Speaker #0Salut, je m'appelle Nadine, j'accompagne les cavaliers et cavalières à mieux se comprendre, pour mieux comprendre leur cheval. Si tu as déjà ressenti le doute, la peur, le stress ou la sensation de ne pas être à la hauteur, sache une chose, tu n'es pas seul. A travers la sophrologie, l'équitation de légèreté et l'éthologie, j'ai appris que la relation ne se force pas, elle se construit avec présence, patience et persévérance. dans ce pot podcast, chaque épisode est une invitation à explorer comment ton savoir-être transforme la relation avec ton cheval. Si ce chemin résonne en toi, abonne-toi et avançons ensemble. La question de cette semaine c'est peut-on poser ses limites sans perdre le lien ? Est-ce que ça t'est déjà arrivé de dire oui alors qu'au fond de toi tu sentais non ? Oui à une demande. à un service ou à une discussion alors que tu n'avais plus l'énergie d'écouter. Ou auprès de ton cheval, de laisser une proximité qui te gêne, de poursuivre un exercice alors que tu avais besoin de t'arrêter peut-être. Parfois, nous ressortons très bien notre limite, mais au moment de l'exprimer, quelque chose nous retient. Parce qu'on se dit, il va peut-être mal le prendre, il va être déçu ou peut-être que je parais égoïste. Ou tout simplement, on se pose la question, est-ce que ça va changer notre relation ? Eh bien aujourd'hui, j'aimerais explorer cette question avec toi. Peut-on poser ses limites sans perdre le lien ? Dans le dernier épisode, je te proposais d'observer avant de vouloir corriger. Observer le cheval, mais aussi l'autre personne. Prendre le temps. temps de comprendre ce qui se passe avant de répondre. Il y a pourtant quelqu'un que nous oublions parfois dans cette observation, c'est nous-mêmes. Nous remarquons que l'autre est fatigué, qu'il a besoin d'aide ou qu'il traverse une période difficile. Nous voyons aussi que notre cheval est inquiet, qu'il cherche quelque chose, qu'un exercice lui demande un effort. Et naturellement, notre attention se tourne vers lui. Mais pendant ce temps, que se passe-t-il en nous ? Est-ce que nous avons encore de l'énergie ? Est-ce que nous sommes à l'aise ? Est-ce que nous avons réellement envie de dire oui ? Écouter l'autre et s'écouter soi peuvent exister ensemble. Cela demande parfois de faire une petite place à une sensation que nous avons l'habitude de mettre de côté. Imagine un peu qu'une personne te demande un service. Toi, tu as déjà une journée bien remplie. Tu sais que cette demande va te mettre en difficulté. Mais tu réponds « oui, bien sûr » . Sur le moment, tu évites la gêne de refuser. Puis, tu vas réorganiser ton emploi du temps, tu te dépêches, tu repousses quelque chose qui est compté pour toi. Et petit à petit, tu sens l'agacement monter. Tu en veux un petit peu à cette personne de t'en demander autant. Pourtant, Elle, elle n'a peut-être pas conscience de ce que ton oui te coûte à toi. Elle a entendu ton accord. Ce qui était évident à l'intérieur de toi ne l'était pas forcément pour elle. Avec le cheval, nous pouvons vivre quelque chose d'un peu semblable. Il se rapproche, nous nous décalons. Il avance encore, nous lui laissons encore de la place. Puis, cette proximité devient inconfortable. Notre réaction sort brusquement. Dans les deux situations, une question peut nous aider. À quel moment ai-je commencé à sentir que cela ne me convenait plus ? Je pense que comme moi, tu attends un peu parfois d'être débordée pour exprimer une limite. Et lorsqu'elle sort enfin, elle porte toute la fatigue accumulée. Nous disons, tu me demandes toujours trop. ou nous faisons un geste plus vif avec notre cheval. Puis après, on va regretter la manière dont on agit. Apprendre à poser ses limites peut commencer bien avant ça, par un premier signal, une tension, une hésitation, la sensation de manquer d'espace, ou cette petite pensée, là, j'ai juste pas envie. Ce signal ne décide pas tout de suite. tout à notre place. Nous pouvons choisir de faire un effort, d'aider quelqu'un ou de traverser un inconfort. Mais nous pouvons le choisir consciemment, en tenant compte de ce que cela nous demande. Pourquoi est-ce parfois si difficile de dire non ? Peut-être parce que nous avons appris que pour être aimé, nous devions être disponibles, être agréables, rendre service, ne pas déranger. Alors enfin, quand nous envisageons une limite, nous craignons de mettre la relation en danger. Parce que nous confondons parfois la déception de l'autre avec la preuve que nous avons mal agi. Pourtant, quelqu'un peut être déçu de notre réponse sans que notre réponse soit injuste. Une personne peut souhaiter notre aide et nous pouvons ne pas être disponibles. Elle peut avoir envie de parler maintenant et nous pouvons avoir besoin de repos. Ces deux réalités peuvent coexister. Cela ne rend pas toujours la discussion facile, mais cela