Description
Dans cette première partie, retrouvez le portrait "moyennasse" de Camille Pin consacré à sa carrière puis à ses débuts en tant que consultante.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Dans cette première partie, retrouvez le portrait "moyennasse" de Camille Pin consacré à sa carrière puis à ses débuts en tant que consultante.
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Transcription
Bonjour à tous et à toutes et bienvenue dans ce sixième épisode au fond du canap pour présenter l'invité du jour il faut que je me transforme un petit peu tennis woman professionnel entre 2000 et 2010 Elle a été 8e joueuse française et 60e mondiale. Elle a disputé 666 matchs, dont 25 tableaux finales de Grand Chelem. Du haut de ses 1m62, elle a remporté 8 titres en IDF. Coach intense, pique-crune de tournoi, elle est sûrement la seule à avoir la double casquette consultante-journaliste. Maman de deux enfants, elle est la première femme à s'installer au fond du canap'. Camille Pain !
Salut ! Quelle présentation !
Ah oui, ça en valait la peine. Quelqu'un, tu te doutes, le fait beaucoup mieux que moi. J'essaie de reprendre un petit peu la voix. Je n'égalerai jamais cette personne. Comment ça va ?
Très bien, ravie d'être ici.
Merci à toi d'avoir accepté l'invitation. On a l'impression que quand tu n'es pas occupé sur Paris, tu es occupé dans le Sud. Quand tu n'es pas occupé dans le Sud, tu es occupé sur Paris. C'est un peu ça.
C'est un peu ça ma vie en ce moment, mais une vie que j'ai choisie. Je suis très heureuse de continuer à bourlinguer, à faire le sac, des machines, on repart. Quand on est joueur de tennis et qu'on voyage pendant 20 ans depuis le plus jeune âge, on a quand même un peu la bougeotte, même maman, même 20 ans plus tard.
Alors comme je l'ai dit il y a quelques instants, tu es la première femme à t'installer au fond du canap'. Alors je vous vois venir dans les commentaires, non je ne suis pas misogyne, masculiniste ou tout ce que vous voulez, juste tu es la première à avoir accepté, c'est aussi simple que ça. Et je te remercie pour ça, en espérant que cela suivra. Alors on est avec toi. Pour environ une heure, on va parler bien sûr actus tennis avant le début de ton tournoi préféré du US Open.
Oui, c'est vrai.
Le 30 août qui arrive autour de ton anniversaire. C'était ton tournoi préféré en tant que joueuse aussi, si je ne me trompe pas.
Il y a match avec l'Australie, mais il faisait partie effectivement. Sur dur. Sur dur, exactement.
C'est du dur. On est déjà à peu près aux trois quarts de cette saison bien remplie. Il s'est passé beaucoup de choses. Des surprises de tous les côtés. Un tennis féminin très ouvert aussi, on va en parler. Toujours un peu de mal pour nos français. Mais avant ça, comme dans l'épisode avec Fred Verdier, je voudrais qu'on en sache un peu plus sur toi. Qui est Camille Pin, hors de la caméra ? Alors, c'est un portrait que je qualifie, moi, d'originaire du Sud-Ouest, un peu moyennasse. C'est-à-dire qu'il y a quelques trucs qui ne sont pas exacts. Tu me corrigeras. Je ne suis pas Franck Ferrand non plus. On sort de Tour de France, c'est dans l'actu. Alors, tu es né le 25 août. Je dis l'année ou pas ?
Ah oui, oui, oui, j'assume pleinement.
1981 à Nice, tu commences le tennis très jeune, tu es aussi très douée en ski, si je ne dis pas de bêtises. Est-ce que c'est toi qui as le déclic sur le tennis ou c'est quelqu'un d'autre à l'extérieur qui vient te dire qu'il y a quelque chose à faire ?
Non, c'était un sport complètement familial, complètement loisir. Ma grand-mère avait un terrain de tennis chez elle, pour dire. Au-delà du petit club de tennis dans lequel j'ai grandi avec mes parents, où j'ai fait de nombreuses soirées déguisées et bu des tropicaux, j'avais aussi le week-end chez mes grands-parents, le loisir de jouer toute la journée et toute la famille jouait. Le ski était mon premier sport en compétition. Étant niçoise, j'ai vécu beaucoup en montagne à une heure de Nice. Je pensais plutôt faire du ski de compète jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de neige dans les années 90. Je me suis mise à ne plus jouer au tennis. Et puis ça a tout de suite bien fonctionné, et puis j'avais un peu moins froid au demeurant qu'au ski. Donc juste peut-être pas mal d'être joueur de tennis.
C'est vrai, très vite tu te retrouves dans les équipes de France Jeune, avec une de tes meilleures amies Stéphanie Fauretz. C'est ça. En termes de vie de groupe, est-ce que c'est des émotions que tu n'as jamais retrouvées par la suite, ou tu te dis que d'un côté t'es aussi passé à côté d'une enfance normale ?
Maintenant que je suis maman, je me pose un peu toutes les questions que tu me poses. Parce que sur le moment, on suit sa vie. Surtout que personne n'avait fait ça dans ma famille. Donc il n'y avait pas de modèle à suivre. Quand j'ai commencé à jouer au tennis vers 7-8 ans et que je me suis retrouvée à 10 ans, numéro 1 française, en fait, ce n'était pas prévu. C'est juste que j'ai gagné des matchs, que j'adorais faire des matchs. Quand on dit que les petites filles ne sont pas compétitrices, je mets un gros bémol. Certaines oui et certaines non. Et je me suis retrouvée à 12-13 ans à porter le maillot de l'équipe de France en chantant la Marseillaise. Et je pense qu'avec des copines, avec cet effet de groupe qu'il n'y a pas dans le tennis initialement, surtout quand j'ai commencé, j'étais toute seule à prendre mon sac et aller faire des... tournoi dans la région de Nice en plein Cagnard. Donc tout d'un coup, en quelques années, je me suis retrouvée à aller en Floride à 13 ans, à prendre des avions toute seule pour retrouver l'équipe de France et à jouer pour la France. Et je crois que ces sensations-là ont été les premières très fortes de ma vie, de me dire que ma passion me permet de représenter mon pays. Et je me suis dit, ah oui, là, il y a quelque chose qui se passe. Donc ça fait partie des grands moments de ma vie, cette jeunesse-là. Et je n'ai pas du tout ressenti de sacrifice. parfois mes parents me disaient c'est c'est Ça va, c'est pas trop dur de rater l'anniversaire de tel pote ou de rater ton anniversaire, rater Noël, j'ai fait il y a 15 ans des Noëls de Wardro-Café. C'était peut-être plus dur pour eux au final. Oui, au final, je me souviens vraiment, on faisait des tournées où on était le 25 décembre, tous ensemble, au Wardro-Café de Mexico, parce qu'on était en pleine tournée, et les gens à la maison, ils disaient, mais mon Dieu, elle rate Noël, elle est toute jeune et tout. Moi, j'étais au taquet, hyper contente de voyager, d'être avec des copains. Donc, je crois que si c'est un sacrifice, c'est que c'est pas bon signe. pour le reste de la carrière sportive.
Tu as fait les tournois les plus prestigieux en jeunes, les Pizas, l'Orange Bowl, l'équivalent aux Etats-Unis, même si c'est un peu prétentieux de comparer Tarbes et la Floride.
C'était les championnats du monde individuels de l'époque, l'Orange Bowl, effectivement.
Quel souvenir tu regardes de ces tournois quand même très surveillés, où les premiers contrats se font dès le plus jeune âge ?
C'était effectivement les premiers moments de stress on peut Or, le match, c'était un stress de tout d'un coup de voir se montrer. Après, c'est quelque chose qu'on commençait déjà à avoir lorsqu'on allait jouer à Roland-Garros petit sur des stages. On avait des gens de la Fédération qui étaient là dans les gradins avec des petits calepins. Enfin, oula ! OK, donc on commençait déjà à s'habituer depuis tout petit à prendre cette pression, ce jugement qui est assez logique aussi. À un moment, il faut bien sortir du lot et se faire marquer. Mais pour le coup, moi, ces tournois aux Etats-Unis, ça a plus été plutôt qu'un stress d'être repéré ou pas. Ça a été vraiment le moment où je me suis dit « Ok, c'est ça que je veux faire, je veux voyager au bout du monde et partager. » Parce que ces tournois-là, on tournait avec la fédération, donc on était tous ensemble, souvent on s'entraînait dans des académies en amont. Donc il y avait un effet de groupe et je me suis dit « Ok, si à un moment donné, je peux vivre ça, c'est exactement ce que je veux faire. » Je ne veux pas forcément être toute seule dans mon coin avec ma raquette. Et ces tournois-là ont permis aussi de découvrir tous les joueurs internationaux et joueuses qui arrivaient. Je me souviens, il y avait les Sud-Américains qui étaient tout le temps avec de la musique, avec leur maté. Donc après, mon ex-mari, le papa de mes enfants, est argentin, donc ce n'est pas pour rien. C'est que tout d'un coup, on découvre des cultures. Donc c'est au-delà d'aller jouer un championnat du monde de tennis. C'est comme je me suis dit, OK, il y a une énergie derrière ce métier qui me plaît énormément.
Si on reste à l'Orange Bowl et que je te dis José de Armas ?
Ah ben voilà, t'as allé chercher loin, un de mes premiers amours de jeunesse. Et c'est pour ça aussi que lorsque j'ai été capitaine des équipes de France Jeune il y a quelques années, et que j'ai eu des jeunes filles à encadrer, j'aurais dit des filles, ce sont des moments aussi de vie où il faut aller jouer aux cartes avec les Brésiliens, il n'y a pas de soucis. Par contre, moi, je check les chambres. Personne ne rentre avec des garçons dans les chambres. Par contre, c'est des moments où vous êtes tellement toute seule toute l'année. Allez profiter, allez jouer au Uno, allez à la plage, allez ce que vous voulez. Parce que ce sont des moments de vie en tant que jeune adolescent qui sont nécessaires, surtout comme il n'y a pas de vie à côté scolaire. En général, il faut un moment partagé, se rencontrer. C'est normal.
On dit que le tennis est un sport de plus en plus précoce, tous les records de précocité sont battus, mais c'était déjà le cas à ton époque finalement, que ce soit Tatiana, Golovin ou même toi, vous avez été exposée très tôt et toi tu gagnes tes premiers points WTA à 14 ans.
À 14 ans, il y avait aussi Inguis qui avait été la plus précoce. Après, il y avait Kournikova, on en a eu. Mais c'est vrai que c'est vraiment Inguis qui a même... Entraîner une règle à Douai-Théa, où moi je suis arrivée en plein dedans, de limitation de tournoi pour les jeunes de moins de 15 ans. C'est-à-dire qu'à 14 ans, on n'avait le droit de faire que 4 tournois. Puis à 15 ans, que 8. Parce qu'en fait, ils avaient peur que les parents mettent les jeunes trop tôt pour aller gagner de l'argent. Surtout que ce n'est pas le mineur qui touche, mais le parent. Et donc, ça l'a incité. Et donc, on était limité. Et moi, j'ai commencé effectivement très tôt parce qu'il y avait des 10 000 dollars pas trop loin de chez moi. Et que du fait que j'ai été en équipe de France 13-14, donc en faisant les troncs à moins de 14, mais derrière, comme moi je suis restée au lycée, c'était un choix que je faisais moi, pas mes parents. Je n'ai pas pu faire tous les tournois juniors du monde entier, donc j'ai été obligée d'aller à l'école et de faire les tournois dans le coin. Les tournois dans le coin, c'était les 10 000 dollars. Il se trouve qu'à 16 ans, j'avais déjà un classement mondial qui m'a permis, après une fois le bac obtenu, de gagner du temps.
C'est d'ailleurs à 19 ans que tu disputes tes premières qualifs en grand chelem et c'est durant cette période que tu rencontres deuxième meilleur ami Julie Coin. Tennis Women Pro passait d'abord par les universités américaines et aujourd'hui coach de Diane Paris. Vous aviez une amie en commun aussi, Laurence Jaillet, qui est née dans le sud comme toi, mais qui est partie aux Etats-Unis où elle a rencontré Julie. Finalement, tu apprenais à connaître Julie par Laurence et vice versa. Et quand vous vous êtes vraiment rencontrés, le courant est tout de suite passé.
Oui, Laurence, c'est vraiment des amitiés qui se construisent, non pas à l'école, mais sur un terrain de tennis. Tout en étant compétitrice toutes les deux. Et là, quand on fait le point 20 ans après, les trois personnes que tu as citées, alors que je les ai affrontées, je les ai battues, elles m'ont battue, ça reste les personnes les plus importantes de ma vie. Donc j'aime avoir cette idée qu'on peut faire un sport de haut niveau tout en respectant l'autre, en le respectant, en le battant. Respecter, ce n'est pas être non plus en retrait, c'est quand on doit gagner, on doit gagner. on s'est... Et si les personnes sont intelligentes, on ne subit pas une défaite face à une amie, on va derrière la félicité et ça fonctionne. Donc c'est une gestion particulière mais qui a bien marché pour nous et ce sont des personnes très importantes pour moi.
D'ailleurs, je crois que Julie a une petite question à te poser.
Ah !
Coucou Maquia, j'avais une petite question pour toi. Je voulais savoir si tu te rappelais un des premiers cadeaux que je t'ai fait. On s'était rencontrés peu de temps avant et je m'étais dit que je voulais marquer les esprits et te mettre aussi un petit peu la honte devant tout le monde pendant ton anniversaire à New York. Du coup, je t'avais amené un petit cadeau sexy. Je ne sais pas si tu te rappelles, je sais que tu l'avais gardé pendant un moment. Tout le monde voulait te voir avec, tu n'avais pas osé le porter ce soir-là. Mais voilà, je voulais savoir si tu te rappelais un peu ce que c'était, si tu pouvais nous l'expliquer.
Julie est quand même une des joueuses les plus drôles et les plus funky à qui j'ai pu partager des choses. Donc entre des pantoufles en forme de sexe masculin, des pailles, en fait il y en a eu tellement que des moments où... Je me demande si elle ne m'avait pas offert des dessous pour un anniversaire. Après il y en a eu pas mal, mais donc... Je lui demanderai si je me trompe ou pas, mais...
Je vais te donner la marque, Vittoria Secrets.
Voilà. Donc, c'est ça. Tout à fait. On est bons. Parce qu'en fait, mon anniversaire, tu le disais, ça aussi, c'est des super souvenirs. Après coup, tombé toujours pendant l'US Open. Comme souvent, les joueurs français le disent, à New York, à l'époque, comme on avait des équipes quand même plus restreintes, on avait un coach à partager en général. Donc, on se retrouvait toujours dans des restos dont le tout va bien, que tout le monde connaît maintenant, parce que les joueurs en parlent beaucoup. Et donc, chaque année, je fêtais mon anniversaire au tout va bien avec... tout le monde parce qu'en fait, je n'avais même pas invité les joueurs avec Joe, avec Arnaud Clément à l'époque, qui était mon chéri. Et donc, on se retrouvait tous. J'avais toujours mon petit Cosmo offert par la maison parce que c'était un de mes cocktails préférés à l'époque. Et donc, on m'offrait des cadeaux en direct. Et donc là, devant tout le monde, elle avait dû m'offrir le cadeau à la Julie. Donc, trop bien.
En parlant du S-Open, c'est avec Stéphanie Fauretz que vous allez faire 8e de finale en double. Un résultat auquel tu ne t'attends pas forcément sur ce moment, surtout quand on change de côté au dernier moment.
Tu t'es bien renseignée, effectivement. De jouer déjà avec une de ses meilleures amies, ça amène une certaine saveur au Grand Chlem. Parce qu'en général, on joue pour pouvoir rentrer, avoir les meilleures chances. Donc vous ne jouez pas forcément toujours avec quelqu'un que vous aimez le plus. Ça reste professionnel. Sauf que là, il se trouve que toutes les deux ont rentré, donc le plaisir était immense. Sauf effectivement au moment de l'échauffement dans la salle de gym, où Stéphanie qui avait un revers de folie connu du monde entier dans le monde du tennis, me dit « Camille, je ne peux pas jouer à gauche, je ne me sens pas bien, il faut que tu joues à gauche » . Je pense que ça faisait dix ans que je n'avais pas joué de ce côté-là, parce qu'en général les joueuses aiment bien jouer en côté revers. Et moi je m'étais habituée au côté poudroi et j'étais très à l'aise comme ça. Et donc, j'ai pris sur moi pour lui dire, mais pas de soucis, alors qu'au fond, j'étais là, mon Dieu, comment je vais faire parce que je n'ai pas de repère du tout de ce côté-là. Et surtout, de retrouver ma Steph pas en confiance côté coup droit. Et c'est ça aussi d'être une équipe, de tenir la barrage. et au final, comme souvent dans la vie, tout ce qu'on pense qui ne va pas fonctionner, on se trompe et c'est là qu'on a fait notre meilleur résultat, en vraiment passant un moment sur le terrain ensemble avec beaucoup d'émotion.
Magnifique. Alors ta carrière en 5 est également marquée par ta capacité à battre beaucoup de top 30, top 20. Il y avait un petit mur face aux top 10 quand même. Il faut dire aussi que tu étais malchanceuse au tirage, tu tombais pas mal de très grosses joueuses dès les premiers tours. T'as dit aussi que l'approche mentale était complètement différente dans l'époque, dans les débuts des années 2000.
Ce qui est sûr, c'est qu'à un moment donné, quand tu bats régulièrement des filles 15, 20, ce qui a été mon cas, ça veut dire que je joue ce niveau. Donc, pas normal, je suis à 60. Sauf qu'effectivement, la barrière du top 10 était sûrement inconsciente à l'époque pour moi parce qu'on me disait, pour une fille qui est 15 ou une fille qui est 9, il n'y a pas non plus... Mais on appelle ça le top 10. Et je pense, après coup, que c'est quelque chose que j'aurais dû travailler. On travaillait beaucoup l'aspect mental sur la gestion du stress, mais très rarement sur qu'est-ce qui fait que toi, tu as des freins et qui venaient d'avant. Et je pense que moi, j'ai analysé ça après coup, que je pouvais être une très bonne joueuse, mais battre le top 10, c'est-à-dire vraiment que tu fais partie des tout meilleurs, comme si je ne me l'autorisais pas. Parce que j'ai eu, je ne sais pas combien de fois, de balles de match. Contre Safina, contre Sharapova, où j'étais à deux points, contre Schneider. Donc après, à l'inverse, ces top 10-là, dans ces moments-là, sur les battes de match, elles ne sont pas top 10 pour rien. C'est-à-dire que toutes, comme quand moi je jouais une fille de 100, je pouvais avoir battes de match contre moi, je ne perdais pas. C'est-à-dire que sur les points importants, elles savent aussi rehausser, c'est ce qu'elles avaient fait. Donc je vais mesurer aussi mon analyse personnelle introspective. Par le fait que peut-être que je me disais, elles vont être trop fortes pour moi. Mais honnêtement, en tant que contre Sharapova, qui n'était pas ma première numéro 1, et je commençais à avoir quand même pas mal d'expérience. Et sur les grands cours aussi, parce que je n'ai pas eu trop de chance, mais ça m'a permis de m'habituer. Et après même d'avoir envie de jouer que sur des grands cours. Quand je jouais sur un petit cours, j'étais dégoûtée. Donc comme quoi, l'expérience sert. Sur ce match-là, honnêtement, je voulais le prendre. Je ne voulais pas juste faire un bon match. J'étais dégoûtée d'avoir perdu. Donc il faut aussi laisser le temps aux athlètes de mûrir leur légitimité.
