- Speaker #0
L'idée c'est de vivre une expérience insolite. Alors cette fois-ci, vous êtes bienvenue dans la grotte de la cocalière. C'est magnifique.
- Speaker #1
La grotte au creux de l'oreille. C'est le podcast de la grotte de la cocalière à Coury, entre Gare et Ardèche, au pied du parc national des Cévennes. 14 degrés toute l'année, la grotte. Vous allez entendre ce que vous ne verrez peut-être pas.
- Speaker #0
Il existe sous terre un monde vivant,
- Speaker #1
une faune riche,
- Speaker #0
et c'est extraordinaire de penser que la vie est également là. Moi j'aime bien,
- Speaker #1
c'est rigolo. Un monde étrange, somptueux. Un des sites naturels les plus visités de l'Occitanie.
- Speaker #0
La bonne nouvelle, c'est qu'on rentre un petit près. Merci beaucoup. Merci à vous.
- Speaker #1
Petite question. Quel est le point commun entre la maison du Père Noël, la grotte de la cocalière et une galette frangipane ? Vous séchez ? C'est Guillaume, le guide de la grotte de la cocalière. Il saute dans le vide sur la colline de Coury, depuis la maison du Père Noël, juste à côté de la chapelle Saint-Sébastien, trois fois centenaire. Il s'envole entre le Gard et l'Ardèche avant de plonger au fin fond de la terre. Et il fait quoi sur ses jours de repos ? Il pâtisse. Des gâteaux, encore des gâteaux, toujours des gâteaux, que tout le personnel de la grotte dévore. C'est un garçon pas comme les autres, ce Guillaume. Certes, pas très bronzé, mais attendez, c'est un homme des cavernes. Vous en connaissez beaucoup, vous ? Attention, il est plein de malice !
- Speaker #0
Messieurs, dames, regardez mes bras ! Regardez mes jambes ! Oh, mes yeux, mes yeux, vite ! Je prends mes lunettes et je les mets ! C'est un one-man show. Moi je le dis à chaque fois, ça fait rire tout le monde, mais quand j'ai 100 sous-terres, je fais un one-man show.
- Speaker #1
Allez, il est temps de faire connaissance avec Guillaume, celui qui vit l'été dans les entrailles de la Terre.
- Speaker #0
Bonjour, moi c'est Guillaume, j'ai 32 ans, j'habite à côté du parc national des Cévennes. sur la petite ville, enfin la petite ville, la ville qui s'appelle Alès. Je suis guide touristique sur un site majeur du coin. Voilà, donc mon métier est très diversifié. Je ne suis pas uniquement guide, je m'occupe aussi de tout ce qui est lumière, technicien, parce qu'il dit grotte, il dit obscurité, il dit lumière, il faut de la lumière, sinon on ne boirait. Et voilà, et puis je m'occupe également de la prospection, de tout ce qui est... des marchages et faire connaître la grotte, améliorer sa notoriété auprès de la clientèle environnante. Je peux très bien me retrouver dans l'Hérault, à l'Ardèche, dans la Drôme, dans le Gard, dans la Lozère. C'est très varié, je voyage quand même pas mal. C'est marrant, la première fois où j'ai commencé à guider, j'étais encore étudiant, j'avais 20 ans, 21 ans à peu près. Je cherchais un job, je cherchais un métier, un job saisonnier. Et puis finalement, j'ai trouvé quelque chose à la grotte de la Coqualière. Pas pour faire guide, mais pour être, comme mes études étaient en rapport avec le commerce, mais être à la boutique directement. Donc j'ai fait tout le mois de juillet, ça s'est très très bien passé, au niveau du contact clientèle, bon mais je l'avais déjà de base. Et puis il s'est passé quelque chose en fait, c'est que fin juillet, on a appris qu'un guide qui devait faire tout le mois d'août ne pouvait pas venir parce qu'il s'est blessé, il s'est cassé la jambe de mémoire. Et du coup on m'a dit, Guillaume écoute, t'as l'air à l'aise, toi tu vas remplacer ce guide et tu vas y aller. Tu vas faire tout le mois d'août en tant que guide. Sauf que j'avais 5 jours pour me former. 5 petits jours avant de démarrer. Donc il fallait que j'apprenne un topo guide. Alors le guidage, le relationnel avec les gens, ça, ça ne me faisait pas peur. Mais il fallait aussi que j'apprenne tout ce secteur-là qui... Alors il n'était pas complètement inconnu, mais voilà, il fallait que je sache quoi dire à quel moment. Donc j'ai eu 5 jours pour apprendre ce topo guide. Puis j'ai dû descendre avec d'autres guides justement pour apprendre le truc. Et je me rappellerai toujours de la première fois où je me suis retrouvé sous terre. C'était après une réunion. Il y a eu une grosse réunion où on était tous là, tous les guides, pour nous lancer dans la saison, nous dire... Voilà, pour nous motiver un petit peu. Et puis, je me suis retrouvé face à... On n'était pas 50 personnes, il y avait 30 personnes, de mémoire. 30 personnes qui te regardent. Et puis, il faut y aller, quoi. Il ne faut pas... Il faut y aller. La grotte au creux de l'oreille.
