- Speaker #0
Hello les amis, j'espère que vous êtes en pleine forme. Le trail Verbier Saint-Bernard, c'est une course qui fait rêver. 77 km pour la X traversée, 140 pour la X alpine. Des cols, des nuits, des montées qui n'en finissent pas, et ce fameux mur de l'ourtier qui t'attend à 15 km de l'arrivée quand les jambes ont déjà tout donné. Pour décortiquer ce que cette course demande vraiment, j'avais envie de parler avec quelqu'un qui la connaît de l'intérieur. Mon invité d'aujourd'hui, c'est Jules-Henri Gabiot. originaire dorsière dans le Val Ferret, accompagnateur en montagne, fondateur d'Alpes Experience et coureur de trail depuis bientôt 20 ans. Au palmarès, plusieurs victoires sur le trail verbé Saint-Bernard, l'auteur des géants en 2011 et la PTL remportée deux fois avec son frère Candide. Dans cet épisode, Jules-Henri passe en revue les défis qui attendent les coureurs qui se préparent pour la X traversée ou la X alpine, comment construire son volume, comment aborder les nuits.
- Speaker #1
Comment tenir mentalement quand le corps commence à lâcher ? Pourquoi l'humidité sur ce type de parcours n'est pas une option ? Je vous souhaite une très belle écoute !
- Speaker #0
Bienvenue dans Au-delà du mur, le podcast pour tous les passionnés de course, qu'il s'agisse de bitume, de nature ou de piste. Que vous soyez débutant ou coureur à guéris, nous explorons ensemble la préparation physique et mentale, la nutrition et la santé pour vous aider à atteindre vos objectifs. Si vous cherchez des conseils pratiques, des témoignages inspirants et des discussions captivantes, vous êtes au bon endroit. Préparez-vous, votre voyage au-delà du mur commence ici. Mon cher Julio, bonjour.
- Speaker #1
Hello Hugo.
- Speaker #0
Comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va bien, ça va bien. La forme avec le printemps qui arrive, la montagne qui se libère gentiment de la neige, donc ça fait plaisir.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il y a vraiment ? Il en est retombé un peu ces derniers jours.
- Speaker #1
Il en est retombé un petit peu, mais ça part rapidement. Mais là, on peut quand même déjà faire des jolis tours à plus de 2000 mètres, voire 2500 mètres, en cherchant les bons versants.
- Speaker #0
Effectivement. J'imagine pour quelqu'un de la région comme toi, tu vas connaître à peu près tous les cailloux, tous les rochers, tous les coins où on peut aller en fonction de la météo.
- Speaker #1
Exactement. En cherchant bien les versants, bien les bonnes vallées, on peut faire déjà des super tours.
- Speaker #0
Excellent. Pour les gens qui ne te connaissent pas, qui ne t'ont jamais vu et qui entendent ta voix pour la première fois, est-ce que tu pourrais nous dire qui tu es et d'où tu viens ?
- Speaker #1
Alors, Julien Rigabieu, l'accent chantant du Val Ferret. Je suis originaire d'Orcières, La Fouly. Je suis professeur de ski. L'hiver, à La Fouly, on a l'école de ski avec mon frère. Et l'été, je suis à Comanateur en montagne et accessoirement coureur de trail et de très longue distance.
- Speaker #0
Effectivement oui, parmi ton palmarès on peut quand même citer plusieurs courses d'ultra-endurance, la petite trotte à Léon, la guerre ultra trail, de toutes ces courses auxquelles tu as participé, est-ce qu'il y en a une qui a une place plus particulière dans ton cœur ou elles ont toutes une petite histoire ?
- Speaker #1
Les PTL avec mon frère ça a une place importante, mais les tours des géants, tours des glaciers c'est quelque chose. Donc je dirais le tour des géants 2011 c'est vraiment quelque chose qui est encore très présent dans mon cœur.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui fait que, justement, 15 ans après, tu y penses encore autant souvent ?
