- Speaker #0
Salut Andréa, bonjour à tous.
- Speaker #1
Salut Thomas, salut à tous.
- Speaker #0
Donc on est sur la chaîne bioentrepreneur.com, on étudie les différents modèles de business qui sont à impact positif sur l'environnement, ou qui permettent d'avoir des gains intéressants par rapport à ça. Donc toi Andréa, t'es un expert des champignons.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Alors, moi c'est Andréa, j'ai 33 ans, J'ai une expertise notamment dans la culture des champignons, comestibles et médicinaux, et les autres apparentés de cultures. Donc, j'avais des connaissances sur tout ce qui est dépollution des sols, micomédiation, etc.
- Speaker #0
On va parler de tout ça. Il y a plusieurs débouchés possibles ou applications possibles de la culture des champignons.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
C'est assez vaste, en fait.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et toi, au-delà d'avoir l'expertise de culture et de valorisation de ça, en fait tu enseignes aussi à des producteurs un petit peu partout ?
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça oui.
- Speaker #0
En France et même au-delà ?
- Speaker #1
Oui c'est ça, oui oui. J'ai une chaîne YouTube et du coup ça touche un peu tout le monde, même si la très grande majorité de mes clients sont francophones.
- Speaker #0
Yes. On va rappeler ton site du coup, ça s'appelle ?
- Speaker #1
Cultivezleschampignons.com
- Speaker #0
Yes. Alors, parle-nous un peu de ton activité déjà globalement.
- Speaker #1
Alors globalement, du coup, moi, la culture des champignons, en fait, ça consiste à gérer un organisme qui a globalement besoin d'eau, de lumière, d'un apport d'air, parce que comme nous, ça y respire. Ouais. Et voilà, c'est assez vaste, la culture. Qu'est-ce que...
- Speaker #0
Déjà, il y a des millions de champignons, enfin je ne sais pas combien il y en a.
- Speaker #1
Oui, tu as plusieurs millions d'espèces qui sont répertoriées, plusieurs dizaines de millions théoriquement qui ne sont pas répertoriées.
- Speaker #0
Ok, c'est ça.
- Speaker #1
Et globalement, on en a environ entre 150 et 200 espèces qui se cultivent et tu dois en avoir une trentaine qui sont vraiment commercialisées avec un potentiel commercial avéré.
- Speaker #0
Yes ! Et déjà, rien que là-dessus, il y a beaucoup de choses à faire. C'est intéressant. On va aborder tout ça. Mais je reviens sur un point que tu viens d'évoquer, c'est qu'il y a une partie connue du monde des champignons dans le vivant global. Et il y a une énorme partie encore complètement inconnue.
- Speaker #1
Oui, clairement. Clairement, on les découvre au fur et à mesure. On les séquence au fur et à mesure. Donc, pour savoir si un champignon existe ou pas, finalement, ce qu'on fait, c'est qu'on l'observe tout d'abord au macro-scope. macroscopiquement, à quoi il ressemble. Est-ce qu'il a un chapeau ? Est-ce qu'il n'a pas de chapeau ? Est-ce que c'est simplement un mycélium dans le sol ou pas ? Et à partir de là, on prélève son ADN, on le passe dans une machine qui nous donne son code génétique, littéralement. Et c'est à partir de là qu'on peut voir si ce champignon est déjà référencé en tant qu'espèce, voire souche, ou pas. D'accord. Donc il y a un paquet de choses qui sont connues, mais statistiquement un paquet encore plus grand qui n'est pas connu.
- Speaker #0
Ok, donc c'est génial parce que du coup il y a plein d'explorations à faire en dehors des limites du connu.
- Speaker #1
Oui, carrément.
- Speaker #0
J'ai envie d'aborder un point aussi qui est fascinant, je trouve, c'est l'Internet des forêts.
