- Rébecca
Hello maman, je suis Rebecca et je te souhaite bienvenue sur Balance ton accouchement. Maman d'un petit garçon et complètement bouleversée par la maternité, je te propose de retrouver ici chaque semaine un ou plusieurs nouveaux récits d'accouchement avec des mots authentiques, sans filtre et sans tabou. L'occasion de partager, d'apprendre et peut-être même de guérir autour de ce grand moment qu'est l'accouchement. Alors si tu es prête, c'est parti ! Bonjour à tous et merci de me rejoindre pour ce nouvel épisode du podcast. Je vous propose aujourd'hui de découvrir le témoignage de Mélissa. Un témoignage un peu particulier et un peu plus long que d'habitude, mais chaque émotion et chaque ressenti méritait d'être partagé. Mélissa m'a contactée il y a quelques mois pour me parler de son accouchement et de sa première grossesse. L'enregistrement n'avait pas pu se faire tout de suite, et elle m'a recontactée il y a peu pour me parler de sa deuxième expérience d'accouchement, de maternité. avec une interruption médicale de grossesse. Nous allons donc aborder ces deux sujets, son premier accouchement, et ensuite nous parlerons de son interruption médicale de grossesse, aussi appelée IMG. Les choix qui l'accompagnent, ce qu'elle a ressenti, à quel point elle s'est sentie abandonnée, à quel point cela a été violent et douloureux pour une expérience vécue en 2024. Je dois vous avertir que dans cet épisode, nous allons parler de sang, d'hémorragie, mais aussi d'arrêt naturel de grossesse, de fausse couche. Si ce sont des sujets avec lesquels vous ne vous sentez pas à l'aise, je vous invite à écouter un autre épisode. Dans tous les cas, le témoignage de Mélissa méritait d'être partagé. Alors, si vous avez envie d'entendre la suite, c'est parti ! Merci à toi de me rejoindre pour ce nouvel épisode d'e-podcast. Alors, pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter, s'il te plaît, en me donnant ton prénom, en me disant combien d'enfants tu as et quel âge ils ont, et puis en ajoutant tout ce que tu aurais envie.
- Mélissa
Je m'appelle Mélissa, j'ai 31 ans et je suis maman d'une petite Victoire qui a 16 mois et d'un petit ange parti il y a un mois et demi maintenant.
- Rébecca
D'accord, super. Merci de bien vouloir partager ton expérience avec moi et avec tous ceux qui vont écouter ce contenu. Merci. Alors, pour commencer, est-ce que tu pourrais me parler du coup, si on couvre sur ta première grossesse, est-ce que tu avais pensé accouchement dès le début de ta grossesse ?
- Mélissa
Oui, parce que c'est quelque chose que j'ai toujours appréhendé finalement. L'accouchement, ce n'était pas une raison suffisante pour mettre de côté mon désir de maternité. Mais c'est vrai que c'était quelque chose qui me tracassait un peu l'accouchement. J'avais peur de souffrir, j'avais peur de la douleur. Donc oui, c'est quelque chose auquel j'ai pensé bien même avant de tomber enceinte.
- Rébecca
Ça te stressait de tous les retours que tu avais eus ou de ce que tu avais pu lire ?
- Mélissa
Oui, en fait, c'est tellement aléatoire. Il y a tellement d'histoires différentes. En fait, on a l'impression qu'il y a autant d'accouchements qu'il y a de femmes sur Terre, ce qui est un peu le cas. Et donc, du coup, on ne sait jamais trop comment ça va se passer pour nous. Donc, c'est vrai qu'il y a des femmes pour qui ça se passe très bien. Il y en a pour qui c'est hyper douloureux. Il y en a pour qui c'est douloureux aussi sur le plan moral. Et donc, du coup, ça me faisait un petit peu peur sur cet aspect-là de ne pas savoir, entre guillemets, ce qui m'attendait et de ne pas pouvoir le savoir avant le jour J.
- Rébecca
Oui, c'est normal. Ok. Alors, du coup, comment s'est passée ta première grossesse ? Est-ce que tu viens du moment où vous avez déjà lancé Projet Bébé ?
- Mélissa
Oui, oui, parce que pour cette première grossesse, j'ai dû passer par un parcours de procréation médicalement assistée parce que moi, j'ai un problème de fertilité. J'ai un SOPK, en fait, donc un syndrome des ovaires polycystiques qui fait que je ne peux, a priori, difficilement tomber enceinte naturellement. Du coup, je me souviens très bien de quand on a pris cette décision. En fait, c'était une décision, moi j'avais envie d'être maman depuis que j'avais 21 ans. C'était quelque chose de vitéral. Je n'étais ni avec la bonne personne, ni au bon moment, ni au bon endroit, entre guillemets, dans ma vie. Donc j'ai pris le temps. Quand j'ai rencontré mon conjoint, très rapidement j'ai su que ce serait lui. J'ai laissé le temps passer parce que je voulais qu'on profite de notre vie à deux. Et puis au bout de deux ans de relation, j'ai émis ce souhait auprès de lui d'avoir un bébé. Donc pour lui, c'était un peu prématuré, donc on a laissé passer encore un peu de temps. Puis lors d'un rendez-vous, peut-être au bout de deux ans et demi de relation, un rendez-vous gynéco de contrôle, on a reparlé de mon problème de fertilité et elle m'a dit qu'effectivement, il faudrait probablement passer par un parcours de PMA. Et donc du coup, en rentrant de ce rendez-vous, j'ai dit à mon conjoint que effectivement, ça prendrait peut-être un peu plus de temps que prévu, ou en tout cas plus de temps que ce qu'il pensait lui. Et donc du coup, que s'il voulait avoir des enfants, parce que lui en voulait deux, et son souhait initial, c'était de les avoir avant 30 ans. Donc du coup, je lui ai expliqué que si lui, il voulait des enfants avant 30 ans, il ne fallait peut-être pas trop tarder. Ça l'a fait un petit peu cogiter, et puis du coup, c'est dans la foulée qu'on a commencé les démarches, prise de rendez-vous, en tout cas avec un gynéco spécialisé là-dedans. Donc après, il a fallu attendre, faire des examens, etc. Mais c'était au bout de deux ans et demi de relation. qu'on a commencé à mettre ça en route.
- Rébecca
Ok. Et du coup, ça s'est bien passé, ce parcours ?
- Mélissa
Alors, dans l'ensemble, j'en garde pas un trauma très important, effectivement, parce que j'ai l'impression que ça n'a pas duré très très longtemps nous concernant. En fait, il s'est passé un an et demi entre le moment des premiers traitements qui se sont passés avec ma gynéco normale. C'était juste... de la stimulation ovarienne par médicament. Donc, c'était quelque chose qui se fait. Je l'ai fait trois mois, je crois. Et ensuite, on est passé par une gynéco spécialisée en PMA. Et là, on a refait plein d'examens. On a fait de la stimulation ovarienne avec injection, etc. Et en fait, tout ça, ça a duré un an et demi. Et au bout d'un an et demi, je suis tombée enceinte. Mais ça ne m'a pas paru. Sur le coup, c'était interminable. Mais avec le recul, j'ai eu l'impression que ça s'était passé. plutôt vite par rapport à d'autres femmes parce que j'ai fait trois cycles de stimulation ovarienne médicamenteuse et deux avec injection.
- Rébecca
Ok, donc c'est relativement court.
- Mélissa
Exactement. Donc entre temps, évidemment, il y a eu tous les examens qui sont interminables. Il y a eu le passage en commission qui est interminable, les rendez-vous, l'attente pour la prise de rendez-vous qui était interminable. Donc sur le coup, c'était interminable, mais avec le recul... Voilà, c'était pas qu'à tard. Et on l'a vécu, alors moi, beaucoup plus difficilement que mon conjoint. Lui était bien plus pragmatique et plus confiant, je pense. Moi, j'avais super peur. Et puis moi, chaque test négatif était déchiré. Et puis on avait une gynéco qui n'était pas hyper... pas hyper bienveillante donc on se débrouillait entre nous mais on pouvait pas trop compter sur elle donc c'était pas forcément simple sur le moment mais avec l'occu on a aucun regret et voilà tout s'est passé comme ça devait se passer quoi ok et puis bon là la joie d'avoir un petit bout à la maison ça fait
- Rébecca
tout oublier exactement ok bon une fois qu'elle s'était implantée du coup comment s'est passé ta grossesse est ce que tu l'as bien vécu non pleine d'angoisse
- Mélissa
Déjà de base je suis quelqu'un de très anxieux et donc là ça a été hyper... Alors déjà c'était très douloureux dès le début parce qu'avec la stimulation ovarienne ça me faisait hyper mal. Donc en fait avant même de tomber enceinte j'avais des douleurs aux ovaires. J'ai été un petit peu surstimulée lors de la dernière stimulation parce qu'on n'arrivait pas à faire grossir mes follicules en vu d'une ovulation. Du coup on a dû augmenter les doses. progressivement avec ma gynéco, ce qui a provoqué en fait une surstimulation, pas une hyperstimulation, mais j'avais mal et en fait c'est une douleur qui derrière a enchaîné avec des douleurs ligamentaires qui ont duré littéralement toute la grossesse et donc du coup ça a été hyper douloureux physiquement, c'est-à-dire que je tenais pas debout quoi. Très difficilement, quand je marchais, je faisais le tour de mon jardin et après il fallait que je me rallonge, je pouvais pas être... allongée dans mon lit, donc j'ai dormi pendant toute ma grossesse sur un fauteuil dans mon salon, semi-assise parce que je ne pouvais pas du tout m'allonger c'était trop trop douloureux donc du coup j'ai eu beaucoup de fatigue beaucoup de douleur j'ai pris beaucoup de poids, donc du coup c'était hyper lourd à porter donc c'était pas une grossesse hyper confortable j'ai eu super peur pendant je pense les 4 premiers mois de grossesse j'avais peur en permanence de la perdre c'était terrible Je me disais que ce n'était pas possible pour moi de la perdre et de repasser ce qu'on venait de traverser. Pour moi, c'était... Du coup, j'étais remplie de stress. Je ne sais pas combien de fois j'ai été aux urgences. J'ai peut-être été aux urgences quatre ou cinq fois en l'espace des trois, quatre premiers mois. Oui,
- Rébecca
pour te rassurer.
- Mélissa
Oui, parce que ces douleurs, je me disais que ce n'était pas normal autour de moi. Personne ne me parle de ces douleurs-là. J'ai eu l'impression que personne n'avait été dans la souffrance à ce point-là physiquement. Donc, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Et une fois où j'ai perdu quelques gouttes de sang, sauf que je ne savais pas moi, on m'avait dit s'il y a du sang, c'est les urgences. Je ne savais pas que quelques gouttes, ce n'était pas si grave. Du coup, moi, j'ai paniqué tout de suite. Donc, du coup, il y a eu plusieurs visites aux urgences parce que j'étais vraiment terrifiée. J'ai fini par récupérer de la sérénité au bout de quatre mois, je pense.
- Rébecca
Ok.
- Mélissa
et puis après du coup je l'ai bien vécu psychologiquement, après c'était physiquement que c'était douloureux mais psychologiquement après c'était que du bonheur en fait à partir du moment où je l'ai senti quoi ça commence à rendre concrète les choses et du coup tu sais qu'il y a quelqu'un vraiment à l'intérieur c'est ça et puis on n'a plus besoin d'aller faire contrôler pour savoir qu'elle va bien entre guillemets parce que les petits coups nous donnent des réponses sans qu'on ait besoin d'aller contrôler quoi, avant ça en fait on sent rien donc...
- Rébecca
Oui, on ne sait pas si le cœur va toujours au point.
- Mélissa
Exactement. Donc voilà.
- Rébecca
C'est sûr. Ok. Et du coup, sur le plan physique, elle grandissait bien ? Tout était dans les normes ? Il n'y avait pas de problème ?
- Mélissa
Non, aucun problème. C'est une grossesse qui, hormis de mon côté, pour elle, ça s'est très bien passé. Une évolution totalement normale. Aucune inquiétude. Elle s'est positionnée très rapidement la tête vers le bas. Donc, il n'y avait aucune inquiétude non plus sur la sortie, si je peux dire. Franchement, tout s'est très bien passé sur le plan santé. Aucune inquiétude de son côté.
- Rébecca
Ok. Et toi, du coup, est-ce que tu avais suivi des cours de préparation à l'accouchement ? Ça faisait peur, du coup ?
- Mélissa
Oui, j'ai suivi des cours de préparation à l'accouchement avec une sage-femme en libéral qui m'a suivie jusqu'à mes sept mois de grossesse. Du coup, après, on a enchaîné sur les cours de préparation à l'accouchement. Et puis moi, vu que j'avais envie d'être maman depuis hyper longtemps... J'avais aussi écouté plein de récits sur le sujet. Sur les réseaux, j'étais moi déjà de base hyper renseignée. Et puis, j'ai ajouté à ça des cours de prépa avec MassageSale.
- Rébecca
Ok. Et du coup, tu les as trouvés rassurants, utiles, tu as apprécié ?
- Mélissa
Alors, j'ai apprécié, oui. En plus de ça, ma meilleure amie était enceinte en même temps que moi, de deux mois de plus. Et en fait, on s'est débrouillé pour faire nos cours de prépa à la cour. en même temps. Moi je les ai pris un petit peu plus tôt. Donc du coup en fait on était avec nos conjoints respectifs et nous mêmes pendant ces cours donc c'était franchement plutôt cool. Et puis on a appris plein de trucs mais en fait on a appris plus de choses sur l'après, comment gérer les premiers moments avec bébé. Moi sur la partie accouchement malheureusement... Aussi, j'ai appris sur le principe des poussées. J'ai appris des choses. Mais sinon, c'était plutôt sur l'arrivée du bébé. Moi, ce qui m'a vraiment aidée sur l'accouchement, c'est les bandes dessinées de Lucille Gomez.
- Rébecca
D'accord.
- Mélissa
C'est des bandes dessinées qui sont super bien faites, très bien instruites et super captivantes surtout. Moi, je les ai mangées. J'ai mangé les trois tomes. en 3-4 jours et franchement ça, ça m'a appris énormément de choses et ça m'a donné énormément confiance en mon corps pour l'accouchement.
- Rébecca
Ok. Et du coup, est-ce que tu avais des envies toi pour ton accouchement ? Est-ce que tu avais fait un projet ou du moins tu avais des idées de ce que tu voulais ou tu ne voulais pas ?
- Mélissa
Alors j'avais fait un projet de naissance, ouais. J'avais fait un projet de naissance qui était surtout basé sur mon anxiété.
- Rébecca
Ok.
