- Speaker #0
Vous écoutez Au bénéfice du doute, le podcast où les personnes victimes de violences sexuelles prennent la parole. Cet épisode évoque des faits de violences sexuelles avec violences physiques, de pédocriminalité et d'inceste. Écoutez-le uniquement si vous êtes dans de bonnes conditions émotionnelles. Si vous le souhaitez, n'hésitez pas à lire la description afin de sauter les passages concernés. Mélène est maman d'une adolescente qui a choisi de vivre sous le toit de ses grands-parents, malgré une autorité parentale qu'elle partage avec le géniteur de sa fille. Ancienne comédienne et chanteuse, elle nous décrit comment s'est articulée la triangulation d'un système d'emprise dont elle a été victime. Mélène, est-ce que c'est ok pour toi ?
- Speaker #1
Pour moi, c'est ok pour enregistrer.
- Speaker #0
Alors, quand on s'est eues la première fois au téléphone, tu m'as dit que tu as longtemps été sous l'emprise du géniteur de ta fille, c'est ça ?
- Speaker #1
Je l'ai été, et je l'ai surtout avec mes parents adoptifs. En fait, c'est qu'il y a eu une histoire dans une histoire. C'est que j'étais en situation de vulnérabilité quand j'ai rencontré le géniteur. Et quand tu t'en mets enceinte, encore plus vulnérable, puisque fatigue, etc. Et ils étaient très présents. Comme je disais, pour faire simple, c'est que la triangulation s'est toujours faite à E3. Comme je dis, entre ma mère et moi, il y en a une de trop. Et ils n'ont pas vu que j'étais mal, parce que je savais que je ne pouvais pas leur parler. Et quand j'ai eu le premier viol, en fait, moi, je devais aller jouer. Donc, j'étais un, état de choc, deux, je les appelais en gros. Et j'ai même des trous, j'essaie de me souvenir de ce qui s'est passé. C'est qu'entre le moment où je suis sortie, donc il y a la scène et tout, et où je suis sortie pour aller rejoindre les comédiens, je ne sais pas. Je ne peux pas te mettre d'image, tu vois ce que je veux dire, de ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Oui, bien sûr, c'est une sorte d'amnésie.
- Speaker #1
Bah oui, et quand je me suis réveillée du deuxième viol, où lui, c'était carrément une amnésie totale, jusqu'il y a à peu près deux ans, je me suis réveillée de tout ça, le poste s'est un peu reconstruit, donc j'ai plein de choses qui sont venues mais plein Du coup, j'écrivais, je ne comprenais même pas, mais des trucs, je me dis que ce n'est pas possible, de détails, de mots, de phrases. Et quand ils sont revenus, ce truc qui a fait que je commençais à me libérer, c'est-à-dire plein de choses qui revenaient, j'ai re une amnésie partielle.
- Speaker #0
La situation d'emprise avec le géniteur de ta fille, tu la décris comment ?
- Speaker #1
Ça a été, comme on dit, le charmeur et tout. Il se disait des trucs, il se posait des questions en se disant « Est-ce que j'ai rêvé ? » Cette espèce d'embrouille, se poser la question de se dire, mais est-ce qu'il a bien dit ça ? Est-ce que ce n'est pas moi ? Est-ce que je ne suis pas parano ? C'est que vraiment, il y a ce switch.
- Speaker #0
Tu as réussi à t'en sortir comment de cette relation ?
- Speaker #1
En fait, par rapport aux autres, quand je regarde toutes les histoires, c'est que c'est lui qui se barrait. Il faut savoir que dès le départ, il m'a trompée pendant la grossesse. En fait, c'est à la fois qu'il était là sans être là, mais du coup, je m'aperçois aujourd'hui, c'est qu'il n'y avait pas que lui. C'est qu'il y avait mes parents. C'est-à-dire que mes parents, surtout mon père, il lui dictait ce qu'il fallait faire. Moi, mon père, il est allé jusqu'à se porter cautionnaire pour un appart pour lui.
- Speaker #0
En fait, tes parents étaient complices, finalement, de cette emprise ?
- Speaker #1
En fait, oui, mais je ne l'ai pas vu venir. Parce que ses parents, oui, sont comme si... Et que moi, depuis que j'ai 20 ans, ils avaient des problèmes avec mon frère, tout ça, mais j'ai toujours eu un recul comparé à ma fille. C'est-à-dire, moi, à 14 ans, 15 ans, j'étais très en recul, ils bossaient énormément. Et c'était surtout ma mère, à l'époque. Dénigrement, moi, je subissais des... dénigrement de la part de ma mère. Mais ce n'était pas au point de ma vie. Moi, j'étais très entourée. Comme je dis, j'ai été élevée par tout le monde, sauf par eux. Tous mes problèmes physiques aussi que j'ai, c'est lié à eux. C'est le seul point aujourd'hui qui fait que je ne peux pas faire un travail dans profondeur, mais je suis obligée de m'adapter, du coup, pour ne pas re-être constamment dans le schéma de douleurs physiques, etc., de ce que ça provoque, et être à terre pendant des jours et des jours. Maintenant, je peux régler les trucs quand j'y suis. grosse céphalée côté gauche et tout, donc il y a des agressions verbales, parce que moi c'est ça, surtout aujourd'hui je ne supporte plus, et bien j'arrive à le pallier en moins de deux jours. Avant, ça me prenait des semaines.
