- Speaker #0
Au cœur de la nature, dans un environnement exceptionnel et protégé, nous voilà projetés dans le bois de paille-olive, une des plus vieilles forêts d'Europe, au milieu d'un gigantesque labyrinthe de roches calcaires qui communiquent en un réseau touffu, aussi bien sous terre qu'en surface. Pas à pas, découvrons la grotte de la coqualière, une des plus belles grottes de France, entre Gare et Ardèche, au pied du parc national des Cévennes. Pour comprendre la grotte de la coqualière, il faut scanner le biotope dans son ensemble, descendre, descendre à 50 mètres sous terre, mais surtout prendre le temps de remonter et d'observer les échanges entre dessous et dessus. C'est un dialogue, une conversation, un échange que nous décryptons dans ce nouveau podcast.
- Speaker #1
Nous invitons les personnes mises à leur billet pour la visite de 10 heures. à se présenter devant l'entrée de la grotte où leur guide va les rejoindre.
- Speaker #0
Merci et bonne visite ! Et votre ticket est donc 10h,
- Speaker #1
juste derrière vous, au niveau de la porte grise.
- Speaker #0
Bonne visite,
- Speaker #1
bonne journée, au revoir.
- Speaker #0
Stécie est en place, à l'accueil, derrière la vitre. Elle est le sourire de la grotte de la cocaillère. Ici, une équipe fidèle, des locaux et surtout un climat emprunt d'humanité. Vous êtes combien au juste ici ? 30 à peu près. Hors saison,
- Speaker #1
on est sur 15. Mon grand-père est de Coury et ma mère aussi, donc je les connais depuis toujours. La grotte de la cocaillère, elle est super.
- Speaker #0
En descendant du petit train, Je viens de croiser un parisien en vacances dans la région, il est au camping, pas loin, il sort des entrailles de la terre, il revient en pleine lumière. Alors, ça vous a plu ?
- Speaker #2
Assez sympa, voilà. J'ai trouvé ça, je trouve, assez long, mais dans le bon sens du terme. Ça veut dire que c'était assez tranquille, voilà, avec le guide, et je m'attendais à ce que ce soit finalement plus court, et je ne suis pas déçu, parce que c'est bien, ça laisse le temps de regarder, d'expliquer, sans que ce soit, je veux dire, trop lourd non plus. J'ai trouvé ça bien dosé. Le fait que ce ne soit pas trop kitsch non plus, qu'il n'y ait pas des couleurs trop flash dans tous les côtés. On a des lumières chaudes, des lumières froides. Deux, trois lumières froides, j'ai bien vu pour quelques éléments, pour les montrer un peu plus que d'autres. Les spots sont bien cachés aussi. Ça, c'est bien. C'est cool.
- Speaker #0
Et il a tellement aimé qu'il reste avec nous pour la suite de la visite. Après la découverte du milieu hypogé sous la Terre, c'est l'exploration du monde épigé, celui en surface, avec Gunther. notre expert de la faune, de la flore et de la géologie locale. Qui êtes-vous, Gunther ?
- Speaker #1
Scientifique de formation, je fais une thèse en biologie sur les insectes et sur les insectes fossiles. Ardèche-Ouedecœur, c'est Venol quelque part au sud d'Ardèche, Je suis aussi un membre de l'association Paille-Olive. Ici, la grotte, tout ce qu'on voit autour de nous, c'est parti du bois de Paille-Olive, qui est une ancienne forêt où la biodiversité a pu se maintenir. Et il y a une très très belle biodiversité par rapport à d'autres régions autour. Paille-Olive, en fait, c'est répertorié la biodiversité, et puis surtout à sensibiliser le public. Donc à une certaine époque, quand il y a beaucoup de touristes, On se met au bord des cours d'eau ou sur les chemins de paille-olive qui sont très fréquentés. On leur dit attention, il y a des plantes, des animaux fragiles. Ou dans l'eau, il y a des espèces fragiles aussi. On ne peut pas faire n'importe quoi. Et on leur explique un petit peu. Donc au départ, les gens ne savent pas. Une fois qu'on leur a parlé... dans les trois quarts des gens, ils disent ah oui c'est très intéressant, merci on le saura et voilà. Une fois, un petit garçon qui a dit oui j'ai dit à mon père parce que mon père il a mis des cailloux, il a remis des cailloux au milieu et je lui ai dit que c'était pas bien. Donc c'est un petit garçon de 8 ans et le papa a dit ben voilà regardez, ça porte ses fruits, on sait que quelques jours après c'est retenu et c'est le but du jeu. Ah, le premier train qui arrive.
