Speaker #0Bonjour et bienvenue dans le podcast « Au fil du yoga, à l'ombre du bannant » , le podcast qui t'invite à ralentir, à respirer et à revenir à l'essentiel. Ici, on déroule le tapis autant que les pensées. On explore le yoga et le bouddhisme sous toutes ses formes, le corps bien sûr, mais aussi l'esprit, les émotions. Et ce fil invisible qui relie tout. Que tu sois pratiquant, curieux, yogi passionné ou simplement en quête d'un peu plus de calme dans le tumulte du quotidien, tu es au bon endroit. A chaque épisode, je t'emmène dans une parenthèse douce et authentique entre réflexion, pratique et inspiration pour t'aider à te reconnecter à toi. Alors, installe-toi confortablement et laissons le fil. se dérouler. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Les petites bulles de l'été du podcast Au fil du yoga, à l'ombre du banyan. Parce que nous avons un peu le temps, parce que pour certains, et j'espère pour tous, vous pouvez ou vous allez bientôt prendre quelques jours de congé pour vous reposer, faire des choses différentes, je vous propose aujourd'hui d'explorer un peu le vaste champ de ce que l'on appelle la méditation. Peut-être qu'avant... d'exposer ce qu'est la méditation, il est intéressant d'observer ce qu'il se passe en nous, dans notre corps. Et on peut peut-être distinguer ce qu'on va appeler trois niveaux de mental. Le mental inférieur, qui va correspondre au fonctionnement du corps, ainsi qu'à la naissance des pulsions instinctives, des craintes, des obsessions. Bien souvent, on va faire correspondre ce mental inférieur à ce que vous savez. C'est le cerveau de nos ancêtres, l'homme de Cro-Magnon par exemple, où La seule chose importante, c'était de survivre, ce qu'on appelle le cerveau reptilien. Il y a ensuite le mental intermédiaire. Ce mental intermédiaire, il est dédié à la récupération des informations lorsque nous sommes en état de veille, c'est-à-dire là maintenant, vous êtes en train de m'écouter, normalement vous ne somnolez pas, vous êtes en état de veille. Ce mental analyse, compare, tire des conclusions. Il fait partie de ce que l'on appelle la pensée rationnelle et intellectuelle. Et puis, il y a ce que l'on va désigner par le terme de mental supérieur. Ce mental supérieur, son activité, elle est au-delà de la conscience. Elle fait partie du domaine de l'intuition, de la béatitude, Ananda. en sanscrit, et de tout ce qui va relever des expériences dites transcendantales. Elle est, pour toutes les spiritualités asiatiques, mais aussi dans les religions du livre telles que nous les connaissons en Occident, la source de la connaissance profonde. Derrière toutes ces parties du mental, Il y a ce qu'on appelle le soi. Alors, vous savez, je pratique le bouddhisme et je vous ai déjà dit que le soi en tant que tel n'existait pas dans le bouddhisme. Il y a beaucoup plus de nuances que cela dans l'affirmation. C'est plutôt le soi en tant qu'entité individuelle. Donc, nous allons admettre pour notre démonstration d'aujourd'hui. que le soi tel que vous le percevez existe. Le soi illumine l'ego. La méditation va en fait nous permettre de nous soustraire. Nous soustraire d'abord à l'intellectualisation et pour arriver, nous soustraire également d'ailleurs à cet état du cerveau reptilien, de nos obsessions, de nos craintes, afin de nous permettre d'arriver à un état élevé. Il faut donc éliminer nos peurs. La méditation est aussi une prise de conscience du soi et de soi, les deux choses. Parce que la conscience va cesser d'explorer le mental pour s'identifier au niveau central de l'existence, le soi. La méditation va devenir conscience pure. Il y a plusieurs étapes, notamment pour un débutant. parvenir à méditer. On vous dit beaucoup, il faut méditer pour déstresser, et par rapport à ce que je viens de dire juste précédemment, effectivement, on peut comprendre qu'à partir du moment où on va dépasser le processus d'intellectualisation, à partir du moment où on va voir vraiment ce que sont les peurs, les obsessions, et les vider de ce sens qu'on leur donne dans notre vie de tous les jours. Alors effectivement, la méditation nous permet de non pas gérer le stress, mais en définitive de dépasser le stress. Il existe plusieurs