- Speaker #0
Tu m'avais dit la première fois, quand on s'était appelé, que tu avais vécu un viol avec de la violence ?
- Speaker #1
Oui, donc c'était le premier, donc en juillet 2016, donc de la part du géniteur.
- Speaker #0
Durant les prochaines minutes, Mélène décrit le viol qu'elle a subi avec des violences physiques. Pour sauter ce passage, rendez-vous à 5 minutes 25.
- Speaker #1
On était au Festival d'Avignon. Il était venu me rejoindre. Et il y avait des matelas qui étaient par terre parce que c'était plus pratique. J'étais en train de me préparer. Et en fait, il me bloquait. Parce qu'il insistait pour faire la mort avec moi. Moi, je lui disais non. Parce que je n'avais pas le temps. Et que je pensais à la représentation. Et à un moment donné, il m'a basculé vers l'arrière. Et là, c'était allé très vite. Et voilà, il m'a pénétré. Il n'a même pas enlevé ma culotte. Il a juste soulevé, il a baissé son poc. Il m'a pénétré et il m'a étranglé. Et j'ai cru que j'allais partir, j'ai même cru que j'avais le cou du lapin, enfin voilà. Et à un moment donné, je me voyais, je ne sais même plus comment j'ai fait, j'ai essayé de me débattre comme je pouvais en fait, mais je sentais me partir. J'avais fermé les yeux et au moment où j'ai cru vraiment que j'allais vraiment y passer, j'ai ouvert les yeux, je l'ai vu et là il a eu un truc de sursaut et il s'est mis en arrière. Et là je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse. et je savais que je ne pouvais pas parler Et comme je t'ai dit, en demi-seconde, j'étais obligée, j'avais la représentation, que de toute façon les parents n'avaient pas à m'écouter en disant « mais qu'est-ce que tu as encore ? Mais de quoi tu parles ? » Enfin bon, voilà. Je suis très appréciée de la troupe, de mes parents.
- Speaker #0
Et donc tu m'avais dit que ta voix ne sortait plus ?
- Speaker #1
Et en fait, c'est deux mois après, donc quand il y a eu le deuxième viol, j'étais en représentation. À l'époque, je m'étais dit que c'était de la fatigue, du fait que j'étais enceinte, et que aussi je savais qu'il y avait un... quelqu'un qui faisait un festival auquel moi je participais, qui venait voir le spectacle. Je m'étais dit que c'était à cause de ça que j'avais perdu ma voix, parce que je me mettais peut-être de la pression et tout. Et en fait, c'est que vraiment sur scène, je perdais ma voix. C'est que je n'avais plus d'appui. Là, on dit du chanteur qui est sur scène, et puis d'un seul coup, il perd sa voix. Ou d'un équivalent, comme on dit, la page blanche, en gros. Et à partir de là, je ne pouvais pas. Je ne pouvais plus, puisque un mois après, vers janvier, j'étais à deux mois de grossesse. On a l'impression que j'étais à six mois, mais j'étais très fatiguée et puis surtout... ne pouvais plus chanter. J'étais plus du tout dedans, je n'arrivais plus à chanter et j'ai eu énormément de mal à ressentir toutes les sensations et les techniques que j'avais pu acquérir les dix dernières années.
- Speaker #0
Et à quel moment tu as fait le lien entre ce symptôme et les violences que tu as subies ?
- Speaker #1
Il n'y a pas longtemps, je pense là, depuis la rentrée, quand j'ai commencé à récupérer ma voix en septembre, parce qu'en fait, il faut savoir que pendant ces quatorze dernières années, je me suis rééduquée toute seule. Quand il y avait des casignes, je me suis dit pour comprendre en disant ok Qu'est-ce qui fait que je n'arrive plus à tenir les notes, que je suis très essoufflée, que je n'arrive plus à faire les ouvertures, que ma voix n'arrivait pas à sortir ? Et qu'en général, je le faisais quand j'étais malade. Je ne sais pas pourquoi. Quand j'avais une espèce de laryngite et tout, j'avais plus des sensations, mais c'était comme quand quelqu'un qui se fait opérer, qui est en convalescence et qui est obligé de se rééduquer après. Là, c'était la même chose. J'étais vraiment à chercher à comprendre pourquoi. J'arrivais pas à retrouver toutes ces sensations. Mais à force, en septembre, il y a eu ce truc, un déclic. Parce que de temps en temps, je me dis, tiens, je vais chanter, parce que pour moi, c'est vital. Je me suis foutue un truc de karaoké. Et là, la voix est sortée complètement. J'avais plus de douleur. Enfin, c'était plus quelque chose... C'était plus une souffrance. Voilà. Et c'est revenu comme ça.
