- Speaker #0
Salut et bienvenue sur Arty Time avec une déclinaison de mon podcast Arty Time, tadeau d'humour culturel. Parce que j'en avais un peu marre de faire des expos et d'enregistrer mes épisodes dans mon petit studio toute seule, donc j'ai décidé de recevoir des guests. Et pas n'importe lesquels, des comédiens et des comédiennes, pour qu'ils me parlent de leur crush artistique. Donc chaque mois, je prends un thé avec l'un ou l'une d'entre eux pour partager ce qui les fait vibrer, s'émerveiller ou se révolter. Il ne manquait plus que toi pour être complet,
- Speaker #1
fais chauffer la brouillard pour partager ce moment avec nous. Bonne écoute !
- Speaker #0
Hello mes petits curineux, des curieuses, et bienvenue à bord de ce nouvel épisode d'ArtiTime avec. Aujourd'hui, je suis très contente de recevoir Timothée Curado. Bienvenue Timothée, je sais qu'après je peux t'appeler Tim.
- Speaker #1
Oui, sans aucun problème, bonjour. Merci beaucoup de m'accueillir, en tout cas c'est un plaisir.
- Speaker #0
Plaisir, moi je suis Célia Rastoin, l'heureuse créatrice de ce podcast, et le reste du temps je suis consultante en communication et formatrice, mais on n'est pas là pour parler de ça. Tim, je t'avais découvert à Avignon. L'année dernière, 2025, tu avais fait quelques dates exceptionnelles.
- Speaker #1
Quatre dates.
- Speaker #0
Oui, exactement. C'était la première fois que je venais avec ma fille faire le festival. Elle avait dix ans. Et je cherchais des spectacles pour lui faire aimer l'école et les profs. Et j'étais bien tombée. Challenger ici. Tu nous parles de ton spectacle ?
- Speaker #1
Oui, j'ai créé ce spectacle avec Johan Laveur, mon metteur en scène. On a commencé à le créer ensemble en 2023. et on a commencé les premières dates en fin d'année 2024. Donc en fait, ça allait assez vite. J'avais déjà commencé à écrire des petits sketchs avant, mais on a été très très efficaces. Et en fait, on s'est très bien entendus dès le départ, on savait où on voulait aller, donc ça nous a aussi beaucoup aidés. Donc l'idée du spectacle, bien sûr, c'est de parler de l'école. Voilà, j'avais vraiment envie de... de parler de l'école, du monde de l'éducation à ma manière, c'est-à-dire en apportant un peu de légèreté au métier, avec mon humour aussi, que je partageais déjà à travers les réseaux sociaux, mais que je voulais encore montrer autrement sur scène et essayer de toucher un public un peu plus large. Donc voilà, l'idée c'était vraiment de montrer... un peu l'envers du décor, en passant par les élèves, les profs, l'administration, la vie scolaire, mais avec le regard de l'enseignant et aussi le regard du créateur de contenu qui existe déjà sur les réseaux sociaux. On me demande souvent si c'est un spectacle qui est fait pour les profs. Et j'ai envie de dire que pas du tout. Pas du tout. C'est vraiment un spectacle qui... Notre objectif, en tout cas, c'était ça, c'était un spectacle qui parle à tous. Parce qu'on... qu'on soit prof ou pas, on est tous passés par la case école. Donc, on avait vraiment envie qu'il y ait ce côté un peu nostalgie. Ceux qui sont encore à l'école, qui arrivent, que ce soit des personnes qui arrivent à reconnaître un peu les élèves de leur classe, ou « Ah non, mais ça, c'est trop mon prof de physique » , des choses comme ça.
- Speaker #0
Parce que c'est presque plus pour les ados que pour, effectivement, des adultes, ou des jeunes adultes, quand tu es nostalgique.
- Speaker #1
Exactement, voilà. Donc on voulait vraiment que ça parle à toutes les générations. Et là où on peut dire qu'on a réussi, c'est qu'à chaque fois que je regarde mon public, on a vraiment tout le monde.
- Speaker #0
Oui, hyper mélangé, c'est vrai.
- Speaker #1
On a vraiment les ados, on a les parents qui accompagnent, parfois même les grands-parents aussi. Et donc on est très satisfaits pour ça.
- Speaker #0
Génial, merci pour cette introduction et cette présentation. Tu voulais aussi quand même, si tu connais le principe de ces épisodes, nous parler de deux artistes que tu avais choisis. Ça commence à être une habitude chez mes invités de choisir. C'est dur de choisir. C'est à chaque fois ce qu'ils me disent, absolument. Tu veux nous annoncer les deux personnes ?
- Speaker #1
Oui, alors en vrai, ça a été compliqué de choisir. Alors il y en a un qui m'est toujours venu en tête, c'est Mika. Voilà, Mika est le chanteur, vraiment mon chanteur préféré depuis que je suis au collège. Je ne l'ai jamais lâché. Et en même temps... en même temps, en lien avec tout ce qu'on a à se raconter aujourd'hui. Il y a Philippe Walter qui m'est venu en tête aussi.
- Speaker #0
Merci pour cette découverte. J'adore.
- Speaker #1
Il est beaucoup moins connu, mais en fait, c'est un chimiste qui est aussi passionné par l'art. Et moi, ce qui m'a fasciné chez lui, c'est qu'il a réussi à lier justement le côté scientifique et le côté artistique. Et c'est quelque chose qu'on m'avait beaucoup reproché dans mes études. Et quand je l'ai découvert, j'étais très heureux de voir qu'en fait, on pouvait tout à fait concilier les deux.
- Speaker #0
C'est-à-dire aimer les chiffres, aimer les maths, la côté scientifique et puis être un artiste ?
- Speaker #1
Ouais, exactement. On m'a souvent dit dans mes études qu'il fallait choisir parce que les sciences... C'était quelque chose de concret, de très carré, alors que le côté artistique, le côté créatif, c'était un peu moins sérieux. Et c'est quelque chose avec lequel j'avais beaucoup de mal. Et voilà, c'est comme ça que j'ai rencontré l'histoire de Philippe Walter. Et je me suis dit que ça pouvait être assez intéressant d'en parler.
- Speaker #0
Complètement, il étudie les matériaux du patrimoine culturel. Et donc, il analyse, il comprend pour aussi préserver les œuvres d'art.
