- Speaker #0
Hello maman, je suis Rebecca et je te souhaite bienvenue sur Balance ton accouchement. Maman d'un petit garçon et complètement bouleversée par la maternité, je te propose de retrouver ici chaque semaine un ou plusieurs nouveaux récits d'accouchement avec des mots authentiques, sans filtre et sans tabou. L'occasion de partager, d'apprendre et peut-être même de guérir autour de ce grand moment qu'est l'accouchement. Alors si tu es prête, c'est parti ! Bonjour à tous, je vous propose aujourd'hui un épisode un peu particulier. Nous allons aborder le sujet de l'enfantement libre. Parce que dans le podcast, je souhaite aborder l'accouchement et surtout toutes les expériences d'accouchement. L'enfantement libre, qu'est-ce que c'est ? Il suffit de donner la vie à la maison sans avoir l'accompagnement d'un professionnel de santé. Un choix qui n'est pas anodin. Je reçois pour ce faire Marion, qui était très informée, et qui s'est vu refuser toutes les options physiologiques. Elle a tout de même bénéficié des conseils d'une sage-femme, et surtout de la présence d'une doula. Elle était quand même inscrite dans une maternité, et était ouverte à l'idée de s'y rendre en cas de complications. Je dois tout de même souligner que cette option n'est pas idéale, et que si vous pouvez vous faire accompagner par une sage-femme à domicile, c'est toujours une expérience beaucoup mieux. Pourquoi j'ai décidé d'en parler ? Parce que Maman n'est pas la seule à faire ce choix en France et que même si c'est un sujet qui est complètement tabou, je trouve important de donner la voix à cette maman. Alors, si c'est un sujet qui vous intéresse, c'est parti ! Bonjour et merci à toi de me rejoindre pour ce nouvel épisode du podcast. Alors, pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter, s'il te plaît, en me donnant ton prénom, en me disant combien d'enfants tu as et quel âge ils ont, et puis en ajoutant tout ce que tu aurais envie ?
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Marion, je suis maman de trois enfants, Ellie et Calypso qui ont 7 ans, et Louine qui a 10-12 mois, et voilà, je suis maman employée actuellement avec des bébés, et je... Je travaille actuellement sur un livre sur la naissance.
- Speaker #0
D'accord. Donc, un projet d'écriture actuellement ou déjà fini d'écrire ?
- Speaker #1
Fini d'écrire et pour maintenant faire 80 illustrations pour les trois tomes et la mise au propre et la relecture. Enfin, tout ce que ça nécessite. Gros boulot sur la prochaine année.
- Speaker #0
Un gros travail de fond, là.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok. Écoute, tu me diras quand tu seras disponible. On partagera tout ça.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
alors pour commencer je vais te poser une première question est-ce que tu avais pensé accouchement dès le début de ta première grossesse du coup je pense que oui alors j'ai commencé ma première grossesse en disant surtout je n'accoucherai pas sur une césarienne d'accord
- Speaker #1
j'avais dit à mon mari bon c'est hors de question que je pousse mes enfants pendant des heures donc voilà ce serait une césarienne puis comme j'avais des jumelles dans le ventre il y avait des grandes chances que ce soit effectivement une césarienne, entre guillemets, et ça m'arrangeait bien à l'époque.
- Speaker #0
Ok, parce que c'était quelque chose qui te rassurait de ne pas, entre guillemets, souffrir, même si on sait maintenant que la césarienne, ça fait mal.
- Speaker #1
Je n'ai pas d'exemple de césarienne autour de moi, donc en fait, pour moi, c'était la facilité. Je ne voulais pas accoucher de mes enfants, je ne voulais pas vivre des contractions, et... Après, mes filles, moi je suis tombée enceinte, elles étaient pas tout à fait prévues, c'était, on m'avait dit 15 jours, enfin même pas avant, que j'étais stérile, qu'il allait falloir faire des traitements pour avoir des enfants, et puis ça faisait 6 mois que j'étais avec mon conjoint, donc il y avait quelque chose de très précaire, et on avait dit, ben c'est pas grave, dans 10 ans on fera les traitements pour avoir des enfants, puis il suffit que je dise ça, et je suis tombée enceinte de jumelles, donc...
- Speaker #0
Ok, et donc naturellement du coup.
- Speaker #1
Ah oui, un rapport non protégé, une grossesse.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est particulier. En plus, il y a le fait de tomber enceinte alors que ce n'est pas prévu et qu'on s'en réjouit. Mais il y a aussi le fait qu'il y en ait deux qui arrivent. Et puis, il y a le fait que ça ne fait pas longtemps et le conjoint. Moi, je n'avais personne autour de moi qui avait eu d'enfant. Donc, aucune idée de ce que c'est. J'avais 23 ans, je faisais des études.
- Speaker #0
Ouais, ok. Et alors qu'est-ce qui avait conduit à ce qu'on te diagnostique comme stérile à tort du coup ?
- Speaker #1
Alors moi j'avais des ovaires polycystiques, j'ai arrêté la pilule et puis... Et puis les hormones sont parties en cacahuètes après et je me suis mis à faire de l'acné, la prise de poids, tout ce qui va avec. Et puis en voulant traiter mon acné, il a fallu chercher plus loin. On s'est rendu compte que j'avais des kystes gras et ovaire. Et donc l'hypothèse à l'époque c'était que je ne novulais pas.
- Speaker #0
D'accord, donc forcément, c'est compliqué d'avoir des enfants quand tu n'ovules pas.
- Speaker #1
Voilà. J'avais eu toute un superbe laïus sur les piqûres qu'il faudrait faire pour aider à ovuler, etc. Avec ça, ça accompagne les femmes à la médecine, et qu'ils allaient nous aider à faire des enfants.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Bon, et du coup, cette grossesse arrive finalement plus vite que prévu et naturellement, ce qui était complètement imprévu. Comment tu vis ce moment, toi ?
- Speaker #1
C'est un peu surréel déjà, parce qu'il y en a deux. et que je suis plus contente parce que j'ai toujours voulu être maman mais très rapidement déjà il faut savoir que quand on m'annonce la grossesse j'ai mes lèvres la première chose qui est dite par le radiologue écographe, c'est le vieux schnock qui est à côté qui me dit mais vous inquiétez pas, il y en a peut-être un qui ne va pas s'accrocher la première parole qu'il m'est dite pendant cette grossesse là maman Et là, du coup, on passe toute la grossesse à se dire ça. Bon, il y en a peut-être une qui ne va pas s'accrocher. Donc, c'est vraiment dur d'entamer les choses comme ça. Et ensuite, c'est vrai qu'après, il y a beaucoup d'examens, en fait. Donc, on fait une écho. J'avais une écho tous les mois. Et puis, en fait, à quatre mois et demi, ça s'est mis à toutes les semaines parce qu'il y en avait une qui était... qui n'était pas vascularisée pareil bref donc écho toutes les semaines chaque veille d'écho insomnie parce qu'on a peur de nous annoncer qu'il y en a une qui n'est pas accrochée enfin c'est je pense que c'est difficile de c'est difficile vraiment à vivre et de se projeter et puis de se dire ok je vais être maman de deux en fait je sais pas et puis ils m'ont mis le doute tout de suite et donc déjà que c'était un contexte particulier de grossesse et en plus derrière de cette première parole là elle a été je pense elle a marqué beaucoup de choses en fait ça a vécu ta grossesse donc ça ne marcherait pas quoi voilà puis à l'époque c'était vraiment moi je n'étais pas dans la même conscience que maintenant et il y avait vraiment quelque chose de très euh Dans le chemin classique, on va faire l'échographie de datation, puis on fait l'échographie de trois mois, puis les prises sont tous les mois, puis on va en maternité de niveau 3, parce que les grossesses se doublent, c'est un risque. Et donc, il y a quelque chose de très… Ok, moi j'ai 23 ans, j'en sais rien, la gynéco, elle me dit qu'il faut aller à Purpan. Je suis à Toulouse, alors maternité de niveau 3, je ne me pose pas la question. il n'y avait pas beaucoup de qu'est-ce que je veux moi, comment je me sens moi en fait et puis il y a un turnover de professionnels à la maternité on n'a jamais le même interne qui fait les trucs régulièrement, c'est un autre gynécologue qui rentre, donc il n'y a pas il n'y a pas de sentiment de cocooning et de, oh là là, vous allez avoir un bébé il n'y a pas ça il n'y a pas cet émerveillement du bébé qui arrive, il y a on surveille la grossesse pour que tout se passe bien
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est tout.
- Speaker #0
Oui, je vois. C'est stressant et puis c'est vraiment médical au final. Oui,
- Speaker #1
il n'y a pas d'émerveillement.
- Speaker #0
Comme si tu cassais la jambe.
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. Tu arrives, tu fais pipi dans ton pot. Puis alors, toutes les femmes, elles traversent le couloir à leur petit pot. Elles vont le donner à la secrétaire et puis elles vont ranger le col. Enfin, c'est vraiment ça. La pipi qui s'empile dans le bureau de secrétaire. à la chaîne quoi il n'y a pas de côté madame vous êtes en train de bébé vous allez être maman félicitations ça va être beau vous allez voir ça va être dur mais ça va être beau c'est rien tout ça ok le bébé 1 va bien ok le bébé 2 va bien ah là il y a un souci je vais chercher le gynécologue on se revoit la semaine prochaine bébé 1 va bien
- Speaker #0
Ouais, c'est pas une belle expérience quoi, dans le sens beau,
- Speaker #1
joli. À l'époque, pour moi, c'est normal. Il n'y a pas d'étincelle, mais pour moi, c'est normal. On surveille la grossesse, c'est pathologique, etc. Je suis à risque, ok, ben on y va. Mais c'est en ayant en fait des copines qui ont commencé à avoir des enfants que je me suis dit, bon, mais wow, c'est quand même beau de porter la vie. Moi, je m'émerveillais de mon ventre. J'étais énorme à quatre mois. On me demandait si j'étais à terme. C'était merveilleux en soi parce que ce ventre qui s'allonge, c'est juste fantastique. mais il y a quand même la réalité qu'on m'a pas aidée à m'émerveiller en fait, j'ai pas eu personne s'est réjouie parce que j'avais 23 ans, moi j'étais le conjoint on m'a dit mais vous accueillez des jumeaux et donc j'ai pas eu non plus le monde autour de moi qui s'est mis à me féliciter et ça c'est ça aussi, je pense que ça manquait à ce que ça mette un peu de doux et de beau dans la période
- Speaker #0
Oui je vois, donc une grossesse quand même compliquée à vivre, au moins émotionnellement.
- Speaker #1
Sur le moment ça te semble normal en fait, c'est après que je me suis dit mais c'est pas normal ça se passe comme ça, on devrait s'émerveiller même quand c'est pathologique.
- Speaker #0
Ah oui c'est sûr, complètement. Alors du coup, est-ce que tu avais commencé quand même à te préparer à un accouchement en voie basse ou est-ce que tu n'envisageais que la césarienne et est-ce qu'on t'a envisagé que la césarienne du coup ?