- Speaker #0
Au moment où tu as subi ces agressions, tu n'as pas pensé à porter plainte ? Ou alors, si tu y as pensé, pour quelles raisons tu ne l'as pas fait ? Non.
- Speaker #1
Je n'ai pas pu, puisque pour moi, ces viols n'existaient pas. Ou en tout cas, le deuxième, il n'existait pas, le deuxième viol. Puisqu'il est revenu vraiment de plein fouet il y a à peine deux ans. C'était un truc de protection. J'avais qu'un bout. Et vraiment, tout est revenu il y a deux ans. Il n'existait pas. Quant au premier, oui, il y avait la main, il y avait l'étranglement et tout. Mais c'était un petit peu occulté. C'était partiel, quoi. C'est que le premier, je peux en parler. Le deuxième, j'ai encore beaucoup de mal à le décrire. Je l'ai aujourd'hui, les images et tout, mais de le verbaliser et de le décrire, ça me demande un effort surhumain. C'est comme si c'était là sans être là. C'est pas que je veux pas. Là, j'essaie déjà de me faire reconnaître, savoir si effectivement, parce que moi, ça commence à remonter, les viols. Et au moins, du premier, savoir tout ce que je dis physiquement, si ça peut être en lien. Parce que du jour au lendemain, je me suis retrouvée avec un état physique où avant, je pouvais travailler 14 heures par jour. Alors, ce n'est pas parce que j'ai juste une journée en moins du fait de mon handicap de naissance, avec quelques problématiques de dos, mais je travaillais 14 heures par jour à quasiment plus rien, c'est-à-dire avec des grosses difficultés.
- Speaker #0
Parce que tu m'avais parlé aussi que tu avais eu des expériences avec des policiers aussi qui n'étaient pas forcément agréables.
- Speaker #1
Pour moi ou même pour ma fille, on voulait porter plainte plusieurs fois. Déjà, on nous dissuade de porter plainte. Ça se transforme en main courante. Et quand ce n'est pas une main courante, c'est quand ce ne sont pas les propos qui sont déformés ou minimisés. Et qu'aujourd'hui, malgré tout ce sujet-là, on nous dit « oui, mais il faut en parler, allez-y » . Et en fait, la réalité est vraiment toute autre. C'est très compliqué encore aujourd'hui. En tout cas, quand on est mère de famille, au stade où j'en suis aujourd'hui, c'est très compliqué. Là, le 8 mars, j'ai été convoquée au commissariat de cette année. C'était suite d'une plainte abusive du géniteur de ma fille pour non-présentation d'enfant. Alors que lui-même avait attesté qu'elle ne viendrait pas, etc. Ça l'avait vraiment tout fait comme il fallait, parce que ma fille, vraiment, avait très peur, avait des grosses, grosses angoisses. Parce qu'à ce moment-là, on avait déjà des mesures, elle avait eu moins en moins. Deux ans après, je suis convoquée pour cette plainte abusive et on me l'a classée sans suite. Donc du coup, on m'a dit que je ne pouvais pas porter plainte. Je me suis dit, mais dans ces cas-là, est-ce que je peux porter plainte pour plainte abusive ? On m'a dit non. Et j'ai eu quelqu'un, la jugeuse, qui m'a dit, non, non, mais ça, c'est faute, tu as le droit. Donc on nous dissuade. Voilà, c'est constamment ça.
- Speaker #0
Ta fille, elle avait des angoisses. Est-ce que tu connais les raisons ?
- Speaker #1
Elle avait peur de son père, de voir son père. Mais on me forçait à me faire maintenir le lien. quoi qu'il se passait. Là, en plus, c'était compliqué puisque entre les juges pour enfants, avec les juges aux affaires familiales, plus les éducateurs, bon, voilà. C'est qu'on prend toujours en compte la parole de l'enfant et surtout, c'est que ma fille ne fait plus confiance aux adultes, là, à l'heure actuelle. Donc, elle est repartie, en fait, elle se protège et, on va dire, elle suit le mouvement. Ma fille est sous emprise de mes parents. Et là, rebelote, la triangulation se fond entre mes parents et le géniteur. avec la complicité de l'éducatrice.
- Speaker #0
Ta fille, elle t'a exprimé les raisons pour lesquelles elle avait peur d'aller pour son cas ?
