Speaker #0La question du jour est qu'est-ce que ton cheval révèle de la confiance que tu t'accordes ? Et aujourd'hui je te pose cette question. Quand ton cheval hésite, quand il s'arrête, quand il doute, es-tu vraiment certain, certaine, que c'est de lui dont il est question ? Parce qu'il y a quelque chose que j'observe depuis des années. Très souvent, les difficultés que nous rencontrons avec nos chevaux ne parlent pas seulement de notre technique. Elles parlent de la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Et aujourd'hui, j'aimerais t'emmener explorer un sujet qui me touche énormément. La confiance que nous nous accordons. Alors je vais te demander d'imaginer une scène. Tu arrives au manège. Tu prépares ton cheval tranquillement, en prenant le temps de le brosser, tu ajustes ta selle, tout semble normal. Puis vient le moment de poser le pied à l'étrier. Et là, tu hésites, tu regardes ton cheval, tu regardes autour de toi, tu redescends, tu vérifies ta sangle, alors que tu l'as déjà vérifiée deux fois. Et dans ta tête, les pensées arrivent, le flot de pensées. Et si je tombe ? Je ne suis peut-être pas prêt. Ben, les autres y arrivent tellement mieux que moi. Ce qui est fascinant, c'est que bien souvent, ton cheval n'a encore rien fait, rien du tout, mais ton cerveau, lui, il a déjà écrit tout le scénario. Moi, je crois que beaucoup de personnes pensent manquer de confiance. Moi, je ne suis pas... pas certaine que ce soit exactement ça. Je crois surtout que nous avons appris à ne plus croire, à remettre sans cesse notre ressenti en question, à attendre que quelqu'un nous dise que c'est le bon moment, à chercher une validation extérieure avant d'oser. Comme si notre propre parole n'avait jamais suffisamment de valeur. Et finalement, ce mécanisme dépasse largement le cheval. Combien de fois attends-tu que quelqu'un te dise « vas-y, tu peux, tu es capable » avant de prendre une décision, de changer de travail, de lancer un projet ou de dire non, prendre une journée pour toi, ou simplement faire confiance à ton intuition ? Lady L, elle m'a appris cette leçon d'une façon que je n'oublierai jamais. Pendant longtemps, j'attendais de me sentir... prête avant de monter. Je me disais quand j'aurai plus peur, alors je pourrai enfin profiter. À ce moment, il n'arrivait jamais. Je préparais les dits, je faisais tout ce qu'il fallait et pourtant, au moment de monter, il y avait toujours cette petite voix. Et si aujourd'hui était le jour où tout se passait mal ? Alors, je redescendais, je remontais, je faisais semblant de vérifier la sangle, je trouvais toujours une bonne raison d'attendre. encore un petit peu. Et un jour, je me suis posé une question. Si j'étais Lady, est-ce que j'aurais envie de suivre quelqu'un qui ne croit même pas en sa propre décision ? Et cette question, elle m'a bouleversée. Parce que je me suis rendue compte que je demandais à Lady de me faire confiance. Alors que moi-même, je remettais chacune de mes décisions en doute. Je voulais qu'elle avance, mais intérieurement, moi, je reculais. Eh bien, ce jour-là, je n'ai pas essayé d'être plus courageuse. Je n'ai pas cherché à supprimer ma peur. Je me suis simplement dit, aujourd'hui, je vais me faire confiance pour une seule chose. Écouter ce que je ressens. Si mon corps dit « attends » , eh bien, j'attends. Si mon corps me dit « maintenant » , eh bien, je monte. Petit à petit... Je n'ai plus cherché à monter parfaitement. J'ai simplement essayé d'être honnête avec moi-même. Et c'est bien étonnant, mais Lady est devenue beaucoup plus disponible. Comme si elle n'avait plus besoin de porter toutes mes hésitations. Quelques semaines plus tard, une élève est venue en cours avec un excellent niveau. Elle connaissait les exercices, elle savait monter. Mais à chaque étape, elle se tournait vers moi. C'était bien ? Tu crois que je peux ? Est-ce que je fais juste ? Au début, je