- Speaker #0
Je suis Audrey Chemouli, avocate et entrepreneuse, fondatrice du cabinet Chemouli Profession Libérale, qui accompagne les avocats dans leur restructuration.
- Speaker #1
Je suis Manuel Mignolini, avocat et donc entrepreneur, engagé pour une profession plus riche et enrichitante.
- Speaker #0
Vous écoutez le podcast Avocats Génération Entrepreneur. La mission de notre podcast, vous donner les clés pour entamer votre propre transformation. Notre promesse ? Des interviews sans filtre, d'avocats innovants, créatifs et libres.
- Speaker #1
qui ont cassé les codes et réinventé le business model pour s'adapter au nouveau marché du droit. Des contenus inspirants, des conseils et des techniques concrètes pour vous aider à devenir un véritable avocat entrepreneur.
- Speaker #0
C'est l'histoire toute banale d'un avocat qui s'est passionné pour les fonds d'investissement. Ça existe. Notre invité a fait ses études à Paris et aux Etats-Unis, puis il a commencé à travailler à Londres, il aurait pu travailler à Dubaï, mais finalement il a vrillé et il est devenu entrepreneur. Dans les milieux très feutrés des avocats de fonds d'investissement, je peux vous dire que ce n'est vraiment pas commun. Depuis sa petite entreprise, là on ne voit pas, mais normalement j'ai mis des guillemets, il s'est bien développé puisque son cabinet concurrence très largement sur leur secteur, les cabinets d'avocats anglo-saxons. Et depuis, il a même racheté un média. Nous avons donc la joie d'accueillir aujourd'hui,
- Speaker #2
dans ce nouvel épisode d'Avocats Génération Entrepreneur, Gaspard de Monclin, patron de presse.
- Speaker #1
Merci à vous. Ce n'est pas nous qui l'accueillons, c'est lui qui nous accueille. Et oui, exact, tu as raison.
- Speaker #2
Et en plus,
- Speaker #0
on squatte. On squatte parce qu'on va en parler. Tu as racheté un média. Mais d'abord, tu sais, on commence toujours par la même question. Gaspard, qui es-tu ? Quel est ton parcours ?
- Speaker #2
Je m'appelle Gaspard de Monclin. Je suis effectivement avocat. J'ai la chance d'être au Barreau de New York parce que j'y ai fait mes études. J'ai fait des études à Columbia, à LLM, pour finaliser mon cursus.
- Speaker #0
C'est sûr. C'est bien.
- Speaker #2
Voilà. J'ai travaillé, j'étais collaborateur, pas exactement sous statut, mais à Londres dans un cabinet américain, chez ProScour, où j'ai effectivement appris un métier que je connaissais, mais alors pas du tout, qui est la structuration de fonds d'investissement.
- Speaker #0
Ça veut dire qu'on ne l'enseigne pas vraiment à la fac.
- Speaker #2
On ne l'enseigne pas à la fac et je me souviens de mon futur patron, partenaire, qui est venu me voir à New York après m'avoir embauché. Il me racontait ce qu'il faisait et j'étais vraiment une poule devant un couteau. couteau, quoi.
- Speaker #1
Je me prenais comme un compagnie,
- Speaker #2
le monsieur. Et tu dis, oui, d'un tête, ah d'accord, très bien, tu fais semblant de capter des choses, mais je ne savais pas ce qu'était un fonds d'investissement, je ne savais pas ce que c'était qu'une opération secondaire, je ne connaissais vraiment rien. Mais ça a été passionnant. Six mois, un peu à boire la tasse, mais j'ai fini par vraiment me prendre de passion par la technicité de ce milieu-là, la réglementation, la fiscalité, les pratiques de marché. Donc j'ai eu la chance de très bien apprendre ce métier avec de grands professionnels. J'ai eu effectivement l'opportunité, après ça, en 2020, d'aller à Dubaï, d'aller à New York ou d'aller à Singapour. Enfin, les grosses places financières. Quand on a le barreau de Londres, de New York et de Paris, ça ouvre pas mal de portes. Et l'amour, en grande partie, m'a fait rester à Paris. J'avais rencontré quelqu'un. J'ai préféré l'amour physique à celui de l'argent.
- Speaker #0
C'est vendredi matin, c'est pas mal.
- Speaker #2
Exactement. Et je suis donc revenu à Paris. J'avais aussi quand même une âme assez entrepreneuriale déjà. J'étais assez frustré par les gros cabinets. Je me rappelle que dès le deuxième jour de ma collab, je m'étais promis, si je devais me faire virer le troisième jour, que je créerais mon cabinet après. J'ai failli ne pas tenir ma promesse. J'ai quand même un peu hésité avec les sirènes de l'argent de Dubaï et autres. Puis je revenais à Paris, je n'avais pas de contact, je n'avais rien du tout. J'ai créé mon cabinet, comme ça, la fleur au fusil. Et quand on revient en septembre, qu'on fait zéro euro de chiffre d'affaires en septembre, 0€ en octobre, 0€ en novembre et que fin décembre on facture 3000€ on s'est dit c'est bien mais il faut manger il me proposait 20 000$ par mois là on est à 3000$ en 4 mois c'était un sacré challenge de refaire un réseau de retrouver des gens ici de créer une légitimité etc et en 2020 En 2020, c'est simple, c'était l'année du Covid. En plus,
- Speaker #1
il n'y avait plus trop d'opérations à ce moment-là.
- Speaker #2
Oui, il n'y avait pas grand-chose, effectivement. Moi, j'avais quand même une grosse pression financière, parce que comme je gagnais bien ma vie à Londres, je m'étais acheté une maison à Londres, je m'étais acheté un appartement à Paris, donc j'avais des dettes dans tous les sens. Et là, ma trésorerie personnelle était en train de fondre. Le trou s'est un peu accentué. Par chance, ça s'est... Bien passé après, l'année 2021, j'ai eu mes premiers vrais clients un peu importants, donc ça allait.
- Speaker #0
Et excuse-moi, parce que tu avais décidé de monter sur ton cabinet en donnant une identité particulière. Tu disais que tu faisais quoi ?
- Speaker #2
En fait, l'idée, c'était de vendre à Paris la spécialité que j'avais acquise à Londres. C'était de dire... je suis un petit avocat, je fonde mon cabinet, je vais vous faire la même chose que les gros, mais beaucoup moins cher. Et surtout, je vais m'adresser à une clientèle qui n'est pas la même. Je savais bien que faire concurrence tout de suite aux gros, sur les très gros, ce n'était pas possible. Il faut avoir des grosses équipes, il faut avoir une marque, il faut avoir des bureaux à l'étranger, etc. Ce que je n'avais pas. Mais par contre, je comprenais bien que dans le monde des fonds d'investissement, il y avait un esprit entrepreneurial, il y avait beaucoup de gens qui voulaient se lancer. qui n'allaient pas avoir des centaines de milliers d'euros à mettre dans leurs avocats.
- Speaker #0
Et qui voulaient se lancer pour monter leur propre fonds ? Oui. Mais c'est quoi la motivation ? C'est-à-dire le mec qui se dit quoi ? Je veux monter mon profil. C'est qui le profil de Jean ?
- Speaker #2
Tu peux être un entrepreneur qui a réussi ta vie, qui a gagné un petit peu d'argent et qui, plutôt que de relancer une boîte, fait de l'investissement. Tu peux être un club de business angels. C'est des retraités qui ont un petit peu d'argent, qui ont été cadres et qui ont envie de mettre dans des startups.
- Speaker #0
Et c'est des gens qui savaient que le véhicule du fonds d'investissement, c'était le bon véhicule pour eux. C'est-à-dire, je précise ma question, est-ce que tu t'adressais à un marché de gens ? Donc moi, je le vois bien, le marché des gens qui ont gagné un peu de sous, genre le 40-50 qui a gagné un peu de sous parce qu'il a revendu sa boîte et qui a envie de faire des investissements. Ça, je l'ai en tête. Le club de retraités, je l'ai en tête. Et le business angel, c'est bon. Mais est-ce que ces gens savaient que le... qu'ils avaient une possibilité de monter un fonds d'investissement pour manager leurs investissements, ou tu as dû créer le besoin chez les gens ? Est-ce que tu as dû expliquer aux gens ce que c'était un fonds d'investissement et qu'ils pouvaient utiliser ce véhicule-là pour faire des investissements ?