- Speaker #1
Exactement. Et puis quand il a commencé, les techniques... chimiques qui étaient mises en place, elles étaient assez anciennes, il n'y avait pas vraiment eu d'évolution. Et en fait, c'est vraiment un scientifique qui a un peu bouleversé ce milieu-là, et on lui a donné des œuvres à analyser, qui sont vraiment ultra connues à travers le monde. La Joconde, par exemple, c'est lui qui a... rénover ce magnifique tableau.
- Speaker #0
Et du coup, c'est en lien avec la carrière que tu as encore de prof, que tu l'as rencontré, enfin, tu ne l'as pas rencontré, mais tu l'as connu en tout cas ?
- Speaker #1
C'était pendant mes études. C'était pendant mes études. En fait, c'était en deuxième année. C'est très marrant la manière dont j'ai découvert ce chimiste. Parce qu'en fait, on avait un travail à faire, où l'idée, c'était on nous donnait une espèce chimique, et on avait trois mois pour... savoir de quelle espèce chimique il s'agissait. Donc ça nous permettait aussi de retravailler tout ce qu'on avait vu pendant ces deux premières années. Et donc voilà, on a vraiment très bien fait les analyses. Et au moment de rédiger le rapport, je me suis dit, tiens, ça pourrait être sympa en photo de couverture, de faire un genre de petite photo studio avec la poudre qu'on met en avant. Voilà, on était vraiment à fond dedans.
- Speaker #0
Déjà un truc artistique. Voilà,
- Speaker #1
quelque chose d'artistique. Et la première remarque d'un des profs du jury, ça a été...
- Speaker #0
Euh... Moins 2 pour la société.
- Speaker #1
Non, mais presque ça, c'était vraiment... Alors par contre, moi je vous dis tout de suite, on n'est pas dans un studio photo ici, d'accord ? Ici on fait les choses carrées. Donc votre photo de couverture déjà, ça ne nous convient pas du tout. Et alors là, dès qu'on pointe du saut, première question du jury, d'accord ? Elle m'a bien fait comprendre qu'il fallait... pas mélanger les deux. Et moi, je suis resté très... Toutes les questions qui sont passées après, en fait, ma tête était déjà ailleurs. Et quand je suis rentré le soir, du coup, j'ai recherché des scientifiques qui avaient fait un lien avec le côté artistique. Et c'est comme ça que j'ai découvert Filipe Walter.
- Speaker #0
Finalement !
- Speaker #1
Et finalement, je me suis dit, eh bien, tu vois, c'est possible, en fait.
- Speaker #0
Oui, déjà, c'est possible. Et puis finalement, le fait qu'il ou elle, je ne sais pas si tu es dans mon temps, tu as... d'un coup mis mal à l'aise en t'indiquant que tu n'avais pas le droit de faire ça, finalement tu as rencontré ce Philippe. Et Mika, on va en parler, il a été formé au chant lyrique. Bon, toi tu as l'écriture en talent. Tu as d'autres choses que tu aimerais faire ? Tu écris aussi, tu as écrit un livre.
- Speaker #1
Oui, j'ai écrit un livre, oui. J'avais commencé par écrire un livre. Très simplement parce que c'est vrai que quand on est enseignant, On a, on peut le dire, c'est vrai qu'on a une inspiration qui est illimitée quasiment, parce que tous les jours, on a un public en face de nous, mais on ne peut jamais vraiment savoir comment la journée va se passer. Et c'est ça, je trouve, qui est aussi une force du métier. Et c'est vrai que quand il m'arrive vraiment quelque chose d'inattendu ou d'assez incroyable, j'aime bien, sur un quart d'une note, écrire ce qui s'est passé, ou en vidéo aussi, sur les réseaux sociaux. Et un jour, on m'a contacté, on m'a dit « Est-ce que tu penses avoir assez d'anecdotes pour le faire sous forme de livre ? » Et j'ai dit « Oui, pourquoi pas. » Et du coup, avec un prof d'art plastique, on a écrit ce livre. Alors moi, j'ai fait toute la partie écriture, lui, il a fait toute la partie illustration.
- Speaker #0
Et là, tu avais le droit d'avoir une belle couverture.
- Speaker #1
Exactement. Alors, ce n'est pas moi qui l'ai fait, c'est lui. C'est le plus talentueux que moi. Mais non, c'était sympa, c'est vraiment quelque chose qui se dit très facilement. Mais voilà, l'idée encore, c'était vraiment, en lisant le livre, de passer un moment agréable.
- Speaker #0
Comment t'es passé justement de la salle de classe, même si tu es encore à la scène ?
- Speaker #1
En fait, ce qu'il faut savoir, c'est que j'ai commencé les réseaux sociaux pendant le confinement, comme beaucoup de créateurs de contenu aujourd'hui. On cherchait un peu à s'occuper. Et donc du coup, j'ai lancé mes premières vidéos et ça a plutôt bien fonctionné assez rapidement. Et parfois, j'avais des idées qui ne rendaient pas très bien en vidéo, ou alors ça rendait la vidéo trop longue, et du coup, ça ne marchait pas avec le format. Et du coup, je laissais les idées de côté. Et un jour, j'ai échangé avec une journaliste. Et la dernière question qu'elle m'avait posée, c'était « Comment est-ce que vous envisagez l'avenir ? » Et j'ai dit « Bah, j'ai les sketchs qui sont en attente, pourquoi pas me lancer sur scène ? » Et en fait, j'ai un de mes deux producteurs qui a lu l'article. Je connaissais la journaliste, et du coup, qui a pu avoir mes coordonnées, et ils m'ont demandé « Est-ce que c'était sérieux ? » ou « Est-ce que tu as dit ça juste comme ça ? » Et j'ai fait « C'est l'occasion, non ? » Ils m'ont dit « Non, non, c'était sérieux. » Donc je leur ai envoyé tout ce que j'avais déjà écrit, et ils ont dit « On est chaud pour te produire. » Et ça a commencé comme ça, et en vrai, c'est encore autre chose, parce que faire rire les gens en direct, pas à travers un écran, et d'entendre les rires, c'est vraiment quelque chose qui est assez incroyable à vivre et je suis très content d'être arrivé là tu les fais rire tes élèves ? je pense ouais,
- Speaker #0
des fois à mon insu ou non ?
