Speaker #0Bienvenue dans Au bord des praticables, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qu'on n'entend pas toujours, mais qui vivent tout en silence ou en tension autour du tapis. Chaque mois, je te propose deux épisodes en solo ou en compagnie, avec des histoires inspirantes, des témoignages touchants et des clés puissantes pour mieux traverser les émotions dans ton sport. Que tu sois parent, coach ou athlète, tu es au bon endroit. Bonne écoute ! Ce matin, je me suis réveillée à 7h, au petit déjeuner, et j'avais encore dans le corps ce que j'avais vécu hier. Bonheur, lucidité, fierté, accomplissement, persévérance, confiance, force. Le 9 mai 2026, il s'est passé quelque chose que je n'oublierai jamais. Quelque chose que je veux te raconter aujourd'hui, parce que c'est important, parce que ça me tient à cœur, et parce que sans toi, sans vous, rien de tout ça n'aurait été possible. Installe-toi, je vais tout te raconter. Tout a commencé avec une graine, une gymnaste du club de Bourg-en-Brest. Elle s'appelle Lily Rose. Je l'ai accompagnée il y a deux ans et ça avait vraiment marché. Vraiment, elle avait évolué, pas juste sportivement, en elle, dans sa façon d'être, de se voir, de se faire confiance. Merci à elle, merci à sa maman, merci à ses entraîneurs Nathalie et Isabelle qui ont fait confiance à mon travail. C'était un accompagnement, un bon feeling, une famille contente et puis voilà. La vie a continué. Et puis, le club de Bourg-en-Brest a organisé le championnat de France. Et ils m'ont contactée. Au début, c'était pour participer à la tombola. Me demander si je voulais donner des bons à offrir. Et là, je me suis dit non. Pas parce que je ne voulais pas aider, mais parce que j'avais appris quelque chose d'important sur le gratuit. J'avais déjà fait ça plusieurs fois, des bons offerts. Par exemple, à la Honto Cup, à la Dream Cup, au championnat de France individuel, UfoLep. plus de centaines de gymnastes qui avaient reçu ces bons et résultat il n'y a eu que quatre gymnastes qui ont pu en bénéficier parce que les autres n'ont pas pris et ça m'a appris quelque chose de fondamental quand quelque chose est gratuit on ne lui donne pas de valeur on ne s'engage pas on ne se présente pas ce n'est pas un jugement c'est de la psychologie humaine alors j'ai réfléchi avec mon coach avec mon mentor parce que oui je travaille avec un mentor et il m'a posé une question simple Leïla, qu'est-ce que tu as vraiment envie de faire de cette journée ? Du coup, j'ai répondu sans réfléchir. En fait, j'ai envie de transformer les gens. J'ai vraiment envie de les aider pour de vrai à ce moment-là. Et là, bingo, l'idée est née. J'allais offrir des séances, pas des bons, mais des vraies séances le jour même sur place au Championnat de France. Des séances de groupe de 45 minutes à une heure pour les gymnastes, les entraîneurs, les parents, juste avant leur passage. Ce n'était pas du coaching individuel, c'était de la connexion, de la préparation, de la présence. Je ne savais vraiment pas si ça allait marcher, je ne savais même pas à quelle ampleur ça allait prendre. J'ai fait juste quelques stories Instagram, 8 jours avant l'événement, c'est tout. Et ça s'est rempli immédiatement, à une allure folle. J'ai même rajouté une séance le matin du 9 mai, une séance à 7h30 du matin. Donc du coup, j'ai commencé à 7h30 et je n'ai pas arrêté, non-stop. jusqu'à 20h. J'avais un stand aussi, que je n'ai pas pu occuper une seule minute parce qu'on était constamment en séance. Bref, ce jour-là, on a fait 13 séances, 143 personnes en une journée et je crois qu'il y avait 16 clubs de mémoire. Ce qui s'est passé dans ce vestiaire, je l'avais complètement, donc j'étais dans un vestiaire et j'ai vraiment transformé ce vestiaire en espèce de cocon. C'est-à-dire que... Ce n'était pas juste un vestiaire froid avec des bancs où on pose les affaires. Non, quand les gymnastes arrivaient, elles sont rentrées dans une bulle. Un tapis, des coussins, une musique douce, des bougies. Bon, pas inflammable. Un espace qui disait, ici, tu peux poser ce que tu portes. Et du coup, les gens sont arrivés, des gymnastes, des entraîneurs des parents, des clubs différents, des équipes qui allaient se retrouver en compétition, les unes contre les autres. Et là... Quelque chose de magique s'est produit. On avait proposé un exercice, par exemple. C'était simple, c'était