Speaker #0Bonjour, je suis Cécile, sexothérapeute. Les gens qui m'ont déjà rencontrée ou qui me connaissent savent que j'ai l'habitude de dire que moi je travaille pour l'amour dans le monde. Je suis assez fière. Ça veut dire qu'en vrai, j'accompagne les personnes, les couples à récupérer ou à vivre une intimité plus confiante, plus épanouissante. Ça fait quelques années maintenant que j'exerce Et je me rends compte que bon nombre de situations se sont traversées ou vécues, partagées par beaucoup de gens. Du coup, j'avais à cœur d'ouvrir ce podcast qui, épisode par épisode, prend point par point un blocage, une croyance, une situation difficile et vous offre des clés d'accompagnement pour mieux la comprendre, mieux la traverser. Ma méthode, c'est tête, cœur, corps, parce que ce n'est jamais uniquement dans la tête, ni uniquement. Dans la relation, ni uniquement dans le corps, c'est souvent les trois à la fois. Bienvenue dans Au-delà du corps. Aujourd'hui, on va parler de Paul. J'ai plein de situations différentes où cette question, elle arrive dans mon cabinet. Très souvent, on est dans la situation où monsieur consomme, madame non. Et puis, du coup, il va y avoir un regard, un jugement ou des interrogations sur cette pratique. Parfois, la personne le savait. Parfois, la personne le découvre. Et donc, ça peut générer vraiment tout un aspect de doute, de questionnement, d'assimilation. Est-ce qu'il me trompe, en fait, en consommant ? Est-ce que je ne suffis pas ? Est-ce que c'est normal ? Est-ce qu'on devrait en parler ? Parfois, il peut y avoir des... peurs, des assimilations et c'est souvent ça qui génère des insécurités, des tabous, des jugements moraux. Donc la réalité c'est que la pornographie est partout. La question centrale c'est dans le couple ou dans votre couple, est-ce que c'est un allié ou un poison ? D'accord ? Et donc nous on va travailler là-dessus aujourd'hui. Déjà dans un premier temps, savoir qu'est-ce qu'il, qu'est-ce que ça recouvre, qu'est-ce que ça peut provoquer ou pas. Et puis, concrètement, c'est quoi les clés ou les points d'alerte qu'on va utiliser pour savoir qu'est-ce que ça nourrit ou pas dans notre relation. Oui, on va parler de l'impact sur le désir, sur l'intimité et parfois sur les attentes. Bref, aussi comment en parler sans jugement, réussir à écouter, recevoir. Toujours en suivant cette même méthode, la tête, le cœur et le corps. Ok, dans un premier temps, on va tâcher de comprendre ce phénomène du porno. Quelques chiffres. C'est une vraie réalité des usages. 70% des hommes en consomment régulièrement, 30% des femmes en consomment régulièrement et les chiffres sont en hausse. L'accès est illimité, gratuit et anonyme, à ceci près que depuis juillet 2025 en France, les trois plus grands sites publics. pornos qui fournissent sur Internet français sont soumis à l'obligation de contrôler l'âge de leur consommateur. Donc, ça doit certainement en freiner plus d'un et c'est surtout qu'au moins les mineurs sont filtrés, ce qui est une vraie nécessité puisque la moyenne d'âge de la première exposition, c'est 11-12 ans et là, ça peut faire vraiment infraction. Le contenu n'est pas forcément adapté, pas toujours soft. Et donc, c'est pas mal que les mineurs soient quand même protégés par cette mesure. Ce qui est important de comprendre, c'est que la pornographie, c'est une réalité. Que vous l'aimiez ou non, ça fait vraiment partie du paysage sexuel contemporain. Pourquoi les gens regardent du porno ? En vrai, très souvent, quand même, c'est un support visuel pour accéder à de la masturbation, à du plaisir indépendant, individuel. parce que c'est un support qui est souvent quand même créé pour générer une stimulation forte, rapide. Il y a une forme de gratification finalement immédiate. Éventuellement, ce qui va prendre du temps, c'est qu'on peut avoir le même phénomène que quand on regarde nos plateformes de streaming. On va mettre du temps finalement à chercher l'épisode ou le scénario qu'on va regarder. Mais en vrai, une fois que la