- Speaker #1
Oui. L'une de rien. Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Tu peux nous dire un petit mot là-dessus ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors ce qu'on appelle l'Internet des forêts, c'est finalement... L'interconnexion, notamment des arbres qu'il y a dans la forêt, généralement on a tendance à considérer un arbre comme un individu, mais en réalité, une forêt en bonne santé, on peut la considérer comme un seul organisme. Et ce qui connecte les arbres, en théorie des individus mais qui ne le sont pas, c'est le mycélium dans le sol. Donc le mycélium, ça va être... donc des brins, des filaments de champignons. Et cette connexion, elle se fait via les racines. Et au niveau de la racine, ce qui se passe, c'est que le champignon vient se brancher via une structure qu'on appelle une mycorhize. Donc, tu en as tout un tas de mycorhizes. Et c'est là où il y a un échange entre l'arbre et le champignon et entre ce même champignon et un autre arbre, etc. Et avec ça, ça permet énormément de choses. par exemple Si tu as un arbre qui a produit des semences, un chêne, qui a les glands tombes, les glands germes, Les racines de l'arbre, en théorie, elles ont un pouvoir allélopathique, c'est-à-dire qu'elles peuvent supprimer ou diminuer l'énergie vitale, tout ce qui est apport d'eau, minéraux, etc., de tout ce qu'il y a dans son environnement racinaire. Mais grâce au mycélium et aux infos qui sont intersangées, elle sait reconnaître sa propre lignée et du coup favoriser la croissance de ses propres graines vis-à-vis des autres graines, par exemple. Après, tu peux avoir un échange d'eau. Par exemple, si dans des forêts, tu as des zones plus sèches, tu peux avoir un flux d'eau, de minéraux d'une partie de la forêt vers une autre partie de la forêt grâce aux champignons, etc. C'est ça qu'on appelle l'Internet des forêts. Il y a une vraie connexion dans la forêt entre les différents individus.
- Speaker #0
Sur ces réseaux de... De mycélium qui peut faire plusieurs centaines de kilomètres ou même beaucoup plus encore.
- Speaker #1
Oui, complètement. Le plus gros individu, c'est un armillaire. C'est un réseau de mycélium qui fait l'équivalent de 400 stades de foot qu'on a trouvé en Amérique. C'est un champignon, hélas parasite, qui contamine les arbres en bonne santé et finit par les tuer. Et c'est ça donc, vu qu'en fait ce mycélium, c'est une seule même masse. avec un seul même code génétique. C'est pour ça qu'on peut le considérer comme un seul et même individu au final.
- Speaker #0
OK. Donc, il y a des réseaux un peu néfastes, comme d'autres qui apportent plein d'échanges d'informations entre les différentes plantes d'un écosystème, les arbres.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Il y aurait un rôle de cet Internet des forêts aussi sur... La résilience des plantes par rapport à des attaques extérieures et les rendre plus solides du coup.
- Speaker #1
Totalement, totalement. Alors dans la forêt, c'est sûr, c'est avéré. Et ce qui n'était pas sûr, pas compris jusqu'à assez peu, c'était aussi dans l'agriculture, au niveau des champs. Généralement, la manière dont on cultive les champs, ça va impacter la santé des plantes parce que ça va impacter... les champignons dans le sol. Il y a un type d'agriculture qu'on appelle classiquement l'agriculture classique, où tu passes le labour, où tu déstructures le sol pour le rendre plus facile, pour semer tes graines, etc. Et ça, en fait, ça détruit le réseau mycorhizien que tu as dans le sol.
- Speaker #0
On est obligé de compenser par des apports chimiques.
- Speaker #1
Exactement. La majorité des nutriments est apportée par des engrais. Et tu as aussi le phénomène de minéralisation dans le sol. C'est-à-dire que ta matière organique, tu viens remuer le sol, donc tu l'aères, ça s'oxyde. Et c'est là où tu détaches des nutriments. C'est très efficace au début. Mais le problème, c'est que ça appauvrit le sol au fur et à mesure. Et donc, l'intérêt des mycorhizes dans une agriculture, quand on a parlé du type de conservation, c'est que tu ne touches jamais au sol. Un des cahiers des charges, c'est que tu ne mets pas d'outils, tu ne déstructures pas ton sol. Tu fais en sorte que son sol soit tout le temps couvert pour conserver les champignons dans le sol au niveau des plantes. Et comme ça, tu as tous les effets bénéfiques de la forêt. Donc, les plantes sont plus résilientes. Il y a les antibiotiques des champignons, elles sont plus résilientes grâce à une meilleure perméabilité du sol qui est faite au fur et à mesure des années avec les racines. Il y a une meilleure rétention d'eau. Le mycéium lui-même peut contenir une certaine quantité d'eau, etc. Donc c'est bénéfique sur la qualité des plantes, sur leurs nutriments, etc.