- Speaker #1
C'est un appel également à notre imaginaire. Dans la vie, il faut faire des découvertes. Si c'est toujours monotone,
- Speaker #0
ça n'a aucun intérêt. La grotte de la cocaillère, c'est un endroit sombre. C'est une grotte. Alors, justement, pour rendre ce milieu souterrain sombre, féerique, le site a bien pensé au niveau des lumières. c'est une grotte qui est On a gardé des lumières neutres, des lumières blanches, légèrement jaunes peut-être, mais blanches. On en est sur du LED aujourd'hui, pratiquement. La grotte de la cocaillère, c'est une grotte qui est très ocre, blanche, marron. On va avoir différentes teintes de couleurs, parce qu'on peut... On peut retrouver de l'argile, on peut retrouver du calcaire, on peut retrouver de la calcite. La calcite, elle a différentes couleurs, elle peut même être légèrement verdâtre. Il peut y avoir différentes choses à voir. Et puis, surtout, ce qui est bien avec cette grotte, c'est que c'est une grotte qui évolue avec le temps. On peut avoir une grotte d'été ou une grotte d'hiver, mais ce n'est pas exactement comme ça que ça se passe, mais en fonction de la météo aussi. La météo, je leur dis aux gens, les locaux, revenez le lendemain d'une bonne journée de pluie, la grotte ne sera pas la même. Elle ne brillera plus, rien ne brillera à l'intérieur, mais il y aura beaucoup plus d'eau. Moi personnellement je l'aime bien comme ça. Parce que j'ai plus l'habitude de la voir brillante, parce que majoritairement du temps, elle est brillante. Et quand elle est brillante, elle est extraordinaire. Ça brille de nuit le feu, on a l'impression de voir des petits diamants un peu partout, et c'est extraordinaire. Au niveau de la lumière, tout a été travaillé stratégiquement. On se fait jamais ébouir par la lumière. Toutes les lumières éclairent des zones en particulier, mais on se la prend jamais dans les yeux. C'est très très bien pensé. Au départ, elle a été pensée des deux côtés, des deux sens. Quand la grotte a été aménagée, c'est une grotte qui se visite sur un kilomètre. Elle a été aménagée, à une époque on faisait 500 mètres, on faisait demi-tour et on devait remonter les marches qu'on a descendues. Donc du coup il fallait que la grotte soit différente de l'autre côté. Donc les lumières ont été pensées des deux sens. Aujourd'hui on a ouvert une deuxième partie, donc il y a un kilomètre de grotte. Et tout est très bien mis en valeur, il doit y avoir, je ne vais pas dire de bêtises, mais à peu près 300 lumières. 300 lumières, même beaucoup plus il me semble, beaucoup plus que ça, 300 lumières qui bien évidemment à un moment donné finissent par lâcher. Et puis la technologie évolue aussi. On était sur des lampes incandescentes, on passe sur de la lampe LED qui éclaire différemment, qui protège aussi, parce qu'il faut penser à ça, la protection de la grotte. C'est des lumières qui chauffent moins. Tout est bien pensé au niveau de l'éclairage et de la protection interne.
- Speaker #1
La grotte au creux de l'oreille.