- Speaker #2
C'était bien, c'était incroyable.
- Speaker #1
Tout, le décor,
- Speaker #2
la fraîcheur aussi,
- Speaker #1
c'est cool. Il y a des choses qu'on ne voit pas dans d'autres. Très beau. Très bien, c'est génial. Toutes les pierres.
- Speaker #0
J'ai bien aimé la grotte de cocaïne.
- Speaker #1
Et c'était une très belle visite.
- Speaker #0
Gunther, est-ce que le paysage s'est beaucoup transformé avec le temps ?
- Speaker #1
Oui, d'ailleurs il y a quelques dizaines, voire il y a un petit siècle, ici c'était différent. Parce qu'en fait il y avait des pâtures. Il fallait savoir qu'il y avait des gens avec chèvres ou moutons qui venaient pâturer dans tout ce bois de paille-olive. Donc toutes ces plantes basses qu'on voit là n'existaient pas trop. Et c'est depuis qu'il n'y a plus de pâture et que la nature reprend ses droits que tout ça réapparaît.
- Speaker #0
Un paysage karstique. comme en Chine. Une touriste du groupe, l'épouse de notre famille parisien fait référence à ce qu'elle a vu dans son pays.
- Speaker #1
C'est le casque aussi partout,
- Speaker #0
surtout au sud de la Chine. Puis aussi, il y avait beaucoup de fossiles de dinosaures.
- Speaker #1
Voilà, oui. Avec qui aussi,
- Speaker #0
il y en a ? Des fossiles de dinosaures ?
- Speaker #1
De dinosaures, non, parce qu'en fait, on est en milieu marin. Ben oui, parce qu'en fait, on a du calcaire partout. Tout ce que vous voyez au-dessus et en dessous, sur au moins 200 mètres, c'est du calcaire. Et la grotte à 50 mètres dessous, elle est en plein dans cette couche de calcaire. Et le calcaire, qu'il est créé par la vie. C'est incroyable. C'est une roche qui s'appelle biogénique. Donc c'est les êtres vivants qui vont participer à la formation du calcaire. Et le calcaire se forme... uniquement au fond des mers. La mer qu'il y avait ici ça remonte à 150 ou 140 millions d'années. C'était l'époque des dinosaures. Dans la mer il y avait des reptiles marins, dans les airs il y avait encore d'autres reptiles, les ptérodactyles qui sont encore d'autres groupes. On était quand même ici à 300 ou 400 mètres de profondeur. Donc on était quand même pas loin de la terre, on était dans la mer et ce qui se passe c'est que ça a déposé. Et donc ça se dépose au fond de l'océan. Ça se tasse et puis ça fait de la roche. Et on a en fin de compte cette roche très souveraine solide qui apparaît. Alors le petit problème c'est qu'on n'est plus dans l'eau là, on est un peu au-dessus. Et ce qui se passe en fait, c'est que les continents bougent, la plaque africaine a percuté, elle continue d'ailleurs à passer sous la plaque européenne. Il y a les Alpes, les Pyrénées qui se sont érigées comme ça, et il y a le Messie central. qui était un vieux massif un peu affaissé, qui s'est rehaussé. Mais tout ce qu'il y a au pied ici se rehausse aussi. Donc voilà comment on est sorti un petit peu de l'eau. Grâce au mouvement tectonique, c'est le mouvement de ces plaques continentales qui se percutent ou qui s'écartent. Actuellement, ça bouge encore. Ça bouge pas mal en Italie puisqu'on a encore des beaux volcans. Donc c'est que ça chauffe là. Il y a des frottements qui font de la chaleur. La chaleur fait du magma et ça remonte. Hop, nous voilà ! ressortir de l'eau par un phénomène de plancher qui se soulève. On a aussi un petit phénomène qui est intéressant à noter, c'est que, à cette époque-là, donc au Jurassique supérieur, il faisait quand même beaucoup plus chaud et beaucoup plus humide. Ça veut dire que les calottes glaciaires, elles étaient réduites à presque rien. Puisqu'actuellement, on est dans une phase de réchauffement. Donc il y en a toujours eu. Le seul problème actuellement, c'est