Speaker #0Comment c'est possible que mon prof de yoga, mon maître spirituel, mon enseignant en méditation, il se mette en colère ou il parle mal de telle ou telle personne ou qu'il fasse telle et telle chose ? Aujourd'hui, je voudrais vous parler de cette situation, de ce jugement quelque part qu'on peut avoir envers les personnes qui ont un titre spirituel. Et que parce qu'elles se mettent en colère ou parce qu'elles font quelque chose qu'on ne considère pas spirituel, on les juge, on les discrédibilise. Donc aujourd'hui, je voudrais vous parler un petit peu de ça dans la séquence des épisodes de podcast que j'ai fait en lien avec la méditation. Et comprendre qui est ce méditant colérique, par exemple, si on peut l'appeler comme ça. Bienvenue sur le podcast Ayurveda et spiritualité. Je suis Rita Osterbeek, enseignante en Ayurveda, mais aussi une éternelle apprentie de la vie. Chaque semaine, je vous partage des réflexions et des clés qui peuvent vous apporter une autre lecture de la vie pour une approche plus intérieure, consciente, équilibrée et heureuse. Chaque épisode est une invitation à l'introspection qui vient d'attrouver l'équilibre de son corps, de son mental et de son âme. Je vous souhaite une bonne écoute. Alors, quand on dit ce type de phrase, comment c'est possible que telle personne juge une autre alors qu'elle fait partie d'un chemin spirituel ? Comment c'est possible que telle personne a volé, a crié, a été en colère envers une autre personne de façon injuste selon notre perspective ? En général, quand on a cette Ausha, ce jugement, parce qu'on est en train de juger cette personne finalement, en général c'est en lien avec un préjugé social. Pourquoi ? Parce qu'on a cette idée que la personne qui pratique la méditation, elle vit en paix. Et très souvent, cette notion qu'on a de la personne qui est en paix, c'est une personne qui n'a plus d'émotion. C'est une personne qui ne se met pas en colère, c'est une personne qui n'est pas dans la tristesse. Et donc on idéalise cette personne qui médite, qui peut être notre prof de yoga, qui peut être notre enseignant méditation, notre gourou spirituel. Et on l'idéalise et on a l'impression que c'est une personne presque surhumaine, parce qu'elle est capable de ne pas sentir, elle est capable de ne pas avoir des émotions. Mais ça, c'est un préjugé social et c'est une fantaisie qu'on a créée dans notre mental, finalement. Ça prend du temps dans notre cheminement spirituel de comprendre que l'émotion, elle n'est pas l'ennemi. Mais c'est important, si on mène un chemin spirituel pour être mieux, pour résoudre ses difficultés, ses traumas, si on veut, si on cherche à être une personne meilleure, il est important qu'à un moment donné, on arrête d'idéaliser cette personne qui... nous permet d'être dans cet accompagnement. Parce que cette être-personne, elle est aussi sur Terre et c'est aussi un autre être humain. Et de façon naturelle, elle a aussi des émotions. Et ce qui se passe dans notre chemin spirituel, c'est qu'à un moment donné, il faut qu'on comprenne que le problème n'est pas l'émotion. Et je vais donner un exemple qui est assez parlant, c'est qu'on ne veut pas avoir peur. On ne veut jamais avoir peur. Mais on va... au cinéma, voir un film d'horreur pour les personnes qui aiment ça, moi je déteste ça, mais il y a des personnes qui aiment ça, et elles vont au cinéma pour avoir cette sensation de peur, cette émotion qu'il y a la peur, et ils sortent du cinéma contents, parce que oui, oui, c'était un bon film. Et donc le problème là, clairement, n'est pas l'émotion, parce qu'on voit que la peur, dans ce contexte là, elle ne me crée pas de souffrance. Donc la problématique de l'émotion qu'on associe, ce n'est pas l'émotion telle qu'on peut penser au premier abord, mais c'est notre rapport à l'émotion. Et le problème, c'est quand l'émotion est mal placée. Donc la peur, si on va à Lyon, il est important d'avoir peur. J'ai une anodote comme ça, j'avais fait la Panjari avec des amis, donc en safari, en Afrique. Un de nos amis, en fait, on a vu le lion, il est sorti de la voiture pour aller caresser le lion. 40 ans. Donc il y a un problème dans le rapport avec la peur. La peur, elle n'est pas en train de faire son travail là. Il est important d'avoir la peur pour justement nous protéger. Donc il y a un rôle dans cette peur, c'est la protection. Ici la peur, elle est bien placée au bon moment. Il n'y a pas de