- Speaker #0
Hello maman et bienvenue sur Balance en accouchement, le podcast qui recense les histoires d'accouchement, qu'elles se soient bien ou mal passées, car toute histoire mérite d'être entendue. Vous écouterez ici des parcours faciles ou difficiles, des expériences uniques et surtout de la bienveillance et de la sincérité. Alors que tu sois maman, papa, future maman, futur papa ou simplement intéressé par l'accouchement et par ce qu'il fait traverser aux femmes et aux hommes, tu es le bienvenu par ici. Moi, je suis Rebecca. maman de deux enfants, et complètement bouleversée par les accouchements et la maternité. Alors, sans plus attendre, voici le nouvel épisode du jour ! Comme vous pourrez l'entendre, dans cet épisode, Élodie n'est pas toute seule. Bébé était présent avec nous et tenait aussi à partager son point de vue. Alors ne soyez pas étonnés si vous entendez des petits bruits de bébé tout au long de l'épisode. Bonne écoute ! Donc bonjour, merci à toi de me rejoindre pour ce nouvel épisode du podcast. Alors pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter s'il te plaît en me donnant ton prénom, en me disant combien d'enfants tu as et quel âge ils ont, où ils sont, et en ajoutant tout ce que tu aurais envie.
- Speaker #1
Alors je m'appelle Élodie, j'ai 32 ans et je suis maman d'un petit bébé qui s'appelle Alessio, qui va faire 4 mois à la fin du mois. J'habite actuellement sur la région parisienne, mais je suis normalement originaire du sud de la France. Et c'est une information importante à savoir parce que j'ai accouché dans le sud de la France du coup.
- Speaker #0
Très bien. Ah oui, donc ça change un peu les choses. Ok. Alors, première question que je pose toujours. Est-ce que tu avais pensé à accouchement dès le début de ta grossesse ? C'est quelque chose qui te faisait peur, qui te donnait envie ou tu ne pensais pas tellement ?
- Speaker #1
Alors, j'y pensais mais pour le coup, ça ne me faisait pas peur du tout. alors c'était bizarre parce que je C'est clairement une chose qui peut inquiéter beaucoup de monde, beaucoup de femmes, mais c'est vrai que j'ai écouté énormément de podcasts sur plein de plateformes différentes où plein de femmes racontaient tous les accouchements un peu inopinés qu'elles ont pu avoir. Du coup, c'est vrai que ça m'a beaucoup préparée psychologiquement à avoir un accouchement qui peut se passer un peu de différentes manières. Bon, j'étais loin d'imaginer que le mien allait se passer comme ça. Mais pour le coup, je me suis dit, bon, si elles peuvent le faire, je peux aussi passer par là comme elles sont toutes passées par là. Mais c'est vrai que ça n'a pas été... En tout cas, les premiers mois de ma grossesse, ça n'a jamais été quelque chose qui m'a inquiétée plus que ça au début, en tout cas.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Parfait. Et alors, est-ce que tu tiens du moment où vous avez lancé Projet Bébé, à moins que ça soit une surprise ?
- Speaker #1
Alors non, ce n'était pas une surprise. Moi, ça faisait plus d'un an que j'étais... C'est vrai que quand j'ai passé la barre des 30 ans, on a beau dire, mais c'est là où on commence à se dire, ce serait bien qu'on lance un peu le projet. Moi, ça fait 9 ans que je suis avec mon conjoint, donc c'est vrai qu'on a partagé beaucoup de choses, des bons, des mauvais moments. On a toujours su être l'un pour l'autre et c'est vrai que j'ai toujours dit que ce serait avec lui que je ferais un bébé. mais il était pas aussi près que moi en tout cas et à chaque fois qu'on en parlait c'était je serai prêt le jour où ça arrivera pour lui c'était ça c'était bon ben on verra et on s'adaptera le jour où ça viendra et on en a discuté donc c'était en 2024 on s'est dit je crois que c'était en septembre on était parti en croisière et là je lui ai dit bah écoute je finis ma pilule ce mois-ci Donc est-ce que j'en rachète une ou est-ce qu'on laisse les choses faire et on verra ce que ça donne ? Ça faisait plus de 15 ans que je prenais la pilule, donc je ne savais pas du tout comment mon corps allait réagir. Je n'avais jamais été enceinte de manière non voulue jusqu'à présent, je n'ai jamais eu quoi que ce soit. Donc du coup, je me suis dit à tout moment, ça va mettre un an, deux ans. Et du coup, je me suis dit, on y va sans se prendre la tête, je n'ai pas envie de calculer. et que ça devienne une contrainte finalement. Et du coup, on s'est lancé fin novembre, début décembre. Et je suis tombée enceinte en janvier.
- Speaker #0
Oui donc ça a été quand même assez rapide.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Et t'étais préparée à ce que ça aille à si vite ou est-ce que tu t'étais peut-être formulée de dire ça va prendre du temps et c'est peut-être une surprise quand même ?