- Speaker #0
Il y a des endroits qui sont plus jolis que d'autres. Après, tout dépend. Il y a des endroits qui sont intéressants par l'acoustique. L'acoustique de la zone du disque, c'est une forme, on va dire, très rare, qu'on ne retrouve pas partout. J'ai beaucoup de gens qui ont déjà fait une vingtaine de grottes qui n'ont jamais vu cette forme géologique. Je ne vais pas en parler, il faut venir voir. C'est plus parlant, c'est plus impressionnant. La salle du disque a un acoustique incroyable. L'acoustique est extraordinaire. On tape dans ses mains, on entend le son qui part des deux côtés. Il faut le vivre, il faut essayer. C'est dur à expliquer d'ailleurs. J'adore cette salle pour ça, par rapport à ses hauteurs et sa longueur. Et puis la salle des gourds, on a plusieurs petits bassins qui se succèdent. L'eau descend en cascade dans des bassins, et puis la mise en lumière a été très bien pensée. Pareil, je ne vais pas trop en dire, il faut venir voir, mais il y a différentes couleurs. Les bassins peuvent... Voilà, il peut y avoir différentes couleurs au niveau des bassins et puis avec l'eau, il y a un effet de lumière qui est tout à fait... qui est très très beau. C'est calme, frais, tout est immobile, c'est différent. On partit dans l'idée que quand on visite la grotte de la coqualière, déjà, quand on essaie les marches, on n'est pas tout seul. Gardez-le en tête, vous descendez de la grotte Vous n'êtes pas tout seul, non. Il y a des animaux qui y habitent, des animaux qu'on peut voir. Alors oui, il peut y avoir des insectes, il peut y avoir des petites crevettes, ça paraît fou mais il y a des crevettes. On appelle ça des nifargus, voilà, ça a une forme, un peu de crevette, il faut venir voir aussi. C'est un animal assez extraordinaire. Après, nous on a essayé aussi d'apporter, la grotte a essayé d'apporter un petit peu sa pâte. On propose des nuits insolites, dans des endroits bien sûr stratégiques, proches des sorties, 40 mètres sous terre néanmoins. On peut dormir sous terre, on peut y faire des concerts, on a eu quelques concerts. Il y a eu des concerts, il y a eu des spectacles, il y a eu des one-man shows. Et l'acoustique est tout à fait incroyable. Toujours pareil, les musiciens viennent, bien sûr, il n'y a pas forcément de branchement. Ça peut se jouer en acoustique, ça se joue beaucoup en acoustique. Et on a une salle qui est parfaite pour ça. Alors pas la salle du disque, mais une autre salle qui est tout à fait extraordinaire. On a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de visiteurs qui viennent visiter la coca-lière. C'est un site magique, comme je le disais, donc ça attire beaucoup de personnes, des locaux et même des touristes. J'ai plein de groupes à gérer. Une question qui revient le plus souvent, c'est, vous, à force de faire la grotte, est-ce que vous vous enlacez pas ? Est-ce que pour vous, c'est toujours autant magique ? Et oui, en fait, je m'enlace pas, c'est un endroit magique. Il faut s'imaginer, quand vous êtes là, vous êtes 50 mètres sous terre, dans un endroit naturel, qui a plusieurs millions d'années. En soi, je peux dire que j'ai un joli bureau. C'est un bureau de 30 kilomètres, finalement, si on y réfléchit bien. Non, non, je m'enlace pas. Et puis, je leur dis aux gens, les gens qui viennent dans mes visites, souvent, il y a quelques fois des locaux, souvent en hors-saison. Les locaux généralement c'est pas leur première fois qu'ils viennent. Ils viennent en général à moyenne 6, 7, 8 fois et ils découvrent des choses différentes. À une heure on voit beaucoup de choses. Le guide justement, mon boulot c'est de vous montrer des choses que vous n'avez pas forcément vu au premier regard. Mais il faut revenir, il faut revenir. Une fois pour tout voir c'est compliqué, il y a tellement de choses. Des millions de concrétions. Il ne faut pas tout voir. Vous avez le droit de prendre des photos dans la grotte, il n'y a pas de problème. Il faudra juste enlever le flash. Il y a des formations en interne qui sont réalisées. Par exemple, je suis parti me former à Sarla. La ville de Sarla, c'est en Dordogne, à Le Périgord. Là, on a suivi une formation avec des spécialistes, des professionnels, même de grands professionnels, dans plein de