- Speaker #1
Non, en fait, on m'avait rien dit. On m'avait dit que ce serait césarienne ou voie basse. On m'avait dit qu'il faut voir semaine après semaine en fonction des échographies et de la suite. Puis on m'avait dit qu'il y avait un risque de prématurité, mais ce n'était pas vrai. Sauf que c'était en juin, j'ai commencé à avoir des contractions. Je ne me suis pas trop affolée parce que moi, je n'avais pas vu de sage-femme. À l'hôpital, on voyait le sage-femme à partir de 6 mois et demi, et on faisait la préparation à la naissance après. Sauf que moi, à 5 mois et demi, j'ai eu des contractions. Personne ne m'avait dit qu'il fallait que je m'affole pour pas avoir des contractions. J'avais mes contractions faits percher. J'étais là, j'en ai beaucoup quand même. Je vais vouloir une période virale quand j'accoucherai. J'étais là-dedans et puis à un moment donné, j'avais un sujet psychologique avec l'hôpital et j'en parle à la psy un vendredi. Elle me dit Mais Marion, quand tu dis que tu as beaucoup de contractions, ça veut dire combien par jour ? Je dis Je ne suis pas, il y a des fois où je peux passer deux heures à en avoir. Elle me dit Mais Marion, pourquoi il n'y a pas d'hôpital là ? Je dis Ah bon ? Je dis Mais je vais attendre aux urgences là. Marie est en vacances ce soir là donc j'avais pas envie d'y aller bref j'ai pas trop eu le choix on m'a dit non non pour vous y aller donc elle m'a amenée aux urgences je suis passée prioritaire j'ai pas du tout attendu finalement puisqu'a priori avoir des contractions pendant 2h d'affilée à mon stade c'était pas bon et puis là je suis rentrée dans l'engrenage d'hôpital parce que j'étais hospitalisée pour menace d'accouchement prématuré et là c'est pareil personne ne t'explique C'est aux urgences, avec des contractions, mais bon, ça va, ça vient, tu te sens plutôt bien. Et puis, une interne fait une écho, puis une deuxième interne va faire une deuxième écho, puis l'interne appelle le gynécologue. Tu ne sais rien, pas un mot n'est dit sur ce qui se passe. Et tu sens bien. C'est un peu le piche qui s'agit, c'est quand même là. il y a quelque chose, mais personne ne sait rien. Tu la prends, tu dis, bon, alors, madame, votre col, il a un peu bougé. Toi, tu ne sais même pas ce que c'est un col de l'utérus. Tu ne sais même pas qu'est-ce que ça veut dire que le col a bougé. Bon, je ne sais pas, je me suis mal assise peut-être pendant l'échographie. Enfin, tu marches sur la tête, quoi. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Et on me dit, on va vous faire des piqûres de corticoïdes pour développer les poumons des bébés parce que si vous accouchez, il faut aider les poumons de vos bébés. Ils ne sont pas prêts à sortir. J'étais là, OK, une piqûre de corticoïdes. Je ne comprends pas bien pourquoi on me dit que je vais accoucher sachant que je ne suis pas à terme. Mais personne ne m'a vraiment expliqué. On m'a dit que j'étais en MAP, je disais ok, menace d'accouchement prématuré, mais c'était surréel parce que personne ne m'a dit. Demain, on fait peut-être une césarienne parce que vos bébés sont en danger. Personne ne m'a rien dit. On m'a dit qu'on va vous garder.
- Speaker #0
C'est plus qu'une menace, mais vraiment imminente. Tu peux vraiment accoucher d'une heure à l'autre.
- Speaker #1
Oui, mais ça n'a pas été verbalisé. On m'a dit qu'on allait vous garder. On fait la piqûre corticoïde pour aider les bébés et puis on voit comment ça se passe. Et puis on m'a mise sous oxygène parce qu'apparemment j'étais en manque d'oxygène et c'était ça qui déclenchait les contractions. Donc on a soigné l'infection, la pneumopathie d'origine inconnue, le mot barbare qui te sort, tu ne sais pas ce que c'est, tu te renseignes après, tu te dis ah bon, c'est ça que j'ai eu Et je suis rentrée là-dessus et donc c'était en mi-juillet, mon mari était en vacances, donc on était à six mois de grossesse, tout pile. je ne comprenais pas bien pourquoi on me disait que j'avais des risques d'accoucher parce qu'on ne m'avait pas vraiment expliqué qu'un col qui s'ouvre potentiellement, c'est un travail qui se met en route. C'est difficile de le dire. Non, ce n'était pas dit. Et donc, on m'a gardé une semaine, on m'a semé la pneumopathie. Puis après, quand la pneumopathie a été soignée, on m'a parlé de sortir, mais on m'a mis en surveillance quelques jours. Puis j'ai eu ce qu'ils appellent une cholestérolédie. C'est le foie qui ne filtre plus les enzymes. Et qui, du coup… c'est pareil ça il faut de la surveillance donc ils m'ont gardé pour la cholestase puis quand ils ont eu équilibré la cholestase ou soigné je sais pas comment ils m'expliquaient pas trop Ce qui est très drôle, c'est que moi j'ai passé trois semaines comme ça, d'abord avec mon petit, tout ça, et en fait, sans vraiment me rendre compte que mes bébés étaient en danger, parce qu'on me disait Madame, il faut les garder au chaud, il faut… ok Moi, j'étais fatiguée. J'étais fatiguée. Et en même temps, j'étais soulagée d'être hospitalisée. Je n'avais plus les machines à gérer. On venait d'acheter un appart. Je faisais la vaisselle dans la baignoire. Autant vous dire que je n'atteignais pas les assiettes avec mes bras, mais mon bide, là, c'est infernal pour atteindre le fond de la baignoire. Et donc, j'avais un côté soulagé d'être à l'hôpital parce que du coup, je n'avais plus à me déplacer pour les échos. L'écho venait à moi ou alors on me déplaçait jusqu'à l'écho. Les repas, je n'avais plus à y penser. On me les apportait. C'était des gouttes, mais c'était pas grave. mais il n'y avait pas on ne m'a pas dit personne ne s'est assis avec moi pour me dire ok voilà ce qu'il se passe voilà ce qu'on risque voilà où on en est on prend le temps avec vous est-ce que vous avez des questions et en ayant des paroles qui soient accessibles il y avait des mots que je ne comprenais pas bien et c'est une amie qui est venue me voir à l'hôpital régulièrement tous les après-midi elle venait me voir c'était les vacances pour elle donc qui un jour assiste à un rendez-vous avec un gynéco, puis elle me dit, mais Marion, t'as compris ce qui s'est passé ? Je dis, bah non, pas trop, c'est comme d'habitude. Elle me dit, mais Marion, t'es censée comprendre en fait. Donc, si t'as des questions, pour les poser. Si t'as pas compris quelque chose, il faut le demander. Et du coup, c'est grâce à la présence de cette année que je me suis rendue compte qu'en fait j'étais dans un flou total, que ça n'était même un stade, étant, je vais raconter une anecdote un peu personnelle, mais allons-y, étant à l'hôpital, il y a eu un menace d'accouchement prématuré, personne ne s'était dit qu'il fallait me dire de ne plus avoir de rapports sexuels avec mon mari. ça ne m'était venu à l'idée à personne qu'on pouvait faire l'amour dans notre chambre d'hôpital et tout le monde était persuadé que j'avais compris qu'il ne fallait pas que je fasse l'amour mais personne ne me l'avait dit moi je ne savais même pas que c'était un col de l'utérus c'est l'amour joyeusement qu'on avait toujours fait c'était très bien et en fait c'est ma copine Bertie qui m'a dit mais Marion, si tu as un menace d'accouchement prématuré avec ton col, il ne faut pas que tu fasses l'amour je me dis mais il me l'aurait dit si c'était le cas donc j'ai demandé Et ça faisait 15 jours que j'étais en ménage à couche-temperature et je continuais de faire amour avec mon mari. Et les médecins m'ont dit Allô, faut que je te fasse un petit tour ? Et là, mais pourquoi tu me le fais ? C'est un petit tour. Parce que le vital est malade et que j'ai pas envie de mourir. Et lunaire le truc. Lunaire. C'était... je sais pas la moitié des explications elles étaient pas données elles étaient pas claires et puis je sais pas c'était vraiment particulier ouais t'as été complètement larguée du début à la fin en fait dans cette course elle s'est au final Ah oui, et puis très porté par le médical, et puis le médical qui parle sans se rendre compte qu'il n'est pas compris. C'est ça que je trouve avérant, c'est qu'ils ne sont pas accessibles la plupart du temps, et on gobe parce qu'ils ont la blouse blanche. Et donc j'ai demandé à rentrer chez moi quand même au bout de 15 jours, en disant bon, la colisthèse gravidique ça va quand même, ça se passe bien. Et on m'a dit, ok, quelques jours de surveillance et sinon vous rentrerez chez vous. Puis en fait j'ai fait une pré-eclampsie, et là la pré-eclampsie m'a dit, Ils m'ont dit que vous n'allez pas rentrer parce qu'en fait là c'est césarienne du jour au lendemain. On fait la prise de sang le matin, on voit ce que dit la prise de sang à 8h et on planifie une césarienne. Si la prise de sang, elle nous dit de césariser. Et du coup, ça a duré comme ça 5 jours. Et alors, c'était très drôle parce qu'on était la semaine juste avant le 15 août. Et donc, on était là, allez madame, faut tenir un jour de plus, tout ça. Moi, je faisais pipi marron, je me mettais à enfler parce que j'évacuais plus l'eau. Mes reins, ils n'avaient plus leur travail. Et puis, on me disait de tenir, tenir, tenir. Puis, elle est arrivée le jeudi. Puis, on m'a dit, demain, on vous césarise. Et en fait, qu'est-ce qui s'était passé ? On m'a dit, vous savez, ce week-end, on n'aura pas les équipes pour des jumelles, pour les accueillir. Et en fait, le lundi, c'était le 15 août. Et donc, le samedi, dimanche, lundi, ils allaient être ric-rac en personnel. Et donc, le vendredi, on s'est arrêté, madame, parce qu'il ne fallait pas prendre le risque qu'elle avait besoin d'accoucher dans le week-end. Et à part ça, on me demandait de tenir depuis des semaines, des jours, allez madame, il faut tenir le plus longtemps possible. Parce que, vous comprenez, pour un bébé, c'est vite, c'est viteau. Il faut vraiment le faire. C'est là, mais voilà, pour ces...