se mettre debout et se regarder dans les yeux. En silence, sans parler. Donc peut-être en pleurant ou en rigolant, il y avait aussi des fous rires. Mais juste se regarder. Mais vraiment se regarder dans les yeux. Et c'est plus difficile qu'il n'y paraît parce qu'en général, même quand on parle à quelqu'un, on ne le regarde pas vraiment fixement dans les yeux. On va regarder à droite, à gauche, on va regarder ses yeux, sa bouche, son nez, ses cheveux. Voilà, on n'arrive pas à rester comme ça très longtemps. Et du coup, pour toutes celles qui m'écoutent là et qui ont vécu l'exercice, vous allez bien vous en souvenir. Et je me souviens d'un entraîneur qui était là avec ses gymnastes et qui voyait ses gymnastes depuis des années, presque tous les jours. qui les connaît, enfin voilà, elle sait comment elles sont. Et elle me dit, je n'avais jamais regardé mes élèves dans les yeux comme ça. C'est-à-dire qu'elle ne les connaissait pas comme ça. Elle les connaissait, mais elle ne les avait jamais vus comme ça, en silence, sans correction, sans consigne, juste, je te vois, toi, comme tu es. Et puis, il y a eu énormément de larmes, beaucoup de larmes, parce que dans ce milieu, on pleure. On pleure de colère, on pleure de joie. On pleure de stress, de frustration, de soulagement, de blessure. Bref, on pleure beaucoup. Et là, dans ce vestiaire, ce n'était pas des larmes de toutes ces émotions. C'était les larmes qui coulaient librement, sans honte, sans explication. Mais pourquoi tu pleures ? Juste, tu as le droit de pleurer. Et parce que tout le monde pleurait et que c'était si beau que ça m'avait vraiment touchée. D'ailleurs, j'en ai des frissons rien que... Dire pensée. Ces équipes étaient mélangées de clubs concurrents, assis les uns à côté des autres, en face des autres. Et quand une gymnase pleurait, elle voyait en face d'elle une gymnase d'un autre club, qui pleurait aussi. Et quelque chose se posait dans cette pièce. On était toutes pareilles, toutes stressées, et on pleure toutes. Et on n'avait pas besoin d'expliquer pourquoi. Pourquoi tu stresses ? Non. Là, ce n'était pas le moment, juste dépose ce que tu as posé. Et à ce moment-là, la compétition avait disparu. Il restait juste des humains, finalement. Et c'était juste magique ce qui s'est passé. Et je n'étais pas seule ce jour-là. J'avais embarqué deux de mes collaborateurs, Johan et Mathilde, donc ces deux préparateurs mentaux de mon équipe. Et ça, c'était un défi pour moi. Vraiment. Parce que... Ça voulait aussi dire, Layla, il faut que tu confies tout ce que tu as construit à quelqu'un d'autre. Tout ce que j'ai construit, ma méthode, mes outils, mon intention, c'était dur. Mais ce jour-là, j'ai aussi accepté que ça ne sera pas exactement comme moi. Ça ne sera pas mes mots, pas mon intonation, pas ma façon de poser les choses. Et du coup, j'ai dû lâcher prise, vraiment lâcher, accepter que ça soit différent, accepter que ça soit peut-être moins bien. Et même mieux que moi par rapport à ma façon de faire. Et finalement, après quelques réglages, ils ont super bien assuré. Ils ont été là et heureusement qu'ils étaient là parce que je n'aurais pas pu faire 7h30, 20h non-stop toute seule. Parce que sans eux, je n'aurais pas pu faire les 13 séances et accompagner 140 personnes en une journée. Et déjà, voilà, fierté sur moi parce que j'ai réussi à lâcher prise. Et c'est peut-être une des choses les plus importantes que j'ai apprises aussi ce jour-là. Pas sur les athlètes, mais vraiment sur moi. Et aussi, ce que j'ai autorisé dans chaque séance, j'ai fait une chose simple. J'ai autorisé. J'ai autorisé les gymnastes à être stressés. Je les ai autorisés à avoir peur, à trembler. Et je leur ai dit, en fait, c'est normal, c'est humain. Si tu arrives avec tout ça sur le praticable, ça va te peser. Alors ici, tu as le droit de te lâcher ici et maintenant. J'ai autorisé les larmes. parce que pleurer avant de passer, c'est se vider et arriver plus légère. J'ai autorisé la vulnérabilité parce qu'être vulnérable, c'est partager, ça crée des liens que rien d'autre ne crée. Et puis, une fois que tous ces gymnastes et entraîneurs sont passés par cette bulle, ils ont pu partir ensemble à l'entraînement, puis faire le passage, et puis le palmarès. Et là, quand les entraîneurs viennent te chercher, avec leur gymnaste et la médaille autour du cou, pas pour me dire que j'avais gagné