Speaker #0Bonjour, je suis Cécile, sexothérapeute. Les gens qui m'ont déjà rencontrée ou qui me connaissent savent que j'ai l'habitude de dire que moi je travaille pour l'amour dans le monde. Je suis assez fière. Ça veut dire qu'en vrai, j'accompagne les personnes, les couples à récupérer ou à vivre une intimité plus confiante, plus épanouissante. Ça fait quelques années maintenant que j'exerce et je me rends compte que bon nombre de situations se sont traversées ou vécues, partagées par beaucoup de gens. Du coup, j'avais à cœur d'ouvrir ce podcast Épisode par épisode, prends point par point un blocage, une croyance, une situation difficile et vous offre des clés d'accompagnement pour mieux la comprendre, mieux la traverser. Ma méthode, c'est tête, cœur, corps, parce que ce n'est jamais uniquement dans la tête, ni uniquement dans la relation, ni uniquement dans le corps, c'est souvent les trois à la fois. Bienvenue dans Au-delà du corps. Bonjour. Alors aujourd'hui on va parler d'un sujet un peu délicat, de la sexualité à un moment de transformation, à un moment de vulnérabilité en vrai. La sexualité après un accouchement. Peut-être que c'est votre situation maintenant, peut-être que ça ne l'est pas du tout, peut-être que vous l'avez vécu il y a un moment, plus ou moins près. Peut-être que voilà, vous avez accouché il y a trois mois, six mois, un an, et le médecin vous a dit ouais c'est bon. Tout est cicatrisé, vous pouvez y aller, vous pouvez reprendre. Mais alors là, oh ! Voilà, vous n'avez aucune envie. C'est compliqué. Votre corps a changé, vous êtes épuisé, vous ne vous reconnaissez peut-être même pas. Votre partenaire, d'un côté, votre partenaire vous attend, vous avez un peu le truc de vous sentir un peu coupable, et en même temps, vous êtes à milieu de ça, complètement immergé dans ce nouveau rôle de votre vie. Peut-être le plus grand, celui de maman. Alors aujourd'hui, on va passer dans un premier temps pour comprendre qu'est-ce qui se passe en vrai après un accouchement et pourquoi le désir ne revient pas comme avant. Peut-être enfoncer des portes ouvertes pour certains, peut-être que ça fait du bien de les réentendre et peut-être que vous découvrirez aussi quelques nouvelles facettes ou nouveaux aspects des choses. Et puis comment reconstruire progressivement cet espace-là de votre vie intime, de votre vie de couple. Toujours à travers les trois espaces, la tête, le cœur et le corps. Alors, comprendre ce qui se passe dans votre corps et dans votre tête aussi, en postpartum. Bon, c'est un sacré sujet. Un premier point, les transformations physiques, ça ne vous aura pas échappé. Tout a changé, le bébé n'est plus là, mais clairement, le corps porte encore tous les stigmates. de la grossesse. Le périnée est distendu, il peut y avoir des cicatrices, c'est pas obligatoire, mais il peut y avoir des cicatrices, des cépisiotomies, des césariennes, des petites déchirures, des points de suture en vrai, à cet endroit-là qui est ultra sensible et qui n'est pas si loin de l'avessie, ou de l'urètre, donc du coup, qui a pu aussi subir des jets d'urine en cicatrisation. C'est toujours une sensation très intéressante. Ça nous marque, mais pas dans le bon sens du terme. Les seins. eux, ils sont aussi transformés, souvent distendus, par les allaitements, par les montées de lait, ils peuvent être ultra sensibles, parfois même douloureux. Le ventre ne ressemble plus à notre ventre d'avant. Les abdos ont clairement trinqué. Il peut y avoir des fuites urinaires, ou même des sécheresses vaginales liées à des chutes hormonales brutales. Bref, c'est clairement... pas du tout le même tableau qu'il y a 9 mois. Dans un deuxième point, les bouleversements hormonaux, clairement, ça crée aussi des changements après l'accouchement. La prolactine reste élevée s'il y a de l'allaitement, et donc du coup, ça contribue à bloquer le désir, on est vraiment focus sur le bébé. Toutes les cytocines qu'on produit sont