Speaker #0Bonjour et bienvenue au bord des pratiques câbles, on est jeudi, on est déjà à l'épisode 8, le dernier de cette série estivale. Je vais être honnête avec toi, complètement honnête, parce que c'est ce que tu mérites après avoir été là toute la semaine. 8 jours, 8 épisodes, on a regardé des choses difficiles ensemble, les profils, les projections, ce que ton corps transmet, les mots qui construisent, les mots qui blessent, ce que ton enfant ressent et ne te dit pas, on a parlé du bébé. que tu as tenu dans tes bras et de comment ce bébé n'a jamais arrêté de te lire. Et toi, tu es encore là. Alors bravo, tu écoutes encore et merci beaucoup. Ça, ça veut dire quelque chose. Ça veut dire que tu tiens à faire mieux, pas à être parfait, à faire mieux. Et c'est exactement la bonne place pour commencer. Alors aujourd'hui, le dernier jour, je vais te dire des choses que je n'aurais pas osé mettre en épisode 1, par exemple. Des choses personnelles, des choses vraies. Et à la fin, à la toute fin, je vais te lire quelque chose d'intime. que j'ai écrit pour mes filles. Quelque chose que je n'ai jamais partagé publiquement. Mais là, on est entre nous. Du coup, j'ai envie de t'aider et peut-être t'inspirer. Reste jusqu'au bout. Bon, eh bien, je vais commencer par me mettre à nu, en même temps, vu la température. Quand j'étais entraîneur, avant de devenir maman, avant de créer ce podcast, avant d'être préparatrice mentale, avant tout ça, j'observais déjà les parts. Parfois avec de la tendresse, de la sympathie, mais parfois avec de la colère et de la frustration. Je voyais des parents qui pesaient sur leurs enfants sans le vouloir. Et du haut de mes 25 ans, je disais aux parents, non, non, mais il faut laisser votre enfant, vous lui mettez trop de pression, vous êtes trop là, vous le stressez, etc. Et je me disais, mais pourquoi il ne voit pas ? Et puis, je suis devenue maman. Et là, j'ai compris. On ne voit pas parce qu'on aime trop, parce que c'est notre enfant sur le praticable, notre chair, notre sang, quelqu'un pour qui on donnerait tout. Et ce n'est plus de l'observation, c'est viscéral. Ça touche quelque chose qu'on ne contrôle pas vraiment, quelque chose qui vient de loin, de très loin. J'aurais voulu vraiment que quelqu'un me dise ça clairement, moi aussi, pas pour me juger, mais certainement pour me libérer. Peut-être qu'à l'époque, je n'aurais peut-être pas compris, mais en tout cas, ça m'aurait permis de mieux comprendre. que l'amour que tu as pour ton enfant est immense et cet amour seul ne suffit pas à lui donner ce dont il a besoin. L'amour sans la conscience peut peser autant que l'indifférence. Ce n'est pas un reproche, c'est une invitation à aller pour le bon. plus loin que la mort, à aller vers la conscience. Et maintenant, je vais te dire la chose la plus difficile, celle que j'ai gardée pour aujourd'hui. Il y a quelque chose que les parents cherchent parfois, sans le formuler, sans même le savoir, quelque chose de très humain, de très compréhensible et en même temps de très lourd à porter pour un enfant. Ils cherchent à travers la réussite de leur enfant à réparer quelque chose. Une blessure ancienne, qui n'a peut-être rien à voir avec le sport, une ambition inachevée, encore une fois, peut-être rien à voir avec le sport, un manque d'enfance, un rêve qu'on a dû abandonner ou parfois c'est plus diffus que ça, juste ce sentiment que s'il lui réussit quelque part, ça valide ce qu'on a traversé, si elle brille, ça compense, si elle monte sur le podium quelque chose en soi se répare enfin. Je ne dis pas que tous les parents font ça, je dis que beaucoup le font. Un peu, parfois, dans ces moments précis où le passage rate, où la douleur qu'on ressent est disproportionnée par rapport à ce qui vient de se passer. Cette douleur-là, elle appartient souvent à une autre histoire. Une histoire qui a commencé bien avant que ton