Speaker #1Alors, la lessive. Chaque maison faisait différemment leur lessive, par exemple, parce que j'avais une tente qui avait une grande buanderie. On appelait ça une grande buanderie, avec un grand bac à bois qu'elle chauffait, qu'elle faisait bouillir son linge dedans. Elle préparait la veille, et le matin, très tôt, elle mettait son linge à bouillir, son linge blanc, et ça durait quand même... plus d'une heure avant qu'elle lave son linge. Et alors après, elle s'enfermait dans cette grande pièce. Elle frottait son linge avec une planche et puis elle frottait avec une brosse à chien dedans. Et elle les mettait après dans un grand bac d'eau froide. Sa lessive, à elle, ça prenait toute une journée. Le linge blanc et le couleur, ça ne se mélangeait pas à l'époque. Maintenant, on mélange tout. Mais là, ça ne se faisait pas, ça. Le linge blanc était blanc comme de la neige. Elle frottait, elle mettait dans un grand bac d'eau fraîche, elle faisait ça trois fois, elle les rinçait trois fois. Et la quatrième fois, il y avait encore un autre rinçage, qu'on mettait du bleu dedans. C'était une espèce de poudre pour dissoudre dans l'eau, ça faisait de l'eau bleutée, qui rendait le linge beaucoup plus blanc. Ça faisait un reflet bleuté dans le linge blanc. C'était d'une beauté. Et quand ça séchait, on voyait les draps avec le léger, avec un... un petit peu bleu dedans, mais il n'y avait pas de souplis, il n'y avait rien. Le linge était quand même raiche parce que ma tante, elle avait des gros draps de toile. Quand elle s'est mariée, il fallait qu'elle ait son linge personnel. Il fallait qu'elle brode tous ses draps. Tous ses draps étaient brodés avec l'hélicial de son autre jeune fille et le nom de son mari. Les têtes d'oreiller, toutes les serviettes de toilette, elles étaient brodées, tout était brodé. Alors évidemment, ils ont fait ça quand elles étaient jeunes filles, avant de se marier, il y avait du travail à faire. Et ce linge-là, c'était beau parce que, on ne voit plus ça maintenant, on ne voit plus. Mais alors elle, elle passait toute sa matinée, elle avait certainement le dos qui était fendu en deux, parce que c'était quand même beaucoup, beaucoup de travail. Mais par contre, mon autre tante, c'était autre chose. Elle, elle avait un petit brasero qu'elle avait mis dans son jardin et qui était alimenté. par de la sueur de bois. Et la sueur de bois, on mettait une allumette, ça ne flambait pas, ça brûlait tout doucement. Et elle mettait sa lessiveuse, parce qu'une lessiveuse, c'est une grande marmite où on mettait le linge aussi, qu'elle faisait bouillir aussi, parce qu'à l'époque, tout le monde faisait bouillir son linge. Et le linge, il bouillait toute la matinée, parce qu'il fallait du temps. L'été, elle faisait ça, parce que l'hiver, elle ne faisait pas ça. Elle allait faire bouillir son linge. Dans son atelier, parce qu'elle avait une grande cave et un grand atelier, parce que son mari était menuisier béniste, et quand il est décédé, elle a gardé ça justement pour faire des travaux d'hiver. Elle était renfermée dans un grand atelier, et elle faisait ça l'hiver. Mais l'été, elle le mettait dehors. Et elle aussi, elle faisait pareil. Elle faisait pareil que sa sœur, parce que c'était laver la main à la brosse, et rincer quatre fois. Trois fois, trois, quatre fois, après dans le bleu et après en laitant. Oui, il y avait de la lessive, mais ils mettaient beaucoup de copeaux de savon. Ça se vendait, ça, des copeaux de savon. Mais le savon, j'ai entendu dire que ça ne blanchissait pas très bien le linge. Mais ils ont fait beaucoup de copeaux de savon. Ils coupaient le savon comme ça. Ma mère faisait autrement parce que c'était encore... On était en ville, c'était encore pas