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
le monde à l'envers. Bon voilà, et donc effectivement, ils ont planifié la césarienne le vendredi. Et là, c'est pareil, juste avant le 15 août, c'était le 12 août. Et la veille, du coup, c'est pareil, c'était lunaire. Le gynécologue m'expliquait la césarienne, ma copine Bertie était là. Et puis elle me dit mais t'as compris Il y a une piqûre un peu comme une péridurale Qui va anesthésier Et puis après il y a une netsonique qui arrive Avec une tondeuse Elle me dit mais je suis là pour vous raser Je dis mais personne ne touche à mes poils en fait Elle me dit mais le gynécologue vous a pas expliqué C'est pour ouvrir pour l'appeler Je dis mais personne ne m'a expliqué Mais moi c'est pas question qu'on me rase en fait Vous ne me touchez pas Pareil le gynécologue il n'a pas pensé C'était à qui qu'on allait me raser Et puis que ça ne me dérangerait pas Parce qu'il fallait le faire C'est logique Ben non, tu es gynéco, tu expliques, tu dis on a une personne qui va venir pour vous raser parce qu'on a besoin, dans le cadre du fait qu'on vous ouvre le ventre, d'enlever les poils pour éviter des infections potentielles avec les poils. Et c'est ok en fait, ça s'entend, mais pas comme ça qu'on l'est.
- Speaker #0
Mais c'est ça, il faut juste le dire quoi.
- Speaker #1
Oui, puis quand tu expliques ça aussi.
- Speaker #0
Je pense que Nicole n'a même pas conscience que ça pourrait... Il arrive, c'est déjà fait, je pense qu'il ne se rend même pas compte que ça n'est pas fait avant qu'il soit là.
- Speaker #1
Toutes les femmes ont la partie haute rasée juste pour quand il y a une césarienne.
- Speaker #0
Exactement. On passe notre temps à faire ça tous les matins, histoire de, au cas où...
- Speaker #1
C'est ça, c'est l'une. tu arrives à ce moment du coup on t'emmène en césarienne tu comprends pas vraiment ce qui se passe du coup une fois de plus au final j'étais soulagée j'étais fatiguée j'étais très enflée j'avais de plus en plus de mal à plier mes doigts parce que j'étais trop enflée j'étais énorme avec deux bébés dans le ventre j'étais j'arrivais on me demandait ça aussi on me demandait de faire pipi dans un bocal pour mesurer en fait on mesurait combien je buvais dans la journée combien j'avais fait pipi pour un peu doser là Mais qui est-ce qui a réussi à se foutre un pot entre les jambes avec un ventre pareil ? non mais non mais non mais ils ont alors je l'ai fait mais alors ça devait pas être bien mesuré parce que j'en m'en suis partout et ils sont eh bon bref donc ça aussi bon il fallait mesurer mais j'arrivais pas à traîner mon entrejambe avec mon peau donc je pense que la moitié qui partait aux toilettes ou sur mes mains ou voilà et on te demande ça de faire ça toute la journée et puis en plus t'es enceinte donc tu fais pipi toutes les 5 minutes
- Speaker #0
3 gouttes une fois par mois c'est et Tout le temps, tout le temps, tout le temps. Elle n'est pas là.
- Speaker #1
Elle a tout contorsionné, elle a essayé de tenir ton pot. Franchement. Bon, après, c'est bien. Il faut bien qu'il calcule combien il y a d'eau qui sort. Mais il n'y a rien qui est fait pour que tu n'as pas un pot avec une anse qui t'aide. Tu vois, tu n'as pas quelque chose qui te faciliterait la vie pour atteindre ton entrejambe. Donc c'est vraiment pas évident. Et j'arrive dans cette césarienne, déjà, elle a pris du retard, elle était prévue à 9h, à 11h, on était toujours dans la chambre, moi j'attendais, c'était fatigant d'attendre sans nouvelles, de savoir que c'était maintenant, mais que c'était pas vraiment maintenant, qu'on attendait indéfiniment. Et moi, ça faisait trois semaines que j'étais hospitalisée, que je tenais bon, j'étais plutôt de bonne humeur, ça allait bien. J'étais fatiguée de cette grossesse, mais je tenais le coup. Et c'est vrai qu'il y a eu comme un gros lâcher au moment de la césarienne. C'est-à-dire qu'en fait, on m'a fait rentrer l'équipe très gentille. Le monsieur qui me fait la régine, il s'est dit Allez, faites le doron ! Je dis Mais vous croyez quoi ? Le doron, quoi ? Je lui ai dit Mon ventre ! je ne peux plus me baisser pour que je fasse un dos rond et après alors là une fille en face de moi qui me dit alors il va s'appeler comment vos enfants vous faites parler pour que j'oublie que le mec derrière il va me piquer là vous croyez quoi je ne vous ai pas vu venir avec vous Oui, c'est vrai, on vous fait parler, ça ne changera rien au fait que le monsieur derrière va me faire la piqûre quand même. Et ils étaient là, alors elle commence à appeler. Je dis, je ne veux pas vous dire comment elle s'appelle, d'abord parce qu'elles sont planées. Encore plus, ils ne pouvaient pas remplir leurs papiers d'avance. Ma pauvre, qu'est-ce que j'étais embêtante, comme patiente. Et on me dit, mais votre mari est en train de se préparer. Et je dis, c'est pas mon mari, il ne m'a pas épousée. Elle était là, oh, peut-être il offre un jour. Merci quoi. Donc, je ne sais pas, il y a quelque chose qui lâche vraiment pendant cette césarienne où l'arachianesthésie, elle était tellement forte que quand ils m'ont allongée, je ne sentais plus qu'à mes mains en fait, j'étais là, les bras sur le côté. Et puis je ne sentais plus rien. Et puis mon mari qui me dit Ah oui, mais s'il m'a posé une sonde urinaire, on ne m'avait pas expliqué. Je ne me rappelais même pas. Ou alors je ne me rappelais pas des fois, je ne sais pas trop. Et je ne savais pas pourquoi on me posait une sonde urinaire. Ok, pose une sonde urinaire. Et puis mon mari qui me dit Bon, ma chérie, alors ? Ça y est, t'es rentrée avec sa toque sur les cheveux. C'est tout beau pour la césarienne. Et il me dit Bon, ma chérie, c'est le moment, on va voir nos bébés. Et en fait, je n'étais pas du tout à ça et j'étais donc couchée sur le dos, la tête vers le plafond et je me rappelle qu'il y avait trois taches rouges sur le plafond. et j'ai fait une fixe là-dessus j'étais là mais il y a une tache au plafond et on a arrêté là non non mais il y a une tache au plafond et donc je ne sais pas vraiment ce qu'il se passait je me rappelle juste ils ont ouvert je me rappelle qu'ils te secouent sur la table c'est une drôle d'impression parce que tu sens qu'ils te secouent mais tu sens pas tout à fait ce qu'ils font mais en même temps tu sens qu'ils te trichent c'est pas très clair et puis Et puis moi je trouve que ce serait beau qu'ils te parlent, qu'ils te disent là j'ai ouvert, je vois le premier bébé, tout se passe bien Pour être dans le dialogue, pour que la personne puisse vivre la chose un petit peu en même temps. Là, bon, il y a des jours, puis en plus tu es dans un hall de garde, tu as des jumelles qui arrivent, donc tu as deux pédiatres, deux puricultrices, deux tout en double, plus potentiellement les internes qui regardent. parce que la nana enceinte épileptique de jumeau qui était stérile et qui en plus a fait pneumopathie d'origine inconnue cholestérol gravidique et préeclampsie c'est le cas le cas d'école 15 interne dans la chambre à chaque visite du gynéco C'est assez dingue. Peut-être pas 15. Allez, 8 ou 10. J'exagère.
- Speaker #0
C'est qu'il n'y a pas trop à te connecter à ce qui se passait et à comprendre ce qui se passait. C'est encore plus avec tout ce monde qui te regarde et qui…
- Speaker #1
et qui n'a pas de question se pose même pas en fait tu t'es même pas connecté à rien parce que de toute façon la bulle il n'y a pas de bulle il y a juste les murs blancs les néons et puis toutes ces équipes et puis tu te laisses porter parce que ils savent et que pour toi c'est ça la voie et puis que personne t'a dit que peut-être tu pouvais amener de la musique pour tes enfants de la musique personne qui s'est posé la question en fait de comment ça pouvait être vécu au-delà de l'aspect médical c'est ça en fait t'as vraiment vécu une grossesse et un accouchement complètement médicalisé comme une opération classique ah oui à ne pas donner la vie c'est ça il n'y avait pas du tout si je crois que la dame qui nous a amené le bébé parce que je crois qu'elles ont voulu me les montrer j'étais tellement j'avais tellement un relâchement de ce mois à tenir vaille que vaille avec la bonne humeur alors que tu bouffes la soupe sans sel et toutes ces autres joyeusetés de l'hôpital et Et en fait, ils ont voulu m'amener les petites... La première qui est née, c'était Ellie. Elle a fait un petit bruit de chat, un petit coup de main. Canipso ne respirait pas bien, donc ils l'ont emmenée. Mais en fait, ils ont voulu me la présenter, mais moi, je n'étais pas prête à les voir. Enfin, voilà. Et donc, ils les ont emmenées. Et moi, je suis allée en salle de réveil. Et là, je crois que c'était vraiment dur, c'est que je n'ai pas été autorisée à appeler ma famille. Je n'ai pas été autorisée à téléphoner aux gens, à leur dire que mes enfants sont nés. Et ça, ça a été terrible pour moi. ça aurait été ma manière d'acter de dire ben ça y est mes bébés ils sont nés ils vont bien parce que bon on en avait une en néonate et une autre en réanimation mais bon moi je m'en rendais pas compte et mon mari était plus lucide par rapport à ça parce que la veille de l'accouchement il lui avait fait visiter la prématurité moi j'avais pas le droit de quitter la chambre t'as accouché à quel temps ? 31 plus 7 j'ai accouché à quasiment 7 mois elle avait pas 7 mois encore et du coup mon mari il avait vu la prématurité donc il savait il savait que c'était des petits bébés il avait conscience de ça que moi je me rendais pas compte je pensais que c'était des bébés pas trop finis mais que 7 mois ça va c'est pas si mal un peu petit mais bon ça va mais tout va bien on est à l'hôpital donc tout va bien et donc ça ça a été très dur pour moi de pouvoir dire aux personnes que mes bébés étaient là ils me les ont amenés en salle de réveil quand même, ils ont été chouettes, ils les ont stabilisés dans la pièce d'à côté, puis mis en couveuse, et avant de les transférer en néonat et réa, ils ont fait un détour par la salle de réveil pour me les montrer, et moi je n'étais pas en capacité, j'étais extrêmement dans les vapes, et je ne suis pas vraiment là, et je me rappelle leur avoir juste demandé, comptez-leur les doigts de pied et les mains, s'il y a 10 partout, c'est que c'est bon. il y avait dix partout ils sont repartis avec je t'ai rassurée et c'est là que c'est je me rappelle en salle de réveil avoir été nettoyée par une dame qui parlait en même temps à sa voisine d'à côté du box d'à côté qui lavait la personne d'à côté Et...