que la vitesse de réchauffement est énorme. On n'est même pas sûr que ça s'accélère un peu, un petit peu même. Donc on essaye de juguler, c'est pas gagné comme on dit. Donc, phase chaude et humide, calotte réduite, donc niveau des mers un petit peu plus haut. Et actuellement, on est encore, par rapport au Jurassique, on a des calottes un peu plus importantes, donc un peu moins d'eau dans les mers. Donc les deux phénomènes ont contribué à ce qu'ici... on soit quand même assez loin de la mer. Et une fois à ce lien de la mer, le massif calcaire, ce plateau calcaire, cette masse calcaire, se retrouve hors de l'eau. Et ça, c'est le début de la fin. Parce que regardez, vous croyez que ça s'est déposé comme ça dans l'eau ? Non, ça s'est déposé en plat, en couches successives. Une couche là, et au-dessus encore une couche. En face, regardez, on voit très bien qu'il y a une... Deux puis trois couches et en fait ça s'est déposé tout à fait calmement à plat au fond de l'océan. Donc on a bien quelque chose de plat mais quand même regardez cette couche qui est là, elle va par là donc c'est penché quand même. Donc on voit bien qu'il y a un basculement, c'est pas plat. Une roche qui paraît très très dure à l'échelle humaine, comme ça sur quelques mètres ou quelques centimètres, et bien en fait peut se plisser. Le calcaire est très très dur sur des petites surfaces, mais regardez, à grande échelle... il est un peu cassé de partout. Là, ça a commencé à se tasser, et puis il y a une couche qui est arrivée au-dessus. Ce qui fait que ça n'a pas adhéré de façon homogène. Donc on a un joint de strates. Et ce joint de strates, c'est un point de faiblesse. Si on a une cassure verticale, et il y en a, regardez, ici, on voit que c'est cassé verticalement, ça, pour le calcaire, c'est un drame. Parce qu'il va fondre comme pluie au soleil. C'est la pluie, c'est l'eau qui l'a créé. Mais une fois émergé, c'est la pluie et c'est l'eau qui vont contribuer à sa perte. Là, cette espèce de joint de strates, imaginez qu'il soit enfermé, ça ferait une mini grotte par exemple. Imaginez de l'eau qui circule en permanence, ça ferait par creuser, creuser, creuser, ça donnerait une grotte. Le calcaire... Son vrai ennemi, c'est l'eau, mais l'eau acide. Quand on ouvre son robinet à la maison, au bout d'un moment, ça s'encrasse. Il y a du calcaire qui se dépose. Et tout le monde sait que pour enlever ce calcaire, il faut plonger l'embout dans du vinaigre. Quelques heures après, le calcaire est parti et on peut à nouveau refaire un cycle avant le prochain encrassage. Et donc, c'est pareil ici. L'acidité va manger le calcaire. Mais d'où elle sort cette acidité ? Et bien, elle sort de l'eau de pluie. Et puis, il y a un second phénomène qui va intervenir, et là, c'est l'endroit où je m'arrête. Regardez. Mais il se trouve qu'il y a un grand creux, là. Et ce creux, quand je mets ma main dedans, et que je sors, il y a plein de choses intéressantes. Il y a des feuilles dessous, dessus, je veux dire, et dessous de l'humus. Et bien, il se trouve que la décomposition des végétaux fait de l'humus, notamment une molécule qu'on appelle l'acide. Acide humique, acide humique, acide. Une fois que le calcaire se fait attaquer et qu'il y a un creux, c'est un cercle vicieux, ce creux ne pourra que se creuser plus. Et c'est irréversible puisque l'eau va pénétrer, va l'envahir de façon préférentielle. Si on revient dans 5-6 000 ans, globalement on aura le même type visuel, à part que là ce sera un peu plus large, d'autres qui étaient plus fines vont s'élargir, d'autres vont se créer, ce qui fait qu'on a une espèce de dynamique qui se met en place. sur des milliers d'années.