- Speaker #1
Dans le projet c'est vrai qu'on fait des fixettes tous les mois effectivement quand ça ne fonctionne pas tout de suite. Même si on se dit que bon ça peut mettre en général entre 6 mois et 1 an pour... pour tomber enceinte. Mais effectivement, je ne m'attendais pas à ce que ça aille si vite. Pour le coup, quand je l'ai su, enfin, je l'ai su. Oui et non, parce qu'en fait, quand j'ai arrêté de prendre la pilule, j'ai été un peu déréglée hormonalement au niveau de mes règles et j'avais toujours 5 à 10 jours de retard entre mes règles lambda. Donc du coup, au mois de janvier, je devais descendre pour l'anniversaire de mon frère et j'étais en retard de 6 jours de règles, ce qui a été... correcte par rapport au mois précédent. Et vu que j'avais arrêté la pilule en septembre, donc le mois d'octobre, novembre, décembre, j'avais eu du retard également. Donc, je n'étais pas plus stressée que ça. Et puis, vu que je savais qu'on allait un peu picoler pour l'anniversaire, je me suis dit, bon, est-ce que je ne ferais quand même pas un petit test pour vérifier que du stock a ou ? Finalement, j'ai fait un test urinaire qui s'est avéré être négatif. Donc je me suis dit bon bah ok, ça c'était le mardi il me semble. Et le vendredi, toujours pas mes règles, je me suis dit je vais quand même faire une prise de sang. Alors je ne sais pas pourquoi j'ai autant insisté parce que je n'avais aucun symptôme, je n'ai absolument rien senti. Mais je me suis dit je vais quand même le faire parce que vraiment j'aurais mauvaise conscience de boire un verre à l'anniversaire si jamais je venais à être enceinte. Finalement, j'ai fait la prise de sang le vendredi matin et puis je travaillais et j'ai reçu les analyses en début d'après-midi. Et c'est là que j'ai vu que mon taux de bêta HCG était à 50. Et là, je me suis dit, je suis en sorte. Qu'est-ce que je fais de cette information ? Vraiment, je n'étais pas prête et je n'ai même pas su trop réagir. J'étais plus... choquée de constater finalement j'étais enceinte parce que malgré le retard de règles vraiment je j'avais aucun symptôme et aucune une sensation de femmes qui aurait pris qui se serait dit bah oui si je suis enceinte et c'était pas le cas donc du coup c'est vrai que j'ai été un peu choquée et surtout qu'en plus il fallait que je cache ma grossesse pendant l'anniversaire Parce que c'était trop tôt et du coup, il fallait qu'on joue de stratagème après pour le week-end pour éviter que ça se sache trop rapidement.
- Speaker #0
Oui, oui. Ok. Et du coup, comment se passe cette grossesse alors ?
- Speaker #1
Alors, la grossesse en elle-même au début, ça a été superbe. Moi, j'ai eu beaucoup de mal avec le fait que mon corps change. Ça, c'est vraiment quelque chose que je savais avant d'être enceinte que ça allait être compliqué pour moi de voir mon corps changer. surtout les premiers mois où on a l'impression juste d'avoir un peu de bide et d'avoir trop mangé mais pas d'être enceinte. Et sinon j'ai eu la nausée les trois premiers mois du matin au soir. Donc c'est pas la nausée du matin, c'est vraiment de nauser toute la journée. La seule chose qui me faisait passer la nausée c'était de manger des bonbons qui piquaient et de boire des choses gazeuses. Voilà donc j'ai fini par boire de l'eau pétillante pendant toute ma grossesse alors que je déteste ça en temps normal. Mais finalement, ça s'est très bien passé. Les nausées sont arrêtées au bout de trois mois. Et après, j'ai eu beaucoup de rétention d'eau, par contre, à partir du fin du sixième mois, début du septième mois. Et c'est ça qui a été le plus compliqué pendant ma grossesse, parce que du coup, j'avais très mal aux jambes. Dès que je restais longtemps debout, j'avais une très mauvaise circulation du sang. J'avais les jambes gonflées, les pieds gonflés. Et c'est ce qui m'a valu d'avoir... plusieurs séances de presothérapie et de drainage lymphatique parce que du coup, ça me faisait vraiment très mal. Mais sinon, en soi, la grossesse en elle-même, elle était top. Pour ce qui est du bébé, donc lui, il a été tête en bas dès les trois mois de grossesse, donc jusqu'à la fin. Donc c'était cool, sauf que j'avais mon placenta qui était... qui montait un peu sur le col, sur l'ouverture du col. Donc du coup, il y avait suspicion d'accouchement par césarienne. Si le placenta ne remontait pas. Alors, ce qui est très marrant, et c'est une anecdote qui à chaque fois me fait rire quand j'y repense, c'est-à-dire que je devais vraiment avoir un accouchement très, très médicalisé par rapport à ce placenta. Et finalement, ça ne s'est pas du tout passé comme ça. Mais c'est vrai que j'avais très peur d'avoir une césarienne, surtout pour le premier, parce que je me suis dit que j'avais tellement envie de vivre pleinement mon accouchement. d'avoir vraiment l'expérience de vivre ça à deux et pas de faire ça de manière médicalisée où finalement on m'accouchait et je n'accouchais pas. Et je me suis dit que si ça avait été un deuxième, à la limite, ça aurait été plus facile à accepter. Mais là, pour le coup, j'aurais été très déçue que ça se passe comme ça. Donc, on a espéré jusqu'à la fin. Et finalement, vers le dernier mois de grossesse, c'était à la toute fin, le placenta est bien remonté. Donc, j'ai eu la validation comme quoi je pourrais accoucher par voie basse.
- Speaker #0
Ok. Donc là, c'est un peu la libération. Tu vas pouvoir faire des petits plans.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Tu avais des envies particulières par rapport à l'accouchement ?
- Speaker #1
Complètement. Alors, je m'étais fait, ça faisait plusieurs semaines que je m'étais préparée à faire un projet de naissance. Donc, enrichie de tous les podcasts que j'avais écoutés, de toutes mes lectures, j'avais fait deux propositions de projet. Donc, soit accouchement en voie basse, ou soit ça se passe mal. et accouchement en césarienne. Et du coup, j'avais vraiment fait ces deux cas qui pouvaient se passer. Finalement, ni l'un ni l'autre s'est passé comme ça. Et c'est vrai que c'est là où on se dit, en fait, on a beau essayer de prévoir plein de cas de figure, finalement, ça ne se passe jamais comme on le prévoit. Bon après peut-être que si, des fois ça peut se passer bien, mais pour le coup je me suis dit le pire des cas ça aurait été la césarienne. Et finalement c'était le pire des cas, ça s'est passé et c'était pas la césarienne. Donc clairement au final j'aurais bien voulu avoir une césarienne. Mais du coup oui j'avais fait un... Enfin le gros c'était un peu comme tout le monde demande j'imagine. C'est d'être présent avec le papa, que ce soit lui qui coupe le cordon. de couper le cordon le plus tardivement possible, de donner la première... Enfin, moi, j'hésitais à donner la tétée de bienvenue et je me suis dit, on verra sur le moment. Et dans le cas contraire, que ce soit le papa qui donne le premier bibi et qu'il fasse le premier pot à pot. Enfin, c'était des demandes qui étaient plus ou moins... pas très originales, mais j'avais fait effectivement un projet de naissance. Mais au final, on... C'est passé complètement à l'as.