vraiment dirigées vers le bébé, là où avant, elles pouvaient être dirigées vers le partenaire. Donc on a... Globalement, un message biologique qui est vraiment protège ton petit. Autre donnée qui est ultra importante physiquement, c'est l'épuisement, la fatigue. Ça fait très longtemps et parfois même avant la naissance que le sommeil est tâché, interrompu, que les nuits ne sont pas complètes, il peut y avoir de l'allaitement, du cododo. Clairement, le corps est en mode survie. C'est impossible d'avoir du désir quand vous manquez du sommeil. Je rappelle que la privation de sommeil, c'est une technique de torture. Donc, en cas de fatigue, clairement, le désir ne peut pas émerger. Le corps pilote en mode survie, vraiment. Donc, cette histoire de « les six semaines sont passées, c'est bon » , en vrai, c'est une fiction. le délai médical c'est La cicatrisation physique, extérieure, interne, ça ne veut pas du tout dire que le désir est de retour et qu'on peut y retourner. En vrai, la cicatrisation ou la récupération interne, physique, complète de la grossesse dure minimum 6 mois, 1 an. On parle d'une plaie interne de la taille d'une assiette. Donc imaginez la cicatrisation, ça prend son temps. Et ça nécessite du temps. Voilà. Les blocages principaux postpartum, c'est vraiment cette histoire du corps et de la perception qu'on en a et de comment on l'habite. Parfois, on peut en avoir honte et ça va vraiment jouer comme un frein dans le désir parce qu'on ne se sent pas désirable. Et aussi parce que votre corps n'est plus complètement à vous. Il a été colonisé par la grossesse, par l'accouchement, par l'allaitement. Il a été vu, visité, montré, ausculté. Et ce n'est plus du tout un objet d'intimité, de plaisir. Cette peur de la douleur, j'en parlais tout à l'heure quand je parlais du fait d'uriner sur des zones qui étaient sensibles, déchirées ou suturées, c'est vraiment quelque chose qui est traumatique et qu'on appréhende. On a beau avoir entendu de cinq bouches du corps médical que physiologiquement, c'est tout bon. on peut y aller, le corps va tenir le coup, ça ne va pas péter, ça ne va pas ressainir. Il y a une telle peur d'avoir mal que ça peut vraiment bloquer. Et c'est surtout la peur de la pénétration. Parfois les cicatrices sont encore sensibles, même si tout va bien, et du coup le corps se contracte par anticipation. Vraiment, ça crée un cercle vicieux, la peur, la contraction, la contraction génère de la douleur ou de l'inconfort et on a encore plus peur, ça nous valide dans notre peur et ça enchaîne comme ça une cascade sans fin qui n'est pas du tout vertueuse. Et puis il y a ce clivage finalement de la maman et de l'amante, de l'épouse et de la mère, voilà ce complexe de la mère et de la putain. C'est un truc qui est très très vieux et qui vraiment se joue et se met en place à ce moment-là. Parfois les papas aussi contribuent du truc sans le savoir, parce que pour eux aussi les choses changent. Vous étiez leur partenaire et puis là vous devenez la mère de leurs enfants, et ils ont pu assister à l'accouchement, ils ont pu vous voir dans une situation complètement différente, dans un point de vue que vous n'avez pas vu, et ça peut être aussi une image qui est marquante et traumatisante pour eux. Cette difficulté de passer du mode mère au mode amante ou de se retrouver dans le rôle de la conjointe, c'est un vrai blocage en tant que soi. On a tendance à être focus sur le bébé 24h sur 24 et donc récupérer de l'attention, renouer de l'attention vers le papa, c'est pas si simple. Et c'est là que c'est important aussi que le papa joue son rôle d'interférer ou de prendre sa place pour créer petit à petit une distance aussi entre la mère et le nourrisson. doit prendre sa place de tiers en jeu. Alors, prenons comme exemple Sophie, 34 ans. Elle a accouché il y a 8 mois. Bien sûr, elle a eu le classico épisiotomie plus déchirure, et elle a un allaitement en cours. Elle n'a toujours pas refait