Tu as mentionné ce petit nom de Sharapova, une chose inconnue. Une petite joueuse. Oui, c'est ça. Tu l'affrontes en 2007 à l'Open d'Australie. Raconte-nous le scénario d'un des matchs les plus fous que tu as joué. Et aux yeux du public, c'était dingue aussi.
C'est un contexte vraiment particulier. Tu disais que c'était en 2007, donc je suis rentrée top 100 vers le... 2001-2002 à peu près, mais parfois ça prend du temps aussi pour s'installer. C'était une période où je me sentais vraiment installée et avec un niveau top 50 sans problème. Donc je suis arrivée sur ce match en venant de faire demi à Auckland. On est en battu Marion, Bartoli. Donc j'arrive dans un état quand même de confiance assez élevé. Et je me dis, si je ne prends pas numéro 1 ou numéro 2 du tableau, honnêtement, je peux me faire une deuxième semaine. J'étais convaincue, je voyais bien. Je regarde le tableau, boum. de tête de série 1 c'est une plaisanterie dès le premier tour donc j'ai les honneurs du road lever arena je me dis au moins quand j'arrêterai je me dirai que j'ai fait je ne sais pas combien de courses en trop et voilà il faut prendre toujours le verre à moitié plein mais je rentre avec vraiment cette envie de bien faire il faisait extrêmement chaud mais comme très souvent en Australie et je joue en premier match si je me souviens bien sur le road lever Et je commence le match où elle est meilleure, le public australien qui est un super public, mais soutient la star, c'est normal. Et donc je me dis non mais ça ne peut pas se passer comme ça, je joue bien, je commence à vraiment comprendre comment il faut la jouer. C'est une joueuse qui a une balle très très lourde et si vous n'avez pas un genou par terre, vous ne pouvez pas relancer. Donc physiquement je me mets au niveau de cette joueuse exceptionnelle pour pouvoir supporter sa puissance. Et je commence à trouver les clés, à jouer un peu plus au centre, à monter en contre-temps. Donc le match équilibre et je finis par gagner le second. Et là, il faisait déjà extrêmement chaud. Et à l'époque, il y avait déjà la heat rule chez les femmes, pas chez les hommes. Ils disaient que s'il y avait l'indice entre la température et l'humidité qui était élevé, on pouvait prendre 10 minutes. Moi, me connaissant, je suis un diesel, j'ai besoin d'être physiquement vraiment chaude et prête. Elle demande à s'arrêter, moi non. C'est elle qui, à partir du moment où il y en a une qui demande, moi ça me coupe complètement les jambes, je reste sous l'arche d'entrée du road lever à l'ombre, mais je ne voulais pas me mettre à la clim. Et elle est rentrée dans les vestiaires, j'ai d'ailleurs reçu après coup qu'elle avait été aidée par les kinés avec des poches de glace qui étaient totalement interdites. Moi je ne le sais pas, je reprends le match et là j'ai les jambes, ils faisaient 42, ça on avait joué depuis des... J'ai déjà pas mal de temps et là je prends 5-0 dans la vue parce que je ne suis plus du tout dans le rythme. 10 minutes c'est hyper long pour un sportif de haut niveau et elle au contraire qui a de la puissance mais qui se déplace moins bien, elle a moins besoin d'être échauffée que moi qui ai un profil où je la compterais, où je courais vite et j'avais plus d'endurance. Et donc je me dis non mais tout ça pour ça, j'étais dégoûtée. Puis en fait mon corps se remet en route à 5-0 et puis là ça commence à revenir et là les Australiens ils étaient hystériques. Et tout d'un coup, j'ai vraiment, sans le vouloir renverser, l'ambiance du stade. Et tout le monde s'est mis à m'encourager dans le stade. Enfin, c'était fou, quoi. Et je me disais, allez, encore un, encore un. Et je ne voulais pas partir du terrain. Je me disais, vas-y, grappille, grappille. Surtout que j'avais déjà gagné un set, donc je savais que je pouvais lui faire mal. Et au final, je remonte et ambiance de dingue. Parce que les gens se disent, ce n'est pas possible, 5-0. Et avec la chaleur qu'ils faisaient, il y avait un côté combat que j'aime, moi, dans le tennis. C'est pour ça que je suis pour les matchs en 5-7, même pour les femmes, j'aurais aimé. Parce que c'est lorsque l'athlète va au bout de lui-même que l'exploit est énorme. Et donc les gens ressentaient ça sur ce moment-là. Finalement, je perds en passant à deux points du match. Je crois que je menais 7-6, il y avait encore des jeux à l'époque. Mais voilà, on était toutes les deux au bout de nous-mêmes. Et je n'ai pas énormément de regrets parce que c'est elle qui a surtout rehaussé. J'ai fait ce qu'il fallait dans les moments importants. Et c'est elle qui a sorti les coups du numéro un mondial, tout simplement. Donc on finit par épuiser, se taper dans la main. Alors évidemment, la différence de taille a bien fait rigoler. Il y a eu des photos assez drôles. Mais je sors en ayant pour le coup, autant j'ai eu des matchs où j'ai eu balle de match, où je m'en suis voulue, autant celui-ci, j'ai vraiment eu l'impression d'avoir tout donné. Et c'est pour ça que ça reste un bon souvenir pour moi. Et lorsque je termine, contrôle antidopage, je ne vous dis pas déjà pour aller aux toilettes. Après avoir joué, on a joué plus de 3 heures à 40, c'était difficile. Et je sors et je suis encore toute trempée, comme ça. Et là, il y a quelqu'un de WTA qui vient me voir. Je n'étais même pas encore passée aux vestiaires. Et qui me dit, Camille, il y a quelqu'un qui voudrait te voir. Et c'était le directeur de Sony Ericsson, qui était le sponsor principal à l'époque du circuit WTA. Et je dis, pourquoi je viens de perdre ? Et il me dit, ben non, mais en fait, il a regardé ton match et il voudrait que tu sois, que tu fasses partie de toute la campagne de publicité de la WTA. Vous êtes cinq, il y a Ivanovic, Jankovic, Kirilenko et toi. Je fais, ok. Donc, j'ai complètement halluciné parce que j'étais là, mais comment ? Et donc, c'est pour ça que parfois, des défaites sont hyper bénéfiques. c'est que ce match-là m'a... permis finalement d'être connu pour sûrement ma combativité ou des choses qui ne leur ont plus. Et donc, ça m'a fait changer de statut, même aux yeux du père Tcharapova qui ne m'a même pas regardé derrière toute la fin de ma carrière, venait dire bonjour et tout le monde. Ça a vraiment changé quelque chose et j'ai su après coup que comme il faisait tellement chaud, il ne relançait pas d'autres matchs, il n'y avait que notre match qui était en cours et donc dans le monde entier et dans les vestiaires des hommes, les coachs, tout ça, Tout le monde voulait que je gagne parce que c'était complètement improbable, la différence de taille, la différence de classement, et que je la challenge comme ça. Après, on m'a dit « mais tout le monde était pour toi, quand même, dans les vestiaires, c'était énorme » . Et ensuite, quand je voyageais en Asie, les années qui ont suivi, on disait « ah, Pinch, Ahrapova » , tout ça. Et moi, je ne savais pas sur le terrain qu'on était le seul match dans le monde entier à être diffusé. Donc parfois, la vie, c'est des concours de circonstances complètement fous. Et il faut savoir les prendre. Et ce n'est pas, je pense aussi à Nicolas Mahut, une victoire ou une défaite. Au final, c'est blanc ou noir, mais la vie, elle n'est pas comme ça. La vie, c'est des moments. Vous sentez les gens, comment ils réagissent, s'ils vous plaisent. Il y a une histoire. Et c'est comme ça aussi que des popularités peuvent être développées sans qu'il y ait un résultat sportif. Donc, c'était pour moi une belle leçon de vie aussi à prendre.
Justement, quand tu es allée tourner cette pub-là, Tu ne dis pas, qu'est-ce que je fous là ? Il n'y a pas un syndrome de l'imposteur ?
Je me disais, c'est hallucinant et ça me faisait sourire parce que je me disais au final, la vie n'est peut-être pas aussi blanche ou noire que ce que je croyais. Je me disais, il faut gagner. Là, j'avais gagné d'une autre manière. Et quand j'ai tourné cette pub, on était notamment à Miami sur la plage où j'avais 10 caméramans, une maquilleuse, un... Une personne qui est un designer, avec une énorme caravane de stars, avec des valises de vêtements, et là je riais, je me disais c'est incroyable que le tennis m'apporte ça. Et ça a été un moment où je me suis dit, profites-en, c'est un moment particulier. Mais je l'ai mérité aussi dans le sens où depuis que je suis... Petite, j'essaye d'avancer et qu'il faut savoir prendre ces moments-là aussi. Parce qu'il n'y a pas que l'aspect télistique. Il y avait aussi sûrement la personnalité qui allait avec la pub qu'il voulait faire. Et donc je me suis dit, ce moment il est pour moi. Demain, ce sera peut-être pour d'autres. Et donc je ne me suis pas sentie au mauvais endroit au mauvais moment. Je me suis dit, si je suis là, c'est que vraiment ils me veulent. Sinon, ils auraient pris quelqu'un du top 10.
Donc à ce moment-là, tu es top 60. L'épice froid, dis donc, c'est nul. Il faut rappeler aussi que tu es peut-être dans la période dorée du tennis féminin français. Tu es huitième française.
On est en 60. Nous, avec du recul, on savait qu'on était dans des périodes très denses. Mais il y avait toujours les 79 avec Mauresmo, Dechy qui étaient là. Nous, ça nous paraissait normal. On s'est dit, non, mais en France, on est bon. Donc, c'est bien, ça nous stimule. Et c'est vrai que derrière, depuis que j'ai arrêté, je me dis mais c'est incroyable l'écart qu'il y a. 60e à l'époque, c'était mentalement très bien parce qu'on savait ce qu'il y avait devant. Et je me disais peut-être que j'aurais dû être 30, mais par rapport à ce qui a été fait en France, moi je pense que les autres Amélie nous a porté et qu'on a eu besoin aussi de ces modèles-là. Et c'est pour ça que je pense qu'il faut un gros vivier de joueuses parce qu'on se tire tous vers... Vers le haut, tous et toutes. Cette période d'âge d'or, on était 12 dans le top 100. J'aurais dû jouer les JO de Pékin. Finalement, ça m'est passé un peu sous le nez au dernier moment. Ça a été le gros dégât de ma carrière. J'aimais toujours jouer pour la France. Il a fait le cup, je pensais avoir eu largement ma place. On ne me l'a pas accordé, c'est comme ça. Il faut l'accepter. Mais ça a été une période très difficile. Et puis pareil pour les sponsors, quand tu es huitième, ce n'est pas pareil. J'ai été très bien suivie par mes équipementiers qui savaient qu'il y avait un vivier énorme de joueuses. Mais c'est sûr qu'aujourd'hui, je serai quasiment deuxième française. Donc ce n'est pas la même. Sur les équipes de France et tout ça, ça fait une grosse diff.
Côté critique, tu les prenais mal à ton égard. On rappelle qu'on est dans une période aussi où si tu ne fais pas plus d'un mètre 75... tu ne feras pas très fort hauteur de taille avec un gros service, tu ne peux pas réussir. C'est ce qu'on pense.
Ce qui est sûr, c'est que ça n'a pas été anodin dans cette légitimité que j'ai eu du mal à avoir sur mes matchs contre les top 10, qui étaient grandes, qui étaient tout ce que tu disais. Alors qu'au final, si je déballe le match, c'est que sur un ensemble de matchs, je suis plus qu'à la hauteur. Donc, que... Tous les profils peuvent être performants. En revanche, il faut avoir des qualités hors normes sur d'autres choses pour compenser. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est beaucoup plus facile quand tu es grand. C'est indéniable. Tu peux te permettre d'être à 80% physiquement, alors que quand tu es un petit gabarit, tu ne peux pas. Le jour où chez les femmes, une femme a ses règles, elle fait 1m62, je peux vous dire que... Le ventre comme ça, les jambes gonflées, vous êtes à 80% ou à 70%, ça ne passe pas. Oui, c'est beaucoup plus difficile. En revanche, ce n'est pas du tout impossible. Et ça, moi, j'en suis intimement persuadée. Quand on voit Halinska Roland récemment...
Oui, ou Malep ou Paolini.
Exactement. Par contre, ces filles-là, elles ont d'autres qualités hors normes que les gens ne voient pas comme la taille qui se voit de manière... assez évidente sur des qualités de cardiovasculaire hors normes, de musculaire hors normes, de gestion de moments importants hors normes. Mais ça, ça ne se mesure pas. On ne va pas mesurer une taille, une vitesse. Et on voit qu'aujourd'hui, le tennis, si vous jouez au bon endroit, vous n'êtes pas obligé de frapper aussi fort. Djokovic n'est pas le plus gros frappeur de tous les temps et pourtant, c'est lui qui va avoir le plus beau palmarès. Et c'est ce qui est génial au Thé, c'est que c'est une confrontation entre deux individus et qui ne sont pas directement comme en boxe face à face. Donc cette distance a plein de paramètres de rentrée en jeu. L'utilisation du terrain, l'adaptation ou pas aux événements extérieurs. Sa balenca sert extrêmement bien, par contre elle ne s'est pas jouée dans le vent. Gaufe plus petite, finale de rang de grâce l'année dernière, il n'y a pas photo, l'autre elle fait 50 fautes. Je pense que cette distance entre deux personnes lors d'un combat au tennis permet à tous les gabarits et tous les talents de performer. Et c'est ça qui est génial dans ce sport.
On a parlé des pubs qui font partie de l'extra court. Il y a aussi les confs de presse qui servent à apprécier un peu plus ou détester certains joueurs, joueuses. Tu as dit que tu aimais bien faire ça. C'est par les confs de presse que tu connais les deux Frédéric, Viard, Verdier ?
Ah oui, c'est par les confs de presse, oui, mais les deux Fred, Fred Verdier et Fred Viard avec qui j'ai commencé. Donc l'un Eurosport et l'autre Canal+. Qui ont été un peu mes deux mentors. Lorsque j'ai arrêté, ils m'ont contacté les deux. Enfin, Fred Verdier avant que j'arrête d'ailleurs. Parce qu'il aimait bien tester les joueurs en activité. Donc j'avais commencé en Australie, il me semble, avec lui. Et ensuite, quand j'ai arrêté, j'ai commencé chez Canal+, avec Fred Viard. Lors d'une carrière, la relation avec la presse, non pas qu'elle se travaille, mais elle se construit. Et moi, c'est vrai que j'avais, de culture familiale, cette répartie de dire, si on t'attaque, en fait, il vaut mieux en rire ou avoir de l'autodérision. Ça marche quand même beaucoup mieux que de se braquer. Donc, j'ai eu ma taille, j'ai eu du fait que je ne travaillais pas fort. J'ai eu mes dix défaites à Roland, tout le temps qu'il revenait. J'ai dit, oui, en fait, plus vous m'en parlez, et puis je vais arriver à douze, j'en riais. Parce qu'en fait, ce qui était vrai avec du recul. Parce que plus il y a d'attentes, déjà que ce n'était pas une surface que j'aimais, mais j'avais beaucoup plus de pression parce que les gens m'en parlaient. Donc à chaque fois, je disais, continuez parce que comme ça, on reparlera l'année prochaine. Le fait de finalement jouer, c'est aujourd'hui, j'aimerais peut-être aider des jeunes à gérer les critiques médias ou lorsque l'on se trompe ou lorsqu'on est critiqué, au final, de ne pas non plus braquer. on s'élève beaucoup plus aux yeux de l'interlocuteur que de le mal le prendre. Donc moi, j'ai toujours été élevée comme ça. Et c'est pour ça que je n'ai jamais eu vraiment de problème avec la presse. Alors après, je n'étais pas Amélie non plus. Donc on était quand même moins exposés. Il n'y avait pas les réseaux. Donc on était interviewés par l'équipe, par Eurosport et Canal. Donc c'était limité. Et effectivement, lorsqu'on avait des interlocuteurs qu'on connaissait bien, En général, une fois qu'il vous aimait bien, il pouvait charrier, mais c'était bon enfant. Donc c'est pour ça que je n'ai jamais eu de problème avec la presse, mais je pense que mon approche familiale a permis naturellement ce bon rapport.
En 2014, tu intègres la team Eurosport, avec qui tu les as encore aujourd'hui. Dans le monde du tennis, il y a aussi France Télé, qui est à Roland-Garros. À ce moment-là, il y a aussi Bainsport qui entre dans la danse avec Wimbledon. Voilà ma question pourrie, qu'est-ce qu'Eurosport a que les autres n'ont pas ?
Alors ça, c'est dur parce que j'ai tissé vraiment des liens très forts avec Fred Viard, qui restera toute ma vie vraiment un ami de cœur très fiable. Et donc, il est un peu à chaque fois, il me dit « mais pourquoi tu ne viens pas avec nous sur Bine ? » Il se trouve que depuis 2014, effectivement, je suis chez Eurosport. que Fred Verdier a été le premier à me mettre le pied à l'étrier. Donc j'ai ce lien aussi très fort avec Fred Verdier. Et ce qu'il y a chez Eurosport, c'est aussi pour ça que les gens restent. Ce n'est pas parce qu'ils payent le double, je balance. Non, les gens se disent, c'est peut-être une raison financière. Alors non, vous pouvez demander à tous les consultants Eurosport. c'est pas du tout la raison première de pourquoi on est aussi fidèle A Eurosport, c'est qu'il y a un esprit d'équipe et une ambiance entre journalistes, pigistes permanents, consultants, live prod, qui est exceptionnelle. Et qu'aujourd'hui, on a tous cette conscience que lorsqu'on vient travailler, même si on prend le train, on est à l'hôtel, on est toujours hyper content de venir travailler. Il y a un esprit d'équipe qui est très fort. J'ai des journalistes d'Eurosport qui viennent à la maison l'été. On a vraiment un lien, on se retrouve toujours après les plateaux. Tout le monde va se retrouver, comme en sortie de bureau, personne ne veut rentrer chez soi. On a besoin de ça, surtout quand on sort d'une carrière où on a été quand même beaucoup entre joueurs et joueuses français, en dehors des moments sur le terrain. On a besoin de retrouver cette unité-là dans le travail. Cette force-là fait que les consultants restent longtemps.
Dans la balance aussi, World Sport, Open d'Australie, US Open. Et en plus,
on a les droits des deux plus beaux tournois pour moi. Et donc, bien sûr, ça compte. Après, on avait les droits aussi de Roland-Garros qui ont été cédés à Prime. Et ils ont eu l'intelligence, après une vidéo, lorsqu'on nous a contactés, de dire on est OK pour que vous puissiez travailler. sur Prime et donc ce recul qu'ils ont pris pour nous permettre de travailler explique aussi pourquoi on aime cette chaîne, c'est qu'il y a ce recul. Il y a aussi des consultants BIN qui ont été libérés pour Prime, donc c'est pareil côté BIN où il y a eu cette acceptation que pour Roland on était libérés, parce que sinon on se doit quand même d'avoir une image et représenter une chaîne. Mais l'ambiance à Eurosport est plus qu'une... qu'une chaîne de sport. Même entre consultants d'autres sports, on se retrouve tous et ça, ça n'a pas de prix.