pratique est lancée, ça peut être assez rapide. La deuxième raison, ça va être un support finalement pour explorer des fantasmes sans conséquences. On peut voir des pratiques qu'on n'a pas forcément envie de vivre, mais ça peut être une façon de se projeter. C'est une forme de curiosité finalement sans engagement. Une troisième raison, mais qui est concomitante à tout ça et qui n'est pas forcément la raison, c'est que ça vient combler une forme de manque. C'est-à-dire que la libido peut être asymétrique dans le couple. Il y en a un qui veut plus que l'autre. Ça peut être aussi une situation de distance parce qu'il y a de l'éloignement géographique, une situation de postpartum ou une maladie. Bref, les deux personnes du couple ne sont pas forcément en phase. capacité de vivre leur désir et de l'exprimer ensemble. Ou alors, tout simplement, il y a une routinisation de la sexualité dans le couple, et du coup, le fait d'avoir son plaisir individuel, avec son univers fantasmagorique ou son imaginaire érotique, c'est son rendez-vous coquin perso. Il y a toujours deux facettes aux choses, et là, pour la pornographie, c'est pareil. Ça peut être un allié dans certains contextes, et ça peut être un poison dans un autre. Quand ça marche, ça veut dire que c'est souvent parce que c'est un usage qui est plutôt occasionnel, qui n'est pas compulsif. Ça ne remplace pas, et ça vient surtout compléter la sexualité du couple. C'est partagé dans le couple, si les deux sont ok, ou en tout cas dans le sens où c'est parlé, où c'est su, enfin on le sait. Et ça peut être éventuellement une source d'inspiration. Pas forcément comme un modèle absolu, d'accord ? Et il y a aussi différents types de porno, donc tout n'est pas comparable, ok ? Ça peut être bénéfique. Il y a des gens qui ne sont pas du tout câblés pour avoir un imaginaire qui est florissant. Et donc, le support audiovisuel va être en capacité de stimuler l'imaginaire, de découvrir de nouvelles pratiques, de se l'approprier. Et ça peut vraiment combler une asymétrie du désir temporaire. L'autre face qui peut être du coup le côté poison, le côté... compliqué, c'est quand justement on va préférer le porno plutôt que le partenaire. C'est-à-dire que là, il y a un refus d'intimité au profit du porno, on va éviter le partenaire, on va avoir une perte totale de désir pour le couple, on va être en difficulté même pour avoir un rapport ou une stimulation, une excitation sans stimulation pornographique. Ça va générer plusieurs problèmes. Des attentes irréalistes. Ça veut dire que systématiquement, le partenaire est comparé aux acteurs et aux actrices et ce n'est pas du tout réalisable. C'est des corps qui sont castés, qui sont audités, qui sont entretenus, qui sont filmés de certaines façons, parfois opérés. Avoir des attentes de performance ou comparer les performances avec ce qu'on voit, ce n'est pas du tout réalisable. Puisque là aussi, c'est du scénario, tout est fait pour que ça vous donne envie. Mais c'est du cinéma, ce n'est pas du tout réel et réalisable, la plupart du temps. Il existe des pornos qui sont, on va dire, éthiques, et dont ce qui est montré est beaucoup plus réaliste ou beaucoup plus proche d'une sexualité lambda, de Michel et Martine chez eux, vos voisins. mais Et ça, ça peut être vraiment une source d'inspiration, qui permet de débloquer le côté visualisation ou s'autoriser à imaginer. Quand je dis que c'est problématique, quand il y a des attentes qui sont irréalistes, c'est quand on va regarder des choses qui vont être vraiment du sexe performatif. Et là, ce n'est pas juste pour le partenaire. Ça peut générer une forme de dépendance, un usage compulsif, parce que du coup... Du coup, on n'oublie pas que l'orgasme ou l'aboutissement de la masturbation va propulser finalement ce shoot d'hormones dans le cerveau qui va générer une sensation de bien-être. Ce truc-là peut être super addictif. Et votre cerveau sait très bien comment aller le chercher. C'est très facile maintenant, on en a dans notre téléphone. Donc, ça peut