- Speaker #0
c'est gentil je ne me suis pas sentie je pense que j'étais au delà de la pudeur donc je ne me suis pas sentie mal d'être là avec mon sang post accouchement et que quelqu'un me lave dans ce lit parce que j'étais tellement vannée tellement je rêvais toujours de la sonde urinaire on me l'a laissé 48h la sonde urinaire ça a été long et on m'a quand même ramenée en chambre le vendredi soir et en fait en chambre j'étais très très mal j'avais la nausée j'avais l'impression que j'allais faire un malaise et en fait étant épileptique ils ont fait le choix de me renvoyer en salle de réveil le temps que je sois mieux parce que si j'avais une crise toute seule dans ma chambre il n'y avait pas de surveillance en fait dans les chambres de post-césarienne, de naissance et du coup ils ont fait le choix de me laisser en salle de réveil pour qu'il y ait toujours quelqu'un et une surveillance au cas où il y ait quelque chose qui arrive et du coup mon mari a passé du coup beaucoup de temps à faire réanimation, néonatalogie, salle de réveil, réanimation, néonatalogie, les trois services. Moi je suis restée en salle de réveil jusqu'au samedi, je pense que samedi soir, j'ai passé un jour et demi, un peu plus d'un jour en salle de réveil. Et là ils m'ont dit le dimanche matin, ils m'ont dit bon vous pouvez aller voir vos bébés. Moi, je n'avais toujours pas vu les filles. C'était le vendredi midi, quand elle fait dimanche. On m'a dit, par contre, il faut qu'on vous sorte la sonde urinaire. J'ai mis beaucoup de temps à accepter qu'on me sorte la sonde parce que j'étais persuadée de ne plus savoir faire pipi. Comme ça faisait deux jours que je ne sais plus pipi moi-même, j'étais persuadée de ne plus savoir comment faire parce que mon corps ne m'envoyait plus les signaux. Et donc, j'ai battu avec l'équipe pour garder la sonde urinaire pour aller voir mes bébés et pour ne pas me faire dessus. J'étais complètement malheureuse parce qu'une fois que tu sors la sonde, tu sens de nouveau ton corps et tu sais faire pipi. Voilà, tout est tout à fait, fonctionne tout à fait bien entre guillemets. Oui mais après,
- Speaker #1
il faut que ça soit une angoisse quand même qui soit présente parce que c'est vrai que tu sais pas, encore une fois et toujours tu ne sais pas ce qui se passe.
- Speaker #0
Et puis enfin, t'as jamais eu de sonde urinaire donc tu peux pas savoir et ici on m'a dit il faut sortir la sonde urinaire et il faut vous lever. Et en fait, je me demande si c'était pas le… le dimanche donc le dimanche matin j'aurais dit mais ok mais moi je veux garder la sonde donc on a été un peu en parler puis en début d'après-midi bon bah j'ai fini par lâcher on a sorti la sonde et on m'a dit maintenant il faut vous lever et je me suis levée ils m'ont dit vous allez prendre une douche puis vous irez voir vos bébés et puis en fait en prenant la douche j'ai dit mais j'ai besoin d'aide parce que je vais tomber on me dit mais non non allez il faut se bouger un peu ma petite dame puis moi j'ai fait un malaise dans la douche j'allais vraiment pas Sauf que je me suis un peu fracassée parce que personne n'était là pour m'aider, parce qu'il fallait que je me débrouille un peu quand même au bout de jour. Et j'ai fini par aller voir mes enfants le dimanche soir, fin après-midi. Et là, après on a fait un pot à pot avec mon mari. Calypso était sorti de réanimation, Ellie était en néonates. Et je me rappelle qu'on m'a installé la petite avec ses bibibs, la crevette, son masque à oxygène énorme, sa poupée sur la main pour la prise, le tuyau dans le nez, toi t'es là, je sais pas trop quoi faire, cette enfant toute petite, toute peinte de fil, ça bip toutes les 5 minutes, t'as l'impression que c'est toi qui l'as pas bien tenue. Et en fait, je me rappelle, la dame nous a laissé 30 minutes tout seul dans cette chambre. On n'avait pas un bip pour rappeler. Et moi, j'avais un petit qui était contre moi au début dans mon cou et qui descendait, qui glissait et je ne savais tellement pas par où la rattraper. qu'en fait elle glissait et j'avais qu'une envie, c'était de la prendre, de la poser par terre et de m'en aller. Et j'avais personne, pas un professionnel de santé pour être là, pour me dire ce que vous voulez que je vous aide, comment vous vous sentez. Et je suis restée là avec cet enfant, après savoir quoi en faire et comment la tenir, et à me dire, mais il faut que je me sente en courant, c'est pas possible, je vais m'en aller. Et donc c'était très très violent parce que... Parce qu'il y avait en même temps cette joie d'être là, mais en même temps de me dire Oh là là, j'ai rien à faire, je m'en fuis, je pars dans le courant, que j'aille dans mon lit, que je me cache et que je revienne quand je serai prête. Et puis, un seul problème familial de santé pour se dire Peut-être cette première rencontre, elle peut être un peu violente, elle peut être un peu dure entre les filles, les bips et tout ça. Et puis, tu es à moitié dans le noir, donc tu ne vois pas ce que tu fais. C'était vraiment, c'était lourd, c'était très très lourd. et puis on est parti sur un contexte de prématurité où du coup elles sont restées hospitalisées un mois et demi moi je suis rentrée au bout d'une semaine à la maison et tout va bien non mais en plus ça s'est bien passé je suis rentrée chez moi, j'étais contente de rentrer sans mes enfants de retrouver mon mari, de pouvoir me reposer, dormir la nuit, puis aller voir mes enfants dans la journée. Il y avait quelque chose quand même de... À cette époque-là, ça a été quand même assez doux. Moi, j'ai peut-être réalisé que la maturité, c'était dangereux, parce qu'on ne m'a pas dit. On m'a dit, bon, ben... vous allez voir, il y a des hauts et des bas. Des fois, vous allez voir, ce n'est pas toujours linéaire. Il y a des jours, elles vont réussir à manger un peu plus que d'autres, elles seront plus fatiguées, mais je n'avais pas de conscience de ce qui se passait vraiment. Je ne sais pas si à l'époque, c'est parce qu'on ne m'expliquait pas ou est-ce que c'est parce que j'avais une sorte de switch dans mon cerveau qui filtrait tout et qui faisait en sorte que les petits oiseaux ne regardent pas trop les choses en face parce que sinon, on va s'effondrer. Je ne sais pas, mais Je ne me rappelle pas, j'avais des mamans autour de moi en prématurité qui étaient extrêmement culpabilisées de ne pas avoir tenu jusqu'à terme. que c'était leur faute si le bébé était en prématurité, etc. Moi, je n'avais pas du tout cette culpabilité-là. J'étais vraiment soulagée qu'elle ne soit plus dans mon ventre, soulagée qu'il y ait des professionnels qui s'en occupent, soulagée de pouvoir dormir et de pouvoir me remettre parce que j'avais une épilepsie. Donc, il fallait aussi réajuster le traitement après la grossesse. J'avais des ajustements à faire pour pas s'enterrer à moi aussi. Et le fait qu'elle soit en néonate, en prématurité, c'était très pratique. Ça nous aidait beaucoup, en fait, pour que moi, je puisse récupérer ma maladie. et qu'après on les récupère et qu'on soit prêt à les récupérer donc voilà mais j'avais jamais fait un seul cours d'accouchement on m'avait jamais expliqué comment allait se passer une naissance par voie basse on m'avait jamais expliqué des contractions, ce que ça faisait j'ai anticipé tout ça et puis zou, j'ai eu droit à rien comme préparation pour cette naissance là pour ces bébés là
- Speaker #1
Et du coup, elles finissent quand même par sortir. Toi, tu n'as pas trop mal vécu l'expérience néonate au final ?
- Speaker #0
Non. Je n'ai pas de souvenirs. J'étais contente. Après, j'y allais vers midi, 14 heures tous les jours. Et mon mari me rejoignait à 18 heures le soir et on rentrait à 21 heures. Donc, on passait une grande partie de la journée avec elle. et en plus ça se passait bien mes filles étaient têtues comme des mules elles mettaient une énergie folle à tenir leur tête et à la dépasser à droite à gauche et du coup elles n'avaient plus d'énergie pour manger c'était vraiment pas pressant puis tu prends l'habitude au bout d'un moment des bébés, tu prends l'habitude qu'elles soient petites t'as l'impression que c'est des bébés qui sont tout à fait finis alors que quand tes copines commencent à avoir des enfants tu te rends compte que tes enfants n'étaient vraiment pas finis quand tu les as eus quand même c'est ça Je ne me rends pas compte, je n'avais pas d'exemple autour de moi. Donc pour moi c'était ça un peu la normalité. Oh ils sont un peu plus gros les bébés quand ils naissent. Mais c'était tout ce que j'avais comme référence ou comme idée. Et on est rentré à la maison et puis il y a 8 billets par nuit, 8 billets par jour. Et puis c'était tout. La vie de maman de jumeaux, de jumelles.
- Speaker #1
Et à quel moment tu as commencé à prendre conscience que ce que tu avais vécu, ce n'était quand même pas tout à fait bien, sain, normal entre guillemets. Enfin, normal si, si elle était à l'époque, mais ce n'était pas du moins ce qui aurait été idéal.
- Speaker #0
En fait, c'est venu parce qu'entre deux et trois ans, j'ai eu une grosse période très, très difficile avec ma fille. J'avais beaucoup de colère. Moi, j'étais épuisée. C'était terrible. Et... et en fait pendant cette période là j'ai fini par essayer de me dire mais il y a forcément une façon de faire autre que de hurler sur ses enfants et d'être là tout le temps pété un câble et ça va jamais et tu les punis et ça sert à rien et ça t'arrive à rien Et donc forcément, du coup, je ne sais pas comment j'ai échoué sur un compte de parentalité positive, bienveillante, je ne sais pas comment on l'appelle. Et puis forcément, d'une chose à une autre, tu atterris sur les droits de l'enfant, les droits de la femme, le consentement, les doulas, la naissance philologique ou le monde médical, etc. Et en fait, ça a été un petit peu progressif. J'ai commencé à me passionner pour le... En fait, il y avait plusieurs choses en même temps. Il y avait... et l'enfant, j'ai passé assez à faire des petites enfances pour travailler avec les enfants j'ai fait plein de choses dans ce sens là mais je me suis intéressée aussi à mes cycles mensuels donc j'ai une reconnexion à mon corps à ce que je voulais, du coup j'ai aussi fait pas mal de tri parmi les professionnels médicaux qu'il y avait autour de moi parce que je sentais bien qu'il y avait plein de choses qui étaient plus alignées forcément en faisant du tri je me suis mise à avoir conscience de ce que je voulais, de ce que je ne voulais pas et donc à poser des questions à être plus affirmée dans ce que je demandais et à... Et ça a été un peu progressif, ça a été un travail tout plein d'années. Et quand elles avaient 2-3 ans, je disais, mais j'aurais une autre grossesse pour en avoir un tout seul. Et puis, on se disait, mon mari, mais bon, ce n'est pas le moment, on galère trop, c'est normal, elles sont petites, on verra plus tard. Et donc il y a eu un cheminement d'une autre grossesse aussi qui m'a apporté, de me dire mais ce ne sera pas la seule expérience et c'est parce que je l'ai pas mal vécu que je dois le banaliser, c'est une expérience qui a été très médicalisée. ça ne m'a pas perturbée plus que ça, même s'il aurait fallu que je comprenne peut-être plus de choses, parce que ça a joué dans le lien à mes enfants aussi, la connexion qu'il y a. Et j'ai mis très longtemps à me sentir maman, et je pense que c'est lié aussi au fait d'investir ou pas son bébé dans le ventre, de comment on l'accueille. Je pense que... il y a forcément une corrélation entre la façon dont on accueille ou dont on vit une grossesse et la façon dont on accueille ce bébé à terme ou pas à terme, mais qu'on l'accueille dans notre vie terrestre. Et cette corrélation-là, même si elle ne définit pas tout, elle engendre des choses quand même. Et au fur et à mesure que je cheminais, moi j'ai constaté que je m'étais sentie mère extrêmement tard. J'ai commencé à vraiment se sentir mère dans mes tripes, comme si elles avaient 4 ans. Ok, extrêmement long. Et en même temps c'est notre temporalité et c'est... Moi j'ai peu de culpabilité, je crois que j'en ai pas en fait mais... C'est très bien. Oui, oui, c'est très bien mais ça peut paraître très dur. Parce que du coup des fois on peut avoir l'impression que je suis un peu... un peu très à distance de tout ça. Mais je ne sais pas, moi j'ai toujours prôné le fait d'avoir beaucoup d'indulgence envers moi-même. Et beaucoup d'indulgence.