- Speaker #0
Ok. Alors justement, est-ce que tu peux nous raconter un peu comment s'est enclenché le processus de l'accouchement ?
- Speaker #1
Alors, du coup, à savoir que moi, je suis descendue dans le sud pour accoucher parce que je voulais absolument que ce soit un sudiste. Et qui s'originaire de chez nous et pas de la région parisienne. Donc, je suis descendue à 37 semaines en train avec mon conjoint. Donc j'ai attendu 37 semaines alors que j'aurais pu accoucher à tout moment, mais bon, finalement ça s'est pas passé comme ça. Et au final, donc ça s'est passé, j'ai commencé à avoir des petites contractions. Alors à savoir que moi j'ai eu aucune contraction pendant toute ma grossesse, j'ai pas de fausse contraction, rien du tout, donc je savais pas du tout ce que c'était. C'était le 22 septembre, le soir on regardait avec ma mère L'amour est dans le pré. Et là, j'ai mon ventre qui devient tout dur. Et plusieurs fois, je commence à prendre l'application des contractions. Et je commence à voir que c'est quand même assez régulier. J'en ai toutes les 10 minutes, mais rien, c'est vraiment pas douloureux. Et c'est juste le ventre qui se contracte. Et en rigolant, je dis à ma mère, ça commence à travailler. Et du coup, on va voir mon conjoint pendant la pub. Et en rigolant, on dit, bon, allez, il faut qu'on aille à la maternité, c'est maintenant. Il m'a regardé avec des yeux en mode qu'est-ce qu'on fait, on panique. Finalement, on dit non, non, on rigole, ne t'inquiète pas, ce n'est pas maintenant, mais ça commence un peu à travailler, mais rien de fou pour l'instant. Et du coup, moi, je pars me coucher et pendant la nuit, une énième fois faire pipi, comme d'habitude. Et vers 5 heures du matin, je vois que je perds une petite partie du bouchon muqueux. Je me suis dit, c'est cool, ça travaille. sachant que pendant la nuit j'avais un peu des douleurs comme des douleurs de règles mais vraiment très très supportables donc je me suis dit bon bah c'est cool ça va être dans les jours à venir c'est bien sachant que mon terme était prévu pour le Octobre donc on était dans la nuit du 22 au 23 septembre et finalement je me relève encore pour aller aux toilettes vers 6h, 6h30 Et après, pour retourner au lit, je sens quelque chose de chaud entre mes jambes. Et je me suis dit, ah, est-ce que ce ne serait pas la poche des os ? Je mets ma main à travers mon pyjama. Et en fait, là, je regarde ma main et elle est pleine de sang. Et là, je me dis, ah, bon, on ne va pas paniquer. Donc là, je vais aux toilettes et je regarde ma culotte. Et là, je vois que par contre, il y a des caillots de sang. Et là, ça m'a un peu plus fait peur parce que je me suis dit, bon, peut-être que c'est le col. qui travaillent, c'est pour ça que ça saigne. Merci au podcast, du coup, de pas m'avoir informée sur la chose. Mais du coup, les caillots, ça m'inquiétait un peu plus. Donc du coup, je me suis levée, je l'ai réveillée. J'ai dit, écoute, on va fermer la valise. Moi, je vais prendre une douche et on va commencer à aller à la maternité parce que ça ne me plaît pas trop. Donc, je commence à prendre une douche chaude et les contractions commencent à arriver. Donc, des contractions, bon, c'est vraiment supportable, mais je sens vraiment que ce n'est pas les mêmes que la veille. C'était quand même un peu plus douloureux. Donc, je commence à lancer l'application des contractions. Et je vois que j'en ai vraiment très rapproché. Et je me suis dit, punaise, d'habitude, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. C'est quand on a des contractions, au début, la première heure, ça va être toutes les 15-20 minutes. Ça va être très aléatoire. Là, pour le coup, c'était très régulier. Et c'était toutes les 5-6 minutes. Et la contraction durait environ entre 40 et 50 secondes. Du coup, le temps que mon chéri descend de les valises à la voiture, donc moi, je descends et là, je vois que les contractions, elles sont quand même vachement plus costaudes. Et en fait, elles basculent du ventre au dos. C'est-à-dire que maintenant, les contractions commencent à être dans le dos. Et là, par contre, à gérer, c'est totalement une autre histoire. Parce qu'autant pendant les cours, on apprend à gérer avec notre souffle, etc. Mais quand elles sont dans le dos, Souffler, ça fait juste trop mal en fait parce que le fait de tirer sur le ventre, ça tire sur le dos et moi en fait il fallait que je me coupe justement la respiration pour pouvoir gérer ma contraction. Donc on commence à partir à l'hôpital vers 7h15. Moi dans la voiture, je continue avec mon application et là j'ai des contractions toutes les 4 minutes et environ 50 secondes de contraction donc j'ai pas beaucoup de repos. En arrivant à la maternité, donc ça c'est très drôle encore une fois, on se gare et là je croise, donc là je sors de la voiture, je m'appuie un peu sur le côté de la voiture en attendant que la contraction passe et là je vois une sage-femme qui quitte son service et qui me regarde et qui me dit c'est votre premier et je lui réponds que oui. Elle me dit heureusement, sous-entendu ça mettra du temps parce qu'il y a beaucoup de monde aujourd'hui, il y a eu d'arrivées cette nuit donc ça va être très compliqué. Donc, heureusement que c'est votre premier. Donc, c'est là où je me suis dit, mais en fait, c'est le destin. C'est le premier signe déjà de mon accouchement qui venait à nous. Donc, on est arrivé à la maternité. On est rentré, on nous a mis en chambre. Et à ce moment-là, on m'a regardé le col et j'étais que à un centimètre. Mais le col était totalement effacé. Donc, du coup, et j'avais à chaque contraction, je perdais énormément de sang. Donc