- Rébecca
Hello maman, je suis Rebecca et je te souhaite bienvenue sur Balance ton accouchement. Maman d'un petit garçon et complètement bouleversée par la maternité, je te propose de retrouver ici chaque semaine un ou plusieurs nouveaux récits d'accouchement avec des mots authentiques, sans filtre et sans tabou. L'occasion de partager, d'apprendre et peut-être même de guérir autour de ce grand moment qu'est l'accouchement. Alors si tu es prête, c'est parti ! Alors bonjour, merci à toi de me rejoindre pour ce nouvel épisode du podcast. Alors pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter s'il te plaît en me donnant ton prénom, en me disant combien d'enfants tu as et quel âge il a, et puis en ajoutant tout ce que tu aurais envie.
- Blandine
Bonjour, merci de m'accueillir aujourd'hui. Alors moi c'est Blandine, j'ai 30 ans et je suis maman d'une petite Louise depuis maintenant 7 mois et demi.
- Rébecca
Ok, encore un petit bout de chou. Ok, alors première question que je pose à chaque fois. Est-ce que tu avais pensé accouchement dès le début de ta grossesse ? Est-ce que c'était quelque chose qui te faisait peur, qui te stressait ou pas du tout ?
- Blandine
Alors oui, c'est un bon point noir pour moi. Mais je crois que même depuis que je suis toute petite, l'accouchement est quelque chose qui me faisait extrêmement peur. Je ne sais pas pourquoi, mais le fait peut-être de sortir un être vivant de son... Pour moi, c'était quelque chose...
- Rébecca
C'est une bonne raison, je trouve, quand même.
- Blandine
Mais voilà, moi, j'avais une peur bleue de l'accouchement. Et je me disais, mais ça doit être quelque chose d'affreux, de hyper douloureux. Vraiment un moment affreux à passer. Quitte à me dire, finalement, est-ce que la césarienne n'est pas aussi, parfois, entre guillemets, de gros guillemets, plus facile ? Voilà, c'était vraiment quelque chose qui me faisait extrêmement peur. Et qui aussi, peut-être indirectement, avait refoulé pendant très longtemps. Mon désir d'avoir un enfant. J'avais très peur d'être enceinte parce que j'avais très peur d'accoucher.
- Rébecca
Ok, c'est une bonne raison en soi.
- Blandine
Oui, mais finalement, au fur et à mesure, ma peur est vite partie, mais au fur et à mesure est partie. Et puis, c'est vraiment les séances de préparation à l'accouchement qui m'ont vraiment permis de libérer ma peur.
- Rébecca
Ok, d'accord. Alors, si on revient un peu entre les deux phases. Est-ce que tu te souviens du moment où vous avez lancé Projet Bébé ? Ou alors est-ce que c'était une surprise ? Mais je ne pense pas.
- Blandine
Pas du tout. Alors pendant très longtemps, en fait, moi je ne voulais pas d'enfant. Parce que j'en voyais entre guillemets pas la nécessité. J'avais mon neveu et ma nièce et entre guillemets ça me suffisait amplement. J'avais l'amour familial qui m'apportait, c'était très bien. Et puis ça fait maintenant 8 ans et demi que je suis avec mon mari. Et lui, il est plus vieux que moi, il m'avait fait comprendre que lui voulait des enfants. Bon, après, il ne m'a jamais forcé la main, il n'en parlait jamais, il connaissait un peu mes craintes, il connaissait le fait que je n'étais pas prête. Donc voilà, on était en train de...
- Rébecca
Tu voulais, il ne disait pas non, quoi.
- Blandine
Exactement, il n'attendait que moi. Mais pour l'instant, il n'était pas sans cesse à me rabâcher, quand est-ce qu'on fait un enfant, quand est-ce qu'on fait un enfant, il m'attendait. Et aucun souci. Et à l'été 2022, je... J'ai eu un déclic, on est en vacances et puis je prends ma pilule. Et puis, je lui dis, bon ben voilà, les boîtes de pilules sont par boîte 3. Je termine ma deuxième plaquette, j'entame ma troisième et dernière plaquette de mon paquet. Et je dis, voilà, ce soir, je prends ma nouvelle pilule. Est-ce qu'en revenant de vacances, j'en achète une nouvelle ou pas ? Là, dans sa tête, je vois qu'il ne comprend pas tout. trop. Je lui ai dit, oui, oui, je te propose d'ici 20, je ne sais plus combien de jours, c'est la pilule.
- Rébecca
21 jours.
- Blandine
De ne plus en prendre et puis, voilà, au revoir. Ok. Donc là, je le vois dans sa tête. Il m'a dit, il faut que je réfléchisse.
- Rébecca
Ah. Ouais, finalement.
- Blandine
Non, mais là, je me sens un peu vexée parce que je me dis, ça fait plusieurs années que c'est lui qui a ce désir et je pense que là, le fait que ce soit concret, entre guillemets, pour elle. ça l'a mis un peu face à la réalité et il a eu un peu peur. Bon, ça n'a pas duré longtemps parce que de ce moment-là, il m'a dit Oui, je termine ta plaquette et puis pas de souci, au contraire, on y va.
- Rébecca
C'était juste l'annonce qui n'était pas envisagée, du coup, forcément, ça fait un peu peur.
- Blandine
Je pense qu'il ne s'y attendait pas du tout à ce que je lui annonce ça, mais je ne sais pas, j'ai fait un déclic et je me suis dit Allez, pourquoi pas, lançons cette machine folle et voyons ce que ça donne. Et puis voilà, on était quand même un couple, ça faisait longtemps qu'on était ensemble. on était mariés, c'était peut-être aussi une nouvelle étape à franchir dans notre vie commune. et que hors venant de vacances je prends rendez-vous quand même avec ma sage-femme pour mon rendez-vous annuel on va dire je lui explique un peu notre projet bébé et elle me dit il n'y a pas de soucis vous n'avez pas d'antécédents il ne semble pas que papa non plus donc en gros voilà laissez-vous vivre et puis si jamais il ne se passe rien d'ici un an là on se repérera parce que bon elle me dit habituellement ça a environ à peu près 9 mois pour concevoir un enfant quand il n'y a pas de soucis ok Donc voilà, laissez-vous vivre et puis on se revoit entre deux s'il y a besoin. Donc on vit, on ne se pose pas trop de questions. Je redécouvre les règles parce que je n'ai pas eu mes règles depuis sept ans. Comme j'avais une pilule, on continue.
- Rébecca
Ah d'accord.
- Blandine
Donc c'était très bien.
- Rébecca
Ton corps doit être un peu surpris quand même.
- Blandine
Oui, et je me dis en plus le fait de retrouver mes règles, peut-être que ça va prendre aussi un peu plus de temps parce que je vais évacuer un peu tous les hormones. Bon, ce passe en cycle, deux, trois cycles, pas de soucis, on part aussi. ski, etc. Et puis, c'est fin, j'ai mes dernières règles fin janvier. Et je sens là qu'une grosse fatigue commence à arriver, mais je me dis, voilà, on revient du ski, c'est l'hiver, un manque de vitamines, fatigue, mais ça ne m'inquiète pas plus que ça. Et donc, j'ai un retard de règles qui commence à apparaître. Et puis, ce n'était pas la première fois que je me disais, allez, je fais un test et puis on voit ce que ça donne. Mais à chaque fois, j'ai mes règles qui arrivent aussitôt. On dit avec mon mari, on fait le test et on voit. C'était le mercredi 1er mars, je m'en souviens, comme si c'était hier. Je me lève, je vais faire le test. Je retourne dans la chambre avec lui, il était encore couché. On papote en attendant le résultat. Je prends le test, je le regarde, je regarde mon mari, je regarde le test dans les films. Je lui dis qu'il y a deux barres. Il me regarde et dit Oh merde ! mais oh merde dans le sens d'hommage il me dit oh la reine c'est concret je lui dis mais qu'est-ce qu'on fait ça y est c'est la nouvelle étape qui commence il me dit bah écoute pas de stress tu appelles la sage femme dans la journée déjà pour voir la suite à donner mais pas de panique je lui dis ok mais bon quand même il y a deux barres ça veut dire que j'ai un petit bébé de mon grand je commence quand même à me réjouir mais il me dit On ne s'enflamme pas. Enfin, voilà, il est très terre à terre. Et pendant tout le début de la grossesse, il ne prenait pas du recul, mais il voulait quand même s'assurer que tout se passait bien avant de trop se réjouir pour éviter peut-être qu'il se réjouisse plus tard. Et le soir même, on a nos amis, en plus nos meilleurs amis, qui signent leur compromis de vente de leur maison. Et donc, on se retrouve à leur annoncer aussi notre grossesse parce qu'ils ouvrent la bouteille de champagne pour fêter une très bonne nouvelle pour eux. Et moi, je ne peux pas trinquer avec eux. Donc, c'est dans la confidence à ce moment-là. Mais bon, c'était quand même très prématuré. La sage-femme me rassure aussi. Elle me dit, on fait la prise de sang. Mais sauf cas exceptionnel, l'écho positif n'existe pas. Donc, vous êtes belle et bien enceinte. Félicitations. Bon.