- Speaker #1
à mon insu, en fait, quand je les ai deux heures moi j'arrive pas à être sérieux pendant deux heures eux non plus, voilà donc c'est vrai que soit j'aime bien faire des petites activités un peu ludiques, soit j'aime bien vraiment déconner un peu pendant 5-10 minutes et ensuite on reprend Alors parfois c'est plus compliqué, en fonction de leur âge, de leur maturité.
- Speaker #0
Du coup, tu as quel niveau ?
- Speaker #1
Moi je suis au lycée, j'ai des élèves de seconde et des élèves de terminale.
- Speaker #0
De grands quand même. Des grands, ouais.
- Speaker #1
Même si les secondes qui arrivent en début d'année, c'est encore des collégiens. Donc non, en fait je trouve que c'est bien de... de réussir à mettre en place une ambiance décontractée. Voilà, on est là pour apprendre, mais on peut le faire aussi en passant quelques minutes, en faisant autre chose. Moi, j'aime bien avoir cette atmosphère-là en classe. Et je pense que c'est même important pour eux de pouvoir aussi le ressentir.
- Speaker #0
Et quand tu disais que tu étais créateur de contenu dans tes vidéos, ça sert uniquement l'humour ? Comment tu décrirais tes contenus ? Ça sert aussi un peu le côté éducation ? Tu fais apprendre des choses.
- Speaker #1
Quand j'ai commencé à faire des vidéos sur les réseaux sociaux, moi, dans ma tête, je voulais vraiment que ce soit un divertissement. Je ne voulais pas faire des cours de physique-chimie.
- Speaker #0
Parce que pendant le confinement,
- Speaker #1
ça aurait été bien utile. Oui, je sais, mais en fait, je n'avais vraiment pas envie de ça parce que c'était quand même une époque. Alors, moi, j'ai plutôt très bien vécu le confinement. Mais c'était quand même un moment qui était assez compliqué. Il fallait, en tant qu'enseignant, qu'on apprenne tout, parce qu'on n'était pas formé à faire des cours à distance. Donc ça, c'est des choses que les gens n'ont pas vues, mais en fait, on a dû se former tout seul, on a dû se former avec les collègues aussi. Donc je n'avais pas envie, en plus, de me donner du taf sur les réseaux. Donc moi, pour moi, c'était vraiment un divertissement. Donc je voulais vraiment rire, je voulais que les gens s'amusent aussi, parce qu'on en avait aussi besoin à ce moment-là. Et puis ensuite, comme ça, je me suis rendu compte que ça a vraiment bien pris, je me suis dit, c'est aussi le moment de faire passer des valeurs et des messages qui pour moi sont importants. Donc c'est vrai qu'aujourd'hui les réseaux sociaux, je les utilise aussi pour faire passer des messages de lutte contre le harcèlement scolaire, contre l'homophobie, contre la transphobie. Voilà, moi c'est des choses que j'ai toujours eu à cœur de faire, que je faisais déjà dans mon établissement scolaire avant les réseaux, que je fais toujours aujourd'hui. Et en plus avec les réseaux, les jeunes, je sais qu'il y a beaucoup de jeunes qui me suivent aujourd'hui, beaucoup de parents aussi. Et je me dis que c'est le moment de faire passer les messages. Donc c'est vrai que j'utilise les réseaux pour le divertissement et aussi ponctuellement pour montrer aux gens qu'on peut rire. Mais il y a aussi des moments où c'est important d'être sérieux.
- Speaker #0
L'éducation nationale, tu n'as pas encore contacté pour faire une campagne de pub ?
- Speaker #1
Non, j'attends. C'est une bonne idée ? J'attends, non, j'ai déjà eu des... des retours de mails positifs en lien avec différents ministères. Mais voilà, peut-être qu'un jour ça viendra. Je suis tout à fait ouvert à l'idée.
- Speaker #0
Mika, il transforme ses expériences personnelles en chansons. Toi, comment tu fais pour transformer peut-être une émotion personnelle que tu veux avoir eue ? Alors, c'est beaucoup aussi d'expériences de ce que tu lis en classe, mais comment tu transformes ça en art comique ?
- Speaker #1
En fait, ça, c'est quelque chose dont je n'avais pas forcément conscience au début. En fait, ce qui est génial avec l'humour, c'est qu'on peut faire passer tout ce qu'on veut comme message tant que ça soit véritablement pris au sérieux au départ. Et ça, c'est Yohann qui me l'a fait comprendre quand on a écrit le spectacle ensemble. Donc, dans mon spectacle, il y a beaucoup de mises en scène vraiment très, très drôles. Mais en fait, quand on essaie de chercher le message qui se cache derrière, on se dit, mais en fait, c'est quelque chose de sérieux. Et en fait, j'aime bien utiliser l'humour comme ça.
- Speaker #0
Tu me donnes un exemple ?
- Speaker #1
Par exemple, quand je parle du harcèlement dans mon spectacle, quand je parle de harcèlement, je dis clairement aux gens. Donc là, je suis quelque chose dans l'humour. Je dis aux gens, voilà, aujourd'hui en France, le harcèlement scolaire, il en est là. C'est 1 élève sur 10. C'est 20% des jeunes de 18 à 18 ans qui ont subi du cyberharcèlement. Enfin, là, c'est des chiffres qui sont quand même... Dans un spectacle d'humour, on dit, waouh, je ne suis pas venu là pour ça. Et direct après, j'enchaîne en mode « comme c'est un exercice de maths » . Alors, en sachant qu'en France, il y a 12 millions d'élèves. Et là, en fait, ça rigole, on oublie un peu. Mais quand on sort du spectacle, on se dit « ouais, mais en fait, c'est vrai qu'il y a encore du chemin à parcourir » .
- Speaker #0
Oui, en même temps, tu parles de l'école, donc c'est bien de parler de tout. Exactement. Ça en fait malheureusement partie de plus en plus, comme tu le dis.
- Speaker #1
Un autre exemple, si tu veux, un des premiers sketchs que j'ai écrits. ça a été un sketch qui est une histoire vraie. Puisque on ne peut pas être apprécié par tout le monde quand on est sur les réseaux ou quand on assume qui on est dans la vraie vie.
- Speaker #0
C'est un étendard assez marqué. Exactement.