en fait j'avais des contractions hémorragiques parce que mes contractions étaient tellement violentes que mon col se contractait trop fort et du coup c'était du sang, du sang, du sang. Donc on a commencé à me mettre un monito que je n'ai pas pu garder, parce qu'à la base je crois que c'est une demi-heure de pause, je l'ai gardé 20 minutes, mais en fait mes contractions dans le dos me faisaient tellement mal que je ne pouvais pas rester allongée. Donc j'ai fini par l'enlever. Et la seule chose qui me soulageait, c'était d'aller dans la douche, douche chaude. Donc, j'étais nue sous la douche. J'ai dû vider le cumulus de la maternité à me mettre de l'eau chaude dans le dos. Et c'était la seule chose qui me soulageait. Et puis même vu que je perdais beaucoup de sang, ça permettait aussi de me nettoyer. Et c'était aux alentours de 8h25, donc une heure, une heure et demie après être arrivée. Je commençais à avoir très mal. Et du coup, j'ai demandé à mon conjoint de sonner. Et à ce moment-là, il m'a dit, il y a une sage-femme ou une infirmière, je ne sais plus, qui m'a proposé de poser de la morphine parce qu'en fait, je n'étais pas encore assez dilatée. Mais la morphine impliquait une pause de monitoring parce que du coup, il fallait surveiller les constantes du bébé pendant l'injection et pendant l'efficacité de la morphine. Donc du coup, j'ai refusé parce que j'étais incapable de rester allongée. Donc j'ai dit, bon, tant pis, je vais prendre sur moi, ce n'est pas grave. Et petite parenthèse, à savoir qu'on avait visité la maternité au début septembre. On a visité la maternité et cette maternité composait de quatre salles de naissance. Donc, ce n'est pas énorme, mais apparemment, c'est suffisant. Donc, ce jour-là, on avait visité avec pas mal de couples. On était vraiment nombreux. On avait divisé en deux nos groupes et pendant qu'on visitait, on commence à visiter la partie maternité. Et il y a un des futurs papas qui pose la question et qui demande, quatre salles ça suffit parce que si jamais par exemple elles sont toutes prises, Comment ça se passe ? Et là, la dame qui nous fait visiter nous dit « mais ça n'arrive jamais, donc il n'y aura pas de problème » . Il n'y aura pas de problème, donc bon, ça en reste là. Après, on visite, il y a une salle, en plus des quatre salles de naissance, c'est une salle physio où, en fait, on ne fait que des accouchements sans médicalisation. Et donc, il y a des espèces de lianes accrochées au plafond pour se suspendre si jamais on veut accoucher. En étant accroupie, il y a une grande baignoire âgée, un grand lit rond pour se allonger dessus. Et il spécifie bien qu'ils font seulement accoucher les femmes qui sont très préparées à accoucher de manière physiologique. Parce que du coup, lui qui n'en a qu'une. il ne faudrait pas du coup prendre cette chambre pour quelqu'un d'autre qui serait plus préparé. Et du coup, ils n'acceptent pas forcément beaucoup de monde dans cette salle à la base pour accoucher dans cette salle parce qu'il faut vraiment un gros accompagnement pour accoucher dans cette salle. Et lors de la visite, il y a un couple qui, j'entendais parler, qui était vraiment à fond sur ce projet-là. C'est-à-dire qu'elle avait fait de l'acupuncture, des chambres prénataux, elle avait fait aussi tout ce qui était de la sophrologie, etc. Donc vraiment une grosse préparation à accoucher sans péridurale. Et du coup, il y avait énormément de monde et à ce moment-là, au moment où on va pour rentrer, vu que la salle est très petite, j'ai dit « Écoutez, moi, ça ne me concerne pas, je n'ai vraiment pas ce projet-là. » Donc allez-y à ma place, rentrez, comme ça vous allez voir la salle, vu que moi ça ne m'intéresse pas du tout. Donc c'était vraiment une petite anecdote qui me fait sourire à l'heure actuelle, parce que du coup on n'aurait pas misé sur le fait que c'était moi qui allais me retrouver dans cette salle. Donc au final, j'attends pour la morphine, donc il était 8h30, donc je ne la prends pas. Et finalement, 11h30, donc 3h après, là j'en peux plus. Là, mes contractions, c'est toutes les 3 minutes. Les contractions, elles durent 1 minute. Donc, j'ai 2 minutes de repos et je saigne. Je saigne beaucoup. J'ai mal dans le ventre. J'ai mal dans le dos. Je ne sais plus comment me mettre. Je n'en peux plus. Donc, du coup, là, il appelle. Quelqu'un vient. Donc, je suis à 3 centimètres. Et de là, on me dit, bon, bonne nouvelle, on pourrait vous poser la péridurale. La mauvaise, c'est que pour l'instant, il n'y a pas de salle de naissance disponible. Donc, je leur ai dit, enfin moi je leur ai dit, posez-moi dans la chambre, c'est pas grave. Sauf qu'en fait, pour poser une péridurale, il faut tout le matériel pour surveiller du coup les constantes du bébé, les constantes de la maman, au cas où il y a une mauvaise réaction. Et du coup, la chambre n'était pas du tout adaptée pour une pose de péridurale, parce qu'il n'y avait pas d'oxygène, il n'y avait pas de...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
l'instrument, enfin tout ce qui impliquait cette pause de péridurale. Donc, ils m'ont proposé d'aller dans la salle physio en attendant pendant le travail, histoire de pouvoir marcher, de pouvoir faire un peu ma vie dans cette petite salle. Donc, on y va. Et en fait, je crois même pas dix minutes après que je sois arrivée dans la salle, je me mets à… je sens que je perds beaucoup de sang, plus qu'avant. Et en fait, j'avais rompu la poche des os. Donc, en fait, l'os s'est mélangé avec le sang, donc il y en avait partout. Et là, les contractions, c'était plus... Là, c'était...
- Speaker #0
Elles sont plus atténuées, quoi.
