- Speaker #0
À quoi ça ressemble un univers de marque qui fait pas juste capter l'attention, mais qui donne envie à ta clientèle cible d'y entrer et d'y rester ? Comment le plaisir, l'expérience, les mots, le visuel, puis les petits détails peuvent soutenir une histoire qu'on a envie de suivre, puis d'habiter un peu ? Et si pour un solopreneur, créer un univers ne voulait pas dire inventer quelque chose d'immense, mais plutôt révéler un monde déjà là, en continuité naturelle avec qui il est ? C'est exactement ce qu'on explore dans cet épisode avec Aimée Desrosiers, alias Labiscornue, créa directrice et stratège en monde d'élaboration numérique. C'est parti Bienvenue dans le podcast À ta couleur. Moi, c'est Marie-Pierre, mais tout le monde m'appelle la voisine. Je t'accueille depuis ma maison jaune au cœur d'un petit village rural où j'ai choisi de ralentir pour mieux écouter et mieux raconter. Très jeune, j'ai compris le pouvoir de ces récits qui touchent, qui nous rassemblent autour de quelque chose de plus grand que soi et qui nous donnent la permission d'être plein de même. C'est pas un hasard si j'ai étudié l'histoire. À l'époque, je pensais observer le passé. Mais je me préparais surtout à ce que je fais aujourd'hui, à aider les entrepreneurs à fouiller dans leur propre histoire pour y trouver du sens, se révéler et apprendre à se présenter à partir des pépites qu'ils portent déjà en eux. C'est ça le storytelling introspectif, un pont entre la connaissance de soi et la communication. Ici, tu vas entendre mes réflexions en solo puis des conversations complices avec des invités qui ont choisi d'aligner leur entreprise sur ce qui les habite profondément. Parce qu'au fond, ce qui connecte, c'est pas juste ton expertise, c'est qui tu es. Alors, installe-toi sur ma galerie et laisse-toi inspirer. Salut à toi Bienvenue sur le podcast À ta couleur. Aujourd'hui, je reçois une invitée qui voit les projets comme des histoires à raconter, puis les marques comme des mondes à construire. Puis déjà, juste ça, moi ça me parle énormément. Aimée Desrosiers, alias Labiscornu, est créatrice, designer graphique senior et stratège en mondélaboration. Numérique, je l'ai bien dit. En gros, elle aide les entrepreneurs à construire bien plus qu'un branding. Elle les aide à faire naître un univers vivant, cohérent, intriguant, qui donne envie d'y entrer, puis d'y rester. Son travail prend racine dans le plaisir, la curiosité et la liberté. Puis ça paraît, parce qu'avec elle, on parle pas juste de logos ou de palettes de couleurs. On parle d'histoires à raconter, de mots à choisir, de détails qui créent de l'appartenance, puis de tout ce qui peut faire d'une marque une vraie aventure. Salut Aimée
- Speaker #1
Allô, quelle introduction
- Speaker #0
Oui, t'aimes
- Speaker #1
Je suis comme choyée de cette introduction, j'aime ça.
- Speaker #0
Oh mon Dieu, je suis bien heureuse que ça te plaise. Heureuse aussi, surtout, de te retrouver sur le podcast. Dans cette belle introduction qui t'a plu, j'aurais pu parler de ton chat, de ton côté gay, que j'aurais pu parler du fait que t'habites la campagne aussi, comme moi. J'ai sûrement oublié plein d'affaires, particulièrement ton sujet. Y'a-tu des choses que t'as envie d'ajouter ?
- Speaker #1
Je ne bois pas de café.
- Speaker #0
C'est quand même une petite inquiétude dans le monde dans lequel on est. Donc, tu bois quoi ? Du matcha, du thé ?
- Speaker #1
Ça me met dans la marge. Je bois de la tisane ou du thé vert.
- Speaker #0
C'est bon. C'est très bon. Je pensais que tu étais peut-être une fan de matcha, les lattes matcha, je ne sais trop, la lavande, je ne sais pas quoi. Mais là, ce n'est pas ton genre. OK. Classique. Classique, t'es vert. Non. Straight.
- Speaker #1
Oui, oui. C'est parce que j'ai un peu, j'ai comme genre, j'ai 105 ans à peu près. Genre, c'est pour ça que j'ai fait une petite infusion d'herbe.
- Speaker #0
J'adore ça, j'adore ça. Et mais nous autres, on se connaît. On se connaît un peu quand même. Écoute, pas personnellement, mais on se connaît un peu pour avoir, pour se côtoyer dans ce milieu réseau entrepreneurial, je veux dire petit. On a déjà eu la chance de... De quoi de jaser sur un... C'était-tu un podcast ou un live ensemble, je pense, à l'automne dernier, dans le cadre du cabinet des curiosités. Pis j'ai tellement, tellement, tellement, disons, accroché, je vais dire ça, à ton univers, à tout ce que t'es, à ton identité, à ton côté fantastique, créatif. Donc c'est tellement, tellement un plaisir pour moi de te recevoir aujourd'hui, pis de marier nos deux mondes. que tu maries déjà, toi, d'avance, parce que le storytelling, c'est quelque chose que, je vais dire, que tu manges, parce que tu racontes des histoires, fait que ça va être vraiment plaisant comme discussion. Mais là, avant de commencer dans le vif du sujet, j'ai envie qu'on commence au tout début, parce que je trouve que ton nom, il porte déjà tout un imaginaire, hein, parce que j'ai dit « alias la biscornue » . Puis là, c'est le nom sur lequel on te retrouve, d'ailleurs. Instagram. S'il y en a qui te recherchent, c'est Aimee Labiscornu, et non pas Des Rouges. D'où te vient Labiscornu ? C'est quoi l'histoire derrière ce nom-là ?
- Speaker #1
C'est une belle histoire. C'est le fun, on va raconter des histoires aujourd'hui. Quand je me suis lancée en affaires, il y a 14 ans. 12 ans. Ça fait 12 ans que je suis à mon compte.
- Speaker #0
Bravo, bravo. Je suis à mon compte. Je connais peu d'entrepreneurs que ça fait si longtemps.
- Speaker #1
Ça fait 12 ans que je suis à mon compte. Puis quand j'ai commencé, je ne suis pas commencée avec une espèce de... esprit entrepreneurial. Je n'avais pas d'idée de business. Moi, ce que je voulais, c'était la liberté de faire, pas nécessairement ce que je veux, mais d'être mon propre patron. Ça faisait plusieurs années que j'accumulais des karmas avec des patrons étranges, des patrons semis, des endroits où ça fonctionnait un peu croche, puis où j'arrivais à, tu sais, comme je m'investissais le plus possible, j'arrivais à un moment où je ne pouvais plus m'investir, puis ça ne servait à rien. Moi, mon copain, il est forgeron, donc travailleur autonome depuis toujours. Puis, je me rappelle qu'en me lançant, tu sais, c'était pas un... C'était comme pas nécessaire. C'était juste comme, OK, là, je suis rendue à un point où j'ai envie d'être mon propre patron. J'ai envie de faire mes affaires comme moi. J'ai envie. Je vais l'essayer. Mon autre chum, il est travailleur autonome. Donc, lui, il sait c'est quoi. On s'était dit, si ça fonctionne pas, ça fonctionne pas. Bref, ça, c'est le départ. Mais, tu sais, j'avais pas de... Tu sais, je me suis pas dit... J'ai vraiment une passion du savon, donc je vais vendre mes savons. Moi, j'étais designer graphique. Le plus que je pouvais faire, c'était comme je vais faire du design graphique. C'est un service qui se vend super bien à la pige. Pour moi, c'était le succès. Puis le succès venait avec le fait d'être accepté par tout le monde puis d'être, on va dire, pas average, mais normal. Puis dans mes premiers brands, oui, d'être normal, de ne pas me dé... Pas nécessairement me démarquer, mais d'être passe-partout,
- Speaker #0
si on veut.