étapes, plusieurs façons de méditer, elles sont infinies et vous pouvez constater sur les réseaux sociaux et sur internet l'infinité des méthodes vous permettant de parvenir à méditer. Ce que j'aimerais préciser toutefois, c'est que c'est un effort, ce n'est pas quelque chose d'inné. C'est un effort qui doit être constant et ce n'est pas parce qu'on parvient à méditer une fois qu'on va parvenir à méditer la fois d'après. Tout comme si on arrête de méditer, il faut recommencer la méditation parce qu'elle permet de se focaliser. Consciemment, puis ensuite, je dirais de façon non consciente, puisqu'on passe dans des états de conscience supérieure, de créer un espace dans le temps et un espace dans la géographie aussi, où tout d'un coup, non seulement on est seul, il n'y a plus ces craintes, il n'y a plus ces obsessions, il n'y a plus rien, hormis, progressivement, un état d'équanimité. et de béatitude. Ce que je voudrais également dire, c'est que ça n'arrive pas comme ça. Ça prend du temps, et donc cela demande de la patience. Ne cherchez pas, si vous commencez, à vouloir méditer une heure, ni même une demi-heure, ni même dix minutes. Cherchez simplement quelques instants et apprenez à vous en contenter. Parce qu'on est trop orienté vers un objectif, un but qui est de réussir à faire le silence, et bien cela constitue en même temps un obstacle à la méditation. Alors une des techniques va être de fixer le mental sur un objet, sur son souffle, sur son image. Ça va permettre au mental de se tourner vers l'intérieur. Deuxième étape, cela va libérer automatiquement les pensées et les images. Et puis, progressivement, cela va aller bien au-delà et on va commencer à raisonner avec ce que l'on appelle l'univers. Pour les personnes qui ne sont absolument pas mystiques, qui ne croient pas à la spiritualité, qui ne croient en aucune connexion avec l'univers, ce qui est tout à fait possible. Eh bien, dites-vous que c'est un instant qui est comme suspendu. Et vous sentez plutôt une espèce de grand tout, où en tout cas les frontières du corps sont dépassées. Méditation, la méditation exige la motivation et la persévérance. Et la méditation libère. C'est en tout cas ce que nous apprend Par exemple, le yoga. Le yoga est une libération. Et l'une des méthodes, c'est de méditer. Quand on dit fixer le mental par une technique, l'objet, le souffle, l'image, eh bien, c'est ce que vous retrouvez dans le yoga. On sature le corps avec les postures, les asanas. On apprend le souffle. Et le contrôle du souffle avec la suspension, le pranayama et avec kumbhaka, la suspension du souffle, pour rentrer dans les interstices, l'image, la concentration du mental sur l'intérieur, ou ce qu'on appelle pratyara, qui est le retrait des sens de l'extérieur vers l'intérieur. L'image, elle n'est pas forcément, je regarde une photo, l'image, elle peut être intérieure. Quels sont les buts induits par la méditation ? Alors, bien évidemment, la lutte, la façon de faire baisser son niveau de stress. Donc forcément, ça va avoir un impact si vous êtes hyper tendu. Vous allez affiner votre capacité d'attention, probablement avoir cette impression de clarté et d'ouverture du cœur, d'autant plus que si votre support de méditation est la compassion. C'est notamment le cas pour les bouddhistes. Ça va également parce que... Les choses deviennent plus claires dans votre esprit, il y a moins de questionnements, parce que la méditation apaise le questionnement. Vous affinez votre capacité d'intuition, mais pourquoi ? Parce que votre intuition qui existait déjà, en fait, elle est moins obscurcie par toutes les questions. Est-ce que je fais bien ? Est-ce que je ne fais pas bien ? Est-ce que je dois faire ? Est-ce que je ne dois pas faire ? Toutes ces questions disparaissent. disparaissent lorsqu'on laisse parler son intuition. Et puis, peut-être aussi, je pense que c'est le plus important, c'est le calme. C'est le plus important, à l'exception du but même de la méditation, qui est un but qui est vraiment spirituel. Donc, chacun prendra ce qu'il a envie de prendre. Si vous avez envie de méditer en termes de technique de gestion du stress, Pour être plus calme, vous pouvez vous arrêter à cette explication-là. Si