Speaker #0Bienvenue sur Arty Time, ta dose d'humour culturel. Je te parle d'artistes morts ou vivants ou morts-vivants, de lieux culturels à absolument biditer et les autres à absolument éviter. Je te fais des résumés des expositions, comme si t'avais la flemme d'y aller, et que tu veux briller à la machine à café ou dimanche midi chez ta belle-mère. Ne me remercie pas, c'est gratuit ! Enfin, tu peux quand même lâcher un petit commentaire, ça te rétend pas. Allez, bonne écoute ! Coucou mes petits curieux et curieuses, aujourd'hui j'ai envie de vous parler d'une artiste qui mélange des chevaux qui volent, des créatures sorties tout droit d'un rêve sous LSD. Bref, si votre chat s'est déjà mis à fixer le mur pendant dix minutes comme s'il voyait des fantômes et que vous avez fait comme lui, vous êtes au bon endroit et à deux doigts de comprendre l'univers de Leonora Carrington. Cette Leonora naît en 1917 en Angleterre, dans une famille très très riche. Le père imagine plutôt sa fille dans un beau mariage avec un lord, plutôt qu'avec un pinceau à peindre des créatures hybrides dans un atelier. Mais notre Léonora avait le caractère d'un poney sauvage. Déjà petite, elle se passionne pour les contes celtiques, les créatures magiques des histoires de sorcières. Autant dire que pour une jeune fille de la haute société britannique, ça faisait un peu tâche sur le service athée. Elle est renvoyée de plusieurs écoles parce qu'elle refuse les règles et finit par convaincre sa famille de la laisser étudier l'art à la Chelsea School of Art. Et c'est là que sa vie bascule. En 1937, elle rencontre le peintre surréaliste Max Ernst. Et là, c'est le coup de foudre. Artistique, amoureux, totalement surréaliste. Elle quitte l'Angleterre pour vivre avec lui en France. Mais on est à la veille de la Seconde Guerre mondiale et quand la guerre éclate, Max Ernst est arrêté. Et l'honora traverse une crise psychologique très violente. qui la conduit dans un hôpital psychiatrique en Espagne. Période extrêmement difficile de sa vie, mais qui nourrit aussi profondément son imaginaire. Après avoir réussi à s'échapper, elle part au Mexique. Et c'est là qu'elle va y passer le reste de sa vie. À peindre, à écrire, à inventer un monde peuplé de femmes puissantes, d'animaux magiques et de rituels mystérieux. Et si je vous en parle aujourd'hui, déjà c'est parce qu'on est le 8 mars, mais surtout parce qu'il y a une exposition qui lui est consacrée au musée du Luxembourg. Un musée assez charmant, situé juste à côté du jardin du Luxembourg. Un endroit parfait pour une balade artistique. Alors ce musée, c'est l'un des plus anciens musées de Paris, il ouvre en 1750 et a longtemps été consacré aux artistes vivants, une sorte de galerie très tendance de l'époque. Mais aujourd'hui, il accueille surtout des grandes expositions temporaires. Et celle consacrée à Leonora Carrington est particulièrement fascinante. Elle retrace les moments clés de sa vie, premiers faits marquants sont entrés dans le mouvement du surréalisme. Le surréalisme, c'est ce mouvement artistique créé dans les années 1920, qui explore le rêve. inconscient l'imaginaire. Un univers théorisé par André Breton et fréquenté par une bande d'artistes un peu rebelles, dont Leonora fait rapidement partie. Deuxième fait marquant de sa vie, son exil au Mexique. Là-bas, elle rencontre d'autres artistes et intellectuels, dont le peintre Remedios Varro. Et ensemble, ils inventent une forme de surréalisme très différente, plus mystique, plus féminine et nourrie de mythologie. C'est Leonora, pas seulement une peintre, c'est aussi une romancière. Elle a publié des textes fantastiques, un roman notamment complètement délirant, où des vieilles dames rebelles déclenchent une révolution mystique. Mais évidemment, le cœur de l'exposition, ce sont ses tableaux. Et croyez-moi, on rentre littéralement dans un rêve. Premier tableau majeur dont j'ai envie de vous parler, Self-Portrait. Dans cette œuvre, peinte en 1937, Léonora se représente assise dans une pièce étrange. Elle porte des vêtements masculins, signe de sa liberté. et à côté d'elle, une hyène la regarde. Et par la fenêtre, un cheval blanc galope dans les airs. Le cheval, symbole très important pour l'artiste. Il représente la liberté et l'indépendance, un peu comme son alter ego spirituel. La deuxième œuvre fascinante dans l'expo de Giantest. Imaginez une immense femme plantée au milieu d'un paysage mystérieux. Elle tient un œuf dans ses mains et autour d'elle, des oiseaux tournent. Cette figure gigantesque évoque une déesse, une protectrice, une sorte de gardienne de la vie. Chez Carrington, les femmes sont souvent des figures de pouvoir, magie créatrice. Troisième œuvre marquant dont j'ai envie de vous parler, And Then We Saw the Daughter of the Minotaur. Rien que le titre. Ça annonce la couleur. Dans cette scène étrange, plusieurs personnages participent à une sorte de rituel. On y voit des créatures hybrides, mi-humaines, mi-animales. Et une atmosphère presque alchimique. Comme si un secret ancien était sur le point d'être révélé. L'univers de Carrington est rempli de symboles, d'animaux, de magie, de transformation. Bref, un monde où les frontières entre réalité et rêve disparaissent complètement, comme par magie. Alors, si vous avez envie de voyager dans un univers peuplé de sorcières, de chevaux mystiques, de créatures fantastiques et plein d'autres choses, je vous conseille vivement cette exposition au Musée du Luxembourg. Et pendant que vous y êtes, allez faire un tour au Jardin du Luxembourg, évidemment. Vous y croiserez peut-être un cheval volant, une hyène philosophe. Bref, on ne sait jamais avec le surréalisme. À bientôt, mes petits curieux. Ça t'a plu ? Laisse-moi un gentil commentaire. 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