- Speaker #0
Quand on développe une entreprise, le numérique devient vite un passage obligé. On s'en sert pour créer, pour se faire connaître, pour vendre, pour échanger, pour rester visible. Mais parfois, sans qu'on s'en rende compte, l'outil prend un peu trop de place. Il commence à influencer notre rythme, notre attention, notre confiance et même la façon dont on se perçoit. Dans cet épisode, j'accueille Laurie Michel pour parler de bien-être numérique, d'hyperconnectivité et de cette grande question, comment rester visible sans se perdre en chemin. Et quelque chose me dit que cette conversation va te faire réfléchir à ta propre façon d'être et d'utiliser le numérique. C'est parti Bienvenue dans le podcast À ta couleur. Moi, c'est Marie-Pierre, mais tout le monde m'appelle la voisine. Je t'accueille depuis ma maison jaune au cœur d'un petit village rural où j'ai choisi de ralentir pour mieux écouter et mieux raconter. Très jeune, j'ai compris le pouvoir de ces récits qui touchent, qui nous rassemblent au temps. autour de quelque chose de plus grand que soi et qui nous donne la permission d'être pleinement humain. Ce n'est pas un hasard si j'ai étudié l'histoire. À l'époque, je pensais observer le passé, mais je me préparais surtout à ce que je fais aujourd'hui, aider les entrepreneurs à fouiller dans leur propre histoire pour y trouver du sens, se réveiller. révéler et apprendre à se présenter à partir des pépites qu'ils portent déjà en eux. C'est ça le storytelling introspectif, un pont entre la connaissance de soi et la communication. Ici, tu vas entendre mes réflexions en solo, puis des conversations complices avec des invités qui ont choisi d'aligner leur entreprise sur ce qui les habite profondément. Parce qu'au fond, ce qui connecte, c'est pas juste ton expertise, c'est qui tu es. Alors installe-toi sur ma galerie, puis laisse-toi inspirer. Salut à toi Bienvenue sur le podcast À ta couleur. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Laurie Michel, autrice du livre Votre bien-être numérique, 7 étapes pour le développer au quotidien. Ancienne athlète de haut niveau en équitation, Laurie sait très bien ce que ça veut dire de vivre à haute vitesse. Après avoir frôlé l'épuisement professionnel à cause de son hyperconnectivité, elle a choisi de transformer cette expérience en véritable mission, aider les humains à retrouver une relation plus saine, plus consciente et plus équilibrée avec la technologie. Depuis, elle a accompagné des milliers de personnes et de nombreuses organisations à mieux comprendre les effets du numérique sur leur santé mentale, leur attention, leur identité, leur travail et leur capacité à être pleinement présents. Laurie est aussi conférencière, chroniqueuse spécialisée en bien-être numérique et animatrice du podcast Vivala Offline, où elle explore la place du numérique dans nos vies, des réseaux sociaux à l'intelligence artificielle en passant par le droit à la déconnexion. Et aujourd'hui, on va justement parler de tout ça, d'hyperconnectivité, de faux mots, de quête de sens, de comparaison, d'authenticité et de ce grand défi qu'on connaît bien comme entrepreneur. rester visible en ligne sans se perdre soi-même en chemin. Laurie, bienvenue sur le podcast à ta couleur
- Speaker #1
Merci tellement de me recevoir. Je suis très heureuse d'être avec toi, Marie-Pierre, aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est un plaisir partagé, comme je te disais, off the record. J'ai dévoré ton livre. Je l'ai lu en, je pense, deux jours, qui est quand même 230 pages, donc j'ai adoré. Est-ce que, je voulais te demander,
- Speaker #1
est-ce que j'ai oublié quelque chose ? Dans ta présentation, est-ce qu'il y a une information importante à savoir à ton sujet que je n'ai peut-être pas dit ? Je pense que tu as fait quand même une super belle introduction. Merci beaucoup. Les gens vont l'entendre, je vais te dire plusieurs du coups pendant notre enregistrement parce que je suis originaire de la France. Donc, du sud-ouest de la France, une bonne vivante qui a gardé l'accent, bien que ça fasse maintenant plus de 11 ans que je suis installée au Québec. Avec donc cette mission que tu as bien mentionnée, qui est de se conscientiser sur la place du numérique dans nos vies pour mieux l'utiliser au quotidien.
- Speaker #0
Puis Laurie, tu n'es pas la seule avec un accent sur mon podcast. J'ai reçu d'autres invités aussi. Je pense à mon amie Jessica Leib aussi, qui est d'origine française également. Puis voilà. J'accueille tout le monde ici sur mon podcast, ça me fait bien plaisir que tu sois là. Et Laurie, quand on parle de bien-être numérique, plusieurs personnes pensent tout de suite à la question de réduire son temps d'écran. Mais dans ton livre, on comprend que c'est beaucoup plus profond que ça. Comment tu définirais le bien-être numérique, toi, dans tes mots ?
- Speaker #1
Mais c'est un très bon point, en effet, que tu mentionnes, parce que c'est un raccourci qui est souvent fait, en fait, que si on parle, en fait, d'un équilibre avec la technologie, ça va forcément dire qu'on va se tunir un petit peu en se déconnectant ou en arrêtant de consommer la technologie. Et si tu voyais en ce moment mon bureau, il y a plein de petits gadgets technologiques, IA, à droite, à gauche. Parce que malgré le fait que j'accompagne beaucoup vers une saine utilisation, en effet c'est une saine utilisation, ça ne veut pas dire qu'on se coupe de tout du jour au lendemain. Donc le bien-être numérique c'est vraiment ça, c'est mettre en place de saines habitudes autour de la technologie, ça ne veut pas dire qu'on va l'enlever de nos vies, de nos façons de communiquer, de s'amuser même, puisque le numérique aujourd'hui nous permet beaucoup de choses. mais c'est de reprendre le contrôle dessus pour la placer un petit peu à sa place d'outil, au lieu de la subir, parce qu'on va en parler, certainement, il y a tout un tas de systèmes en arrière, de certaines applications, de certains outils pour nous pousser à consommer à outrance. L'idée, c'est d'aller trouver un petit peu cette espèce d'utilisation qui fait qu'elle nous apporte beaucoup plus de positifs que de négatifs.
- Speaker #0
Pourquoi tu as senti le besoin d'écrire un livre sur ce sujet-là ? Qu'est-ce que tu observes dans notre rapport collectif au numérique qui t'inquiète peut-être ou qui t'interpelle le plus ?
- Speaker #1
Pour le livre, c'est vraiment... Je suis amoureuse de lire. Je trouve que quand on tient un livre dans les mains, en plus avec tout le numérique aujourd'hui qu'on a, il y a quelque chose de vraiment particulier qui se passe. dans un premier temps, c'est un temps d'arrêt pour soi. On a vraiment un arrêt aussi de la stimulation qu'on peut retrouver parfois en ligne. Donc, il y a cet aspect-là vraiment qui me plaisait. Et en tant qu'amoureuse de livres, c'était comme un rêve aussi de réaliser l'écriture d'un manuscrit. Je le travaille depuis cinq ans. Ça fait huit ans que je suis vraiment spécialisée dans tout ce qui est hyperconnectivité, mais ça fait vraiment cinq ans que je travaille sur un manuscrit. que je note un petit peu qu'est-ce que je vois sur le terrain, qu'est-ce que j'observe aussi chez moi, parce qu'on est aussi très intéressants à s'étudier au quotidien en fonction de chacun de nous, on a un environnement qui est très variable, donc c'est intéressant aussi de faire cet exercice-là pour soi. Et donc je voulais vraiment regrouper tout ce que je vois, tout ce que je conseille, toutes aussi mes observations, comme tu l'as mentionné, qui peut être... M'inquiète est peut-être un terme un peu fort, mais disons que je trouve qu'on manque. Il y a certaines observations que je me disais, s'il y a plus de gens qui se rendent compte de ça, ce qu'ils manquent quand ils font tel ou tel geste, est-ce que ça peut leur apporter dans la vie de faire juste ce petit changement ? Je voulais regrouper vraiment toute cette observation-là, mais aussi faire comprendre aux gens la relation qu'on entretient avec le numérique. Ce n'est pas comme un objet normal, le numérique. Il y a vraiment une relation qui s'est développée, qui est vraiment... profondes aujourd'hui et qui va l'être de plus en plus. Au moment où on se parle aujourd'hui, il y a les robots, les matouilles qui vont être de plus en plus aisants dans les prochains mois. Ils le sont déjà dans certaines parties du monde, mais ça va l'être encore plus dans un futur très très proche. Et je pense qu'il est essentiel de savoir maîtriser les appareils qu'on a aujourd'hui pour pouvoir être un peu plus sereine vis-à-vis de ce qui arrive dans les prochaines années. C'est un message, j'ai beaucoup de messages à partager, je pense, et je trouve que le livre est une façon de le garder un petit peu intact. Aujourd'hui, on peut tout modifier avec le numérique, pas jusqu'à modifier le texte, on va jusqu'à refaire plein de messages vocaux parce qu'on cherche un peu toujours une forme de perfection. Donc, je voulais me libérer aussi de ça, peut-être, en tant qu'ancienne perfectionniste. Ça veut dire donc que je laissais un message qui n'est peut-être pas parfait, mais qui va vraiment m'amener tellement beaucoup en termes d'inspiration, mais en termes aussi de pistes d'action aux gens.
- Speaker #0
Tu as nommé plein de choses qu'on va aborder au cours de notre discussion. Tu as parlé de perfection, de la recherche de cette perfection. Tu as parlé de retour à soi quand on lit un livre tangible. Il y a, je dirais, cet aspect-là de, peut-être de déconnexion avec le numérique de part, bon, on est dans le bon vieux livre qu'on tourne les pages. C'est mon moment, honnêtement, quand tu as dit ça, je me suis reconnue parce que moi, quand je lis, je vais sur ma galerie, je prends mon livre, je suis dans ma chaise à Mac, puis c'est parti. Je trouve ça bien que tu mentionnes le fait que tu as choisi un peu ce support-là, ce format-là du livre aussi, parce que ça t'a à la fois, toi, un peu challengé par rapport à tes propres perfections. Puis c'est ce qu'on cherche aussi de plus en plus avec le... Je trouve en 2026, puis avec la montée de l'intelligence artificielle, cette imperfection-là, elle est nécessaire puisque nous sommes humains. Et de l'accepter et de se dire, je vais faire imprimer mon message dans un livre qui ne pourra pas être changé après deux semaines, qu'il faut comme assumer ce qu'on écrit, même si ce n'est pas parfait. Oui, je comprends l'idée que ce n'est pas comme sur un site web où on peut aller le mettre à jour à tout moment. son article de blog, par exemple, ou peu importe nos écrits. Mais là, dans ton livre, Laurie, on sent que le numérique, il n'est pas présenté comme le méchant de l'histoire, mais plutôt comme un outil puissant qui demande beaucoup plus de conscience. Est-ce que c'est important pour toi de ne pas tomber dans un discours anti-technologie ?