- Mélissa
C'est-à-dire qu'il était très important pour moi qu'on respecte le fait que j'étais très anxieuse et qu'on fasse en sorte de de ne pas me donner des raisons de paniquer. Finalement, le jour J, je me suis rendue compte qu'il n'y avait pas d'anxiété. C'était plutôt atténué par l'endorphine, je pense, ou le cytocine. Mais en tout cas, j'avais fait un projet sur lequel, par exemple, je demandais à ne jamais, sous aucun prétexte, être laissée toute seule. Je ne sais pas, par exemple, je savais que le conjoint pouvait sortir pour la péridurale. Moi, j'étais OK pour qu'il sorte. si c'était obligatoire mais par contre il fallait pas laisser toute seule quoi donc la sage femme est hyper à l'écoute et elle est restée auprès de moi à chaque fois qu'il fallait que mon conjoint sorte et puis je tenais à vraiment qu'on respecte la proximité avec mon bébé quoi je voulais qu'on me l'enlève sous aucun prétexte à la naissance sauf si évidemment il était en détresse justement je voulais voilà qu'on me permette de l'avoir dans mes bras le plus rapidement possible plus longtemps possible on fasse du pot à pot J'avais demandé à ce qu'on fasse un silence obligatoire dans la salle au moment de la sortie parce que je voulais l'entendre et je ne voulais pas que ce soit pollué par les bruits des autres. Voilà un petit peu ce sur quoi c'était basé. Et puis j'avais demandé de mémoire, j'avais demandé donc la péridurale et puis j'avais demandé à ce qu'on me la pose. Dès que moi, j'en ressentais le besoin, donc je ne savais pas trop comment j'allais gérer ça. Je ne savais pas si j'allais la vouloir tôt ou tard. Je la voudrais dans tous les cas. Je ne voulais pas de souffrance. Mais je ne savais pas du tout comment j'allais tolérer la douleur. Du coup, il y avait cette partie-là sur mon projet. Et après, c'était surtout faire la proximité avec mon bébé.
- Rébecca
Ok. D'accord, très bien. Alors, du coup, on va passer au jour J. Est-ce que tu te souviens du moment où tout s'est lancé, où tu as compris, su que tu allais rencontrer bientôt ton bébé ? Oui.
- Mélissa
Ouais je me souviens, comme si c'était hier en fait, j'ai eu un rendez-vous avec un ostéopathe qui est hyper réputé ici en Touraine pour faire la préparation du bassin. Et donc du coup ma meilleure amie était passée dans ses mains. Alors elle, ça n'avait rien déclenché du tout, mais en tout cas elle n'avait dit que du bien. Je n'avais entendu que du bien de ce monsieur donc j'y étais allée, je suis allée un mercredi. Et quand j'y suis allée, je lui ai partagé mes inquiétudes, je lui ai dit écoutez j'ai quand même peur que ça déclenche. Et il m'a dit, non mais attendez, je ne suis pas magicien non plus. Non, non, on prépare le bassin. Comme ça, le jour J, votre bassin n'est plus disposé à faire passer le bébé. Mais je n'ai aucune vocation à déclencher aucun travail. Donc il ne m'a pas rassurée là-dessus, etc. Donc on a fait ce travail. Et en sortant, j'étais rincée, vraiment épuisée. Je suis rentrée chez moi, c'est ma mère qui m'avait accompagnée ce jour-là. Je suis rentrée chez moi, j'ai fait une sieste de deux heures et demie. qui n'était pas arrivé depuis 9 mois, depuis 8 mois du coup. Et là, je me suis dit en me réveillant, j'ai eu un sommeil tellement profond, alors que ça n'arrivait pas parce que j'avais tellement mal toute ma grossesse que j'avais un sommeil profond. Là, je l'ai dit ok. Là, je l'ai dit je crois qu'il se passe quelque chose. J'ai eu effectivement des contractons à la sortie de ma sieste. Je suis allée à la maternité. À la maternité, on m'a dit ouvert à 1. Ce n'est pas encore le moment, franchement. vraiment pas. Les contractions ne sont pas du tout suffisamment fortes, pas suffisamment rapprochées. Rentrez chez vous, prenez du Doliprane, reposez-vous un peu, voilà ça va passer. Il s'est passé donc 48 heures comme ça où j'ai eu des contractions en continu à 10-15 minutes d'intervalle, pas très douloureuses, voilà, supportables. Et puis du coup le vendredi matin, je me suis réveillée, donc ça c'était le mercredi soir où j'ai fini mes urgences, j'ai passé ma journée du jeudi. Le jeudi soir, Et le vendredi, 4h du matin, là, ça s'est intensifié. Et donc, du coup, là, je me suis retrouvée... En fait, vu que j'avais lu ces BD qui m'ont appris énormément de choses, je me suis sentie me mettre dans ma bulle. Je ne faisais rien de trop... Je faisais mes trucs et puis je sentais aussi que j'avais de moins en moins d'anxiété. Enfin, de moins en moins de stress. À ce moment-là, ce n'était pas trop de l'anxiété, c'était plutôt du stress parce que je savais que ça allait arriver à un moment donné. Et là, je sentais que je me calmais vachement. J'étais dans ma bulle. Et à 7h du matin, j'ai fini par prendre une douche. Et j'étais en telle souffrance à ce moment-là de ma grossesse que j'avais mis un banc dans ma douche pour pouvoir prendre ma douche assise parce que debout, ça me faisait trop mal. Et je me suis dit que mon conjoint, à un moment donné, s'est levé parce que j'avais passé un sacré bout de temps dans le bain, dans la douche. Et du coup, il commençait un peu à s'inquiéter. Donc, il est venu me voir et moi, j'étais... une loque assise sur ma chaise a juste laissé couler l'eau chaude sur moi et j'étais juste super bien et lui il était censé partir au travail et je lui ai dit écoute parce que j'habite assez loin j'habite à une demi heure lui travaillait à 40 minutes donc du coup je me suis dit il faut qu'il vienne me chercher quand on a la maternité j'avais un peu affaire du temps qui allait passer du coup je lui ai dit écoute tu vas me déposer chez ma mère c'est plus proche et puis il y a mon petit frère qui est là donc au moins je suis pas toute seule pour passer la journée s'il se passe quelque chose. Et donc, du coup, on part en voiture. Et dans la voiture, les contractions vraiment s'intensifient. On a une demi-heure de route. Et puis, arrivé devant le portail de chez ma mère, je lui dis non. Je lui dis là, je le sens, je ne peux pas rester là. Il faut qu'on aille contrôler la maternité. Et arrivé sur le parking de la maternité, j'ai fondu en larmes. Parce que je savais que c'était maintenant là. Je savais que c'était... Je l'ai su. Et je lui ai dit, je veux pas repartir, je veux que ça s'arrête, je veux la rencontrer, je veux la voir. C'était pas du tout un ras-le-bol de la grossesse pour le coup. C'était vraiment que j'étais trop pressée et j'ai senti qu'il se passait quelque chose. Et effectivement, je suis arrivée, j'étais ouverte à deux. Et puis surtout, j'avais des contractions raccrochées suffisamment fortes. Et la sage-femme m'a dit, vous restez là.
- Rébecca
Ok, donc là, t'étais rassurée quand même de te dire, ça y est,
- Mélissa
c'est bon. Quand je lui ai dit, donc là, je rentre pas chez moi, elle m'a dit, non, non, non, là, c'est lancé. J'ai refondu en larmes, mais de joie. J'étais tellement contente de me dire, encore une fois, non pas que ça allait s'arrêter, juste de me dire que j'allais enfin la rencontrer. J'étais prête.
- Rébecca
Et surtout après un parcours PMA, en général, c'est vraiment... L'attente est très longue, quoi.
- Mélissa
Ouais, et puis j'avais été hospitalisée deux fois une semaine, entre 32 et... La dernière s'est terminée à 36 semaines. Deux fois une semaine pour menace d'accouchement prématuré.
- Rébecca
OK, quand même.
- Mélissa
Donc du coup, après, j'avais été non pas alitée, mais mise au repos. Donc du coup, de 33 semaines à 37. mise au repos totale, donc c'est vrai que ça avait été long. Donc là, j'étais contente de me dire que déjà, elle était en sécurité, moi aussi, et puis voilà, on allait pouvoir enfin se rencontrer dans de bonnes conditions.
- Rébecca
Ok. Et du coup, là, tu ne ressens pas vraiment de stress au final ? Toi qui te sentais très angoissée sur l'accouchement, ça allait en fait ?
- Mélissa
Eh bien en fait, ouais. J'étais rentrée dans ma bulle. Du coup, mon conjoint, à la base, il allait au boulot. Et du coup, quand on a compris qu'on reviendrait à la maternité, tout s'est un peu chamboulé parce qu'on n'avait rien emmené. En plus, on avait la valise dans la voiture de prévu. Je sais qu'elle était prête, ça c'est sûr, mais est-ce qu'on l'avait mise dans la voiture ? Je ne suis même pas sûre. Et du coup, on s'est retrouvés à se dire, OK, du coup, je reste là. Lui, il a un contenu de travail, donc il prévient qu'il ne viendra pas. Tout le monde, on travaillait au même endroit en plus, donc tout le monde savait que j'étais enceinte. Pas de souci, mais par contre... Nous, on a des animaux. On avait à l'époque trois Ausha et deux chiens. Donc, il fallait gérer tout ça, les emmener. En plus, un chien d'un côté, l'autre de l'autre, parce qu'on ne les fait pas garder au même endroit. Enfin bref, il y avait quelques petits trucs logistiques à gérer. Et du coup, il était peut-être 9h le matin. Je lui ai dit, écoute, va gérer les animaux, va chercher les affaires. De toute façon, là, je ne vais pas accoucher dans l'heure. Alors qu'avant le jour J... je savais tellement pas comment ça allait se passer que je me disais ça se trouve en deux heures s'est plié fait le jour et je me suis rendu compte pas du tout en tout cas pas pour un premier ou rarement donc là en fait moi qui voulais plus du tout rester tout seul je lui ai dit bah va va faire les trucs donc je savais qu'il en avait pour au moins deux heures facile le temps de faire tout ça il va gérer les animaux va chercher les valises il peut revient tranquille tout va bien du coup non j'avais plus d'angoisse C'est juste dans mon truc, quoi.
- Rébecca
Oui, tu te faisais confiance.
- Mélissa
Oui, j'avais assez confiance, oui. J'étais au bon endroit. Moi, je suis quelqu'un qui est assez rassurée vu que je suis anxieuse. Je suis assez rassurée par le milieu médical. Et du coup, autant il y a des femmes, je sais qu'elles veulent rester chez elles, dans leur cocon, dans leur environnement, autant moi, j'étais hyper rassurée d'être à la maternité. Je savais que j'étais au bon endroit. Si j'avais besoin, je pouvais appeler. Donc non, non, j'étais hyper sereine, en fait.
- Rébecca
Ok. Et comment évoluent les choses du coup ?
- Mélissa
Du coup, mon conjoint est revenu, je crois. Il est parti vers 9h de la maternité et il a dû revenir vers 13h. Quelque chose comme ça. Et entre-temps, moi, je suis restée dans la salle de pré-travail. Au départ, j'arrivais à rester assise. Donc voilà, j'avais mon téléphone, je n'avais pas grand-chose. parce que je n'avais rien emmené. J'avais mon téléphone, j'ai appelé une amie, ma meilleure amie, qui elle avait accouché un mois jour pour jour auparavant en plus, pour lui dire que ça y est, c'était mon tour. J'ai appelé ma mère, je laissais les choses se faire naturellement. Au bout d'un moment, c'est devenu vraiment douloureux. Je ne tenais plus assise, j'étais debout, je naviguais dans toute la piège, je tournais en rond. Je suis allée prendre une douche, me mettre de l'eau chaude, puis surtout j'ai essayé de gérer les contractions. J'ai eu un contrôle de la sage-femme, je suis vite montée à trois doigts et puis après ça a stagné un petit peu, donc j'ai continué. Elle m'a proposé la péridurale à ce moment-là, elle m'a dit à partir de maintenant on peut la poser quand vous voulez. Et moi je voulais, en fait elle m'a aussi dit, et je le savais des cours de prépa pour le coup. Elle m'a dit, par contre, si on pose la péridurale, ça peut ralentir un peu. Donc moi, je ne voulais pas ralentir le travail. C'était encore plus portable. J'arrivais à gérer. Et donc, du coup, j'ai continué à gérer, etc. Puis au bout d'un moment, elle m'a fait un contrôle et elle a eu un doute sur une... Comme s'il y avait une veine qui passait au milieu de mon col, sur la poche des os. Sauf que du coup, cette veine-là, je ne sais plus ce que c'était. Mais en gros, elle m'a dit, le problème, c'est que... ça peut être un peu dangereux pour la sortie du bébé. Donc du coup, là, elles m'ont envoyée en salle d'accouchement pour que la gynéco vienne contrôler. C'est horrible, les contrôles du col, ça. C'était terrible. Mais en fait, sur le coup, on sait tellement que c'est pour notre santé et celle du bébé qu'on les tolère. C'est là. Donc du coup, moi j'ai fini en salle d'accouchement. Mon conjoint est arrivé dans la foulée juste avant que la gynéco arrive. Et puis du coup, la gynéco a contrôlé et m'a dit que non, non, c'était juste la poche des os vu que j'avais eu un hématome en tout début de grossesse qui s'était consolidé en faisant une double épaisseur. Donc rien d'inquiétant. Et du coup, à partir de là, j'étais en salle d'accouchement. Donc on a attendu que le travail continue. Et puis du coup, à 15h, j'étais à 5 doigts. Et là, par contre, j'ai demandé la péridurale, j'en pouvais plus. Et comment ça a évolué ? Du coup, à partir de là, mon conjoint était avec moi à partir de tout ça. Et là, par contre, j'avais besoin qu'il soit là. Je voulais plus qu'il me quitte parce que je sentais que ça avançait. Par contre, je voulais pas qu'il me touche. Je voulais pas qu'il me parle. Pareil, je sais qu'il y a des femmes qui ont besoin de se faire masser, de se faire câliner, etc. Moi, j'avais besoin de gérer ma douleur toute seule. Donc, il était dans son coin. Il me parlait, il me soutenait de loin. Mais moi, je ne voulais pas qu'il me touche. Je ne voulais pas... Donc, il essayait de me faire un peu d'humour, ce qui fonctionnait. Ça me faisait rire. Mais voilà, je n'avais pas besoin de plus. Et donc, du coup, à 15h, j'ai eu la péridurale. Ça m'a fait du bien pendant deux heures. Je me suis reposée. Et puis, ça faisait du coup 48h que j'avais des contractions. Donc, en vrai, j'étais hyper fatiguée. Je me suis reposée pendant deux heures et puis en fait au bout de deux heures, vers 17 heures, la péridurale s'est réveillée d'un côté.
- Rébecca
Ok.