Description
Dans cette première partie, retrouvez le portrait "moyennasse" de Camille Pin consacré à sa carrière puis à ses débuts en tant que consultante.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous et à toutes et bienvenue dans ce sixième épisode au fond du canap pour présenter l'invité du jour il faut que je me transforme un petit peu tennis woman professionnel entre 2000 et 2010 Elle a été 8e joueuse française et 60e mondiale. Elle a disputé 666 matchs, dont 25 tableaux finales de Grand Chelem. Du haut de ses 1m62, elle a remporté 8 titres en IDF. Coach intense, pique-crune de tournoi, elle est sûrement la seule à avoir la double casquette consultante-journaliste. Maman de deux enfants, elle est la première femme à s'installer au fond du canap'. Camille Pain !
Salut ! Quelle présentation !
Ah oui, ça en valait la peine. Quelqu'un, tu te doutes, le fait beaucoup mieux que moi. J'essaie de reprendre un petit peu la voix. Je n'égalerai jamais cette personne. Comment ça va ?
Très bien, ravie d'être ici.
Merci à toi d'avoir accepté l'invitation. On a l'impression que quand tu n'es pas occupé sur Paris, tu es occupé dans le Sud. Quand tu n'es pas occupé dans le Sud, tu es occupé sur Paris. C'est un peu ça.
C'est un peu ça ma vie en ce moment, mais une vie que j'ai choisie. Je suis très heureuse de continuer à bourlinguer, à faire le sac, des machines, on repart. Quand on est joueur de tennis et qu'on voyage pendant 20 ans depuis le plus jeune âge, on a quand même un peu la bougeotte, même maman, même 20 ans plus tard.
Alors comme je l'ai dit il y a quelques instants, tu es la première femme à t'installer au fond du canap'. Alors je vous vois venir dans les commentaires, non je ne suis pas misogyne, masculiniste ou tout ce que vous voulez, juste tu es la première à avoir accepté, c'est aussi simple que ça. Et je te remercie pour ça, en espérant que cela suivra. Alors on est avec toi. Pour environ une heure, on va parler bien sûr actus tennis avant le début de ton tournoi préféré du US Open.
Oui, c'est vrai.
Le 30 août qui arrive autour de ton anniversaire. C'était ton tournoi préféré en tant que joueuse aussi, si je ne me trompe pas.
Il y a match avec l'Australie, mais il faisait partie effectivement. Sur dur. Sur dur, exactement.
C'est du dur. On est déjà à peu près aux trois quarts de cette saison bien remplie. Il s'est passé beaucoup de choses. Des surprises de tous les côtés. Un tennis féminin très ouvert aussi, on va en parler. Toujours un peu de mal pour nos français. Mais avant ça, comme dans l'épisode avec Fred Verdier, je voudrais qu'on en sache un peu plus sur toi. Qui est Camille Pin, hors de la caméra ? Alors, c'est un portrait que je qualifie, moi, d'originaire du Sud-Ouest, un peu moyennasse. C'est-à-dire qu'il y a quelques trucs qui ne sont pas exacts. Tu me corrigeras. Je ne suis pas Franck Ferrand non plus. On sort de Tour de France, c'est dans l'actu. Alors, tu es né le 25 août. Je dis l'année ou pas ?
Ah oui, oui, oui, j'assume pleinement.
1981 à Nice, tu commences le tennis très jeune, tu es aussi très douée en ski, si je ne dis pas de bêtises. Est-ce que c'est toi qui as le déclic sur le tennis ou c'est quelqu'un d'autre à l'extérieur qui vient te dire qu'il y a quelque chose à faire ?
Non, c'était un sport complètement familial, complètement loisir. Ma grand-mère avait un terrain de tennis chez elle, pour dire. Au-delà du petit club de tennis dans lequel j'ai grandi avec mes parents, où j'ai fait de nombreuses soirées déguisées et bu des tropicaux, j'avais aussi le week-end chez mes grands-parents, le loisir de jouer toute la journée et toute la famille jouait. Le ski était mon premier sport en compétition. Étant niçoise, j'ai vécu beaucoup en montagne à une heure de Nice. Je pensais plutôt faire du ski de compète jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de neige dans les années 90. Je me suis mise à ne plus jouer au tennis. Et puis ça a tout de suite bien fonctionné, et puis j'avais un peu moins froid au demeurant qu'au ski. Donc juste peut-être pas mal d'être joueur de tennis.
C'est vrai, très vite tu te retrouves dans les équipes de France Jeune, avec une de tes meilleures amies Stéphanie Fauretz. C'est ça. En termes de vie de groupe, est-ce que c'est des émotions que tu n'as jamais retrouvées par la suite, ou tu te dis que d'un côté t'es aussi passé à côté d'une enfance normale ?
Maintenant que je suis maman, je me pose un peu toutes les questions que tu me poses. Parce que sur le moment, on suit sa vie. Surtout que personne n'avait fait ça dans ma famille. Donc il n'y avait pas de modèle à suivre. Quand j'ai commencé à jouer au tennis vers 7-8 ans et que je me suis retrouvée à 10 ans, numéro 1 française, en fait, ce n'était pas prévu. C'est juste que j'ai gagné des matchs, que j'adorais faire des matchs. Quand on dit que les petites filles ne sont pas compétitrices, je mets un gros bémol. Certaines oui et certaines non. Et je me suis retrouvée à 12-13 ans à porter le maillot de l'équipe de France en chantant la Marseillaise. Et je pense qu'avec des copines, avec cet effet de groupe qu'il n'y a pas dans le tennis initialement, surtout quand j'ai commencé, j'étais toute seule à prendre mon sac et aller faire des... tournoi dans la région de Nice en plein Cagnard. Donc tout d'un coup, en quelques années, je me suis retrouvée à aller en Floride à 13 ans, à prendre des avions toute seule pour retrouver l'équipe de France et à jouer pour la France. Et je crois que ces sensations-là ont été les premières très fortes de ma vie, de me dire que ma passion me permet de représenter mon pays. Et je me suis dit, ah oui, là, il y a quelque chose qui se passe. Donc ça fait partie des grands moments de ma vie, cette jeunesse-là. Et je n'ai pas du tout ressenti de sacrifice. parfois mes parents me disaient c'est c'est Ça va, c'est pas trop dur de rater l'anniversaire de tel pote ou de rater ton anniversaire, rater Noël, j'ai fait il y a 15 ans des Noëls de Wardro-Café. C'était peut-être plus dur pour eux au final. Oui, au final, je me souviens vraiment, on faisait des tournées où on était le 25 décembre, tous ensemble, au Wardro-Café de Mexico, parce qu'on était en pleine tournée, et les gens à la maison, ils disaient, mais mon Dieu, elle rate Noël, elle est toute jeune et tout. Moi, j'étais au taquet, hyper contente de voyager, d'être avec des copains. Donc, je crois que si c'est un sacrifice, c'est que c'est pas bon signe. pour le reste de la carrière sportive.
Tu as fait les tournois les plus prestigieux en jeunes, les Pizas, l'Orange Bowl, l'équivalent aux Etats-Unis, même si c'est un peu prétentieux de comparer Tarbes et la Floride.
C'était les championnats du monde individuels de l'époque, l'Orange Bowl, effectivement.
Quel souvenir tu regardes de ces tournois quand même très surveillés, où les premiers contrats se font dès le plus jeune âge ?
C'était effectivement les premiers moments de stress on peut Or, le match, c'était un stress de tout d'un coup de voir se montrer. Après, c'est quelque chose qu'on commençait déjà à avoir lorsqu'on allait jouer à Roland-Garros petit sur des stages. On avait des gens de la Fédération qui étaient là dans les gradins avec des petits calepins. Enfin, oula ! OK, donc on commençait déjà à s'habituer depuis tout petit à prendre cette pression, ce jugement qui est assez logique aussi. À un moment, il faut bien sortir du lot et se faire marquer. Mais pour le coup, moi, ces tournois aux Etats-Unis, ça a plus été plutôt qu'un stress d'être repéré ou pas. Ça a été vraiment le moment où je me suis dit « Ok, c'est ça que je veux faire, je veux voyager au bout du monde et partager. » Parce que ces tournois-là, on tournait avec la fédération, donc on était tous ensemble, souvent on s'entraînait dans des académies en amont. Donc il y avait un effet de groupe et je me suis dit « Ok, si à un moment donné, je peux vivre ça, c'est exactement ce que je veux faire. » Je ne veux pas forcément être toute seule dans mon coin avec ma raquette. Et ces tournois-là ont permis aussi de découvrir tous les joueurs internationaux et joueuses qui arrivaient. Je me souviens, il y avait les Sud-Américains qui étaient tout le temps avec de la musique, avec leur maté. Donc après, mon ex-mari, le papa de mes enfants, est argentin, donc ce n'est pas pour rien. C'est que tout d'un coup, on découvre des cultures. Donc c'est au-delà d'aller jouer un championnat du monde de tennis. C'est comme je me suis dit, OK, il y a une énergie derrière ce métier qui me plaît énormément.
Si on reste à l'Orange Bowl et que je te dis José de Armas ?
Ah ben voilà, t'as allé chercher loin, un de mes premiers amours de jeunesse. Et c'est pour ça aussi que lorsque j'ai été capitaine des équipes de France Jeune il y a quelques années, et que j'ai eu des jeunes filles à encadrer, j'aurais dit des filles, ce sont des moments aussi de vie où il faut aller jouer aux cartes avec les Brésiliens, il n'y a pas de soucis. Par contre, moi, je check les chambres. Personne ne rentre avec des garçons dans les chambres. Par contre, c'est des moments où vous êtes tellement toute seule toute l'année. Allez profiter, allez jouer au Uno, allez à la plage, allez ce que vous voulez. Parce que ce sont des moments de vie en tant que jeune adolescent qui sont nécessaires, surtout comme il n'y a pas de vie à côté scolaire. En général, il faut un moment partagé, se rencontrer. C'est normal.
On dit que le tennis est un sport de plus en plus précoce, tous les records de précocité sont battus, mais c'était déjà le cas à ton époque finalement, que ce soit Tatiana, Golovin ou même toi, vous avez été exposée très tôt et toi tu gagnes tes premiers points WTA à 14 ans.
À 14 ans, il y avait aussi Inguis qui avait été la plus précoce. Après, il y avait Kournikova, on en a eu. Mais c'est vrai que c'est vraiment Inguis qui a même... Entraîner une règle à Douai-Théa, où moi je suis arrivée en plein dedans, de limitation de tournoi pour les jeunes de moins de 15 ans. C'est-à-dire qu'à 14 ans, on n'avait le droit de faire que 4 tournois. Puis à 15 ans, que 8. Parce qu'en fait, ils avaient peur que les parents mettent les jeunes trop tôt pour aller gagner de l'argent. Surtout que ce n'est pas le mineur qui touche, mais le parent. Et donc, ça l'a incité. Et donc, on était limité. Et moi, j'ai commencé effectivement très tôt parce qu'il y avait des 10 000 dollars pas trop loin de chez moi. Et que du fait que j'ai été en équipe de France 13-14, donc en faisant les troncs à moins de 14, mais derrière, comme moi je suis restée au lycée, c'était un choix que je faisais moi, pas mes parents. Je n'ai pas pu faire tous les tournois juniors du monde entier, donc j'ai été obligée d'aller à l'école et de faire les tournois dans le coin. Les tournois dans le coin, c'était les 10 000 dollars. Il se trouve qu'à 16 ans, j'avais déjà un classement mondial qui m'a permis, après une fois le bac obtenu, de gagner du temps.
C'est d'ailleurs à 19 ans que tu disputes tes premières qualifs en grand chelem et c'est durant cette période que tu rencontres deuxième meilleur ami Julie Coin. Tennis Women Pro passait d'abord par les universités américaines et aujourd'hui coach de Diane Paris. Vous aviez une amie en commun aussi, Laurence Jaillet, qui est née dans le sud comme toi, mais qui est partie aux Etats-Unis où elle a rencontré Julie. Finalement, tu apprenais à connaître Julie par Laurence et vice versa. Et quand vous vous êtes vraiment rencontrés, le courant est tout de suite passé.
Oui, Laurence, c'est vraiment des amitiés qui se construisent, non pas à l'école, mais sur un terrain de tennis. Tout en étant compétitrice toutes les deux. Et là, quand on fait le point 20 ans après, les trois personnes que tu as citées, alors que je les ai affrontées, je les ai battues, elles m'ont battue, ça reste les personnes les plus importantes de ma vie. Donc j'aime avoir cette idée qu'on peut faire un sport de haut niveau tout en respectant l'autre, en le respectant, en le battant. Respecter, ce n'est pas être non plus en retrait, c'est quand on doit gagner, on doit gagner. on s'est... Et si les personnes sont intelligentes, on ne subit pas une défaite face à une amie, on va derrière la félicité et ça fonctionne. Donc c'est une gestion particulière mais qui a bien marché pour nous et ce sont des personnes très importantes pour moi.
D'ailleurs, je crois que Julie a une petite question à te poser.
Ah !
Coucou Maquia, j'avais une petite question pour toi. Je voulais savoir si tu te rappelais un des premiers cadeaux que je t'ai fait. On s'était rencontrés peu de temps avant et je m'étais dit que je voulais marquer les esprits et te mettre aussi un petit peu la honte devant tout le monde pendant ton anniversaire à New York. Du coup, je t'avais amené un petit cadeau sexy. Je ne sais pas si tu te rappelles, je sais que tu l'avais gardé pendant un moment. Tout le monde voulait te voir avec, tu n'avais pas osé le porter ce soir-là. Mais voilà, je voulais savoir si tu te rappelais un peu ce que c'était, si tu pouvais nous l'expliquer.
Julie est quand même une des joueuses les plus drôles et les plus funky à qui j'ai pu partager des choses. Donc entre des pantoufles en forme de sexe masculin, des pailles, en fait il y en a eu tellement que des moments où... Je me demande si elle ne m'avait pas offert des dessous pour un anniversaire. Après il y en a eu pas mal, mais donc... Je lui demanderai si je me trompe ou pas, mais...
Je vais te donner la marque, Vittoria Secrets.
Voilà. Donc, c'est ça. Tout à fait. On est bons. Parce qu'en fait, mon anniversaire, tu le disais, ça aussi, c'est des super souvenirs. Après coup, tombé toujours pendant l'US Open. Comme souvent, les joueurs français le disent, à New York, à l'époque, comme on avait des équipes quand même plus restreintes, on avait un coach à partager en général. Donc, on se retrouvait toujours dans des restos dont le tout va bien, que tout le monde connaît maintenant, parce que les joueurs en parlent beaucoup. Et donc, chaque année, je fêtais mon anniversaire au tout va bien avec... tout le monde parce qu'en fait, je n'avais même pas invité les joueurs avec Joe, avec Arnaud Clément à l'époque, qui était mon chéri. Et donc, on se retrouvait tous. J'avais toujours mon petit Cosmo offert par la maison parce que c'était un de mes cocktails préférés à l'époque. Et donc, on m'offrait des cadeaux en direct. Et donc là, devant tout le monde, elle avait dû m'offrir le cadeau à la Julie. Donc, trop bien.
En parlant du S-Open, c'est avec Stéphanie Fauretz que vous allez faire 8e de finale en double. Un résultat auquel tu ne t'attends pas forcément sur ce moment, surtout quand on change de côté au dernier moment.
Tu t'es bien renseignée, effectivement. De jouer déjà avec une de ses meilleures amies, ça amène une certaine saveur au Grand Chlem. Parce qu'en général, on joue pour pouvoir rentrer, avoir les meilleures chances. Donc vous ne jouez pas forcément toujours avec quelqu'un que vous aimez le plus. Ça reste professionnel. Sauf que là, il se trouve que toutes les deux ont rentré, donc le plaisir était immense. Sauf effectivement au moment de l'échauffement dans la salle de gym, où Stéphanie qui avait un revers de folie connu du monde entier dans le monde du tennis, me dit « Camille, je ne peux pas jouer à gauche, je ne me sens pas bien, il faut que tu joues à gauche » . Je pense que ça faisait dix ans que je n'avais pas joué de ce côté-là, parce qu'en général les joueuses aiment bien jouer en côté revers. Et moi je m'étais habituée au côté poudroi et j'étais très à l'aise comme ça. Et donc, j'ai pris sur moi pour lui dire, mais pas de soucis, alors qu'au fond, j'étais là, mon Dieu, comment je vais faire parce que je n'ai pas de repère du tout de ce côté-là. Et surtout, de retrouver ma Steph pas en confiance côté coup droit. Et c'est ça aussi d'être une équipe, de tenir la barrage. et au final, comme souvent dans la vie, tout ce qu'on pense qui ne va pas fonctionner, on se trompe et c'est là qu'on a fait notre meilleur résultat, en vraiment passant un moment sur le terrain ensemble avec beaucoup d'émotion.
Magnifique. Alors ta carrière en 5 est également marquée par ta capacité à battre beaucoup de top 30, top 20. Il y avait un petit mur face aux top 10 quand même. Il faut dire aussi que tu étais malchanceuse au tirage, tu tombais pas mal de très grosses joueuses dès les premiers tours. T'as dit aussi que l'approche mentale était complètement différente dans l'époque, dans les débuts des années 2000.
Ce qui est sûr, c'est qu'à un moment donné, quand tu bats régulièrement des filles 15, 20, ce qui a été mon cas, ça veut dire que je joue ce niveau. Donc, pas normal, je suis à 60. Sauf qu'effectivement, la barrière du top 10 était sûrement inconsciente à l'époque pour moi parce qu'on me disait, pour une fille qui est 15 ou une fille qui est 9, il n'y a pas non plus... Mais on appelle ça le top 10. Et je pense, après coup, que c'est quelque chose que j'aurais dû travailler. On travaillait beaucoup l'aspect mental sur la gestion du stress, mais très rarement sur qu'est-ce qui fait que toi, tu as des freins et qui venaient d'avant. Et je pense que moi, j'ai analysé ça après coup, que je pouvais être une très bonne joueuse, mais battre le top 10, c'est-à-dire vraiment que tu fais partie des tout meilleurs, comme si je ne me l'autorisais pas. Parce que j'ai eu, je ne sais pas combien de fois, de balles de match. Contre Safina, contre Sharapova, où j'étais à deux points, contre Schneider. Donc après, à l'inverse, ces top 10-là, dans ces moments-là, sur les battes de match, elles ne sont pas top 10 pour rien. C'est-à-dire que toutes, comme quand moi je jouais une fille de 100, je pouvais avoir battes de match contre moi, je ne perdais pas. C'est-à-dire que sur les points importants, elles savent aussi rehausser, c'est ce qu'elles avaient fait. Donc je vais mesurer aussi mon analyse personnelle introspective. Par le fait que peut-être que je me disais, elles vont être trop fortes pour moi. Mais honnêtement, en tant que contre Sharapova, qui n'était pas ma première numéro 1, et je commençais à avoir quand même pas mal d'expérience. Et sur les grands cours aussi, parce que je n'ai pas eu trop de chance, mais ça m'a permis de m'habituer. Et après même d'avoir envie de jouer que sur des grands cours. Quand je jouais sur un petit cours, j'étais dégoûtée. Donc comme quoi, l'expérience sert. Sur ce match-là, honnêtement, je voulais le prendre. Je ne voulais pas juste faire un bon match. J'étais dégoûtée d'avoir perdu. Donc il faut aussi laisser le temps aux athlètes de mûrir leur légitimité.
