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Be-Life talk, le podcast qui met la santé des femmes en action

Accro au sucre ?

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30min |31/03/2025
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Description

Bienvenue dans Be-Life talk, le podcast qui met la santé des femmes en action !

Le sucre… impossible d’y échapper ! Présent partout (même là où on ne l'attend pas), il nous réconforte, nous booste, mais agit aussi comme un piège pour notre santé. Sommes-nous vraiment accros ? Pourquoi nos envies de sucre sont-elles si puissantes ? Et surtout, comment réduire notre consommation sans frustration ?

Dans cet épisode de Be-Life talk, nous accueillons Delphine Blondel, Psychonutritionniste, nutrithérapeute et aromathérapeute, qui nous aidera à comprendre les mécanismes de l’addiction au sucre et à adopter des solutions concrètes pour un rapport plus équilibré au sucre. Laurence Lins, dans sa chronique Phyto et nutri, nous donnera des conseils naturels pour accompagner cette transition en douceur. Quant à Alexandra Lambrechts, elle alimentera la discussion avec des infos et statistiques sur notre consommation de sucre.

Prêtes à changer votre regard sur le sucre ? 🍬❌💪

Écoutez, comprenez, agissez ! 🎧

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Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, je suis Perrine Raz, directrice de la communication et du marketing chez BeLife, et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de BeLife Talk, le podcast qui met la santé des femmes en action. Dans ce podcast, nous décryptons des sujets de santé avec des experts, nous partageons des conseils pratiques et on vous aide à trouver des solutions naturelles pour améliorer votre bien-être. Alors aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qui nous concerne toutes et tous, notre consommation, notre fameuse consommation de sucre. Sommes-nous tous accros au sucre ? Quels sont les effets sur notre santé ? Comment réduire cette consommation sans frustration ? Et bien pour en parler, j'ai autour de moi une équipe 5 étoiles, avec Alexandra Lambrex, notre journaliste, Delphine Blondel, notre invitée et experte pour naviguer dans cette thématique. Et Laurence Lins, notre directrice scientifique chez BeLive, qui est également nutrithérapeute. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je laisse la parole à Alex Mandral-Ambrex, qui va nous donner un chiffre marquant sur cette consommation de sucre.

  • Speaker #1

    Les Belges sont de gros consommateurs de sucre. En moyenne, selon des chiffres publiés en 2023, un Belge mange 48 kilos de sucre par an. Avec cette consommation, la Belgique est dans les pays européens où on consomme le plus de sucre. Ce sont les sucres ajoutés qui font arriver à un tel chiffre, par exemple dans les plats préparés, dans les sauces, etc. Si on se concentre sur les femmes, en moyenne, elles consomment 84 grammes de sucre par jour. C'est environ 14 morceaux de sucre. C'est moins que la consommation moyenne en Belgique, mais c'est plus que les recommandations sur lesquelles on reviendra plus tard dans cet épisode.

  • Speaker #0

    Merci Alexandra pour cette statistique tout à fait interpellante. Delphine Blondel, bienvenue ! dans ce podcast. Avant d'entrer dans le vif du sujet, puis-je vous demander de vous présenter aux oreilles qui nous écoutent.

  • Speaker #2

    Merci Périne, je suis vraiment ravie d'être avec vous aujourd'hui. Alors je suis diététicienne, nutritionniste, nutrithérapeute et licenciée en santé publique. Mon travail s'articule autour de trois axes, l'enseignement, les consultations et des formations en ligne et au quotidien. J'accompagne les femmes à apaiser leurs relations avec l'alimentation. à se reconnecter à leur corps et à adapter des habitudes alimentaires saines.

  • Speaker #0

    Si Delphine, alors on va aborder le premier volet de cette discussion, donc on va vraiment essayer de comprendre ce rôle du sucre. Et la première chose que j'ai envie de vous dire, c'est le sucre, c'est si bon ! Pourquoi diable dit-on toujours que c'est potentiellement néfaste ?

  • Speaker #2

    Oui, en effet, le sucre, c'est très bon, mais quand on dépasse une certaine dose, on va plutôt arriver du côté du poison. Pour paraphraser Paracel, c'est vraiment la dose qui va faire le poison. Et à nous de bien placer le curseur pour ne pas en manger trop.

  • Speaker #0

    On vient de le dire, il est souvent diabolisé, souvent aussi à juste titre. Mais comme dans ce podcast, on aime bien la nuance, on peut aussi rappeler qu'il joue un rôle essentiel. Et que ce n'est pas juste un effet néfaste. Notre corps, il en a besoin, Delphine.

  • Speaker #2

    Oui, alors c'est vraiment une excellente question parce qu'on entend souvent dire que le sucre est néfaste. alors qu'il joue un rôle fondamental. Notre cerveau, par exemple, c'est un grand consommateur de glucose qui lui sert de carburant principal. Sans lui, on ressent de la fatigue, des troubles de la concentration, des variations d'humeur et ce ne sont que des exemples. Mais tous les sucres ne se valent pas. Ceux qu'on va retrouver naturellement dans les aliments complets vont apporter, en plus de l'énergie, des nutriments essentiels qui vont ralentir la montée du sucre dans le sang et à l'inverse, les sucres raffinés, eux, vont... perturber notre métabolisme et favoriser des déséquilibres hormonaux notamment. Donc l'enjeu est davantage d'apprendre à choisir et à l'intégrer au bon moment plutôt que de vouloir le supprimer.

  • Speaker #0

    Je rebondis sur ce que vous dites parce qu'on entend souvent parler de sucre naturellement présent dans les aliments de sucre ajouté. On imagine bien qu'il existe un bon et un mauvais sucre, mais c'est sans doute plus complexe que cela. C'est quoi un bon et un mauvais sucre ?

  • Speaker #2

    Alors ? On aimerait bien pouvoir classer les sucres en gentils, en méchants, en bons.

  • Speaker #0

    C'est plus simple, évidemment.

  • Speaker #2

    C'est plus simple, effectivement. Mais les sucres, dans la réalité, c'est plus subtil. Donc les sucres qui sont naturellement présents dans les aliments, comme les fruits, les céréales complètes, ne se retrouvent jamais isolés. Ils sont dans ce qu'on appelle une matrice alimentaire, donc accompagnée de fibres, de minéraux, de vitamines. Et cette structure, cette matrice, permet vraiment leur assimilation sans faire de pic. d'hyperglycémie et ça apporte un vrai bénéfice nutritionnel. Tandis que les sucres ajoutés, qu'on va retrouver dans les produits ultra transformés, en général, ils sont dénués de nutriments et ils vont être absorbés trop rapidement. Et à terme, ils vont favoriser des problèmes tels que l'inflammation, la résistance à l'insuline et la fameuse prise de poids que les femmes n'apprécient pas trop.

  • Speaker #0

    Alors Delphine Pondel, on entend souvent dire qu'il y a des bons et des mauvais moments pour consommer du sucre. Est-ce que c'est vrai que pour la tarte au citron meringuée, il y a un bon moment et un mauvais moment ? Ou en fait, c'est juste pas génial en termes de quantité de sucre en une fois pour l'organisme ?

  • Speaker #2

    Oui, effectivement. La question, elle est centrale. Et je vous rassure, Périne, vous pourrez continuer à manger votre tarte au citron, mais on va essayer de trouver un moment opportun. Donc, c'est vraiment la manière dont on va métaboliser le sucre. qui va être centrale et le pire des moments, c'est certainement le matin à jeun. Parce que là, on va créer un pic brutal de glycémie qui va entraîner ce qu'on appelle une hypoglycémie réactionnelle où là, on va avoir des fringales tout au long de la journée. Donc ça, c'est vraiment le pire moment. Le meilleur moment pour la tarte au citron et pas que, ce sera plutôt après une activité physique ou après un repas, le repas de midi de préférence, parce que le soir, ce n'est pas génial non plus. À ce moment-là, notre corps n'aime pas métaboliser le glucose et l'insuline est un petit peu plus paresseuse, ce qui fait qu'on va plus facilement stocker que dépenser ce qu'on aura consommé.

  • Speaker #0

    Je crois que les Belges sont assez fans du moment du goûter. Donc à 4 heures, ce n'est pas terrible non plus tout seul, sans repas, si je comprends bien ce que vous dites.

  • Speaker #2

    Alors, il faudra justement le faire intelligemment. La tarte au citron, on va la faire précéder peut-être d'un yaourt ou une présence de protéines. et ou de fibres va ralentir l'assimilation de la tarte au citron.

  • Speaker #0

    Vous voilà prévenus. Est-ce qu'il est possible de vivre sans sucre ? Peut-on se dire je mène une vie où j'exclus le sucre de mon alimentation ? Est-ce que c'est possible ? Et est-ce que c'est à recommander peut-être à certains moments de la vie, selon l'âge ou en fonction de si on ne pratique pas beaucoup d'activités physiques parce qu'on n'aime pas ça ou on en est empêché ? Est-ce qu'on devrait vivre sans sucre ? Est-ce que la réponse est noir ou blanc ?

  • Speaker #2

    De vrai, non, mais théoriquement, on peut vivre sans sucre. Notre corps, il a une capacité assez géniale, c'est de fabriquer ou de refabriquer du sucre à partir des graisses ou des protéines. Alors, c'est un nom un peu complexe qu'on appelle la néoglucogénèse, mais cette faculté existe, mais ce serait bien triste. Alors, c'est juste sur un plan strictement biologique que c'est possible. Dans la réalité du quotidien, beaucoup de petits plaisirs sont associés au sucre. et ce serait vraiment triste de ne pas pouvoir en consommer.

  • Speaker #0

    Oui, et puis vivre sans sucre, c'est aussi quasiment impossible. On va en parler dans un instant parce qu'il est très présent dans l'alimentation. Alexandra, vous avez d'ailleurs un chiffre à nous communiquer qui émane du Conseil supérieur de la santé.

  • Speaker #1

    Effectivement, selon ce Conseil supérieur de la santé, il faut consommer le moins de sucre possible. Mais si on veut quand même évoquer un chiffre, l'ancienne recommandation, c'est de ne pas consommer plus de 10% de l'apport énergétique. totale sous forme de sucre ajouté. Et pour une femme, cette recommandation moyenne, c'est donc

  • Speaker #0

    8,5 sucres par jour.

  • Speaker #1

    On parle des petits sucres qu'on met, par exemple, dans son café ou dans une tasse de thé.

  • Speaker #0

    Si on pense à cette fameuse canette de soda que tout le monde connaît, on se dit qu'on y est bien vite, Delphine Blondel. 8 carrés de sucre ?

  • Speaker #2

    Oui, tout à fait. Et par exemple, le sandwich jambon-fromage que beaucoup de gens consomment sur leur repas de midi sur le pouce, eh bien, il correspond à 27... pierre de sucre.

  • Speaker #0

    C'est énorme, on ne s'en rend absolument pas compte et c'est important que vous le précisiez parce qu'entre une recommandation de 8,5 sucres carrés et ce fameux sandwich qui est au triple en fait, on explose tous les compteurs. On va aborder déjà le deuxième volet de notre discussion où on va vraiment s'intéresser à cette question de l'addiction au sucre. On le disait juste à l'instant, il est partout dans notre alimentation et souvent sans qu'on s'en rende compte, Donc comment finalement savoir qu'on en consomme trop ?

  • Speaker #2

    Effectivement, il est partout et surtout là où on ne va pas l'attendre. On parlait du jambon, mais il y en a dans des charcuteries, dans des produits salés qui contiennent déjà du sucre. Et pour savoir si on en consomme trop, alors on peut évidemment passer par un professionnel qui va faire le calcul, mais au-delà de ça, on peut se fier au cumul de certains symptômes, certains signes. Et je vais en citer par exemple quelques-uns, surtout pour... Des aliments sucrés, une fatigue postprandiale qui serait inexpliquée, des variations d'humeur où on va se sentir un peu plus accrant, un peu plus agressive, des troubles du sommeil et des sensations de faim. peu de temps après avoir mangé. Et ces signes, en fait, ils indiquent que la glycémie fluctue beaucoup, ce qui va épuiser l'organisme et favoriser de nouveau le stockage des graisses.

  • Speaker #0

    Donc ça, c'est vraiment les signes qui doivent nous alerter. Est-ce qu'il existe un seuil à partir duquel on peut se dire que là, on est dans une consommation qui est problématique ?

  • Speaker #2

    Alors, comme on l'a vu, il y a les recommandations du Conseil et de l'OMS qui recommandent de ne pas dépasser les 10% de l'apport calorique quotidien. Mais au-delà des chiffres, Ce sont des effets ressentis qui doivent nous alerter. Un besoin irrésistible de sucre, par exemple, une prise de poids qui serait inexpliquée, des troubles digestifs, une fatigue chronique, qui sont des signaux d'alerte. Et donc, l'organisme perd sa capacité à réguler naturellement son énergie et ses hormones, il ne faut pas l'oublier.

  • Speaker #0

    Peut-être que quelque chose d'important à expliquer, c'est que c'est vrai que la prise de poids, c'est assez visible, mais il y a toujours cette question de la glycémie, parce qu'il y a des personnes qui ne prennent pas spécialement du poids, mais qui peuvent avoir des problèmes. Au niveau de leur glycémie, comment on explique cette histoire de pic de glycémie ? Comment ça marche ?

  • Speaker #2

    Une fois qu'on consomme un aliment sucré, il va faire monter la glycémie. Donc c'est le glucose qui va monter et cette glycémie qui monte crée un appel d'insuline. L'insuline c'est une espèce de petite clé qui va permettre au sucre d'entrer dans les cellules. Malheureusement, sur nos cellules nous avons des récepteurs qui deviennent de moins en moins efficaces. C'est rapidement dit, mais c'est ce qui crée la résistance à l'insuline.

  • Speaker #0

    Et finalement, pourquoi est-ce qu'on est attiré par ce sucre ? Plus que par des aliments salés ? C'est vraiment quelque chose qui est notable. Qu'est-ce qui fait qu'on est attiré ?

  • Speaker #2

    Notre attirance pour le sucre, elle ne doit rien au hasard. Elle est profondément ancrée en nous, et à la fois sur le plan biologique, mais aussi émotionnel. Donc, dès notre vie intra-utérine, on est baigné dans le liquide amniotique, qui lui, déjà, a une saveur sucrée. Ensuite, le lait maternel. qui, avec sa teneur en lactose, renforce cette attirance innée pour le sucre, qui va créer d'ailleurs une association, une espèce d'ancrage entre sécurité et douceur. Et puis d'un point de vue neurobiologique, le sucre agit comme un véritable stimulant pour notre cerveau puisqu'il active le circuit de la récompense en libérant de la dopamine, l'hormone du plaisir, de la motivation. Mais il y a aussi tout un conditionnement, j'ai envie de dire émotionnel, social. Depuis l'enfance, le sucre est associé. à la récompense, au moment de fête, d'anniversaire, etc. Et ce lien, ça se renforce avec le temps, parce que toute la vie, on va fêter les choses avec du sucre.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il est correct de dire que le sucre agit sur notre cerveau comme une drogue ?

  • Speaker #2

    Oui, en effet. Comme on vient de le voir, le sucre, dès qu'on en consomme, il déclenche une libération de dopamine. Et donc, dans notre cerveau, on a une espèce d'explosion de dopamine et de plaisir, ce qui est gai.

  • Speaker #0

    mais c'est difficile de résister.

  • Speaker #2

    Il y a un piège derrière tout ça. Le piège, c'est qu'à force d'en consommer, notre cerveau s'y habitue et il augmente progressivement le seuil de sensibilité sans même s'en rendre compte. On va avoir besoin d'en consommer toujours plus pour ressentir les mêmes effets.

  • Speaker #0

    On n'en a plus envie. Et c'est là où le lien finalement avec les drogues est plus facile à faire. On parlait des sucres cachés tout à l'heure. Alexandra, je me tourne vers vous avec une fois encore un chiffre qui... explose les complets.

  • Speaker #1

    Si je vous dis que 80% des produits vendus en supermarché ont des sucres cachés.

  • Speaker #0

    Je ne vous crois pas.

  • Speaker #1

    C'est un fait. Dans 80%, on les retrouve dans les plats préparés, dans des produits transformés, dans des jus de fruits, mais aussi des produits salés, comme le disait madame.

  • Speaker #0

    Alors comment s'en sortir finalement ? Parce que si on se dit qu'en faisant ces courses, on tombe sur 80% de produits qui potentiellement contiennent trop de sucre, on doit faire ses courses différemment, peut-être ?

  • Speaker #2

    Probablement. Alors, il y a un mot qui est assez utile, c'est aller vers la simplicité. Une fois qu'on connaît les aliments qu'on consomme, il y a peu de risques. Et malheureusement, la charge mentale des femmes actuellement les pousse à aller vers des produits transformés. Évidemment, je ne juge pas en disant ça. Mais c'est vrai que si on allait vers plus de simplicité, on diminuerait notre consommation de sucre.

  • Speaker #0

    C'est très important ce que vous dites, parce que dans ce podcast, on s'intéresse évidemment à la santé des femmes. en particulier, et on sait que nous sommes les championnes pour cumuler le travail, la famille, la charge mentale qui va avec. Est-ce que le sucre est devenu pour les femmes une sorte de refuge conscient ou inconscient ? Voilà, c'est le petit plaisir facile dans une journée qui est très chargée. Est-ce qu'on est finalement un peu plus victime que les autres ?

  • Speaker #2

    Absolument, et c'est un phénomène qu'on observe souvent en consultation, mes collègues et moi, c'est que... Lorsqu'on cumule stress et fatigue, c'est un cocktail horrible pour une femme, et quand tout ça s'accumule, le corps cherche des solutions rapides, des solutions pour retrouver de l'énergie, et donc le sucre est un stimulant rapide qui... booste la dopamine, comme on l'a dit, et en augmentant temporairement la glycémie, il procure une sensation d'apaisement, de soulagement immédiat, ce que les femmes vont rechercher. Cependant, cet effet est éphémère.

