Speaker #0Il y a une chose qui me fait plus peur que les 82 km. Plus peur que la nuit. Plus peur que le dénivelé. C'est d'avoir froid aux mains. J'ai assez vite froid aux mains. Et quand ça arrive, j'attrape vite la débattue. Tu sais, cette douleur vive dans les doigts quand ils sont gelés et quand ils se réchauffent. C'est une sensation que je redoute vraiment. Et pourtant, dans à peine deux mois, je vais passer toute une nuit de fin de novembre dehors. de 23h30 jusqu'au lever du jour. Bienvenue dans le premier épisode de Road to Saint-Élion. Et je te préviens tout de suite, dans cet épisode, je ne vais pas te donner de conseils. Je vais te partager mes craintes, mes doutes, tout ce qui me trotte dans la tête à deux mois du départ. Bienvenue dans Au-delà du mur, le podcast pour tous les passionnés de course, qu'il s'agisse de bitume, de nature ou de piste. Que vous soyez débutant ou coureur à guéris, nous explorons ensemble la préparation physique et mentale, la nutrition et la santé pour vous aider à atteindre vos objectifs. Si vous cherchez des conseils pratiques, des témoignages inspirants et des discussions captivantes, vous êtes au bon endroit. Préparez-vous, votre voyage au-delà du mur commence ici. Avant de commencer, un petit rappel. Pense à t'abonner au podcast Au-delà du mur sur Apple Podcast, Spotify ou Youtube pour ne rien manquer des prochains épisodes sur la Saint-Élion. Et si le podcast t'aide dans ta pratique de la course à pied et du trail, laisse une note de 5 étoiles. Pour découvrir les coulisses, retrouve-moi aussi sur Instagram sur le compte podcastaudeladumur. Pourquoi est-ce que je me suis lancé ? Ça, c'est la première question. Avec le recul, je me rends compte que... Je n'y ai pas tant réfléchi que ça. A la base, j'avais prévu de courir un marathon sur une des épreuves. Le marathon, c'est une distance que je connais. Sur route, comme en trail, c'est pas trop long. Je sais que je peux tenir une allure correcte, en tout cas pour moi, et que je ne vais pas passer des heures dehors. Et puis, je me suis retrouvé sur la page d'inscription de la Saint-Élion. Aujourd'hui, avoir un dossard pour certaines courses, c'est devenu hyper compliqué. Il y a une vraie effervescence. Et là, j'avais la possibilité de m'inscrire sur le 82 km. La classique. Alors je me suis dit, peut-être que tu n'auras pas cette opportunité l'année prochaine. Inscris-toi. Et je me suis inscrit. Mais pour être tout à fait honnête avec toi, il y a aussi une raison plus personnelle. Une raison dont je ne vais pas parler aujourd'hui. Je te la partagerai bientôt. Maintenant soyons clairs, cette course c'est une série de première fois. Première fois sur cette distance, j'ai jamais couru 82 km. Première vraie course de nuit, ou presque, je n'en ai fait qu'une seule, à plusieurs reprises, mais la même course. Première fois que je vais courir aussi longtemps dans le froid. Et il y a autre chose qui me déstabilise beaucoup, à deux mois de la course, le trafic n'est toujours pas connu. Les ravitaillements non plus. Moi j'aime bien contrôler. J'aime bien savoir où je mets les pieds. Là pour l'instant, je ne peux pas encore me projeter sur le parcours. Et ce que les coureurs m'ont dit, c'est que la nuit, les zones de ravitaillement ne sont pas forcément des plus accessibles. Donc, ça rajoute une couche d'incertitude. C'est aussi pour ça que pour cette Saint-Élion, je me fais accompagner par un entraîneur. Je ne connais pas la distance. J'ai aucune expérience de la course de nuit. Pour moi, c'est bien plus complexe que d'enchaîner un marathon et encore la suite. Ça serait tellement simple si c'était juste ça. Et je me suis rendu compte, par le passé, que j'aime bien avoir quelqu'un qui m'épaule. Quelqu'un qui sait ce que je m'apprête à vivre. Dans la préparation et les jours de la course. Seul, je me serais entraîné à encaisser le volume. J'aurais pensé au matériel, au ravito. Mais je n'aurais certainement pas construit mon programme pour me préparer au moment vraiment difficile. Mon entraîneur, lui, il y a de fortes chances qu'il me fasse faire des séances plus difficiles que celles que je me serais prévu pour moi-même. Justement pour que, le jour J, j'ai déjà traversé ces phases difficiles. Dans une préparation marathon classique, avant la phase spécifique, il y a surtout du volume. Là, je ne fais pas que du volume. Je