- Speaker #1
C'est comme ça qu'on m'avait fait croire que l'entrepreneuriat, ça fonctionnait bien. Si tu veux être employée par tout le monde, il faut que ça plaise à tout le monde. Puis, je me rappelle que mon premier brand en tant que désigneur graphique, c'était la graphiste sympathique. Aimer la graphiste sympathique. Puis, j'ai traîné ça pendant quelques années. Ah ouais ? Ça l'allait. Les gens me reconnaissaient. Ah, c'est toi, là, la graphiste sympathique. Puis à un moment donné, après, je pense, après 3 ans, 4 ans, je pense que c'est quand j'ai eu des enfants. Ça change des choses d'avoir des enfants.
- Speaker #0
C'est pas une bonne part.
- Speaker #1
J'en ai aucune idée. Mais je pense que c'est après avoir été enceinte, vécu un accouchement, puis avoir un enfant, que ça a tout changé ma vie, puis je me suis rendu compte que j'étais pas juste sympathique. Tu sais, c'est cette espèce de moule de la personne. En plus, sympathique, c'est tellement un mot. « Cute » , tu sais, un mot... C'est rare que les gens ne sont pas sympathiques. C'est rare que tu vas dire... Tu n'es pas la graphiste apathique. Sympathique, c'est vraiment un mot passe-partout, comme j'étais, comme je croyais qu'il fallait être. Puis ça m'a pris un bon deux ans, trois ans à trouver un nom qui englobait un peu qu'est-ce que j'étais comme créature. Puis la biscornue, ce n'est pas un mot que j'ai inventé. C'est... Un vrai mot, la biscornue, c'est être biscornue, c'est... Habituellement, même, c'est masculin, je pense. Moi, je l'ai féminisé. Ou c'est un adjectif. Fait qu'il peut être au féminin aussi. Être biscornue, dans le fond, c'est être étrange, être absurde. Quelque chose qui sort de l'ordinaire. Puis, moi, dans ce temps-là, j'avais... Je voulais avoir... Je voulais que ça soit relié à des licornes. Avoir une corne de licorne quelque part là-dedans. Puis, pour moi, biscornue, c'était avoir deux cornes. Fait que c'était encore plus licorne, tu sais. Fait que c'est ça. C'est d'où vient le mot. la biscornie.
- Speaker #0
C'est clair que c'est plus distinctif la biscornie que la graphite sympathique. Dans le sens où, tout de suite, quand on entend la biscornie, on se dit « Ah, mais c'est quoi ça ? Ah, mais c'est donc bien spécial. Ah, mais je sais pas qu'est-ce que c'est. Mais ah, tu sais, ça amène comme cette curiosité-là, ce questionnement-là, cette distinction-là. Parce que, en tout cas, personnellement, moi, j'ai jamais entendu d'autres entrepreneurs utiliser ce mot-là. Tu sais, c'est un mot qui te colle à... Je pense à toi, là, assurément, là, qui te colle à la peau. Puis tu sais, tu parles des Tout l'univers fantastique. fantastique, dans le fond, je pense, qui vient avec ça, les deux cornes. Pour te suivre.
- Speaker #1
Avec le temps, j'ai laissé tomber la licorne aussi. Dans le sens que c'est bien un temps, mais je suis super élitiste de la licorne. Je ne suis pas licorne, toutes les licornes. J'ai un genre de licorne en particulier. Les autres, les moji-licornes, ne me fais pas bander. Je veux dire, ne renvoyez même pas des chaussettes avec des licornes, des moji-licornes. Ça ne me plaît pas. Moi, je suis vraiment un licorne type... part. La licorne, c'est plus trop difficile.
- Speaker #0
Je n'ai jamais vu utiliser d'ailleurs ça dans ton brain, dans tes images. On les voit, les cornes. On dirait que ça mène à ça. On dirait que c'est ça que j'imagine dans ma tête. Justement, derrière ce nom-là, il y a aussi une trajectoire. J'ai l'impression qu'à un moment donné, ton travail a commencé à dépasser. Le simple cadre du graphisme, tu sais, parce que là, tu t'es lancée. Il y a un moment, j'imagine que tu as compris que ton travail allait au-delà. du graphisme ?
- Speaker #1
C'est drôle parce qu'aujourd'hui, je regardais des archives de story, puis c'est en 2022, je pense, ou en début 2023, où j'ai annoncé que je ne faisais plus de design graphique. Puis c'était vraiment étrange pour une personne qui fait du design graphique depuis, moi, ça fait 20 ans que j'en fais, sans faire plus, j'arrondis ça à 20 ans, mais que la relation de service de design graphique ne m'apportait plus rien. La boîte d'être designer graphique était comme une cage, était comme une prison parce que les gens venaient à moi pour du design graphique mais c'est pas ça que je voulais faire. Je voulais faire plus. J'étais capable de faire plus. Puis, j'avais pas encore de mots pour expliquer comment j'étais capable de faire plus. C'est pour ça qu'on va parler de world building et de mon délaboration et ces choses-là, mais c'est parce qu'à un moment donné, cette cage-là du titre était vraiment trop contraignante pour moi. Ça m'apportait vraiment beaucoup de frustration. Fait qu'à un moment donné... début 2023, je pense, j'ai fait... Je vais l'annoncer, je ne fais plus de graphiste. Voilà, je n'en fais plus, c'est fini. Quelque chose d'ironique, parce que j'en fais quand même tous les jours. Mais, c'est ça.
- Speaker #0
Quand t'as fait cette annonce-là, en même temps, t'annonçais autre chose, t'annonçais vers quoi ça allait tendre ce que tu faisais, ou tu savais pas encore, t'as laissé cette zone de flou-là flotter pendant un certain temps, avant de dire, OK, moi, ce que je fais, ça porte tel nom. Là, on le sait, mon délaboration, mais à ce moment-là, est-ce que c'était clair ?
- Speaker #1
Non, ça n'avait pas de nom encore. Je devais dire, moi, c'était créer des univers. Même pas, ça ne devait même pas être dit de même. C'était le fait que tu ne pouvais pas venir me voir juste pour un logo, juste pour un pamphlet, juste pour une affiche, juste pour un élément graphique ou juste comme j'ai besoin d'un logo avec deux, trois visuels de réseaux sociaux. Moi, je n'offre pas ça. Tu ne peux pas venir me voir pour ça, désolée. Puis je fais quelque chose de plus profond. Il y a eu un gros déclic avec le Festival Web de la création de contenu.