devenir un usage compulsif. Et du coup... plusieurs heures par jour. Là, vraiment, il y a quelque chose qui s'évalue en termes de dépendance. Enfin, voilà, il y a une pratique à avoir spécifique par rapport à ça. L'autre problème, c'est, je le disais tout à l'heure, que c'est quand la consommation du visuel est non éthique. C'est-à-dire qu'on va regarder quelque chose de violent, de dégradant, qui va renforcer les stéréotypes de genre ou les stéréotypes sexistes, et qu'on va... du contenu audiovisuel, finalement, qui va banaliser des pratiques qui sont non consenties. C'est important de prendre conscience que notre imaginaire érotique se nourrit de ce qu'on lui donne à voir. Et donc, avoir uniquement ce type de contenu pour notre fantasmagorie, ça va clairement la colorer, ça va lui donner une matière particulière. Donc, dans votre couple, ça peut clairement l'impacter. Quand on est dans la situation de « Madame découvre que l'autre » utilise du porno plus ou moins régulièrement, moi, ce que j'entends, c'est il ou elle me trompe. Ce que je peux comprendre aussi ou qui peut être dit, c'est je ne suffis pas. Ou l'autre préfère des images à moi et là où c'est blessant, c'est en plus des images qui ne me ressemblent pas. Si la discussion, elle arrive et qu'elle est mal gérée ou difficile, vraiment, l'autre peut se sentir honteux. La personne qui consomme, finalement, de se dire « finalement, je suis bizarre » ou « j'ai ma tête qui ne fonctionne pas comme il faut » ou « je devrais peut-être arrêter, mais je ne peux pas en parler » . L'autre impact, ça veut dire que le secret s'installe comme un non-dit et que du coup, ça détériore l'intimité, il y a une distance naturelle qui se met en place et il y a moins de sexualité finalement dans le couple. Un autre impact, ça va être finalement le conflit. Clairement, on va aller au bout de la dispute, de l'émotion de colère qui survient, des accusations, une défense et une forme d'escalade. Je vous partage la situation qu'on a pu dénouer en consultation avec Julie et Marc, un couple de 35-38 ans. Ils sont ensemble depuis une douzaine d'années et Julie a découvert que Marc regardait du Pardo quotidiennement. Elle s'est vraiment sentie blessée. Typiquement dans ce que je vous ai décrit tout à l'heure. Elle s'est sentie trahie et lui, il ne voyait vraiment pas le mal. Il disait, en fait, c'est normal, tous les mecs font ça. Ce qu'elle m'a dit, elle, c'est que je me sens humiliée. Il préfère des images à moi. Ça fait six mois qu'on n'a pas fait l'amour et lui se masturbe tous les jours devant son écran. Et en plus, maintenant, quand on fait l'amour, j'ai l'impression qu'il me regarde comme il regarde ses femmes. Lui, ce qu'il me dit, c'est qu'en fait, elle n'a jamais envie. Qu'est-ce que je suis censée faire ? Comment je gère ? Et le porno, c'est ma façon de, entre guillemets, me soulager et de ne pas lui prodiguer ou de ne pas lui faire sentir de pression. Ce qu'on peut décrire comme un problème, c'est que finalement, le porno était là pour combler une asymétrie, mais sans que ce soit su, sans que ce soit dit, sans que ce soit nommé. Et ça a remplacé complètement la sexualité du couple. mais même la sexualité qui était non charnelle finalement. Et du coup, Julie, elle en a vraiment ressenti le rejet. Et peut même s'attribuer une forme de culpabilité, même si ça n'a aucun rapport. Là où ça a été difficile, c'est qu'il n'y avait aucune communication sur le sujet. Chacun a été pris finalement dans ses propres jugements, à la fois sur eux et puis leur incompréhension par rapport à l'autre. Ce qu'on a pu faire finalement en plusieurs temps, c'est dans un premier temps, pourquoi il y avait cette pratique ? Et donc le côté compensation. Et puis du côté de Julie, finalement identifier pourquoi il n'y avait pas de désir ou plus de désir. Il y avait vraiment un côté charge mentale, cumulé à de la fatigue. Reconstruire finalement une communication et surtout une intimité non sexuelle d'abord. Comme ça, il n'y avait pas de pression. Puis le