- Rébecca
OK.
- Blandine
Je fais la prise de sang. Tout se passe très bien. La sage-femme me donne ensuite les rendez-vous faciles de suivi. Et le premier trimestre, on va dire, se passe sans encombre. Je ne suis pas malade, je n'ai pas de nausées. Parfait. Vraiment, un premier trimestre, à part de la fatigue, mais en soi, qui est gérable. Ce n'est pas évident, mais qui est largement gérable. Mais j'arrive sans problème à vivre normalement, à continuer à faire mon sport. Voilà, je vis un premier trimestre au top. Arrive la T1, pas de souci non plus, tout se passe très bien. Elle nous fait une première, je crois, estimation de sexe. mais dans ma tête je sais déjà que c'est une fille j'ai l'instinct qui me dit je sais que j'ai une fille mais je ne dis rien à personne je dis juste à mon mari je pense que c'est une fille il me dit mais non tu peux pas savoir je lui dis non mais je dis moi je pense que c'est une fille à la terrain il dit je pense à 80% que c'est une fille ah bon on peut toujours se tromper surtout sur une fille je crois que c'est plus facile l'erreur mais je dis bon on ne dit rien pour l'instant on n'annonce pas le sexe au famille donc c'est pas sûr à 100% le début du deuxième trimestre se place aussi relativement bien, l'été commence à arriver, les chaleurs aussi. Physiquement, ça va aussi bien à ce moment-là parce qu'il fait beau. Donc, je peux sortir toutes les petites robes et les petites jules d'été dans lesquelles on se sent toujours à l'aise quand on est 10 kilos en plus ou en moins. Les robes assez fluides, tout va très bien. Le petit ventre commence à s'arrondir, mais ça va. Et début juillet, c'est là où ça commence à être un peu compliqué parce que... que le temps se refroidit et j'essaye d'enfiler mon jean favori et là le jean ne passe pas il ne ferme pas et donc là je m'écroule en larmes
- Rébecca
Ah ouais, ça peut faire un choc.
- Blandine
Ouais, un choc, parce que je crois que je prends conscience à ce moment-là que je suis enceinte. Comme pendant tout le long, tout se passait bien, je vivais sans problème avec la fatigue, mais tout était OK. Là, je me dis, ah oui, je ne suis pas toute seule finalement dans ce corps. Il me rassure, mais voilà, un homme extraordinaire qui me rassure sur tous les plans. Mais moi, je crois qu'à ce moment-là, je commence à comprendre que je vais devoir partager mon corps et que mon ventre ne va pas rétrécir.
- Rébecca
Eh oui.
- Blandine
Voilà. Et donc, c'est à ce moment-là aussi que je prends conscience que je crois que je n'aime pas être enceinte. Je suis très contente d'avoir un bébé. J'ai hâte de rencontrer mon bébé, mais je n'aime pas la sensation de grossesse. Quand on me dit les femmes enceintes, ton petit ventre qui s'arrondit moi, je n'aime pas mon ventre arrondi. Je ne sais pas, je n'arrivais pas à comprendre. Enfin, je sais ce qui se passait, mais je pense que dans ma tête, j'avais l'impression que je serais comme ça toute ma vie et que ça durerait éternellement. Mais je n'arrivais pas à accepter le fait d'être enceinte. Et plus mon corps évoluait, et plus mon état mental se dégradait. Pour autant, ça ne nous empêchait pas avec mon mari d'aller faire tous les achats, poussettes, chambres. Et j'étais aux anges d'acheter tout ce qu'il fallait pour bébé. J'ai fait un shopping pendant les soldes. Voilà, j'ai abusé des soldes. J'étais très heureuse d'avoir mon bébé, mais je n'aimais pas cette sensation d'être enceinte. Entre deux, en plus, on a eu un projet achat maison qui s'est calé entre deux. Donc, ça a mis encore plus de stress dans ma grossesse et dans mon état global. Pour autant, toute ma grossesse se passait bien. J'ai fait aussi le test du diabète gestationnel. Il n'y avait pas de diabète. Tout continuait à bien se passer. Les échographies se passaient très bien. À la T2, on a eu la confirmation que c'était bel et bien une fille. Donc, j'étais très contente d'avoir eu mon petit instinct maternel qui ne m'a pas trompée. Et puis, on part en vacances fin août. Donc là, je commence quand même à avoir un ventre conséquent. Je suis toujours aussi fatiguée. Et puis, je sens que là, vraiment, le corps commence à ne pas lâcher, mais à me dire, voilà, tu es enceinte et il faut que tu ralentisses le rythme. Donc, c'est là où j'ai vraiment presque pas arrêté le sport, mais vraiment adapté toutes les séances. Je montais les marches, j'étais épuisée. Dès que je faisais le moindre effort, je sentais que mon corps était fatigué. Et c'est ça aussi, je pense, qui m'a un peu fait du mal. C'est d'être dépossédée de mon corps et d'être fatiguée pour le moindre effort, alors que je suis quelqu'un de base très active, qui bouge beaucoup. Et le fait de ne plus être libre de mes mouvements et de tout ça m'a fait beaucoup de mal. Alors, je savais pourquoi je le faisais, mais je n'arrivais pas à l'accepter.
- Rébecca
Oui, tu étais un peu dans l'ambivalence de dire à la fois j'adore parce que j'ai un bébé et c'est trop bien et tout, mais en même temps, tu sentais qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas tout à fait rond.
- Blandine
C'est ça, exactement. Et puis, toutes les femmes qu'on voit, qu'on dit oh, vous avez un super beau ventre moi, je ne trouvais pas que mon ventre était beau. Enfin, il était beau, mais je ne me trouvais pas forcément jolie. Je me préférais sans la grossesse. D'ailleurs, on devait faire un shooting de grossesse que j'ai annulé aussi parce que vraiment, je n'avais pas envie de me voir enceinte. J'ai très peu de photos de moi enceinte. Et pour autant, quand je les vois maintenant, je me trouve très belle enceinte. Donc, c'est vraiment l'état sur le moment qui ne m'allait pas. Et puis, le troisième trimestre a été, on va dire, le pire. En revenant de vacances, on a donc l'achat maison qui se concrétise. Donc là, il faut faire les cartons. On est dans tous les papiers notaires, etc. Donc, ça génère encore plus de stress. presse, on fait des allers-retours à droite, à gauche, et là je sens que mon corps commence à vraiment lâcher le médecin me met en arrêt avec l'arrêt logique, si je ne dis pas de bêtises oui,
- Rébecca
c'est ça l'arrêt qui est avant le projet maternel.
- Blandine
Il me dit mais là vous êtes à 8 de tension il va falloir ralentir il me dit vous vous calmez parce que vous n'avez aucun souci sur votre grossesse, toutes les échos sont super, mais si vous ne voulez pas vous couchez... Plutôt que prévu, c'est tranquille parce que sinon, ça va mal se passer. Donc là déjà, ça fait un premier choc où je me dis, OK, on va se calmer. Et puis à ce moment-là, j'ai vraiment le stress de l'accouchement qui commence à arriver. Vraiment, là, je suis dans un état où je me dis, plus ça va, plus j'approche de l'accouchement et moi, je suis prête à aller accoucher. Je commence en parallèle les séances de prépa à l'accouchement qui me font quand même du bien. J'ai mes deux meilleurs amis. qui elles ne sont pas enceintes et qui pour le coup ont subi malheureusement des fausses couches qui arrivent à me faire penser à autre chose que la grossesse donc ça me fait beaucoup de bien aussi et j'ai ma belle-sœur qui est aide-soignante à la maternité où je vais accoucher qui elle me rassure beaucoup aussi sur toutes mes petites questions, comment ça se passe à ce moment-là, et ça, comment ça se passe, voilà. Elle me rassure beaucoup, et je pense que ce qui me faisait extrêmement peur dans l'accouchement, c'était la peur de l'inconnu. Et oui,
- Rébecca
forcément.
- Blandine
De ne pas savoir comment ça va se passer, de ne pas être finalement maître à 100% de son corps, et il faut quand même un peu de lâcher prise au moment de l'accouchement. Et voilà, c'est ce côté-là qui me faisait extrêmement peur, et puis les séances de prépa à l'accouchement m'ont fait beaucoup de bien. Ma belle-sœur m'a conseillé de faire des séances d'acupuncture aussi pour me soulager.