- Speaker #1
Parce que c'était… À l'époque, il n'y avait pas tous les réseaux sociaux, tout ce qu'il y a autour des médias et tout. C'était vraiment la montagne, la course et les souvenirs impérissables en montagne aussi. Où tu cours avec les bouquetins, des rencontres magnifiques avec les bénévoles, avec les autres coureurs. Et c'est ça, vraiment les souvenirs qui restent aussi, les amitiés que j'ai pu créer, qui sont restées depuis 15 ans.
- Speaker #0
C'est intéressant le point que tu soulèves là concernant tout ce qui est réseaux sociaux et médiatisation d'ultra longue distance. Toi qui as cette expérience depuis peut-être ces 10-15 dernières années, c'est quoi les plus gros changements que tu vois par rapport aux courses d'antan quand tu prends par exemple part à la PTL aujourd'hui ?
- Speaker #1
La PTL, elle n'a pas à me dire parce qu'elle est restée encore dans un bon esprit trail montagnard. Tandis que si tu veux maintenant, les courses ont tellement globalisé, à tellement partout, la pratique a tellement explosé que des fois, on oublie la difficulté des ultra trails, j'ai envie de dire. Les réseaux sociaux rendent un petit peu trop facile, accessible, alors que ça reste quand même un sport très exigeant.
- Speaker #0
Tu as également, je pense, une société, on va l'appeler comme ça, qui s'appelle Alpexperience, qui accompagne notamment les personnes dans les stages de préparation pour des courses. On y reviendra après.
- Speaker #1
Est-ce que tu vois aussi avec les personnes que tu accompagnes ce manque de maturité ou ce manque de pied alpin qu'il y avait peut-être plus avant ? Oui, tu as tout dit un petit peu. Maintenant, il y a une clientèle qui vient aussi plus du running, qui a un petit peu moins d'expérience de la montagne. Donc, on voit des gens qui sont bien préparés, qui sont rapides, qui font beaucoup d'entraînement intervalle. Mais dès que ça arrive, la technicité, c'est plus difficile et souvent un peu trop exigeant. Parce qu'il ne faut pas oublier que le trail, c'est aussi de la montagne.
- Speaker #0
Pour quelqu'un qui arrive de la route, on voit d'ailleurs que la plupart des nouvelles personnes qui font du trail running, d'après les statistiques, c'est les gens qui viennent de la route. Pour quelqu'un qui part de la route et qui vient sur le trail, tu leur suggérerais de commencer par quoi, peut-être déjà ?
- Speaker #1
Des distances encore, on va dire, accessibles. Quarantaine de kilomètres, ça va, mais peut-être des terrains pas trop techniques surtout. Après, ça dépend. Si vous voulez aller dans une montagne difficile, Ça va aller, mais le fait de devoir peut-être marcher toutes les montées, marcher aussi parfois les descentes, ça peut être très frustrant. Alors que moi, qui viens plutôt de la randonnée, la marche, ça a toujours été la base de ma pratique de trail runner.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est quelque chose auquel on doit se familiariser très rapidement. Quand on est à 1000 mètres de montée, je n'en connais pas beaucoup qui courent au-delà du centième mètre. C'est vrai que l'approche, ce n'est quand même pas la même. La préparation physique, j'imagine aussi que ce n'est pas la même. donc c'est un tout autre monde qui s'ouvre dès le moment où on se lance en trail.
- Speaker #1
Oui, ça dépend. C'est clair que le trail, au début, il était très montagneur. Il s'est aussi bien renisé, on va dire. Il y a de plus en plus de courses à pied. On voit aussi quand même des trails. Si tu prends une partie, des fois, du circuit TMB, il y a quand même des trails très roulants. On est sur du 100 kg, 3000 m de dénivelé, c'est quand même roulant. Mais à la base du sport, si tu prends l'UTMB en lui-même, c'est quand même 160 bornes, même un peu plus. Et 10 000 m de dénivelé, ça reste ou conséquent et ça reste une entreprise pour beaucoup de monde. Ce n'est pas du running, c'est de la montagne aussi.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on a peut-être un peu tendance à l'oublier. Aujourd'hui, on enregistre un épisode dans le cadre d'une série qui s'appelle Road to Trail Verbier Saint-Bernard parce que cette course-là, tu l'as courue à de nombreuses reprises il y a plusieurs années, comme tu disais avant 2009 dans les années 2010. Et tu proposes également des stages d'accompagnement pour les personnes qui veulent participer à cette course. Explique-nous déjà comment est-ce que tu abordes peut-être ce genre de stage, ce genre d'accompagnement quand il y a quelqu'un qui veut faire une course, la course cette année par exemple, le 12 juillet je crois.