secteurs différents. Au niveau de la géologie, au niveau de la formation des grottes, du guidage, enfin bref, oui on reçoit une formation en interne. Je suis curieux de tout, donc une fois que je me suis retrouvé guide touristique dans une grotte, je me suis formé beaucoup plus que ce qu'on m'a donné comme information. On a un petit livret, on va dire, explicatif, un petit peu de tous les endroits importants à se rappeler, et surtout à montrer aux gens, mais moi je ne me suis pas arrêté là. Je suis allé plus loin parce que c'est ce qui plaît aux gens, c'est ce qui plaît. Ce qui plaît en fait, c'est ce qui sort du cadre. J'ai un objectif quand je fais mes visites, c'est de parler. une fois à tout le monde. Voilà, c'est mon objectif. Je me dis, même si t'as 50 personnes, tu peux en avoir 10, 20, 30, 50, je veux parler à tout le monde. Alors, je perds 3 kilos à la fin de l'été, au moins, au moins 3 kilos, parce que si je veux parler à tout le monde, c'est comme si une grotte qui est étalée sur la longueur, c'est-à-dire que les premiers qui m'ont entendu, même si j'ai une voix qui porte bien, voilà, je vais parler avec, j'essaie de parler le plus possible avec le ventre, parce que sinon je perdrais ma voix, j'aurais plus de voix en fin de saison. j'essaye de naviguer avec les gens donc les gens qui ont vu je les fais avancer ils peuvent continuer un peu et moi je navigue, je passe avec ceux du milieu Je réexplique, et même je réexplique des choses différentes en fait, à ceux qui sont là. Moi la grotte je la connais tellement que je peux m'arrêter limite mètre par mètre, et à chaque mètre, alors il y a quand même un kilomètre, ça fait quand même pas mal d'arrêt, et du coup je dois m'arrêter. Je peux très bien raconter une anecdote sur cet endroit-là en particulier, par rapport à la formation de la roche, les fissures, ce qui se passe, pourquoi les concrétions se forment à cet endroit-là, regardez le béton qui a été formé il y a... Et une cinquantaine d'années, regardez les concrétions qui se forment dessus, vous vous rendez compte, ça a 55 ans, la nature reprend ses droits. Et ça c'est des petits trucs qui sont pas forcément détaillés dans le manuel ou dans la formation de base, mais c'est quelque chose que j'apporte et qui plaît. Voilà, je sais ce qui plaît, je sais ce qui plaît et moi ça m'a plu, donc je me dis si ça m'a plu, je vois pas pourquoi ça plairait pas aux autres.
- Speaker #1
C'est la grotte, au creux de l'oreille.
- Speaker #0
14 degrés peut-être ?
- Speaker #1
Juste une petite veste de jean.
- Speaker #0
Ils sont sous terre, c'est magnifique, c'est beau, c'est un sort de l'ordinaire, c'est atypique, mais il faut mettre des mots là-dessus. Donc quand je leur dis l'âge de la grotte, c'est assez impressionnant, 35 millions d'années, 40 millions d'années, enfin début de formation, 40 millions d'années, ça impressionne, mais ce qui impressionne le plus c'est de leur dire « Vous voyez la roche qui est juste à côté, là, autour de vous ? » C'est une roche qui a plusieurs millions, centaines de millions d'années, du temps des dinosaures, et ça ça parle toujours, le temps des dinosaures, c'était la mer, ici. C'est des petits trucs en fait, j'essaye de faire réaliser aux gens là où ils sont. et de leur expliquer avec pédagogie. Des fois, j'ai des personnes qui ont été entraînées par leur famille, ils voulaient visiter une grotte, mais pas plus que ça. Mon objectif, c'est qu'à la fin de la visite, ils viennent me voir et ça arrive souvent, en me disant, écoutez, c'était incroyable en fait. À la base, je ne savais pas où j'allais, et puis finalement, j'ai passé un moment extraordinaire. Le temps se passe différemment sous terre. Le temps se passe différemment. On me demande souvent l'heure aussi. On me dit, on est bientôt arrivé, combien de temps il reste, monsieur ? Il en reste encore beaucoup. Je leur dis, écoutez, à votre avis, je fais deviner l'heure, à votre avis, c'est combien de temps que vous êtes à... Vous ne voyez pas votre montre, combien ? Et souvent, ils se trompent. Souvent, ils me disent, ça fait 20 minutes, 25 minutes. Non, ça fait 45 minutes déjà. 45 minutes ? Ouais, vous êtes tellement fascinés par tout ce que vous voyez que vous perdez tous vos repères. Il