- Speaker #1
C'est vrai partout et même dans l'enseignement. C'est-à-dire que je sais qu'il y a des profs qui n'apprécient pas forcément ma personnalité. Après, je ne suis pas là pour parler à tout le monde non plus. Je sais qu'il y a une prof, je ne sais pas moi. c'est comme ça on va pas la citer mais qui m'apprécie pas du tout ma personne et qui ne s'embêtait pas à me critiquer vraiment ouvertement devant tout le monde et donc un des premiers sketchs que j'ai écrit c'est un sketch sur elle où je remets toutes les choses que j'ai entendu qu'elle a pu dire sur moi et quand je joue le sketch sur scène je le joue de manière très humoristique les gens rigolent pendant tout le sketch et en fait c'est une histoire vraie et moi ça m'a juste fait un bien fou de Deux. Deux. de le jouer, que les gens se rendent compte à quel point les phrases que je peux citer sont absurdes et qui pourtant sont vraies. Donc l'humour, c'est vrai que ça permet vraiment de retranscrire tout ça. Et je pense que moi, ça me fait du bien, ça fait du bien aussi aux gens, et ça leur permet aussi de montrer où on en est aujourd'hui.
- Speaker #0
Mika, il était dyslexique. Est-ce que toi, tu as vécu... David Écolier,
- Speaker #1
le lien entre les deux est très important. Tu pourras remarquer. Mika est dyslexique et il a subi du harcèlement aussi.
- Speaker #0
Il a quand même un lien dans les questions que tu remarques.
- Speaker #1
Il a surtout vécu du harcèlement de la part d'une de ses enseignantes. Une place encore plus dramatique. Moi, ma vie d'Écolier, je l'ai très bien vécue. En réalité, ça a un peu été mon refuge pendant toute mon enfance. Et je pense que c'est une des raisons pour lesquelles j'ai toujours voulu devenir prof. Moi, j'ai toujours adoré l'école. Vraiment... Alors ça s'est surtout développé au collège, bizarrement. C'est pas là qu'on préfère, mais... Moi, j'ai adoré mes années collège. Maternelle primaire, c'était plus compliqué parce que j'ai un grand frère qui était un peu une canaille. Et du coup, quand je suis arrivé...
- Speaker #0
Mauvaise réputation.
- Speaker #1
Les mêmes profs. Et du coup... Ah, mais j'espère qu'il sera pas comme ton frère. Donc en vrai, c'était pas toujours simple à vivre. Et au collège... voilà, nouveau prof, nouveau collège, donc je partais de zéro. Et après, ça a tout changé. Alors ça, déjà, c'est important de le dire, mais la perception qu'on peut avoir au départ, ça peut vraiment jouer sur ce que l'élève ressent. Donc c'est vraiment bien d'avoir aucun a priori sur les élèves. Voilà, même si parfois on entend des choses, le mieux, c'est de rien avoir, comme ça, on part de zéro, et c'est important. Mais non, moi, j'ai toujours adoré l'école. J'étais très bonne élève. J'adorais m'investir. J'étais déléguée. J'étais conseiller d'administration. Voilà. Et j'ai toujours eu une très, très bonne relation avec les enseignants. Et je pense que tout ça, ça m'a poussé à continuer là-dedans. Ça n'a pas toujours été simple à la maison, avec mon orientation sexuelle. Et je sais qu'à l'école, j'étais plutôt accepté.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
je pense que c'était plutôt un refuge. Je pouvais vraiment être... Comme j'étais... Enfin, j'avais pas besoin de cacher quoi que ce soit.
- Speaker #0
Tu t'es senti libre de parler de ça assez tôt ?
- Speaker #1
Ouais, très tôt. Je sais qu'au collège, je pense que du fait que je sois bon élève, que j'étais investi, ça m'a aussi beaucoup aidé. Et au collège, ça m'est arrivé une seule fois qu'un élève... essaye de m'embêter à cause de ma sexualité. Il l'a fait une fois, mais il n'a plus jamais recommencé.
- Speaker #0
C'est ton grand frère qui est venu ?
- Speaker #1
Non, pas mon grand frère, non. C'est que moi, je ne me démontais pas, et je savais que les profs étaient de mon côté. Je savais qu'ils étaient là pour moi. Et il a commencé à vouloir vraiment me taquiner sur ça, le fait que j'étais déjà un peu efféminé, etc. À la fin de l'heure, je suis allé directement voir la principale. Et je peux t'assurer que j'étais tranquille pour toute ma scolarité.
- Speaker #0
C'est-à-dire que même les mauvais élèves se... Ah oui, bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Non, mais ce que je veux dire, c'est que je savais que les profs étaient là pour moi. Quand on a un élève en difficulté... on a plutôt tendance à penser que l'école n'est pas là pour nous. Ce qui est faux, bien sûr. Mais quand on est bon élève, qu'on a une bonne relation avec ses enseignants, on ne se pose pas de questions, en fait. Donc, non, j'ai très bien vécu ma scolarité. Et voilà, en vrai, je ne suis jamais sorti de l'école, vraiment.
- Speaker #0
Syndrome de Stockholm.
- Speaker #1
Voilà. Les,
- Speaker #0
j'allais dire, les gamins, c'est vraiment un truc de vieille. Les jeunes, la jeunesse, comment tu la sens, la jeunesse ? Elle est triste, c'est des généralités, évidemment, mais est-ce que tu la sens quand même joyeuse ? Alors, évidemment, toi, tu œuvres pour les faire rire, pour les courre, mais comment vous en discutez avec les autres ?
- Speaker #1
Il y a beaucoup de choses à dire sur les jeunes d'aujourd'hui, et il y a beaucoup de choses qu'on entend qui sont fausses, en vrai. Je ne sais pas si tu as suivi, mais là... On a entendu dire qu'apparemment, ça y est, pour la première fois, scientifiquement, ça a été prouvé que la gène Z était moins intelligente que la génération d'avant. Complètement débile. Complètement débile parce que déjà, c'est pas du tout une étude scientifique, c'est juste un neurosurgeon qui a dit ça, mais comme ça, quoi. Et tout de suite, la presse en a emparé. Non, mais non, les jeunes sont pas du tout plus bêtes qu'avant. Ils ont des compétences que nous, on n'avait pas du tout, déjà. C'est assez important de le dire. En termes plus émotionnels... Moi, j'ai vraiment senti une différence quand on est rentré du Covid. Ceux qui étaient au collège, enfin même en fin primaire, collège, et qui ont dû stopper toute relation sociale, alors que c'est le moment où ils en ont le plus besoin. En fait, ça les a vachement marqués. Et ouais, j'ai senti un peu un renfermement. Difficulté de concentration aussi en classe. Donc, beaucoup d'appréhension. La seule chose qu'ils attendent, c'est d'être rassurés. Mais si on prend le temps de les rassurer, il n'y a absolument rien qui est perdu.