  • Speaker #0

    C'est le piège, c'est vraiment la réponse rapide, sans penser évidemment, notre cerveau à ce moment-là ne pense pas aux effets à long terme.

  • Speaker #2

    Oui, parce que la chute derrière, elle est vraiment brutale.

  • Speaker #0

    Et les besoins en sucre, pour toujours revenir au cas spécifique des femmes, on sait que nous sommes constituées... différemment des hommes. Nous avons les cycles, les fameux cycles menstruels. Est-ce que les besoins en sucre vont varier au cours des différentes périodes du cycle ou pas du tout ? Est-ce qu'il y a des envies à contrôler plus à certains moments ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus à ce sujet ?

  • Speaker #2

    Tout à fait. Cette variation est directement liée aux fluctuations hormonales. Pendant la phase luthéale, par exemple, c'est la phase qui précède les règles. La production de progestérone augmente, ce qui accentue. les envies de sucre et de réconfort aussi. Donc cette phase, elle s'accompagne d'une baisse de sérotonine. C'est un neurotransmetteur du bien-être et ça explique pourquoi de nombreuses femmes vont ressentir un besoin accru de sucre pour compenser cette chute à ce moment-là. Alors il y a d'autres moments chez la femme aussi. Au moment de la ménopause, on va aussi rechercher du réconfort pour des chutes hormonales telles que la diminution d'oestrogène.

  • Speaker #0

    Et c'est là malheureusement que la fameuse prise de poids de la chute à ce moment-là... peut survenir. On sait que beaucoup de femmes ménopausées font face à cette difficulté de garder un poids stable à cause de la variation de la glycémie. Delphine Blondel, précisément sur la ménopause, est-ce que vous pouvez nous expliquer, d'un point de vue hormonal, comment ça fonctionne et comment se traduit cette envie de sucre ?

  • Speaker #2

    À la ménopause, il y a une baisse des oestrogènes et les cellules deviennent moins sensibles à l'insuline. Cette hormone permet, comme je l'expliquais tout à l'heure, au glucose de rentrer dans les cellules. Ces variations accrues de glycémie créent des stockages au niveau abdominal, particulièrement avec beaucoup de fatigue. Mais ce n'est pas tout. Malheureusement, pour les femmes ménopausées, il y a ce problème d'oestrogène, mais il y a également un problème au niveau de deux hormones qui régulent la faim et la satiété, que sont la leptine et la gréline. Leur diminution entraîne facilement des fringales. en particulier pour des aliments sucrés.

  • Speaker #0

    Et c'est là qu'il faut résister et que la frustration peut aussi pointer le bout de son nez. Alors on va justement, dans ce troisième volet, aborder la partie solution. Tout ça n'est pas une fatalité. Comment est-ce qu'on peut réduire sa consommation et si possible sans frustration ? On parlait de cette question de l'envie et du manque et donc du sevrage potentiel. Est-ce qu'il y a des astuces nutritionnelles ? pour pouvoir réduire sa consommation, mais sans vraiment se sentir dans cette étape de sevrage qui est finalement difficile, peut-être déprimante et inaccessible en fait.

  • Speaker #2

    Alors bien sûr, il y a des solutions,

  • Speaker #0

    d'où ma présence.

  • Speaker #2

    C'est la bonne nouvelle. Et lorsqu'on va réduire sa consommation de sucre, notre cerveau, il n'est pas content. Dans un premier temps, il n'est pas content. Donc ma manière d'envisager les choses, c'est plutôt d'aller doucement, lentement. Et dans les astuces qui vont être efficaces, c'est toujours bien. présenter des protéines à chaque repas. La présence des protéines va ralentir la montée de sucre. Ça, c'est une astuce. Une autre, c'est avoir un statut en magnésium suffisant parce que le magnésium joue un rôle clé dans la régulation de la glycémie. Augmenter les aliments riches en tryptophan qui vont favoriser la production de sérotonine et donc apaiser au niveau de l'humeur. Voilà déjà des astuces importantes pour réguler sa glycémie et diminuer sa consommation.

  • Speaker #0

    Donc si on est carencé en magnésium, évidemment, ce n'est déjà pas un contexte favorable. Donc il faut bien penser à avoir un apport suffisant, vous le disiez. Le tryptophan, c'est vrai qu'on n'y pense pas, mais pour la régulation de la sérotonine, c'est très important, vous le disiez. On associe aussi souvent le sucre au plaisir et à la récompense, on l'a évoqué. Il y a la question de la dépendance émotionnelle. Comment peut-on finalement reprogrammer son cerveau pour ne plus dépendre du sucre ? Parce que voilà, on est émotionnellement peut-être un peu plus sensible, on sait que le sucre est aussi un peu ce réconfort à un contexte émotionnel plus difficile.

  • Speaker #2

    Là, je pense qu'il faut agir sur plusieurs leviers. Par exemple, créer de nouvelles sources de plaisir, puisqu'on l'a vu, la dopamine qui est produite avec la consommation de sucre ne sera plus là. Donc, il va falloir trouver...

  • Speaker #0

    Compenser.

  • Speaker #2

    Compenser, comme l'activité physique qui doit nous aider énormément, mais aussi... réintroduire des aliments riches en fibres, en protéines, comme je le disais. Mais le but est de calmer les envies répressibles. Il y a aussi la pleine conscience qui permet de déguster, de savourer chaque aliment, d'y mettre de la conscience, justement, de la présence.

  • Speaker #0

    On évite de manger devant la télé.

  • Speaker #2

    C'est ça. Et on va reprogrammer nos circuits neuronaux. de la récompense autrement qu'avec du sucre.

  • Speaker #0

    Vous évoquiez l'activité physique. Je pense qu'il y a peut-être quelque chose aussi à déconstruire. C'est cette idée que, non, moi, je fais beaucoup de sport. Et donc, si je mange beaucoup de sucre, eh bien, ce n'est pas grave. Est-ce que c'est vrai ?

  • Speaker #2

    Non, bien sûr que non. Alors, ce qui est vrai, c'est qu'une femme qui va être sportive va pouvoir se permettre un petit peu plus d'aliments sucrés. Oui, c'est ça. Ce sera moins dangereux parce qu'elle va les dépenser plus vite. Mais en même temps, je pense que justement, les femmes sportives font attention. à leur consommation de sucre.

  • Speaker #0

    Donc vraiment, on passe par cette étape qui n'est pas un sevrage brut, mais une rééducation progressive. Est-ce qu'il est possible d'ailleurs de rééduquer son palais ? Parce que c'est vrai que quand on est habitué à ce goût sucré, quand on cherche cette saveur sucrée et qu'on la diminue, probablement que c'est difficile de pouvoir rééduquer son palais à d'autres aliments. Comment on fait ?

  • Speaker #2

    Alors absolument, c'est tout à fait possible. Et je pense que d'y aller progressivement, c'est probablement la meilleure. manière, les papilles s'adaptent à ce qu'on leur donne en fait. Lorsqu'on réduit progressivement l'apport en sucre, la sensibilité au goût sucré va augmenter, les aliments naturellement sucrés deviennent plus satisfaisants et donc on peut par exemple diminuer progressivement. Si vous mettez deux sucres dans votre café, y aller lentement et n'en mettre plus qu'un durant une semaine va permettre à vos papilles de s'habituer. à cette diminution de saveur sucrée.

  • Speaker #0

    Si je vous écoute, c'est important de diminuer cette envie de saveur sucrée. Qu'est-ce qu'on pense ? Que penser des substituts sucrés comme la stevia ? Ou on peut penser au sirop d'agave. On se dit que c'est un sucre naturel. Finalement, ça reste un goût sucré. Qu'est-ce que vous en pensez ?

  • Speaker #2

    Ces sucres-là vont être très utiles pour des personnes qui ont des pathologies où le sucre peut être presque proscrit. Je pense à des diabétiques en stade avancé ou des gens qui ne peuvent pas se permettre de consommer trop de sucre. Par contre, comme vous le disiez, le sucre, qu'il soit vrai, faux, naturel ou artificiel, garde la saveur sucrée au niveau du cerveau et ne va résoudre aucun problème.

  • Speaker #0

    Donc, ce n'est pas l'idéal pour rééduquer le palais. On l'a bien compris. Donc, il est possible de rééduquer son palais, mais ça prend combien de temps ?

  • Speaker #2

    En moyenne, en trois semaines, il est possible vraiment de réduire considérablement l'attirance pour les aliments sucrés. Donc c'est faisable.

  • Speaker #0

    Merci Delphine Blondel. Nous allons à présent accueillir notre directrice scientifique Laurence Lins pour sa chronique phyto et nutrie. Bienvenue Laurence.

  • Speaker #3

    Bonjour Périne.

  • Speaker #0

    Alors Laurence, on a abordé avec notre invité cette thématique du sucre. Sommes-nous tous accro aux sucres ? Parce qu'en phyto, on peut aider à réduire l'envie de sucre.

  • Speaker #3

    Il existe effectivement plusieurs plantes qui peuvent nous aider à diminuer en fait cette envie de sucre. qui est une plante ayurvédique, alors le nom c'est un peu compliqué, c'est Jimena sylvestris, et donc qui est une plante en fait anti-fringales sucrées, donc ça c'est magnifique.

  • Speaker #0

    Ça existe vraiment ça ?

  • Speaker #3

    Mais ça existe vraiment.

  • Speaker #0

    C'est vraiment pas du rêve ?

  • Speaker #3

    Pas du tout, et c'est documenté par de nombreux articles scientifiques, non seulement des études cliniques, mais aussi on sait comment ça fonctionne, en fait ça va quelque part couper notre perception sucrée, donc ça va vraiment agir au niveau des récepteurs du sucre, et donc ça a un effet. sur notre envie de sucrer. Donc ça, c'est magnifique. Et d'ailleurs, il faut savoir que cette plante, en sanscrit, s'appelle Goumar, qui veut dire destructeur de sucre. Donc son nom est tout à fait évocateur. On a aussi une autre plante qui est quand même assez sous le feu des projecteurs pour le moment, qui est en fait une plante qui s'appelle Berberis aristata, qui est en fait la cousine himalayenne de l'épine vinette, qui est une plante européenne. et qui contient en fait une molécule qui s'appelle la berbérine. Et cette berbérine, elle va pouvoir stabiliser notre glycémie et aussi jouer sur notre microbiote qui, comme toujours, a bien un rôle aussi dans nos envies de sucre. Et donc, par exemple, on sait que des bactéries ou des levures comme Candida albicans, donc les fameuses candidoses, eh bien ce Candida albicans, il est capable de nous faire manger plus de sucre parce que lui, il se nourrit de sucre et en fait, ça va jouer sur notre cerveau. Et ça va augmenter les envies de sucre. Donc, en rééquilibrant notre microbiote avec la berbérine, par exemple, on peut aussi diminuer nos envies de sucre.

  • Speaker #0

    Cette berbérine, évidemment, on en entend beaucoup parler. Je sais que tu t'es penchée notamment sur cet ingrédient, mais pas que, pour le développement de nouveaux produits Be.Life, pour justement aider à réguler la glycémie, mais aussi réduire les envies de sucre.

  • Speaker #3

    Oui, tout à fait. Donc là, c'est vraiment un teasing au mois de juin. Il y a deux produits qui vont sortir. Donc l'un qui s'appelle Suite Control, qui contient le fameux Jimena, qui va permettre de diminuer les envies de sucre. Donc ça, c'est un produit uniquement phyto. On va retrouver le Jimena, mais de la cannelle aussi, qui aide à réguler la glycémie. Et un autre produit qui s'appelle... Le glucocomplexe, il contient de la berbérine et du chrome qui tous les deux vont permettre de mieux réguler la glycémie. Donc c'est deux produits qui sont tout à fait complémentaires. Donc si on a des envies de sucre, on prend ensuite contrôle. Si on doit réguler sa glycémie, on prend glucocomplexe.

  • Speaker #0

    Oui parce qu'on peut avoir des envies de sucre sans forcément avoir des problèmes de glycémie. Et inversement, ça je ne sais pas si c'est possible, mais en tous les cas les deux produits sont bien différenciés. L'un pour accompagner les glycémies fluctuantes et l'autre... pour les envies de sucre irrépressibles.

  • Speaker #3

    Tout à fait, c'est tout à fait ça.

  • Speaker #0

    Donc au niveau de la nutrition à proprement parler, est-ce qu'il y a des super aliments qui peuvent aider à mieux gérer la glycémie au quotidien, donc éviter tous ces pics ?

  • Speaker #3

    Un des éléments nutritionnels les plus importants pour gérer ces pics de glycémie, ce sont les fibres solubles, qui sont en fait des prébiotiques. Donc on retrouve notre microbiote qui est impliqué. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ces fibres... vont permettre de ralentir l'absorption du glucose et donc d'équilibrer notre glycémie. Si notre microbiote, en plus de ça, est en meilleure santé, parce que les prébiotiques, les fibres nourrissent en fait nos bactéries, eh bien ça va aussi jouer sur nos envies de sucre. On va retrouver par exemple ces fibres dites solubles dans les grains de chia ou le psyllium, mais aussi dans certains fruits ou légumes comme les pommes, les bananes, les pruneaux, les figues. des asperges, des brocolis, des patates douces, donc que des bonnes choses. Il y a d'autres éléments qui peuvent être intéressants, comme le vinaigre de cidre. On en parle pas mal sur les réseaux sociaux actuellement, parce que l'acide acétique qu'on va retrouver dans le vinaigre de cidre va ralentir la vidange gastrique et donc réduit l'absorption du glucose. Là, on a parlé de nutrition, mais il y a aussi des nutriments qui sont intéressants. Par exemple, le chrome permet de contrôler les pics de glycémie et il va avoir également un effet sur la dopamine. et donc ça va aussi diminuer notre comportement compulsif vis-à-vis du sucre. Il y a d'autres minéraux comme le zinc ou le magnésium qui vont aussi être essentiels pour contrôler les pics de glycémie et la production d'insuline.

  • Speaker #0

    Alors est-ce qu'il y a des associations alimentaires qui peuvent aider à mieux stabiliser l'énergie, les envies sucrées ? Est-ce qu'il est intelligent de manger certains aliments avec d'autres ?

  • Speaker #3

    Oui, par exemple associer de bonnes protéines... qui vont notamment stabiliser la production de dopamine et des bonnes graisses comme les oméga-3 ou les oméga-9, c'est tout à fait intéressant. Et on peut les combiner avec ce qu'on appelle des glucides complexes, c'est-à-dire les glucides qu'on va retrouver dans les céréales ou les légumineuses. Et donc, cette association protéines, bonnes graisses et glucides complexes va permettre de ralentir l'absorption du sucre et d'éviter les pics de glycémie. J'ai parlé des céréales complètes, on peut également les associer avec des légumineux, si on est végétarien par exemple. Là ça va permettre par exemple si on pense au riz semi-complet avec des lentilles ou des petits pois.

  • Speaker #0

    Ça diminue l'index glycémique de nos repas et donc ça diminue les pics de glycémie. Et en plus de ça, ça nous amène beaucoup plus vite à satiété. Quand on est à satiété, on n'a pas envie de sucre. Et on peut évidemment toujours aussi utiliser des épices comme la cannelle, par exemple, ou le curcuma. On a parlé du vinaigre de cidre, tout ça peut se combiner dans une salade, par exemple. Et il y a aussi un petit conseil qui est un conseil un peu plus général, c'est-à-dire d'avoir un repas protéique. le matin et le midi, et de privilégier les glucides complexes, les céréales et les légumineuses, plutôt le soir, parce que ça va optimiser notre métabolisme, ça va en fait beaucoup mieux réguler notre satiété et donc les pics de glycémie.

  • Speaker #1

    Ça c'est important, c'est vraiment aussi une clé de ce podcast, c'est de se dire que le matin, on évite de manger trop sucré et on privilégie les protéines et le bon gras. Merci Laurence pour... tes apports et ta chronique phyto et nutrie. On te retrouve le mois prochain.

  • Speaker #0

    Avec plaisir.

  • Speaker #1

    Je vais demander à notre journaliste Alexandra Lambrex de résumer les points clés de cette discussion parce qu'on a évoqué évidemment la problématique mais aussi beaucoup de solutions. Et c'est important pour les personnes qui nous écoutent de se dire demain je passe à l'action. Qu'est-ce que je fais Alexandra ?

  • Speaker #2

    Alors il y a trois points à retenir en termes de solutions. C'est déjà qu'on ne fait pas son sevrage de sucre de manière drastique. On peut le faire lentement, histoire de ne pas complètement perdre son cerveau. On fait attention à son taux de magnésium, parce que ça peut jouer sur les envies de sucre aussi. On fait un retour à la simplicité. On ne se rue pas sur les plats préparés, etc. Parce que c'est évidemment dans ce style. d'aliments et de produits qu'on retrouve les sucres cachés. Or, si on se focalise sur des aliments simples et bruts, on évite ce sucre. Et puis, il faut aussi savoir que pour reprogrammer son palais en termes de goût de sucre, ça ne prend pas plus de trois semaines et donc ce n'est pas énormément d'efforts. Et puis, dernier point, on peut faire attention à se calmer et à pratiquer pour cela la pleine conscience.

  • Speaker #1

    On sent. Merci Alexandra et merci à toi. toutes pour ces échanges passionnants. On clôture ce premier trimestre consacré aux petites mauvaises habitudes. Nous nous retrouvons le mois prochain avec un nouveau podcast sur la thématique de la motivation, comment trouver l'élan et vaincre la procrastination. En clair, on se boue. Si vous avez aimé cet épisode de BeLiveTalk, faites-le nous savoir en vous abonnant et évidemment en partageant ce podcast à vos connaissances. N'hésitez pas également à nous laisser une petite note. Votre soutien est précieux et il nous permet de continuer à explorer tous ces sujets de santé essentiels pour votre bien-être. Prenez soin de vous et à très bientôt !