- Speaker #1
Ah oui, complètement, en fait, parce que... Elle est géniale, cette technologie. Et même, on va y revenir, comme tu l'as mentionné, par rapport à mon histoire, même quand je me suis retrouvée sur ce chemin un petit peu difficile de l'épuisement et que j'ai fait le rapprochement avec ma façon de gérer la technologie, c'était ma façon de gérer la technologie, bien qu'en arrière, il y a quand même certaines applications, il y a tout un système économique, on est quand même prisonnier sur certaines applications d'un système qui est mis en place pour créer une certaine forme de dépendance. Mais aujourd'hui, le numérique, comment il est dessiné et intégré dans notre vie, on doit apprendre à l'utiliser, on doit apprendre à l'intégrer dans notre vie comme une compétence. Un petit peu au même titre qu'on doit apprendre à cuisiner certains plats, il y a certaines alimentations qu'on ne va pas pouvoir intégrer si on veut rester en santé, parce qu'il y a un mécanisme en arrière également qui fait que c'est gras, il y a des aliments qui sont transformés, etc. C'est un petit peu... On pourrait imager un petit peu avec le numérique vis-à-vis de ça. Il y a une compétence à développer vis-à-vis de la technologie et aussi par rapport à toutes ces attentes et pressions qu'elle peut nous mettre. Parce qu'au-delà de la nourriture, il y a d'autres pressions avec le numérique aujourd'hui, que ce soit professionnel ou que ce soit également relationnel, amical, etc. Mais le fait est que oui, moi j'ai beaucoup du mal en fait avec cette espèce d'étiquette un petit peu. qui a été amplifié d'ailleurs avec les réseaux sociaux, le fameux H-Tab ou le fameux C'est noir ou C'est blanc. J'aime être dans la nuance et je pense qu'il faut être dans la nuance avec la technologie. Oui, il y a des choses qui ont été faites qui n'auraient pas dû être faites, mais on ne peut pas revenir en arrière. Donc, comment on fait pour avancer et avancer vers une direction où on va réussir à revoir nos habitudes numériques pour qu'elles soient saines et qu'on puisse utiliser ce numérique ? à son plein potentiel, parce que quand on l'utilise, je pense qu'on a tous des exemples de ce que peuvent nous amener certains outils ou certaines applications même, qui sont absolument incroyables. D'ailleurs, c'est un exemple aujourd'hui, toutes les deux, c'est grâce à la technologie qu'on est ensemble réunis, donc je veux dire, on ne peut pas taper dessus, elle est absolument merveilleuse, donc c'est... c'est de trouver, en fait, de se conscientiser sur les systèmes qui sont mis en place pour bien comprendre, en fait, le fonctionnement. Et oui, le fait est qu'il y a des équipes en arrière qui utilisent notre nature humaine pour nous faire faire certains gestes. Mais une fois qu'on a un petit peu compris comment ça fonctionne, eh bien, de passer à l'action pour se protéger soi, de ne pas un petit peu être victime, mais vraiment reprendre son pouvoir, enfin.
- Speaker #0
Reprendre son pouvoir, tout à fait. Dans ton livre, Laurie, on sent que tu ne parles pas juste d'hyperconnectivité, mais aussi à partir d'une expérience vécue. C'est là qu'on arrive à ton histoire. Je t'ai entendu dire sur ton podcast qu'au départ, tu n'avais pas l'intention de partager ton histoire personnelle nécessairement dans tes écrits. écrit, puis que, bon, au fil d'une discussion avec une amie, t'as changé ton opinion, tu t'es dit que ça pourrait être euh... pertinents. Selon ce que j'ai entendu, tu avais peur d'une potentielle perte de crédibilité parce que si on dit publiquement, si on avoue publiquement qu'on a frôlé l'épuisement à cause de l'hyperconnectivité et qu'on maintenant se spécialise dans ce domaine-là, ça peut faire peur, je peux comprendre. Est-ce que tu dirais que ton histoire personnelle est devenue une porte d'entrée ? vers ton expertise, plutôt qu'une faille dans ton expertise.
- Speaker #1
En fait, ça a été la grande surprise, un petit peu, parce que j'ai mis tellement de temps, en effet, à en parler, parce que je pense qu'on a tous une personnalité un petit peu différente, mais c'était peut-être aussi cet aspect un peu perfectionniste de montrer la compétence, et la compétence, ça ne se montre pas par une erreur de parcours, puisque c'est un petit peu ça. Et en même temps, c'était un petit peu étrange parce que c'est vrai qu'à chaque fois qu'on me posait la question « Pourquoi tu as parti ça ? » parce que mon entreprise, l'idée est née en fait à l'été 2018. Donc, on était bien avant tout ce qui est confinement, puis tout ce qui est enjeux d'hyperconnectivité parce que ça a été quelque chose qui a été beaucoup amplifié avec la façon dont on a eu à travailler pendant ces périodes-là. Mais quand j'ai parti de mon entreprise, je suis un petit peu l'extraterrestre. Tout le monde se moquait un petit peu de moi avec mon idée de déconnexion. Personne n'y croyait. Tout le monde se questionnait sur « qu'est-ce que tu vas faire avec ça ? » Donc, en plus de ça, dire que j'étais passée par là, c'était comme si ça ajoutait en fait… Je me tirais une balle dans le pied encore plus que cette idée saugrenue que j'avais eue qui étonnait tout le monde et que personne ne pensait que j'allais faire quoi que ce soit avec ça. Donc, je pense que les deux réunis, c'était aussi une mesure de protection par rapport à cette folle aventure qu'est l'entreprenariat. Il y a beaucoup de choses à travailler quand on est entrepreneur. Et je pense que celui-là, il est venu un petit peu après. Il a fallu d'abord que je valide peut-être le besoin, l'idée pour être à l'aise à partager cette faiblesse que j'ai eue, oui, à un moment. Mais c'est vrai que quand j'ai ouvert la porte, en fait, et que j'ai commencé à dire, ben oui, moi aussi, je suis passée par là. C'est la raison pour laquelle je suis persuadée que d'autres gens ont besoin de ce que j'ai développé comme expertise. Parce qu'on n'en parle pas assez, parce que tout le monde fonce dans le mur, parce qu'on sait tous créer des règles, des espèces de normes sociales, que personne n'a vraiment décidé, que la technologie a décidé un petit peu par elle-même, parce qu'elle nous permet des fonctionnalités d'instantanéité. Mais nous, ça nous fait quoi dans notre quotidien, pour notre santé ? Oui, je pense qu'à partir du moment où j'ai ouvert la porte et que j'ai commencé à en parler, en fait, ça a ouvert quelque chose chez les autres aussi. Et je me rappelle très bien d'une conférence où j'ai, pour la première fois, osé parler de ce que j'appelle la culture du sans-repos, en partageant pour la première fois, en fait, mon histoire de cette manie qu'on a de combler chaque instant de pause avec la technologie. C'était devenu tellement, en fait, pour moi, un réflexe. qui faisait que je n'avais plus de pause dans ma tête. C'était constamment happé par une idée, par je ne sais pas qui qui fait je ne sais pas quoi sur les réseaux sociaux, un message professionnel. Et je me souviens qu'à la fin de ma conférence, j'ai un monsieur qui m'a écrit un courriel pour me dire, je n'ai pas osé venir vous voir à la fin de la conférence, mais ce que vous avez décrit, cette culture du sans-repos, ma conjointe est en train de le vivre et elle est en burn-out actuellement. Ça fait plus de six mois qu'elle a un burn-out, parce que c'est exactement ça qu'elle vivait. Et là, je me suis dit « waouh, waouh » . Je ne pensais pas en fait que ce message-là, qui pour moi était peut-être quelque chose qui allait être le moins retenu dans mon conférence, parce que c'était mon histoire. Je me disais « mon histoire, en fait, les gens vont se dire que ça ne m'intéresse pas vraiment » . Et en fait, c'est ça. ce message-là que ce monsieur avait retenu et il m'a dit je vais en parler à ma conjointe, je vais partager les outils que vous avez parce qu'elle a besoin de vous.
- Speaker #0
C'est incroyable ce que tu mentionnes parce que moi quand tu me dis ça, pour moi c'est ce qu'on appelle l'effet miroir, l'effet miroir que ça crée chez l'audience qui nous lit, qui nous écoute, qui nous visionne et cette... Et ça se produit quand on ose, parce que ça demande beaucoup d'audace de se raconter, d'ouvrir cette porte de vulnérabilité, parce que c'est vulnérabilisant de faire ça. Et justement, tu as mentionné que tu voyais comme une faiblesse au départ, ce côté-là de toi. Puis au fil du temps, j'imagine, tu sauras me dire, tu as eu peut-être un déplacement de cette vision de faiblesse vers plutôt une richesse. une force de connexion. Une force de connexion. L'anecdote que tu racontes me prouve que quand on ouvre cette porte-là, l'effet miroir peut se produire et ça a pour... je vais dire pour conséquence, ça sonne négatif, comme opportunité, comme résultat finalement, de résonner avec les gens puis de faire dire le fameux « moi aussi » ou dans ce cas-ci « ma conjointe aussi » . Donc ce monsieur-là était sûrement bien touché, lui aussi, par cette situation-là, étant le conjoint de cette femme. Ça a un pouvoir de connexion, de sortir de la pure information, du pur conseil, du contenu éducationnel. quand on touche à quelque chose d'humain, de plus, je vais dire, plus viscéral, ou quand on a vécu quelque chose qui nous a fait vivre des émotions, qu'on est capable de le faire transpirer dans notre message, c'est puissant. Ça a une grande force. Puis toi, tu as été en train de le constater plusieurs fois jusqu'à le mettre dans ton livre.