- Speaker #0
Parce que du coup, les parents ne font pas le job ?
- Speaker #1
Ce n'est pas qu'ils ne font pas le job, mais c'est que c'est parfois compliqué parce qu'ils ne vont pas forcément s'en rendre compte. Quand on est parent, on a un, deux, trois enfants, on les voit grandir tout le long. Quand on est enseignant, en fait, on a chaque année 200 gamins en face de nous qui ont le même âge. Donc on voit quand il y a des changements dans les émotions, quand il y a des changements dans le comportement, on s'en rend compte. Donc c'est plus difficile pour les parents de s'en apercevoir. Mais non, en fait, je pense que ce que les jeunes aujourd'hui attendent surtout, c'est vraiment de regagner un peu plus qu'on fonctionne, d'être assurés. Voilà. Moi, je suis désolé, mais quand j'entends à chaque fois dans les médias... Ou même quand j'entends des adultes. Parce que c'est très facile d'oublier comment on était nous quand on était jeunes. En fait, c'est ça le problème. Et entendre toute la journée qu'on est nuls. Qu'on est la génération qui... qui passent notre vie sur les écrans, qui n'arrivent pas à se concentrer, qui a des résultats plus nuls qu'à 20.
- Speaker #0
Ils se...
- Speaker #1
Au bout d'un moment, ils vont se dire, ok, on est comme ça.
- Speaker #0
C'est ça, en fait, oui. Ça leur plaît de se mettre dans le casque de l'un, en fait.
- Speaker #1
Non, en fait, si on prend le temps juste de leur dire, non, vous n'êtes pas du tout, vous n'êtes pas plus bête qu'avant, c'est faux, n'écoutez pas ça. Croyez en vous.
- Speaker #0
Tu leur donnes confiance.
- Speaker #1
Et ça, je pense que c'est important. La plupart des profs le font, c'est important de le savoir. Et on a vraiment besoin de ça pour les faire réussir. C'est super important.
- Speaker #0
Ce qui va être compliqué aussi maintenant, quand on parle de réussite, c'est que je veux faire le lien avec l'IA et quand même le Philippe Walter, qui a permis effectivement d'aider à déterminer aussi l'authenticité de certains objets d'art et puis à détecter des falsifications. Comment tu vois l'arrivée de l'IA, toi, dans le métier d'humoriste ?
- Speaker #1
En fait, moi je pense que tout outil est bon à prendre. Il faut juste savoir l'utiliser. et faire en sorte que ça devienne un plus et pas quelque chose qui remplace. Et en fait, on a plein d'exemples aujourd'hui. Genre, quand Internet est arrivé dans les foyers, quand Google est arrivé, quand on cherche des articles à ce moment-là.
- Speaker #0
Tu vas plus à la bibliothèque. Voilà.
- Speaker #1
Plus personne ne va se mettre à lire, le livre s'est terminé. Pas du tout.
- Speaker #0
Quand on regarde
- Speaker #1
Google, c'était en 94, 95. on regarde... Enfin, 30 ans plus tard, il y a toujours des livres. Voilà, donc ça ne veut rien dire. Et je pense que ce qui est important aujourd'hui, c'est d'être capable de voir... Ce que peuvent nous apporter les nouveaux outils, et je pense que l'intelligence artificielle, il ne faut pas dire, ah non, moi, je ne veux pas du tout l'utiliser, ou alors, ça y est, tous les métiers sont morts. Non, je trouve que c'est un peu trop exagéré. Mais après, on a peut-être besoin d'avoir cette réflexion-là aussi pour justement trouver où sont nos limites. Mais moi, je pense que...
- Speaker #0
Et apprendre à bien l'utiliser.
- Speaker #1
Exactement. Je pense que l'IA, c'est un outil qui peut être vraiment super. Si tu veux, pour être totalement honnête avec toi, ça m'est déjà arrivé de donner un sketch à Chachipiti pour voir ce qu'il en pensait. Et j'ai pu faire des petites corrections par rapport à ce que j'avais écrit. Et j'avais même envoyé à Johan et j'ai dit, alors, quelle version tu préfères ? Voilà. Non, en fait, il a bien aimé les deux. Après, il lui a rajouté la touche de toute façon. Mais non, je pense qu'il faut être vigilant. Mais il ne faut pas exclure la nouveauté.
- Speaker #0
Il restera toujours l'humain, la scène, le spectacle.
- Speaker #1
Il n'y a rien qui ne remplace pas ça.
- Speaker #0
L'option physique aussi qui se passe quand tu vas voir quelqu'un sur scène, ce qui n'a rien à voir avec simplement voir des vidéos complètement. Et justement, comment tu gères ton stress avant d'entrer sur scène ? S'il y en a.
- Speaker #1
Il y a du trac forcément. En vrai, ce qui m'a beaucoup aidé déjà, c'est d'être prof. La première fois que je suis monté sur scène,
- Speaker #0
d'accord,
- Speaker #1
quand tu dis sur scène c'est être devant les élèves devant le public mais en fait ça m'a énormément rappelé ma sensation la première fois que j'ai fait cours devant les élèves ça dure 5 secondes et après on oublie non en fait la première chose à laquelle j'ai pensé pour gérer mon stress j'ai dit alors je suis très stressé au début il faut absolument que quand les gens rentrent dans la salle vous mettiez cette playlist et cette playlist c'est que des chansons de Mika donc en fait j'écoute la musique et moi ça me permet vraiment de parce que le mi-carre là c'est vraiment des chansons qui sont très très pop, très colorées et moi ça m'aide vraiment à à penser un peu à autre chose à me mettre déjà dans un bon mood voilà et après Johan m'a dit voilà fais cet exercice cet exercice ça va t'aider donc je suis vraiment en mode
- Speaker #0
Respiration.
- Speaker #1
Respiration, je fais des grimaces avec ma bouche, avec le sein. Et je chante les chansons de Mika et des fois je danse vraiment quand je suis très stressé. Et ça m'aide beaucoup.
- Speaker #0
C'est dans tes élèves ou pas ?