l'amour. Ce qu'elle me dit vraiment, c'est que son médecin a mixé, sécatrisé, mais qu'elle a dit, moi j'ai peur en fait. J'ai tellement peur d'avoir mal. Elle dit, mon mari est patient, mais je vois bien qu'il attend. Et il attend quelque chose de moi. J'ai l'impression que mon corps ne m'appartient plus. Je donne tout au bébé. Il ne me reste rien pour lui. Et honnêtement, vraiment, j'en ai pas envie du tout. Et c'est pas une histoire de sentiments amoureux. Là, c'est vraiment... Y'a pas l'énergie pour, quoi. Ce qui s'est passé, c'est qu'elle a pu se forcer à 3-4 mois, à peu près, postpartum. Ça a fait mal, c'était inconfortable. Et donc, depuis, bah, évitement complet. et culpabilité massive. On se retrouve à nouveau dans ce cycle vicieux. La peur crée de l'évitement et de la culpabilité. La culpabilité vient d'une pression à la voix interne, parce que la personne s'en veut très souvent de ne pas pouvoir assurer à nouveau sur ce plan-là de la vie de couple. Et parfois externe, parce qu'il y a ce sentiment d'attente. Très souvent, le conjoint attend le feu vert. Du coup, ça crée encore plus de peur. Comment on s'en sort ? Très souvent en parlant et en créant un dialogue dans le couple et en proposant très souvent de l'alternative. Alors, deuxième partie, le cœur. Communiquer. Comment parler en vrai à son partenaire de ce qui se passe ? Ce qui est important de ne pas dire pour commencer, on peut déjà se dire ça. Je sais que je te délaisse. Ça, c'est les phrases à éviter. Désolé, je suis trop nul. Ou encore un peu de patience. Non, vraiment, en vrai, vous ne savez pas quand. Donc, ça ne marche pas parce que ça culpabilise, parce que ça ne dit pas ce qui se passe vraiment. Et en fait, ça le laisse totalement dans le fou. D'accord ? Ce qui est important de dire à la place. Et ça va marcher parce que ça pue le vrai. Et si vous êtes sincère dans vos mots et dans vos explications, il n'y a aucune raison que ce ne soit pas reçu comme tel. Mon corps a traversé un traumatisme. L'accouchement, c'est violent et je suis encore en reconstruction. Vous pouvez lui prendre l'image de la plaine interne de la taille d'une assiette. C'est plutôt visuel et ça permet aux gens de se... de se remettre dedans. Aborder les choses sur le plan hormonal aussi. Hormonalement, je ne suis pas disponible. Ce n'est pas toi, c'est juste mon corps qui ne dit pas maintenant. C'est un peu plus virtuel, mais ça peut être compris aussi. J'ai besoin qu'on reconstruise l'intimité autrement pour l'instant. Et là, on a du concret. Comment on y va autrement ? Ça nécessite de la créativité. Et ça, quand on est dans une phase de couple ou dans une phase de vie où on ne dort pas très bien, où on se pose plein de questions, ce n'est pas forcément si simple que ça à aborder à deux. Là, d'un point de vue extérieur, à froid, ça peut sembler très fluide, mais concrètement, ce n'est pas toujours aussi évident. Alors, pour votre partenaire, là, il faut comprendre ce qui se passe. Et il y a des choses qu'il ou elle doit savoir. C'est important d'identifier que ce n'est pas un rejet. Clairement, votre partenaire Merci. ne vous désire plus. Non, elle n'a plus de désir. D'accord ? C'est pas contre vous, c'est juste l'expérience ou la sensation qui n'émerge pas. Elle est épuisée, elle est transformée, elle vit elle-même un chambardement hormonal, elle est indisponible. Ça ne veut pas dire qu'elle ne vous aime plus. Encore une fois, désir et sentiment ne sont pas liés. Ok ? Ça n'est pas parce qu'il n'y a pas de désir qu'il n'y a plus de sentiment d'amour. Merci. La date des six semaines, cette jauge là, c'est vraiment une totale fiction. Le corps médical dit six semaines pour la cicatrisation externe de ce qui est visible mais pas du tout pour le désir. Pour beaucoup de femmes, c'est six mois, un an, voire plus. Le corps met vraiment six mois à se remettre et un an à guérir totalement de ce qu'il a vécu. La pression empire tout. attendre en silence, c'est