- Speaker #1
Ah oui, non, là, je les ai senties, quoi. Autant avant, j'avais très mal. Là, c'était vraiment plus supportable. Donc du coup, j'ai commencé un peu à paniquer en me disant, dans combien de temps ça va être mon tour ? Quand est-ce que je vais pouvoir moi aussi avoir ma pérille ? Parce que du coup, j'en ai besoin, là je ne peux plus tenir. La douleur est beaucoup trop forte et je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir comme ça. Au final, on m'a dit, on ne sait pas parce qu'en fait, pour l'instant, il n'y a personne qui a accouché.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et du coup, logiquement, et ça, je le savais, je ne l'ai pas pris en considération tout de suite, mais même si on accouche, logiquement, une femme reste au moins pendant deux heures en surveillance pour éviter tout ce qui est hémorragie, la délivrance, etc. Donc, ça impliquait qu'il fallait que j'attende que quelqu'un accouche et les deux heures post-accouchement. Donc, pour l'instant, je n'étais pas du tout dans le truc. Donc, je me mets sur le lit. Je suis au bout de ma vie. Je crie. je hurle, je me dis je ne vais pas pouvoir tenir, il me faut absolument ma péridurale donc il est 11h30 mon conjoint qui est un peu dépassé qui ne sait plus trop comment faire pour m'aider parce que du coup là j'étais vraiment dans ma bulle en me disant la douleur je n'arrive plus à la gérer elle est Elle était tellement forte et même le fait qu'elle vienne du dos, c'est que ça me faisait me cambrer à chaque contraction. J'avais mon dos qui me projetait vers l'avant tellement ça me faisait mal, ça me donnait envie de vomir. Je me suis dit, mais comment je vais réussir à tenir pendant une, deux, trois, quatre heures ? Je ne sais pas. Et au final, il y avait une sage-femme qui est venue avec nous dans cette salle, qui est habituée aux accouchements physio. donc du coup elle a commencé à me faire des points d'acupression, ça m'a complètement énervée parce qu'à la base, elle me touchait les pieds. Je me suis dit, bon, ça va. Mais quand elle a commencé à toucher mon dos, j'ai commencé à dire, ne me touchez pas, ne me touchez pas, j'ai trop mal, ne me touchez pas. Donc, elle a arrêté. Je ne supportais pas. Il fallait vraiment que je sois toute seule à essayer de gérer ma douleur. Et en fait, quand vraiment, j'étais désespérée, je pleurais, je hurlais, j'ai trouvé moi quelqu'un. Il faut absolument qu'on fasse quelque chose. Je ne peux plus. Je ne vais pas tenir. Il faut absolument qu'on me fasse ma péridurale. Moi, je ne peux pas tenir comme ça, je ne veux pas accoucher sans péridurage, ce n'est pas du tout dans mes projets, je ne veux pas. Et donc, le temps passe très lentement, quand on est dans ce genre de douleur qu'on n'arrive pas à gérer. Donc, on m'a proposé du protoxyde d'azote pour essayer de m'aider un peu dans la gestion de la douleur, sauf qu'en fait, j'aspirais beaucoup trop fort, donc du coup, j'ai été foutue. trop rapidement et au final c'était horrible parce que j'étais dans une sensation de de tête qui tourne mais j'avais mal mais j'arrivais pas à gérer mon corps donc du coup c'était vraiment j'étais dans un état second mais ça durait pas longtemps et clairement j'ai pas du tout apprécié cet état où je me sentais pas du tout maître de moi et il s'avère que du coup vers donc de j'avais noté du coup de 17 donc à 11h25 j'étais à 3 cm et en une heure je suis passée de 3 à 4 mètres. à 10 cm.
- Speaker #0
Ah ouais, quand même. Donc, ça n'a pas fait 100 ans.
- Speaker #1
Ah oui. Là, par contre, c'était extrêmement violent. Donc, c'est dire que les contractions, elles étaient assez fortes, hyper intenses et hyper efficaces, du coup, parce qu'effectivement, pour un premier, on me l'a dit et répété, de passer de 3 à 10 en une heure, c'est quand même quelque chose. Donc, c'était extrêmement violent. Et en fait, tout du long, je n'ai jamais autant souffert de ma vie. Je hurlais. Donc, il y a d'autres personnes qui venaient pour voir comment on pouvait essayer de gérer la situation. On m'expliquait que là, il y avait une dame qui venait d'accoucher, mais qu'il fallait que j'attende deux heures. Et là, en fait, je regardais sur ma droite et je vois qu'il y a une espèce d'horloge sur le mur. Et je me dis, mais non, ce n'est pas possible. Deux heures, je ne pourrais pas tenir. C'est beaucoup trop long. Et je sais et je savais intérieurement qu'il serait sorti avant deux heures. Ce n'était pas possible. Et là, je panique. Je panique totalement. Je hurle. Et je pense que le cri que j'ai fait, je ne pourrais pas le reproduire tellement il venait de...
- Speaker #0
C'est animal.
- Speaker #1
Ah, c'était viscéral. Vraiment viscéral. Et je disais, je vais mourir. Je vais mourir. Je me suis dit, je ne vais pas pouvoir résister à cette douleur. Elle est beaucoup trop forte. Je suis incapable de faire plus. Et en plus, dans ma tête, je me disais, là, ce n'est que les contractions. Après, il va falloir que je le fasse sortir. Et ça va être une autre douleur. Et je me disais, mais ce n'est pas possible, mon corps, il ne va jamais pouvoir le faire sortir. J'ai beaucoup trop mal. Et du coup, il y a un anesthésiste qui est arrivé, qui a essayé de trouver des solutions en disant, écoutez, je vais essayer de tirer des fils pour essayer de mettre tout ce qu'il faut dans la pièce. Mais les sages-femmes, elles étaient là en disant, non, non, c'est beaucoup trop dangereux. En plus, le brancard ne passe pas par la porte de cette pièce.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc, en fait, c'est très mal foutu. Donc du coup, s'il se passe quoi que ce soit, on ne peut pas mettre en sorte. Tu crois que c'est bon,
- Speaker #0
tu ne peux plus en sortir autrement que sur tes jambes.