nous permet de reconnaître que les besoins de chacun ont une place. Concrètement, une limite peut tenir en quelques mots. Aujourd'hui, je ne peux pas. Je peux t'aider, mais pendant une demi-heure seulement. J'ai envie de t'écouter, mais ce soir, je suis trop fatiguée. Est-ce qu'on peut en reparler demain ? Ou encore, j'aimerais vraiment poursuivre cette discussion quand nous pourrons nous parler plus calmement. Nous pouvons expliquer notre situation sans devoir nous justifier jusqu'à obtenir l'accord de l'autre. Et si nous proposons une autre possibilité, elle mérite d'être sincère. Dire demain alors que nous n'avons pas davantage envie ne fait que déplacer la difficulté. Parfois, notre réponse est simplement non. Auprès du cheval, nous ne disposons pas des mêmes mots. Nous avons besoin de communiquer avec des signaux qu'il a appris à comprendre. Si sa proximité nous gêne, nous pouvons lui demander de retrouver une distance confortable. Si nous ne sommes plus dispo, nous pouvons simplifier ou terminer la séance. Et s'il ne répond pas, nous avons besoin de regarder. Ce qui rend notre demande difficile. C'était quoi ? Son apprentissage, son état, notre clarté ou l'environnement. Avec une personne aussi, exprimer une limite demande de la précision. « Respecte-moi » dit quelque chose d'important sur notre ressenti. Mais l'autre, il ne sait pas toujours ce que nous attendons. « Laisse-moi terminer ma phrase » donne une indication concrète. Nous rendons ainsi notre besoin beaucoup plus compréhensible. Il existe toutefois une différence essentielle. Eh ouais, une personne peut discuter de notre limite, exprimer son désaccord et faire un choix. Nous pouvons tout à fait l'écouter, sans renoncer immédiatement à ce que nous venons de dire. Parfois un ajustement est possible, ou parfois nous allons simplement maintenir notre réponse. Parfois, l'autre, il peut mal réagir. Nous ne pouvons pas garantir qu'une limite sera toujours bien accueillie. Nous pouvons veiller seulement à la manière dont nous l'exprimons. Mais nous ne maîtrisons pas toute la réaction en face. Ça peut être un des apprentissages les plus délicats. Accepter un peu de tension, sans se précipiter pour l'effacer en disant finalement « Ouais, je le fais » . Laisser à l'autre le temps d'entendre. et nous laisser le droit de tenir notre position aussi. Une limite concerne aussi ce que nous choisissons de faire. Nous pouvons demander à quelqu'un de nous parler autrement, mais nous ne pouvons pas lui imposer de devenir calme. En revanche, nous pouvons dire, « Si les cris continuent, je vais interrompre cette conversation. » Nous pourrons reprendre plus tard. Nous précisons alors comment nous allons prendre soin de notre propre limite. Avec le cheval, nous pouvons également adapter notre participation, prendre de la distance, interrompre un exercice, demander de l'aide lorsque la situation nous dépasse. Notre sécurité et celle des autres font partie de la relation. Allez, je vais te proposer une petite observation pour les prochains jours. Tu peux choisir. Une situation simple dans laquelle tu te sens suffisamment en sécurité pour essayer. Avant de répondre automatiquement, prends juste un instant. et demande-toi, est-ce que « oui » me convient ? Qu'est-ce que je peux réellement offrir aujourd'hui ? Ai-je besoin de poser une condition, de demander du temps ou de refuser ? Tu peux même commencer par une phrase très simple. Je regarde. Et je te réponds. Cela te donne le temps de sentir ta réponse. Auprès de ton cheval, ce sera peut-être remarquer ton besoin d'espace avant de te sentir envahi. Dans une relation humaine, ce sera peut-être reconnaître ta fatigue avant de promettre quelque chose. Des petits moments où tu te prends ta propre présence en compte. Alors ? Peut-on poser ces limites sans perdre le lien ? Oui, c'est possible. Une relation peut laisser de la place à un refus, à de besoins différents ou à un ajustement. Mais poser une limite ne nous donne pas la certitude de préserver chaque relation telle qu'elle était. Cela nous permet aussi de découvrir comment l'autre accueille notre place. Et nous pouvons nous poser cette question lorsque je dis toujours oui, quelle place reste-t-il pour moi dans ce lien ? Avec les humains comme avec les chevaux, je crois que nous pouvons chercher une manière d'être ensemble où chacun compte, où nous pouvons être attentifs, généreux, disponibles et reconnaître aussi les moments où nous avons besoin d'espace, de repos ou d'une autre façon de faire. Allez, merci d'avoir partagé ce moment avec moi. À bientôt pour continuer à explorer cette présence à soi, aux autres et aux chevals. Rappelons-nous que les clés du bonheur et de l'harmonie sont déjà en nous. Le cheval nous apprend juste au regarder. Alors abonnez-vous pour continuer cette aventure avec moi. A très vite !