répondais. Puis à un moment, je lui ai simplement demandé « Et toi, qu'est-ce que t'en penses ? » Elle est restée silencieuse. Puis elle a répondu « Je ne sais pas » . Et cette réponse-là, elle m'a profondément touchée parce qu'en réalité, elle savait. Son corps, il savait. Son cheval, lui, il lui donnait déjà. énormément d'informations, mais elle avait tellement pris l'habitude de chercher la réponse à l'extérieur qu'elle n'entendait même plus les siennes. Et bien depuis ce jour-là, je lui pose souvent cette question. Qu'est-ce que ton cheval t'a raconté aujourd'hui ? Pas qu'est-ce que moi j'ai vu, mais qu'est-ce que toi t'as ressenti ? Parce qu'à mes yeux, un enseignant ne devrait pas créer des élèves qui dépendent de son regard. Il devrait les aider à retrouver le leur. Eh bien, je crois que c'est exactement la même chose dans notre vie. On passe tellement de temps à demander « t'en penses quoi ? » « Tu crois que je fais juste ? » « T'as ta place, tu ferais quoi ? » Bien sûr qu'un conseil est précieux. Mais parfois, nous le demandons simplement parce que nous avons oublié que notre propre voix compte aussi. Le cheval, lui, il ne comprend pas tous ces mots. Mais il ressent quelque chose de très subtil. Il ressent que notre corps avance alors que notre esprit recule. Il ressent qu'en nous donnant une direction, sans vraiment croire qu'elle est possible, imagine que quelqu'un te serre la main, une poignée de main un peu hésitante. Tu sens immédiatement quelque chose. Tu ne te dis pas, cette personne manque de technique. Tu sens simplement qu'elle n'est pas complètement présente. Et nos chevaux ressentent cette cohérence, bien plutôt cette incohérence. J'aimerais te proposer une petite expérience aujourd'hui. Pas un exercice, une expérience. Pendant toute la journée, observe-toi. À chaque petite décision, comme quel chemin prendre ou quel repas choisir, quel message envoyer ou quel vêtement porter, pose-toi simplement cette question. Est-ce que je suis en train de m'écouter ? Ou est-ce que je cherche immédiatement quelqu'un qui va me dire si j'ai raison ? Tu risques d'être bien surpris. Parce que la confiance, ce n'est pas croire que tout ira toujours bien. C'est croire que quoi qu'il arrive, tu sauras t'adapter. Il y a aussi quelque chose que j'observe souvent. Quand nous ne nous faisons pas confiance, nous devenons très exigeants. Avec nous-mêmes, avec notre cheval, avec nos proches, nous voulons tout contrôler parce que nous croyons que le contrôle nous protégera. Alors qu'au fond, ce dont nous avons le plus besoin, c'est peut-être simplement de pouvoir nous dire « Je ne sais pas encore, mais je peux apprendre » . Waouh ! Quelle phrase apaisante ! Elle enlève énormément de pression. « Je ne sais pas encore, mais je peux apprendre » . Et si ton cheval... au lieu de révéler tes failles, te montrer simplement les endroits où tu peux grandir avec davantage de douceur. Parce qu'au fond, ce n'est peut-être pas la confiance qui te manque, c'est l'habitude de te traiter comme quelqu'un en qui tu pourrais enfin croire. Alors aujourd'hui, j'aimerais te laisser avec cette question. Quand as-tu été pour la dernière fois la p... personne sur laquelle tu pouvais vraiment compter. Et si tu avais envie d'un moment pour ralentir et revenir à toi, j'ai créé une séance de sophrologie offerte, un temps pour soi. C'est un moment très simple pour déposer un peu tout ce que tu portes et retrouver un peu plus d'espace à l'intérieur. Le lien est disponible dans la bio et dans la description de cet épisode. Eh bien, si cet épisode t'a parlé, j'aimerais te demander une seule chose. Choisis une personne à qui il pourrait faire du bien et partage-lui cet épisode. Merci d'avoir pris ce temps avec moi. Prends soin de toi et n'oublie jamais, ton cheval ne te demande pas d'être sûr de toi. Il a surtout besoin que tu sois sincèrement présent à ce que tu vis. À très bientôt !