- Speaker #1
Oui, oui, et c'est très vrai ce que tu mentionnes. la connexion avec les gens parce qu'en effet, quand on commence à oser parler de son histoire, on se rend compte que ça résonne et ça nous donne la force en fait. C'est qu'à partir du moment où j'ai ouvert cette porte-là d'oser, j'ai récupéré aussi beaucoup de force et j'ai basculé presque dans une position d'ambassadrice des hyper-connectés. Et c'est très puissant parce que je ne représente pas juste moi mon problème aujourd'hui que j'ai eu il y a 8 ans. Je représente toutes les personnes qui sont passées par là, sont en train de passer par là ou que j'aimerais qu'elles ne passent pas par là. Mais c'est vraiment devenu en effet presque un chapeau supplémentaire entre guillemets. En plus de toutes les compétences que je suis allée chercher, mais c'est ce chemin-là qui vraiment nourrit aussi l'accompagnement que je peux faire, la sensibilisation que je peux faire, la formation que je peux faire, parce que le fait de l'avoir vécu, le fait d'avoir souffert, me permet aussi de voir des angles que les personnes qui n'ont pas vécu ça vont avoir beaucoup de difficultés en fait à... À comprendre. À comprendre.
- Speaker #0
J'approuve et j'adore à tout ce que tu dis, 100%. J'ai l'impression que tu représentes le chemin dans lequel certaines personnes sont en train de marcher présentement, qui ne sont pas arrivées au bout de ce chemin-là. Puis peut-être qu'on le marche aussi de toute façon toute une vie, du moins, on ne s'arrête pas nécessairement jamais. Mais je comprends ce que tu dis. Puis quand tu dis porter un nouveau chapeau, peut-être être une ambassadrice ou être comme une porte-parole, je le vois un peu comme, j'oserais même dire, un mouvement. potentiel, un certain mouvement auquel on aspire. Donc, c'est ça, je comprends tout à fait. On devient comme peut-être même une certaine forme d'inspiration pour les gens qui ont besoin de cette force-là, de cette énergie-là pour faire le prochain pas aussi. T'écris dans ton livre que nos valeurs peuvent agir comme une boussole dans notre usage du numérique. Moi, les valeurs, c'est une des pépites de connexion dans mon univers que j'utilise beaucoup. Pour un entrepreneur, à quoi ça peut ressembler concrètement d'utiliser ses valeurs pour décider comment il veut être présent en ligne ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. Après, ça va être très modulable en fonction de la personnalité, en fonction de... Mais tu vois, je vais rebondir et faire du lien même avec ce que tu disais. On parlait à l'instant. de s'ouvrir, d'oser, de parler de son histoire. Et des fois, ça peut paraître paradoxal parce qu'on a l'impression d'être dans une ère où tout le monde partage tout. Mais on partage le beau. On partage les vacances qu'on a faites avec la famille, qui se sont bien passées. On ne partage pas la photo du petit garçon qui est en train de pleurer parce qu'il ne veut plus être sur la plage. Bref, on va partager ces choses les plus belles. Et ça, ça rentre dans une valeur, l'authenticité, par exemple. Moi, j'ai fait le choix, au contraire, de ne pas partager ma vie personnelle, ma vie privée, mais juste cette portion-là qui m'a quand même impactée personnellement, mais qui était plus reliée au côté professionnel, puis au côté aussi global, en fait, ma santé, mes relations sociales, etc. Donc, je pense que c'est très important de faire l'exercice des valeurs, que ce soit pour... Le travail, la vie personnelle, la vie familiale. Il y a tout un tas d'outils aujourd'hui qu'on peut compléter pour essayer de voir un petit peu qu'est-ce que c'est qui fait du sens pour nous. Moi, ce qui revient le plus vis-à-vis des enjeux en termes de... valeur, puis casquette d'entrepreneur. C'est l'aspect passion de son travail qui vient souvent en clash un peu avec l'aspect déconnexion numérique et temps de repos. Parce qu'on a l'impression que parce qu'on a la passion de son métier, la passion de son entreprise, on ne doit pas s'arrêter. Donc là, souvent, il y a une réflexion à avoir autour de cette valeur-là. Oui. Est-ce que la valeur de la famille et du temps de qualité pour soi, pour les proches, est une valeur qu'on a moins dans sa vie ? Pourquoi ? Est-ce que c'est dicté par la société ? Est-ce que c'est quelque chose qu'on se dit depuis qu'on est, je ne sais pas, tout jeune ? Est-ce que ça a été dicté par l'environnement familial ? Je dirais que c'est celle-là qui est la plus challengée aujourd'hui. Mais dans nos sociétés, là on parle d'entrepreneurs, mais ça peut même être pour des personnes qui ne sont pas... dans l'entrepreneuriat parce que c'est une valeur qui a été un petit peu poussée avec le hustle culture, où on doit toujours faire plus, on doit toujours être plus productif, on doit répondre immédiatement. Donc, la technologie s'intègre un petit peu là-dedans. Ça peut faire du lien à la culture du sans-repos que je disais tout à l'heure. On est constamment là, on répond instantanément, il faut avoir l'opportunité quand elle sort. Puis tout ça nous fait oublier que... La valeur d'être performant, tu l'as mentionné en introduction, je suis une ancienne athlète de haut niveau. La performance, j'aime ça. Je veux me dépasser, j'aime vraiment sortir de ma zone de confort, etc. Mais même les athlètes se reposent. Même les plus hauts performeurs ont des temps de repos. Et ça, on l'a complètement oublié dans notre société où on est beaucoup plus en train de travailler le cérébral. Et je pense que ça, c'est une valeur essentielle qu'il faut qu'on remette en avant dans notre société, cette valeur-là de savoir se reposer cognitivement, parce que c'est là que Internet, le numérique, vient vraiment nous happer, mais aussi par rapport à la relation qu'on entretient avec le travail. Moi, je suis tombée dans le presque burn-out à cause de ça, parce que j'avais beaucoup de difficultés à m'identifier sans m'identifier par la case du travail. Et ça, je pense que quand on fait l'exercice de rentrer plus en profondeur sur nos valeurs, sur ce qu'on veut aussi, parce que nos valeurs, elles sont aussi véhiculées par le lieu géographique, ça c'est certain. Je faisais la petite joke tout à l'heure de te dire que j'avais un petit accent et qu'il y allait avoir peut-être des passages où je vais dire plusieurs fois du coup. Mais c'est au centre vraiment aussi des valeurs individuelles qu'on va avoir. Je l'ai vu quand je suis arrivée en Amérique du Nord. Il y a une différence immense entre le rapport qu'on a au travail ici versus la façon dont on voit le travail en France. Puis ça, c'est l'immense moment que je suis arrivée et que j'ai vu que mes collègues mangeaient derrière l'écran d'ordinateur pour ne pas perdre de temps à midi.
- Speaker #0
C'est quelque chose d'intéressant dans ce que tu dis. J'ai envie de rebondir sur notre rapport au temps de repos. C'est quand même paradoxal quand on y pense parce que pour des personnes qui sont dans l'hyper-performance, peut-être dans cette culture-là, de jamais s'arrêter. Pourtant, quand on comprend bien le mécanisme, on est en mesure de comprendre l'importance du temps de repos pour être davantage performant ensuite. Alors que c'est pas moi qui le dis, de toujours être en mode travail. Tu mentionnais l'exemple de manger derrière son écran, pas s'arrêter pour... les pauses dîner, par exemple, ou juste aller s'aérer l'esprit un petit 15 minutes, c'est la meilleure façon de frapper un meuble et que sa productivité vous décline dans une journée. Donc, c'est quand même paradoxal quand on y pense. C'est comme si on avait peut-être encore besoin d'éduquer sur l'importance, justement, de cette déconnexion-là, de ce temps de repos-là. Puis du temps de repos, je dis le mot déconnexion parce que du temps de repos, pour... Pour moi, quand on est derrière un écran, si on prend cet exemple-là toute la journée, mais ce n'est pas derrière son téléphone cellulaire non plus dans son temps de repos. Puis tu mentionnais, Laurie, que quand toi, tu es arrivée ici, de constater, mon Dieu, la différence peut-être en termes de valeur ou en termes de culture de travail. J'ai envie de rebondir là-dessus puis de te dire, c'est quoi la plus grande différence que tu as remarquée, toi, entre la France et le Québec ?
- Speaker #1
Hum, très bonne question. C'est certain que oui, la façon dont on met le travail est vraiment au centre. Peut-être cette espèce de valorisation de faire un...
