- Speaker #0
Ce que j'ai aimé dans l'échange qu'on a eu ensemble, c'est que tu as les premières séances, je crois que c'est les trois ou les six premières, c'est vraiment qui suis-je ? Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Et c'est vraiment définir son identité. Et là, on est hors contexte GR, c'est-à-dire qu'on parle de comprendre la personne, l'humain, avant les performances. Et pour moi, c'est ce qui a fait la différence. Et c'est ce qu'il n'y a plus aussi à Naila et je le vois aujourd'hui.
- Speaker #1
Bienvenue dans Au bord des praticables. Le podcast qui donne la parole à celles et ceux qu'on n'entend pas toujours, mais qui vivent tout en silence ou en tension autour du tapis. Chaque mois, je te propose deux épisodes en solo ou en compagnie, avec des histoires inspirantes, des témoignages touchants et des clés puissantes pour mieux traverser les émotions dans ton sport. Que tu sois parent, coach ou athlète, tu es au bon endroit. Bonne écoute ! Bonjour à tout le monde ! Aujourd'hui, nous sommes en pleine interview et ce qui est fort avec cette maman qui s'appelle Khadija, c'est qu'elle n'est pas arrivée en me faisant confiance les yeux fermés, enfin presque, elle vous racontera, mais elle avait déjà un rapport au développement personnel et à la préparation mentale. Elle savait que le travail sur soi demande énormément. Et c'est précisément pour ça que son regard sur l'évolution de sa fille est ultra précis. Elle voit des choses que d'autres mamans ne voient pas encore. Bonjour Khadija !
- Speaker #0
Bonjour Leïla, merci de me recevoir.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Je suis ravie de partager ce moment avec toi.
- Speaker #1
Ouais, enfin on a réussi à se caler un rendez-vous depuis des mois.
- Speaker #0
Complètement, complètement.
- Speaker #1
Alors Khadija, première question avant qu'on commence. Quand toi je te parle de préparation, quel est le mot qui te vient, le mot ou les mots comme tu veux, qu'est-ce qui te vient en premier ?
- Speaker #0
Pour moi la préparation mentale, c'est une nécessité. Pour moi c'est très important. je ne comprends pas qu'on... On n'en parle pas davantage et que certains parents voient ça un peu de très très loin, alors que j'ai envie de dire la prépa mentale devrait faire partie du quotidien, autant dans le monde sportif, mais aussi dans le domaine personnel. Moi, par exemple, la prépa mentale, je l'ai fait moi à titre personnel pour moi et aussi pour me donner les clés de réussite, autant personnelles que professionnelles. Et souvent... on a notre sac à dos bien chargé de notre parcours personnel. Et puis, il s'alourdit. Et on ne sait pas trop des fois comment s'en défaire de certains syndromes. Je vais parler du syndrome de l'imposteur parce que ça a été un de mes syndromes les plus importants. Et bien d'autres. Et on cumule tout ça. Et la prépa mentale, pour moi, a été vraiment la libération. C'est pour ça que je suis une fervente... ou al-dik, j'ai envie de dire, de la prépa mentale.
- Speaker #1
Et du coup, toi, tu avais fait vraiment de la préparation mentale ou du coaching, c'est à peu près la même chose.
- Speaker #0
Exactement, coaching prépa mentale avec aussi une certaine forme d'hypnose. Donc la helmanienne qui est plutôt faite au niveau des États-Unis, très peu en France. Donc tout ça cumulé, c'était très, très complet. Je remercie mon coach qui n'est pas du tout dans le domaine de la GR, le domaine du free fight, dont la MMA. Il a été quatre fois champion du monde de MMA. Foued Esbiri, que je remercie au passage et qui, je pense, écoutera ce podcast. Tu lui reverras. Complètement. Et ce que j'ai compris, parce que lui, il est vraiment dans un domaine de sport de combat. La prépa mentale. Il coache aussi des dirigeants, il est coach en entreprise, etc. Et finalement, ça s'adapte à tout le monde. Parce qu'au début, j'étais un peu inquiète. Je me disais, est-ce qu'on va arriver à se comprendre ? Est-ce qu'il va arriver à comprendre ce que je souhaite ? Est-ce que je vais arriver à m'exprimer aussi ? Est-ce que je ne vais pas être intimidée ? Et puis, des fois, on a un peu cette appréhension. On va parler de soi, de son intimité émotionnelle, si je peux dire. Et ce n'est pas évident au premier abord. Et quand vous arrivez à avoir un coach qui vous met en confiance, et qui vous explique aussi tout le protocole, le processus, le déroulement, etc. Bon, après, ça roule là, ça roule et je ne regrette pas du tout. Et je me rappelle qu'une des toutes premières choses qu'il m'a dit, il m'a dit, Khadija, on va te déprogrammer pour te reprogrammer. Exactement. Tu me parles et j'ai eu un peu peur à ce moment-là. Et là, je suis ravie, Et honnêtement, je pense que... chacun dans le parcours de vie, à un moment donné, si on en ressent le besoin, encore une fois, tout le monde n'est pas concerné, je ne dis pas que tout le monde fasse de la prépa mentale, mais si on en ressent le besoin, je pense qu'il faut pousser les portes, écouter des podcasts et puis toquer à la porte des coachs.
- Speaker #1
Est-ce que toi, quand tu as pris ton coach, Est-ce que tu étais dans un moment un peu down ? Est-ce que tu sentais que tu disais, bon là, si je continue à avancer toute seule, je ne vais pas y arriver ? Ou justement, tu étais dans une pente où ça allait et que tu commençais à aller bien ? À quel moment tu t'es dit, là, il faut que je prenne quelqu'un pour moi ?
- Speaker #0
Alors, j'étais entre les deux. J'étais à une période de ma vie où il y a eu beaucoup de changements, beaucoup de chamboulements. Et j'avais des moments down. Et donc, dès que je remontais la pente, tout de suite,
- Speaker #1
je me disais, ok.
- Speaker #0
Ça a dégringolé. Je me suis dit, non, il faut vraiment que je mette en place quelque chose. Qu'est-ce que je fais pour moi, pour me sécuriser émotionnellement parlant, pour aussi grandir professionnellement parlant ? Pour moi, tout est lié. Et donc, je n'ai pas hésité. J'ai eu un moment de doute. J'ai cherché le bon coach. Et vraiment, c'est une vidéo de fouette que j'avais vue. Et là, c'est lui dont j'ai besoin. Et je suis très contente parce que ça a matché. Et je les recommande à plusieurs amis par la suite. Il y a des personnes pour qui ça n'a pas matché. Il faut le dire aussi, parce que c'est aussi un feeling, etc. Et pour d'autres, ça a très bien fonctionné. Ils sont très contents aujourd'hui. Et moi, je suis, je crois, la plus heureuse du monde. Et justement, de force de cette expérience, ma fille très jeune, j'ai essayé justement de lui partager, comment dirais-je, les bienfaits de la prépa mentale. Mais elle était peut-être trop jeune à ce moment-là. Elle avait 10-11 ans. Elle était, je pense, pas prête à ce que j'étais en train de lui parler.
- Speaker #1
Est-ce que ta fille, à ce moment-là, quand elle avait 10-11 ans, est-ce qu'elle était bien ou pas bien ?
- Speaker #0
Elle avait beaucoup de doutes. Beaucoup de doutes, comme toutes les jeunes de leur âge. Est-ce que je fais bien ? Je ne fais pas bien ? C'est l'âge aussi où tout change.
- Speaker #1
Tout change,
- Speaker #0
le corps, la mentalité. enfin voilà toute toute On passe du primaire au collège, et le monde de la GR est un monde extrêmement exigeant. Et des fois, on y arrive, et des fois, on n'y arrive pas. Moi, je dis toujours, ne soyez pas déçus, les coachs, etc. Mais je dis toujours que c'est un sport ingrat, parce qu'on peut être prêt physiquement, techniquement, et il suffit d'un petit grain de sable, un détail. On n'a pas passé un bon moment, on s'est fait gronder. À l'école, ça n'a pas été, etc. Et qu'il y ait une compétition le lendemain ou sur le lendemain, le mental ne suit pas. En fait, c'est un ensemble. Et donc, essayer qu'elle accepte. Mais comme je disais, elle était trop jeune. J'ai quand même essayé. Et du coup,
- Speaker #1
elle a fait avec lui ?
- Speaker #0
Elle a fait avec mon coach. Ce n'est pas passé du tout. Alors déjà, pour elle, elle n'était pas dans le monde de la GR, donc elle ne comprenait pas ce qu'elle vivait.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Mais c'était très... Et lui n'avait jamais réellement coaché de ce stage-là. C'était à partir de 15 ans, vraiment des ados. Donc, c'était une première pour lui. Donc, il n'a pas su trouver à ce moment-là les mots. Et ma fille n'a pas su. Pour elle, c'était complètement farfelu.
- Speaker #1
Oui, et puis je pense qu'en plus pour ta fille, comme il ne vient pas de ce monde-là, déjà pour elle, il n'était pas très légitime, j'imagine.
- Speaker #0
Exactement. Par la suite, j'avais une sophrologue. qui avait déjà travaillé avec moi sur un protocole de sophrologie. D'ailleurs, je la remercie parce que maintenant, j'arrive à dormir. Et donc, elle était aussi, elle, dans la compétition quand elle était jeune, dans la gym. Et donc, elle voulait aussi créer et tester un protocole, justement, de prépa mental sur les jeunes. Et donc, ça s'est très bien passé. Par contre, là où j'ai eu un… Moi, j'étais déçue, honnêtement. C'est le manque d'échange. C'est-à-dire que tout… toute la période du protocole, c'était moi et ta fille et je te ferai un feedback en fin de protocole. Sachant qu'il y avait quand même 10 séances, c'était sur à peu près 3 mois. Plusieurs mois. Et puis, je ne pouvais pas être dans la même salle, etc. Il fallait que je quitte la maison et compagnie. Je ne savais pas ce qui se passait. Ma fille me disait, ah non maman, c'est entre moi et l'usine. Donc, ça ne te regarde pas. Ok. Je suis restée quand même un peu sur ma faim. J'ai eu le feedback sur la faim. Mais pareil, Leïla, le fait que ce ne soit pas quelqu'un qui soit dans le monde de la GR à 100%, qui a encore un peu les mains dans le cambouis, un peu comme toi, tu vois. Et du coup, c'était bien, mais ce n'était pas assez. Le déclic, vraiment, elle l'a eu là récemment. Et donc, on aura l'occasion de... Oui. d'en parler là-dedans. Bon, donc du coup,
- Speaker #1
tu l'as quand même toujours un petit peu initiée à ce développement de soi et d'avoir des outils finalement.