- Speaker #0
On avance avec Gunther, au pied des Cévennes, dans ce bois de paille-olive, une des plus vieilles forêts d'Europe, avec ses chaînes blancs et son incroyable diversité biologique. C'est une expérience captivante que nous vivons. On est au-dessus de la grotte de la cocaillère de Coury.
- Speaker #1
Étape 1, regardez, on a une diaclase. Regardez, elle est là aussi derrière. Là aussi, on la voit. Donc, elle est par là. Étape 2, ça coule, ça coule, regardez, ça creuse. Puisque là il y a une ouverture, donc l'eau circule mieux ici, donc ça va creuser un petit peu plus. Et étape 3, regardez, on peut avoir quelque chose comme ça. Et étape 4, ben voilà, on a carrément un couloir où on peut cheminer. En surface, ça ne fait que manger. Mais en-dessus aussi, et sous la grotte de la cocaillière, il y a une grotte qui est en train de se former. Pourquoi ? Parce que la cocaillière, en fait, il y a un peu d'eau, mais c'est pas elle qui collecte le plus d'eau. C'est dessous que ça collecte le plus d'eau. Le niveau global de l'eau, bien sûr, comme ça creuse, ben descend. Et la cocaillière, ben elle se creuse plus trop. par contre Un truc génial dans la cocaillière, c'est qu'il y a du dépôt calcaire. Exactement comme dans le robinet. À la sortie du robinet, exactement. Donc tout ce qu'on voit, de façon romantique, c'est de l'encrassement de robineterie.
- Speaker #0
J'aime la grotte de cocaillière.
- Speaker #1
Alors on descend. C'est une des rares difficultés de la journée. Alors ça, c'est un petit prunier. Pour couper la soif, c'est très bien. On peut en prendre une. C'est des protéines, en fait, des enzymes qui font précipiter les protéines qu'on a dans la salive. C'est un peu huileux, un peu souple. Donc si elles précipitent, ça gratte. Voilà, ça vient de là. Voilà, là, c'est un bel exemple. Alors, une belle faille, une belle diaclase. On voit qu'elle est en train de s'ouvrir. Elle est plus étroite. Là, ça s'ouvre. C'est magnifique. Alors il faut savoir qu'en bas là, il fait toujours frais. Si je mettais un thermomètre, ça oscillerait entre, on va dire, 15° et 14-15° et 22-23° au plus chaud. Donc là, on a de l'air frais en permanence. Et même si au-dessus, d'ailleurs moi je le sens un petit peu, et dans l'après-midi, il peut faire 31-32°, je reste là, parler un petit peu, ça me réfréchit. C'est comme une prime. Vous avez dit le mot. Ça veut dire qu'en bas, et là on va faire la transition entre le milieu minéral et le milieu biologique, OK ? C'est que regardez, en bas, frais, humide. En haut, on peut avoir du chaud et sec. Et entre les deux, on a plein de gradients. Et regardez, on a des fougères qui sont de ce côté. Puis ce côté, on dirait par exemple qu'il est plus sec, regardez. Puisque les mousses qui aiment de l'humidité remontent de ce côté. Ça veut dire que là, c'est un peu plus sec. Grâce à ce chaos rocheux, il peut y avoir une diversité de plantes exceptionnelles. Qui dit diversité en plantes, dit aussi diversité en animaux, puisque ça va avec. Puisque les plantes sont le tout début d'un écosystème. C'est pour ça qu'à Paille-Olive, ce fameux bois dans lequel est la grotte, ce karst est mondialement connu pour sa biodiversité. C'est magnifique. C'est magnifique. L'ensemble est superbe. Les formes que prennent les salactites, c'était quand même assez grand comme visite. On fait rarement des grottes, mais voilà. Ah, ça, ça rafraîchit, ça c'est sûr. Et ce qui est génial, c'est que dans tout le bois de paille-olive, toute la biodiversité a pu se répandre à nouveau et on observe des choses qu'on ne trouve rarement ou nulle part ailleurs. Par exemple, moi je fais partie de l'association Paille-Olive et l'emblème de l'association Paille-Olive, qui