- Rébecca
D'accord.
- Blandine
Et c'est là où, je ne vais pas dire que ça s'est mal passé parce que ça m'a fait beaucoup de bien, mais la séance d'acupuncture qui devait durer trois quarts d'heure en a duré le double. Oui. Puisque je me suis littéralement effondrée en larmes. Elle m'a fait un peu ouvrir tout ce que j'avais entre guillemets sur le cœur, puisque le fait de mal vivre la grossesse, en fait, je n'en parlais pas. c'est quelque chose que je gardais beaucoup en moi parce que je culpabilisais d'être dans cet état-là en fait je lui disais je ne suis pas bien moi mentalement je ne suis pas bien pour autant j'ai aucune raison de ne pas être bien puisque ma grossesse se passe extrêmement bien ok donc tu culpabilisais un peu de ne pas te sentir au top c'est ça je me disais mais en fait il y a des tas de femmes qui ont des grossesses terribles avec des tas de soucis et qui ont des raisons légitimes d'être mal moi j'ai aucune raison légitime d'être mal et pour autant je suis mal... Et donc, c'était vraiment le cercle vicieux. Et elle m'a fait bien comprendre que ce n'est pas parce que toute la grossesse se passait bien qu'on n'avait pas le droit d'être mal. Et donc là, il a fallu du temps aussi pour accepter ça. Elle me dit par contre, au point où vous refoulez toutes ces émotions, je pense que vous faites un peu une dépression prénatale. Alors, je n'ai plus le thème médical. Mais elle me dit, je ne vous mets pas sous traitement maintenant. Par contre, je le note dans votre dossier parce que vous êtes du coup... un cas à fort risque de dépression post-partum. Donc, elle me explique un peu en quoi ça constitue. Et puis, elle me dit, on se revoit quand même rapidement. Et si vraiment votre état n'a pas évolué entre deux, on envisagera peut-être un petit traitement. Alors moi, je culpabilise encore plus parce que je me dis, si je suis mal, mon bébé va ressentir que je suis mal. Enfin voilà, c'était vraiment en fait le cercle vicieux. Je m'en voulais tellement d'être mal. Parce que je ne voulais pas que mon bébé soit mal à cause de moi. Enfin, voilà, c'était vraiment le cercle vicieux.
- Rébecca
Oui.
- Blandine
Je fais des séances de sophrologie aussi qui me font beaucoup de bien. Et en fait, tout ce dernier, tout le mois d'octobre, je passe pratiquement un mois à pleurer. Mais la sophrologue me dit aussi, c'est normal et ça vous fait du bien parce que là, vous êtes en train de sortir tout ce qui ne va pas. Il faut pleurer parce qu'au moins, ça sort. Vous avez tout dans les tiroirs, tous les dossiers dans les tiroirs. qui était mis en l'air. Là, vous êtes en train d'ouvrir tous les tiroirs et d'enlever tous les papiers. Et après, vous allez pouvoir ranger tranquillement chaque papier. On essaye de visualiser un peu de manière un peu théorique le principe de ne pas être bien. Et c'est vrai que ça me permet quand même de bien extérioriser. Mais c'est vrai que je pleurais beaucoup. C'était vraiment de la culpabilité qui faisait que... que je n'étais vraiment pas en forme. Ce n'est pas évident.
- Rébecca
Oui, ça te rajoutait du mal au mal au final.
- Blandine
C'est ça. Alors que pour autant, je me dis, mince, mais je n'ai aucune raison d'être mal. Tout se passe très bien. Mon bébé va bien. Sa croissance est au top. Je n'ai aucun souci. Je ne prends pas énormément de poids, chose qui me faisait aussi peur. Donc, je me disais, mais rassure-toi. J'avais peur. Et ce n'est pas grave de prendre des tas de kilos, mais qu'on prenne 10, 15, 20, 25 kilos, ce n'est pas dramatique en soi. Mais moi, je ne voulais pas. prendre beaucoup de kilos. C'était quelque chose qui me faisait peur aussi. Donc, je me dis, voilà, j'ai réussi, entre guillemets, à avoir la grossesse que je voulais. Tout se passe super bien. Et en fait, c'était que de la culpabilité. Et elle m'a... Jusqu'à l'accouchement, elle m'a... Enfin, je l'ai gardée. J'ai réussi à la fin à me dire, OK, t'es pas bien. J'ai admis que j'étais pas bien, mais j'étais quand même... Voilà, je me sentais quand même coupable de tout ça.
- Rébecca
Ok. Une situation vraiment pas facile, parce que tu as vraiment ton côté rationnel qui te dit mais non, il n'y a aucune raison. Et quand même, là-bas, juste la nature et tes sentiments qui te font sentir que non, ça ne va pas. Exactement.
- Blandine
Et en soi, oui, ça s'est quand même très bien passé. Mais c'est vrai que c'est vraiment, je pense, la peur de l'inconnu, la peur de la grossesse aussi, de ne pas savoir les différentes étapes, comment j'allais être à chacune des étapes. Je sais qu'aujourd'hui, si demain j'ai une nouvelle grossesse, je n'accepterai peut-être pas non plus le fait d'être enceinte, dans le sens où je n'aimerais pas le fait d'être enceinte, mais je l'accepterai mieux dans le sens où je sais ce que c'est. Et on sait que c'est un état passager qui ne dure pas et qu'on a la récompense à la fin.
- Rébecca
Oui. Et est-ce que dans la vie, de manière générale, c'est quelqu'un qui aime bien tout contrôler et qui explique ? Oui, c'est ça.
- Blandine
C'est exactement ce que m'a dit aussi les différentes âges femmes. Elles m'ont dit, mais en fait, c'est votre besoin de tout contrôler, de savoir tout ce qui se passe. Je n'aime pas les surprises, très peu. Je suis très mal à l'aise quand on m'offre des cadeaux surprises. Moi, j'aime bien savoir ce que je fais ce week-end. Voilà, je contrôle tout. Même mon mari me dit parfois que je suis un peu trop... Un peu trop. Il me dit, mais lâche prise. Et j'ai beaucoup de mal à lâcher prise. Et c'est lors des rendez-vous, justement, avec ma sophrologue, où elle me disait, mais il faut lâcher prise. Si le ménage, il n'est pas fait pendant deux jours, mais ce n'est pas grave, la terre ne va pas s'arrêter de tourner. Si le linge, il n'est pas étendu ou quoi que ce soit, ce n'est pas dramatique. Le principal, c'est que toi, tu ailles bien. Repose-toi. C'est vrai que ça fait tilt quand même dans la tête. Et finalement, quand j'ai commencé à lâcher un peu prise, ça m'a fait aussi beaucoup de bien. Ça permettait de lâcher.
- Rébecca
Ok, d'accord. Donc une fin de grossesse, du moins pas super évidente.
- Blandine
Je pense aussi que l'accumulation des différents projets bébés, achats maison, ça faisait un petit peu trop. Le fait de ne pas trop pouvoir participer à notre déménagement, à la rénovation de la maison, parce que l'état de la grossesse ne le permettait pas. Et de voir tout le monde travailler, entre guillemets, pour nous dans la maison, ça me frustrait aussi. Donc finalement, je me disais, mais j'ai envie moi aussi de peindre les murs et tout. Mais on me disait, écoute, tu ne le fais pas, tu te reposes. Donc c'est plein de choses qui accumulaient finalement au fait que ce n'était pas le top.
- Rébecca
Ok. Et est-ce que tu as réussi à, entre guillemets, t'en sortir sans médicaments ? Ou est-ce que tu as dû en prendre ? Ce qui n'est pas du tout un échec en fait.
- Blandine
Non, pas du tout, du tout. C'est vrai que j'avais très peur de se voler médicamenteux. Déjà, il a fallu que j'en parle aussi un peu à mes proches, de dire que je souffrais, que je n'étais pas en forme. Parce que tout le monde pensait que j'allais extrêmement bien. C'était aussi un peu le poker face. Pour tout le monde, j'allais très bien. Et quand je rentrais le soir, il n'y avait que mon mari qui savait que ce n'était pas l'extase. Et donc, quand j'ai commencé à en parler, c'est vrai que tout le monde m'a dit, mais ah bon ? Personne ne se rendait compte de la situation. Moi, ce que j'ai eu beaucoup de mal, c'est qu'on a l'impression que quand on est enceinte, on doit se réjouir d'être enceinte. Alors oui, je suis très contente d'avoir un bébé, mais je ne suis pas contente d'être enceinte. Et j'ai l'impression qu'on n'a pas le droit d'être mal quand on est enceinte. Alors, c'est difficile en plus parce qu'on se mince autour de nous. Il y a des personnes qui ont beaucoup de mal à avoir des bébés. Il y en a qui ne peuvent pas en avoir. Et je dis, je n'ai pas eu de problème à en avoir. Et pour autant, c'est toujours encore ce cercle de culpabilité qui revenait.