- Speaker #0
J'ai entendu dire que ça pouvait aussi faire que les plantes résistaient beaucoup mieux aux bautitrices, aux dépourritures.
- Speaker #1
Très certainement, parce que si tu augmentes de toute façon la santé générale d'une plante comme d'un humain, son système immunitaire s'améliore et donc elle a de meilleures défenses naturelles et donc elle résiste mieux à... Je n'ai pas envie de dire à n'importe quoi, mais de manière générale, ça résiste bien mieux.
- Speaker #0
Ok. C'était bien de prendre un peu de recul sur tout ça parce que c'est quand même un sacré sujet, les champignons. On va revenir maintenant aux différentes applications les plus... Vous êtes plus abordable dans un premier temps ? Un producteur qui démarrerait de zéro, on commence par quoi ?
- Speaker #1
Un producteur de champignons ? Ouais. Alors, moi dans mes compétences, c'est vraiment la culture des champignons. Donc je ne peux pas te guider sur tout ce qui est agricole, même si j'ai quelques connaissances. Mais ce que je peux dire pour la culture en elle-même, par exemple, quelqu'un qui veut dépolluer les sols, qui a quand même un très fort impact écologique. J'ai notamment un élève qui fait ça avec le cadmium, qui est un métaux lourd dans le sol.
- Speaker #0
Qu'on trouve partout dans les aliments hyper classiques, les pommes de terre, les pâtes alimentaires.
- Speaker #1
Exactement, tout à fait. Et donc lui, son objectif, c'est vraiment de dépolluer les sols avec ça. Donc la première chose à faire, c'est de savoir cultiver le champignon avec lequel tu vas te servir de dépolluer des sols.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Synthétiquement, pour cultiver ce type de champignon, qui est un champignon dit linivore, linicole, c'est-à-dire qui découpe des molécules que tu as dans le bois, la sciure, etc. Donc il te faut du mycélium, qui est entre guillemets la graine du champignon, mais c'est pas tout à fait exact. Ce serait plus comme bouturer un bout de tomate et le replanter plus loin.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça, tu vas le mettre dans un substrat à base de paille. S'il s'aligne, il colle, ça va plutôt être de sciure. Donc tu peux faire ça avec du pelé également. Tu mélanges ton substrat humide avec ton mycélium, tu le mets en incubation. L'incubation, c'est la phase où le mycélium va vraiment coloniser tout le substrat. Et puis, ce mycélium-là, tu vas venir l'appliquer directement au sol. Et c'est là où vraiment... La recherche commence en tout cas dans ce type de domaine, parce qu'en fonction des souches de champignons, elles ont un certain niveau de bioaccumulation, c'est-à-dire que toutes les souches ne peuvent pas prendre la même quantité de molécules, de polluants pour décontaminer. Oui,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
Et donc, une fois que tu appliques au sol, soit sur la surface, soit en mélangeant, tu vas devoir aussi t'occuper du champignon pour qu'il survive suffisamment longtemps.
- Speaker #0
Continuer à l'alimenter.
- Speaker #1
Pour dépolluer le sol, c'est ça. D'accord. Principalement en termes d'eau d'hydratation. Ouais. Et une fois que ça s'est fait, tu réanalyses ton sol pour connaître finalement ton taux de dépollution. En connaissant évidemment l'échantillon initial. C'est très synthétique. Il y a encore beaucoup de recherches là-dessus. Et la vraie problématique actuelle, elle est d'ordre légal. Parce que tu as des grandes entreprises, en fait, si tu veux, qui ont pris les champis. Et ils ont dit, je vais mettre une licence sur une molécule donnée. Par exemple, tu te prends un polypore, un reishi, sur la lignine, tu as une licence. Et cette licence, tu la poses sur cette molécule. Donc, tu as le droit de dépolluer avec cette molécule. La molécule A, je te dis une connerie, le polluant A, ok ? Et si tu veux réutiliser un champignon qui produit cette même molécule sur laquelle tu as déjà une licence, tu vas avoir des problèmes, parce que si ton sol est pollué avec la même molécule et que ton champignon contient la même molécule dépolluante, eh bien, problème de licence, même si tu comptes dépolluer... avec l'enzyme C, le polluant C dans le sol. Et donc, tu as tout un tas d'interactions entre les champignons qui fait que pour le moment, tu as une problématique réglementaire. Il y a toujours une problématique en ce qui concerne...