enfant mette ses premiers chaussons. Et la vérité, la vérité douce et dure à la fois, c'est que ça ne marche pas. La réussite de ton enfant ne réparera jamais ton histoire à toi. Alors je sais, là t'es en train de me dire, oui, bah Leïla je le sais. Non, je veux pas que tu le saches. Je veux vraiment que tu le conscientises. Elle ne peut pas parce que ce n'est pas son rôle, ce n'est pas sa vie, ce n'est pas son fardeau à porter. Mais ta posture à toi, elle, elle peut construire la sienne. Vraiment et durablement. Un parent stable construit un enfant stable. Mais en même temps, je connais très peu de parents stables. Un parent qui sépare l'amour de la performance construit un enfant qui ose... prendre des risques. Un parent qui accueille la défaite sans s'effondrer construit un enfant résilient. Ça, c'est un héritage. Pas une médaille dans un carton. Un héritage humain qui dure bien au-delà de la dernière compétition. Bien au-delà du sport. Jusqu'à l'adulte qui va devenir et le parent qu'il deviendra. Alors, parler de quelque chose que peu de gens savent. Depuis des années, je suis dans l'investissement. Mais pas du tout dans l'investissement immobilier. Pas dans des placements financiers. J'investis en moi. Aujourd'hui, je suis à plus de 35 000 euros d'investissement sur moi. Alors vous allez dire, « Waouh, elle est folle ! » Non, j'investis dans des formations, dans des accompagnements, dans des thérapies, des mentors, des retraites, des heures et des heures et des heures de travail sur moi, sur mes peurs, mes croyances, mes blessures, mes schémas répétitifs. Je ne te dis pas ce chiffre pour t'impressionner, je ne te dis pas qu'il faut faire pareil non plus. Tout le monde ne peut pas et ce n'est pas le sujet en tout cas. Je te dis ça parce que je veux que tu comprennes quelque chose. Quand on investit dans l'immobilier, par exemple, on achète de la pierre et on se dit, oh, la pierre, C'est une valeur sûre, oui, mais la pierre peut brûler, peut s'effondrer, elle peut être détruite du jour au lendemain par une guerre, une crise, un séisme, ok ? Mais quand j'investis en moi ? dans ce que je comprends, dans ce que je guéris, dans ce que je transmets. Ça, personne ne peut me l'enlever. Jamais. Aucune crise au monde ne peut me prendre ce que j'ai appris. Aucune guerre ne peut détruire ce que j'ai construit à l'intérieur de moi. Et si demain, tout s'effondrait, vraiment tout, les gens qui seraient les vrais, les premiers, ce ne seraient pas ceux qui ont la plus grande maison, parce que plus personne n'en aurait, ce seraient ceux qui ont appris à tomber et à se relever. Ceux qui ont travaillé sur eux. Ceux qui ont coupé les chaînes de leurs propres blessures pour ne pas les transmettre. Ce sont eux la vraie richesse de demain. Et toi, parent, toi qui m'écoutes, qui écoutes ce podcast depuis 8 jours, tu as déjà commencé. Tu as commencé à regarder, à te questionner et regarder. Tu as déjà investi sur toi. Alors, c'est gratuit et c'est génial, mais tu as déjà investi sur toi. Et là, je vais te parler directement de quelque chose que j'ai travaillé. Et toi, tu as déjà des choses à travailler. Je ne sais pas lesquelles. D'ailleurs, tu les connais mieux que moi. Peut-être une blessure d'enfance, peut-être une relation difficile avec l'échec, peut-être cette peur de l'abandon qui se glisse dans les gradins sans que tu le veuilles. Peut-être quelque chose de plus. chose que tu ne saurais même pas encore nommer aujourd'hui d'ailleurs, et je ne te demande pas de tout régler, je ne te demande pas d'être guéri avant la prochaine compète de ta fille, je te demande juste une chose s'il te plaît, ne laisse pas ton fardeau à ton enfant, parce que lui déjà il ne te l'a pas demandé, et parce qu'il mérite de construire sa propre vie, et peut-être ses propres fardeaux, avec ses propres blessures à lui, celles qui lui appartiennent, pas celles qu'on lui