- Speaker #1
Écoute, alors ce qui est déjà important, c'est que je propose plusieurs distances dans les stages. Tu peux préparer plutôt le marathon, plutôt la traversée ou l'X-Alpine qui fait 140 km. Et pour moi, la clé, c'est de répéter un effort sur plusieurs jours. On va chercher à avoir à peu près le total de kilométrages dénivelés, mais décomposés en plusieurs jours, afin d'habituer le corps déjà au terrain montagnard, aux conditions de montagne, et aussi de pouvoir évoluer avec un petit peu de fatigue, parce qu'il faut savoir que, par exemple, quand on va faire le trail Verbais-Saint-Bernard, quand on sera lourtier à 15 km de l'arrivée, il y a encore une difficulté qui est énorme, et c'est vraiment essayer de ressentir un petit peu. L'enchaînement montée-descente et l'effort au long cours.
- Speaker #0
L'ortier, c'est pour quel parcours ? C'est pour la X traversée ou pour la X alpine ou les deux ?
- Speaker #1
Les trois parcours passent là, mais surtout la traversée, l'X traversée et l'X alpine vont devoir affronter le fameux mur qui monte à la chaux, qui est super, super dur sur 1200 mètres de dénivelé.
- Speaker #0
Là, tu as donné peut-être la cerise sur le gâteau, une certaine cerise quand même qu'il faut avaler avant de terminer la course. Mais si on devait déjà faire peut-être un focus sur les deux grands parcours, on ne va pas s'attarder sur le Vierbier Marathon, mais sur la X traversée déjà, comment est-ce qu'il faudrait aborder ce parcours-là, les 77 kilomètres ?
- Speaker #1
Partir tranquille, continuer tranquille, finir au sprint. Non, écoute, je pense qu'il faut un petit peu d'humilité, parce que c'est clair que la première partie, si tu prends une traversée, Merci. Ça peut être un peu roulant au début, donc il faut arriver à ne pas se faire piéger par des gens qui sont plus coureurs. Parce que si tu conserves de l'énergie pour la deuxième partie de course, qui est quand même très exigeante depuis Boursa-Pierre, tu peux faire des grandes différences. Gestion d'effort, pour moi, c'est la clé sur une traversée. Bien sûr, l'X-Alpine aussi, c'est pareil, mais on a une notion de trail de nuit avec le départ qui peut être assez exigeant. On est dans la forêt, les sentiers sont des fois un petit peu techniques. Donc il y a une autre gestion où il faut être emprunt. d'humilité vis-à-vis de l'effort. Et ça, on oublie parfois un petit peu.
- Speaker #0
Tu l'as dit il y a quelques instants, la X-Alpine part de nuit. Donc, il y a également cette composante-là. Alors, on part frais, mais quand même de nuit. C'est quoi un des plus grands dangers, peut-être, quand on part pour une course en plein milieu de la nuit ?
- Speaker #1
C'est clair que c'est peut-être déjà la visibilité qui est un peu plus difficile. Donc, il faut avoir déjà testé d'avoir couru un petit peu la nuit. Ça peut aider sans besoin de faire une sortie de 8 ou 9 heures. Connaître son matériel, avoir une bonne lampe frontale, c'est important. Puis après, aussi toute cette notion, on perd beaucoup de repères la nuit. Donc, peut-être d'être bien concentré. Des bons repères, des fois d'avoir la trace sur la montre, ça peut être utile parce que des fois aussi pour s'orienter, si on perd un peu le balisage, ça évite beaucoup plus de stress. Et pour moi, une partie clé, c'est la fin de nuit avec l'état de fatigue due à la concentration de la première nuit qui est difficile.