Description

Bienvenue dans Be-Life talk, le podcast qui met la santé des femmes en action !

Le sucre… impossible d’y échapper ! Présent partout (même là où on ne l'attend pas), il nous réconforte, nous booste, mais agit aussi comme un piège pour notre santé. Sommes-nous vraiment accros ? Pourquoi nos envies de sucre sont-elles si puissantes ? Et surtout, comment réduire notre consommation sans frustration ?

Dans cet épisode de Be-Life talk, nous accueillons Delphine Blondel, Psychonutritionniste, nutrithérapeute et aromathérapeute, qui nous aidera à comprendre les mécanismes de l’addiction au sucre et à adopter des solutions concrètes pour un rapport plus équilibré au sucre. Laurence Lins, dans sa chronique Phyto et nutri, nous donnera des conseils naturels pour accompagner cette transition en douceur. Quant à Alexandra Lambrechts, elle alimentera la discussion avec des infos et statistiques sur notre consommation de sucre.

Prêtes à changer votre regard sur le sucre ? 🍬❌💪

Écoutez, comprenez, agissez ! 🎧

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Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, je suis Perrine Raz, directrice de la communication et du marketing chez BeLife, et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de BeLife Talk, le podcast qui met la santé des femmes en action. Dans ce podcast, nous décryptons des sujets de santé avec des experts, nous partageons des conseils pratiques et on vous aide à trouver des solutions naturelles pour améliorer votre bien-être. Alors aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qui nous concerne toutes et tous, notre consommation, notre fameuse consommation de sucre. Sommes-nous tous accros au sucre ? Quels sont les effets sur notre santé ? Comment réduire cette consommation sans frustration ? Et bien pour en parler, j'ai autour de moi une équipe 5 étoiles, avec Alexandra Lambrex, notre journaliste, Delphine Blondel, notre invitée et experte pour naviguer dans cette thématique. Et Laurence Lins, notre directrice scientifique chez BeLive, qui est également nutrithérapeute. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je laisse la parole à Alex Mandral-Ambrex, qui va nous donner un chiffre marquant sur cette consommation de sucre.

  • Speaker #1

    Les Belges sont de gros consommateurs de sucre. En moyenne, selon des chiffres publiés en 2023, un Belge mange 48 kilos de sucre par an. Avec cette consommation, la Belgique est dans les pays européens où on consomme le plus de sucre. Ce sont les sucres ajoutés qui font arriver à un tel chiffre, par exemple dans les plats préparés, dans les sauces, etc. Si on se concentre sur les femmes, en moyenne, elles consomment 84 grammes de sucre par jour. C'est environ 14 morceaux de sucre. C'est moins que la consommation moyenne en Belgique, mais c'est plus que les recommandations sur lesquelles on reviendra plus tard dans cet épisode.

  • Speaker #0

    Merci Alexandra pour cette statistique tout à fait interpellante. Delphine Blondel, bienvenue ! dans ce podcast. Avant d'entrer dans le vif du sujet, puis-je vous demander de vous présenter aux oreilles qui nous écoutent.

  • Speaker #2

    Merci Périne, je suis vraiment ravie d'être avec vous aujourd'hui. Alors je suis diététicienne, nutritionniste, nutrithérapeute et licenciée en santé publique. Mon travail s'articule autour de trois axes, l'enseignement, les consultations et des formations en ligne et au quotidien. J'accompagne les femmes à apaiser leurs relations avec l'alimentation. à se reconnecter à leur corps et à adapter des habitudes alimentaires saines.

  • Speaker #0

    Si Delphine, alors on va aborder le premier volet de cette discussion, donc on va vraiment essayer de comprendre ce rôle du sucre. Et la première chose que j'ai envie de vous dire, c'est le sucre, c'est si bon ! Pourquoi diable dit-on toujours que c'est potentiellement néfaste ?

  • Speaker #2

    Oui, en effet, le sucre, c'est très bon, mais quand on dépasse une certaine dose, on va plutôt arriver du côté du poison. Pour paraphraser Paracel, c'est vraiment la dose qui va faire le poison. Et à nous de bien placer le curseur pour ne pas en manger trop.

  • Speaker #0

    On vient de le dire, il est souvent diabolisé, souvent aussi à juste titre. Mais comme dans ce podcast, on aime bien la nuance, on peut aussi rappeler qu'il joue un rôle essentiel. Et que ce n'est pas juste un effet néfaste. Notre corps, il en a besoin, Delphine.

  • Speaker #2

    Oui, alors c'est vraiment une excellente question parce qu'on entend souvent dire que le sucre est néfaste. alors qu'il joue un rôle fondamental. Notre cerveau, par exemple, c'est un grand consommateur de glucose qui lui sert de carburant principal. Sans lui, on ressent de la fatigue, des troubles de la concentration, des variations d'humeur et ce ne sont que des exemples. Mais tous les sucres ne se valent pas. Ceux qu'on va retrouver naturellement dans les aliments complets vont apporter, en plus de l'énergie, des nutriments essentiels qui vont ralentir la montée du sucre dans le sang et à l'inverse, les sucres raffinés, eux, vont... perturber notre métabolisme et favoriser des déséquilibres hormonaux notamment. Donc l'enjeu est davantage d'apprendre à choisir et à l'intégrer au bon moment plutôt que de vouloir le supprimer.

  • Speaker #0

    Je rebondis sur ce que vous dites parce qu'on entend souvent parler de sucre naturellement présent dans les aliments de sucre ajouté. On imagine bien qu'il existe un bon et un mauvais sucre, mais c'est sans doute plus complexe que cela. C'est quoi un bon et un mauvais sucre ?

  • Speaker #2

    Alors ? On aimerait bien pouvoir classer les sucres en gentils, en méchants, en bons.

  • Speaker #0

    C'est plus simple, évidemment.

  • Speaker #2

    C'est plus simple, effectivement. Mais les sucres, dans la réalité, c'est plus subtil. Donc les sucres qui sont naturellement présents dans les aliments, comme les fruits, les céréales complètes, ne se retrouvent jamais isolés. Ils sont dans ce qu'on appelle une matrice alimentaire, donc accompagnée de fibres, de minéraux, de vitamines. Et cette structure, cette matrice, permet vraiment leur assimilation sans faire de pic. d'hyperglycémie et ça apporte un vrai bénéfice nutritionnel. Tandis que les sucres ajoutés, qu'on va retrouver dans les produits ultra transformés, en général, ils sont dénués de nutriments et ils vont être absorbés trop rapidement. Et à terme, ils vont favoriser des problèmes tels que l'inflammation, la résistance à l'insuline et la fameuse prise de poids que les femmes n'apprécient pas trop.

  • Speaker #0

    Alors Delphine Pondel, on entend souvent dire qu'il y a des bons et des mauvais moments pour consommer du sucre. Est-ce que c'est vrai que pour la tarte au citron meringuée, il y a un bon moment et un mauvais moment ? Ou en fait, c'est juste pas génial en termes de quantité de sucre en une fois pour l'organisme ?

  • Speaker #2

    Oui, effectivement. La question, elle est centrale. Et je vous rassure, Périne, vous pourrez continuer à manger votre tarte au citron, mais on va essayer de trouver un moment opportun. Donc, c'est vraiment la manière dont on va métaboliser le sucre. qui va être centrale et le pire des moments, c'est certainement le matin à jeun. Parce que là, on va créer un pic brutal de glycémie qui va entraîner ce qu'on appelle une hypoglycémie réactionnelle où là, on va avoir des fringales tout au long de la journée. Donc ça, c'est vraiment le pire moment. Le meilleur moment pour la tarte au citron et pas que, ce sera plutôt après une activité physique ou après un repas, le repas de midi de préférence, parce que le soir, ce n'est pas génial non plus. À ce moment-là, notre corps n'aime pas métaboliser le glucose et l'insuline est un petit peu plus paresseuse, ce qui fait qu'on va plus facilement stocker que dépenser ce qu'on aura consommé.

  • Speaker #0

    Je crois que les Belges sont assez fans du moment du goûter. Donc à 4 heures, ce n'est pas terrible non plus tout seul, sans repas, si je comprends bien ce que vous dites.

  • Speaker #2

    Alors, il faudra justement le faire intelligemment. La tarte au citron, on va la faire précéder peut-être d'un yaourt ou une présence de protéines. et ou de fibres va ralentir l'assimilation de la tarte au citron.

  • Speaker #0

    Vous voilà prévenus. Est-ce qu'il est possible de vivre sans sucre ? Peut-on se dire je mène une vie où j'exclus le sucre de mon alimentation ? Est-ce que c'est possible ? Et est-ce que c'est à recommander peut-être à certains moments de la vie, selon l'âge ou en fonction de si on ne pratique pas beaucoup d'activités physiques parce qu'on n'aime pas ça ou on en est empêché ? Est-ce qu'on devrait vivre sans sucre ? Est-ce que la réponse est noir ou blanc ?

  • Speaker #2

    De vrai, non, mais théoriquement, on peut vivre sans sucre. Notre corps, il a une capacité assez géniale, c'est de fabriquer ou de refabriquer du sucre à partir des graisses ou des protéines. Alors, c'est un nom un peu complexe qu'on appelle la néoglucogénèse, mais cette faculté existe, mais ce serait bien triste. Alors, c'est juste sur un plan strictement biologique que c'est possible. Dans la réalité du quotidien, beaucoup de petits plaisirs sont associés au sucre. et ce serait vraiment triste de ne pas pouvoir en consommer.

  • Speaker #0

    Oui, et puis vivre sans sucre, c'est aussi quasiment impossible. On va en parler dans un instant parce qu'il est très présent dans l'alimentation. Alexandra, vous avez d'ailleurs un chiffre à nous communiquer qui émane du Conseil supérieur de la santé.

  • Speaker #1

    Effectivement, selon ce Conseil supérieur de la santé, il faut consommer le moins de sucre possible. Mais si on veut quand même évoquer un chiffre, l'ancienne recommandation, c'est de ne pas consommer plus de 10% de l'apport énergétique. totale sous forme de sucre ajouté. Et pour une femme, cette recommandation moyenne, c'est donc

  • Speaker #0

    8,5 sucres par jour.

  • Speaker #1

    On parle des petits sucres qu'on met, par exemple, dans son café ou dans une tasse de thé.

  • Speaker #0

    Si on pense à cette fameuse canette de soda que tout le monde connaît, on se dit qu'on y est bien vite, Delphine Blondel. 8 carrés de sucre ?

  • Speaker #2

    Oui, tout à fait. Et par exemple, le sandwich jambon-fromage que beaucoup de gens consomment sur leur repas de midi sur le pouce, eh bien, il correspond à 27... pierre de sucre.

  • Speaker #0

    C'est énorme, on ne s'en rend absolument pas compte et c'est important que vous le précisiez parce qu'entre une recommandation de 8,5 sucres carrés et ce fameux sandwich qui est au triple en fait, on explose tous les compteurs. On va aborder déjà le deuxième volet de notre discussion où on va vraiment s'intéresser à cette question de l'addiction au sucre. On le disait juste à l'instant, il est partout dans notre alimentation et souvent sans qu'on s'en rende compte, Donc comment finalement savoir qu'on en consomme trop ?

  • Speaker #2

    Effectivement, il est partout et surtout là où on ne va pas l'attendre. On parlait du jambon, mais il y en a dans des charcuteries, dans des produits salés qui contiennent déjà du sucre. Et pour savoir si on en consomme trop, alors on peut évidemment passer par un professionnel qui va faire le calcul, mais au-delà de ça, on peut se fier au cumul de certains symptômes, certains signes. Et je vais en citer par exemple quelques-uns, surtout pour... Des aliments sucrés, une fatigue postprandiale qui serait inexpliquée, des variations d'humeur où on va se sentir un peu plus accrant, un peu plus agressive, des troubles du sommeil et des sensations de faim. peu de temps après avoir mangé. Et ces signes, en fait, ils indiquent que la glycémie fluctue beaucoup, ce qui va épuiser l'organisme et favoriser de nouveau le stockage des graisses.

  • Speaker #0

    Donc ça, c'est vraiment les signes qui doivent nous alerter. Est-ce qu'il existe un seuil à partir duquel on peut se dire que là, on est dans une consommation qui est problématique ?

  • Speaker #2

    Alors, comme on l'a vu, il y a les recommandations du Conseil et de l'OMS qui recommandent de ne pas dépasser les 10% de l'apport calorique quotidien. Mais au-delà des chiffres, Ce sont des effets ressentis qui doivent nous alerter. Un besoin irrésistible de sucre, par exemple, une prise de poids qui serait inexpliquée, des troubles digestifs, une fatigue chronique, qui sont des signaux d'alerte. Et donc, l'organisme perd sa capacité à réguler naturellement son énergie et ses hormones, il ne faut pas l'oublier.

  • Speaker #0

    Peut-être que quelque chose d'important à expliquer, c'est que c'est vrai que la prise de poids, c'est assez visible, mais il y a toujours cette question de la glycémie, parce qu'il y a des personnes qui ne prennent pas spécialement du poids, mais qui peuvent avoir des problèmes. Au niveau de leur glycémie, comment on explique cette histoire de pic de glycémie ? Comment ça marche ?

  • Speaker #2

    Une fois qu'on consomme un aliment sucré, il va faire monter la glycémie. Donc c'est le glucose qui va monter et cette glycémie qui monte crée un appel d'insuline. L'insuline c'est une espèce de petite clé qui va permettre au sucre d'entrer dans les cellules. Malheureusement, sur nos cellules nous avons des récepteurs qui deviennent de moins en moins efficaces. C'est rapidement dit, mais c'est ce qui crée la résistance à l'insuline.

  • Speaker #0

    Et finalement, pourquoi est-ce qu'on est attiré par ce sucre ? Plus que par des aliments salés ? C'est vraiment quelque chose qui est notable. Qu'est-ce qui fait qu'on est attiré ?

  • Speaker #2

    Notre attirance pour le sucre, elle ne doit rien au hasard. Elle est profondément ancrée en nous, et à la fois sur le plan biologique, mais aussi émotionnel. Donc, dès notre vie intra-utérine, on est baigné dans le liquide amniotique, qui lui, déjà, a une saveur sucrée. Ensuite, le lait maternel. qui, avec sa teneur en lactose, renforce cette attirance innée pour le sucre, qui va créer d'ailleurs une association, une espèce d'ancrage entre sécurité et douceur. Et puis d'un point de vue neurobiologique, le sucre agit comme un véritable stimulant pour notre cerveau puisqu'il active le circuit de la récompense en libérant de la dopamine, l'hormone du plaisir, de la motivation. Mais il y a aussi tout un conditionnement, j'ai envie de dire émotionnel, social. Depuis l'enfance, le sucre est associé. à la récompense, au moment de fête, d'anniversaire, etc. Et ce lien, ça se renforce avec le temps, parce que toute la vie, on va fêter les choses avec du sucre.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il est correct de dire que le sucre agit sur notre cerveau comme une drogue ?

  • Speaker #2

    Oui, en effet. Comme on vient de le voir, le sucre, dès qu'on en consomme, il déclenche une libération de dopamine. Et donc, dans notre cerveau, on a une espèce d'explosion de dopamine et de plaisir, ce qui est gai.

  • Speaker #0

    mais c'est difficile de résister.

  • Speaker #2

    Il y a un piège derrière tout ça. Le piège, c'est qu'à force d'en consommer, notre cerveau s'y habitue et il augmente progressivement le seuil de sensibilité sans même s'en rendre compte. On va avoir besoin d'en consommer toujours plus pour ressentir les mêmes effets.

  • Speaker #0

    On n'en a plus envie. Et c'est là où le lien finalement avec les drogues est plus facile à faire. On parlait des sucres cachés tout à l'heure. Alexandra, je me tourne vers vous avec une fois encore un chiffre qui... explose les complets.

  • Speaker #1

    Si je vous dis que 80% des produits vendus en supermarché ont des sucres cachés.

  • Speaker #0

    Je ne vous crois pas.

  • Speaker #1

    C'est un fait. Dans 80%, on les retrouve dans les plats préparés, dans des produits transformés, dans des jus de fruits, mais aussi des produits salés, comme le disait madame.

  • Speaker #0

    Alors comment s'en sortir finalement ? Parce que si on se dit qu'en faisant ces courses, on tombe sur 80% de produits qui potentiellement contiennent trop de sucre, on doit faire ses courses différemment, peut-être ?

  • Speaker #2

    Probablement. Alors, il y a un mot qui est assez utile, c'est aller vers la simplicité. Une fois qu'on connaît les aliments qu'on consomme, il y a peu de risques. Et malheureusement, la charge mentale des femmes actuellement les pousse à aller vers des produits transformés. Évidemment, je ne juge pas en disant ça. Mais c'est vrai que si on allait vers plus de simplicité, on diminuerait notre consommation de sucre.

  • Speaker #0

    C'est très important ce que vous dites, parce que dans ce podcast, on s'intéresse évidemment à la santé des femmes. en particulier, et on sait que nous sommes les championnes pour cumuler le travail, la famille, la charge mentale qui va avec. Est-ce que le sucre est devenu pour les femmes une sorte de refuge conscient ou inconscient ? Voilà, c'est le petit plaisir facile dans une journée qui est très chargée. Est-ce qu'on est finalement un peu plus victime que les autres ?

  • Speaker #2

    Absolument, et c'est un phénomène qu'on observe souvent en consultation, mes collègues et moi, c'est que... Lorsqu'on cumule stress et fatigue, c'est un cocktail horrible pour une femme, et quand tout ça s'accumule, le corps cherche des solutions rapides, des solutions pour retrouver de l'énergie, et donc le sucre est un stimulant rapide qui... booste la dopamine, comme on l'a dit, et en augmentant temporairement la glycémie, il procure une sensation d'apaisement, de soulagement immédiat, ce que les femmes vont rechercher. Cependant, cet effet est éphémère.