- Speaker #0
Feu. Qui a fait,
- Speaker #1
je pense que c'est 2020, 2021, 2022, 2023. Feu, qui est décédé. FWCC, c'est le Festival Web de la création de contenu. C'est Alex Martel, pendant la pandémie, qui était triste parce qu'il ne pouvait pas aller en Europe avec son frère. Puis, il a trouvé l'idée de faire un événement, un festival en ligne pendant une semaine, gratuit, sur le web. Au début, c'était sur un groupe Facebook pour parler de création de contenu, avec des panels, avec des gens qui parlent de création de contenu, différents enjeux sur la création de contenu. Ça touche pas mal tous les entrepreneurs. Donc, le premier visuel, c'était un festival, comme genre un festival d'été, si on veut. celui d'après, on a voulu créer un monde. Fait que celui d'après, c'était... École de magie, parce qu'Alex est un grand fan de Harry Potter. Après, c'était sous l'océan. On avait des submersibles, des sous-marins, des équipages. On se rejoignait des équipages. Puis après, c'était une école de monstres un peu à la Pokémon. Il fallait adopter son monstre, la peur liée, sa peur liée à la création de contenu, puis l'adopter, puis en France, oui. Le but, c'était vraiment de faire comme si c'était un festival. Fait que la question que vous vous étiez posée, c'était, pour le premier, c'était, c'est quoi qu'il y a dans un festival ? S'il y a des posters, on va voir des panélistes, comme on va voir un spectacle, des choses comme ça. C'est les questions que vous vous étiez posées. Puis l'année d'après, ça a été moins un festival, plus une expérience.
- Speaker #0
Je me rappelle de ça, là, tu me rappelles des souvenirs. C'était vraiment... Oui Wow C'est ça. Comme tu dis, on vivait une expérience. C'était vraiment l'expérience qui était mis de l'avant. Donc, lorsque... que tu dis là, j'en comprends, que c'est là toi que t'as comme pris ou pu mettre peut-être des mots sur les compétences nouvelles, ben pas nouvelles pour toi, mais nouvelles pour tes futurs clients, t'sais, t'étais en train de créer des univers, t'étais en train de créer complètement des expériences avec le Festival Web de création de contenu, ça a sûrement été un déclic, là, de ce que j'en comprends.
- Speaker #1
Ça a été un déclic que ça pouvait être appliqué dans un contexte entrepreneurial. Parce que moi, je suis une nerd, ok ? Je suis vraiment une nerd. faire de la narration créative de même, créer des histoires comme ça, participer à des univers en ligne. Ça, ça m'arrive encore maintenant constamment. Moi, je fais du... là, c'est le moment un peu gênant, mais c'est pas grave. Je ne vais pas être gênée de ça. C'est pas grave. Moi, je fais du roleplay sur forum. Je fais du jeu de rôle sur forum, qui est comme, dans le fond, tu intègres un forum sur Internet, avec des catégories et des choses-là, mais c'est un univers en part entière créé par une autre personne, puis tu incarnes un personnage, puis tu joues un personnage en interagissant avec les personnages des autres, que par des histoires que tu vous faites à deux, trois, plusieurs personnages. C'est incroyable. Puis ça, ça a toujours été un passe-temps. J'en ai fait beaucoup de forums aussi, j'en ai créé moi-même des designs de ça. Puis je me suis toujours faite comme... Mais c'est merveilleux, tu sais. Puis ça revient aussi avec le théâtre, le cinéma, le livre, quand tu lis un livre, toutes ces choses-là, c'est un univers que tu peux expérimenter juste en lisant, tu sais. Mais le FWCC, elle a été le déclic que tout ça, tout ce bagage-là, parce que je fais ça depuis que j'ai 16 ans, puis ce bagage-là narratif, storytelling, créatif, je pouvais l'utiliser pour l'entrepreneuriat aussi.
- Speaker #0
Je pense que là, les gens commencent à comprendre peut-être un peu plus, les gens qui nous écoutent, qu'est-ce que tu fais exactement. Puis c'est ça, là. La monde-élaboration, dans le fond, si on voulait un peu expliquer, vulgariser ce mot qui intéresse beaucoup, qui ne fait pas peut-être nécessairement partie du vocabulaire de tout le monde, monde-élaboration, c'est le mot que tu as trouvé pour rassembler ces compétences-là que tu avais depuis que... Oui, parce que monde-élaboration,
- Speaker #1
ce n'est pas un mot.
- Speaker #0
Ok, explique-nous ça.
- Speaker #1
Donc, monde-élaboration, c'est un protologisme. On est bien fan de ça au Québec, des protologistes. Donc, moi, j'ai inventé mon propre mot-valise pour parler de « worldbuilding » , parce que je trouve que je le prononce pas toujours bien. Puis à force de parler de « worldbuilding » , j'ai l'impression que ça accroche. Puis je me cherchais une expression en français pour parler de « worldbuilding » . Donc, j'ai créé le mot « mondeélaboration » . « Mondeélaboration » , « élaborer des mondes » .
- Speaker #0
Puis là, si je pense à l'entrepreneur qui nous écoute puis qui se dit peut-être, « OK, c'est super fascinant, mais est-ce que moi, je suis rendue là ? » Est-ce que tous les entrepreneurs ont besoin de se créer un univers de marque ? Comment on sait si on est prêt à faire ce travail-là ? Bon, déjà, je vois ta réponse.
- Speaker #1
Ça a été du... on va dire pas de laisser-erreur, mais je me suis rendu compte qu'avant de se lancer dans la création d'univers pour son entreprise, premièrement, je te conseille toujours de faire un... Au lieu de faire ton branding à toi, qui va avoir un univers autour de ton branding à toi, commence par un produit, un service, quelque chose qui est à l'extérieur de toi, on va dire, un petit peu. Mais je me suis rendu compte qu'avant de créer un univers fort, c'est important de savoir qui tu es toi. C'est comme si le personal branding, la chose que tu vas développer avec le temps, Avec ta vie d'entrepreneur, avec découvrir tes valeurs d'entrepreneur, ton histoire d'entrepreneur, pourquoi tu fais ça, qui tu es, comment tu parles, ton ton, tes mots, ces choses-là. C'est comme une base importante dans la vie de créer un univers. Parce que quand tu crées un univers, si on ne te ressent pas toi au milieu, je ne veux pas me lancer en personal branding parce que toute l'histoire de personal branding, pour moi, je trouve que les entrepreneurs, Il aborde beaucoup le branding comme s'il était des grosses multinationales. C'est comme si tu avais une grosse équipe envers toi. Tu sais, de chercher, de choisir ses couleurs parce que ton market cible aime ces couleurs-là. Mais quand tu es tout seul, quand tu es un solopreneur, ce qui est important, c'est de vendre toi. Bref, c'est ma parallèle là-dessus. Je vais en parler plus tard, plus tard dans ma vie, l'entrepreneur. Je vais arriver là-dessus.