côté sexuel a pu revenir. Et donc, on avait fait une forme de négociation. Comme c'était blessant finalement pour Julie, on a construit tout un autre usage. pour que ça vienne finalement nourrir l'intimité, sans que ce soit destructeur. Donc si vous voulez, on va aller plutôt sur ce côté-là. Finalement, comment parler de porno dans le couple, et surtout sans jugement, accusation ni destruction. Alors, dans un deuxième temps, on va parler de comment communiquer. C'est pas si facile parce que, en vrai, c'est hyper intime. C'est hyper intime, c'est des personnes, c'est leur imaginaire érotique, c'est leur fantasme, c'est quelque chose d'extrêmement personnel. Et donc, quand c'est quelque chose qui n'est pas parlé dans le couple, ça peut vraiment sembler délicat, à juste titre, d'aborder le sujet. Je vais reparler de ces situations de la découverte ou de la personne qui prend conscience de ça. Ce qui est important de ne pas dire, c'est que tous les mots obsédés, dégoûtants, les jugements, enfin voilà, je ne te suffis pas, c'est ça, ou alors imposer un choix, c'est moi ou le porno, enfin vraiment, ça c'est pas du tout constructif, ça ne marche pas, parce que ça met l'autre directement sur une position de défensive, ça ferme la conversation, ça crée une honte, une culpabilité qui pousse à cacher encore plus, enfin voilà, c'est absolument pas du tout ce qu'on veut, pour être constructif, pas constructif. C'est intéressant. J'ai vu, on parle de soi, on parle par le jeu, j'ai vu que tu regardais du porno. J'aimerais qu'on en parle, et éventuellement vous pourrez exprimer après. Ça m'a fait me sentir en insécurité, blessée, inquiète. Peux-tu m'expliquer ce que ça représente pour toi ? Je ne veux pas juger, je veux juste comprendre. Ce genre de formulation, ça va plutôt créer un contexte, un terrain favorable, plus de l'ouverture. de la curiosité, et ça va plutôt permettre quelque chose de constructif, en fait. Si c'est vous qui êtes la personne qui consomme, ne dites pas rien. Gardez le secret, ce n'est pas forcément pertinent. Ni minimiser, c'est rien, c'est juste pour me détendre. Tous les mecs ou toutes les femmes font ça. Non, ce n'est pas de eux qu'on parle, c'est de vous et de vous deux. Ce qui peut être une piste, c'est plutôt, je regarde parfois du pardon. Je voulais t'en parler parce que je ne veux pas que ce soit secret entre nous. Ça ne remplace pas notre intimité, ça c'est important. C'est juste un complément. Quand tu n'as pas envie, ou quand je suis seule, ou quand j'ai besoin de me détendre. Si ça te pose un problème, parle-en-en, je veux qu'on trouve un équilibre. Et on ouvre sur une solution. Les questions à se poser pour déterminer si cette pratique est problématique pour le couple, c'est est-ce que ça remplace l'intimité ou est-ce que c'est complémentaire ? Est-ce que ça crée des attentes irréalistes ? Et ça, c'est important de le poser. Et est-ce que c'est consenti par les deux ? Il pourrait vraiment y avoir aussi un chemin où, en vrai, c'est l'intimité de la personne et ça ne regarde qu'elle. Maintenant, dans le couple, ça peut être aussi important de savoir où va son désir, qu'est-ce qui s'y passe. Et en parler, c'est être dans cette zone de transparence et de communication de qu'est-ce qui m'anime, qu'est-ce qui... Voilà, ça crée de la connivence, ça crée de la complicité. Mais on est vraiment dans ce truc du plaisir solitaire qui n'impacte pas ou ne remplace pas l'intimité ou la sexualité du couple. C'est quelque chose qui reste complémentaire. Finalement, la consommation de porno, c'est juste un support visuel qui vient étayer ce truc-là, qui vient compléter. Ça va avec. Mais de toute façon, même sans porno, le côté masturbation personnelle est toujours complémentaire à la pratique sexuelle en couple. Là où c'est intéressant, c'est vraiment le côté des attentes. Est-ce que cette consommation, elle vient impacter le couple ? Est-ce que la personne qui consomme du porno va avoir des demandes auprès de son ou sa partenaire de réaliser les mêmes actes ? Et là, effectivement, il y a un biais. Là, l'autre personne peut se sentir très très mal, pas à sa place, utilisée. ici, là, en fait, que c'est important de pouvoir en parler et parfois en parler autrement avec un thérapeute. L'idée de la conversation, c'est vraiment d'avoir un espace qui crée un consensus, qu'il y ait un consentement mutuel. Et donc négocier l'usage de la pornographie dans le couple, ça peut être... Et parfois, c'est des conversations où on peut aboutir à des accords qui vont tenir pendant un temps, mais qui vont changer, parce que les gens changent, les pratiques changent, évoluent, et voilà. La première option, c'est de l'usage individuel. On est transparent, chacun peut regarder, mais de façon finalement transparente, c'est pas forcément secret, et c'est pas... surtout au détriment de l'intimité du couple. L'autre option, ça peut être un usage partagé, si les deux sont OK, et si ce qui se passe ou ce qui est visualisé correspond aux imaginaires érotiques de chacun. Regarder ensemble, parfois, ça peut être une source de stimulation, ça peut être une inspiration, pas forcément comme un modèle, mais comme un démarreur. Il y en a qui l'utilisent comme ça. Si ça leur correspond très bien, mais ce n'est pas quelque chose à imposer, Parce que, encore une fois, je le redis, dans ces films, ce qui joue, c'est vos imaginaires érotiques, et c'est très différent pour chacun. Et on peut avoir des imaginaires assez dissemblables, qui ne permettent pas d'être stimulés par ce qui est stimulant pour l'autre. Ce qui va même raccourcir le côté jugement. « Je prends conscience que ça, c'est stimulant pour toi, mais moi, pas du tout. Au contraire, je m'y sens mal parce que, dans ce film-là, la femme, elle... » On est quand même très souvent dans le panorama in-stream sur des films qui sont créés pour stimuler les hommes d'un âge moyen, où le plaisir de la femme n'est pas forcément représenté, où il est représenté dans une position où il est au service du plaisir de l'homme. Et ce n'est pas du tout réaliste, genre au bout de 30 secondes il y a une pénétration et la femme crie comme si elle était en train de jouir déjà depuis... Enfin voilà, c'est absolument aberrant et très loin de la réalité. Face à ce genre de situation, il y a beaucoup de femmes qui perdent le pied et qui se disent « non, ça c'est pas du tout moi, je me représente pas du tout là-dedans, et même la posture de l'homme c'est pas quelque chose qui va être stimulant pour moi » . Donc voilà, ça peut correspondre. Vous pouvez aussi trouver un chemin érotique ou pornographique qui soit plus sensuel, etc. Il y a d'autres types de films, on est d'accord. ça peut être possible. La troisième option, c'est pas de pornographie du tout. Si l'un des deux ne supporte pas, on respecte cette limite et on trouve d'autres sources. Et c'est là que c'est intéressant. Et en fait, depuis quelques années, il y a des audios pornos qui sont hyper intéressants, qui sont hyper éthiques, qui continuent de stimuler l'imaginaire érotique parce que, justement, il n'y a pas ce visuel qui est imposé. Donc, le cerveau a tout le loisir de créer les images Le casting qui va avec cette bande-son, c'est plutôt stimulant. La quatrième option, ça va être un usage encadré, finalement, avec des fréquences qui vont être limitées, une, deux fois par semaine. Je dis ça par exemple, c'est absolument pas un modèle à suivre ou une règle à appliquer. Mais c'est surtout, voilà, on va vérifier que c'est pas au détriment de la sexualité du couple. On va faire un check-in, est-ce que ça te va toujours, etc. Ce qui est important de retenir, c'est qu'il n'y a pas de honte. Il n'y a pas de bonne solution. universel. Chaque couple, finalement, négocie selon ses propres valeurs, ses propres limites. Ce qui va correspondre pour un couple n'est pas applicable à tout le monde. On est bien d'accord ? Vous vous rendez compte ? Je l'explique souvent comme ça en consultation. On est d'accord que chaque être humain est unique. Ça, c'est prouvé, on le sait, il y