- Speaker #1
Oui. Déjà, quand elle était petite, on se demandait s'il n'y avait pas eu de l'inceste. Mais pareil, le temps qu'on aille voir le médecin, il avait des doutes. C'était à surveiller. À ce moment-là, trois semaines après, le père, le géniteur de ma fille, est parti à 50 km. De là où on habitait, on était séparés, etc. On avait chacun notre maison. Mais bizarrement, c'est sa réaction à lui quand tu es... Un jour, elle était revenue de chez lui et elle avait une espèce de frotte au niveau de la lèvre extérieure. Elle avait, je ne sais pas, 7 ans, 8 ans. Et c'est la réaction du géniteur qui m'a alertée, en fait. Parce que tout de suite, il a été dans l'agressivité et tout de suite sur les nerfs. Donc, je lui ai demandé s'il n'avait pas vu quelque chose puisqu'elle avait des rougeurs et tout. Comme elle a une peau fragile, je me dis, bon, voilà. Mais tout de suite, il est parti sur ce terrain. « Qu'est-ce que tu allais raconter ? Qu'est-ce que tu crois que j'ai eu des attouchements vous avez eu ma fille. pourquoi être dans ça si on est sain ? Un enfant, c'est un enfant. Il a une peau fragile, il peut y avoir de multiples choses. Et du coup, on est allé voir le médecin, là, on parle par hématopée, et il m'a dit à surveiller. Après, lui, il est parti. Ma fille a vu une psy, mais elle revenait des fois avec des bleus et tout, mais pareil, c'est-à-dire que le temps que la secrétaire du médecin nous donne un rendez-vous, et qu'on sait qu'il faut 24 heures quand il y a des choses comme ça, pour faire un testé. sauf que la réalité est tout autre. Et après, c'est ce qu'ils nous donnent des années plus tard. Mais pourquoi vous n'avez pas fait ceci ? Mais pourquoi vous n'avez pas porté plat ? Mais si c'est à ce point-là, voilà, il n'y a qu'à faut qu'on. Donc c'est très compliqué. Mais du coup, oui, non, ma fille ne fait plus confiance pour pouvoir parler de ces choses-là. C'est-à-dire là, elle est en dissociation totale. 2020, j'ai vu ma fille se dissocier sous mes yeux totalement.
- Speaker #0
Ça se manifeste de quelle manière ? En tout cas, en tant que personne extérieure, du coup ?
- Speaker #1
C'est compliqué. C'est par exemple, la dernière, c'est... Donc ça a été déclenché du fait que son père allait réavoir l'autorité parentale, puisque de 2020 jusqu'à janvier 2022, il ne l'avait plus. Donc il a fait appel par rapport aux juges des affaires familiales. Moi, j'avais lancé la première procédure en 2020, où j'avais eu l'autorité exclusive provisoire. Et donc, à ce moment-là, c'était décembre 2021, entre lui qui lui disait qu'il allait avoir l'autorité parentale, plus les éducateurs. plus le fait que mes parents m'aient embrouillé ma fille par téléphone, ça faisait de sorte pour monter d'une contre l'autre d'une certaine manière. En fait, elle était complètement paumée et elle est en pleine adolescence. Je sentais qu'il y avait un truc où ça n'allait pas. Je me dis là, si je ne fais rien, il va y avoir un drame. Trois jours avant, en fait, on a allé à l'hôpital et tout, parce que je voulais qu'elle soit prise en charge. En fait, ça se manifeste où à la fois elle demande de l'aide, mais en même temps, elle n'en veut pas ou elle les cache. c'est-à-dire qu'il faut toujours... deviner ou avoir les mots appropriés pour qu'elle puisse sortir les choses. Et en fait, dès qu'on, j'ai envie de dire, on statue sur la vérité, en fait, ça ressort en espèce de pétage de plomb, d'espèce de crise, comme je dis, des crises irrationnelles en fait. C'est plus votre enfant, c'est-à-dire que c'est plus elle, c'est-à-dire que là, je pouvais identifier les réactions de son père ou de mes parents, enfin, et dans le regard, c'est une espèce de fille, c'est-à-dire qu'elle est elle sans être elle. On a l'impression d'avoir quelqu'un d'autre devant nous.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Où on sent dans le regard un appel au secours. Voilà.
- Speaker #0
Oui, là, en plus, toi, tu as ton instinct de maman, donc forcément, c'est des choses que tu arrives à déceler aussi.