- Speaker #0
J'ai une anecdote folle qui me vient là, mais de faire du 70 heures, de mettre en avant qu'on n'a pas de vie. Puis c'est ça, c'est ça d'être vraiment quelqu'un qui est sur la coche. Parce que oui, j'en ai récupéré des petites expressions québécoises, ça a du ça. Mais c'est vraiment, ça m'a vraiment choquée, je l'ai entendu dans mon entourage. Puis ça, ça m'a vraiment, vraiment beaucoup choquée. de valoriser le fait de ne pas avoir de vie. De ne pas avoir de vie. On n'a pas le temps. Le week-end, on travaille parce que c'est ça que ça prend. Et on valorise un petit peu ça. Et toi, si tu ne fais pas ça, c'est que c'est toi le problème. C'est que c'est toi qui ne performes pas assez. C'est que tu es paresseux. Je pense que la vie, c'est autre chose. Je pense que oui, on peut vraiment avoir... tellement de belles choses avec son travail. Et puis, je le dis depuis que j'ai commencé mon entreprise, je ne travaille plus, je n'ai plus l'impression de travailler. Mais je peux t'assurer que mes week-ends, ce sont mes week-ends pour moi, avec mes amis, avec les gens que j'aime, avec ma famille quand elles me visitent, quand je vais en vacances, bref. C'est un arrêt-là parce qu'on oublie, en fait, on oublie dans cette espèce de machine de temps où on met des tout doux. rempli notre agenda à fond, on est constamment dispo, en train de rattraper, avancer, je ne sais pas quoi, qu'est-ce qu'on pense faire quand on comble chaque instant de temps avec la technologie, que la vie, elle continue. Et moi, je pense que le plus gros éveil que j'ai eu avec le fait de quitter mon pays, de venir m'installer au Québec, c'est que quand tu visites, par exemple, aux deux ans, aux trois ans, il y a eu des périodes où je n'ai pas pu visiter comme je le voulait ma famille. Et je vais m'en venir émotive, mais quand tu ne vois pas tes grands-parents de 3 ans et qu'eux, ils ont déjà dépassé les 85 ans, c'est quelque chose, en fait. C'est quelque chose parce que tu te dis, waouh, tout ce temps, en fait, que j'ai donné pour des tâches qui pouvaient attendre, en fait. je les ai pas pour eux parce que eux leur sablier il est très très proche de s'arrêter et on y passe pas quand on est dans cette espèce de roue d'hamster c'est en fait c'est quand on se retrouve face à la réalité que là on se dit waouh qu'est-ce que j'ai fait en fait j'aurais donc dû prendre ce temps là pour passer plus de temps avec des enfants
- Speaker #1
Oui, c'est quelque chose que tu abordes d'ailleurs dans ton livre. Et c'est le passage où ça m'a rendue moi aussi émotive en lisant. Parce qu'on a tous, bien bon, c'est pas vrai, c'est pas tout le monde qui a encore leur grand-père ou leur grand-mère vivant. Mais on a tous des proches, du moins, à qui on tient. Puis on peut facilement se transposer en se disant, est-ce que je néglige le temps de qualité avec mes proches ? Versus accocher des cases sur une tout doux. effectivement, c'est très frappant et c'est important de se poser cette question-là, je pense. Et ça a eu cet effet miroir-là sur moi. Donc, effectivement, c'est tellement important, cette spirale-là. Puis tu vois, tu dis que ça t'a frappé. La valorisation, on va dire, en Amérique du Nord, de cette culture du travail-là, des 70 heures semaine, puis ça se manifeste par... Par des paroles comme « on n'a plus de vie » , « on n'a pas de vie » , c'est comme valorisé. Ça veut dire qu'on est une personne ambitieuse, persévérante, travaillante. Puis c'est quelque chose que j'ai remarqué aussi quand je suis allée en France il y a longtemps, quand même, il y a 20 ans de ça. Je suis allée faire une session en France à l'Université de Reims. Et il y a quelque chose qui m'avait beaucoup frappée, c'est le fait que j'avais l'impression que les étudiants étaient toujours en vacances. La semaine blanche, la semaine de... l'autre semaine de ça, les vacances de... Ça ne s'appelait pas de Pâques, mais de... Bref, il y a toujours... Puis je me dis, voyons, tout le monde est toujours en vacances ici. J'avais cette impression-là parce que moi, je ne suis pas de cette culture-là. Puis je me disais, hein, wow, c'est bien le fun J'ai pu visiter plein de pays, j'ai pu voyager, j'ai pu vivre. J'ai pu vivre ma vie d'étudiante. Puis j'avais l'impression que j'allais me confiner pendant six mois dans une université, aller étudier, puis à pouvoir peut-être sortir juste les week-ends. Alors, c'est quelque chose même, il y a 20 ans que moi, ça m'a frappée. Puis, ce n'est pas représentatif de la qualité, c'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'en France, il y a peut-être moins de jours à l'horaire à l'université que l'enseignement est moins de qualité ou que les étudiants apprennent moins. Non, non, au contraire. Moi, j'avais l'impression que, oh, attends un peu, le niveau était élevé, puis que je devais me mettre à niveau. Donc, tu as raison, je trouve, je pense, en tout cas, de par mon expérience, il y a une question de culture aussi, dans cette culture de travail-là, qui n'est pas nécessairement la même. En tout cas, tu as un terreau fertile, Laurie, je pense, au Québec ou en tout cas en Amérique du Nord, pour porter ce message-là qui est hyper important. Dans ton livre, Laurie, tu abordes l'idée que... le réel influence le virtuel, puis vice-versa. Est-ce que notre identité en ligne peut finir par modifier notre identité dans la vraie vie ?
- Speaker #0
Très bonne question. En effet, aujourd'hui, pour mettre un peu de contexte, je suis d'une génération, je vais trahir mon âge, mais... Qui a construit son identité sans le numérique, puisque pour moi, les réseaux sociaux sont arrivés, on va dire, fin d'adolescence, début de vie adulte. J'étais passionnée d'équitation à l'époque et de chevaux, donc j'étais plus dans des écuries qu'en train de regarder les derniers gadgets qui étaient sortis, même si le téléphone intelligent m'est sorti quand même quand j'étais adolescente. Mais c'est vrai que toute la construction de mon identité, de ma confiance, de l'image également que j'avais de moi. a été faite dans le réel. C'est-à-dire qu'on a une façon de se comparer qui est naturelle. Tous les humains vont se comparer. Mais c'est vrai que je me considère comme chanceuse, on va dire, puisque je me comparais quand même à des standards de beauté, même s'il y avait à l'époque les magazines qui étaient déjà retouchés par des Photoshop de l'époque, mais qui étaient quand même moins présents. Aujourd'hui, en effet... pour les plus jeunes générations, mais même pour nous, parce qu'on continue à consommer quand même les réseaux sociaux. Le virtuel influence le réel, c'est une évidence, puisqu'on partage beaucoup de notre vie dessus. Donc ça va venir influencer l'image qu'on a de soi, donc l'image corporelle, l'image également, le statut, qu'est-ce que je fais, est-ce que j'ai vraiment réussi par rapport à mon ami d'enfance, est-ce que mes vacances sont aussi fantastiques que je ne sais qui dans la famille. Donc, c'est certain qu'aujourd'hui, le virtuel fait partie, en fait, de notre vie. Donc, c'est d'en prendre conscience pour pouvoir se protéger, en fait, de cette comparaison qui, parfois, peut basculer et être malsaine.
- Speaker #1
Puis là, tu dis ça, puis je pense aux entrepreneurs, solopreneurs qui nous écoutent, puis qui utilisent les réseaux sociaux parce qu'ils doivent être visibles. Comment on peut faire la différence entre une... présence numérique alignée puis une présence numérique dictée par la pression, t'as nommé la comparaison aussi, la culture du toujours plus. Quand on travaille avec, oui, quand ça fait partie de notre travail, ça peut nous donner une bonne excuse aussi, oui, mais ça fait partie de mon travail, c'est pour mon travail.
- Speaker #0
C'est clair et je vais rebondir directement là-dessus. Le premier truc, c'est de vraiment séparer le travail et le perso, de vraiment réfléchir à la raison pour laquelle on y va. Parce que des fois, on y va parce qu'on suit une mode. Alors pourquoi on y va ? Est-ce qu'on a un message à passer ? Comment on va le structurer ce message ? Puis il y a aussi une différence et c'est tellement intéressant que tu dis ça parce qu'il n'y a pas longtemps, j'ai une amie qui m'a écrit en me disant « Tu prends de la déconnexion et à chaque fois que j'ouvre mon Instagram, c'est toi que je vois. » Alors elle ne comprenait pas. Je me disais, mais là, il y a une grande différence entre créer du contenu pour éduquer et inspirer et consommer. Ce n'est absolument pas pareil. Ce n'est absolument pas pareil.
- Speaker #1
C'est l'extractionnage de ces deux.
- Speaker #0
Exactement. Et je pense que c'est vraiment là où il faut travailler en tant qu'entrepreneur. C'est-à-dire qu'il va y avoir la consommation de loisirs, si on veut y aller dessus pour du loisir. Et il va y avoir le travail. Mais le travail... Ça va être la création de contenu. Alors oui, on va vouloir s'inspirer peut-être de contenu autour de nous, etc. Mais il y a des méthodes de travail qu'on peut mettre en place pour ne pas se faire happer par le jeu de la plateforme. Mais je pense que c'est essentiel vraiment de différencier les deux. Création versus consommation, ce n'est pas pareil. Oui, ce n'est pas pareil.
- Speaker #1
Ça résonne beaucoup. Merci beaucoup à moi ce que tu dis parce que moi, je crée du contenu beaucoup avec la voisine, pour moi-même, pour des clients aussi. C'est drôle parce que moi, tu vois, mes amis me disent l'inverse, Laurie. Ils me disent, mais voyons, sur ta page Facebook, ton profil personnel perso, mon Dieu, tu publies une chose aux trois ans. Puis pourtant, tu es tellement présente sur tes comptes pros. Puis je leur dis, bien oui, justement, justement, je fais tellement ça de ma vie, tu sais, du lundi au vendredi, que la fin de semaine ou quand dans mes temps libres, je n'ai pas envie d'ouvrir mon Facebook. personnelle, puis de publier des photos, puis de ce que je fais, puis tout ça parce que, mon Dieu, je trouve que ce temps-là, pour moi, j'essaie tellement de déconnecter, de ne pas avoir toujours le téléphone au bout de la main. Ce n'est pas chose évidente parce que je fais de la gestion de communauté aussi, donc je dois me mettre mes limites et les respecter à des moments, pas toujours avoir à regarder mon téléphone aux deux minutes. Mais, à l'inverse de l'anecdote que toi, tu racontes, on me dit « Hein, comment ça, c'est drôle ? »
- Speaker #0
J'ai peut-être mal, mais je n'ai pas de réseau personnel, en fait. Ce sont que des codes professionnels que j'ai. Donc, elle, elle est abonnée à mon code professionnel sur lequel je poste. Mais si je poste, tu vois, j'ai dû poster dernièrement pour annoncer mon TEDx Québec, mais je n'avais pas posté sur les... Bravo d'ailleurs. Sur Facebook. Merci. Depuis très, très longtemps, mais je te rejoins. C'est vraiment mes contenus professionnels que je travaille. Et le reste, j'ai décidé de ne plus, parce que c'est correct aussi. Il ne faut pas non plus pointer du doigt à droite, à gauche. Ce n'est pas bon, c'est bon. Chacun est vraiment libre de faire ce qu'il veut. Après, il faut faire attention au contenu pour le partager, pour tout ce qui est un jeu de... sécurité, mais aussi toute cette différence réelle, virtuelle et comparaison. Mais c'est plus de rester en contrôle, en fait. Rester en contrôle.