a une combinaison génétique finalement que chaque être humain est totalement unique. Donc, chaque couple est d'autant plus unique. Parce que l'harmonie, Euh... schéma relationnel, la dynamique, la stimulation, ce qui va se passer dans un couple, le lien n'est pas transposable, n'est pas comparable. Enfin, voilà. On change une personne de ce couple, ça change tout. Donc, voilà. Il n'y a pas de solution universelle et chaque couple négocie selon ses valeurs. Ça ne se discute pas, ça ne se compare pas. Là, je mets mon petit bémol, c'est quand la pornographie devient une addiction. Je vous l'expliquais tout à l'heure. Le schéma, les signaux d'alerte, c'est vraiment le côté usage compulsif, l'impossibilité de s'exciter sans porno. Ça, c'est l'évitement du partenaire, l'impact sur la vie sociale et sur le travail, et surtout l'escalade vers des contenus de plus en plus extrêmes, parce que le cerveau va chercher quelque chose de plus en plus stimulant. Et ça, c'est problématique. C'est problématique, notamment, je le vois... C'est quelque chose qu'on découvre avec des populations plus jeunes qui vivent et évoluent avec des téléphones portables. Et donc, c'est facilement dans les mains de tout type de porno et qui explorent leur propre masturbation comme ça. Je pense sincèrement que cette pratique a un impact direct sur la baisse de la sexualité chez les jeunes. Parce que, déjà, il y a quelque chose de très très confortable à le faire. et puis à le faire tout seul. Et puis du coup, finalement, être à deux n'est plus aussi stimulant. Et il faut vraiment recâbler le cerveau. Et c'est vraiment tout un cheminement. Et je le vois en consultation chez les jeunes qui viennent me consulter. Et voilà ce que je pouvais vous dire. Comme d'habitude, vous commencez à connaître le schéma. Je vous propose de descendre dans le corps. Parce que la pornographie, ça a un impact aussi sur la façon dont vous ressentez l'excitation. Alors, voilà, en troisième partie, on va explorer le corps parce que, en fait, l'impact de cette pornographie va avoir pour effet principal, finalement, de vous habituer à une stimulation intense. C'est une stimulation visuelle ultra-intense. Votre cerveau s'habitue à ce niveau d'intensité et le résultat, je commençais à en parler tout à l'heure, c'est que, dans la vraie vie, ça peut sembler fade. Comme un effet de... Des sensibilisations. Et plus vous consommez, plus il vous faut de l'intensité pour vous exciter. Il y a une escalade vers des contenus de plus en plus extrêmes. Et ça aussi, ça est générateur de mal-être parce qu'on va avoir l'impression que ce n'est plus vraiment nous. La déconnexion sensorielle. Vous vous excitez à des images, à des sensations. Pas à des sensations réelles en vrai. Moi j'ai l'habitude de dire que le porno c'est un peu l'équivalent du fast-food pour les burgers. Le fast-food finalement c'est vite commandé, vite arrivé, vite mangé, vite digéré et à la fin on peut encore avoir faim. C'est extrêmement différent de si vous faites votre burger à la maison. Vous choisissez votre pain, vous le cuisez comme... Vous choisissez la cuisson, vous choisissez votre viande, vous choisissez vos ingrédients, vous les mythoniez, vous les faites revenir dans des aliments, des parfums, des saveurs qui vous plaisent, vous le faites sur mesure pour vous, et donc généralement, c'est des burgers qui vont être beaucoup plus consistants, beaucoup plus rassasiants. Et bien c'est pareil, quand vous créez votre propre imaginaire érotique, oui, c'est plus d'efforts, oui, ça demande plus de temps, mais la satisfaction n'est pas du tout la même. Là, l'idée, c'est d'apprendre à... Enfin, l'idée, c'est de réapprendre l'excitation, finalement, sans écran. Et pourquoi c'est important ? C'est parce que, voilà, si vous consommez beaucoup de porno, votre corps a peut-être oublié de comment s'exciter autrement. C'est un peu similaire du... Un peu la diète pour les sextoys. Ça pourrait faire l'objet d'un autre épisode. Voilà, donc, le principal de cet exercice, c'est vraiment