Speaker #0Faut-il voir pour croire ? Donc ça, c'est une question qu'en général, on pose quand on est entre deux, entre le chemin spirituel et le chemin, on va dire, rationnel, et qu'on a encore cette perception que les deux, ils sont incompatibles. Donc le sceptique, il va dire, il faut voir pour croire à quelque chose. Le spirituel, quand je parle du... Je parle du rationnel et du sceptique quand il ne croit pas, quand il croit que la croyance, c'est quelque chose de néfaste, et au croyant qui, dans sa perspective aussi, le sceptique, il n'a pas raison. Et donc le croyant, il va dire non, mais il faut croire, parce que si on ne croit pas, quelle est la logique de tout ce qui est là, etc. Et donc dans les deux approches, on a l'impression qu'il y a un gouffre. et que la chose, elle ne peut pas s'allier. Bienvenue sur le podcast Ayurveda et Spiritualité. Je suis Rita Osterbeek, enseignante en Ayurveda, mais aussi une éternelle apprentie de la vie. Chaque semaine, je vous partage des réflexions et des clés qui peuvent vous apporter une autre lecture de la vie pour une approche plus intérieure, consciente, équilibrée et heureuse. Chaque épisode est une invitation à l'introspection qui vient d'approuver l'équilibre de son corps, de son mental et de son âme. Je vous souhaite. une bonne écoute. L'approche védique, elle va englober ces deux approches. Une approche un peu plus scientifique, on va dire, avec une approche où la croyance, elle est extrêmement importante, et le chemin spirituel, il englobe trois étapes. Une étape de croyance, une étape de confiance, et une étape d'effort. Et c'est de ces trois étapes que je voudrais vous parler. et qui vont vous permettre de comprendre qu'en fait finalement la pensée du sceptique, elle n'est pas si différente de la pensée du croyant. Alors le sceptique, il a besoin de voir pour croire. Mais l'approche védique, elle explique qu'il y a ces trois étapes. D'abord, on a besoin de croire en quelque chose, parce que si on ne croit pas que quelque chose est possible, on ne fait jamais rien. Ça, c'est dans l'approche védique. que ce soit la Yorveda, le Vedanta, les autres approches dans les Vedas, on a cette notion que d'abord il y a ce besoin de croire. Ça peut être pas forcément de croire en Dieu, mais de croire en soi, de croire en quelque chose. Ensuite on a besoin de Shraddha, de faire cette confiance. Donc je crois que je suis capable, par exemple, de monter une école. Donc il y a eu un moment dans ma vie où je me suis dit, j'ai eu cette croyance que j'avais cette capacité de créer une école. Ensuite, il y a besoin de ce shraddha. Ce shraddha, c'est le mot qui s'inscrit dans la langue de l'éducation. C'est un mot qui s'inscrit de confiance. Une confiance où on se donne à cette cause. On se donne, on fait confiance absolue. Donc il y a cette notion de confiance qui n'est pas juste j'y crois que, c'est que j'ai confiance. que c'est la bonne chose à faire, j'ai confiance dans la vie, que c'est ce chemin-là à entamer. Et puis il faut un effort. Et dans l'effort, il y a trois étapes. Il y a une première étape que c'est difficile, donc dans cet exemple, quand j'ai créé l'école, ça a été difficile. Il y a une deuxième étape où c'est encore plus difficile. Et puis, il y a une troisième étape où ça devient stable, où ça devient normal. Et donc c'est le cas, dans cet exemple que je vous donne, j'ai créé l'école, au début c'était difficile. Après ça a été encore plus difficile parce qu'il y a encore plus de choses à gérer. Donc d'abord c'est difficile de faire le pas, de commencer à le faire. Ensuite c'est encore plus difficile parce qu'il y a énormément de paramètres. Construire des formations qui soient cohérentes, qui puissent former des professionnels compétents, regarder quelles sont les lois en France, toutes ces choses-là. Donc, ça a été un travail monstre. Je ne pouvais pas le faire toute seule. Donc, j'ai dû engager d'autres personnes. Et donc, c'était très difficile. Et puis, aujourd'hui, c'est un truc qui fonctionne. C'est quelque chose où je vois que les