- Speaker #0
Moi j'ai vécu la vie que je voulais vivre, j'ai commencé à travailler bonheur, pour faire voir aux collègues que même à 15 ans, 16 ans, je pouvais travailler. J'ai vécu la vie que je voulais mener. J'ai voyagé, j'ai bougé, je me suis déplacé, je me suis toujours débrouillé. Bienvenue dans Les Messagers, le podcast d'Ayumi Parcervan, où chaque épisode révèle une histoire vraie, vibrante, qui bouscule et inspire.
- Speaker #1
Aujourd'hui, plongé dans l'histoire de Michel Dussarg, dit Mitch, un pur sévenol qui nous reçoit chez lui dans le petit village de l'Estréchure. Il nous raconte son histoire entre le Paris de 1974 au HAL, à sa découverte du monde politique de Solferino, et son retour en racine avec Antoine Defon, la cuisine et les bons petits plats. On commence, Mitch, à 15 ans.
- Speaker #0
Un jour je me suis dit qu'il n'était pas plus maître qu'un autre, donc j'ai passé un examen en concours. Pour entrer au poste de télécommunication au PTT à l'époque. J'ai réussi cet examen et je me suis retrouvé en 1974, je me suis retrouvé à Paris. Et le souvenir que j'ai déjà à Paris, c'est qu'à l'époque où je suis arrivé là-haut, j'ai eu énormément de boulot parce que je suis tombé sur la campagne à l'époque de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, où on partait avec des charrettes pleines de prospectus qu'on allait distribuer dans les boîtes aux lettres. Donc, 74 à Paris, j'ai travaillé à Paris-Lahaut, puis je... J'avais du temps de libre, donc du temps de libre, je fréquentais un petit bistrot dans l'Éal, à côté du Pied-le-Cochon. Là qu'un jour, le patron m'a dit, Michel, on est dans le jus, on est dans le jus, parce qu'on a le cuistot qui s'est cassé la figure, quoi, pour ne pas dire autre chose. Et puis moi, gentiment, je lui ai dit, moi, si tu voulais un coup de main pour le service de midi, je peux vous donner un coup de main pour le service de midi, parce qu'à l'époque, je connaissais la cuisine, parce que j'avais appris la cuisine dans les jupons de mes grands-mères, quand j'habitais à Saint-Préval-des-Vieux. Et là, donc, je me suis mis... à faire leur cuisine le midi et le métier est parti de là. Donc après de là, de la poste, j'ai quitté la poste, j'ai arrêté la poste, je suis rentré à l'armée. Et de retour à l'armée, je ne voulais plus retourner à Paris, je me suis retrouvé dans le Gard, où j'ai travaillé dans le roulement à billes, où j'ai travaillé, j'ai fait de la maçonnerie et tout. Et puis après petit à petit, de fil en aiguille, je me suis retrouvé à travailler, à monter en Lauser, à travailler pour une compagnie d'assurance où j'ai fait 10-20. J'aurais pu m'installer en Lauser, en Lauser-Asenet-Deschênes-du-Aldonès, une affaire qui ne s'est pas faite par rapport à... A l'époque, les collègues aussi, qui montaient faire l'ouverture de la pêche avec moi là-haut, puis d'apéro à apéro à apéro, j'en ai refusé et tout. Ça a été un regret de ma femme aussi qu'on n'ait pas pris la restauration. J'ai eu un accident justement en jouant au foot, donc il a fallu que je reste pendant un certain temps sans travailler et tout. Et j'ai trouvé du travail dans une mairie, à côté de l'Estrichur. J'ai pu reprendre en main la cantine scolaire, donc que j'ai créée pour le bio, on a fait la cantine bio. J'y suis resté le haut pendant 4 ans, j'ai pris ma retraite et maintenant je suis à la retraite à l'Estrichu.
- Speaker #1
Aujourd'hui tu prépares encore à manger pour des gens qui le demandent.
- Speaker #0
Pour les gens qui me le demandent à l'heure actuelle, quand on me demande un plat, je le fais. Je ne le cherche pas spécialement. Par contre je suis toujours déclaré un auto-entrepreneur, parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver. Il peut y avoir un incident, il peut y avoir des mauvaises langues aussi, il y en a partout. Donc je suis toujours inscrit en tant qu'auto-entrepreneur et quand on me demande, je vais le faire. Mais je ne le fais pas spécialement à plein temps. Je le fais parce que j'aime ça et puis ça m'occupe, ça me fait une occupation.