n'y a plus de repères, et encore, il y en a un, parce qu'il y a la lumière. Éteignez les lumières. Il y a une zone où parfois, j'aime bien éteindre les lumières, justement pour se mettre un petit peu dans l'ambiance. Ah, mais là, vous êtes perdus. D'ailleurs, il y a eu beaucoup d'expériences qui ont été menées par rapport à ça, des spéléologues. ils partent sous terre. Pour la NASA, par exemple, pour la NASA, à un moment donné, les spéléos descendent sous terre pour voir un petit peu comment le temps se passait, et on perd tous nos repères. On se fie beaucoup au soleil, énormément d'ailleurs. Et là, comme il n'y a plus de soleil, vous mangez quand vous avez faim, vous dormez quand vous êtes fatigué. Donc du coup, votre cycle, on va dire, biologique, est un petit peu changé. On n'arrive pas à ce stade-là non plus dans la grotte, mais on le ressent. J'ai lu un bouquin qui dit qu'en 7 ans, normalement, il faut 7 années pour être expert dans son domaine. 7 années, dans n'importe quel domaine, à condition bien sûr de le pratiquer souvent. Moi ça fait 10 ans, 7 ans à l'année, sans prétention je ne me fais plus coller maintenant. J'ai les réponses, la grotte je la connais par cœur, je sais de quoi parler, à quel endroit, et j'ai toutes les réponses adaptées, d'ailleurs à tout type de client, que ce soit l'expert en géologie, la personne qui veut juste passer un bon moment sous terre et profiter de ce qu'il voit, des enfants, des étrangers aussi, des étrangers qui n'ont pas de grotte chez eux d'ailleurs. Il y en a beaucoup qui n'ont pas cette chance-là. Donc non, je ne me fais plus coller. Dans un groupe, on a tout type de personnes. Le plus dur, c'est d'arriver à parler à 50 personnes. Ça se passe bien. Alors des fois, malgré moi, les visites sont plus dures que d'autres. C'est normal. Pour peu qu'il y ait un enfant qui pleure à ce moment-là, malheureusement, on ne peut pas lui dire de se taire comme on veut. On a une grotte qui fait 14 degrés, mais malgré les 14 degrés, vous marchez souvent. Par contre, quand on s'arrête et quand ça fait une demi-heure que vous êtes sous terre, Alors les adultes ça va mais les enfants, s'ils n'ont pas de chaussettes, il faut penser à en mettre, c'est préférable. Sinon l'enfant n'est pas content, à un moment donné il le manie. On profite de l'acoustique de la grogne mais d'une autre manière. Quand j'ai des personnes qui parlent entre eux parce qu'elles ne sont pas forcément amies d'écouter le guide, alors moi c'est quelque chose qui ne me dérange pas, mais quand ces personnes-là parlent un peu trop fort, couvrent ma voix, ce n'est pas trop respectueux pour les 30 qui restent. Donc ce que je fais, c'est très simple, j'apporte une posture différente, c'est-à-dire que je leur tourne le dos, je leur tourne quand même le dos, ça n'a pas pu le rire, et je Je parle au groupe qui est juste en face de moi. Et je peux vous dire une chose, ceux qui sont derrière, à un moment donné, ils se rendent compte qu'on les a coupés du groupe, ils se sentent un petit peu isolés, et eux-mêmes, ils s'arrêtent de parler, et ils viennent se mettre devant. Et ça marche très bien. La grotte au creux de l'oreille. On est sur un site qui se retrouve au pied du parc national des Cévennes. C'est un endroit naturel, c'est un endroit au calme pour les étrangers, les touristes qui viennent ici, c'est des hectares et des hectares de forêt. Oui, c'est un endroit magique. Moi, je fais pas mal de sport. J'adore le sport en plein air, le VTT, la randonnée, ce ne sont pas les coins qui manquent d'ailleurs, c'est pour ça que beaucoup de gens viennent ici. Et je fais du parapente aussi. L'avantage qu'il y a aussi, il y a un spot à parapente à Coury. Il y a une chapelle à Coury, une chapelle à la cime d'une colline, on va dire de 400-500 mètres à peu près. C'est une vieille chapelle, c'est une chapelle qui a fêté ses 300 ans d'ailleurs, cette année il me semble, l'année dernière, très récemment. Et cette chapelle, oui, pour moi, moi je suis d'Alesse, mais quand je passais là, quand j'étais petit, mes parents, à chaque fois, pour rigoler, me faisaient croire que c'était la maison du Père Noël, à mon frère et à ma sœur. Donc quand on voyait cette maison, pendant de nombreuses