- Speaker #0
Complètement, parce que quand votre enfant, vous voyez qu'il manque de confiance, quand votre enfant, par exemple, il fait une séance de GR et que ça se passe mal et qu'il n'arrive pas à gérer ses émotions, vous récupérez votre enfant en pleurs, mais vous avez le cœur en mille morceaux. Et puis, vous dites, comme tout parent, mais tu sais, c'est un loisir. J'ai un enfant qui me dit « Ah, mais c'est de la compétition, etc. » Oui, mais c'est une activité extrascolaire. Donc, si c'est pour que tu sois dans cet état-là, honnêtement, je suis très honnête avec toi, Leïla. Je dis plusieurs fois, si tu veux arrêter, tu arrêtes. Une fois qu'elle a séché ses larmes, c'est non, j'y retourne. OK, parfait. Mais c'était juste aussi histoire de tester un petit peu. Et c'est ça, en fait. Et puis, elles veulent toujours, elles veulent toutes être sur le podium. Malheureusement, tout le monde n'a pas cette chance. Et il y a la partie aussi, c'est ça qui est beau, en fait, dans le monde de la gère, c'est que vous avez la moitié de l'année qui est sur la partie individuelle. où là c'est vraiment ces performances à soi, personnelles et vous avez après la partie équipe et là on crée de la cohésion d'équipe et c'est là où c'est extrêmement beau parce que même s'il y a des déceptions à un moment donné, on n'est pas sur le podium elles ont cette capacité moi personnellement elle m'impressionne, les parents on en parle aussi cette capacité à essuyer tout de suite leurs larmes et dire bon maintenant on soutient le club les copines, quand c'est pas les jours où elles sont en compétition, elles vont aller soutenir les autres copines C'est tout. Et je me dis, et puis passer devant une vingtaine de jurés. Mais moi, dans ma vie, quand je passais mes épreuves de bac ou autre, j'étais pétrifiée. Et je me dis, mais tout ça, et je le dis toujours, et ça, je le dis plusieurs fois à la présidente du club, que je salue au passage, je lui dis, vous savez, vous me rendez un énorme service. Parce que le club, en fait, quelque part, tout ce travail de préparation, de compétition, etc., ça les aide pour plus tard. Elles vont passer leur... leurs épreuves, etc., les oraux et compagnie.
- Speaker #1
Elles ont l'habitude.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Elles ont l'habitude de passer devant un jury, de montrer ce qu'elles savent faire, de montrer ce qu'elles ont vu,
- Speaker #0
qu'elles ne connaissent pas, etc. Donc, tout ça, pour moi, et je l'ai toujours dit, je le redis encore, je ne remercierai jamais assez l'AGR et le club, le bureau, les parents, les mamans, parce qu'il y a des mamans qui sont... Alors, elles connaissent... tout de la GR. J'y connaissais strictement rien. Encore aujourd'hui, tous les protocoles, etc. Parce que je n'ai pas envie, justement, je me dis, c'est l'activité de ma fille. Moi, je dois la soutenir. Donc, il faut que j'arrive à rester en retrait.
- Speaker #1
À ta place.
- Speaker #0
À ma place, c'est compliqué. Mais on a eu... J'ai assisté à une de tes masterclass, pardon. Et ça a été, pour moi, quelque part, la libération. Parce qu'on veut toujours bien faire.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je veux dire qu'éveil de con. on veut que son enfant soit bien, on essaie de lui parler, de lui dire des mots, même le groupe quand c'est en équipe, etc. Et souvent, vouloir bien faire, finalement, on a l'effet inverse.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Et ça, je l'ai appris au travers d'une de tes masterclass que tu faisais justement pour les mamans.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
trop bien. Et pour moi, ça a été libérateur aussi, c'est laisser votre enfant venir à vous. La veille de compète, les jours avant la compète, le jour même. Si votre enfant ne veut pas parler, il ne parle pas, laissez-le venir à vous. Si l'enfant veut écouter de la musique, etc., laissez votre enfant venir à vous et s'exprimer. Et respectez son silence. De toute la masterclass, c'était le point.
- Speaker #1
Cette phrase que tu as retenue.
- Speaker #0
Mais oui, parce que du coup, je me suis dit, mais elle est là la clé. Parce que souvent, on veut dire, mais tu fais ci, tu fais ça, machin. Et en fait, inconsciemment, on rajoute du stress à nos enfants. et on le... Et on ne le sait pas du tout. Et maintenant, je laisse. Des fois, on me dit, maman, on met la musique dans la voiture. Et ça,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
On emmène les copines. Elles viennent se préparer entre copines.
- Speaker #1
Oui, en plus, tu la laisses vivre son moment, comme elle en vit. Et puis, un enfant qui ne parle pas, ce n'est pas forcément un enfant qui ne va pas bien.
- Speaker #0
Non, non, ça, je l'ai compris. Parce que moi, c'était toujours un silence. Oh là là, warrior, danger. Pas du tout, pas du tout. Et donc, ça a été, j'ai envie de dire, la première... rencontre avec toi.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
La toute première, mais il y en a eu une avant, mais c'était avec ma fille, pas avec moi.
- Speaker #1
OK. Et justement, la première fois que tu as entendu parler de moi, c'était comment ? C'était déjà un masterclass ou c'était avant ?
- Speaker #0
Pas du tout. Ma fille, il y a deux ans, était sélectionnée pour la Coupe des clubs. Donc, c'est un peu une sorte de rattrapage. Donc, elle a pu participer au championnat de France. Et à ce moment-là, la coach avait décidé de faire une séance avec les grandes, etc., y compris ma fille, avec toi, pour préparer les championnats de France qui étaient à Reims à ce moment-là.
- Speaker #1
Tu n'avais fait qu'une séance, non ?
- Speaker #0
Oui, qu'une séance, sachant que l'année précédente, en groupe, elles avaient aussi eu des séances de prépa mentale avec une coach de renom aussi sur l'île de France, que j'apprécie beaucoup aussi. Et ma fille, quand elle a eu la séance avec toi, je lui dis « Alors, Leïla ? » Je dis « Entre Leïla et un tel ? » Et elle m'a dit « Maman, au... Laila, c'était top. Alors peut-être parce que c'était en individuel, certainement, parce que les séances qu'elle a eues, c'était en groupe. Et c'était la première fois, d'ailleurs, en équipe. Et là, elle me dit, ah oui, et j'avais assisté à la masterclass et on s'est rencontrés à Reims, je me rappelle, à la buvette, je crois. Et là, je dis, ah Laila, vous allez bien. Donc à l'époque, je te tutoyais encore. Je te vous voyais, pardon. Vous allez bien, etc. Là, ma fille est super contente, etc. et je t'avais parlé aussi de choses très personnelles pour moi, de par mon expérience. Et je me dis, la prépa mentale, ce n'est pas que pour l'AGR, que pour les compétitions. Et on a vu cet échange qui m'avait vraiment rassurée. Et tu m'avais dit, écoute, après les France, on se fait un call et je te parle, moi, de comment je vois les choses, comment je travaille, etc. Et comment j'inclus les parents. Et là, je dis, ah, OK, d'accord. Et on s'est fait justement ce fameux call. Et ce que j'ai vraiment, vraiment, vraiment apprécié, donc là, du coup, on était vraiment sur ma fille, son travail. Et c'était vraiment le déroulement des séances. Et là, ce qui m'a vraiment, moi, qui a fait vraiment basculer les choses, tu m'as dit les six premières séances, je travaillais sur l'identité.
- Speaker #1
Oui, exact.
- Speaker #0
Qui suis-je ? Et je me dis à cet âge-là, entre 13 et 14 ans, Il y a plein de changements, bouleversement hormonal, etc. La quatrième, c'est très compliqué. Tout le monde le sait. Tout le monde me le dit aussi. Et de me dire, mais de travailler sur qui suis-je, mon identité, mais c'est les clés pour que mon enfant, ma fille, puisse aussi grandir sereinement, etc. Et là, je me suis dit, j'y vais. J'ai même pas... Et ma fille était déjà convaincue.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et après, donc, malgré que moi, j'étais enthousiaste, etc., tu as quand même refait une session avec... avec ma fille pour lui parler justement de l'accompagnement, etc. Et puis, on était toutes d'accord. Et une chose aussi qui est très importante quand on fait de la prépa mentale et de l'accompagnement, et surtout avec des jeunes gymnastes, c'est d'inclure les parents. C'est là où je dis, c'est un travail d'équipe. Et ça, tu l'as très bien fait. Et tu l'expliques aussi aux enfants en disant, c'est, on travaille ensemble. C'est avec vos parents, donc je ferai des feedbacks à vos parents. Et du coup, ça démystifie un peu aussi la... peur, la crainte que peuvent avoir certains parents de ce qui se passe dans ces séances, etc. T'hésites pas quand il faut créer un groupe WhatsApp avec les parents, donner les feedbacks juste après la call. Et on a le son de cloche aussi des enfants, de nous partager aussi le plan d'action. Oui,
- Speaker #1
et puis au moins ça vous donne matière à discuter entre le parent et l'enfant.
- Speaker #0
Oui, et entre parents aussi. Des parents qui n'étaient pas pers... Enfin, pas... convaincu aussi par la prépa mentale. Et de se dire, finalement, c'est un plus. Et quand on le fait, par exemple, en groupe, il faut le dire aussi, finalement, le rapport qualité-prix, il est parfait. C'est quelque chose qui est tout à fait abordable.
- Speaker #1
Du coup, pour restituer, j'ai suivi Naila une saison entière. Juste avant, j'avais fait des petites interventions, qu'une fois, finalement. Et puis là, je suis revenue... Encore quelques petites fois, une petite session ponctuelle sur son équipe. C'est vrai qu'il y avait des parents qui étaient pour, d'autres qui étaient contre. Enfin, pas contre-contre, mais qui ne savaient pas trop. Et puis finalement, je n'imagine que les parents étaient ravis parce que j'ai eu une vidéo.
- Speaker #0
Les parents étaient ravis et tout le travail qu'ils ont fait, le travail avec leur coach, que je salue au passage, qui est une coach formidable,
- Speaker #1
on peut le dire.
