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🎧 PROCHAIN ÉPISODEHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Hey ! Bonjour, bon après-midi, bonsoir, c'est Cécile, l'auteur et la sexothérapeute de Au-delà du corps. Je vous parle aujourd'hui pour vous remercier de l'accueil que vous avez fait pour ce podcast qui est lancé depuis le mois de mars. Et suite à des difficultés dernièrement, je n'avais pas pu forcément poster au rythme que je le souhaitais, et donc je voulais vous informer d'une nouvelle fréquence de publications. Dorénavant, les épisodes sortiront tous les 15 jours le mardi matin. Le meilleur moyen de ne pas louper, c'est de s'abonner en vérité pour rester au fait et de recevoir une notification à chaque fois qu'il y a un épisode qui sort. Voilà, je vous laisse à l'épisode du jour. Bonne écoute ! Bonjour ! Je suis Cécile, sexothérapeute. Les gens qui m'ont déjà rencontrée ou qui me connaissent savent que j'ai l'habitude de dire que moi je travaille pour l'amour dans le monde. J'en suis assez fière. Ça veut dire qu'en vrai, j'accompagne les personnes, les couples à récupérer ou à vivre une intimité plus confiante, plus épanouissante. Ça fait quelques années maintenant que j'exerce et je me rends compte que bon nombre de situations sont traversées ou vécues, partagées par beaucoup de gens. Du coup, j'avais à cœur d'ouvrir ce podcast qui... Épisode par épisode, prends point par point un blocage, une croyance, une situation difficile et vous offre des clés d'accompagnement pour mieux la comprendre, mieux la traverser. Ma méthode, c'est tête, cœur, corps, parce que ce n'est jamais uniquement dans la tête, ni uniquement dans la relation, ni uniquement dans le corps, c'est souvent les trois à la fois. Bienvenue dans Au-delà du corps. Alors aujourd'hui, on va parler d'un sujet très particulier, mais que je vois malheureusement très souvent en consultation. Et je me disais que même si c'est un sujet délicat, finalement, je vais en parler. Je sais que je ne pourrais pas forcément correspondre à toutes les situations particulières et individuelles, mais au moins je pourrais délivrer une information un peu globale. L'idée, c'est d'aborder la question des conséquences du trauma, notamment quand il bloque le désir. Comment est-ce qu'on peut trouver une piste pour sortir du figement suite à un événement traumatique ? Et voilà, c'est vraiment pour toutes les personnes qui ont vécu quelque chose, une agression sexuelle, un viol, des attouchements ou de la violence. Peut-être que c'était il y a 5 ans, 10 ans, 20 ans. Peut-être, effectivement, que vous pensiez avoir tourné la page. Mais en fait, ce qui se passe, c'est que votre corps, lui, n'a pas oublié. Et que lorsque vous êtes à nouveau touché, ou quand il se passe quelque chose qu'on appelle un déclencheur, vous vous figez. Votre corps se ferme, votre esprit s'absente, et vous n'êtes plus là. Donc la question qu'on va essayer de développer le temps de cet épisode, c'est comment retrouver du désir quand mon corps a appris à se protéger en se coupant finalement de l'extérieur, par rapport à ce souvenir traumatique. Donc aujourd'hui, on va parler de sexualité et de trauma, de comprendre ce mécanisme de dissociation et comment est-ce qu'on peut trouver une piste pour se reconstruire progressivement, toujours avec le même processus tête-cœur-corps. Si vous êtes dans un état de vulnérabilité ou vous sentez que cet épisode peut être trop impactant pour vous, écoutez-le quand vous vous sentez stable ou pour plus tard. Mais vraiment, prenez soin de vous et écoutez-vous à cet endroit-là. Allez, c'est parti ! Alors dans un premier temps, on va tâcher de comprendre le trauma sexuel c'est quoi. Je vais peut-être faire quelque chose d'assez simpliste, mais en vrai si vous souhaitez qu'on fasse quelque chose de plus fouillé, de plus creusé sur le sujet, n'hésitez pas à me le dire en commentaire et je ferai un épisode où on pourrait déplier un peu plus, ou préciser un peu plus les choses. On va définir ça comme un événement qui est vécu comme une menace pour votre intégrité physique et psychique, d'accord ? Et dans un contexte sexuel, pour le cas qui nous intéresse aujourd'hui. C'est le cas des viols, des agressions, des attouchements, des harcèlements sexuels, des violences conjugales, mais aussi de l'exposition précoce à des images extrêmement choquantes ou pornographiques, un état enfant, à un contexte incestuel, bref, il y a plein de choses qui font trauma. Le trauma, ce n'est pas l'événement en soi, et ça c'est très très important de le comprendre. C'est la trace que l'événement laisse dans votre corps et dans votre psychisme. C'est très important de comprendre que deux personnes peuvent vivre le même événement, l'une va développer un trauma, l'autre non. En fait, il y a une multitude de facteurs qui va faire qu'il y a trauma ou pas. Ça dépend du contexte, de ce qui s'est passé après, est-ce qu'il y a eu du soutien ou non, de l'histoire personnelle de la... de la personne elle-même, de la famille, du climat. Donc il y a vraiment plein de choses qui vont faire que ça fasse trauma ou pas. Voyons un peu maintenant, réellement, face au danger, face à une situation qui est inconfortable, qui est extrêmement stressante, et vraiment au danger, quel type de réaction on peut avoir. La première réaction, ça va être la fuite. Vous fuyez la situation, c'est votre système nerveux qui s'active. hop, il déclenche de l'adrénaline, et on court, parfois on court même plus vite qu'on n'a jamais couru, grâce à cette adrénaline. Malheureusement, ce n'est pas toujours possible dans un contexte d'agression. J'ai de nombreuses personnes qui m'ont raconté des situations où elles étaient bloquées, acculées contre une porte, contre un mur, finalement où elles se sont vite senties démunies par rapport aux alternatives, situations de suite. L'autre réaction, ça peut être le combat, le fait de se défendre. On n'est vraiment pas tous... toutes équipées pour pouvoir le faire, et puis très souvent dans ces situations-là, on a une situation où l'agresseur est plus fort, et c'est difficile de s'activer, de mobiliser cette ressource-là. Parce qu'il peut y avoir un phénomène qu'on va appeler la sidération. Voilà, donc c'est ce qu'on va appeler le figement dans le troisième type de réaction, ce qui se passe le plus fréquemment finalement lors d'agressions sexuelles. Vous vous figez, vous ne bougez plus, votre corps se paralyse. On décrit vraiment cette histoire, cette situation comme L'impossibilité, l'incapacité à faire bouger son corps comme s'il ne répondait plus. Les esprits se déconnectent. Il y a une dissociation par simplement réaction de survie. Si je ne bouge pas, peut-être qu'il va arrêter. Ce mécanisme-là est déclenché par une toute petite amygdale qui fait la taille d'une cacahuète au cœur de votre cerveau reptilien. C'est vraiment un réflexe de survie. Lui, il te dit, ne bouge pas, Tu as plus de chances de survivre en ne bougeant pas et en encaissant, plutôt qu'en bougeant où tu risques d'être poursuivi, agressé, tué. C'est très archaïque, d'accord ? Malheureusement, cette situation, ce réflexe, cette activation archaïque, elle crée énormément de culpabilité, parce que ce n'est pas toujours compris après. Et beaucoup de gens revoient la scène en se demandant « Mais pourquoi je ne me suis pas débattue ? Pourquoi je n'ai rien dit ? » Pourquoi est-ce que j'ai consenti pour l'interrogation ? Il y a vraiment parfois ces sensations de ce qui reste vraiment très amer et qui rajoutent de la culpabilité à la honte à l'événement. Le figement, c'est une réaction de survie. Il n'y a pas de consentement. C'est votre système nerveux qui vous a protégé comme il pouvait. Vous n'avez absolument rien à vous reprocher. Vous ne pouviez rien faire de plus. La dissociation, c'est quand l'esprit quitte le corps. Donc là, c'est vraiment un mécanisme de défense psychique pour arrêter de vivre le stress de la situation, parce que quand il y a du stress, en fait, le cerveau déclenche une pompe à adrénaline, sauf qu'on peut mourir d'une overdose d'adrénaline, et donc quand il y a trop, finalement, le cerveau va décider lui-même de débrancher le bazar. Votre esprit se déconnecte de votre corps pour ne pas sentir, pour ne pas ressentir, pour avoir la sensation d'être ailleurs et presque de regarder la scène de l'extérieur, comme s'il y avait une forme de sortie de corps. Et je peux entendre ce discours pendant l'agression, je n'étais plus là, je regardais le plafond, je pensais à autre chose. Des gens qui peuvent décrire très très très très précisément un motif de tapisserie, de plafond ou de plancher, mais le reste est complètement flou. Enfin, très très lointain. C'est vraiment ce qu'on appelle la dissociation. Là où ça peut devenir une difficulté, c'est que la dissociation, ça peut devenir automatique. En fait, votre corps apprend à se dissocier. Et lorsqu'il va y avoir des événements qui peuvent faire en sorte que votre cerveau associe ça à cette action, donc ça peut être une odeur, ça peut être une musique, ça peut être un motif, ça peut être une sensation, un toucher, un toucher intime, par exemple, pour un contexte qui ressemble, la dissociation va se mettre en place. Moi, j'avais une cliente qui me disait qu'elle se souvenait très très fort du petit haut qu'elle avait pour cette soirée-là. C'était avec un petit motif, un petit motif Liberty. Et pendant très longtemps, à chaque fois qu'elle revoyait ce motif, même dans les boutiques de fringues, quand elle faisait du shopping, son corps réactivait une sensation de peur, de figement automatiquement. Même du coup quand il y a un contexte qui n'a rien à voir et même quand vous êtes avec votre partenaire, votre chéri du moment très doux, très aimant, très prévenant. Du coup, on comprend que ce trauma peut avoir un impact sur la sexualité. Vous pouvez avoir des situations où la personne va être dans un évitement complet, éviter toute l'intimité, ou avoir peur que ce soit trop déclenché, trop dangereux. Je décris ça comme des possibilités, des scénarios possibles, ça ne veut pas dire que c'est ce qui se passe à chaque fois. Mais on peut rentrer dans des scénarios mécaniques, de faire l'amour comme si elle n'est pas forcément là, laisse son corps faire, mais son esprit est absent. J'ai pu voir aussi des personnes qui disent, en fait, au début tout va bien, et puis à un moment donné, je ne sais pas pourquoi, il y a un rideau, et puis la dissociation se fait. On peut avoir des soucis de désir, parce qu'en fait le corps a associé l'activité sexuelle à l'événement traumatique et donc du coup, ce n'est pas quelque chose dont il a envie. Donc il y a un problème de libido, une difficulté à avoir du désir. Le corps est resté vraiment en mode survie et donc le désir, le fait d'avoir envie de se laisser aller, ce type d'activité n'est plus envisageable. Et puis l'autre impact, c'est vraiment la possibilité d'avoir des flashbacks, que ce soit pendant l'intimité ou pendant des rêves, des images du trauma ou de la scène qui vont faire... qu'on a la sensation de revivre l'agression. Je vous décris rapidement et un peu grossièrement la situation de Sarah, 32 ans. Elle a été violée à 19 ans par son ex-petite amie. Elle n'en a jamais parlé pendant 10 ans. Et depuis 3 ans, elle est en couple avec quelqu'un de très chouette, de très bienveillante, de très doux, avec qui ils ont une belle communication. Mais à chaque fois qu'elle fait l'amour, elle se dissocie. Elle, ce qu'elle me dit, c'est que pendant qu'on fait l'amour, je ne suis pas vraiment là. Je peux penser à ma to-do list, à ce que je vais faire, mais j'ai du mal à être concentrée, ça me demande beaucoup d'énergie. Mon compagnon ne comprend pas, il me demande si je prends du plaisir, j'ai tendance à mentir parce que je ne comprends pas trop ce qui se passe, que j'en ai en même temps, j'ai assez envie. Je sais, je suis consciente avec ma tête qu'il ne me fera jamais de mal, mais j'ai l'impression que mon corps, lui, il se méfie encore, il n'est pas trop au fait. Donc en fait, ce qui s'est passé, c'est que pendant dix ans, elle a enfoui le trauma. Son corps, lui, il n'a pas oublié. Et dès qu'il y a de l'intimité, hop, elle se met en dissociation. C'est vraiment un mécanisme de protection, mais qui va potentiellement pouvoir créer un cercle vicieux. Le trauma crée une dissociation par protection, du coup ça empêche d'avoir du plaisir, du coup ça génère une forme de culpabilité, parce qu'en fait je devrais pouvoir aimer ça. Et donc, ça va cultiver encore plus de dissociation. Maintenant qu'on connaît tout ça, comment on sort de là ? Vous me connaissez, vous savez ce que je veux dire. D'abord, en parlant. Parce qu'en fait, le trauma prospère dans le silence. Ok, donc vous, comment on communique de tout ça ? Ah oui, petite précision, je... On peut avoir tendance à parler des victimes aux féminins, mais j'ai déjà bien sûr, bien évidemment, reçu des hommes qui avaient eux aussi été victimes de violences sexuelles et de traumas. Mais ça reste quand même à 95% un public féminin, en tout cas pour ce qui concerne moi dans la file active du cabinet. Donc je vais conserver ce discours-là intuitivement. Vraiment garder à l'esprit que c'est quelque chose qui peut se vivre pour les deux genres. Si je reviens à cette histoire de communiquer avec son partenaire, parfois on se pose la question, faut-il tout dire à son partenaire ? Faut-il dire à son partenaire qu'on a vécu un trauma ? La réponse courte, ce n'est pas obligé, mais en fait, en vrai, souvent ça aide. Ça aide parce que du coup, ça permet à votre partenaire de comprendre, comprendre vos réactions et pourquoi vous réagissez. comment vous réagissez, et ça lui donne des clés aussi pour pouvoir agir différemment et ne plus vous activer de la même façon. Ainsi, il va pouvoir adapter son rythme, ses gestes, et vous n'avez aussi plus à porter le secret seul. Parfois, on peut choisir de ne pas le dire, peut-être parce qu'on n'est pas prêt, parce qu'on peut avoir peur du jugement. Vous voulez d'abord avancer, seul, en thérapie, évoluer pour vous-même. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise suggestion, en fait, c'est toujours votre choix. Personne ne peut vous forcer à en parler, vous dites si et quand vous êtes prête à qui vous voulez. Généralement, les personnes qui viennent me voir, le partenaire est déjà informé. Très souvent, ça le met dans une situation où il ne sait pas trop quoi faire de cette information. Donc lui aussi, ça l'aide qu'il y ait une thérapie ou une thérapeute dans la boucle pour pouvoir ajuster son comportement. Si jamais vous devez en parler ou ce n'est pas encore fait, ce qui est important de ne pas dire, c'est qu'il n'y a rien... Vous pouvez rester vague dans la description de ce qui s'est passé. Vous pouvez tout à fait ne pas rentrer dans le détail ou dans le spécifique. Ça, ça vous appartient. Ce que vous pouvez dire, par contre, c'est que j'ai vécu quelque chose dans le passé qui impacte ma sexualité aujourd'hui. Parfois, quand tu touches mon corps, mon corps réagit. Comme s'il y avait un danger. Ce n'est pas à toi, c'est juste une mémoire. Une autre phrase aussi qui peut être prononcée, c'est « J'ai besoin qu'on y aille doucement. Que tu me demandes avant de me toucher. Que tu respectes mes stops. » Quand on pose ça comme ça, vous expliquez l'impact et pas forcément l'événement. Vous donnez aussi des clés pour vous accompagner. Pour les partenaires, je vais peut-être me répéter, mais vraiment éviter. De demander des détails. Qu'est-ce qui s'est passé ? De minimiser. C'était il y a longtemps, tu devrais pouvoir tourner la page. Ou d'insister. Allez, on essaie, on va y aller. Ou de rentrer dans des schémas de violence. Je suis allée casser la gueule. Non, non, c'est pas l'actualité. C'est pas le lieu. C'est pas le moment. C'est pas ce qu'on vous demande. Ce que vous devez faire, vous, par contre, c'est écouter sans questionner. Merci de me dire ça. Je suis là. Merci de ta confiance. Et de respecter le rythme. Dis-moi ce dont tu as besoin. On va à ton rythme. Quand elle a la possibilité de dire ce dont elle a besoin. Et vraiment, apprenez que le consentement devient votre meilleur outil de couple. Toujours, toujours. Est-ce que j'en ai envie ? Est-ce que tu me donnes l'autorisation ? Est-ce qu'on continue ? Peut-être qu'on pourrait faire ça. Qu'est-ce que tu en penses ? Respectez tous les stops immédiatement. D'accord ? Il n'y a pas de... encore un peu, non. Un stop, ce n'est pas de négociation, c'est feu rouge. Point barre. Votre partenaire a avant tout besoin de se sentir en sécurité. Et c'est à vous de créer cette sécurité. Et en fait, vous faites partie de la solution. C'est avec vous que votre partenaire va apprendre à pouvoir se sentir bien. C'est important d'être fiable, en fait, et de montrer que quand c'est stop, c'est stop. Donc, comment on va pouvoir aborder la reconstruction de l'intimité après un trauma ? Les premières étapes, c'est vraiment de générer une sécurité. Avant même de penser au désir, il faut créer la sécurité. Si votre partenaire demande avant de toucher, c'est important qu'il respecte les stops, qu'il n'y ait pas de pression, qu'il n'y ait pas d'attente. C'est important de pouvoir vivre dans le couple du toucher qui soit non sexuel. Qu'on puisse s'enlacer, se faire des câlins, se tenir main dans la main, avoir des caresses sur les bras et l'autre partie du corps sans sentir que... il y a un objectif sexuel. Apprendre qu'on peut avoir cette intimité ou cette proximité physique sans automatiquement générer une situation avec un contexte sexuel, un rapport sexuel qui suit. Ensuite, vous avez ce côté réappropriation de votre corps. Seul d'abord, en fait. De l'auto-exploration, douce, tendre, reprendre le contrôle de votre corps. Et ça, c'est vous qui décidez. Vous, quand et comment. L'intimité, elle est progressive. L'idéal, c'est quand vous sentez que vous pouvez garder une forme de contrôle, un contrôle total sur le rythme, sur les positions, sur les zones. Et vous sachez que vous sentiez que vous avez le droit de tout arrêter à tout moment. Et aussi de se foutre la paix avec un objectif d'orgasme, d'accord ? Juste sentir, sans se dissocier, c'est déjà énorme, d'accord ? accepter d'avoir du plaisir, s'autoriser à ça, c'est déjà super. Le reste viendra. Faites-vous confiance. Et donc c'est comme ça qu'on va pouvoir réapprendre le plaisir en fait. Progressivement, le corps réapprend, il accepte cette nouvelle intimité sans danger. Et le plaisir peut revenir. Parfois c'est facile, parfois c'est court, parfois ça prend du temps. C'est pour chaque personne une situation individuelle et particulière. Foutez-vous la paix ! pas de calendrier à imposer. Vous avancez à votre rythme. Et parfois, certaines étapes prennent plus de temps. Ok, on va descendre dans le corps maintenant parce que guérir du trauma, ça passe aussi par le corps. Alors, troisième partie, le corps. Sortir de la dissociation, c'est réapprendre à habiter son corps. L'idée, c'est de lutter contre ce... phénomène de déconnexion du corps. Vous vivez dans votre tête, vous êtes extrêmement encore dans le stress de ce danger, mais si vous avez l'impression de pouvoir vivre totalement de façon normale, votre corps est encore dans cette dynamique de danger et de vigilance. Je vais vous livrer trois types d'exercices, chacun ayant leur propre objectif. Un premier exercice qui va être un exercice d'ancrage corporel qui peut vous servir dans plein de situations. L'idée, c'est vraiment de revenir dans le corps. Un autre exercice qui est un exercice de respiration, qui est un exercice d'apaisement du stress. Et un autre exercice qui est un exercice de couple. Je crois qu'on l'a déjà utilisé. C'est l'exercice du feu de signalisation vert jaune rouge. Donc, l'exercice d'ancrage, c'est le 5-4-3-2-1. C'est un exercice qui peut vous servir pour revenir dans votre corps. Et ça, vous pouvez le faire plein de fois dans la journée, dans la semaine. C'est vraiment pour ancrer, pour solidifier tous les chemins nerveux qui vous permettent d'être dans vos sensations, dans vos cinq sens. Vous pouvez le pratiquer assis, debout, couché, peu importe. Vraiment, les yeux ouverts. Il n'y a pas besoin d'être dans un état de relaxation particulier. L'idée, c'est cinq choses que vous voyez. Vous regardez autour de vous et vous les nommez mentalement. Par exemple, la table, la lampe, une tasse, la fenêtre, la plante. Puis, quatre choses que vous touchez. Les pieds au sol, les fesses sur la chaise, vos deux mains sur vos cuisses. Et vous nommez ces sensations tactiles. Trois choses que vous entendez. Les sons extérieurs, votre respiration. Un claquement. Vous les nommez également. Deux choses que vous sentez, l'odorat. Il peut y avoir une odeur de café, de parfum, d'air frais. Ça peut être quelque chose qui peut être plus difficile selon si notre sens est développé ou non, si on l'a perdu avec le Covid ou pas. Nommez ces deux odeurs. Et enfin, une chose que vous goûtez, le goût de votre bouche. Nommez un goût. Ce que vous venez de faire, c'est ramener votre attention dans l'instant présent. Sortir de la dissociation, revenir dans le corps, c'est quelque chose que vous pouvez faire. Et plus vous le pratiquez, plus ça devient facile, plus c'est automatique. Quand vous utilisez cet exercice, vous pouvez utiliser cet exercice quand vous sentez que vous partez. Même quand vous vous dissociez dans l'intimité, ça va rendre les choses encore plus sexy, parce que vous allez vous concentrer sur les stimulations positives. Et vous pouvez faire une version courte. Juste trois choses que vous voyez, déjà ça amorce les choses dans le bon sens. L'exercice corporel de la respiration ventrale et de se sentir présent, c'est quelque chose qui permet une reconnexion corporelle, d'apaiser le stress. Là, on va favoriser une position allongée ou une assise confortable où vous sentez que vous pouvez vous déposer. Posez une main sur votre ventre. Voilà, fermez les yeux. Seulement si vous vous sentez bien, tranquille, en sécurité, sinon vous gardez les yeux ouverts. Mais fermez les yeux, ça permet de rester à l'intérieur de soi. Respirez et inspirez lentement. En quatre sous-temps. Un, deux, trois, quatre. Voilà, votre ventre se gonfle et on expire lentement en six secondes. Un, deux, trois, quatre. Le ventre se dégonfle. 6. Ok. Vous répétez ça 5 fois. Quand on fait ça, on augmente le taux d'oxygène dans le corps et ça crée un reset. Sur ce rythme-là. Inspire 4 secondes et expire 6 secondes. Et de façon générale, si vous avez trop de stress ou d'anxiété, que vous n'arrivez pas à compter, à partir du moment où l'expiration est plus longue que l'inspiration, vous rentrez dans ce mode de détente d'urgence finalement. Ça crée un reset pour votre corps. Et vous focussez votre esprit, vous sentez le mouvement de votre main sur votre ventre. Vous sentez l'air qui entre, qui sort. Et si votre esprit... Esprit, par ailleurs, vraiment, ramenez-le doucement vers la sensation du ventre, ou de l'air qui passe par vos narines, qui effleure vos lèvres. Voilà, vous avez pu continuer de le faire ? Quand vous faites ça, vous habitez votre corps. Même juste 30 secondes, ça compte. Et cet exercice, vous pouvez le répéter quotidiennement, matin, soir, quand vous en avez besoin. Le troisième exercice que je voulais vous parler, c'est l'exercice du feu de signalisation. C'est un exercice de couple, et c'est très utile pour les deux partenaires. L'idée, c'est vraiment de convenir que vers ces... « Ok, go, vas-y, il n'y a aucun souci. » Jaune, c'est « ralenti » ou « pas plus loin » . Et rouge, c'est « stop » , c'est « rouge, c'est net » . Et en fait, ça permet de s'interroger l'un l'autre sur comment ça va. Simplement par la question de quelle couleur. Et on évite d'être trop dans le mental et on répond spontanément vers jaune-rouge. Et comme ça, dès qu'il y a un doute, ça permet de vérifier. Et parfois, je sais qu'il y a des filles qui appréhendent le regard de leur partenaire ou qui se demandent ce à quoi ils pensent, etc. Et donc, elle aussi, ça les permet de se vérifier, de se remettre dedans, d'être ok, d'accord, c'est vert pour lui, c'est ok, ou jaune, il est préoccupé, on arrête, on ralentit et on reprendra un peu plus tranquillement plus tard. Vraiment, c'est un exercice qui est très chouette et qui permet aussi d'y aller progressivement, de se réapproprier l'intimité. Et enfin, pour conclure, je voulais vraiment vous parler de tous ces accompagnements thérapeutiques spécialisés. C'est important de traiter le trauma. Un trauma, ça se guérit rarement seul. Vous avez probablement besoin d'un accompagnement spécialisé. Il y a tout un type de thérapies qui sont assez efficaces. Il y a l'EMDR qui permet la désensibilisation et le retraitement par mouvement oculaire. Tout ce qui est... thérapie somatique ou somatique experiencing. C'est vraiment très chouette. Il y a l'ICV, il y a la TCC. Il y a vraiment différentes approches qui sont centrées sur le retraitement du souvenir traumatique. Renseignez-vous, recherchez des praticiens qui sont dans ce domaine-là. Maintenant, il y a des choses qui se sont vraiment développées et qui sont très chouettes aussi par visio. Donc, n'hésitez pas. N'hésitez pas à consulter un professionnel formé au trauma ou au psychotrauma. Ok. Et on se dirige vers la fin de cet épisode. Du coup, voilà. C'était simplement pour dire que, oui, guérir d'un trauma sexuel, c'est possible. Ça demande du temps et de l'accompagnement, de la douceur, et vraiment du respect et de l'amour vis-à-vis de vous. Mais ça, ça fait. Alors. Pour conclure, on va reprendre ensemble ce qu'on a abordé. Si je résume, le trauma sexuel, c'est vraiment la trace qui est laissée par un événement. Le figement, c'est une réaction de survie, ce n'est pas du tout un consentement. La dissociation, c'est le mécanisme de protection qui se met en place. En fait, l'esprit quitte le corps symboliquement. L'impact sur la sexualité, elle est directe, elle est de multiples formes. et surtout elle n'est pas uniforme, il n'y a pas de bonne façon de réagir après un trauma. Chacune le fait à sa façon. Ce qui me semble important, c'est que dans la relation, il puisse y avoir une communication, un dialogue avec le partenaire, ou vous puissiez faire de votre partenaire votre allié de guérison. Enfin voilà, ça aide souvent. expliquer l'impact, pas forcément l'événement, mais du coup ça permet de donner à l'autre des clés pour pouvoir agir de façon plus adaptée, d'écouter aussi sans questionner, de respecter le rythme, d'avoir une forme de douceur et moins d'insistance. Et là, ça donne toute la place pour une reconstruction, parce qu'on peut mettre plus de sécurité, on peut mettre plus d'intimité non sexuelle, vous avez tout le temps de la réappropriation. A la fin, je vous ai parlé de trois exercices, à la fois des exercices d'ancrage, des exercices de présence et d'apaisement, et un exercice de communication du couple. Et je vous ai aussi parlé de différentes techniques thérapeutiques utilisées pour traiter. le souvenir traumatique. Voilà, je crois qu'avec ça, on peut, par ce principe, guérir d'un trauma, ça ne se fait rarement seul. La dissociation, elle peut être installée depuis des années, il peut y avoir des phénomènes d'amnésie traumatique, donc il y a aussi plein de nuances. Là, moi, je vous ai parlé d'un type de situation, mais finalement, il y a aussi plein d'autres nuances. qui peuvent être apportées à ces vécus traumatiques. Quand le désir vous semble impossible, quand vous avez l'impression que votre corps refuse l'intimité, c'est exactement ce qui se passe en consultation finalement. On accompagne cette guérison post-traumatique. Et on crée un espace de sécurité, de compréhension aussi sur ces événements-là. Et on reconstruit progressivement la connexion corps-esprit. On se réconcilie avec le toucher. Et on ouvre la possibilité à reprendre du plaisir. Si cet épisode vous parle, et si vous pensez que finalement, il peut parler à quelqu'un dont vous savez que ça peut faire du bien, n'hésitez pas à lui le partager. Les infos, si vous voulez prendre un rendez-vous, sont en lien dans la description de cet épisode. Et puis n'oubliez pas, si vous êtes en détresse, il y a le 3919, c'est le numéro d'urgence pour toutes les violences faites aux femmes. Il y a aussi des antennes de planning familial autour de vous. La semaine prochaine, enfin la prochaine fois, on parlera de sexualité et dépression. Quand le désir disparaît. Avec l'impact aussi des traitements. D'ici là, prenez soin de vous. Je rappelle, prochain épisode dans deux semaines. Pour ne rien louper, on s'abonne. Et dites-moi en commentaire si je vous parle plus de ce sujet. type d'épisode et aussi si vous avez d'autres idées ou d'autres envies de thèmes. A très bientôt !