- Speaker #2
En fait, ils le faisaient déjà, mais ils le faisaient soit tout seuls, et donc vraiment de manière très chaotique. probablement en violation de la réglementation financière, qu'ils ne connaissaient pas. Donc ils allaient faire une SCI, ils allaient faire une SAS, ils allaient faire une petite entité, une holding, se réunir. Après, ils étaient peut-être en violation, mais ce n'était pas très grave, ce n'est pas non plus des montants très importants. Mais ils se rendaient bien compte qu'à un moment donné, il fallait en parler à un avocat, il fallait vérifier les aspects fiscaux, justement les aspects réglementaires et autres. Et donc c'était professionnaliser ce qui existait déjà. Et mes meilleurs clients, c'était comme beaucoup d'avocats, d'autres avocats. Enfin, pas des clients, mais c'était des gens qui me faisaient des présentations. Ils savaient que j'avais cette spécialité. Des gens les sollicitaient pour structurer un fonds d'investissement. Les avocats ne savaient pas le faire parce qu'ils étaient fiscalistes, corporate, intellectuels ou quoi que ce soit. Et comme ils me connaissaient, ils me renvoyaient la balle. Et moi, je traitais leurs clients pour la structuration des fonds d'investissement. C'est souvent comme ça que ça marche, par le bouche à oreille au démarrage. Et ça a bien fonctionné. Et en fait, là où j'ai basculé dans l'entrepreneuriat, c'est que j'ai vu des concurrents non-avocats venir me manger mon territoire. C'est-à-dire que des gens qui sortaient d'école de commerce, qui étaient ingénieurs, qui étaient développeurs informatiques, se disaient, aussi je peux créer un fonds d'investissement. Et en plus d'un fonds d'investissement, je vais fournir toute une architecture technologique qui va faciliter la vie. de ce manager qui vient frapper à ma porte. Et c'était assez légitime parce que ça n'a pas beaucoup de valeur ajoutée quand un avocat envoie un DocuSign, quand il fait une demande pour récupérer une pièce d'identité ou ce genre de choses. Souvent, on peut le déléguer à un stagiaire, mais ce n'est pas très automatisé, ce n'est pas très fluide. Donc, c'est vrai qu'avoir une tech pour le faire, ça avait du sens. Donc, plutôt que de laisser les braconniers du droit venir sur notre territoire, c'est à nous d'être offensifs. Je ne voulais pas voir mon cabinet disparaître. Il me dit que c'est à lui d'aller développer cette tech, d'être conquérant pour les empêcher de venir et préempter le terrain pour que ce soit un avocat. Et un avocat avec nos... J'étais très attaché à notre déontologie, à notre corps en quelque sorte. Parce qu'eux ne respectaient pas la confidentialité de leurs clients. Quand ils avaient un investisseur qui venait chez eux, ils allaient le commercialiser à d'autres, ils allaient le solliciter. Ils allaient enfreindre, je trouvais une forme de respect vis-à-vis du client que nous, naturellement, on a en tant qu'avocat. Et donc c'était important de à la fois rester avocat, parce que je voulais que cette délontologie s'applique, je continuais à traiter des clients sur l'aspect strictement juridique, mais avoir une vraie technologie qui vient faciliter le service qu'on donnait, me faire travailler moins parce que la technologie travaillait pour moi, donc facturer des heures qui sont plus intéressantes, plus de fortes valeurs ajoutées. et aussi créer un lien avec le client sur le long terme qui est content d'avoir une technologie et qui est donc plus récurrent avec le cabinet.
- Speaker #1
Et c'est ça Overlord.
- Speaker #2
Exactement, Overlord c'est une technologie qui a beaucoup évolué maintenant parce qu'on a commencé en... La société date de 2022. Fin 2022, en réalité, le développement technologique n'a commencé qu'en 2023. Donc ça fait un peu moins de trois ans maintenant. Et ça a été une aventure incroyable. C'est-à-dire que déjà, quand j'ai créé mon cabinet, quand je passais du statut de collaborateur à avocat à la tête de mon cabinet, j'ai découvert qu'il me manquait 80% des compétences. C'était bien d'être un technicien. Mais je ne savais pas facturer, je ne savais pas chercher un client, je ne savais pas communiquer, je ne savais pas gérer une relation de clientèle ou quoi que ce soit. Et c'est essentiel quand on veut devenir avocat, déjà entrepreneur dans son propre cabinet. Et je me suis rendu compte quand j'ai mis un pied dans l'entrepreneuriat en dehors de la profession, dans les services annexes, qu'il y avait encore beaucoup de choses qui manquaient. Gérer une équipe tech, gérer une communication différente. C'est là que j'ai commencé à communiquer sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Si on reprend au démarrage, tes clients, c'est juste du bouche... Tu commences les réseaux sociaux. Comment t'acquieres tes premiers clients, tes premiers clients ? Tu vas les démarcher ? Comment tu fais ?
- Speaker #2
En fait, je rencontre beaucoup de gens. Quand j'arrive à Paris, je me dis... Je faisais même des petits déjeuners, mais massivement. Et ça m'a...
- Speaker #0
C'est des gens que t'as appelés ou c'est des gens...
- Speaker #2
Ouais, bonne question. Je pense que c'était par les réseaux sociaux, assez naturellement. Des gens me contactaient ou je recontactais des gens que j'avais connus à Paris. J'allais voir des avocats qui se lançaient comme moi. J'essayais de trouver des pairs et je rencontrais beaucoup de gens. Et en semant toutes ces graines, le hasard fait qu'il y en a une qui pousse et l'autre qui pousse un peu mieux ou un peu moins. Et forcément, sur les dizaines de graines,
- Speaker #0
il y en a... C'est classiquement. Oui,
- Speaker #2
c'est classiquement, mais ça prenait beaucoup de temps aussi. C'est ça qui était frustrant. C'est-à-dire qu'il faut attendre que ça vienne, et puis ça vient par goutte. Et même des choses qui te viennent ne sont pas forcément dans ta spécialité. Donc quand tu commences ton cabinet, je ne m'aventurerais pas à faire de la fiscalité ou des choses vraiment techniques, mais un peu de corporate ou des choses comme ça, je ne le disais pas non. Mais je voulais quand même revenir à cette vraie spécialité qui était la mienne sur le fonds d'investissement. Et c'est là, en 2022, que j'ai... commencé à publier sur LinkedIn. Et je me suis dit, quand j'étais consommateur de LinkedIn, j'avais des gens qui publiaient, ça commençait à bien marcher pour eux, ils avaient du reach, créent de l'engagement, etc. Je me suis dit, si je veux vraiment scaler, grossir, avoir un cabinet, une société forte, dynamique, il faut que je communique. Et c'est là que j'ai commencé à communiquer sur LinkedIn. Et c'est vrai que ça a fait une différence, mais c'était le jour et la nuit. Quand j'ai commencé à publier... Toutes les semaines, j'avais minimum deux à trois rendez-vous commerciaux, alors qu'avant, j'en avais peut-être un ou deux par mois.
- Speaker #1
Quand tu commences à communiquer, ça prend ? Ou tu as eu une phase où tu as un peu réfléchi à la communication, tu as fait des posts qui ne marchaient pas spécialement ou assez rapidement ? Ou peut-être tu t'es posé la question de ce que tu allais poster avant, et avant de faire un vrai test, tu avais une idée précise ou pas ?
- Speaker #0
Parce que tu n'es pas très sexy quand même. Je veux dire, je crée des fonds d'investissement, tu le marketes comment ?
- Speaker #2
Moi, je trouve ça très sexy. Tu trouves ça très sexy ?
- Speaker #0
Je vais t'expliquer pourquoi c'est très sexy.
- Speaker #2
Parce que l'argent est sexy et les fonds d'investissement gèrent des centaines de milliers de milliards. Et il y a un fonds d'investissement derrière toutes les chaînes de restauration où tu vas, il y a un fonds d'investissement d'air. Tous les immeubles dans lesquels tu vas, il y a un fonds d'investissement d'air. En fait, on ne s'en rend pas compte, mais c'est l'espèce de cœur névralgique.
- Speaker #0
Les gens à qui tu t'adressais le savaient, et donc c'est pour ça que ça a bien marché.