- Speaker #1
Oui, oui. Puis quand tu parles de contrôle, quand on est entrepreneur, on peut, je pense, facilement se faire happer par les tendances, les algorithmes, les formats qui performent. Comment revenir à soi quand... tout le monde autour semble courir après la prochaine stratégie ?
- Speaker #0
Je pense que c'est en lien avec les valeurs. On avait la conversation tout à l'heure des valeurs. Puis, il y a certaines choses qu'on va être très confortable de faire parce que c'est aussi en lien avec nos valeurs, en lien avec notre personnalité. Puis, il y en a d'autres avec lesquelles on ne sera absolument pas d'accord. Il y a eu une mode, il n'y a pas longtemps, de faire son petit kit IA. Tu as dû le repasser, ça, le petit kit. Quand on sait combien d'eau ce petit kit y a à la planète, moi, j'ai décidé de ne pas embarquer là-dedans. Ça aurait été très cute de faire un petit kit du bien-être numérique. Pour moi, ce n'était absolument pas aligné avec mes valeurs et j'ai décidé de ne pas le faire. Alors oui, je suis peut-être passée à côté de quelques likes et de... Tu vois ce que je veux dire ? Il y a des choses avec lesquelles... Je pense qu'en tant que personne, en fait, le numérique, il vient toujours appuyer sur notre nature humaine, sur ce qu'on est capable de faire et ne pas faire, ou nos faiblesses. Et je pense que ces effets de mode viennent juste pointer un petit peu du doigt sur ce... Est-ce que c'est aligné avec ce que je veux ? Est-ce que c'est aligné avec... qui je veux représenter, est-ce que c'est aligné avec mes valeurs profondes ? Je sais que je suis très, très attachée pour ma part à certaines valeurs. Et je sais que certaines valeurs, je ne pourrais pas les contrecarrer. Je ne pourrais pas aller à l'envers de ces valeurs-là. C'est pour ça que je trouve que c'est très important de faire cet exercice des valeurs également, parce que c'est comme une boussole, en fait, pour... les stratégies marketing qu'on va mettre, pour les stratégies de vente également, pour les stratégies d'infolettre par exemple, j'ai une infolettre j'en ai une par mois, j'en ai pas plus, je sais combien de mails les gens reçoivent, je sais combien on est débordé d'informations et donc c'était très important pour moi d'avoir uniquement un courriel qui part par mois il est très... Bref, à la fois éducatif, à la fois ludique, parce que je reste toujours dans le pratico-pratique. Donc ça, ça fait partie aussi de mes valeurs, les valeurs de mon entreprise, mais aussi mes valeurs, moi, personnelles, d'amener toujours du positif, de la bienveillance et de la mise en action de la part des gens. Mais j'ai décidé de ne pas envoyer... 50 infolettres par mois. Ça fait partie également de mes valeurs de privilégier, on va dire, la santé mentale des gens, puis d'essayer également dans mes actions de limiter cette infobésité qui nous touche tous aujourd'hui. Donc je pense qu'on peut arriver à trouver des stratégies, on peut arriver à trouver une ligne directrice aussi qui va être vraiment ancrée sur nos valeurs, sans que pour autant... ça a des impacts négatifs sur notre entreprise. Parce que des fois, on a l'impression que si on ne fait pas ça, ça, ça dans notre entreprise, on est voué à l'échec. On ne va pas vendre. On ne va pas aller rejoindre nos clientes qui ont besoin de nous. Et je pense que ce genre aussi d'espèce de statu quo qui est en lien aussi beaucoup avec les plateformes numériques, elle n'est pas toujours vraie. Moi, je n'ai pas eu de stratégie sur les réseaux pendant... des années. Je m'y suis mise récemment parce que un petit peu comme avec ma storytelling, je pense que j'étais prête. J'étais pas prête jusqu'alors. Aujourd'hui, je me sens un petit peu plus prête à m'investir là-dedans, à pousser mon message aussi un petit peu plus loin. Mais mon entreprise a fêté ses sept ans de mars dernier et j'avais pas véritablement de stratégie sur les réseaux sociaux et elle est viable.
- Speaker #1
J'écoute parler Laurie puis je me dis qu'il y a un grand travail de croissance, de développement personnel qui est derrière ces sages paroles-là, ces limites-là qui ont été mises à un moment donné assurément suite à ce que j'appelle dans mon univers un certain bouleversement, un déclic il y a quelque chose qui s'est passé, qui a fait un revirement de situation dans ton histoire puis tu sais, tantôt tu disais que Merci. Parfois, notre consommation du numérique vient appuyer sur des faiblesses qu'on porte déjà potentiellement en nous. Ça m'a fait penser à, moi, quand j'entends ça, je pense aux fameuses blessures. On a toutes des blessures parfois qui ne sont pas encore cicatrisées, qui sont comme à plaies ouvertes. Une de ces blessures-là, parfois, est la recherche de validation extérieure. Dans l'entrepreneuriat... On valorise beaucoup, on l'a dit, la croissance, la visibilité, les chiffres, les résultats. On est dans la culture de performance. Mais est-ce que cette culture-là peut amplifier notre dépendance à la validation numérique ?
- Speaker #0
C'est évident que ce qu'on va chercher sur les réseaux sociaux, ça peut être en lien, en effet, avec ce besoin d'acceptance, ce besoin aussi d'estime de soi. de montrer qu'on a réussi. Mais ça, c'est quelque chose qui est très complexe, en effet, parce que l'entreprenariat, ce n'est pas ce qu'on nous vend sur les réseaux sociaux. L'entreprenariat, il n'y a personne qui va cheers avec toi parce que tu as closé le plus gros contrat de ton année. C'est important. Ça, tu vas le célébrer avec tes proches qui ont vu. toutes les vagues, toutes les montagnes russes, appelle-les comme tu veux, parce que sur les réseaux sociaux, tu vas partager souvent du très très haut et un petit peu moins des larmes, le doute, les efforts, tout ça. Et des fois, on va chercher en fait des félicitations des autres qui ne comprennent absolument pas le chemin. Donc, du coup, il va y avoir un décalage entre ce que ça représente pour toi et ce que ça représente pour eux. Parce que pour eux, c'est juste ça. Mais pour toi, c'est ça, Et on continue. Et du coup, tu vas être dans cette attente que l'autre va valider que cette étape, pour toi, elle est wow parce qu'elle devrait aller chercher 1000 likes. Je ne sais pas, je dis ça comme ça au hasard. Et elle ne va pas les atteindre. elle ne va pas les atteindre. Et des fois, ça peut même impacter l'image que tu as de toi, l'image ou le ressenti que cette célébration, que ça devrait être parce que oui, tu mérites de célébrer, en fait, ça va être diminué parce que tu as l'impression que ça n'a pas eu l'impact en ligne que ça devrait avoir. Et je pense que la leçon de ça, j'ai aussi beaucoup d'amis entrepreneurs, on en parle souvent de ça, parce que c'est un enjeu qui revient beaucoup. C'est une aventure qui est très solidaire d'entrepreneur, qui est très solidaire, très solidaire. Et c'est vrai que des fois, les réseaux sociaux peuvent amener cette idée que, parce qu'on partage sur cette plateforme-là qu'il y a des milliards d'utilisateurs. on va aller chercher un peu de reconnaissance à travers ça. Et il y a un travail à faire sur soi vraiment très fort. Cette reconnaissance, en fait, on doit apprendre à se l'octroyer soi-même. On doit aller la chercher avec les gens de notre entourage qui sont censés nous supporter à travers ça et qui comprennent aussi ce parcours-là pour comprendre en fait que cette célébration qu'on va chercher avec des gens en ligne, Mais en fait, on doit d'abord aller la chercher avec soi et dans le réel, notre entourage immédiat. Parce qu'il y a un décalage entre ce qui est perçu, ce qui est vécu, ce qui est important pour soi. Donc, je pense que c'est vraiment très important en tant qu'entrepreneur. Je l'ai eu ce schéma-là aussi à faire, de se dire qu'on célèbre d'abord pour soi. Et des fois, ce n'est pas toujours évident. Parce que moi, je suis une... Une personnalité qui aime beaucoup donner aux autres, qui aime beaucoup célébrer avec les autres aussi. Donc en fonction de la personnalité aussi, des fois c'est difficile de se dire « Ah, mais j'aimerais le partager avec tout le monde pour vraiment passer un message, rayonner aussi que leurs propres rêves, leurs propres, je ne sais pas, inspirations peuvent devenir. » Oui, vraiment. Et en fait, c'est... Par un acte qu'on pourrait croire égoïste, que de le faire d'abord pour soi, mais en fait il ne l'est pas du tout cet acte égoïste, parce qu'on a fait tellement d'efforts en arrière de ça, qu'il est zéro égoïste. Mais des fois on a l'impression que c'est égoïste de le garder pour soi, ou de le célébrer d'abord pour soi, de se célébrer soi aussi, avant de le partager. En fait, il faut revenir un petit peu à ce schéma-là. de célébration plus intime, en fait.
- Speaker #1
Je t'écoute, Laurie, là, puis je me dis, est-ce que le vrai luxe, là, en 2026, par rapport à tes propos, est-ce que ça serait pas de pas être visible, mais d'être pleinement présent, présent à soi, ensuite présent aux autres ? Est-ce qu'on est dans une nouvelle ère, peut-être, qui je le souhaite ? On va prendre l'ampleur sur la présence.
- Speaker #0
Écoute, je le porte depuis tellement longtemps. Je suis contente que tu le verbalises de cette façon-là. Parce que oui, en effet. Peut-être pas qu'on devienne invisible aux autres. Parce qu'il y a un besoin qui s'est développé aujourd'hui quand même avec le numérique. Pour certaines personnes, on va le dire. Mais qu'on travaille notre présence d'abord. 100%. 100%. La présence avec soi, la connexion à notre corps, la connexion à notre émotion. Qu'est-ce que je ressens à ce moment-là où je me suis dépassée, où j'ai travaillé pour ce moment-là ? Qu'est-ce que je ressens ? Comment je vais partager ça à mes proches ? Comment on va le vivre ensemble ? Comment on va le vivre avant de le montrer ? Comment on va le vivre ? Et on ne va pas le vivre dans l'optique de le montrer, on va le vivre pour vraiment créer un souvenir, pour être là, pour ressentir tous ces efforts. Est-ce que ça nous amène aujourd'hui une fierté ? Bref, on peut nommer après tout ce que ça peut nous amener, mais être présent avec soi, être présent avec les autres. Comment je vais être présent avec les autres avant en effet d'aller dans le montrer ?