  • Speaker #0

    C'est le piège, c'est vraiment la réponse rapide, sans penser évidemment, notre cerveau à ce moment-là ne pense pas aux effets à long terme.

  • Speaker #2

    Oui, parce que la chute derrière, elle est vraiment brutale.

  • Speaker #0

    Et les besoins en sucre, pour toujours revenir au cas spécifique des femmes, on sait que nous sommes constituées... différemment des hommes. Nous avons les cycles, les fameux cycles menstruels. Est-ce que les besoins en sucre vont varier au cours des différentes périodes du cycle ou pas du tout ? Est-ce qu'il y a des envies à contrôler plus à certains moments ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus à ce sujet ?

  • Speaker #2

    Tout à fait. Cette variation est directement liée aux fluctuations hormonales. Pendant la phase luthéale, par exemple, c'est la phase qui précède les règles. La production de progestérone augmente, ce qui accentue. les envies de sucre et de réconfort aussi. Donc cette phase, elle s'accompagne d'une baisse de sérotonine. C'est un neurotransmetteur du bien-être et ça explique pourquoi de nombreuses femmes vont ressentir un besoin accru de sucre pour compenser cette chute à ce moment-là. Alors il y a d'autres moments chez la femme aussi. Au moment de la ménopause, on va aussi rechercher du réconfort pour des chutes hormonales telles que la diminution d'oestrogène.

  • Speaker #0

    Et c'est là malheureusement que la fameuse prise de poids de la chute à ce moment-là... peut survenir. On sait que beaucoup de femmes ménopausées font face à cette difficulté de garder un poids stable à cause de la variation de la glycémie. Delphine Blondel, précisément sur la ménopause, est-ce que vous pouvez nous expliquer, d'un point de vue hormonal, comment ça fonctionne et comment se traduit cette envie de sucre ?

  • Speaker #2

    À la ménopause, il y a une baisse des oestrogènes et les cellules deviennent moins sensibles à l'insuline. Cette hormone permet, comme je l'expliquais tout à l'heure, au glucose de rentrer dans les cellules. Ces variations accrues de glycémie créent des stockages au niveau abdominal, particulièrement avec beaucoup de fatigue. Mais ce n'est pas tout. Malheureusement, pour les femmes ménopausées, il y a ce problème d'oestrogène, mais il y a également un problème au niveau de deux hormones qui régulent la faim et la satiété, que sont la leptine et la gréline. Leur diminution entraîne facilement des fringales. en particulier pour des aliments sucrés.

  • Speaker #0

    Et c'est là qu'il faut résister et que la frustration peut aussi pointer le bout de son nez. Alors on va justement, dans ce troisième volet, aborder la partie solution. Tout ça n'est pas une fatalité. Comment est-ce qu'on peut réduire sa consommation et si possible sans frustration ? On parlait de cette question de l'envie et du manque et donc du sevrage potentiel. Est-ce qu'il y a des astuces nutritionnelles ? pour pouvoir réduire sa consommation, mais sans vraiment se sentir dans cette étape de sevrage qui est finalement difficile, peut-être déprimante et inaccessible en fait.

  • Speaker #2

    Alors bien sûr, il y a des solutions,

  • Speaker #0

    d'où ma présence.

  • Speaker #2

    C'est la bonne nouvelle. Et lorsqu'on va réduire sa consommation de sucre, notre cerveau, il n'est pas content. Dans un premier temps, il n'est pas content. Donc ma manière d'envisager les choses, c'est plutôt d'aller doucement, lentement. Et dans les astuces qui vont être efficaces, c'est toujours bien. présenter des protéines à chaque repas. La présence des protéines va ralentir la montée de sucre. Ça, c'est une astuce. Une autre, c'est avoir un statut en magnésium suffisant parce que le magnésium joue un rôle clé dans la régulation de la glycémie. Augmenter les aliments riches en tryptophan qui vont favoriser la production de sérotonine et donc apaiser au niveau de l'humeur. Voilà déjà des astuces importantes pour réguler sa glycémie et diminuer sa consommation.

  • Speaker #0

    Donc si on est carencé en magnésium, évidemment, ce n'est déjà pas un contexte favorable. Donc il faut bien penser à avoir un apport suffisant, vous le disiez. Le tryptophan, c'est vrai qu'on n'y pense pas, mais pour la régulation de la sérotonine, c'est très important, vous le disiez. On associe aussi souvent le sucre au plaisir et à la récompense, on l'a évoqué. Il y a la question de la dépendance émotionnelle. Comment peut-on finalement reprogrammer son cerveau pour ne plus dépendre du sucre ? Parce que voilà, on est émotionnellement peut-être un peu plus sensible, on sait que le sucre est aussi un peu ce réconfort à un contexte émotionnel plus difficile.

  • Speaker #2

    Là, je pense qu'il faut agir sur plusieurs leviers. Par exemple, créer de nouvelles sources de plaisir, puisqu'on l'a vu, la dopamine qui est produite avec la consommation de sucre ne sera plus là. Donc, il va falloir trouver...

  • Speaker #0

    Compenser.

  • Speaker #2

    Compenser, comme l'activité physique qui doit nous aider énormément, mais aussi... réintroduire des aliments riches en fibres, en protéines, comme je le disais. Mais le but est de calmer les envies répressibles. Il y a aussi la pleine conscience qui permet de déguster, de savourer chaque aliment, d'y mettre de la conscience, justement, de la présence.

  • Speaker #0

    On évite de manger devant la télé.

  • Speaker #2

    C'est ça. Et on va reprogrammer nos circuits neuronaux. de la récompense autrement qu'avec du sucre.

  • Speaker #0

    Vous évoquiez l'activité physique. Je pense qu'il y a peut-être quelque chose aussi à déconstruire. C'est cette idée que, non, moi, je fais beaucoup de sport. Et donc, si je mange beaucoup de sucre, eh bien, ce n'est pas grave. Est-ce que c'est vrai ?

  • Speaker #2

    Non, bien sûr que non. Alors, ce qui est vrai, c'est qu'une femme qui va être sportive va pouvoir se permettre un petit peu plus d'aliments sucrés. Oui, c'est ça. Ce sera moins dangereux parce qu'elle va les dépenser plus vite. Mais en même temps, je pense que justement, les femmes sportives font attention. à leur consommation de sucre.

  • Speaker #0

    Donc vraiment, on passe par cette étape qui n'est pas un sevrage brut, mais une rééducation progressive. Est-ce qu'il est possible d'ailleurs de rééduquer son palais ? Parce que c'est vrai que quand on est habitué à ce goût sucré, quand on cherche cette saveur sucrée et qu'on la diminue, probablement que c'est difficile de pouvoir rééduquer son palais à d'autres aliments. Comment on fait ?

  • Speaker #2

    Alors absolument, c'est tout à fait possible. Et je pense que d'y aller progressivement, c'est probablement la meilleure. manière, les papilles s'adaptent à ce qu'on leur donne en fait. Lorsqu'on réduit progressivement l'apport en sucre, la sensibilité au goût sucré va augmenter, les aliments naturellement sucrés deviennent plus satisfaisants et donc on peut par exemple diminuer progressivement. Si vous mettez deux sucres dans votre café, y aller lentement et n'en mettre plus qu'un durant une semaine va permettre à vos papilles de s'habituer. à cette diminution de saveur sucrée.

  • Speaker #0

    Si je vous écoute, c'est important de diminuer cette envie de saveur sucrée. Qu'est-ce qu'on pense ? Que penser des substituts sucrés comme la stevia ? Ou on peut penser au sirop d'agave. On se dit que c'est un sucre naturel. Finalement, ça reste un goût sucré. Qu'est-ce que vous en pensez ?

  • Speaker #2

    Ces sucres-là vont être très utiles pour des personnes qui ont des pathologies où le sucre peut être presque proscrit. Je pense à des diabétiques en stade avancé ou des gens qui ne peuvent pas se permettre de consommer trop de sucre. Par contre, comme vous le disiez, le sucre, qu'il soit vrai, faux, naturel ou artificiel, garde la saveur sucrée au niveau du cerveau et ne va résoudre aucun problème.

  • Speaker #0

    Donc, ce n'est pas l'idéal pour rééduquer le palais. On l'a bien compris. Donc, il est possible de rééduquer son palais, mais ça prend combien de temps ?

  • Speaker #2

    En moyenne, en trois semaines, il est possible vraiment de réduire considérablement l'attirance pour les aliments sucrés. Donc c'est faisable.

  • Speaker #0

    Merci Delphine Blondel. Nous allons à présent accueillir notre directrice scientifique Laurence Lins pour sa chronique phyto et nutrie. Bienvenue Laurence.

  • Speaker #3

    Bonjour Périne.

  • Speaker #0

    Alors Laurence, on a abordé avec notre invité cette thématique du sucre. Sommes-nous tous accro aux sucres ? Parce qu'en phyto, on peut aider à réduire l'envie de sucre.

  • Speaker #3

    Il existe effectivement plusieurs plantes qui peuvent nous aider à diminuer en fait cette envie de sucre. qui est une plante ayurvédique, alors le nom c'est un peu compliqué, c'est Jimena sylvestris, et donc qui est une plante en fait anti-fringales sucrées, donc ça c'est magnifique.

  • Speaker #0

    Ça existe vraiment ça ?

  • Speaker #3

    Mais ça existe vraiment.

  • Speaker #0

    C'est vraiment pas du rêve ?

  • Speaker #3

    Pas du tout, et c'est documenté par de nombreux articles scientifiques, non seulement des études cliniques, mais aussi on sait comment ça fonctionne, en fait ça va quelque part couper notre perception sucrée, donc ça va vraiment agir au niveau des récepteurs du sucre, et donc ça a un effet. sur notre envie de sucrer. Donc ça, c'est magnifique. Et d'ailleurs, il faut savoir que cette plante, en sanscrit, s'appelle Goumar, qui veut dire destructeur de sucre. Donc son nom est tout à fait évocateur. On a aussi une autre plante qui est quand même assez sous le feu des projecteurs pour le moment, qui est en fait une plante qui s'appelle Berberis aristata, qui est en fait la cousine himalayenne de l'épine vinette, qui est une plante européenne. et qui contient en fait une molécule qui s'appelle la berbérine. Et cette berbérine, elle va pouvoir stabiliser notre glycémie et aussi jouer sur notre microbiote qui, comme toujours, a bien un rôle aussi dans nos envies de sucre. Et donc, par exemple, on sait que des bactéries ou des levures comme Candida albicans, donc les fameuses candidoses, eh bien ce Candida albicans, il est capable de nous faire manger plus de sucre parce que lui, il se nourrit de sucre et en fait, ça va jouer sur notre cerveau. Et ça va augmenter les envies de sucre. Donc, en rééquilibrant notre microbiote avec la berbérine, par exemple, on peut aussi diminuer nos envies de sucre.

  • Speaker #0

    Cette berbérine, évidemment, on en entend beaucoup parler. Je sais que tu t'es penchée notamment sur cet ingrédient, mais pas que, pour le développement de nouveaux produits Be.Life, pour justement aider à réguler la glycémie, mais aussi réduire les envies de sucre.

  • Speaker #3

    Oui, tout à fait. Donc là, c'est vraiment un teasing au mois de juin. Il y a deux produits qui vont sortir. Donc l'un qui s'appelle Suite Control, qui contient le fameux Jimena, qui va permettre de diminuer les envies de sucre. Donc ça, c'est un produit uniquement phyto. On va retrouver le Jimena, mais de la cannelle aussi, qui aide à réguler la glycémie. Et un autre produit qui s'appelle... Le glucocomplexe, il contient de la berbérine et du chrome qui tous les deux vont permettre de mieux réguler la glycémie. Donc c'est deux produits qui sont tout à fait complémentaires. Donc si on a des envies de sucre, on prend ensuite contrôle. Si on doit réguler sa glycémie, on prend glucocomplexe.

  • Speaker #0

    Oui parce qu'on peut avoir des envies de sucre sans forcément avoir des problèmes de glycémie. Et inversement, ça je ne sais pas si c'est possible, mais en tous les cas les deux produits sont bien différenciés. L'un pour accompagner les glycémies fluctuantes et l'autre... pour les envies de sucre irrépressibles.

  • Speaker #3

    Tout à fait, c'est tout à fait ça.

  • Speaker #0

    Donc au niveau de la nutrition à proprement parler, est-ce qu'il y a des super aliments qui peuvent aider à mieux gérer la glycémie au quotidien, donc éviter tous ces pics ?

  • Speaker #3

    Un des éléments nutritionnels les plus importants pour gérer ces pics de glycémie, ce sont les fibres solubles, qui sont en fait des prébiotiques. Donc on retrouve notre microbiote qui est impliqué. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ces fibres... vont permettre de ralentir l'absorption du glucose et donc d'équilibrer notre glycémie. Si notre microbiote, en plus de ça, est en meilleure santé, parce que les prébiotiques, les fibres nourrissent en fait nos bactéries, eh bien ça va aussi jouer sur nos envies de sucre. On va retrouver par exemple ces fibres dites solubles dans les grains de chia ou le psyllium, mais aussi dans certains fruits ou légumes comme les pommes, les bananes, les pruneaux, les figues. des asperges, des brocolis, des patates douces, donc que des bonnes choses. Il y a d'autres éléments qui peuvent être intéressants, comme le vinaigre de cidre. On en parle pas mal sur les réseaux sociaux actuellement, parce que l'acide acétique qu'on va retrouver dans le vinaigre de cidre va ralentir la vidange gastrique et donc réduit l'absorption du glucose. Là, on a parlé de nutrition, mais il y a aussi des nutriments qui sont intéressants. Par exemple, le chrome permet de contrôler les pics de glycémie et il va avoir également un effet sur la dopamine. et donc ça va aussi diminuer notre comportement compulsif vis-à-vis du sucre. Il y a d'autres minéraux comme le zinc ou le magnésium qui vont aussi être essentiels pour contrôler les pics de glycémie et la production d'insuline.

  • Speaker #0

    Alors est-ce qu'il y a des associations alimentaires qui peuvent aider à mieux stabiliser l'énergie, les envies sucrées ? Est-ce qu'il est intelligent de manger certains aliments avec d'autres ?

  • Speaker #3

    Oui, par exemple associer de bonnes protéines... qui vont notamment stabiliser la production de dopamine et des bonnes graisses comme les oméga-3 ou les oméga-9, c'est tout à fait intéressant. Et on peut les combiner avec ce qu'on appelle des glucides complexes, c'est-à-dire les glucides qu'on va retrouver dans les céréales ou les légumineuses. Et donc, cette association protéines, bonnes graisses et glucides complexes va permettre de ralentir l'absorption du sucre et d'éviter les pics de glycémie. J'ai parlé des céréales complètes, on peut également les associer avec des légumineux, si on est végétarien par exemple. Là ça va permettre par exemple si on pense au riz semi-complet avec des lentilles ou des petits pois.

  • Speaker #0

    Ça diminue l'index glycémique de nos repas et donc ça diminue les pics de glycémie. Et en plus de ça, ça nous amène beaucoup plus vite à satiété. Quand on est à satiété, on n'a pas envie de sucre. Et on peut évidemment toujours aussi utiliser des épices comme la cannelle, par exemple, ou le curcuma. On a parlé du vinaigre de cidre, tout ça peut se combiner dans une salade, par exemple. Et il y a aussi un petit conseil qui est un conseil un peu plus général, c'est-à-dire d'avoir un repas protéique. le matin et le midi, et de privilégier les glucides complexes, les céréales et les légumineuses, plutôt le soir, parce que ça va optimiser notre métabolisme, ça va en fait beaucoup mieux réguler notre satiété et donc les pics de glycémie.

  • Speaker #1

    Ça c'est important, c'est vraiment aussi une clé de ce podcast, c'est de se dire que le matin, on évite de manger trop sucré et on privilégie les protéines et le bon gras. Merci Laurence pour... tes apports et ta chronique phyto et nutrie. On te retrouve le mois prochain.

  • Speaker #0

    Avec plaisir.

  • Speaker #1

    Je vais demander à notre journaliste Alexandra Lambrex de résumer les points clés de cette discussion parce qu'on a évoqué évidemment la problématique mais aussi beaucoup de solutions. Et c'est important pour les personnes qui nous écoutent de se dire demain je passe à l'action. Qu'est-ce que je fais Alexandra ?

  • Speaker #2

    Alors il y a trois points à retenir en termes de solutions. C'est déjà qu'on ne fait pas son sevrage de sucre de manière drastique. On peut le faire lentement, histoire de ne pas complètement perdre son cerveau. On fait attention à son taux de magnésium, parce que ça peut jouer sur les envies de sucre aussi. On fait un retour à la simplicité. On ne se rue pas sur les plats préparés, etc. Parce que c'est évidemment dans ce style. d'aliments et de produits qu'on retrouve les sucres cachés. Or, si on se focalise sur des aliments simples et bruts, on évite ce sucre. Et puis, il faut aussi savoir que pour reprogrammer son palais en termes de goût de sucre, ça ne prend pas plus de trois semaines et donc ce n'est pas énormément d'efforts. Et puis, dernier point, on peut faire attention à se calmer et à pratiquer pour cela la pleine conscience.

  • Speaker #1

    On sent. Merci Alexandra et merci à toi. toutes pour ces échanges passionnants. On clôture ce premier trimestre consacré aux petites mauvaises habitudes. Nous nous retrouvons le mois prochain avec un nouveau podcast sur la thématique de la motivation, comment trouver l'élan et vaincre la procrastination. En clair, on se boue. Si vous avez aimé cet épisode de BeLiveTalk, faites-le nous savoir en vous abonnant et évidemment en partageant ce podcast à vos connaissances. N'hésitez pas également à nous laisser une petite note. Votre soutien est précieux et il nous permet de continuer à explorer tous ces sujets de santé essentiels pour votre bien-être. Prenez soin de vous et à très bientôt !