- Mélissa
Donc du coup, sur tout mon côté gauche, je sentais toutes les contractions, j'avais super mal, je sentais que ça me poussait très fort au niveau des fesses. Et donc du coup, là plus possible de me reposer ou quoi que ce soit, mais en même temps plus possible non plus de me mettre debout. Alors que les contractions étaient beaucoup dans le dos. J'aurais été trop bien debout, mais moi, ma jambe droite, elle n'était plus là, par contre.
- Rébecca
Oui.
- Mélissa
Donc malheureusement, je n'avais pas le choix que de rester allongée. On a essayé de repasser une dose de péridurale et en me mettant sur le côté pour voir si elle arrivait à basculer, mais ça n'a pas du tout été le cas. J'ai eu une petite inquiétude parce que, justement, il était 17h. J'étais toujours à 5-6. Et ma gynéco à moi était dispo jusqu'à 19h, 19h30. Après, elle n'était pas de garde. Et je voulais absolument que ce soit elle qui m'accouche. En tout cas, celle qui était de garde, je ne voulais pas que ce soit elle. Je la connaissais et je n'avais pas du tout envie que ce soit cette gynéco-là. Et donc, du coup, quand la salle de femme me dit, après 19h30, ce sera Madame X, elle a vu sur mon visage mon inquiétude et elle a vu que ça ne m'aidait pas du tout. Et elle m'a dit, est-ce que vous voulez que je vous aide ? Et je lui ai dit comment ? Et elle m'a dit avec de l'ocytocine, on essaie d'accélérer un petit peu. Ça peut vous aider, etc. Et moi, je voulais absolument que ce soit ma gynéco, donc je lui ai dit oui. Du coup, on a mis de l'ocytocine. Et puis là, ça a été super vite, ce qui était donc 17h. Et ma fille est sortie à 19h40. Donc ça a bien accéléré les choses, du coup, entre 17 et 19h.
- Rébecca
Et au niveau des douleurs, du coup, vu que tu avais un côté qui marchait, enfin qui ne fonctionnait plus, est-ce que tu as réussi à gérer du coup ?
- Mélissa
Oui, parce que pas le choix. Oui. De toute façon, en fait, on en arrive là. C'est que pas le choix. J'ai quand même, par exemple, quand on a remis une dose de péridurale, moi, ça m'a tourné la tête, j'en ai vomi. Et je ne sais pas si c'était la péridurale ou la douleur, mais effectivement, j'en ai vomi de douleur. Mais encore une fois, même sur le coup, je ne hurlais pas de douleur. C'est un truc, je crois qu'on a tellement d'hormones positives dans le corps à ce moment-là que ça aide vachement à tolérer et supporter la douleur. Et là où j'ai le plus de souvenirs, c'est plutôt que je n'avais plus de force dans le corps. J'ai eu beaucoup de mal à pousser. Mais la douleur en elle-même, même si je me souviens qu'elle était super forte, je me souviens quand j'ai senti que ça poussait vraiment, dire à mon conjoint il faut que tu les appelles, il faut que tu les appelles, ça y est là, c'est là et tout. Parce que je ne tenais plus, je me tournais dans tous les sens, tant bien que mal, parce que j'avais les jambes totalement molles. Donc je me bougeais, j'avais besoin de me lever et ce n'était pas possible. Donc c'était hyper compliqué, mais c'est une douleur qu'on oublie instantanément. Alors que ce truc d'impuissance de ne pas réussir à pousser tellement j'étais épuisée, ça, ça a mis plus de temps à partir.
- Rébecca
Oui. Parce qu'au moment où ma gynéco est venue et qu'elle m'a dit Ok, on va pouvoir y aller, on va pousser je n'arrivais pas à pousser. Je n'avais plus de force. C'était terrible. Et ça, par contre, j'ai eu du mal à l'encaisser. Du coup, elle m'a dit à un moment donné qu'il allait falloir m'aider avec les ventouses parce que le cœur du bébé s'accélérait. Forcément, elle m'a expliqué, ça fait 48 heures qu'il y a des contractions, là il faut qu'elle sorte à un moment donné. Et du coup, je n'arrive pas à pousser, je n'arrive pas à l'accompagner. Bah oui, son cœur fatigue un petit peu, même si elle m'a dit qu'il n'y avait rien pour l'instant d'alarmant, mais il fallait qu'elle sorte quand même. Du coup, elle m'a proposé les ventouses, donc j'ai accepté. Et cette sensation quand elle est venue la chercher avec les ventouses et du coup je l'ai sentie passer, ce cercle du feu là, ça c'est... Alors déjà qu'on oublie instantanément et en même temps c'est un truc qui est dingue de... à la fois de douleur et en même temps c'est une sensation qui est folle de sentir ce bébé qui passe là. Du coup je le sentais bon que d'un côté mais j'ai senti quand même mon bébé passer. Ça c'est incroyable, à la fois c'est un truc où on a l'impression qu'il y a tout qui s'arrache et en même temps on le sent pas, c'est très bizarre. Enfin moi en tout cas j'ai ressenti quoi.
- Mélissa
Oui, tu as à la fois l'euphorie et la douleur qui te plaît. Et du coup,
- Rébecca
très, très enthousiaste.
- Mélissa
Et alors, comment tu as réagi en voyant ta fille pour la première fois ? Tu as réussi à avoir le premier contact, le silence, tout comme tu voulais ? Oui,
- Rébecca
tout. Et puis, en plus, j'étais hyper citée. Parce que déjà, toute la journée, la sage-femme qui m'a accompagnée a été incroyable. Parce qu'elle a tout, tout, tout respecté de ce que je lui avais demandé. Je lui avais demandé de tout me dire. Tu as dit je suis quelqu'un de très anxieux et donc du coup je ne veux pas de cachoterie, sinon ça me stresse encore plus. Si vous me faites un contrôle et que vous sentez quelque chose, dites-moi, je préfère que vous me disiez pas de me le cacher ou pas de me dire je vais vérifier, je reviens. Je dis vraiment je préfère que vous me disiez tout, ça me calme moi mes angoisses de savoir plutôt que d'être dans les pensées. Elle a été incroyable toute la journée et avec Massage Femme, lorsqu'on a procédé à la pousser. Du coup quand la tête du bébé est sortie, quand elle l'a aidé avec les ventouses, je les ai entendues toutes les deux dire chut chut. Et du coup il n'y a eu plus un bruit et ma gynéco m'a juste pris les mains pour que j'aille la chercher et du coup je l'ai ramenée contre moi. Donc oui il y a eu le silence que j'ai voulu. Sur le coup je ne me suis pas posé la question est-ce que je l'entends ou pas parce que je l'avais contre moi. Du coup il s'est passé une minute, une minute trente avant qu'elle pleure. Mais ça ne m'a pas inquiété outre mesure à ce moment-là. Et donc du coup, je l'ai eu sur moi et j'ai eu ce coup de foudre. Le truc où malgré tout, pendant la grossesse, je me suis posé cette question. Je me suis dit, on me parle de coup de foudre quand le bébé naît, etc. Est-ce que moi, je vais l'avoir ? Et oui, instantanément.
- Mélissa
Ok. Et comment tu allais, toi, du coup, au niveau physique ? Est-ce que tu as eu une épisiotomie ? Est-ce que la suite s'est bien passée ?
- Rébecca
J'ai eu une déchirure. J'ai eu trois points en externe, ce qui a priori, alors je n'y connais rien, mais a priori ce n'est pas énorme. Et pourtant, j'ai mis du temps à m'en remettre. Ça m'a fait très très mal pendant un long moment. J'ai même fait des séances avec une sage-femme d'un traitement que tu fais chez des sages-femmes ou parfois chez des kinés pour améliorer la cicatrisation. En tout cas, j'ai fait ça moi avec une sage-femme. Autre que la mienne parce que j'avais très très mal et elle m'a aidée à la cicatrisation. Aujourd'hui tu vois ça fait 16 mois et je ne suis pas totalement cicatrisée. Donc il y a eu ça et puis après j'avais les organes qui me semblaient comme s'ils étaient très très bas et du coup j'avais en plus une sensation de pesanteur. Ça qui a été hyper accompagné par la rééducation du périnée que j'ai faite avec ma sœur femme. Donc ça c'est vite rentré dans l'ordre. Mais cette cicatrice a été très très longue à aller mieux. Même aujourd'hui, tu vois, c'est pas totalement... Je sais pas si un jour ça le sera d'ailleurs. Si ça sera un jour établi. Et après, juste à la sortie du bébé, j'ai eu un truc... J'ai eu une grosse chute de tension. Du coup, j'ai... Et puis j'avais de la fièvre. Et en fait, on s'est rendu compte que ma fille avait de la fièvre aussi. Du coup, on a... considéré qu'il y avait une infection materno-fétale. Donc du coup, c'est moi qui ai eu une infection que j'ai transmise à ma fille avant sa naissance. du coup moi, donc elle à la sortie elle avait de la fièvre et moi quand elle est sortie j'ai eu de la fièvre aussi et du coup j'avais une sensation de chaleur c'était terrible je me sentais pas bien donc je l'ai gardé quelques minutes sur moi le temps qu'on me recouse voilà il s'est passé quelques temps puis très vite j'ai fait une chute de tension et du coup j'ai demandé à ce qu'on la donne au papa donc c'est papa qui l'a pris le temps que moi je reprenne un peu mes expliques, ma tension remonte, on m'a monté les pattes baisser la tête et puis voilà Ensuite, on m'a fait les manipulations très sympathiques de l'accouchement en appuyant très fort sur le ventre. Vous voyez tout le reste qui sort. Ça, j'ai cru que j'allais tuer quelqu'un. Tellement c'était très douloureux d'appuyer si fort sur le ventre. On me disait que c'était pour mon bien, mais je trouvais ça affreux. J'étais presque plus mal à ce moment-là que pendant l'accouchement lui-même. Et puis du coup, après, on a attendu deux heures et puis on a pu remonter en chambre. Et voilà, après, la suite a continué. Oui,
- Mélissa
la nouvelle vie à trois s'est mise en place. Et est-ce que du fait qu'on t'ait compressé le ventre, justement, est-ce que tu as eu beaucoup de tranchées ? C'est que ces contractions après l'accouchement ou est-ce que tu n'en as pas eu tant que ça ?
- Rébecca
Je n'en ai pas eu tant que ça. Je n'en ai pas eu tant que ça et elles n'étaient pas... très douloureuse, c'est-à-dire que moi j'avais des règles de base qui sont pas très douloureuses, ça l'était un peu plus pendant 48 heures de mémoire mais c'était si j'en avais une par heure qui durait une minute, c'était le maximum et c'était un peu plus douloureux que mes règles mais c'était vraiment pas pas très surprenant
- Mélissa
Ok, d'accord. Et du coup, la nouvelle GA3, c'est bien mis en place et tout a été beaucoup mieux.
- Rébecca
Oui, oui. Puis après, ça a été hyper naturel, en fait. Moi, je suis devenue une mère louve. Personne n'avait le droit de toucher à mon bébé. En plus, ma fille a été mise sous antibiotiques pendant les six jours d'hospitalisation. On a dû rester six jours parce qu'elle était avec cette infection, donc il fallait lui mettre des antibios. Donc elle a été perfusée, pour moi c'était une torture, enfin bref. Mais bon, dans l'ensemble ça s'est quand même super bien passé à la maternité, juste je suis devenue cette mère louve que je savais que j'allais devenir, et voilà, je l'ai constatée dès sa sortie quoi. Dès sa sortie, il ne fallait plus que personne la touche, il fallait que personne ne me l'enlève, encore heureux, mais il y a eu plein de choses qui étaient hyper instinctives.
- Mélissa
Oui, ça s'est mis en place tout seul.
- Rébecca
Oui.
- Mélissa
Ok. Donc bon, si on avance un petit peu dans le temps, du coup, deuxième grossesse il y a eu. Comment ça s'est passé déjà le projet ? Est-ce que c'était un nouveau parcours PMA qui s'est mis en place ?
- Rébecca
Non, du tout. Du tout. En fait, à la naissance de ma fille, on a refait les examens avec ma gynéco parce qu'elle m'a posé la question de est-ce que je remets une contraception ou non ? Du coup, on a refait les examens parce qu'avec mon conjoint, la décision qu'on avait prise, c'était si la grossesse a changé quelque chose dans mon infertilité, parce que c'est fort possible, dans ce cas-là, on remettra une contraception pour pouvoir décider de quand est-ce qu'il y a un deuxième bébé. En revanche, si rien n'a changé, je vais pas remettre une contraception, alors que de toute façon, j'ai très peu de chances de tomber enceinte naturelle. Oui, ok. Et puis, quand on en a discuté avec ma gynéco, on est resté là-dessus. en sachant pertinemment que si par miracle il y avait une grossesse, ce serait un bébé qui serait le bienvenu. Donc voilà, sauf qu'on a refait les examens, rien n'avait changé, et même ma gynéco m'a un peu sous-entendu que c'était presque pire. C'est comme ça qu'on l'a compris avec mon conjoint. Et en fait, avant d'avoir ma fille, j'ai eu beaucoup de faux espoirs, beaucoup de tests de grossesse alors qu'il n'y avait pas de raison, beaucoup de symptômes. qui ont été créés. Et du coup, c'était hyper douloureux. Et je crois qu'à ce moment-là, du coup, quand on a refait ces examens et qu'elle nous a dit ça, j'ai réussi à conditionner mon cerveau en me disant Ok, il n'y aura pas de deuxième grossesse naturelle. Il n'y aura pas, ça n'existera pas. Et on passera par un parcours de PMA à nouveau. Et c'était ok dans ma tête. Et puis, en plus de ça, l'arrivée d'un enfant chamboule tellement de choses que... qu'en soi, on n'était pas disposé à mettre un deuxième bébé en route tout de suite. On n'avait pas recommencé la PMA, etc. Parce qu'un bébé, quand il arrive, quand nous... de la façon dont on a voulu lui apporter ce qu'on lui a apporté. Ça demande tellement de temps, d'énergie, bref, de plein de choses, qu'on voulait le faire de la même façon pour un deuxième, mais du coup, on n'y était pas disposés a priori. Même si, encore une fois, s'il y avait une grossesse qui devait arriver spontanément, ça aurait été la bienvenue, mais on n'avait pas pris cette décision. Donc voilà. Et du coup, moi, je m'étais vraiment conditionnée à ne pas pouvoir tomber enceinte. naturellement et ça avait fonctionné. C'est-à-dire que la question, elle ne se posait plus dans ma tête.
- Mélissa
Oui.