années, quand j'étais tout petit, on croyait vraiment que c'était la maison du Père Noël. Et on se faisait des histoires autour de cette maison, on disait, mais comment il fait le Père Noël ? Pourquoi personne n'est jamais allé ? Ça n'a pas l'air si haut que ça, etc. C'est quelque chose qui restait, de faire du parapente là-haut, j'ai toujours ce souvenir-là en tête. Je cherche toujours le père Noël mais je ne l'ai pas trouvé. Le matin, on va aller travailler. Parfois, j'arrive un peu plus tôt, j'escalade la montagne à pied avec mon sac à dos. Je saute, je fais mon vol, je me pose, je plie ma voile et je vais travailler. Quand on est guide touristique, il y a les avantages et les inconvénients. C'est-à-dire que vous avez des inconvénients parce que vous faites toute votre saison d'un coup. Pendant plusieurs mois d'affilée, vous êtes à fond, à fond, à fond, à fond, voilà, pour les gens. Donc il faut vraiment être très... très motivé et très dynamique. Moi, si ça tombe bien, je le suis. Après, par contre, l'avantage, c'est que vous avez du temps pour les vacances. En hors-saison, quand c'est un peu plus creux, vous pouvez très bien partir voyager. Ça vous laisse plus de temps pour le faire. Et moi, oui, j'adore voyager. J'ai fait beaucoup de pays limitrophes à la France. Je suis parti dans pas mal de pays en Europe. J'ai fait l'Italie, l'Espagne, l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande, la Hongrie. Je ne vais pas tout citer, mais je suis parti aux Philippines pendant six mois. Là, mon prochain voyage, c'est en Slovénie. Et puis après, je vais partir au Maroc, avant de reprendre la saison. Donc oui, j'adore le voyage. C'est extraordinaire. Et puis, ça me permet de peaufiner un peu mon anglais. Là, en Slovénie, par exemple, je sais qu'il y a deux grottes extraordinaires. Ça fait partie des deux plus grandes... Attention, je n'ai pas dit plus belles. Des deux plus grandes grottes d'Europe. Donc, je suis curieux d'aller voir, pour m'inspirer un petit peu. c'est comme ça aussi que je suis devenu guide par la curiosité aussi des autres guides Pas forcément à la cocalière, mais dans d'autres grottes. On est dans une région où il y a des grottes, il y en a quelques-unes. Je suis allé les visiter, je suis tombé sur des guides et je m'en suis inspiré. Ah oui, je me suis beaucoup inspiré de certains guides qui avaient 30 ans ou 20 ans de carrière. J'ai récupéré certaines choses que j'ai adaptées un petit peu à ma sauce. Je ne dirais pas que je suis spéléologue professionnel ou un de là, mais j'ai pu en faire accompagné de guides spéléos qui connaissent bien le coin. Donc oui, j'en ai fait, j'en ai fait déjà sur mon site cocalière, puisque la cocalière est un réseau qui fait à peu près, c'est dur à estimer, mais environ une trentaine de kilomètres connus. Nous on me visite à 1 km et il y en a 30. Donc j'ai pu faire peut-être 6 km, allez 5-6 km depuis, en spéléo. Et puis j'ai voulu aussi essayer, quand je parle aux gens, je leur parle souvent des technologies actuelles, de la lumière, mais à l'époque il n'y avait pas de lumière, c'était de l'acétylène, c'était un gaz, on va dire inflammable. La bougie, c'est une sorte de bougie, quelque chose qui brûle au-dessus, sur le casque. Donc j'ai voulu essayer, j'ai voulu essayer avec un ami qui m'a amené. Alors c'est affreux. C'est affreux. C'est là qu'on voit que les spéléologues de l'époque, notamment ceux qui ont découvert la cocaillière, étaient de vrais aventuriers. Parce que c'est simple, la sétilène, c'est comme si vous aviez une bougie. Imaginez-vous avec une bougie sous terre, quand les plafonds vont parfois 20, 30, beaucoup plus que ça de hauteur. En fait, vous voyez rien. Vous avancez limite à la bougie. C'est incroyable. Quand on sait ça, et ça aussi j'essaie de le transmettre, quand on sait ça, on est encore plus admiratif envers les spéléos, les découvreurs de grottes. Puis il y a le retour de flammes aussi. Faut faire attention à ça, quand vous descendez en rappel, vous avez la flamme qui est juste en face de vous. Faut pas trop regarder la paroi, faut tourner la tête parce que sinon il peut y avoir des sourcils brûlés. C'est l'anecdote d'ancien spéléo. Aujourd'hui avec l'électrique, c'est tellement plus facile.