- Speaker #1
Alors qu'est-ce que tu prépares ? Des paellas, des terrines ?
- Speaker #0
Je prépare un peu de tout. Je prépare des paellas, des viandes en sauce, du sanglier, des encornets farcis. Je fais beaucoup de terrines de pâté aussi. À la rigueur, si on me demande d'une année pour l'autre, si on me demande du jambon, je peux faire des jambons crus aussi. Voilà, donc je fais plein de... Je suis prêt à tout, je fais tout.
- Speaker #1
Aujourd'hui, si on est en Cévennes et qu'on t'entend, et qu'on a envie d'une bonne terrine ou d'une bonne paella ou d'une bonne gardiane, on t'appelle ?
- Speaker #0
Bien sûr, pour que les gens n'aient pas peur de m'appeler. J'ai un site sur Facebook, les gens peuvent m'appeler, il n'y a aucun souci. Je le fais volontiers. Bien sûr, ce n'est pas gratuit non plus. Voilà, mais disons que je ne le cherche pas spécialement. Mais si on a besoin de moi, à une époque, je le cherchais. Mais maintenant, à l'heure actuelle, si on me demande quelque chose, je le fais, sans souci.
- Speaker #1
Comment on te trouve ? Alors tu dis Facebook, c'est avec ton nom ? Comment on te trouve ?
- Speaker #0
Facebook, c'est avec mon nom. Facebook avec mon nom. Puis il y a WhatsApp aussi. On peut me joindre sur Instagram aussi. Voilà, donc si on a besoin de moi, qu'on m'appelle, qu'on me laisse une commission. De toute façon, je répondrai.
- Speaker #1
Et puis là, il faut dire qu'on est dans ton jardin, ici, à l'Estréchure. Le jardin où il y a le potager. Et c'est de là aussi que tu fais les bocaux, par exemple. Tu prends tes légumes, tes produits.
- Speaker #0
Mais là, disons que chaque année, je fais mes haricots, mes tomates, mes pommes de terre. J'en faisais parce que ma fille, elle n'habitait pas trop loin à l'époque. Elle n'habitait pas trop loin, elle était à Lyon. Donc là, je faisais mes bocaux. Et quand ils venaient, quand ils redescendaient, ils amenaient. Maintenant, ils sont à Strasbourg. Donc cette année, j'ai fait pas mal de conserves aussi, qu'ils ont embarquées et tout. Et maintenant, je prépare le jardin pour l'année prochaine. Je vais me préparer des légumes d'hiver, et puis voilà, pour les préparer pour l'année prochaine quand ils viendront.
- Speaker #1
Quelle a été la plus grande joie de ta vie ?
- Speaker #0
La plus grande joie de ma vie, honnêtement, c'est la naissance de ma fille.
- Speaker #1
C'est Nelly ?
- Speaker #0
C'est Nelly, oui, c'est Nelly, ça a été sa naissance. Malheureusement, j'ai eu deux grands-fils, qui m'ont complètement oublié, moi de mon côté, je n'ai toujours pas oublié, parce qu'ils sont là dans le cœur, c'est bon sang aussi. Mais disons, ma plus grande joie de ma vie, c'est Nelly. Et d'avoir donné la naissance à trois enfants. C'est joli. Mais Nelly, c'est ma prunelle. C'est la grande joie de ma vie. Elle travaille aussi en cuisine. Elle est sur Strasbourg. Mon gendre, pareil, est militaire. Il s'occupe d'une cuisine aussi. Donc tout le monde est resté dans la bouffe. D'abord, ça se voit.
- Speaker #1
Tu aimes bien manger ?
- Speaker #0
J'aime bien manger et j'aime bien cuisiner. Et j'aime surtout faire plaisir au niveau... Si j'invite quelqu'un à la maison, c'est pour qu'il se régale. C'est pas pour lui servir des boîtes de conserve.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu dirais à ta fille, la prunelle de tes yeux, si tu quittais ce monde demain ?
- Speaker #0
Je lui dirais ne sois pas triste, vis ta vie comme tu l'as vécue, vis ta vie comme moi je l'ai vécue aussi, puis ne te fais pas de soucis, le jour où je ne serai plus là, je serai quand même par la pensée à côté de toi, et puis de là-haut je te surveillerai, et si tu me fais une bêtise, de là-haut je te tirerai les oreilles.
- Speaker #1
Il y a une autre partie de ta vie aussi que j'aimerais que tu me racontes, c'est quand tu as été au contact des hommes politiques.