fais aussi du spécifique, du difficile. Du long, et sorties longues avec du dénivelé. On y reviendra, parce que c'est un point qui compte beaucoup pour moi. Parlons maintenant logistique. Parce que la Saint-Étienne, ça commence bien avant le départ. Le principe, c'est qu'on part de Saint-Étienne pour arriver à Lyon. Donc, il faut se rendre au départ. Avec mon dossard, j'ai réservé le bus depuis Lyon jusqu'à Saint-Étienne. Les personnes avec qui j'ai discuté m'ont prévenu. On arrive à Saint-Étienne assez tôt. Et il n'y a passablement de temps à attendre avant le départ. Donc il va falloir meubler. Peut-être que je vais dormir. Si j'ai la possibilité d'avoir des drop bags, je vais prendre un mini sac de couchage, un masque pour les yeux, des bouchons d'oreilles et essayer de dormir avant le départ. Mais même sans dormir, l'idée c'est surtout de m'isoler un peu de l'effervescence de la ligne de départ. Pas brûler trop d'énergie avant même d'avoir commencé. J'ai décidé de me déplacer seul jusqu'à Lyon. Et pour l'instant, j'ai prévu de voyager le jour même, le matin. Le départ est donné à partir de 23h30 par vague successive. Prendre la voiture la veille pour aller à Lyon et me stresser sur la route, clairement pas une bonne idée. Apparemment, il y a déjà eu des éditions légendairement froides. Et en 2025, la météo était extraordinaire. Sec et pas trop froid. Donc, sont les conditions du jour maintenues pour être totalement différentes. Je sors d'un été extrêmement chaud, caniculaire, où j'ai couvru tous les jours en short et en t-shirt. Là, on va plutôt partir sur un pantalon long. Et les manches longues, ça c'est certain. Il y a aussi la phase de la nuit et il ne faut pas que je me retrouve en hypothermie. Les chaussures, j'y réfléchis beaucoup. Chaussures de trail ? Ou pas. D'après les coureurs à qui j'ai parlé, de bonnes chaussures de course font parfaitement l'affaire. Parce qu'il y a très peu de zones vraiment techniques. Mais s'il fait très boueux, est-ce que les chaussures de trail seraient plus adaptées ? Je n'ai pas encore la réponse. Et c'est pour ça que pour le moment, je m'entraîne encore avec les deux types de chaussures. J'ai d'ailleurs changé de paire récemment. Comme ça, je peux m'entraîner avec jusqu'à la course et éviter d'avoir à nouveau à changer. la semaine du départ. Un autre point qui va avec les chaussures, c'est les chaussettes. C'est un point hyper important pour moi. Courir des heures avec les pieds mouillés, ça risque d'être compliqué. Pour l'instant, j'ai prévu de changer de paire à mi-parcours, si nécessaire. Une paire mouillée contre une paire sèche transportée dans un sachet plastique dans mon gilet. Parce que je vais transpirer. Une partie va migrer vers le gilet sur mon dos, une partie va malheureusement... migrer aussi sur les chaussettes. On peut pas tout avoir. Et puis l'air frontal. Même s'il y aura énormément de frontal autour de moi qui éclaireront le chemin, je dois être autonome en lumière. D'ailleurs, je crois que ça fait partie de l'équipement obligatoire. De 23h30 jusqu'au lever du jour, fin novembre, le jour se lève peut-être vers 8h, les premières lueurs arriveront peut-être avant. Mais ça veut dire que je dois... prévoir potentiellement 8 heures d'autonomie avec mes batteries. Autre chose que je n'ai jamais connue, ne pas réussir à m'alimenter pendant une course de longue durée. Je sais que ça peut arriver sur cible d'effort, alors je mets toutes les chances de mon côté. Je sais qu'une marque de complément sportif sponsorise la course. J'ai commandé une palette de leurs produits à la maison. Comme ça, je peux les goûter dès maintenant pendant mes entraînements. Pour que le jour de la course... Rien ne soit nouveau pour mon estomac. Et il y a l'hydratation. La nuit quand il fait frais, on a peut-être moins tendance à croire qu'on a soif. Moins tendance à se dire qu'il faut boire. Donc il va falloir que je m'habitue à ça. Que je mette en place des mécanismes pour ne pas me déshydrater sans me rendre compte. Si je n'arrive plus à manger, j'espère au moins pouvoir continuer à boire. Et maintenant ce qui m'occupe le plus d'esprit. Les moments difficiles. Je sais qu'il y en aura. C'est pas une question de si, c'est une question de quand. Et je sais pas encore comment je vais réagir. J'ai déjà couru un trail de presque 10 heures. J'ai pas arrêté, mais j'ai souvent pensé abandonner. Pourquoi ? Parce que je pensais mettre plutôt 6 heures. J'avais pas fait de reconnaissance du parcours, je l'avais même pas regardé. Je savais pas à quoi m'attendre. Et quand la réalité correspond pas à ce qu'on a dans la tête, le mental y lâche. Ce souvenir-là, il est encore bien présent. Et cette fois, j'ai vraiment envie de faire autrement. Pour l'instant, mon idée, c'est de découper le parcours en segments de 10 km. Ça fait 8 segments. Pourquoi 10 kills ? Parce que le 10 kills, j'ai mon temps de référence en tête. C'est une distance que je connais. 