- Rébecca
Ouais, tu te rajoutes à chaque fois des petites raisons culpabilisées un peu plus, quoi.
- Blandine
Exactement. Mais oui, après, la prépa m'a permis déjà de comprendre comment se passait l'accouchement, de rencontrer aussi d'autres femmes enceintes avec différents projets de naissance. Parce que moi, je n'avais aucun projet de naissance, clairement. Je me suis dit péridurale, oui, parce que vu dans l'état que j'ai peur, vu ma peur de l'accouchement, péridurale, oui. Voilà, c'était après, moi, je me suis dit, je n'y connais rien. Je fais confiance à l'équipe médicale. Avec un peu de chance, ma belle-sœur sera en poste ce jour-là. Elle pourra peut-être participer à l'accouchement et me rassurer parce qu'elle connaît mes craintes. Elle sait que je suis quelqu'un de très anxieuse. Donc, si je peux l'avoir pour lui serrer la main, ça m'arrangerait. Mais voilà, donc les derniers rendez-vous, en plus, on va à la maternité, rencontrer les sages-femmes, les génicaux, on fait les derniers contrôles. Voilà, après la fin de grossesse, on va dire, se passe un petit peu mieux. Et puis, je crois que c'est les deux dernières semaines. avant mon accouchement où je dis à mon mari je suis prête ok ça y est je n'ai plus peur de l'accouchement je crois que j'ai regardé beaucoup d'émissions beaucoup de reportages la prépa est terminée j'ai compris ce qui allait se passer je sais que ça peut mal se passer j'en ai conscience et c'est ok mais ça y est je suis prête à faire sortir notre enfant et je veux la rencontrer et je veux accoucher je n'en peux plus de cette grossesse
- Rébecca
Donc, tu as quand même eu le déclic qui t'a fait te dire, OK, c'est bon, je suis prête, on y va maintenant, là, tout de suite.
- Blandine
Ma peur de l'accouchement passe au-dessus parce que je ne supporte plus cet état de grossesse. C'était forcément de pire en pire. Je ne dormais plus la nuit. J'avais les remontées acides qui commençaient à arriver. Dès que j'étais sur un côté, ça n'allait pas. Sur un autre côté, ça n'allait plus. Enfin, voilà, la fin de grossesse, c'était physiquement commencé à être compliqué. J'ai dit, ça y est. Si je veux sortir de cet état, il faut que j'accouche. Je veux accoucher.
- Rébecca
Ok, c'est bien au moins. Ce n'est pas forcément une raison très classique, mais au moins, tu étais prête à accoucher.
- Blandine
Exactement.
- Rébecca
Ok, bon alors du coup, si on arrive justement à ce grand moment de l'accouchement, est-ce que tu te souviens du moment où ça a commencé à basculer, où tu t'es dit ok, là je crois que...
- Blandine
La date de terme était le 11 novembre.
- Rébecca
Ok.
- Blandine
Il faut savoir aussi que notre anniversaire de mariage est le 13 novembre.
- Rébecca
Ok, très bien.
- Blandine
Alors il y a eu un peu des paris dans les familles et amis, et beaucoup disaient je suis sûre tu vas accoucher le 13 novembre, jour de votre anniversaire de mariage, quel beau cadeau. Et moi, je lui ai dit, enfin, je disais à tout le monde, c'est non, puisque c'est notre anniversaire de mariage. Et je suis sûre qu'elle ne sortira pas ce jour-là. J'en étais sûre. Et je me suis dit, de toute façon, c'est prévu pour le 11. Beaucoup de mamans accouchent avant terme, donc j'accoucherai de toute façon avant terme. Bon, à partir du fin, tout début novembre, j'ai une suspicion de suite, des petites contractions. un peu moins de sensations donc je fais trois passages à la maternité pour faire des moniteurs de contrôle qui à chaque fois s'avère sans souci donc à chaque fois me renvoie chez moi sans problème on m'a dit par contre le 11 novembre si vous n'avez pas accouché vous nous appelez on prend rendez vous et puis on se voit le 11 novembre j'ai toujours mon gros ventre Le contrôle se passe extrêmement bien elle me dit ok bon bah je crois qu'en termes de col, j'étais à un doigt large et mon col était encore long. Donc elle me dit tout est ok, il y a du liquide, on se prend pas la tête, on se revoit dans 3 jours. Bon, ok. Le 13 novembre, tout se passe extrêmement bien, on se fait notre petit repas d'amour pour fêter nos 2 ans de mariage avec mon mari. Et puis on va se coucher. Et en se couchant, je dis tu vois, je n'ai pas raison. J'avais raison. Et puis, dans la nuit, vers 4h du matin, 4h-5h, je me réveille, mais comme toutes les nuits. Donc, ça ne me choque pas. Besoin d'aller aux toilettes, je vais aux toilettes. Et je sens que j'ai un peu mal au ventre. Et je me dis, bon, je vais écouter les conseils que j'ai eus lors de mes derniers passages à la maternité. Je prends un Doliprane et un Spasfon. Chose que je ne faisais pas forcément systématiquement à chaque fois. Et là, je dis, je prends ça et puis je retourne me coucher. Et en fait, je ne retourne pas me coucher parce que... Je sens que ça me fait mal et que ça me fait plus mal que d'habitude. Donc, je dis à mon mari, il se réveille, il me dit ça ne va pas. Je dis non, non, mais ça va passer. J'attends que le cachet fasse effet. Je reste un peu assise dans le canapé parce que j'avais une position qui me convenait bien. Je lui dis j'attends que ça passe, il faut attendre de coucher, il n'y a pas de souci, je te rejoins tout à l'heure. Il retourne se coucher et au bout d'une heure, je sens que ça ne passe pas.
- Rébecca
Toi, tu ne te dis pas, est-ce que c'est pour le rassurer ou est-ce que c'est vraiment toi qui fais l'autruche à te dire non, ce n'est pas maintenant ?
- Blandine
Moi,
- Rébecca
je fais l'autre.
- Blandine
J'ai juste compris comment ça va passer. Et en plus, je me dis, j'ai rendez-vous de toute façon. Le 14, j'avais rendez-vous à la maternité à 10h30. Donc, je me dis, de toute façon, ça ne sert à rien de se précipiter. À 10h30, j'ai rendez-vous pour le contrôle. Elle m'avait dit, si le 14, tout est OK, on commencera à parler déclenchement parce qu'on arrive, on dépasse le terme, donc on commencera à parler déclenchement. Donc, je sais que j'ai rendez-vous dans la matinée, donc je ne m'inquiète pas du tout. À 6h, je me dis, mince, la douleur ne passe pas. Je me dis, tiens, j'ai une baignoire, je vais aller me faire couler en bain. Il paraît que la douleur s'estompe un peu dans le bain. Donc, mon mari entend l'eau couler, il me dit, mais qu'est-ce que tu fais ? Je dis, mais je prends un bain, ça va me soulager, mais t'inquiète pas, va te coucher. Toujours aussi dans le déni. Je prends mon bain, ça me fait un vent bien flou. Et là, au bout d'une demi-heure, mon mari vient me voir, il me dit, mais bon, par contre, je vois ton état, je sens que, voilà, t'as pris un cachet, mais je sens que tu souffres. je pense qu'il faut qu'on aille à la maternité et en plus on a déménagé on habite à 25 minutes de route de la maternité sauf que pour se rendre au centre-ville il y a quand même à partir d'une certaine heure des bouchons donc il me dit ce serait bien qu'on parte avant 7h-7h30 pour éviter les bouchons comme ça on y va tranquillement donc ma tante me dit bon je lui dis allez je sors du bain je me prépare tranquillement... Alors, je me maquille, mais parce que j'aime bien me maquiller un petit peu. Mais je sens que j'ai mal, mais je me pomponne. Je mets des leggings bien confort, mon gros pull. Je termine ma petite valise. Je lui dis, est-ce qu'on prend la valise de naissance ? Il me dit, on va la prendre quand même au cas où. J'ai dit, bon, je prends mon sac de naissance, enfin la grosse valise et puis le petit sac de naissance.
- Rébecca
Et puis, on monte dans la voiture. Et alors là, je crois que la sortie du bain était horrible. Parce que dans la voiture, je sens que là, ça contracte. Je suis accrochée au truc de la portière en haut. Et je me lève. Là, ça commence.
- Blandine
Ça fait mal.