- Speaker #1
Le jour de la rentrée. Quand on découvre les élèves, il y a toujours une petite appréhension.
- Speaker #0
Et puis ils doivent te connaître maintenant.
- Speaker #1
La plupart qui arrivent, oui, c'est à pêcher. Alors, quand ils voient M. Curado, pas forcément. Mais quand ils arrivent et qu'ils me voient, en vrai... Oui. Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Mais je pense que c'est une certitude. Tu dois avoir des bons résultats. Les élèves, j'imagine... Ils ont des bons résultats, par exemple. Il et elle, les élèves.
- Speaker #1
Bah oui, oui. Après, je pense pas que j'ai des meilleurs résultats que les autres parce que bon, ça fait pas trop...
- Speaker #0
Oui, bien sûr, mais t'as quand même envie, t'as plein de gens qui aiment bien travailler pour le plaisir de faire plaisir aux profs.
- Speaker #1
Non, bien sûr. J'en ai toujours des élèves comme ça. Mais c'est vrai que... Dommage que ça... ça ne résout pas toutes les difficultés des élèves, disons que ce serait la solution miracle.
- Speaker #0
Si t'as tous les profs, vous devenez plus mon fils,
- Speaker #1
créateur de contenu. Mais non, après, il y a parfois des difficultés qui sont pas simples, qu'ont les élèves quand ils arrivent au lycée, qui sont pas simples à gérer. Et la plus grande difficulté que j'ai, c'est les élèves qui arrivent en seconde et qui se disent, non mais monsieur, j'ai toujours été nul en physique. Ça, c'est dur. Parce qu'on a beau faire tout ce qu'on veut, ils ont ça dans la tête.
- Speaker #0
Tu rattrapes 4 ans, parce que ton physique... Oui, ça commence en 6ème. Oui.
- Speaker #1
Donc ça, c'est pas évident.
- Speaker #0
Alors du coup, il y a eu prof, il y a eu comédien. C'est quoi la troisième reconversion ? C'est quoi le truc qui est encore en lien avec ça ?
- Speaker #1
Ça, ça veut... Quand on me pose la question, je sais pas trop quoi répondre, parce que finalement, ça fait pas si longtemps que ça que j'ai commencé la scène. Mais tu sais qu'il y a un truc qui me trotte de plus en plus. Quand je fais des cours sur l'orientation avec les élèves, j'ai un élève qui m'a dit un truc une fois qui a beaucoup résonné dans ma tête. C'était pas méchant de sa part du tout. Mais il m'a dit, monsieur, comment vous êtes capable de nous conseiller sur ce qu'on souhaite faire plus tard alors que vous n'êtes jamais sorti de l'école ?
- Speaker #0
Tu peux aussi avoir vu d'autres choses. Bien sûr.
- Speaker #1
Et en fait, dans ma tête, je me suis dit, il y a quand même...
- Speaker #0
Il y a un truc qui t'a dérangé.
- Speaker #1
Il y a un truc qui m'a un peu dérangé. Et du coup, j'ai très, très envie de... Alors, de manière ponctuelle, j'ai envie de dire, mais pendant un an ou deux ans, de vraiment tester le milieu. lieu privé. En fait, j'ai envie d'essayer de travailler dans une entreprise privée. J'ai envie de voir ce que c'est, parce que c'est vrai que, en fait, bon, j'y travaille pendant mes études en tant que job étudiant, etc. Mais j'aimerais bien avoir cette expérience, que c'est vrai que j'ai pas encore, de travailler vraiment pendant un ou deux ans dans une entreprise.
- Speaker #0
En tant que quoi ? Parce que c'est mon propre...
- Speaker #1
Ce qui est génial avec les sciences, c'est qu'en fait on a plein d'ouvertures. Et c'est vrai qu'avec mon mec, on n'est pas très épanoui là où on vit actuellement, on a envie de bouger un peu. Et du coup, dans ma tête, ça résonne beaucoup. Je me dis, mais est-ce que ce n'est pas le moment aussi, voilà ?
- Speaker #0
Et de déménager.
- Speaker #1
Et de tenter autre chose. Lose, pourquoi pas. À la NASA. À la NASA. Pendant mes études, les secteurs d'activité que je préférais en physique et en chimie, j'ai beaucoup aimé travailler sur l'énergie. Pourquoi pas trouver quelque chose en lien avec une entreprise qui travaille sur l'énergie.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
non, j'ai pas dit ça.
- Speaker #0
Je te vire de mon pot de crâne.
- Speaker #1
Non, mais par exemple, chaque année, je sais que je fais une sortie scolaire avec les élèves où je les emmène dans un centre de production d'énergie chez EDF. Et c'est vrai qu'il y a plein de secteurs d'activité comme ça qui sont intéressants. Et j'adorais aussi en chimie le côté qui était plus cosmétologie, tout ce qui est en lien avec le parfum, le maquillage, la composition. Et je me dis, en vrai, j'ai des compétences. Et ça, c'est important de le dire, parce qu'il y a beaucoup de profs qui pensent... Qui sont bons que pour être profs. Alors qu'en fait, on a tellement de compétences. Et je me dis que si vraiment j'étais motivé, le jour où je serais vraiment motivé à fond, je pense que j'arriverais à décrocher un truc. Et donc, je ne sais pas si c'est ça ma troisième reconversion. Mais en tout cas, c'est quelque chose qui, je pense, pourrait moi me permettre de me découvrir davantage.
- Speaker #0
Si je continue le parallèle entre chimie et humour, la chimie des émotions sur scène, c'est une réaction avec plusieurs réactifs. Tu sais, comme j'ai... Parce que moi aussi, j'étais nulle en vie de chimie. Bon, les réactifs, public, texte, timing, comment tu décrirais ta propre formule comique ?
- Speaker #1
Ah, c'est compliqué. En fait, pour reprendre un peu ce que tu dis, souvent dans les sciences, il y a énormément de découvertes qui ont été faites par hasard. Et je pense que c'est plutôt un peu ça que je retiendrai parce que c'est un peu comme un cours, on a beau préparer parfaitement son spectacle, ça se passera jamais exactement comme ça. Et les meilleures soirées que j'ai passées, c'est les soirées où c'était le moins prévu comme ça. Donc en vrai j'ai envie de dire que... que j'ai envie de laisser la place vraiment au côté aléatoire, à la découverte sur le moment. Et ce qui marche le plus, c'est vraiment ces interactions qu'il y a avec le public qui ne sont pas du tout prévues et qui se rajoutent comme ça. Et c'est vraiment les moments où j'ai l'impression qu'il y a vraiment le plus d'explosion de rire. Voilà. Et moi, j'aime bien ce côté un peu... Voilà, ça arrive comme ça.