- Rébecca
Donc voilà, j'ai eu mon retour de couche quasiment six mois après mon accouchement. Et puis ensuite, les cycles se sont enchaînés bien différemment qu'avant ma grossesse. C'est-à-dire qu'avant ma grossesse, j'avais mes règles une ou deux fois par an. Donc j'avais des cycles extrêmement longs, de six à huit mois. Donc des ovulations qui n'existaient pas, ou très très peu, pas suffisamment en tout cas pour que ce soit fécondable. Et donc du coup, là, il s'est avéré qu'effectivement, à partir de mon retour de couche, j'ai eu des cycles beaucoup plus courts, puisque c'était 35-40 jours. Donc c'est pas fou non plus. C'est pas fou non plus, mais pour moi, c'était déjà beaucoup. C'est-à-dire que vu que je vis comme ça, avec des règles une ou deux fois par an depuis mes 20 ans, depuis que je sais que j'ai ce SOPK, du coup, là, je me suis dit, il faut peut-être faire gaffe. Parce que forcément, des cycles de 40 jours, c'est forcément un peu plus... Enfin non, c'est pas forcément, c'est moi qui me fais cette conclusion-là. C'est forcément plus propice à une grossesse que des cycles de 8 mois.
- Mélissa
Oui, forcément.
- Rébecca
Mais bon, j'ai reposé la question à ma gynéco parce qu'en fait, à un moment donné, à partir d'un certain temps, j'avais mes règles qui étaient très très longues, trois semaines, une semaine et demie, j'avais une semaine de répit, puis ça repartait, donc je suis allée la revoir. Et donc du coup, je lui ai dit, est-ce qu'il y a des risques en sachant que mes cycles sont plus courts, etc. Et elle me dit, elle me refait un contrôle et elle me dit très honnêtement non, on refait une prise de sang, elle confirme. Et puis, elle me dit en revanche, quand je fais l'échographie, moi ce qui m'inquiète, c'est que j'ai l'impression que ce ne sont pas des règles, j'ai plutôt peur d'un polype. Et elle me montre effectivement à l'échographie une masse qui se dessine, qui n'est pas très claire, mais qui se dessine à l'échographie. Et donc, elle me dit, on va faire des examens. Et de toute façon, vu que vous avez des saignements très abondants comme ça, qui durent très, très longtemps, avec une semaine de répit, vous ne pouvez pas rester comme ça. Donc, on va faire une hystéroscopie pour aller voir ce qu'il y a là-dedans. Et donc, elle m'envoie faire, dans un premier temps, une échographie 3D avec un échographe. pour pouvoir voir un petit peu mieux ce qui se dessine. Et en fonction de ça, on planifiera l'hystéroscopie. L'hystéroscopie, c'est la petite caméra qu'on va mettre à l'intérieur pour voir ce qu'il y a. Je vais faire cette échographie. L'échographe ne confirme pas le polype. Lui, pour lui, il ne voit pas. Je ressors de cette échographie. On est en septembre. Je ressors de cette échographie, j'ai un nouveau rendez-vous avec ma gynéco, elle refait elle une échographie avec, donc elle c'est pas du 3D, elle me dit écoutez quand même moi je vois vraiment quelque chose, peut-être qu'il est positionné entre deux parois de l'endomètre par exemple. Elle me dit bref dans tous les cas vu les saignements il faut au moins qu'on fasse une hystéroscopie diagnostique pour voir ce qu'il en est. Et donc on programme cette hystéroscopie donc qui est en anesthésie générale au mois de novembre, le 16 novembre. Et du coup, ça s'arrête là. Sauf que moi, dans la nuit du 15 au 16 novembre, je suis malade. Grosse grippe intestinale. Donc, je vomis toute la nuit. Je suis évidemment incapable de me déplacer à l'hôpital le matin. Du coup, j'appelle pour annuler. Et donc, l'opération est reportée deux mois plus tard, au mois de janvier, le 21 janvier. Entre temps, ma gynéco ne me reprogramme pas d'examen, puisque l'examen, c'est l'hystéroscopie qu'elle va faire. Donc, elle ne me reprogramme rien. Moi, au mois de décembre, je suis hyper fatiguée, mais je viens de commencer un nouveau boulot pour lequel le mois de décembre est hyper intense. Donc, du coup, je fais des journées qui sont vraiment très intenses. Voilà, je ne m'arrête pas de la journée. Je rentre, il faut s'occuper de bébé, de la maison, la vie, quoi. Et en fait, je me retrouve à me coucher en même temps que ma fille parce que je suis rincée. Et ma fille, elle se couche à 18h, 18h30. Et en fait, je me couche en même temps qu'elle. Elle a des nuits hyper compliquées. Elle fait des éveils nocturnes de 3h à la nuit. Donc du coup, parfois, je ne dors pas pendant 3h. Les endormissements sont longs. Enfin bref, du coup, moi, je mets ça sur ce compte.
- Mélissa
Oui, la fatigue avec un enfant en bas âge et un nouveau travail, forcément, ce n'est pas non plus hyper inquiétant.
- Rébecca
Oui, et moi, je me suis vraiment mis ça sur ce compte-là. Le 21 janvier, se fait cette fameuse hystéroscopie. Le deal, c'était qu'on fait une hystéroscopie diagnostique pour voir ce qu'il y a. Et selon ce qu'il y a, ma gynéco passera en hystéroscopie opératoire pendant la même opération. pour enlever éventuellement le polype ou la masse qui dérange, etc. Moi, je retourne à cette opération. Je vais à cette opération vraiment très sereine pour le coup. Moi qui suis pleine d'angoisse, j'ai une telle confiance en ma gynéco que je ne suis pas du tout inquiète. J'ai rencontré l'anesthésiste, il m'a hyper rassurée aussi. Donc voilà, j'y vais. Tout va bien. En plus, elle me passe en premier. Donc du coup, j'arrive le matin, je passe tout de suite. Donc très bien, je me réveille. Dans ma chambre, mon... conjoint m'a rejoint. Et donc, du coup, je dis, c'est cool, ça y est, c'est fait, on n'en parle plus. Parce que, mine de rien, tout ça, ça dure depuis le mois de juin. En fait, à la base, on a laissé passer. On s'est dit, peut-être que c'est le retour de couche qui se met tout doucement en route. Puis ensuite, il y a eu cette opération qui a été décalée de deux mois, etc. Donc, en fait, il s'est passé quasiment six mois. Donc, je me dis, au moins, ça y est, c'est fait, on n'en parle plus. J'imagine qu'on vient me voir dans la chambre l'après-midi pour me débriefer. Et c'est là qu'elle me dit, écoutez, ça ne s'est pas passé comme je l'avais anticipé. Ce qui s'est passé, c'est que je suis tombée sur une masse qui n'a pas le même aspect que ce qui était au mois de septembre dans votre échographie. Et de plus, il y avait énormément de saignements. Et ils étaient tels qu'on ne pouvait pas gérer une opération, aspirer en même temps, je n'avais plus de visibilité. Bref, c'était... pas du tout cohérent et donc du coup elle me dit j'ai dû arrêter pour des questions de votre sécurité et de votre santé voilà je me sentais pas en sécurité c'était pas cohérent avec ce qu'on attendait donc du coup j'ai dû arrêter et elle me dit on va refaire des examens, voir s'il y a pas quelque chose qui a évolué etc. Moi elle me dit ça je panique totale je me dis ça y est c'est une masque et pas la bienvenue bah moi tout de suite je pars sur une tumeur quoi, quelque chose de cancéreux Je me dis, putain, j'ai 30 ans, un bébé de... Voilà, elle avait donc 13 mois à ce moment-là. Enfin bref, panique totale. Et elle me rassure tout de suite en me disant, écoutez, ça n'a pas du tout l'aspect de ce que vous me dites là. Vraiment pas du tout, mais elle me dit, je ne comprends pas. Donc vous allez refaire une échographie. Et moi, ce que j'ai récupéré, je les envoie en analyse pour qu'on puisse savoir à quoi ça correspond. Et là, ça passe 10 jours. pendant lesquelles on attend les résultats de cette analyse. Et en fonction de cette analyse, j'irai faire une échographie, une nouvelle. Et donc, elle m'appelle au bout d'une dizaine de jours en me disant Écoutez, ça correspond à des vilosités de placenta, des vilosités placentaires. Je suis Ah bon ? Je dis Je ne comprends pas. Avec tous les examens qu'on a vérifiés depuis la naissance de Victoire, comment c'est possible ? Elle me dit Non, c'est des vilosités placentaires jeunes. Donc, elle me dit Vous avez peut-être fait une fausse couche. Elle est désolée de me dire ça. Et elle me dit, avec les saignements que vous avez eus, c'est possible que vous ayez pris ça comme des règles, alors qu'en fait, c'était peut-être une fausse couche, d'où peut-être l'abondance, etc. Donc moi, là, je me retrouve à accuser le coup parce que ce n'est pas très agréable pour moi de savoir qu'il y a eu une grossesse spontanée du coup. Et donc, elle me dit, vous allez faire l'échographie et puis on replanifie pour pouvoir enlever ces vilosités. Et on replanifie une hystéroscopie. Donc, OK, je prends rendez-vous, je vais faire cette hystéroscopie. Et j'y vais vraiment comme si j'allais à une radio du genou. C'est-à-dire que j'y vais toute seule. Mon conjoint me dit, est-ce que je viens avec toi, machin ? Pas besoin, il est bloqué du dos. Donc, ça sert à rien de faire de la voiture inutilement. Je dis, non, franchement, j'ai pas besoin. Moi, j'y vais vraiment en mode, OK, j'ai accusé le coup, j'ai fait une fausse couche, je m'en suis pas rendue compte. J'ai ni vu une grossesse, ni senti la fausse couche. Donc je digère le truc comme ça en me disant ok c'est comme ça, c'est comme ça. Maintenant le but c'est de pouvoir enlever ce qui reste. Donc du coup je vais faire cette échographie et puis l'échographe m'étale le gel sur le ventre avec la machine là. Et lui donc il regarde mon ventre mais moi je regarde déjà l'écran. Et au moment où il passe son truc, moi je vois tout de suite. Il y a deux bras, il y a deux jambes, il y a une tête, il y a un bébé qui est là. Je me dis non, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible. Et donc du coup, là, il commence son échographie et il me dit, mais madame, vous êtes enceinte ? Non. Non, non, pas du tout. Dans ma tête.
- Mélissa
Tu étais vraiment dans l'idée, c'est pas possible, donc non, c'est pas ça.
- Rébecca
Non, c'est pas possible. Et puis, c'est un truc qui n'arrive que dans les films, en vrai. Puis c'est un truc que j'ai tellement espéré avant ma grossesse de victoire, de ma fille, que le truc de je vais faire une écho de contrôle pour je ne sais quoi, puis on m'apprend que je suis enceinte ou je fais une prise de sang, et dedans, on me dit que je suis enceinte, c'est un truc que j'ai tellement espéré. Et là, que j'ai... tellement interdit, pas possible, j'ai occulté cette possibilité. Du coup, là, je lui dis non. Si, je fonds en larmes et j'ai du mal à comprendre et puis en même temps, je suis submergée par de la joie. C'est uniquement de la joie à ce moment-là. Il n'y a pas de peur, il n'y a que de la joie. Je me dis l'histoire de dingue, l'histoire de dingue. Je suis tombée enceinte, machin. Et en fait, je me souviens de ma première grossesse que deux bras, deux jambes, ce n'est pas une grossesse qui est toute neuve. C'est-à-dire que...
- Mélissa
Tu as quand même bien évolué.
- Rébecca
Exactement. Ce n'est pas le petit haricot, quoi. Et donc, du coup, je lui dis, mais attendez, il y a un cœur qui bat, il y a quelque chose. Et il me dit, s'il y a un cœur qui bat, vous voulez l'entendre ? Ce que j'ai trouvé hyper pertinent comme question.
- Mélissa
Oui. C'est vrai qu'il avait du tact.
- Rébecca
Et puis, vraiment, le personnel médical qui m'entourait à ce moment-là a fait preuve de beaucoup de tact, et lui aussi. Et j'ai dit, mais évidemment, c'est une super nouvelle. Je lui ai dit, évidemment que je veux l'entendre. Et ça a été, en fait, mon erreur. C'est que du coup, il me fait entendre le cœur. 167 battements par minute, et je l'entends. Et donc là, je réalise. Enfin, je réalise, c'est un grand mot, mais en tout cas, je prends conscience qu'il y a un bébé dans mon ventre. Je me suis dit, mais attendez, quel âge ? Combien de temps ? Il me fait les calculs, machin. Et puis il me dit, voilà, pour moi, vous êtes tombée enceinte le 27 novembre. On est 31 janvier.
- Mélissa
Ok. Oui, donc bien deux mois de passé, quoi.
- Rébecca
Ouais, il y a... Je suis à dix semaines et cinq... Je suis à neuf semaines et cinq jours de grossesse. Donc, onze semaines et cinq jours d'aménorrhée.
- Mélissa
Ok.