- Speaker #2
Et ça fascinait. C'est-à-dire que sur LinkedIn, les gens voulaient comprendre. Ils voulaient avoir cette boîte noire, que quelqu'un, une espèce de mec qui sort de la city, qui a appris tout ça, vienne leur expliquer de manière simple, pédagogique, ce que j'étais obligé de faire déjà pendant des années, parce que mes clients, comme je disais, étaient plutôt des novices, des amateurs, des gens qui débarquaient dans le milieu. Je faisais déjà beaucoup de pédagogie avec eux. J'aimais bien ça, j'aimais bien leur expliquer. J'étais obligé de les prendre par la main, la réglementation, etc. Alors qu'à Londres, mes clients étaient beaucoup plus expérimentés. C'est eux qui m'apprenaient le métier. Alors que là, c'est moi qui apprenais mes clients. Je me suis dit, les questions auxquelles je réponds tous les jours, ces questions qui reviennent le plus souvent, c'est celles auxquelles je vais répondre publiquement sur LinkedIn en expliquant comment on rembourse ses investisseurs avec une waterfall, comment on gagne sa vie quand on lance un fonds d'investissement. quelle réglementation on doit vraiment respecter quand on lance son fonds d'investissement, est-ce qu'on peut faire de la pub sur LinkedIn quand on lance son fonds d'investissement. Toutes ces questions que se posent les clients, j'y répondais, je démontrais une expertise, et c'est là qu'il y a eu du répondant en face, ils ont voulu me rencontrer. Après, le défaut de ça, on s'en rend assez vite compte, c'est que commencer à communiquer sur les réseaux, ça apporte un gros flux de rendez-vous. Ça apporte beaucoup plus de rendez-vous non qualifiés aussi.
- Speaker #0
C'est toujours mieux que deux par mois.
- Speaker #2
Exactement. Et puis, j'ai compris que c'était une vraie stratégie. Maintenant, je peux faire un webinaire sur LinkedIn public où il y aura une centaine de personnes. Je sais que derrière, j'aurai trois, quatre, cinq rendez-vous et ça me prend relativement peu de temps. Donc, c'est devenu stratégique dans la croissance d'avoir une communication, d'avoir en fait... Un petit média à mon échelle, parce que finalement, un influenceur, les médias se sont tellement fragmentés, on est tous un petit média à notre échelle, et on fait un poste, on touche 10 000, 20 000, 50 000 personnes. Et dans ce lot-là, il y en a qui veulent devenir clients.
- Speaker #1
Je vais en dire un truc intéressant, on est tous un petit média, toi c'est comme ça que tu l'as vécu, mais tu penses que c'est valable pour n'importe quel avocat aujourd'hui ?
- Speaker #2
En tout cas, je pense que tous les avocats... ont quelque chose à gagner, à devenir un petit média et à se faire connaître. Moi, quand je vois, ça a été le jour et la nuit quand j'ai commencé à communiquer. Ça allait bien avant, mais je n'ai pas pu me développer comme j'ai pu me développer depuis que j'ai commencé à communiquer. C'est pour ça qu'après, je suis allé sur d'autres réseaux en tentant la chose, en me disant, tiens, si ça marchait aussi bien là, est-ce que ça marcherait aussi bien ailleurs ? Ce qui n'est pas forcément vrai. Il faut voir les réseaux, il faut voir le type de communication qu'on fait, etc.
- Speaker #1
Oui, c'est aussi de t'aspect, effectivement. fonds d'investissement sur LinkedIn, il y en a un peu moins.
- Speaker #2
Il y a moins de créateurs de fonds d'investissement, mais on peut être surpris. J'ai un bon copain qui est gestionnaire de patrimoine et il me dit qu'il a un nombre incroyable de belles fortunes qui lui viennent par Instagram. Il n'a pas un très gros compte, il a 12 000, 15 000 followers et il me dit, parce que je communique exactement sur la niche des entrepreneurs partis à l'étranger ou freelancers. je communique que sur leur fiscalité à eux, que sur leur patrimoine à eux, j'ai des dizaines de clients grâce à cette communication très précise. Donc, on peut être surpris. En tout cas, je pense que les avocats peuvent aller chercher. On a des confrères qui sont très forts sur TikTok. Droits du travail ou autre, ils vont forcément trouver une famille. Oui,
- Speaker #0
mais c'est un peu plus mainstream peut-être.
- Speaker #2
Mais en fait, le fonds d'investissement, il est...
- Speaker #0
Assez vite,
- Speaker #2
on se regroupe pour acheter des choses en commun. Un immeuble, ça peut arriver. Investir ensemble. C'est des trucs qui ne sont pas non plus... si rare, si original. Quand on lance une boîte, on réunit des investisseurs, etc. Le marché est quand même très important.
- Speaker #0
Toi, tu as des clients qui te sont venus de Instagram et de TikTok ?
- Speaker #2
Pas encore.
- Speaker #0
Pourtant, tu as ?
- Speaker #2
Pourtant, j'ai quelques centaines. Je dois avoir 120 sur Instagram et une trentaine sur TikTok. Mais parce que je ne communique pas du tout sur le fonds d'investissement. C'est aussi ça l'enseignement que je tire de mon usage des réseaux sociaux. C'est que... Pour avoir des clients, il faut communiquer sur son expertise.
- Speaker #1
Pourquoi tu ne communiques pas sur les fonds d'assistance ? Instagram, tu as une page perso. Non,
- Speaker #2
ce n'est même pas une page perso, mais j'ai voulu élargir ma communication pour aussi toucher plus de monde, pour grossir plus vite. Et peut-être après, aller qualifier dans les gens que j'ai touchés en parlant spécifiquement de mon métier.
- Speaker #0
Tu as adopté une autre stratégie sur Instagram.
- Speaker #2
Mais qui est moins payante, qui est clairement moins payante. Donc oui, j'ai beaucoup plus grossi. Oui, je peux prendre plus de 20 000 followers par mois. mais ça me rapporte 0€ en termes de chiffre d'affaires. C'est que de la notoriété. Ça fait plaisir au client d'avoir un avocat qui, moi aussi, il y a de l'ego, c'est clair. Non, c'est clair. Il y a une jouissance de voir le truc, on a écrit, on regarde tes trucs et tu te dis « Oh putain,
- Speaker #0
les gens ! » À ne pas négliger quand tu as une journée de merde.
- Speaker #2
Franchement, à ne pas du tout négliger.
- Speaker #1
C'est pas faux.
- Speaker #2
En tout cas, si je devais recommencer, je trouve que... C'est bien de commencer sur son expertise, quitte à faire peu de riche. C'est là qu'on attrape des clients. Et après, on peut construire peut-être autre chose. Mais le vrai démarrage, c'est sur l'expertise.
- Speaker #1
Et du coup, ça a peut-être enchaîné parce qu'en réalité, tu t'es rendu compte que toi, ton marché, il existait, mais genre, il n'était pas forcément en conscience. C'est ce que tu fais avec nous aujourd'hui en nous expliquant que le fonds d'assistement, il y en a partout. Donc les gars, vous allez peut-être aller manger ce midi et un fonds d'assistement quelque part. Et en fait, toi, tu t'es dit, bon, il faut que j'acculture les gens parce que du coup, quand ils sauront... ça va m'amener mes clients et c'est comme ça qu'après tu pars sur LinkedIn puis sur Instagram puis éventuellement c'est à ce moment là que tu te dis je vais peut-être aller chercher un média plus gros plus national parce que ça va me permettre d'éduquer les gens et donc in fine être bénéfique pour ma pratique.