- Speaker #0
Mika, on l'a aussi vue à la tête d'une émission de télé. Je pense que ça peut être une autre idée de reconversion. Tu aimerais présenter quelle émission de télé, toi ?
- Speaker #1
Ah, si je devais présenter ? Oui. Très bonne question, si je devais présenter une émission de télé... Euh... Je pense que j'aimerais bien présenter un... J'aimerais bien présenter un... Pourquoi pas un média... Ah, qui existe déjà ?
- Speaker #0
En vrai,
- Speaker #1
si j'avais l'opportunité, j'aurais bien aimé présenter un média, mais le média de la bonne humeur. Je trouve que ça manque dans une chaîne télé. 10 minutes, allez, une fois par semaine, les 10 bonnes nouvelles de la semaine.
- Speaker #0
Il y a pas mal de... Quelques créateurs de contenu sur Insta qui le font.
- Speaker #1
Genre les bonnes nouvelles de la semaine. Et en vrai, ça serait génial qu'il y ait ça pendant 10 minutes à la télé. Mais c'est une émission que j'adorerais faire si on me donnait l'opportunité. Ça serait Danse avec l'Esta.
- Speaker #0
Mais tu présenterais ou c'est toi qui danserais ?
- Speaker #1
C'est moi qui danse. Non, c'est une émission que j'aime beaucoup. Et j'ai toujours aimé danser. Et en plus, je trouve que... les personnalités, elles associent vraiment toujours des émotions et un moment qu'ils ont marqué dans leur vie pour le faire ressentir en danse. Et je trouve l'idée vraiment super.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y aurait une émotion négative que tu aimerais faire passer ? Une émotion n'est jamais négative. Je me retire ce que tu dis.
- Speaker #1
Non, si, moi j'aurais bien aimé en chanson, pourquoi pas, exprimer le rejet que j'ai pu ressentir quand j'étais plus jeune.
- Speaker #0
Ça t'en parle aussi dans ton spectacle ou dans tes différents actes ?
- Speaker #1
Oui, ça m'arrive d'en parler, bien sûr. Parfois, quand on grandit dans des valeurs qui ne correspondent pas à ce qu'on a l'impression d'être, c'est parfois compliqué de s'y retrouver. Alors, on se construit un peu sur quelque chose qui n'est pas vraiment nous. Et le jour où on peut vraiment se déconstruire pour se reconstruire, On se rend compte de tous les efforts qu'on a fait. Alors, moi, je suis très heureux de l'éducation que j'ai eue. Et pour moi, le plus important, ça a été de faire évoluer les gens. gens qui avaient une certaine façon de penser, vers une façon de penser qui me correspondait plus. Et je pense que pour la plupart, j'ai réussi, donc j'en suis très fier. Mais il y a plein de choses à faire.
- Speaker #0
Mika, il a fait un gros fuck à sa maison de disques, qui lui avait demandé de changer de style pour être plus commercial. Il en a fait un tube, c'est Grace Kelly. Jusqu'où toi, tu serais prêt pour garder ton authenticité ?
- Speaker #1
Moi, je pense qu'aujourd'hui, je sais qui je suis. Je sais ce qui est important pour moi et... Soit on m'accepte comme ça, soit je dis non tout de suite. Et avant, j'avais fait des concours de mystère, avant de me lancer sur les réseaux sociaux. Et j'avais été un peu...
- Speaker #0
Des concours de quoi ?
- Speaker #1
De mystère. Ah, mystère. J'avais été mystère de ma régie. Ah, génial. Et à un moment donné, on a commencé à mettre des bâtons dans les roues. On m'a dit, par contre, ça, c'est quelque chose que tu peux faire. Ça, tu ne devrais pas trop le mettre en avant. Et en fait, j'ai dit stop. Voilà. Donc, je pense que c'est important aujourd'hui. Et puis, j'ai 32 ans déjà. Non,
- Speaker #0
mais c'est pas la raison de préciser parce qu'on ne fait pas pareil.
- Speaker #1
Non, parce que je pense que si tout ce qui m'arrive aujourd'hui me serait arrivé à 18-19 ans, j'aurais dit oui pour un peu tout et n'importe quoi. Et donc, aujourd'hui, je sais ce que je veux. Je sais surtout ce que je ne veux pas. Et j'ai de la chance d'être très bien entouré. Donc, voilà.
- Speaker #0
Et de la choisir aussi.
- Speaker #1
Voilà. J'ai choisi effectivement les personnes qui m'entourent. Donc, soit on m'accepte comme je suis aujourd'hui, soit, tant pis, il y aura d'autres opportunités.
- Speaker #0
On parlait d'énergie. Mickaël, il y a une énergie de malade.
- Speaker #1
Incroyable, on constate. Incroyable.
- Speaker #0
Dans ses performances, en vocal et puis scénique, ça t'inspire quoi, toi, pour ton propre rapport à cette performance ?
- Speaker #1
Quand on voit l'énergie que dégage Micka, juste déjà quand on écoute ses musiques, alors sur scène, je ne sais pas si tu as déjà eu l'occasion. C'est un truc de fou. A chaque fois que je fais découvrir Mika sur scène à un ami, il veut toujours revenir.
- Speaker #0
Addictif. Moi j'ai ça avec Julien Doré.
- Speaker #1
Ah mais voilà,
- Speaker #0
c'est pareil. T'as vraiment l'impression qu'il est pour toi, qu'il est là, on est 40 000 dans la salle.
- Speaker #1
On n'imagine pas quand on l'écoute. Et moi quand je monte sur scène, je me dis que les gens vont ressentir. Comment tu es ? Comment tu te sens ? Donc si tu te donnes à 1000%, les gens, ils seront là quoi qu'il arrive. Donc c'est ce que j'essaye de faire. Et en vrai, Mika, forcément, ça peut être qu'une inspiration. Vraiment qu'une inspiration.
- Speaker #0
Mika, il revient toujours à la musique après des périodes de doute. Toi, tu les gères comment tes moments de doute ?