- Speaker #1
Donc du coup, il y avait la sage-femme, elle a dit non, non, c'est mort, on ne peut pas faire ça. Donc du coup, moi j'étais là, j'entendais en fait, parce que moi j'étais finalement à quatre pattes sur ce lit, le visage face au mur, et mon conjoint était sur ma gauche, assis sur le lit avec moi. Et en fait, j'avais l'impression d'être un animal à quatre pattes en train de... d'halluciner et de vivre dans un autre monde. J'entendais derrière moi qu'on parlait à ma place, qu'on parlait pour moi et que je n'avais aucune décision à prendre parce que tout ça, ça ne dépendait pas de moi et que ça dépendait de l'infrastructure, que ça dépendait de toutes ces femmes qui sont venues accoucher en même temps, alors que soi-disant, ça n'arrivait jamais. À savoir qu'il y avait eu une nouvelle lune, je crois, la veille. Donc, je pense que ça a dû titiller le col de tout le monde. Et au final, je me suis dit, comment on fait ? Comment on fait ? Il faut... Tant pis, est-ce qu'on ne peut pas me faire, je ne sais pas, une césarienne maintenant ? On m'ouvre le corps.
- Speaker #0
Ici, tout de suite. Non,
- Speaker #1
non, je dis, je ne peux pas, je ne peux pas. Et en fait, il y a une autre sage-femme qui est arrivée, qui venait... faire accoucher du coup la dame et elle s'est allongée à côté de moi donc elle pour le coup ça a été mon soutien moral mon pilier de l'accouchement alors autant mon conjoint a été vraiment très présent pour le coup on peut dire qu'on a accouché ensemble parce que c'était vraiment un accouchement très sportif mais pour le coup cette femme là elle a été un peu mon phare dans l'obscurité elle s'est allongée sur ma droite donc on était trois sur le lit moi toujours à quatre pattes toute nue parce que j'avais fini par enlever ma bouse tellement j'ai saigné Et elle m'a regardée, elle m'a fait ça va aller, ça va le faire. Je lui ai dit non, je ne peux pas, je ne peux pas. Et là où tout a basculé, c'est quand j'étais déjà à 10 et je leur ai dit, bon, donc il était midi 45 et 10 minutes plus tard, donc je ne savais pas encore que j'étais à 10 et j'entends derrière moi la sage-femme qui dit, à l'autre sage-femme, je vois la tête.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et là, je me suis dit non, ce n'est pas possible, ce n'est pas possible, je ne peux pas. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on ne peut pas, il faut qu'on fasse la péridurale maintenant ou qu'on fasse une césarienne maintenant, je ne peux pas, je ne vais pas pouvoir. Et là, du coup, cette sage-femme qui était à côté de moi, elle me regarde et elle me dit si. Là, il n'y a plus le choix, il va vraiment falloir que tu le sortes. Je te promets, tu ne vas pas mourir, tu vas avoir très, très, très mal. Comme tu n'as jamais eu mal, elle fait mais tu peux le faire parce que les corps des femmes... savent le faire, mais tu vas avoir mal, je ne te mens pas, mais tu ne vas pas mourir. En fait, je te promets, tu ne vas pas mourir. Et moi, j'étais là, je me suis dit, si, si, c'est évident que je vais mourir parce que j'ai beaucoup trop mal et que là, je ne vais pas pouvoir. Donc moi, j'étais à quatre pattes, j'hurlais, je regardais mon conjoint en lui disant je vais mourir, je vais mourir, c'est fini, ma vie s'arrête maintenant. Et j'avais tellement mal que je me suis dit, je vais tomber dans les pommes et il faut que je tombe dans les pommes parce que du coup, au moins, là, on va pouvoir s'occuper de moi. et me méditer. Là, je ne serais plus là. Prenez mon corps, mon corps à la science. Faites sans moi, je ne peux plus. L'aventure s'arrête ici, je ne peux plus. Et vraiment, je priais même de mourir. Il fallait que je meure. Il fallait que la douleur, elle s'arrête. Je me suis dit, je ne peux plus. Je ne peux plus, mon corps n'est pas fait pour ça. Il y a des femmes qui... avant elle pouvait mourir en couche aussi ça arrive et ça allait être mon cas pendant ma tête ça allait être une cahier salle et pas être autrement ça allait pas être une fin heureuse parce que j'avais beaucoup trop mal et que je me suis dit la douleur pour le faire sortir elle allait être encore plus que ce que j'étais en train de souffrir déjà à la base et finalement quand elle m'a elle m'a redit donc elle m'a regardé dans les yeux elle m'a dit non maintenant va falloir vraiment que tu te concentres il faut que tu passes sortir là il est dans ton bassin et il apprécie pas Dans ma tête, je me suis dit, tu crois que moi, j'apprécie. Là, j'apprécie ce qui est en train de se passer. Et là, je pense que je me suis mise en mode automatique. J'ai complètement bloqué tout ce qui se passait autour de moi. Et je me suis concentrée. Je me suis dit, de toute façon, maintenant, je n'ai plus le choix. Il n'y a personne qui va m'aider à part moi. Et ce qui était le plus compliqué, je pense, à accepter, c'était le fait d'être dans un hôpital et de se dire, on ne peut pas m'aider. Parce que si j'avais accouché... je pense chez moi ou à l'extérieur je pense que psychologiquement je me serais fait une raison et là en fait c'est vraiment cette attente de se dire je suis dans un hôpital en 2025 on peut pas me laisser souffrir je demande que ça d'avoir du soulagement et je peux pas en avoir et c'était hyper compliqué de se dire t'es dans un hôpital mais tu vas accoucher comme si t'étais chez toi c'était vraiment ce cheminement qu'il fallait que je fasse dans ma tête en me disant bon ben voilà maintenant personne ne va pouvoir t'aider et il va vraiment falloir que maintenant tu donnes tout ce que tu as et on verra ce qui va se passer la seule manière de ne plus avoir mal c'est de le faire sortir et donc du coup j'ai commencé le début d'effort expulsif à 12h55 et j'ai poussé en tout et pour tout 29 minutes donc vraiment c'était quand même assez long et en fait ce qui a été long parce qu'après j'ai vu avec ma sage-femme que j'avais sur Paris on a On a étudié un peu tout le rapport et le compte rendu de l'accouchement. Et en fait, le bébé était encore partie haute quand j'ai commencé à pousser. Donc, c'est pour ça que c'était extrêmement douloureux aussi, parce qu'il fallait que je le descende vraiment tout en bas. Et donc, ce n'était pas franchement le moment de pousser. Mais en fait, j'avais tellement mal qu'il fallait le faire redescendre d'une manière ou d'une autre. Donc, du coup, j'ai commencé les efforts exclusifs