- Speaker #1
La grotte au creux de l'oreille.
- Speaker #0
J'ai lu un livre un jour, il y a 4 ans à peu près de ça, sur les explorateurs portugais et espagnols qui cherchaient un petit peu la route des épices, la route pour aller jusqu'à l'Inde, etc. Et j'ai voulu faire un pain d'épices. Bien évidemment, le site sur lequel je travaille, c'est mes cobayes, c'est eux qui testent tous mes gâteaux. Et le premier que j'ai fait, le pain d'épices, ça a verré être une réussite en fait. Ça m'a même surpris parce que j'ai eu beaucoup de très bons avis là-dessus, de très bons commentaires. Et comme je suis curieux, je vous l'ai dit, ça m'a donné envie de creuser. j'ai creusé, j'ai creusé et de fil en aiguille je me suis retrouvé à... Ah bah faire de plus en plus de gâteaux, créer une page on va dire Instagram. Ça s'appelle Pogui pâtisserie. Pogui pâtisserie. P-O-G-U-I. C'est un petit clin d'œil aux Philippines. Voilà, on m'appelait Pogui là-bas. Ils arrivaient pas à dire Guillaume, ils savaient dire Pogui. C'est bizarre, ça avait pensé au film R avec Alain Chabat, avec Gui et Gu. Et bah c'est pareil, ils savaient dire Pogui, mais Guillaume il faisait Gui-hom. Du coup ils m'appelaient Pogui et c'est resté donc je l'ai gardé. Je me suis dit, je sais pourquoi pas, ça n'existe pas. Pogi pâtisserie, ouais j'adore, je pâtisse, je dois faire 2 pâtisseries par semaine à peu près, et quand je suis à ma casse, pouf ! D'ailleurs, j'en ai fait une tout à l'heure, on ira goûter. Si tu veux que je fasse un gâteau, un gâteau la cocaillère, pourquoi pas, j'ai des idées. Sans dévoiler ce que c'est, on a un trésor dans la grotte. On a un petit trésor qui est... Je ne vais pas dire ce que c'est. Les trésors, vous savez ce que c'est en général. Je pense que vous pouvez deviner, mais je ne vais pas le dire. Justement, il faudrait que j'arrive à faire un gâteau à l'effigie de ce trésor. Il faudrait que je calcule. Mais pourquoi pas, ça peut être une idée.
- Speaker #1
La grotte, au creux de l'oreille.