a transmises sans le vouloir. Et travailler sur soi, c'est l'acte d'amour le plus profond qu'on puisse faire pour ses enfants. Pas leur acheter les meilleurs équipements, pas les inscrire dans le meilleur club, le meilleur stage, pas être là à chaque entraînement, se regarder en face et décider que la chaîne s'arrête là. Moi j'ai fait ce travail, c'était vraiment pas facile, c'est vraiment une situation inconfortable, mais je peux te dire que, et je le dis avec tout ce que je suis, que c'est la meilleure chose que j'ai faite et que j'ai faite aussi pour mes filles. Bon, elles le savent pas hein ! Mais en tout cas, je sais que c'est la meilleure chose que j'ai faite pour mes filles. Et pour te montrer à quel point ce travail est là, est réel, à quel point il prend forme, s'incarne, se pose sur le papier, eh bien, je vais te lire quelque chose. Quelque chose d'intime, quelque chose que j'ai écrit pour mes filles. Une lettre que je leur ai laissée pour qu'elles sachent. Parce que les mots existent quelque part au cas où. Je ne l'ai jamais lue publiquement et aujourd'hui, je te la lis parce que je pense que peut-être, elle dira aussi quelque chose à toi. Mes chéries. Je porte en moi l'histoire des femmes qui m'ont précédée, avec leurs blessures, leur silence, leur colère et leur manque d'amour. Ma mère a avancé seule et ma grand-mère a cédé à la douleur. Et moi, j'ai grandi dans cette peur de l'abandon, cette peur que la vie nous arrache à ce qu'on aime. Mais aujourd'hui avec vous, je choisis autre chose, je mets un stop, j'écris une nouvelle page. A partir de moi, je transmets la confiance, la force d'oser vivre pleinement, la certitude que nous ne sommes jamais seuls. Car la vie nous relie toujours aux bonnes personnes. Je veux que vous sachiez, mes filles, que je serai toujours là. Peut-être que mon corps un jour ne le sera plus, mais mon âme, elle, elle vous accompagnera toujours. Vous n'avez pas à porter mes blessures, ni celles de ma mère, ni celles de ma lignée. Chacune se libère de ce qui ne lui appartient pas. À vous, je transmets la sécurité, la confiance et la liberté de grandir entourée, aimée, ouverte au monde. Vous avez votre place dans cette vie et je bénis chacun de vos pas. Avec tout mon amour, maman. Voilà, toi, parent, est-ce que tu pourrais écrire... Cette lettre à ton enfant aujourd'hui, est-ce que tu aurais les mots ? Est-ce que tu saurais ce que tu veux lui transmettre ? Et ce que tu veux que la chaîne s'arrête là ? Peut-être que oui, peut-être que non, pas encore. Moi j'ai réussi parce que j'ai fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail sur moi et que je savais que je ne voulais plus du tout laisser ce fardeau à mes enfants. Mais te poser la question, c'est déjà commencé. Peut-être que tu trouveras aujourd'hui, dans un an, dans dix ans, dans vingt ans, c'est pas grave. Mais en tout cas, je t'invite à y penser. Et je veux te dire quelque chose avant qu'on se quitte. Depuis quelques temps, j'ai fait un choix. Un choix qui peut surprendre pour quelqu'un qui accompagne les jeunes sportifs depuis des années. Moi, j'accompagne aussi les parents. Pas à la place des enfants. En plus, parce que j'ai compris quelque chose que j'entends souvent formulé à l'envers. Les parents qui me disent, si mon enfant va bien, moi j'irais bien. Mais moi, derrière cette phrase, j'entends l'inverse. Je comprends dans cette phrase, je la comprends vraiment, mais elle est fausse. C'est l'inverse. Si tu vas bien, ton enfant ira bien. Parce que je sais bien qu'en tant que parent, on a envie de résoudre les problèmes de son enfant, on investit sur son enfant, on veut que son enfant aille bien. Mais on va peut-être commencer par l'inverse et se dire que, pas parce que tu vas devenir le parent parfait, mais parce qu'on en a parlé toute la semaine, ton enfant te lie, il absorbe ton état, il se cale sur ton souffle depuis le