- Speaker #0
Vraiment. De par son jeune âge aussi. Vraiment. d'embarquer ces jeunes gymnastes, etc. Donc oui, on a refait des séances et le résultat est là. Elles sont arrivées quatrièmes et elles sont sélectionnées pour les championnats de France. Alors que trois semaines avant, ce n'était pas ça du tout. Elles étaient pleines de doutes, manque de cohésion d'équipe, flagrant, des personnes qui étaient en souffrance aussi parce qu'elles voulaient aller en France. ils voulaient embarquer toute l'équipe, donc ils se sont retrouvés avec cette pression sur les égales, en disant, mais il faut qu'on arrive à embarquer les autres copines du groupe, de ne pas avoir non plus le coach tout le temps derrière nous. C'était vraiment à la limite explosif, parce qu'il y a une des gymnastes, que je ne citerai pas, qui a fini par craquer. Et c'est là où, finalement, c'est bien, parce qu'il y avait encore quelques séances qui n'étaient pas terminées. Elle a pu s'exprimer et partager un peu toutes ses émotions. C'est ça aussi, mais juste super quand vous avez un gymnaste ou un enfant. On va parler d'enfant plus que de gymnaste. Kary va exprimer ses émotions. Kary va pleurer aussi. Mais Kary va dire pourquoi il est content, pourquoi il n'est pas content. et de virer ses émotions. Mais là, on a tout gagné pour plus tard, en fait. C'est vraiment un âge critique. Donc, de virer ses émotions et de les exprimer, passer à un adulte, je leur dis bravo et chapeau à toutes ces jeunes demoiselles parce que, je vous le dis, nos parents, on est incapables de faire ce qu'elles font aujourd'hui. Et vraiment, chapeau à elles.
- Speaker #1
D'ailleurs, je rebondis sur ce que tu dis parce que moi, je reçois beaucoup de parents qui me disent Ma fille pleure à l'entraînement, ma fille n'est pas assez forte, les entraîneurs disent que ma fille n'est pas assez forte, pas assez combattante, elle pleure beaucoup, etc. Mais pleurer, c'est libérer son émotion, c'est parler de son émotion. Donc, s'il vous plaît, parents, arrêtez de voir que le fait de pleurer, c'est un problème. Non, le fait de pleurer, c'est juste que quelque chose ne va pas, et je l'exprime à ma façon, et tous les enfants ne sont pas pareils. Il y en a qui vont... casser des raquettes de tennis, d'autres qui vont partir dans le vestiaire, d'autres qui vont pleurer, d'autres qui vont rien dire. Mais en tout cas, le pleur, c'est juste j'exprime un mal-être. Peut-être que je n'arrive pas à mettre de mots dessus encore, mais laissez-les s'exprimer. Sinon, vous les bridez. Il ne faudra pas s'étonner non plus que même lorsqu'elles sont joyeuses, elles ne sauront pas l'exprimer pleinement. Et ça fait des enfants un peu fades. Lys, fade, qui rentrent dans un moule parce qu'on leur a interdit de... De pleurer, c'est normal.
- Speaker #0
De se calmer leurs émotions. Et oui, on ne peut pas rentrer dans une case, dans un moule. On est tous différents et c'est ce qui fait notre richesse et cette belle diversité, j'ai envie de dire. Et c'est une des premières choses que j'ai apprises justement en prépa mentale avec mon coach, avec Foued, qui me disait qu'il faut que tu arrives à... Parce que j'étais dans l'hyper contrôle. Et il me disait, non, il faut que tu arrives à libérer tes émotions, à t'exprimer. Et il me dit, laisse-les venir, la tristesse, etc. Tout ce qui est négatif, tes émotions, laisse-les, tu les vis, et puis tu t'en débarrasses. Et pour laisser place, justement, aux émotions, aux positifs. Et c'est... Au début, je me disais, mais qu'est-ce qui me râle ? Finalement, je me suis dit, mais il a complètement raison. Donc aujourd'hui, s'il faut pleurer, être triste, machin, et quand ma fille... Je l'ai récupéré plusieurs fois aussi, en pleurs. Après les entraînements, première chose, écoute, j'entends, je t'écoute. intérieurement je suis brisée et je suis en colère aussi il ressaisit toi t'as envie d'arrêter ma fille tu fais un autre sport il n'y a pas de problème elle sèche ses larmes et le lendemain elle repart avec le sourire même ne serait-ce que 10 minutes après elle a le sourire les enfants ils arrivent ils switchent plus vite que nous honnêtement je ne devrais pas le dire parce que ma fille va certainement l'écouter mais je suis en admiration c'est tous ces jeunes qui font Voilà. des activités extrascolaires, aujourd'hui, c'est une chance parce que c'est un équilibre aussi pour justement leur mental. Il y a l'école, mais pour justement performer à l'école, en ayant une activité extrascolaire, faire du sport, ça aide justement à décupler cette performance. Et ça leur donne un équilibre. Et aujourd'hui, on le voit avec tous les réseaux sociaux, etc. Moi, je suis très contente quand elle passe son week-end. dans un gymnase et qu'elles sont entre copines, qu'elles vont soutenir les copines. Et ça crée quelque part un groupe d'amis parce qu'elles se voient aussi à l'extérieur, etc.
- Speaker #1
Ça me fait penser à hier, comme c'était la fête des mères, j'avais ma maman à la maison. Et puis, je ne sais pas, si on parle du prochain collège de ma fille, qui, le collège de secteur, n'est pas le collège que je souhaitais, mais ça, je vais voir. Et puis, en fait, on parlait de nous, de mes frères et moi qui avions vraiment grandi dans un secteur pas terrible pour notre génération. Et mine de rien, on parlait justement des bêtises et que mes frères et moi, on n'a pas fait de bêtises ou très peu parce qu'en fait, on était tous dans le sport. Moi, je passais ma vie dans un gymnase, mes frères sur un terrain de foot, de basket. en fait malgré l'environnement dans lequel on vivait on n'a pas on n'a pas été on n'a pas fait de grosses bêtises ou de de Oui, on a testé en tant que cadeau. Mais grâce au sport, on avait justement cet équilibre où tu es à l'école, tu sors, tu t'organises, tu fais vite tes devoirs parce que tu n'as pas envie d'aller en retard à l'entraînement et que le week-end, tu es en compète ou en match de foot, etc. Et que ça nous a permis, nous, d'avoir un superbe équilibre malgré tout. C'est un cadre. Oui, exactement.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, ce cadre, moi, honnêtement, je le dis, je ne remercierai jamais assez le club. Ma fille, elle fait de la gym depuis qu'elle a... trois ans. Non, elle a commencé bébé gym, elle avait deux ans. Et donc, la GR, elle est tombée dedans. Elle a fait un peu de danse classique, etc. Et c'est elle qui a commencé. Elle avait 4 ans et demi, je crois, à la suite d'une coupe loisir. Elle voulait absolument être sur le podium. Elle n'est pas arrivée sur le podium. Elle avait 4 ans. Elle est sortie de la ampleur. Elle m'a dit, maman, je veux faire de la compète.
- Speaker #1
Tu as 4 ans et demi, ma chérie.
- Speaker #0
OK. Et à l'époque, j'ai été voir les coachs, etc. J'ai dit, écoutez, elle veut faire de la compète. Donc, elle a fait les tests. Vers 5 ans, un truc comme ça. Je ne me rappelle plus trop les âges. Maintenant, ça date un petit peu. C'est elle qui a voulu faire de la compète. Et donc, je dis, je vais suivre ce que ma fille a envie. Ma fille a envie. Lui, t'es sûre. Attention, ça ne va pas être simple. Non, non, je sais ce que je veux. OK.
- Speaker #1
Et du coup, je rebondis sur comment tu gérais, toi, en tant que maman, quand ta fille a commencé les compètes, alors pas à toute petite, tu vois, mais quand ça a commencé un petit peu à être sérieux, comment tu gérais les pressions avant compète ou l'après entraînement difficile et comparativement à maintenant ?
- Speaker #0
Oh là là, j'ai peur.
- Speaker #1
Le avant après ?
- Speaker #0
Alors le avant, c'est que je crois que je m'étais autoproclamée une espèce de coach. Essayer de trouver les mots justes, etc. De l'accompagner, de l'encourager. Et au fait, non. Chacun sa place. On est parent, on n'est pas coach. Et justement maintenant, je laisse elle venir vers moi. Avant, j'étais là. J'ai pas de copine à la maison. Il faut que tu dormes à telle heure. Et puis, le chignon. Dès qu'on n'y arrivait pas, qu'elle pleurait. Donc moi, pareil, j'étais stressée. Mais il faut arrêter de pleurer, machin, c'est le chignon. Et puis des fois, j'avais des mots durs. Non, mais si c'est comme ça, on arrête. Moi, je ne vais pas la compléter. Des choses qui peuvent blesser. Jusqu'à même, des fois, on oublie l'engin à la maison. Bon, ça m'est arrivé une fois, mais ça ne s'était pas trop loin. Donc, j'ai pu le récupérer. Maintenant, si ma fille me dit, maman, les filles vont venir. Il y a deux, trois filles qui vont venir dormir à la maison. Et puis, on va se préparer et tout. Et même si elles se couchent un peu tard, c'est vrai qu'elles sont plus grandes. Et elles gèrent. Maintenant, elles sont en mesure, elles sont capables. Et je leur fais confiance. Je fais confiance à ma fille. Et du coup, le fait que l'enfant réalise qu'il y a vraiment cette confiance totale... Après, il y a quand même un cadre, on ne va pas non plus laisser tout faire, etc. Je me sens aussi libérée maintenant d'un poids. Au fait, je me suis mis une pression et je me suis rendue compte, indirectement, je rajoutais de la pression. Une fois, elle me l'a dit. Elle m'a dit, maman, je suis très stressée, tu me rajoutes avec tes mots, tes machins. Et j'ai dit, ah ouais. Mais je n'avais pas les clés. J'ai essayé et vraiment, la masterclass que tu avais faite pour les mamans, et franchement, je t'encourage à la refaire ou à repartager. Non,
- Speaker #1
je suis en train de faire mon livre, justement,
- Speaker #0
pour les parents.