professionnels sont bien formés. Ils s'installent. Ça fonctionne. C'est une bonne chose. Donc, j'ai eu besoin de croire à ce projet. J'ai eu besoin d'avoir une confiance totale que c'était ce projet qui était à faire et dans mon cas. Dans mon cas, j'avais cette perception que c'était aligné avec mon dharma, avec ma mission de vie, etc. Et je suis passée par les différentes étapes de l'effort. Et quand on arrive à cette étape où, du coup, c'est plus stable, il y a toujours des choses à faire, bien sûr, mais il n'y a plus un énorme effort de construction, on va dire. Et quand on arrive à ce stade-là, on n'a plus besoin d'y croire. Parce que le résultat, il est là. Donc on n'a plus besoin de la croyance après. On a besoin de la croyance au début. Et donc qu'est-ce qui se passe avec le sceptique ? Le sceptique, il dit non, mais j'ai besoin de voir. Mais dans cette perspective de spiritualité telle qu'on a dans les Vedas, tout est spirituel. Donc toute la vie matérielle, elle fait partie de cette spiritualité. Donc quand on est petit et qu'on a besoin d'aller à la boulangerie, Nos parents, ils disent, allez, va acheter le pain. D'abord, j'ai besoin de croire que c'est possible. J'ai besoin de croire que moi, je suis capable d'aller à la boulangerie et donner, que je suis capable de comprendre un euro, deux euros, et que je vais donner. Quand je donne cet argent à la boulangère, j'ai besoin de cette confiance. J'ai besoin d'avoir confiance, j'ai besoin d'avoir shraddha. de qu'elle ne va pas me tromper, qu'elle va me donner une baguette de pain. Il y a un instant, là. Quand je suis adulte, tout ça, c'est beaucoup plus automatisé. C'est pour ça que je parle d'enfant, parce que l'enfant, il va avoir des peurs que, en ce qui concerne une baguette de pain, normalement, l'adulte, il ne va plus avoir. Mais c'est un exemple comme tant d'autres. Donc, il y a besoin de ce shraddha, de cette confiance à un moment donné. Il y a eu un effort demandé à cet enfant. La première fois, extrêmement difficile d'aller à la boulangerie demander une baguette de pain. La deuxième fois, quand on commence à comprendre qu'il faut aller tous les jours, maintenant, aller acheter la baguette de pain, c'est plus difficile. Et puis, il y a un moment où, ok, j'ai compris, j'ai tant d'argent, je vais là-bas, maintenant, je connais la boulangère et ça devient facile. Et là, à ce moment-là, je n'ai plus besoin d'y croire. L'enfant qui va à l'école, pour la première fois, et il rentre en maternelle, c'est pareil. Le premier jour, il demande un effort, j'ai une certaine appréhension. Le deuxième jour, l'enfant comprend qu'il faut aller à l'école tous les jours. C'est beaucoup moins rigolo. Donc l'effort est doublé. Il y a un moment où l'effort est rentré dans une certaine adéquation, dans un certain rythme. Il ne s'engendre plus tellement de souffrance, on va dire. Et l'enfant même, il s'amuse à aller à l'école. Il aime ça. Et à ce moment-là, il n'a plus besoin d'y croire que c'est possible. Il n'a plus besoin de se donner complètement à cette chose qui était complètement nouvelle pour lui. Mais s'il ne se donne pas complètement, il ne peut pas recevoir un retour. Donc ça, c'est l'approche des Vedas. C'est que dans la vie matérielle, d'abord tu crois, après tu fais confiance. Tu te donnes complètement, parce que si tu te donnes complètement, comment tu veux recevoir ? Les fruits, tu ne donnes pas, tu ne peux pas recevoir. Et ensuite, tu mets de l'effort. Et tu mets tant d'efforts qu'il est nécessaire. Parfois, c'est plus de temps. Parfois, c'est moins de temps. Et il y a un moment où tu vas recueillir les fruits de tes efforts et tu n'as plus besoin de croire à quoi que ce soit. Donc, il y a l'histoire de la baguette de pain. Mais il y a plein d'histoires comme ça. Je veux encore muscler. Je suis adulte, donc j'ai décidé que je veux encore muscler, je vais à la salle de sport. J'ai besoin d'abord de croire que moi j'ai un corps tout sec, par exemple, j'ai des clients comme ça en cabinet. Comment est-ce que je peux ? Alors je suis tout sec, est-ce