- Rébecca
Ouais, là, j'ai très mal. J'ai pris un peigne en bois parce que j'avais vu cette technique. Et les sages-femmes en avaient parlé aussi de la technique du peigne en bois pour faire passer un peu la douleur. Enfin,
- Blandine
pour détourner un peu la tension du cerveau.
- Rébecca
Exactement, ça me fait quand même du bien sur le moment mais il est temps qu'on arrive, j'ai l'impression que la route dure une éternité, qu'on a tous les feux qu'il faut avoir. Il se stationne, on arrive à la maternité et puis là je dis par contre on sonne mais c'est toi qui parle parce que je ne peux pas parler. Je sens que là les contractions sont là mais je suis toujours dans le déni, moi je n'ai toujours pas l'impression que je vais accoucher. La sage-femme voit mon état, elle dit oula vite vite venez avec nous, on pose le monito. avant de poser monito, elle regarde mon poil et elle dit vous êtes ouverte à 3, vous allez rester ici, vous passerez en salle de naissance pendant 10 minutes on passe en salle de naissance, monsieur allez tout de suite faire l'inscription et puis nous en attendant on pose le monito est-ce que vous voulez la péridurale ? alors là déjà je me dis attends,
- Blandine
je viens d'arriver à la mater moi j'avais prévu mon petit maillot de bain et tout,
- Rébecca
j'avais prévu de faire du ballon profiter parce qu'ils ont des salles spécifiques avec des baignoires. Moi, je me suis dit, je vais être là pour les baignoires et tout. Moi, je me suis dit, mon accouchement va durer super longtemps. On entend souvent des accouchements qui durent extrêmement longtemps, notamment pour un premier. Moi, je me suis dit, ça va être ça. Et là, on me dit, attends, il faut que j'aille en salle de naissance et là, il faut que je dise pour la péridura. Dans ma tête, je me dis, péris, pas péris. Non, non, non, péris. Je dis oui. C'est vrai que j'ai déjà très mal. Elle me pose le monito et elle me dit, bon, je reviens vous voir d'ici 15-20 minutes. Mon mari descend faire les papiers et là je me retrouve toute seule dans la petite salle classique, la première salle dans laquelle on est où ils font tous les monitos. Et là je sens que ça va pas et que dans la position dans laquelle je suis allongée sur la table, enfin sur la table, ça va pas. Donc je me redresse, je tourne dans tous les sens, le monito arrête de... Y'a rien qui va parce que le monito ne fonctionne plus du coup mais j'essaye de le tenir. Et je ne pense pas à ce moment-là à tirer sur la sonnette d'urgence de l'aide.
- Blandine
Voilà.
- Rébecca
Pas du tout. Mais ça a été ça pratique pendant un petit bout de temps. Entre deux, ma belle-sœur m'envoie un message. Elle travaille ce jour-là, mais elle ne sait pas encore que je suis à la maternité. On avait dit, quand on va à la maternité, on ne prévient personne. Si jamais ça se passe mal ou autre, on veut rester tous les deux dans notre scopule, sauf si ma belle-sœur est présente. Elle m'envoie un message pour me dire, c'est tel docteur qui est le gynéco de garde. il est plutôt sympathique ou elle est plutôt sympathique elle me rassure à ce moment là et donc là je lui réponds mais je suis déjà là je vais en salle de naissance donc là elle panique aussi elle me dit ok j'arrive elle me dit mais ça va pas donc je lui explique un peu notre parcours et elle me dit bon bah ok je vais aller voir ma collègue pour qu'on t'emmène tout de suite en salle de naissance parce que là le monito il se passe pas... Il ne sert plus à rien. Il ne sert plus à rien, puisque les câbles, il n'y en a aucun qui est correct. La sage-femme le récupère. Mon mari n'est toujours pas revenu. Il est toujours en bas. Il est forcément 7h30, 8h. Donc, il n'y a vraiment pas possible à l'accueil. Et puis lui aussi, un peu, enfin pas dans le déni, mais il se dit, je ne vais pas passer en urgence, j'attends mon tour. Je ne demande pas un ticket prioritaire. Alors que la sage-femme lui aurait dit après, vous n'avez plus sans problème passé devant tout le monde. C'était un petit peu un cas d'urgence. la sage-femme me dit bon bah on va dans la salle de naissance vous pouvez marcher oui je dis par contre il faut juste que je fasse un arrêt pipi elle me dit bah pas de soucis allez-y et puis on se retrouve dans la salle de naissance voilà elle me dit c'est juste là ok je vais aux toilettes et donc là en m'essuyant je vois du sang et donc là la panique arrive je me dis qu'est-ce qui se passe je retourne dans la salle de naissance la sage-femme enfin voilà elle me dit déshabillez-vous on vous met la petite tenue et tout bon Et puis, elle me dit, je vais juste faire des papiers, je reviens dans cinq minutes. Mais ces cinq minutes-là, pour moi, ont duré une éternité parce que j'ai perdu les os.
- Blandine
Pendant ce temps-là ?
- Rébecca
Voilà. Mais littéralement, ça n'a pas explosé. Mais je me suis dit, je viens d'aller aux toilettes, pourquoi ça me coule dessus ? Pourquoi ? Et alors, en plus, le liquide était coloré puisque mon bébé avait décidé de faire ses besoins juste avant.
- Blandine
Ok.
- Rébecca
Je panique d'autant plus. Et alors là, encore une fois, je ne pense pas... à tirer la sonnette d'alarme, je préfère prendre du papier et essuyer le sol.
- Blandine
Ah ok, d'accord.
- Rébecca
Je l'en mets partout,
- Blandine
c'est terrible !
- Rébecca
Ma belle-sœur arrive entre nous, elle me dit mais qu'est-ce que tu fais là à nettoyer le sol ? Je lui dis mais j'en ai partout, regarde, ça me coule dessus ! Elle me dit mais tu viens de perdre les os ! Bon, je ne me rends pas compte à ce moment-là que j'ai perdu les os, j'ai l'impression que c'est ma décor. Je ne me rends pas compte. Elle me dit tu viens de perdre les os, donc c'est normal, ça coule. Par contre, tu arrêtes de faire ce que tu fais, je vais nettoyer, c'est mon travail aussi. Donc, elle sort tout ce qu'il faut, etc. Et puis, elle appelle la sage-femme. Et là, les douleurs commencent au fur et à mesure à... à grimper en intensité. L'anesthésie, ça n'arrive toujours pas. Et ça dure à peu près une heure, une heure et demie comme ça, où les contractions vont commencer à être très douloureuses, incapables de me mettre allongée sur le dos. Je suis obligée de rester, entre guillemets, accroupie dans une position, on va dire, naturelle. Mon mari est revenu entre deux. Il me voit dans un état, il ne comprend pas ce qui s'est passé. Donc, il panique un peu, mais très rapidement, il comprend que... Les choses se précipitent. Il est là avec la petite bombe d'eau à m'asperger parce que j'ai extrêmement chaud. J'ai une autre aide-soignante qui me fait du vent et j'ai la sage-femme qui est derrière moi, accopie avec moi et qui me masse le bas du dos tellement j'ai mal. J'en ai eu des bleus dans le bas du dos, mais ça me faisait un bien fou. J'ai mon clavier à côté et j'essaie de repenser à toutes les séances de prépa, me dire qu'il faut souffler bien fort, il faut avoir des sons graves. J'essaie de me mettre aussi dans ma bulle. en me disant, il faut respirer tant que l'anesthésiste n'est pas là. Je me mets vraiment dans ma bulle, j'ai les yeux fermés et je fais abstraction de tout ce qui se passe autour. Je sais que je suis par terre, je sais que je me suis fait dessus aussi, mais à ce moment-là, je me concentre sur la douleur et j'essaie de passer outre et de passer au-dessus de cette douleur. J'apprendrai plus tard, par ma belle-sœur, que tout était prévu pour que... au vu de ma douleur et de la manière dont ça se présentait, elle m'a dit on avait tout préparé pour que tu appouches sans péridurale tellement on pensait que ça allait être rapide ouais,
- Blandine
c'est ce que j'étais en train de me dire, que tu avais vraiment au bout de ta vie et que du coup c'était signe que ça ne t'arrêtait pas la péridurale voilà,
- Rébecca
non mais je l'ai appris après et je me dis finalement, si j'avais su que j'étais si proche peut-être que j'aurais demandé à à faire patienter la péridurale, pour voir jusqu'à où j'aurais pu aller, à 9h30 l'anesthésie ça arrive Enfin, évidemment, il est pris par d'autres missions, donc il fait ce qu'il peut aussi. Et alors là, ça a été la croix et la bannière pour me faire asseoir parce que je n'arrivais pas à m'asseoir. Je ne tenais pas en place. Il me dispute, il me fait comprendre que... Voilà, il a des mots assez durs en me disant, mais tenez en place. Enfin, voilà, si vous voulez l'atterrisser maintenant, moi, je ne travaille pas avec des personnes qui ne tiennent pas en place. Je mets les mains derrière, je ne vais pas remettre les mains derrière. Là, à ce moment-là, ça devient dur parce que je me dis, je ne me sens pas... Tout le long où j'ai souffert, toute l'équipe médicale était au top et soufflait avec moi, m'encouragait. Et là, je sens que j'ai une baisse de morale, mais je me dis, il n'est pas dans le bon mood.