souffrance à lier. C'est la même chose que la colère. Si la colère, elle vient à un moment où je dois me défendre, où je dois avoir cette énergie qui est plus clash que la tristesse, par exemple, il est important que cette colère, elle vienne pour que je puisse m'affirmer, pour que je puisse amener au monde ce que je suis venue faire là, par exemple. Ça dépend de la situation. Mais la problématique, elle va venir quand cette peur, c'est, par exemple, j'ai peur de parler à mon patron de mon projet. J'ai peur d'y dire à mes parents que j'ai envie de faire telle et telle chose dans ma vie. Et ça, c'est problématique parce que c'est un endroit où la peur ne devrait pas exister. C'est pareil avec la colère. Donc, si la colère, elle est bien placée... et qu'elle va nous permettre d'avoir un avantage, et elle est bien positionnée dans la vie, elle ne crée pas de souffrance. Par contre, si je vais me mettre en colère parce qu'un ami m'a dit que j'étais, par exemple, stupide d'avoir fait telle et telle décision, par exemple, je décide de divorcer. Et mon mari va dire, ah, mais tu es bête, parce que, je ne sais pas, ton mari avait trop d'argent. J'ai décidé de ne pas partir en vacances avec telle personne. Et du coup, mes amis vont me dire, c'est dommage que tu ne le fasses pas. Et ça, ça me met en colère. Ce n'est pas normal que je me mette en colère parce qu'un ami est en train de me donner son avis. Donc, il y a une émotion qui est mal placée à cet endroit-là. Et c'est ça qui va nous créer une souffrance. l'ami en soi le patron là, ils n'ont rien fait en sorte de créer la souffrance elle est en moi on peut bien sûr, et c'est le premier lien qu'on a c'est d'accuser le patron d'accuser le ami, d'accuser le mari etc. qui nous ont fait souffrir mais la réalité c'est comment je me ressens par rapport à ce que j'ai eu en face de moi c'est un miroir en fait et c'est justement les amis qui vont pouvoir nous apporter Oui. les clés pour pouvoir évoluer dans cette vie. Donc c'est plutôt salutaire. Et du coup, on comprend petit à petit dans ce chemin spirituel que le problème n'est pas l'émotion, le problème c'est l'émotion qui est mal placée et que je vis mal quelque chose parce qu'il y a quelque chose de non résolu en moi et pas le contraire. Et donc si on revient à cette personne spirituelle qui se met en colère, et qu'on a ce jugement que la personne spirituelle, elle ne devrait pas se mettre en colère, c'est parce que cette personne spirituelle qu'on considère quelqu'un de supérieur et à qui on a accordé notre confiance, d'un coup, elle a cassé nos expectatifs. Donc c'est que quelque part j'attendais que cette personne soit libre d'émotions. qu'elle soit pleine d'amour tout le temps, qu'elle n'ait pas de colère, qu'elle n'ait pas de tristesse. Au passage, qu'elle n'ait pas de relation sexuelle épanouie, parce que ça, c'est aussi un peu considéré le mal, parfois par la religion, parfois par d'autres choses. Mais au passage, en fait, on idéalise un être qui, si on fait toutes ces choses-là, on serait certainement malheureux. pas capable de sentir les émotions, c'est un petit peu le goût de la vie aussi. Donc, ce que je cherche à vous faire comprendre dans cet épisode podcast, c'est que dans cette approche védique, l'émotion, elle n'est pas l'ennemi. Et la problématique, c'est que quand dans l'émotion, il y a une charge Un lien, une charge lourde qui crée de la souffrance, qui a un lien avec une mémoire. Donc le système, il est chargé. Et parce que le système, il est chargé, je vais rebondir, je vais avoir une émotion qui est extrapolée et qui n'a pas lieu d'être par rapport à la situation qui se passe. Donc, par exemple, je ne sais pas si je dois divorcer ou pas. Je vais confier tout ce qui se passe à ma copine. En général, un ami ne nous donne pas des solutions toutes faites. Il va nous aider à réfléchir par nous-mêmes, en fait, parce qu'on a déjà la réponse. Si on se pose la question « est-ce que je dois divorcer ou pas ? » , la réponse pourrait être « pourquoi tu veux divorcer ? » Ah, je vais divorcer parce que... Mon mari me traite mal, il me parle comme ci, il me parle comme ça. Alors, si ton mari te traitait différemment, s'il te parlait comme ci, s'il te parlait comme ça, est-ce que tu voulais divorcer ? Non. Alors, le problème, ce n'est pas est-ce que je veux divorcer ou pas. Le problème, c'est je veux être traité convenablement. Je ne veux pas être traité de cette façon-là. Parce