- Speaker #0
N'hésitez pas à venir si vous avez besoin d'un... Un bol d'air frais, de nature, de calme, de quiétude, surtout d'exaltation. Quelque chose que vous voyez rarement, n'hésitez pas à venir à la cocagnière. Vous allez voir des concrétions extraordinaires, des concrétions, sans parler des stalactites, des choses, des formes géologiques incroyables qu'on ne voit pas forcément partout. Vous allez voyager un kilomètre sous terre. On est une des rares grottes aussi à proposer un parcours vraiment d'un kilomètre. Vous avez un retour en plus, un petit train qui vous ramène au point de départ. dans mon inno-grotte qui est... Familiale mais pas que mais qui attire beaucoup beaucoup de familles parce que justement c'est une grotte qui est très bien aménagée, c'est plat et c'est en fait c'est une belle balade que vous faites vous forcez pas, vous forcez pas, vous êtes sous terre et vous avez juste à lever les yeux il y a pas de... une fois que vous êtes en bas il y a plus de marche donc vous êtes en bas c'est plat et vous avez juste à vous en mettre plein les yeux. La Gauquellière c'est une grotte qui est très très accessible très bien pensée moi je m'en sors bien parce qu'il y a des grottes où c'est sur des barques et le guide tire la barque à la corde donc il a 20 personnes à tirer toute la journée bon ils ont de sacrés bras Là, c'est une grotte qui est très accessible. Alors, on marche à un kilomètre à peu près, et je le répète, c'est plat. Donc, en fait, on ne roide même plus ses pieds. On peut regarder la brillance à droite, à gauche. On peut roider les stalactites, les stalagmites, les petites fistuleuses. Alors, j'emploie des termes techniques. Il faut venir pour que je vous les explique. Le trésor, justement, de la grotte, des disques qui sont aussi extraordinaires. Il y a beaucoup d'eau. C'est une grotte aussi, comme je le disais, qui bouge beaucoup. De l'été à l'hiver, il peut y avoir plus ou moins d'eau. Voilà, donc, à l'hiver, on va dire hors été. En automne même, au printemps, il y a beaucoup plus d'eau. C'est une grotte qui évolue et qui est... Elle est présente souvent par l'eau. Il y a beaucoup d'eau sur la grotte. La grotte de la cocaillière, elle a un surnom, on l'appelle la grotte aux diamants. C'est une grotte qui brille énormément. C'est très joli. Ça a plu beaucoup, ça a plu à tout le monde d'ailleurs, à tous les âges. Aux enfants, je leur fais croire que c'est des diamants. Un bon moyen de les faire voyager encore plus. Je le répète, j'ai un joli bureau. J'ai un bureau de 30 km qui est très très beau. Même aujourd'hui après avoir fait des milliers de visites, des centaines, peut-être pas des milliers, je sais pas, mais peut-être, je me rends compte aujourd'hui que oui, le cadre dans lequel j'évolue est un cadre qui est naturel, beau et extraordinaire. Je sais pas si vous connaissez la série Une nounou d'enfer. Cette série-là, à chaque fois qu'il y avait l'actrice principale qui descendait l'escalier... Et à chaque fois il y avait une musique et il y avait tous les gens qui allaient regarder descendre. Et on voit quand j'ai ça les escaliers qui sont 50 en bas à me regarder, à chaque fois ça me fait penser à cette scène où je descends et là, il faut s'imaginer vous avez 50 personnes avec les yeux grands ouverts qui vont voir d'arriver. Et là en fait vous êtes... En fait il faut y aller quoi.
- Speaker #1
C'est la grotte au creux de l'oreille. Y a quelqu'un ?
- Speaker #0
Comité d'accueil est prêt ! Des fois je... Je me mets en pilotage automatique des fois, je ne me rends pas compte. C'est vrai. Et puis au bout d'une demi-heure, limite je me réveille, je me dis « Ah putain, on est déjà là en fait » . Je dis « Ah ouais, je connais mon truc » . Mais par cœur, par cœur. Et puis je varie. Quand il y a une blague qui marche, ce qui est marrant, c'est que j'ai l'impression d'avoir des archives dans ma tête. C'est-à-dire que j'ai des fois des blagues qui marchent bien à un moment, et puis elles vont s'essouffler. Parce que ce qui marche le mieux dans les grottes, dans les visites, c'est la spontanéité. C'est l'improvisation. Dans le théâtre d'impro, ce qui marche le mieux c'est vraiment l'impro totale. Donc quand je fais de l'impro, ça marche toujours. Moi c'est un spectacle en tout cas. Ma façon de guider est un spectacle sous terre. C'est même limite, j'ai envie de dire, des visites théâtralisées. En plein été, je peux monter jusqu'à 6, 7, 8 visites par jour. Mon entourage me demande comment je fais en fait. Pour avoir une énergie, au contraire, moi ça me fait du bien. Ça me fait du bien parce que je suis quelqu'un qui... Je ne suis pas hyper actif mais j'ai besoin de ça, j'ai besoin d'y aller. Je perds vraiment 3 kilos à la fin d'été. À fin été, j'ai perdu 3 kilos, c'est pas mal. Ouais, venez, n'hésitez pas,
- Speaker #1
venez, venez. C'est le podcast de la Grotte de la Coqualière, un des sites naturels les plus visités de l'Occitanie.
- Speaker #0
La Grotte au creux de l'oreille.
- Speaker #1
Un voyage sonore immédiat dans plus de 40 destinations entre Cévennes, Provence et Camargue. Écoutez ceux qui incarnent le Gard.