Tu as mentionné ce petit nom de Sharapova, une chose inconnue. Une petite joueuse. Oui, c'est ça. Tu l'affrontes en 2007 à l'Open d'Australie. Raconte-nous le scénario d'un des matchs les plus fous que tu as joué. Et aux yeux du public, c'était dingue aussi.
C'est un contexte vraiment particulier. Tu disais que c'était en 2007, donc je suis rentrée top 100 vers le... 2001-2002 à peu près, mais parfois ça prend du temps aussi pour s'installer. C'était une période où je me sentais vraiment installée et avec un niveau top 50 sans problème. Donc je suis arrivée sur ce match en venant de faire demi à Auckland. On est en battu Marion, Bartoli. Donc j'arrive dans un état quand même de confiance assez élevé. Et je me dis, si je ne prends pas numéro 1 ou numéro 2 du tableau, honnêtement, je peux me faire une deuxième semaine. J'étais convaincue, je voyais bien. Je regarde le tableau, boum. de tête de série 1 c'est une plaisanterie dès le premier tour donc j'ai les honneurs du road lever arena je me dis au moins quand j'arrêterai je me dirai que j'ai fait je ne sais pas combien de courses en trop et voilà il faut prendre toujours le verre à moitié plein mais je rentre avec vraiment cette envie de bien faire il faisait extrêmement chaud mais comme très souvent en Australie et je joue en premier match si je me souviens bien sur le road lever Et je commence le match où elle est meilleure, le public australien qui est un super public, mais soutient la star, c'est normal. Et donc je me dis non mais ça ne peut pas se passer comme ça, je joue bien, je commence à vraiment comprendre comment il faut la jouer. C'est une joueuse qui a une balle très très lourde et si vous n'avez pas un genou par terre, vous ne pouvez pas relancer. Donc physiquement je me mets au niveau de cette joueuse exceptionnelle pour pouvoir supporter sa puissance. Et je commence à trouver les clés, à jouer un peu plus au centre, à monter en contre-temps. Donc le match équilibre et je finis par gagner le second. Et là, il faisait déjà extrêmement chaud. Et à l'époque, il y avait déjà la heat rule chez les femmes, pas chez les hommes. Ils disaient que s'il y avait l'indice entre la température et l'humidité qui était élevé, on pouvait prendre 10 minutes. Moi, me connaissant, je suis un diesel, j'ai besoin d'être physiquement vraiment chaude et prête. Elle demande à s'arrêter, moi non. C'est elle qui, à partir du moment où il y en a une qui demande, moi ça me coupe complètement les jambes, je reste sous l'arche d'entrée du road lever à l'ombre, mais je ne voulais pas me mettre à la clim. Et elle est rentrée dans les vestiaires, j'ai d'ailleurs reçu après coup qu'elle avait été aidée par les kinés avec des poches de glace qui étaient totalement interdites. Moi je ne le sais pas, je reprends le match et là j'ai les jambes, ils faisaient 42, ça on avait joué depuis des... J'ai déjà pas mal de temps et là je prends 5-0 dans la vue parce que je ne suis plus du tout dans le rythme. 10 minutes c'est hyper long pour un sportif de haut niveau et elle au contraire qui a de la puissance mais qui se déplace moins bien, elle a moins besoin d'être échauffée que moi qui ai un profil où je la compterais, où je courais vite et j'avais plus d'endurance. Et donc je me dis non mais tout ça pour ça, j'étais dégoûtée. Puis en fait mon corps se remet en route à 5-0 et puis là ça commence à revenir et là les Australiens ils étaient hystériques. Et tout d'un coup, j'ai vraiment, sans le vouloir renverser, l'ambiance du stade. Et tout le monde s'est mis à m'encourager dans le stade. Enfin, c'était fou, quoi. Et je me disais, allez, encore un, encore un. Et je ne voulais pas partir du terrain. Je me disais, vas-y, grappille, grappille. Surtout que j'avais déjà gagné un set, donc je savais que je pouvais lui faire mal. Et au final, je remonte et ambiance de dingue. Parce que les gens se disent, ce n'est pas possible, 5-0. Et avec la chaleur qu'ils faisaient, il y avait un côté combat que j'aime, moi, dans le tennis. C'est pour ça que je suis pour les matchs en 5-7, même pour les femmes, j'aurais aimé. Parce que c'est lorsque l'athlète va au bout de lui-même que l'exploit est énorme. Et donc les gens ressentaient ça sur ce moment-là. Finalement, je perds en passant à deux points du match. Je crois que je menais 7-6, il y avait encore des jeux à l'époque. Mais voilà, on était toutes les deux au bout de nous-mêmes. Et je n'ai pas énormément de regrets parce que c'est elle qui a surtout rehaussé. J'ai fait ce qu'il fallait dans les moments importants. Et c'est elle qui a sorti les coups du numéro un mondial, tout simplement. Donc on finit par épuiser, se taper dans la main. Alors évidemment, la différence de taille a bien fait rigoler. Il y a eu des photos assez drôles. Mais je sors en ayant pour le coup, autant j'ai eu des matchs où j'ai eu balle de match, où je m'en suis voulue, autant celui-ci, j'ai vraiment eu l'impression d'avoir tout donné. Et c'est pour ça que ça reste un bon souvenir pour moi. Et lorsque je termine, contrôle antidopage, je ne vous dis pas déjà pour aller aux toilettes. Après avoir joué, on a joué plus de 3 heures à 40, c'était difficile. Et je sors et je suis encore toute trempée, comme ça. Et là, il y a quelqu'un de WTA qui vient me voir. Je n'étais même pas encore passée aux vestiaires. Et qui me dit, Camille, il y a quelqu'un qui voudrait te voir. Et c'était le directeur de Sony Ericsson, qui était le sponsor principal à l'époque du circuit WTA. Et je dis, pourquoi je viens de perdre ? Et il me dit, ben non, mais en fait, il a regardé ton match et il voudrait que tu sois, que tu fasses partie de toute la campagne de publicité de la WTA. Vous êtes cinq, il y a Ivanovic, Jankovic, Kirilenko et toi. Je fais, ok. Donc, j'ai complètement halluciné parce que j'étais là, mais comment ? Et donc, c'est pour ça que parfois, des défaites sont hyper bénéfiques. c'est que ce match-là m'a... permis finalement d'être connu pour sûrement ma combativité ou des choses qui ne leur ont plus. Et donc, ça m'a fait changer de statut, même aux yeux du père Tcharapova qui ne m'a même pas regardé derrière toute la fin de ma carrière, venait dire bonjour et tout le monde. Ça a vraiment changé quelque chose et j'ai su après coup que comme il faisait tellement chaud, il ne relançait pas d'autres matchs, il n'y avait que notre match qui était en cours et donc dans le monde entier et dans les vestiaires des hommes, les coachs, tout ça, Tout le monde voulait que je gagne parce que c'était complètement improbable, la différence de taille, la différence de classement, et que je la challenge comme ça. Après, on m'a dit « mais tout le monde était pour toi, quand même, dans les vestiaires, c'était énorme » . Et ensuite, quand je voyageais en Asie, les années qui ont suivi, on disait « ah, Pinch, Ahrapova » , tout ça. Et moi, je ne savais pas sur le terrain qu'on était le seul match dans le monde entier à être diffusé. Donc parfois, la vie, c'est des concours de circonstances complètement fous. Et il faut savoir les prendre. Et ce n'est pas, je pense aussi à Nicolas Mahut, une victoire ou une défaite. Au final, c'est blanc ou noir, mais la vie, elle n'est pas comme ça. La vie, c'est des moments. Vous sentez les gens, comment ils réagissent, s'ils vous plaisent. Il y a une histoire. Et c'est comme ça aussi que des popularités peuvent être développées sans qu'il y ait un résultat sportif. Donc, c'était pour moi une belle leçon de vie aussi à prendre.
Justement, quand tu es allée tourner cette pub-là, Tu ne dis pas, qu'est-ce que je fous là ? Il n'y a pas un syndrome de l'imposteur ?
Je me disais, c'est hallucinant et ça me faisait sourire parce que je me disais au final, la vie n'est peut-être pas aussi blanche ou noire que ce que je croyais. Je me disais, il faut gagner. Là, j'avais gagné d'une autre manière. Et quand j'ai tourné cette pub, on était notamment à Miami sur la plage où j'avais 10 caméramans, une maquilleuse, un... Une personne qui est un designer, avec une énorme caravane de stars, avec des valises de vêtements, et là je riais, je me disais c'est incroyable que le tennis m'apporte ça. Et ça a été un moment où je me suis dit, profites-en, c'est un moment particulier. Mais je l'ai mérité aussi dans le sens où depuis que je suis... Petite, j'essaye d'avancer et qu'il faut savoir prendre ces moments-là aussi. Parce qu'il n'y a pas que l'aspect télistique. Il y avait aussi sûrement la personnalité qui allait avec la pub qu'il voulait faire. Et donc je me suis dit, ce moment il est pour moi. Demain, ce sera peut-être pour d'autres. Et donc je ne me suis pas sentie au mauvais endroit au mauvais moment. Je me suis dit, si je suis là, c'est que vraiment ils me veulent. Sinon, ils auraient pris quelqu'un du top 10.
Donc à ce moment-là, tu es top 60. L'épice froid, dis donc, c'est nul. Il faut rappeler aussi que tu es peut-être dans la période dorée du tennis féminin français. Tu es huitième française.
On est en 60. Nous, avec du recul, on savait qu'on était dans des périodes très denses. Mais il y avait toujours les 79 avec Mauresmo, Dechy qui étaient là. Nous, ça nous paraissait normal. On s'est dit, non, mais en France, on est bon. Donc, c'est bien, ça nous stimule. Et c'est vrai que derrière, depuis que j'ai arrêté, je me dis mais c'est incroyable l'écart qu'il y a. 60e à l'époque, c'était mentalement très bien parce qu'on savait ce qu'il y avait devant. Et je me disais peut-être que j'aurais dû être 30, mais par rapport à ce qui a été fait en France, moi je pense que les autres Amélie nous a porté et qu'on a eu besoin aussi de ces modèles-là. Et c'est pour ça que je pense qu'il faut un gros vivier de joueuses parce qu'on se tire tous vers... Vers le haut, tous et toutes. Cette période d'âge d'or, on était 12 dans le top 100. J'aurais dû jouer les JO de Pékin. Finalement, ça m'est passé un peu sous le nez au dernier moment. Ça a été le gros dégât de ma carrière. J'aimais toujours jouer pour la France. Il a fait le cup, je pensais avoir eu largement ma place. On ne me l'a pas accordé, c'est comme ça. Il faut l'accepter. Mais ça a été une période très difficile. Et puis pareil pour les sponsors, quand tu es huitième, ce n'est pas pareil. J'ai été très bien suivie par mes équipementiers qui savaient qu'il y avait un vivier énorme de joueuses. Mais c'est sûr qu'aujourd'hui, je serai quasiment deuxième française. Donc ce n'est pas la même. Sur les équipes de France et tout ça, ça fait une grosse diff.
Côté critique, tu les prenais mal à ton égard. On rappelle qu'on est dans une période aussi où si tu ne fais pas plus d'un mètre 75... tu ne feras pas très fort hauteur de taille avec un gros service, tu ne peux pas réussir. C'est ce qu'on pense.
Ce qui est sûr, c'est que ça n'a pas été anodin dans cette légitimité que j'ai eu du mal à avoir sur mes matchs contre les top 10, qui étaient grandes, qui étaient tout ce que tu disais. Alors qu'au final, si je déballe le match, c'est que sur un ensemble de matchs, je suis plus qu'à la hauteur. Donc, que... Tous les profils peuvent être performants. En revanche, il faut avoir des qualités hors normes sur d'autres choses pour compenser. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est beaucoup plus facile quand tu es grand. C'est indéniable. Tu peux te permettre d'être à 80% physiquement, alors que quand tu es un petit gabarit, tu ne peux pas. Le jour où chez les femmes, une femme a ses règles, elle fait 1m62, je peux vous dire que... Le ventre comme ça, les jambes gonflées, vous êtes à 80% ou à 70%, ça ne passe pas. Oui, c'est beaucoup plus difficile. En revanche, ce n'est pas du tout impossible. Et ça, moi, j'en suis intimement persuadée. Quand on voit Halinska Roland récemment...
Oui, ou Malep ou Paolini.
Exactement. Par contre, ces filles-là, elles ont d'autres qualités hors normes que les gens ne voient pas comme la taille qui se voit de manière... assez évidente sur des qualités de cardiovasculaire hors normes, de musculaire hors normes, de gestion de moments importants hors normes. Mais ça, ça ne se mesure pas. On ne va pas mesurer une taille, une vitesse. Et on voit qu'aujourd'hui, le tennis, si vous jouez au bon endroit, vous n'êtes pas obligé de frapper aussi fort. Djokovic n'est pas le plus gros frappeur de tous les temps et pourtant, c'est lui qui va avoir le plus beau palmarès. Et c'est ce qui est génial au Thé, c'est que c'est une confrontation entre deux individus et qui ne sont pas directement comme en boxe face à face. Donc cette distance a plein de paramètres de rentrée en jeu. L'utilisation du terrain, l'adaptation ou pas aux événements extérieurs. Sa balenca sert extrêmement bien, par contre elle ne s'est pas jouée dans le vent. Gaufe plus petite, finale de rang de grâce l'année dernière, il n'y a pas photo, l'autre elle fait 50 fautes. Je pense que cette distance entre deux personnes lors d'un combat au tennis permet à tous les gabarits et tous les talents de performer. Et c'est ça qui est génial dans ce sport.
On a parlé des pubs qui font partie de l'extra court. Il y a aussi les confs de presse qui servent à apprécier un peu plus ou détester certains joueurs, joueuses. Tu as dit que tu aimais bien faire ça. C'est par les confs de presse que tu connais les deux Frédéric, Viard, Verdier ?
Ah oui, c'est par les confs de presse, oui, mais les deux Fred, Fred Verdier et Fred Viard avec qui j'ai commencé. Donc l'un Eurosport et l'autre Canal+. Qui ont été un peu mes deux mentors. Lorsque j'ai arrêté, ils m'ont contacté les deux. Enfin, Fred Verdier avant que j'arrête d'ailleurs. Parce qu'il aimait bien tester les joueurs en activité. Donc j'avais commencé en Australie, il me semble, avec lui. Et ensuite, quand j'ai arrêté, j'ai commencé chez Canal+, avec Fred Viard. Lors d'une carrière, la relation avec la presse, non pas qu'elle se travaille, mais elle se construit. Et moi, c'est vrai que j'avais, de culture familiale, cette répartie de dire, si on t'attaque, en fait, il vaut mieux en rire ou avoir de l'autodérision. Ça marche quand même beaucoup mieux que de se braquer. Donc, j'ai eu ma taille, j'ai eu du fait que je ne travaillais pas fort. J'ai eu mes dix défaites à Roland, tout le temps qu'il revenait. J'ai dit, oui, en fait, plus vous m'en parlez, et puis je vais arriver à douze, j'en riais. Parce qu'en fait, ce qui était vrai avec du recul. Parce que plus il y a d'attentes, déjà que ce n'était pas une surface que j'aimais, mais j'avais beaucoup plus de pression parce que les gens m'en parlaient. Donc à chaque fois, je disais, continuez parce que comme ça, on reparlera l'année prochaine. Le fait de finalement jouer, c'est aujourd'hui, j'aimerais peut-être aider des jeunes à gérer les critiques médias ou lorsque l'on se trompe ou lorsqu'on est critiqué, au final, de ne pas non plus braquer. on s'élève beaucoup plus aux yeux de l'interlocuteur que de le mal le prendre. Donc moi, j'ai toujours été élevée comme ça. Et c'est pour ça que je n'ai jamais eu vraiment de problème avec la presse. Alors après, je n'étais pas Amélie non plus. Donc on était quand même moins exposés. Il n'y avait pas les réseaux. Donc on était interviewés par l'équipe, par Eurosport et Canal. Donc c'était limité. Et effectivement, lorsqu'on avait des interlocuteurs qu'on connaissait bien, En général, une fois qu'il vous aimait bien, il pouvait charrier, mais c'était bon enfant. Donc c'est pour ça que je n'ai jamais eu de problème avec la presse, mais je pense que mon approche familiale a permis naturellement ce bon rapport.
En 2014, tu intègres la team Eurosport, avec qui tu les as encore aujourd'hui. Dans le monde du tennis, il y a aussi France Télé, qui est à Roland-Garros. À ce moment-là, il y a aussi Bainsport qui entre dans la danse avec Wimbledon. Voilà ma question pourrie, qu'est-ce qu'Eurosport a que les autres n'ont pas ?
Alors ça, c'est dur parce que j'ai tissé vraiment des liens très forts avec Fred Viard, qui restera toute ma vie vraiment un ami de cœur très fiable. Et donc, il est un peu à chaque fois, il me dit « mais pourquoi tu ne viens pas avec nous sur Bine ? » Il se trouve que depuis 2014, effectivement, je suis chez Eurosport. que Fred Verdier a été le premier à me mettre le pied à l'étrier. Donc j'ai ce lien aussi très fort avec Fred Verdier. Et ce qu'il y a chez Eurosport, c'est aussi pour ça que les gens restent. Ce n'est pas parce qu'ils payent le double, je balance. Non, les gens se disent, c'est peut-être une raison financière. Alors non, vous pouvez demander à tous les consultants Eurosport. c'est pas du tout la raison première de pourquoi on est aussi fidèle A Eurosport, c'est qu'il y a un esprit d'équipe et une ambiance entre journalistes, pigistes permanents, consultants, live prod, qui est exceptionnelle. Et qu'aujourd'hui, on a tous cette conscience que lorsqu'on vient travailler, même si on prend le train, on est à l'hôtel, on est toujours hyper content de venir travailler. Il y a un esprit d'équipe qui est très fort. J'ai des journalistes d'Eurosport qui viennent à la maison l'été. On a vraiment un lien, on se retrouve toujours après les plateaux. Tout le monde va se retrouver, comme en sortie de bureau, personne ne veut rentrer chez soi. On a besoin de ça, surtout quand on sort d'une carrière où on a été quand même beaucoup entre joueurs et joueuses français, en dehors des moments sur le terrain. On a besoin de retrouver cette unité-là dans le travail. Cette force-là fait que les consultants restent longtemps.
Dans la balance aussi, World Sport, Open d'Australie, US Open. Et en plus,
on a les droits des deux plus beaux tournois pour moi. Et donc, bien sûr, ça compte. Après, on avait les droits aussi de Roland-Garros qui ont été cédés à Prime. Et ils ont eu l'intelligence, après une vidéo, lorsqu'on nous a contactés, de dire on est OK pour que vous puissiez travailler. sur Prime et donc ce recul qu'ils ont pris pour nous permettre de travailler explique aussi pourquoi on aime cette chaîne, c'est qu'il y a ce recul. Il y a aussi des consultants BIN qui ont été libérés pour Prime, donc c'est pareil côté BIN où il y a eu cette acceptation que pour Roland on était libérés, parce que sinon on se doit quand même d'avoir une image et représenter une chaîne. Mais l'ambiance à Eurosport est plus qu'une... qu'une chaîne de sport. Même entre consultants d'autres sports, on se retrouve tous et ça, ça n'a pas de prix.