que s'il te traite de la bonne façon, tu ne veux plus divorcer. Donc, au lieu d'être focalisé sur si je dois divorcer ou pas, essaye de voir. parler avec ton mari et dire moi je sens que tu me traites de cette façon là, je ne suis pas épanouie est-ce que tu peux est-ce que c'est possible de me traiter d'une autre façon parce que de cette façon là il ne me convient pas si le mari répond je m'en fiche de ce que tu penses c'est pas important pour moi à ce moment là tu sais que tu dois divorcer donc souvent c'est qu'on ne se pose pas les bonnes questions maintenant si je suis dans ce questionnement est-ce que je dois divorcer ou pas et que là je vais voir mon ami et que mon ami va me dire ah oui oui divorce parce que l'ami elle est déjà divorcée donc ça l'arrange qu'on divorce aussi et que comme je suis dans le conflit à ce moment là j'étais plutôt pour le je veux pas divorcer et que du coup la personne me dit divorce je vais me mettre en colère alors que c'est moi qui ai posé la question je comprends bien que cette colère elle est extrapolée c'est une colère que je déverse vers l'ami parce qu'il m'a dit ce qu'il a dit mais Merci. Le conflit, il est interne, le conflit, il est en moi, il n'est pas chez l'ami. Donc, on doit comprendre que dans ce sens-là, la spiritualité, le chemin spirituel, c'est un instrument de cure, en fait. On cherche à comprendre, se comprendre mieux, toujours en étant le soi, ce guide qui nous permet de voir qu'est-ce qui m'a fait extrapoler, c'est toujours par rapport à moi et pas par rapport à l'autre. Et l'un, c'est toujours de copabiliser l'autre, l'ami, le patron, le mari, etc. L'élan spirituel, c'est toujours de comprendre, en tout cas, l'approche vélique, parce que ce n'est pas forcément l'approche occidentale où on va chercher à comprendre qu'est-ce que nos parents nous auraient fait. L'approche vélique, c'est comprendre comment je gère les informations qui viennent de l'extérieur. Et à ce moment-là, on va découvrir... qu'on peut améliorer notre perception de la vie à travers cette gestion de l'émotion. On découvre parfois des traumas qu'on ne savait même pas qui existaient et on va pouvoir découvrir ça à travers la vie parce qu'on va avoir un comportement qui est extrapolé. Si on est dans l'observation, si on n'est pas dans cette observation et dans cette compréhension de que je suis le centre un petit peu de tout ce qui m'arrive, Je suis incapable de mettre un mot, de corriger mon comportement, de corriger ma perception de voir la vie. Donc voilà ce que je voulais vous partager aujourd'hui avec cet épisode de podcast. Vous apporter cette petite réflexion de que l'émotion, elle n'est pas néfaste en soi, de que c'est plutôt une émotion qui serait mal placée, en lien avec une mémoire qui crée une charge. trop lourde et trop de souffrance pour que je puisse le supporter. Ça me fait réagir, en fait. Ça fait un déclencheur qui me fait sur-réagir. Et la solution, c'est quoi ? C'est encore une fois cette observation. Avec beaucoup de douceur, avec beaucoup d'amour envers soi aussi. Parce que le risque aussi, des fois, dans un chemin spirituel, c'est de se dire qu'il faut que je sois parfaite. Parce que maintenant, j'ai compris que le problème, ce n'est pas l'émotion, mais c'est La façon dont je vis l'émotion et du coup d'être trop rispide envers soi-même, ça crée beaucoup de culpabilité et la culpabilité, elle ne l'aide pas. Ça crée ce qu'on appelle « ama » en ayurvéda, la nourriture non digérée. C'est encore des choses qui sont non digérées qui restent en nous, ça crée de la culpabilité. Non, il est important de comprendre qu'on a ces mémoires qui sont chargées et que parfois on va extrapoler, même si on est dans un chemin spirituel. Et c'est le fait d'être capable d'observer cette émotion qui n'était pas cohérente avec ce qui s'est passé là, qui va me permettre de corriger mon comportement, qui va me permettre d'aller un petit peu un pas de plus dans ce chemin spirituel justement. Merci pour votre écoute. On arrive à la fin de notre épisode et je vous remercie pour votre écoute. Si cela vous a plu, je vous invite à le partager avec vos proches qui en ont besoin. Si vous voulez échanger avec moi sur le sujet, ça se passe sur Instagram. Vous cherchez le post en lien avec cet épisode et vous commentez. Je répondrai à votre commentaire et on prolonge comme ça la discussion en créant un cercle vertueux. Je vous dis à la semaine prochaine.