Speaker #0Bah, il y a quelques années, je me prélassais dans un spa d'une jolie ville royale, habillée d'un maillot blanc-jaune, et elle était là, Agnès. Et elle a eu la délicatesse de me dire, je la cite, « Votre maillot de bain est très beau. » J'aurais pu lui rétorquer ce que j'avais répondu un jour en croisant Antoine de Caune. Je cite, « J'adore ce que vous faites. » Mais à la place, je me suis contentée de lui répondre, « Merci, il fait chaud ici, vous trouvez pas ? » pas. Rétrospectivement, ma réponse était encore plus tarte. Bon, maintenant que je vous ai raconté mon lien intime avec Agnès B et Antoine Decaune, je vous parle un peu plus d'elle. Notre jolie Agnès naît à Versailles. Très tôt, elle se passionne de cinéma et de mode. Et à 17 ans, paf, elle décroche un job chez Elle Magazine. Puis passe dans des maisons de couture où elle taille des chemises pour hommes. Autodidacte totale, elle crée sa propre marque en 1973 et dépose officiellement le nom d'Agnès B. Mais le vrai lancement, c'est deux ans plus tard, en 75, rue du Jour, au cœur de Paris. Elle transformera une ancienne boucherie en ce qui deviendra sa boutique culte quartier des Halles. Elle révolutionne tout, finit le prêt-à-porter jetable. Ses vestes droites inspirées des serveurs italiens, chemise blanche impeccable, mini-robe trapèze, perfecto en cuir rebelle pour punk chic. En 79, elle invente le cardigan pression, iconique avec ses boutons magiques. Et c'est le boom ! internationale en 80, lorsqu'elle ouvre sa première boutique à New York. A l'époque où le street art inonde la grosse pomme. Et aujourd'hui, c'est près de 286 boutiques dans 32 pays. Le tout, made in France, ou Europe, durable et intemporel. Vous avez admiré ses tenues, peut-être sans le savoir, puisqu'elle a habillé Uma Thurman et John Travolta dans le film Pulp Fiction. Elle a aussi collaboré avec David Lynch, qui lui avait commandé les costumes de son film Mulan Drive. Les chanteurs et chanteuses ne sont pas en reste, Puisqu'on peut aussi voir se trémousser ses fringues sur scène, portées par Bowie, Matthew Shedid, Arthur Hache, Etienne Dao, Iggy Pop, Patti Smith, Oxmo Puccino, Jane Birkin, Jane Ex... J'ai plus de souffle. Bref, liste non exhaustive. Agnès, presque naturellement, est une féru d'art. Elle collectionne depuis toujours. Dès 1984, elle ouvre la Galerie du Jour, rue Quinconpoint, dans le 4ème, dédiée au street art et contemporain émergent. Sa collection privée compte plus de 5000 œuvres, graffiti, photos, sculptures... peinture. Elle expose Basquiat, Kisarine et mixe tout avec la mode via le flocage d'artistes sur t-shirt dès 1994. Et c'est en 2004, sur invitation du Musée d'art moderne et contemporain de Toulouse, qu'Agnès expose pour la première fois sa collection rare et atypique. Comprenant photographie, dessin, peinture, sculpture, installation, son vidéo et même film qu'elle produit. Agnès B. fait plus que collectionner, elle crée des bulles. La galerie du jour reste son vaisseau amiral. 400 m² pour des expositions temporaires. Et puis elle crée un nouveau lieu près de la BNF à Paris, la FAB, que j'ai eu l'occasion de visiter ce mois-ci. L'expo du moment, Humanité, tirée de sa collection, nous plonge dans un miroir souriant et tendre de notre condition humaine. Parce que oui, on est tous des chauds-froids émotionnels sur pattes. Des photographes, des artistes engagés dissèquent nos cœurs cabossés, nos liens bancals et nos identités en kit, façon puzzle, Ikea mais monté à l'envers. L'humanité s'est aimée fort, même quand l'autre ronfle. Un parcours sensible qui rappelle qu'on est des animaux sociaux câblés pour l'intimité. Cette expo célèbre notre super pouvoir, transformer le chaos quotidien en art. Preuve qu'on survit à nos propres bêtises, mais avec style. Vous y verrez des œuvres de Jean-Mich Basca, de Gilbert et Georges et leur série des Grimaces. Vous y retrouverez aussi des œuvres engagées de Sherry Samba, hyper colorée comme j'aime, qui dénonce les injustices sociales et autres contradictions politiques avec humour et lucidité. Il ne lui manquait plus qu'une corde à sa guitare, son engagement écologique.
Speaker #0Dans les années 80, Agnès est du genre Greenpeace style, l'anti-fast fashion. Elle valorise le tout produit local, France et Europe, pour limiter son empreinte carbone. En 2010, elle refuse le coton bio cher pour privilégier la durabilité naturelle de ses tissus intemporels. Elle a eu un éblouissement esthétique devant du plancton, ce qui l'a rendue... Aveugle ? Non, ce coup de foudre l'a rendue amoureuse de l'océan. Avec la ferme intention de la protéger, notamment à travers la fondation Tara. Elle milite en faveur d'une écologie sociale et soutient des structures comme AIDS, ACT UP ou encore Amnesty International. En 2026, elle est toujours aussi pétillante et prône plus que jamais que les vêtements sont pour la vie, pas pour la poubelle. Agnès B, c'est la preuve qu'on peut sauver le style, l'art et la planète sans jamais perdre le sourire. Porter du durable et collectionner des émotions. A la prochaine mes petits curieux pour un nouvel épisode. Ça t'a plu ? Laisse-moi un gentil commentaire. Ça aidera mes amis les algorithmes à propulser ce podcast. Et parle-en autour de toi. À la machine à café, dans le métro. Bah tiens, oui, si là, c'est dans le métro en ce moment, parle-en à ton voisin. Tu peux aussi lui parler de la page Instagram d'Artitaï. Merci. Allez, bisous.