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Description
Dans cette première partie, retrouvez le portrait "moyennasse" de Camille Pin consacré à sa carrière puis à ses débuts en tant que consultante.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous et à toutes et bienvenue dans ce sixième épisode au fond du canap pour présenter l'invité du jour il faut que je me transforme un petit peu tennis woman professionnel entre 2000 et 2010 Elle a été 8e joueuse française et 60e mondiale. Elle a disputé 666 matchs, dont 25 tableaux finales de Grand Chelem. Du haut de ses 1m62, elle a remporté 8 titres en IDF. Coach intense, pique-crune de tournoi, elle est sûrement la seule à avoir la double casquette consultante-journaliste. Maman de deux enfants, elle est la première femme à s'installer au fond du canap'. Camille Pain !
Salut ! Quelle présentation !
Ah oui, ça en valait la peine. Quelqu'un, tu te doutes, le fait beaucoup mieux que moi. J'essaie de reprendre un petit peu la voix. Je n'égalerai jamais cette personne. Comment ça va ?
Très bien, ravie d'être ici.
Merci à toi d'avoir accepté l'invitation. On a l'impression que quand tu n'es pas occupé sur Paris, tu es occupé dans le Sud. Quand tu n'es pas occupé dans le Sud, tu es occupé sur Paris. C'est un peu ça.
C'est un peu ça ma vie en ce moment, mais une vie que j'ai choisie. Je suis très heureuse de continuer à bourlinguer, à faire le sac, des machines, on repart. Quand on est joueur de tennis et qu'on voyage pendant 20 ans depuis le plus jeune âge, on a quand même un peu la bougeotte, même maman, même 20 ans plus tard.
Alors comme je l'ai dit il y a quelques instants, tu es la première femme à t'installer au fond du canap'. Alors je vous vois venir dans les commentaires, non je ne suis pas misogyne, masculiniste ou tout ce que vous voulez, juste tu es la première à avoir accepté, c'est aussi simple que ça. Et je te remercie pour ça, en espérant que cela suivra. Alors on est avec toi. Pour environ une heure, on va parler bien sûr actus tennis avant le début de ton tournoi préféré du US Open.
Oui, c'est vrai.
Le 30 août qui arrive autour de ton anniversaire. C'était ton tournoi préféré en tant que joueuse aussi, si je ne me trompe pas.
Il y a match avec l'Australie, mais il faisait partie effectivement. Sur dur. Sur dur, exactement.
C'est du dur. On est déjà à peu près aux trois quarts de cette saison bien remplie. Il s'est passé beaucoup de choses. Des surprises de tous les côtés. Un tennis féminin très ouvert aussi, on va en parler. Toujours un peu de mal pour nos français. Mais avant ça, comme dans l'épisode avec Fred Verdier, je voudrais qu'on en sache un peu plus sur toi. Qui est Camille Pin, hors de la caméra ? Alors, c'est un portrait que je qualifie, moi, d'originaire du Sud-Ouest, un peu moyennasse. C'est-à-dire qu'il y a quelques trucs qui ne sont pas exacts. Tu me corrigeras. Je ne suis pas Franck Ferrand non plus. On sort de Tour de France, c'est dans l'actu. Alors, tu es né le 25 août. Je dis l'année ou pas ?
Ah oui, oui, oui, j'assume pleinement.
1981 à Nice, tu commences le tennis très jeune, tu es aussi très douée en ski, si je ne dis pas de bêtises. Est-ce que c'est toi qui as le déclic sur le tennis ou c'est quelqu'un d'autre à l'extérieur qui vient te dire qu'il y a quelque chose à faire ?
Non, c'était un sport complètement familial, complètement loisir. Ma grand-mère avait un terrain de tennis chez elle, pour dire. Au-delà du petit club de tennis dans lequel j'ai grandi avec mes parents, où j'ai fait de nombreuses soirées déguisées et bu des tropicaux, j'avais aussi le week-end chez mes grands-parents, le loisir de jouer toute la journée et toute la famille jouait. Le ski était mon premier sport en compétition. Étant niçoise, j'ai vécu beaucoup en montagne à une heure de Nice. Je pensais plutôt faire du ski de compète jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de neige dans les années 90. Je me suis mise à ne plus jouer au tennis. Et puis ça a tout de suite bien fonctionné, et puis j'avais un peu moins froid au demeurant qu'au ski. Donc juste peut-être pas mal d'être joueur de tennis.
C'est vrai, très vite tu te retrouves dans les équipes de France Jeune, avec une de tes meilleures amies Stéphanie Fauretz. C'est ça. En termes de vie de groupe, est-ce que c'est des émotions que tu n'as jamais retrouvées par la suite, ou tu te dis que d'un côté t'es aussi passé à côté d'une enfance normale ?
Maintenant que je suis maman, je me pose un peu toutes les questions que tu me poses. Parce que sur le moment, on suit sa vie. Surtout que personne n'avait fait ça dans ma famille. Donc il n'y avait pas de modèle à suivre. Quand j'ai commencé à jouer au tennis vers 7-8 ans et que je me suis retrouvée à 10 ans, numéro 1 française, en fait, ce n'était pas prévu. C'est juste que j'ai gagné des matchs, que j'adorais faire des matchs. Quand on dit que les petites filles ne sont pas compétitrices, je mets un gros bémol. Certaines oui et certaines non. Et je me suis retrouvée à 12-13 ans à porter le maillot de l'équipe de France en chantant la Marseillaise. Et je pense qu'avec des copines, avec cet effet de groupe qu'il n'y a pas dans le tennis initialement, surtout quand j'ai commencé, j'étais toute seule à prendre mon sac et aller faire des... tournoi dans la région de Nice en plein Cagnard. Donc tout d'un coup, en quelques années, je me suis retrouvée à aller en Floride à 13 ans, à prendre des avions toute seule pour retrouver l'équipe de France et à jouer pour la France. Et je crois que ces sensations-là ont été les premières très fortes de ma vie, de me dire que ma passion me permet de représenter mon pays. Et je me suis dit, ah oui, là, il y a quelque chose qui se passe. Donc ça fait partie des grands moments de ma vie, cette jeunesse-là. Et je n'ai pas du tout ressenti de sacrifice. parfois mes parents me disaient c'est c'est Ça va, c'est pas trop dur de rater l'anniversaire de tel pote ou de rater ton anniversaire, rater Noël, j'ai fait il y a 15 ans des Noëls de Wardro-Café. C'était peut-être plus dur pour eux au final. Oui, au final, je me souviens vraiment, on faisait des tournées où on était le 25 décembre, tous ensemble, au Wardro-Café de Mexico, parce qu'on était en pleine tournée, et les gens à la maison, ils disaient, mais mon Dieu, elle rate Noël, elle est toute jeune et tout. Moi, j'étais au taquet, hyper contente de voyager, d'être avec des copains. Donc, je crois que si c'est un sacrifice, c'est que c'est pas bon signe. pour le reste de la carrière sportive.
Tu as fait les tournois les plus prestigieux en jeunes, les Pizas, l'Orange Bowl, l'équivalent aux Etats-Unis, même si c'est un peu prétentieux de comparer Tarbes et la Floride.
C'était les championnats du monde individuels de l'époque, l'Orange Bowl, effectivement.
Quel souvenir tu regardes de ces tournois quand même très surveillés, où les premiers contrats se font dès le plus jeune âge ?
C'était effectivement les premiers moments de stress on peut Or, le match, c'était un stress de tout d'un coup de voir se montrer. Après, c'est quelque chose qu'on commençait déjà à avoir lorsqu'on allait jouer à Roland-Garros petit sur des stages. On avait des gens de la Fédération qui étaient là dans les gradins avec des petits calepins. Enfin, oula ! OK, donc on commençait déjà à s'habituer depuis tout petit à prendre cette pression, ce jugement qui est assez logique aussi. À un moment, il faut bien sortir du lot et se faire marquer. Mais pour le coup, moi, ces tournois aux Etats-Unis, ça a plus été plutôt qu'un stress d'être repéré ou pas. Ça a été vraiment le moment où je me suis dit « Ok, c'est ça que je veux faire, je veux voyager au bout du monde et partager. » Parce que ces tournois-là, on tournait avec la fédération, donc on était tous ensemble, souvent on s'entraînait dans des académies en amont. Donc il y avait un effet de groupe et je me suis dit « Ok, si à un moment donné, je peux vivre ça, c'est exactement ce que je veux faire. » Je ne veux pas forcément être toute seule dans mon coin avec ma raquette. Et ces tournois-là ont permis aussi de découvrir tous les joueurs internationaux et joueuses qui arrivaient. Je me souviens, il y avait les Sud-Américains qui étaient tout le temps avec de la musique, avec leur maté. Donc après, mon ex-mari, le papa de mes enfants, est argentin, donc ce n'est pas pour rien. C'est que tout d'un coup, on découvre des cultures. Donc c'est au-delà d'aller jouer un championnat du monde de tennis. C'est comme je me suis dit, OK, il y a une énergie derrière ce métier qui me plaît énormément.
Si on reste à l'Orange Bowl et que je te dis José de Armas ?
Ah ben voilà, t'as allé chercher loin, un de mes premiers amours de jeunesse. Et c'est pour ça aussi que lorsque j'ai été capitaine des équipes de France Jeune il y a quelques années, et que j'ai eu des jeunes filles à encadrer, j'aurais dit des filles, ce sont des moments aussi de vie où il faut aller jouer aux cartes avec les Brésiliens, il n'y a pas de soucis. Par contre, moi, je check les chambres. Personne ne rentre avec des garçons dans les chambres. Par contre, c'est des moments où vous êtes tellement toute seule toute l'année. Allez profiter, allez jouer au Uno, allez à la plage, allez ce que vous voulez. Parce que ce sont des moments de vie en tant que jeune adolescent qui sont nécessaires, surtout comme il n'y a pas de vie à côté scolaire. En général, il faut un moment partagé, se rencontrer. C'est normal.
On dit que le tennis est un sport de plus en plus précoce, tous les records de précocité sont battus, mais c'était déjà le cas à ton époque finalement, que ce soit Tatiana, Golovin ou même toi, vous avez été exposée très tôt et toi tu gagnes tes premiers points WTA à 14 ans.
À 14 ans, il y avait aussi Inguis qui avait été la plus précoce. Après, il y avait Kournikova, on en a eu. Mais c'est vrai que c'est vraiment Inguis qui a même... Entraîner une règle à Douai-Théa, où moi je suis arrivée en plein dedans, de limitation de tournoi pour les jeunes de moins de 15 ans. C'est-à-dire qu'à 14 ans, on n'avait le droit de faire que 4 tournois. Puis à 15 ans, que 8. Parce qu'en fait, ils avaient peur que les parents mettent les jeunes trop tôt pour aller gagner de l'argent. Surtout que ce n'est pas le mineur qui touche, mais le parent. Et donc, ça l'a incité. Et donc, on était limité. Et moi, j'ai commencé effectivement très tôt parce qu'il y avait des 10 000 dollars pas trop loin de chez moi. Et que du fait que j'ai été en équipe de France 13-14, donc en faisant les troncs à moins de 14, mais derrière, comme moi je suis restée au lycée, c'était un choix que je faisais moi, pas mes parents. Je n'ai pas pu faire tous les tournois juniors du monde entier, donc j'ai été obligée d'aller à l'école et de faire les tournois dans le coin. Les tournois dans le coin, c'était les 10 000 dollars. Il se trouve qu'à 16 ans, j'avais déjà un classement mondial qui m'a permis, après une fois le bac obtenu, de gagner du temps.
C'est d'ailleurs à 19 ans que tu disputes tes premières qualifs en grand chelem et c'est durant cette période que tu rencontres deuxième meilleur ami Julie Coin. Tennis Women Pro passait d'abord par les universités américaines et aujourd'hui coach de Diane Paris. Vous aviez une amie en commun aussi, Laurence Jaillet, qui est née dans le sud comme toi, mais qui est partie aux Etats-Unis où elle a rencontré Julie. Finalement, tu apprenais à connaître Julie par Laurence et vice versa. Et quand vous vous êtes vraiment rencontrés, le courant est tout de suite passé.
Oui, Laurence, c'est vraiment des amitiés qui se construisent, non pas à l'école, mais sur un terrain de tennis. Tout en étant compétitrice toutes les deux. Et là, quand on fait le point 20 ans après, les trois personnes que tu as citées, alors que je les ai affrontées, je les ai battues, elles m'ont battue, ça reste les personnes les plus importantes de ma vie. Donc j'aime avoir cette idée qu'on peut faire un sport de haut niveau tout en respectant l'autre, en le respectant, en le battant. Respecter, ce n'est pas être non plus en retrait, c'est quand on doit gagner, on doit gagner. on s'est... Et si les personnes sont intelligentes, on ne subit pas une défaite face à une amie, on va derrière la félicité et ça fonctionne. Donc c'est une gestion particulière mais qui a bien marché pour nous et ce sont des personnes très importantes pour moi.
D'ailleurs, je crois que Julie a une petite question à te poser.
Ah !
Coucou Maquia, j'avais une petite question pour toi. Je voulais savoir si tu te rappelais un des premiers cadeaux que je t'ai fait. On s'était rencontrés peu de temps avant et je m'étais dit que je voulais marquer les esprits et te mettre aussi un petit peu la honte devant tout le monde pendant ton anniversaire à New York. Du coup, je t'avais amené un petit cadeau sexy. Je ne sais pas si tu te rappelles, je sais que tu l'avais gardé pendant un moment. Tout le monde voulait te voir avec, tu n'avais pas osé le porter ce soir-là. Mais voilà, je voulais savoir si tu te rappelais un peu ce que c'était, si tu pouvais nous l'expliquer.
Julie est quand même une des joueuses les plus drôles et les plus funky à qui j'ai pu partager des choses. Donc entre des pantoufles en forme de sexe masculin, des pailles, en fait il y en a eu tellement que des moments où... Je me demande si elle ne m'avait pas offert des dessous pour un anniversaire. Après il y en a eu pas mal, mais donc... Je lui demanderai si je me trompe ou pas, mais...
Je vais te donner la marque, Vittoria Secrets.
Voilà. Donc, c'est ça. Tout à fait. On est bons. Parce qu'en fait, mon anniversaire, tu le disais, ça aussi, c'est des super souvenirs. Après coup, tombé toujours pendant l'US Open. Comme souvent, les joueurs français le disent, à New York, à l'époque, comme on avait des équipes quand même plus restreintes, on avait un coach à partager en général. Donc, on se retrouvait toujours dans des restos dont le tout va bien, que tout le monde connaît maintenant, parce que les joueurs en parlent beaucoup. Et donc, chaque année, je fêtais mon anniversaire au tout va bien avec... tout le monde parce qu'en fait, je n'avais même pas invité les joueurs avec Joe, avec Arnaud Clément à l'époque, qui était mon chéri. Et donc, on se retrouvait tous. J'avais toujours mon petit Cosmo offert par la maison parce que c'était un de mes cocktails préférés à l'époque. Et donc, on m'offrait des cadeaux en direct. Et donc là, devant tout le monde, elle avait dû m'offrir le cadeau à la Julie. Donc, trop bien.
En parlant du S-Open, c'est avec Stéphanie Fauretz que vous allez faire 8e de finale en double. Un résultat auquel tu ne t'attends pas forcément sur ce moment, surtout quand on change de côté au dernier moment.
Tu t'es bien renseignée, effectivement. De jouer déjà avec une de ses meilleures amies, ça amène une certaine saveur au Grand Chlem. Parce qu'en général, on joue pour pouvoir rentrer, avoir les meilleures chances. Donc vous ne jouez pas forcément toujours avec quelqu'un que vous aimez le plus. Ça reste professionnel. Sauf que là, il se trouve que toutes les deux ont rentré, donc le plaisir était immense. Sauf effectivement au moment de l'échauffement dans la salle de gym, où Stéphanie qui avait un revers de folie connu du monde entier dans le monde du tennis, me dit « Camille, je ne peux pas jouer à gauche, je ne me sens pas bien, il faut que tu joues à gauche » . Je pense que ça faisait dix ans que je n'avais pas joué de ce côté-là, parce qu'en général les joueuses aiment bien jouer en côté revers. Et moi je m'étais habituée au côté poudroi et j'étais très à l'aise comme ça. Et donc, j'ai pris sur moi pour lui dire, mais pas de soucis, alors qu'au fond, j'étais là, mon Dieu, comment je vais faire parce que je n'ai pas de repère du tout de ce côté-là. Et surtout, de retrouver ma Steph pas en confiance côté coup droit. Et c'est ça aussi d'être une équipe, de tenir la barrage. et au final, comme souvent dans la vie, tout ce qu'on pense qui ne va pas fonctionner, on se trompe et c'est là qu'on a fait notre meilleur résultat, en vraiment passant un moment sur le terrain ensemble avec beaucoup d'émotion.
Magnifique. Alors ta carrière en 5 est également marquée par ta capacité à battre beaucoup de top 30, top 20. Il y avait un petit mur face aux top 10 quand même. Il faut dire aussi que tu étais malchanceuse au tirage, tu tombais pas mal de très grosses joueuses dès les premiers tours. T'as dit aussi que l'approche mentale était complètement différente dans l'époque, dans les débuts des années 2000.
Ce qui est sûr, c'est qu'à un moment donné, quand tu bats régulièrement des filles 15, 20, ce qui a été mon cas, ça veut dire que je joue ce niveau. Donc, pas normal, je suis à 60. Sauf qu'effectivement, la barrière du top 10 était sûrement inconsciente à l'époque pour moi parce qu'on me disait, pour une fille qui est 15 ou une fille qui est 9, il n'y a pas non plus... Mais on appelle ça le top 10. Et je pense, après coup, que c'est quelque chose que j'aurais dû travailler. On travaillait beaucoup l'aspect mental sur la gestion du stress, mais très rarement sur qu'est-ce qui fait que toi, tu as des freins et qui venaient d'avant. Et je pense que moi, j'ai analysé ça après coup, que je pouvais être une très bonne joueuse, mais battre le top 10, c'est-à-dire vraiment que tu fais partie des tout meilleurs, comme si je ne me l'autorisais pas. Parce que j'ai eu, je ne sais pas combien de fois, de balles de match. Contre Safina, contre Sharapova, où j'étais à deux points, contre Schneider. Donc après, à l'inverse, ces top 10-là, dans ces moments-là, sur les battes de match, elles ne sont pas top 10 pour rien. C'est-à-dire que toutes, comme quand moi je jouais une fille de 100, je pouvais avoir battes de match contre moi, je ne perdais pas. C'est-à-dire que sur les points importants, elles savent aussi rehausser, c'est ce qu'elles avaient fait. Donc je vais mesurer aussi mon analyse personnelle introspective. Par le fait que peut-être que je me disais, elles vont être trop fortes pour moi. Mais honnêtement, en tant que contre Sharapova, qui n'était pas ma première numéro 1, et je commençais à avoir quand même pas mal d'expérience. Et sur les grands cours aussi, parce que je n'ai pas eu trop de chance, mais ça m'a permis de m'habituer. Et après même d'avoir envie de jouer que sur des grands cours. Quand je jouais sur un petit cours, j'étais dégoûtée. Donc comme quoi, l'expérience sert. Sur ce match-là, honnêtement, je voulais le prendre. Je ne voulais pas juste faire un bon match. J'étais dégoûtée d'avoir perdu. Donc il faut aussi laisser le temps aux athlètes de mûrir leur légitimité.