- Blandine
Ça casse un peu ton...
- Rébecca
Il m'a cassé mon petit cocon,
- Blandine
là.
- Rébecca
Je ne sais pas. Donc, la tâche va me prendre dans les bras, elle m'explique, on fait la pérille, je crois. Je n'ai pas trop compris, mais je crois que j'ai en plus une rachis anesthésie. Il me dit, vous êtes tellement dans le mal que je vous mets plus que prévu. Je n'ai pas tout compris. On m'attend que ça fasse effet. Ça fait quand même effet très rapidement. Et là, je souffre. La sage-femme me dit, on va regarder maintenant dans quel état c'est. Depuis que j'étais arrivée à la maternité, où elle m'avait contrôlée que j'étais à 3, elle ne savait pas depuis à combien j'étais. Et donc là, elle regarde, elle dit, je comprends votre douleur, vous êtes à 7.
- Blandine
OK.
- Rébecca
Elle dit, vous avez bien bossé,
- Blandine
là.
- Rébecca
Voilà, elle me dit, vous êtes quand même passée de 3 à 7 en l'espace de 2 heures, sans péril. Bon, je vois aussi dans son regard une heure de plus et peut-être que, bon, voilà, j'aurais pu... Oui,
- Blandine
je peux faire ça.
- Rébecca
Elle me confirme que tout est OK, que le bébé va bien. On peut refaire le monito, donc tout est OK. Le bébé est bien placé et elle me dit, là... Tous les signaux sont au vert. Donc, il est 9h30, elle me dit, on attend midi. Vous vous respirez, vous soufflez. Elle me dit, si vous voulez une dose en plus de Péry, vous utilisez le petit booster là. Mais on ne se fatigue pas. Bébé est bien, on la laisse descendre tranquillement. Elle me dit, monsieur, si vous voulez aller prendre un café, manger un bout, profitez. Parce que de toute façon, jusqu'à midi, il ne se passera rien. Donc, bon, il va se balader un petit peu. Il prend l'air. Ma belle-sœur vient me voir de temps en temps, je me repose un petit peu. À midi, la sage-femme revient, elle dit, ça descend toujours tranquillement, tout va toujours très bien. tout est toujours au vert, on continue à attendre parce que tant que tout va bien, plus bébé descend tout seul dans le bassin, moins vous aurez à pousser tout à l'heure. Et oui, je me dis, bon, là, je me dis, finalement, ça se passe quand même plutôt bien. Mais je reste consciente que d'un moment à un autre, tout peut basculer. Et donc, elle revient à 14h, elle me dit, encore une petite heure et puis on se mettra en place. Et donc là, il y a le stress qui commence à arriver. Je me dis, bon, ça y est, je crois que je vais accoucher. On a les petites musiques, on a la chance de pouvoir mettre un peu de musique. Mais voilà, le stress commence à monter, de me dire, ça y est, ça y est, on va rencontrer ma petite, dans peut-être une heure ou deux, j'ai accouché. Et puis, elle revient à 15h15. Elle me dit, bon, on se met en place. OK, là, il y a le stress qui monte.
- Blandine
Petite question, là ça y est, on y est.
- Rébecca
Donc elle nous dit, monsieur, vous vous placez à droite de votre femme. Et puis elle me dit, est-ce que vous voulez que Laurentia, votre belle-sœur, soit là ? Alors moi au début, je voulais qu'elle m'accompagne, mais je ne voulais pas qu'elle soit là pendant l'accouchement, parce que je ne voulais pas qu'elle me voit nulle.
- Blandine
Oui, ce qu'on peut comprendre.
- Rébecca
Et puis je me dis, finalement, je voudrais bien que ce soit elle, parce qu'elle me connaît quand même vachement bien. Ouais, je veux que ce soit. Donc, elle arrive, elle est extrêmement contente, forcément, de participer à ce qu'il se passe. Et je lui dis, par contre, tu ne regardes pas, vous ne regardez pas, j'accouche, mais tu ne regardes rien que la sage-femme. Et tout le monde dit, oui, oui, oui, pas de souci, pas de souci. Donc, la sage-femme me dit, bon, donc, on se met dans la position pour accoucher. Elle me dit, voilà, avant de vraiment se lancer, on va regarder si vous comprenez bien le principe de pousser. Elle m'explique comment faire. Elle m'avait quand même fait venir à midi. Elle me disait, je vous conseille de ne plus trop appuyer sur le booster. Comme ça, quand vous allez accoucher tout à l'heure, vous sentirez bien le bébé pousser. Ce sera plus facile pour pousser. OK. Donc, je l'avais écouté. Et donc, elle me dit, voilà, il faut bien pousser en bas. On essaye une ou deux fois pour voir. Et elle me dit, en fait, vous avez très bien compris. Eh bien, on y va. Elle me dit, par contre, là, c'était de l'entraînement. Il va falloir pousser plus fort et plus longtemps. Ok, la pression. Là, on a vraiment l'impression parce que je me dis, ça y est, et puis je suis responsable, donc c'est à moi de tout donner. Et en trois poussées, en cinq minutes, mon bébé était sorti.
- Blandine
Ah ouais, tu poussais vraiment très très bien du coup.
- Rébecca
Oui, elle m'a dit que vous avez poussé extrêmement. Et en fait, dans ma tête, je pensais à, par exemple, quand j'étais au sport et qu'il fallait que je porte des charges très lourdes et que je me concentre pour porter la charge lourde, je me focalisais sur ça et j'étais vraiment dans ma bulle. Je crois que j'ai eu les yeux fermés tout le long. ou de la pousser et je me disais allez, allez, allez, allez et j'avais des encouragements de mon mari, de ma belle-sœur, de la sage-femme et voilà, ça m'a vraiment aidée le bébé sort alors déjà avant que le bébé sorte enfin pendant que ça sortait elle me dit voulez-vous toucher la tête ah j'ai dit non, j'ai dit non, ça va me tromper dans mon élan, je refuse et là j'entends mon mari dire mais oui, je vois ses cheveux ah je dis mince, il est en train de regarder je vous le dis pas Ma médecin dit Oui, oui, elle a plein de cheveux. Je dis Mais ça y est, les deux regardent.
- Blandine
Ça y est, c'est open bar, tout le monde arrive au spectacle. Je pousse,
- Rébecca
le bébé sort, on me la pose sur moi. En plus, j'avais peur aussi d'avoir un bébé un peu sale, etc. Mais elle sort, elle est toute propre. Elle a un petit peu de mal à pleurer au début, mais c'est parce que comme elle a avalé un peu de liquide admiotique, alors elle n'est pas intubée ni rien, mais ils la font un petit peu tousser. Elle fait son premier cri très, très rapidement. Et puis voilà, on me dit, ça y est, vous avez accouché. J'étais bon, d'accord. Donc, Louise est née. C'est super. Voilà, ça y est, je suis maman. Là, Sacha me propose à mon mari de couper le cordon. Il accepte. J'ai quand même fait une petite farce. Au moment de couper, je lui dis aïe. Alors, il a eu peur, mais je vais très vite le comprendre. Non,
- Blandine
je rigole. C'est quoi avec de maman ?