- Speaker #1
C'est très bien parce qu'on passe le temps à dire aux personnes qui culpabilisent, il ne faut pas culpabiliser. Donc toi qui ne culpabilises pas, c'est pas très bien parce qu'effectivement, tu ne fais rien et ce n'est pas ta faute. Et donc pourquoi te culpabiliser pour quelque chose qui n'est pas ta faute ?
- Speaker #0
Mais c'est vrai que je rencontre plus souvent des femmes. à qui ça tord les tripes j'ai une amie qui a eu deux césariennes ça a été très longtemps très compliqué d'en parler etc et d'être en paix avec son corps et j'en ai entendu des vertes et des panures depuis que je me suis intéressée à la naissance et c'est vrai que j'ai pas ce parcours là de culpabilité et j'ai toujours eu cette lucidité de me dire de toute façon c'est tellement de notre mieux qu'est-ce qu'on peut faire de plus ? rien on peut faire mieux maintenant et encore si c'est pas mieux aujourd'hui ce sera peut-être mieux demain et peut-être demain ce sera même pas encore mieux et c'est comme ça vraiment c'était ça et ça m'a je pense que c'est aussi pour ça qu'on a tenu avec mon mari c'est qu'il n'y avait pas on s'en veut pas des choses et on avance ensemble là où on en est quoi et donc il y a eu ce désir de deuxième grossesse qui était quand même très important chez moi autour des deux ans des filles, où j'ai cheminé, et j'ai vraiment été très loin dans la réflexion sur la naissance et sur le médical, à beaucoup le rejeter, bon, il faut dire, j'aime bien leur donner tort, donc ils n'aiment pas trop, mais du coup, il y a vraiment, ça a vraiment été un cheminement pendant, je pense, que moi, je suis... Je commence à m'intéresser au doula, les filles elles avaient 4 ans, 5 ans, il y a quand même eu 2 ans où je me suis renseignée autour de la parentalité, les droits de la naissance, etc. Puis après je me suis intéressée vraiment à la femme, à ce qui se passait dans le corps, à ce qu'on pouvait faire. avec cette envie profonde d'avoir une troisième grossesse, mais je ne savais pas si j'avais envie d'un troisième bébé ou si j'avais envie de quelque chose pour faire un reset sur ce qui s'était passé, pour pouvoir vivre quelque chose à mon image, quelque chose qui soit vraiment entièrement aligné et plus quelque chose où on me guide. Et ça, ça a été longtemps une grosse question de me dire Mais ce bébé, je le veux pour lui ou est-ce que je le veux vraiment que pour moi et pour réparer quelque chose ?
- Speaker #1
Oui, je ne vais pas dire soit un pansement non plus parce que ce n'est pas ça.
- Speaker #0
Oui, voilà. C'est vraiment cette impression-là qu'au début, pendant plusieurs années, je me suis dit, OK, là, c'est vraiment un bébé pansement. C'est vraiment un bébé pour penser à autre chose, pour faire autre chose de ma vie. Mais non, en fait, ce n'est pas… Et en fait, c'est très drôle parce que du coup, pour moi, c'était vraiment un bébé pansement pendant très longtemps. Et j'avais fait un business plan de ce bébé avec un document à l'ordinateur, avec des… des choses que je voulais dépenser pendant la grossesse. Donc, l'accompagnement doula, la photographie pendant la grossesse et la séance photo naissance. Et je m'étais fait un petit business plan de tout ce que je devais économiser. Et on était très ric-rac à l'époque. Et donc, chaque fois que je mettais 5 euros sur mon truc, j'étais contente. J'avais mis 5 euros de plus pour la naissance de ce bébé. Et donc, j'avais... C'était un bébé extrêmement planifié. Et en même temps, ce n'était pas vraiment le moment de l'accueillir. Donc, c'était OK comme ça. Mais il y avait quand même eu un très, très gros cheminement pendant plusieurs années sur la suite.
- Speaker #1
comment t'en es arrivé à finalement lancer concrètement ce bébé
- Speaker #0
3 en deuxième grossesse j'ai dit à mon mari on a un CDI tous les deux financièrement on s'en sort mieux maintenant on va se dire que tu passes un an dans ton poste et moi un an aussi et on commence ces bébés l'année prochaine et j'ai vu une nana instagram qui a partagé en me disant mais vous pouvez écrire une lettre à votre bébé pour vous adresser à lui. Et puis, ça m'a pris. J'ai écrit une lettre à mon bébé. Je lui ai dit, écoute, maintenant, j'ai assez mangé de documentation et j'ai assez évolué. Maintenant, tu peux arriver quand tu veux parce que je suis prête à t'accueillir. Par contre, attends un an parce que tout va bien. Bref, voilà. Et puis, j'ai été enceinte. Ok Je vais faire le cycle d'après On a eu Une petite période de désabatisme Il nous est arrivé deux fois Et donc la deuxième fois Je suis tombée enceinte de ce bébé Il devait attendre très près de moi Depuis très longtemps Il était plus que prêt
- Speaker #1
Toi, tu n'as pas le droit à lire ça, au niveau contraception.
- Speaker #0
J'ai peur aux hormones et les médicaments pour l'épilepsie. Alors, on va se dire que c'est un petit peu... Sachant que là, en plus, moi, je suivais mon cycle. Et en fait, dans mon suivi de cycle, il se trouve que j'étais absolument pas dans une période d'ovulation. J'étais début de cycle à J7, je crois. J'ovule à J20, d'habitude. ouais donc t'étais vraiment pas dans l'idée que ça marcherait là ah y'avait aucun risque t'inquiète c'est pas la bonne période et je suis tombée dans ça beaucoup plus comment tu vis ces moments déjà la question se pose pas vous le gardez oui
- Speaker #1
malgré le fait que ça soit trop tôt entre guillemets sur votre planning et ben oui et non parce qu'en fait
- Speaker #0
j'ai beaucoup pleuré parce que une des choses qui nous est rêvée avec mon mari c'était de faire l'amour en conscience en se disant peut-être qu'il y a un bébé qui va s'installer là et du coup on ne sait pas faire ça et du coup on n'a pas fait ça et je pense que ça a été très dur pour mon mari d'être un peu dépossédé entre guillemets du moment de dire encore quoi encore et en plus en suivant mon cycle moi je l'ai su tout de suite que j'étais enceinte parce que toutes les pertes potentielles que je peux avoir, pertes blanches dans le cycle qui sont différentes en fonction du cycle et en fonction de là où j'en suis mais genre 10 heures après le rapport les pertes elles étaient modifiées et elles n'étaient pas du tout celles que je devais avoir à ce moment là et donc moi j'ai regardé dans ma culotte et j'ai dit non mais c'est pas je suis réglée comme du papier à musique avec mes pertes blanches, là je sais exactement où j'en suis grâce à elles et là j'en étais sûre j'en étais sûre et et en même temps j'avais envie de me dire ok non donc pas avoir refait un bébé sur terre ça c'est pas possible et puis ben trois semaines ont passé et et puis ben et puis ben les règles sont arrivées et donc j'ai fait un test alors c'était très très drôle parce que c'était une soirée où mon mari était pas là et je m'étais dit bon allez je vais le faire comme ça je le saurai avant lui et puis je pourrais préparer un peu les choses parce que bon c'est un peu flippant depuis trois semaines et et Et en fait, j'ai fait du piste sur mon bâton et j'écoutais en boucle une musique depuis le début de la soirée et je m'étais persuadée qu'il n'y avait pas de bébé. Je m'étais dit non, ce n'est pas possible. Allez, tu vas faire piste sur ton bâton, mais il n'y a pas de bébé. De toute façon, il n'y a pas de bébé. Et au moment où la dernière note finale de ma musique a fini, il y a enceinte qui s'est affichée.
- Speaker #1
Ah ouais. Le destin.
- Speaker #0
Ah non, mais c'est incroyable. La vidéo, tu as l'impression que j'ai posé la musique sur la vidéo. Alors qu'en fait, non, non, c'est la vie réelle. Il y a vraiment... Aïe, aïe, aïe, mon Dieu. C'est incroyable. Donc, le lendemain, j'ai laissé un papier sur la table à mon mari. Il faut dire que j'étais enceinte. J'ai pris les enfants. Je suis partie au supermarché pendant trois heures. Et je suis revenue comme une fleur, trois heures plus tard, avec mes enfants. Et on a fait du shopping, ça va, tu vas bien. C'est parti. Et là, moi, je rêvais de quelque chose. Je rêvais que... je rêvais de ne pas faire de prise de sang tout de suite, je rêvais de ne pas faire des codes d'attention, de finalement qu'on savoure les semaines sans règles, qu'on se dit peut-être qu'on est enceinte et qu'on ne se précipite pas. Et en même temps, mon mari me disait, oui, mais là, il va y avoir... Il faut qu'on sache s'il y en a deux.
- Speaker #1
Ça reste la problématique, entre guillemets.
- Speaker #0
Oui, tu as raison, parce que s'il y en a deux, moi, je n'aurais pas la santé de revivre une grossesse à deux. Je ne pourrais pas en fait, je ne pourrais pas, c'est juste au-delà de mes capacités. Et du coup, j'ai été obligée d'entrer dans le système pour acter le fait qu'il n'y en ait qu'un. Et pour être sûre qu'il n'y en ait qu'un et qu'on pourrait poursuivre comme ça. Et ça, ça a été dur pour moi parce qu'il y avait ce côté où je rêvais de vivre ma grossesse comme je l'entendais. Et puis j'ai quand même mis un pied dedans parce qu'obligée. parce qu'il fallait qu'on sache. Et puis, je suis tombée enceinte fin novembre. Et en fait, au 31 décembre, j'ai eu le Covid et j'ai fait un Covid long avec complications cardiaques. Et ça a été terrible parce qu'ils ne pouvaient pas me soigner. Comme le placenta de bébé était efficace au bout de trois mois, ils ont mis du temps à mettre en place le traitement pour aider mon cœur. Donc, j'ai passé huit semaines à l'IT. Mais à l'IT, à être fatiguée, je ne pouvais pas me laver les cheveux toute seule parce qu'en fait, de lever les bras pour me laver les cheveux, c'était trop fatigant. Donc ça a été assez terrible. Et en même temps,
- Speaker #1
vous étiez hospitalisée ?