- Speaker #0
Tu freines un peu le sujet, du coup.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Mais en tout cas, à part la loi ou la réglementation qui est artificielle totalement, les champignons permettraient de dépolluer toute une série de... de situation, de sol, de friche industrielle, souillée et tout ça.
- Speaker #1
À fond. Il y a déjà des applications, des champignons qu'on connaît comme dépolluants. Et il y a même des recherches qui sont menées pour faire des symbioses avec une plante que tu connais bien, avec le chanvre. Et là, encore une fois, c'est tout un tas d'interactions. Parce que si tu mets ton champignon linicole dans le sol avec la sciure, tu peux faire une fin d'azote. C'est-à-dire que tu vas... Le bois lors de sa dégradation partielle, il va venir prélever une quantité d'azote qui ne va pas servir pour le chanvre. Donc tu vois, il y a tout un équilibre encore à trouver avec ça et voilà, il y a des recherches là-dessus qui sont faites.
- Speaker #0
J'ai entendu parler d'un champignon sur la dépollution. Je ne me souviens pas du tout de son nom, peut-être que tu connais. Le gars m'avait dit en fait tu mets ce champignon-là sur des pneus et ça va te le digérer en trois mois.
- Speaker #1
Alors j'ai pas le nom du champignon mais t'as en effet des recherches qui sont faites sur des champignons qui décomposent les molécules plastiques, ouais, complètement.
- Speaker #0
C'est incroyable, il y a un potentiel fou là-dessus aussi du coup.
- Speaker #1
Ouais, complètement, ouais. Encore une fois, après c'est... Ça fonctionne en labo parce que tu as des bonnes conditions, etc. Mais si tu mets ton champignon avec le plastique au niveau du sol sur lequel il doit être dépollué, en grandeur nature, c'est compliqué de maîtriser les mêmes paramètres. D'accord. Il faudrait faire des espèces d'incubateurs géants dans lesquels tu contrôles la quantité de champignons apportés, la quantité de plastique apporté. Et là, il y a moyen de faire quelque chose. Ok.
- Speaker #0
Donc il y a une problématique de pousser un peu plus la recherche pour aboutir à ce genre de choses.
- Speaker #1
Ouais, carrément ouais.
- Speaker #0
Cette science de dépollution par les champignons, ça s'appelle ?
- Speaker #1
La mycoremédiation.
- Speaker #0
Mycoremédiation, un peu comme la phyto, sauf que là c'est du champignon donc mycoremédiation. Ok. Qu'est-ce qu'on a d'autre comme application vraiment intéressante avec les champignons ?
- Speaker #1
T'as des applications de médecine moléculaire. Ouais. qui sont connus depuis des millénaires en Asie, etc. Et qu'on redécouvre, parce qu'on les connaissait à une époque. Mais tu sais, tu as des peuples qui sont plus ou moins mycophiles et qui aiment plus ou moins les champignons. Nous, on n'est pas un peuple qui est spécialement mycophile. Du coup, de ce fait-là, on redécouvre ces molécules. Et même, on les enlève. Tu avais un champignon, le... La tramette versicolore qui contient des molécules qui sont très intéressantes, notamment contre le cancer, qu'on a enlevé de la circulation parce qu'il y avait des interactions financières avec d'autres produits qui sont sur le marché. qui soignent les mêmes choses. Alors qu'en Asie, tu vois, tu as un médoc qui s'appelle le Crestin, qui est à base de ça, et c'est un médicament contre le cancer.
- Speaker #0
Contre le cancer ?