- Rébecca
Waouh ! Je dis, c'est waouh ! Dingue et tout, machin. Et je suis toujours en pleurs. Et j'ai mes mains sur la tête, sur les yeux, comme ça, allongées. Et puis, d'un coup, j'enlève mes mains et je lui dis, vous vous rendez compte que vous êtes en train de devenir ma personne préférée sur terre. Et là, il me regarde, il a les yeux désolés et il me dit, il est toujours en train de me faire l'écho, il est passé, non, pas encore. Il est toujours en train de me faire l'écho et il me dit, écoutez, je ne suis pas sûre. Et je lui dis, là, par contre, il va falloir me parler parce qu'il s'est arrêté, en fait, il est toujours... concentré, etc. Et je dis là par contre il va falloir me parler parce que là il y a grande possibilité pour que ça finisse en crise de panique sur votre table. Et il me dit écoutez j'ai un doute si ça vous dérange pas on passe en endovaginal pour que je vérifie, j'ai un doute sur le développement du bébé, du cerveau. Et donc ok, on passe en endovaginal, je vois sa tête, je vois ses yeux, je comprends très vite qu'il y a quelque chose de pas sympa. Je le laisse. À ce moment-là, je me dis qu'il a besoin d'être concentré, donc j'accepte qu'il ne me parle pas. Il ne me parle pas pendant une ou deux minutes, et puis au bout d'un moment, il me dit effectivement, j'ai un gros doute. Il me dit en fait, ce n'est pas un doute, il me dit le cerveau ne s'est pas dissocié, les hémisphères ne se sont pas faits, le haut du crâne ne s'est pas formé, donc en fait, il n'y a pas de crâne. Les hémisphères ne se sont pas formés, on appelle ça une houlop. trop en céphalie. Et il me dit, et puis j'ai un doute sur d'autres malformations au niveau des reins. Il me dit, et dans tous les cas, il n'y a pas assez de liquide amniotique pour que le bébé se développe correctement. Et donc là, je me prends le deuxième rat de marée dans la tronche. Et je me dis, attendez, ça veut dire quoi ? J'essaye de comprendre, d'encaisser. En fait, moi, je suis déjà en train d'essayer d'encaisser que je suis enceinte. et là il faut que j'en fasse en plus que ben oui et je lui dis attendez ça veut dire quoi machin je lui dis soyez clair s'il vous plaît et il me dit ça veut dire que c'est une recette qui n'ira pas au bout dans tous les cas je refonds en larmes j'ai du mal à digérer le truc, il arrête il me dit écoutez je vous laisse tranquille ça sert à rien d'aller plus loin en plus il me fait un peu mal donc c'est pas très agréable Et donc du coup, il arrête son examen et puis il me demande de prendre mon temps pour me relever. Je m'assois, j'ai la tête qui tourne parce que je ne peux pas complètement. désorienté. Donc voilà, il essaye d'être un peu soutenant. Il me dit que ma gynéco va m'appeler très prochainement, qu'il l'appelle tout de suite pour la tenir au courant des examens, etc. Qu'il est désolé. Je retourne dans la salle d'attente parce qu'il me dit, restez un peu dans la salle d'attente. Et puis il me dit, je ne suis pas trop d'accord que vous rentriez toute seule. Si vous pouviez appeler quelqu'un pour venir vous chercher, ça m'arrange. Puis en fait, je ne suis pas bien là. Je ne suis pas bien du tout à cet endroit-là. J'ai besoin d'aller prendre l'air. Je m'en vais, mais je suis un zombie. C'est-à-dire que je passe devant la secrétaire, elle me paraît floue, elle me demande si ça va. J'ai l'impression d'être dans une scène de film. Et je vais jusqu'à ma voiture, je marche, parce que du coup c'est en centre-ville, donc je marche pour aller jusqu'à ma voiture. Et je me dis, waouh, ok, pour moi c'est un truc qui n'arrive qu'aux autres. C'est bête à dire, mais c'est un truc qui n'arrive qu'aux autres. Je n'avais pas appréhendé que ça pouvait m'arriver, autant pendant ma première grossesse, j'ai eu peur. plein de fois, mais c'était une peur qui n'était pas totalement fondée. C'est-à-dire que c'est une peur où au final, oui, on a peur, mais on est intimement convaincu que ça va bien se passer. C'est assez bizarre. Et là, le raz-de-marée un peu. Et je décide de rentrer toute seule. Donc je rentre, j'arrive chez moi. Je me dis, OK, sur la route, j'ai essayé d'imaginer comment je pouvais l'annoncer à mon conjoint. Ma fille est gardée par sa maman et elle est censée rentrer à peu près en même temps que moi. Du coup, je demande à sa maman de la garder un peu plus longtemps. Et je rentre, mon conjoint bouine dans le jardin, machin. Donc, il vient parce que malgré tout, il veut savoir comment se passer le rendez-vous. S'il a trouvé autre chose, etc. Il voit sur ma tête qu'il y a un truc qui ne va pas. Et en même temps, il n'est pas plus paniqué que ça. Du coup, il rentre, il fait ses trucs. En même temps, il me demande alors. comment c'était passé, etc. Il se lave les mains. Et il insiste. Moi, je voudrais qu'il s'assoie, mais il ne le fait pas. Et donc, du coup, je finis par lui dire qu'il est en train de se laver les mains. Et je lui dis, je suis enceinte. Il se retourne, il me regarde. Putain, merde. Quoi ? Et puis, je lui dis, je suis enceinte. Et puis, il me regarde en me disant, OK, mais ce n'est pas la seule info. Et je lui dis, bah non. Et je dis, c'est un bébé qui est rempli de malformations. Et donc, la grossesse n'ira pas au bout. Je fonds en larmes dans ses bras. Lui, je pense que du coup, à ce moment-là, il faut qu'il encaisse. Il en faut. Il encaisse. Forcément. Puis, je lui explique tout le rendez-vous, machin. On est assis là en face de l'autre. Et on essaye de réaliser ce qui est en train de se passer. On ne comprend pas trop. Et en fait, très rapidement, ma fille et ma belle-mère arrivent. Donc pareil, on le dit à ma belle-mère. Ma belle-mère est désolée, triste aussi que ça se passe comme ça pour nous. Et puis, triste, court. Et puis très vite, ma gynéco appelle. Elle me demande de venir le lendemain. Donc voilà, c'est comme ça que ça se passe le premier jour de cette annonce. Et puis, moi, je comprends que je ne réalise pas réellement ce qui est en train de se passer. C'est comme si j'avais l'information de façon intellectuelle, mais... mais émotionnellement, je ne l'ai pas encore encaissé. Donc, je re-regarde les échographies, j'essaye de comprendre et tout. Et en fait, en regardant l'échographie, là, je réalise, parce qu'en fait, il y a plein de captures d'écran de l'écran de l'échographe. Et sur l'une d'elles, il y a date de conception, 27 novembre 2023, date prévisionnelle d'accouchement, 27 août 2024. Et en fait, cette date prévisionnelle d'accouchement... Elle m'a complètement terrassée parce qu'en fait, là, ça veut dire que je viens de réaliser qu'il y a un vrai bébé qui était censé naître à un moment donné. J'étais censée avoir un deuxième enfant. Et là, j'ai compris à ce moment-là. Donc, il m'a fallu plusieurs heures. Et puis voilà, la soirée se passe. Je vais me coucher parce qu'en fait, c'est ma façon de gérer les émotions négatives. Quand je fais une crise d'angoisse, quand je n'arrive pas à gérer beaucoup de peines, etc., moi, je dors. Donc, je vais me coucher très tôt. Et puis, le lendemain, on va chez la gynéco en sachant pertinemment. J'ai eu ma gynéco au téléphone qui est désolée, qui me demande si j'ai senti quoi que ce soit. Et je lui explique que non. Elle me dit OK. On était donc sur une sorte de déni, même si à deux mois et demi de grossesse, c'est un déni qui est limité. Mais moi, j'étais dans le déni complet. Et donc, du coup, elle me dit vous venez demain, machin, etc. Du coup, on va à ce rendez-vous en sachant personnellement que ce rendez-vous, il est fait pour prendre des décisions. Donc, on va à ce rendez-vous le lendemain. Et puis, du coup, elle prend beaucoup de temps pour nous expliquer ce qui se passe. Mais on se pose la question, on lui pose la question, est-ce que l'hystéroscopie qui a eu lieu une semaine plus tôt, du coup, a pu avoir un rôle sur ces malformations ?
- Mélissa
C'est la question qui se pose naturellement.
- Rébecca
Et elle me dit qu'évidemment, elle-même s'est posée cette question, qu'elle s'est donc renseignée auprès de trois personnels médicaux différents, spécialisés en... En gros, pour savoir avant la naissance, les malformations, etc. Les trois lui ont dit la même chose, plus un échographe. Et les trois lui ont dit la même chose, que globalement, les hémisphères étaient censés être déjà formés. Maximum, entre quatre et sept semaines, ils sont censés être largement formés. Et là, on était à neuf. Donc du coup, c'est sur cette malformation-là... pas d'impact, c'est sûr. Sur le liquide amniotique, peut-être. On n'en aura jamais la certitude, mais peut-être que le fait d'avoir la poche, ça a empêché le liquide amniotique d'être suffisant. Mais il y avait de toute façon cette malformation du cerveau qui était présente. Donc moi, je décide très clairement de ne pas en tenir rigueur à ce médecin qui, à mon sens, c'est vraiment un médecin en qui j'ai ultra méga confiance. Même si je me dis avec le recul qu'un petit bêtage CG avant l'hystéroscopie, finalement,
- Mélissa
ça n'aurait pas été plus mal.
- Rébecca
Mais de toute façon, cette malformation du cerveau était déjà là. Donc, je reste là-dessus. Et puis, du coup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, elle nous demande comment on se sent, et moi, et papa, et notre fille, et comment on vit, etc. Donc, on lui explique qu'on est... Moi... Moi plus que mon conjoint, mais moi je suis terrassée, j'essaye de comprendre, je suis en boucle. Un, comment c'est possible que je n'ai pas senti que j'étais enceinte ? Moi, qui suis obsédée depuis mes 20 ans par le fait de tomber enceinte naturellement et de tomber enceinte tout court, comment j'ai pu là passer deux mois et demi en étant enceinte sans m'en rendre compte ? Et pourquoi ce bébé est mal formé ? Pourquoi on en arrive à une issue qui est dramatique ? Pourquoi ? alors que je suis déjà passée par un parcours difficile pour avoir ma fille. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Je suis remplie de tous ces pourquoi auxquels j'aurais malheureusement jamais aucune réponse. Et donc du coup, on parle beaucoup de ça avec ma gynéco. Ça dure un moment et puis au bout d'un moment, je lui dis, bon bah écoutez, il faut qu'on passe à la suite quand même. Et donc là, elle m'explique les possibilités qui s'offrent à nous. Enfin, elle nous explique les possibilités qui s'offrent à nous. Donc la première, c'est de laisser le bébé... continuer son évolution dans mon ventre en sachant que l'issue elle est définitive c'est à dire que c'est très bien qu'il n'arrivera pas à terme donc elle m'explique que la première issue c'est elle si et donc du coup de le laisser évoluer puis mourir quand ce serait le bon moment dans mon ventre et donc à ce moment là de procéder je sais même pas ce qui se passe après en fait elle m'a juste dit qu'à ce moment là on procéderait aux décisions qui s'en suivent La deuxième, c'est une interruption médicale de grossesse. Et la troisième solution, c'est une interruption volontaire de grossesse, qui sont médicalement le même processus, mais qui ne se déroulent pas de la même façon, dans le sens où l'interruption médicale de grossesse nous permet de faire une analyse génétique, alors que l'interruption volontaire, non. Et moi, de toute façon, je lui dis que je n'ai pas envie que ça s'appelle une interruption. volontaire de grossesse parce que je ne suis pas volontaire.
- Mélissa
Oui, c'est ça. Tu n'as pas du tout envie, c'est simplement que tu ne peux pas mener la grossesse à terme.
- Rébecca
Par contre, oui, on est d'accord avec mon conjoint qu'on ne laissera pas ce bébé mourir dans mon lit. On n'est pas capable de vivre cette grossesse, de peut-être se repasser trois, quatre, cinq mois comme ça, et au bout d'un moment que cette grossesse s'arrête. Pour de toute façon donner naissance à un bébé mort-né, non. On n'est pas du tout... prêt à traverser ça, donc ce sera de toute façon une interruption de grossesse volontaire ou médicale. Et donc volontaire non, parce que je ne suis pas volontaire, si ce bébé était en bonne santé il aurait été accueilli dans le plus grande joie, et donc du coup on choisit l'interruption médicale de grossesse. Là on est jeudi, et donc du coup elle nous explique tout comment ça va se passer, et au départ elle me dit, vous allez prendre un médicament qui va procéder... au décollement de l'œuf. Pour ensuite, moi, 48 heures plus tard, je procède du coup avec des aiguilles d'algues au travail du col, pour pouvoir faire travailler votre col pour qu'il s'ouvre et procéder à la sortie du fœtus. Et là, je deviens blanche, je vois mon conjoint qui se touche les tempes, qui manifeste des signes que je connais. où il se dit non, ce n'est pas possible, je comprends bien que ce n'est pas possible ni pour lui ni pour moi. Et donc du coup, je lui dis attendez, vous n'allez pas me faire accoucher ? Et elle me dit à votre terme, qui est quand même assez avancé, on sera 12 semaines d'aménorée, c'est la procédure. Non, moi je lui dis que non, que ce n'est pas possible, que je ne peux pas accoucher. Parce qu'en fait, elle m'a expliqué dans le même temps qu'on commence en salle de pré-travail, puis qu'on va en salle d'accouchement, je lui dis attendez, non, ce n'est pas possible. Déjà, je ne peux pas aller en salle d'accouchement et ressortir sans bébé. Émotionnellement, je n'en suis pas capable du tout. Et je ne peux pas procéder à des contractions, pousser, faire sortir un bébé qui de toute façon sera mort et ressortir sans bébé. Je lui dis honnêtement, ce n'est pas possible. Je n'en suis pas capable du tout. Et donc, je lui dis, est-ce qu'on peut procéder à un cure-tâche ? Et elle me dit qu'à mon terme, c'est un peu plus risqué. Mais que si c'est mon choix, on va le faire. Elle me dit en revanche, il faut que moi je me prépare, donc ça pourra avoir lieu mardi lors de mes journées d'opération, etc. Ça ne pourra pas avoir lieu avant, donc on est jeudi. Et donc du coup, j'accepte de tenir jusqu'à mardi. Et du coup, on choisit cette façon-là de procéder et elle me dit du coup que je vais revenir dimanche soir. prendre le cachet pour de toute façon décoller l'oeuf qui lui reste de toute façon nécessaire, voire ensuite procéder au courtage mardi. Évidemment, pendant ces rendez-vous-là, moi je pleure, je suis totalement terrassée de prendre cette décision. Je ne savais pas que ça pouvait m'arriver un jour. Encore une fois, je ne comprends pas. Je lui dis, écoutez, avant-hier j'allais bien, aujourd'hui je suis dans votre bureau. Je dois réfléchir à arrêter une grossesse que je ne savais même pas qui existait il y a deux jours. Enfin, je lui dis franchement, c'est terrible. C'est une grossesse qui était miraculeuse. Une grossesse spontanée chez moi, c'est miraculeux. Vous le savez vous-même. Franchement, là, je ne sais pas trop ce qui m'arrive. Je ne comprends pas trop. Bref, je suis vraiment terrassée. Et puis voilà, je quitte ce rendez-vous. On revient donc le dimanche pour prendre le médicament. Donc le dimanche, 19h30, on retourne à la clinique. Et donc entre-temps, ma fille est gardée par ma mère à chaque fois parce que c'est des rendez-vous, elle n'a pas à être là. Et en même temps, on veut qu'elle reste dans son environnement parce que nous, on est suffisamment terrassés émotionnellement. Donc, elle doit forcément le sentir. Donc, on choisit que ma mère vienne la garder chez elle, dans son environnement, qu'elle la couche dans son lit, etc. Donc voilà, se passe le