- Rébecca
Et là, je me rends compte aussi que mon corps a oublié ce qui se passait après l'accouchement. puisque en fait le placenta ne sort pas. Et en fait, moi je suis dans ma bulle, j'ai mon bébé, je suis sur mon petit nuage et j'oublie complètement ce qui se passe. Et donc là, la sage-femme me fait comprendre que le placenta ne sort pas, qu'il va falloir que je repousse un petit peu. Donc, ils prennent mon bébé, ma belle-sœur commence à faire les petits soins, la nettoyer, elle s'occupe de ma fille avec mon mari. Elle m'appuie sur le ventre, elle me fait un peu des contractions et là, je sens que dans son regard... Ça ne va pas. Et donc là, la généco arrive. Et je ne comprends toujours pas ce qui se passe. En fait, on me fait comprendre que le placenta n'est pas sorti. J'ai le droit à une belle révision utérine, qui pour autant a été indolore. Je crois que j'ai beaucoup de chance à ce niveau-là, puisque la sage-femme a dû appuyer discrètement sur le booster de la péri, un petit peu avant d'appeler le médecin. Et tout de suite, quand le gynécologue s'arrive, je lui demande, est-ce que je suis déchirée, est-ce que j'ai quelque chose en bas ? Ça, ça me faisait aussi extrêmement peur, la déchireur, et encore plus l'épisio. Je savais que je n'avais pas eu une épisio, puisque la sage-femme ne m'avait rien dit à ce moment-là, et que j'avais quand même demandé à être prévenue en cas d'épisio. je voulais au moins être informée à ce niveau là et donc la gynéco me dit non non vous avez quelques éraillures donc là tout est ok et il y a juste un léger point que je dois faire alors là dans ma tête je me dis oh non j'ai un point j'ai un point et elle me dit mais vous inquiétez pas c'est sur une lèvre donc elle me dit ce sera un dolor et en effet ça s'est révélé un dolor ils font leur petit micmac autour de mon placenta j'ai quand même perdu presque 700 millilitres de sang en l'espace de... dans un temps très court. C'est pour ça que je reste finalement beaucoup plus longtemps en salle de naissance que prévu pour s'assurer que tout se passe bien. Je fais la tétée d'accueil puisque je voulais à minima tester la tétée d'accueil. Alors, je veux bien tester. On m'avait parlé d'allaitement. J'avais dit, oh non, je ne pense pas, je verrai. Je suis patiente. Je ferai au moins la tétée d'accueil parce que je trouve que c'est cool. Ça donne les premiers anticorps à bébé. Mais encore une fois, si je peux et si je le sens sur le moment. Ma belle-sœur me dit Tu veux faire la tétée ? Je dis Oui, on va tester, on va voir. On fait la tétée, ça se passe très bien. La salle de naissance après, nickel. Je remonte en chambre vers 19h avec mon bébé. Ce n'est pas moi qui porte mon bébé parce que je suis encore extrêmement fatiguée. Les médecins me disent avec le sang que j'ai perdu, tranquille, on reste sur la chaise. C'est nous qui vous montons en chambre et c'est papa qui prend le bébé. Donc, on va en chambre. Et puis là, il y a la pérille qui commence à ne plus faire effet. Je sens que j'ai mal. J'ai l'impression d'avoir une pression. J'ai l'impression d'avoir une boule de bowling entre les jambes. Mais on me dit que c'est normal. Je viens, on va toucher. La soirée se passe extrêmement bien. On commence à faire nos petites annonces de naissance puisque personne n'était informé. Ma mère s'inquiétait un petit peu parce qu'elle savait que j'avais rendez-vous le matin même. Et sur le temps du midi, elle me dit Mais alors ? Je dis Oui, oui, ça va, mais il me garde un petit peu pour le monito, pour être sûre. Puis elle travaillait, donc finalement, c'est passé outre. Et elle a quand même prévenu ma belle-sœur en disant Mais est-ce que Blandine va bien ? Je pense qu'indirectement, elle devait se douter que j'étais en train de… Oui,
- Blandine
pas de réponse égale réponse.
- Rébecca
Elle s'est dit Je ne vais pas appeler ma fille, parce que s'il se passe quoi que ce soit, ou si elle est en cours, je ne vais pas la déranger, je vais attendre son appel. Mais je demande quand même à ma belle-sœur pour m'assurer que… et donc ma belle soeur trouve un petit mensonge oui mais elle vous appellera je ne sais pas donc j'appelle ma mère je dis voilà ce que j'ai fait cet après-midi elle me dit mais tu m'as menti oui oui je t'ai menti j'étais en train d'accoucher donc
- Blandine
voilà mais tout se passe extrêmement bien ok d'accord et du coup ton post-accouchement immédiat comment ça va ?
- Rébecca
La première soirée, ça va, mais j'ai extrêmement mal. J'ai une équipe médicale. Pendant tout le long de mon séjour à la maternité, les équipes ont été au top du top, que ce soit pour mon bébé que pour moi. Vraiment, à chaque fois, dès que j'avais des douleurs ou autres, elles prenaient le temps de regarder, de s'assurer que tout était OK. J'ai fait un énorme dème au niveau de mon sein. C'était très gonflé. J'avais énormément d'hémorroïdes aussi. Il faut dire les choses, on ne va pas se mentir. Donc, c'était très douloureux à ce niveau-là, mais elles m'ont donné tout ce qu'il fallait. Et quand je suis sortie de la maternité, j'avais pratiquement plus rien.
- Blandine
OK.
- Rébecca
Donc, ça, ça m'a beaucoup soulagée. Mais c'est vrai que dès que je me levais ou que je marchais ou que j'étais en position assise, c'était douloureux.
- Blandine
D'accord.
- Rébecca
La première nuit se passe relativement bien, on va dire. Je pars sur le principe où je donne le biberon à ma fille. Et donc, dans la nuit, les sages-femmes, je crois que, en fait, je ne sais pas si c'est habituel ou pas, mais la première nuit, on me dit, les sages-femmes viendront vous voir, s'assurer que tout va bien. Et puis, pour nourrir votre bébé. Ok, pas de souci. Donc, je crois qu'elles arrivent vers 2h du mat. Elles disent, vous les donnez le biberon, on essaye le biberon. Il n'y a rien qui fonctionne. Elles disent, écoutez, on l'emmène un peu avec nous. Peut-être que, alors, je ne sais pas pourquoi elles l'emmènent, mais bon, c'est vrai que je suis un peu fatiguée à ce moment-là. Je pense qu'elles sentent aussi que moi, je suis fatiguée. Et elles disent, on l'emmène avec nous et on va essayer de la nourrir, vous inquiétez pas. Elle revient un quart d'heure après, elle veut pas du bib, mais bon, pas de panique. Elle est née à 41 plus 3, donc elle est en pleine forme, son poids est OK, il n'y a aucun souci. Elle a avalé un peu de liquide amniotique, elle a un peu de glaire, donc c'est peut-être ça aussi qui la dérange. Si elle ne mange pas de la nuit, pas de souci, on verra ça demain matin. Ok. Ok, donc moi, je ne m'inquiète vraiment pas, sauf qu'une heure après, elle se remet à pleurer. J'essaye le guide dans la chambre parce que, encore une fois, je n'ai pas envie d'appuyer sur le bouton pour déranger l'équipe médicale. Moi, je me dis, il y a toujours plus grave à côté. Je n'ai pas besoin de... Je n'ai pas la nécessité à les appeler. J'essaye de lui donner le guide, ça ne fonctionne pas. Et elle pleure, elle pleure. Je me dis, mais attends, je vais lui donner le sang. On va bien voir ce qui se passe. Et alors là, elle se calme et elle manque.
- Blandine
Ok. Elle voulait être allaitée.
- Rébecca
Voilà. Et donc, je me dis, c'est le début de l'allaitement. Et donc, je me dis, on va partir sur un allaitement mixte. Et vraiment, je ne m'étais pas du tout renseignée en plus sur l'allaitement. Je ne connaissais strictement rien. Je parlais sur le principe de ne pas allaiter. Donc, je ne vais pas me renseigner sur quelque chose qui n'est pas dans mon projet. Et bon, j'arrive à l'allaiter, mais tant bien que mal, j'ai mal. Parce qu'évidemment, je ne suis pas renseignée. Donc, je m'y prends. prend mal, bébé est mal positionné. Le lendemain, je me retrouve évidemment avec des crevasses. Les sages-femmes, encore une fois, me disent il est fallu que vous appelez, on aurait vu avec vous les positions. Donc dans la journée et la nuit qui ont suivi, à chaque fois que j'avais besoin d'allaiter, elles venaient à chaque fois. Elles me disent vous nous appelez et on vient et on vérifie ensemble la position. On essaye plein de positions différentes pour que vous puissiez trouver aussi la position qui vous convient. Allongée, assise, voilà. On a testé pas mal de choses et ça m'a beaucoup aidée. Et puis, ça se passe après relativement bien. Le soir, c'est toujours un peu triste parce que mon mari va me voir toute la journée. Et puis, le soir, quand il part, il y a le petit moment un peu de déprime parce qu'on se retrouve un peu solo. Mais non, ça se passe très bien. J'ai mal, mais globalement, les médicaments font bien effet. J'avais peur aussi de retourner aux toilettes. C'était une grande hantise. Alors, pour l'urine, ça s'est... très bien passé, j'avais peur des brûlures notamment à cause du poing et finalement comme le poing était situé sur la lèvre c'était un dollar. Donc ça j'ai eu de la chance et puis pour ce qui était côté sel, j'avais extrêmement peur à cause des hémorroïdes et en fait au bout de deux ou trois jours les médecins m'ont donné une sorte de petite gelée pour aider à faire sortir tout ce qu'il fallait sortir Et c'était quand même bien pratique. Ça m'avait aussi rassurée. Et puis, après, j'ai accouché le mardi. On sort de la maternité le samedi matin. Le médecin nous dit que tout est OK, qu'il n'y a pas de souci. Donc, on peut sortir. On part du principe... Enfin, on est toujours sur le fait de se dire, on fait un peu d'allaitement mix, même si les trois quarts du temps, elle est quand même à mon sein. Elle a très peu de biberons. Et puis, ma belle-sœur me dit, tiens, prends les petits biberons. De toute façon, on les laisse pour les futures mamans. Les petits vivants, tu les prends. Comme ça, si ce week-end, tu as besoin, au moins, tu as ce qu'il faut. Et puis, tu vois comment ton week-end se passe. Finalement, elle n'en a jamais eu besoin. Je les ai toujours à la maison, les petits vivants. Et finalement, elle est restée à l'été. Et elle est toujours à l'été aujourd'hui.