- Speaker #1
Mes moments de doute, comment est-ce que je les gère ? C'est compliqué. En fait, je suis quelqu'un qui... Je suis quelqu'un qui ne va pas du tout exprimer ses doutes. Je vais avoir tendance à les...
- Speaker #0
Tu dis, je ne m'autorise pas à le faire.
- Speaker #1
Oui, ça, c'est un peu un défaut que j'ai. Je vais toujours essayer de mettre en évidence que tout va bien. Je vais un peu les mettre de côté. Et il y a un moment où, de toute façon, on ne peut plus. Ou alors, c'est vraiment ton corps qui te fait ressentir. Tu tombes plus malade ou tu es plus fatigué. Donc, c'est que à ce moment-là où je me mets à en parler. Et en général, moi, ce que je fais, c'est que j'ai vraiment besoin de décompresser. Donc, c'est le moment où vraiment je vais partir en vacances. Et je vais tout lâcher pendant une ou deux semaines. Les réseaux sociaux, tout ça. Et après, je repars.
- Speaker #0
Tu as besoin de couper ? Oui,
- Speaker #1
j'ai besoin de couper.
- Speaker #0
Tu es de plus en plus un des créateurs de contenu.
- Speaker #1
Quand je me suis lancé au début, c'est une pression que je me mettais. Aujourd'hui, je n'ai pas posté d'idées. C'est horrible. Parce qu'en vrai, ça marche un peu comme ça.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est ça.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, beaucoup, beaucoup de pression. Et au bout d'un moment, je me suis dit, mais stop. Stop. C'est pas grave. Donc, depuis trois ans maintenant, chaque année, je me prends vraiment... Alors, pas forcément la suite, mais facilement trois semaines dans l'année où vraiment, je ne poste plus rien. Et ça fait un bien fou. Et ça permet vraiment de repartir avec de nouvelles idées. Et puis même, avoir plus envie. Moi, aujourd'hui, c'est ça qu'elle me dit. C'est un jour que j'ai pas envie. Je fais pas. J'ai vraiment envie de garder cette envie de faire et je n'ai pas envie de le faire par obligation. Et je pense qu'aujourd'hui je peux me le permettre, donc c'est ce que je le fais. Donc quand j'ai des doutes comme ça, c'est que souvent je n'ai plus la motivation. Donc je vais couper, faire complètement autre chose et revenir. Et en général ça marche plutôt bien.
- Speaker #0
Si tu pouvais poser une question à Mika ou à Philippe Polter sur leur rapport à la créativité et à l'émotion. Ou d'autres questions, on ne leur posera pas en vrai.
- Speaker #1
Ce serait la question.
- Speaker #0
Lucas a été dans la cuisine depuis tout à l'heure.
- Speaker #1
Maintenant, si j'avais une question à leur poser, où est-ce qu'ils placent la créativité dans leur vie ? Est-ce que c'est pour eux la chose la plus importante ? Est-ce qu'ils vont mettre, par exemple, l'amitié, l'amour ou la famille avant ? Est-ce qu'ils arrivent à lier tout ça ? Parce que c'est une question que je me pose souvent. parce que... Quand on se lance dans des projets, que ce soit dans la préparation des cours, que ce soit dans les vidéos, que ce soit sur scène, on est très créatif, mais la créativité en vrai ça prend beaucoup de temps. Et parfois je me dis est-ce que ça ne prend pas trop de temps ? Est-ce que je ne suis pas en train de passer à côté de... de choses avec ma famille, avec mes amis. Et du coup, je leur en demanderais vraiment, parce qu'ils sont vraiment à un niveau vraiment au-dessus. Je leur dis, comment est-ce que vous arrivez à dire tout ça sans qu'il n'y ait personne qui se sente un peu mis de côté ?
- Speaker #0
Une des pistes, ce serait d'embarquer dans la créativité ses amis. Oui,
- Speaker #1
c'est un peu ce qu'a fait Mika. Parce que finalement, sa mère, sa sœur, ils sont toujours dans tous les projets. Mais faut-il encore que ça plaise et que tout le monde soit motivé ? Et moi, c'est vraiment quelque chose que je n'ai jamais voulu imposer. Et voilà, ce n'est pas toujours simple.
- Speaker #0
Merci. J'ai une dernière question, mais c'est un peu l'inverse. C'est quelle question aurais-tu aimé que je te pose ? C'est maintenant que tu peux dire que j'ai mal fait mon job. Ah non,
- Speaker #1
pas du tout. Quelle question j'aurais aimé que tu me poses, c'est est-ce que tu es plus heureux avant ou après tout ce que tu as fait ?
- Speaker #0
Tout ce que tu as fait, on considère que c'est le début de ta création de contenu ou le début du spectacle. Et alors, je te pose cette question.
- Speaker #1
Content. En fait, c'est une question que je me pose souvent. Souvent, je me dis, est-ce que j'ai vraiment voulu tout ça ? Ou est-ce que c'est arrivé, je suis rentré dedans sans réfléchir ? Et en fait, je pense que je suis plus heureux avec tout ça, malgré tous les points négatifs qu'il peut y avoir, parce que j'ai rencontré mon mec. Et je pense que si tout ça ne m'était pas arrivé... Peut-être que je ne l'aurais jamais rencontré. Et puis, ça m'a ouvert des opportunités que j'ai aussi pu partager avec ma famille et mes amis. Et en vrai, ce qui est important pour moi, c'est de pouvoir partager ma réussite avec les gens que j'aime. Et je pense que ça, j'ai réussi. C'est ce qui fait que je pense que je suis quand même plus heureux aujourd'hui qu'avant. Même si j'étais déjà très heureux. Voilà.
- Speaker #0
Merci beaucoup Tim.
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
On peut te retrouver sur tes réseaux sociaux. Et au moment où on enregistre, tu joues à Paris et tu joueras très certainement encore dans toute la France. Merci Tim, à bientôt.
- Speaker #1
A bientôt, merci à toi. Ça t'a plu ?
- Speaker #0
Laisse-moi un gentil commentaire. Ça aidera mes amis les algorithmes à propulser ce podcast. Et par exemple, pour de toi, à la machine à café, dans le métro. Bah tiens oui, si là, tu es dans le métro en ce moment, parle-en à ton voisin. Tu peux aussi lui parler de la page Instagram d'Arty Time. Merci. Allez, bisous.