- Speaker #0
J'ai connu... Un ami qui est toujours mon ami, qui était à l'époque responsable du Parti Socialiste à Paris, on était à la rue Solpirino, qui m'a fait connaître Solpirino, qui m'a fait connaître ce milieu. Je l'ai rencontré ici au camping à l'Estrichur, je l'ai connu là au camping. Ça m'a plu, je me suis engagé avec mon épouse aussi. J'ai été responsable du service d'ordre gardois au niveau du Gard et tout. Et j'ai fait les campagnes. J'ai fait la campagne de François Hollande, j'ai fait la campagne de Ségolène Royal, j'ai fait la campagne de Lionel Jospin. Et j'ai passé le très, très, très bon moment. J'ai connu des tas de gens, des braves gens. J'ai collé des braves gens et tout. Puis j'ai fait un boulot que j'ai respecté. J'ai accompagné des hommes politiques qui sont, en fin de compte, des gens comme vous et moi. Et justement, avec qui j'ai toujours des contacts. Bon, certains peuvent faire leur âme, mais qui sont décédés. J'ai gardé beaucoup, beaucoup, beaucoup d'estime pour ces jeunes-là. Et j'ai connu beaucoup de monde au niveau du Parti Socialiste par rapport au niveau du service d'ordre. On a fait les escortes, on les a protégés, on les a suivis dans les meetings, on les a accompagnés à leur hôtel, on les a accompagnés quand ils se déplaçaient en ville, on les a accompagnés dans les restaurants aussi, c'est de la surveillance que l'on faisait. Il ne fallait surtout pas qu'ils soient approchés, vous savez comment ça se passe, on a passé des bons moments.
- Speaker #1
Il y avait Jean-Marc Ayrault aussi.
- Speaker #0
Jean-Marc Ayrault qui est maire de Nantes, un super monsieur. Super monsieur, si maintenant je lui sers mon chapeau, je suis allé à Nantes. J'ai fait pratiquement tout le tour de la France. Tout le tour de la France, il n'y a que l'étranger que je n'ai pas fait, les hôtels, tout ça, je ne les ai pas fait. Il y avait des équipes spéciales qui partaient là-bas. C'était un tour de rôle, alors comme on y était nombreux, moi, manque de vol, je suis arrivé après. Donc j'ai fait pratiquement tout le tour de la France. J'aime beaucoup la Bretagne. C'est la mentalité, c'est une région qui m'a énormément touché. et le nord aussi l'île aussi, l'île là-bas Lille, c'est la sympathie des gens, c'est autre chose. C'est une autre mentalité que nous on a dans le midi. Parce que c'est vrai que nous dans le midi on est un peu à part un petit peu aussi. J'aime le midi, mais c'est une autre mentalité. Les gens passent beaucoup à eux quand même. C'est moi je, moi je, moi je, moi je. Et c'est en cas de coup dur qu'on les voit aussi, ça réagit pas trop. Disons que ça parle plus, c'est un peu comme en Italie, ça parle plus avec les mains qu'avec le cœur. Je suis heureux comme je suis. Je suis seul, j'ai perdu mon épouse il y a trois ans. Ça a été un gros manque. Je la vois encore là quand je vois le jardin. Je me retourne, je la vois et tout. Pensez à l'avenir, même que vous ayez de l'âge comme moi. Vivez votre vie, allez de l'avant et tout. Ne refoulez personne. Sachez être cool maintenant. Il faut être cool quand on voit tout ce qui se passe dans la vie. Les menaces, les injures, tout ça. Il faut faire table rase de ça et tout. Voilà, toujours. Moi, j'ai une chanson qui est ma chanson préférée, c'est l'International. Parce que l'International veut tout dire. Quand on a compris les scènes de l'International, on a tout compris. La Marseillaise est bien aussi. Mais l'International ne parle pas de guerre, ne parle pas de... Voilà, là on est bien, ça voilà.
- Speaker #1
Et voilà, une nouvelle empreinte brûlante dans les messagers. Merci à Michel Dussarg, dit Mitch, pour nous avoir mis les papilles en alerte. On se retrouve bientôt pour un nouveau récit qui secoue et qui illumine. D'ici là, rejoignez la communauté d'Ayuma. mis par Servane sur Facebook, LinkedIn, Instagram pour faire vivre ces histoires qui nous dépassent. Laissez un commentaire, une idée et abonnez-vous sur Spotify, Deezer, Apple Podcasts et partout où vous écoutez des podcasts. Vos retours donnent du souffle à notre aventure. A très vite !