- Speaker #1
Et puis surtout, c'est l'expérience. C'est-à-dire, depuis qu'elle est petite, elle manifeste des choses comme ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà. Mais il faut trouver le déclic pour qu'elle revienne à elle, en gros. C'est-à-dire que même à un moment donné, on se demandait si ce n'était pas des crises d'épilepsie, si ce n'était pas avant-courant de crise d'épilepsie, est-ce que c'était pas... et en fait c'est lié à ça aux violences, c'est-à-dire que moi, elle pouvait me parler, me dire des choses. Après, derrière, elle fallait qu'elle puisse trouver aussi la force de pouvoir parler. Mais elle l'a pas. Et moi toute seule, je suis une femme, s'il n'y a pas de gens pour nous épauler, comment parler de ces choses-là sans être stigmatisée ? Comme je dis en fait, c'est que j'ai gagné du temps, on va dire. Dans le sens, pas que je ne voulais pas en parler ou faire les démarches, mais à toujours me poser la question de, ok, qu'est-ce qui peut nous mettre encore plus, elle et moi, en danger ? Quelles vont être les répercussions ? Sachant que ma fille a peur de parler, comme elle me le dit. Maman, tu sais bien, je ne sais pas dire non. « Maman, tu sais bien que quand je suis devant un psy ou devant les juges, je dis l'inverse de ce que je voudrais dire réellement. » Et quand elle essaie de parler à des gens qui sont censés nous aider, nous épauler, elle ne dit pas les choses vraiment. En fait, comme un enfant de 5 ans, il faut toujours les épauler pour pouvoir retranscrire ce qu'ils veulent dire. Mais sauf que quand on le fait, derrière, on vous stigmatise. « Ah bah, c'est encore la mère. Ah bah, c'est encore le parent. Ah bah oui, mais c'est le parent qui... »
- Speaker #0
Pour tout ce que tu viens de m'évoquer avec ta fille, tu m'as dit que tu avais déjà essayé de porter plainte avec elle.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'était pour ces raisons-là ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'elle avait peur, parce que son père l'a tapé, qu'elle revenait... Elle avait des trucs pas possibles. Mais j'étais toute seule. Mes parents, à l'époque, savaient tout ça. Puis là, c'est là où je me rends compte. En fait, ils ont été dans des doubles discours constamment, en disant « oui, oui, oui » . Donc, ils nous faisaient croire qu'ils étaient là pour nous, nous épauler, et en fait, pas du tout. Et c'était l'inverse. Et je me rends compte qu'en fait, ils étaient déjà dans ce côté d'emprise vis-à-vis de moi et de ma fille, en fait.
- Speaker #0
Et avec ta fille, tu es déjà allée dans un commissariat ?
- Speaker #1
Ah si, si, si, si, si. C'est même ma fille, avant que je reçoive la convocation du 8 mars, quand j'ai reçu la convocation, on était en voiture, j'étais avec mes parents et ma fille. Bon, je savais que c'était par rapport à la plainte, mais à un moment donné, on se demandait ce que c'était. Tout de suite, elle me dit, mais maman, tu sais, rappelle-toi, moi j'avais porté plainte contre papa. Et là, vaguement, je me dis... Ah mais oui, mais ça reste flou. Elle me l'a sorti spontanément. Mais personne ne l'a relevé. Mes parents ne m'ont pas relevé.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu te souviens du motif où c'est trop flou, ça aussi ?
- Speaker #1
Là, aujourd'hui, ça reste flou. Si on était allés, c'est parce que c'était pareil pour dire qu'elle avait peur de son père. Mais ça reste flou puisque, comme j'expliquais, c'est qu'aujourd'hui, je suis heureux sur des choses en dissociation partielle, en fait. Je recommence à avoir des noirs. Parce que comme j'ai mes parents qui sont là, En fait, et je me suis rendue compte de ça aussi. Donc du coup, en tout cas, tout est fait pour ne pas qu'on avance, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est bien. C'est bien ce qu'on ressent de toute façon, de tout ce que tu dis là depuis le début. C'est bien ce qu'on ressent. C'est qu'il y a sans cesse des embûches, en fait.