trop tôt. Mais il fallait le faire dans tous les cas pour le faire sortir. Donc, j'ai commencé à pousser. Donc, je ne sais même pas, je jurlais. Clairement, je jurlais, je retenais mon souffle. Mon conjoint était à côté de moi et en fait, il était debout sur le lit, un pied sur le lit, à me tenir sous le bras. Parce qu'en fait, à chaque fois que j'avais une contraction, je basculais vers l'avant, tout en étant à quatre pattes. Donc, pour éviter que je me mange le mur aussi. qui m'ont retenue de toutes ses forces en arrière pour m'aider à pousser. J'avais la sage-femme qui était derrière, qui gérait elle tout ce qui se passait en bas, et l'autre sage-femme qui m'encouragait en disant « Allez, tu vas le faire, tu vas le faire » . Moi, j'étais là en mode « J'entends plus rien, je suis seule » . Et là, je sens une énorme douleur et je me dis comme une envie d'aller aux toilettes finalement, où ça me pousse par derrière. Mais je sens que mes poussées, elles ne servent plus à rien, que ça bloque. Et je me suis dit, si j'avais peut-être pas eu de... Enfin, si j'avais eu une péridurale à ce moment-là, je pense qu'on m'aurait fait une épisiotomie pour aider le bébé à sortir, parce que ça bloquait. Je sentais que ça bloquait et ça faisait 3-4 poussées que je faisais et le bébé ne sortait pas. Du coup, là, j'ai... Je ne sais plus si c'est moi qui ai pris l'initiative ou pas, ou si quelqu'un a parlé de gravité. Et du coup, je me suis dit, il faut faire jouer la gravité. Donc, je me suis mis accroupie sur le lit. Et là, mon conjoint m'aidait toujours en me portant le haut du buste. Donc, j'étais accroupie sur le lit. Et je poussais, je poussais, et ça ne sortait toujours pas. Et de là, je me suis dit, foutu pour foutu. j'ai pris mes mains que j'ai entourées pour mettre de part et d'autre de mon vagin. Et là, j'ai tiré, tiré, tiré. Je me suis dit, tant pis, ça va péter, tant pis, ça va se déchirer, mais ça ne sort pas. Je sens que c'est bloqué, je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut absolument le faire sortir. Et de là, j'ai tiré de toutes mes forces, donc ce qui m'a valu, des déchireuses, finalement. Et de là, il est sorti. Je me suis retrouvée à quatre pattes. Donc, la sage-femme derrière le récupère. Il est sorti à 13h25, donc 29 minutes de poussée. Et moi, j'étais complètement sous le choc, en fait, vraiment. Il n'y a pas eu ce truc de me dire, ah super, c'est un super accouchement, c'est génial, mon bébé, il est là. J'étais choquée, vraiment sous le choc. La première chose que j'ai fait, c'est regarder mon conjoint. Je le vois tout blanc, transpirant. Et je le vois s'asseoir et il me dit, ça y est, on l'a fait, tu l'as fait, il est là. Et je ne prends même pas la peine de regarder le bébé parce qu'en fait, j'entends juste me dire vous voulez l'attraper. Et j'étais à quatre pattes et on me le donne comme un ballon de rugby entre mes jambes. Et moi, j'étais là, je me suis dit mais c'est irréaliste ce qui s'est passé. C'est vraiment irréaliste. Sachant qu'il y a eu cette histoire de cercle de feu aussi pendant que je poussais. Parce que je savais qu'en écoutant, heureusement, en écoutant les podcasts, je savais qu'il allait avoir un pic de douleur qui allait être le cercle de feu. Le moment où sa tête allait passer. et Et quand j'ai eu très très mal, je me suis dit, tu vas avoir encore plus mal, mais il ne faut pas que tu t'inquiètes parce que c'est normal. Et je pense qu'heureusement que je m'étais documentée sur ça, parce que finalement, je pense que j'aurais totalement paniqué à l'idée d'avoir une douleur encore plus importante, en me disant, ce n'est pas normal, il y a quelque chose qui se passe. Et finalement, je savais qu'en s'approchant de cette douleur-là, ça allait être bientôt la fin. Donc finalement, quand j'ai senti que j'allais avoir très très mal, c'est là où... où j'ai tout donné et finalement il a fini par sortir. Mais c'est vrai que j'étais pendant un moment sous le choc. Et après ça, du coup, on m'a proposé la tétée de bienvenue. Il en était hors de question. J'avais tellement mal de partout que je ne voulais plus qu'on me touche. Du coup, le bébé est parti avec son papa. Donc, on était dans la même pièce. Il était tout beau pour le coup, il était vraiment la quête bien ronde, il n'avait pas de sang sur lui, pas de rien, il était beau comme tout. Le papa a coupé le cordon, puis il l'a pris avec lui pour lui donner le premier bébé. Et moi, en fait, le placenta, j'ai senti qu'il allait sortir tout seul. Je crois 15 minutes après, il est sorti. Donc, j'ai poussé, il est sorti tout seul. Et après, il fallait recoudre. Donc, j'ai eu des éraures sur les lèvres à droite et à gauche et une déchirure au fond du périnée. Et évidemment, avec la chance que j'avais, on m'a proposé si on voulait me faire une piqûre anesthésiante. J'ai dit oui, sauf qu'en fait, il n'y avait pas de personnel disponible pour aller le chercher. Donc, du coup, on m'a dit qu'il va falloir quand même que je recoue maintenant parce que ça commence à beaucoup saigner. Donc du coup, j'ai eu le droit à la fin d'un spray anesthésiant, trois sprays. Donc en fait, on m'a recousue à vif aussi derrière. Et c'était la fin de toute cette aventure qui m'a traumatisée pendant vraiment un certain temps. Parce que je pense que même tout l'hôpital est au courant. J'ai été la coqueluche de l'hôpital pendant tout mon séjour. Même la femme de ménage est au courant que j'étais la personne qui avait accouché sans péridural, alors que ce n'était pas du tout le projet qu'elle ne voulait pas. Ah non, qu'elle ne le voulait pas du tout. Et j'ai même le chef de service qui est venu me voir pour un peu faire un débrief, me proposer un suivi psychologique, etc. Parce que c'était vraiment, vraiment traumatisant. Là, j'en parle, ça va mieux, mais c'est vrai que le premier mois, dès que j'en parlais, je m'étais à pleurer. C'était vraiment, je l'ai vraiment vécu comme un traumatisme. Et autant, comme je disais, le fait de vivre un accouchement très médicalisé comme une césarienne, on ne profite pas. Mais le fait de souffrir autant, on ne profite pas non plus parce que finalement, on est là, mais on n'est pas là. On est vraiment dans une autre dimension où on est tellement focus sur sa douleur et sur soi qu'on ne réalise même pas tout ce qui se passe autour. Donc vraiment, c'est quelque chose à vivre.