pareil. Alors ma mère, elle avait une lessiveuse aussi parce que... Moi plus jeune, j'en ai eu aussi, mais ma mère mettait sa lessiveuse sur sa cuisinière. Elle aussi, ça chauffait toute la matinée. Il fallait que le linge soit bien mouillé et c'était moins dur à laver après. Il n'y avait pas de tâche sur le blanc, il n'y avait aucune tâche. Et maman, elle avait ça en appartement. Maman, elle a connu la lessive. Alors ça s'est dit la lessive Lacroix. Alors par exemple, maman, pour entretenir sa maison, parce que maman était très minutieuse, on avait par exemple du carrelage dans la cuisine, alors elle le lavait avec du savon noir. Avec une brosse à quatre pattes, avec du savon noir. Il n'y avait pas de brosse. Tout ça, c'est venu après. Alors, à la brosse, son carrelage, il était remarquable. Quand elle faisait sa viscèle, parce que souvent j'y ai pensé à ça, il n'y avait pas de produit à viscèle. Elle mettait du savon. Alors elle, mais non ailleurs, je ne sais pas, maman, elle mettait du savon, parce que ça faisait grand quand même. peu après, je crois qu'elle mettait de l'eau de Javel et après elle rinçait. C'était quand même assez compliqué quand même. Et pour laver les vides par exemple, pour laver les vides c'était avec de l'eau chaude et puis c'était tout. un chiffon et puis voilà quoi. Parce qu'il n'y avait pas de produits. Et les vis étaient propres pareil. Mais on a bien trop de produits. Mais ça coûte bien cher tout ça. Mais il faut venir à l'ancienne mode parce que les maisons étaient très propres. Il y avait de l'hygiène. Il y avait de l'hygiène. Parce que même, on avait des escaliers en bois parce qu'on habitait à l'étage, parce qu'on habitait en appartement. Bon, c'était notre escalier à nous, donc c'était à maman de s'en occuper. Il fallait bien nettoyer parce que le propriétaire nous aurait peut-être disputé. Enfin, je ne sais pas. Le propriétaire, on ne le voyait jamais. Mais enfin, bon, on ne sait jamais. Puis, on le faisait pour soi d'abord. L'hygiène, c'était important. Tout était propre dans la maison. Même quand on avait des appartements qui n'étaient pas modernes comme maintenant, il manquait plein de choses, bien sûr. On voyait une porte toujours très claire. Moi, j'ai habité dans un quartier en ville, mais avec beaucoup de maisons, donc ça noircit les appartements, il n'y avait pas vraiment de clarté, le soleil, on ne le voyait pas beaucoup. Alors, ce n'était pas évident d'entretenir une maison dans le noir, quand même. Elle a commencé à cirer, maman, plus tard, parce qu'il y avait de la cire, mais elle était très chère. Et la cire, c'était bon pour les églises, pour les pensionnats, tout ça. Ou alors ils faisaient leur cire aussi. Ils faisaient leur cire. Mais il fallait être à la campagne pour faire la cire. Parce que mes tantes ont fait ça, mais maman ne pouvait pas, elle en appartement, elle ne pouvait pas. J'avais des parents qui étaient très maniaques. Mon père était très maniaque. Il n'aurait jamais mangé dans une assiette, il aurait été mal lavé par exemple. Non, dans un verre qui aurait eu des taches. Non, non, non, non, non. Mais je crois que ça devait... tout le monde pareil quand même, dans l'ensemble. Mais c'est vrai que pour la propreté, oui. Alors le linge, c'était ça. Alors le repassage, c'était un repassage, c'était encore rigolo, parce qu'il fallait avoir une cuisinière pour repasser, parce qu'il n'y avait pas de fer électrique. Alors c'était des plaques, c'était des fers en fonte que l'on mettait sur la cuisinière, qu'on prenait avec un petit gant de toilette pour ne pas se brûler. Et puis on repensait comme ça, mais alors le temps qu'on pensait ! Heureusement, il n'y avait pas tout... enfin... Maman pensait beaucoup de temps à repenser. Et