- Speaker #2
Alors oui jusqu'à la dernière phrase, c'est-à-dire que je suis parfaitement d'accord pour dire que il y a un niveau de conscience générale qu'il faut monter en disant aux gens mais attention, faites pas n'importe quoi quand vous voulez faire de l'investissement collectivement il y a des règles, donc venez en parler à un avocat ça ne vous coûtera pas plus cher parce que vous prenez moins de risques, c'est un meilleur équilibre. Et en plus, ça vous permettra, nous on accompagne beaucoup nos clients pour scaler, grâce à nous, grâce à notre technologie, à notre savoir-faire. Ils peuvent lancer un premier véhicule assez vite, puis un deuxième, puis un troisième, puis avoir un cadre réglementaire safe pour aller voir l'AMF, etc. Donc ça leur permet d'avoir une vraie ambition quand ils veulent le faire. Celui qui va juste faire. petit one-shot, ici ou là, ça nous intéresse moins. Mais ceux qui ont une vraie ambition professionnelle, là, on est leur meilleur partenaire. Et avoir monté ce niveau de conscience pour eux, c'est très utile. Par contre, c'est vrai que tu précises que j'ai racheté un média. Effectivement, c'est pas tellement pour populariser le fonds d'investissement que j'ai racheté un média. C'est juste que c'était cohérent dans le petit groupe qui était en train de naître, d'avoir à la fois un cabinet d'avocats qui s'adressait à des fonds d'investissement, on l'a bien compris, une société de technologie qui développe de la technologie pour ces mêmes fonds d'investissement. Et en fait,
- Speaker #1
les fonds d'investissement sont les clients naturels du magazine que j'ai racheté,
- Speaker #2
Le Revenu, parce que c'est un magazine qui parle d'investissement, pas au manager de fonds d'investissement. Ce n'est pas un B2B qui va s'adresser juste aux professionnels du private equity, mais c'est vraiment du B2C, retail, en kiosque, etc. Et qui allait mal. Moi, j'aime beaucoup la presse, je trouve que c'est un milieu assez fascinant. Et j'ai vu une synergie en disant, peut-être qu'il ira mieux. si j'y apporte à la fois de la technologie que j'ai développée et une clientèle qui sera contente d'être annonceur. Parce qu'en fait, c'est mes clients qui me le demandaient. Mes clients m'ont toujours demandé. C'est eux qui m'ont aiguillé à sortir de la stricte avocature. Ils m'ont dit, c'est nécessaire que tu sois avocat, super, merci, mais ce n'est pas suffisant. En fait, je vais aller voir tes concurrents parce qu'ils ont de la tech ou alors je vais avoir besoin d'une tech quelque part. Donc, soit tu développes de la tech et tu m'aides sur les autres aspects de back-office. soit je vais voir ailleurs. C'est vraiment eux qui m'ont aiguillé pour développer cette tech. Et c'est eux qui me disaient tout le temps, toi qui es un petit média avec ton LinkedIn, tu peux communiquer pour nous, tu peux nous faire connaître, tu peux nous aider à trouver des investisseurs. Je leur disais non, ce n'est pas mon métier, c'est différent ou quoi que ce soit. Et quand j'ai vu l'opportunité de racheter le revenu qui était en difficulté financière, j'ai dit non très longtemps, ce magazine va mal, des journalistes vont mal finir, etc. on va essayer de créer des synergies et on va dire oui de temps en temps pour les présenter, pour faire de l'événementiel pour eux, pour faire de la communication dans le magazine, etc. Donc c'est vraiment une cohérence de groupe. L'aspect technologique est très important aussi parce que la période, je crois, est un âge d'or des médias. Vraiment, il me semble qu'on est dans une forme d'âge d'or des médias, pas les médias historiques qui souffrent plutôt la télévision, la presse, papier, etc. Mais il y a tellement de consommation de contenu. on est tous dans le métro ou quoi que ce soit, regarder nos téléphones, que les médias ont un énorme rôle à jouer là-dedans, et grâce à l'intelligence artificielle, grâce au tracking, grâce à tous les outils de veille qu'on peut avoir, apporter de la technologie dans le monde des médias, c'est un truc qui me fascine, et donc dans le groupe, on a beaucoup d'ingénieurs qui développent de la technologie pour permettre justement de créer un média. En fait, mon cabinet, on était en quelque sorte un média-laze-compagnie. C'est-à-dire qu'on était Une société qui a bien fonctionné grâce à son média, son média qui était moi-même sur LinkedIn. Et demain, il pourrait y avoir des banques d'affaires qui vont lancer un média sur la banque d'affaires. Ils seront reconnus experts dans ce métier. Ils vont capter des clients grâce à ça. La technologie qu'on développe, c'est exactement ça. C'est permettre à n'importe quelle société, activité commerciale, de se faire connaître sur les réseaux, en créant des shorts, sur son blog, sur une newsletter ou sur quoi que ce soit. en analysant des sites, en faisant de la veille et en traquant précisément son contenu. Donc, c'est un peu tiré de mon expérience. Je me suis dit, oui, il y a vraiment une technologie à développer qui pourrait être très utile et qui pourra se commercialiser et aller au-delà. Et demain, un fonds qui veut lancer son média le pourra grâce à notre technologie comme n'importe qui pourrait le lancer avec très peu de coûts. C'est aussi l'idée de one person, one media. Une personne peut gérer un média entier, faire un magazine, faire ce qu'il veut parce que tu as de l'IA derrière qui aide à gagner. énormément de temps et de productivité.
- Speaker #0
Tu parlais de la technologie, avant de se lancer sur l'aventure du revenu, tu parlais de la technologie que tu avais développée pour Overlord. Comment on fait ? Tu as été voir un codeur, comment on fait ?
- Speaker #2
C'est une très bonne question, j'ai vraiment appris sur le tas, j'ai appris à mes dépens et j'apprends encore beaucoup aujourd'hui, parce que maintenant il y a une dizaine d'ingénieurs ici. Encore autre chose à gérer, mais comment démarrer de 0 à 1 ? C'était assez simple. J'avais une idée, je comprenais quels étaient les besoins de mes clients, les boutons sur lesquels ils auraient été contents d'appuyer, les différents utilisateurs de la plateforme. Sur notre plateforme, c'est assez simple. Il y a un investisseur qui va mettre de l'argent dans le fonds d'investissement et un manager qui va gérer son fonds d'investissement. Il y a deux types d'utilisateurs qui vont avoir deux parcours un peu différents. L'investisseur va donner son KWC. Il va confirmer le montant qu'il veut mettre, il va signer un bulletin de souscription et il va suivre la performance dans le temps de son investissement. Et le manager, il va organiser toutes ces étapes-là. Donc en fait, l'étape, c'est d'abord de se faire une maquette. Imaginez si on... n'est suffisamment... C'est pas d'être créatif, mais ça demande d'avoir logique.
- Speaker #0
D'avoir ton parcours utilisateur. Voilà, exactement. Cartographier ton truc.
- Speaker #2
Exactement. La cartographie de son application, de son site internet, de ce qu'on veut développer. Et après, trouver le développeur. On ne va pas y mettre des tas de moyens au démarrage, donc on va prendre ce qu'on appelle un full stack. Le full stack, c'est celui qui est aussi bien capable de coder le back que de coder le front. Le back, c'est le code qui va permettre de tout faire fonctionner. Et le front, c'est juste comment est-ce que ce bac apparaît sur l'interface pour l'utilisateur. Moi, c'est comme ça que j'ai démarré en mars 2023 avec un développeur.
- Speaker #0
Tu t'es trouvé comment ?
- Speaker #2
Le hasard faisait que le frère de ma compagne était développeur et cherchait à chancer. Donc, c'était vraiment une activité familiale. Ça coûte un peu d'argent quand même. C'est quand même des bons salaires les développeurs en France. Il faut assumer la charge. Le cabinet allait bien, donc ça va, on a pu le supporter. Mais par contre, c'est là qu'on découvre la frustration de la tech. C'est-à-dire que les boutons ne marchent pas. Quand c'est censé envoyer un email, ça en envoie 70. Les utilisateurs ne comprennent pas où est le bouton, alors que s'il est là, c'est une vie. Et s'il ne le voit pas, c'est ma faute, ce n'est pas la sienne. Et donc, c'est vraiment une... des étapes successives de développement, trois ans plus tard, on a dix développeurs. En fait, sur dix développeurs, tu n'as que deux ou trois gens qui font du code. Les autres, c'est des gens qui font du design, des gens qui font l'infrastructure pour le serveur, des gens qui font du test, des gens qui font l'organisation de l'équipe, ce qu'on appelle un product owner, des gens qui font juste du débugage, mais il y a assez peu de codeurs. Tu ne gagnes pas forcément beaucoup en vitesse, mais tu gagnes en robustesse. Et je suis... Aujourd'hui, ce n'est même pas convaincu, pour moi c'est une évidence, aucune société, avocat ou autre, ne peut survivre sans de la tech. Sinon on est très vite dépassé, on est à la ramasse, on n'est pas assez productif, on ne va pas satisfaire ses clients pleinement. Donc toute société aujourd'hui doit réfléchir ses process internes. Est-ce que c'est de la tech juste pour soi ? On peut à la fois développer de la tech juste pour gagner du temps, que ce soit client-facing ou... développer de la tech vis-à-vis de ses clients pour leur fournir plus de services. Mais la réflexion tech, pour tout ce... Alors après, quand on est un avocat simplement individuel, peut-être que c'est moins vrai, mais il doit y avoir une réflexion tech dans toute société qui a de l'ambition et qui veut grandir. Il y a un moment où on a besoin de scaler et seule la technologie peut permettre de le faire.
- Speaker #0
Donc c'est de façon... artisanal au démarrage que tu démarres cette technologie d'Overlord.