- Speaker #1
J'ai l'impression que le numérique peut nous éloigner de notre propre quête de sens en nous exposant, on le disait tantôt, constamment aux rêves, aux objectifs, aux définitions du succès des autres. Est-ce que ce n'est pas là un frein ou un obstacle, si on veut, à notre pleine présence à soi ou reconnexion à soi ? Oui, je suis la seule à sentir ça. qu'on s'éloigne de notre propre quête de sens parfois ?
- Speaker #0
Il y a une influence assez évidente, une influence avec ce qu'on consomme. On dit souvent que les cinq personnes autour de nous nous influencent, mais aujourd'hui, c'est le cas avec le numérique aussi. Toutes les citations de motivation, parfois, si ça tombe un bon jour, ça peut vraiment nous aider à être très motivés. Il y a du bon aussi qu'on peut aller chercher, mais il y a aussi tout cet... angle-là de la comparaison, en fonction de comment on va se comparer aussi, il y a différents types de comparaisons, donc qui peuvent en effet amener du positif comme du négatif, c'est évident. La quête de sens, c'est quelque chose qui est très profond, et en effet... De reprendre ce temps pour soi, de se questionner sans se demander c'est quoi les cinq quêtes de sens de l'humain sur Google ou c'est quoi que mon influenceur préféré pense que c'est la quête de sens. On est dans des réflexes comme ça aujourd'hui. Et en effet, d'avoir ce type de réflexe, ça fait qu'on n'est plus avec nous. Moi, moi, en tant que personne. avec mon environnement, avec ma réalité, avec ma personnalité, avec mes goûts, mon âge, bref, tous les facteurs qui font que je suis une personne unique, c'est quoi que je veux, moi ? C'est quoi qui me remplit, moi ? Parce qu'en effet, des fois, on se dit « Ah, j'aimerais ça avoir cette vie, cette vie, cette vie ! » Mais parce qu'on voit juste 1% de cette vie. C'est quoi les 99 autres pourcents de cette vie ? Alors, on est des fois dans une espèce de circuit d'insatisfaction pour quelque chose qui ne nous plairait pas quand même. Donc, c'est un super pouvoir, je pense aujourd'hui, d'arriver à se sortir un petit peu. Puis, on est quand même modulé depuis notre enfance. On ne va pas pouvoir être sûr de toute pression sociétale aujourd'hui parce qu'on a quand même une pression, on le mentionnait tout à l'heure avec les valeurs, juste d'un peu. pays dans lequel on va grandir, qui met beaucoup de pression. Mais c'est d'essayer un petit peu de se détacher, de se questionner sur des sensations, des émotions, des rêves, mais qui nous sont propres à nous. Et ils peuvent être à contre-courant, ces rêves. Ils peuvent être complètement à contre-courant, ces rêves. Ils n'ont pas besoin d'être dans la ligne de ce que les réseaux sociaux nous disent, ils sont dans la ligne de tel influenceur, telle personnalité, tel politicien. Bref, on peut avoir des rêves qui sont complètement à contre-courant. Et en fait, on a besoin de ça, surtout dans cette ère où l'IA va de plus en plus amener des idées un petit peu préconçues. On le voit d'ailleurs dans les derniers mois, ce que ça a fait, enfin le contenu aussi sur ce qu'on consomme sur les réseaux sociaux, elle est fantastique pour bien des façons. Mais elle a ce côté-là aussi de standardiser, un petit peu comme Canva l'a fait à une époque avec le visuel, où on a l'impression qu'on est dans des cases à nouveau. On va avoir besoin de gens qui sortent vraiment des cases, mais pas qui sortent des cases en demandant à Tchadjikété comment sortir de la case, qui sortent vraiment des cases. Et pour ça, ça va être de se reconnecter à soi, à son cerveau qui est uni.
- Speaker #1
100 %, mon Dieu, on dirait qu'on pourrait en parler pendant une journée. Laurie, j'ai plein d'affaires pour vous. Je viens en tête de ce que tu dis, là, c'est très riche. Le contenu générique, effectivement, je pense qu'en 2026, le contenu qui va davantage se démarquer, c'est du contenu qui part de soi, que l'intelligence artificielle ne peut pas inventer. On est les seuls à porter notre histoire unique. Par exemple, si on prend l'exemple de notre histoire, de notre parcours, ça en est un bon exemple de contenu. original, qu'on ne peut pas, en tout cas, je ne pense pas qu'on peut déléguer ça à l'intelligence artificielle. Oui, peut-être pour nous aider à la rédiger, à le mettre dans un format quelconque, mais ça part quand même de nos propres réflexions à la base. J'ai l'impression qu'avec toute cette hyper-stimulation-là, Laurie, tu sais, du numérique qui fait tellement partie de nos vies, j'ai l'impression que ça peut avoir un impact peut-être sur notre créativité, sur, bien sûr, notre... pensée personnelle, je veux dire, notre esprit critique, puis là, on pourrait partir dans ce que l'intelligence artificielle vient faire sur notre pensée qui est au niveau cognitif, c'est hallucinant quand on plonge là-dedans à quel point c'est alarmant. Je veux dire, notre capacité à réfléchir par nous-mêmes, c'est ce que je veux dire. Mais quel impact ça peut avoir quand on est hyper connecté sur notre créativité, sur notre Merci. pensée critique, sur notre capacité d'avoir des idées qui viennent vraiment de soi ?
- Speaker #0
Tellement une bonne question, parce que c'est quelque chose qui revient beaucoup depuis l'arrivée notamment des IA, parce que majoritairement les utilisateurs pensent que l'IA est plus créative qu'eux. En fait, c'est que la quantité de personnes qui sont vraiment créatives est très, très minime dans le monde. Parce qu'on a une définition de la créativité qui est parfois... Je vais te donner un exemple. L'an passé, pratiquement à la même période... J'ai fait un buzz malgré moi sur LinkedIn en partageant un iceberg de chagipiti. Donc, tu avais en haut tout ce qui était bénéfique de l'IA générative. Donc, qu'est-ce que ça pouvait nous amener dans notre quotidien ? Et en bas, comme le fameux iceberg éducatif, il y avait toutes les phases cachées. Et parmi les phases cachées, il y avait une diminution de la créativité. Et je me suis retrouvée dans mes messages avec des personnes qui venaient challenger un petit peu ça, en me disant « c'est pas vrai, moi, Chadji Petit, il me permet de faire toutes mes tâches administratives, du coup, j'ai plus de temps pour être créatif » . Et donc là, je leur ai dit « mais c'est pas pareil, il vous fait gagner du temps, il ne vous rend pas créatif, parce que la créativité, c'est l'art de créer » . C'est le chemin qui va nous mener à faire une création. C'est très différent de la machine qui vous permet de répondre à des courriels. Ça, ce n'est pas créatif, ça. Donc, je me suis rendue compte avec ces conversations-là qu'il y avait vraiment une mauvaise compréhension, en fait, de qu'est-ce que c'est la créativité. Donc, la créativité, c'est vraiment, on va créer quelque chose qui est censé ne pas exister. Donc déjà, partant de là, l'IA recycle du contenu. Donc on comprend qu'elle ne peut pas aujourd'hui, à l'heure d'enregistrer, puisque ça va très vite, on le sait, l'intelligence artificielle, mais au jour d'aujourd'hui, elle ne fait que recycler. Alors on a une impression de créativité avec l'IA parce qu'elle vient amener des idées que nous, on n'aurait pas eues en tant que personne. Mais ça, ça ne veut pas dire qu'elles n'ont pas été déjà créées, ces idées-là.
- Speaker #1
Effectivement.
- Speaker #0
Donc c'est là où ça devient un peu complexe. Un autre enjeu également avec ces outils-là, c'est qu'elles vont nous mettre sur une voie. Tu veux créer quelque chose, par exemple, j'ai envie de dessiner un arbre. Tu demandes à Tchadjipiti quel arbre je pourrais faire aujourd'hui en dessin. Mais rien que de poser cette question-là, ça va en fait faire en sorte qu'il va te mettre sur une position et ce sera beaucoup plus complexe après d'y aller avec l'idée que toi tu aurais eue. Si tu avais pris le temps de réfléchir à cet arbre que tu veux dessiner. Tu t'étais assise dehors, sur une terrasse ou je ne sais pas. Et que là, tout d'un coup, ton cerveau, qui n'était pas en mode stimulation, parce que tu étais en train d'essayer d'avoir une idée, t'avais amené ce fameux arbre que tu as vu quand tu étais en famille il y a deux ans, je ne sais pas où, dans un autre pays. Qu'est-ce qu'il était beau cet arbre ? Qu'est-ce qui t'avait fait sentir comme émotion ? Mais c'est cet arbre-là que tu aurais dessiné. Mais le truc, c'est que... Quand tu as demandé à Chajipiti un angle, peut-être que lui t'a invité à dessiner un arbre qui est, je ne sais pas, dans la savane avec un lion en arrière. Mais tu vas aller dessiner cet arbre-là et ça va peut-être ne pas te permettre d'avoir déjà un, ce souvenir qui est génial, et de dessiner cet arbre qui aurait été beaucoup plus spécial pour toi.