que la Ayurveda peut m'aider à faire du muscle ? D'abord il faut croire que c'est possible, il y a une réalité, je pense à une personne en particulier que j'ai vue en cabinet, donc il y a une réalité, c'est la réalité de la Prakruti, de notre constitution de base. Une fois qu'on a compris notre constitution de base et qu'on a compris que c'est possible de constituer du muscle une masse musculaire comme ci ou comme ça, on a besoin d'y croire à ça. Et après, on a besoin d'avoir confiance. Confiance, par exemple, dans le coach sportif, dans le praticien en Ayurveda, dans le nutritionniste qu'on va voir, d'avoir confiance que cette personne va nous accompagner dans la meilleure façon pour que je puisse constituer les muscles qui est l'objectif que je me suis donné. Donc il faut que je me donne et il faut que je mette des efforts. et que je fasse les choses que ce coach me dit. Alors au début, c'est dur parce que je n'ai jamais fait ce que le coach va me dire. Le deuxième jour par la suite, c'est encore plus dur parce que j'ai les courbatures que j'ai, etc. Et au bout d'un certain temps, je vais avoir la masse musculaire que je m'attendais. Et je n'ai plus besoin d'y croire parce que le résultat, il est là. Et quand il s'agit de la spiritualité dans le point de vue de Devedas, là je vous parle des choses très matérielles, mais la matérialité, elle fait partie de la spiritualité dans cette approche. Mais on peut donner des exemples qui sont beaucoup plus spirituels, tels que les occidentaux, ils voient la vie spirituelle. Donc... je veux régler par exemple mes traumas d'enfance je veux avoir une relation épanouie avec ma mère je veux avoir une relation, je veux résoudre mes problèmes de communication avec mon mari je veux faire telle chose, telle chose donc j'ai besoin d'y croire, c'est la première chose, j'ai besoin d'y croire et même si je suis sceptique les premiers exemples que je vous ai donnés c'est juste pour vous permettre de comprendre que même si on a du mal à y croire même quand on est sceptique on comprend que rien que pour aller acheter une baguette de p*** il a fallu que j'y crois à un moment donné que c'était possible. Donc si c'est cette méthodologie-là pour les approches matérielles, ça va être cette méthodologie-là pour les approches un peu plus psychologiques, spirituelles. Donc si je veux résoudre un trauma d'enfance, d'abord j'ai besoin d'y croire que c'est possible. Même si mon père est alcoolique. même si ma mère a une maladie psychiatrique, même si telle chose est telle chose. J'ai besoin d'y croire. Je n'ai pas le choix, si je veux, de résoudre ce problème interne en moi. Après, il y a d'autres étapes, parce qu'on comprend dans ce chemin spirituel que ça ne dépend pas de l'autre, ça dépend de moi. Donc du coup, c'est possible. Donc j'ai besoin d'y croire que c'est possible, et j'ai besoin de me donner à cette cause. Par exemple, résoudre ce trauma d'enfance spécifiquement. Et si je veux résoudre ce trauma d'enfance spécifiquement, il faut que je fasse des choses. Parce que dans l'approche félique, on comprend cette notion de karma et karma pala. Karma, c'est l'action et karma pala, c'est le résultat de l'action, le fruit de l'action. Pour que, si mon objectif, c'est d'avoir une relation épanouie avec mes parents, par exemple, j'ai besoin d'entamer des actions, j'ai besoin de faire des efforts pour cela. Une action pour avoir un résultat. Au début, ça va être dur. Après, ça va être encore plus dur. Et il va y avoir un moment où ça s'est stabilisé. Et que je vais rigoler du fait de ne pas avoir cru à un moment donné que c'était possible. Ou de la relation qui était brisée auparavant. J'ai fait ça avec mon frère, par exemple. Pendant des années, on ne s'est pas parlé. Je ne sais pas exactement pourquoi. Il y a beaucoup de choses que dans ma mémoire sont effacées, que mon mental a décidé d'effacer complètement. Mais mes parents se sont divorcés quand j'avais 12 ans environ. Mon frère est plus âgé de 3 ans. Et ma mère avait des maladies psychiatriques, donc elle a fait beaucoup le