- Speaker #2
Il faut penser, quand on veut faire une tech, aux toutes premières briques et aux choses les plus utiles. Aujourd'hui, le gain marginal qu'on fait en un mois de développement, il est bien moindre que le premier mois de développement. Le premier mois de développement, c'est tout le truc évident, c'était envoyer automatiquement un DocuSign aux investisseurs. Parce qu'il y en avait 50, il y en avait 100, ça prenait un temps fou. Il fallait avoir vraiment cette brique pour que ça s'envoie tout seul et qu'on gagne ce temps-là et que le stagiaire n'ait pas à remettre les pavés de signes et les tirs. Rien que ça, ça nous faisait gagner beaucoup de temps. Aujourd'hui, c'est des gains marginaux sur la table de capitalisation ou quoi que ce soit. Donc, quand on veut développer, il faut vraiment se dire c'est quoi le quick win, ce qui a le plus de valeur ajoutée. Et d'y aller comme ça de manière décroissante en faisant ce qui vraiment crée de la valeur ajoutée et en étant très à l'écoute de ses clients. Parce que c'est des clients qui disent ça, ça me... t'as développé ça pendant 3 mois mais ça me sert à rien j'ai jamais touché à ce bouton, pourquoi tu l'as fait ? C'est vrai de toute boîte qui se développe, mais vraiment trouver ce qui a vraiment de l'intérêt, c'est la première clé, et ça peut être des choses assez simples, surtout aujourd'hui, moi j'ai commencé en 2023, en 2023, il n'y a pas encore vraiment d'IA qui code c'est quand même, le monde a basculé dans le code t'as beaucoup plus de no-code et t'as même du code en dur qui peut être rédigé par le dire, c'est-à-dire que le coût est bien moindre, la rapidité est bien plus grande, donc il y a quand même une porte d'entrée qui s'est beaucoup abaissée par rapport à ce que j'ai connu.
- Speaker #0
Du coup, les codeurs,
- Speaker #2
ils sont beaucoup moins chers.
- Speaker #0
Ou alors, ils ont eu le travail.
- Speaker #2
Le rapport qualité-prix est meilleur, mais le coût peut être plus élevé. C'est-à-dire que si tu prends un codeur un peu expérimenté qui sait faire de l'IA, il va aller beaucoup plus vite, mais il ne va pas te coûter 5 000, il va te coûter 10 000. Mais le rapport qualité-prix est meilleur.
- Speaker #1
Du coup, il te le sort beaucoup plus vite, donc tu es content quand même. Exactement. C'est ça le but.
- Speaker #0
Bon, alors, je t'ai arrêté sur le revenu. Alors, raconte-nous. Le revenu, tu décides d'acheter ?
- Speaker #1
D'abord, avant, tu décides, comment tu sais ? Comment tu te dis que... Le journal, peut-être que tu le connaissais par ailleurs, mais comment c'est que tu sors du global et qu'on peut le racheter ?
- Speaker #2
Je le connaissais, pas bien, mais je le connaissais. Quand je l'ai racheté, mon père m'a dit « Mais tu sais que ton grand-père lisait le revenu ? »
- Speaker #1
C'est ça que j'avais vu.
- Speaker #0
Donc ça veut dire que tu rachètes un truc historique.
- Speaker #2
Qui est né, pour l'anecdote, en mai 68.
- Speaker #1
petite private joke. Vous prenez aujourd'hui le logo.
- Speaker #2
On a changé, on a mis depuis
- Speaker #1
1967. On ne peut pas déconner. C'était juste bizarre, mais 68 n'avait pas tellement de sens. Donc, on a fait une petite private joke. Et donc, en fait, mes clients voulaient s'adresser à une audience d'investisseurs.
- Speaker #2
J'avais créé un blog, un petit média, qui s'appelait Dividende.Média, qui parlait d'argent, comme son nom l'indique, et qui avait vocation à être notre portail pour toucher du monde, toucher des investisseurs, etc. Ça vivotait, c'était tout petit, ça ne marchait pas spécialement bien ou quoi que ce soit, mais le monde des médias m'intéressait déjà. Je savais que je voulais y aller, je communiquais moi-même sur mes réseaux, etc. dans mon réseau, quelqu'un m'a dit « Tiens, on regarde, il m'a envoyé un email comme ça, je sais que tu t'intéresses aux médias, c'est un redressement judiciaire. » Et je vois ça, je me dis « Tiens, c'est quoi cette histoire ? » Et là, je n'avais pas idée de l'engrenage dans lequel je mettais la main. C'était vraiment... Si j'avais su, peut-être que je n'y serais pas allé. C'est dingue. Le monde des procédures collectives, j'ai eu la chance d'être très bien accompagné par une banque d'affaires, sans qui je n'aurais même pas fait d'offres ou quoi que ce soit. Mais le monde des procédures collectives, c'est un jeu de masques où il y a plein d'acteurs, l'administrateur, le liquidateur, le commissaire, les juges, les salariés,
- Speaker #0
les dirigeants. La vérité, c'est que là, pour le coup, même chez les avocats, c'est compliqué d'avoir des... T'es obligé d'avoir quelqu'un qui...
- Speaker #2
C'est une procédure ultra technique, ultra spécifique. C'est la première fois de ma vie que j'ai pris des très gros avocats. D'habitude, je travaille plutôt avec des avocats qui me ressemblent, donc de petits cabinets qui sont talentueux. Mais là, dossier un peu de place, j'ai mis de l'argent pour embaucher un gros avocat d'un gros cabinet américain. Et ça fait la différence. Je ne le regrette pas. J'ai payé très cher, mais j'avais... un moins bon dossier que mes concurrents, parce qu'en plus, on est en concurrence.
- Speaker #0
Si tu poses une offre à la barre, personne ne regarde.
- Speaker #2
On avait quand même un groupe coté qui faisait 300 millions d'euros de chiffre d'affaires à côté de nous. C'était un très gros truc. Et avoir un très bon avocat reconnu, réputé, plus EY en consulting, parce qu'en plus de ça, tu payes ton billet. Tu rachètes à la barre,
- Speaker #1
c'est un peu d'arde. Ah ouais,
- Speaker #2
il faut mettre de l'argent. Surtout quand tu es plus petit, c'est-à-dire que tu es obligé de payer plus cher ton premier deal. Aujourd'hui, ça va être public, on a fait des offres, on a fait une offre sur le nouvel économiste. On est beaucoup plus crédible, solide, on a une activité éditoriale, on fait du print, etc. Donc on n'a pas besoin non plus d'être surpayé le truc pour montrer qu'on en veut absolument. Mais donc, j'ai découvert ça par mon réseau, qui m'a dit, il y a cette opportunité, tu plonges dans la data room qui est assez obscur parce qu'en fait, tu ne peux pas parler aux salariés, tu parles très peu aux dirigeants, tu as les documents qu'on veut bien te donner. On en avait quelques-uns quand même et heureusement que j'ai été très bien accompagné par EY et par Laurent Assaya, je salue mon avocat, pour aller jusqu'au dernier jour. Mais si tu veux, par exemple, quand tu déposes ton offre, tu dois la déposer à minuit, tu l'envoies à 23h57. Parce que tu as peur que si tu l'envoies à 23h30, l'administrateur judiciaire, il ne sait pas qui, il envoie un autre. C'est une guerre de l'information. Tu n'en donnes pas, tu essayes d'en prendre, tu appelles tes concurrents. C'est vraiment un jeu de masques d'une intensité. Je me souviens, il faisait très chaud l'été dernier. J'ai dû passer des journées en mai ou en juin allongé dans mon bureau par terre, me dire mais qu'est-ce que je fais ? C'est de la folie, c'est trop d'argent, c'est super galère. On n'était pas encore très gros, on était une petite vingtaine, une grosse dizaine. Et on allait reprendre par 12 salariés. Donc la boîte allait vraiment changer de dimension, un métier quand même très différent. On voyait les synergies, mais on ne se rendait pas compte du risque. En plus, dans les médias, clause de conscience liée à la convention des journalistes. Donc tu as un risque aussi. Ce bar, ça te coûte cher et le truc est planté. il y a des gros risques qui sont associés à cette... à cette acquisition. Finalement, on est bon le jour de l'audience. Le tribunal est réceptif à notre argumentaire et à la synergie du groupe. Je pense que ma prestation n'était pas mauvaise. Il nous donne la victoire et ça démarre le 17 juillet 2025. Il y a six mois exactement.
- Speaker #0
Et alors ?
- Speaker #2
Ça se passe très bien. Au début, j'étais assez impiqué. Maintenant, je suis un peu moins. Choc de culture avec les équipes, parce que beaucoup... J'ai hérité de contrats de travail rédigés en franc.
- Speaker #1
Wow, donc... Vous les gardez sur la liste ?