- Speaker #0
Non, je suis restée chez moi. Après, j'avais une grande conscience de tous mes droits, une grande conscience du consentement, de tout ça. Et je m'étais entourée de professionnels que j'avais vraiment choisis. Par exemple, ma sage-femme de proximité, qui est super. Je lui ai dit, je ne veux pas suivre la grossesse avec vous parce que je veux être avec une sage-femme d'A à B, d'accouchement à domicile, je veux être avec une personne. qui va nous accompagner à quelque chose de physio et vous êtes issue du milieu hospitalier. Et elle a été super, elle m'a dit, mais oui, je comprends, il n'y a pas de problème, tu reviens pour la rééducation du périnée quand tu te sens prête. Et donc, j'ai eu une sage-femme pour la naissance qui était d'accouchement à domicile et qui nous a du coup préparé un accouchement physio. On a commencé à la naissance bien avant les six mois. C'était important pour moi d'étaler sur toute la grossesse. Donc, on a fait des rendez-vous bien plus tôt. Elle s'est vachement adaptée. et j'ai cherché en fait moi quand je suis tombée enceinte j'ai rappelé parce que j'ai pas dit mais jusque là j'avais téléphoné au plateau technique aux maisons de naissance avant d'être enceinte j'avais rencontré des sages-femmes AD envoyé des mails j'avais j'avais regardé qui pouvait m'accompagner au niveau physiologique personne ne m'a compagné et quand je suis tombée enceinte j'ai rappelé les plateaux techniques et les maisons de naissance en disant est-ce que vous voulez bien de moi on m'a dit ben non on ne peut pas parce que c'est Césarienne ouais Césarienne et puis en fait c'est pas que Césarienne à Toulouse Césarienne ça bloque par contre à Albi à Césarienne ils prennent par contre le plateau technique d'Albi ils disent bah oui mais on a des sortes d'alertes. Si par exemple, tu as fait une césarienne ou une pneumopathie d'origine inconnue, une cholestérolatrice ou une pré-eclampsie, c'est des signes d'alerte. Je suis épileptique, rajoute-en un de plus. En général, je n'ai pas le temps de dire que je suis épileptique, on m'a déjà dit non. Mais bon, et en gros, si tu as juste la césarienne et que tu n'as pas eu de complications de diabète ou que sais-je encore, tu peux. Mais si tu as eu trop de clignotants, à partir de deux clignotants d'alerte, ils te disent non. Moi, j'ai regardé mon mari et je lui ai dit, écoute, on va s'inscrire dans une maternité de niveau 1, petite maternité, à Foix, en Ariège. Il dit, qu'est-ce qu'on va faire à Foix ? Je lui ai dit, parce que c'est la maternité de niveau 1 la plus poche et qu'a priori, là-bas, il y aurait peut-être un service qui pourrait nous accompagner de manière physiologique. Et mes parents ont une maison à une demi-heure de là. deux fois. Donc, c'était bien, ça tombait bien. Donc, on a commencé à planifier ça et j'ai dit, écoute, je rencontre la maternité et on voit comment ça se passe et peut-être que ça va me plaire et qu'on ira là-bas. Et puis, en fait, je suis sortie de la maternité. Moi, ce que je voulais profondément, c'était accoucher à la maison. J'ai rencontré la maternité où on m'a dit, ben, ouais, mais bon, alors oui, on peut vous accompagner de manière physiologique, mais il faut que vous fassiez le rendez-vous avec le gynéco, il faut que le gynéco soit d'accord. sur le maillot habituel et je suis sortie de là et je me suis mise à pleurer j'ai pleuré 45 minutes dans ma voiture parce que je sentais au fond de moi que je n'accoucherais pas là et que ne pouvant pas ne me sentant pas d'aller à la maternité ayant eu tous ces refus d'accouchement à domicile de plateau technique de maison de naissance qu'est-ce qui me restait accoucher chez moi toute seule et ça pour mon mari c'est extrêmement compliqué tu es sage-femme donc tu ne pouvais pas t'accompagner à domicile du coup non Il y en a une, elle m'a dit, celle qui nous a accompagnés pendant toute la grossesse, elle m'a dit écoute, moi Marion, je l'aurais fait. Sauf qu'elle ne peut pas le faire parce que sinon, elle a son… ce n'est pas la loi, c'est l'ordre national et même à chaque local, là, elle a des gynécologues qui la font chier, qui cherchent à lui foutre un procès sur le dos et donc elle ne peut pas prendre mon dossier. même si j'ai une grossesse physio même en fait elle peut pas parce qu'on va l'ennuyer parce que j'ai des antécédents elle elle m'avait dit de toute façon t'es solide dans ton projet tu as confiance je te réaccompagner mais je peux pas me le permettre donc elle nous a fait un deal elle nous a préparé une naissance à domicile sans sage-femme sans personne Donc elle a fait un papier récapitulatif à mon mari de tout ce qui se passait pendant une naissance. J'ai adoré parce que pendant la naissance, il a regardé son papier et tout. Il lui a fait une petite récapitulative, voilà, quand tu perds les os, qu'est-ce qui se passe, nanana. Et ensuite, elle a préparé Florent à la naissance à domicile. Moi, je n'avais pas besoin de préparation en soi parce que j'étais tellement sur la question depuis tellement longtemps que… Ça ne m'a pas apporté grand-chose, mais par contre, ça a permis à mon mari de dire OK pour la naissance à la maison avec une Yula.
- Speaker #1
Et lui, du coup, il a fini par se faire à l'idée entre guillemets.
- Speaker #0
Il n'a pas trop le choix. Parce que je lui dis en fait, si tu veux une sage-femme, OK, on peut aller en Belgique, en Suisse ou au Costa Rica.
- Speaker #1
Parce que qu'est-ce qui se passe en Belgique, en Suisse ou au Costa Rica ?
- Speaker #0
Eh bien, la Belgique et la Suisse, elles n'oseraient plus mon dossier. en accouchant à domicile. ou en Angleterre mais en Angleterre le problème c'est que je parle pas anglais alors on va te faire comprendre la sage-femme et je dis toujours Costa Rica à moitié pour rire mon mari me répond toujours ouais t'aurais pas aimé les araignées parce qu'il y a Karim la sage-femme et sa petite-maman là-bas et j'avais dit j'irai au Costa Rica coucher avec Karim et que mon mari m'a dit euh non on va aller en mariage à une demi-heure de la maternité c'est bien ok mais t'as aussi suivi la préparation de quand t'es petite-maman je te coupe un petit peu mais ah oui je pense que je les ai toutes faites j'ai fait Julie je fais d'autres et puis après j'ai lu toutes les ressources gratuites possibles et inimaginables d'internet des articles, des posts, des comptes j'ai été boulimique de la naissance je suis toujours un petit peu sur les doigts mais en amont j'étais même pas enceinte que j'avais déjà fait ça et c'est vrai que pendant la grossesse j'ai pas j'ai pas j'ai pas du tout relu les livres que j'avais acheté avant j'ai pas du tout j'ai été beaucoup au feeling j'avais mes lunettes de la confiance je m'étais acheté des lunettes coeur jaune et j'allais au rendez-vous médico avec les lunettes de la confiance je suis prête et ça se passait bien en général les gens me regardent un peu bizarrement des fois et puis j'y suis allée avec ce que j'étais et puis vraiment en confiance et puis Ce qui a été différent, c'est que j'ai eu une sage-femme d'accouchement de 6 ans après la naissance, j'ai eu une sage-femme pour les échographies, mais qui faisait que ça. Elle s'émerveillait pendant les échographies de ce qu'elle mesurait. La nana, elle fait ça depuis 20 ans, parce qu'elle n'était pas toute jeune, et elle continue de s'émerveiller sur tous ces bébés qu'elle regarde en échographie. Et ça, moi, ça m'a fait un bien fou, en fait. et voilà et donc je me suis entourée de professionnels qui m'ont fait du bien le bébé étant très désiré on a cheminé dans la grossesse ça a été difficile avec mon conjoint parce qu'il était contre cet accouchement à domicile il avait très très peur et alors en plus elle a malchance on avait un pote qui avait son bébé qui avait eu un problème cardiaque qui avait fini d'opérer à la naissance enfin bon un bazar monstre et puis ça nous arrive enfin le propos habituel et donc quelques semaines avant la naissance on a eu En fait, mon mari est passé en vacances et donc on est allé habiter dans la maison. Donc, il avait 15 jours de vacances. Et donc on a attendu ce bébé et dans l'idée, moi pendant la grossesse, j'avais fabriqué des livres sur la naissance à mes filles pour leur expliquer ce qu'il y a à l'espace, le fait que la maman pouvait crier, le fait que la maman pouvait respirer très fort, prendre des positions bizarres. Donc j'avais balisé toutes ces choses-là dans des livres sur la naissance que j'avais lus toute la grossesse avec mes filles parce que potentiellement mes filles allaient être là. Et donc on avait élaboré tout un plan d'action, c'est-à-dire que j'avais une doula pour le domicile et j'avais une doula d'astreinte pour l'hôpital. Comme ça, si je partais à l'hôpital, j'avais aussi ma doula à l'hôpital et la doula du domicile resterait avec mes filles à la maison. Donc j'avais deux doulas d'astreinte. Et ce qui a vraiment fait pencher la balance complètement et le fait que je reste à la maison, c'est que le 8 août, j'étais dans mon 9e mois, rendez-vous avec le gynéco à l'hôpital. Et en fait, à l'hôpital, il me dit qu'il faut me faire une péridurale absolument parce que comprenez, si c'est ça rien d'urgence, et patati et patata, rien à foutre de mon projet de naissance. et mon ventre était trop gros, il a fallu faire une échographie d'urgence parce que ce bébé allait être trop gros pour passer en fait il n'est pas du tout trop gros, c'est juste qu'il était très très dehors et donc il prenait une place monstre et là j'ai dit c'est très bien, je ne vais pas y aller du tout en fait parce que à moins que je me sente le besoin Jusque là je m'étais laissé la porte ouverte de dire on a la douleur de toute façon, ah oui parce que du coup il refusait aussi que la douleur rentre en salle de naissance en disant c'est soit votre mari soit la douleur Je dis, c'est pas difficile, c'est la doula. Le mari reste dehors. Le problème, c'est que mon mari ne va pas être d'accord. On fait comment ? J'avais briefé le mari et la doula. Je leur ai dit, c'est pas difficile. Si on se rend à la maternité, on reste dans le hall. J'accouche dans le hall. Moi, ça ne me pose pas de soucis. Et si ça les dérange, on va sur le parking. Il n'y a pas de problème non plus. On accouche sur le parking, je n'ai aucun souci avec ça. Par contre, je ne rentre pas en salle de naissance si vous n'êtes pas tous les deux avec moi. Donc, on a fait quoi ? le Florent il était là dans le hall d'accueil c'est déjà pas mal tu le montres avec la maison c'est vraiment voilà donc on a payé le façade et donc c'était briefé on avait un peu balisé tout, on avait le papier de la