Speaker #0Enfin, tu peux quand même lâcher un petit commentaire, ça te rétend pas. Allez, bonne écoute ! C'est début de printemps, j'ai envie de vous parler d'une artiste qui ne fait pas particulièrement l'actualité. Elle était même souvent mise de côté, une femme d'eux, encore. Bref, Camille Claudel. Je suis toujours Célia Rastoin, l'heureuse propriétaire de ce podcast. Le reste du temps, je suis consultante en communication et ça m'arrive même de faire des podcasts pour des entreprises. Mais on n'est pas là pour parler de ça. Accrochez-vous à vos écouteurs, à votre café, à votre plaide, à votre dignité parce qu'on va plonger dans une histoire... absolument fascinante, magnifique, tragique et un peu what the fuck, celle de Camille Claudel. Alors Camille Claudel, c'est un peu comme si vous preniez un talent monstrueux, une passion dévorante, un amour compliqué, une société bien relou, vous mettez tout ça dans un shaker et vous secouez très fort et bim, ça donne l'une des plus grandes sculptrices de l'histoire. Mais aussi une vie, pas exactement un long fleuve tranquille avec des mojitos. Puisque Camille Claudel naît en 1864, dans un petit village de laine. Et très vite, on comprend que cet enfant n'est pas là pour faire du tricot en regardant passer les nuages. Non. Elle, elle modèle déjà la terre. Elle sculpte, elle observe les corps. Bref, pendant que les autres enfants font des bonhommes en pâte à modeler, elle, elle fait déjà des œuvres avec une intensité dramatique. Digne d'une grande série très jeune, Camille récupère de la glaise dans les champs. Et elle sculpte des visages, des corps. Sa famille regarde ça un peu comme... Ouais, elle est talentueuse, mais c'est bizarre quand même. Parce qu'à l'époque, une fille qui sculpte des corps nus, c'est pas exactement bien vu. C'est un peu comme si aujourd'hui, une gamine de 11 ans disait « Tiens, ça tombe bien, j'en ai une sous le coude » .
Speaker #0J'avais pas d'homme sous le coude alors j'ai fait revenir l'enfant de 11 ans. Elle devient son élève, puis sa collaboratrice, puis son amante. Ils travaillent ensemble, ils s'influencent, ils se stimulent artistiquement. Mais Rodin, il est déjà en couple et il ne quittera jamais sa femme. Et là, c'est le début du chaos émotionnel. Camille participe à certaines œuvres de Rodin. Elle apporte ses idées, ses formes, ses gestes, mais devinez quoi ? C'est Rodin qui signe. Alors attention, on ne dit pas qu'il a tout volé, mais clairement, elle n'a pas eu la reconnaissance qu'elle méritait. Et ça, ça la rend folle. Enfin, pas folle, mais profondément blessée. Et à un moment, Camille dit stop. Stop à Rodin, stop à cette relation toxique. Stop à être dans l'ombre. Elle quitte tout. Elle veut exister seule, comme une grande, comme une artiste indépendante. Et là, elle produit certaines de ses œuvres les plus puissantes. Mais la vie n'est pas une comédie romantique. Les commandes sont rares, l'argent manque, la reconnaissance aussi. Elle s'isole, elle devient méfiante, paranoïaque même. Elle pense qu'Orodin veut la détruire. Et en 1913, sa famille prend une décision radicale, elle est internée. Elle passera 30 ans en hôpital psychiatrique. 30 ans. Sans sculpter, sans créer, sans sortir. Et ça, c'est l'un des plus grands gâchis de l'histoire de l'art quand même. Mais maintenant, on va parler de ce qu'elle a laissé. C'est pas du petit bricolage du dimanche. Plongeons dans 5 œuvres majeures. Ouvrez grand vos oreilles, parce qu'on va voir du désir, du drame, du mouvement et même du foutage de gueule de la société. Sa Kuntala ou l'abandon. Cette oeuvre, c'est l'amour, mais genre l'amour. Celui qui vous fait perdre toute dignité. Celui où vous envoyez des vocaux de 3 minutes à 2 heures du matin. De corps, une femme, un homme, qui se retrouve dans un élan incroyable. Elle s'inspire d'une légende indienne, mais en vrai, c'est clairement inspiré de sa relation avec Rodin. Des corps enlacés, presque fusionnels. On sent le désir, la tendresse, la dépendance, c'est beau. C'est aussi un peu... étouffant. Comme une relation où t'es amoureux mais tu sens que ça va mal finir. Deuxième oeuvre, la valse. Alors là, on change d'ambiance. Deux corps qui dansent. Mais pas une petite valse tranquille. Non, une valse passionnée, presque violente. Le mouvement est fou. Les drapés tournent. On a presque le vertige. C'est comme regarder un couple complètement absorbé l'un par l'autre. Au point d'oublier le reste du monde. Et à l'époque, scandale. Parce que les corps tout nus, ça, ça passe pas. Pas du tout. Résultat, oeuvre censurée. Encore un petit coup de pression pour Camille. Troisième oeuvre, l'âge mûr. Alors là, c'est probablement l'oeuvre la plus violente émotionnellement. C'est un triangle. Un homme tiré par une femme âgée. Et une jeune femme à genoux qui supplie, crie. Et là, on comprend tout. L'homme, c'est Rodin. La jeune femme âgée, sa compagne officielle. Et la jeune femme, Camille. C'est littéralement une rupture en sculpture. Une trahison figée dans le bronze. C'est dur, c'est cruel, c'est sincère et franchement, ça fait mal. Quatrième oeuvre, La petite châtelaine. Changement total, on respire un portrait d'enfant d'une finesse incroyable. Des cheveux, le regard, la douceur. C'est calme, poétique, presque apaisant. On sent que Camille peut aussi créer sans drame, mais avec une précision dingue. C'est un peu comme si après un film hyper violent, on vous mettait un documentaire sur les chatons. Et enfin, cinquième œuvre dont je voudrais vous parler, Percé et la Gorgone. On termine avec du lourd, du mythe, du sang, du badass. Percé tenant la tête de méduse. Mais, twist final, la tête de méduse ressemble à Camille. Donc en gros, elle se représente décapitée par un héros masculin. C'est puissant, symbolique et franchement pas très joyeux. Camille a exposé notamment au Salon des artistes français et au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, des lieux officiels importants. mais qui ne lui ont jamais donné la place qu'elle méritait. Aujourd'hui, ses œuvres sont visibles notamment au musée Rodin à Paris et au musée Camille Claudel à Nogent-sur-Marne. Et là, ironie magnifique, elle est enfin reconnue. Camille Claudel est une artiste immense, une femme libre, dans un monde qui ne voulait pas qu'elle le soit. Une histoire d'amour qui la nourrit, qui la détruite, et un talent qui a survécu à tout ça. Oui, à l'enfermement, même à l'oubli, même à l'injustice, et franchement, quelle claque ! Voilà, c'était mon 59e épisode. Quelle joie de mettre en avant des artistes. Continuez à visiter des expos, à aller au ciné, à aller au théâtre. Vivons libres et heureux. À bientôt mes petits curieux. Ça t'a plu ? Laisse-moi un gentil commentaire. 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