Tu as mentionné ce petit nom de Sharapova, une chose inconnue. Une petite joueuse. Oui, c'est ça. Tu l'affrontes en 2007 à l'Open d'Australie. Raconte-nous le scénario d'un des matchs les plus fous que tu as joué. Et aux yeux du public, c'était dingue aussi.
C'est un contexte vraiment particulier. Tu disais que c'était en 2007, donc je suis rentrée top 100 vers le... 2001-2002 à peu près, mais parfois ça prend du temps aussi pour s'installer. C'était une période où je me sentais vraiment installée et avec un niveau top 50 sans problème. Donc je suis arrivée sur ce match en venant de faire demi à Auckland. On est en battu Marion, Bartoli. Donc j'arrive dans un état quand même de confiance assez élevé. Et je me dis, si je ne prends pas numéro 1 ou numéro 2 du tableau, honnêtement, je peux me faire une deuxième semaine. J'étais convaincue, je voyais bien. Je regarde le tableau, boum. de tête de série 1 c'est une plaisanterie dès le premier tour donc j'ai les honneurs du road lever arena je me dis au moins quand j'arrêterai je me dirai que j'ai fait je ne sais pas combien de courses en trop et voilà il faut prendre toujours le verre à moitié plein mais je rentre avec vraiment cette envie de bien faire il faisait extrêmement chaud mais comme très souvent en Australie et je joue en premier match si je me souviens bien sur le road lever Et je commence le match où elle est meilleure, le public australien qui est un super public, mais soutient la star, c'est normal. Et donc je me dis non mais ça ne peut pas se passer comme ça, je joue bien, je commence à vraiment comprendre comment il faut la jouer. C'est une joueuse qui a une balle très très lourde et si vous n'avez pas un genou par terre, vous ne pouvez pas relancer. Donc physiquement je me mets au niveau de cette joueuse exceptionnelle pour pouvoir supporter sa puissance. Et je commence à trouver les clés, à jouer un peu plus au centre, à monter en contre-temps. Donc le match équilibre et je finis par gagner le second. Et là, il faisait déjà extrêmement chaud. Et à l'époque, il y avait déjà la heat rule chez les femmes, pas chez les hommes. Ils disaient que s'il y avait l'indice entre la température et l'humidité qui était élevé, on pouvait prendre 10 minutes. Moi, me connaissant, je suis un diesel, j'ai besoin d'être physiquement vraiment chaude et prête. Elle demande à s'arrêter, moi non. C'est elle qui, à partir du moment où il y en a une qui demande, moi ça me coupe complètement les jambes, je reste sous l'arche d'entrée du road lever à l'ombre, mais je ne voulais pas me mettre à la clim. Et elle est rentrée dans les vestiaires, j'ai d'ailleurs reçu après coup qu'elle avait été aidée par les kinés avec des poches de glace qui étaient totalement interdites. Moi je ne le sais pas, je reprends le match et là j'ai les jambes, ils faisaient 42, ça on avait joué depuis des... J'ai déjà pas mal de temps et là je prends 5-0 dans la vue parce que je ne suis plus du tout dans le rythme. 10 minutes c'est hyper long pour un sportif de haut niveau et elle au contraire qui a de la puissance mais qui se déplace moins bien, elle a moins besoin d'être échauffée que moi qui ai un profil où je la compterais, où je courais vite et j'avais plus d'endurance. Et donc je me dis non mais tout ça pour ça, j'étais dégoûtée. Puis en fait mon corps se remet en route à 5-0 et puis là ça commence à revenir et là les Australiens ils étaient hystériques. Et tout d'un coup, j'ai vraiment, sans le vouloir renverser, l'ambiance du stade. Et tout le monde s'est mis à m'encourager dans le stade. Enfin, c'était fou, quoi. Et je me disais, allez, encore un, encore un. Et je ne voulais pas partir du terrain. Je me disais, vas-y, grappille, grappille. Surtout que j'avais déjà gagné un set, donc je savais que je pouvais lui faire mal. Et au final, je remonte et ambiance de dingue. Parce que les gens se disent, ce n'est pas possible, 5-0. Et avec la chaleur qu'ils faisaient, il y avait un côté combat que j'aime, moi, dans le tennis. C'est pour ça que je suis pour les matchs en 5-7, même pour les femmes, j'aurais aimé. Parce que c'est lorsque l'athlète va au bout de lui-même que l'exploit est énorme. Et donc les gens ressentaient ça sur ce moment-là. Finalement, je perds en passant à deux points du match. Je crois que je menais 7-6, il y avait encore des jeux à l'époque. Mais voilà, on était toutes les deux au bout de nous-mêmes. Et je n'ai pas énormément de regrets parce que c'est elle qui a surtout rehaussé. J'ai fait ce qu'il fallait dans les moments importants. Et c'est elle qui a sorti les coups du numéro un mondial, tout simplement. Donc on finit par épuiser, se taper dans la main. Alors évidemment, la différence de taille a bien fait rigoler. Il y a eu des photos assez drôles. Mais je sors en ayant pour le coup, autant j'ai eu des matchs où j'ai eu balle de match, où je m'en suis voulue, autant celui-ci, j'ai vraiment eu l'impression d'avoir tout donné. Et c'est pour ça que ça reste un bon souvenir pour moi. Et lorsque je termine, contrôle antidopage, je ne vous dis pas déjà pour aller aux toilettes. Après avoir joué, on a joué plus de 3 heures à 40, c'était difficile. Et je sors et je suis encore toute trempée, comme ça. Et là, il y a quelqu'un de WTA qui vient me voir. Je n'étais même pas encore passée aux vestiaires. Et qui me dit, Camille, il y a quelqu'un qui voudrait te voir. Et c'était le directeur de Sony Ericsson, qui était le sponsor principal à l'époque du circuit WTA. Et je dis, pourquoi je viens de perdre ? Et il me dit, ben non, mais en fait, il a regardé ton match et il voudrait que tu sois, que tu fasses partie de toute la campagne de publicité de la WTA. Vous êtes cinq, il y a Ivanovic, Jankovic, Kirilenko et toi. Je fais, ok. Donc, j'ai complètement halluciné parce que j'étais là, mais comment ? Et donc, c'est pour ça que parfois, des défaites sont hyper bénéfiques. c'est que ce match-là m'a... permis finalement d'être connu pour sûrement ma combativité ou des choses qui ne leur ont plus. Et donc, ça m'a fait changer de statut, même aux yeux du père Tcharapova qui ne m'a même pas regardé derrière toute la fin de ma carrière, venait dire bonjour et tout le monde. Ça a vraiment changé quelque chose et j'ai su après coup que comme il faisait tellement chaud, il ne relançait pas d'autres matchs, il n'y avait que notre match qui était en cours et donc dans le monde entier et dans les vestiaires des hommes, les coachs, tout ça, Tout le monde voulait que je gagne parce que c'était complètement improbable, la différence de taille, la différence de classement, et que je la challenge comme ça. Après, on m'a dit « mais tout le monde était pour toi, quand même, dans les vestiaires, c'était énorme » . Et ensuite, quand je voyageais en Asie, les années qui ont suivi, on disait « ah, Pinch, Ahrapova » , tout ça. Et moi, je ne savais pas sur le terrain qu'on était le seul match dans le monde entier à être diffusé. Donc parfois, la vie, c'est des concours de circonstances complètement fous. Et il faut savoir les prendre. Et ce n'est pas, je pense aussi à Nicolas Mahut, une victoire ou une défaite. Au final, c'est blanc ou noir, mais la vie, elle n'est pas comme ça. La vie, c'est des moments. Vous sentez les gens, comment ils réagissent, s'ils vous plaisent. Il y a une histoire. Et c'est comme ça aussi que des popularités peuvent être développées sans qu'il y ait un résultat sportif. Donc, c'était pour moi une belle leçon de vie aussi à prendre.
Justement, quand tu es allée tourner cette pub-là, Tu ne dis pas, qu'est-ce que je fous là ? Il n'y a pas un syndrome de l'imposteur ?
Je me disais, c'est hallucinant et ça me faisait sourire parce que je me disais au final, la vie n'est peut-être pas aussi blanche ou noire que ce que je croyais. Je me disais, il faut gagner. Là, j'avais gagné d'une autre manière. Et quand j'ai tourné cette pub, on était notamment à Miami sur la plage où j'avais 10 caméramans, une maquilleuse, un... Une personne qui est un designer, avec une énorme caravane de stars, avec des valises de vêtements, et là je riais, je me disais c'est incroyable que le tennis m'apporte ça. Et ça a été un moment où je me suis dit, profites-en, c'est un moment particulier. Mais je l'ai mérité aussi dans le sens où depuis que je suis... Petite, j'essaye d'avancer et qu'il faut savoir prendre ces moments-là aussi. Parce qu'il n'y a pas que l'aspect télistique. Il y avait aussi sûrement la personnalité qui allait avec la pub qu'il voulait faire. Et donc je me suis dit, ce moment il est pour moi. Demain, ce sera peut-être pour d'autres. Et donc je ne me suis pas sentie au mauvais endroit au mauvais moment. Je me suis dit, si je suis là, c'est que vraiment ils me veulent. Sinon, ils auraient pris quelqu'un du top 10.
Donc à ce moment-là, tu es top 60. L'épice froid, dis donc, c'est nul. Il faut rappeler aussi que tu es peut-être dans la période dorée du tennis féminin français. Tu es huitième française.
On est en 60. Nous, avec du recul, on savait qu'on était dans des périodes très denses. Mais il y avait toujours les 79 avec Mauresmo, Dechy qui étaient là. Nous, ça nous paraissait normal. On s'est dit, non, mais en France, on est bon. Donc, c'est bien, ça nous stimule. Et c'est vrai que derrière, depuis que j'ai arrêté, je me dis mais c'est incroyable l'écart qu'il y a. 60e à l'époque, c'était mentalement très bien parce qu'on savait ce qu'il y avait devant. Et je me disais peut-être que j'aurais dû être 30, mais par rapport à ce qui a été fait en France, moi je pense que les autres Amélie nous a porté et qu'on a eu besoin aussi de ces modèles-là. Et c'est pour ça que je pense qu'il faut un gros vivier de joueuses parce qu'on se tire tous vers... Vers le haut, tous et toutes. Cette période d'âge d'or, on était 12 dans le top 100. J'aurais dû jouer les JO de Pékin. Finalement, ça m'est passé un peu sous le nez au dernier moment. Ça a été le gros dégât de ma carrière. J'aimais toujours jouer pour la France. Il a fait le cup, je pensais avoir eu largement ma place. On ne me l'a pas accordé, c'est comme ça. Il faut l'accepter. Mais ça a été une période très difficile. Et puis pareil pour les sponsors, quand tu es huitième, ce n'est pas pareil. J'ai été très bien suivie par mes équipementiers qui savaient qu'il y avait un vivier énorme de joueuses. Mais c'est sûr qu'aujourd'hui, je serai quasiment deuxième française. Donc ce n'est pas la même. Sur les équipes de France et tout ça, ça fait une grosse diff.
Côté critique, tu les prenais mal à ton égard. On rappelle qu'on est dans une période aussi où si tu ne fais pas plus d'un mètre 75... tu ne feras pas très fort hauteur de taille avec un gros service, tu ne peux pas réussir. C'est ce qu'on pense.
Ce qui est sûr, c'est que ça n'a pas été anodin dans cette légitimité que j'ai eu du mal à avoir sur mes matchs contre les top 10, qui étaient grandes, qui étaient tout ce que tu disais. Alors qu'au final, si je déballe le match, c'est que sur un ensemble de matchs, je suis plus qu'à la hauteur. Donc, que... Tous les profils peuvent être performants. En revanche, il faut avoir des qualités hors normes sur d'autres choses pour compenser. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est beaucoup plus facile quand tu es grand. C'est indéniable. Tu peux te permettre d'être à 80% physiquement, alors que quand tu es un petit gabarit, tu ne peux pas. Le jour où chez les femmes, une femme a ses règles, elle fait 1m62, je peux vous dire que... Le ventre comme ça, les jambes gonflées, vous êtes à 80% ou à 70%, ça ne passe pas. Oui, c'est beaucoup plus difficile. En revanche, ce n'est pas du tout impossible. Et ça, moi, j'en suis intimement persuadée. Quand on voit Halinska Roland récemment...
Oui, ou Malep ou Paolini.
Exactement. Par contre, ces filles-là, elles ont d'autres qualités hors normes que les gens ne voient pas comme la taille qui se voit de manière... assez évidente sur des qualités de cardiovasculaire hors normes, de musculaire hors normes, de gestion de moments importants hors normes. Mais ça, ça ne se mesure pas. On ne va pas mesurer une taille, une vitesse. Et on voit qu'aujourd'hui, le tennis, si vous jouez au bon endroit, vous n'êtes pas obligé de frapper aussi fort. Djokovic n'est pas le plus gros frappeur de tous les temps et pourtant, c'est lui qui va avoir le plus beau palmarès. Et c'est ce qui est génial au Thé, c'est que c'est une confrontation entre deux individus et qui ne sont pas directement comme en boxe face à face. Donc cette distance a plein de paramètres de rentrée en jeu. L'utilisation du terrain, l'adaptation ou pas aux événements extérieurs. Sa balenca sert extrêmement bien, par contre elle ne s'est pas jouée dans le vent. Gaufe plus petite, finale de rang de grâce l'année dernière, il n'y a pas photo, l'autre elle fait 50 fautes. Je pense que cette distance entre deux personnes lors d'un combat au tennis permet à tous les gabarits et tous les talents de performer. Et c'est ça qui est génial dans ce sport.
On a parlé des pubs qui font partie de l'extra court. Il y a aussi les confs de presse qui servent à apprécier un peu plus ou détester certains joueurs, joueuses. Tu as dit que tu aimais bien faire ça. C'est par les confs de presse que tu connais les deux Frédéric, Viard, Verdier ?
Ah oui, c'est par les confs de presse, oui, mais les deux Fred, Fred Verdier et Fred Viard avec qui j'ai commencé. Donc l'un Eurosport et l'autre Canal+. Qui ont été un peu mes deux mentors. Lorsque j'ai arrêté, ils m'ont contacté les deux. Enfin, Fred Verdier avant que j'arrête d'ailleurs. Parce qu'il aimait bien tester les joueurs en activité. Donc j'avais commencé en Australie, il me semble, avec lui. Et ensuite, quand j'ai arrêté, j'ai commencé chez Canal+, avec Fred Viard. Lors d'une carrière, la relation avec la presse, non pas qu'elle se travaille, mais elle se construit. Et moi, c'est vrai que j'avais, de culture familiale, cette répartie de dire, si on t'attaque, en fait, il vaut mieux en rire ou avoir de l'autodérision. Ça marche quand même beaucoup mieux que de se braquer. Donc, j'ai eu ma taille, j'ai eu du fait que je ne travaillais pas fort. J'ai eu mes dix défaites à Roland, tout le temps qu'il revenait. J'ai dit, oui, en fait, plus vous m'en parlez, et puis je vais arriver à douze, j'en riais. Parce qu'en fait, ce qui était vrai avec du recul. Parce que plus il y a d'attentes, déjà que ce n'était pas une surface que j'aimais, mais j'avais beaucoup plus de pression parce que les gens m'en parlaient. Donc à chaque fois, je disais, continuez parce que comme ça, on reparlera l'année prochaine. Le fait de finalement jouer, c'est aujourd'hui, j'aimerais peut-être aider des jeunes à gérer les critiques médias ou lorsque l'on se trompe ou lorsqu'on est critiqué, au final, de ne pas non plus braquer. on s'élève beaucoup plus aux yeux de l'interlocuteur que de le mal le prendre. Donc moi, j'ai toujours été élevée comme ça. Et c'est pour ça que je n'ai jamais eu vraiment de problème avec la presse. Alors après, je n'étais pas Amélie non plus. Donc on était quand même moins exposés. Il n'y avait pas les réseaux. Donc on était interviewés par l'équipe, par Eurosport et Canal. Donc c'était limité. Et effectivement, lorsqu'on avait des interlocuteurs qu'on connaissait bien, En général, une fois qu'il vous aimait bien, il pouvait charrier, mais c'était bon enfant. Donc c'est pour ça que je n'ai jamais eu de problème avec la presse, mais je pense que mon approche familiale a permis naturellement ce bon rapport.
En 2014, tu intègres la team Eurosport, avec qui tu les as encore aujourd'hui. Dans le monde du tennis, il y a aussi France Télé, qui est à Roland-Garros. À ce moment-là, il y a aussi Bainsport qui entre dans la danse avec Wimbledon. Voilà ma question pourrie, qu'est-ce qu'Eurosport a que les autres n'ont pas ?
Alors ça, c'est dur parce que j'ai tissé vraiment des liens très forts avec Fred Viard, qui restera toute ma vie vraiment un ami de cœur très fiable. Et donc, il est un peu à chaque fois, il me dit « mais pourquoi tu ne viens pas avec nous sur Bine ? » Il se trouve que depuis 2014, effectivement, je suis chez Eurosport. que Fred Verdier a été le premier à me mettre le pied à l'étrier. Donc j'ai ce lien aussi très fort avec Fred Verdier. Et ce qu'il y a chez Eurosport, c'est aussi pour ça que les gens restent. Ce n'est pas parce qu'ils payent le double, je balance. Non, les gens se disent, c'est peut-être une raison financière. Alors non, vous pouvez demander à tous les consultants Eurosport. c'est pas du tout la raison première de pourquoi on est aussi fidèle A Eurosport, c'est qu'il y a un esprit d'équipe et une ambiance entre journalistes, pigistes permanents, consultants, live prod, qui est exceptionnelle. Et qu'aujourd'hui, on a tous cette conscience que lorsqu'on vient travailler, même si on prend le train, on est à l'hôtel, on est toujours hyper content de venir travailler. Il y a un esprit d'équipe qui est très fort. J'ai des journalistes d'Eurosport qui viennent à la maison l'été. On a vraiment un lien, on se retrouve toujours après les plateaux. Tout le monde va se retrouver, comme en sortie de bureau, personne ne veut rentrer chez soi. On a besoin de ça, surtout quand on sort d'une carrière où on a été quand même beaucoup entre joueurs et joueuses français, en dehors des moments sur le terrain. On a besoin de retrouver cette unité-là dans le travail. Cette force-là fait que les consultants restent longtemps.
Dans la balance aussi, World Sport, Open d'Australie, US Open. Et en plus,
on a les droits des deux plus beaux tournois pour moi. Et donc, bien sûr, ça compte. Après, on avait les droits aussi de Roland-Garros qui ont été cédés à Prime. Et ils ont eu l'intelligence, après une vidéo, lorsqu'on nous a contactés, de dire on est OK pour que vous puissiez travailler. sur Prime et donc ce recul qu'ils ont pris pour nous permettre de travailler explique aussi pourquoi on aime cette chaîne, c'est qu'il y a ce recul. Il y a aussi des consultants BIN qui ont été libérés pour Prime, donc c'est pareil côté BIN où il y a eu cette acceptation que pour Roland on était libérés, parce que sinon on se doit quand même d'avoir une image et représenter une chaîne. Mais l'ambiance à Eurosport est plus qu'une... qu'une chaîne de sport. Même entre consultants d'autres sports, on se retrouve tous et ça, ça n'a pas de prix.