- Speaker #1
C'est ça. Quand c'est pas pour pas qu'on parle de ça, c'est... Donc du coup, on me stigmatise. La pauvre enfant avec un handicap, ça, c'est quand ça les arrange. Ils se servent de ça, du fait que j'ai un handicap. Eux, ils se protègent comme ça, en fait, pour tout. Le fait, par exemple, qu'ils me payent le loyer, mais dès que je vais prendre mon indépendance, ou dès que j'ai des projets, ils ne font rien pour m'aider. Et dès que j'aboutis aux choses, ils font de sorte pour que tout s'écroule et que je reste dans cette position de la pauvre avec un handicap. Surtout aujourd'hui, ce qui se passe économiquement et social, c'est un peu compliqué. Et en fait, ils se sont servis, là, depuis deux ans, de celle qui est la plus fragile entre ma fille et moi, pour me déstabiliser, en fait. En plus, des éducateurs, des juges. Moi j'ai vu l'éducatrice il y a deux jours, dis-toi que tout est fait pour ne pas nous rendre nos enfants, et il les incite à se dire qu'ils s'émancipent. Là c'est qu'ils attendent ces 16 ans pour la faire émanciper. Ça veut dire que derrière, moi j'ai plus l'autorité, j'aurai plus rien. Et ça je trouve ça lamentable. C'est les procédés qu'ils font. C'est pour ça qu'il faut avoir bien les nerfs solides, parce qu'on ne peut rien faire. Alors je suis reconnue en tant que personne avec un handicap. Et le problème, c'est qu'ils jouent de ça aussi, en fait. C'est-à-dire pas de travail avec un handicap. Donc, c'est un motif, en fait. C'est qu'ils ne font pas leur boulot. C'est-à-dire que leur charte, soit disant, de la protection de l'enfant, la sauvegarde, c'est de maintenir le lien jusqu'à temps que nous, on puisse reprendre une vie normale. Sauf que la réalité, c'est tout l'inverse. C'est vraiment dans un monde d'inversion, en fait.
- Speaker #0
Peut-être pour parler de choses positives aussi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Quand on s'était eu la première fois au téléphone, c'est vraiment ce qui m'a le plus marquée, c'est que tu n'arrêtais pas de me dire que tu connaissais très bien ton corps et que c'était peut-être ça aussi la clé pour essayer d'aller mieux.
- Speaker #1
C'est ça, c'est-à-dire que quand on vit ce qu'on vit, ça a un impact sur notre corps. On ne sait pas pourquoi, on est constamment malade, on a des gros problèmes physiques, mais des fois, on ne sait pas d'où ça vient. Et en fait, c'est cette réflexion. Donc en 2012, c'est par ma marraine qui est hypnothérapeute. qui m'a beaucoup aidée dans cette recherche en fait tout simplement et à chercher à comprendre le pourquoi du comment, à faire du tri dans tout ce bazar, pourquoi il y avait une répercussion sur le corps. Donc j'ai commencé comme ça et comme je disais, c'est que du fait peut-être de mon handicap de ma naissance, j'ai côtoyé les hôpitaux jeunes en fait, que j'avais besoin de kiné, etc. J'ai toujours eu ce truc de comprendre et de mettre ce lien entre ce qui nous arrivait et le corps. Et que toute la période entre ce que j'ai vécu quand j'ai commencé à faire un travail sur moi, je me suis aperçue qu'en fait, on ne connaissait pas assez notre corps. Les gens ne le connaissaient pas assez. Quand je me suis souvenu du deuxième viol, tout de suite, je ne sais pas pourquoi, je me suis assise au bord de mon lit et en faisant le geste comme si on m'étranglait, en me disant, mais est-ce que après un étranglement, est-ce que des années après, tout ce que j'ai vécu... où on n'arrivait pas à diagnostiquer réellement, alors de l'endométriose, papillomavirus, blocage de dos, blocage au niveau des jambes, un tas de trucs, mais sans qu'il y ait quelque chose, un diagnostic concret en fait. Et j'étais limite hypochondriaque, alors que je ne suis pas du tout comme ça, c'est-à-dire vraiment ce bascule de qu'est-ce qui s'est passé entre le avant et l'après sur le physique. Puisque j'étais sur scène, je faisais plein de choses, j'avais des entorses, des mal de dos, mais ce n'était pas à ce point-là. Je me dis que ce n'est pas juste le fait d'une grossesse et de mon handicap de base qui fait que j'en suis arrivée là. Et c'est toute cette réflexion avec tous les mécanismes, c'est-à-dire du corps quand on fait de l'acupuncture, qu'on fait de la kiné, et puis le fait du chant aussi, c'est bête, mais quand on fait du chant, on a un ressenti du corps aussi. Parce qu'on a besoin de notre corps pour chanter et de ressentir les sensations. Et du coup, petit à petit, je suis venue à ça et c'est comme ça que j'ai arrivé petit à petit à pallier sur les douleurs et me permettent de ne pas être... bloqué chez moi en étant avec des grosses céphalées pendant 48 ans, plaisé que j'en étais à en vomir, avec des douleurs de dos comme si j'avais un limbargon ou quelque chose qui était cassé et en fait c'était du stress qui était lié à tout ça. Et petit à petit, à force de faire de l'hypnose, de la méditation, à comprendre comment je fonctionnais de plus en plus, ça a permis de reprendre une vie. Voilà, de ne pas être bloqué constamment toutes les deux semaines. pendant 5 jours, 10 jours. Après, c'est aléatoire. On dit que quand on est maman, on peut s'oublier des montagnes. Mais quand on vit ce genre de choses aussi. C'est-à-dire que notre corps, il a une capacité infinie.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai, on a tendance à l'oublier.