- Speaker #2
Une certaine ancienneté, on peut dire. Des gens d'une autre génération. Donc il y a un peu un choc à la fois de culture journalistique avec la culture avocat tech, le choc de génération, le choc de métier, etc. Mais c'est passionnant, c'est fascinant de comprendre... Comment ça fonctionne ? J'ai évidemment fait des erreurs, maintenant je me rends compte. Par exemple, on parle des grands marronniers dans la presse, et moi ça m'énerve de dire on revient toujours sur les mêmes sujets, c'est un peu nul au changer de sujet les gars. On parle avec des experts, les experts, nous on a essayé de faire un peu ça. Si il y a un marronnier, c'est pas pour rien. S'il y a d'autres, parce que les gens l'achètent et donc tu le fais. Et on avait notre conseil média qui nous dit non, mais on a vu des féminins essayer de parler autre chose que de maigrir en mars, c'est une grande seconde. Parler de maigrir en mars, arrêter de changer les trucs, s'il y a des marronniers, il faut en parler. Donc voilà, c'est des erreurs qu'on fait. La tech, on espérait que ça aille beaucoup plus vite, ça n'est pas allé très très vite.
- Speaker #0
Là, la tech que tu as développée, c'est quoi, pour le coup ?
- Speaker #2
Alors, il y avait ce qu'on appelle une énorme dette technique. Déjà, tu regardes le site internet qui avait payé très cher et qui était très inefficace, il y avait cinq prestataires dessus. Ils n'avaient aucune compétence interne. Il y avait un prestataire pour la liseuse, un prestataire pour les comptes, un prestataire pour les articles, un prestataire pour la boutique, un prestataire de chaque côté. Dès que tu voulais bouger une couleur ou quoi que ce soit, ça prenait des mois et ça coûtait très cher. Nous, on a tout réinternalisé pour reprendre le site Internet et pour développer notre propre technologie qui, comme je le disais tout à l'heure, permet d'être one person, one media, d'être dans la tour de contrôle de quelqu'un qui veut créer un média. Il va commencer par faire sa veille, soit de la veille chaude en scrutant les réseaux sociaux. Ah tiens, sur X, il y a tel sujet qui est en train de monter sur Facebook, c'est ça. Ah, les articles les plus lus dans le monde, c'est ça, etc. Vraiment voir de quoi les gens veulent parler, la conversation à table le soir même. Ou alors faire de la veille sectorielle. Donne-moi toutes les informations qui sortent sur l'AMF, les commissions des sanctions, les rapports, etc. L'INSEE, la Banque de France. Faire de la veille sur des sites internet qui intéressent le média en particulier. utiliser ces sources pour passer la deuxième étape qui est la rédaction, rédigée pour un newsletter, rédigée pour un blog, un site internet. Et là,
- Speaker #0
tu utilises quoi alors ?
- Speaker #2
Là, j'ai mes dix ingénieurs qui font du code en dur. Il y a des techniques de crawling, de scraping, de l'IA beaucoup. L'IA est un levier d'archimède assez incroyable. C'est un stylo magique. Il n'écrira rien de bien tout seul, mais avec un bon journaliste derrière, il va écrire quelque chose. très rapidement, de grande qualité. Donc, on met évidemment l'IA dans chacun de nos processus. Et donc, la deuxième étape, c'est rédiger le contenu, rédiger ou générer des images ou générer des vidéos. Forcément, aujourd'hui, il y a beaucoup de contenus qui sont des shorts qui marchent très bien, ou voir des vidéos longues. On n'est pas encore à ce stade de la technologie. Et en dernier, et ça c'est essentiel, et moi c'est l'une de mes passions, c'est le tracking. C'est suivre en permanence ce qui marche mieux. Sur le site internet, combien tu fais de ventes, quand il y a tel niveau de SEO. C'est suivre toutes les données que tu peux avoir liées au contenu que tu as généré. Et mettre de l'IA dans tout ça pour que le sourcing soit automatique et s'améliore, qu'on source mieux les informations, qu'on nous propose des sujets plus vite, qu'on les rédige plus vite, qu'on les publie plus vite, qu'on les traque, et que ce soit une boucle comme ça positive. En fait, une personne peut être derrière sa tour de contrôle et créer un magazine print comme ça. créer un blog, créer une newsletter, créer des shorts de manière très rapide, véloce, grâce à la technologie. Et qu'il n'y ait pas une chaîne... Aujourd'hui, on le fait beaucoup manuellement parce que la technologie n'existe pas encore. Mais elle est en cours de développement. Il y a certaines briques qui existent. Mais aujourd'hui, il y a forcément beaucoup de gens qui se passent la balle de manière manuelle. Là, tout sera pilotable sur une même technologie.
- Speaker #0
Ce que toi, tu développes, c'est ça ? Tu dis, tout sera pilotable sur une même technologie. Mais ça te... C'est-à-dire que... Il n'y a pas d'autres personnes que toi qui ont vocation à être sur le devant de la scène ou si en fait ?
- Speaker #2
Alors, dans les médias que je possède...
- Speaker #0
Parce que tu n'as pas de volonté ? Moi,
- Speaker #2
je n'ai pas envie d'être sur le devant de la scène, le moins possible. Moins le média est dépendant de moi, mieux je me porte. C'est pour ça qu'on a des journalistes qui sont très connus, qui sont sur BFM toutes les semaines. Donc, c'est très bien. Je ne cherche pas du tout à mettre en avant, d'autant plus que le groupe dont aujourd'hui, je n'ai plus d'ailleurs de direction opérationnelle, je suis juste membre du conseil d'administration, ce que notre profession autorise. Le groupe va se développer, va racheter d'autres médias. On parlait de Nouvel Économisme, il y en aura probablement d'autres. et ce qu'il faut c'est pouvoir avec cette technologie changer la marque qui est dessus et l'utiliser pour lancer demain un magazine pour chien et chat un magazine maison un magazine j'en sais rien parce qu'une fois que ton outil existe bon l'outil de veille c'est l'outil classique de journaliste donc ça à la limite ça va et après derrière le simple fait de suivre la trend et articles
- Speaker #1
blogs,
- Speaker #2
vidéos en vrai quelle que soit la source initiale c'est très bien et tout le monde en a besoin et l'idée c'est vraiment de donner un outil aux médias, lettres, compagnies tous les... Les sociétés, cabinets ou autres qui voudront créer un média, ils auront cette tour de contrôle. Ils pourront faire leur veille sur leur secteur à eux, créer leur type de contenu qui leur convient bien et traquer la performance qu'ils ont, quel que soit leur métier, leur domaine, leur spécialité.
- Speaker #1
Et est-ce que, donc là, tu as construit ça pour le revenu, éventuellement pour d'autres médias, est-ce que tu l'utilises pour toi en perso aussi ?
- Speaker #2
En fait, ces montres, je l'utiliserai. Elle n'est pas assez aboutie, mais c'est notre travail quotidien. C'est comme on est un média, on sait comment créer un média, on sait comment le digitaliser. né. IA native, on est né dans la vague IA, même si on a un historique, évidemment. Donc oui, je l'utiliserai pour moi, et demain, mais c'est raison. Par exemple, pour la société de back-office qui n'est pas le revenu, on peut l'utiliser et propulser le SEO, créer du contenu spécifique juste sur les fonds d'investissement, et là, aller chercher une audience plus petite, mais que sur les gens qui s'intéressent aux fonds d'investissement. Donc oui, vraiment, ça va s'appliquer à toute société qui aura envie de... communiquer, de suivre sa performance, de se faire connaître et de développer sa notoriété.
- Speaker #1
Une fois que le produit, tu l'estimes être viable, tu le commercialiserais toi ou tu le garderais en mode ingrédient secret ? Non,
- Speaker #2
on va le commercialiser. C'est quasiment un prétexte pour être une société de technologie. On va montrer qu'on sait le faire parce qu'on est un média donc on a besoin de savoir le faire. Mais non, l'idée, ce sera de le licencier demain à ceux qui voudront créer leur propre média. Je pense vraiment qu'il y a une guerre de l'attention, surtout à l'ère de l'IA. On voit des trucs qui explosent. Tout le monde doit être présent. Et donc, si demain, des cabinets d'experts comptables ou quoi que ce soit veulent l'utiliser, tant mieux, on leur ferait une licence sans problème.
- Speaker #0
Parce qu'on dit que le contenu, qu'effectivement, il y a une guerre de l'attention. Effectivement, tout le monde est submergé d'informations. Mais on dit aussi qu'avec l'IA, l'information... Et d'ailleurs, je ne sais pas si tu l'as remarqué sur LinkedIn, j'imagine que oui. Mais les postes sont très... Pas nuls, mais en tous les cas lisses. Les postes générés par l'IA sont lisses.