- Speaker #0
Et comment est-ce que tu accompagnes ou tu conseilles les personnes que tu suis, justement dans ce genre de moments difficiles peut-être, à vivre en cours de course ? Est-ce qu'ils doivent le faire eux-mêmes ou tu proposes d'autres choses ?
- Speaker #1
Alors, si tu veux, ça arrive que des fois dans le stage, on a des petites parties de nuit, mais c'est plutôt si on part tôt le matin, parce que c'est aussi par rapport pour la gestion. Souvent, c'est plutôt dans la discussion entre les coureurs. Tout d'un coup, ils disent « Ah, moi, le départ, c'était difficile. La nuit, je ne voyais rien, je n'étais pas trop à l'aise. » Et l'échange entre participants, pour moi, c'est le plus riche parce qu'ils vont chacun raconter une aventure, une expérience vécue différente. Après, moi, j'amène un petit pot. L'expérience personnelle, les défauts, les choses qui ont été très positives, les choses qui ont été négatives, c'est plutôt autour de la discussion que ça va être assez intéressant.
- Speaker #0
Et il y a un point très intéressant que tu disais avant, c'est que l'essentiel de la montée, en fait, il se fait en marchant. Il y a des personnes qui ont tendance à sous-estimer cet effort de marche parce qu'ils se disent « marcher, je peux le faire » . Par contre, marcher sous fatigue, quand on a un peu moins la lucidité, ce n'est pas la même chose. Donc, est-ce que la préparation physique pour ce genre d'effort-là, elle doit être vraiment spécifique ? Ou est-ce que finalement, le fait de s'entraîner en montagne, ça couvre déjà ce qu'il faut au niveau physique ?
- Speaker #1
S'entraîner en montagne, c'est bien, mais il y a montagne et montagne. Donc, faire 200 mètres de dénivelé de descendance sur des parcours vallonnés, ce n'est pas suffisant. Tu veux préparer une ex-alpine, il faut enchaîner des montées et des descentes de plus de 1000 mètres de dénivelé. Et plusieurs, tu vois, si tu fais un entraînement qu'il faut qu'il fasse au moins 3000 mètres de dénivelé, il faut enchaîner les montées parce que ce sera ça, pour moi, la clé pour avoir la résistance musculaire, pour aller au bout et pour pouvoir enchaîner et gérer l'effort.
- Speaker #0
Oui, donc 3000 mètres de dénivelé sur un entraînement, c'est déjà vraiment un sacré entraînement. Pour les personnes peut-être qui, comme moi, je suis un des préalpes, enquiller 3000 mètres de dénivelé sur un entraînement, C'est un peu compliqué. Donc, c'est quoi les alternatives que tu proposes aux personnes qui viennent de la plaine, par exemple, pour réaliser ce dénivelé-là ?
- Speaker #1
Alors, l'idéal, c'est de pouvoir faire une reconnaissance dans la zone du parcours. C'est très bien comme ça. Tu vas te faire une idée vraiment de l'effort et du terrain type. Après, c'est clair que des fois, il y a des gens. Moi, des fois, j'ai des clients qui viennent de Belgique, qui viennent depuis le nord de la France. Je comprends que c'est plus difficile. Tu ne peux pas multiplier peut-être les venues dans les Alpes, mais il faut trouver un terrain quitte à répéter les montées. Pour répéter l'effort aussi. Après, c'est clair que je pense que ce n'est pas le même ressenti de faire six petites montées de 500 mètres que d'avoir la chance de faire deux montées de 1500 mètres. Mais la répétition d'effort, puis après, ça forge le mental. Parce que moi, ce que j'ai la chance, c'est qu'ici, avec un terrain d'entraînement exactement similaire à la course, c'est facile. Mais si on est un peu plus loin, répéter l'effort.