de réentraîner le cerveau. Je vous le dis, c'est un exercice de masturbation sans porno. C'est un exercice à proposer seul chez vous. Vous pouvez avancer de quelques minutes si vous voulez. L'idée, c'est de pratiquer seul, sans écran, sans pornographie. Juste vous, votre corps et vos sensations. Dans un premier temps, je vous invite à créer un contexte agréable. Voilà. Prenez le temps et soignez les détails. La lumière, peut-être une musique, un temps pour vous, pas de précipitation. La musique, ça peut être un tempo, un sourd, un jazzy, un voûtant, ou quelque chose de plus rythmé, ou quelque chose de plus soft, vraiment quelque chose qui vous va dans le mood de ce que vous êtes. Dans le deuxième temps, commencez par vous toucher, pas directement au niveau du génital, faites justement tout le contraire, explorez votre corps, vos bras. vos jambes, peut-être progressivement l'intérieur de vos jambes, mais tout en prenant soin de contourner cette zone pelvienne. Passez la main sur votre abdomen, la remontez sur votre poitrine. Voilà, sentez la texture de votre peau, la chaleur, à la fois de la peau de votre main qui touche, à la fois de la peau de votre corps qui est touchée. Puis, seulement, explorez au niveau génital quand vous en avez envie. Et concentrez-vous uniquement sur les sensations. Pas l'image mentale, mais vraiment juste le sens. Est-ce qu'il y a des sons, des sensations ? Qu'est-ce que je sens ? Et si jamais votre esprit dérive vers des images, ramenez-le doucement, tranquillement, simplement vers vos sensations corporelles. Qu'est-ce que ma main sent en ce moment ? Concentrez-vous. La texture de la peau à cet endroit-là, l'humidité, au contraire la douceur, est-ce que c'est riche, est-ce que c'est souple ? Réapprenez à vous exciter avec des sensations qui sont réelles, pas avec des images. Ce type de rendez-vous, c'est vraiment un rendez-vous pour vous. On n'est plus du tout dans l'exercice qu'on peut avoir quand on utilise un porno, avoir une excitation qui est rapide et une satisfaction qui est aussi fulgurante. Là, non, on va prendre le temps. C'est vraiment un date avec vous-même. Et si vous consommez beaucoup de porno, vraiment, essayez cet exercice une à deux fois par semaine. quand on se voit vos envies, mais progressivement votre corps réapprendra. L'autre exercice que j'ai envie de vous proposer, c'est celui d'explorer l'intimité du couple, mais sans modèle pornographique. Le problème aussi de la pornographie, c'est que ça va alimenter le côté script sexuel. Vous reproduisez ce qu'on a vu et très souvent, on retrouve les mêmes pratiques. C'est-à-dire que dès le début, on va avoir des pratiques de sexe oral, pénétration, peut-être sodomie, et puis grosso modo, éjaculation, orgasme, et puis c'est fini. Et au lieu de sentir ce que vous voulez, vous êtes dans une espèce de minutage. Là, c'est le moment, il faudrait faire ci, faire ça, etc. Parce qu'on va sans cesse, sans le vouloir, c'est automatique notre... esprit, notre cerveau compare. Donc, sachez que vous fonctionnez comme ça, c'est humain, et ça peut être bien de l'envisager autrement. Créez de l'intimité avec votre partenaire, mais vraiment sans référence. Pas de performance, pas de scénario, juste de l'exploration sensorielle. La consigne pour vous deux, c'est simplement on se touche, on explore, on ne fait rien de spécifique. Il n'y a pas d'idée ou d'objectif. On suit simplement ce qui fait du bien. Pas d'objectif d'orgasme, juste le fait de sentir en soi. 20-30 minutes, vraiment, aucune précipitation. On met l'accent sur la lenteur, la sensualité. Et après, on débriefe en vrai. Comment tu t'es sentie ? Qu'est-ce que t'as aimé ? Qu'est-ce qui était différent par rapport à d'habitude ? Ok ? Donc voilà, pour conclure... La pornographie, c'est ni totalement bon, ni totalement mauvais, c'est vraiment l'usage qui compte. Alors, pour conclure, si je récapitule ce qu'on a vu, voilà, rapidement, le porno, en fait, c'est une réalité. Il y a plein de pornos différents, et du coup, ça peut être