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Hey ! Bonjour, bon après-midi, bonsoir, c'est Cécile, l'auteur et la sexothérapeute de Au-delà du corps. Je vous parle aujourd'hui pour vous remercier de l'accueil que vous avez fait pour ce podcast qui est lancé depuis le mois de mars. Et suite à des difficultés dernièrement, je n'avais pas pu forcément poster au rythme que je le souhaitais, et donc je voulais vous informer d'une nouvelle fréquence de publications. Dorénavant, les épisodes sortiront tous les 15 jours le mardi matin. Le meilleur moyen de ne pas louper, c'est de s'abonner en vérité pour rester au fait et de recevoir une notification à chaque fois qu'il y a un épisode qui sort. Voilà, je vous laisse à l'épisode du jour. Bonne écoute ! Bonjour ! Je suis Cécile, sexothérapeute. Les gens qui m'ont déjà rencontrée ou qui me connaissent savent que j'ai l'habitude de dire que moi je travaille pour l'amour dans le monde. J'en suis assez fière. Ça veut dire qu'en vrai, j'accompagne les personnes, les couples à récupérer ou à vivre une intimité plus confiante, plus épanouissante. Ça fait quelques années maintenant que j'exerce et je me rends compte que bon nombre de situations sont traversées ou vécues, partagées par beaucoup de gens. Du coup, j'avais à cœur d'ouvrir ce podcast qui... Épisode par épisode, prends point par point un blocage, une croyance, une situation difficile et vous offre des clés d'accompagnement pour mieux la comprendre, mieux la traverser. Ma méthode, c'est tête, cœur, corps, parce que ce n'est jamais uniquement dans la tête, ni uniquement dans la relation, ni uniquement dans le corps, c'est souvent les trois à la fois. Bienvenue dans Au-delà du corps. Alors aujourd'hui, on va parler d'un sujet très particulier, mais que je vois malheureusement très souvent en consultation. Et je me disais que même si c'est un sujet délicat, finalement, je vais en parler. Je sais que je ne pourrais pas forcément correspondre à toutes les situations particulières et individuelles, mais au moins je pourrais délivrer une information un peu globale. L'idée, c'est d'aborder la question des conséquences du trauma, notamment quand il bloque le désir. Comment est-ce qu'on peut trouver une piste pour sortir du figement suite à un événement traumatique ? Et voilà, c'est vraiment pour toutes les personnes qui ont vécu quelque chose, une agression sexuelle, un viol, des attouchements ou de la violence. Peut-être que c'était il y a 5 ans, 10 ans, 20 ans. Peut-être, effectivement, que vous pensiez avoir tourné la page. Mais en fait, ce qui se passe, c'est que votre corps, lui, n'a pas oublié. Et que lorsque vous êtes à nouveau touché, ou quand il se passe quelque chose qu'on appelle un déclencheur, vous vous figez. Votre corps se ferme, votre esprit s'absente, et vous n'êtes plus là. Donc la question qu'on va essayer de développer le temps de cet épisode, c'est comment retrouver du désir quand mon corps a appris à se protéger en se coupant finalement de l'extérieur, par rapport à ce souvenir traumatique. Donc aujourd'hui, on va parler de sexualité et de trauma, de comprendre ce mécanisme de dissociation et comment est-ce qu'on peut trouver une piste pour se reconstruire progressivement, toujours avec le même processus tête-cœur-corps. Si vous êtes dans un état de vulnérabilité ou vous sentez que cet épisode peut être trop impactant pour vous, écoutez-le quand vous vous sentez stable ou pour plus tard. Mais vraiment, prenez soin de vous et écoutez-vous à cet endroit-là. Allez, c'est parti ! Alors dans un premier temps, on va tâcher de comprendre le trauma sexuel c'est quoi. Je vais peut-être faire quelque chose d'assez simpliste, mais en vrai si vous souhaitez qu'on fasse quelque chose de plus fouillé, de plus creusé sur le sujet, n'hésitez pas à me le dire en commentaire et je ferai un épisode où on pourrait déplier un peu plus, ou préciser un peu plus les choses. On va définir ça comme un événement qui est vécu comme une menace pour votre intégrité physique et psychique, d'accord ? Et dans un contexte sexuel, pour le cas qui nous intéresse aujourd'hui. C'est le cas des viols, des agressions, des attouchements, des harcèlements sexuels, des violences conjugales, mais aussi de l'exposition précoce à des images extrêmement choquantes ou pornographiques, un état enfant, à un contexte incestuel, bref, il y a plein de choses qui font trauma. Le trauma, ce n'est pas l'événement en soi, et ça c'est très très important de le comprendre. C'est la trace que l'événement laisse dans votre corps et dans votre psychisme. C'est très important de comprendre que deux personnes peuvent vivre le même événement, l'une va développer un trauma, l'autre non. En fait, il y a une multitude de facteurs qui va faire qu'il y a trauma ou pas. Ça dépend du contexte, de ce qui s'est passé après, est-ce qu'il y a eu du soutien ou non, de l'histoire personnelle de la... de la personne elle-même, de la famille, du climat. Donc il y a vraiment plein de choses qui vont faire que ça fasse trauma ou pas. Voyons un peu maintenant, réellement, face au danger, face à une situation qui est inconfortable, qui est extrêmement stressante, et vraiment au danger, quel type de réaction on peut avoir. La première réaction, ça va être la fuite. Vous fuyez la situation, c'est votre système nerveux qui s'active. hop, il déclenche de l'adrénaline, et on court, parfois on court même plus vite qu'on n'a jamais couru, grâce à cette adrénaline. Malheureusement, ce n'est pas toujours possible dans un contexte d'agression. J'ai de nombreuses personnes qui m'ont raconté des situations où elles étaient bloquées, acculées contre une porte, contre un mur, finalement où elles se sont vite senties démunies par rapport aux alternatives, situations de suite. L'autre réaction, ça peut être le combat, le fait de se défendre. On n'est vraiment pas tous... toutes équipées pour pouvoir le faire, et puis très souvent dans ces situations-là, on a une situation où l'agresseur est plus fort, et c'est difficile de s'activer, de mobiliser cette ressource-là. Parce qu'il peut y avoir un phénomène qu'on va appeler la sidération. Voilà, donc c'est ce qu'on va appeler le figement dans le troisième type de réaction, ce qui se passe le plus fréquemment finalement lors d'agressions sexuelles. Vous vous figez, vous ne bougez plus, votre corps se paralyse. On décrit vraiment cette histoire, cette situation comme L'impossibilité, l'incapacité à faire bouger son corps comme s'il ne répondait plus. Les esprits se déconnectent. Il y a une dissociation par simplement réaction de survie. Si je ne bouge pas, peut-être qu'il va arrêter. Ce mécanisme-là est déclenché par une toute petite amygdale qui fait la taille d'une cacahuète au cœur de votre cerveau reptilien. C'est vraiment un réflexe de survie. Lui, il te dit, ne bouge pas, Tu as plus de chances de survivre en ne bougeant pas et en encaissant, plutôt qu'en bougeant où tu risques d'être poursuivi, agressé, tué. C'est très archaïque, d'accord ? Malheureusement, cette situation, ce réflexe, cette activation archaïque, elle crée énormément de culpabilité, parce que ce n'est pas toujours compris après. Et beaucoup de gens revoient la scène en se demandant « Mais pourquoi je ne me suis pas débattue ? Pourquoi je n'ai rien dit ? » Pourquoi est-ce que j'ai consenti pour l'interrogation ? Il y a vraiment parfois ces sensations de ce qui reste vraiment très amer et qui rajoutent de la culpabilité à la honte à l'événement. Le figement, c'est une réaction de survie. Il n'y a pas de consentement. C'est votre système nerveux qui vous a protégé comme il pouvait. Vous n'avez absolument rien à vous reprocher. Vous ne pouviez rien faire de plus. La dissociation, c'est quand l'esprit quitte le corps. Donc là, c'est vraiment un mécanisme de défense psychique pour arrêter de vivre le stress de la situation, parce que quand il y a du stress, en fait, le cerveau déclenche une pompe à adrénaline, sauf qu'on peut mourir d'une overdose d'adrénaline, et donc quand il y a trop, finalement, le cerveau va décider lui-même de débrancher le bazar. Votre esprit se déconnecte de votre corps pour ne pas sentir, pour ne pas ressentir, pour avoir la sensation d'être ailleurs et presque de regarder la scène de l'extérieur, comme s'il y avait une forme de sortie de corps. Et je peux entendre ce discours pendant l'agression, je n'étais plus là, je regardais le plafond, je pensais à autre chose. Des gens qui peuvent décrire très très très très précisément un motif de tapisserie, de plafond ou de plancher, mais le reste est complètement flou. Enfin, très très lointain. C'est vraiment ce qu'on appelle la dissociation. Là où ça peut devenir une difficulté, c'est que la dissociation, ça peut devenir automatique. En fait, votre corps apprend à se dissocier. Et lorsqu'il va y avoir des événements qui peuvent faire en sorte que votre cerveau associe ça à cette action, donc ça peut être une odeur, ça peut être une musique, ça peut être un motif, ça peut être une sensation, un toucher, un toucher intime, par exemple, pour un contexte qui ressemble, la dissociation va se mettre en place. Moi, j'avais une cliente qui me disait qu'elle se souvenait très très fort du petit haut qu'elle avait pour cette soirée-là. C'était avec un petit motif, un petit motif Liberty. Et pendant très longtemps, à chaque fois qu'elle revoyait ce motif, même dans les boutiques de fringues, quand elle faisait du shopping, son corps réactivait une sensation de peur, de figement automatiquement. Même du coup quand il y a un contexte qui n'a rien à voir et même quand vous êtes avec votre partenaire, votre chéri du moment très doux, très aimant, très prévenant. Du coup, on comprend que ce trauma peut avoir un impact sur la sexualité. Vous pouvez avoir des situations où la personne va être dans un évitement complet, éviter toute l'intimité, ou avoir peur que ce soit trop déclenché, trop dangereux. Je décris ça comme des possibilités, des scénarios possibles, ça ne veut pas dire que c'est ce qui se passe à chaque fois. Mais on peut rentrer dans des scénarios mécaniques, de faire l'amour comme si elle n'est pas forcément là, laisse son corps faire, mais son esprit est absent. J'ai pu voir aussi des personnes qui disent, en fait, au début tout va bien, et puis à un moment donné, je ne sais pas pourquoi, il y a un rideau, et puis la dissociation se fait. On peut avoir des soucis de désir, parce qu'en fait le corps a associé l'activité sexuelle à l'événement traumatique et donc du coup, ce n'est pas quelque chose dont il a envie. Donc il y a un problème de libido, une difficulté à avoir du désir. Le corps est resté vraiment en mode survie et donc le désir, le fait d'avoir envie de se laisser aller, ce type d'activité n'est plus envisageable. Et puis l'autre impact, c'est vraiment la possibilité d'avoir des flashbacks, que ce soit pendant l'intimité ou pendant des rêves, des images du trauma ou de la scène qui vont faire... qu'on a la sensation de revivre l'agression. Je vous décris rapidement et un peu grossièrement la situation de Sarah, 32 ans. Elle a été violée à 19 ans par son ex-petite amie. Elle n'en a jamais parlé pendant 10 ans. Et depuis 3 ans, elle est en couple avec quelqu'un de très chouette, de très bienveillante, de très doux, avec qui ils ont une belle communication. Mais à chaque fois qu'elle fait l'amour, elle se dissocie. Elle, ce qu'elle me dit, c'est que pendant qu'on fait l'amour, je ne suis pas vraiment là. Je peux penser à ma to-do list, à ce que je vais faire, mais j'ai du mal à être concentrée, ça me demande beaucoup d'énergie. Mon compagnon ne comprend pas, il me demande si je prends du plaisir, j'ai tendance à mentir parce que je ne comprends pas trop ce qui se passe, que j'en ai en même temps, j'ai assez envie. Je sais, je suis consciente avec ma tête qu'il ne me fera jamais de mal, mais j'ai l'impression que mon corps, lui, il se méfie encore, il n'est pas trop au fait. Donc en fait, ce qui s'est passé, c'est que pendant dix ans, elle a enfoui le trauma. Son corps, lui, il n'a pas oublié. Et dès qu'il y a de l'intimité, hop, elle se met en dissociation. C'est vraiment un mécanisme de protection, mais qui va potentiellement pouvoir créer un cercle vicieux. Le trauma crée une dissociation par protection, du coup ça empêche d'avoir du plaisir, du coup ça génère une forme de culpabilité, parce qu'en fait je devrais pouvoir aimer ça. Et donc, ça va cultiver encore plus de dissociation. Maintenant qu'on connaît tout ça, comment on sort de là ? Vous me connaissez, vous savez ce que je veux dire. D'abord, en parlant. Parce qu'en fait, le trauma prospère dans le silence. Ok, donc vous, comment on communique de tout ça ? Ah oui, petite précision, je... On peut avoir tendance à parler des victimes aux féminins, mais j'ai déjà bien sûr, bien évidemment, reçu des hommes qui avaient eux aussi été victimes de violences sexuelles et de traumas. Mais ça reste quand même à 95% un public féminin, en tout cas pour ce qui concerne moi dans la file active du cabinet. Donc je vais conserver ce discours-là intuitivement. Vraiment garder à l'esprit que c'est quelque chose qui peut se vivre pour les deux genres. Si je reviens à cette histoire de communiquer avec son partenaire, parfois on se pose la question, faut-il tout dire à son partenaire ? Faut-il dire à son partenaire qu'on a vécu un trauma ? La réponse courte, ce n'est pas obligé, mais en fait, en vrai, souvent ça aide. Ça aide parce que du coup, ça permet à votre partenaire de comprendre, comprendre vos réactions et pourquoi vous réagissez. comment vous réagissez, et ça lui donne des clés aussi pour pouvoir agir différemment et ne plus vous activer de la même façon. Ainsi, il va pouvoir adapter son rythme, ses gestes, et vous n'avez aussi plus à porter le secret seul. Parfois, on peut choisir de ne pas le dire, peut-être parce qu'on n'est pas prêt, parce qu'on peut avoir peur du jugement. Vous voulez d'abord avancer, seul, en thérapie, évoluer pour vous-même. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise suggestion, en fait, c'est toujours votre choix. Personne ne peut vous forcer à en parler, vous dites si et quand vous êtes prête à qui vous voulez. Généralement, les personnes qui viennent me voir, le partenaire est déjà informé. Très souvent, ça le met dans une situation où il ne sait pas trop quoi faire de cette information. Donc lui aussi, ça l'aide qu'il y ait une thérapie ou une thérapeute dans la boucle pour pouvoir ajuster son comportement. Si jamais vous devez en parler ou ce n'est pas encore fait, ce qui est important de ne pas dire, c'est qu'il n'y a rien... Vous pouvez rester vague dans la description de ce qui s'est passé. Vous pouvez tout à fait ne pas rentrer dans le détail ou dans le spécifique. Ça, ça vous appartient. Ce que vous pouvez dire, par contre, c'est que j'ai vécu quelque chose dans le passé qui impacte ma sexualité aujourd'hui. Parfois, quand tu touches mon corps, mon corps réagit. Comme s'il y avait un danger. Ce n'est pas à toi, c'est juste une mémoire. Une autre phrase aussi qui peut être prononcée, c'est « J'ai besoin qu'on y aille doucement. Que tu me demandes avant de me toucher. Que tu respectes mes stops. » Quand on pose ça comme ça, vous expliquez l'impact et pas forcément l'événement. Vous donnez aussi des clés pour vous accompagner. Pour les partenaires, je vais peut-être me répéter, mais vraiment éviter. De demander des détails. Qu'est-ce qui s'est passé ? De minimiser. C'était il y a longtemps, tu devrais pouvoir tourner la page. Ou d'insister. Allez, on essaie, on va y aller. Ou de rentrer dans des schémas de violence. Je suis allée casser la gueule. Non, non, c'est pas l'actualité. C'est pas le lieu. C'est pas le moment. C'est pas ce qu'on vous demande. Ce que vous devez faire, vous, par contre, c'est écouter sans questionner. Merci de me dire ça. Je suis là. Merci de ta confiance. Et de respecter le rythme. Dis-moi ce dont tu as besoin. On va à ton rythme. Quand elle a la possibilité de dire ce dont elle a besoin. Et vraiment, apprenez que le consentement devient votre meilleur outil de couple. Toujours, toujours. Est-ce que j'en ai envie ? Est-ce que tu me donnes l'autorisation ? Est-ce qu'on continue ? Peut-être qu'on pourrait faire ça. Qu'est-ce que tu en penses ? Respectez tous les stops immédiatement. D'accord ? Il n'y a pas de... encore un peu, non. Un stop, ce n'est pas de négociation, c'est feu rouge. Point barre. Votre partenaire a avant tout besoin de se sentir en sécurité. Et c'est à vous de créer cette sécurité. Et en fait, vous faites partie de la solution. C'est avec vous que votre partenaire va apprendre à pouvoir se sentir bien. C'est important d'être fiable, en fait, et de montrer que quand c'est stop, c'est stop. Donc, comment on va pouvoir aborder la reconstruction de l'intimité après un trauma ? Les premières étapes, c'est vraiment de générer une sécurité. Avant même de penser au désir, il faut créer la sécurité. Si votre partenaire demande avant de toucher, c'est important qu'il respecte les stops, qu'il n'y ait pas de pression, qu'il n'y ait pas d'attente. C'est important de pouvoir vivre dans le couple du toucher qui soit non sexuel. Qu'on puisse s'enlacer, se faire des câlins, se tenir main dans la main, avoir des caresses sur les bras et l'autre partie du corps sans sentir que... il y a un objectif sexuel. Apprendre qu'on peut avoir cette intimité ou cette proximité physique sans automatiquement générer une situation avec un contexte sexuel, un rapport sexuel qui suit. Ensuite, vous avez ce côté réappropriation de votre corps. Seul d'abord, en fait. De l'auto-exploration, douce, tendre, reprendre le contrôle de votre corps. Et ça, c'est vous qui décidez. Vous, quand et comment. L'intimité, elle est progressive. L'idéal, c'est quand vous sentez que vous pouvez garder une forme de contrôle, un contrôle total sur le rythme, sur les positions, sur les zones. Et vous sachez que vous sentiez que vous avez le droit de tout arrêter à tout moment. Et aussi de se foutre la paix avec un objectif d'orgasme, d'accord ? Juste sentir, sans se dissocier, c'est déjà énorme, d'accord ? accepter d'avoir du plaisir, s'autoriser à ça, c'est déjà super. Le reste viendra. Faites-vous confiance. Et donc c'est comme ça qu'on va pouvoir réapprendre le plaisir en fait. Progressivement, le corps réapprend, il accepte cette nouvelle intimité sans danger. Et le plaisir peut revenir. Parfois c'est facile, parfois c'est court, parfois ça prend du temps. C'est pour chaque personne une situation individuelle et particulière. Foutez-vous la paix ! pas de calendrier à imposer. Vous avancez à votre rythme. Et parfois, certaines étapes prennent plus de temps. Ok, on va descendre dans le corps maintenant parce que guérir du trauma, ça passe aussi par le corps. Alors, troisième partie, le corps. Sortir de la dissociation, c'est réapprendre à habiter son corps. L'idée, c'est de lutter contre ce... phénomène de déconnexion du corps. Vous vivez dans votre tête, vous êtes extrêmement encore dans le stress de ce danger, mais si vous avez l'impression de pouvoir vivre totalement de façon normale, votre corps est encore dans cette dynamique de danger et de vigilance. Je vais vous livrer trois types d'exercices, chacun ayant leur propre objectif. Un premier exercice qui va être un exercice d'ancrage corporel qui peut vous servir dans plein de situations. L'idée, c'est vraiment de revenir dans le corps. Un autre exercice qui est un exercice de respiration, qui est un exercice d'apaisement du stress. Et un autre exercice qui est un exercice de couple. Je crois qu'on l'a déjà utilisé. C'est l'exercice du feu de signalisation vert jaune rouge. Donc, l'exercice d'ancrage, c'est le 5-4-3-2-1. C'est un exercice qui peut vous servir pour revenir dans votre corps. Et ça, vous pouvez le faire plein de fois dans la journée, dans la semaine. C'est vraiment pour ancrer, pour solidifier tous les chemins nerveux qui vous permettent d'être dans vos sensations, dans vos cinq sens. Vous pouvez le pratiquer assis, debout, couché, peu importe. Vraiment, les yeux ouverts. Il n'y a pas besoin d'être dans un état de relaxation particulier. L'idée, c'est cinq choses que vous voyez. Vous regardez autour de vous et vous les nommez mentalement. Par exemple, la table, la lampe, une tasse, la fenêtre, la plante. Puis, quatre choses que vous touchez. Les pieds au sol, les fesses sur la chaise, vos deux mains sur vos cuisses. Et vous nommez ces sensations tactiles. Trois choses que vous entendez. Les sons extérieurs, votre respiration. Un claquement. Vous les nommez également. Deux choses que vous sentez, l'odorat. Il peut y avoir une odeur de café, de parfum, d'air frais. Ça peut être quelque chose qui peut être plus difficile selon si notre sens est développé ou non, si on l'a perdu avec le Covid ou pas. Nommez ces deux odeurs. Et enfin, une chose que vous goûtez, le goût de votre bouche. Nommez un goût. Ce que vous venez de faire, c'est ramener votre attention dans l'instant présent. Sortir de la dissociation, revenir dans le corps, c'est quelque chose que vous pouvez faire. Et plus vous le pratiquez, plus ça devient facile, plus c'est automatique. Quand vous utilisez cet exercice, vous pouvez utiliser cet exercice quand vous sentez que vous partez. Même quand vous vous dissociez dans l'intimité, ça va rendre les choses encore plus sexy, parce que vous allez vous concentrer sur les stimulations positives. Et vous pouvez faire une version courte. Juste trois choses que vous voyez, déjà ça amorce les choses dans le bon sens. L'exercice corporel de la respiration ventrale et de se sentir présent, c'est quelque chose qui permet une reconnexion corporelle, d'apaiser le stress. Là, on va favoriser une position allongée ou une assise confortable où vous sentez que vous pouvez vous déposer. Posez une main sur votre ventre. Voilà, fermez les yeux. Seulement si vous vous sentez bien, tranquille, en sécurité, sinon vous gardez les yeux ouverts. Mais fermez les yeux, ça permet de rester à l'intérieur de soi. Respirez et inspirez lentement. En quatre sous-temps. Un, deux, trois, quatre. Voilà, votre ventre se gonfle et on expire lentement en six secondes. Un, deux, trois, quatre. Le ventre se dégonfle. 6. Ok. Vous répétez ça 5 fois. Quand on fait ça, on augmente le taux d'oxygène dans le corps et ça crée un reset. Sur ce rythme-là. Inspire 4 secondes et expire 6 secondes. Et de façon générale, si vous avez trop de stress ou d'anxiété, que vous n'arrivez pas à compter, à partir du moment où l'expiration est plus longue que l'inspiration, vous rentrez dans ce mode de détente d'urgence finalement. Ça crée un reset pour votre corps. Et vous focussez votre esprit, vous sentez le mouvement de votre main sur votre ventre. Vous sentez l'air qui entre, qui sort. Et si votre esprit... Esprit, par ailleurs, vraiment, ramenez-le doucement vers la sensation du ventre, ou de l'air qui passe par vos narines, qui effleure vos lèvres. Voilà, vous avez pu continuer de le faire ? Quand vous faites ça, vous habitez votre corps. Même juste 30 secondes, ça compte. Et cet exercice, vous pouvez le répéter quotidiennement, matin, soir, quand vous en avez besoin. Le troisième exercice que je voulais vous parler, c'est l'exercice du feu de signalisation. C'est un exercice de couple, et c'est très utile pour les deux partenaires. L'idée, c'est vraiment de convenir que vers ces... « Ok, go, vas-y, il n'y a aucun souci. » Jaune, c'est « ralenti » ou « pas plus loin » . Et rouge, c'est « stop » , c'est « rouge, c'est net » . Et en fait, ça permet de s'interroger l'un l'autre sur comment ça va. Simplement par la question de quelle couleur. Et on évite d'être trop dans le mental et on répond spontanément vers jaune-rouge. Et comme ça, dès qu'il y a un doute, ça permet de vérifier. Et parfois, je sais qu'il y a des filles qui appréhendent le regard de leur partenaire ou qui se demandent ce à quoi ils pensent, etc. Et donc, elle aussi, ça les permet de se vérifier, de se remettre dedans, d'être ok, d'accord, c'est vert pour lui, c'est ok, ou jaune, il est préoccupé, on arrête, on ralentit et on reprendra un peu plus tranquillement plus tard. Vraiment, c'est un exercice qui est très chouette et qui permet aussi d'y aller progressivement, de se réapproprier l'intimité. Et enfin, pour conclure, je voulais vraiment vous parler de tous ces accompagnements thérapeutiques spécialisés. C'est important de traiter le trauma. Un trauma, ça se guérit rarement seul. Vous avez probablement besoin d'un accompagnement spécialisé. Il y a tout un type de thérapies qui sont assez efficaces. Il y a l'EMDR qui permet la désensibilisation et le retraitement par mouvement oculaire. Tout ce qui est... thérapie somatique ou somatique experiencing. C'est vraiment très chouette. Il y a l'ICV, il y a la TCC. Il y a vraiment différentes approches qui sont centrées sur le retraitement du souvenir traumatique. Renseignez-vous, recherchez des praticiens qui sont dans ce domaine-là. Maintenant, il y a des choses qui se sont vraiment développées et qui sont très chouettes aussi par visio. Donc, n'hésitez pas. N'hésitez pas à consulter un professionnel formé au trauma ou au psychotrauma. Ok. Et on se dirige vers la fin de cet épisode. Du coup, voilà. C'était simplement pour dire que, oui, guérir d'un trauma sexuel, c'est possible. Ça demande du temps et de l'accompagnement, de la douceur, et vraiment du respect et de l'amour vis-à-vis de vous. Mais ça, ça fait. Alors. Pour conclure, on va reprendre ensemble ce qu'on a abordé. Si je résume, le trauma sexuel, c'est vraiment la trace qui est laissée par un événement. Le figement, c'est une réaction de survie, ce n'est pas du tout un consentement. La dissociation, c'est le mécanisme de protection qui se met en place. En fait, l'esprit quitte le corps symboliquement. L'impact sur la sexualité, elle est directe, elle est de multiples formes. et surtout elle n'est pas uniforme, il n'y a pas de bonne façon de réagir après un trauma. Chacune le fait à sa façon. Ce qui me semble important, c'est que dans la relation, il puisse y avoir une communication, un dialogue avec le partenaire, ou vous puissiez faire de votre partenaire votre allié de guérison. Enfin voilà, ça aide souvent. expliquer l'impact, pas forcément l'événement, mais du coup ça permet de donner à l'autre des clés pour pouvoir agir de façon plus adaptée, d'écouter aussi sans questionner, de respecter le rythme, d'avoir une forme de douceur et moins d'insistance. Et là, ça donne toute la place pour une reconstruction, parce qu'on peut mettre plus de sécurité, on peut mettre plus d'intimité non sexuelle, vous avez tout le temps de la réappropriation. A la fin, je vous ai parlé de trois exercices, à la fois des exercices d'ancrage, des exercices de présence et d'apaisement, et un exercice de communication du couple. Et je vous ai aussi parlé de différentes techniques thérapeutiques utilisées pour traiter. le souvenir traumatique. Voilà, je crois qu'avec ça, on peut, par ce principe, guérir d'un trauma, ça ne se fait rarement seul. La dissociation, elle peut être installée depuis des années, il peut y avoir des phénomènes d'amnésie traumatique, donc il y a aussi plein de nuances. Là, moi, je vous ai parlé d'un type de situation, mais finalement, il y a aussi plein d'autres nuances. qui peuvent être apportées à ces vécus traumatiques. Quand le désir vous semble impossible, quand vous avez l'impression que votre corps refuse l'intimité, c'est exactement ce qui se passe en consultation finalement. On accompagne cette guérison post-traumatique. Et on crée un espace de sécurité, de compréhension aussi sur ces événements-là. Et on reconstruit progressivement la connexion corps-esprit. On se réconcilie avec le toucher. Et on ouvre la possibilité à reprendre du plaisir. Si cet épisode vous parle, et si vous pensez que finalement, il peut parler à quelqu'un dont vous savez que ça peut faire du bien, n'hésitez pas à lui le partager. Les infos, si vous voulez prendre un rendez-vous, sont en lien dans la description de cet épisode. Et puis n'oubliez pas, si vous êtes en détresse, il y a le 3919, c'est le numéro d'urgence pour toutes les violences faites aux femmes. Il y a aussi des antennes de planning familial autour de vous. La semaine prochaine, enfin la prochaine fois, on parlera de sexualité et dépression. Quand le désir disparaît. Avec l'impact aussi des traitements. D'ici là, prenez soin de vous. Je rappelle, prochain épisode dans deux semaines. Pour ne rien louper, on s'abonne. Et dites-moi en commentaire si je vous parle plus de ce sujet. type d'épisode et aussi si vous avez d'autres idées ou d'autres envies de thèmes. A très bientôt !