- Speaker #1
Avec tout le contenu, je me dis, il faut leur faire une petite bible à côté d'une table de chevet,
- Speaker #0
tu vois. Et vraiment, ça a été pour moi libérateur. Je pèse mes mots, c'était vraiment libérateur. Je me suis libérée d'un poids que je m'étais imposée moi-même, en fait, quelque part. Et il y a aussi une chose, et ça, je vais le dire à tous les parents, aux mamans, mais aussi aux papas, parce que les papas aussi sont... très présent, il ne faut pas l'oublier, c'est que souvent, on a des personnes qui baignent dans la gère parce qu'ils ont déjà eu la première, la grande, deux, trois enfants déjà qui ont eu la gère. Ils savent tout, tout sur tout. Et on arrive, moi j'ai qu'une fille, j'arrive, j'y connais strictement rien. Le protocole, le machin, le justo, machin, et puis non, les sèflèches,
- Speaker #1
le vocabulaire,
- Speaker #0
le vocabulaire, et on n'y connaît strictement rien. Et j'ai envie de dire, dire aux parents, mais profitez de ne pas justement trop en savoir pour laisser justement, en fait, votre enfant dans son élément. On est là pour les accompagner. On n'est pas là pour tout savoir. Et à un moment donné, je ressentais même un peu de gêne parce que je me disais, oh, elles sont géniales, ces mamans, elles savent tout. Je suis un peu nulle hausse, je ne sais pas accompagner ma fille. Et puis, à un moment donné, je ne suivais pas toutes les grandes gymnastes. Tel club a fait tel machin, etc. Et à un moment donné, je me suis dit, ben non, en fait.
- Speaker #1
J'ai pas besoin.
- Speaker #0
J'ai pas besoin. C'est l'activité de ma fille. Moi, je suis là, le fait de l'emmener aux compètes, de l'écouter quand elle a envie de me parler, de me dire « Maman, tu sais, après la compète, on peut manger quelques bonbons ? » Voilà. Ou d'aller manger au resto, etc. Enfin, les choses qui leur font plaisir. Je me dis « C'est ça mon rôle, en fait. C'est comme ça que je vais l'accompagner. Et j'ai pas besoin de tout savoir, de forcément vouloir parler au coach tous les quatre matins, etc. » Et finalement, je suis dans mon rôle de maman. Et je suis très bien comme ça. Et c'est même là, par exemple, une anecdote. Pour dire à quel point j'ai vraiment été basée. Oui,
- Speaker #1
je sais lequel tu vas dire.
- Speaker #0
Je n'ai pas assisté, là, à la dernière compétition. Qualificative pour les France. Qualificative pour la région, pour des raisons X, Y, Z. Et bon, j'ai pleuré un petit peu quand même, parce que c'était émouvant, mais c'est là où je me suis dit, c'est bon, t'as vraiment pris de la distance. de maman, de parents, etc. Et je me suis dit, bon, allez.
- Speaker #1
Oui, et puis tu ne t'es pas privée de toi non plus parce que, comme tu le disais au tout début, ça reste un loisir. Elle n'est pas en train de jouer une qualif pour les Jeux Olympiques et elle ne va pas le gagner. Ou un Roland-Garros, elle ne va pas gagner un million d'euros grâce à cette qualif. On remet juste l'église au milieu du village.
- Speaker #0
Exactement. Et c'est vraiment quelque chose où elles doivent, pour moi, s'éclater. vraiment apprécier ce qu'elles font. La pression, elle est là. Parce que c'est exigeant. Elles le savent, au fait. Elles ont choisi de faire ce sport. Et tous les sports, j'ai envie de dire, ont leurs exigences, etc. Et elle-même, elle m'a dit, mais non, maman, t'inquiète pas. Je gère. Elle m'a libérée, honnêtement. Et je pense que c'est le plus beau cadeau qu'on s'est fait mutuellement, quelque part. mais ça encore une fois tout ça et ça je te remercie Leïla c'est tout cet accompagnement si j'avais pas été convaincue par la prépa mentale si j'avais pas commencé à initier aussi ce mindset auprès de ma fille parce que c'est un mindset exactement et beaucoup de personnes ont peur de faire la prépa mentale parce qu'ils ont peur d'être confrontés à eux-mêmes et moi j'ai envie de dire mais allez-y ça vous coûte rien vous allez apprendre un peu plus sur vous Oui, c'est dur de mettre ses émotions à nu. Mais quand on trouve le bon coach, la bonne personne, le bon partenaire, parce que c'est un partenariat quelque part, c'est une équipe, on se sent bien et on y va. Et moi, je suis très, très contente de l'accompagnement qui a été fait déjà sur la première saison auprès de ma fille et des quelques séances en équipe. Et on a vu la différence. C'est tout un travail d'équipe. Il y a le coach, il y a le club. Et c'est vrai, c'est de la responsabilité des parents. Ce n'est pas au club de prendre cette décision, d'imposer de la prépa mentale ou au coach, etc. C'est à nous, parents aussi, de prendre cette initiative. Et on l'a fait. Et je remercie Sabine qui m'a accompagnée justement sur la décision et la demande d'accompagner nos filles sur la partie équipe. Et c'est là. Et donc, il faut... pas se tromper aussi. Le club a son rôle, le coach a son rôle et nous, parents, on est là pour accompagner nos enfants. Quand on ne sait pas faire, il y a des professionnels qui sont là. Et moi, je suis addict de la prépa mentale, mais je suis très très contente de ce que tu as réalisé, Laila. Et ça même, on discute avec une maman qui n'a... qui voulait en faire un moment donné pour sa fille et qui était très contente du résultat et de voir sa fille épanouie. Elle ne l'avait pas fait justement. Elle voulait, mais je pense que c'était très tard dans l'année. Ça n'a pas pu se faire. Et donc, on a pu rattraper sur la saison équipe. Elle était très contente et me disait « Je suis contente de voir ma fille qui rentre avec le sourire, etc. » Et de se dire « Mais on peut… » Et ce que tu as fait qui était juste super, c'est créer ce groupe avec les parents. Et de discuter avec les parents, de leur expliquer comment ça se passe, c'est quoi la prépa mentale, de te présenter qui tu es.
- Speaker #1
Oui, et puis de leur offrir cet espace de dire, si vous avez envie de me parler, je suis là, en privé ou dans le groupe. En fait, j'ai ouvert la porte. Venez me parler si besoin.
- Speaker #0
Ça, franchement, c'était chouette. Et puis, c'est des parents, on ne se voit pas forcément tous les quatre matins, parce qu'on ne se voit que pendant les compètes. Forcément, quand on va chercher nos enfants, parce que comme on dit maintenant, elles sont grandes. elles font le chemin quasiment toutes seules des fois par moment, mais de recréer un peu ce lien entre parents et puis de se dire qu'en fait, on est en phase, on est là pour accompagner.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis, vous avez un truc en commun. Et ce que j'ai aimé, moi, dans mon rôle, c'est qu'il y avait les filles qui manquaient de cohésion à ce moment-là. En fait, tout était déjà là. Tous les ingrédients. Un superbe entraîneur, des superbes filles motivées, des parents investis, engagés, une superbe compo. Bref, tout était là, sauf qu'il manquait un peu le chef cuisinier de tout ça. Et qui a remis tout le monde à sa place, y compris les gyms, y compris l'entraîneur, y compris les parents. Et du coup, tu me dis si je me trompe, mais je pense que pour les parents, ça a senti qu'on n'a plus besoin de coacher. L'entraîneur qui s'est dit, bon c'est bon, il y a Leïla, donc tout ce qui est mental, elle va gérer. Les filles, pareil. Et du coup, moi, j'ai pu vraiment vous faire un feedback à toutes les personnes et à l'entraîneur aussi, en disant, voilà ce que j'ai travaillé aujourd'hui. À toi de jouer, tu appuies sur ça pour qu'on soit sur la même dynamique finalement.
- Speaker #0
Oui, et j'ai envie de dire, c'est vraiment un accompagnement à 360 degrés. On était tous partenaires et c'était vraiment un travail d'équipe, que je sois avec la coach, avec toi, avec les parents, avec nos filles. Et c'est ça, en fait, de se dire, et donc, elles savent très bien. que tu nous partageais tout, et donc de se dire, les parents sont au courant, il n'y a pas de choses.
- Speaker #1
Oui, oui, moi c'est important.
- Speaker #0
C'était très transparent. Et ça, moi honnêtement, c'est ce que j'ai apprécié aussi. Et c'est pour ça que j'ai... Et c'est entre autres aussi pour ça que j'ai fait appel à toi, parce que tu m'as rassurée. Donc déjà, travailler sur qui suis-je le mois d'abord, et c'est un travail d'équipe avec les parents.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as vu un changement, alors je ne sais pas si radical, ou un moment clé sur ta fille justement ? ou pas ? Ou c'était au fil du temps ? Ou est-ce que tu as vu quelque chose de réel ?
- Speaker #0
Alors, ma fille a davantage confiance en elle.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
D'assurance, ce qui n'était pas forcément le cas, surtout la confiance, etc. Parce qu'il y a toujours des doutes, etc. Et quand certains adultes en rajoutent, donc l'enfant, des fois, il est un peu perdu, il ne sait pas trop qui il est, ce qu'il veut, etc. Donc, il veut toujours aussi briller auprès des parents, pour montrer aux parents que c'est les meilleurs, etc. Donc, c'est aussi à nos parents Faire très attention aux mots qu'on utilise vis-à-vis de nos enfants. Et j'ai vu, et là où ça a été flagrant, c'est quand elle a su s'exprimer. Là, ça ne va pas, je ne vais pas y arriver. Et d'arriver à partager. Déjà, de le partager avec les copines, mais de le partager avec la coach, sachant que la partie individuelle était terminée. d'exprimer tout. tout ce qu'elle ressentait, je crois qu'elle était vraiment dans... Ça pesait. Et donc, d'arriver à se libérer, et finalement, le fait qu'elle s'est libérée, ça a tout libéré pour tout le monde. Et puis là, elles vont en France. Je ne dis pas que c'est grâce à elle, parce que ce serait pas juste, mais ça a été l'élément déclencheur. Et de prendre conscience que la cohésion d'équipe est très, très, très importante. et de faire comprendre aussi à beaucoup que la prépa mentale, finalement, elle est accessible à tout le monde et tout le monde peut en avoir besoin à un moment donné. On ne parle pas d'accompagnement tout le temps, etc. Mais à des périodes de sa vie, on peut, sur différents sujets. Là, je vais revenir, par exemple, à moi. J'ai eu besoin de refaire une séance il n'y a pas très longtemps parce que j'étais pleine de doutes suite à mon nouveau poste. et là on a refait une séance avec mon coach alors que ça fait trois ans qu'on ne travaille plus ensemble et on a remis les choses à plat et puis on a retravaillé et finalement on se rend compte qu'en fait en fonction des phases de sa vie On a besoin juste de régler encore, faire quelques ajustements, et puis de repartir de plus belle et de se dire, mais en fait, je ne pars pas de scratch, je ne pars pas de rien, j'ai mon expérience, j'ai travaillé, mais j'ai de nouveaux challenges, défis qui viennent à moi. Et des fois, on est tellement un peu en panique, on oublie. Alors, c'est ce que j'ai envie de dire aux jeunes gymnastes, vous allez avoir de nouveaux défis. Tous les ans. que ce soit avec les cookings, que ce soit au niveau de la gym, peu importe. Mais rappelez-vous bien que vous avez déjà une base solide, vous avez travaillé sur vous et donc vous ne repartez pas de zéro. Vous repartez de votre expérience et quand vous avez des moments de doute, rappelez-vous les clés que vous a partagé votre coach entre toi et Laila. Rappelez-vous des victoires. Et une dernière chose qui est très importante, surtout dans le monde de la GR et de manière générale, L'échec n'est pas une fatalité. L'échec, c'est de ne pas essayer. Donc, il est toujours très important d'essayer. Et des fois, quand on échoue, finalement, c'est pour mieux repartir, mieux rebondir et d'analyser, au fait, pourquoi ça n'a pas marché, l'identifier et puis de pouvoir travailler dessus et puis d'exceller après, peu importe, mais de se donner les moyens à chacune.