- Speaker #0
Ce que j'en comprends, c'est que quand tu fais ton personal brand, tu me diras si j'ai bien compris, dans le fond, quand tu fais ton personal brand, ça te donne des indices, des pistes. Tu as déjà un chemin qui se trace, qui peuvent ensuite être utilisés pour créer cet univers-là, ce monde-là. Ça fait que ça vient avant.
- Speaker #1
Je pense que les gens trouvent ça difficile. Oui, oui, tout à fait, ça vient avant. Parce que c'est plus difficile d'assumer un univers un petit peu champ gauche ou un univers un petit peu... qui sort de l'ordinaire ou, tu sais, juste créer un univers si t'es pas à l'aise dans tes bottes d'entrepreneur, de qui tu es, genre si ça vibre pas avec toi. Puis, on va faire une distinction aussi, créer un univers n'est pas toujours fantastique ou science-fiction ou les choses comme ça. Un de mes exemples préférés, c'est le réfrigérateur, je vais toujours en parler. Le réfrigérateur est une belle base d'univers pour tout. Si tu veux créer un univers après avec un réfrigérateur, go, c'est possible Mais ça n'a rien, c'est pas besoin d'avoir de licornes, de chevaliers, de dragons, de vaisseaux spatials pour créer un univers, c'est vraiment pas important. Mais si tu veux faire ça, il faut que tu sois apte à assumer que toi, en tant qu'entrepreneur, ça te passionne. Fait que je pense qu'il faut que ça vienne avant.
- Speaker #0
Oui, je pense aussi. Tout à fait. Puis tu sais, le personal brand, ça permet aussi, je pense, d'apprendre tellement à mieux se connaître. C'est comme la base quand on crée un personal branding ou même en storytelling, quand on vient à vouloir se raconter pour connecter davantage, plus profondément avec ton audience cible, ça demande une grande connaissance de soi. C'est un chemin qui est à parcourir et qui est nécessaire autant pour créer son personal brand que pour... J'imagine créer ces mondes, ces univers, pour que ce soit une extension, pour en venir une extension de soi d'ailleurs plus naturelle. Puis là, tu as parlé d'un réfrigérateur. J'adore ça parce que pour rendre ça plus tangible pour les entrepreneurs qui nous écoutent, j'aimerais ça qu'on fasse un petit exercice, presque en direct. Écoute, là, je ne te l'avais pas, je ne t'avais même pas prévenu avant. Écoute, j'y vais de même, freestyle. Mettons que je te donne un objet super banal au hasard. Puis là, tu as parlé du frigo, ça peut être le réfrigérateur, mais tu sais, n'importe quoi. tasse, un carnet, ce que tu veux. Peux-tu nous montrer ou en tout cas faire l'exercice en deux minutes de rien de parfait. Comment tu commencerais à m'en élaborer autour de cet objet banal-là pour créer un univers et un vocabulaire ? Pour que ça soit un petit peu plus concret.
- Speaker #1
Mais il faut faire l'exercice inverse. Il faut que tu aies un produit ou un service ou un truc. Ton fil Instagram, ton sub stack, ton infolettre, whatever. Choisis quelque chose et on applique un frigo à ça.
- Speaker #0
Un frigo à ça. OK. Bien là, tu as parlé de plein de canaux différents. Mettons qu'on dit l'infolettre. Ça me tente.
- Speaker #1
OK, l'infolette. Ton infolette, son univers devient un réfrigérateur. Oui. Bien entendu, tu ne vas pas saluer les gens qui ouvrent ton frigo de manière « bonjour chose » , « bonjour Marie-Pierre » , « bonjour Aimée » . Non, non, non, non. Ils ouvrent le frigo. Qu'est-ce qui se passe quand tu ouvres un frigo ? Il y a toujours une lumière, ça dépend de tes cas dans la journée. Il y a la vibration du réfrigérateur. Est-ce que la poignée est complète de ton réfrigérateur ? Quel genre de réfrigérateur t'es ? Est-ce que t'es en haut, c'est la partie froide, en bas, c'est la partie congelée, ou vice-versa comme le mien ? C'est tous les détails à savoir. Ensuite, tu les salues pas comme si c'était monsieur, madame, tout le monde. Ton infolette, c'est un réfrigérateur. Puis t'as même pas besoin de parler de cuisine dans ce cas-là. C'est vraiment pas nécessaire. Tu sais, moi, j'irais avec un petit visuel d'intérieur de frigo. En plus, tu pourrais diviser ça en différentes sections, ton infolette, comme si c'était un réfrigérateur. Est-ce que cette section-là qui parle plus de... de toi ou d'un projet que tu vas faire, c'est le tiroir à fromage, ou est-ce que ça, c'est le tiroir à légumes. Tu pourrais inviter les gens. Moi, un petit truc que j'aime aussi, c'est que tu pourrais, en world building, dans mes trucs favoris, c'est de changer les noms des gens qui s'inscrivent à ton infolettre. Tu pourrais aller changer le nom des gens. Tu pourrais l'appeler Ketchup Marie-Pierre. Puis, « Mayo aimé » , genre « Bonjour, Mayo aimé » , tu sais. Puis, juste ce petit détail-là. Changer ta signature aussi pour quelque chose qui est « relevant » au frigo. Genre, « Ferme la porte du frigo, sinon on va te décongeler » . Tu sais, comme des choses comme ça. Puis, toujours te rapporter à, dans ton infolettre, à des étagères, des condiments, des sections de ton réfrigérateur. Tu pourrais même faire des recettes ou des choses qui vont sur le réfrigérateur, ta liste tout doux. parler de ta liste d'épicerie, qu'est-ce qui manque dans ton réfrigérateur en ce moment, est-ce que tu peux faire une question, tu peux proposer ton aide en disant qu'est-ce qui te manque dans ton frigo en ce moment, dis-moi-le et je vais t'aider à le remplir, des choses comme ça. C'est d'adapter tout ton infolette, tout ce qui se passe dans l'infolette à ça, à un certain degré.
- Speaker #0
Ça fait sourire, même si tu n'es pas fan de réfrigérateur, peut-être, il y en a sûrement. Moi, ça me parle énormément. Peut-être, je ne sais pas, les vendeurs d'électroménagers. Mais moi, ça me parle vraiment, vraiment beaucoup de ça parce que j'ai aussi bâti avec la voisine un univers qui joue, dans mon cas, entre le réel et l'imagé et l'imaginaire dans ce cas-ci parce que la voisine, elle habite réellement une maison de campagne dans un village avec sa grande galerie. Ça existe pour vrai, c'est ma réalité, avec des mots comme justement village, galerie, les voisins, les voisines, tout ce que les petits milieux évoquent de proximité. de sentiments d'appartenance. Dans mon langage à moi, ce qui nourrit cet univers-là, c'est les pépites de connexion. Donc là, il y a quand même une distinction, tu l'as dit, à faire entre l'identité, l'entrepreneur, puis les produits, les services qui en découlent. Parce que moi, j'ai des produits que la voisine vend. La voisine, c'est moi. Je parle à la troisième personne, c'est un peu bizarre, mais la voisine, c'est moi. Avec mes pépites de connexion, les valeurs, le why, les combos, les alliés, tout ça. Fait que je trouve ça fascinant parce que, naturellement, dès que je me suis lancée en affaires, je faisais ça. Bon là, écoute, peut-être pas à la hauteur de ce que tu crées. Assurément pas à la hauteur visuellement de ce que tu crées, ça c'est sûr. Mais cette idée d'univers-là, de faire entrer les gens dans... dans un univers, dans un monde, de leur faire vivre une expérience, développer le sentiment d'appartenance, moi, c'est quelque chose que j'ai vite compris naturellement. Donc, quand tu dis, je vois... Je pense que tu as dit ça, je reprends ça au vol. Je vois les projets comme des histoires, un peu. C'est quoi, toi, les premières questions que tu poses aux entrepreneurs pour trouver l'histoire ? pour trouver le monde à créer, c'est quand même... Tu pars d'où quand il y a un monde à créer ?