- Speaker #0
Bon, tu es en train de nous dire qu'il faut tous qu'on déménage dans la vallée.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
On va passer à la partie mentale, si tu le veux bien. Tu as un peu mis les pieds dedans. 77 kilomètres, il y a de grandes chances qu'il y ait une partie qui se fasse la nuit. De toute façon, on goûterait tôt le matin. La X-Alpine, il y a une part qui se fait dans la nuit. Qu'est-ce que tu pourrais donner comme conseil à quelqu'un qui se retrouve dans le dur, dans la X-Alpine, au bout de sa deuxième nuit pour... qu'il puisse entraîner pendant sa préparation pour passer ses moments difficiles.
- Speaker #1
Il ne faut pas qu'il y ait de moments difficiles, c'est aussi simple que ça. Non, c'est clair qu'il y aura des moments difficiles. Il faut savoir aussi que le courant, il faut qu'il sache pourquoi il fait ça, pourquoi il est là et tout, un peu avoir les raisons de s'accrocher. Parce que c'est clair qu'on peut être le mieux entraîné, avoir fait le plus de dénivelé, avoir fait tous les intervalles qu'on veut, si on n'a pas le mental, on n'avance pas. Sur une X-Alpine, je pense que c'est en tout cas… 50% physique, 50% mental. Donc après, il faut avoir l'humilité. Il faut savoir que le profil de la course, ça sera un peu comme nos hauts et bas. Et puis c'est dans les bas qu'il faut être le plus fort. Et comme conseil, je dirais, toujours positiver, pas hésiter des fois à partager avec un autre coureur. Maintenant, on voit des fois des écoutes, des... Le coureur qui a des écouteurs, c'est très bien, ça peut aider, mais peut-être que partager un effort, partager une difficulté en parlant simplement avec le coureur, ça peut aussi aider à passer un moment difficile. Puis après, mentalement, avoir quelques barrières, quelques petits conseils. Peut-être qu'il y a la famille qui nous attend à Ravito, c'est ça qui va nous pousser. Décomposer le parcours pour se dire quel moment difficile il est juste maintenant. Après, ça va aller mieux.
- Speaker #0
Tu as soulevé un point qui est très intéressant. Je n'ai jamais fait de distance supérieure au marathon en trail. Tu parles des personnes qui nous attendent potentiellement dans les bases de vie et lors des ravitaux. Je ne sais pas s'il y a tout le monde qui prend le départ, par exemple, de la X traversée ou de la X alpine. La X alpine, j'imagine que oui, mais de la X traversée, en se disant qu'il y a des gens qui les attendent aux ravitaux. Mais ça, c'est des choses qu'il faut aussi préparer avant la course. Parce qu'au début, on discutait de la légèreté des personnes qui arrivent euh...
- Speaker #1
du running ou alors qui va sur les réseaux sociaux tiens je vais me lancer dans un ultra donc ça c'est des choses qu'il faut aussi avoir à l'esprit tout à fait c'est clair que si on a j'ai pas envie de parler de staff mais plutôt envie de parler de la famille parce que pour moi c'est ce qui est le plus important mais si on a des gens qui nous suivent ça fait que tout le monde participe un peu puis la fête elle est encore plus belle donc ça c'est aussi à prendre en compte après moi j'ai fait des courses aussi avec mon frère on était tout seul c'est aussi bien parce que tu dois te démerder voilà Et puis tu dis, ok, je suis là maintenant, je dois aller récupérer ma voiture à l'arrivée. Si j'arrête, c'est encore pire. Non, mais il y a toute une préparation à avoir. Est-ce que j'ai du monde qui va venir m'aider ? Est-ce que j'ai de la famille ? Est-ce que je suis tout seul ? Tout est possible, il faut juste un peu tout anticiper.
- Speaker #0
Et là, on est à, on en chie sur le 13 mai, à peu près deux mois avant la course. Quelqu'un qui est dans son préparation d'entraînement, il devrait être dans quelle phase là maintenant s'il veut arriver proche le jour J ?