jeu, des jeux émotionnels. Mon frère a été plus atteint que moi, peut-être, parce que j'avais une relation conflictuelle avec ma mère. J'écoutais qu'à moitié, je ne croyais pas aux choses qu'elle me disait. Mon frère, il était plus aux emprises. Et ma mère, elle parlait mal de moi, par exemple, à mon frère. Donc ça nous a écartés beaucoup. Je ne sais pas si c'est pour ça, mais je sais que vers l'âge de mes 18 ans, quand j'ai fait 18 ans, j'avais fait un dîner avec tous les amis. On était dans une ville petite au Portugal, donc tout le monde se connaissait. Donc il y avait mon frère, il y avait les amis, etc. Je me rappelle quand j'ai fait 18 ans, j'ai énormément pleuré. bourré, alcoolisier. J'avais 18 ans, c'était la fête. Et j'avais mon frère là et je disais, mais comment c'est possible ? Pourquoi on est arrivé là ? Pourquoi on ne se parle plus ? Et bon, la soirée de mes 18 ans n'a pas résolu le problème. Les non-dits et cet état de ne pas se parler, ça a duré des années et des années, jusqu'à il y a 12 ans environ. où ma mère a eu une réaction que mon frère ne s'attendait pas. Il n'habitait plus chez elle, mais j'habitais déjà en France. Elle a dit à mon frère de venir chercher ses affaires parce qu'elle est malade et on ne sait pas exactement ce qui s'est passé dans sa tête. Et mon frère, il a très mal vécu cela et il m'a appelée. Et à ce moment-là, on a repris contact et on a commencé à comprendre pourquoi on s'est écarté, etc., même si aujourd'hui, on ne sait pas exactement. Pour que cette relation puisse fonctionner, il a fallu que tous les deux, on y croit que ce soit possible. Il a fallu une croyance parce qu'on était dans un état où on ne s'envoyait même pas le message de joyeux anniversaire. Et il n'y avait pas vraiment une raison, il n'y a pas eu une dispute fatale, juste un éloignement sans explication comme ça, avec beaucoup de choses que j'en voulais à mon frère et vice-versa, qui n'étaient pas fondamentées finalement. Mais il a fallu pour reprendre une relation comme ça, d'y croire que c'était possible et puis de se donner, de faire à nouveau confiance à cette personne qui à un moment donné était perçue comme un ennemi, quelqu'un qui puisse nous faire du mal. Donc cette confiance, cette confiance que j'ai eue dans mon frère, qu'il a eue en moi, qu'on a eue tous les deux dans la vie finalement, telle qu'elle se déroule, elle a été nécessaire. Et puis les efforts, ils ont été nécessaires. Ça n'a pas été du jour au lendemain. Mais aujourd'hui, c'est très beau ce qu'on a construit. On a organisé quelque chose de très beau pour ses 40 ans. Il est proche de mes enfants maintenant. Et ce n'était pas gagné quelque chose comme ça. Et ça, c'est le chemin spirituel qui le permet. Et on était à ce moment-là, tous les deux, assez prêts pour s'écouter l'un et l'autre et de venir se rapprocher. Donc il y a une envie de se rapprocher et une croyance que c'est possible. Aujourd'hui, on n'a plus besoin d'y croire. Et on sait que s'il y a des choses qu'on peut dire, des travers sans penser, Ils ne vont pas être mal interprétés comme ils ont pu être mal interprétés à une époque, parce qu'on a fait un certain chemin. Donc ça, c'est ce que je voulais partager avec vous aujourd'hui, cette idée qu'une fois qu'on a entamé ces étapes, il est possible de continuer un chemin spirituel sans que la croyance soit nécessaire. Mais au début, pour se donner à quelque chose, Dans l'approche vélique, il est important d'y croire avant tout. J'aimerais beaucoup savoir ce que vous en pensez. Et j'attends de voir vos commentaires un petit peu dans le post Instagram en lien avec ce podcast. On arrive à la fin de notre épisode et je vous remercie pour votre écoute. Si cela vous a plu, je vous invite à le partager avec vos proches qui en ont besoin. Si vous voulez échanger avec moi sur le sujet, ça se passe sur... Instagram. Vous cherchez le post en liant avec cet épisode et vous commentez. Je répondrai à votre commentaire et on prolonge comme ça la discussion ingréant le cercle vertueux. Je vous dis à la semaine prochaine.