premier jour de sa vie et tu es son premier repère. Alors si toi, tu portes des choses non résolues, peur, des blessures, des schémas qui se répètent, lui aussi, il les porte. Sans le vouloir, sans même le savoir d'ailleurs. Mais la vraie question, ce n'est pas comment je fais pour que mon enfant aille mieux en compétition. La vraie question. Parce que si c'est ça, venez me voir. D'accord ? Si vous voulez vraiment, c'est là qu'il faut venir voir. Non, la vraie question c'est qu'est-ce que moi, en tant que parent, j'ai besoin de travailler pour être le parent que mon enfant mérite ? Cette semaine, t'as peut-être mis face à des choses, des zones d'ombre que tu n'avais pas regardées, des vérités inconfortables, et peut-être que tu sens qu'il y a quelque chose à creuser, mais que tu ne sais pas exactement par où commencer. En tout cas, si c'est le cas, si tu sens que c'est le moment, eh bien écoute, je t'invite à prendre un rendez-vous avec moi. Pas pour parler de ton enfant, pour parler de toi, s'il te plaît. pour qu'on explore ensemble ce que tu portes. et comment tu peux commencer à le poser. Je te mets le lien dans la description. C'est juste un simple rendez-vous. C'est sans engagement. C'est gratuit. Juste pour qu'on se parle, en fait. 45 minutes ensemble. Parce que le plus beau cadeau que tu puisses faire à ton enfant, la chose la plus concrète, la plus puissante, la plus durable, ce n'est pas une inscription dans un meilleur club. C'est ni même acheter un juste au corps ou un praticable dans ton salon. Ce n'est pas plus d'entraînement. Ce n'est pas une meilleure... C'est juste toi qui vas bien. Alors avant de se quitter, une seule chose ce soir. Pas après la compète, pas après une épreuve, juste ce soir. Au détour d'un moment ordinaire dans la cuisine, ou dans la voiture, ou avant de dormir, dis à ton enfant, je suis fier de toi, pas pour ce que tu fais, mais pour qui tu es. Et reste là après, sans expliquer, sans développer, juste ses mots et ton regard. Et observe ce qui se passe sur son visage. Parce que c'est peut-être la phrase qu'il attend depuis longtemps. Merci, merci d'avoir été là. toute la semaine. Merci de t'être laissé traverser par ces questions. Merci d'avoir eu le courage de regarder, vraiment regarder sans te défendre. Même... Peut-être si tu râlais derrière ton poste de radio. En tout cas, ce que tu as fait cette semaine, ton enfant ne le sait pas. Il ne le verrait peut-être jamais directement, mais il le sentira. Dans tes mains qui se desserrent, dans ton regard qui change, dans l'espace que tu créeras pour lui d'être imparfait et aimé quand même. Les graines qu'on plante maintenant, ce sont des arbres de demain. Et si cette série t'a touché, si quelque chose a résonné, bougé, remué en toi, je t'en supplie, partage-la. En voilà un parent que tu connais, un commentaire, un 5 étoiles sur ta plateforme. C'est ce qui permet à ce podcast de continuer à grandir et à toucher ceux qui en ont besoin. Maintenant, on tourne la page. Parce que demain, on se retrouve pour une toute nouvelle série estivale. Oui, oui, je te l'ai dit, je vous accompagne tout l'été. Mais cette fois-ci, on change du côté du pratique. indicables. Cette série, elle est pour vos enfants, pour elles, pour les gymnastes. Pareil, on part sur 8 épisodes spécialement conçus pour les gymnastes. Pour leur tête, leur cœur, leur façon de vivre la compétition, leur sport. Pour la petite qui doute avant de passer, pour celle qui n'ose pas, pour celle qui performe mais qui tremble, pour celle qui aime son sport mais qui ne sait plus trop pourquoi. 8 épisodes rien que pour vos enfants. Partagez les épisodes avec vos enfants, écoutez-les avec elles, laissez-les les écouter toutes seules si elles en ont besoin, parce que elles aussi, elles méritent qu'on leur parle, vraiment. Alors ? A demain au bord des praticables et je vous souhaite une belle journée.