- Speaker #1
C'est marrant que tu reparles de l'échec parce que la semaine dernière, j'accompagne les athlètes, les parents, mais aussi les entraîneurs. Pour moi, c'est pareil, c'est indissociable. Je ne peux pas faire qu'une chose. Et du coup, tous les mardis matin, j'ai ma formation des entraîneurs et du coup, c'est le mardi matin que je l'ai. Et on parlait justement d'échec. Alors, je ne sais pas tourner comme ça, mais en gros, je leur disais, en fait, pourquoi... pourquoi vos athlètes, pourquoi vos gymnastes stressent tellement le fait de faire tomber un engin, d'échouer, de tomber de la poutre, de tomber des barres, parce que j'ai multi-activité gymnique. Je dis, mais en fait, c'est parce que c'est vous, c'est votre discours d'adulte, vous leur interdisez de tomber. Dès qu'il y a une chute, c'est oh là là, il y a une chute, catastrophe. Mais sur l'enchaînement, tu as 30 éléments, tu as fait une chute, mais sur tous les autres éléments, c'était bien. Et en fait, vous diabolisez tellement la chute que du coup, ça en devient hyper stressant. Quand on commence le judo, qu'est-ce qu'on apprend ? On apprend à tomber. Tout ce qui est sport de combat, on apprend à encaisser des coups. Nous, nos gymnastes, on ne leur apprend jamais à... Ok, je vais tomber. C'est mentir de dire mon engin ne tombera jamais ou je ne tomberai jamais la poutre. C'est un gros mensonge. Donc d'accepter de dire ok, ça va tomber. Mais comment je me relève ? Très vite, qu'est-ce que je me dis ? C'est ça en fait que j'essaie d'apprendre aux entraîneurs, c'est arrêter de mentir, arrêter de mettre des œillères en disant non, non, pas de chute, on vise le sans chute. Non, non, de toute façon, il y en aura, mais qu'est-ce que tu mets en place pour remonter ? Et c'est pour ça qu'on voit l'échec. Oh là là, elle a fait une chute, c'est horrible. C'est horrible parce que tu ne l'as pas appris à remonter. C'est ça pour moi qui est horrible.
- Speaker #0
Et c'est un travail d'équipe.
- Speaker #1
et puis c'est un travail mental que j'essaye d'intégrer pour que les entraîneurs puissent l'intégrer dans leur routine d'entraînement pour moi c'est indissociable tiens Layla j'ai une question pour toi allez vas-y plein de questions depuis le début tu n'as pas venu venir celle-là c'est toi qui m'interview c'est ça ?
- Speaker #0
vas-y dis-moi j'adore inverser les rôles je le fais souvent qu'est-ce qui t'a amené parce que tu as été coach qu'est-ce qui t'a poussé amené à faire de la préparation mentale. Quel était l'élément déclencheur chez toi ? Justement, à passer de coach à maintenant préparateur mental. Tu as eu, je pense, aussi des doutes. On parcourt un petit peu parce que là, du coup, je suis curieuse.
- Speaker #1
Oui. Le premier élément déclencheur, c'était ma fille. En 2015, où je suis passée du statut entraîneur très, très exigeante. Je n'ai pas honte de dire, moi, mes gymnastes, elles me demandaient d'aller boire. Je leur disais non, tu n'iras pas boire tant que l'enchaînement n'est pas bon. J'étais très exigeante et en même temps, j'arrivais à être très maternelle parce que je pense que j'ai quand même ce truc-là en moi. Mais à l'entraînement, je voulais de la réussite. En compétition, j'y allais pour gagner. j'arrivais quand même à énormément fédérée autour de moi, créé des... Et puis comme les médailles étaient présentes, j'arrivais et voilà. On me faisait quand même confiance, avec quand même ce truc-là. Je ne savais même pas ce que ça voulait dire, se remettre en question. J'ai été formatée pour donner des consignes, construire une séance pédagogique devant des élèves, Comment maîtriser un enchaînement ? Comment maîtriser un élément ? Voilà, on était juste dans le savoir-faire. Et c'était les formations que j'avais eues. Et c'est des formations qu'on a. Et puis, à l'arrivée de ma fille, j'ai devenu maman. Et là, je me suis dit vraiment, mais jamais de ma vie, je laisserai quelqu'un parler, comme je faisais, à mon enfant. Et là, c'était le switch total. C'est juste l'arrivée d'un petit être. qui m'a fait complètement changer, briller. Et d'ailleurs, si on écoute mes élèves à l'époque de avant ma fille et après ma fille, mais Leïla n'est plus du tout la même. Et à ce moment-là, je n'ai pas travaillé sur moi, je n'ai rien fait. Je suis juste devenue maman et j'ai juste pris conscience en disant « Ok, en fait, les gymnastes que j'avais devant moi sont aussi des enfants avec des parents et que jamais je n'accepterais ça. » Donc voilà, ça, ça a été vraiment le truc. Mais je n'étais pas encore dans la préparation mentale. Là, je n'y étais pas du tout. Après, j'ai travaillé sur moi, mais pour moi, en tant que maman. Et en fait, ça m'a fait changer aussi. J'avais des enfants en face de moi, des athlètes. Donc, j'ai changé comme ça. Voilà, tout le travail sur moi, on va dire, tout ce qui était développement personnel, mais c'était vraiment dans une quête pour moi, pas dans une quête professionnelle. Après, j'ai eu l'arrivée de ma deuxième fille. Là, c'était un changement différent. Là, je n'avais plus envie d'entraîner. Je sentais que je commençais à ne plus être OK avec la politique fédérale. Je n'étais plus du tout alignée. Moi, j'adore mon sport et je n'avais pas envie d'en finir dégoûtée comme beaucoup d'entraîneurs. de ma génération et générations du dessus qui étaient des excellents entraîneurs et qui ont fini par être dégoûtés de ce sport et qui ne veulent même plus regarder ce sport. Et moi, je ne voulais pas en arriver là. Je me suis dit, il faut que j'arrête au moment où je suis bien, où c'est agréable et je finis. Je finis, je suis encore bien en place, je fais encore du résultat, je me sens bien et je ne suis pas dégoûtée et je ne veux plus vous entendre parler. Sans savoir trop ce que j'allais faire, Et j'ai profité de mon congé mater, etc. Et en fait, je n'arrivais pas à quitter ce monde, tu vois. Mais je ne me voyais plus entraîner parce que je savais que ce n'était plus ça que je voulais faire. Et du coup, je me suis dit, attends, mais qu'est-ce que je sais faire ? Je sais faire parfaitement l'entraînement. J'ai tellement étudié le cerveau de l'enfant pour mes enfants. Je ne l'appelais pas ça de la préparation mentale, tu vois. Je me suis dit, attends, je vais les coacher mentalement. C'est vraiment un truc qui manque dans la discipline. Et du coup, je me suis lancée comme ça. Donc, au moment où j'ai commencé, c'était vraiment mon bagage. Tout ce que je savais, tout ce que j'ai appris, tout ce que je... Voilà, c'était ça. Et puis après, vraiment, je me suis formée dans la préparation mentale.
- Speaker #0
Et maintenant, tu te formes encore, Layla ?
- Speaker #1
Alors moi, je me fais coacher déjà, pour moi, entre deux à trois fois par semaine.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est énorme.
- Speaker #0
Wow.
- Speaker #1
Que ça soit, pour moi, pour du def perso. pour me faire passer des paliers. Parce qu'en fait, quand tu travailles un truc, tu es tellement débloqué que tu passes à l'escalier du dessus. Et puis du coup, l'escalier du dessus, donc finalement, c'est un jeu infini pour moi. Le travail sur soi, c'est un jeu infini. Donc voilà, je travaille pour moi. Dès que j'ai une barrière qui saute, je passe au niveau 2. Donc, je fais encore sauter des barrières pour pousser. Et je travaille aussi dessous ce qui est dans l'entrepreneuriat parce que moi qui étais dans l'associatif salarié, je n'y connaissais rien.
- Speaker #0
C'est la casquette d'entrepreneur.
- Speaker #1
Voilà, de chef d'entreprise. Oui, tu es responsable technique d'un club associatif, mais ça n'a rien à voir. On ne joue pas dans le même monde.
- Speaker #0
C'est génial. Laila, on va toujours inverser les rôles. Quel conseil tu donnerais à nos gymnastes ? Je sais qu'il y a des compétitions ce week-end qui vont arriver, le week-end prochain. Et après, je te dirai mon petit mot de la fin.
- Speaker #1
Quel conseil je donnerais ? Pour ce week-end ?
- Speaker #0
Pour les compètes à venir. Il y en a deux. Je sais qu'il y a une compète ce week-end.
- Speaker #1
Oui, et la semaine d'après.
- Speaker #0
Et la semaine d'après.