quelque chose, mais pour me remercier, pour me dire que j'avais que changé quelque chose dans leur fille, dans la façon dont elles étaient montées sur le pratiquable. Et moi, je leur disais toujours la même chose, ce n'est pas moi, le job a été fait, vous avez fait la compose, vous avez choisi la musique, vous vous êtes entraînés pendant des mois et des mois, le taf était fait, mais moi j'ai juste allumé la petite lumière, J'ai juste remis... l'énergie qu'il fallait ce jour-là. Mais en même temps, les entraîneurs l'ont senti et les filles aussi, elles ont senti que cette petite bougie que j'ai allumée ce jour-là... Eh bien, ça a fait la différence, en fait. Ce jour-là, je n'étais ni entraîneur, ni gymnaste, ni maman. Je n'avais pas de casquette, pas de club, pas de résultat à attendre, pas de médaille à gagner, pas de sans faute à espérer. Ce que j'offrais, ce jour-là, c'était purement du cœur et du bien-être. Je me sentais vraiment à ma place, vraiment profondément à ma place. Même quand certaines personnes ont mis des bâtons dans les roues. Même quand j'ai senti des regards, des critiques, des tentatives de me diminuer, comme il y en a toujours eu dans ce milieu pour ceux qui osent faire autrement. En tout cas, je les remercie, ces personnes-là, parce que quand vous me critiquez, ça me donne des ailes. Alors continuez, restez derrière, continuez à me critiquer par derrière parce que moi, ça me pousse à aller encore plus loin, encore plus haut, plus loin que vous l'imaginez. Donc, continuez comme ça. Bref, en tout cas, le samedi soir, 20h, bien fatiguée. Et puis, le lendemain, au retour, dans ma voiture, j'ai pleuré. J'ai pleuré sur le chemin du retour. Mais j'ai pleuré de gratitude, de fierté, de soulagement. Cette espèce de sentiment de « ça y est, je l'ai fait » . C'était vraiment réel. D'ailleurs, j'ai même envoyé un message vocal à mes copines en pleurs. en disant « Waouh, mais je suis trop fière de moi ! » Et d'ailleurs, je veux te le dire toi aussi qui es en train d'écouter ce podcast, en fait, je suis fière de moi. C'est rare de le dire, c'est rare de l'assumer. On nous apprend toujours à être modeste, à minimiser, à dire « Oh non, c'était rien ! » « Oh ben non, c'est l'équipe ! » ou « C'est de la chance ! » Non, non, là, c'était pas rien ! Là, je me suis rendu vraiment compte que... Ce n'est pas de la chance que j'ai eue, c'est du travail, des années et des années de travail, des milliers d'euros d'investis sur moi-même, des doutes traversés, des critiques encaissées, des montagnes gravies une par une. Et ce jour-là, le 9 mai 2026, je l'ai écrit dans mon petit journal de gratitude, le 9 mai 2026, j'ai créé le premier événement de la préparation mentale dans le milieu de la gym lors d'un championnat de France. Je suis la première personne. Personne ne l'avait fait avant. Donc franchement, j'étais trop contente. Et ça m'a aussi permis de voir le chemin que j'ai parcouru, parce que quand j'ai commencé ce métier, je m'étais fixée un objectif. C'était, je vous le dis parce qu'on est entre nous, mais j'avais écrit clairement mon objectif, c'était je veux devenir la référence en préparation mentale dans les sports artistiques. Non, au début, j'avais écrit devenir la référence en préparation mental dans la gymnastique rythmique. Et puis après, j'ai évolué. Et là, dans cette voiture, en pleurant, j'ai réalisé quelque chose. Ça y est, j'y suis. Quand on pense aujourd'hui préparation mentale dans la gym, on pense à moi. Quand on pense podcast mental dans les sports artistiques, on pense à moi. Quand on pense événement mental dans un championnat de France, c'est à moi qu'on pense. Comme une gymnaste qui commence en régional et qui arrive en fédéral ou en élite et qui se retourne... et qui regarde la montagne qu'elle vient de gravir, elle se dit « Waouh, mais c'était haut, mais j'y suis ! » Et maintenant, il y a une autre montagne plus haute, et je n'ai pas peur, parce que je ne repars pas de zéro, parce que je repars de là-haut, et que je suis accompagnée, et que je sais le faire en fait. Ça y est, maintenant je me dis « J'ai réussi à faire une montagne, let's go ! » Je pars sur une autre montagne. Voilà mon week-end du championnat de France, et puis une semaine après ce 9 mai... Mais il y avait encore une compétition qualificative pour les championnats de France d'une autre catégorie où j'ai accompagné pas mal de