- Speaker #2
Pour moi, l'IA, vraiment, déjà, est la plus grande révolution technologique qu'on ait connue, mais vraiment, je pense plus qu'Internet, plus que l'ordinateur. Vraiment, je pense que ça peut transformer nos sociétés et on doit chevaucher le tigre. C'est ce que je dis à tout le monde. Les journalistes qui ont 60 ans ici et qui n'ont pas connu Internet, qui n'ont pas connu l'ordinateur, je leur dis allez. faites-le, faites-moi confiance, on va chevaucher le tigre il faut le prendre parce que nos concurrents vont le faire et de toute façon ça va bouleverser notre manière de faire et ce que je leur dis pour moi c'est vraiment un stylo c'est un stylo magique ça ne va rien écrire tout seul ou alors ça ne va effectivement rien écrire de bien mais quelqu'un qui sait bien utiliser, il peut écrire des trucs incroyables avec, il peut écrire des trucs très polémiques, très lisses, très clivants très experts etc. mais il faut avoir un bon pilote dans la tour de contrôle Un bon pilote peut faire des choses vraiment exceptionnelles grâce à l'IA. C'est pour ça que les avocats, c'est très bien qu'ils utilisent l'IA, parce qu'ils ont une expertise profonde, ils peuvent corriger l'IA quand elle se trompe sur le droit, ils peuvent l'orienter, etc. Ils ont toute leur place à l'utiliser régulièrement. Le mantra ici, c'est tu ne travailles pas avec l'IA, tu ne travailles pas dans cette société.
- Speaker #1
Il n'y a où rien. C'est un bon mantra. Mais la différence, c'est que les postes que tu vois passer et que j'estime nul et que j'engage que moi, C'est qu'en fait, les gens n'ont pas retravaillé, n'ont pas cherché à pousser un peu plus l'outil pour avoir un truc qui sort vraiment proprement, ou juste à relire, quelque chose de propre.
- Speaker #2
Pour eux-mêmes, il leur a écrit tout seul.
- Speaker #1
Ça aurait pris trois heures de plus,
- Speaker #2
ça aurait été aussi mauvais. Pour moi, l'IA, c'est un outil. C'est comme le couteau. On peut se lutter pour tuer, comme pour la viande, comme pour sauver quelqu'un. C'est la manière d'utiliser l'outil.
- Speaker #0
L'logie, elle est... Tu utilises une IA en particulier ? Tu as des sujets de quelle IA on utilise ?
- Speaker #2
C'est un très bon sujet que je maîtrise mal parce que j'ai le biais ChatGPT qui est sorti en premier et que j'utilise depuis toujours. Je suis quand même très satisfait, très content de ça. Mais en tout cas, pour nos outils technologiques, la question va vraiment se poser de tester les différentes IA et voir lesquelles sont les plus performantes. Gmini 3 a l'air très bien. En tout cas, le chat GPT professionnel fait vraiment l'affaire sur beaucoup de choses. Attends, juste une indiscrétion.
- Speaker #0
Il ressemble à quoi ton chat GPT professionnel à toi ?
- Speaker #2
Mon chat GPT Pro, j'ai beaucoup d'IA pré-prompté. Donc, quand je veux écrire un post LinkedIn, j'ai une IA pré-promptée. Quand je veux faire un short sur Instagram, j'ai une IA pré-promptée. Quand je veux faire une recherche, j'ai une IA pré-promptée, etc. il est assez organisé et le truc que j'aime bien c'est même les dossiers que tu peux créer sur Tadjik je ne le suis pas beaucoup mais quand tu mets ton dossier le revenu et tous les sujets liés au revenu tu les mets dans ton dossier, tu fais ton dossier et là ça vit sur quasiment une même grande conversation et j'ai des amis qui sont incroyables j'ai un copain, il a son board en IA, c'est à dire qu'il a dit je veux avoir Carl Jung, Elon Musk euh
- Speaker #1
Il y a Einstein dans mon board.
- Speaker #2
Donc à chaque fois que j'ai une question, que je suis perdu ou quoi que ce soit, tu me réponds ce que m'aurait dit Elon Musk, ce que m'aurait dit Perle Young, ce que m'aurait dit Einstein et tu me donnes la réponse. Et il discute avec son board et il a raison. Mais tu vois, moi j'y suis beaucoup à titre personnel aussi. Franchement, c'est le meilleur. C'est un psychologue incroyable quand même, tu vois, objectivement.
- Speaker #1
Non mais moi, quand j'ai un truc perso qui me chagrine, qui me travaille, j'ai besoin d'en parler, je suis bluffé. Ah non, vraiment, je suis bluffé. Est-ce que vous avez écouté les musiques IA ? Non. Moi, j'en ai vu dans ce moment, mais qui me...
- Speaker #2
Celle de Papa Hôtel, le remix de Papa Hôtel ? Ouais,
- Speaker #1
j'ai entendu celle-là aussi, vachement bien. Elle est incroyable.
- Speaker #2
Moi, je l'ai écoutée, je l'adorais. Je ne savais pas que c'était une IA. Et j'ai encore plus aimé quand j'ai su que c'était une IA. C'était incroyable. Allez,
- Speaker #1
on va faire de la pub pour...
- Speaker #2
Mais c'est dingue. Il y a un chœur, il y a un chanteur, il y a de l'émotion. Et c'est un remix de Papa Hôtel. il y en a un qui sort comme ça et il y en a une qui est vachement en train de TikTok et là je me suis dit mais cette technologie qui est capable de te faire une musique avec de l'émotion avec une voix et tout, il y a un truc quand même qui est en train de se passer je réorganise mon chat c'était les autres ou pas ? pas beaucoup en fait c'est quand même assez bien fait que quand tu utilises une t'es un peu dépendant parce que t'as ton historique donc basculer c'est moins facile par contre ce que j'utilise en les autres IA c'est que pour les autres fonctionnalités. L'image, je ne fais pas sur l'LGPT, je le fais sur Midjourney. Et les vidéos, on le fait sur Xfield. Oui, Midjourney, j'aime bien.
- Speaker #1
Il y avait NanoBanana.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai qu'il est très bien, que je n'ai pas encore testé. Mais tu vois, je suis un peu sur les antennes. Il faut que je me bascule sur les nouvelles.
- Speaker #0
Tu disais les vidéos, vous les faites sur quoi ?
- Speaker #2
Xfield, qui est pas mal. C'est plus un agrégateur d'IA qu'une IA en tant que telle, mais on fait des trucs incroyables. Souvent, on fait une petite pub avec ce magazine. On fait une pub, on dit, voilà, allez-y, il est en kiosque, il va faire une chose. Et Rémi, on pourra la passer si tu veux, m'a transformé en une très jolie brésilienne en qui fait cette pub, avec ma voix, donc c'est assez perturbant. Et c'est dingue, vraiment, tu vois le truc,
- Speaker #1
tu te dis, non, c'est une femme qui... Il y a des trucs dingues. Non, ça c'est... Tu fais pas gaffe, en fait.
- Speaker #0
Et si en plus, c'est mon psychologue ?
- Speaker #2
C'est un psychologue à qui tu peux parler à 23h30 le soir, il n'y en a pas beaucoup quand même. Et si c'est Brad Pitt, c'est encore mieux.
- Speaker #0
On termine toutes nos interviews par les questions qui fâchent.
- Speaker #2
Allons-y.
- Speaker #0
Et je me rends compte qu'on t'a pas envoyé une question, donc on peut te la faire comme ça en live, et si t'es pas content de ta réponse, de toute façon on couperait. C'est pas grave.
- Speaker #2
C'est la question de Manu.
- Speaker #1
C'est juste, est-ce que dans ton parcours avant d'être avocat à la City et tout, t'avais croisé des figures d'avocats de la pop culture qui t'ont marqué, et peut-être qui t'ont encore marqué aujourd'hui ? Je pense qu'on est beaucoup à être devenus avocats grâce aux avocats médiatistes.
- Speaker #2
Et grâce aux pénalistes. Évidemment, on ne savait pas ce qu'était le droit. On ne savait pas ce qu'était être avocat. Mais on voyait des hommes ou des femmes très bons orateurs, très élégants, avec un beau parler. Évidemment, j'en ai vu. Celui que j'avais beaucoup aimé à l'époque, et peut-être que c'est une mauvaise réponse, mais c'était Karim Achouine.
- Speaker #0
Il avait un carisme,
- Speaker #2
il avait une morgue, il avait un truc qui était...
- Speaker #0
Il avait de la rugosité.
- Speaker #2
Il est élégant en même temps. J'ai vraiment beaucoup aimé Karim Hachim.