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📩 Consultation : https://calendly.com/manchon-cecile
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Transcription
Hey ! Bonjour, bon après-midi, bonsoir, c'est Cécile, l'auteur et la sexothérapeute de Au-delà du corps. Je vous parle aujourd'hui pour vous remercier de l'accueil que vous avez fait pour ce podcast qui est lancé depuis le mois de mars. Et suite à des difficultés dernièrement, je n'avais pas pu forcément poster au rythme que je le souhaitais, et donc je voulais vous informer d'une nouvelle fréquence de publications. Dorénavant, les épisodes sortiront tous les 15 jours le mardi matin. Le meilleur moyen de ne pas louper, c'est de s'abonner en vérité pour rester au fait et de recevoir une notification à chaque fois qu'il y a un épisode qui sort. Voilà, je vous laisse à l'épisode du jour. Bonne écoute ! Bonjour ! Je suis Cécile, sexothérapeute. Les gens qui m'ont déjà rencontrée ou qui me connaissent savent que j'ai l'habitude de dire que moi je travaille pour l'amour dans le monde. J'en suis assez fière. Ça veut dire qu'en vrai, j'accompagne les personnes, les couples à récupérer ou à vivre une intimité plus confiante, plus épanouissante. Ça fait quelques années maintenant que j'exerce et je me rends compte que bon nombre de situations sont traversées ou vécues, partagées par beaucoup de gens. Du coup, j'avais à cœur d'ouvrir ce podcast qui... Épisode par épisode, prends point par point un blocage, une croyance, une situation difficile et vous offre des clés d'accompagnement pour mieux la comprendre, mieux la traverser. Ma méthode, c'est tête, cœur, corps, parce que ce n'est jamais uniquement dans la tête, ni uniquement dans la relation, ni uniquement dans le corps, c'est souvent les trois à la fois. Bienvenue dans Au-delà du corps. Alors aujourd'hui, on va parler d'un sujet très particulier, mais que je vois malheureusement très souvent en consultation. Et je me disais que même si c'est un sujet délicat, finalement, je vais en parler. Je sais que je ne pourrais pas forcément correspondre à toutes les situations particulières et individuelles, mais au moins je pourrais délivrer une information un peu globale. L'idée, c'est d'aborder la question des conséquences du trauma, notamment quand il bloque le désir. Comment est-ce qu'on peut trouver une piste pour sortir du figement suite à un événement traumatique ? Et voilà, c'est vraiment pour toutes les personnes qui ont vécu quelque chose, une agression sexuelle, un viol, des attouchements ou de la violence. Peut-être que c'était il y a 5 ans, 10 ans, 20 ans. Peut-être, effectivement, que vous pensiez avoir tourné la page. Mais en fait, ce qui se passe, c'est que votre corps, lui, n'a pas oublié. Et que lorsque vous êtes à nouveau touché, ou quand il se passe quelque chose qu'on appelle un déclencheur, vous vous figez. Votre corps se ferme, votre esprit s'absente, et vous n'êtes plus là. Donc la question qu'on va essayer de développer le temps de cet épisode, c'est comment retrouver du désir quand mon corps a appris à se protéger en se coupant finalement de l'extérieur, par rapport à ce souvenir traumatique. Donc aujourd'hui, on va parler de sexualité et de trauma, de comprendre ce mécanisme de dissociation et comment est-ce qu'on peut trouver une piste pour se reconstruire progressivement, toujours avec le même processus tête-cœur-corps. Si vous êtes dans un état de vulnérabilité ou vous sentez que cet épisode peut être trop impactant pour vous, écoutez-le quand vous vous sentez stable ou pour plus tard. Mais vraiment, prenez soin de vous et écoutez-vous à cet endroit-là. Allez, c'est parti ! Alors dans un premier temps, on va tâcher de comprendre le trauma sexuel c'est quoi. Je vais peut-être faire quelque chose d'assez simpliste, mais en vrai si vous souhaitez qu'on fasse quelque chose de plus fouillé, de plus creusé sur le sujet, n'hésitez pas à me le dire en commentaire et je ferai un épisode où on pourrait déplier un peu plus, ou préciser un peu plus les choses. On va définir ça comme un événement qui est vécu comme une menace pour votre intégrité physique et psychique, d'accord ? Et dans un contexte sexuel, pour le cas qui nous intéresse aujourd'hui. C'est le cas des viols, des agressions, des attouchements, des harcèlements sexuels, des violences conjugales, mais aussi de l'exposition précoce à des images extrêmement choquantes ou pornographiques, un état enfant, à un contexte incestuel, bref, il y a plein de choses qui font trauma. Le trauma, ce n'est pas l'événement en soi, et ça c'est très très important de le comprendre. C'est la trace que l'événement laisse dans votre corps et dans votre psychisme. C'est très important de comprendre que deux personnes peuvent vivre le même événement, l'une va développer un trauma, l'autre non. En fait, il y a une multitude de facteurs qui va faire qu'il y a trauma ou pas. Ça dépend du contexte, de ce qui s'est passé après, est-ce qu'il y a eu du soutien ou non, de l'histoire personnelle de la... de la personne elle-même, de la famille, du climat. Donc il y a vraiment plein de choses qui vont faire que ça fasse trauma ou pas. Voyons un peu maintenant, réellement, face au danger, face à une situation qui est inconfortable, qui est extrêmement stressante, et vraiment au danger, quel type de réaction on peut avoir. La première réaction, ça va être la fuite. Vous fuyez la situation, c'est votre système nerveux qui s'active. hop, il déclenche de l'adrénaline, et on court, parfois on court même plus vite qu'on n'a jamais couru, grâce à cette adrénaline. Malheureusement, ce n'est pas toujours possible dans un contexte d'agression. J'ai de nombreuses personnes qui m'ont raconté des situations où elles étaient bloquées, acculées contre une porte, contre un mur, finalement où elles se sont vite senties démunies par rapport aux alternatives, situations de suite. L'autre réaction, ça peut être le combat, le fait de se défendre. On n'est vraiment pas tous... toutes équipées pour pouvoir le faire, et puis très souvent dans ces situations-là, on a une situation où l'agresseur est plus fort, et c'est difficile de s'activer, de mobiliser cette ressource-là. Parce qu'il peut y avoir un phénomène qu'on va appeler la sidération. Voilà, donc c'est ce qu'on va appeler le figement dans le troisième type de réaction, ce qui se passe le plus fréquemment finalement lors d'agressions sexuelles. Vous vous figez, vous ne bougez plus, votre corps se paralyse. On décrit vraiment cette histoire, cette situation comme L'impossibilité, l'incapacité à faire bouger son corps comme s'il ne répondait plus. Les esprits se déconnectent. Il y a une dissociation par simplement réaction de survie. Si je ne bouge pas, peut-être qu'il va arrêter. Ce mécanisme-là est déclenché par une toute petite amygdale qui fait la taille d'une cacahuète au cœur de votre cerveau reptilien. C'est vraiment un réflexe de survie. Lui, il te dit, ne bouge pas, Tu as plus de chances de survivre en ne bougeant pas et en encaissant, plutôt qu'en bougeant où tu risques d'être poursuivi, agressé, tué. C'est très archaïque, d'accord ? Malheureusement, cette situation, ce réflexe, cette activation archaïque, elle crée énormément de culpabilité, parce que ce n'est pas toujours compris après. Et beaucoup de gens revoient la scène en se demandant « Mais pourquoi je ne me suis pas débattue ? Pourquoi je n'ai rien dit ? » Pourquoi est-ce que j'ai consenti pour l'interrogation ? Il y a vraiment parfois ces sensations de ce qui reste vraiment très amer et qui rajoutent de la culpabilité à la honte à l'événement. Le figement, c'est une réaction de survie. Il n'y a pas de consentement. C'est votre système nerveux qui vous a protégé comme il pouvait. Vous n'avez absolument rien à vous reprocher. Vous ne pouviez rien faire de plus. La dissociation, c'est quand l'esprit quitte le corps. Donc là, c'est vraiment un mécanisme de défense psychique pour arrêter de vivre le stress de la situation, parce que quand il y a du stress, en fait, le cerveau déclenche une pompe à adrénaline, sauf qu'on peut mourir d'une overdose d'adrénaline, et donc quand il y a trop, finalement, le cerveau va décider lui-même de débrancher le bazar. Votre esprit se déconnecte de votre corps pour ne pas sentir, pour ne pas ressentir, pour avoir la sensation d'être ailleurs et presque de regarder la scène de l'extérieur, comme s'il y avait une forme de sortie de corps. Et je peux entendre ce discours pendant l'agression, je n'étais plus là, je regardais le plafond, je pensais à autre chose. Des gens qui peuvent décrire très très très très précisément un motif de tapisserie, de plafond ou de plancher, mais le reste est complètement flou. Enfin, très très lointain. C'est vraiment ce qu'on appelle la dissociation. Là où ça peut devenir une difficulté, c'est que la dissociation, ça peut devenir automatique. En fait, votre corps apprend à se dissocier. Et lorsqu'il va y avoir des événements qui peuvent faire en sorte que votre cerveau associe ça à cette action, donc ça peut être une odeur, ça peut être une musique, ça peut être un motif, ça peut être une sensation, un toucher, un toucher intime, par exemple, pour un contexte qui ressemble, la dissociation va se mettre en place. Moi, j'avais une cliente qui me disait qu'elle se souvenait très très fort du petit haut qu'elle avait pour cette soirée-là. C'était avec un petit motif, un petit motif Liberty. Et pendant très longtemps, à chaque fois qu'elle revoyait ce motif, même dans les boutiques de fringues, quand elle faisait du shopping, son corps réactivait une sensation de peur, de figement automatiquement. Même du coup quand il y a un contexte qui n'a rien à voir et même quand vous êtes avec votre partenaire, votre chéri du moment très doux, très aimant, très prévenant. Du coup, on comprend que ce trauma peut avoir un impact sur la sexualité. Vous pouvez avoir des situations où la personne va être dans un évitement complet, éviter toute l'intimité, ou avoir peur que ce soit trop déclenché, trop dangereux. Je décris ça comme des possibilités, des scénarios possibles, ça ne veut pas dire que c'est ce qui se passe à chaque fois. Mais on peut rentrer dans des scénarios mécaniques, de faire l'amour comme si elle n'est pas forcément là, laisse son corps faire, mais son esprit est absent. J'ai pu voir aussi des personnes qui disent, en fait, au début tout va bien, et puis à un moment donné, je ne sais pas pourquoi, il y a un rideau, et puis la dissociation se fait. On peut avoir des soucis de désir, parce qu'en fait le corps a associé l'activité sexuelle à l'événement traumatique et donc du coup, ce n'est pas quelque chose dont il a envie. Donc il y a un problème de libido, une difficulté à avoir du désir. Le corps est resté vraiment en mode survie et donc le désir, le fait d'avoir envie de se laisser aller, ce type d'activité n'est plus envisageable. Et puis l'autre impact, c'est vraiment la possibilité d'avoir des flashbacks, que ce soit pendant l'intimité ou pendant des rêves, des images du trauma ou de la scène qui vont faire... qu'on a la sensation de revivre l'agression. Je vous décris rapidement et un peu grossièrement la situation de Sarah, 32 ans. Elle a été violée à 19 ans par son ex-petite amie. Elle n'en a jamais parlé pendant 10 ans. Et depuis 3 ans, elle est en couple avec quelqu'un de très chouette, de très bienveillante, de très doux, avec qui ils ont une belle communication. Mais à chaque fois qu'elle fait l'amour, elle se dissocie. Elle, ce qu'elle me dit, c'est que pendant qu'on fait l'amour, je ne suis pas vraiment là. Je peux penser à ma to-do list, à ce que je vais faire, mais j'ai du mal à être concentrée, ça me demande beaucoup d'énergie. Mon compagnon ne comprend pas, il me demande si je prends du plaisir, j'ai tendance à mentir parce que je ne comprends pas trop ce qui se passe, que j'en ai en même temps, j'ai assez envie. Je sais, je suis consciente avec ma tête qu'il ne me fera jamais de mal, mais j'ai l'impression que mon corps, lui, il se méfie encore, il n'est pas trop au fait. Donc en fait, ce qui s'est passé, c'est que pendant dix ans, elle a enfoui le trauma. Son corps, lui, il n'a pas oublié. Et dès qu'il y a de l'intimité, hop, elle se met en dissociation. C'est vraiment un mécanisme de protection, mais qui va potentiellement pouvoir créer un cercle vicieux. Le trauma crée une dissociation par protection, du coup ça empêche d'avoir du plaisir, du coup ça génère une forme de culpabilité, parce qu'en fait je devrais pouvoir aimer ça. Et donc, ça va cultiver encore plus de dissociation. Maintenant qu'on connaît tout ça, comment on sort de là ? Vous me connaissez, vous savez ce que je veux dire. D'abord, en parlant. Parce qu'en fait, le trauma prospère dans le silence. Ok, donc vous, comment on communique de tout ça ? Ah oui, petite précision, je... On peut avoir tendance à parler des victimes aux féminins, mais j'ai déjà bien sûr, bien évidemment, reçu des hommes qui avaient eux aussi été victimes de violences sexuelles et de traumas. Mais ça reste quand même à 95% un public féminin, en tout cas pour ce qui concerne moi dans la file active du cabinet. Donc je vais conserver ce discours-là intuitivement. Vraiment garder à l'esprit que c'est quelque chose qui peut se vivre pour les deux genres. Si je reviens à cette histoire de communiquer avec son partenaire, parfois on se pose la question, faut-il tout dire à son partenaire ? Faut-il dire à son partenaire qu'on a vécu un trauma ? La réponse courte, ce n'est pas obligé, mais en fait, en vrai, souvent ça aide. Ça aide parce que du coup, ça permet à votre partenaire de comprendre, comprendre vos réactions et pourquoi vous réagissez. comment vous réagissez, et ça lui donne des clés aussi pour pouvoir agir différemment et ne plus vous activer de la même façon. Ainsi, il va pouvoir adapter son rythme, ses gestes, et vous n'avez aussi plus à porter le secret seul. Parfois, on peut choisir de ne pas le dire, peut-être parce qu'on n'est pas prêt, parce qu'on peut avoir peur du jugement. Vous voulez d'abord avancer, seul, en thérapie, évoluer pour vous-même. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise suggestion, en fait, c'est toujours votre choix. Personne ne peut vous forcer à en parler, vous dites si et quand vous êtes prête à qui vous voulez. Généralement, les personnes qui viennent me voir, le partenaire est déjà informé. Très souvent, ça le met dans une situation où il ne sait pas trop quoi faire de cette information. Donc lui aussi, ça l'aide qu'il y ait une thérapie ou une thérapeute dans la boucle pour pouvoir ajuster son comportement. Si jamais vous devez en parler ou ce n'est pas encore fait, ce qui est important de ne pas dire, c'est qu'il n'y a rien... Vous pouvez rester vague dans la description de ce qui s'est passé. Vous pouvez tout à fait ne pas rentrer dans le détail ou dans le spécifique. Ça, ça vous appartient. Ce que vous pouvez dire, par contre, c'est que j'ai vécu quelque chose dans le passé qui impacte ma sexualité aujourd'hui. Parfois, quand tu touches mon corps, mon corps réagit. Comme s'il y avait un danger. Ce n'est pas à toi, c'est juste une mémoire. Une autre phrase aussi qui peut être prononcée, c'est « J'ai besoin qu'on y aille doucement. Que tu me demandes avant de me toucher. Que tu respectes mes stops. » Quand on pose ça comme ça, vous expliquez l'impact et pas forcément l'événement. Vous donnez aussi des clés pour vous accompagner. Pour les partenaires, je vais peut-être me répéter, mais vraiment éviter. De demander des détails. Qu'est-ce qui s'est passé ? De minimiser. C'était il y a longtemps, tu devrais pouvoir tourner la page. Ou d'insister. Allez, on essaie, on va y aller. Ou de rentrer dans des schémas de violence. Je suis allée casser la gueule. Non, non, c'est pas l'actualité. C'est pas le lieu. C'est pas le moment. C'est pas ce qu'on vous demande. Ce que vous devez faire, vous, par contre, c'est écouter sans questionner. Merci de me dire ça. Je suis là. Merci de ta confiance. Et de respecter le rythme. Dis-moi ce dont tu as besoin. On va à ton rythme. Quand elle a la possibilité de dire ce dont elle a besoin. Et vraiment, apprenez que le consentement devient votre meilleur outil de couple. Toujours, toujours. Est-ce que j'en ai envie ? Est-ce que tu me donnes l'autorisation ? Est-ce qu'on continue ? Peut-être qu'on pourrait faire ça. Qu'est-ce que tu en penses ? Respectez tous les stops immédiatement. D'accord ? Il n'y a pas de... encore un peu, non. Un stop, ce n'est pas de négociation, c'est feu rouge. Point barre. Votre partenaire a avant tout besoin de se sentir en sécurité. Et c'est à vous de créer cette sécurité. Et en fait, vous faites partie de la solution. C'est avec vous que votre partenaire va apprendre à pouvoir se sentir bien. C'est important d'être fiable, en fait, et de montrer que quand c'est stop, c'est stop. Donc, comment on va pouvoir aborder la reconstruction de l'intimité après un trauma ? Les premières étapes, c'est vraiment de générer une sécurité. Avant même de penser au désir, il faut créer la sécurité. Si votre partenaire demande avant de toucher, c'est important qu'il respecte les stops, qu'il n'y ait pas de pression, qu'il n'y ait pas d'attente. C'est important de pouvoir vivre dans le couple du toucher qui soit non sexuel. Qu'on puisse s'enlacer, se faire des câlins, se tenir main dans la main, avoir des caresses sur les bras et l'autre partie du corps sans sentir que... il y a un objectif sexuel. Apprendre qu'on peut avoir cette intimité ou cette proximité physique sans automatiquement générer une situation avec un contexte sexuel, un rapport sexuel qui suit. Ensuite, vous avez ce côté réappropriation de votre corps. Seul d'abord, en fait. De l'auto-exploration, douce, tendre, reprendre le contrôle de votre corps. Et ça, c'est vous qui décidez. Vous, quand et comment. L'intimité, elle est progressive. L'idéal, c'est quand vous sentez que vous pouvez garder une forme de contrôle, un contrôle total sur le rythme, sur les positions, sur les zones. Et vous sachez que vous sentiez que vous avez le droit de tout arrêter à tout moment. Et aussi de se foutre la paix avec un objectif d'orgasme, d'accord ? Juste sentir, sans se dissocier, c'est déjà énorme, d'accord ? accepter d'avoir du plaisir, s'autoriser à ça, c'est déjà super. Le reste viendra. Faites-vous confiance. Et donc c'est comme ça qu'on va pouvoir réapprendre le plaisir en fait. Progressivement, le corps réapprend, il accepte cette nouvelle intimité sans danger. Et le plaisir peut revenir. Parfois c'est facile, parfois c'est court, parfois ça prend du temps. C'est pour chaque personne une situation individuelle et particulière. Foutez-vous la paix ! pas de calendrier à imposer. Vous avancez à votre rythme. Et parfois, certaines étapes prennent plus de temps. Ok, on va descendre dans le corps maintenant parce que guérir du trauma, ça passe aussi par le corps. Alors, troisième partie, le corps. Sortir de la dissociation, c'est réapprendre à habiter son corps. L'idée, c'est de lutter contre ce... phénomène de déconnexion du corps. Vous vivez dans votre tête, vous êtes extrêmement encore dans le stress de ce danger, mais si vous avez l'impression de pouvoir vivre totalement de façon normale, votre corps est encore dans cette dynamique de danger et de vigilance. Je vais vous livrer trois types d'exercices, chacun ayant leur propre objectif. Un premier exercice qui va être un exercice d'ancrage corporel qui peut vous servir dans plein de situations. L'idée, c'est vraiment de revenir dans le corps. Un autre exercice qui est un exercice de respiration, qui est un exercice d'apaisement du stress. Et un autre exercice qui est un exercice de couple. Je crois qu'on l'a déjà utilisé. C'est l'exercice du feu de signalisation vert jaune rouge. Donc, l'exercice d'ancrage, c'est le 5-4-3-2-1. C'est un exercice qui peut vous servir pour revenir dans votre corps. Et ça, vous pouvez le faire plein de fois dans la journée, dans la semaine. C'est vraiment pour ancrer, pour solidifier tous les chemins nerveux qui vous permettent d'être dans vos sensations, dans vos cinq sens. Vous pouvez le pratiquer assis, debout, couché, peu importe. Vraiment, les yeux ouverts. Il n'y a pas besoin d'être dans un état de relaxation particulier. L'idée, c'est cinq choses que vous voyez. Vous regardez autour de vous et vous les nommez mentalement. Par exemple, la table, la lampe, une tasse, la fenêtre, la plante. Puis, quatre choses que vous touchez. Les pieds au sol, les fesses sur la chaise, vos deux mains sur vos cuisses. Et vous nommez ces sensations tactiles. Trois choses que vous entendez. Les sons extérieurs, votre respiration. Un claquement. Vous les nommez également. Deux choses que vous sentez, l'odorat. Il peut y avoir une odeur de café, de parfum, d'air frais. Ça peut être quelque chose qui peut être plus difficile selon si notre sens est développé ou non, si on l'a perdu avec le Covid ou pas. Nommez ces deux odeurs. Et enfin, une chose que vous goûtez, le goût de votre bouche. Nommez un goût. Ce que vous venez de faire, c'est ramener votre attention dans l'instant présent. Sortir de la dissociation, revenir dans le corps, c'est quelque chose que vous pouvez faire. Et plus vous le pratiquez, plus ça devient facile, plus c'est automatique. Quand vous utilisez cet exercice, vous pouvez utiliser cet exercice quand vous sentez que vous partez. Même quand vous vous dissociez dans l'intimité, ça va rendre les choses encore plus sexy, parce que vous allez vous concentrer sur les stimulations positives. Et vous pouvez faire une version courte. Juste trois choses que vous voyez, déjà ça amorce les choses dans le bon sens. L'exercice corporel de la respiration ventrale et de se sentir présent, c'est quelque chose qui permet une reconnexion corporelle, d'apaiser le stress. Là, on va favoriser une position allongée ou une assise confortable où vous sentez que vous pouvez vous déposer. Posez une main sur votre ventre. Voilà, fermez les yeux. Seulement si vous vous sentez bien, tranquille, en sécurité, sinon vous gardez les yeux ouverts. Mais fermez les yeux, ça permet de rester à l'intérieur de soi. Respirez et inspirez lentement. En quatre sous-temps. Un, deux, trois, quatre. Voilà, votre ventre se gonfle et on expire lentement en six secondes. Un, deux, trois, quatre. Le ventre se dégonfle. 6. Ok. Vous répétez ça 5 fois. Quand on fait ça, on augmente le taux d'oxygène dans le corps et ça crée un reset. Sur ce rythme-là. Inspire 4 secondes et expire 6 secondes. Et de façon générale, si vous avez trop de stress ou d'anxiété, que vous n'arrivez pas à compter, à partir du moment où l'expiration est plus longue que l'inspiration, vous rentrez dans ce mode de détente d'urgence finalement. Ça crée un reset pour votre corps. Et vous focussez votre esprit, vous sentez le mouvement de votre main sur votre ventre. Vous sentez l'air qui entre, qui sort. Et si votre esprit... Esprit, par ailleurs, vraiment, ramenez-le doucement vers la sensation du ventre, ou de l'air qui passe par vos narines, qui effleure vos lèvres. Voilà, vous avez pu continuer de le faire ? Quand vous faites ça, vous habitez votre corps. Même juste 30 secondes, ça compte. Et cet exercice, vous pouvez le répéter quotidiennement, matin, soir, quand vous en avez besoin. Le troisième exercice que je voulais vous parler, c'est l'exercice du feu de signalisation. C'est un exercice de couple, et c'est très utile pour les deux partenaires. L'idée, c'est vraiment de convenir que vers ces... « Ok, go, vas-y, il n'y a aucun souci. » Jaune, c'est « ralenti » ou « pas plus loin » . Et rouge, c'est « stop » , c'est « rouge, c'est net » . Et en fait, ça permet de s'interroger l'un l'autre sur comment ça va. Simplement par la question de quelle couleur. Et on évite d'être trop dans le mental et on répond spontanément vers jaune-rouge. Et comme ça, dès qu'il y a un doute, ça permet de vérifier. Et parfois, je sais qu'il y a des filles qui appréhendent le regard de leur partenaire ou qui se demandent ce à quoi ils pensent, etc. Et donc, elle aussi, ça les permet de se vérifier, de se remettre dedans, d'être ok, d'accord, c'est vert pour lui, c'est ok, ou jaune, il est préoccupé, on arrête, on ralentit et on reprendra un peu plus tranquillement plus tard. Vraiment, c'est un exercice qui est très chouette et qui permet aussi d'y aller progressivement, de se réapproprier l'intimité. Et enfin, pour conclure, je voulais vraiment vous parler de tous ces accompagnements thérapeutiques spécialisés. C'est important de traiter le trauma. Un trauma, ça se guérit rarement seul. Vous avez probablement besoin d'un accompagnement spécialisé. Il y a tout un type de thérapies qui sont assez efficaces. Il y a l'EMDR qui permet la désensibilisation et le retraitement par mouvement oculaire. Tout ce qui est... thérapie somatique ou somatique experiencing. C'est vraiment très chouette. Il y a l'ICV, il y a la TCC. Il y a vraiment différentes approches qui sont centrées sur le retraitement du souvenir traumatique. Renseignez-vous, recherchez des praticiens qui sont dans ce domaine-là. Maintenant, il y a des choses qui se sont vraiment développées et qui sont très chouettes aussi par visio. Donc, n'hésitez pas. N'hésitez pas à consulter un professionnel formé au trauma ou au psychotrauma. Ok. Et on se dirige vers la fin de cet épisode. Du coup, voilà. C'était simplement pour dire que, oui, guérir d'un trauma sexuel, c'est possible. Ça demande du temps et de l'accompagnement, de la douceur, et vraiment du respect et de l'amour vis-à-vis de vous. Mais ça, ça fait. Alors. Pour conclure, on va reprendre ensemble ce qu'on a abordé. Si je résume, le trauma sexuel, c'est vraiment la trace qui est laissée par un événement. Le figement, c'est une réaction de survie, ce n'est pas du tout un consentement. La dissociation, c'est le mécanisme de protection qui se met en place. En fait, l'esprit quitte le corps symboliquement. L'impact sur la sexualité, elle est directe, elle est de multiples formes. et surtout elle n'est pas uniforme, il n'y a pas de bonne façon de réagir après un trauma. Chacune le fait à sa façon. Ce qui me semble important, c'est que dans la relation, il puisse y avoir une communication, un dialogue avec le partenaire, ou vous puissiez faire de votre partenaire votre allié de guérison. Enfin voilà, ça aide souvent. expliquer l'impact, pas forcément l'événement, mais du coup ça permet de donner à l'autre des clés pour pouvoir agir de façon plus adaptée, d'écouter aussi sans questionner, de respecter le rythme, d'avoir une forme de douceur et moins d'insistance. Et là, ça donne toute la place pour une reconstruction, parce qu'on peut mettre plus de sécurité, on peut mettre plus d'intimité non sexuelle, vous avez tout le temps de la réappropriation. A la fin, je vous ai parlé de trois exercices, à la fois des exercices d'ancrage, des exercices de présence et d'apaisement, et un exercice de communication du couple. Et je vous ai aussi parlé de différentes techniques thérapeutiques utilisées pour traiter. le souvenir traumatique. Voilà, je crois qu'avec ça, on peut, par ce principe, guérir d'un trauma, ça ne se fait rarement seul. La dissociation, elle peut être installée depuis des années, il peut y avoir des phénomènes d'amnésie traumatique, donc il y a aussi plein de nuances. Là, moi, je vous ai parlé d'un type de situation, mais finalement, il y a aussi plein d'autres nuances. qui peuvent être apportées à ces vécus traumatiques. Quand le désir vous semble impossible, quand vous avez l'impression que votre corps refuse l'intimité, c'est exactement ce qui se passe en consultation finalement. On accompagne cette guérison post-traumatique. Et on crée un espace de sécurité, de compréhension aussi sur ces événements-là. Et on reconstruit progressivement la connexion corps-esprit. On se réconcilie avec le toucher. Et on ouvre la possibilité à reprendre du plaisir. Si cet épisode vous parle, et si vous pensez que finalement, il peut parler à quelqu'un dont vous savez que ça peut faire du bien, n'hésitez pas à lui le partager. Les infos, si vous voulez prendre un rendez-vous, sont en lien dans la description de cet épisode. Et puis n'oubliez pas, si vous êtes en détresse, il y a le 3919, c'est le numéro d'urgence pour toutes les violences faites aux femmes. Il y a aussi des antennes de planning familial autour de vous. La semaine prochaine, enfin la prochaine fois, on parlera de sexualité et dépression. Quand le désir disparaît. Avec l'impact aussi des traitements. D'ici là, prenez soin de vous. Je rappelle, prochain épisode dans deux semaines. Pour ne rien louper, on s'abonne. Et dites-moi en commentaire si je vous parle plus de ce sujet. type d'épisode et aussi si vous avez d'autres idées ou d'autres envies de thèmes. A très bientôt !