- Speaker #1
Contre le cancer, oui. Tu as certains, le shiitake notamment, tu as une molécule, c'est la lanthianine. Il la concentre et il injecte directement en intraveineuse contre le cancer aussi. Il y a vraiment beaucoup de choses qui peuvent être faites. C'est pas que le cancer,
- Speaker #0
parce qu'il y a aussi des applications, notamment de certains champignons hallucinogènes, sur le traitement des dépressions et tout ça. Comment ça peut se développer dans les hôpitaux ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Alors, pas en France, hélas. Mais tu as des pays francophones comme la Suisse, dans lesquels tu as des essais qui sont menés. Ça a été mené il y a bien longtemps aux USA. mais tu as eu la période un peu hyper où ils ont coupé tout ce qui touchait à la drogue de manière large, tu vois. Mais là, ça revient, ça revient en force. Et du coup, ce qu'ils font même, ils ont sorti des médicaments où tu as la molécule, donc la psilocybine, qui coupe avec une autre molécule de champignons, donc l'érythianine qui provient de l'érythiomérinaceus qu'on appelle crinière de lion. Et ça fait vraiment un... Un médicament qui fait repousser les neurones, réellement.
- Speaker #0
C'est le lion's mane ou c'est autre chose encore ?
- Speaker #1
C'est ça oui, c'est le même champignon, la crinière de lion.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et donc ils couplent, ils font une synergie entre ces deux molécules et ça fait un bel effet quoi.
- Speaker #0
T'as un truc qui te stimule les connexions neuronales du coup ?
- Speaker #1
Les deux, ils ont des croisseurs, des facteurs de croissance neuronale. Donc effectivement, ça fait littéralement repousser ton cerveau. La psilocybine, après, c'est peut-être plus orienté vers la neuroplasticité, c'est-à-dire, tu vois, c'est utilisé notamment si tu as des traumatismes, des choses comme ça. Tu as des zones du cerveau qui sont un peu, on va dire, momifiées, fossilisées. Et ça t'aide à faire repousser ces zones-là, la psilocybine. Et le crinière de lion, c'est principalement pour... pour la santé générale de ton cerveau, même si ça a des effets qui sont très proches. Mais la synergie des deux marche très bien.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc là aussi, les applications sont extrêmement vastes et larges sur pas mal de sujets.
- Speaker #1
Oui, clairement. Très clairement.
- Speaker #0
OK. Sachant qu'il y a des choses qui sont plus de l'ordre juste culinaire aussi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça, c'est un autre gros champ d'applications. Oui. C'est peut-être le plus abordable d'ailleurs pour des gens qui se lancent de zéro sur ce projet de business.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Les moyens et gros, parce que je pense qu'il peut y avoir toutes sortes de tailles aussi d'ailleurs.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
complètement.
- Speaker #1
Tout à fait. Moi, j'ai une petite ferme qui fait 60 mètres carrés. Et ça me permet de faire entre 3 500 et 4 000 euros de chiffre d'affaires par mois.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Donc, c'est principalement des champignons comestibles. Tu peux faire du medicinaux également, mais c'est d'autres débouchés. Et moi, j'ai vraiment des petits volumes, de l'ordre de 200, 220 kilos par mois. Donc, je fais de la vente au détail. D'accord. Mais j'ai certains de mes clients, de mes élèves, qui ont des fermes plus grosses où ils vendent tout dans des supermarchés. ou au semi gros, ce qu'on appelle. D'accord. Mais concrètement, si vous voulez vous lancer dans la culture des champignons, je vous conseille principalement les pleurotes. C'est des champignons qui sont cellulosiques, c'est-à-dire qui décomposent de la cellulose. Donc, vous pouvez les faire pousser facilement sur la paille.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Vous procurez du mycélium sur Internet, le substrat humide. Si vous ne voulez pas vous embêter, vous les mettez dans un coin à l'ombre en automne ou au printemps dans de la paille humide et ça va pousser. Bon, après... On pourrait... Plus vous êtes précis, plus ça donne de champignons, mais globalement, si vous voulez vraiment une première expérience, après vous pouvez simplement acheter un kit. Ouais. Vous faites pousser les champignons dans un environnement humide, un petit peu lumineux, pas de soleil direct, ce genre de choses, ça peut clairement le faire.
- Speaker #0
Yes. Et du coup, toi tu... Tu produis des champignons comme ça à vendre pour les petits commerces autour de chez toi, les restaurants ?
- Speaker #1
Oui, les restaurants en particulier. En fait, vu que j'ai des petits volumes, il faut que je valorise fort. Donc, vente en détail.
- Speaker #0
Tu lis la vente directe ?
- Speaker #1
Oui, vente directe à la ferme directement. Et aussi quelques restaurateurs qui viennent ou que je livre, ça dépend.