- Speaker #1
Des fois, c'est pas facile, dans le sens que... Il y a des trucs... En entrepreneuriat, surtout quand t'es seule... Il y a des choses que tu oses pas faire. Est-ce que je vais être jugée ? Est-ce que les gens vont me trouver bizarre ? Est-ce que si je fais ça, les gens vont embarquer avec moi ? Fait que souvent dans mes premières questions, ça va être des questions... J'essaie vraiment d'activer l'imagination pour aller le plus en gauche possible, pour que les gens puissent s'enlever cette pression-là de la créativité, de l'imagination, juste faire comme, toi, toi, qu'est-ce qui t'allume, toi, genre, t'sais, comme, t'es-tu une fan de thé ? Est-ce que t'aimes les beaux crayons ? T'es-tu une... witchy vibe quelque part en toi ? Est-ce que t'aimes beaucoup les Ausha ? Je veux dire, qu'est-ce qui, dans ton entourage, t'inspire ? Tu sais, comme souvent, parle d'une passion, parle de quelque chose qui t'intéresse. Moi, je roule beaucoup dans le medieval fantasy, mais c'est parce que dans ma vie de tous les jours, je roule beaucoup là-dedans, naturellement. Donc, pour moi, c'est un sujet facile à créer un univers auto. Mais tu sais, demande-moi pas de faire ça sur l'ère endo du Japon. aucune idée, mais si t'es un fan, tu peux.
- Speaker #0
C'est des questions, tu comprends bien, qui visent vraiment à aller toucher à ce qui gravite autour de l'entrepreneur dans un accès quasi immédiat, ou en tout cas qui est pas trop loin. Puis là, une fois qu'on commence à mieux saisir l'histoire ou l'univers qu'on veut raconter, il y a toute la question de l'alignement avec ce qu'on dit puis ce qu'on montre. Tu sais, quand il y a un décalage, des fois, entre... Je veux dire, l'histoire qu'on raconte, puis l'univers graphifique dans lequel qu'on utilise, disons. Ça se voit comment, ça, quand il y a un décalage entre ça ? Qu'est-ce que c'est quoi, les signes qu'il y a un décalage ?
- Speaker #1
Pour moi, en tant que designer graphique, tu ne pourrais pas avoir de visuel lié à tout ça, puis ça serait OK. C'est pas bien spécial, parce que moi, je pense que pour faire ressentir ton univers, la première chose, ça va être tes mots. Puis, vraiment, travailler fort sur tes mots, puis comment tu communiques ça. Ma référence, c'est quand tu lis un livre. Écoute, quand tu lis un livre, tu t'immerses dans un univers où la vie d'une autre personne, c'est juste des mots, je veux dire, tu fais juste lire l'histoire de quelqu'un d'autre, l'univers de quelqu'un d'autre, la description, je veux dire, sur le web. On n'est pas rendu à, on a juste deux sens, je veux dire, on a l'ouïe, puis des fois, c'est vraiment sous-exploité. La vue, la vue pour lire, puis voir. Puis, je pense que lire en premier pour pouvoir guider les autres sens qu'on n'a pas, l'odorat, Louis, ben là, Louis, je dis qu'on l'avait, mais je trouve qu'on l'exploite pas assez, mais l'odorat, le toucher, ces choses-là, je pense que ça fait vraiment une différence. Fait que, tu sais, déjà, commencer avec des mots pour exprimer cet univers-là, c'est une base. Ensuite, les visuels, ils viennent comme en troisième. C'est drôle de dire ça comme ça, mais les visuels viennent en troisième. Ils viennent plus loin dans l'équation où... Tu n'as même pas besoin d'avoir un branding fort. Tu peux juste avoir des couleurs. Tu peux juste avoir des images « stock » . Tu n'as vraiment pas besoin d'avoir quelque chose de très, très fort pour exprimer ce que tu veux exprimer. Surtout si ça vient d'une passion ou de quelque chose qui est facile pour toi. Je veux dire, c'est facile pour toi de l'illustrer parce que c'est un sujet que tu connais plus.
- Speaker #0
Quand les mots sont bien pensés, il y a souvent quelque chose de très fort qui se crée. Les gens ne font pas juste... Je veux dire, regarder des visuels, on va se dire ça comme ça, tu sais, ils commencent à se sentir chez eux, je veux dire, de par les mots, de par l'expérience, de par le monde, de par l'univers qui est créé. C'est là où moi, je vois ce sentiment d'appartenance-là comme émerger. Est-ce que c'est un signe pour toi que quand il y a un sentiment d'appartenance qui émerge, que c'est un signe que le monde est fort et solide et bien... Bien ancré, si on veut.
- Speaker #1
Oui, nettement oui. Moi, je pense qu'un des grands signes pour moi, ça va être que tu as du plaisir et que ça t'excite, que ça t'amuse. Quand tu imagines un petit détail que personne ne va savoir sauf toi, et que ça te fait plaisir de savoir ça, peut-être que tu n'utiliseras jamais ce détail-là lié à ton univers. Je veux dire, ça peut être un détail aussi petit que les saveurs de thé, que ton univers, c'est une boîte de thé, mais les saveurs, c'est quelle saveur, quelle marque, ces détails-là sont vraiment... Pas important pour ton audience, mais pour toi ou pour les gens qui voudraient plus expérimenter l'univers, ça en a des tailles. Moi, les détails qui tuent, ils changent tout. Mais c'est d'avoir ce plaisir-là. Moi, si tu n'as pas de plaisir à créer ton univers ou si c'est une pression, tu n'as pas de plaisir, tu n'as pas le fun, ce n'est pas le bon univers. Puis ça peut être deux raisons que ce n'est pas le bon univers. Soit il est trop vaste, soit il est trop petit. Voilà.