10 km, c'est pas long. Je suis déjà dans le positivisme. Évidemment, je ne vais pas courir 8 fois 10 bornes à mon allure de 10 km. Sinon, je serais peut-être certainement devant. Bon, je m'égare, ça arrivera de toute façon pas. Je la fais pas pour être devant, et puis j'ai aucune prétention à dire que je serai devant. Mais dans ma tête, 8 ans de kilomètres, c'est écrasant. 10 kilomètres, je me dis que c'est gérable. Je m'imagine déjà plastifier des petites bandelettes. Une par portion. Peut-être une par tronçon, entre deux ravitaillements, quand j'aurai enfin ce tracé. Et je laisserai la bandelette que je viens de terminer au ravitaillement. Et je passerai la suivante. Peu importe comment ça s'est passé dans la portion d'avant. Elle sera derrière moi. Je me concentrerai uniquement sur ce qui vient. Est-ce que ça marchera ? J'en sais rien. Mais c'est ma façon de ne pas porter toute la course sur mes épaules d'un seul coup. Et j'ai envie de visualiser ce qui m'attend. Et de définir à l'avance ce que je ferai si je me rends compte que ça devient difficile. Le froid par exemple, ça m'angoisse beaucoup. Alors, plutôt que de subir la débattue au milieu de la nuit, j'essaie déjà d'y réfléchir. Peut-être que prendre une deuxième paire de gants, je me pose aussi la question maintenant. Au calme, plutôt qu'à 3h du mat, quand je n'aurai plus les idées claires. C'est aussi pour ça que mon entraînement privilégie énormément le volume en ce moment. Beaucoup, beaucoup de volume. En travaillant en état de fatigue. Parce que les muscles, ils vont être... très, très sollicité pendant cette course. Ça sera un effort long, de plusieurs heures. Il faut que je sois capable de tenir et de relancer à chaque fois qu'il le faudra. Les moments difficiles, je n'ai pas envie de les découvrir le jour de la course. J'espère les avoir déjà traversés à l'entraînement. Et toi, tu peux m'aider sur un point très concret. Ma mission pour la semaine prochaine, c'est de trouver une lampe frontale. Je te l'ai dit, il me faut potentiellement 8 heures d'autonomie dans le froid, en pleine nuit de novembre. Et je ne veux pas me tromper. Alors si tu as un modèle que tu utilises et que tu recommandes, laisse-moi un commentaire sur le site ouladiemur.ch sous cet épisode. Voilà où j'en suis, à deux mois de la Saint-Élion, avec beaucoup de questions et encore peu de réponses. J'espère avoir très vite toutes les infos pour me préparer sereinement. La trace, les ravitaux, les infos pratiques. Franchement, ça me rassurerait. Donc, si les organisateurs de la Saint-Élion écoutent cet épisode, please, j'ai besoin de vous. Et j'ai une idée qui me trotte maintenant dans la tête, partager cette aventure avec vous en direct. Des petites photos, des vocaux pendant la nuit, un groupe WhatsApp peut-être, et vos messages d'encouragement que je pourrais lire ou écouter quand je serai dans le dur. Je crois que ça m'aiderait vraiment à continuer. Je vous en reparle très vite. En attendant, j'attends tes recommandations de frontal sur le site. Je me réjouis de partager cette aventure avec toi. On se retrouve très vite sur la route de la Saint-Élion. Merci d'avoir écouté cet épisode d'Au-delà du mur. Si le sujet vous a inspiré ou intrigué, n'oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer des prochains épisodes. Rejoignez notre communauté sur les réseaux sociaux et partagez vos réflexions avec nous. Je serais ravi d'entendre ce que vous avez pensé de cet épisode. Et si vous avez aimé, pensez à laisser un avis 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Ça m'aide énormément à faire grandir la communauté d'au-delà du mur. A très bientôt pour une nouvelle exploration de l'autre côté du mur. Jusque là, continuez à questionner, à explorer et à repousser vos limites.