est une association naturaliste, C'est ce petit coléoptère, la cétoine bleue. Les cétoines, vous les connaissez sans doute, ce sont ces petits insectes. On connaît la cétoine dorée, qui sont en général, voilà, on les voit, ça butine un petit peu sur les fleurs, c'est comme ça, voilà. Et bien regardez, la cétoine à côté, bleue, magnifique. En France, elle n'est uniquement qu'à paille-olive. On l'a retrouvée un petit peu en Espagne, elle a disparu. Alors c'est une station en Espagne, une station toute disparue. stations en Italie terminées aussi. Dans les Balkans, donc il y a je crois 2-3 stations, en Turquie 2-3 stations et c'est tout. En France en tout cas c'est le seul endroit et en Europe de l'Ouest c'est le seul endroit où on la trouve. Pas facile à voir puisqu'en général les adultes aiment être dans la canopée. Plus on s'éloigne du coeur de Païolive, donc plus on s'éloigne donc on va dire en gros de quelque chose qui est autour de Berias, Casteljau, ces petits villages qu'il y a en Ardèche, et bien plus elle est rare. Donc sûrement qu'elle a dû se maintenir là-bas et puis... même déjà dans le bruit pariolive, un petit peu en dehors. Plus on se lève de ce point-là, plus c'est rare. On pourrait croire qu'au bout de quelques années, elle ait pu facilement investir dans d'autres lieux, mais pas tant que ça finalement. Donc ce n'est pas une bête. qui aurait tendance rapidement à aller coloniser d'autres milieux. C'est peut-être pour ça, c'est son problème aussi, c'est peut-être pour ça qu'elle est restée confinée. Et même si actuellement il y aurait d'autres lieux propices, elle n'est pas capable de franchir ces distances-là et donc elle reste confinée là où elle est.
- Speaker #0
Ce sont des petits trésors ici dans ce bois de paille-olive. Entre les nifargus, les crevettes aveugles dans l'obscurité de la grotte, les nombreuses espèces de chauves-souris et cette jolie cétoine bleue répertoriée en France uniquement ici. Dans ce podcast, nous explorons les liens profonds entre le monde souterrain et celui en surface de cette vieille forêt qui a gardé sa biodiversité depuis les glaciations. Gunther, notre guide, avec son Stetson et son Opinel, nous trace la route. Restez jusqu'au bout, il a encore de sacrées surprises pour vous.
- Speaker #1
On a commencé par la préhistoire ultra-lointaine, 150 millions d'années. en plein Jurassique. Et là on arrive à la préhistoire un peu plus récente. Quelques milliers d'années. Un dolmen. Alors les dolmens, on dit souvent non mais ça c'est la Bretagne, c'est sûrement même la Grande Bretagne. Alors au niveau menhirs, oui. C'est trop facile pour les menhirs puisqu'il y avait Obélix qui en construisait, grâce à la potion magique, des dizaines sûrement. Par contre, au niveau concentration de dolmen, c'est ici, au pied des Cévennes, qu'il y en a le plus au monde. Donc c'est pas la Bretagne. Dolmen, c'est ici. Un dolmen, en fait, ce n'est pas une cabane. Ou alors c'est une cabane définitive, on va voir ça comme ça. En fait, ce sont des tombeaux. Ce qui se passait, c'est qu'on le construisait, et puis on amenait un défunt. Mais ça ne servait pas que pour une personne. Ce qui se passait sûrement, c'est que, une fois qu'il y avait une personne décédée, on la mettait, la suivante, on réouvrait le tumulus. On mettait l'ancien squelette un peu vers le fond et on plaçait la personne récemment décédée devant puisqu'on a trouvé des dolmens où c'était un peu plus entassé vers le fond que vers le devant. Comme la nature a repris ses droits, on ne sait pas trop dans cette galerie que s'il n'y en a pas un quelque part et puis c'est difficile à détecter puisque là, celui-ci avait versé donc on l'a un peu remonté aussi.