- Speaker #1
Alors, à l'oublier ou à ne pas avoir cette connaissance aussi. On en sait très peu au final. Comme je dis, je compare toujours avec un ordinateur, c'est-à-dire la mémoire d'un ordinateur et notre mémoire. La maman d'un ordinateur, quand il commence à être un petit peu saturé, qu'est-ce qu'il fait ? Il ralentit. Nous, c'est pareil. Mais nous, on peut se poser la question de dire, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui fait que là, il y a un trop-plein ? Qu'est-ce qui fait qu'il y a telle répercussion ? Et on essaye d'associer ce qui nous arrive avec notre corps par rapport à ce qu'on vit.
- Speaker #0
Et tu m'avais aussi beaucoup parlé de respiration.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, la base de tout, c'est une bonne respiration. C'est-à-dire que quand on est stressé, les gens ont tendance... à se bloquer, c'est-à-dire à resserrer tout, c'est-à-dire à se bloquer au niveau du bas du ventre ou avoir une respiration qui manque. Donc ça, c'est une des choses qui fait qu'on peut rester dans un espèce de stress ou dans les douleurs. Et une bonne respiration permet d'évacuer. Parce que quand on fait du sport, on dit « non mais inspirer, souffler, ne contracter pas, etc. » Pareil, quand on fait de la méditation, on dit toujours de bien souffler, de bien inspirer. Parce que ça permet de véhiculer et de détendre. au niveau de l'esprit, au niveau des muscles, au niveau de notre corps. Et de prendre connaissance de nos sensations.
- Speaker #0
C'est super intéressant. Et c'est vrai qu'en tout cas, en ce qui me concerne de façon très personnelle, je sais que j'ai une respiration très courte en fait. Je sais que je respire très très mal.
- Speaker #1
En fait, c'est ce qu'on appelle effectivement la respiration courte. C'est-à-dire qu'en fait, on remonte au lieu de... Quand on souffle, on devrait pouvoir sentir vers le ventre, vers le pupille, comme une assise, vers le bas. Alors que... La plupart du temps, en fait, on respire vers le haut, c'est-à-dire qu'on le bloque vers le plexus solaire.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Voilà, pour essayer d'imager. Je parle beaucoup avec des images, comme ça les gens peuvent s'identifier. D'où le fait d'avoir fait du chant, parce que le chant, c'est ça, c'est la base. Et en fait, j'ai remarqué que ça soit le sport, la méditation, n'importe quoi en fait. La base, c'est ça, cette respiration. Et qui permet de ne pas être dans la contraction, d'être moins tendu. Pareil pour les massages, très bête. Les gens, quand on commence à les masquer, qu'est-ce qu'ils ont tendance à faire dès que ça leur fait mal ? À se crisper, donc à tout bloquer. Alors qu'il faut souffler. Quand on a un mal, qu'il y a une tension, même si ça fait mal, c'est vraiment de souffler. Moi, c'est ce que je dis aux gens quand je les masque. J'essaie de leur faire prendre conscience où sont leurs points de contraction. Et après, je leur pose de comment ils respirent, etc. C'est automatique, mais ça, ça prend aussi.
- Speaker #0
Finalement, même si c'est la base de respirer, la base de la vie, mais c'est vrai que c'est pas forcément inné.
- Speaker #1
Quand on est petit, mais on le perd en grandissant en fait, et c'est vrai, c'est que ça demande un effort, même moi encore aujourd'hui, je suis obligée de me forcer, je me force à me dire non, attends, là stop, hop, voilà, comme quand on apprend une chanson, je sais pas, mais il faut juste attendre que ça devienne quelque chose de naturel.
- Speaker #0
Alors la dernière fois, tu m'avais aussi parlé des groupes sur les réseaux sociaux à travers lesquels, malgré le fait que tu sois seule face à cette situation, tu te sens quand même entourée.
- Speaker #1
C'est ça. Il y a un groupe qui a été créé qui est superbe parce qu'en fait, c'est dans le respect, dans la bienveillance et que le mot d'ordre, c'est vraiment aucun jugement et bienveillance. Et déjà, rien que ça, ça fait du bien. Ça permet, par rapport à ce qu'on peut vivre, de se dire « Ok, on n'est pas seul » . on sait qu'on peut parler même si ça va pas, on peut dire les choses, mais que derrière il va y avoir vraiment un vrai soutien et des choses dont on a besoin d'entendre en fait. Et puis tous ceux qui sont sur ce groupe, ça se fait de manière vraiment spontanée et c'est ça qui est formidable quoi. Et ça permet de faire des rencontres aussi.
- Speaker #0
Tu parles bien du groupe de Mathilde.