moi, j'ai fait pareil après parce que j'ai eu mon fer électrique beaucoup plus tard. Mais les plaques, les fers, c'était le fer à repenser qu'on disait, et ils étaient tout le temps sur la cuisinière l'hiver. Et on repensait comme ça. Ça sentait le propre. Il y avait aussi de l'huile de lin qu'on mettait sur des carrelages. Alors ça faisait, c'était joli et ça sentait bon. Il y avait aussi du grésil. Alors le grésil, c'est un produit qui prend un peu au nez, qui prend un peu à la gorge, mais ils mettaient ça dans les toilettes pour bien les infecter. Je ne sais pas si ça existe encore le grésil, mais alors ça a une odeur spéciale. Mais moi j'aimais bien, moi j'aimais bien cette odeur-là. Et le grésil, pour nettoyer... Partout où tu allais, tu sentais le gris de l'île, tu disais « la maison est propre parce qu'elle est désinfectée » . C'était un genre de désinfectant à l'époque. Et ça sentait bon. Moi, je trouvais que ça sentait bon. Je ne sais pas si tout le monde serait d'accord avec moi. Mais enfin, le gris de l'île. Mais on mettait de l'huile de lin pour laver les sols aussi. Parce que tout le monde ne lavait pas au savon noir. Leur carrelage, il y en avait, mais pas tout le monde. Et l'huile de lin, c'était très bien. Et pour l'huile de lin, aussi pour les meubles en bois. Parce que l'huile de lin, au lieu de mettre de la cire qui était un peu chère, on prenait l'huile de lin. Ça nourrissait le bois et ça sentait bon. Ça sentait bon. Ah, mais il faut dire aussi qu'à la campagne, les hommes, ils avaient leur couteau. En ville, non, on avait des couteaux. Mais là-bas, la campagne, d'abord, ils sortaient leurs couteaux d'or poche, quand ils se mettaient à table. Ça, c'était rigolo, quand même, ça, des couteaux. Puis après, ils les essuyaient, puis ils remettaient dans leur poche. Mais les couteaux, chez nous, on avait des couteaux, parce que je trouvais bizarre que maman ne lavait pas les couteaux. Elle les essuyait et elle les ramassait. Elle ne les lavait jamais. Il y avait une raison, je ne sais pas pourquoi. Maman a toujours eu des fleurs sur sa table, tout le temps, tout le temps, parce qu'elle en achetait ou mon père lui en amenait. Alors c'est autre chose, mon père lui a amené des petits bouquets de violettes, ça c'est sûr, mais pas tout le temps. Mais elle avait tout le temps des fleurs. Je me souviens quand on allait faire les courses et voyait les fleurs, elle en prenait. Comme on était en centre-ville, le marché se faisait beaucoup plus loin. Alors il fallait qu'on fasse un exprès. On y allait de temps en temps, mais de temps en temps. On n'y allait pas toutes les semaines comme maintenant on pouvait faire. Non, c'était trop loin. Et puis comme on avait des petites boutiques partout dans les quartiers, on n'avait même pas besoin d'aller au marché, il y avait tout. Puis comme les produits étaient quand même fins, alors on n'avait pas à s'en faire. Mais c'est vrai qu'on ne mettait rien de sans bon dans les maisons. Par contre, il n'y avait pas de toilettes dans les maisons. Alors on avait un seau hygiénique. Alors il fallait le vider forcément tous les jours bien sûr, et là il fallait mettre de l'eau de Javel. Ça c'était important, bien le nettoyer bien sûr. Ça c'était embêtant parce que souvent dans les appartements en ville, à l'époque les toilettes se trouvaient sur le palier. Alors c'était pas facile, on voyait plein de gens s'en aller avec leur seau là, et puis je me rappelle maman elle ouvrait sa porte, elle voyait quelqu'un avec le seau, elle rentrait, elle attendait que... Ça l'a dérangé, quoi. Elle attendait. On était tous logés à la même enseigne, on était tous des gens. Et c'est pareil, à peu près. Mais maman, elle ne voulait pas qu'on la voit avec son son.