- Speaker #1
On n'est pas obligé déjà d'avoir fait des courses. Les courses peuvent venir un petit peu plus tard, mais je dirais qu'il faudrait être prêt à affronter une course de 40 à 50 kilomètres. Il pourrait déjà y avoir une course de préparation autour de mi-mai qui serait bien, mais plutôt peut-être autour des distances marathon 40 à 50 kilomètres avec du dénivelé.
- Speaker #0
Et si on fait un rétro-planning dans l'autre sens, on est à deux mois de la course, à quel moment est-ce que tu conseillerais à quelqu'un qui a envie de se lancer dans l'ultra, de débuter, je dirais, sérieusement sa préparation ? Alors tu vas me dire, ça dépend de la personne, de l'historique de la course, etc. Mais parlons de quelqu'un qui a l'habitude de courir et qui se lance, par exemple, sur le trail, et qui se dit, voilà, je vais faire l'extraversée cette année.
- Speaker #1
Pour moi, c'est important d'avoir quand même une pratique du sport. globale donc c'est à dire si la personne a la chance pour faire des sports divers comme du ski de randonnée du ski de fonce et tout ça de bénéfique ben maintenant ce qui est peut-être bien c'est qu'on peut pas encore accéder partout en montagne si on peut faire du vélo de route des entraînements variés tout c'est très bien pour accumuler du volume si on est plus coureur maintenant on peut déjà faire gentiment un bon volume faut partir peut-être un petit peu plus bas de la plaine pour avoir aussi du dénivelé mais on va dire pour moi le mois charnière c'est mai mi mai mi juin où là, il faut pouvoir accumuler beaucoup de dénivelé.
- Speaker #0
Pouvoir accumuler beaucoup de dénivelé, ça implique indépendamment d'où on vit, un certain volume d'entraînement et un certain nombre aussi d'heures d'entraînement. Je ne sais pas si tu arrives à quantifier en général combien d'heures d'entraînement par semaine ça représente une X traversée par exemple, en moyenne.
- Speaker #1
Ça dépend, je pense qu'en faisant 10 heures d'entraînement par semaine, on peut très bien réaliser la X traversée. Si on va dire peut-être, ça peut avoir deux séances en semaine, un petit peu courte, une intervalle, un peu de footing, et puis mettre une sortie longue le week-end, ou deux sorties moyennes, je pense que c'est tout à fait faisable. Après, c'est clair que si on est sur deux, trois heures de sport par semaine, pour faire une course de 75 kilomètres, c'est un petit peu juste.
- Speaker #0
effectivement on revient toujours sur ce côté humble sur lequel tu insistes vraiment pas sous-estimer l'effort et surtout ne pas surestimer ses capacités et ce qu'on va faire toi tu as souvent l'habitude je crois d'ailleurs comprendre que tu fais régulièrement des défis des ultra défis extrêmement longs qui durent longtemps et tu es rarement seul et tu as parlé très souvent aussi dans la discussion de ne pas hésiter à discuter avec les autres. Il y a aussi cette composante qui a l'air totalement différente du running jusqu'au marathon, je dirais, sur route, où c'est un peu chacun pour soi. L'ultra, c'est vraiment un sport où, si on veut durer, si on veut aller loin, il ne faut pas être seul.
- Speaker #1
Je pense qu'être avec des écouteurs pendant 140 kilomètres, c'est des fois un petit peu difficile. Puis peut-être partager la difficulté, partager peut-être la beauté de la montagne, observer, regarder ce qu'il y a autour de nous, écouter un petit peu. La nature, je pense que ça, c'est riche aussi pour s'ouvrir un petit peu. Donc, je pense que c'est aussi important. C'est clair qu'on ne part pas pour faire un roman avec l'autre coureur, mais peut-être échanger un petit peu. Je pense que des fois, on a perdu ça. Puis pour moi, c'était une des composantes principales de l'esprit trail et de ce qui m'a attiré à faire ce sport et ces aventures aussi.