- Speaker #1
Peut-être générer des émotions, que ce soit de la nostalgie, que ce soit... Bon, peu importe ce qui entoure le souvenir de cet arbre-là, il y a deux ans, effectivement, c'est fascinant quand on y pense et c'est aussi parfois épeurant, d'où l'importance de bien mettre ses limites. J'ai l'impression que notre cerveau devient de plus en plus paresseux à force d'utiliser certains outils. Et je me questionne sur la perte cognitive potentielle, effectivement. Mais ça, c'est quand même étudié.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est ça. Il n'est pas paresseux. Je veux dire, on est conçu pour l'efficience. On est conçu pour vraiment chercher le raccourci, puisque c'est ça qui nous a fait aussi évoluer. Puis c'était ancré vraiment pour notre survie. Comme un peu le téléphone avec les notifications, le système dopaminergique, puis après tout ce qui est plus psychologique que normes sociales, on a été un petit peu prisonniers de ça. Aujourd'hui, l'IA va nous rendre prisonniers de ce raccourci. Notre cerveau le sait aujourd'hui. On a une question, l'IA a une réponse. C'était le cas déjà avec les moteurs de recherche hier, mais aujourd'hui, c'est un autre niveau parce qu'il y a toute une personnalisation. Il y a le jeu de conversation aussi qui crée un lien avec la machine. C'est genre tout l'enjeu d'anthropomorphisme, c'est aussi un grand, grand enjeu aujourd'hui qui est poussé à l'extrême avec certaines plateformes qui sont très dangereuses d'ailleurs, pour tout ce qui est adolescent et tout. On écoute la science quand ça nous arrange.
- Speaker #1
Mais oui.
- Speaker #0
C'est ça pour la déconnexion, puis c'est ça aussi un petit peu avec l'IA. L'IA n'est pas mauvaise en soi, c'est un appareil qui est incroyable, mais c'est un appareil, il faut le garder comme tel, il faut vraiment créer la friction. Ça peut paraître complètement contradictoire, mais dans un monde qui va de plus en plus réduire les efforts, ceux qui vont vraiment s'en sortir aujourd'hui et demain, c'est les personnes qui vont être en mesure de mettre de la friction sur leur chemin. Donc, de la friction dans la réflexion, de la friction dans l'effort physique, de la friction un petit peu partout, pour garder un certain inconfort par moment, notamment pour la réflexion, la création, et être en mesure de continuer à garder ce certain... rythme, on va dire, de pensée critique, de...
- Speaker #1
Continuer à se questionner soi-même puis pas être simplement à cette recherche de validation-là, de complaisance-là, parce que tu apportes des points intéressants ici, c'est qu'effectivement, la différence, je pense, entre un moteur de recherche comme Google versus ChatGPT, pour nommer celui-là, c'est le fait que, mais ChatGPT, on a vraiment l'impression de discuter avec une personne. On aurait l'impression d'avoir une conversation comme on l'a dans un chat, justement comme on l'a avec nos messageries plus privées. Le danger, c'est ça, c'est d'oublier qu'on ne parle pas à un ami, d'oublier qu'on n'est pas en train de parler à une personne, mais qu'on est vraiment avec une machine, un outil, bon, nommons-le comme on veut. Et c'est là le risque dans un monde où l'isolement est grand, d'avoir besoin de penser que c'est une relation qu'on est en train de développer avec l'outil. Et il est tellement complaisant que ça fait du bien à l'humain étant ce qu'il est de se faire dire qu'il est bon, qu'il est fin, qu'il a des bonnes idées. Puis que, bonne idée On sait toujours dire, yeah Donc, l'idée d'ajouter de la friction ici, je le vois comme de garder son esprit critique, de vouloir avoir l'importance des angles morts aussi. Donc, on pourrait rentrer là-dedans. Ça me fascine, ça m'intéresse énormément. mais oui, dans toute cette question de... connectivité, déconnexion, bien-être numérique, notre rapport avec l'intelligence artificielle en fait partie, évidemment. Puis j'aurais envie de savoir, Laurie, selon toi, c'est quoi les premiers signes qu'un entrepreneur, là, il est hyper connecté au point où ça commence, là, à affecter son bien-être, son identité, sa clarté intérieure ? Puis je veux faire un pas avec ce que je suis en train de dire. Parfois, j'ai même l'impression qu'il y a des entrepreneurs... qui ne s'en rendent pas compte que ça affecte leur bien-être, leur identité et leur clarté intérieure tellement on est dans le go, go, go, vite, Quels sont les signes qui pourraient nous aider de sortir la tête du sable ?
- Speaker #0
Ah oui, puis je rebondis complètement là-dessus parce que moi, ça a pris des mois avant que j'accepte que j'avais un problème et que je partais en burn-out. Et en fait, c'est mes parents qui sont venus en visite au Québec. Ça faisait une éternité que je ne les avais pas vues. Ça faisait vraiment un bout que je n'étais pas rentrée en France. Et ma mère, la première chose qu'elle m'a dit à l'aéroport, c'est « Est-ce que tu as eu ta tête ? » Parce que j'avais tellement l'impression que c'était normal. Ça prend ça pour réussir. Tout le monde le fait autour de moi. Pourquoi moi, je ne serais pas capable de faire ça ? Donc, si on a des entrepreneurs qui nous écoutent aujourd'hui et qui n'ont pas déconnecté depuis, ils ne savent même plus quand.
- Speaker #1
C'est un problème.
- Speaker #0
C'est pas normal. C'est pas normal un rush constant. Oui, c'est normal qu'il y ait des périodes de rush. J'en ai eu également. Mais en 8 ans d'entrepreneuriat, je pense que j'ai dû travailler deux week-ends pour un rush. En 8 ans. C'est pas normal d'être en rush. Puis là, je dis rush, peut-être qu'il y a des personnes qui sont en décalage par rapport à... rush de week-end, il y a peut-être des personnes qui ont des firmes événementielles et qui travaillent les week-ends, mais ce que je veux dire, c'est pas forcément de... de se concentrer sur le mot week-end, mais se concentrer sur le mot repos. C'est-à-dire que c'est primordial d'avoir du repos. Notre cerveau a besoin de repos, notre corps a besoin de repos. Et je pense aussi que les gens qu'on aime ont besoin de nous, puis méritent mieux que les petites heures qu'on leur donne quand on est fatigué, épuisé et qu'on n'est plus capable de rien. La discipline de la déconnexion, ce n'est pas une mode, ce n'est pas... Ce n'est pas comme un concept un petit peu genre... C'est nécessaire en fait. C'est vital. Donc, si on est dans un environnement actuellement qui ne nous permet pas de reposer son cerveau, et comme tu le mentionnais tout à l'heure, reposer son cerveau, ce n'est pas répondre à des courriels, lire quelque chose de business pour avancer encore des tâches business, c'est vraiment faire un gros... pour qu'on plaît de ses responsabilités professionnelles, c'est un red flag. C'est un red flag.
- Speaker #1
J'ai tellement l'impression que les entrepreneurs qui nous écoutent, là, doivent... Beaucoup doivent se dire, oh my God, mais je fais partie de cette catégorie-là. Pour entendre des discussions autour de moi, pour être dans cette culture-là, j'ai autour de moi des entrepreneurs qui sont très... dans le numérique, qui sont dans... que ce soit des infopreneurs, de la formation en ligne, les outils premiers de travail demandent cette connectivité-là. Ah oui, tout à fait, je sens que ça va... En tout cas, si jamais tu nous écoutes et que ce red flag vient de se lever, je ne te laisse pas comme ça. Je ne te laisse pas comme ça. Premièrement, j'ai envie de te dire, tu peux aller te procurer le livre Votre bien-être numérique parce que ça va te donner plein. plein d'outils, surtout cette étape pour développer au quotidien. Mais Laurie, j'ai envie de te demander si cette personne-là qui nous écoute, elle se reconnaît beaucoup dans tout ce que tu nommes. Là, je vais dire la comparaison. Je vais aborder aussi le faux mot, la peur de manquer quelque chose, la fatigue mentale, le besoin de validation. Par où cette personne-là devrait commencer pour ? retrouver un rapport plus sain au numérique sans tomber dans trop d'étapes. La première chose, le premier pas à faire, ce serait quoi ? Ne pas se culpabiliser. J'adore.
- Speaker #0
Je vais le répéter. Ne pas se culpabiliser. On est un peu devenus prisonniers d'un système. Il y a toute la façon dont fonctionnent les plateformes numériques qui... nous demandent de plus en plus. Il y a aussi tout ce qui est normes sociales qui nous mettent de la pression, que ce soit par rapport à nos clients, par rapport à ce qui se fait dans notre secteur d'activité. Donc, la première des choses, c'est de vraiment ne pas se sentir coupable. Ensuite, on va pouvoir analyser un petit peu qu'est-ce qui se passe dans ma vie en ce moment. Est-ce que c'est mon modèle d'affaires qui m'a, en fait, emprisonnée là-dedans ? Est-ce que c'est parce que j'ai de la difficulté à ne pas mettre de limites ? Est-ce que j'ai un enjeu avec ma façon de gérer le numérique ? Est-ce que c'est un combo de tout ça ? Donc, c'est de vraiment essayer de s'observer, mais encore une fois, sans culpabiliser. On n'est pas dans la performance avec la déconnexion avec le bien-être numérique. On est dans comprendre pour trouver sa solution.
