Speaker #0Bienvenue sur Arty Time, ta dose d'humour culturel. Je te parle d'artistes morts ou vivants ou morts-vivants, de lieux culturels à absolument visiter et les autres à absolument éviter. Je te fais des résumés des expositions, si t'as la flemme d'y aller, et que tu veux briller à la machine à café ou tu manques midi chez ta belle-mère. Ne me remercie pas, c'est gratuit ! Enfin, tu peux quand même lâcher un petit commentaire, ça te rétend pas. Allez, bonne écoute ! Coucou mes petits curieux, aujourd'hui je vous emmène respirer un bon bol d'air frais direction la Normandie et plus précisément la jolie ville de Deauville. Et je dois vous faire une confession, mais avant ça, je suis toujours Célia Rastoin, l'heureuse propriétaire de ce podcast. Le reste du temps, je suis consultante en communication et ça m'arrive même de faire des podcasts pour les entreprises. Mais on n'est pas là pour parler de ça, je vous disais donc que je devais vous faire une confession. Moi qui vis en ville, métro, klaxon, scooter, livreur des libéraux, qui surgissent comme des ninjas sur les pistes cyclables, venir au bord de la mer me fait toujours un petit effet particulier. C'est comme si mon cerveau passait soudainement en mode économie d'énergie. D'un coup, tout ralentit. Le bruit des mouettes remplace les sirènes de police. Et l'odeur de l'iode remplace l'odeur du métro à 18h. Et puis il y a ce petit frisson historique. Parce que quand vous marchez sur la plage de Deauville, vous marchez aussi dans les traces de quelques Américains célèbres. Clint Eastwood, Natalie Portman, Steven Spielberg, tellement d'autres sont venus ici pour le célèbre festival de cinéma américain. Si les Américains aiment tant Deauville, ce n'est pas seulement pour les plateaux de fruits de mer et ses cabines de plages pastels, c'est surtout pour ce fameux festival. Chaque mois de septembre, depuis 1975, la ville accueille le Festival du cinéma américain de Deauville. C'est un peu le cousin normand de Hollywood. Deux trucs à savoir sur ce festival. Il a été créé pour faire découvrir en France le cinéma indépendant américain. Pas des énormes blockbusters, mais plutôt des films un peu plus audacieux, ceux qui racontent l'Amérique autrement. Ce festival remet un prix spécial, le Grand Prix de Deauville, qui a permis de révéler plusieurs réalisateurs avant qu'ils ne deviennent des stars du cinéma, comme Steven Soderbergh ou encore Quentin Tarantino. Mais cette semaine, je ne suis pas allée à Deauville pour le festival, mais pour une exposition très particulière, au cœur d'un lieu culturel assez étonnant, dirigeant le musée des Franciscaines. Alors ce lieu a une histoire assez incroyable. A l'origine, le bâtiment est un couvent occupé par des religieuses franciscaines, à partir de 1878. Pendant longtemps, les sœurs y vivent dans le calme entre prière et la vue communautaire. Puis, le site a été entièrement transformé et réouvert en 2021, comme un immense lieu culturel. Aujourd'hui, on y trouve un musée, une médiathèque, des salles d'exposition et même un cloître. Un mélange entre bibliothèque, musée et centre culturel. Bref, un endroit parfait pour nourrir la culture de vos neurones. Et en ce moment, on peut y voir une expo assez originale. Elle s'appelle « Vue de dos, une figure sans portrait » . Bonne nouvelle, l'expo est visible jusqu'au 31 mai de cette année 2026. Autant vous dire que c'est l'excuse parfaite pour profiter des ponts du mois de mai. Programme idéal, un peu d'art, une balade sur la plage et une assiette de moules frites face à la mer. L'idée de cette exposition est simple et géniale. Pendant des siècles dans l'histoire de l'art, les artistes ont surtout représenté les visages. Normal, un portrait sert à reconnaître quelqu'un. À l'époque, il n'y avait pas de photos, ni Instagram, ni TikTok. Mais cette exposition pose une question intéressante. Que se passe-t-il quand on tourne le modèle de dos ? L'exposition explore justement cette figure du dos. dans l'art de la Renaissance à aujourd'hui avec une centaine d'œuvres. Premier exemple, le tableau Mondo Novo du peintre vénitien Diodo Minico Tiepielo. Je ne parle pas italien. Dans cette scène, un groupe de personnages est rassemblé devant une boîte d'optiques. Mais ce qui est drôle, c'est que tout le monde est de dos. On y voit leurs perruques, leurs manteaux, leurs silhouettes courbées vers l'image. Et nous, spectateurs, on se retrouve à regarder des gens qui regardent autre chose. Un tableau sur la curiosité humaine. Deuxième œuvre, intérieur femme en bleu fouillant dans une armoire, du peintre Félix Vallotton. Ici, une femme est penchée dans une armoire. On ne voit pas son visage, seulement son dos et sa robe bleue. Cette position crée un effet presque voyeur. On a l'impression d'assister à une scène intime, comme si on entrait directement dans la pièce. Le dos devient alors un outil narratif. Et la dernière œuvre dont j'ai envie de vous parler, le titre c'est Natation, de la peintre Yvette Hald. Dans ce tableau, une nageuse vue de dos au moment où elle plonge dans l'eau. Le corps est étiré, les épaules s'élancent et tout dans le mouvement passe par la ligne du dos. Une façon très dynamique de représenter le corps. Et ce n'est pas la seule exposition intéressante aux franciscaines en ce moment. Il y a aussi une exposition consacrée à la photographe française Valérie Belin. Elle est née en 1964, c'est l'une des grandes figures de la photographie contemporaine. Elle est connue pour ses images très stylisées, souvent réalisées en studio, où elle photographie des objets, des mannequins ou des visages. Son travail interroge beaucoup la notion d'apparence et la frontière entre le réel et l'artificiel. En regardant ses photos, on se demande souvent est-ce une vraie personne ou est-ce une image presque trop parfaite pour être humaine. Dans son exposition, une série montre un exemple de mannequin de vitrine photographié en très gros plan. Le visage est lisse, les yeux brillants, la peau presque parfaite. Et pendant quelques secondes, on hésite, est-ce une poupée, une vraie femme ou une image générée par l'IA ? Cette ambiguïté est justement au cœur du travail de Valérie Belin. Une autre photographie frappante montre un portrait féminin très stylisé, où le visage est presque réel. Le maquillage est extrêmement graphique, la peau est lumineuse et l'image semble presque numérique. On a l'impression de regarder une icône de publicité ou un avatar. Avec ces images, Valérie Belin questionne notre obsession contemporaine pour la beauté, l'image et les apparences. Bref, si vous avez envie de mêler photographie contemporaine, histoire de l'art et moules frites, je vous conseille vraiment ce petit détour au Franciscaine. Et qui sait, vous y croiserez peut-être Steven Spielberg ou pire, un touriste parisien qui cherche désespérément une place en terrasse au soleil. A bientôt mes petits curieux. Ça t'a plu ? Laisse-moi un gentil commentaire. Ça aidera mes amis les algorithmes à propulser ce podcast. Et parlons autour de toi. À la machine à café, dans le métro. Bah tiens oui, si là, c'est dans le métro en ce moment. Parles-en à ton voisin. Tu peux aussi lui parler de la page Instagram d'Artitaï. Merci. Allez, bisous.