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Description

Bienvenue dans Be-Life talk, le podcast qui met la santé des femmes en action !

Le sucre… impossible d’y échapper ! Présent partout (même là où on ne l'attend pas), il nous réconforte, nous booste, mais agit aussi comme un piège pour notre santé. Sommes-nous vraiment accros ? Pourquoi nos envies de sucre sont-elles si puissantes ? Et surtout, comment réduire notre consommation sans frustration ?

Dans cet épisode de Be-Life talk, nous accueillons Delphine Blondel, Psychonutritionniste, nutrithérapeute et aromathérapeute, qui nous aidera à comprendre les mécanismes de l’addiction au sucre et à adopter des solutions concrètes pour un rapport plus équilibré au sucre. Laurence Lins, dans sa chronique Phyto et nutri, nous donnera des conseils naturels pour accompagner cette transition en douceur. Quant à Alexandra Lambrechts, elle alimentera la discussion avec des infos et statistiques sur notre consommation de sucre.

Prêtes à changer votre regard sur le sucre ? 🍬❌💪

Écoutez, comprenez, agissez ! 🎧

🔔 Disponible dès maintenant sur votre plateforme de podcasts préférée !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, je suis Perrine Raz, directrice de la communication et du marketing chez BeLife, et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de BeLife Talk, le podcast qui met la santé des femmes en action. Dans ce podcast, nous décryptons des sujets de santé avec des experts, nous partageons des conseils pratiques et on vous aide à trouver des solutions naturelles pour améliorer votre bien-être. Alors aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qui nous concerne toutes et tous, notre consommation, notre fameuse consommation de sucre. Sommes-nous tous accros au sucre ? Quels sont les effets sur notre santé ? Comment réduire cette consommation sans frustration ? Et bien pour en parler, j'ai autour de moi une équipe 5 étoiles, avec Alexandra Lambrex, notre journaliste, Delphine Blondel, notre invitée et experte pour naviguer dans cette thématique. Et Laurence Lins, notre directrice scientifique chez BeLive, qui est également nutrithérapeute. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je laisse la parole à Alex Mandral-Ambrex, qui va nous donner un chiffre marquant sur cette consommation de sucre.

  • Speaker #1

    Les Belges sont de gros consommateurs de sucre. En moyenne, selon des chiffres publiés en 2023, un Belge mange 48 kilos de sucre par an. Avec cette consommation, la Belgique est dans les pays européens où on consomme le plus de sucre. Ce sont les sucres ajoutés qui font arriver à un tel chiffre, par exemple dans les plats préparés, dans les sauces, etc. Si on se concentre sur les femmes, en moyenne, elles consomment 84 grammes de sucre par jour. C'est environ 14 morceaux de sucre. C'est moins que la consommation moyenne en Belgique, mais c'est plus que les recommandations sur lesquelles on reviendra plus tard dans cet épisode.

  • Speaker #0

    Merci Alexandra pour cette statistique tout à fait interpellante. Delphine Blondel, bienvenue ! dans ce podcast. Avant d'entrer dans le vif du sujet, puis-je vous demander de vous présenter aux oreilles qui nous écoutent.

  • Speaker #2

    Merci Périne, je suis vraiment ravie d'être avec vous aujourd'hui. Alors je suis diététicienne, nutritionniste, nutrithérapeute et licenciée en santé publique. Mon travail s'articule autour de trois axes, l'enseignement, les consultations et des formations en ligne et au quotidien. J'accompagne les femmes à apaiser leurs relations avec l'alimentation. à se reconnecter à leur corps et à adapter des habitudes alimentaires saines.

  • Speaker #0

    Si Delphine, alors on va aborder le premier volet de cette discussion, donc on va vraiment essayer de comprendre ce rôle du sucre. Et la première chose que j'ai envie de vous dire, c'est le sucre, c'est si bon ! Pourquoi diable dit-on toujours que c'est potentiellement néfaste ?

  • Speaker #2

    Oui, en effet, le sucre, c'est très bon, mais quand on dépasse une certaine dose, on va plutôt arriver du côté du poison. Pour paraphraser Paracel, c'est vraiment la dose qui va faire le poison. Et à nous de bien placer le curseur pour ne pas en manger trop.

  • Speaker #0

    On vient de le dire, il est souvent diabolisé, souvent aussi à juste titre. Mais comme dans ce podcast, on aime bien la nuance, on peut aussi rappeler qu'il joue un rôle essentiel. Et que ce n'est pas juste un effet néfaste. Notre corps, il en a besoin, Delphine.

  • Speaker #2

    Oui, alors c'est vraiment une excellente question parce qu'on entend souvent dire que le sucre est néfaste. alors qu'il joue un rôle fondamental. Notre cerveau, par exemple, c'est un grand consommateur de glucose qui lui sert de carburant principal. Sans lui, on ressent de la fatigue, des troubles de la concentration, des variations d'humeur et ce ne sont que des exemples. Mais tous les sucres ne se valent pas. Ceux qu'on va retrouver naturellement dans les aliments complets vont apporter, en plus de l'énergie, des nutriments essentiels qui vont ralentir la montée du sucre dans le sang et à l'inverse, les sucres raffinés, eux, vont... perturber notre métabolisme et favoriser des déséquilibres hormonaux notamment. Donc l'enjeu est davantage d'apprendre à choisir et à l'intégrer au bon moment plutôt que de vouloir le supprimer.

  • Speaker #0

    Je rebondis sur ce que vous dites parce qu'on entend souvent parler de sucre naturellement présent dans les aliments de sucre ajouté. On imagine bien qu'il existe un bon et un mauvais sucre, mais c'est sans doute plus complexe que cela. C'est quoi un bon et un mauvais sucre ?

  • Speaker #2

    Alors ? On aimerait bien pouvoir classer les sucres en gentils, en méchants, en bons.

  • Speaker #0

    C'est plus simple, évidemment.

  • Speaker #2

    C'est plus simple, effectivement. Mais les sucres, dans la réalité, c'est plus subtil. Donc les sucres qui sont naturellement présents dans les aliments, comme les fruits, les céréales complètes, ne se retrouvent jamais isolés. Ils sont dans ce qu'on appelle une matrice alimentaire, donc accompagnée de fibres, de minéraux, de vitamines. Et cette structure, cette matrice, permet vraiment leur assimilation sans faire de pic. d'hyperglycémie et ça apporte un vrai bénéfice nutritionnel. Tandis que les sucres ajoutés, qu'on va retrouver dans les produits ultra transformés, en général, ils sont dénués de nutriments et ils vont être absorbés trop rapidement. Et à terme, ils vont favoriser des problèmes tels que l'inflammation, la résistance à l'insuline et la fameuse prise de poids que les femmes n'apprécient pas trop.

  • Speaker #0

    Alors Delphine Pondel, on entend souvent dire qu'il y a des bons et des mauvais moments pour consommer du sucre. Est-ce que c'est vrai que pour la tarte au citron meringuée, il y a un bon moment et un mauvais moment ? Ou en fait, c'est juste pas génial en termes de quantité de sucre en une fois pour l'organisme ?

  • Speaker #2

    Oui, effectivement. La question, elle est centrale. Et je vous rassure, Périne, vous pourrez continuer à manger votre tarte au citron, mais on va essayer de trouver un moment opportun. Donc, c'est vraiment la manière dont on va métaboliser le sucre. qui va être centrale et le pire des moments, c'est certainement le matin à jeun. Parce que là, on va créer un pic brutal de glycémie qui va entraîner ce qu'on appelle une hypoglycémie réactionnelle où là, on va avoir des fringales tout au long de la journée. Donc ça, c'est vraiment le pire moment. Le meilleur moment pour la tarte au citron et pas que, ce sera plutôt après une activité physique ou après un repas, le repas de midi de préférence, parce que le soir, ce n'est pas génial non plus. À ce moment-là, notre corps n'aime pas métaboliser le glucose et l'insuline est un petit peu plus paresseuse, ce qui fait qu'on va plus facilement stocker que dépenser ce qu'on aura consommé.

  • Speaker #0

    Je crois que les Belges sont assez fans du moment du goûter. Donc à 4 heures, ce n'est pas terrible non plus tout seul, sans repas, si je comprends bien ce que vous dites.

  • Speaker #2

    Alors, il faudra justement le faire intelligemment. La tarte au citron, on va la faire précéder peut-être d'un yaourt ou une présence de protéines. et ou de fibres va ralentir l'assimilation de la tarte au citron.

  • Speaker #0

    Vous voilà prévenus. Est-ce qu'il est possible de vivre sans sucre ? Peut-on se dire je mène une vie où j'exclus le sucre de mon alimentation ? Est-ce que c'est possible ? Et est-ce que c'est à recommander peut-être à certains moments de la vie, selon l'âge ou en fonction de si on ne pratique pas beaucoup d'activités physiques parce qu'on n'aime pas ça ou on en est empêché ? Est-ce qu'on devrait vivre sans sucre ? Est-ce que la réponse est noir ou blanc ?

  • Speaker #2

    De vrai, non, mais théoriquement, on peut vivre sans sucre. Notre corps, il a une capacité assez géniale, c'est de fabriquer ou de refabriquer du sucre à partir des graisses ou des protéines. Alors, c'est un nom un peu complexe qu'on appelle la néoglucogénèse, mais cette faculté existe, mais ce serait bien triste. Alors, c'est juste sur un plan strictement biologique que c'est possible. Dans la réalité du quotidien, beaucoup de petits plaisirs sont associés au sucre. et ce serait vraiment triste de ne pas pouvoir en consommer.

  • Speaker #0

    Oui, et puis vivre sans sucre, c'est aussi quasiment impossible. On va en parler dans un instant parce qu'il est très présent dans l'alimentation. Alexandra, vous avez d'ailleurs un chiffre à nous communiquer qui émane du Conseil supérieur de la santé.

  • Speaker #1

    Effectivement, selon ce Conseil supérieur de la santé, il faut consommer le moins de sucre possible. Mais si on veut quand même évoquer un chiffre, l'ancienne recommandation, c'est de ne pas consommer plus de 10% de l'apport énergétique. totale sous forme de sucre ajouté. Et pour une femme, cette recommandation moyenne, c'est donc

  • Speaker #0

    8,5 sucres par jour.

  • Speaker #1

    On parle des petits sucres qu'on met, par exemple, dans son café ou dans une tasse de thé.

  • Speaker #0

    Si on pense à cette fameuse canette de soda que tout le monde connaît, on se dit qu'on y est bien vite, Delphine Blondel. 8 carrés de sucre ?

  • Speaker #2

    Oui, tout à fait. Et par exemple, le sandwich jambon-fromage que beaucoup de gens consomment sur leur repas de midi sur le pouce, eh bien, il correspond à 27... pierre de sucre.

  • Speaker #0

    C'est énorme, on ne s'en rend absolument pas compte et c'est important que vous le précisiez parce qu'entre une recommandation de 8,5 sucres carrés et ce fameux sandwich qui est au triple en fait, on explose tous les compteurs. On va aborder déjà le deuxième volet de notre discussion où on va vraiment s'intéresser à cette question de l'addiction au sucre. On le disait juste à l'instant, il est partout dans notre alimentation et souvent sans qu'on s'en rende compte, Donc comment finalement savoir qu'on en consomme trop ?

  • Speaker #2

    Effectivement, il est partout et surtout là où on ne va pas l'attendre. On parlait du jambon, mais il y en a dans des charcuteries, dans des produits salés qui contiennent déjà du sucre. Et pour savoir si on en consomme trop, alors on peut évidemment passer par un professionnel qui va faire le calcul, mais au-delà de ça, on peut se fier au cumul de certains symptômes, certains signes. Et je vais en citer par exemple quelques-uns, surtout pour... Des aliments sucrés, une fatigue postprandiale qui serait inexpliquée, des variations d'humeur où on va se sentir un peu plus accrant, un peu plus agressive, des troubles du sommeil et des sensations de faim. peu de temps après avoir mangé. Et ces signes, en fait, ils indiquent que la glycémie fluctue beaucoup, ce qui va épuiser l'organisme et favoriser de nouveau le stockage des graisses.

  • Speaker #0

    Donc ça, c'est vraiment les signes qui doivent nous alerter. Est-ce qu'il existe un seuil à partir duquel on peut se dire que là, on est dans une consommation qui est problématique ?

  • Speaker #2

    Alors, comme on l'a vu, il y a les recommandations du Conseil et de l'OMS qui recommandent de ne pas dépasser les 10% de l'apport calorique quotidien. Mais au-delà des chiffres, Ce sont des effets ressentis qui doivent nous alerter. Un besoin irrésistible de sucre, par exemple, une prise de poids qui serait inexpliquée, des troubles digestifs, une fatigue chronique, qui sont des signaux d'alerte. Et donc, l'organisme perd sa capacité à réguler naturellement son énergie et ses hormones, il ne faut pas l'oublier.

  • Speaker #0

    Peut-être que quelque chose d'important à expliquer, c'est que c'est vrai que la prise de poids, c'est assez visible, mais il y a toujours cette question de la glycémie, parce qu'il y a des personnes qui ne prennent pas spécialement du poids, mais qui peuvent avoir des problèmes. Au niveau de leur glycémie, comment on explique cette histoire de pic de glycémie ? Comment ça marche ?

  • Speaker #2

    Une fois qu'on consomme un aliment sucré, il va faire monter la glycémie. Donc c'est le glucose qui va monter et cette glycémie qui monte crée un appel d'insuline. L'insuline c'est une espèce de petite clé qui va permettre au sucre d'entrer dans les cellules. Malheureusement, sur nos cellules nous avons des récepteurs qui deviennent de moins en moins efficaces. C'est rapidement dit, mais c'est ce qui crée la résistance à l'insuline.

  • Speaker #0

    Et finalement, pourquoi est-ce qu'on est attiré par ce sucre ? Plus que par des aliments salés ? C'est vraiment quelque chose qui est notable. Qu'est-ce qui fait qu'on est attiré ?

  • Speaker #2

    Notre attirance pour le sucre, elle ne doit rien au hasard. Elle est profondément ancrée en nous, et à la fois sur le plan biologique, mais aussi émotionnel. Donc, dès notre vie intra-utérine, on est baigné dans le liquide amniotique, qui lui, déjà, a une saveur sucrée. Ensuite, le lait maternel. qui, avec sa teneur en lactose, renforce cette attirance innée pour le sucre, qui va créer d'ailleurs une association, une espèce d'ancrage entre sécurité et douceur. Et puis d'un point de vue neurobiologique, le sucre agit comme un véritable stimulant pour notre cerveau puisqu'il active le circuit de la récompense en libérant de la dopamine, l'hormone du plaisir, de la motivation. Mais il y a aussi tout un conditionnement, j'ai envie de dire émotionnel, social. Depuis l'enfance, le sucre est associé. à la récompense, au moment de fête, d'anniversaire, etc. Et ce lien, ça se renforce avec le temps, parce que toute la vie, on va fêter les choses avec du sucre.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il est correct de dire que le sucre agit sur notre cerveau comme une drogue ?

  • Speaker #2

    Oui, en effet. Comme on vient de le voir, le sucre, dès qu'on en consomme, il déclenche une libération de dopamine. Et donc, dans notre cerveau, on a une espèce d'explosion de dopamine et de plaisir, ce qui est gai.

  • Speaker #0

    mais c'est difficile de résister.

  • Speaker #2

    Il y a un piège derrière tout ça. Le piège, c'est qu'à force d'en consommer, notre cerveau s'y habitue et il augmente progressivement le seuil de sensibilité sans même s'en rendre compte. On va avoir besoin d'en consommer toujours plus pour ressentir les mêmes effets.

  • Speaker #0

    On n'en a plus envie. Et c'est là où le lien finalement avec les drogues est plus facile à faire. On parlait des sucres cachés tout à l'heure. Alexandra, je me tourne vers vous avec une fois encore un chiffre qui... explose les complets.

  • Speaker #1

    Si je vous dis que 80% des produits vendus en supermarché ont des sucres cachés.

  • Speaker #0

    Je ne vous crois pas.

  • Speaker #1

    C'est un fait. Dans 80%, on les retrouve dans les plats préparés, dans des produits transformés, dans des jus de fruits, mais aussi des produits salés, comme le disait madame.

  • Speaker #0

    Alors comment s'en sortir finalement ? Parce que si on se dit qu'en faisant ces courses, on tombe sur 80% de produits qui potentiellement contiennent trop de sucre, on doit faire ses courses différemment, peut-être ?

  • Speaker #2

    Probablement. Alors, il y a un mot qui est assez utile, c'est aller vers la simplicité. Une fois qu'on connaît les aliments qu'on consomme, il y a peu de risques. Et malheureusement, la charge mentale des femmes actuellement les pousse à aller vers des produits transformés. Évidemment, je ne juge pas en disant ça. Mais c'est vrai que si on allait vers plus de simplicité, on diminuerait notre consommation de sucre.

  • Speaker #0

    C'est très important ce que vous dites, parce que dans ce podcast, on s'intéresse évidemment à la santé des femmes. en particulier, et on sait que nous sommes les championnes pour cumuler le travail, la famille, la charge mentale qui va avec. Est-ce que le sucre est devenu pour les femmes une sorte de refuge conscient ou inconscient ? Voilà, c'est le petit plaisir facile dans une journée qui est très chargée. Est-ce qu'on est finalement un peu plus victime que les autres ?

  • Speaker #2

    Absolument, et c'est un phénomène qu'on observe souvent en consultation, mes collègues et moi, c'est que... Lorsqu'on cumule stress et fatigue, c'est un cocktail horrible pour une femme, et quand tout ça s'accumule, le corps cherche des solutions rapides, des solutions pour retrouver de l'énergie, et donc le sucre est un stimulant rapide qui... booste la dopamine, comme on l'a dit, et en augmentant temporairement la glycémie, il procure une sensation d'apaisement, de soulagement immédiat, ce que les femmes vont rechercher. Cependant, cet effet est éphémère.