week-end. Le dimanche soir, ma mère vient garder Victoire. Nous, on part à ce rendez-vous. Là encore, moi, j'ai accusé le coup un peu plus. Et donc, du coup, je suis encore plus terrassée. Donc, Robelotte, il est 19h30, on vient voir Malinéco, qui est juste venue pour me donner ce cachet. Elle ne travaille pas le dimanche, elle n'est pas de garde. Elle est juste venue pour me donner ce médicament. On reparle pendant un long moment. Elle prend beaucoup de temps à chaque fois. Et donc, à chaque fois, en fait, ça adoucit un peu les choses parce qu'elle est tellement à l'écoute. Elle est tellement bienveillante. Elle répond à tellement de nos questions. Elle ne brusque rien. Alors que malgré tout, dimanche soir, elle a une vie, elle a des enfants, elle a un mari, enfin bref. Bref, et donc au bout d'un moment, je finis par prendre ce cachet et par rentrer. Et en fait, pendant ce rendez-vous, je lui dis que venir mardi matin, ça m'inquiète. Donc je suis censée venir le mardi matin pour procéder au courtage. Elle a modifié tout son planning pour me faire passer en première, parce que je suis tellement stressée, angoissée et malheureuse qu'elle me dit ça sert à rien de vous faire patienter en chambre pendant des heures. Autant que vous passiez en première, comme ça, voilà. Et moi, je lui dis que venir mardi, ça me fait super peur. J'ai très peur de ce qui peut se passer entre dimanche soir, ce soir, et mardi. Et vu qu'elle m'a expliqué tout ce qui allait se passer avec ce médicament, que j'allais probablement avoir des saignements, etc., je lui dis que j'ai très peur de procéder à l'expulsion par moi-même. Je me dis qu'il y a très peu de chances, qu'il faut 48 heures, pour qu'éventuellement, il y ait un travail qui se mette en route tout seul, que là, on a prévu 36 heures pour procéder au cure-tâche. Donc franchement, il n'y a aucune raison que ça se fasse naturellement. Ok, cependant, je suis tellement anxieuse, et puis elle me connaît, je suis atteinte d'un trouble anxieuse généralisé, elle le sait, et donc du coup, elle me dit, si vous voulez, vous venez lundi soir. Comme ça, lundi soir, vous êtes en sécurité, vous êtes ici, vous êtes sur place avec nous. Donc, OK, j'accepte cette proposition. Et elle me dit, très honnêtement, ce soir-là, le dimanche et lundi, il ne va rien se passer. Rien du tout. C'est quasiment impossible qu'il se passe quoi que ce soit. Donc, rentrez chez vous, reposez-vous et puis on se voit demain. Donc, OK, la nuit est affreuse parce qu'en fait, je viens de prendre un médicament qui va mettre fin à la vie du bébé que j'ai dans mon ventre. Même si je ne sais pas exactement en quoi consiste ce médicament, je comprends que c'est juste le début de la fin. Donc du coup, la nuit est affreuse, je suis réveillée à 4h du matin, je suis en panique, je suis très triste, je suis malheureuse. Je finis par avoir besoin de prendre de l'air, donc je vais dehors, je prends l'air, ça dure des longues minutes où je suis dehors, où je parle à mon bébé, où je lui explique que je suis désolée, que... Enfin voilà, bref, je suis très très très très malheureuse de ce qui est en train de se passer. Et puis surtout, je me sens très, très seule parce que c'est dans mon corps. Mon conjoint a beau être aussi présent qu'il peut l'être, honnêtement, personne ne peut m'aider à ce moment-là. Du coup, voilà, j'affronte le truc un peu toute seule. Et le lundi, on décide d'aller voir ma maman, qui est d'un très, très grand soutien pour moi. Et puis, on parle de ça, évidemment, c'est le sujet principal de discussion depuis plusieurs jours. Et puis d'un seul coup, je réalise que je suis extrêmement fatiguée. Et je me souviens que juste avant d'accoucher de ma fille, j'ai été extrêmement fatiguée. Et donc là, je comprends qu'il y a quelque chose qui est en train de se passer, il y a du travail qui est en train de se mettre en route et du coup, ça me fait peur. Donc d'un seul coup, je réalise, je suis avec mon conjoint et ma maman, et je réalise qu'être hospitalisée le soir, oui, mais pas toute seule. Sauf qu'on a décidé que ma fille resterait avec son papa. C'est une décision qu'on a prise ensemble, avec laquelle je suis complètement d'accord. C'est-à-dire que mon conjoint, il sera dans ma chambre à mon retour du courtage en sortie d'opération. Mais avant ça, il reste avec ma fille le lundi soir parce que ça fait déjà des jours qu'elle est perturbée, qu'elle dort mal, qu'un coup c'est ma mère, un coup c'est papa. Moi, je suis au fond de mon lit en train de pleurer toute la journée. J'essaye de garder la face, mais c'est hyper compliqué. Donc du coup, on a décidé qu'elle resterait avec son papa pour son bien. Et je ne veux pas mettre ça de côté. Donc du coup, je demande à ma maman si elle veut bien m'accompagner et dormir avec moi à l'hôpital le lundi soir. Bien sûr. Donc, elle vient avec moi. Et donc, le lundi soir, je suis hospitalisée. Maginéco vient me voir. Elle me dit que tout va bien se passer, que le lendemain matin, je passe à 7h30 au bloc et qu'en attendant, les infirmières du service dans lequel je suis sont au courant de mon cas. que les sages-femmes et le gynéco de garde sont au courant de mon cas et de mon anxiété. Et donc, que s'il y a quoi que ce soit, je les appelle. Et ils vont très bien s'occuper de moi. Et elle me dit, et ils sont aussi au courant que vous êtes anxieuse, donc ils vont très bien s'occuper de vous sur cet aspect-là aussi. Et donc, elle me dit, s'il y a le moindre saignement, la moindre douleur, n'hésitez pas, vous les appelez. Donc, on passe la soirée. Ça va. émotionnellement ça va pas du tout évidemment mais sur le plan physique ça va et puis au bout d'un moment je sens que j'ai des saignements et là je suis prise de panique j'écoute la discussion qui est en cours avec ma mère et je vais prendre ma douche et effectivement j'ai des saignements pas très abondant mais j'ai des saignements je panique donc on appelle les infirmières on leur explique je leur dis écoutez je sais pas si ça vaut le coup de quoi que ce soit, mais en tout cas j'ai quelques saignements, c'est pas très abondant. Je lui dis écoutez, c'est très clair, s'il y a quoi que ce soit, on vous emmène en salle de pré-travail, hop, on descend. Donc je descends, je suis accueillie par une sage-femme du service des accouchements, et cette sage-femme me fait un contrôle, bon, il n'y a pas grand-chose, on attend un petit peu. Elle appelle le gynéco de garde pour venir examiner, il vient, il regarde l'abondance des saignements, il me dit écoutez, on laisse passer une heure et je reviens. et il vient une heure après, c'est pas forcément plus abondant donc il repart et il me dit écoutez vous restez là pour la nuit parce que ça sert à rien de faire les allers-retours entre là-haut et ici s'il y a d'autres saignements donc vous allez rester passer la nuit avec nous de toute façon ils m'ont descendu dans mon lit donc vous restez passer la nuit avec nous et comme ça vous êtes là auprès de nous voilà donc ok très bien donc on attend que le temps passe et puis moi je suis toujours très très angoissée en fait j'ai super peur de procéder à l'expulsion Et en fait, je pense que c'est juste que je savais. Et du coup, il est 21h. 22h quand il vient la deuxième fois. Et 22h, ma mère me dit Bon, ce serait bien que tu te reposes, etc. Ma mère est toujours à côté de moi et elle passe la nuit avec moi de toute façon. On lui installe son lit, on essaye de se mettre un truc à la télé. J'essaye, moi, de me reposer. Et je n'y arrive pas. Je n'arrive pas du tout à dormir. Et vers 23h30, je sens que là, j'ai des saignements qui sont beaucoup plus importants et des douleurs qui arrivent d'un coup. qui là sont juste exactement les mêmes contractions que celles que j'ai eues pour ma fille, c'est-à-dire dans le bas du dos, lancinante, je ne peux pas tenir allongée, je suis obligée de sortir de mon lit, etc. Donc j'appelle une sage-femme, la sage-femme qui s'occupe de moi, elle vient me voir et je lui dis écoutez, là il se passe quelque chose, je perds énormément de sang et surtout j'ai des énormes contractions, il se passe quelque chose. Mais non, mais non, me dit-elle, vous inquiétez. pas c'est normal de perdre du sang à ce stade après la prise du cachet dimanche soir c'est un petit peu normal quand même il faut que le corps se prépare c'est normal ok sauf que elle n'est pas sortie de la chambre que moi je finis par terre au sol parce que je suis dans un état de douleur qui est atroce c'est une contraction qui est continue qui ne diminue pas et qui me fait une douleur, je pense, parce que contrairement à un accouchement à terme normal, il n'y a pas d'hormones qui viennent m'aider là, puisque je ne suis pas à terme. Il n'y a pas de raison que les hormones se déclenchent.
- Mélissa
Et puis ce n'est pas naturel en plus.
- Rébecca
Ce n'est pas naturel. C'est une douleur qui est vraiment affreuse. Et je perds du sang, je perds du sang, je perds du sang. Donc moi, j'ai de toute façon une culotte menstruelle sur moi. Et elle me dit, écoutez, pour pouvoir mesurer un petit peu les saignements, vous allez mettre une serviette dans votre culotte pour que je puisse, moi, voir ce que vous perdez parce que dans votre culotte menstruelle, je ne peux pas quantifier. Donc, OK, je fais ça. Et puis, en fait, 20 minutes, un quart d'heure, peut-être, elle est pleine. J'en mets une autre. Je mets même une serviette de maternité qui est dans la salle de bain. Les énormes serviettes. Je mets ça, j'en mets une, puis j'en mets une deuxième, au bout de trois quarts d'heure, elle revient. Et je suis toujours allongée par terre et je me tords de douleur dans tous les sens. Et je lui dis que là, il est quasiment une heure du matin, et je lui dis que là, la douleur, je sais, je vais expulser, je vais expulser, je vais expulser, je sais, je le sais, je le sais. Et elle me dit mais non, et puis en fait, elle est accompagnée avec une autre sage-femme qui, elle, est désagréable au possible. Et en fait, elle me voit allongée par terre et elle me dit Madame, vous ne pouvez pas rester là en fait. Vous allez dans votre lit. Et là, je lui dis Alors fermez l'appart. Fermez. Je vais gérer ça comme j'ai envie de le gérer et je vais rester par terre si j'ai envie d'être par terre. Donc, cette dame s'en va. J'ai dû la vexer. Et puis, l'autre sage-femme qui est malgré tout dans la bienveillance, elle me tient la main et elle me dit Ça va aller, Madame. Vous allez y arriver. Et elle me dit Ne vous inquiétez pas. c'est normal, il ne faut pas paniquer, c'est normal que vous perdiez du sang, etc. Je lui dis, on appelle le docteur, ma gynéco, parce qu'elle m'a dit que, dans tous les cas, en fait, je lui avais demandé si je viens expulser dans la nuit, comment ça se passera. Et elle me dit, dans tous les cas, c'est moi qui reviens, même si je ne suis pas de garde, c'est moi qui reviens, c'est moi qui fais le courtage. Donc, s'il y a un besoin en urgence, vous avez mon numéro de téléphone portable, on m'appelle. Ok. Et là, je dis donc à la femme, et... il faut l'appeler et elle en fait on lui a pas donné ces instructions là du coup elle n'est pas trop d'accord parce que j'imagine que les sages-femmes si elles appellent un gynéco qui n'est pas de garde c'est pas hyper bien perçu donc elle n'est pas trop d'accord finissent par aller voir le gynéco de garde et le gynéco de garde donne le feu vert pour appeler ma gynéco à moi mais ce gynéco de garde malgré le fait que je sois en sang sur le sol dans une douleur atroce ne reviendra jamais me voir. Pas une seule fois il est venu me voir de toute la nuit et après 22 heures où j'avais perdu un petit peu de sang.
- Mélissa
Donc l'équipe de garde très informée et très au fait de la situation, au final tu as complètement...
- Rébecca
En fait, je pense avec le recul que ce qui s'est passé, c'est que vu que ma gynéco les avait prévenus que j'étais anxieuse, ils n'ont entendu que ça. Oui. Et plus du tout mon ressenti en tant que femme qui est en train d'accoucher.
- Mélissa
Oui, vous avez peur, madame, donc...
- Rébecca
Voilà. J'appelle moi ma gynéco, parce que j'ai son numéro de téléphone, moi. De toute façon, elle me l'a donné. Donc, je m'en fous d'avoir le feu vert ou pas de qui que ce soit. Je demande à ma mère d'appeler ma gynéco et je l'appelle. Sauf qu'elle, elle me demande, je suis tellement inaudible. Elle me demande de lui passer la sage-femme. Donc elle lui passe la sage-femme et la sage-femme lui dit Oui, elle a perdu, elle commence à perdre du sang, elle a perdu l'équivalent d'une serviette hygiénique. Et là, moi, de la force que je peux, je lui dis Mais non, une serviette hygiénique et deux serviettes de maternité en 40 minutes. Et en fait, elle me regarde en me faisant ça, comme si non, c'est pas ça. Mais moi, je le sais, c'est moi qui les ai changées, ces serviettes hygiéniques. Celle que tu m'as donnée il y a 40 minutes, elle est à la poubelle depuis bien longtemps. J'en ai remis entre temps deux. Mais soit elle n'a pas compris, soit... Enfin bref, je ne sais pas trop. En tout cas, du coup, la gynéco, elle reste sur le fait qu'il y a une serviette hygiénique de rempli en une heure. À peine.
- Mélissa
Donc,
- Rébecca
pour elle, ce n'est pas dingue. Et moi, je suis dans la douleur. Et en fait, au bout d'un moment, cette contraction qui est continue s'en va tout petit peu. ça devient un peu plus supportable, je peux aller me rincer, changer mes protections, etc. Très vite, ça revient en fait, c'est des accalmies de vraiment quelques minutes, et puis ça repart et ça dure. C'est une atrocité sans nom, et c'est ma maman à côté de moi qui me soutient et qui me tient la main, à qui je broie les doigts, et puis ça dure comme ça jusqu'à 4h du matin. Pendant tout ce temps-là, le seul endroit où je suis bien, enfin bien, non, c'est pas du tout que je suis bien, c'est l'endroit où je suis le moins mal, c'est au sol. sur le froid. Sauf que je me vide littéralement de mon sang. Une serviette ne suffit même pas tellement, je me vide, c'est-à-dire que ça ne sert plus à rien. Donc j'en mets quand même, mais elle se remplit en quelques secondes, tellement je me vide, je me vide, je me vide. Donc je me souille mes vêtements complètement. Donc au bout d'un moment, j'enlève, j'ai mon pyjama, du coup j'enlève mon pyjama, j'enlève ma culotte, parce qu'elle est trempée de sang. Et donc je suis sur le sol, ma mère m'a mis une serviette qu'on a trouvée dans le couloir, une serviette de lit là, par terre, pour m'éviter d'être à même le sol, parce que ça lui fait de la peine. Et moi je me vide, je me vide, je me vide, et je souffre dans une souffrance qui est telle que... Je ne pensais pas que c'était possible de subir ça. Je n'ai plus de force pour parler, je suis complètement... Bref. complètement épuisée et je ne supporte plus la douleur. Et à un moment donné, je dis à la sage-femme que je ne vais pas tenir comme ça. Et en fait, je comprendrai plus tard que j'étais juste dans une phase de désespérance, je pense, parce qu'à ce moment-là, il était 4h du matin, je souffre du coup depuis 5h. Et là, elle me propose du Doliprane en intraveineux, je prends. Elle me propose une solution de réhydratation pour me redonner un peu d'énergie, parce que du coup... Du coup, je n'ai pas mangé depuis le midi parce que le soir, j'étais trop anxieuse. Et après, on n'a rien pu me donner parce que je suis censée avoir une anesthésie le lendemain matin.