- Speaker #2
C'est celui-là, on arrive à le dater ou pas ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est entre 5 et 6 000 ans, voilà, par rapport à... à quelques kilomètres plus au nord d'Ardèche, où on a la grotte Sauvé, où c'est du 36 000 ans. Dans la région, passé 40 000 ans, ce n'était plus du croumagnon, c'était une endertale qu'il y avait. Donc vraiment, dans la région, on a vraiment, au niveau préhistoire de notre espèce, on a vraiment les deux extrêmes, pratiquement. J'aime bien la grotte de la cocaillière.
- Speaker #0
Des dolmens en cévennes, du calcaire qui fond comme pluie au soleil, décidément on n'aurait jamais imaginé tout ça au-dessus de la grotte de la cocalière. Et les capitels ? Vous connaissez les capitels ? Ces petites dômes en pierre sèche, on en voit partout en Garigue. Elles relèvent de l'architecture populaire, les vignerons, les cultivateurs, les paysans.
- Speaker #1
C'est une petite maison, en général faite pour les bergers, et là on rentre dans l'histoire. Alors c'est vraiment un igloo, mais c'est un igloo qui ne fond pas au soleil. C'est une chance quand même, dans la région. Depuis les années 50, 1950, elles sont laissées à l'abandon. Pourquoi ? Parce qu'il y a la mécanisation, c'est plus facile pour les bergers d'avoir un lieu où ils peuvent faire pâturer, où ils peuvent rentrer, il y a les routes plus faciles, donc c'est beaucoup moins compliqué maintenant. Là, ceux qui construisent ces petites maisons, c'est vraiment des petites... C'est très simple, c'est spartiate, mais ça faisait leur fonction de protection pour la nuit. C'était un abri qu'il avait là, et facile à construire puisque ce n'est que de la pierre. Il n'y a même pas de ciment, donc c'est vraiment de la pierre sèche. Il faut savoir qu'il y a une base cylindrique très épaisse, et puis après on fait une petite porte, on met un gros linteau, forcément, il faut que ça tienne. Et puis après, regardez, on fait tourner des pierres qui vont se resserrer par encorbellement. Et chaque pierre est tenue par la précédente. Donc c'est pour ça que si jamais tu mets une fenêtre, il y aura un défaut quelque part et ça va s'écrouler. Donc c'est vraiment comme un igloo. Il y a des tonnes de cailloux là. Et les tonnes de cailloux, ça fait un volant thermique. C'est quoi un volant thermique ? C'est-à-dire que quand il fait frais la nuit dehors, dedans, il fait tiède. Et inversement, pourquoi ? Parce que toutes ces pierres, pour les chauffer, il faut mettre beaucoup, beaucoup d'énergie, il faut que ça chauffe longtemps. Et pour les refroidir, c'est pareil, elles mettent beaucoup, beaucoup de temps à refroidir. Ce qui fait que, par exemple, la nuit, quand dehors il fait, peut-être au petit matin, avant de se lever, vers 4h du matin, il fait 14 ou 13 degrés, dedans il fait encore 20 degrés. et inversement, l'après-midi, vers 14h, si je veux me faire une petite collation ou être un peu... À l'ombre, et dehors il fait 30, 31, 32, mais dedans il fera 23, 24 degrés peut-être.
- Speaker #0
Et voilà, c'était le bon sens des anciens, savoir se protéger de la chaleur. Ici, même la végétation l'a compris et s'adapte. Gunther, la visite se termine dans ce bois de paille-olive, ce site géologique remarquable, ce haut lieu de la biodiversité, avec ce bel arbre.