- Speaker #0
OK, là, tu amènes deux points super importants que je veux rebondir. Le moment où on sent... que notre univers ne nous appartient plus seulement à nous-mêmes, qu'il commence à vivre chez les autres aussi, t'as nommé ça. Puis je veux revenir aussi sur, bon, t'as dit, les univers qui commencent à être trop petits. C'est-à-dire qu'à un moment donné, j'imagine qu'il y a des univers qui, quand on évolue en tant qu'entrepreneur, peut-être sont trop petits pour, je sais pas, la vision qu'on a, où est-ce qu'on est rendu. Quand un univers ne nous appartient plus et qu'il commence à vivre chez les autres aussi, c'est quoi les indices ? Que ça arrive, c'est-à-dire que la communauté commence à s'approprier l'univers, à le faire vivre.
- Speaker #1
Ça, c'est le fun. Ça, c'est vraiment merveilleux. Quand tu vois que ça te déborde. Moi, j'appelle ça un débordement. Mais c'est bon quand ça déborde. Quand ça te déborde, dans le fond, tu vois le remarquer quand... Mais ça dépend. Faut que t'offres ton univers aux gens. Si tu l'offres pas, si tu leur donnes pas à ton audience l'opportunité de l'utiliser ou d'embarquer, c'est très, très fermé. Ou si les gens peuvent pas utiliser les salutations, ou si tu crées pas de visuel, ou si tu crées pas de la gamification, que les gens peuvent participer. dans cet univers-là, c'est sûr qu'il n'y aura pas de débordement parce que c'est très hermétique. Mais si tu le fais ouvrir un peu, si on pense au FWCC, les gens étaient attachés à différents vaisseaux, à différents équipages. Mais moi, ce que je voyais, c'est que les gens, encore maintenant, les gens me disaient « Ah, moi, j'étais dans tel équipage » . Les gens arborent leur slogan ou leur logo d'équipage. Ils sont fiers. Ils partagent ça sur les réseaux sociaux. si tu donnes des éléments que les gens peuvent utiliser, ils vont être fiers de l'utiliser puis de le montrer. Il y a une salutation, moi je me rappelle, il y a une fille qui fait un podcast, elle a une salutation, pour elle, genre, mais je suis capable de la dire, je dis cette salutation-là comme elle, parce que je sais que c'est son podcast. Valentin, je me rappelle le Valentin Montmore, lui, il s'est fait faire des sons par Émilie Laliberté, puis il y a un single, quand il rentre sur un serveur Discord dans un salon vocal, il y a une chanson, mais la chanson, je la... connaît par cœur maintenant, puis je sais que ça fait partie de son univers, tu sais. Fait que c'est les moments où ça déborde, c'est quand les gens vont soit le faire inconsciemment, soit ça va leur donner plaisir de partager. Tu sais, je veux dire, le jaune de la voisine, ils savent tout de suite que le jaune, la voisine, ça vient de toi, ils vont t'appeler la voisine, ils vont parler de voisin avec toi. C'est quand ils embarquent dans cet univers-là que tu vois que c'est bien que les gens s'approprient. C'est bon, ça. C'est un peu le but aussi qu'ils participent à cette expérience-là, que tu leur offres.
- Speaker #0
Des fois, je rebondis sur ce que tu dis par rapport à la voisine, puis sa couleur jaune, effectivement, qui est une couleur qui m'est très connue. Mais aussi, à l'automne passé, de par ma participation au cabinet des curiosités, je l'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup senti, ce que mon univers portait, qui était porté par les autres. J'avais des gens qui m'écrivaient, puis qui me disaient... À quel point il avait envie de venir se tirer une chaise sur ma galerie et de venir s'installer avec nous. Quand tu dis déborder, ça a comme débordé positivement, bien sûr. Et même chose quand j'ai créé mon petit groupe d'accompagnement, Le Village, on est dix, j'accompagne dix entrepreneurs pendant trois mois avec leur storytelling. Puis instinctivement, quand les communications ont commencé, les filles, parce que ce sont dix filles dans l'accompagnement, se sont entre elles appelées les voisines. Salut mes voisines, tout ça, alors que j'avais même pas. C'est comme ça s'est établi tout seul. Et j'ai eu cette pensée-là de me dire, OK, wow, cet univers-là de la voisine, on est toutes des voisines, commence à se porter seule, tout seule, par les membres de la communauté qui reprennent ça. C'est là où est-ce que j'ai vu, OK, il y a comme un sentiment d'appartenance, d'appartenir à une communauté, d'avoir du plaisir à utiliser ces métaphores-là. J'ai trippé bien raide de voir ça aller, puis je trippe encore, puis on dirait que ça me motive à aller encore plus loin dans cet univers-là. Mais des fois, c'est même pas l'entrepreneur qui... C'est ça que je trouve fascinant, quand c'est la communauté qui, après ça, définit des termes, puis les utilise, puis là, c'est l'inverse. Là, c'est moi qui les utilise après ça, tu sais. Je me dis, mon Dieu, mais oui, ça colle tellement à l'univers de la voisine, tu sais. C'est génial. Et là, tu disais aussi, quand une marque grandit, comment tu fais ? évoluer ton monde, dans le sens de monde d'élaboration, sans perdre les gens en route. Quand ça grandit, quand ça évolue, comment faire ça sans perdre notre gang, notre communauté qui est à fond avec nous autres dans cet univers-là ?
- Speaker #1
J'ai déjà été approchée avec des gens qui voulaient créer un univers autour de leur branding, mais c'était comme un cosmodrome, avec des millions de planètes, avec des noms inventés et des trucs très spécifiques à chaque planète. Oui C'est cool, mais trop vaste, c'est trop haut. Quand tu n'es pas capable de prononcer les noms, quand les gens ne peuvent pas s'attacher aux choses parce qu'ils ne comprennent pas, quand la mythologie est trop vaste derrière ça, c'est pour ça que le personnel branding est vraiment important. La mythologie de tes univers va finir par être ta propre mythologie, tes valeurs, ces choses-là. C'est ton propre parcours du héros en littérature. C'est vraiment important pour tes univers. C'est comme... Tu peux faire du world building, Ciao ! ton personnel branding, genre, mais pas créer un univers, mais d'utiliser les... les réflexes de création d'univers sur ton patronat branding, ça crée un univers. Ça, c'est un sujet vraiment vaste. Mais créer un univers, pour le faire évoluer, ça ne va pas être dans le devenir, faire le devenir plus grand. Ça va rester en proximité, mais aller encore plus dans les détails. Je veux prendre toi comme exemple. Je sais que c'est ta galerie qui est bien, bien populaire, avec les chaises sur ta galerie et la couleur jaune. Est-ce que ça ne pourrait pas devenir une pièce nouvelle ? Un appât anti sur le bord de ta galerie ? Qu'est-ce qui se passe dans la maison en avant de chez vous ? Est-ce qu'il y a un, je veux dire, dans ton parterre de fleurs ? Pas besoin d'aller dans la ville voisine pour créer cet univers-là, pour garder le même truc. Tantôt, je dis que les univers trop grands tendent à faire perdre les gens. Ce n'est pas nécessaire que ce soit grand. Moi, je suis fan des petits univers. Le dessus de ton bureau, le fond de ta poubelle. ta plate-bande, un bouquet de fleurs, des trucs qui ne sont pas vastes. Ce n'est pas besoin d'être vaste pour être un univers. Je pense qu'il y a un problème avec le mot univers. Univers, c'est juste, dans ce cas-ci, on l'utilise pour indiquer ce qui a tout dedans. C'est tout. Il ne faut pas penser cosmos, Alexis, ce jour-là, la grandeur. C'est ça.