- Speaker #1
Et même, tu vois, je repense à tous les autres coachés, parce que je ne fais pas que de la GR. Tu vois, il y a du roller artistique, la nat synchro, de la gym artistique, la gym acrobatique, enfin, la GR. Aujourd'hui, j'arrive vraiment à toucher tous les sports comme ça. Alors, pour les personnes que j'accompagne, elles sont prêtes. Parce que tout est planifié, parce que je leur ai tout donné. Il y a juste à réguler ses émotions. Là, en dernière minute, tout est fait en fait. Tu ne vas rien changer à l'entraînement. Et plus justement, peut-être un petit peu moins. Alors ça va être un peu aux antipodes des entraîneurs, mais faire un peu moins de quantité. Et faire peut-être moins, mais beaucoup plus qualitatif. Et travailler dans le ressenti, comment je me sens. Je me sens bien, je me sens fatiguée, qu'est-ce que j'ai besoin ? Ça serait plus la semaine où je vais m'écouter un peu plus. Je vais aller à l'entraînement, bien sûr. Je vais faire beaucoup plus qualitatif et m'écouter. Écouter mes sensations pour vraiment savoir. Et d'ailleurs, c'est la première séance que je donne aux athlètes que j'accompagne, après avoir travaillé l'identité, où on travaille vraiment planif. La première question à se poser, je leur dis toujours, Ok, si tu vas chez le médecin et que tu lui dis « je suis malade » , est-ce qu'il va pouvoir te donner un médicament ? Donc là, ils me disent « non » . Ok, donc il faut que tu sois plus précise. J'ai mal au ventre, aux oreilles, à la gorge. Et là, il va pouvoir te prescrire un médicament. Avec moi, c'est pareil. Dire à quelqu'un « je suis stressé » , c'est comme dire « je suis malade » . Ça ne veut rien dire. T'es stressé comment ? Tu te sens molle ? Tu te sens hyperactif ? Tu vas t'évanouir ? Comment il est ton stress ? Et donc, voilà, apprendre à s'écouter, c'est... Et pour moi, c'est le plus important pour pouvoir prendre le médicament ou l'outil. Tu vois, on parle beaucoup de respiration. OK, mais si tu es déjà surexcité, tu ne vas pas faire la même respiration que si tu étais complètement flagada et que là, ta respiration, ça doit être une respiration beaucoup plus active. Donc, on a un peu des outils copiés-collés. Ah ouais, on va faire la respiration comme ça. Oui, mais attends, ton athlète, tu ne sais même pas ce qu'elle a.
- Speaker #0
C'est de prendre le temps.
- Speaker #1
Les dernières semaines, c'est beaucoup plus de qualité et je m'écoute. Je prends les petits outils que j'ai besoin. J'en prends juste deux ou trois, ça suffit.
- Speaker #0
Je pense qu'elles te remercieront les gymnastes et les coachs aussi. Si j'avais envie de donner quelques mots...
- Speaker #1
Une maman qui hésite encore à travailler le mental sur elle ou sur sa fille.
- Speaker #0
Ce que j'aime bien aussi chez toi, Layla, et c'est là où je vais encourager les parents à le faire, et tu le fais très, très bien, la première séance est toujours, le premier échange est gratuit.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est-à-dire d'expliquer, d'échanger, et après, c'est un travail ensemble. Ce n'est pas parce qu'on veut, etc., et puis c'est, on travaille ensemble. Est-ce qu'on a envie de travailler ensemble ? Oui, non.
- Speaker #1
Et puis, j'autorise vraiment la personne, enfin, la gymnaste, tu as le droit de dire non, je ne t'en voudrais pas. C'est... Merci. Et d'ailleurs, je leur dis, mais même le fait de dire non, c'est ta première étape de confiance en toi. C'est-à-dire que tu as exprimé le fait, non, je n'ai pas envie de travailler avec cette personne.
- Speaker #0
Je les dis, c'est un travail d'équipe. Et c'est ça. Moi, les coachs que j'ai connus, ça a toujours été comme ça. Il y a de premières séances. Et moi, je trouve que c'est très important, le fait qu'il n'y ait pas ce côté pécunier. C'est-à-dire que c'est une séance où on échange. On pose les choses sur la table et après, c'est est-ce qu'on travaille ensemble, est-ce qu'on ne travaille pas ensemble. Ça, c'est la première des choses. Et ça, tu le fais très, très bien. Et j'ai envie de dire aux mamans, laissez vos enfants s'exprimer. Surtout les veilles, etc. S'ils ont envie de... Alors, certains parents vont peut-être... Mais si ils ont envie d'avoir les copines à la maison, rigoler, etc. Avec un cadre, en termes d'horaire de sommeil, etc. Laissez-les. Avant, moi, je ne laissais pas ma fille. Je disais, non, il faut que tu sois en condition. Et finalement, on crée davantage de frustration. Ils sont à un âge où ils arrivent à se réguler. Donc ça, c'est de les laisser vraiment et de les accompagner et vraiment de leur faire prendre conscience, ressentir qu'on a confiance en eux, en nos enfants. Et que c'est OK, tu réussis, tu ne réussis pas, c'est OK. Par contre, il faut que tu donnes le meilleur de toi-même.
- Speaker #1
Mais ça s'apprend aussi.
- Speaker #0
Et ça, ça prend. Ça veut dire qu'il faut vraiment... Et ça, c'est ce que je dis toujours à ma fille. Je dis qu'on peut échouer, etc. Mais il faut donner aussi... Donner le meilleur de soi parce que c'est aussi un respect pour soi-même déjà. mais aussi pour les coachs et pour toutes ces personnes qui vous entourent, le club, etc. Quelque part, on est une famille. On devient quelque part… Peut-être que certains parents vont dire que ça ne va pas du tout, mais si, parce que vous confiez vos enfants. Votre enfant, c'est une activité, encore une fois, extrascolaire. C'est du loisir, de la envie. Vous avez tous ces bénévoles qui donnent de leur temps, qui sont dans le bureau. Et ces coachs aussi qui ont une vie professionnelle à côté, beaucoup de coachs ont une vie professionnelle à côté qui est extrêmement intense et qui, après leur journée de travail, viennent coacher leurs enfants. Parce qu'ils sont passionnés. J'ai envie de dire, gardons cette passion et respectons cette passion de nos enfants. Et merci au club, merci à toi Leïla, et merci surtout aux coachs.
- Speaker #1
Oui, et je me permets de rebondir aussi sur le fait que tu aies réussi à lâcher prise où avant tu disais non, les copines dorment pas à la maison, tu manches, tu fessies. Et les enfants sont juste des miroirs. Donc si nous, on est hyper rigide et pleine de frustration et on frustre notre enfant, l'enfant passera pari.
- Speaker #0
Exactement. Donc, non, frustration. Oui.
- Speaker #1
Ok, est-ce qu'on a encore des petites choses à se dire ? En tout cas, c'était top ce rebondissement de... Ah, c'est toi qui m'interviewes !
- Speaker #0
Bien joué ! J'avais fait un podcast une fois sur... Là, c'était pour moi perso. Et pareil, la personne pourtant qui a fait des milliers de podcasts, qui est journaliste, etc., elle a été extrêmement surprise. Et je trouve que c'est aussi quelque part... souvent, en fait, on écoute, on écoute, on nous pose des questions, etc. Et moi, je trouve que c'est dommage aussi, des fois, de ne pas avoir, comment dirais-je, je vais dire en anglais, mais le feedback, en fait, ça va ce que vous pensez aussi, vous. Et puis, c'est un échange.
- Speaker #1
En fait,
- Speaker #0
si c'est juste une avalanche de questions que je suis là pour répondre, il n'y a pas d'interaction. Et souvent, on va aller chercher un peu ce que le coach, il ne veut pas trop nous dire. Tu vois, par exemple, je suis sûre que beaucoup, ne savent pas que tu n'étais pas forcément super sympa au début. Parce que quand on te connaît maintenant, on te dit, mais Laila, elle est géniale. Mais j'étais géniale.
- Speaker #1
Mais j'étais très, très exigeante. Et mon seul but, c'était de gagner.
- Speaker #0
D'où… Voilà, quel a été l'élément déclencheur ? Qu'est-ce qui a fait que tu as switché ? Et maintenant que finalement, tu es coach préparateur mental, mais que finalement, ça ne s'arrête pas là. Maintenant, tu endosses aussi la rôle d'entrepreneur. Quand on est entrepreneur, on connaît très bien les difficultés. Parce que si on ne coache pas et qu'on ne fait pas de prépa mentale, les fins de mois sont compliquées. C'est ce que je dis souvent à mes amis qui sont entrepreneurs. Je dis, il faut être gentil, oui, il faut être sympa. Je dis, mais le frigo ne se remplit pas tout seul. Moi, j'ai la chance d'être salariée et je me considère comme intra-entrepreneur dans ma propre voie. Parce qu'il faut vendre aussi des projets en interne. Et ça, ça ne s'apprend pas. Soit c'est inné, il y en a qui ont cette chance, mais quand on se donne les moyens, moi, par exemple, je me suis donné les moyens de venir à bout du syndrome de l'imposteur. Et là, ça me fait sourire parce que c'est moi aujourd'hui dans l'entreprise. Qui est des autres. Je fais partie d'un groupement d'employés pour le développement des carrières des femmes dans mon entreprise et que je co-lead. Et justement, j'ai fait le tour des usines de France l'année dernière. Et j'ai parlé du syndrome de l'imposteur. Ça, c'était une fierté pour moi parce qu'il y a quelques années, j'étais déclenché à l'idée de prendre la parole. Je ne savais pas ce qu'était le syndrome de l'imposteur. Je ne me sentais pas légitime parce que je suis réellement à ma place, etc. Et de mener, et pas toute seule, parce que du coup, j'ai embarqué quelques personnes avec moi, mais de parler de ce sujet-là et de se dire que ce sujet-là, il touche autant les femmes que les hommes. Mais c'est vrai, le syndrome de l'imposteur, c'est 60% des femmes. Il y a des chiffres, c'est reconnu. de découvrir aussi que beaucoup d'hommes aussi ont ce syndrome de l'imposteur. Et de me dire que si on ne se donne pas les moyens de changer les choses, on peut rester et pleurnicher sur son sort, etc. On se donne les moyens, on donne les moyens à nos enfants, et après, ils vont quand même avoir des moments difficiles. Mais c'est OK. On a le droit d'avoir des moments down, des moments où l'échec est présent, on ne réussit pas, on ne performe pas. Et c'est OK.