aussi une forme de pression. Ça crée de la pression. En tout cas, c'est quelque chose que l'autre voit et ressent. Même si c'est non-verbal, c'est totalement ressenti. Et donc, ça transforme l'intimité en une forme de dette à rembourser. Et clairement, sentir qu'on doit aussi s'occuper de son partenaire, c'est très compliqué à gérer. Et là, il est important pour vous de rester désirable. Et donc, dans ce désirable, c'est important de... Prendre en charge la situation autant qu'elle, de la soutenir autant que possible, et à la limite c'est comme ça que vous serez le plus désirable. Éviter tout à fait d'insister, de se plaindre ou de culpabiliser. Voilà, le médecin dit que c'était bon, on peut y aller. Ça fait six mois quand même, vraiment, on va dire combien de temps encore ? Ou alors, tu fais pas du tout d'efforts pour nous ? Vraiment, c'est des phrases... dont on pourrait clairement s'abstenir. Si vous faites autre chose, par contre, si vous avez une posture plutôt d'ouverture, dis-moi ce dont tu as besoin, je suis là, on peut reconstruire l'intimité autrement pour l'instant, ou qu'est-ce qui te ferait du bien, et être vecteur de proposition, chercher, se documenter, lire, c'est vraiment hyper intéressant pour la maman, parce que ce n'est pas forcément quelque chose dont elle va avoir l'énergie pour le faire. Il y a un livre qui est extrêmement fabuleux sur le sujet, c'est Reconstruire une intimité après bébé de Camille Bataillon. Vous le recherchez, vous le retrouvez, c'est un livre qui est majeur sur la thématique. Il n'est pas très grand, il est facile à lire, il y a plein plein plein plein d'informations. Le livre de Camille Bataillon est vraiment excellent, je le prête régulièrement parce que ça sert tout simplement. Et ça sert aussi de dialogue entre les deux personnes du couple. Pour reconstruire une intimité, on va y aller progressivement et surtout, on va l'aborder sans pénétration. C'est ce qui est la crainte majeure, donc on évacue totalement le sujet. pour mettre le maximum de chance de votre côté. En étape 1, on va d'abord retrouver un toucher non sexuel. Cultivez les caresses, les câlins, les massages, les contacts, la proximité et l'intimité physique sans attendre de suite. Juste se toucher pour se reconnecter, pour générer du réconfort, pour se ressourcer l'un avec l'autre. C'est majeur. Ensuite, étape 2, et ça peut être vous toute seule d'abord. redécouvrir son propre corps. Auto-explorer doucement, du bout des doigts, sentir ce qui a changé peut-être, ce qui est toujours là. Peut-être identifier ce qui fait mal ou ce qui est toujours sensible. Réapprivoiser les sensations. Des sensations qui ne sont pas médicales. Des sensations qui sont sensuelles, qui sont douces. Puis peut-être dans un troisième temps, créer ou vivre une intimité sans pénétration ensemble des caresses un touché mutuel vraiment de la sensualité de la douceur à son rythme pas forcément un objectif d'orgasme vraiment juste se sentir et ressentir ensemble est vraiment cette histoire de la pénétration elle va revenir quand vous êtes prête pour que ça se passe bien prévoyez du lube si possible du bio Le meilleur endroit pour être sûr d'en trouver c'est la Biocop. Sinon il y a des produits très très bien sur internet. Mais vraiment prévoyez du lup parce qu'on ne sait pas ce qu'a produit la chute hormonale. Donc vraiment c'est le meilleur moyen d'avoir des sensations augmentées et agréables pour tout le monde. Y aller très progressivement et ainsi vous gardez le contrôle à la fois du position, du rythme. de la profondeur. Et vous avez bien sûr le droit d'arrêter à tout moment et vous repasser en non pénétratif. C'est tout à fait possible. Pas de calendrier imposé, pas de pression, vous avancez à votre rythme. Ok ? C'est toujours vous qui donnez le feu vert. Maintenant, dans cette troisième partie, je vais vous proposer d'aller descendre dans le corps pour se réconcilier avec ce corps du postpartum. Se