- Speaker #0
Tu fais du champignon frais, séché,
- Speaker #1
réophilisé ? Ouais, frais. Et en fait, ceux que je ne vends pas, tu peux le transformer assez facilement en séché, donc tu ne perds pas de produit.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
Et les blocs de substrat, qui me servent initialement à faire tous ces champignons, après, ils peuvent être soit recyclés pour faire pousser de nouveaux champignons, soit faire du compost. Après, tu peux valoriser ça, par exemple, faire du lombricompost. Certains de mes élèves qui ont pour projet de faire pousser des vers à farine et de revendre ça après. Il y a tout un tas, parce que tu commences avec du bois. Et comme dans la nature, le bois, il passe par plusieurs stades avant de redevenir de la terre. Et là, tu peux faire exactement pareil. Donc le processus de culture que je fais, c'est seulement le début d'un processus que tu peux coupler ensuite à ta ferme.
- Speaker #0
Tu peux diversifier derrière plein de choses.
- Speaker #1
Exactement, voilà. Ceux qui font du maraîchage, faire du bon engrais pour les plantes, du paillis, etc.
- Speaker #0
D'accord. Et toi, du coup, tu vends aussi des programmes de formation ? Oui. Pour accompagner les gens dans ces projets-là ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. J'ai diverses formations. En gros, pour ceux qui veulent débuter, vraiment se mettre la main à la pâte, faire leur première dizaine de kilos par mois. J'ai un programme qui est sur l'autonomie parce que le mycélium, finalement, ce n'est pas si simple à produire. C'est une formation qui est plus orientée technique, de laboratoire, etc. pour monter un petit labo. Et j'ai un gros programme qui est vraiment... pour la culture des champignons version commerciale. Donc là, pour gagner de l'argent avec sa ferme.
- Speaker #0
D'accord. Oui, tu as aussi bien des particuliers qui veulent juste se nourrir en fait. Oui. Et d'autres qui veulent en faire un petit business quoi.
- Speaker #1
Totalement, voilà, totalement, totalement. C'est ça.
- Speaker #0
Excellent. Un mot sur le futur des champignons, comment tu vois ça ?
- Speaker #1
Pfff, alors le futur des champignons... Mais il y a... En fait, c'est un embryon pour le moment, tu vois, genre la culture... des plantes, elle a presque l'âge, elle est même plus vieille que l'âge de l'écriture. La culture des champignons, tu as quelques trucs qui étaient faits sur rondins à des époques reculées, mais la culture telle qu'on la connaît, contrôlée, comme ce qui se fait en agriculture maintenant, elle a 200 ans, donc on a plein de choses à faire. Il y a vraiment énormément de choses à faire.
- Speaker #0
Tu dis que c'est encore tout neuf,
- Speaker #1
c'est ça ? Oui, c'est ça. Tu as des applications, des champignons qui ont été trouvés dans le réacteur de Tchernobyl et qui peuvent pousser parce qu'ils contiennent de la mélanine et ça peut avoir des applications à l'espace, etc.
- Speaker #0
Il y a des champignons qui dégradent la radioactivité, en fait.
- Speaker #1
Ils s'en nourrissent. Ils s'en nourrissent. C'est incroyable.
- Speaker #0
On m'a parlé aussi d'un champignon qui est complètement fou, qui permet aux cheveux de repousser après une chimiothérapie.
- Speaker #1
C'est possible, je t'avoue, là, ça me parle pas, mais oui, tout est possible dans le monde de Fongy.
- Speaker #0
Il y en a plein, c'est un vaste champ d'exploration, et c'est ça qui est un peu palpitant aussi dans cette histoire-là.
- Speaker #1
Oui, complètement, oui.
- Speaker #0
Merci Andréa.
- Speaker #1
Merci à toi Thomas pour l'invitation.
- Speaker #0
On rappelle ton site, du coup.
- Speaker #1
C'est cultivezleschampignons.com Yes,
- Speaker #0
et puis on vous retrouve pour d'autres interviews. N'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter, sous le podcast, il y a le lien. Et on parle des différents business models vertueux, à impact positif, voire massivement positif. En tout cas, c'est ce qu'on recherche. Merci.
- Speaker #1
Merci à toi Thomas.