- Speaker #0
Et quand je discute avec des amis qui font des ultra, ils me disent souvent, à un moment, j'étais dans le dur. D'un coup, j'ai croisé quelqu'un, on a discuté ensemble. On s'est dit, on va faire un bout ensemble, on va au bout ensemble. Et puis d'un coup, il y en a un qui se sent un peu moins bien et puis on doit le lâcher. Ça fait partie du sport. Alors, je n'ai jamais eu à vivre ce genre d'expérience-là. Mais toi, tu l'as peut-être vécu. Comment est-ce qu'on se sent quand on se retrouve justement à, entre guillemets, abandonner un compagnon d'infortune qu'on avait auparavant parce que nous, ça va mieux ? Ou l'inverse finalement, parce que nous, on reste et puis l'autre, il part seul.
- Speaker #1
Mais je pense que c'est dans le passage de la course, dans le déroulé de la course, on va faire une rencontre et tout. Peut-être que des fois, ça va matcher au rythme, on va rester longtemps ensemble et des fois, c'est juste un moment de partage. Puis des fois, moi, j'aime aussi des fois dans l'effort être seul pour aussi être dans mon effort quand c'est des fois difficile, par exemple. Donc peut-être que l'autre coureur qui est en difficulté, peut-être qu'il n'est pas si mécontent d'être de nouveau un petit peu tout seul pour essayer de trouver. Ce qui est difficile, c'est que des fois, on soit emporté par le rythme de l'autre.
- Speaker #0
Ça, c'est clair. Ne pas oublier de rester dans sa course et de faire sa course, que ce soit dans le positif ou dans le négatif, parce qu'on peut aussi commencer à se complaire dans un rythme qui est un peu plus lent que celui qu'on avait prévu, ou celui qu'on avait prévu de courir, et puis passer à côté de sa course. Absolument. Là, on se projette dans deux mois. Je suis sur la ligne de départ. de la X traversée, tu me donnes quoi comme conseil sur les certainement deux nuits que je vais passer à l'extérieur,
- Speaker #1
tu me dis quoi traverser une nuit un maximum oui oui, l'Alpine tu dis pour l'Alpine ou donc l'Alpine sois calme, faut pas t'exciter au départ, trouve ton rythme, mets-toi dans ta bulle absolument, si des coureurs te passent c'est pas grave garde de l'énergie pour lever de soleil sur la cabane d'Orny. Et ça serait important, gère la nuit, la journée va t'offrir de nouvelles énergies.
- Speaker #0
Effectivement. Et le spot, le plus beau spot de la course pour toi, c'est quoi ? C'est lequel ? S'il y en a un ?
- Speaker #1
J'adore le lac Fenêtre, qui est avant le Grand Saint-Bernard, parce que c'est là que j'ai toujours eu mes promenades d'enfance, quand il fait grand beau, t'as la vue sur le Mont Blanc, les Grandes Jaurasses. Pour moi, c'est mon lieu favori. sur l'épreuve.
- Speaker #0
Et on est à combien ? Il reste combien de kilomètres à peu près jusqu'à l'arrivée quand on en est là ?
- Speaker #1
On est plutôt à temps, donc 70, on a dû faire 80 kilomètres environ.
- Speaker #0
Ouais, donc on a fait plus de la moitié. Donc on fait un reset pour partir sur la seconde partie de la course.
- Speaker #1
Et après, il faut dire une chose, quand tu es au Grand Saint-Bernard, tu as été l'endroit le plus loin du parcours où tu as la frontière avec l'Italie, tout le reste va te ramener gentiment à Verbier.
- Speaker #0
Voilà, donc tu peux aussi commencer à dire « je rentre à la maison » . C'est vrai que c'est assez intéressant aussi. Tu vas la courir cette année, une de ces courses ou pas ?
- Speaker #1
Non, je ne suis pas sur le trail Verbier. Je vais revenir d'ici quelques années, mais j'ai vécu tellement d'émotions intenses sur l'ancien parcours de 110 km que maintenant, c'est un petit peu plus dur à planifier le 140 km qui est un peu plus long par rapport aux autres objectifs de saison. Puis avant, le parcours était purement alpin. C'est ça. C'était vraiment un parcours fait pour mes capacités. Maintenant, il est un petit peu plus roulant. C'est très bien parce que c'est un petit peu plus, entre parenthèses, accessible. Mais j'ai aussi des fois d'autres courses, un peu en même temps que c'est un petit peu plus, un peu différent, on va dire.