- Speaker #1
On parle de lui parce qu'il n'est plus avocat, mais il est encore vivant. Un grand homme.
- Speaker #0
Deuxième question, c'est si tu devais supprimer une règle du code de Dehanto, ce serait laquelle ? On en a qui nous ont répondu aucune.
- Speaker #2
Aucune ? Non, ce serait trop... Écoute, je le trouve effectivement assez équilibré. Moi, ce que je trouve très déplaisant dans la déontologie, c'est quand la déontologie est exercée contre un confrère. Quand c'est exercé en faveur de la profession, pour que tout se passe bien, s'il n'y a pas de problème. Mais quand tu l'instrumentalises dans un dossier uniquement pour mettre la pression... à un avocat en face de toi juste pour lui mettre un coup de pression ou aller carrément jusqu'à une saisine du bâtonnier ou quoi que ce soit, surtout quand ça ne s'y prête pas, c'est vraiment très problématique, je trouve.
- Speaker #1
Tu rajouterais une règle de... Oui,
- Speaker #2
en tout cas, je pense que le barreau devrait être un peu plus attentif à qu'elle ne soit pas dévoyée, instrumentalisée. Et si ça l'est, ça doit être sérieusement sanctionné. Donc c'est ça. Et sinon, moi je trouve que sur les incompatibilités qui nous animent dans ce podcast Génération Entrepreneur, elles sont relativement équilibrées. Je trouve que le barreau est quand même à l'écoute de l'argument de dire qu'il faut que les avocats aillent sur le terrain des entrepreneurs pour ne pas laisser les entrepreneurs venir sur le terrain des avocats. C'est à Paris.
- Speaker #0
Tu te penses que c'est moins possible ?
- Speaker #1
Après, il y a certains barreaux de région...
- Speaker #0
En tout cas, la volonté, il y a une attention particulière à l'entrepreneuriat. Et puis en particulier sur les derniers bâtonniers que nous avons.
- Speaker #2
Si on devait changer quelque chose, je trouve que tous les avocats devraient être plus librement autorisés. En tout cas, à Paris, on l'est, ça va. Mais si ce n'est pas le cas, oui, aller sur le terrain commercial. C'est drôle. Là. honte du commerce, même fondamentalement, d'où est-ce qu'elle vient ? Dans la noblesse française avant, tu avais une déchéance de noblesse, c'était un acte de dérogance que d'être commerçant. Le noble qui se mettait à faire du commerce, c'était honteux, c'était sale, qui allait vendre des choses, c'était pas bien, il devait uniquement récultiver sa terre et se battre. Et c'était un acte de dérogance. Là, c'est un peu pareil, les avocats qui font du commerce, c'est un acte de dérogance et tu te répères ta robe parce que tu fais du commerce. Ça m'a l'air un peu vieillot, donc j'applaudis le barreau de Paris qui est sensible à ça et qui permet aux avocats d'être également entrepreneurs.
- Speaker #1
Prochaine question, question Gad Elmaleh. Sur qui tu as copié ou de qui tu t'es beaucoup inspiré ?
- Speaker #2
Beaucoup des Américains, en fait, parce que quand j'ai eu peur des entrepreneurs qui viennent sur mon terrain, sur le back-office, c'était parce qu'il y avait des solutions qui marchaient très bien aux Etats-Unis et qui faisaient déjà ça, et qui étaient 100% tech, 100% entrepreneurial et 0% avocat. Donc, on s'est clairement inspiré de ce qu'ils faisaient pour inventer notre propre modèle ici. Donc, d'un point de vue business, on s'est inspiré des solutions américaines, des rentables, Vauban en Angleterre. Et après, d'un point de vue... personnel. J'ai eu beaucoup d'influence de grands hommes que je peux admirer. Les Steve Jobs, Warren Buffett, Karim Achoui qu'on évoquait sur le côté avocat. Je ne sais pas si je les ai copiés, mais en tout cas, je ne crois pas qu'on invente grand-chose. Par exemple, quand on fait du contenu sur les réseaux sociaux, pour recler la boucle, copier, ce n'est vraiment pas une ombre. Il y a des trucs qui marchent bien. Il ne faut pas les reprendre mot pour mot, évidemment, mais il faut comprendre ce qui a bien marché pour lui et le réutiliser et comprendre. C'est vraiment très habituel dans le monde des influenceurs que de réutiliser des choses qui ont été bien faites par d'autres. Celui qui a fait une vidéo avec un dîner, refaire une vidéo avec un dîner parce que ça a bien marché, tant mieux, il faut le faire.
- Speaker #0
C'est dommage d'ailleurs, tu me fais penser à ça, cette émission où on dînait tous ensemble chez Thierry Ardisson, je trouvais que c'était extraordinaire. Il est décédé, il y a eu une nuit où ils ont remis les meilleurs moments de... c'était le numéro de Sarah Rue. Oui, c'était Faubourg Saint-Paul. Franchement, je trouvais que c'était étavé, je trouve ça génial.
- Speaker #2
Je vous donne cet exemple, c'est très bon, parce que si mon copain Carlos, qui fait ça sur le festin en format tech. Il invite des entrepreneurs de la tech à dîner. Exactement, le Faubourg Saint-Honoré, il le reconnaît sans aucun problème. Mais il le fait à sa propre sauce, à lui. C'est excellent. Il y a des vidéos ? Oui, tout à fait.
- Speaker #1
C'est quoi le nom ? Ça s'appelle Le Festin ?
- Speaker #2
Oui, Le Festin. C'est YouTube. Il est très fort.
- Speaker #0
Dernière question. C'est la question Steve Jobs, d'ailleurs.
- Speaker #2
La question Steve Jobs. Incroyable.
- Speaker #0
Si tu devais donner trois conseils à un jeune avocat entrepreneur qui a envie de se lancer, ce serait lesquels ?
- Speaker #2
Ne trouve pas d'excuses. Ce que je dis à tous les avocats qui veulent se lancer en individuel, des excuses, parce que ce n'est pas des bonnes raisons. Les raisons qu'on entend tout le temps, c'est « je n'ai pas de réseau » , « je n'ai pas encore assez appris » , « je ne sais pas avec qui m'associer » ou quoi que ce soit. Non, tu n'as pas besoin d'associer, tu n'as pas besoin de réseau, tu n'as quasiment pas besoin de compétences, parce qu'en fait, évidemment, tu en auras besoin, mais tu vas apprendre mille fois plus vite. en étant indépendant qu'en étant dans un cabinet où tu vas refaire toujours et toujours la même chose. Tu vas apprendre d'autres choses plus vite, par toi-même, etc. Pas de fausses excuses. Tu veux te lancer ? Lance-toi. On a la chance d'être dans une profession. Tu poses ta plaque. Le lendemain, tu peux facturer 5 000, 10 000, même 2 000 euros. Et tu peux vivre avec ça, à peu près. Quand tu veux lancer une boîte 100% tech, ce que je n'ai pas fait, tu dois passer des mois de développement avant d'espérer facturer 20 euros par mois quelques clients. C'est beaucoup plus dur. Ou quand j'ai un ami qui veut lancer de la chicha en électrique. Ça lui prend trois ans de R&D, de développement en Chine, avant de vendre sa première chicha électrique. C'est vraiment une autre aventure. Alors que nous, entrepreneurs, avocats, on pose notre plaque et du jour au lendemain, on peut commencer à facturer. Donc, pas d'excuses. Il faut se lancer. Soyez ambitieux. Je pense que le marché du droit, c'est une évidence, il est immense. Je vois beaucoup d'avocats qui plafonnent à 100 000, 150 000, 200 000. Vraiment, il faut avoir l'ambition d'avoir sur... Une stratégie marketing, une stratégie commerciale, une stratégie RH. On peut construire des boîtes même si elles ne sont qu'avocats. Alors moi, je suis un peu allé un pas de côté, mais même en étant strictement avocat, on peut avoir des belles ambitions. On n'a pas besoin d'avoir un énorme nom américain ou quoi que ce soit pour faire vraiment un gros cabinet qui va facturer plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires tous les ans à ses clients. Le marché étant là, quel que soit le domaine dans lequel on est, du droit de la famille au droit des affaires. à la fiscalité, à la propriété intellectuelle. Il y a un marché colossal. Donc réfléchissez vraiment en entrepreneur avec tout ce que ça implique de commercial, de marketing, de tech, etc. Pas d'excuses, n'ayez pas peur, soyez ambitieux, pensez en entrepreneur.
- Speaker #3
C'est bien. Merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci à vous. C'était un plaisir.