vous pratiquez le yoga, si vous pratiquez le bouddhisme, vous savez que c'est la méditation qui vous permet d'accéder à des niveaux supérieurs de connexion, d'union, d'écoanimité, de compassion, etc. Avec la méditation, moi j'ai le sentiment d'être plus vivante. plus calme, plus légère. Et je me dirige, je pense aussi beaucoup plus facilement vers ce qu'on appelle l'impermanence. Et peut-être aussi la fin des incertitudes parce que les questions disparaissent. Et parce que les questions disparaissent ou parce que l'on est plus vigilant aussi, parce que la méditation affine la sagacité, la vigilance, l'observation, et bien c'est aussi la possibilité de se rendre compte. De se rendre compte donc lorsque une angoisse, une peur, un afflux de questions arrivent. Ça m'arrive très souvent. Je suis au bureau. On va dire même si je pense avoir un tempérament plutôt impétueux, eh bien je suis très calme. Et puis tout d'un coup, boum, une grosse montée de stress. Je ne sais pas faire là. J'ai une question. Je ne sais pas faire. je suis dépassée par les événements et bien extérieurement parce que mes collègues me l'ont dit on n'a pas cette impression là Donc il y a une certaine attitude de calme qui transparaît, mais ça transparaît parce que c'est inhérent déjà. Alors bien sûr, on a des montées de stress, mais elles ne vont pas être permanentes. Et il y a un moment donné où ça va basculer, où la même question « je ne sais pas faire » ne va pas vous mettre dans tous les états, et vous n'allez pas vous jeter sur la nourriture. Ou vous rongez les ongles, ça c'est le typique de toutes les personnes qui sont stressées. Et c'est ça qui est très agréable, c'est de pouvoir dépasser l'état de vigilance. Mais dans le bon sens du terme, parce que le stress nous plonge dans un état de vigilance parfois malheureusement prolongé. Cette vigilance prolongée nous propulse vers l'avant. Et physiquement, quand vous regardez les personnes, vous voyez que le cou s'allonge vers l'avant, la tête est projetée vers l'avant, il y a comme une espèce de fuite, mais en même temps vous voyez la poitrine s'incurver vers l'intérieur, les épaules aller vers l'avant, et une espèce de bouclier se crée autour du cœur et autour du corps. On est dans un état de vigilance. de vigilance ou Qu'est-ce que ça veut dire ? Attention, le cerveau reptilien prend le dessus. Danger, il faut se protéger, il faut fuir et se protéger. Et je dirais que la méditation, elle requiert du courage. Parce que se transformer soi-même, pour mieux transformer le monde, Ça demande du courage parce que ce n'est pas facile. Parce que pendant la méditation, qu'est-ce qui va se passer ? Beaucoup de questions vont vous assaillir. Et puis, au-delà des questions, les incertitudes vont remonter. Et puis, vous allez peut-être avoir aussi des émotions, la peur, la honte. Vous allez repenser à des situations, des choses pas vraiment jolies jolies. C'est pas agréable. Une méditation peut ne pas être agréable. Et c'est peut-être quand on se confronte plusieurs fois à ce côté désagréable, et bien qu'en fait on arrive à dépasser le désagréable, pour que cela devienne peut-être pas agréable, mais en tout cas neutre. Quelles sont les conditions favorables à la méditation ? Un lieu propice, là où vous vous sentez bien, là où le corps peut se relâcher. Au bureau par exemple, je suis incapable de méditer vraiment. Dans le métro, je suis incapable de méditer vraiment. Par contre, lorsque je me retrouve sur la table de ma soeur, parce que je lui fais confiance aussi, je sais que je peux relâcher mon état de vigilance, parce que j'autorise mon corps à se relâcher aussi, et c'est important, et bien je vais tout de suite dans un état de méditation. Quand j'écoute par exemple la voix de mon professeur Djambot dans une méditation, Quand je l'entends chanter à un mandra, parce que mon corps a reconnu, mon corps, mon oreille a reconnu quelqu'un en qui j'ai confiance et avec qui j'ai décidé de façon inconsciente de me relâcher, eh bien je vais dans une méditation profonde quasi immédiatement. La posture physique aussi est importante. Vous pouvez méditer allongé, vous pouvez méditer assis. La seule difficulté de la méditation allongée, c'est que vous