- Speaker #1
Ouais, ce truc de... J'avais fait un épisode comme ça où « N'empêche pas ta fille de pleurer » ou « N'empêche pas ta fille d'être triste » . Je crois que c'était ça le titre.
- Speaker #0
C'est important d'être dans la bienveillance. Je peux dire si... Je terminerai sur ça parce que c'est très important pour moi. La bienveillance et l'empathie.
- Speaker #1
Et toi, tu avais pris déjà au mois de mai-juin, je crois qu'on avait commencé pour que Neila soit prête pour la suite. Oui,
- Speaker #0
c'est avril-mai-juin, je crois. Oui, on avait discuté en janvier l'année dernière. Janvier, mais on a eu cet échange. Et oui, c'est ma fille qui m'a convaincue. Je me dis, bon, on y va. Et alors, quand on a discuté en mai-juin, ça a été l'identité. Très important. Parce que mon enfant aujourd'hui est à GR.
- Speaker #1
Mais demain ?
- Speaker #0
Il peut me dire demain, la fin de l'année ou la fin de la saison, je ne veux plus. Il fera certainement un autre sport parce que moi, je tiens à ce que l'enfant fasse du sport. Ce sera pareil parce que le mindset est là, les bons réflexes sont là. L'enfant arrive à se poser des questions, à se projeter, à se remettre en question.
- Speaker #1
Si tu ne travailles jamais d'identité, tu ne vas jamais pouvoir arrêter. Et le jour où tu vas arrêter, par exemple, la gym, tu vas dire, mince, qui je suis sans la gym ? Qui je suis ? Du coup, je ne peux pas m'autoriser à arrêter. Je ne peux pas m'autoriser à rêver plus grand ou rêver un autre projet ou me lancer dans un autre projet. Parce que ma vie, c'est j'ai fait de la gym pendant 20 ans, 15 ans, 10 ans. Du coup, je ne sais pas qui je suis sans la gym. Et c'est de l'autosabotage finalement, parce que je n'ai jamais travaillé sur qui je suis réellement sans ce sport. Du coup, je ne m'autorise pas à arrêter. Et du coup, ça fait des gens qui restent dans leur sport et qui ne sont pas bien finalement. Et qui font après aujourd'hui des témoignages. Je ne suis pas bien dans mon sport. Ou ma fille n'était pas bien dans mon sport. Ok, mais la responsabilité pour moi du parent, c'est ton enfant, il n'est pas bien. Tu le sors de là. Tu ne peux pas le laisser là. Tu le sors de là. Tu l'accompagnes. Tu l'emmènes dans un autre club. Tu lui fais un autre sport. Je pars sur un autre sujet. Ce truc-là de me dire que les parents ont quand même la responsabilité. Ton enfant, il n'est pas bien, il subit des choses plus ou moins graves. Il y a des échelles, mais sort le de là tout de suite.
- Speaker #0
Exactement. Et j'ai envie de dire aussi, il y a certains coachs préparateurs mentaux qui sont pour associer les parents, d'autres qui le sont moins favorables. Et là, c'est vraiment là, je parle en tant que maman, d'avoir un retour, je ne dis pas dans les détails, mais globalement de la séance et aussi de pouvoir, on ne sait pas comment notre enfant va vivre ses émotions après la séance, d'être en alerte, à l'écoute. D'être à l'écoute. Je sais à peu près ce qui s'est dit sans rentrer dans les détails. Et puis d'engager la conversation aussi avec l'enfant plus tard. Peut-être que l'enfant va te dire, mais non, moi je n'ai plus envie d'être accompagnée, etc. On ne sait pas, mais c'est très important d'associer les parents. Pour moi, personnellement, je ne conçois pas. Pour moi,
- Speaker #1
c'est des enfants mineurs. Pour moi, c'est important. En tant que maman, je ne peux pas ne pas savoir, comme tu dis, je ne veux pas le contenu de séance, mais par exemple, quand on travaille sur les six séances de l'identité, je sais que la première séance, déjà, elle est très longue. Et en plus, je sais que les personnes sont extrêmement fatiguées après et que souvent, les gens vont faire des siestes. Après,
- Speaker #0
tu vois ?
- Speaker #1
Si tu ne préviens pas le parent qu'il est 14h et que ta fille va aller faire une sieste, le parent va s'inquiéter. Non, c'est qu'on a tellement déchargé émotionnellement, tellement de libération que le corps a besoin de se reposer. Donc oui, il faut quand même prévenir ce qui se passe. Pas le contenu, mais voilà, ça s'est bien passé, ça s'est mal passé, c'était un peu difficile, c'était comme ça.
- Speaker #0
C'était les feedbacks que j'avais de ta part, c'était le retour. Bon là, ça a été un... Donc, tu n'étonnes pas si ta fille n'est pas de bonne humeur ou elle est un peu… Voilà, laisse-la tranquille, ça va faire. Tranquille, ça va venir, etc. Et puis, elle-même, des fois, me faisait un retour ou pas du tout. Je disais, c'est bien passé. Oui, oui, maman, t'inquiète. Oui, mais là, on a parlé de ça, etc. Et après, en fait, on crée justement cet échange avec l'enfant. Ça le rassure aussi de dire, en fait, OK, mes parents, mes parents, ils comprennent ce que m'a dit le coach. Et on crée quelque part cet environnement, cet écosystème où on travaille tous ensemble. Et pour le bien-être de nos enfants, j'ai envie de dire. Et nous aussi, on est bien après parce qu'on se sent rassurés. C'est important de rassurer les parents. On a toujours peur de l'inconnu. Et surtout quand ça touche à ce qu'on a de plus cher à nos enfants.
- Speaker #1
Et tu sais cette phrase, raconte-moi ta séance ou comment ça s'est passé cette séance. L'enfant, tu vois, entre 11 et 17 ans, la phrase raconte-moi la séance, tandis qu'on vient de faire deux heures de séance, tu vois, il n'a pas envie. Cette question, elle fait mal à la tête. Tandis que si l'enfant sait déjà que moi, j'ai fait un débrief aux parents, déjà, il n'a pas besoin de raconter la séance. Juste dire, ah ouais, tu sais, on a fait ça ou je me sens comme ça. Et du coup, c'est beaucoup plus facile. facilitateur pour l'enfant de parler de la séance, tandis qu'il n'a pas besoin d'expliquer, puisque moi, je l'ai déjà fait.
- Speaker #0
Je vais donner un exemple tout à fait concret. Allez. Tu es là, juste avant, les régions. Donc, on a repris des séances équipes avec toi. Donc, les filles étaient au courant que les parents, on avait notre groupe WhatsApp, etc. Une fois la séance qui était faite, en fait, tu faisais le débrief avec tes super...
- Speaker #1
Contre-rendus.
- Speaker #0
Contre-rendus, tout coloré, tout sympa, etc., avec des thématiques, etc. Vraiment, on l'avait et tu nous l'envoyais dans le groupe WhatsApp et tu disais de le partager aux filles. Elle l'avait déjà. Et du coup, je l'envoyais, par exemple, à ma fille en disant, partagez-vous ça entre vous. Puis tous les parents faisaient quasiment la même chose. Il n'y avait même plus besoin de parler. Ah ben, là, elle me... nous l'envoyer, tiens, partage avec les copines, etc. Elle a envie de me parler, elle me parle. Elle n'a pas envie, et finalement, ça a été, ouais, c'était cool. Parce que...
- Speaker #1
C'était fluide, c'était facile.
- Speaker #0
Déjà qu'on a le contenu, on sait ce qui... Et ça, il n'y a même plus besoin de parler. Honnêtement, je vais être honnête avec toi, j'en ai l'accompagnement le... Le premier, oui, on en a parlé un petit peu, mais après, en équipe, on n'en a plus reparlé du tout, parce que j'avais les comptes rendus, donc je savais...
- Speaker #1
Et après, compte rendu, je n'y mets pas... Il n'y a rien de personnel. Ça reste du généralité. Voici le thème qu'on a travaillé. En plus, je le fais beaucoup avec des dessins et des images. Comme ça, c'est facile, c'est fluide. Et ça permet de mieux mémoriser. Mais je ne parle pas de...
- Speaker #0
C'est un petit résumé, mais ça ne décrit pas l'ensemble de la session. Et c'est ça que je trouve super. Parce que l'enfant, il y a encore quand même une autre part avec le coach. voilà tout ce qui qu'on s'est dit. Et là, c'est juste un résumé pour les parents. Et nous aussi, ça nous aide à comprendre l'état émotionnel de notre enfant avant, après, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on ne fait pas. Et finalement, on se dit, comme je dis, on reste à notre place de parent. Et ça, c'est très important de rester à la place, à sa place du parent, de laisser le club faire, de laisser les coachs faire. Quand on vient à nous, avec grand plaisir. Et sinon, le reste, chacun son métier, chacun sa place. Et travaillons tous ensemble. Moi, je suis fan de l'environnement. Et je me sens même moi beaucoup plus apaisée, moins stressée. Je me souviens d'une phrase que tu disais.
- Speaker #1
Tu me disais que tu te sentais plus libérée de me dire « Bon, de toute façon, Naila, elle est avec Leïla. » Et il y avait ce truc de « C'est bon, je sais qu'elle va le gérer. » Et du coup, ça t'a enlevé une pression de dire « Bon, je n'ai pas à gérer les pleurs de l'après-entraînement. Elle va avoir une séance avec Leïla, ça va aller. »
- Speaker #0
Ah oui, vraiment. Il y a quelques mamans qui ont fait appel à toi cette année, avec qui on a échangé honnêtement. Et c'est le même ressenti. C'est-à-dire que c'est un soulagement, surtout quand on arrive à cet âge-là, 13-14 ans, la quatrième, c'est l'année la plus compliquée, etc. Et de se dire que finalement, ce coaching qui est fait pour la GR, finalement, il nous aide dans le quotidien. Et on a vu l'évolution. Oui, oui. Et puis moi,
- Speaker #1
j'aide vraiment dans tous les domaines de vie.
- Speaker #0
Et puis on échange, en fait. C'est-à-dire que... avec quelques mamans, on sait, il y en a certaines qui ont fait appel à tes services, donc on échange. Alors, et toi,
- Speaker #1
Leïla, elle est bien aussi avec toi. C'est ça.