- Speaker #0
Prenons justement le temps de parler de tes actualités, parce que j'ai un peu truandé ton CV, parce que tu participes quand même à un certain nombre de courses qui sont extrêmement réputées. Là, on arrive au début de la belle saison. Donc, j'imagine que ton agenda, il doit avoir quelques 3-4 dates qui sont assez extraordinaires.
- Speaker #1
Oui, écoute, imagine, ça fait depuis 2007 que je fais ce sport. Donc, ça fait quasiment ma 20e saison de trail. Donc, des fois, je dois sélectionner. Je fais moins de courses qu'avant. Dans les belles années, en 2011, je faisais 15 trails. Je faisais un trail de 50-60 bornes chaque deux semaines. Maintenant, je sélectionne un peu pour vraiment, des fois, trouver des nouvelles expériences, des nouvelles… courses et puis des fois aller sur des challenges avec mon frère qui sont très motivants comme le trail de la guerre ou ça par équipe de 250 kilos qui sont très motivants, qu'on a bien aimé il y a deux ans pour y retourner, puis sinon j'ai aussi un peu des courses plus courtes en Italie mais très engagées, Monterosa Sky Marathon, le Tour du Servat qui sont Cette différence est purement montagne, puis celle-là, c'est ce qui m'intéresse maintenant.
- Speaker #0
Vous avez très souvent gagné avec ton frère, mais au-delà de la victoire peut-être, qu'est-ce que tu recherches dans ces courses ?
- Speaker #1
La découverte. Quand on fait ces courses aventures, tu cherches à découvrir des territoires, des nouveaux sentiers, des nouvelles vallées, même quand on est à la PTL, qui est sur un territoire qu'on connaît très bien. Puis on cherche à découvrir toujours ses limites, parce qu'on peut toujours les repousser, que ce soit les limites physiques, les limites au niveau du sommeil, et tu en apprends toujours plus sur toi-même. Et c'est une leçon d'humilité à chaque édition qu'on fait des longues courses.
- Speaker #0
Tu repousses tes limites, mais tu apprends quand même toujours finalement un peu à te connaître et te remettre toujours dans le droit chemin si tu as l'impression que tu as un peu de dérivé.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est superbe. Je te remercie mille fois, mon cher Hercule Henry, d'avoir passé ce petit moment avec moi pour parler déjà de ton parcours et également de cette préparation pour le trail Verbier Saint-Bernard. Tu me disais avant, il te reste encore quelques places pour la préparation à la course cette année, c'est juste ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. En fait, je fais un stage autour du 20 juin où j'ai plusieurs distances. J'ai soit la préparation marathon sur deux jours, soit la préparation traversée sur deux jours et demi. sur la prépa ex alpine sur 4 jours et là il me reste encore 2-3 places globales sur les stages excellent,
- Speaker #0
je mettrai le lien vers ton site internet en description de cet épisode comme ça les personnes qui veulent aller se faire une idée diraient en visiter ton site et prendre contact avec toi ok c'est cool, merci merci mille fois encore Julien Henry et puis je te souhaite une magnifique saison et j'espère te voir un jour sur les sentiers merci Hugo,
- Speaker #1
avec plaisir merci d'avoir écouté cet épisode d'Au-delà du mur
- Speaker #0
Si le sujet vous a inspiré ou intrigué, n'oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer des prochains épisodes. Rejoignez notre communauté sur les réseaux sociaux et partagez vos réflexions avec nous. Je serai ravi d'entendre ce que vous avez pensé de cet épisode. Et si vous avez aimé, pensez à laisser un avis 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Ça m'aide énormément à faire grandir la communauté d'au-delà du mur. A très bientôt pour une nouvelle exploration de l'autre côté du mur. Jusque là, continuez à questionner, à explorer et à repousser vos limites.