- Speaker #1
J'ai l'impression que justement, si on fait cet effort-là, parce que ça demande un effort quand même de ne pas trop culpabiliser. c'est quand même un processus, on s'entend. J'ai l'impression que c'est nécessaire pour la suite. C'est comme la première étape, parce que sinon, on se tape sur la tête et on n'est pas accessible ou disponible pour la suite des choses, pour s'aider à travers ce bien-être numérique-là. Puis notre discussion, Laurie, me fait énormément penser à la discussion que j'ai eue avec Émilie Vien. Bon, il y a quand même un bon moment sur le podcast. D'ailleurs, si ça pique ta curiosité, si tu as envie d'aller l'écouter, toi qui nous écoutes, je mettrai le lien dans les notes de l'épisode aussi. J'ai l'impression que c'est une discussion très, très proche de celle que j'ai eue avec Émilie qui, elle, a vécu un épuisement professionnel. Et ça me fait penser justement à quand je te disais tantôt, j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de... de mes auditeurs qui vont peut-être se reconnaître et qui vont peut-être avoir ce red flag-là qui va se lever. C'est souvent, j'ai l'impression, des gens qui vont dire « Ah, mais quand telle chose, quand l'année prochaine ou la semaine prochaine ou quand ça va arriver, mon rush va être terminé, là, je vais pouvoir en profiter. » Qui est toujours en train de remettre à plus tard. Oui, oui, ça s'en vient. Quand tel employé va rentrer, quand l'autre va revenir d'un congé, là, je vais pouvoir souffler un peu. Mais de se rendre compte finalement que ça n'arrive jamais, ce fameux moment-là, puis qu'on tombe dans une spirale incroyable. J'ai le souhait, en tout cas, que notre discussion l'arrive. J'ai ce souhait-là qui fasse faire prendre des prises de conscience, qui fasse s'arrêter un petit peu, permettre justement de se poser ces bonnes questions-là, à savoir, « Hey, on en est où, ma vie, maintenant ? » C'est ce que tu disais, là. J'en suis où, moi, dans ma vie ? C'est tellement important, tellement important. Pis... Puis surtout, je trouve, quand on est entrepreneur, justement, quand on compte pas nos heures, quand c'est notre projet passion. On a dit tantôt, je pense, j'ai cette impression-là que c'est peut-être encore plus facile de tomber dans cette hyper-connectivité-là. Puis, en tout cas, à toi qui nous écoutes, j'espère que si c'est ton cas, puis si t'as une prise de conscience aujourd'hui à l'écoute de ma discussion avec Laurie, que tu sauras trouver un peu de repos. Disons ça, de repos. C'est ça qu'on te souhaite. Puis pas juste, j'ai envie de dire, pas juste à la période estivale, parce que là, on est l'été. Au moment où cet épisode-là sort, on est le 22 juin. Donc, c'est les vacances d'été qui arrivent bientôt. Puis souvent, on se dit, ah, quand ça va être les vacances, là, je vais déconnecter. Ah, là, quand ça va être les vacances. Mais je pense que le bien-être numérique, tu me corrigeras, Laurie, si je me trompe. Ce n'est pas juste à une période de l'année, durant les vacances d'été. Cette déconnexion-là, je pense qu'il faut l'intégrer dans une routine pour que ce soit à l'année longue.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, c'est une structure. C'est une structure vraiment qu'on va essayer de mettre en place. Après, elle n'est pas rigide, elle va être flexible en fonction parce que la vie fluctue, nos événements personnels fluctuent, les événements professionnels fluctuent. Donc forcément, notre utilisation du numérique va aussi s'adapter. un petit peu en fonction de ce qui se passe dans notre vie. Mais c'est en effet impératif de se dire que la déconnexion, ce n'est pas un truc de vacances. Ça devrait être une saine habitude de vie. Donc, comment avec ma réalité, avec ma personnalité, mon entreprise, quelle est la structure, quelle est la chose que je peux mettre en place ? Et ça se réfléchit. Il n'y a pas de recette qui est pareille pour tout le monde. Pour pouvoir, en fait... accéder à la mise en place de petites choses à droite à gauche qui vont nous permettre de se reposer tout au long de l'année parce que cette déconnexion estivale qu'on va faire, sur laquelle on va vraiment se reposer, elle ne va pas durer bien longtemps après. C'est ça l'enjeu, c'est que de se reposer régulièrement, c'est ça aussi qui nous recharge et qui nous permet d'être plus créatifs, productifs. d'être plus alignée également avec ce qu'on fait, de faire moins d'erreurs, bref, d'être plus concentrée. Il y a tellement d'effets positifs derrière ce repos qu'on va s'octroyer qu'en fait, on s'ampute de quelque chose de très puissant pour son organisation quand on ne se l'octroie pas.
- Speaker #1
Dernière question pour toi, Laurie. Toi qui as vécu. les deux côtés, je vais dire, de la médaille, l'hyperconnectivité jusqu'à l'épuisement et maintenant cette saine habitude, je vais dire, cette saine habitude de connexion que tu as dans ta vie, c'est quoi le plus grand bienfait que tu vis aujourd'hui grâce à cette déconnexion-là ?
- Speaker #0
C'est dur d'en choisir un, mais je te dirais qu'il y a une sensation de... de liberté, de ne plus être attachée aux besoins des autres, aux attentes des autres, mais d'avoir repris le contrôle là-dessus. Et si je pouvais en ajouter un deuxième ? Ce serait vraiment la façon dont je vis les instants. Quand je vis quelque chose, je le...
- Speaker #1
Tu n'es pas en train de penser à ce que tu vas publier sur ça. Il y a ça aussi, cet aspect-là de, OK, comment le rendre visible aux yeux des autres, c'est une présence totale.
- Speaker #0
J'étais comme ça, j'étais comme ça. Oui, oui, j'étais vraiment comme ça. L'ami qui arrive au resto, puis avant même d'avoir fait la bise, elle prend une photo du bar parce qu'il est chouette, puis de l'environnement. Donc, j'ai été comme ça et c'est vrai que je ne me rendais pas compte, je pense, à cette époque-là, que cette photo, en fait, ne me permettait pas de créer. l'instinct vécu, c'est ce qu'il y a de plus puissant en fait, c'est ce qu'il y a de plus puissant à la fois pour soi mais aussi pour la personne qu'on va avoir en face de soi, donc en effet Non pas que je ne fais plus de photos, j'en fais des photos bien évidemment, mais je les fais de manière plus consciente, moins par réflexe de « je suis ici, je suis arrivé au resto, il faut que ça prenne une photo » . Je les fais plus de manière consciente, ce qui fait qu'une fois que je m'en suis un peu « débarrassée » , je vais pouvoir me concentrer sur cette bulle-là, si c'est pour le professionnel. Et quand c'est pour le personnel, ça va plus être ce moment-là que je suis en train de vivre. Il est tellement fou. Il est tellement puissant. Je veux vraiment m'en souvenir. Je veux m'en souvenir. Je veux qu'il y ait une trace. Là, je vais attraper mon téléphone. Je vais faire une photo. Parce que c'est marquant. Et en plus de tous les souvenirs que je me suis créés pendant une heure, je veux en avoir un, peut-être papier, à mettre dans mon salon plus tard.
- Speaker #1
Savourer le moment. Oui. Pitsoui. Ah, ça résonne beaucoup ce que tu dis. Moi, je me dis toujours, j'ai l'impression que quand on arrive, là, ça va peut-être avoir l'air un peu morbide ce que je vais dire, mais quand on arrive à notre fin de vie, est-ce qu'on va se rappeler sur notre lit de mort ? Est-ce qu'on va se rappeler les 70 heures de travail qu'on a fait toute notre vie ? Est-ce qu'on va se rappeler à quel point on était absent, qu'on n'a pas profité, vécu d'un moment avec nos proches ?
- Speaker #0
C'est vraiment super important de parler de l'amour. On n'en parle pas assez. Non pas parce qu'on a peur de visualiser quelque chose de caca. catastrophique, mais le fait de ne pas s'en rappeler nous fait un peu oublier qu'on a une date limite. Et si on se rappelait qu'on a une date limite, ça nous permettrait certainement de vivre très différemment notre vie, de prendre des choix très différemment également. Parce que quand tu te souviens que on ne sait pas de quoi demain est fait, on n'en a aucune idée, on ne sait pas ce qui peut arriver. Ça remet beaucoup de choses en perspective.
- Speaker #1
Oui, si on était plus conscient, davantage conscient de cette date de fin-là, effectivement. Puis, tu sais, je suis persuadée que si on nous annonçait qu'il nous reste un mois à vivre, on ne serait pas là en train de poster plein de photos sur les médias sociaux ou en train de travailler 70 heures par semaine. On arrêterait tout ça. C'est ça la priorité. Mais comment ça on n'est pas capable de le mettre en place dès maintenant ? Laurie ? Laurie, merci pour cette discussion. On aurait pu continuer ça, là, vraiment, là, plusieurs heures, mais là, pour le besoin de mes auditeurs, je m'arrête ici, mais j'ai envie d'inviter quand même les gens à poursuivre la découverte dans ton livre « Votre bien-être numérique » , sept étapes pour le développer au quotidien. Le lien sera dans les notes de l'épisode également. Et Laurie, si on veut, connecter avec toi, si on veut en apprendre davantage. À quel endroit tu as envie de diriger les auditeurs ? Oui,
- Speaker #0
il y a mon infolettre qui est disponible sur vivala.ca, donc une infolettre par mois. Et si vous voulez ajouter du bien-être numérique sur vos plateformes, je suis sur Instagram et sur Facebook et LinkedIn. Donc, je ne vous pousse pas à y être. Si vous y êtes et que vous voulez ajouter du contenu, éducatif pour vous faire des petits rappels ou des connexions. Vous pouvez aussi également me trouver là.
- Speaker #1
Merci. Je le répète, tout sera dans les notes de l'épisode si tu as envie d'aller découvrir, de t'aider peut-être avec des petits trucs aussi. Je le répète, je le recommande ce livre-là. Je l'ai dévoré deux jours, top chrono. C'est un tournepage vraiment intéressant. En prime, on a toute ton histoire dedans. Je trouve que c'est ça qui amène la grande richesse. à ce livre-là. Vraiment contente que tu l'aies intégré. Ça apporte encore plus de réflexion personnelle, je trouve. Merci à toi pour ça. Merci pour la belle jase. Puis, bien, à toi qui nous écoutes, on se donne rendez-vous pour le dernier épisode solo de la saison d'À ta couleur dans deux semaines. Oui, c'est ça, dans deux semaines. Donc, je te salue. Merci. Salut, Laurie.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Marie-Pierre. Merci.
- Speaker #1
Merci d'avoir été là. C'est toujours un privilège de te savoir quelque part assis avec moi sur ma galerie. J'espère que ça t'a donné envie de t'arrêter un instant, juste assez pour te recentrer, te déposer, puis peut-être découvrir une pépite de connexion que t'avais pas encore vue en toi. Si le cœur t'en dit, abonne-toi, puis prends un instant pour laisser 5 étoiles ou un petit mot. C'est tellement la meilleure façon de faire découvrir le podcast à d'autres entrepreneurs. C'est comme une chaise de plus qui s'ajoute sur ma galerie. Plus on est nombreux à s'y asseoir, plus les conversations voyagent loin. Puis si quelque chose t'a touché aujourd'hui, partage-le en story puis tagge-moi, la voisine pro. J'adore te lire puis repartager tes réflexions. À bientôt pour un autre épisode à ta couleur