Speaker #0Bienvenue sur Arty Time, ta dose d'humour culturel. Je te parle d'artistes morts ou vivants ou morts-vivants. De lieux culturels à absolument visiter. Et les autres à absolument... Absolument évité. Je te fais des résumés, des expositions, si tu as la flemme d'y aller, et que tu veux briller à la machine à café ou le dimanche midi chez ta belle-mère. Ne me remercie pas, c'est gratuit. Enfin, tu peux quand même lâcher un petit commentaire, ça serait sympa. Allez, bonne écoute. Coucou mes petits curieux, je suis toujours Célia Rastoin, l'heureuse propriétaire de ce podcast. Le reste du temps, je fais aussi de la communication et des podcasts pour les entreprises. Mais on n'est pas là pour parler de ça ! Aujourd'hui, on va parler d'un mec qui a réussi l'exploit de faire aimer les fils de fer à des gens très riches, dans des musées très silencieux. Un homme qui a transformé des bouts de métal qui traînent en œuvres d'art mondialement connues. Aujourd'hui, on parle de Calder, qui est à l'honneur en ce moment à la Fondation Louis Vuitton. Et franchement, si vous pensez que l'art contemporain, c'est juste, mon neveu pourrait le faire, attendez un peu. Parce que le neveu en question, il faudrait... quand même qu'il invente le mobile, qu'il fréquente Marcel Duchamp, Roi de Miro, Fernand Léger, Paul Klee, Pietre Mondrian, et qu'il finisse par exposer partout dans le monde. Alexandre Calder, il naît en 1898 aux Etats-Unis, dans une famille où clairement le destin artistique était servi au petit-déj. Son grand-père était sculpteur, son père était sculpteur, sa mère était peintre. Autant vous dire que chez eux, quand un enfant disait
Speaker #0Lui, il sculptait déjà le vivant, avec un vrai sens de la 3D, des volumes et du repérage dans l'espace. En gros, à 11 ans, il avait plus de vision spatiale que moi qui tente de monter un meuble Ikea. Et pourtant, j'ai lu les instructions. Il dira plus tard, à propos de ses parents, « Je n'ai pas été élevé, j'ai été encadré » . Franchement, j'adore cette phrase. C'est peut-être la meilleure manière de fabriquer des êtres humains de demain. Les encadrer comme des petites œuvres en cours, sans trop les casser, sans trop les vernir, en espérant qu'ils ne finissent pas en concept artistique sur TikTok. Mais attention, Calder ne commence pas directement par les beaux-arts. Monsieur fait d'abord des études d'ingénieur. Oui, parce qu'un artiste qui sait faire des calculs, ça existe. Et c'est même assez sexy. Il comprend les structures, les poids, les équilibres. En gros, il savait pourquoi ça tient, et pas seulement que ça fait joli. Puis il enchaîne des jobs complètement what the fuck. Mais vraiment quoi, on dirait un CV rédigé après trois moritos. Il est pompier sur un paquebot, dessinateur pour la New York Edison Company, et il finit par être chronométreur dans une exploitation ferroviaire. Chronométreur, je ne sais pas exactement ce que ça veut dire. Mais tout ça, ça va nourrir son regard. Le mouvement, la mécanique, le corps, le rythme, la matière. Tout ça revient plus tard dans son travail. Puis un jour, Calder arrive à Paris. Et là, bim ! Dans les années 20, c'est l'équivalent artistique d'un festival géant, avec moins de full trucks et plus de génies dépressifs. Donc il rencontre tout le monde, Mondrian, Miro, Fernand Léger, Paul Klee, mais surtout Marcel Duchamp. En visitant l'atelier de Mondrian, il prend une claque monumentale. Vous savez, la claque artistique. Celle qui fait que vous ressortez, en regardant même votre grille-pain, comme une possibilité conceptuelle. Il voit les formes, les couleurs, l'abstraction. Il comprend que l'art n'a pas besoin de ressembler à quelque chose. Il peut juste être. Et là, ça lui ouvre le cerveau, comme une boîte de sardines. Mais avant les mobiles, il y a le cirque. Calder adore le cirque. Mais genre vraiment. Pas juste, j'aime bien les clowns de loin. Non, il est carrément, il crée carrément son propre cirque miniature. Le cirque Calder. Avec des personnages en fil de fer, en tissu, en bouchon. en bout de machin, une sorte de théâtre miniature complètement génial. Il faisait des théâtres lui-même devant ses amis artistes, avec des bruitages, de la manipulation, de la mise en scène. En gros, c'était un one-man show entre le bricolage de génie et la performance artistique. Le gars inventait déjà le spectacle immersif avant que ça coûte 15 balles à la Fondation Louis Vuitton. Et justement, on voit cette partie-là à l'Expo Louis Vuitton. Parce qu'à l'occasion du centième anniversaire de l'arrivée de Calder à Paris, la Fondation consacre une immense exposition sur l'ensemble du bâtiment. Et franchement, c'est canon. On y voit des œuvres du cirque, des sculptures, ses mobiles, ses dessins, ses fils de fer, et tous les dialogues avec les artistes de son époque. C'est un peu comme rentrer dans son cerveau, mais en plus propre. Parlons justement de ses œuvres en fil de fer, parce que là, Calder invente un truc de dingue, il commence à dessiner dans l'espace, comme Thomas Pesquet, il utilise le fil de fer comme un trait de crayon qui sortait de la feuille. Des portraits, des animaux, des formes, c'est léger, vivant, presque magique. L'idée lui vient notamment de son goût pour la ligne, le mouvement, la simplicité. Il comprend qu'un simple fil peut suffire pour faire exister une forme. Comme quoi, pas besoin de mille effets spéciaux. Et ce mot, mobile, le fameux terme, c'est pas lui qui l'invente. C'est Marcel Duchamp qui lui suggère en 1931. Mobile parce que ça bouge, ça flotte, ça vit avec l'air. Parce que grande structure suspendue, potentiellement poétique, ça sonnait beaucoup moins bien à l'oreille. Et puis Calder ne fait pas que suspendre des formes, il fait aussi des bijoux. Comme quoi, on peut être un immense sculpteur et comprendre l'importance d'une bonne paire de boules d'oreilles. Il crée notamment des bijoux pour Jeanne Moreau, pour une pièce de théâtre au Palais Chaillot. Mais en réalité, il fabriquait des bijoux bien avant ça, pour les poupées de sa sœur. Comme quoi, il faut toujours laisser jouer les petits garçons avec des poupées. Sinon, on passe peut-être à côté d'un immense artiste. Et Calder adorait récupérer des bouts de fil de cuivre trouvés dans la rue. Le mec faisait déjà de l'upcycling chic, avant que ce soit tendance sur Pinterest. Il ramassait, il tordait, il inventait. On a peut-être enfin trouvé une explication rationnelle au vol des fils de cuivre sur les voies SNCF. Des voleurs, ou peut-être simplement des artistes, qui sait ? Et puis arrivent les œuvres monumentales, nommées des stabiles. Ces grandes sculptures fixes, souvent rouges, immenses, impressionnants. Et là, on en revient à la fameuse araignée chelou, rouge sur le parvis de la Défense. Celle devant laquelle vous êtes passée en disant