- Speaker #0
Du coup, ça fait aussi un autre sujet. Et puis finalement, on se dit, est-ce que ça fait du bien de pouvoir...
- Speaker #1
Déléguer.
- Speaker #0
Déléguer et de pouvoir parler avec quelqu'un. Et puis, s'il y a des petites choses, on peut envoyer un petit texto discrètement. Et puis... Peut-être orienter un petit peu la séance, parler un peu de ce qu'il n'y a pas à l'école, à la maison. Et c'est ça aussi. Et souvent, certains parents, et je vais le dire, et je suis honnête, certains parents peuvent être freinés par le montant.
- Speaker #1
Oui, on n'a pas parlé de montant.
- Speaker #0
On n'a pas parlé de montant, mais c'est un budget, il faut le dire. Pour moi, enfin, je ne vais pas dire que c'est facile pour moi parce que j'ai fait de la préparation à l'avant. J'estime que c'est un investissement sur soi.
- Speaker #1
Oui, c'est parce que toi, tu vois déjà la valeur.
- Speaker #0
Mais je dis aux parents, n'hésitez pas à investir sur de la prépa mentale pour vos enfants. Il y a des solutions. C'est-à-dire que tu proposes en individuel, mais tu proposes aussi à plusieurs, en groupe. Et en groupe, le montant est différent. Un groupe, c'est combien ? C'est
- Speaker #1
30 euros par fille.
- Speaker #0
Par fille, donc c'est vraiment... C'est à la portée, j'ai envie de dire, de toute bourse. Et puis l'enfant, il veut faire aussi du... La prépa, plutôt que d'aller acheter des trucs, il va mettre de l'argent de poil dans la prépa. C'est un budget. Oui,
- Speaker #1
oui. Puis moi, j'ai entendu beaucoup de fois, c'est trop cher ou c'est trop cher pour nous. Alors, c'est trop cher, c'est qu'on n'est pas au même niveau de la valeur que ça va apporter parce que c'est trop cher. J'ai envie de toujours répondre, mais c'est trop cher par rapport à quoi ? Au prix des années que votre fille va être mal, c'est trop cher par rapport à l'iPhone que vous venez d'acheter, c'est trop cher par rapport à quoi ? En fait, ça vaut combien des nuits et des nuits à ne pas dormir ? Ça vaut combien un enfant stressé ? C'est presque pas assez cher, mais bon, il faut quand même une limite, tu vois.
- Speaker #0
Non, et ce que j'apprécie aussi, c'est toi, Leïla, c'est que tu fais justement cette facilité, au fait, pour pouvoir te payer plusieurs fois. Donc, ça permet de... de lycée sur plusieurs mois. Donc ça, c'est appréciable. Et l'enfant est conscient aussi de l'investissement des parents. Parce que je me rappelle, ma fille, maman, attends, je dois payer.
- Speaker #1
Au prix de la séance, tu vas y aller.
- Speaker #0
Tu vas y aller déjà. Et puis attends, je dois payer là et là. Donc on verra ce que tu souhaites plus tard. Et c'est aussi une forme d'apprendre à l'enfant. Tout n'est pas acquis. C'est-à-dire qu'on n'est pas là. Oui, il y a la prépa. Et puis non, quand on fait de la prépa, mais tu es en retard, mais tu y vas quand même. Et tu ne peux pas... raté une séance de prépa mentale sur ton individuel, vu le prix, non, tu y vas. Et c'est tout ça aussi, c'est de faire confiance à l'enfant, de l'engagement. Tu commences quelque chose, tu vas jusqu'au bout. Ça, c'est ma devise à moi, personnellement, avec ma fille. Tu commences, tu vas jusqu'au bout, sauf si vraiment il y a quelque chose. Oui,
- Speaker #1
sauf si ça ne va vraiment pas.
- Speaker #0
Mais voilà, c'est aussi important, c'est un budget, c'est un coût, il faut en être conscient. Mais le retour sur l'investissement, pour moi, n'a pas de prix. Parce que c'est un investissement aussi sur le perso, pour l'école, pour plus tard. Et vous aidez aussi votre enfant.
- Speaker #1
Oui, et puis comme tu dis, tu as bien utilisé le mot investissement. Certains vont investir dans la pierre, dans l'immobilier, dans les bijoux, dans les baskets, j'en sais rien. Et là, j'investis sur mon enfant et ça ne peut qu'être dans la durée finalement.
- Speaker #0
Moi, je l'ai fait très tôt. Comme je disais, je reviens sur le syndrome de l'imposteur. Quand on m'a nommée sur un poste de cadre sup dans ma société, j'étais paniquée. J'ai investi sur moi, j'ai pris un coach, pas le préparateur mental, mais j'ai vraiment pris un coach. Et j'ai investi moi personnellement. C'est-à-dire que j'aurais très bien pu faire appel à la société ou utiliser mon CPF, etc. Je n'ai pas voulu parce que si je réussis, c'est moi. Je ne veux rien devoir à ma société ou à mon entreprise. C'est moi qui ai investi sur moi. Et oui, c'est des sacrifices, c'est un budget. J'avais commencé par ça. Et puis après, quand il fallait régler beaucoup de choses personnelles, là, j'ai fait appel à Foued, donc en prépa mentale. Et je ne regrette pas du tout. Parce qu'aujourd'hui, je me sens libérée de plein de choses et prête à aller vers de nouvelles aventures. Et je me dis, mais c'est une chance. Aujourd'hui, c'est pour ça que je l'ai transposé. Sur ma fille, auprès de ma fille. Oui, je lui ai parlé trop tôt peut-être de la prépondentale. Oui,
- Speaker #1
mais le temps que ça a.
- Speaker #0
Et maintenant, elle adhère et la question ne se pose pas. Quand elle a fini sa saison indive, elle me dit, « Maman, pour l'indive de l'année prochaine, si j'ai besoin de quelques séances avec Laila, c'est OK. » Oui, mais on ne fera pas l'accompagnement parce que Laila l'a dit. Et c'est ça aussi, il faut rassurer les parents.
- Speaker #1
Moi, je ne reprends pas. Deux fois pareil, c'est que là, elle a fait l'accompagnement, maintenant, c'est des séances un peu flash. Est-ce que j'ai travaillé sur elle ?
- Speaker #0
Voilà. Et c'est ça aussi. Et je lui dis, oui, mais ce ne sera pas... Et justement, je t'avais posé la question, je dis, comment ça se passe et tout. Je me dis, non, je ne refais pas un accompagnement. Et ça, je trouve ça très honnête de ta part. Et tu dis, non, c'est quelques séances, juste pour des ajustements, etc. Et donc, même là, ça nous soulage, nous, parce que le budget va être... être moindre. Et puis, l'enfant, ça le rassure parce qu'il dit j'ai toujours la carte Layla. Quand j'ai un doute, surtout en Indive, je peux aller toquer à la porte de Layla pour me sentir bien, rassurée, etc. Et j'utilise le mot carte, c'est-à-dire que c'est comme un joker, en fait. Je sais que je peux. Mais c'est vraiment en cas de besoin, pas d'extrême urgence, mais de besoin. De se dire, j'ai un filet de sécurité. Et ça, ça m'avait fait sourire. Et puis là, quand elles ont repris le groupe, elle me dit, mais maman, tu ne m'as pas dit qu'on allait refaire encore deux séances ? Ça s'est discuté, etc. Mais elles étaient toutes contentes. Elle me dit, oui, deux séances, c'est bien, on n'a pas besoin de plus.
- Speaker #1
On a réussi à débloquer assez rapidement. Oui, et puis investir sur soi. Mais comme tu disais, tout le monde n'est pas prêt à investir sur soi. C'est plus facile d'investir chez les autres ou pour les autres. Mais sur soi, pour soi, ce n'est pas évident. Moi, je sais que si on parle chiffres, je sais qu'aujourd'hui, j'avais compté il n'y a pas si longtemps, je suis à 35 000 euros d'investissement pour moi. Mais en même temps, si demain, il y a quelque chose qui se passe dans le monde et on se retrouve tous à la rue, sans maison, sans boîte, sans travail, J'aurais tellement investi en moi que je saurais rebondir et je saurais recommencer. Tu vois, tout ce que j'aurais construit dans mon cerveau, là, s'il est encore intact, je sais que je pourrais y aller, en fait. Parce que pour moi, l'avenir, c'est les gens qui vont investir en eux et qui vont réussir à se dépasser si demain, on n'a plus rien.
- Speaker #0
Et c'est très juste ce que tu dis, parce que souvent, on parle d'intelligence artificielle et puis il y a certaines craintes. Mais il y a aussi quelque chose qui est très puissant et qui est aussi très recherché, c'est les soft skills. Et toute cette intelligence émotionnelle...
- Speaker #1
L'humain.
- Speaker #0
L'humain. L'intelligence artificielle ne remplacera pas l'humain. On a toujours besoin de l'humain. Investir en soi, c'est investir dans son avenir. Dans l'avenir. Dans l'avenir. Et d'avoir cette chance, cette possibilité de pouvoir faire ce qu'on souhaite, ce qu'on a envie. on peut très bien décider du jour au lendemain de tout arrêter, mais de rebondir, de faire autre chose. C'est un peu comme ce que tu as fait. De ne pas avoir cette crainte ou de continuer à exceller dans ce qu'on fait. Mais d'être en phase avec soi-même. Et c'est ce bagage-là que j'aimerais qu'on offre à notre enfant, de leur offrir cette capacité de pouvoir rebondir, se remettre en question et faire ce qu'ils ont vraiment envie de faire.
- Speaker #1
Oui, voilà. Donc pour finir, Merci. Investissez en vous et en vos enfants parce que c'est ce qui restera sur du long terme finalement.
- Speaker #0
Exactement. Et accompagnez-les et soyez bienveillants.
- Speaker #1
Voilà. Merci Adija.
- Speaker #0
Merci Leïla et à très bientôt. Ciao. Ciao, ciao.
- Speaker #1
Merci d'avoir été là avec moi au bord des Pratikables. Si cet épisode t'a touché ou fait réfléchir, pense à t'abonner et à laisser un 5 étoiles sur ta plateforme préférée. C'est tout simple, mais ça m'aide énormément à faire grandir ce podcast. Et si tu connais un parent, un coach ou un athlète à qui ça pourrait faire du bien d'écouter cet épisode, alors partage-lui. On ne sait jamais quelles graines ça peut planter. Allez, à très vite, au bord des praticables !