réapprivoiser. se réapproprier votre corps transformé. Alors, c'est la troisième partie, et c'est le moment où on parle du rapport au corps, de ressentir. Et vous me connaissez maintenant, à chaque fois je propose un processus ou des exercices pour explorer et ressentir la situation par le biais de votre corps. Donc là, c'est quelque chose d'un peu particulier, donc vous ne pouvez pas le faire en conduisant par exemple. Je vous demande vraiment de vous poser, de vous installer tranquillement, pour pouvoir aller vers la réappropriation de votre périnée. Il a été distendu, voire traumatisé selon le déroulement de l'accouchement. Peut-être que vous avez perdu la connexion aussi avec cette zone, et il est clairement impossible d'avoir du plaisir si vous êtes coupé de cette zone. Si vous êtes dissocié de cet espace de vous, c'est important de recréer cette connexion périnéale, de façon douce et progressive. Dans un premier temps, je vais vous demander de respirer avec votre périnée. Peut-être que vous ne le savez pas, mais notre périnée bouge en même temps que notre diaphragme pendant que nous respirons. Très clairement, il faut vraiment imaginer ce système de double parapluie, une membrane qui est en bas de nos poumons qui est le diaphragme, et une membrane qui est... Vraiment ce hamac de muscles qui est le périnée, qui est dans notre petit bassin. Et quand le diaphragme s'abaisse par l'inspiration, le périnée s'étend et se distend dans l'expiration, dans son bassin. Et quand le diaphragme remonte avec l'expiration, le périnée se contracte et se redresse. Il est actif. Là, moi je vous propose de vous allonger, de plier vos jambes, vraiment d'avoir les pieds à plat, d'inspirer tranquillement. Et donc là, vous sentez le périnée qui se détend, qui se relâche. Et à l'expiration, le périnée qui se contracte légèrement, qui remonte. Faites-le en dix fois. Vraiment, respirez doucement, répétez-le tranquillement. Pas d'effort, il s'agit juste vraiment de sentir le mouvement. Dans un second temps, je vais vous proposer un toucher externe. Vraiment, si vous êtes prête, si vous avez envie de voir. Et clairement, c'est une étape qui est importante aussi. Vous prenez un petit miroir, une lumière douce ou une petite torche, selon ce que vous avez, et venez observer votre vue. Observez ce qui est là, ce qui est peut-être différent. Vous voyez ce que vous ressentez, là où ça tira, et regardez un peu à quoi ça ressemble. Touchez, vraiment, mais dans cette idée de s'auto-examiner, de s'auto-diagnostiquer. Et vraiment, à cet endroit-là, qu'est-ce que je ressens ? Et de refaire cette nouvelle cartographie de votre corps. Si vous voulez, vous pouvez aussi aller un peu plus loin, quand vous vous sentez prête, d'utiliser un peu de lubrifiant. de continuer d'explorer, de masser ses lèvres internes, externes, peut-être d'introduire un doigt très doucement, et d'identifier comme ça, en tournant le doigt, face avant, côté droit, face arrière, côté gauche, voilà, comment ça se situe, comment est la paroi vaginale, est-ce qu'elle est fine, est-ce qu'elle est pulpeuse, est-ce que c'est... Si c'est inconfortable, tout de suite on arrête, vraiment l'idée c'est... de poser une cartographie des ressentis, des sensations. Il n'y a pas de timing imposé et d'objectif ni de performance à avoir. Certaines femmes font ça en trois mois, d'autres il leur faut plus de temps. C'est chacune à son rythme, personne n'a le même corps, personne n'a le même rapport au corps de base, personne n'a vécu la même grossesse et pas forcément les mêmes accouchements. Donc il n'y a pas de normes. L'idée c'est que vous fassiez ces chemins de réappropriation. L'autre exercice que je vous propose, c'est un exercice que j'ai déjà proposé dans les premiers épisodes. C'est vraiment un exercice de vérification de la disponibilité et qui peut être vraiment pris comme un exercice d'apprentissage du consentement. Et vous pouvez vraiment le faire là maintenant, allongé