Description
Dans cette première partie, retrouvez le portrait "moyennasse" de Camille Pin consacré à sa carrière puis à ses débuts en tant que consultante.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous et à toutes et bienvenue dans ce sixième épisode au fond du canap pour présenter l'invité du jour il faut que je me transforme un petit peu tennis woman professionnel entre 2000 et 2010 Elle a été 8e joueuse française et 60e mondiale. Elle a disputé 666 matchs, dont 25 tableaux finales de Grand Chelem. Du haut de ses 1m62, elle a remporté 8 titres en IDF. Coach intense, pique-crune de tournoi, elle est sûrement la seule à avoir la double casquette consultante-journaliste. Maman de deux enfants, elle est la première femme à s'installer au fond du canap'. Camille Pain !
Salut ! Quelle présentation !
Ah oui, ça en valait la peine. Quelqu'un, tu te doutes, le fait beaucoup mieux que moi. J'essaie de reprendre un petit peu la voix. Je n'égalerai jamais cette personne. Comment ça va ?
Très bien, ravie d'être ici.
Merci à toi d'avoir accepté l'invitation. On a l'impression que quand tu n'es pas occupé sur Paris, tu es occupé dans le Sud. Quand tu n'es pas occupé dans le Sud, tu es occupé sur Paris. C'est un peu ça.
C'est un peu ça ma vie en ce moment, mais une vie que j'ai choisie. Je suis très heureuse de continuer à bourlinguer, à faire le sac, des machines, on repart. Quand on est joueur de tennis et qu'on voyage pendant 20 ans depuis le plus jeune âge, on a quand même un peu la bougeotte, même maman, même 20 ans plus tard.
Alors comme je l'ai dit il y a quelques instants, tu es la première femme à t'installer au fond du canap'. Alors je vous vois venir dans les commentaires, non je ne suis pas misogyne, masculiniste ou tout ce que vous voulez, juste tu es la première à avoir accepté, c'est aussi simple que ça. Et je te remercie pour ça, en espérant que cela suivra. Alors on est avec toi. Pour environ une heure, on va parler bien sûr actus tennis avant le début de ton tournoi préféré du US Open.
Oui, c'est vrai.
Le 30 août qui arrive autour de ton anniversaire. C'était ton tournoi préféré en tant que joueuse aussi, si je ne me trompe pas.
Il y a match avec l'Australie, mais il faisait partie effectivement. Sur dur. Sur dur, exactement.
C'est du dur. On est déjà à peu près aux trois quarts de cette saison bien remplie. Il s'est passé beaucoup de choses. Des surprises de tous les côtés. Un tennis féminin très ouvert aussi, on va en parler. Toujours un peu de mal pour nos français. Mais avant ça, comme dans l'épisode avec Fred Verdier, je voudrais qu'on en sache un peu plus sur toi. Qui est Camille Pin, hors de la caméra ? Alors, c'est un portrait que je qualifie, moi, d'originaire du Sud-Ouest, un peu moyennasse. C'est-à-dire qu'il y a quelques trucs qui ne sont pas exacts. Tu me corrigeras. Je ne suis pas Franck Ferrand non plus. On sort de Tour de France, c'est dans l'actu. Alors, tu es né le 25 août. Je dis l'année ou pas ?
Ah oui, oui, oui, j'assume pleinement.
1981 à Nice, tu commences le tennis très jeune, tu es aussi très douée en ski, si je ne dis pas de bêtises. Est-ce que c'est toi qui as le déclic sur le tennis ou c'est quelqu'un d'autre à l'extérieur qui vient te dire qu'il y a quelque chose à faire ?
Non, c'était un sport complètement familial, complètement loisir. Ma grand-mère avait un terrain de tennis chez elle, pour dire. Au-delà du petit club de tennis dans lequel j'ai grandi avec mes parents, où j'ai fait de nombreuses soirées déguisées et bu des tropicaux, j'avais aussi le week-end chez mes grands-parents, le loisir de jouer toute la journée et toute la famille jouait. Le ski était mon premier sport en compétition. Étant niçoise, j'ai vécu beaucoup en montagne à une heure de Nice. Je pensais plutôt faire du ski de compète jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de neige dans les années 90. Je me suis mise à ne plus jouer au tennis. Et puis ça a tout de suite bien fonctionné, et puis j'avais un peu moins froid au demeurant qu'au ski. Donc juste peut-être pas mal d'être joueur de tennis.
C'est vrai, très vite tu te retrouves dans les équipes de France Jeune, avec une de tes meilleures amies Stéphanie Fauretz. C'est ça. En termes de vie de groupe, est-ce que c'est des émotions que tu n'as jamais retrouvées par la suite, ou tu te dis que d'un côté t'es aussi passé à côté d'une enfance normale ?
Maintenant que je suis maman, je me pose un peu toutes les questions que tu me poses. Parce que sur le moment, on suit sa vie. Surtout que personne n'avait fait ça dans ma famille. Donc il n'y avait pas de modèle à suivre. Quand j'ai commencé à jouer au tennis vers 7-8 ans et que je me suis retrouvée à 10 ans, numéro 1 française, en fait, ce n'était pas prévu. C'est juste que j'ai gagné des matchs, que j'adorais faire des matchs. Quand on dit que les petites filles ne sont pas compétitrices, je mets un gros bémol. Certaines oui et certaines non. Et je me suis retrouvée à 12-13 ans à porter le maillot de l'équipe de France en chantant la Marseillaise. Et je pense qu'avec des copines, avec cet effet de groupe qu'il n'y a pas dans le tennis initialement, surtout quand j'ai commencé, j'étais toute seule à prendre mon sac et aller faire des... tournoi dans la région de Nice en plein Cagnard. Donc tout d'un coup, en quelques années, je me suis retrouvée à aller en Floride à 13 ans, à prendre des avions toute seule pour retrouver l'équipe de France et à jouer pour la France. Et je crois que ces sensations-là ont été les premières très fortes de ma vie, de me dire que ma passion me permet de représenter mon pays. Et je me suis dit, ah oui, là, il y a quelque chose qui se passe. Donc ça fait partie des grands moments de ma vie, cette jeunesse-là. Et je n'ai pas du tout ressenti de sacrifice. parfois mes parents me disaient c'est c'est Ça va, c'est pas trop dur de rater l'anniversaire de tel pote ou de rater ton anniversaire, rater Noël, j'ai fait il y a 15 ans des Noëls de Wardro-Café. C'était peut-être plus dur pour eux au final. Oui, au final, je me souviens vraiment, on faisait des tournées où on était le 25 décembre, tous ensemble, au Wardro-Café de Mexico, parce qu'on était en pleine tournée, et les gens à la maison, ils disaient, mais mon Dieu, elle rate Noël, elle est toute jeune et tout. Moi, j'étais au taquet, hyper contente de voyager, d'être avec des copains. Donc, je crois que si c'est un sacrifice, c'est que c'est pas bon signe. pour le reste de la carrière sportive.
Tu as fait les tournois les plus prestigieux en jeunes, les Pizas, l'Orange Bowl, l'équivalent aux Etats-Unis, même si c'est un peu prétentieux de comparer Tarbes et la Floride.
C'était les championnats du monde individuels de l'époque, l'Orange Bowl, effectivement.
Quel souvenir tu regardes de ces tournois quand même très surveillés, où les premiers contrats se font dès le plus jeune âge ?
C'était effectivement les premiers moments de stress on peut Or, le match, c'était un stress de tout d'un coup de voir se montrer. Après, c'est quelque chose qu'on commençait déjà à avoir lorsqu'on allait jouer à Roland-Garros petit sur des stages. On avait des gens de la Fédération qui étaient là dans les gradins avec des petits calepins. Enfin, oula ! OK, donc on commençait déjà à s'habituer depuis tout petit à prendre cette pression, ce jugement qui est assez logique aussi. À un moment, il faut bien sortir du lot et se faire marquer. Mais pour le coup, moi, ces tournois aux Etats-Unis, ça a plus été plutôt qu'un stress d'être repéré ou pas. Ça a été vraiment le moment où je me suis dit « Ok, c'est ça que je veux faire, je veux voyager au bout du monde et partager. » Parce que ces tournois-là, on tournait avec la fédération, donc on était tous ensemble, souvent on s'entraînait dans des académies en amont. Donc il y avait un effet de groupe et je me suis dit « Ok, si à un moment donné, je peux vivre ça, c'est exactement ce que je veux faire. » Je ne veux pas forcément être toute seule dans mon coin avec ma raquette. Et ces tournois-là ont permis aussi de découvrir tous les joueurs internationaux et joueuses qui arrivaient. Je me souviens, il y avait les Sud-Américains qui étaient tout le temps avec de la musique, avec leur maté. Donc après, mon ex-mari, le papa de mes enfants, est argentin, donc ce n'est pas pour rien. C'est que tout d'un coup, on découvre des cultures. Donc c'est au-delà d'aller jouer un championnat du monde de tennis. C'est comme je me suis dit, OK, il y a une énergie derrière ce métier qui me plaît énormément.
Si on reste à l'Orange Bowl et que je te dis José de Armas ?
Ah ben voilà, t'as allé chercher loin, un de mes premiers amours de jeunesse. Et c'est pour ça aussi que lorsque j'ai été capitaine des équipes de France Jeune il y a quelques années, et que j'ai eu des jeunes filles à encadrer, j'aurais dit des filles, ce sont des moments aussi de vie où il faut aller jouer aux cartes avec les Brésiliens, il n'y a pas de soucis. Par contre, moi, je check les chambres. Personne ne rentre avec des garçons dans les chambres. Par contre, c'est des moments où vous êtes tellement toute seule toute l'année. Allez profiter, allez jouer au Uno, allez à la plage, allez ce que vous voulez. Parce que ce sont des moments de vie en tant que jeune adolescent qui sont nécessaires, surtout comme il n'y a pas de vie à côté scolaire. En général, il faut un moment partagé, se rencontrer. C'est normal.
On dit que le tennis est un sport de plus en plus précoce, tous les records de précocité sont battus, mais c'était déjà le cas à ton époque finalement, que ce soit Tatiana, Golovin ou même toi, vous avez été exposée très tôt et toi tu gagnes tes premiers points WTA à 14 ans.
À 14 ans, il y avait aussi Inguis qui avait été la plus précoce. Après, il y avait Kournikova, on en a eu. Mais c'est vrai que c'est vraiment Inguis qui a même... Entraîner une règle à Douai-Théa, où moi je suis arrivée en plein dedans, de limitation de tournoi pour les jeunes de moins de 15 ans. C'est-à-dire qu'à 14 ans, on n'avait le droit de faire que 4 tournois. Puis à 15 ans, que 8. Parce qu'en fait, ils avaient peur que les parents mettent les jeunes trop tôt pour aller gagner de l'argent. Surtout que ce n'est pas le mineur qui touche, mais le parent. Et donc, ça l'a incité. Et donc, on était limité. Et moi, j'ai commencé effectivement très tôt parce qu'il y avait des 10 000 dollars pas trop loin de chez moi. Et que du fait que j'ai été en équipe de France 13-14, donc en faisant les troncs à moins de 14, mais derrière, comme moi je suis restée au lycée, c'était un choix que je faisais moi, pas mes parents. Je n'ai pas pu faire tous les tournois juniors du monde entier, donc j'ai été obligée d'aller à l'école et de faire les tournois dans le coin. Les tournois dans le coin, c'était les 10 000 dollars. Il se trouve qu'à 16 ans, j'avais déjà un classement mondial qui m'a permis, après une fois le bac obtenu, de gagner du temps.
C'est d'ailleurs à 19 ans que tu disputes tes premières qualifs en grand chelem et c'est durant cette période que tu rencontres deuxième meilleur ami Julie Coin. Tennis Women Pro passait d'abord par les universités américaines et aujourd'hui coach de Diane Paris. Vous aviez une amie en commun aussi, Laurence Jaillet, qui est née dans le sud comme toi, mais qui est partie aux Etats-Unis où elle a rencontré Julie. Finalement, tu apprenais à connaître Julie par Laurence et vice versa. Et quand vous vous êtes vraiment rencontrés, le courant est tout de suite passé.
Oui, Laurence, c'est vraiment des amitiés qui se construisent, non pas à l'école, mais sur un terrain de tennis. Tout en étant compétitrice toutes les deux. Et là, quand on fait le point 20 ans après, les trois personnes que tu as citées, alors que je les ai affrontées, je les ai battues, elles m'ont battue, ça reste les personnes les plus importantes de ma vie. Donc j'aime avoir cette idée qu'on peut faire un sport de haut niveau tout en respectant l'autre, en le respectant, en le battant. Respecter, ce n'est pas être non plus en retrait, c'est quand on doit gagner, on doit gagner. on s'est... Et si les personnes sont intelligentes, on ne subit pas une défaite face à une amie, on va derrière la félicité et ça fonctionne. Donc c'est une gestion particulière mais qui a bien marché pour nous et ce sont des personnes très importantes pour moi.
D'ailleurs, je crois que Julie a une petite question à te poser.
Ah !
Coucou Maquia, j'avais une petite question pour toi. Je voulais savoir si tu te rappelais un des premiers cadeaux que je t'ai fait. On s'était rencontrés peu de temps avant et je m'étais dit que je voulais marquer les esprits et te mettre aussi un petit peu la honte devant tout le monde pendant ton anniversaire à New York. Du coup, je t'avais amené un petit cadeau sexy. Je ne sais pas si tu te rappelles, je sais que tu l'avais gardé pendant un moment. Tout le monde voulait te voir avec, tu n'avais pas osé le porter ce soir-là. Mais voilà, je voulais savoir si tu te rappelais un peu ce que c'était, si tu pouvais nous l'expliquer.
Julie est quand même une des joueuses les plus drôles et les plus funky à qui j'ai pu partager des choses. Donc entre des pantoufles en forme de sexe masculin, des pailles, en fait il y en a eu tellement que des moments où... Je me demande si elle ne m'avait pas offert des dessous pour un anniversaire. Après il y en a eu pas mal, mais donc... Je lui demanderai si je me trompe ou pas, mais...
Je vais te donner la marque, Vittoria Secrets.
Voilà. Donc, c'est ça. Tout à fait. On est bons. Parce qu'en fait, mon anniversaire, tu le disais, ça aussi, c'est des super souvenirs. Après coup, tombé toujours pendant l'US Open. Comme souvent, les joueurs français le disent, à New York, à l'époque, comme on avait des équipes quand même plus restreintes, on avait un coach à partager en général. Donc, on se retrouvait toujours dans des restos dont le tout va bien, que tout le monde connaît maintenant, parce que les joueurs en parlent beaucoup. Et donc, chaque année, je fêtais mon anniversaire au tout va bien avec... tout le monde parce qu'en fait, je n'avais même pas invité les joueurs avec Joe, avec Arnaud Clément à l'époque, qui était mon chéri. Et donc, on se retrouvait tous. J'avais toujours mon petit Cosmo offert par la maison parce que c'était un de mes cocktails préférés à l'époque. Et donc, on m'offrait des cadeaux en direct. Et donc là, devant tout le monde, elle avait dû m'offrir le cadeau à la Julie. Donc, trop bien.
En parlant du S-Open, c'est avec Stéphanie Fauretz que vous allez faire 8e de finale en double. Un résultat auquel tu ne t'attends pas forcément sur ce moment, surtout quand on change de côté au dernier moment.
Tu t'es bien renseignée, effectivement. De jouer déjà avec une de ses meilleures amies, ça amène une certaine saveur au Grand Chlem. Parce qu'en général, on joue pour pouvoir rentrer, avoir les meilleures chances. Donc vous ne jouez pas forcément toujours avec quelqu'un que vous aimez le plus. Ça reste professionnel. Sauf que là, il se trouve que toutes les deux ont rentré, donc le plaisir était immense. Sauf effectivement au moment de l'échauffement dans la salle de gym, où Stéphanie qui avait un revers de folie connu du monde entier dans le monde du tennis, me dit « Camille, je ne peux pas jouer à gauche, je ne me sens pas bien, il faut que tu joues à gauche » . Je pense que ça faisait dix ans que je n'avais pas joué de ce côté-là, parce qu'en général les joueuses aiment bien jouer en côté revers. Et moi je m'étais habituée au côté poudroi et j'étais très à l'aise comme ça. Et donc, j'ai pris sur moi pour lui dire, mais pas de soucis, alors qu'au fond, j'étais là, mon Dieu, comment je vais faire parce que je n'ai pas de repère du tout de ce côté-là. Et surtout, de retrouver ma Steph pas en confiance côté coup droit. Et c'est ça aussi d'être une équipe, de tenir la barrage. et au final, comme souvent dans la vie, tout ce qu'on pense qui ne va pas fonctionner, on se trompe et c'est là qu'on a fait notre meilleur résultat, en vraiment passant un moment sur le terrain ensemble avec beaucoup d'émotion.
Magnifique. Alors ta carrière en 5 est également marquée par ta capacité à battre beaucoup de top 30, top 20. Il y avait un petit mur face aux top 10 quand même. Il faut dire aussi que tu étais malchanceuse au tirage, tu tombais pas mal de très grosses joueuses dès les premiers tours. T'as dit aussi que l'approche mentale était complètement différente dans l'époque, dans les débuts des années 2000.
Ce qui est sûr, c'est qu'à un moment donné, quand tu bats régulièrement des filles 15, 20, ce qui a été mon cas, ça veut dire que je joue ce niveau. Donc, pas normal, je suis à 60. Sauf qu'effectivement, la barrière du top 10 était sûrement inconsciente à l'époque pour moi parce qu'on me disait, pour une fille qui est 15 ou une fille qui est 9, il n'y a pas non plus... Mais on appelle ça le top 10. Et je pense, après coup, que c'est quelque chose que j'aurais dû travailler. On travaillait beaucoup l'aspect mental sur la gestion du stress, mais très rarement sur qu'est-ce qui fait que toi, tu as des freins et qui venaient d'avant. Et je pense que moi, j'ai analysé ça après coup, que je pouvais être une très bonne joueuse, mais battre le top 10, c'est-à-dire vraiment que tu fais partie des tout meilleurs, comme si je ne me l'autorisais pas. Parce que j'ai eu, je ne sais pas combien de fois, de balles de match. Contre Safina, contre Sharapova, où j'étais à deux points, contre Schneider. Donc après, à l'inverse, ces top 10-là, dans ces moments-là, sur les battes de match, elles ne sont pas top 10 pour rien. C'est-à-dire que toutes, comme quand moi je jouais une fille de 100, je pouvais avoir battes de match contre moi, je ne perdais pas. C'est-à-dire que sur les points importants, elles savent aussi rehausser, c'est ce qu'elles avaient fait. Donc je vais mesurer aussi mon analyse personnelle introspective. Par le fait que peut-être que je me disais, elles vont être trop fortes pour moi. Mais honnêtement, en tant que contre Sharapova, qui n'était pas ma première numéro 1, et je commençais à avoir quand même pas mal d'expérience. Et sur les grands cours aussi, parce que je n'ai pas eu trop de chance, mais ça m'a permis de m'habituer. Et après même d'avoir envie de jouer que sur des grands cours. Quand je jouais sur un petit cours, j'étais dégoûtée. Donc comme quoi, l'expérience sert. Sur ce match-là, honnêtement, je voulais le prendre. Je ne voulais pas juste faire un bon match. J'étais dégoûtée d'avoir perdu. Donc il faut aussi laisser le temps aux athlètes de mûrir leur légitimité.