sage-femme on avait effectivement la doula d'hôpital si besoin, si on allait à l'hôpital les filles étaient gardées par notre autre doula si je partais à l'hôpital mais on avait une doula à la maison quand même pour que Florent puisse s'occuper des filles et que moi je sois avec la doula on avait vraiment tout balisé et puis Comment ça s'est passé ? Je suis allée au marché le dimanche matin et j'ai désespéré parce que c'était le 15 août le lendemain. et donc on a répété l'anniversaire de mes filles le vendredi 12 même même jour que pour leur naissance et puis on s'est dit peut-être il va naître le même jour que les filles et puis du coup pas du tout le 13 passe puis arrive le 14 et j'étais désespérée parce que Florent reprenait le travail le 16 et donc à partir du 16 c'était une copine qui venait pendant une semaine et la semaine d'après c'était ma mère et du coup moi je disais oh non j'ai envie que ce soit Florent qui soit là bon voilà donc j'ai dit à mon bébé bon tu sais si tu viens maintenant ce serait cool quand même Et puis bon, pas de contraction, tout ça. J'en avais la nuit, mais ça s'arrêtait le matin. Donc, on va au marché. Et puis, la dame du marché que j'aime beaucoup, qui m'avait vue toute ma grossesse et que je connais quand même trop mal, elle m'a dit, voilà, il est pour quand ce bébé ? Ah, je dis, aujourd'hui. Et là, blach ! J'ai perdu les os. Mais alors, c'est pas fissuré. J'ai perdu les os au milieu du marché. Et donc, j'ai payé la dame sans rien dire. Je ne s'en étais pas rendue compte. l'acalypso me dit maman le bébé il appuie sur la vessie tu t'es fait pipi dessus va du pipi ma fille on va rentrer à la maison le florent quand j'arrive mon conjoint mon mari puisqu'il m'a épousé en pourtant regarde sa petite feuille de sage-pam me dit alors quand t'as perdu les os normalement t'as des contractions qui démarrent sous 24h Et après il commence à lire sa fiche, je dis oui oui t'inquiète pas on va manger tranquille, je vais me changer, je perds des lèvres. En plus à chaque contraction tu perds, tu reperds de l'eau enfin bon c'est un peu partout, c'est fantastique. Donc on a mangé, puis moi je vocalisais pas mal, j'avais des contractions un peu régulières mais pas non plus très rapprochées. Et puis Florent il dit bon quand est-ce qu'on appelle la doula en fait ? Moi je sais pas quand est-ce qu'on doit l'appeler. Du coup il appelle ma doula qui dit oh, comment je l'entends, je vais peut-être pas te retarder Du coup elle est arrivée vers 15h, j'étais sur mon ballon dans ma bulle, complètement embarquée. Et ça, c'était dur, mais je me rappelle que j'évoquabilisais beaucoup plus que ce que je pensais. Je pensais que je serais plus silencieuse. j'ai vocalisé 10 heures d'affilée quand ça a commencé à être dur, vers 17h j'avais des contractions depuis midi la doula m'a dit mais peut-être un bain ça te ferait du bien, donc on est monté faire un bain ça m'a fait un peu de bien mais ça a été pareil très ça s'est signé à devenir très très dur et j'étais là je veux être péridurale Marion tu sais la péridurale ce que ça en fait j'étais un petit peu malheureuse et Et puis en fait on est redescendu et je devais être très très bien dilatée puisque je me suis mise à pousser en fait assez rapidement à 19h. Donc en 7h de travail j'ai commencé à pousser et là je poussais dans le vide. Et je me rappelle que les contractions ont changé. Tu as des contractions de travail qui ouvrent le col, qui tirent sur le col, qui sont de certaines manières. Puis tu as des contractions de poussée. Et là, ce n'est pas le même son qui sort. Et tu as vraiment quelque chose d'encore plus guttural et comme quelque chose d'irrépressible. Et je me rappelle que je poussais dans le vide. Et là, c'était dur parce que j'ai poussé dans le vide pendant deux heures. et donc au bout d'un moment on a dit ok on va appeler la sage-femme donc notre sage-femme qui nous avait suivi m'avait dit écoute Marion je suis d'astreinte en doute tu m'appelles à n'importe quelle heure du jour de la nuit lundi à dimanche tu m'appelles si t'as besoin donc on a appelé ma sage-femme voilà Madoula à ce moment-là a dit voilà elle pousse depuis une heure et demie dans le vide a priori on n'a pas de et la sage-femme a dit d'essayer les positions asymétriques type chevalier-servant parce que ça peut permettre de débloquer parfois un bébé qui n'arrive pas à s'engager et donc on est passé à ces positions-là donc entre chaque contraction je changeais de jambe avant et donc ça permettait de bouger le bassin tout en ouvrant le bassin donc je bougeais entre chaque contraction et mon mari et Madoula se relayaient pour m'appuyer sur les crétiliacs Et du coup, effectivement, à partir du moment où on a fait ça, j'ai plus poussé dans le vide et j'ai poussé pour encore une heure. ça a été même très très long trois heures de poussée en tout et puis bébé t'es arrivé comme une fleur tout rose respirant en beau et là c'est un souci particulier non non après avec du recul je me dis mais il faut savoir qu'à la maternité au bout de 30 minutes de poussée ils m'envoyaient en césarienne oui déjà ça aurait été un bébé césarisé si j'avais été à la maternité oui Et ensuite, je me suis demandé parfois qu'est-ce qui a fait qu'on n'est pas parti ? Qu'est-ce qui a fait qu'on ne s'est pas dit bon là, c'est trop ou pas ? Et en fait, le bébé, il bougeait bien. Je pense que j'avais des contractions de poussée, mais ce n'était pas douloureux comme des contractions de travail. Ce n'était pas la même sensation. Je bougeais bien, je ne perdais pas de sang. Et en fait, j'avais du recul. c'était notre chemin et j'ai une doula qui m'a dit après coup Marion t'as poussé 2h dans le vide et 1h ton petit et j'ai dit j'ai jamais voulu pousser mes filles hors de mon corps et finalement j'ai poussé 1h pour chacune d'entre avant qu'Edwin s'engage il a fait la place pour ses soeurs Et j'aime bien cette explication-là de dire qu'il y avait besoin de temps aussi. Je ne sais pas, mon corps a pris le temps dont il avait besoin. Et tout ce cheminement, toutes ces années de travail autour de la naissance et de la parentalité, elles ont fait que finalement, mon bébé, moi j'ai une profonde fierté de me dire que je lui ai laissé le temps d'arriver au monde. Et qu'en fait, un bébé qui compousse trois heures, ça peut être un bébé qui va extrêmement bien. qui n'est pas du tout... C'est juste une variation de la norme dont on ne parle pas assez. On a l'impression que quand on a une contraction de poussée, en général, dans le monde de la physiologie, une demi-heure après, en gros, ton bébé, il est là. Bon, ça, c'est pas toujours comme ça. Et moi, j'ai cette conviction-là qu'une fois que tu as dit l'attention complète et que tu as la contraction de poussée, c'est bon, tu es sur la fin. Et je trouve aussi que c'est très beau parce que ce accouchement apporte énormément de... distance par rapport à tout ce que j'ai pu lire et de réalité qu'en fait ça peut être très différent en vrai et que par exemple moi j'étais persuadée que je pouvais accoucher toute seule et en fait j'ai eu profondément besoin de Madoula et ça je pensais pas que j'aurais besoin d'elle autant et en fait elle a été mon fille vraiment et mes filles elles ont été aussi à leur manière très présentes dans cette naissance parce qu'elle m'apportait de l'eau, elle faisait l'éventail. Quand la doula est arrivée, Ellie, elle dit à la doula Ah, c'est fatigant de faire l'éventail ! Et Calusso, elle dit Ouf, ça doit être encore plus fatigant pour maman ! Et elles n'ont pas été perturbées par le fait que je crie, par le fait que je prenne des positions bizarres parce que c'était vu dans le livre, en fait. Et la seule position que je n'avais pas dessinée et qu'on n'a pas prise spontanément, c'était le chevalier servant. page ajoutée à mon livre du coup de présent parce que position importante mais du coup il n'y a pas eu de peur mon mari le fait qu'il y ait de la doula il était tranquille il était avec les filles et ça a été hyper doux puis tu accueilles ton bébé et puis tu l'accueilles il est là il est beau et puis et puis et puis et puis alors le prénom on arrivait pas d'accord pour le prénom et en fait il est né et t'as le temps de le regarder aussi tu en te prends part tu le trouves beau et j'ai regardé mon mari et je lui ai dit il s'appellera Edwin parce que j'ai gagné et toute la grossesse j'ai dit que j'allais ne s'appellerait pas Edwin parce que c'était le prénom qu'on voulait donner à sa soeur et je ne voulais pas lui donner ce prénom mais en fait c'était tellement victorieux pour moi de me dire on l'a fait il est né à la maison la Santa est sortie mais sans problème on n'était pas stressé c'était calme je ne me rappelle même pas si j'ai eu des contractions pour sortir le placenta À un moment donné, j'ai découvert mon bébé, on s'est posé, puis j'ai eu ressenti le besoin de mettre un copie, puis là, pouf, c'est un taille et venu. Et c'était... Ouais, ça s'est fait, j'ai passé plus que ça, mais il n'y avait pas de stress, et je sais qu'à l'hôpital, on ne m'aurait pas laissée, en fait. Et moi, c'est ça qui me rend triste, c'est que moi, c'était un vrai choix. Mais combien il y a de femmes qui font des choix d'accouchement à domicile ? sans personne alors qu'elles aimeraient peut-être avoir quelqu'un avec elles. Mais elles ne le peuvent pas parce que la France, elle ne nous l'offre pas. Alors que j'ai une grossesse physio de A à Z, je n'ai pas eu une seule pathologie pendant cette grossesse. J'aurais pu être suivie sur plateau technique, j'aurais pu être suivie par la maison de naissance. Je n'ai rien eu. Mais non, je ne rentrais pas dans les cases. Et donc, j'ai accouché toute seule chez moi. Et en même temps, j'ai eu un bébé libre. Et ce bébé serait un bébé césarienne si j'avais été à la maternité parce qu'on ne m'aurait jamais laissé. où c'est comme ça et en fait ce bébé il a bien quoi il y en a plein qui diront que c'est de la chance Après, comme disait la stage femme, elle avait dit à mon mari, on ne peut pas faire bien sûr, il y a des bébés qui meurent, mais il y a des bébés qui meurent à l'hôpital, enfin voilà, on se disait les choses. Mais en fait, bien sûr qu'un travail, en général, elle disait, si c'est très très long, si la maman fatigue, elle dit, moi, quand la maman commence à fatiguer, elle dit, moi, je transfère. quand ça dure 25, 30, 35 heures. Un travail qui va vite, elle nous avait dit, un travail qui va vite, c'est un bébé qui est prêt, un bébé qui va, et c'est une maman qui va. Donc, nous, c'était notre garde-fou, c'était de se dire si ça dépasse 20 heures. on se posera la question.