- Mélissa
Oui.
- Rébecca
Donc, du coup, elle me met une solution de réhydratation. OK. Alors qu'à la base, je suis quelqu'un d'hyper anxieux et je prends des médicaments au dernier recours.
- Mélissa
Je pense que tu étais au dernier recours. Oui,
- Rébecca
j'étais au dernier recours et pourtant, à la base, je n'en voulais pas. Mais en fait, je me suis dit, je vais les prendre comme ça. Elle va vraiment voir. que je suis vraiment en souffrance, peut-être, si elles voient que les médicaments ne font pas effet, peut-être qu'ils finiront par procéder au courtage que je réclame depuis des heures. Et en plus, j'ai vraiment besoin de ce courtage parce que pendant le courtage, la gynéco doit récupérer le placenta pour pouvoir faire une analyse génétique. Parce que, très probablement, l'holoproencéphalie, la malformation du cerveau, elle est génétique, très probablement. Sauf qu'on a besoin du placenta. pour faire cette analyse génétique. Et moi, j'en ai besoin pour notre avenir, littéralement. Là, c'est notre vie qui... Pas notre vie au sens de notre vie qui est en jeu, on vit ou on meurt, mais par contre, c'est notre avenir qui est en jeu. Et du coup, je la supplie, je lui dis que je ne peux pas expulser toute seule dans cette chambre, ou dans les toilettes, ou dans la douche, ou je ne sais où, parce que dans tous les cas, le placenta sera inutilisable et que j'en ai besoin pour faire l'analyse génétique. Et en fait, je me dis que peut-être... Du coup, si ce n'est pas la douleur qui parle, mais la raison médicale, peut-être que ça leur parlera un peu plus. Pas du tout. Et elle me dit, je sais, mais vous n'êtes pas en train d'expulser, ne vous inquiétez pas, c'est normal, tout va bien. Il faut tenir jusqu'à 7h30, le temps que la gynéco arrive et qu'on cède à l'opération. Et puis, du coup, elle me met ce Doliprane à 4h du matin. qui ne peut absolument pas être plus, mais je le savais, j'étais dans une telle souffrance, j'étais en travail, donc ce n'est pas du Dolphrane qui va m'aider. Mais la solution de réhydratation, c'est pareil. Et puis, elle finit par me proposer du spas-fond. Allons-y. Elle me met du spas-fond et puis étrangement, au moment où elle me met le spas-fond, il se passe un petit quart d'heure après et effectivement, là, il se passe quelque chose. Je me sens moins douloureuse, en tout cas je peux aller, ne serait-ce que dans mon lit. Et là, c'est le moment où j'arrive à avoir quelques forces pour demander à ma maman d'aller me chercher de quoi m'habiller parce qu'en fait, du coup, depuis deux heures du matin, moi, je n'ai plus rien. Personne ne m'a proposé quoi que ce soit, ma mère est allée chercher. bureau infirmier, une culotte jetable qui m'ont gentiment prêté. Mais alors, personne ne m'a proposé ne serait-ce qu'un truc pour me couvrir alors que moi, j'ai plus de vêtements, j'ai plus rien. J'ai trouvé que ça manquait un petit peu d'humanité. Mais bon, je me sentais humiliée à ce moment-là. J'étais en train de me vider de mon sang, personne ne m'écoute, je suis à poil. Enfin bref. Et puis, à ce moment-là, du coup, je dis à ma maman d'aller me... Je vais un peu mieux, je peux... Je lui ai retourné dans mon lit et je lui demande d'aller dans ma chambre, initialement là-haut, pour me récupérer au moins une culotte et un jogging pour pouvoir au moins m'habiller. Elle y va et puis quand elle revient, je me sens vraiment mieux. J'ai encore mal, mais ça n'a rien à voir. Et je lui dis, écoute, je vais profiter que le spas-fond fasse effet. Je lui dis, je ne pensais vraiment pas que le spas-fond me referait comme ça. Je vais en profiter, je vais aller prendre ma douche parce qu'il fallait que je fasse la douche totale avant mon anesthésie. Je vais en profiter de l'effet maximum parce qu'il est 4h30 du matin. Vu que je me fais opérer à 7h30, ils ne vont pas m'en réinjecter. Donc, je ne vais pas attendre 7h pour aller prendre ma douche, pas. Parce que l'effet du spaceron sera peut-être estompé. Donc, du coup, je vais aller prendre ma douche, me laver les cheveux, etc. en vue de mon opération. J'ai profité de ce moment-là et donc j'y vais et en fait j'ai quand même mal. Donc pour prendre ma douche, je m'assois sur le toilette. Et je suis en train de me laver et je suis tellement épuisée et j'ai mal au ventre que me lever les bras pour me laver la tête c'est douloureux. Donc je finis par demander à ma maman de venir me laver les cheveux. Pendant qu'elle me lave les cheveux, je suis donc sur le toilette assise et je sens que je perds deux énormes caillots. J'en ai perdu énormément des caillots avant, mais là je sens que ce n'est pas les mêmes. À tel point que pour la première fois de toute la nuit, de tout ce que j'ai perdu, puisque j'en ai perdu énormément dans la douche, dans la chambre, où j'ai incendié la chambre, pour la première fois, je ne veux pas regarder ce qu'il y a dans le fond du toilette. Parce qu'entre mon état général, la douleur qui s'est estompée, et ce que je viens de ressentir dans mon corps, je sais pertinemment ce qui vient de... tomber de moi, c'est juste l'expulsion. C'est le fœtus, puis le placenta. Et donc, à ce moment-là, je ne dis rien à ma mère. Ma mère continue de me laver les cheveux, elle me rince la tête. J'arrive à me laver le corps, je me sèche. Ma mère me laisse venir de m'habiller, elle retourne dans la chambre. Et à un moment donné, mes yeux sont naturellement attirés par le toilette. Sauf que vu que j'ai pris ma douche sur le toilette. L'eau est tombée, ça a fait effet chasse d'eau, il n'y a plus rien dans le collet. Donc je n'ai aucune preuve que je viens de perdre quoi que ce soit, et je n'ai aucune preuve de ce que je viens de perdre. Et puis je sors de la douche et là, ma mère me regarde. Je suis droite, alors que depuis le début de la nuit, je ne tiens pas debout ni droite. Je suis droite, j'ai une mine beaucoup mieux, et je me sens mieux, comme si j'avais expulsé quoi. Et je lui dis, écoute, je ne crois pas que c'est la façon qui est passée, c'est que j'ai expulsé. Et je lui explique. Quand on était dans la douche, sur le toilette, j'ai perdu deux trucs, je ne te l'ai pas dit, mais voilà. Et je lui dis, je suis sûre que c'était ça. Et elle me regarde et elle me dit, vu ton état, il y a de grandes choses. Et là, ma mère rentre un peu dans une colère en me disant, tu vois, ils ne t'ont pas écouté. Toute la nuit, on leur a dit, comment on va faire pour l'analyse génétique ? Comment tu vas faire ? Et puis, tu n'étais pas censé subir cette douleur. Ils auraient dû t'écouter. Bref, elle est très en colère. Moi, je suis juste en train de me dire que si je peux éviter une anesthésie générale, autant le faire. Sauf que ma gynéco arrive à 7h30, moi je serai déjà au bloc anesthésie quand elle arrive. Et donc du coup, je vais voir les sages-femmes et je leur dis qu'il faut prévenir le bloc. Je crois que j'ai perdu, faire une écho peut-être avant de procéder au courtage, parce qu'on peut faire un courtage pour rien. Elle prévient le bloc, 7h30, donc entre-temps, moi je me repose, j'arrive pas à dormir. Je suis submergée d'émotions de ce qui vient de se passer. Je sais très bien qu'il n'y a plus de bébé dans mon ventre à ce moment-là, même si je n'en ai pas la certitude. C'est le moment pour pouvoir débriefer mon conjoint, parce qu'en fait, depuis toute cette nuit, mon téléphone est bien loin de moi, tellement je suis dans la souffrance. Donc lui, il ne sait pas du tout ce qui vient de se passer. Je lui explique tout. Il m'envoie son soutien en même temps. Je prends des nouvelles de ma vie et puis voilà, et puis 7h arrive, on vient me chercher pour aller au bloc. Et l'infirmière de bloc qui vient me chercher me dit qu'elle a été mise au courant de ce qui s'est passé. Et elle me dit, on va quand même procéder au cure-tâche pour enlever le reste s'il en reste. Donc, elle me dit, la gynéco vous dira après si vous aviez bien expulsé, mais on va faire quand même l'opération. Donc, OK, on va au bloc, etc. Tout se passe bien.
- Mélissa
Toi, tu as baissé les bras à ce moment-là. Tu es épuisée, sous le choc. Ah oui,
- Rébecca
faites-moi dormir. très honnêtement à ce moment là j'en suis à ce stade si c'est le seul moyen pour dormir faites moi dormir et puis je suis je suis tellement triste à ce moment là tellement triste c'est terrible je suis dans une tristesse je sais qu'il n'y a plus rien là et en plus je me sens humiliée d'aller chercher la sage femme dans le dans son bureau pour lui dire que j'avais expulsé. Je me sentais honteuse de l'état dans lequel elle m'avait vue toute la nuit. Donc là, j'y allais avec une toute autre posture parce que j'étais redevenue moi-même, entre guillemets. J'étais douchée, j'étais debout, j'étais bien, je n'étais plus dans la colère, dans la douleur, etc. Et en fait, il y a eu ce truc de me dire Dans l'état qu'elle m'a vue cette nuit, j'avais honte. Alors que j'avais pas à voir, elles m'ont tellement fait comprendre toute la nuit que non, il n'y a rien, laisse-nous tranquille un peu. À un moment donné, quand elles m'ont posé la perte de Doliprane et de ce façon, il faut quand même se dire que j'ai dû retourner dans mon lit, alors que c'était une posture qui était insupportable pour moi, je suis retournée dans mon lit pour qu'elles puissent me faire la perte. La sage-femme qui s'occupait de moi toute la nuit, celle qui était plutôt sympa, plutôt bienveillante. Elle fait de son mieux avec ce qu'on lui proposait comme moyen. Elle n'a pas réussi à me poser la perte. Du coup, elle a appelé sa collègue, celle qui a été hyper désagréable à un moment donné. Elle est revenue et elle me tient le poignet. Et là, je lui dis Attendez, il y a une contraction qui arrive. Je suis submergée de tout mon corps par la douleur. Et je lui dis Attendez, s'il vous plaît, avant de poser la perte, que la contraction passe. J'ai la main de ma mère dans la main gauche. Je lui sers la main pour essayer de faire passer ça. Et j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal. Et je gère une contraction, quoi. Je pense que toutes les femmes qui ont eu des contractions savent ce qui s'est passé à ce moment-là. Et elle, elle est en train de me tenir le poignet et essayer de me poser la perte. Et je lui demande d'attendre. Et c'est ma mère, je crois, qui a dû lui dire Vous pouvez attendre ? Juste au moins que...
- Mélissa
Oui, parce que pour elle, c'est pas des contractions, du coup...
- Rébecca
Je sais pas, pour elle, c'est un peu... Je sais pas si c'est qu'elle avait un certain âge et du coup qu'elle a vu tellement de femmes avoir des contractions que ça n'a pas de sens pour elle. Je sais rien, mais... J'ai dû lui enlever de force mon poignet pour qu'elle me foute la paix. Et elle a soupiré comme si j'étais relou. Et après, elle m'a posé la perf. Mais c'est vrai que cette femme a été très désagréable. Et comme elles m'ont fait croire toute la nuit que j'avais été relou, du coup, j'avais honte. Alors qu'au final, il n'y a aucune honte à avoir de ce qui s'est passé. Mais sur le coup, fin d'événement, bref.
- Mélissa
Je pense qu'il y a de la honte à avoir, mais pas de toi. Je pense qu'elles devraient plus avoir honte de leur comportement et de t'avoir laissée dans ton coin toute seule à gérer ça, que toi, d'avoir honte. C'est évident que ce n'est pas à toi d'avoir honte. Mais elle, il y a un gros problème.
- Rébecca
La sage-femme sympa, on va dire, elle, quand elle a compris que j'avais expulsé, quand je suis allée la chercher, que je lui ai dit qu'il fallait prévenir le bloc, machin, truc. Elle a vu mon état et mon état, c'est l'état d'une femme qui vient d'accoucher sans péridurale. C'est-à-dire qu'une fois que c'est fini, c'est fini. Et du coup, quand je lui ai dit je crois que j'ai expulsé etc., ses yeux m'ont fait comprendre que j'avais probablement raison, même si on ne peut pas en avoir confirmation. Et quand je suis partie pour le bloc, elle est venue me voir, elle s'est assise devant moi et elle m'a dit vous avez été super forte, franchement, vous êtes une guerrière Elle a eu plein de mots sympas. Et j'ai senti qu'il y avait… La désolation aussi, elle était désolée que ça se soit passé comme ça. Donc voilà, après l'autre, pas du tout. Mais elle, en tout cas, j'ai senti qu'elle était plutôt désolée que ça se soit passé comme ça. Donc voilà, elle a fait, elle, ce qu'elle a pu avec les moyens qu'on lui a donnés. Mais bon. Donc du coup, effectivement, je suis partie au bloc. Et puis, donc on a procédé au cure-tâche. Moi, voilà, j'ai été anesthésiée. Je n'ai rien senti, rien vu. Je me suis réveillée en salle de réveil. Et en fait, en salle de réveil... C'est-à-dire que là, dans ma tête, quoi qu'il se soit passé dans la nuit, C'est-à-dire que dans ma tête, j'étais convaincue d'avoir expulsé, mais jusqu'à maintenant, je n'en avais pas la confirmation, visuelle, médicale, échographique. Là, quoi qu'il se soit passé dans la nuit, dans tous les cas, le courtage avait été fait. Donc, dans tous les cas, là, il n'y avait plus de bébé dans le monde. Et du coup, en me réveillant, j'ai été submergée par une émotion tellement forte de tristesse. Je me suis réveillée, j'étais fondue en larmes. Du coup, il y a eu... infirmière je crois qui est venue me voir prendre des constantes et c'est on m'avait déjà désintubé et c'est et je lui dis donc là il n'y a plus de bébé dans mon ventre et elle m'a pris les mains fortes elle m'a dit je suis désolé et voilà je suis désolé et et du coup là j'ai pleuré mais tellement pleuré de me dire que là quoi qu'il arrive il n'y avait plus de bébé dans mon compte tellement pleuré normalement je suis assez pudique là-dessus, et là j'ai tellement pleuré qu'on était en rang, plusieurs personnes qui sortaient d'opérations diverses, et il y avait deux femmes autour de moi, une à ma droite, une à ma gauche, et les deux ont été tellement... Il y en a une qui m'a dit vous êtes une guerrière alors que je pense qu'elle ne savait même pas ce qui se passait, elle ne sait pas pourquoi je suis opérée, tout comme je ne sais pas d'où elle venait. Et la femme à ma droite, elle m'a tendu sa main, alors qu'on ne se touchait pas, comme si elle voulait me tenir la main pour me soutenir. j'ai été très touchée par cette sororité qui a eu à ce moment là parce que ces femmes là elles savaient pas ce qui se passait pour moi elles ont juste été comme elles pouvaient hyper soutenante et c'était un très joli moment et en même temps très très douloureux mais moi j'ai été hyper touchée par ça et du coup j'ai pleuré j'ai pleuré j'ai pleuré ça a duré très très longtemps je sais pas combien de temps parce que on m'a dit qu'il fallait que je reste une demi-heure avant de de retourner dans ma chambre et du coup je vais pleurer, je serai à mon retour en chambre, donc je pense que ça a dû durer au moins ce temps-là. Et donc du coup je suis rentrée dans ma chambre, mon conjoint était là, je lui ai tout raconté à nouveau, parce que par message c'était pas pareil. Et puis voilà, la matinée s'est passée, à la fin de matinée, j'étais très très submergée, imaginez quoi est venu. Elle m'a confirmé que j'avais donc bien expulsé, ce qui m'a fait du bien, parce que je me suis dit ok, cette nuit tout ce qui s'est passé... pas de l'angoisse.