Tu as mentionné ce petit nom de Sharapova, une chose inconnue. Une petite joueuse. Oui, c'est ça. Tu l'affrontes en 2007 à l'Open d'Australie. Raconte-nous le scénario d'un des matchs les plus fous que tu as joué. Et aux yeux du public, c'était dingue aussi.
C'est un contexte vraiment particulier. Tu disais que c'était en 2007, donc je suis rentrée top 100 vers le... 2001-2002 à peu près, mais parfois ça prend du temps aussi pour s'installer. C'était une période où je me sentais vraiment installée et avec un niveau top 50 sans problème. Donc je suis arrivée sur ce match en venant de faire demi à Auckland. On est en battu Marion, Bartoli. Donc j'arrive dans un état quand même de confiance assez élevé. Et je me dis, si je ne prends pas numéro 1 ou numéro 2 du tableau, honnêtement, je peux me faire une deuxième semaine. J'étais convaincue, je voyais bien. Je regarde le tableau, boum. de tête de série 1 c'est une plaisanterie dès le premier tour donc j'ai les honneurs du road lever arena je me dis au moins quand j'arrêterai je me dirai que j'ai fait je ne sais pas combien de courses en trop et voilà il faut prendre toujours le verre à moitié plein mais je rentre avec vraiment cette envie de bien faire il faisait extrêmement chaud mais comme très souvent en Australie et je joue en premier match si je me souviens bien sur le road lever Et je commence le match où elle est meilleure, le public australien qui est un super public, mais soutient la star, c'est normal. Et donc je me dis non mais ça ne peut pas se passer comme ça, je joue bien, je commence à vraiment comprendre comment il faut la jouer. C'est une joueuse qui a une balle très très lourde et si vous n'avez pas un genou par terre, vous ne pouvez pas relancer. Donc physiquement je me mets au niveau de cette joueuse exceptionnelle pour pouvoir supporter sa puissance. Et je commence à trouver les clés, à jouer un peu plus au centre, à monter en contre-temps. Donc le match équilibre et je finis par gagner le second. Et là, il faisait déjà extrêmement chaud. Et à l'époque, il y avait déjà la heat rule chez les femmes, pas chez les hommes. Ils disaient que s'il y avait l'indice entre la température et l'humidité qui était élevé, on pouvait prendre 10 minutes. Moi, me connaissant, je suis un diesel, j'ai besoin d'être physiquement vraiment chaude et prête. Elle demande à s'arrêter, moi non. C'est elle qui, à partir du moment où il y en a une qui demande, moi ça me coupe complètement les jambes, je reste sous l'arche d'entrée du road lever à l'ombre, mais je ne voulais pas me mettre à la clim. Et elle est rentrée dans les vestiaires, j'ai d'ailleurs reçu après coup qu'elle avait été aidée par les kinés avec des poches de glace qui étaient totalement interdites. Moi je ne le sais pas, je reprends le match et là j'ai les jambes, ils faisaient 42, ça on avait joué depuis des... J'ai déjà pas mal de temps et là je prends 5-0 dans la vue parce que je ne suis plus du tout dans le rythme. 10 minutes c'est hyper long pour un sportif de haut niveau et elle au contraire qui a de la puissance mais qui se déplace moins bien, elle a moins besoin d'être échauffée que moi qui ai un profil où je la compterais, où je courais vite et j'avais plus d'endurance. Et donc je me dis non mais tout ça pour ça, j'étais dégoûtée. Puis en fait mon corps se remet en route à 5-0 et puis là ça commence à revenir et là les Australiens ils étaient hystériques. Et tout d'un coup, j'ai vraiment, sans le vouloir renverser, l'ambiance du stade. Et tout le monde s'est mis à m'encourager dans le stade. Enfin, c'était fou, quoi. Et je me disais, allez, encore un, encore un. Et je ne voulais pas partir du terrain. Je me disais, vas-y, grappille, grappille. Surtout que j'avais déjà gagné un set, donc je savais que je pouvais lui faire mal. Et au final, je remonte et ambiance de dingue. Parce que les gens se disent, ce n'est pas possible, 5-0. Et avec la chaleur qu'ils faisaient, il y avait un côté combat que j'aime, moi, dans le tennis. C'est pour ça que je suis pour les matchs en 5-7, même pour les femmes, j'aurais aimé. Parce que c'est lorsque l'athlète va au bout de lui-même que l'exploit est énorme. Et donc les gens ressentaient ça sur ce moment-là. Finalement, je perds en passant à deux points du match. Je crois que je menais 7-6, il y avait encore des jeux à l'époque. Mais voilà, on était toutes les deux au bout de nous-mêmes. Et je n'ai pas énormément de regrets parce que c'est elle qui a surtout rehaussé. J'ai fait ce qu'il fallait dans les moments importants. Et c'est elle qui a sorti les coups du numéro un mondial, tout simplement. Donc on finit par épuiser, se taper dans la main. Alors évidemment, la différence de taille a bien fait rigoler. Il y a eu des photos assez drôles. Mais je sors en ayant pour le coup, autant j'ai eu des matchs où j'ai eu balle de match, où je m'en suis voulue, autant celui-ci, j'ai vraiment eu l'impression d'avoir tout donné. Et c'est pour ça que ça reste un bon souvenir pour moi. Et lorsque je termine, contrôle antidopage, je ne vous dis pas déjà pour aller aux toilettes. Après avoir joué, on a joué plus de 3 heures à 40, c'était difficile. Et je sors et je suis encore toute trempée, comme ça. Et là, il y a quelqu'un de WTA qui vient me voir. Je n'étais même pas encore passée aux vestiaires. Et qui me dit, Camille, il y a quelqu'un qui voudrait te voir. Et c'était le directeur de Sony Ericsson, qui était le sponsor principal à l'époque du circuit WTA. Et je dis, pourquoi je viens de perdre ? Et il me dit, ben non, mais en fait, il a regardé ton match et il voudrait que tu sois, que tu fasses partie de toute la campagne de publicité de la WTA. Vous êtes cinq, il y a Ivanovic, Jankovic, Kirilenko et toi. Je fais, ok. Donc, j'ai complètement halluciné parce que j'étais là, mais comment ? Et donc, c'est pour ça que parfois, des défaites sont hyper bénéfiques. c'est que ce match-là m'a... permis finalement d'être connu pour sûrement ma combativité ou des choses qui ne leur ont plus. Et donc, ça m'a fait changer de statut, même aux yeux du père Tcharapova qui ne m'a même pas regardé derrière toute la fin de ma carrière, venait dire bonjour et tout le monde. Ça a vraiment changé quelque chose et j'ai su après coup que comme il faisait tellement chaud, il ne relançait pas d'autres matchs, il n'y avait que notre match qui était en cours et donc dans le monde entier et dans les vestiaires des hommes, les coachs, tout ça, Tout le monde voulait que je gagne parce que c'était complètement improbable, la différence de taille, la différence de classement, et que je la challenge comme ça. Après, on m'a dit « mais tout le monde était pour toi, quand même, dans les vestiaires, c'était énorme » . Et ensuite, quand je voyageais en Asie, les années qui ont suivi, on disait « ah, Pinch, Ahrapova » , tout ça. Et moi, je ne savais pas sur le terrain qu'on était le seul match dans le monde entier à être diffusé. Donc parfois, la vie, c'est des concours de circonstances complètement fous. Et il faut savoir les prendre. Et ce n'est pas, je pense aussi à Nicolas Mahut, une victoire ou une défaite. Au final, c'est blanc ou noir, mais la vie, elle n'est pas comme ça. La vie, c'est des moments. Vous sentez les gens, comment ils réagissent, s'ils vous plaisent. Il y a une histoire. Et c'est comme ça aussi que des popularités peuvent être développées sans qu'il y ait un résultat sportif. Donc, c'était pour moi une belle leçon de vie aussi à prendre.
Justement, quand tu es allée tourner cette pub-là, Tu ne dis pas, qu'est-ce que je fous là ? Il n'y a pas un syndrome de l'imposteur ?
Je me disais, c'est hallucinant et ça me faisait sourire parce que je me disais au final, la vie n'est peut-être pas aussi blanche ou noire que ce que je croyais. Je me disais, il faut gagner. Là, j'avais gagné d'une autre manière. Et quand j'ai tourné cette pub, on était notamment à Miami sur la plage où j'avais 10 caméramans, une maquilleuse, un... Une personne qui est un designer, avec une énorme caravane de stars, avec des valises de vêtements, et là je riais, je me disais c'est incroyable que le tennis m'apporte ça. Et ça a été un moment où je me suis dit, profites-en, c'est un moment particulier. Mais je l'ai mérité aussi dans le sens où depuis que je suis... Petite, j'essaye d'avancer et qu'il faut savoir prendre ces moments-là aussi. Parce qu'il n'y a pas que l'aspect télistique. Il y avait aussi sûrement la personnalité qui allait avec la pub qu'il voulait faire. Et donc je me suis dit, ce moment il est pour moi. Demain, ce sera peut-être pour d'autres. Et donc je ne me suis pas sentie au mauvais endroit au mauvais moment. Je me suis dit, si je suis là, c'est que vraiment ils me veulent. Sinon, ils auraient pris quelqu'un du top 10.
Donc à ce moment-là, tu es top 60. L'épice froid, dis donc, c'est nul. Il faut rappeler aussi que tu es peut-être dans la période dorée du tennis féminin français. Tu es huitième française.
On est en 60. Nous, avec du recul, on savait qu'on était dans des périodes très denses. Mais il y avait toujours les 79 avec Mauresmo, Dechy qui étaient là. Nous, ça nous paraissait normal. On s'est dit, non, mais en France, on est bon. Donc, c'est bien, ça nous stimule. Et c'est vrai que derrière, depuis que j'ai arrêté, je me dis mais c'est incroyable l'écart qu'il y a. 60e à l'époque, c'était mentalement très bien parce qu'on savait ce qu'il y avait devant. Et je me disais peut-être que j'aurais dû être 30, mais par rapport à ce qui a été fait en France, moi je pense que les autres Amélie nous a porté et qu'on a eu besoin aussi de ces modèles-là. Et c'est pour ça que je pense qu'il faut un gros vivier de joueuses parce qu'on se tire tous vers... Vers le haut, tous et toutes. Cette période d'âge d'or, on était 12 dans le top 100. J'aurais dû jouer les JO de Pékin. Finalement, ça m'est passé un peu sous le nez au dernier moment. Ça a été le gros dégât de ma carrière. J'aimais toujours jouer pour la France. Il a fait le cup, je pensais avoir eu largement ma place. On ne me l'a pas accordé, c'est comme ça. Il faut l'accepter. Mais ça a été une période très difficile. Et puis pareil pour les sponsors, quand tu es huitième, ce n'est pas pareil. J'ai été très bien suivie par mes équipementiers qui savaient qu'il y avait un vivier énorme de joueuses. Mais c'est sûr qu'aujourd'hui, je serai quasiment deuxième française. Donc ce n'est pas la même. Sur les équipes de France et tout ça, ça fait une grosse diff.
Côté critique, tu les prenais mal à ton égard. On rappelle qu'on est dans une période aussi où si tu ne fais pas plus d'un mètre 75... tu ne feras pas très fort hauteur de taille avec un gros service, tu ne peux pas réussir. C'est ce qu'on pense.
Ce qui est sûr, c'est que ça n'a pas été anodin dans cette légitimité que j'ai eu du mal à avoir sur mes matchs contre les top 10, qui étaient grandes, qui étaient tout ce que tu disais. Alors qu'au final, si je déballe le match, c'est que sur un ensemble de matchs, je suis plus qu'à la hauteur. Donc, que... Tous les profils peuvent être performants. En revanche, il faut avoir des qualités hors normes sur d'autres choses pour compenser. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est beaucoup plus facile quand tu es grand. C'est indéniable. Tu peux te permettre d'être à 80% physiquement, alors que quand tu es un petit gabarit, tu ne peux pas. Le jour où chez les femmes, une femme a ses règles, elle fait 1m62, je peux vous dire que... Le ventre comme ça, les jambes gonflées, vous êtes à 80% ou à 70%, ça ne passe pas. Oui, c'est beaucoup plus difficile. En revanche, ce n'est pas du tout impossible. Et ça, moi, j'en suis intimement persuadée. Quand on voit Halinska Roland récemment...
Oui, ou Malep ou Paolini.
Exactement. Par contre, ces filles-là, elles ont d'autres qualités hors normes que les gens ne voient pas comme la taille qui se voit de manière... assez évidente sur des qualités de cardiovasculaire hors normes, de musculaire hors normes, de gestion de moments importants hors normes. Mais ça, ça ne se mesure pas. On ne va pas mesurer une taille, une vitesse. Et on voit qu'aujourd'hui, le tennis, si vous jouez au bon endroit, vous n'êtes pas obligé de frapper aussi fort. Djokovic n'est pas le plus gros frappeur de tous les temps et pourtant, c'est lui qui va avoir le plus beau palmarès. Et c'est ce qui est génial au Thé, c'est que c'est une confrontation entre deux individus et qui ne sont pas directement comme en boxe face à face. Donc cette distance a plein de paramètres de rentrée en jeu. L'utilisation du terrain, l'adaptation ou pas aux événements extérieurs. Sa balenca sert extrêmement bien, par contre elle ne s'est pas jouée dans le vent. Gaufe plus petite, finale de rang de grâce l'année dernière, il n'y a pas photo, l'autre elle fait 50 fautes. Je pense que cette distance entre deux personnes lors d'un combat au tennis permet à tous les gabarits et tous les talents de performer. Et c'est ça qui est génial dans ce sport.
On a parlé des pubs qui font partie de l'extra court. Il y a aussi les confs de presse qui servent à apprécier un peu plus ou détester certains joueurs, joueuses. Tu as dit que tu aimais bien faire ça. C'est par les confs de presse que tu connais les deux Frédéric, Viard, Verdier ?
Ah oui, c'est par les confs de presse, oui, mais les deux Fred, Fred Verdier et Fred Viard avec qui j'ai commencé. Donc l'un Eurosport et l'autre Canal+. Qui ont été un peu mes deux mentors. Lorsque j'ai arrêté, ils m'ont contacté les deux. Enfin, Fred Verdier avant que j'arrête d'ailleurs. Parce qu'il aimait bien tester les joueurs en activité. Donc j'avais commencé en Australie, il me semble, avec lui. Et ensuite, quand j'ai arrêté, j'ai commencé chez Canal+, avec Fred Viard. Lors d'une carrière, la relation avec la presse, non pas qu'elle se travaille, mais elle se construit. Et moi, c'est vrai que j'avais, de culture familiale, cette répartie de dire, si on t'attaque, en fait, il vaut mieux en rire ou avoir de l'autodérision. Ça marche quand même beaucoup mieux que de se braquer. Donc, j'ai eu ma taille, j'ai eu du fait que je ne travaillais pas fort. J'ai eu mes dix défaites à Roland, tout le temps qu'il revenait. J'ai dit, oui, en fait, plus vous m'en parlez, et puis je vais arriver à douze, j'en riais. Parce qu'en fait, ce qui était vrai avec du recul. Parce que plus il y a d'attentes, déjà que ce n'était pas une surface que j'aimais, mais j'avais beaucoup plus de pression parce que les gens m'en parlaient. Donc à chaque fois, je disais, continuez parce que comme ça, on reparlera l'année prochaine. Le fait de finalement jouer, c'est aujourd'hui, j'aimerais peut-être aider des jeunes à gérer les critiques médias ou lorsque l'on se trompe ou lorsqu'on est critiqué, au final, de ne pas non plus braquer. on s'élève beaucoup plus aux yeux de l'interlocuteur que de le mal le prendre. Donc moi, j'ai toujours été élevée comme ça. Et c'est pour ça que je n'ai jamais eu vraiment de problème avec la presse. Alors après, je n'étais pas Amélie non plus. Donc on était quand même moins exposés. Il n'y avait pas les réseaux. Donc on était interviewés par l'équipe, par Eurosport et Canal. Donc c'était limité. Et effectivement, lorsqu'on avait des interlocuteurs qu'on connaissait bien, En général, une fois qu'il vous aimait bien, il pouvait charrier, mais c'était bon enfant. Donc c'est pour ça que je n'ai jamais eu de problème avec la presse, mais je pense que mon approche familiale a permis naturellement ce bon rapport.
En 2014, tu intègres la team Eurosport, avec qui tu les as encore aujourd'hui. Dans le monde du tennis, il y a aussi France Télé, qui est à Roland-Garros. À ce moment-là, il y a aussi Bainsport qui entre dans la danse avec Wimbledon. Voilà ma question pourrie, qu'est-ce qu'Eurosport a que les autres n'ont pas ?
Alors ça, c'est dur parce que j'ai tissé vraiment des liens très forts avec Fred Viard, qui restera toute ma vie vraiment un ami de cœur très fiable. Et donc, il est un peu à chaque fois, il me dit « mais pourquoi tu ne viens pas avec nous sur Bine ? » Il se trouve que depuis 2014, effectivement, je suis chez Eurosport. que Fred Verdier a été le premier à me mettre le pied à l'étrier. Donc j'ai ce lien aussi très fort avec Fred Verdier. Et ce qu'il y a chez Eurosport, c'est aussi pour ça que les gens restent. Ce n'est pas parce qu'ils payent le double, je balance. Non, les gens se disent, c'est peut-être une raison financière. Alors non, vous pouvez demander à tous les consultants Eurosport. c'est pas du tout la raison première de pourquoi on est aussi fidèle A Eurosport, c'est qu'il y a un esprit d'équipe et une ambiance entre journalistes, pigistes permanents, consultants, live prod, qui est exceptionnelle. Et qu'aujourd'hui, on a tous cette conscience que lorsqu'on vient travailler, même si on prend le train, on est à l'hôtel, on est toujours hyper content de venir travailler. Il y a un esprit d'équipe qui est très fort. J'ai des journalistes d'Eurosport qui viennent à la maison l'été. On a vraiment un lien, on se retrouve toujours après les plateaux. Tout le monde va se retrouver, comme en sortie de bureau, personne ne veut rentrer chez soi. On a besoin de ça, surtout quand on sort d'une carrière où on a été quand même beaucoup entre joueurs et joueuses français, en dehors des moments sur le terrain. On a besoin de retrouver cette unité-là dans le travail. Cette force-là fait que les consultants restent longtemps.
Dans la balance aussi, World Sport, Open d'Australie, US Open. Et en plus,
on a les droits des deux plus beaux tournois pour moi. Et donc, bien sûr, ça compte. Après, on avait les droits aussi de Roland-Garros qui ont été cédés à Prime. Et ils ont eu l'intelligence, après une vidéo, lorsqu'on nous a contactés, de dire on est OK pour que vous puissiez travailler. sur Prime et donc ce recul qu'ils ont pris pour nous permettre de travailler explique aussi pourquoi on aime cette chaîne, c'est qu'il y a ce recul. Il y a aussi des consultants BIN qui ont été libérés pour Prime, donc c'est pareil côté BIN où il y a eu cette acceptation que pour Roland on était libérés, parce que sinon on se doit quand même d'avoir une image et représenter une chaîne. Mais l'ambiance à Eurosport est plus qu'une... qu'une chaîne de sport. Même entre consultants d'autres sports, on se retrouve tous et ça, ça n'a pas de prix.
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