- Speaker #0
Belle nuance.
- Speaker #1
Je pense que des fois, on pense à ça. Oui, tout à fait, parce qu'on pense des fois qu'un univers, on pense à quelque chose de gros avec des mythes, puis tu sais, comme genre, il y a une religion, puis tu sais, il faut faire des affaires, puis c'est comme, oui, tu peux, là, mais c'est vrai, ça t'aide pas plus, là, tu sais, le but, c'est de se démarquer puis vendre, puis de créer un sentiment d'appartenance avec ta communauté, qu'offrir une expérience que les gens te connaissent, puis ces choses-là, mais bref, pas besoin de créer, tu sais. Pensez pas à l'univers comme quelque chose de très, très, très vaste. C'est pas ça. L'univers, c'est juste ce qui contient tout. C'est juste ça.
- Speaker #0
Ce que je retiens de ce que tu dis, c'est la simplicité puis la proximité. Pas des choses... On va pas aller dans de la complexité, d'aller dans trop vaste, trop grand, puis commencer à complexifier les choses avec des mots, peut-être, qui sont complexes aussi. Puis tu vois, ça me fait penser quand tu disais, mettons qu'on te prend comme exemple avec la galerie, puis tout ça, peut-être que la maison d'en face ou tes plates-bandes ou tout ça, bien, ça me fait penser au fait que j'ai utilisé des chaises. J'ai utilisé à un moment donné dans mon contenu des chaises. Quel type de chaises on retrouve sur ma galerie ? Alors, il y a des chaises à mac, il y a des chaises de camping, il y a des chaises en osier, il y a des chaises... Donc là, j'accumulais le nombre de chaises, puis c'était loufoque parce que je manquais de chaises. Justement, c'était ça, le côté amusant de la chose. Mais c'était tellement simple que ça en était drôle. Donc, on n'allait pas chercher bien loin. Ça me fait penser à ça. Quand j'étais en proximité, j'étais allée dans mon sous-sol, dans ma cave, parce que ma maison a date de 1870. Donc, c'est une cave. Je sais, il y a toutes les chaises que j'avais disponibles pour les aligner sur ma galerie. Bref, je pense que... Ça me fait penser à ça. Je pense que c'est un bon exemple de ne pas aller chercher trop loin, nécessairement, des éléments pour... renforcer notre univers puis aller un petit peu plus loin, approfondir. Je pense que ça commence à, en tout cas, j'espère pour les gens qui nous écoutent, que ça commence à devenir plus clair, concret. Qu'est-ce que c'est la monde d'élaboration, l'élaboration de monde ? Pour un entrepreneur qui se sent invisible, qui ne se démarque pas, qui sent qu'il n'est pas encore assez visible, c'est quoi le petit pas concret vers un univers plus distinctif, vers un monde plus distinctif ? que cet entrepreneur-là pourrait faire ?
- Speaker #1
Ben, va faire ton personal branding. Non, non, mais le vrai, là, pas celui de ton entreprise, celui de toi. Arrêtez de penser que vous avez besoin de savoir c'est qui votre marque, votre niche, pis, t'sais, que si madame, si votre client cible, c'est Jacinthe, 44 ans, ça va être utile, là, mané, oui, mais c'est pas autant important que t'es tout seul, il faut que tu vendes, t'es tout seul, t'as pas besoin de... Les gens vont acheter... toi. Ça va être nettement le 2026, c'est ça que je vais parler aujourd'hui. Bref, les gens achètent toi. Si tu ne te connais pas toi, ça va être difficile de t'acheter à toi. Connais-toi toi-même en tant qu'entrepreneur. Ensuite, c'était quoi la question ? Je me suis emportée.
- Speaker #0
Non, c'est parfait. En fait, la question, c'était, c'est quoi le premier pas à faire, un petit pas concret vers un univers plus distinctif pour un entrepreneur qui se sent invisible. Donc, premièrement, tu l'as dit, faire un personal brand. Ça, c'est pas fait. Déjà, en partant, c'est la première étape, le premier pas à faire. Apprendre à mieux se connaître, parce qu'on le disait, dans un peu de temps, quand tu viens à le créer, tu, nécessairement, t'apprends davantage à te connaître. Ça va de soi, tu sais. Donc ça, c'est le premier pas.
- Speaker #1
C'est pas des exercices. Je te dis pas de faire un logo, là. Je te dis pas de faire un logo, là. Je te dis de travailler sur tes valeurs, qui que t'es, ton ton. Tu sais, c'est des affaires un peu plus qu'on pense invisibles, mais au final, qui est super important, parce que... C'est ce qu'il va faire de base que tu vas te différencier. Ensuite, si tu voudrais créer un univers, je te dirais de ne pas commencer avec ton brand comme univers parce que les gens m'ont beaucoup demandé des idées pour faire leur brand avec un univers. Puis au final... Ce n'est pas tant facile que ça de l'appliquer à son brand. Parce qu'il y a deux manières de faire du world building. Il y a la manière où tu as un univers et toutes tes offres sont attachées à ton univers. Ou comme moi, j'existe au milieu, j'ai mon personal brand, je m'envoie mon ton, mes couleurs, mon aplomb, moi. Puis autour de moi, il y a mes univers. Il y a la différence. Donc, ton univers avec tous tes petits produits et tes affaires. Ou toi au milieu avec tes univers. Moi, j'ai plein d'univers différents. Je m'amuse dans tous mes univers. « Sure, il y a toute une petite tendance médiévale fantastique, mais c'est parce que j'aime ça. Si j'ai envie de faire un univers de frigo, je ne serais pas gênée de le faire parce que je suis au centre, je suis le lien de mes petits univers. » Tandis que quand c'est un univers, sur ton branding, tous tes petits projets, toutes tes offres, tous tes trucs vont être liés à ce univers-là.
- Speaker #0
Moi, je suis comme toi. Mes petits produits ou mes services qui ont des univers en soi, c'est ça. Il y a tout un fil conducteur. quand même, quand tu dis c'est sûr que là il y a un petit peu de médiéval il y a quelque chose qui se sent à travers tout ça on ressent ça, ben pour la voisine aussi même chose c'est intéressant de comprendre la différence puis je pense qu'on doit se sentir moins pris peut-être aussi quand on part de soi que quand on part du brand parce qu'à un moment donné on est peut-être un peu limité, je sais pas mais il vient peut-être un moment où est-ce qu'on on... wow là les murs sont proches, puis là on fait comme mon dieu ok attends un peu on dirait que c'est plus exploitable peut-être on arrive peut-être à... Une limite.