  • Speaker #0

    C'est le piège, c'est vraiment la réponse rapide, sans penser évidemment, notre cerveau à ce moment-là ne pense pas aux effets à long terme.

  • Speaker #2

    Oui, parce que la chute derrière, elle est vraiment brutale.

  • Speaker #0

    Et les besoins en sucre, pour toujours revenir au cas spécifique des femmes, on sait que nous sommes constituées... différemment des hommes. Nous avons les cycles, les fameux cycles menstruels. Est-ce que les besoins en sucre vont varier au cours des différentes périodes du cycle ou pas du tout ? Est-ce qu'il y a des envies à contrôler plus à certains moments ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus à ce sujet ?

  • Speaker #2

    Tout à fait. Cette variation est directement liée aux fluctuations hormonales. Pendant la phase luthéale, par exemple, c'est la phase qui précède les règles. La production de progestérone augmente, ce qui accentue. les envies de sucre et de réconfort aussi. Donc cette phase, elle s'accompagne d'une baisse de sérotonine. C'est un neurotransmetteur du bien-être et ça explique pourquoi de nombreuses femmes vont ressentir un besoin accru de sucre pour compenser cette chute à ce moment-là. Alors il y a d'autres moments chez la femme aussi. Au moment de la ménopause, on va aussi rechercher du réconfort pour des chutes hormonales telles que la diminution d'oestrogène.

  • Speaker #0

    Et c'est là malheureusement que la fameuse prise de poids de la chute à ce moment-là... peut survenir. On sait que beaucoup de femmes ménopausées font face à cette difficulté de garder un poids stable à cause de la variation de la glycémie. Delphine Blondel, précisément sur la ménopause, est-ce que vous pouvez nous expliquer, d'un point de vue hormonal, comment ça fonctionne et comment se traduit cette envie de sucre ?

  • Speaker #2

    À la ménopause, il y a une baisse des oestrogènes et les cellules deviennent moins sensibles à l'insuline. Cette hormone permet, comme je l'expliquais tout à l'heure, au glucose de rentrer dans les cellules. Ces variations accrues de glycémie créent des stockages au niveau abdominal, particulièrement avec beaucoup de fatigue. Mais ce n'est pas tout. Malheureusement, pour les femmes ménopausées, il y a ce problème d'oestrogène, mais il y a également un problème au niveau de deux hormones qui régulent la faim et la satiété, que sont la leptine et la gréline. Leur diminution entraîne facilement des fringales. en particulier pour des aliments sucrés.

  • Speaker #0

    Et c'est là qu'il faut résister et que la frustration peut aussi pointer le bout de son nez. Alors on va justement, dans ce troisième volet, aborder la partie solution. Tout ça n'est pas une fatalité. Comment est-ce qu'on peut réduire sa consommation et si possible sans frustration ? On parlait de cette question de l'envie et du manque et donc du sevrage potentiel. Est-ce qu'il y a des astuces nutritionnelles ? pour pouvoir réduire sa consommation, mais sans vraiment se sentir dans cette étape de sevrage qui est finalement difficile, peut-être déprimante et inaccessible en fait.

  • Speaker #2

    Alors bien sûr, il y a des solutions,

  • Speaker #0

    d'où ma présence.

  • Speaker #2

    C'est la bonne nouvelle. Et lorsqu'on va réduire sa consommation de sucre, notre cerveau, il n'est pas content. Dans un premier temps, il n'est pas content. Donc ma manière d'envisager les choses, c'est plutôt d'aller doucement, lentement. Et dans les astuces qui vont être efficaces, c'est toujours bien. présenter des protéines à chaque repas. La présence des protéines va ralentir la montée de sucre. Ça, c'est une astuce. Une autre, c'est avoir un statut en magnésium suffisant parce que le magnésium joue un rôle clé dans la régulation de la glycémie. Augmenter les aliments riches en tryptophan qui vont favoriser la production de sérotonine et donc apaiser au niveau de l'humeur. Voilà déjà des astuces importantes pour réguler sa glycémie et diminuer sa consommation.

  • Speaker #0

    Donc si on est carencé en magnésium, évidemment, ce n'est déjà pas un contexte favorable. Donc il faut bien penser à avoir un apport suffisant, vous le disiez. Le tryptophan, c'est vrai qu'on n'y pense pas, mais pour la régulation de la sérotonine, c'est très important, vous le disiez. On associe aussi souvent le sucre au plaisir et à la récompense, on l'a évoqué. Il y a la question de la dépendance émotionnelle. Comment peut-on finalement reprogrammer son cerveau pour ne plus dépendre du sucre ? Parce que voilà, on est émotionnellement peut-être un peu plus sensible, on sait que le sucre est aussi un peu ce réconfort à un contexte émotionnel plus difficile.

  • Speaker #2

    Là, je pense qu'il faut agir sur plusieurs leviers. Par exemple, créer de nouvelles sources de plaisir, puisqu'on l'a vu, la dopamine qui est produite avec la consommation de sucre ne sera plus là. Donc, il va falloir trouver...

  • Speaker #0

    Compenser.

  • Speaker #2

    Compenser, comme l'activité physique qui doit nous aider énormément, mais aussi... réintroduire des aliments riches en fibres, en protéines, comme je le disais. Mais le but est de calmer les envies répressibles. Il y a aussi la pleine conscience qui permet de déguster, de savourer chaque aliment, d'y mettre de la conscience, justement, de la présence.

  • Speaker #0

    On évite de manger devant la télé.

  • Speaker #2

    C'est ça. Et on va reprogrammer nos circuits neuronaux. de la récompense autrement qu'avec du sucre.

  • Speaker #0

    Vous évoquiez l'activité physique. Je pense qu'il y a peut-être quelque chose aussi à déconstruire. C'est cette idée que, non, moi, je fais beaucoup de sport. Et donc, si je mange beaucoup de sucre, eh bien, ce n'est pas grave. Est-ce que c'est vrai ?

  • Speaker #2

    Non, bien sûr que non. Alors, ce qui est vrai, c'est qu'une femme qui va être sportive va pouvoir se permettre un petit peu plus d'aliments sucrés. Oui, c'est ça. Ce sera moins dangereux parce qu'elle va les dépenser plus vite. Mais en même temps, je pense que justement, les femmes sportives font attention. à leur consommation de sucre.

  • Speaker #0

    Donc vraiment, on passe par cette étape qui n'est pas un sevrage brut, mais une rééducation progressive. Est-ce qu'il est possible d'ailleurs de rééduquer son palais ? Parce que c'est vrai que quand on est habitué à ce goût sucré, quand on cherche cette saveur sucrée et qu'on la diminue, probablement que c'est difficile de pouvoir rééduquer son palais à d'autres aliments. Comment on fait ?

  • Speaker #2

    Alors absolument, c'est tout à fait possible. Et je pense que d'y aller progressivement, c'est probablement la meilleure. manière, les papilles s'adaptent à ce qu'on leur donne en fait. Lorsqu'on réduit progressivement l'apport en sucre, la sensibilité au goût sucré va augmenter, les aliments naturellement sucrés deviennent plus satisfaisants et donc on peut par exemple diminuer progressivement. Si vous mettez deux sucres dans votre café, y aller lentement et n'en mettre plus qu'un durant une semaine va permettre à vos papilles de s'habituer. à cette diminution de saveur sucrée.

  • Speaker #0

    Si je vous écoute, c'est important de diminuer cette envie de saveur sucrée. Qu'est-ce qu'on pense ? Que penser des substituts sucrés comme la stevia ? Ou on peut penser au sirop d'agave. On se dit que c'est un sucre naturel. Finalement, ça reste un goût sucré. Qu'est-ce que vous en pensez ?

  • Speaker #2

    Ces sucres-là vont être très utiles pour des personnes qui ont des pathologies où le sucre peut être presque proscrit. Je pense à des diabétiques en stade avancé ou des gens qui ne peuvent pas se permettre de consommer trop de sucre. Par contre, comme vous le disiez, le sucre, qu'il soit vrai, faux, naturel ou artificiel, garde la saveur sucrée au niveau du cerveau et ne va résoudre aucun problème.

  • Speaker #0

    Donc, ce n'est pas l'idéal pour rééduquer le palais. On l'a bien compris. Donc, il est possible de rééduquer son palais, mais ça prend combien de temps ?

  • Speaker #2

    En moyenne, en trois semaines, il est possible vraiment de réduire considérablement l'attirance pour les aliments sucrés. Donc c'est faisable.

  • Speaker #0

    Merci Delphine Blondel. Nous allons à présent accueillir notre directrice scientifique Laurence Lins pour sa chronique phyto et nutrie. Bienvenue Laurence.

  • Speaker #3

    Bonjour Périne.

  • Speaker #0

    Alors Laurence, on a abordé avec notre invité cette thématique du sucre. Sommes-nous tous accro aux sucres ? Parce qu'en phyto, on peut aider à réduire l'envie de sucre.

  • Speaker #3

    Il existe effectivement plusieurs plantes qui peuvent nous aider à diminuer en fait cette envie de sucre. qui est une plante ayurvédique, alors le nom c'est un peu compliqué, c'est Jimena sylvestris, et donc qui est une plante en fait anti-fringales sucrées, donc ça c'est magnifique.

  • Speaker #0

    Ça existe vraiment ça ?

  • Speaker #3

    Mais ça existe vraiment.

  • Speaker #0

    C'est vraiment pas du rêve ?

  • Speaker #3

    Pas du tout, et c'est documenté par de nombreux articles scientifiques, non seulement des études cliniques, mais aussi on sait comment ça fonctionne, en fait ça va quelque part couper notre perception sucrée, donc ça va vraiment agir au niveau des récepteurs du sucre, et donc ça a un effet. sur notre envie de sucrer. Donc ça, c'est magnifique. Et d'ailleurs, il faut savoir que cette plante, en sanscrit, s'appelle Goumar, qui veut dire destructeur de sucre. Donc son nom est tout à fait évocateur. On a aussi une autre plante qui est quand même assez sous le feu des projecteurs pour le moment, qui est en fait une plante qui s'appelle Berberis aristata, qui est en fait la cousine himalayenne de l'épine vinette, qui est une plante européenne. et qui contient en fait une molécule qui s'appelle la berbérine. Et cette berbérine, elle va pouvoir stabiliser notre glycémie et aussi jouer sur notre microbiote qui, comme toujours, a bien un rôle aussi dans nos envies de sucre. Et donc, par exemple, on sait que des bactéries ou des levures comme Candida albicans, donc les fameuses candidoses, eh bien ce Candida albicans, il est capable de nous faire manger plus de sucre parce que lui, il se nourrit de sucre et en fait, ça va jouer sur notre cerveau. Et ça va augmenter les envies de sucre. Donc, en rééquilibrant notre microbiote avec la berbérine, par exemple, on peut aussi diminuer nos envies de sucre.

  • Speaker #0

    Cette berbérine, évidemment, on en entend beaucoup parler. Je sais que tu t'es penchée notamment sur cet ingrédient, mais pas que, pour le développement de nouveaux produits Be.Life, pour justement aider à réguler la glycémie, mais aussi réduire les envies de sucre.

  • Speaker #3

    Oui, tout à fait. Donc là, c'est vraiment un teasing au mois de juin. Il y a deux produits qui vont sortir. Donc l'un qui s'appelle Suite Control, qui contient le fameux Jimena, qui va permettre de diminuer les envies de sucre. Donc ça, c'est un produit uniquement phyto. On va retrouver le Jimena, mais de la cannelle aussi, qui aide à réguler la glycémie. Et un autre produit qui s'appelle... Le glucocomplexe, il contient de la berbérine et du chrome qui tous les deux vont permettre de mieux réguler la glycémie. Donc c'est deux produits qui sont tout à fait complémentaires. Donc si on a des envies de sucre, on prend ensuite contrôle. Si on doit réguler sa glycémie, on prend glucocomplexe.

  • Speaker #0

    Oui parce qu'on peut avoir des envies de sucre sans forcément avoir des problèmes de glycémie. Et inversement, ça je ne sais pas si c'est possible, mais en tous les cas les deux produits sont bien différenciés. L'un pour accompagner les glycémies fluctuantes et l'autre... pour les envies de sucre irrépressibles.

  • Speaker #3

    Tout à fait, c'est tout à fait ça.

  • Speaker #0

    Donc au niveau de la nutrition à proprement parler, est-ce qu'il y a des super aliments qui peuvent aider à mieux gérer la glycémie au quotidien, donc éviter tous ces pics ?

  • Speaker #3

    Un des éléments nutritionnels les plus importants pour gérer ces pics de glycémie, ce sont les fibres solubles, qui sont en fait des prébiotiques. Donc on retrouve notre microbiote qui est impliqué. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ces fibres... vont permettre de ralentir l'absorption du glucose et donc d'équilibrer notre glycémie. Si notre microbiote, en plus de ça, est en meilleure santé, parce que les prébiotiques, les fibres nourrissent en fait nos bactéries, eh bien ça va aussi jouer sur nos envies de sucre. On va retrouver par exemple ces fibres dites solubles dans les grains de chia ou le psyllium, mais aussi dans certains fruits ou légumes comme les pommes, les bananes, les pruneaux, les figues. des asperges, des brocolis, des patates douces, donc que des bonnes choses. Il y a d'autres éléments qui peuvent être intéressants, comme le vinaigre de cidre. On en parle pas mal sur les réseaux sociaux actuellement, parce que l'acide acétique qu'on va retrouver dans le vinaigre de cidre va ralentir la vidange gastrique et donc réduit l'absorption du glucose. Là, on a parlé de nutrition, mais il y a aussi des nutriments qui sont intéressants. Par exemple, le chrome permet de contrôler les pics de glycémie et il va avoir également un effet sur la dopamine. et donc ça va aussi diminuer notre comportement compulsif vis-à-vis du sucre. Il y a d'autres minéraux comme le zinc ou le magnésium qui vont aussi être essentiels pour contrôler les pics de glycémie et la production d'insuline.

  • Speaker #0

    Alors est-ce qu'il y a des associations alimentaires qui peuvent aider à mieux stabiliser l'énergie, les envies sucrées ? Est-ce qu'il est intelligent de manger certains aliments avec d'autres ?

  • Speaker #3

    Oui, par exemple associer de bonnes protéines... qui vont notamment stabiliser la production de dopamine et des bonnes graisses comme les oméga-3 ou les oméga-9, c'est tout à fait intéressant. Et on peut les combiner avec ce qu'on appelle des glucides complexes, c'est-à-dire les glucides qu'on va retrouver dans les céréales ou les légumineuses. Et donc, cette association protéines, bonnes graisses et glucides complexes va permettre de ralentir l'absorption du sucre et d'éviter les pics de glycémie. J'ai parlé des céréales complètes, on peut également les associer avec des légumineux, si on est végétarien par exemple. Là ça va permettre par exemple si on pense au riz semi-complet avec des lentilles ou des petits pois.

  • Speaker #0

    Ça diminue l'index glycémique de nos repas et donc ça diminue les pics de glycémie. Et en plus de ça, ça nous amène beaucoup plus vite à satiété. Quand on est à satiété, on n'a pas envie de sucre. Et on peut évidemment toujours aussi utiliser des épices comme la cannelle, par exemple, ou le curcuma. On a parlé du vinaigre de cidre, tout ça peut se combiner dans une salade, par exemple. Et il y a aussi un petit conseil qui est un conseil un peu plus général, c'est-à-dire d'avoir un repas protéique. le matin et le midi, et de privilégier les glucides complexes, les céréales et les légumineuses, plutôt le soir, parce que ça va optimiser notre métabolisme, ça va en fait beaucoup mieux réguler notre satiété et donc les pics de glycémie.

  • Speaker #1

    Ça c'est important, c'est vraiment aussi une clé de ce podcast, c'est de se dire que le matin, on évite de manger trop sucré et on privilégie les protéines et le bon gras. Merci Laurence pour... tes apports et ta chronique phyto et nutrie. On te retrouve le mois prochain.

  • Speaker #0

    Avec plaisir.

  • Speaker #1

    Je vais demander à notre journaliste Alexandra Lambrex de résumer les points clés de cette discussion parce qu'on a évoqué évidemment la problématique mais aussi beaucoup de solutions. Et c'est important pour les personnes qui nous écoutent de se dire demain je passe à l'action. Qu'est-ce que je fais Alexandra ?

  • Speaker #2

    Alors il y a trois points à retenir en termes de solutions. C'est déjà qu'on ne fait pas son sevrage de sucre de manière drastique. On peut le faire lentement, histoire de ne pas complètement perdre son cerveau. On fait attention à son taux de magnésium, parce que ça peut jouer sur les envies de sucre aussi. On fait un retour à la simplicité. On ne se rue pas sur les plats préparés, etc. Parce que c'est évidemment dans ce style. d'aliments et de produits qu'on retrouve les sucres cachés. Or, si on se focalise sur des aliments simples et bruts, on évite ce sucre. Et puis, il faut aussi savoir que pour reprogrammer son palais en termes de goût de sucre, ça ne prend pas plus de trois semaines et donc ce n'est pas énormément d'efforts. Et puis, dernier point, on peut faire attention à se calmer et à pratiquer pour cela la pleine conscience.

  • Speaker #1

    On sent. Merci Alexandra et merci à toi. toutes pour ces échanges passionnants. On clôture ce premier trimestre consacré aux petites mauvaises habitudes. Nous nous retrouvons le mois prochain avec un nouveau podcast sur la thématique de la motivation, comment trouver l'élan et vaincre la procrastination. En clair, on se boue. Si vous avez aimé cet épisode de BeLiveTalk, faites-le nous savoir en vous abonnant et évidemment en partageant ce podcast à vos connaissances. N'hésitez pas également à nous laisser une petite note. Votre soutien est précieux et il nous permet de continuer à explorer tous ces sujets de santé essentiels pour votre bien-être. Prenez soin de vous et à très bientôt !