aussi, à la fois, tout autant un allié, si l'usage est occasionnel. qu'il correspond à chacun des personnes du couple, que ça ne remplace pas l'intimité du couple, ou en poison finalement si ça dévie les préférences pour le porno plutôt que pour le partenaire, ça crée des attentes irréalistes et du mal-être, ou de la dépendance. Voilà, quand il y a un impact sur le couple, qu'il y a un sentiment de trahison, de honte, de distance, c'est là qu'on va pouvoir travailler. Dans la relation, on a parcouru du coup comment parler, sans jugement, avec curiosité et avec sou... ou un souhait de construction derrière tout ça. Les trois questions clés, c'est est-ce que ça remplace notre intimité ? Est-ce que ça crée des attentes irréalistes ? Et est-ce que c'est consenti par les deux ? L'idée, c'est de négocier, finalement, de trouver un espace, la voie du milieu qui corresponde pour tout le monde. Dans l'espace du corps, je vous ai expliqué l'impact qu'il peut y avoir sur le corps par rapport au fait d'être habitué à une stimulation intense, de désensibiliser et de reconnecter au niveau sensoriel. Donc les deux exercices que je vous ai livrés allaient vraiment dans ce sens. Si vous voulez garder en tête le contenu de cet épisode, ce qui est important de comprendre, c'est que la pornographie, ça peut vite devenir un sujet explosif. Ce qui rajoute de l'explosif, c'est parce que ça parle vraiment de notre intimité personnelle. Et que du coup, quand elle est cachée, ou quand elle remplace l'intimité, ça va jouer une forme de concurrence avec votre partenaire dans le couple, alors que ce n'est pas du tout l'idée ou l'intention à la base, normalement. Ça peut être aussi exclusif quand on ne sait pas comment on parle, et quand nos émotions qui sont générées par tout ça, en fait, ça va venir parasiter le discours. Et voilà, quand vous avez l'impression que ça va avoir un enjeu de destruction, ça a pu m'arriver, moi, d'avoir des personnes qui étaient... totalement chamboulée parce qu'elle venait de découvrir et solliciter une consultation individuelle pour pouvoir déposer ça, se sentir vraiment très très mal par rapport à ce qu'elle avait vu, lu ou découvert et qui du coup, on a plutôt essayé de poser, de créer de l'ouverture et générer de la sérénité pour avoir un discours constructif. Si vous pensez que effectivement Bon. Le discours constructif est possible, mais que c'est difficile pour chacun d'être serein, la consultation est le bon lieu. Et c'est surtout que le plus important, c'est de trouver comment recréer, construire, faire pour suivre une intimité authentique, satisfaisante pour chacun. Si cet épisode vous parle, ou si la pornographie est un sujet de conflit dans votre couple, faites-le écouter à votre partenaire. Et puis, voilà. Autrement, il y a toujours les infos pour prendre rendez-vous qui sont dans la description. La semaine prochaine, on parlera de la sexualité après le cancer. Comment reconstruire du désir après la maladie. Et d'ici là, rappelez-vous, la pornographie, ce n'est qu'un outil. C'est l'usage qui détermine si c'est un allié ou si c'est un poison. Vous avez le pouvoir sur tout ça. A très bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si cet épisode vous a plu, s'il résonne pour vous, ou si vous pensez qu'il peut aider quelqu'un, je vous en prie, partagez-le. Je suis moi-même amatrice de podcast et une des frustrations, c'était de ne pas avoir pris note de ce que j'avais appris ou compris pendant l'épisode que je venais d'écouter. Aussi, j'ai créé pour vous une petite checklist des éléments clés que j'aborde dans cet épisode. Vous la trouverez dans le lien d'accès qui est mis en description et vous pourrez ainsi accéder à toutes les ressources des épisodes précédents. C'est 100% gratuit. Également, si vous êtes prêts à aller plus loin, je propose aussi des consultations individuelles et en couple. Et ainsi, on peut faire du sur-mesure. Toutes les infos sont sur mon site. En ligne, je vous retrouve mardi prochain, 6h. D'ici là, prenez soin de vous.