ou assise. L'idée c'est que vous soyez confortable. Fermez les yeux et posez-vous ces trois questions. En un, est-ce que j'ai de l'énergie ? Pas est-ce que je devrais avoir de l'énergie, mais est-ce que j'en ai ? Soyez honnête avec vous-même, oui ou non. Est-ce que mon corps est disponible ? Est-ce qu'il y a de la douleur, de la fatigue, de la tension ? Est-ce que c'est tendu ou détendu ? Est-ce que j'en ai envie ? Est-ce que j'ai envie d'avoir envie ? D'accord ? Est-ce que j'ai envie de l'autre ? Est-ce que j'ai envie d'être en lien avec l'autre ? Et est-ce que je suis dans le bon état d'esprit ? Vraiment, est-ce qu'il y a la place pour ça dans ma tête là maintenant ? S'il y a une seule réponse, où c'est non, c'est ok, et c'est pas possible. Voilà, vous n'êtes pas obligé. Votre corps, clairement, vous dit pas maintenant. Respectez-le, respectez ça. vraiment, soyez sincère et honnête avec vous-même si au contraire il y a les 4 oui, il y a un peu d'énergie, il y a de la disponibilité dans le corps, il y a de l'envie d'être en lien et il y a de la disponibilité dans la tête et bien ça veut dire que c'est possible. Très souvent c'est la rééducation périnéale qui permet la reconnexion ou à nouveau le lien avec cette zone-là de votre corps. Et que ce soit la personne avec qui vous le faites, je vous souhaite d'avoir un dialogue ouvert et sincère avec cette personne et de pouvoir vous poser ou déposer vos questions, vos inquiétudes, vos préoccupations par rapport à tout ça et d'avoir des réponses qui sont sincères et bienveillantes. La rééducation périnéale, ce n'est pas vraiment juste pour les fuites urinaires, c'est vraiment aussi pour reprendre le lien avec cette zone, la faire sépulcrer, la masser, la relancer. pour retrouver une forme de tonus, des sensations, et aussi pour reconstruire du plaisir. L'idéal, c'est vraiment les sages-femmes spécialisées en rééducation périnéale, les cliniques du périnée. Il y a toujours plusieurs méthodes possibles, manuelles, électrostimulation, biofeedback. Vraiment, les méthodes qui sont dans nos invités sont aussi extrêmement bien, à base de visualisation. C'est quand vous êtes possible, quand votre cerveau fonctionne bien avec cet outil-là, c'est très confortable. Si vous avez n'importe comment, si vous avez des douleurs qui sont persistantes, tout de suite vous consultez. Sache femme gynécologue ou sexo, vraiment ne restez pas avec vos préoccupations. C'est aussi possible que la grossesse et l'accouchement créent des nouvelles situations sexuelles. Ça peut être un vaginisme qui apparaît, ça peut être des endométrioses qui se mettent en place, ça peut être plein de choses qui se révèlent en fait avec la mécanique de l'accouchement. ou le choc hormonal du postpartum. Voilà, avoir des douleurs lors des rapports, ça a un nom, ça s'appelle avoir une dyspareunie. C'est une douleur qu'on a ou qu'on ressent pendant la pénétration. C'est assez fréquent, donc ça se traite très bien, ça s'accompagne. Dirigez-vous vers les personnes qui vous semblent pertinentes pour vous et ne restez pas seul avec ça. On arrive à la fin de cet épisode et voilà, vous avez déjà compris qu'en fait, retrouver du désir après l'accouchement, c'est tout un processus, c'est un chemin. Ça se fait pas en 6 semaines, c'est pas juste la date de la cicatrisation. Chaque petit pas compte. Allez, récapitulons tous ensemble. Voilà, si je prends l'espace de la tête pour bien comprendre ce qui se passe. le postpartum, c'est vraiment un ensemble de bouleversements physiques, hormonaux, identitaires, et ça a plein d'impact sur la libido. L'histoire des 6 semaines, vraiment, c'est de la fiction. C'est juste une histoire de cicatrisation. Ça n'a rien à voir avec l'aptitude ou la capacité à aller vers et d'exprimer du désir, et d'avoir un rapport. Les 3 blocages principaux qu'on identifie, c'est vraiment cette histoire de corps transformé, là. peur de la douleur, elle s'est majeure, et cette