monde. Mais en tout cas, j'ai reçu très tardivement, peut-être minuit, un message vocal d'un entraîneur que j'ai accompagné en formation. Alors je vais te le lire parce que je l'ai transcrit et parce qu'il dit mieux que moi ce que ce travail produit vraiment. Coucou Layla, désolée pour ce message tardif, je tenais à te remercier beaucoup et sincèrement pour ce que tu as fait avec mes gyms. Franchement, j'ai vraiment vu la différence et je suis extrêmement fière d'elles. Peu importe le résultat, calife ou pas, je ne parle pas de ça, je parle du mental qu'elles ont eu ce week-end à la région. J'ai eu des battantes et toutes mes équipes ont fait un sans-chute. Certes, tu n'as pas suivi toutes mes équipes, mais dans l'idée, ce que tu as dit aux filles que tu suis, je l'applique à toutes. J'essaie vraiment de le comprendre, d'analyser, de l'appliquer à toutes. Bon, maintenant, grâce à toi, je ne parle plus de sans-chute, je parle de validation d'éléments. Et pour que ça soit carrément plus ludique et fun, j'ai même créé un jeu. Et franchement, j'ai été stupéfaite d'avoir quatre équipes qui se présentent sur une compétition qualificative et les quatre qui me tapent des sans-chute, mais surtout qui essayent de valider un maximum d'éléments. Et j'en suis vraiment très heureuse et satisfaite. Alors, merci beaucoup, Leïla. Je te remercie vraiment mille fois. Continue de faire ce que tu fais avec toutes les filles de toute la France, parce que je pense que c'est hyper bénéfique. Tu plantes des graines. En tout cas, moi je trouve que ça se sent fois mille, que ce sont des filles vraiment épanouies. Je vois que les enfants autour de nous, même d'autres clubs aussi, c'est pareil. Je vois un peu qui tu suis. Alors oui, ça ne marche pas à 100%, c'est pas une science infuse, mais je le ressens de fou. Je trouve ça hyper bien, car moi j'avoue, j'adore matcher contre les équipes hyper solides qui font des enchaînements au top. Je trouve que c'est beaucoup plus beau de gagner quand tout le monde est égal et que tout le monde fait des passages parfaits. Comme ça au moins quand tu sors du lot, bah tu sors du lot. Alors vraiment merci pour nous toutes, je parle au nom de toute l'île de France, on a des compétitions de plus en plus belles, un niveau de plus en plus fort et je pense sincèrement que tu y es pour quelque chose. Merci beaucoup Leïla pour l'énergie que tu donnes à ces enfants et pour les clés que tu leur donnes dans leur vie d'adulte. Et pour moi aussi car tu m'apprends et tu m'apportes énormément de choses. Voilà ce message que j'ai reçu très tard et je suis restée longtemps avec ce petit message parce qu'il dit tout ce que je n'aurais pas osé dire moi-même. Merci à cet entraîneur, je suis sûre qu'elle se reconnaîtra. Ce n'est pas moi qui fait les 100 chutes, ce n'est pas moi qui crée les jeux pour rendre ça ludique. Ce n'est pas moi non plus qui les ai entraînés ces filles pendant des mois, mais j'ai planté les graines et quelqu'un les a arrosées et ça a poussé. Voilà, ça c'est ma mission, c'est ça qui me fait avancer, c'est ça qui me fait lever le matin. En tout cas, merci au club de Bourg-Cambres. Sans eux, sans cette opportunité, rien de tout ça n'aurait existé. Merci à Lily Rose, cette petite graine plantée il y a quelques temps. Elle a donné un arbre ce jour-là. Merci à sa maman Mathilde, qui a cru en moi aussi. Merci à Johan et Mathilde, mes partenaires, mes préparateurs mentaux, qui étaient là aujourd'hui, qui ont assuré et qui ont permis que tout ça soit possible. Merci à cet entraîneur qui se reconnaîtra, qui m'a envoyé ce message. tard le soir du fond du cœur. Et merci à toi, merci à vous, parce que sans vous, sans votre confiance, sans vos retours, sans votre présence, je n'aurais pas eu cette ampleur. Une petite graine plantée, un arbre est né le 9 mai 2026, et maintenant, je peux le dire, une forêt à construire. Alors, à très vite au bord des Praticables. Merci d'avoir été là avec moi au bord des Praticables. Si cet épisode t'a touché ou fait réfléchir, pense à t'abonner et à laisser un 5 étoiles sur ta plateforme préférée. C'est tout simple, mais ça m'aide énormément à faire grandir ce podcast. Et si tu connais un parent, un coach ou un athlète à qui ça pourrait faire du bien d'écouter cet épisode, alors partage-lui. On ne sait jamais quelles graines ça peut planter. Allez, à très vite, au bord des praticables.