Description

Bienvenue dans Be-Life talk, le podcast qui met la santé des femmes en action !

Le sucre… impossible d’y échapper ! Présent partout (même là où on ne l'attend pas), il nous réconforte, nous booste, mais agit aussi comme un piège pour notre santé. Sommes-nous vraiment accros ? Pourquoi nos envies de sucre sont-elles si puissantes ? Et surtout, comment réduire notre consommation sans frustration ?

Dans cet épisode de Be-Life talk, nous accueillons Delphine Blondel, Psychonutritionniste, nutrithérapeute et aromathérapeute, qui nous aidera à comprendre les mécanismes de l’addiction au sucre et à adopter des solutions concrètes pour un rapport plus équilibré au sucre. Laurence Lins, dans sa chronique Phyto et nutri, nous donnera des conseils naturels pour accompagner cette transition en douceur. Quant à Alexandra Lambrechts, elle alimentera la discussion avec des infos et statistiques sur notre consommation de sucre.

Prêtes à changer votre regard sur le sucre ? 🍬❌💪

Écoutez, comprenez, agissez ! 🎧

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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, je suis Perrine Raz, directrice de la communication et du marketing chez BeLife, et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de BeLife Talk, le podcast qui met la santé des femmes en action. Dans ce podcast, nous décryptons des sujets de santé avec des experts, nous partageons des conseils pratiques et on vous aide à trouver des solutions naturelles pour améliorer votre bien-être. Alors aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qui nous concerne toutes et tous, notre consommation, notre fameuse consommation de sucre. Sommes-nous tous accros au sucre ? Quels sont les effets sur notre santé ? Comment réduire cette consommation sans frustration ? Et bien pour en parler, j'ai autour de moi une équipe 5 étoiles, avec Alexandra Lambrex, notre journaliste, Delphine Blondel, notre invitée et experte pour naviguer dans cette thématique. Et Laurence Lins, notre directrice scientifique chez BeLive, qui est également nutrithérapeute. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je laisse la parole à Alex Mandral-Ambrex, qui va nous donner un chiffre marquant sur cette consommation de sucre.

  • Speaker #1

    Les Belges sont de gros consommateurs de sucre. En moyenne, selon des chiffres publiés en 2023, un Belge mange 48 kilos de sucre par an. Avec cette consommation, la Belgique est dans les pays européens où on consomme le plus de sucre. Ce sont les sucres ajoutés qui font arriver à un tel chiffre, par exemple dans les plats préparés, dans les sauces, etc. Si on se concentre sur les femmes, en moyenne, elles consomment 84 grammes de sucre par jour. C'est environ 14 morceaux de sucre. C'est moins que la consommation moyenne en Belgique, mais c'est plus que les recommandations sur lesquelles on reviendra plus tard dans cet épisode.

  • Speaker #0

    Merci Alexandra pour cette statistique tout à fait interpellante. Delphine Blondel, bienvenue ! dans ce podcast. Avant d'entrer dans le vif du sujet, puis-je vous demander de vous présenter aux oreilles qui nous écoutent.

  • Speaker #2

    Merci Périne, je suis vraiment ravie d'être avec vous aujourd'hui. Alors je suis diététicienne, nutritionniste, nutrithérapeute et licenciée en santé publique. Mon travail s'articule autour de trois axes, l'enseignement, les consultations et des formations en ligne et au quotidien. J'accompagne les femmes à apaiser leurs relations avec l'alimentation. à se reconnecter à leur corps et à adapter des habitudes alimentaires saines.

  • Speaker #0

    Si Delphine, alors on va aborder le premier volet de cette discussion, donc on va vraiment essayer de comprendre ce rôle du sucre. Et la première chose que j'ai envie de vous dire, c'est le sucre, c'est si bon ! Pourquoi diable dit-on toujours que c'est potentiellement néfaste ?

  • Speaker #2

    Oui, en effet, le sucre, c'est très bon, mais quand on dépasse une certaine dose, on va plutôt arriver du côté du poison. Pour paraphraser Paracel, c'est vraiment la dose qui va faire le poison. Et à nous de bien placer le curseur pour ne pas en manger trop.

  • Speaker #0

    On vient de le dire, il est souvent diabolisé, souvent aussi à juste titre. Mais comme dans ce podcast, on aime bien la nuance, on peut aussi rappeler qu'il joue un rôle essentiel. Et que ce n'est pas juste un effet néfaste. Notre corps, il en a besoin, Delphine.

  • Speaker #2

    Oui, alors c'est vraiment une excellente question parce qu'on entend souvent dire que le sucre est néfaste. alors qu'il joue un rôle fondamental. Notre cerveau, par exemple, c'est un grand consommateur de glucose qui lui sert de carburant principal. Sans lui, on ressent de la fatigue, des troubles de la concentration, des variations d'humeur et ce ne sont que des exemples. Mais tous les sucres ne se valent pas. Ceux qu'on va retrouver naturellement dans les aliments complets vont apporter, en plus de l'énergie, des nutriments essentiels qui vont ralentir la montée du sucre dans le sang et à l'inverse, les sucres raffinés, eux, vont... perturber notre métabolisme et favoriser des déséquilibres hormonaux notamment. Donc l'enjeu est davantage d'apprendre à choisir et à l'intégrer au bon moment plutôt que de vouloir le supprimer.

  • Speaker #0

    Je rebondis sur ce que vous dites parce qu'on entend souvent parler de sucre naturellement présent dans les aliments de sucre ajouté. On imagine bien qu'il existe un bon et un mauvais sucre, mais c'est sans doute plus complexe que cela. C'est quoi un bon et un mauvais sucre ?

  • Speaker #2

    Alors ? On aimerait bien pouvoir classer les sucres en gentils, en méchants, en bons.

  • Speaker #0

    C'est plus simple, évidemment.

  • Speaker #2

    C'est plus simple, effectivement. Mais les sucres, dans la réalité, c'est plus subtil. Donc les sucres qui sont naturellement présents dans les aliments, comme les fruits, les céréales complètes, ne se retrouvent jamais isolés. Ils sont dans ce qu'on appelle une matrice alimentaire, donc accompagnée de fibres, de minéraux, de vitamines. Et cette structure, cette matrice, permet vraiment leur assimilation sans faire de pic. d'hyperglycémie et ça apporte un vrai bénéfice nutritionnel. Tandis que les sucres ajoutés, qu'on va retrouver dans les produits ultra transformés, en général, ils sont dénués de nutriments et ils vont être absorbés trop rapidement. Et à terme, ils vont favoriser des problèmes tels que l'inflammation, la résistance à l'insuline et la fameuse prise de poids que les femmes n'apprécient pas trop.

  • Speaker #0

    Alors Delphine Pondel, on entend souvent dire qu'il y a des bons et des mauvais moments pour consommer du sucre. Est-ce que c'est vrai que pour la tarte au citron meringuée, il y a un bon moment et un mauvais moment ? Ou en fait, c'est juste pas génial en termes de quantité de sucre en une fois pour l'organisme ?

  • Speaker #2

    Oui, effectivement. La question, elle est centrale. Et je vous rassure, Périne, vous pourrez continuer à manger votre tarte au citron, mais on va essayer de trouver un moment opportun. Donc, c'est vraiment la manière dont on va métaboliser le sucre. qui va être centrale et le pire des moments, c'est certainement le matin à jeun. Parce que là, on va créer un pic brutal de glycémie qui va entraîner ce qu'on appelle une hypoglycémie réactionnelle où là, on va avoir des fringales tout au long de la journée. Donc ça, c'est vraiment le pire moment. Le meilleur moment pour la tarte au citron et pas que, ce sera plutôt après une activité physique ou après un repas, le repas de midi de préférence, parce que le soir, ce n'est pas génial non plus. À ce moment-là, notre corps n'aime pas métaboliser le glucose et l'insuline est un petit peu plus paresseuse, ce qui fait qu'on va plus facilement stocker que dépenser ce qu'on aura consommé.

  • Speaker #0

    Je crois que les Belges sont assez fans du moment du goûter. Donc à 4 heures, ce n'est pas terrible non plus tout seul, sans repas, si je comprends bien ce que vous dites.

  • Speaker #2

    Alors, il faudra justement le faire intelligemment. La tarte au citron, on va la faire précéder peut-être d'un yaourt ou une présence de protéines. et ou de fibres va ralentir l'assimilation de la tarte au citron.

  • Speaker #0

    Vous voilà prévenus. Est-ce qu'il est possible de vivre sans sucre ? Peut-on se dire je mène une vie où j'exclus le sucre de mon alimentation ? Est-ce que c'est possible ? Et est-ce que c'est à recommander peut-être à certains moments de la vie, selon l'âge ou en fonction de si on ne pratique pas beaucoup d'activités physiques parce qu'on n'aime pas ça ou on en est empêché ? Est-ce qu'on devrait vivre sans sucre ? Est-ce que la réponse est noir ou blanc ?

  • Speaker #2

    De vrai, non, mais théoriquement, on peut vivre sans sucre. Notre corps, il a une capacité assez géniale, c'est de fabriquer ou de refabriquer du sucre à partir des graisses ou des protéines. Alors, c'est un nom un peu complexe qu'on appelle la néoglucogénèse, mais cette faculté existe, mais ce serait bien triste. Alors, c'est juste sur un plan strictement biologique que c'est possible. Dans la réalité du quotidien, beaucoup de petits plaisirs sont associés au sucre. et ce serait vraiment triste de ne pas pouvoir en consommer.

  • Speaker #0

    Oui, et puis vivre sans sucre, c'est aussi quasiment impossible. On va en parler dans un instant parce qu'il est très présent dans l'alimentation. Alexandra, vous avez d'ailleurs un chiffre à nous communiquer qui émane du Conseil supérieur de la santé.

  • Speaker #1

    Effectivement, selon ce Conseil supérieur de la santé, il faut consommer le moins de sucre possible. Mais si on veut quand même évoquer un chiffre, l'ancienne recommandation, c'est de ne pas consommer plus de 10% de l'apport énergétique. totale sous forme de sucre ajouté. Et pour une femme, cette recommandation moyenne, c'est donc

  • Speaker #0

    8,5 sucres par jour.

  • Speaker #1

    On parle des petits sucres qu'on met, par exemple, dans son café ou dans une tasse de thé.

  • Speaker #0

    Si on pense à cette fameuse canette de soda que tout le monde connaît, on se dit qu'on y est bien vite, Delphine Blondel. 8 carrés de sucre ?

  • Speaker #2

    Oui, tout à fait. Et par exemple, le sandwich jambon-fromage que beaucoup de gens consomment sur leur repas de midi sur le pouce, eh bien, il correspond à 27... pierre de sucre.

  • Speaker #0

    C'est énorme, on ne s'en rend absolument pas compte et c'est important que vous le précisiez parce qu'entre une recommandation de 8,5 sucres carrés et ce fameux sandwich qui est au triple en fait, on explose tous les compteurs. On va aborder déjà le deuxième volet de notre discussion où on va vraiment s'intéresser à cette question de l'addiction au sucre. On le disait juste à l'instant, il est partout dans notre alimentation et souvent sans qu'on s'en rende compte, Donc comment finalement savoir qu'on en consomme trop ?

  • Speaker #2

    Effectivement, il est partout et surtout là où on ne va pas l'attendre. On parlait du jambon, mais il y en a dans des charcuteries, dans des produits salés qui contiennent déjà du sucre. Et pour savoir si on en consomme trop, alors on peut évidemment passer par un professionnel qui va faire le calcul, mais au-delà de ça, on peut se fier au cumul de certains symptômes, certains signes. Et je vais en citer par exemple quelques-uns, surtout pour... Des aliments sucrés, une fatigue postprandiale qui serait inexpliquée, des variations d'humeur où on va se sentir un peu plus accrant, un peu plus agressive, des troubles du sommeil et des sensations de faim. peu de temps après avoir mangé. Et ces signes, en fait, ils indiquent que la glycémie fluctue beaucoup, ce qui va épuiser l'organisme et favoriser de nouveau le stockage des graisses.

  • Speaker #0

    Donc ça, c'est vraiment les signes qui doivent nous alerter. Est-ce qu'il existe un seuil à partir duquel on peut se dire que là, on est dans une consommation qui est problématique ?

  • Speaker #2

    Alors, comme on l'a vu, il y a les recommandations du Conseil et de l'OMS qui recommandent de ne pas dépasser les 10% de l'apport calorique quotidien. Mais au-delà des chiffres, Ce sont des effets ressentis qui doivent nous alerter. Un besoin irrésistible de sucre, par exemple, une prise de poids qui serait inexpliquée, des troubles digestifs, une fatigue chronique, qui sont des signaux d'alerte. Et donc, l'organisme perd sa capacité à réguler naturellement son énergie et ses hormones, il ne faut pas l'oublier.

  • Speaker #0

    Peut-être que quelque chose d'important à expliquer, c'est que c'est vrai que la prise de poids, c'est assez visible, mais il y a toujours cette question de la glycémie, parce qu'il y a des personnes qui ne prennent pas spécialement du poids, mais qui peuvent avoir des problèmes. Au niveau de leur glycémie, comment on explique cette histoire de pic de glycémie ? Comment ça marche ?

  • Speaker #2

    Une fois qu'on consomme un aliment sucré, il va faire monter la glycémie. Donc c'est le glucose qui va monter et cette glycémie qui monte crée un appel d'insuline. L'insuline c'est une espèce de petite clé qui va permettre au sucre d'entrer dans les cellules. Malheureusement, sur nos cellules nous avons des récepteurs qui deviennent de moins en moins efficaces. C'est rapidement dit, mais c'est ce qui crée la résistance à l'insuline.

  • Speaker #0

    Et finalement, pourquoi est-ce qu'on est attiré par ce sucre ? Plus que par des aliments salés ? C'est vraiment quelque chose qui est notable. Qu'est-ce qui fait qu'on est attiré ?

  • Speaker #2

    Notre attirance pour le sucre, elle ne doit rien au hasard. Elle est profondément ancrée en nous, et à la fois sur le plan biologique, mais aussi émotionnel. Donc, dès notre vie intra-utérine, on est baigné dans le liquide amniotique, qui lui, déjà, a une saveur sucrée. Ensuite, le lait maternel. qui, avec sa teneur en lactose, renforce cette attirance innée pour le sucre, qui va créer d'ailleurs une association, une espèce d'ancrage entre sécurité et douceur. Et puis d'un point de vue neurobiologique, le sucre agit comme un véritable stimulant pour notre cerveau puisqu'il active le circuit de la récompense en libérant de la dopamine, l'hormone du plaisir, de la motivation. Mais il y a aussi tout un conditionnement, j'ai envie de dire émotionnel, social. Depuis l'enfance, le sucre est associé. à la récompense, au moment de fête, d'anniversaire, etc. Et ce lien, ça se renforce avec le temps, parce que toute la vie, on va fêter les choses avec du sucre.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il est correct de dire que le sucre agit sur notre cerveau comme une drogue ?

  • Speaker #2

    Oui, en effet. Comme on vient de le voir, le sucre, dès qu'on en consomme, il déclenche une libération de dopamine. Et donc, dans notre cerveau, on a une espèce d'explosion de dopamine et de plaisir, ce qui est gai.

  • Speaker #0

    mais c'est difficile de résister.

  • Speaker #2

    Il y a un piège derrière tout ça. Le piège, c'est qu'à force d'en consommer, notre cerveau s'y habitue et il augmente progressivement le seuil de sensibilité sans même s'en rendre compte. On va avoir besoin d'en consommer toujours plus pour ressentir les mêmes effets.

  • Speaker #0

    On n'en a plus envie. Et c'est là où le lien finalement avec les drogues est plus facile à faire. On parlait des sucres cachés tout à l'heure. Alexandra, je me tourne vers vous avec une fois encore un chiffre qui... explose les complets.

  • Speaker #1

    Si je vous dis que 80% des produits vendus en supermarché ont des sucres cachés.

  • Speaker #0

    Je ne vous crois pas.

  • Speaker #1

    C'est un fait. Dans 80%, on les retrouve dans les plats préparés, dans des produits transformés, dans des jus de fruits, mais aussi des produits salés, comme le disait madame.

  • Speaker #0

    Alors comment s'en sortir finalement ? Parce que si on se dit qu'en faisant ces courses, on tombe sur 80% de produits qui potentiellement contiennent trop de sucre, on doit faire ses courses différemment, peut-être ?

  • Speaker #2

    Probablement. Alors, il y a un mot qui est assez utile, c'est aller vers la simplicité. Une fois qu'on connaît les aliments qu'on consomme, il y a peu de risques. Et malheureusement, la charge mentale des femmes actuellement les pousse à aller vers des produits transformés. Évidemment, je ne juge pas en disant ça. Mais c'est vrai que si on allait vers plus de simplicité, on diminuerait notre consommation de sucre.

  • Speaker #0

    C'est très important ce que vous dites, parce que dans ce podcast, on s'intéresse évidemment à la santé des femmes. en particulier, et on sait que nous sommes les championnes pour cumuler le travail, la famille, la charge mentale qui va avec. Est-ce que le sucre est devenu pour les femmes une sorte de refuge conscient ou inconscient ? Voilà, c'est le petit plaisir facile dans une journée qui est très chargée. Est-ce qu'on est finalement un peu plus victime que les autres ?

  • Speaker #2

    Absolument, et c'est un phénomène qu'on observe souvent en consultation, mes collègues et moi, c'est que... Lorsqu'on cumule stress et fatigue, c'est un cocktail horrible pour une femme, et quand tout ça s'accumule, le corps cherche des solutions rapides, des solutions pour retrouver de l'énergie, et donc le sucre est un stimulant rapide qui... booste la dopamine, comme on l'a dit, et en augmentant temporairement la glycémie, il procure une sensation d'apaisement, de soulagement immédiat, ce que les femmes vont rechercher. Cependant, cet effet est éphémère.