- Speaker #0
C'est quelque chose que tu ne voulais absolument pas encore en un temps, celles qui sont préparées à accueillir la douleur. Je pense qu'un ressenti n'est pas différent quand tu n'es pas préparée, que vraiment ce n'est pas ton projet et pas ton envie et que tu te dis que ce n'est pas possible que ça se passe comme ça. forcément...
- Speaker #1
C'est ça, puis même quand j'en ai parlé avec Massage Femme que j'ai sur la région parisienne, elle m'expliquait aussi qu'il y a beaucoup de choses qu'on peut accoucher sans péridurale, il y a beaucoup de femmes qui ont ce projet là, sauf qu'en fait moi j'ai eu beaucoup de choses qui sont accumulées, c'est à dire que c'était mon premier enfant, les contractions sont arrivées extrêmement rapidement et très rapprochées dès le début, j'avais des contractions hémorragiques, des contractions dans le dos. Donc, en fait, c'était beaucoup de choses qui font qu'en fait, même si j'avais eu le projet et que je m'étais préparée, ça aurait été quand même très compliqué à gérer au niveau de la douleur. Et je me posais la question pendant tout l'accouchement, je me disais comment les femmes peuvent demander à accoucher sans cérémonie. Pour moi, c'était totalement inconcevable et c'était d'être maso. Je me suis dit, j'avais une de mes meilleures amies qui m'avait dit, elle a été enceinte bien avant moi. Et elle avait pour projet d'accoucher sans péridurale. Et elle me disait, oui, oui, c'est un grand projet que j'ai. Et quand elle a accouché, la première question que je lui ai posée, c'est, alors, tu as eu la péridurale ou pas ? Et elle m'a répondu, non, mais meuf, je ne pouvais pas. Je l'ai demandé. J'avais tellement mal que j'avais envie de me jeter par la fenêtre. Heureusement qu'il y avait des barreaux. Et du coup, pendant tout le long... Tout le long de mon accouchement, je pensais à ça. Je la revoyais me dire, je vais me jeter par la tête, j'ai trop mal. Et malgré que ce soit une volonté qu'elle avait, vraiment, c'était vraiment une chose qu'elle souhaitait faire, elle n'est pas allée jusqu'au bout parce qu'elle avait trop mal. Et du coup, je me suis dit, mais moi, finalement, je devais accoucher par Césarienne. Finalement, j'accouchais par Roi Basse. Je ne voulais pas accoucher en mode physio. J'ai laissé un couple aller dans cette salle pour moi. Et finalement, je me suis retrouvée accouchée par Roi Basse. en faisant en accouchant sans péridural et en souffrant tout ce que j'ai pu et c'est vrai que c'est une reconstruction aussi à faire parce que finalement ça a été vraiment très très traumatisant mais bon l'essentiel c'est que tout le monde soit en bonne santé et
- Speaker #0
que ce soit terminé surtout et du coup 3 mois et demi plus tard est-ce que tu penses que tu as digéré que tu es en train de digérer comment ça se passe ?
- Speaker #1
Je l'ai plus digéré, oui, parce que comme je disais, avant, je me mettais vraiment à pleurer systématiquement quand je parlais de mon accouchement. Là, après, j'ai cette faculté aussi de parler et de beaucoup m'exprimer sur ces choses-là. Donc, je pense que ça m'a aidé beaucoup à relativiser et à prendre le recul aussi sur tout ce qui s'était passé et à me dire aussi... en sortir aussi une certaine fierté parce que je me suis dit, finalement, je l'ai fait malgré toute la douleur, malgré la peur, parce que c'est vraiment ça aussi qui a dominé, c'était la peur. J'avais vraiment peur de mourir. La pensée qui me venait dans ma tête, c'est « c'est fini en fait, je vais réclamer mon bébé parce que j'ai trop mal » . Et voilà, c'est fini pour moi, c'est fini. Tant pis, c'est triste. Mais c'est vrai que c'est la peur d'avoir à gérer une douleur qu'on ne connaît pas et de se dire, est-ce que je vais réussir ? Et finalement, après, maintenant, je suis suivie pour ma rééducation du périnée, etc., avec ma sage-femme, avec qui je parle énormément. Et c'est vrai que ça fait beaucoup de bien. Ça fait beaucoup de bien. Donc, du coup, je... Alors, je ne dis pas, je ne vais pas faire un enfant demain. Mais... Je t'arrête. Mais... Mais on est sur une bonne voie de guérison,
- Speaker #0
en tout cas. Ok. Merci beaucoup de ce partage. On va libérer Alessio de cette torture d'avoir écouté son ancien naissance et de dire, non, c'est trop dur pour maman. En tout cas, merci beaucoup d'avoir partagé tout ça. Je pense que ça pourrait aider d'autres mamans qui ont peut-être vu quelque chose que toi, de se dire, ok, je ne suis pas toute seule et je vais réussir à m'en sortir de ce traumatisme. Je l'espère. Merci en tout cas à toi. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il t'a plu ou si le podcast de manière générale te plaît, n'hésite pas à me laisser une petite note sur ton application d'écoute préférée. 5 étoiles, ce serait l'idéal. Et pour découvrir d'autres histoires aussi passionnantes qu'intéressantes, rendez-vous mercredi prochain. A très vite !