- Speaker #1
Oui, parce que ton brand, il va changer. Ça, c'est normal. Moi, mon brand a changé 36 millions de fois. Genre, ton branding peut changer en même temps que toi. Tu évolues en tant qu'entrepreneur. Je vous donne la permission, tout le monde aujourd'hui, gang. Ton branding peut changer après un an, après six mois, après trois ans, six ans. Go, change de branding si tu sens que c'est une grosse petite boîte pour toi et que tu as envie de faire autre chose. Évolue avec ton branding. Tu as le droit. Je te donne la permission. C'est d'être... c'est de penser en grosse coopération comme si t'étais Nike de dire que tu peux pas changer de branding. T'es pas Nike. T'es pas TELUS. T'as pas 36 employés entre toi. You can. Si t'es tout seul, tu peux.
- Speaker #0
T'es un solopreneur, t'es un joueur qui évolue. T'sais, assurément. Donc, effectivement que tout ça évolue. Ah, tout à fait. 100%. 100%. Wow, Là, j'espère qu'en tout cas, moi, on dirait que le fait de jaser, ça m'a donné le goût d'aller exploiter davantage, encore plus loin, l'univers de la voisine pis des... univers aussi que j'exploite dans ma communauté et dans les petits produits que je crée. J'espère que pour toi qui nous écoute aussi, cette conversation-là, ça t'a donné des outils, juste une envie de créer. Premièrement, ton personal brand, c'est pas fait, on va le redire. Puis après ça, d'ouvrir la porte peut-être avec la création de mondes, d'élaborer des mondes. J'ai l'impression qu'on a ouvert et mis une porte vraiment riche aujourd'hui sur une façon de penser les marques. Autrement, pas juste comme quelque chose à montrer. mais comme quelque chose à habiter, incarner, à faire ressentir, à faire vivre comme expérience. J'aime beaucoup l'idée qu'un univers puisse devenir une extension de soi, puis qu'il puisse à la fois soutenir notre histoire, parce que qui on est, c'est notre histoire. Tu sais, quand on disait tantôt connaissance de soi, bien c'est notre histoire, que ça puisse soutenir notre contenu. Puis aussi le sentiment d'appartenance qu'on veut créer autour de notre projet. Moi, je suis fascinée. On pourrait parler encore des heures et des heures. Il va falloir que je te réinvite à la prochaine saison.
- Speaker #1
D'accord. On fera une partie 2.
- Speaker #0
Y a-t-il quelque chose qu'on n'a pas abordé et que tu considères que c'est un incontournable pour les solopreneurs qui écoutent à ta couleur de te dire, mon Dieu, il y a quelque chose qu'il faut absolument que je dise avant de quitter ?
- Speaker #1
T'es pas obligée de faire de l'univers. Voilà. J'ai vu des gens, dernièrement, qui se sont stressés. J'aimerais ça avoir un univers vraiment beaucoup. Puis, créer un univers. Je suis certaine que du moment où je me dis « comment je fais ça ? Par quoi je pense ? » Souvent, ça se fait naturellement. Tu vas y penser naturellement. Je veux dire, il y a des gens qui ont des... Comme leur service, c'est des cafés, des types de cafés. Tel service, c'est un café. Il y a des gens qui... Puis, tu le vois naturellement autour de toi, les gens qui créent des univers sans même mettre un mot dessus. Je pense qu'on a... tendance naturellement à créer ça. Mais si ça ne vient pas naturellement, si tu n'as pas d'idée ici, parce que je pense qu'au départ, quand on est entrepreneur, c'est important d'apprendre les règles. Tu sais, j'ai tout appris, les règles, puis même si je dis que j'étais une mauvaise entrepreneur, je sais, je sais quoi faire, là. Mais que, après avoir appris les règles, ou après avoir joué avec tes limites, ou ce que tu veux faire dans la vie, ces choses-là, tu sais. C'est là le moment où tu te sens assez libre de jouer et tu vas être prête ou prêt à jouer avec un univers pour une de tes offres, un de tes services, un de tes produits. Parce que c'est ça qui est... Moi, je pense que pour créer une expérience, parce que les gens aiment ça, les expériences sur le web, pour créer une expérience que les gens ont envie d'embarquer, il faut que ce soit une expérience que tu as envie de créer. Puis il ne faut pas que tu te sentes obligé de créer quelque chose. C'est correct d'avoir un logo, puis des couleurs, puis that's it. Tu n'as pas besoin d'avoir un lore. d'avoir un mythe autour de tout ça. C'est vraiment pas nécessaire. C'est un plus. Mais tu prends ce plus-là quand tu es prêt à le prendre, au lieu de faire violence pour te créer un univers de façon que tu n'auras pas de fun. Puis il y a une de mes motos préférées, c'est « Où il n'y a pas de plaisir, il n'y a pas de plaisir. » Fait que, plaisir.
- Speaker #0
Je comprends que ça ne vaut pas la peine de forcer la chose. Quand il y a des « il faut que » , « il faut que » , c'est comme si on s'obligeait, on se forçait, on se mettait une pression. C'est peut-être moins naturel. On l'a dit, il faut que ça soit une extension. comme naturel de soi, que ça soit pas trop forcé. Quand tu dis, il faut qu'il y ait du plaisir, il faut que quand c'est forcé et qu'il y a de la pression, le plaisir est souvent pas là, ou en tout cas moins là.
- Speaker #1
Il est moins là
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Tout à fait. Belle note de la fin, Amy. Merci, merci pour ta générosité. La patience parce qu'on a eu des problèmes de connexion incroyables durant cet enregistrement. C'est pour ça que des fois, si tu nous écoutes sur YouTube, tu vas voir que ma face disparaît. Des fois, elle revient. Mais bref, je suis toujours là. J'ai tout entendu ou presque de ce qu'Aimée a dit. Donc, merci pour ta générosité, Aimée, ta créativité et tous les petits déclics que j'imagine tu as partagé aujourd'hui. J'espère qu'il y a eu des déclics chez mes auditeurs. Puis à toi qui nous écoutes, j'espère que cet épisode-là t'a donné envie de regarder. Peut-être ton brand, tes produits différemment, peut-être pas juste comme une entreprise à faire rouler, mais comme peut-être un monde potentiel à créer, à faire exister. Un monde qui s'extensionne de toi. C'est ce que ça se dit, je pense que oui, je viens, je viens, je le dis en tout cas, je l'ai dit, donc c'est pas grave. Merci à toi qui m'écoutes et on se retrouve dans deux semaines pour un épisode solo.
- Speaker #1
Salut, salut
- Speaker #0
Merci d'avoir été là. C'est toujours un privilège de te savoir quelque part assis avec moi sur ma galerie. J'espère que ça t'a donné envie de t'arrêter un instant, juste assez pour te recentrer, te déposer, puis peut-être découvrir une pépite de connexion que t'avais pas encore vue en toi. C'est le quart d'handi. Abonne-toi, puis prends un instant pour laisser cinq étoiles ou un petit mot. C'est tellement la meilleure façon de faire découvrir le podcast à d'autres entrepreneurs. C'est comme une chaise de plus qui s'ajoute sur ma galerie. Plus on est nombreux à s'y asseoir, plus les conversations voyagent loin. Puis si quelque chose t'a touché aujourd'hui, partage-le en story puis tag-moi, la voisine pro. J'adore te lire puis repartager tes réflexions. À bientôt pour un autre épisode d'Attaque Miller