- Speaker #1
Oui, tu n'étais quand même pas bloquée à l'idée d'absolument verrer contre tout, je resterais à la maison si vraiment ça n'allait pas. Tu savais qu'il faudrait prendre le chemin dans l'hôpital.
- Speaker #0
Ah oui, la réflexion chez nous, elle a toujours été ouverte. Elle a toujours été de dire, de toute façon, s'il y a quoi que ce soit, on part. On a de toute façon le gélat de doula, l'hôpital aussi, on peut faire garder nos enfants, j'ai plein de problèmes de logistique. En fait, tout était prêt. J'avais le sac de maternité dans la voiture prêt. On avait tout balisé. Mais dans l'idée, moi je ne voulais pas partir et je me suis dit après coup, mais est-ce qu'on aurait dû partir avec cette poussée qui a été très longue et qui est une variation de la norme, mais qui est quand même un peu anormale. Et bon, on n'est pas partis et ça s'est bien passé et j'en suis contente, mais voilà, le travail n'avait pas été long et les constructions avaient été efficaces et du coup, ça a coulé tout seul.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est ce qui reste important, savoir s'écouter, mais savoir parer à toutes les options. Et si jamais ça tourne mal ou ça tourne moins bien que prévu, on laisse tomber et on y va. Et ce n'est pas grave que ce soit comme ça.
- Speaker #0
Et puis surtout confiance en la mère. Moi, j'ai toujours dit... j'aimerais accoucher chez moi j'ai jamais dit je vais accoucher chez moi mon désir à moi c'est de donner naissance chez moi mais je garde une porte mais grande ouverte de ce que ce sera vraiment et ce sera peut-être une césarienne ok que ce soit une césarienne j'ai aucun problème avec ça par contre ce sera une césarienne aussi à mes conditions comme ça n'importe comment il y aura de la musique et je veux que mon mari il est bébé et puis je veux qu'on sorte le chant je veux voir sortir mon bébé plein de choses comme ça qui font que j'ai des choses à négocier, que j'ai heureusement pas eu à négocier, disons-le, parce que sinon ça aurait été catastrophique. Ne parlons même pas de récupérer le placenta à la maternité. Alors là, ça aurait été... J'avais prévenu mon mari, tu t'enfuis avec la petite glacière. La douleur reste là, mais toi, tu t'enfuis avec la petite glacière. Bref, c'est des choses dont on rigole après, mais moi, j'avais balisé tout ça et ça n'a jamais été fermé. Je me suis toujours dit, de toute façon, si je ressens le besoin, j'y vais, la maternité, elle n'est pas loin. Les sages-femmes, même. elles pensent qu'elles pourront et ce sera très bien je dirais on a plein de sages-femmes super mais ce que j'avais peur c'était la loterie de l'équipe tu vois c'était d'arriver et tomber sur la vieille peau quoi ça alors que tu peux tomber sur des personnes extraordinaires puis la garde d'après moi
- Speaker #1
c'est ça qui me faisait peur changer d'intervenant sur 12 heures ouais ok et au niveau des déclarations des formalités après l'accouchement vous avez pas été embêtée du coup ?
- Speaker #0
Moi j'avais tâté le terrain dans ma mairie, je m'étais fait regarder comme une dingue en mode Ah vous voulez accoucher chez vous, mais qui c'est qui vous accouche, c'est votre mari ? Non, non, c'est moi toute seule, c'est mon corps, c'est moi qui fais, mon mari est là, mais ce n'est pas lui qui m'accouche, bref. En fait, j'avais un papier ordinateur qu'une dame sur un groupe de naissance à domicile non assistée avait partagé. et qui reprenait tous les éléments d'un certificat d'hôpital. Ce qui faisait que la personne, elle voyait arriver un papier. taper à l'ordinateur et pas juste une lettre écrite moi je sous-signais et lui accouchais ma femme d'un bébé et ça déjà je pense que ça a aidé qu'on ait un papier vraiment un papier d'ordinateur qu'on avait rempli etc et j'avais fait en sorte qu'une sage femme AAD du coin passe aussi dans les premiers jours de la naissance pour qu'elle me fasse un papier comme quoi elle était venue et que le bébé était vivant ok et bien deux mois et tout ça Mon mari est allé à la mairie, c'est une grosse question. C'est une des grandes peurs de mon mari, c'est qu'on ne donne pas la déclaration du bébé et qu'on me fasse une histoire parce que je n'avais pas la devise de médecin. Et quand on nous dénonce, c'est que j'ai une enquête au dos après. Et le fait d'avoir fait un papier propre, que la sage-femme elle soit passée. Alors la sage-femme, elle n'a pas le droit de dire qu'elle était là à l'accouchement. Mais elle fait un certificat médical, ça se passe très très bien. Et puis on a amené ça. Il n'y a pas eu de soucis du tout. Voilà, donc ça s'est bien passé et en fait... On avait prévu à la naissance de partir en gîte post-partum pour aider à la mise en place de l'allaitement parce que pour mes filles, on m'avait dit que je ne pouvais pas allaiter avec les médicaments pour l'épilepsie. Chose qui n'est pas vraie en fait, en se renseignant un petit peu, je peux allaiter, c'est bon, mais sous certaines conditions. Et donc, après la naissance, on est partis dans un gîte post-partum avec les loups-là pendant 15 jours avec mes trois enfants et mon mari. Et ça aussi, c'était merveilleux de pouvoir... Tu sais, quand tu rentres chez toi après la maternité, souvent... prendre le rythme des lessives et des repas et les gens viennent te voir et tout ça moi j'avais dit aux gens vous venez pas nous voir déjà je veux pas vous voir et donc on a pas eu de visite on est resté dans notre bulle avec des enfants qui jouaient mes enfants jouant avec les enfants de la doula elle était là chaque fois que j'avais besoin pour l'allaitement et elle nous a vraiment aidé et le fait d'avoir eu cet espace, cette bulle là c'était incroyable de pouvoir accueillir ce bébé vraiment dignement, de pouvoir rester tout nu, tout collé là, plusieurs jours, ça nous a fait beaucoup de bien. Donc on avait vraiment, moi j'avais vraiment anticipé, préparé toutes ces choses-là, et c'est vrai qu'avec du recul, c'est un bébé, Edwin, c'est un bébé qui a apporté énormément de tendresse physique. dans ma famille, entre mes enfants et moi, beaucoup de câlins, beaucoup de rires. J'ai un peu comme l'impression qu'il nous a fait famille avant. Il y avait les jumelles et puis mon mari et moi avec quelque chose de deux entités. On vit ensemble, mais un peu chacun de son côté. Et Edwin a un peu réuni tout ça en apportant une grande complicité entre tous. Je ne sais pas si c'est Edwin ou le fait qu'il soit arrivé à la maison, le fait qu'on ait pris ses semaines off. tous les cinq aussi il n'y a jamais eu de méfie elles ont toujours elles adorent leurs petits frères c'est un amour fou et il n'y a jamais de jalousie elle me le dit des fois elle te prend beaucoup de temps maman mais il y a un amour fou qui est arrivé avec ce bébé c'est assez incroyable et qui dure, mon mari a changé aussi vraiment beaucoup un homme je pouvais râler beaucoup parce qu'il n'aidait pas il fait des choses que je réclamais depuis des années et qui n'avançaient pas et qui me saoulaient dans mon couple et bien avec ce bébé qui est arrivé voilà ça y est j'ai enfin un conjoint qui assume sa part et je sais pas ça a vraiment changé beaucoup de choses oui
- Speaker #1
En tout cas, merci beaucoup d'avoir partagé avec moi ces deux histoires, ces deux expériences, effectivement diamétralement opposées. Il n'y a rien à voir. Merci beaucoup parce que je pense que ça pourra éclairer des moments sur ces deux sujets très différents.
- Speaker #0
Et puis on peut passer de l'un à l'autre. Ce n'est pas parce qu'on a eu une césarienne ou un parcours médicalisé qu'on ne peut pas avoir un grossesse physio. Il y a même, moi ce que j'ai fait, c'est que j'ai fait le parcours en maternité de niveau 3, mais je me suis inscrite en maternité de niveau 1. Et donc j'étais inscrite à la maternité de niveau 3. J'y ai fait des contrôles là-bas pour rassurer tout le monde, pour faire plaisir à tout le monde. J'espérais bien ne pas y avoir à mettre les pieds pour m'accoucher, mais... Voilà, c'était fait dans les règles. L'hôpital savait, la maternité de niveau 3 savait, le gène Nicolas savait que je voulais aller accoucher ailleurs. Il m'a dit, OK, on fait le suivi jusqu'à ce que la prématurité passe et après, vous allez ailleurs sans problème. Et en fait, en faisant coexister tout ça, en prenant en compte les besoins médicaux de tout le monde, que ça rassure et mes besoins, moi, franchement, je trouve qu'on a vraiment construit quelque chose qui respectait tout le monde et ça, c'était vraiment...
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est vraiment chouette d'arriver à cet équilibre-là qui n'était pas gagné d'avance, vraiment.
- Speaker #1
Oui, c'est important aussi d'avoir bien tout fait dans les règles.
- Speaker #0
Voilà, si ça rassure, c'est-à-dire qu'il y a des femmes qui n'en ont pas besoin, elles ne se ressentent pas le besoin. C'est OK, moi, mon mari, il avait besoin que le suivi soit... ça le rassurait et ma sage-femme d'accouchement à domicile, bien sûr que c'était un plus en plus. Si je faisais ça, ça permettait d'appuyer le fait qu'elle ne m'avait pas envoyée accoucher chez moi toute seule sans avoir rien fait. Et le fait d'avoir mis tout ça en place, respecter tous les acteurs et permettre finalement qu'on puisse… Moi, j'ai quand même posé beaucoup de choses à l'hôpital. Par exemple, le pipi dans le pot, moi j'ai dessiné, je ne traverse pas le couloir avec le pipi dans le pot. les pipis dans le pot je les fais à mon cabinet je m'en occupe de mon côté et en mettant un peu en se positionnant franchement ça a été hyper fluide, ça a été hyper respectueux chez tout le monde donc c'était vraiment bien encore une fois merci beaucoup à toi merci franchement c'est toujours bien de partager ces expériences donc merci pour ton travail au fond
- Speaker #1
Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si jamais il t'a plu et que tu souhaites aider le podcast, n'hésite pas à laisser une petite note sur l'application d'écoute sur laquelle tu es actuellement, ou un petit commentaire. Ça me ferait très plaisir, et ça peut être d'une grande aide pour aider le projet à avancer en attendant. Je te retrouve mercredi prochain pour une nouvelle histoire d'accouchement.