  • Speaker #0

    C'est le piège, c'est vraiment la réponse rapide, sans penser évidemment, notre cerveau à ce moment-là ne pense pas aux effets à long terme.

  • Speaker #2

    Oui, parce que la chute derrière, elle est vraiment brutale.

  • Speaker #0

    Et les besoins en sucre, pour toujours revenir au cas spécifique des femmes, on sait que nous sommes constituées... différemment des hommes. Nous avons les cycles, les fameux cycles menstruels. Est-ce que les besoins en sucre vont varier au cours des différentes périodes du cycle ou pas du tout ? Est-ce qu'il y a des envies à contrôler plus à certains moments ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus à ce sujet ?

  • Speaker #2

    Tout à fait. Cette variation est directement liée aux fluctuations hormonales. Pendant la phase luthéale, par exemple, c'est la phase qui précède les règles. La production de progestérone augmente, ce qui accentue. les envies de sucre et de réconfort aussi. Donc cette phase, elle s'accompagne d'une baisse de sérotonine. C'est un neurotransmetteur du bien-être et ça explique pourquoi de nombreuses femmes vont ressentir un besoin accru de sucre pour compenser cette chute à ce moment-là. Alors il y a d'autres moments chez la femme aussi. Au moment de la ménopause, on va aussi rechercher du réconfort pour des chutes hormonales telles que la diminution d'oestrogène.

  • Speaker #0

    Et c'est là malheureusement que la fameuse prise de poids de la chute à ce moment-là... peut survenir. On sait que beaucoup de femmes ménopausées font face à cette difficulté de garder un poids stable à cause de la variation de la glycémie. Delphine Blondel, précisément sur la ménopause, est-ce que vous pouvez nous expliquer, d'un point de vue hormonal, comment ça fonctionne et comment se traduit cette envie de sucre ?

  • Speaker #2

    À la ménopause, il y a une baisse des oestrogènes et les cellules deviennent moins sensibles à l'insuline. Cette hormone permet, comme je l'expliquais tout à l'heure, au glucose de rentrer dans les cellules. Ces variations accrues de glycémie créent des stockages au niveau abdominal, particulièrement avec beaucoup de fatigue. Mais ce n'est pas tout. Malheureusement, pour les femmes ménopausées, il y a ce problème d'oestrogène, mais il y a également un problème au niveau de deux hormones qui régulent la faim et la satiété, que sont la leptine et la gréline. Leur diminution entraîne facilement des fringales. en particulier pour des aliments sucrés.

  • Speaker #0

    Et c'est là qu'il faut résister et que la frustration peut aussi pointer le bout de son nez. Alors on va justement, dans ce troisième volet, aborder la partie solution. Tout ça n'est pas une fatalité. Comment est-ce qu'on peut réduire sa consommation et si possible sans frustration ? On parlait de cette question de l'envie et du manque et donc du sevrage potentiel. Est-ce qu'il y a des astuces nutritionnelles ? pour pouvoir réduire sa consommation, mais sans vraiment se sentir dans cette étape de sevrage qui est finalement difficile, peut-être déprimante et inaccessible en fait.

  • Speaker #2

    Alors bien sûr, il y a des solutions,

  • Speaker #0

    d'où ma présence.

  • Speaker #2

    C'est la bonne nouvelle. Et lorsqu'on va réduire sa consommation de sucre, notre cerveau, il n'est pas content. Dans un premier temps, il n'est pas content. Donc ma manière d'envisager les choses, c'est plutôt d'aller doucement, lentement. Et dans les astuces qui vont être efficaces, c'est toujours bien. présenter des protéines à chaque repas. La présence des protéines va ralentir la montée de sucre. Ça, c'est une astuce. Une autre, c'est avoir un statut en magnésium suffisant parce que le magnésium joue un rôle clé dans la régulation de la glycémie. Augmenter les aliments riches en tryptophan qui vont favoriser la production de sérotonine et donc apaiser au niveau de l'humeur. Voilà déjà des astuces importantes pour réguler sa glycémie et diminuer sa consommation.

  • Speaker #0

    Donc si on est carencé en magnésium, évidemment, ce n'est déjà pas un contexte favorable. Donc il faut bien penser à avoir un apport suffisant, vous le disiez. Le tryptophan, c'est vrai qu'on n'y pense pas, mais pour la régulation de la sérotonine, c'est très important, vous le disiez. On associe aussi souvent le sucre au plaisir et à la récompense, on l'a évoqué. Il y a la question de la dépendance émotionnelle. Comment peut-on finalement reprogrammer son cerveau pour ne plus dépendre du sucre ? Parce que voilà, on est émotionnellement peut-être un peu plus sensible, on sait que le sucre est aussi un peu ce réconfort à un contexte émotionnel plus difficile.

  • Speaker #2

    Là, je pense qu'il faut agir sur plusieurs leviers. Par exemple, créer de nouvelles sources de plaisir, puisqu'on l'a vu, la dopamine qui est produite avec la consommation de sucre ne sera plus là. Donc, il va falloir trouver...

  • Speaker #0

    Compenser.

  • Speaker #2

    Compenser, comme l'activité physique qui doit nous aider énormément, mais aussi... réintroduire des aliments riches en fibres, en protéines, comme je le disais. Mais le but est de calmer les envies répressibles. Il y a aussi la pleine conscience qui permet de déguster, de savourer chaque aliment, d'y mettre de la conscience, justement, de la présence.

  • Speaker #0

    On évite de manger devant la télé.

  • Speaker #2

    C'est ça. Et on va reprogrammer nos circuits neuronaux. de la récompense autrement qu'avec du sucre.

  • Speaker #0

    Vous évoquiez l'activité physique. Je pense qu'il y a peut-être quelque chose aussi à déconstruire. C'est cette idée que, non, moi, je fais beaucoup de sport. Et donc, si je mange beaucoup de sucre, eh bien, ce n'est pas grave. Est-ce que c'est vrai ?

  • Speaker #2

    Non, bien sûr que non. Alors, ce qui est vrai, c'est qu'une femme qui va être sportive va pouvoir se permettre un petit peu plus d'aliments sucrés. Oui, c'est ça. Ce sera moins dangereux parce qu'elle va les dépenser plus vite. Mais en même temps, je pense que justement, les femmes sportives font attention. à leur consommation de sucre.

  • Speaker #0

    Donc vraiment, on passe par cette étape qui n'est pas un sevrage brut, mais une rééducation progressive. Est-ce qu'il est possible d'ailleurs de rééduquer son palais ? Parce que c'est vrai que quand on est habitué à ce goût sucré, quand on cherche cette saveur sucrée et qu'on la diminue, probablement que c'est difficile de pouvoir rééduquer son palais à d'autres aliments. Comment on fait ?

  • Speaker #2

    Alors absolument, c'est tout à fait possible. Et je pense que d'y aller progressivement, c'est probablement la meilleure. manière, les papilles s'adaptent à ce qu'on leur donne en fait. Lorsqu'on réduit progressivement l'apport en sucre, la sensibilité au goût sucré va augmenter, les aliments naturellement sucrés deviennent plus satisfaisants et donc on peut par exemple diminuer progressivement. Si vous mettez deux sucres dans votre café, y aller lentement et n'en mettre plus qu'un durant une semaine va permettre à vos papilles de s'habituer. à cette diminution de saveur sucrée.

  • Speaker #0

    Si je vous écoute, c'est important de diminuer cette envie de saveur sucrée. Qu'est-ce qu'on pense ? Que penser des substituts sucrés comme la stevia ? Ou on peut penser au sirop d'agave. On se dit que c'est un sucre naturel. Finalement, ça reste un goût sucré. Qu'est-ce que vous en pensez ?

  • Speaker #2

    Ces sucres-là vont être très utiles pour des personnes qui ont des pathologies où le sucre peut être presque proscrit. Je pense à des diabétiques en stade avancé ou des gens qui ne peuvent pas se permettre de consommer trop de sucre. Par contre, comme vous le disiez, le sucre, qu'il soit vrai, faux, naturel ou artificiel, garde la saveur sucrée au niveau du cerveau et ne va résoudre aucun problème.

  • Speaker #0

    Donc, ce n'est pas l'idéal pour rééduquer le palais. On l'a bien compris. Donc, il est possible de rééduquer son palais, mais ça prend combien de temps ?

  • Speaker #2

    En moyenne, en trois semaines, il est possible vraiment de réduire considérablement l'attirance pour les aliments sucrés. Donc c'est faisable.

  • Speaker #0

    Merci Delphine Blondel. Nous allons à présent accueillir notre directrice scientifique Laurence Lins pour sa chronique phyto et nutrie. Bienvenue Laurence.

  • Speaker #3

    Bonjour Périne.

  • Speaker #0

    Alors Laurence, on a abordé avec notre invité cette thématique du sucre. Sommes-nous tous accro aux sucres ? Parce qu'en phyto, on peut aider à réduire l'envie de sucre.

  • Speaker #3

    Il existe effectivement plusieurs plantes qui peuvent nous aider à diminuer en fait cette envie de sucre. qui est une plante ayurvédique, alors le nom c'est un peu compliqué, c'est Jimena sylvestris, et donc qui est une plante en fait anti-fringales sucrées, donc ça c'est magnifique.

  • Speaker #0

    Ça existe vraiment ça ?

  • Speaker #3

    Mais ça existe vraiment.

  • Speaker #0

    C'est vraiment pas du rêve ?

  • Speaker #3

    Pas du tout, et c'est documenté par de nombreux articles scientifiques, non seulement des études cliniques, mais aussi on sait comment ça fonctionne, en fait ça va quelque part couper notre perception sucrée, donc ça va vraiment agir au niveau des récepteurs du sucre, et donc ça a un effet. sur notre envie de sucrer. Donc ça, c'est magnifique. Et d'ailleurs, il faut savoir que cette plante, en sanscrit, s'appelle Goumar, qui veut dire destructeur de sucre. Donc son nom est tout à fait évocateur. On a aussi une autre plante qui est quand même assez sous le feu des projecteurs pour le moment, qui est en fait une plante qui s'appelle Berberis aristata, qui est en fait la cousine himalayenne de l'épine vinette, qui est une plante européenne. et qui contient en fait une molécule qui s'appelle la berbérine. Et cette berbérine, elle va pouvoir stabiliser notre glycémie et aussi jouer sur notre microbiote qui, comme toujours, a bien un rôle aussi dans nos envies de sucre. Et donc, par exemple, on sait que des bactéries ou des levures comme Candida albicans, donc les fameuses candidoses, eh bien ce Candida albicans, il est capable de nous faire manger plus de sucre parce que lui, il se nourrit de sucre et en fait, ça va jouer sur notre cerveau. Et ça va augmenter les envies de sucre. Donc, en rééquilibrant notre microbiote avec la berbérine, par exemple, on peut aussi diminuer nos envies de sucre.

  • Speaker #0

    Cette berbérine, évidemment, on en entend beaucoup parler. Je sais que tu t'es penchée notamment sur cet ingrédient, mais pas que, pour le développement de nouveaux produits Be.Life, pour justement aider à réguler la glycémie, mais aussi réduire les envies de sucre.

  • Speaker #3

    Oui, tout à fait. Donc là, c'est vraiment un teasing au mois de juin. Il y a deux produits qui vont sortir. Donc l'un qui s'appelle Suite Control, qui contient le fameux Jimena, qui va permettre de diminuer les envies de sucre. Donc ça, c'est un produit uniquement phyto. On va retrouver le Jimena, mais de la cannelle aussi, qui aide à réguler la glycémie. Et un autre produit qui s'appelle... Le glucocomplexe, il contient de la berbérine et du chrome qui tous les deux vont permettre de mieux réguler la glycémie. Donc c'est deux produits qui sont tout à fait complémentaires. Donc si on a des envies de sucre, on prend ensuite contrôle. Si on doit réguler sa glycémie, on prend glucocomplexe.

  • Speaker #0

    Oui parce qu'on peut avoir des envies de sucre sans forcément avoir des problèmes de glycémie. Et inversement, ça je ne sais pas si c'est possible, mais en tous les cas les deux produits sont bien différenciés. L'un pour accompagner les glycémies fluctuantes et l'autre... pour les envies de sucre irrépressibles.

  • Speaker #3

    Tout à fait, c'est tout à fait ça.

  • Speaker #0

    Donc au niveau de la nutrition à proprement parler, est-ce qu'il y a des super aliments qui peuvent aider à mieux gérer la glycémie au quotidien, donc éviter tous ces pics ?

  • Speaker #3

    Un des éléments nutritionnels les plus importants pour gérer ces pics de glycémie, ce sont les fibres solubles, qui sont en fait des prébiotiques. Donc on retrouve notre microbiote qui est impliqué. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ces fibres... vont permettre de ralentir l'absorption du glucose et donc d'équilibrer notre glycémie. Si notre microbiote, en plus de ça, est en meilleure santé, parce que les prébiotiques, les fibres nourrissent en fait nos bactéries, eh bien ça va aussi jouer sur nos envies de sucre. On va retrouver par exemple ces fibres dites solubles dans les grains de chia ou le psyllium, mais aussi dans certains fruits ou légumes comme les pommes, les bananes, les pruneaux, les figues. des asperges, des brocolis, des patates douces, donc que des bonnes choses. Il y a d'autres éléments qui peuvent être intéressants, comme le vinaigre de cidre. On en parle pas mal sur les réseaux sociaux actuellement, parce que l'acide acétique qu'on va retrouver dans le vinaigre de cidre va ralentir la vidange gastrique et donc réduit l'absorption du glucose. Là, on a parlé de nutrition, mais il y a aussi des nutriments qui sont intéressants. Par exemple, le chrome permet de contrôler les pics de glycémie et il va avoir également un effet sur la dopamine. et donc ça va aussi diminuer notre comportement compulsif vis-à-vis du sucre. Il y a d'autres minéraux comme le zinc ou le magnésium qui vont aussi être essentiels pour contrôler les pics de glycémie et la production d'insuline.

  • Speaker #0

    Alors est-ce qu'il y a des associations alimentaires qui peuvent aider à mieux stabiliser l'énergie, les envies sucrées ? Est-ce qu'il est intelligent de manger certains aliments avec d'autres ?

  • Speaker #3

    Oui, par exemple associer de bonnes protéines... qui vont notamment stabiliser la production de dopamine et des bonnes graisses comme les oméga-3 ou les oméga-9, c'est tout à fait intéressant. Et on peut les combiner avec ce qu'on appelle des glucides complexes, c'est-à-dire les glucides qu'on va retrouver dans les céréales ou les légumineuses. Et donc, cette association protéines, bonnes graisses et glucides complexes va permettre de ralentir l'absorption du sucre et d'éviter les pics de glycémie. J'ai parlé des céréales complètes, on peut également les associer avec des légumineux, si on est végétarien par exemple. Là ça va permettre par exemple si on pense au riz semi-complet avec des lentilles ou des petits pois.

  • Speaker #0

    Ça diminue l'index glycémique de nos repas et donc ça diminue les pics de glycémie. Et en plus de ça, ça nous amène beaucoup plus vite à satiété. Quand on est à satiété, on n'a pas envie de sucre. Et on peut évidemment toujours aussi utiliser des épices comme la cannelle, par exemple, ou le curcuma. On a parlé du vinaigre de cidre, tout ça peut se combiner dans une salade, par exemple. Et il y a aussi un petit conseil qui est un conseil un peu plus général, c'est-à-dire d'avoir un repas protéique. le matin et le midi, et de privilégier les glucides complexes, les céréales et les légumineuses, plutôt le soir, parce que ça va optimiser notre métabolisme, ça va en fait beaucoup mieux réguler notre satiété et donc les pics de glycémie.

  • Speaker #1

    Ça c'est important, c'est vraiment aussi une clé de ce podcast, c'est de se dire que le matin, on évite de manger trop sucré et on privilégie les protéines et le bon gras. Merci Laurence pour... tes apports et ta chronique phyto et nutrie. On te retrouve le mois prochain.

  • Speaker #0

    Avec plaisir.

  • Speaker #1

    Je vais demander à notre journaliste Alexandra Lambrex de résumer les points clés de cette discussion parce qu'on a évoqué évidemment la problématique mais aussi beaucoup de solutions. Et c'est important pour les personnes qui nous écoutent de se dire demain je passe à l'action. Qu'est-ce que je fais Alexandra ?

  • Speaker #2

    Alors il y a trois points à retenir en termes de solutions. C'est déjà qu'on ne fait pas son sevrage de sucre de manière drastique. On peut le faire lentement, histoire de ne pas complètement perdre son cerveau. On fait attention à son taux de magnésium, parce que ça peut jouer sur les envies de sucre aussi. On fait un retour à la simplicité. On ne se rue pas sur les plats préparés, etc. Parce que c'est évidemment dans ce style. d'aliments et de produits qu'on retrouve les sucres cachés. Or, si on se focalise sur des aliments simples et bruts, on évite ce sucre. Et puis, il faut aussi savoir que pour reprogrammer son palais en termes de goût de sucre, ça ne prend pas plus de trois semaines et donc ce n'est pas énormément d'efforts. Et puis, dernier point, on peut faire attention à se calmer et à pratiquer pour cela la pleine conscience.

  • Speaker #1

    On sent. Merci Alexandra et merci à toi. toutes pour ces échanges passionnants. On clôture ce premier trimestre consacré aux petites mauvaises habitudes. Nous nous retrouvons le mois prochain avec un nouveau podcast sur la thématique de la motivation, comment trouver l'élan et vaincre la procrastination. En clair, on se boue. Si vous avez aimé cet épisode de BeLiveTalk, faites-le nous savoir en vous abonnant et évidemment en partageant ce podcast à vos connaissances. N'hésitez pas également à nous laisser une petite note. Votre soutien est précieux et il nous permet de continuer à explorer tous ces sujets de santé essentiels pour votre bien-être. Prenez soin de vous et à très bientôt !

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