histoire de l'identité bouleversée et d'être perturbée sur ce qu'on attend de nous. Dans ce qu'on a abordé dans la seconde partie, à l'espace du cœur, de la relation, c'est important de pouvoir expliquer factuellement ce qui se passe, ce qu'on ressent, et pour le partenaire, de comprendre que ce n'est pas un rejet, et que la pression empire tout. C'est dès lors que la... La posture du partenaire peut vraiment être différente. Ça ouvre et ça détend énormément. Reconstruire l'intimité progressivement, c'est tout un chemin et qui est extrêmement savoureux. En vrai, ça vous amène tout un nouvel espace de sensations et qui est tout à fait respectueux de ce que vous êtes en capacité de vivre et de ressentir maintenant. Seulement, c'est différent de ce que vous lisez avant, mais la situation entière est différente. Arrêtez d'attendre quelque chose que vous ne pouvez plus avoir. Vous êtes différent. Vous vivez dans une vie de nouveau parent. Ça va revenir. Ça pourra être différent. Mais pour l'instant, respectez-vous avec ce que vous pouvez vivre et se sentir maintenant. Dans la troisième partie, l'espace du corps, on a tout un processus pour réapprivoiser son périnée par la respiration, par le toucher externe et par une exploration. Je vous ai remis les quatre questions du consentement. Vérifiez. Son énergie, la disponibilité de son corps, le bon état d'esprit et l'envie réelle. Et enfin, un dernier point a été abordé sur la question de la rééducation du périnée, qui est tout à fait cruciale et ce n'est vraiment pas à négliger, ce n'est pas uniquement pour les fuites, c'est aussi tout un aspect dans la dynamique de la santé sexuelle et du plaisir à ressentir. Maintenant, il y a une vérité aussi importante à savoir et entendre. Parfois, on a la sensation que le postpartum s'éternise. En vrai, Anna Roy dit que le postpartum dure trois ans, donc on peut aussi se tranquilliser là-dessus. Mais un an, deux ans, sans ressentir de désir, on peut avoir l'impression que c'est long. Quand la douleur persiste, quand la culpabilité vous ronge, quand ça ne se résout pas tout seul, que le dialogue ne suffit pas, sachez que c'est exactement ce dont on traite en consultation. Créer un espace pour reconstruire un couple, ressouder des liens. après un tel bouleversement. Identifier les blocages spécifiques à chacun et puis pouvoir retrouver progressivement le chemin de l'autre, du désir et du plaisir. Si cet épisode vous parle, ou vous pensez que ça peut parler à quelqu'un, ou vous souhaitez le partager à votre partenaire, je vous en prie, envoyez-le. Il est fait pour être partagé, entendu et rendre service dans toutes les maisons. Les infos pour prendre rendez-vous sont en description de cet épisode. La semaine prochaine, on parlera d'un tout autre espace de vulnérabilité et qui impacte fortement le désir, la mélopause. Quelle est cette métamorphose ? Et du coup, on parlera des sécheresses, de la transformation du couple et du corps, comment on réinvente tout ça. D'ici là, soyez tous avec vous-même, votre corps a accompli un véritable exploit. Bravo ! Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si cet épisode vous a plu, s'il résonne pour vous ou si vous pensez qu'il peut aider quelqu'un, je vous en prie, partagez-le. Je suis moi-même amatrice de podcast et une des frustrations, c'était de ne pas avoir pris note de ce que j'avais appris ou compris pendant l'épisode que je venais d'écouter. Aussi, j'ai créé pour vous une petite checklist des éléments clés que j'aborde dans cet épisode. Vous la trouverez dans le lien d'accès qui est mis en description et vous pourrez ainsi accéder à toutes les ressources des épisodes précédents. C'est 100% gratuit. Également, si vous êtes prêts à aller plus loin, je propose ici des consultations individuelles et en couple. Et ainsi, on peut faire du sur-mesure. Toutes les infos sont sur mon site. En ligne, je vous retrouve. Mardi prochain, 6h, d'ici là, prenez soin de vous.