence que nous a donné Dominique Cardon sur le Patreon à Recover. Et donc en fait... L'enchaînement des bains, ce n'est pas seulement de la logistique pure, c'est aussi des réflexions sur les couleurs. On commence par les bleus, puis les rouges, les jaunes, les fauves, les noirs. Et on travaille aussi teinture de la cuve, teinture au mordant, puis teinture au tannin. Et donc tout ça, Dominique et Sandrine nous l'ont super bien expliqué. Elles nous précisent aussi que c'est une anticipation logistique fine, parce qu'il faut gérer l'eau, contrôler les températures, enchaîner les bains, sans perdre la qualité, etc. Donc c'est une vraie rigueur. Et franchement, leur stage, je vous remettrai. Pareil, les liens, vous les retrouvez. Donc, c'est des formations qui sont dispensées par le centre de formation Vieilles Racines et Jeunes Pouces, dont Thierry Thévenin est venu parler le troisième jour de la quinzaine. Et donc, voilà. Pour vous dire que tout ce qu'on a appris des teinturiers de l'époque, ce n'est pas de la nostalgie, c'est juste de l'efficacité pure qui est transposable dans les ateliers d'aujourd'hui. Sauf que la demande, elle n'est pas au même niveau. C'est-à-dire qu'à l'époque, il n'y avait pas. de colorants synthétiques. Tout passait par la couleur végétale, donc la demande était forte. Donc, il y avait vraiment nécessité d'enchaîner les bains, d'être hyper rigoureux dans l'organisation. Aujourd'hui, c'est moins le cas, mais on a des exemples concrets, comme ce que fait Sandrine Rosier sur son travail formidable avec les costumes. On a aussi parlé de la montée en échelle, qui est toujours un sujet intéressant et d'actualité. Et Sandrine Rosier nous a montré que c'était possible. Comme elle l'a dit, la teinture pendant longtemps végétale a été perçue comme un artisanat de niche, qu'on était limité par les quantités, que c'était impossible à industrialiser, que ça coûtait trop cher, etc. En fait, Sandrine a démontré la preuve par l'exemple. Elle a montré que la teinture végétale dans un système de travail pour le costume pouvait coûter moins cher en colorant que des colorants de synthèse. Et elle avait bluffé tout le monde dans le projet de costume. Donc, c'est viable économiquement. L'idée, c'est vraiment comment trouver une organisation, une logistique qui fasse qu'on puisse enchaîner ses bains, on puisse enchaîner ses couleurs, on puisse mutualiser les ressources, les besoins, etc. Et donc, on voit bien que les artisanes... artisans et artisanes en teinture végétale, ont des défis communs. Donc là, c'est vraiment le témoignage passionnant qu'on a eu d'Alexandra qui nous expliquait tout son chemin de presque 15 pour arriver à monter son entreprise. Donc d'accès au matériel, de coûts de fourniture, la visibilité, les questions de quelle est ma capacité de production, comment je m'outille, etc. Bref, c'était vraiment passionnant. Franchement, je ne peux même pas le résumer en 10 minutes. On a parlé de la machine NaturaDS pour la teinture en machine, ce que ça a permis, ce que ça a débloqué comme préjugé, etc. Bref, c'était hyper intéressant. Je vous invite à aller écouter le replay. Et un point aussi super intéressant, c'est la notion de langage commun pour la couleur végétale. Dominique Cardon réexprime son attachement aux différents noms de couleurs de l'époque. qui était incroyable, le vert prairie, le vert céladon, etc. Et en fait, il y a une idée de Sandrine Rosier, d'un nuancier couleur végétale avec les noms historiques pour retravailler par exemple le costume, etc. Donc bref, c'est hyper intéressant, c'est hyper enthousiasmant de voir tout ce qui est fait. On a aussi encore une autre contribution de Sandrine Rosier, elle nous a reparlé du Greta, qui existe depuis j'ai noté dix ans déjà. C'est des sessions de mi-septembre à mi-octobre. Pendant quatre semaines, 10 à 12 personnes formées qui ont pu avoir des aides de l'AFDAS, qui sont éligibles au CPF. Je le glisse parce qu'on en a parlé avant. Tout type de public, costumier, scénographe, designer, plasticien, etc. Il y a plusieurs intervenants, hyper passionnants. et puis vous allez visiter apparemment plein de lieux. hyper important de la couleur végétale. Je voulais le replacer là parce que la contribution de Sandrine Rosier et de Dominique Cardon sur tous ces sujets est juste incroyable. Tout le reste, il y a énormément d'autres choses. Franchement, ça a été hyper intense. Je vous laisse aller voir le replay là-dessus. Et qu'est-ce que je voulais vous dire d'autre ? Non, qu'à part le fait que c'était hyper enthousiasmant de voir les installations qui se font les gens qui se regroupent dans des tiers lieux, la mutualisation, etc. Voilà, c'est vraiment passionnant. Donc, écoutez, je vous donne rendez-vous pour la prochaine journée, donc jeudi, sur les Beaux-Arts. Et on terminera par la coloration capillaire végétale, la savonnerie et le make-up. Vous pouvez prendre la quinzaine en cours. Il vous suffit de vous abonner et vous avez tous les replays de tout le démarrage de la quinzaine. Donc, ne vous inquiétez pas, vous allez être... servi. Merci à tous et belle journée. Merci pour votre écoute. Pour soutenir la couleur végétale, abonnez-vous au podcast Aréco Vert sur la plateforme d'écoute de votre choix et laissez un commentaire si vous avez appris quelque chose. Ça soutient vraiment le podcast. Pour les artisanes de la couleur végétale qui veulent aller plus loin, vous pouvez rejoindre la plateforme Patreon ou la communauté Aréco Vert à vie. Et pour les entreprises, qui souhaitent creuser davantage le sujet de la couleur végétale, me faire intervenir dans leurs entreprises pour leur expliquer la filière et les enjeux, Merci.