- Blandine
OK. Donc, elle avait décidé que du coup, c'est comme ça.
- Rébecca
Alors, après, il y a la question jusqu'à quand on allait, etc. Je savais que mon mari m'avait dit... C'est vrai que moi, je trouve que c'est chouette l'allaitement parce que c'est quand même beaucoup de bienfaits pour le bébé. Si tu ne veux pas, il n'y a pas de souci, je comprendrais. Je ne te forcerai jamais à allaiter parce que ça reste ton corps et il n'y a aucun souci. Mais bon, si tu peux allaiter, je trouve que c'est quand même super chouette. Donc, on s'était dit, on fait au moins les deux premiers mois, on voit, etc. Parce que ce n'est pas toujours évident, il faut que ça se mette en place. Et puis, la fatigue aussi, ça cumule. La nuit, on est un peu seul à gérer le bébé. C'est pas évident, on trouve un nouveau rythme aussi. Et puis les deux mois passent. Et puis finalement, on se dit, bon, on a fait deux mois, on a fait trois mois. Allez, on va jusqu'à la reprise du travail. Reprise du travail, OK, ça continue à bien se passer. Je dis, bon, maintenant que c'est en place, on va aller au moins jusqu'au six. Et puis jusqu'au six, ça se passe très bien. Et puis là, elle continue. Alors, elle a une à deux tétés maximum par jour à cause du travail. Mais voilà, comment le planning est fait, elle a au moins la tété du soir avec moi. Si je suis en télétravail à la salle du matin, et puis là, on se dit, j'allaiterai jusqu'à ce qu'elle n'en ressente plus le besoin. Je suis très contente de me dire, j'étais tellement pas partie pour ça et de voir qu'aujourd'hui, j'arrive à faire un allaitement long. Très contente. Le postpartum a été un peu difficile, peut-être un peu au début de temps, mais je pense que c'est le temps de trouver un nouveau rythme. Ce n'était pas évident. Mais en fait, j'étais tellement soulagée d'avoir accouché et d'avoir passé cette étape difficile qu'était la grossesse que je pense que finalement, j'ai réussi à passer outre.
- Blandine
Et du coup, toi qui étais à risque de dépression postpartum, pour l'instant, le postpartum n'est pas terminé. Non, non,
- Rébecca
non, je sais que la sage-femme m'avait prévenue et m'avait un peu alertée sur les signes de dépression. Elle m'avait dit, au moins, votre signe, il ne faut pas hésiter. Ne vous laissez pas envahir parce que vous n'êtes plus toute seule. Vous avez maintenant le bébé qui est là. Donc, ce sera d'autant plus difficile à gérer. Donc, j'étais quand même... prête à... J'avais conscience de ce risque et dès que je sentais que ça allait pas, alors j'en parlais directement à mon mari qui a été encore une fois exceptionnel. Les médecins aussi m'ont beaucoup aidée. J'ai pu... Enfin, dès que je voyais la sage-femme et que ça allait pas... Voilà, il fallait que ça sorte aussi et il fallait aussi que j'évacue toutes les tensions et toute la culpabilité que j'avais eue pendant ma grossesse. Et là, en fait, à ce moment-là, j'assumais enfin que j'étais mal pendant ma grossesse.
- Blandine
Ok. Post partum, tu as plus assumé que tu étais pas bien pendant la grossesse. Ok, d'accord. Eh bien, écoute, merci beaucoup pour ton témoignage et ton honnêteté, parce que c'est des sujets qui ne sont pas forcément faciles à aborder, aussi bien sur les détails de l'accouchement que sur le côté psychologique, parce que c'est vrai qu'on a du mal à admettre, j'aime pas être enceinte, ça m'a fait du mal et tout ça. C'est vraiment des choses qui ne sont pas encore... C'est encore dur à accepter.
- Rébecca
Même pour l'enregistrement du podcast, tu vois, j'écoute beaucoup les podcasts. En fait, c'est vrai qu'on a souvent des mamans qui ont des accouchements ou des grossesses assez difficiles. Et à chaque fois, je me dis, oh, les pauvres. Enfin, je me sens extrêmement mal quand j'écoute les podcasts. Et on sent que ça libère la parole et que c'est extrêmement évident. Et je me dis, mais est-ce que je suis vraiment légitime à faire ce podcast ? Parce qu'encore une fois, il y a le sentiment de culpabilité à dire, mais en fait, moi, ça... finalement, à part ma grossesse, enfin un peu la dépression de la grossesse, mais finalement, est-ce que je suis légitime à enregistrer ce podcast-là ? C'est encore une fois le cercle qui revient. Je me dis non, non, c'est bien aussi de libérer la parole et on peut tout à fait apprécier être enceinte comme on peut ne pas apprécier être enceinte et c'est OK. Oui,
- Blandine
et puis tu peux ne pas apprécier être enceinte même si physiquement, enfin du moins médicalement, pour le bébé et pour toi tout va bien, tu as le droit de quand même pas être bien et que ça te pèse et que ça te... n'est-ce pas ? Et je pense que oui, tu es très légitime parce que je pense que tu es loin d'être la seule et que du coup, tu vas peut-être aussi soulager des mamans qui vont se dire, ok, ça va, j'ai le droit, c'est bon.
- Rébecca
C'est vrai que même pendant la grossesse, je me disais, mais qu'est-ce que ça serait bien si ça pouvait être mon mari qui porte le bébé ? Lui qui était tellement... Dès qu'il voyait mon ventre, il me touchait, il parlait au bébé, il adorait me voir enceinte et moi, j'étais là. C'est à toi qu'il porte ce bébé et je me dis... Et en fait... Il y a un moment donné où je me suis dit, mais si je suis comme ça, est-ce que vraiment, est-ce que ce n'est pas un signe pour dire, je n'ai pas envie de cet enfant ? Je me suis posé quand même la question de me dire, est-ce que vraiment j'ai envie de cet enfant ? Parce que si je suis dans cet état-là, c'est peut-être à cause de ça. Ça n'a pas duré longtemps parce que je me suis dit, non, non, j'ai vraiment envie d'avoir mon bébé. Je n'ai qu'une lettre, c'est qu'il soit là. C'est vraiment la grossesse qui me posait problème et non pas le bébé.
- Blandine
C'est très bien de le dire aussi. Et du coup, est-ce que tu peux quand même rassurer peut-être ces petites mamans qui vont se sentir mal ? Est-ce que tu aimes ton bébé, du coup ? Ah oui, du coup.
- Rébecca
Non, mais dès l'instant où je l'ai vu, je me suis dit, oh, c'est mon bébé. Enfin, c'est à moi, de toute façon, de parler, c'est pas à lui. Mais j'ai dit, c'est moi qui ai créé ça. Enfin, je me rends compte que ce petit être, c'est ça qui était dans mon ventre. Enfin, non, oui, je l'aime.
- Blandine
Ça n'attache en rien le lien.
- Rébecca
C'est mon bébé d'amour. Je l'aime plus que tout le monde. Donc aucun doute, on peut ne pas aimer être enceinte et aimer puisque tout son bébé, il n'y a aucun... Voilà, c'est OK. Ouais,
- Blandine
et bien je pense qu'on va finir là-dessus. C'est la petite note positive qui vient clôturer ce beau témoignage. Donc merci beaucoup à toi.
- Rébecca
Merci beaucoup également.
- Speaker #2
Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si jamais il t'a plu et que tu souhaites aider le podcast... N'hésite pas à laisser une petite note sur l'application d'écoute sur laquelle tu es actuellement, ou un petit commentaire. Ça me ferait très plaisir, et ça peut être d'une grande aide pour aider le projet à avancer en attendant. Je te retrouve mercredi prochain pour une nouvelle histoire d'accouchement.