- Speaker #1
Alors dans la région, ce qui prime c'est ce chêne là, ce qu'on appelle le chêne blanc, c'est un chêne classique. Mais n'empêche, blanc pourquoi ? Parce qu'en fait il est vert d'un côté mais il est blanchade de l'autre. Et ça c'est génial parce que c'est quand même un chêne, regardez la feuille est un peu plus coriace que les chênes qu'on retrouve un peu au nord. Et surtout, il y a un truc génial, pour lutter contre l'évaporation, blanc parce qu'en fait regardez c'est un duvet qu'il y a dessous. Et si je frotte... J'enlève ce petit duvet. Donc ce sont des dizaines de milliers de petits poils qui sont sous la feuille. Pourquoi ? Parce que les échanges avec l'atmosphère, puisque la feuille respire quand même, il y a des échanges, se font par le dessous, par des petits trous qu'on appelle les ostioles. Et donc si jamais je n'avais pas ce petit duvet, le vent chaud et sec viendrait frotter en permanence sur cette feuille, il viendrait dessécher. Et que si j'ai de façon microscopique une petite forêt de poils, le milieu est tamponné, ça veut dire qu'en fait... L'air sec n'arrive pas à atteindre la couche où il y a les échanges et donc on a un gradient d'humidité et donc ça dessèche moins vite la feuille. Petit cadeau, voilà une feuille de chêne.
- Speaker #0
Ça vous a plu ?
- Speaker #2
Moi je recherche justement ce genre d'explication un peu plus poussée. Moi je sens que monsieur est expert. Vous avez bien vulgarisé je trouve pour que les sentiments passent. Ça c'est important. Nous on aime beaucoup tout ce qui est aspect géologique. Moi je vais souvent sur Géoportail Ah oui oui oui Pour voir où est-ce qu'on est Tout simplement pour comprendre ce qu'on voit J'ai cette curiosité de chercher quoi Donc là vous m'avez expliqué tellement de choses mais ça me... Ça c'est super
- Speaker #1
Ah c'est bien
- Speaker #2
Moi j'avais vu les flyers au camping Après j'ai regardé sur internet ce qu'ils en disaient Alors ce qu'ils en disaient c'est à dire le site Mais aussi bon moi je suis très Google Map Donc les avis Google et vous aviez de très bons avis sur notamment les guides, le jeune homme qui nous a fait la visite, très bien. Bon, je n'ai pas des questions très pointues à chaque fois, vous l'avez vu, mais moi, il répondait tout ce que je voulais, c'était parfait. Donc, c'est ça qui m'avait décidé pour faire cette grotte-là. Parce qu'on a le choix dans la région, j'ai vu qu'il y en a pas mal.
- Speaker #0
Et là, vous aviez dessus, dessous.
- Speaker #2
Alors, je ne m'attendais pas à cette visite. Ça, je n'avais pas vu sur le site. Du coup, c'est super de faire ce lien, parce qu'effectivement, on met toujours tout. Je veux dire, la communication sur la grotte, évidemment, mais... Là pour moi je comprends l'intérêt de comprendre ce qui est au dessus parce qu'elle ne se crée pas toute seule donc il y a vraiment ce lien important je pense à saisir ou peut-être à faire dans d'autres grottes parce que vous vous le faites ici m'a expliqué à l'entrée comment pourquoi une petite petite touche comme ça alors moi je l'ai eu après ce qui est rigolo mais pour moi parfait en tous les cas Toutes les infos sont là. Et la bonne humeur et les blagues de monsieur. Moi je suis très payant aussi. Des blagues et jeux de mots.
- Speaker #1
Merci. C'était cool. Et c'était trop bien. Les salatiques. Et les...
- Speaker #0
Et c'est tout.
- Speaker #1
J'aime bien la grotte de la Côte d'Alière.
- Speaker #0
Notre ami parisien est reparti avec son épouse, le parking ne désemplit pas, les cigales chantent à tue-tête et la grotte de la coca-lière continue d'étonner et d'émerveiller tous ceux qui l'approchent de l'intérieur et de l'extérieur. Merci Gunther, merci l'association Paille-Olive, toute l'équipe de la coca-lière. avec Florian pour sa jolie mélodie du sentier en chanteur et surtout cette terre, cette terre en mouvement qui nous rend tout à coup si humble. Écoutez, le calcaire vous raconte son histoire.