- Speaker #1
C'est ça. Donc elle l'a créé et pour justement, pour pas qu'on se fasse embêter par d'autres si on avait envie de... de discuter sans qu'il y ait derrière à chaque fois des choses un peu négatives ou néfastes. Au début, c'était ça, c'était de me dire, tiens, la réflexion de Mathilde, ou de toute façon, en tout cas, tous ceux qui la suivent, c'est où il y a une réflexion, où on peut parler, c'est-à-dire qui se perd un petit peu aujourd'hui. Dans la vie réelle, on est quand même très seul, c'est-à-dire qu'il n'y a plus ce contact-là, il n'y a plus cette bienveillance, il n'y a plus ce respect, mais là, dans ce groupe, il y a. Et rien que ça, déjà, ça permet de se dire, on est moins seul, et ça fait vraiment du bien. Parce que du coup, on parle de tout, de rien. On propose des choses plutôt sympas sur ce groupe. Et puis, il y en a où, par rapport à nos histoires, oui, ça peut nous raviver les nôtres et tout. Mais c'est qu'il n'y a pas, on ne va pas nous connaître parce qu'à un moment donné, parce qu'on ne participe pas aux conversations. Non, moi, là, depuis quelques temps, depuis un mois, c'est vrai que j'ai beaucoup de mal à y aller et puis à faire des likes parce que je suis trop prise là pour l'instant. Mais voilà, le fait de se dire... qu'il existe. Et puis de temps en temps, on peut lire l'histoire et se dire aussi si on peut être là pour telle personne aussi. Quand je suis allée, par exemple, au commissariat, j'ai annoncé que j'y allais et juste de dire, bon courage, tiens-nous au courant, ça fait du bien. On se sent soutenu, en fait. C'est-à-dire qu'il y a un vrai soutien. C'est comme on disait, on essaye de nous diviser, sauf que là, justement, par des groupes comme ça, on se rend compte qu'en fait, ils ne nous divisent pas, bien au contraire.
- Speaker #0
Et puis en plus, nous, ça nous a permis de nous rencontrer finalement.
- Speaker #1
C'est ça. Et voilà, d'avoir ce point en commun, de la résilience, comment se reconstruire, de parler du corps, parce que c'est des choses dont on parle très peu. Même si on le vit encore qu'il y a des choses, parce qu'on n'a pas le choix, mais ça fait du bien, je pense, de pouvoir parler de ça aussi, parce qu'on n'en parle pas. Pourquoi ? Je ne sais pas.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aurais envie de rajouter ?
- Speaker #1
Juste de dire, malgré les épreuves, qu'on traverse, et surtout aujourd'hui, l'important, c'est nous, c'est soi. C'est de penser à soi. Alors au début, je ne comprenais pas ce que ça voulait dire, mais aujourd'hui, oui. C'est-à-dire que, de toute façon, on ne peut pas aller au-delà de certaines choses, pour l'instant. Il y a toujours une pente de sortie. C'est-à-dire que le plus important, c'est vraiment soi, c'est la santé. Et on peut y arriver. Même si on se dit, « Non, mais là, j'ai vécu ça, puis il y a ça. » Mais quand j'ai l'impression que ça n'en finit pas. alors Oui, mais on peut le traverser en prenant soin de soi par notre corps, avec plein de méthodes, et on y arrivera. Il y aura un changement. Je pars toujours sur le positif. Il y a toujours un changement positif, radical. Autant commencer dès qu'on peut. C'est ça que je voudrais retransmettre aux gens aujourd'hui. C'est-à-dire, moi je ne veux pas que les gens... au niveau physique, tombent comme je suis tombée. Donc si je peux leur permettre et leur apprendre comment pallier à tout ça, toutes ces techniques, l'apprentissage du corps, la respiration, tout ce qui pourra vraiment les faire avancer, ça sera avec un grand plaisir.
- Speaker #0
Merci à Mélène pour son témoignage qui dénonce les difficultés rencontrées lorsqu'on est une mère isolée, en situation de handicap, et que l'on souhaite dénoncer des violences intrafamiliales.
- Speaker #1
Elle nous rappelle avec beaucoup de conviction qu'il est possible de s'en sortir et que nous ne sommes pas seuls.
- Speaker #0
Vous trouverez dans la description un lien YouTube pour voir et écouter son témoignage sur la chaîne Morpheus Etica. Elle y dénonce les dysfonctionnements des différentes parties prenantes du système censées encadrer la protection de l'enfance. Vous venez d'écouter le sixième épisode du podcast. Au bénéfice du doute, si vous pensez qu'il peut être utile à d'autres personnes, n'hésitez pas à le partager. Ce podcast est entièrement autoproduit par Julie Dussert, la musique originale a été composée par Sandra Fabry, et l'image a été dessinée par Camélia Blando. Au bénéfice du doute, le podcast où les personnes victimes de violences sexuelles prennent la parole.