Description
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🎧 PROCHAIN ÉPISODEHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Hey ! Bonjour, bon après-midi, bonsoir, c'est Cécile, l'auteur et la sexothérapeute de Au-delà du corps. Je vous parle aujourd'hui pour vous remercier de l'accueil que vous avez fait pour ce podcast qui est lancé depuis le mois de mars. Et suite à des difficultés dernièrement, je n'avais pas pu forcément poster au rythme que je le souhaitais, et donc je voulais vous informer d'une nouvelle fréquence de publications. Dorénavant, les épisodes sortiront tous les 15 jours le mardi matin. Le meilleur moyen de ne pas louper, c'est de s'abonner en vérité pour rester au fait et de recevoir une notification à chaque fois qu'il y a un épisode qui sort. Voilà, je vous laisse à l'épisode du jour. Bonne écoute ! Bonjour ! Je suis Cécile, sexothérapeute. Les gens qui m'ont déjà rencontrée ou qui me connaissent savent que j'ai l'habitude de dire que moi je travaille pour l'amour dans le monde. J'en suis assez fière. Ça veut dire qu'en vrai, j'accompagne les personnes, les couples à récupérer ou à vivre une intimité plus confiante, plus épanouissante. Ça fait quelques années maintenant que j'exerce et je me rends compte que bon nombre de situations sont traversées ou vécues, partagées par beaucoup de gens. Du coup, j'avais à cœur d'ouvrir ce podcast qui... Épisode par épisode, prends point par point un blocage, une croyance, une situation difficile et vous offre des clés d'accompagnement pour mieux la comprendre, mieux la traverser. Ma méthode, c'est tête, cœur, corps, parce que ce n'est jamais uniquement dans la tête, ni uniquement dans la relation, ni uniquement dans le corps, c'est souvent les trois à la fois. Bienvenue dans Au-delà du corps. Alors aujourd'hui, on va parler d'un sujet très particulier, mais que je vois malheureusement très souvent en consultation. Et je me disais que même si c'est un sujet délicat, finalement, je vais en parler. Je sais que je ne pourrais pas forcément correspondre à toutes les situations particulières et individuelles, mais au moins je pourrais délivrer une information un peu globale. L'idée, c'est d'aborder la question des conséquences du trauma, notamment quand il bloque le désir. Comment est-ce qu'on peut trouver une piste pour sortir du figement suite à un événement traumatique ? Et voilà, c'est vraiment pour toutes les personnes qui ont vécu quelque chose, une agression sexuelle, un viol, des attouchements ou de la violence. Peut-être que c'était il y a 5 ans, 10 ans, 20 ans. Peut-être, effectivement, que vous pensiez avoir tourné la page. Mais en fait, ce qui se passe, c'est que votre corps, lui, n'a pas oublié. Et que lorsque vous êtes à nouveau touché, ou quand il se passe quelque chose qu'on appelle un déclencheur, vous vous figez. Votre corps se ferme, votre esprit s'absente, et vous n'êtes plus là. Donc la question qu'on va essayer de développer le temps de cet épisode, c'est comment retrouver du désir quand mon corps a appris à se protéger en se coupant finalement de l'extérieur, par rapport à ce souvenir traumatique. Donc aujourd'hui, on va parler de sexualité et de trauma, de comprendre ce mécanisme de dissociation et comment est-ce qu'on peut trouver une piste pour se reconstruire progressivement, toujours avec le même processus tête-cœur-corps. Si vous êtes dans un état de vulnérabilité ou vous sentez que cet épisode peut être trop impactant pour vous, écoutez-le quand vous vous sentez stable ou pour plus tard. Mais vraiment, prenez soin de vous et écoutez-vous à cet endroit-là. Allez, c'est parti ! Alors dans un premier temps, on va tâcher de comprendre le trauma sexuel c'est quoi. Je vais peut-être faire quelque chose d'assez simpliste, mais en vrai si vous souhaitez qu'on fasse quelque chose de plus fouillé, de plus creusé sur le sujet, n'hésitez pas à me le dire en commentaire et je ferai un épisode où on pourrait déplier un peu plus, ou préciser un peu plus les choses. On va définir ça comme un événement qui est vécu comme une menace pour votre intégrité physique et psychique, d'accord ? Et dans un contexte sexuel, pour le cas qui nous intéresse aujourd'hui. C'est le cas des viols, des agressions, des attouchements, des harcèlements sexuels, des violences conjugales, mais aussi de l'exposition précoce à des images extrêmement choquantes ou pornographiques, un état enfant, à un contexte incestuel, bref, il y a plein de choses qui font trauma. Le trauma, ce n'est pas l'événement en soi, et ça c'est très très important de le comprendre. C'est la trace que l'événement laisse dans votre corps et dans votre psychisme. C'est très important de comprendre que deux personnes peuvent vivre le même événement, l'une va développer un trauma, l'autre non. En fait, il y a une multitude de facteurs qui va faire qu'il y a trauma ou pas. Ça dépend du contexte, de ce qui s'est passé après, est-ce qu'il y a eu du soutien ou non, de l'histoire personnelle de la... de la personne elle-même, de la famille, du climat. Donc il y a vraiment plein de choses qui vont faire que ça fasse trauma ou pas. Voyons un peu maintenant, réellement, face au danger, face à une situation qui est inconfortable, qui est extrêmement stressante, et vraiment au danger, quel type de réaction on peut avoir. La première réaction, ça va être la fuite. Vous fuyez la situation, c'est votre système nerveux qui s'active. hop, il déclenche de l'adrénaline, et on court, parfois on court même plus vite qu'on n'a jamais couru, grâce à cette adrénaline. Malheureusement, ce n'est pas toujours possible dans un contexte d'agression. J'ai de nombreuses personnes qui m'ont raconté des situations où elles étaient bloquées, acculées contre une porte, contre un mur, finalement où elles se sont vite senties démunies par rapport aux alternatives, situations de suite. L'autre réaction, ça peut être le combat, le fait de se défendre. On n'est vraiment pas tous... toutes équipées pour pouvoir le faire, et puis très souvent dans ces situations-là, on a une situation où l'agresseur est plus fort, et c'est difficile de s'activer, de mobiliser cette ressource-là. Parce qu'il peut y avoir un phénomène qu'on va appeler la sidération. Voilà, donc c'est ce qu'on va appeler le figement dans le troisième type de réaction, ce qui se passe le plus fréquemment finalement lors d'agressions sexuelles. Vous vous figez, vous ne bougez plus, votre corps se paralyse. On décrit vraiment cette histoire, cette situation comme L'impossibilité, l'incapacité à faire bouger son corps comme s'il ne répondait plus. Les esprits se déconnectent. Il y a une dissociation par simplement réaction de survie. Si je ne bouge pas, peut-être qu'il va arrêter. Ce mécanisme-là est déclenché par une toute petite amygdale qui fait la taille d'une cacahuète au cœur de votre cerveau reptilien. C'est vraiment un réflexe de survie. Lui, il te dit, ne bouge pas, Tu as plus de chances de survivre en ne bougeant pas et en encaissant, plutôt qu'en bougeant où tu risques d'être poursuivi, agressé, tué. C'est très archaïque, d'accord ? Malheureusement, cette situation, ce réflexe, cette activation archaïque, elle crée énormément de culpabilité, parce que ce n'est pas toujours compris après. Et beaucoup de gens revoient la scène en se demandant « Mais pourquoi je ne me suis pas débattue ? Pourquoi je n'ai rien dit ? » Pourquoi est-ce que j'ai consenti pour l'interrogation ? Il y a vraiment parfois ces sensations de ce qui reste vraiment très amer et qui rajoutent de la culpabilité à la honte à l'événement. Le figement, c'est une réaction de survie. Il n'y a pas de consentement. C'est votre système nerveux qui vous a protégé comme il pouvait. Vous n'avez absolument rien à vous reprocher. Vous ne pouviez rien faire de plus. La dissociation, c'est quand l'esprit quitte le corps. Donc là, c'est vraiment un mécanisme de défense psychique pour arrêter de vivre le stress de la situation, parce que quand il y a du stress, en fait, le cerveau déclenche une pompe à adrénaline, sauf qu'on peut mourir d'une overdose d'adrénaline, et donc quand il y a trop, finalement, le cerveau va décider lui-même de débrancher le bazar. Votre esprit se déconnecte de votre corps pour ne pas sentir, pour ne pas ressentir, pour avoir la sensation d'être ailleurs et presque de regarder la scène de l'extérieur, comme s'il y avait une forme de sortie de corps. Et je peux entendre ce discours pendant l'agression, je n'étais plus là, je regardais le plafond, je pensais à autre chose. Des gens qui peuvent décrire très très très très précisément un motif de tapisserie, de plafond ou de plancher, mais le reste est complètement flou. Enfin, très très lointain. C'est vraiment ce qu'on appelle la dissociation. Là où ça peut devenir une difficulté, c'est que la dissociation, ça peut devenir automatique. En fait, votre corps apprend à se dissocier. Et lorsqu'il va y avoir des événements qui peuvent faire en sorte que votre cerveau associe ça à cette action, donc ça peut être une odeur, ça peut être une musique, ça peut être un motif, ça peut être une sensation, un toucher, un toucher intime, par exemple, pour un contexte qui ressemble, la dissociation va se mettre en place. Moi, j'avais une cliente qui me disait qu'elle se souvenait très très fort du petit haut qu'elle avait pour cette soirée-là. C'était avec un petit motif, un petit motif Liberty. Et pendant très longtemps, à chaque fois qu'elle revoyait ce motif, même dans les boutiques de fringues, quand elle faisait du shopping, son corps réactivait une sensation de peur, de figement automatiquement. Même du coup quand il y a un contexte qui n'a rien à voir et même quand vous êtes avec votre partenaire, votre chéri du moment très doux, très aimant, très prévenant. Du coup, on comprend que ce trauma peut avoir un impact sur la sexualité. Vous pouvez avoir des situations où la personne va être dans un évitement complet, éviter toute l'intimité, ou avoir peur que ce soit trop déclenché, trop dangereux. Je décris ça comme des possibilités, des scénarios possibles, ça ne veut pas dire que c'est ce qui se passe à chaque fois. Mais on peut rentrer dans des scénarios mécaniques, de faire l'amour comme si elle n'est pas forcément là, laisse son corps faire, mais son esprit est absent. J'ai pu voir aussi des personnes qui disent, en fait, au début tout va bien, et puis à un moment donné, je ne sais pas pourquoi, il y a un rideau, et puis la dissociation se fait. On peut avoir des soucis de désir, parce qu'en fait le corps a associé l'activité sexuelle à l'événement traumatique et donc du coup, ce n'est pas quelque chose dont il a envie. Donc il y a un problème de libido, une difficulté à avoir du désir. Le corps est resté vraiment en mode survie et donc le désir, le fait d'avoir envie de se laisser aller, ce type d'activité n'est plus envisageable. Et puis l'autre impact, c'est vraiment la possibilité d'avoir des flashbacks, que ce soit pendant l'intimité ou pendant des rêves, des images du trauma ou de la scène qui vont faire... qu'on a la sensation de revivre l'agression. Je vous décris rapidement et un peu grossièrement la situation de Sarah, 32 ans. Elle a été violée à 19 ans par son ex-petite amie. Elle n'en a jamais parlé pendant 10 ans. Et depuis 3 ans, elle est en couple avec quelqu'un de très chouette, de très bienveillante, de très doux, avec qui ils ont une belle communication. Mais à chaque fois qu'elle fait l'amour, elle se dissocie. Elle, ce qu'elle me dit, c'est que pendant qu'on fait l'amour, je ne suis pas vraiment là. Je peux penser à ma to-do list, à ce que je vais faire, mais j'ai du mal à être concentrée, ça me demande beaucoup d'énergie. Mon compagnon ne comprend pas, il me demande si je prends du plaisir, j'ai tendance à mentir parce que je ne comprends pas trop ce qui se passe, que j'en ai en même temps, j'ai assez envie. Je sais, je suis consciente avec ma tête qu'il ne me fera jamais de mal, mais j'ai l'impression que mon corps, lui, il se méfie encore, il n'est pas trop au fait. Donc en fait, ce qui s'est passé, c'est que pendant dix ans, elle a enfoui le trauma. Son corps, lui, il n'a pas oublié. Et dès qu'il y a de l'intimité, hop, elle se met en dissociation. C'est vraiment un mécanisme de protection, mais qui va potentiellement pouvoir créer un cercle vicieux. Le trauma crée une dissociation par protection, du coup ça empêche d'avoir du plaisir, du coup ça génère une forme de culpabilité, parce qu'en fait je devrais pouvoir aimer ça. Et donc, ça va cultiver encore plus de dissociation. Maintenant qu'on connaît tout ça, comment on sort de là ? Vous me connaissez, vous savez ce que je veux dire. D'abord, en parlant. Parce qu'en fait, le trauma prospère dans le silence. Ok, donc vous, comment on communique de tout ça ? Ah oui, petite précision, je... On peut avoir tendance à parler des victimes aux féminins, mais j'ai déjà bien sûr, bien évidemment, reçu des hommes qui avaient eux aussi été victimes de violences sexuelles et de traumas. Mais ça reste quand même à 95% un public féminin, en tout cas pour ce qui concerne moi dans la file active du cabinet. Donc je vais conserver ce discours-là intuitivement. Vraiment garder à l'esprit que c'est quelque chose qui peut se vivre pour les deux genres. Si je reviens à cette histoire de communiquer avec son partenaire, parfois on se pose la question, faut-il tout dire à son partenaire ? Faut-il dire à son partenaire qu'on a vécu un trauma ? La réponse courte, ce n'est pas obligé, mais en fait, en vrai, souvent ça aide. Ça aide parce que du coup, ça permet à votre partenaire de comprendre, comprendre vos réactions et pourquoi vous réagissez. comment vous réagissez, et ça lui donne des clés aussi pour pouvoir agir différemment et ne plus vous activer de la même façon. Ainsi, il va pouvoir adapter son rythme, ses gestes, et vous n'avez aussi plus à porter le secret seul. Parfois, on peut choisir de ne pas le dire, peut-être parce qu'on n'est pas prêt, parce qu'on peut avoir peur du jugement. Vous voulez d'abord avancer, seul, en thérapie, évoluer pour vous-même. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise suggestion, en fait, c'est toujours votre choix. Personne ne peut vous forcer à en parler, vous dites si et quand vous êtes prête à qui vous voulez. Généralement, les personnes qui viennent me voir, le partenaire est déjà informé. Très souvent, ça le met dans une situation où il ne sait pas trop quoi faire de cette information. Donc lui aussi, ça l'aide qu'il y ait une thérapie ou une thérapeute dans la boucle pour pouvoir ajuster son comportement. Si jamais vous devez en parler ou ce n'est pas encore fait, ce qui est important de ne pas dire, c'est qu'il n'y a rien... Vous pouvez rester vague dans la description de ce qui s'est passé. Vous pouvez tout à fait ne pas rentrer dans le détail ou dans le spécifique. Ça, ça vous appartient. Ce que vous pouvez dire, par contre, c'est que j'ai vécu quelque chose dans le passé qui impacte ma sexualité aujourd'hui. Parfois, quand tu touches mon corps, mon corps réagit. Comme s'il y avait un danger. Ce n'est pas à toi, c'est juste une mémoire. Une autre phrase aussi qui peut être prononcée, c'est « J'ai besoin qu'on y aille doucement. Que tu me demandes avant de me toucher. Que tu respectes mes stops. » Quand on pose ça comme ça, vous expliquez l'impact et pas forcément l'événement. Vous donnez aussi des clés pour vous accompagner. Pour les partenaires, je vais peut-être me répéter, mais vraiment éviter. De demander des détails. Qu'est-ce qui s'est passé ? De minimiser. C'était il y a longtemps, tu devrais pouvoir tourner la page. Ou d'insister. Allez, on essaie, on va y aller. Ou de rentrer dans des schémas de violence. Je suis allée casser la gueule. Non, non, c'est pas l'actualité. C'est pas le lieu. C'est pas le moment. C'est pas ce qu'on vous demande. Ce que vous devez faire, vous, par contre, c'est écouter sans questionner. Merci de me dire ça. Je suis là. Merci de ta confiance. Et de respecter le rythme. Dis-moi ce dont tu as besoin. On va à ton rythme. Quand elle a la possibilité de dire ce dont elle a besoin. Et vraiment, apprenez que le consentement devient votre meilleur outil de couple. Toujours, toujours. Est-ce que j'en ai envie ? Est-ce que tu me donnes l'autorisation ? Est-ce qu'on continue ? Peut-être qu'on pourrait faire ça. Qu'est-ce que tu en penses ? Respectez tous les stops immédiatement. D'accord ? Il n'y a pas de... encore un peu, non. Un stop, ce n'est pas de négociation, c'est feu rouge. Point barre. Votre partenaire a avant tout besoin de se sentir en sécurité. Et c'est à vous de créer cette sécurité. Et en fait, vous faites partie de la solution. C'est avec vous que votre partenaire va apprendre à pouvoir se sentir bien. C'est important d'être fiable, en fait, et de montrer que quand c'est stop, c'est stop. Donc, comment on va pouvoir aborder la reconstruction de l'intimité après un trauma ? Les premières étapes, c'est vraiment de générer une sécurité. Avant même de penser au désir, il faut créer la sécurité. Si votre partenaire demande avant de toucher, c'est important qu'il respecte les stops, qu'il n'y ait pas de pression, qu'il n'y ait pas d'attente. C'est important de pouvoir vivre dans le couple du toucher qui soit non sexuel. Qu'on puisse s'enlacer, se faire des câlins, se tenir main dans la main, avoir des caresses sur les bras et l'autre partie du corps sans sentir que... il y a un objectif sexuel. Apprendre qu'on peut avoir cette intimité ou cette proximité physique sans automatiquement générer une situation avec un contexte sexuel, un rapport sexuel qui suit. Ensuite, vous avez ce côté réappropriation de votre corps. Seul d'abord, en fait. De l'auto-exploration, douce, tendre, reprendre le contrôle de votre corps. Et ça, c'est vous qui décidez. Vous, quand et comment. L'intimité, elle est progressive. L'idéal, c'est quand vous sentez que vous pouvez garder une forme de contrôle, un contrôle total sur le rythme, sur les positions, sur les zones. Et vous sachez que vous sentiez que vous avez le droit de tout arrêter à tout moment. Et aussi de se foutre la paix avec un objectif d'orgasme, d'accord ? Juste sentir, sans se dissocier, c'est déjà énorme, d'accord ? accepter d'avoir du plaisir, s'autoriser à ça, c'est déjà super. Le reste viendra. Faites-vous confiance. Et donc c'est comme ça qu'on va pouvoir réapprendre le plaisir en fait. Progressivement, le corps réapprend, il accepte cette nouvelle intimité sans danger. Et le plaisir peut revenir. Parfois c'est facile, parfois c'est court, parfois ça prend du temps. C'est pour chaque personne une situation individuelle et particulière. Foutez-vous la paix ! pas de calendrier à imposer. Vous avancez à votre rythme. Et parfois, certaines étapes prennent plus de temps. Ok, on va descendre dans le corps maintenant parce que guérir du trauma, ça passe aussi par le corps. Alors, troisième partie, le corps. Sortir de la dissociation, c'est réapprendre à habiter son corps. L'idée, c'est de lutter contre ce... phénomène de déconnexion du corps. Vous vivez dans votre tête, vous êtes extrêmement encore dans le stress de ce danger, mais si vous avez l'impression de pouvoir vivre totalement de façon normale, votre corps est encore dans cette dynamique de danger et de vigilance. Je vais vous livrer trois types d'exercices, chacun ayant leur propre objectif. Un premier exercice qui va être un exercice d'ancrage corporel qui peut vous servir dans plein de situations. L'idée, c'est vraiment de revenir dans le corps. Un autre exercice qui est un exercice de respiration, qui est un exercice d'apaisement du stress. Et un autre exercice qui est un exercice de couple. Je crois qu'on l'a déjà utilisé. C'est l'exercice du feu de signalisation vert jaune rouge. Donc, l'exercice d'ancrage, c'est le 5-4-3-2-1. C'est un exercice qui peut vous servir pour revenir dans votre corps. Et ça, vous pouvez le faire plein de fois dans la journée, dans la semaine. C'est vraiment pour ancrer, pour solidifier tous les chemins nerveux qui vous permettent d'être dans vos sensations, dans vos cinq sens. Vous pouvez le pratiquer assis, debout, couché, peu importe. Vraiment, les yeux ouverts. Il n'y a pas besoin d'être dans un état de relaxation particulier. L'idée, c'est cinq choses que vous voyez. Vous regardez autour de vous et vous les nommez mentalement. Par exemple, la table, la lampe, une tasse, la fenêtre, la plante. Puis, quatre choses que vous touchez. Les pieds au sol, les fesses sur la chaise, vos deux mains sur vos cuisses. Et vous nommez ces sensations tactiles. Trois choses que vous entendez. Les sons extérieurs, votre respiration. Un claquement. Vous les nommez également. Deux choses que vous sentez, l'odorat. Il peut y avoir une odeur de café, de parfum, d'air frais. Ça peut être quelque chose qui peut être plus difficile selon si notre sens est développé ou non, si on l'a perdu avec le Covid ou pas. Nommez ces deux odeurs. Et enfin, une chose que vous goûtez, le goût de votre bouche. Nommez un goût. Ce que vous venez de faire, c'est ramener votre attention dans l'instant présent. Sortir de la dissociation, revenir dans le corps, c'est quelque chose que vous pouvez faire. Et plus vous le pratiquez, plus ça devient facile, plus c'est automatique. Quand vous utilisez cet exercice, vous pouvez utiliser cet exercice quand vous sentez que vous partez. Même quand vous vous dissociez dans l'intimité, ça va rendre les choses encore plus sexy, parce que vous allez vous concentrer sur les stimulations positives. Et vous pouvez faire une version courte. Juste trois choses que vous voyez, déjà ça amorce les choses dans le bon sens. L'exercice corporel de la respiration ventrale et de se sentir présent, c'est quelque chose qui permet une reconnexion corporelle, d'apaiser le stress. Là, on va favoriser une position allongée ou une assise confortable où vous sentez que vous pouvez vous déposer. Posez une main sur votre ventre. Voilà, fermez les yeux. Seulement si vous vous sentez bien, tranquille, en sécurité, sinon vous gardez les yeux ouverts. Mais fermez les yeux, ça permet de rester à l'intérieur de soi. Respirez et inspirez lentement. En quatre sous-temps. Un, deux, trois, quatre. Voilà, votre ventre se gonfle et on expire lentement en six secondes. Un, deux, trois, quatre. Le ventre se dégonfle. 6. Ok. Vous répétez ça 5 fois. Quand on fait ça, on augmente le taux d'oxygène dans le corps et ça crée un reset. Sur ce rythme-là. Inspire 4 secondes et expire 6 secondes. Et de façon générale, si vous avez trop de stress ou d'anxiété, que vous n'arrivez pas à compter, à partir du moment où l'expiration est plus longue que l'inspiration, vous rentrez dans ce mode de détente d'urgence finalement. Ça crée un reset pour votre corps. Et vous focussez votre esprit, vous sentez le mouvement de votre main sur votre ventre. Vous sentez l'air qui entre, qui sort. Et si votre esprit... Esprit, par ailleurs, vraiment, ramenez-le doucement vers la sensation du ventre, ou de l'air qui passe par vos narines, qui effleure vos lèvres. Voilà, vous avez pu continuer de le faire ? Quand vous faites ça, vous habitez votre corps. Même juste 30 secondes, ça compte. Et cet exercice, vous pouvez le répéter quotidiennement, matin, soir, quand vous en avez besoin. Le troisième exercice que je voulais vous parler, c'est l'exercice du feu de signalisation. C'est un exercice de couple, et c'est très utile pour les deux partenaires. L'idée, c'est vraiment de convenir que vers ces... « Ok, go, vas-y, il n'y a aucun souci. » Jaune, c'est « ralenti » ou « pas plus loin » . Et rouge, c'est « stop » , c'est « rouge, c'est net » . Et en fait, ça permet de s'interroger l'un l'autre sur comment ça va. Simplement par la question de quelle couleur. Et on évite d'être trop dans le mental et on répond spontanément vers jaune-rouge. Et comme ça, dès qu'il y a un doute, ça permet de vérifier. Et parfois, je sais qu'il y a des filles qui appréhendent le regard de leur partenaire ou qui se demandent ce à quoi ils pensent, etc. Et donc, elle aussi, ça les permet de se vérifier, de se remettre dedans, d'être ok, d'accord, c'est vert pour lui, c'est ok, ou jaune, il est préoccupé, on arrête, on ralentit et on reprendra un peu plus tranquillement plus tard. Vraiment, c'est un exercice qui est très chouette et qui permet aussi d'y aller progressivement, de se réapproprier l'intimité. Et enfin, pour conclure, je voulais vraiment vous parler de tous ces accompagnements thérapeutiques spécialisés. C'est important de traiter le trauma. Un trauma, ça se guérit rarement seul. Vous avez probablement besoin d'un accompagnement spécialisé. Il y a tout un type de thérapies qui sont assez efficaces. Il y a l'EMDR qui permet la désensibilisation et le retraitement par mouvement oculaire. Tout ce qui est... thérapie somatique ou somatique experiencing. C'est vraiment très chouette. Il y a l'ICV, il y a la TCC. Il y a vraiment différentes approches qui sont centrées sur le retraitement du souvenir traumatique. Renseignez-vous, recherchez des praticiens qui sont dans ce domaine-là. Maintenant, il y a des choses qui se sont vraiment développées et qui sont très chouettes aussi par visio. Donc, n'hésitez pas. N'hésitez pas à consulter un professionnel formé au trauma ou au psychotrauma. Ok. Et on se dirige vers la fin de cet épisode. Du coup, voilà. C'était simplement pour dire que, oui, guérir d'un trauma sexuel, c'est possible. Ça demande du temps et de l'accompagnement, de la douceur, et vraiment du respect et de l'amour vis-à-vis de vous. Mais ça, ça fait. Alors. Pour conclure, on va reprendre ensemble ce qu'on a abordé. Si je résume, le trauma sexuel, c'est vraiment la trace qui est laissée par un événement. Le figement, c'est une réaction de survie, ce n'est pas du tout un consentement. La dissociation, c'est le mécanisme de protection qui se met en place. En fait, l'esprit quitte le corps symboliquement. L'impact sur la sexualité, elle est directe, elle est de multiples formes. et surtout elle n'est pas uniforme, il n'y a pas de bonne façon de réagir après un trauma. Chacune le fait à sa façon. Ce qui me semble important, c'est que dans la relation, il puisse y avoir une communication, un dialogue avec le partenaire, ou vous puissiez faire de votre partenaire votre allié de guérison. Enfin voilà, ça aide souvent. expliquer l'impact, pas forcément l'événement, mais du coup ça permet de donner à l'autre des clés pour pouvoir agir de façon plus adaptée, d'écouter aussi sans questionner, de respecter le rythme, d'avoir une forme de douceur et moins d'insistance. Et là, ça donne toute la place pour une reconstruction, parce qu'on peut mettre plus de sécurité, on peut mettre plus d'intimité non sexuelle, vous avez tout le temps de la réappropriation. A la fin, je vous ai parlé de trois exercices, à la fois des exercices d'ancrage, des exercices de présence et d'apaisement, et un exercice de communication du couple. Et je vous ai aussi parlé de différentes techniques thérapeutiques utilisées pour traiter. le souvenir traumatique. Voilà, je crois qu'avec ça, on peut, par ce principe, guérir d'un trauma, ça ne se fait rarement seul. La dissociation, elle peut être installée depuis des années, il peut y avoir des phénomènes d'amnésie traumatique, donc il y a aussi plein de nuances. Là, moi, je vous ai parlé d'un type de situation, mais finalement, il y a aussi plein d'autres nuances. qui peuvent être apportées à ces vécus traumatiques. Quand le désir vous semble impossible, quand vous avez l'impression que votre corps refuse l'intimité, c'est exactement ce qui se passe en consultation finalement. On accompagne cette guérison post-traumatique. Et on crée un espace de sécurité, de compréhension aussi sur ces événements-là. Et on reconstruit progressivement la connexion corps-esprit. On se réconcilie avec le toucher. Et on ouvre la possibilité à reprendre du plaisir. Si cet épisode vous parle, et si vous pensez que finalement, il peut parler à quelqu'un dont vous savez que ça peut faire du bien, n'hésitez pas à lui le partager. Les infos, si vous voulez prendre un rendez-vous, sont en lien dans la description de cet épisode. Et puis n'oubliez pas, si vous êtes en détresse, il y a le 3919, c'est le numéro d'urgence pour toutes les violences faites aux femmes. Il y a aussi des antennes de planning familial autour de vous. La semaine prochaine, enfin la prochaine fois, on parlera de sexualité et dépression. Quand le désir disparaît. Avec l'impact aussi des traitements. D'ici là, prenez soin de vous. Je rappelle, prochain épisode dans deux semaines. Pour ne rien louper, on s'abonne. Et dites-moi en commentaire si je vous parle plus de ce sujet. type d'épisode et aussi si vous avez d'autres idées ou d'autres envies de thèmes. A très bientôt !
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