- Mélissa
Oui, c'était pas rien.
- Rébecca
Voilà. Parce que ça, c'est affreux quand on est quelqu'un... Moi, j'ai un trouble anxieux généralisé et du coup, il y a beaucoup de choses qu'on met sur le compte de l'angoisse. Et là, je savais que ce n'était pas de l'angoisse. Ça m'a fait du bien de l'entendre. Ça ne changeait rien, ce qui s'était passé. Et ça m'a fait du bien d'entendre que, bah oui, c'était pas de l'angoisse. C'était bel et bien un ressenti de femme qui est en train d'accoucher, quoi. Voilà, donc du coup, je lui ai dit mes lieux. comment vous avez fait pour l'analyse génétique, machin. Et elle m'a dit, ne vous inquiétez pas, j'ai pu récupérer quelques vilosités. On attend les résultats de l'analyse pour voir si ça suffit. Elle m'a dit, je pense que oui, normalement, il y en a suffisamment pour pouvoir faire l'analyse génétique. Et donc, du coup, elle me demande de passer à son cabinet qui est au rez-de-chaussée de l'hôpital avant de partir, vérifier s'il ne reste pas des restes de placenta ou autre avant de partir. Donc, j'y passe. Et puis, on part. Le même jour,
- Mélissa
du coup ? C'était le même jour ? Oui,
- Rébecca
le même jour. Et donc là, pareil, on rentre, je monte dans la voiture, mon conjoint conduit et à nouveau, je suis submergée. À nouveau, je suis submergée parce que je rentre avec cette idée que j'ai le ventre vide. Il n'y a plus de bébé dans mon ventre. Et c'est affreux pour moi, c'est affreux pour plein de raisons. C'est affreux parce que la veille, il y avait encore un bébé dans mon ventre. C'est affreux parce que sept jours plus tôt, sept jours plus tôt, j'avais pas de problème. Sept jours plus tôt, j'allais bien. Je ne savais pas que j'étais enceinte. Donc du coup, je ne savais pas non plus qu'il y avait une malformation. Donc du coup, entre guillemets, j'allais bien. Et donc du coup j'ai pris conscience là qu'en une semaine ma vie avait basculé éternellement. La nuit que je venais de passer elle était traumatique pour moi. Je la vivais en boucle depuis que j'étais réveillée, c'était que ça. Comment c'est possible qu'on m'ait traité de la sorte ? Comment c'est possible d'avoir souffert autant ? Comment c'est possible de m'être retrouvée à me vider de mon sang sur le sol et que personne ne prenne ça au sérieux ? Comment c'est possible que le gynéco ne vienne pas me voir à un seul instant ? Comment tout est possible ? J'étais en boucle là-dessus. Et donc du coup, je suis rentrée chez moi en boucle, en boucle, en boucle, en me disant que je ne me remettrai jamais de ça. Et voilà, ça a été la fin de... La fin d'une semaine d'enfer qui n'était en réalité pas terminée, parce qu'émotionnellement, il y a encore plein de choses à guérir. Mais en gros, là, c'était la fin physiquement d'une étape. Et pour moi, c'était terrible que ce soit terminé. C'était affreux. En fait, on n'a pas envie que ça se termine malgré tout. Même si c'est une décision qu'on a prise de mettre fin à cette grossesse pour des raisons médicales et que de toute façon, il n'y aura pas de bébé à l'issue. Il est en mauvaise santé. C'est un bébé qui n'a pas de crâne et pas de cerveau. Donc, à un moment donné, il n'aurait pas eu de bébé. En réalité, c'est affreux de repartir sans bébé. Oui, c'est sûr. Donc, voilà. Et donc, du coup, après que je suis rentrée, c'est moi. J'ai retrouvé ma fille qui a été à 90% du traitement pour aller mieux. Et puis, voilà. Oui.
- Mélissa
Et donc, ça fait deux mois, un peu moins de deux mois. Oui. Comment tu te sens maintenant ? Est-ce que tu arrives à, je ne vais pas dire passer à autre chose parce que ce n'est clairement pas le mot, mais à avancer ?
- Rébecca
Oui, parce que déjà, je suis sortie de l'hôpital le mardi et le jeudi, j'étais chez une psy. Parce que je suis quelqu'un qui va vite. Le lendemain, le mercredi, j'ai posté mon histoire sur mes réseaux sociaux. Normalement, mes réseaux me servent. déjà pas énormément pour des moments de vie, je suis en privé, bref. Donc voilà, et là pour la première fois, j'avais un besoin viscéral que mon histoire soit connue, comme si j'avais besoin qu'on sache premièrement la souffrance par laquelle j'étais passée, mais à la rigueur c'était un détail, j'avais besoin qu'on sache qu'il y avait ce bébé qui avait existé. Je ne sais pas comment expliquer à quel point c'était viscéral qu'on sache par quoi je viens de passer. Je ne l'explique pas du tout parce que... C'est pas du tout dans mon tempérament. Je partage pas énormément sur les réseaux. Enfin, je partage du futile, quoi. Je partage un resto, je suis contente.
- Mélissa
Oui, comme tout le monde.
- Rébecca
Voilà. Donc là, c'était... Je sais pas pourquoi, mais ça a été viscéral d'écrire mon histoire, déjà, puis de la partager. Et en fait, en la partageant, j'ai reçu une vague, mais une vague d'amour à laquelle je m'attendais pas. Pareil, sur mes réseaux, j'ai pas énormément de likes, j'ai pas énormément de commentaires, j'ai pas énormément... de contact avec les gens sur les réseaux. Et là, j'ai reçu tellement que je n'y attendais pas. Et ça, ça m'a aidée beaucoup déjà, 24 heures après. Et parmi ces messages, il y a eu des femmes qui ont vécu la même chose que moi ou qui ont vécu une partie de mon histoire. Donc, par exemple, certaines ont vécu des accouchements traumatiques. D'autres ont déjà vécu l'IMG. D'autres ont vécu des fausses couches. Donc, malgré tout, ça se regroupe un petit peu. Et du coup, il y a eu plusieurs femmes qui m'ont conseillé trois. qui m'ont conseillé de faire de l'EMDR, qui est une technique en psy pour gérer les traumas. Et donc du coup, j'ai pris tout de suite rendez-vous pour ça. Et en fait, j'avais pris rendez-vous au premier rendez-vous possible, c'était trois semaines plus tard. Et puis, il y a un créneau qui s'est libéré le jeudi sur lequel j'ai bondi. Et donc du coup, deux jours après, j'étais chez une psy. Parce que je ne suis pas du genre à laisser les choses… Voilà, j'avais envie, moi, d'avancer. Ça ne veut pas dire que j'ai envie d'oublier, j'oublierai jamais. Mais j'avais envie de pouvoir continuer à avancer pour moi, pour ma famille et pour ma fille aussi.
- Mélissa
Oui, forcément.
- Rébecca
Donc du coup, oui, il y a eu ça. Pendant, je pense, une semaine, j'ai été en boucle. C'est-à-dire que je ne pensais qu'à ça, je ne parlais que de ça. Il n'y avait rien d'autre qui comptait. Il n'y avait rien d'autre qui existait que ça. J'étais en boucle, en boucle, en boucle. Et j'étais en boucle principalement sur... la nuit qui s'était passée à l'hôpital. C'est-à-dire la douleur, l'expulsion, le traitement du personnel médical, etc. J'étais vraiment en boucle là-dessus parce que cette douleur, cette souffrance que j'ai vécue, ça n'arrivait pas du tout à la digérer. Et puis, on m'avait prévenu que le temps ferait son travail. Et effectivement, au bout d'une semaine, déjà, je sentais que je commençais à digérer. J'ai mis une semaine à ce que ce soit vraiment à vie. Et après, j'ai commencé à pouvoir parler d'autres choses, à pouvoir ne pas en rêver la nuit, vraiment digérer. Et puis après, effectivement, le temps a fait le reste. Et donc très vite, j'ai fait ma première séance de MDR. Ma première séance, c'était pour expliquer un peu le contexte. Une semaine et demie après, je faisais ma première séance de MDR. Je me suis rendue compte que ça m'avait vachement aidée. Et puis après, moi, j'en parle beaucoup autour de moi. Donc ça, ça m'a aidée. Oui. Ce n'est pas tabou pour moi. Ce n'est pas secret. Ce n'est pas tabou. Du coup, les gens autour de moi, dans ma famille, savent ce qui s'est passé. Je n'ai pas eu peur de le raconter et je pense que ça fait aussi partie de ma guérison. Il y a ma fille aussi qui m'apporte énormément de joie. Du coup, ça me permet aussi de penser à autre chose et de me rendre compte que la vie continue. Je continue le MDR. J'ai aussi fait en parallèle trois séances chez la psy de la clinique. où j'ai pu juste là parler parler parler parler parce qu'en EMDR c'est un peu différent donc là au moins ça m'a permis de faire ça en parallèle voilà je mets plein de choses en place je suis allée voir l'ostéo pour ce que j'avais des douleurs aussi au niveau du bassin donc voilà et puis voilà on avance un pas après l'autre et une journée après l'autre oui et bien en tout cas bah merci beaucoup à toi d'avoir partagé cette
- Mélissa
tes deux expériences et surtout cette dernière expérience je pense que ça va faire du bien parce que t'es pas la seule à vivre et c'est malheureux mais ça doit être la vérité et quand tu as déjà eu de ton compte Instagram des retours donc forcément sur l'échelle de la France il y a forcément beaucoup de personnes qui ont vécu comme toi et le fait de l'entendre de savoir qu'on n'est pas seul je pense que c'est super important et ça va faire beaucoup de bien
- Rébecca
Merci à toi Le conseil, moi, vraiment, le truc qui m'a le plus aidée, c'est de ne pas le garder. Vraiment, c'est déjà pour pouvoir en parler, ne pas l'enterrer dans son propre corps. Et puis, en parlant, on se rend compte aussi qu'on n'est vraiment pas seul. Moi, je pensais être la seule de tout mon entourage à avoir vécu ça. Et en le partageant sur les réseaux, je me suis rendue compte que j'ai... Une amie de primaire qui l'a vécu, une fille du C, les fausses couches, il y en a beaucoup plus qu'on ne le pense. Enfin voilà, c'est des choses... Finalement, on n'est pas seul et mine de rien, ça aide de ne pas être seul. Bien sûr. Et puis en plus, les gens partagent aussi leur retour et comment ils ont guéri.
- Mélissa
Oui, ça peut aider aussi.
- Rébecca
Le MDR, moi, je ne connaissais pas. Donc si je n'avais pas eu ces retours de ces trois personnes qui m'ont conseillé de faire ça, j'aurais peut-être fait autre chose, mais en tout cas, je n'aurais peut-être pas fait ça. Donc c'est cool. Et puis, ouais, pas hésiter à en parler, à ne pas garder ça pour soi. Et puis moi aussi, ça a été de... Enfin, ma maman, cette nuit-là, quoi. D'avoir ma mère auprès de moi. Je sais que dans l'inconscient général, ça aurait été plus logique que ce soit mon conjoint qui soit avec moi. En réalité, je n'ai aucun regret à ce que ce soit ma maman qui m'accompagne. Avoir sa mère, quand on est proche d'elle, évidemment. Mais moi, je suis proche de ma maman. C'est celle qui m'a donné naissance, elle m'a vu dans tous mes états, durant toute ma vie, parce que c'est ma mère. Donc il n'y a pas de honte avec sa maman. Donc ne pas avoir honte de se faire accompagner par sa maman, si c'est nécessaire, ça aurait pu être ma sœur. Si c'est plus confortable à ce moment-là, je pense qu'il faut se passer en premier à ce moment-là. Moi, évidemment, si mon conjoint avait été dispo, s'il n'y avait pas eu ma fille, ça aurait été lui, etc. Alors en l'occurrence, ça s'est fait comme ça. Mais en réalité, avec le recul, aucun regret. Parce que c'est ma maman qui m'a tenu la main quand j'étais dans la souffrance la plus affreuse de ma vie. Et quand on est dans la souffrance, on appelle sa maman. Donc je pense que se faire passer en premier et son ressenti en premier, c'est hyper important. Et s'il faut que ce soit maman plutôt que chérie qui vient nous accompagner, pourquoi pas ? Essayer un peu de sortir des sentiers battus. Moi, c'est vraiment les conseils que je peux donner. C'est ça, c'est de s'écouter. À ce moment-là, malheureusement, même si papa, il vit la chose aussi, il la vit différemment. Je pense que là, il faut se passer en priorité, en premier. Si on a besoin d'être accompagné, se faire accompagner et se faire accompagner par la personne qu'on a envie. Oui,
- Mélissa
c'est un très bon conseil aussi à partager.
- Rébecca
Donc voilà. Merci à toi.
- Mélissa
Merci encore à toi.
- Rébecca
Merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si jamais il t'a plu et que tu souhaites aider le podcast, n'hésite pas à laisser une petite note sur l'application d'écoute sur laquelle tu es actuellement, ou un petit commentaire. Ça me ferait très plaisir, et ça peut être d'une grande aide pour aider le projet à avancer en attendant. Je te retrouve mercredi prochain pour une nouvelle histoire d'accouchement.