pouvez peut-être vous endormir. Ceci étant dit, on peut aussi s'endormir en étant assis. Et puis il y a ce qu'on appelle la méditation assise, pardon, la méditation debout. Vous avez certainement entendu parler de ce qu'on appelle les retraites vipassana où les gens passent du temps ensemble sans parler et puis où ils marchent en respiration et en conscience. Alors, ce n'est pas tout à fait la... La méditation vipassana, parce que vipassana veut dire la concentration intérieure, la vision profonde, c'est le problème du commercial qui tend à prendre des morceaux pour vendre, mais vipassana est une méditation, une concentration intérieure très profonde. Et puis, c'est plus facile de méditer lorsque l'on est enthousiaste. Alors la création d'espace, c'est bien un coussin, une lumière, de la bougie, pourquoi pas, une orientation, mais vous pouvez choisir. Si vous avez un hôtel devant votre hôtel, vous pouvez choisir de faire brûler de l'encens ou pas du tout, de vous asseoir à côté de fleurs, d'être contre un mur ou pas contre le mur, d'avoir le dos droit, mais ne vous forcez pas à avoir le dos droit si vous êtes légèrement voûté. Et acceptez votre corps. Les jambes allongées, les jambes pliées, les jambes en demi-lotus, peu importe, ce n'est pas la posture qui fait la méditation. En yoga, méditation relève de plusieurs mots. Vous avez dhyana, dharana et aussi samadhi, parce qu'en fait ça décrit différents stades. de la méditation. Par exemple, Dhyana est une extension de Dharana. Dharana, c'est une première concentration. Dhyana a été définie par Patanjali comme le flot ininterrompu de la concentration. Il y a une petite différence entre Dharana et Dhyana. Dans Dharana, le mental essaye tout le temps de penser à autre chose qu'au sujet. Et l'étudiant doit sans cesse ramener son attention sur le sujet. Dans dhyana, le mental est maîtrisé. Il est complètement, continuellement absorbé par l'objet. Donc la concentration en dhyana est déjà plus importante que lorsque vous êtes en dharana. Et puis, ça m'a dit, c'est le sommet. C'est le sommet de la méditation. C'est la conscience de l'objet, sans concurrence du mental. Je peux vous proposer de vous asseoir de façon confortable, de détendre votre corps, vous pouvez faire un scanner, un scanner, un scan corporel, détendre la mâchoire, parce que souvent on a la mâchoire contractée, et puis de respirer tranquillement, par le nez, par la bouche, peu importe. Essayez d'allonger le souffle à l'inspire, d'allonger le souffle à l'expire, tout cela pour continuer à détendre le corps. Et puis, vous pouvez vous focaliser progressivement, par exemple, sur votre respiration. Et en vous focalisant progressivement sur votre respiration, eh bien, vous vous dédiez un moment à la méditation, vous essayez de calmer. de voir ce qui se passe au niveau des pensées. Dites-vous bien qu'on ne peut pas tuer une pensée. Le cerveau continue de penser, souvent. En fait, ce qui se passe, c'est que ça passe en deuxième rideau. Et puis, vous vous dédiez aussi un moment pour vous. Vous êtes moins dans l'automatique. Et ça aussi, c'est important. Eh bien voilà, j'espère que c'est... Quelques propos sur la méditation, très simples, permettent pour ceux qui commencent de comprendre, peut-être d'entrer en action de la méditation, pour ceux qui connaissent, de réfléchir, voire d'étendre leur connaissance sur la méditation. Et puis peut-être, tiens, pourquoi pas, juste après avoir écouté le podcast, de vous asseoir dans un endroit tranquille et de méditer. Merci beaucoup de votre écoute et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode des petites bulles de l'été du podcast Au fil du yoga à l'ombre du bagnan. Et voilà, cet épisode d'Au fil du yoga à l'ombre du bagnan se termine. Merci d'avoir pris le temps, d'avoir pris ce moment pour toi, pour ton corps, pour ton souffle. Même quelques minutes peuvent changer le rythme d'une journée. Si tu as aimé cet épisode, partage-le autour de toi, fais-le circuler. Ou reviens, reviens l'écouter quand tu en auras besoin. En tous les cas, on se retrouve très vite pour continuer à dérouler ensemble ce fil du yoga à l'ombre du bagnan. D'ici là, reste à l'écoute de toi-même et avance un pas après l'autre.