Speaker #0Je suis Sandrine Martin, enseignante et formatrice en Yin Yoga et en Yoga fonctionnette. J'ai créé ce podcast pour donner une autre vision du yoga. Un yoga où chacun peut trouver sa place, que l'on soit raide ou flexible, petit ou grand, fin ou rond, quel que soit son âge. Je ne crois pas aux règles universelles de l'alignement. En revanche, je crois que chacun peut trouver ses propres alignements. Chaque semaine, seule ou avec mes invités, je vous propose des réflexions, des partages d'expériences et des explorations. L'intention de ce podcast est de vous offrir la liberté de pratiquer un yoga qui vous ressemble et qui vous fait vibrer. Hello et bienvenue dans Blabla Yoga, j'espère que vous vous portez bien. Dans cet épisode, je vous fais part d'un constat que j'ai souvent fait l'année qui vient de passer. Ça parle aussi des échanges que j'ai pu avoir avec des collègues, des pratiquants, des amis et des actions que j'ai pu mener. Le mot yoga... et souvent traduit par union. Il y a plein d'autres traductions, mais en tout cas, c'est l'une des traductions classiques qui est donnée du mot yoga, c'est l'union. Et on peut aussi l'interpréter de plein de manières différentes. Alors, ce sont des interprétations plutôt modernes, mais qui peuvent inspirer aussi sur le fait de rentrer dans la pratique du yoga. Donc, en interprétation, on peut avoir une union entre le corps et l'esprit, une union entre le divin et soi au sens large, mais il est aussi possible d'être plus précis sur le divin et cela correspond aux croyances finalement personnelles de chacun. D'autres vont voir dans l'union une connexion de l'humain dans son environnement avec la nature. Mais l'union c'est aussi la connexion aux autres, c'est ce que nous enseignent en tout cas les yamas, que l'on pourrait traduire par les règles de vie, et on y retrouve par exemple à Imzak qui est le respect. Donc vous voyez il y a... plein de manières d'interpréter le mot yoga aujourd'hui. Chacun y retrouvera sa pâte, sa couleur, sa coloration, ou peut-être que vous avez d'autres façons de vivre le yoga et d'utiliser ce mot. Mais à l'ère de l'ultra-connexion et des moyens de communication qui sont multiples, est-on vraiment encore dans la connexion, dans cet état de yoga qui nous amènerait à la connexion à soi et à la connexion, bien sûr, à l'autre ? Quand je laisse des messages vocaux à mes collègues, à mes amis, est-ce que c'est de l'information ou est-ce que c'est de la connexion ? Quand je prétexte de ne pas avoir de temps pour passer du temps avec une amie, mais que je scrolle sur Instagram, où est le sens de la connexion ? À cette personne-même ou à moi-même tout simplement ? Alors, j'écoute beaucoup les émissions de Charles Pépin sur France Inter et c'est ce qui alimente la réflexion régulièrement chez moi. Et Charles Pépin dit quelque chose qui me parle énormément. c'est que la vraie rencontre n'est pas une simple juste apposition de deux personnes dans une pièce. Rencontrer l'autre, c'est accepter d'être déplacé, transformé, bousculé par sa présence. Ou encore, à d'autres moments, il dit ceci, rencontrer, ce n'est pas trouver ce que l'on cherchait, c'est découvrir ce que l'on n'attendait pas. C'est accepter que l'autre vienne troubler nos certitudes. Et c'est avec ces réflexions sur ce qu'est la vraie rencontre qu'est née cet épisode ? Parce que finalement, qu'en est-il aujourd'hui dans la pratique en collectif, où chacun reste sur son tapis, où chacun pratique finalement dans sa tête, dans son corps, dans son coin ? Est-ce de la coprésence dans une salle, ou est-ce une histoire de connexion ? Parce que finalement, on peut rentrer dans une salle sans échanger un mot avec personne, sans croiser le moindre regard, on peut dérouler son tapis, s'installer, faire sa pratique, et aussi bien qu'on est arrivé en retour. repartent de la même manière, sans croiser un regard, sans poser un mot et repartir. Alors je vous pose une question. Quand vous rentrez dans une salle de pratique, connaissez-vous les prénoms des personnes qui sont autour de vous ? Quand vous enseignez, comment vous entrez en connexion avec les pratiquants qui sont en face de vous ? Et est-ce que le yoga est pour vous un moyen d'être en connexion avec vous ? Ce qui est déjà pas mal finalement si on regarde le nombre de tâches et de situations qui ne nous permettent pas pas forcément d'être en connexion avec nous-mêmes aujourd'hui ? Ou est-ce que c'est aussi un moyen de connexion avec les autres ? Certaines fois, on finit par penser et croire que finalement, la pratique devient une forme d'isolement sur le tapis quand on se parle à peine en sortant d'un cours. Alors, pour répondre à mes propres questions, voici ce que je mets en place très concrètement pour que la coprésence devienne de la connexion. Je fais au mieux pour apprendre les prénoms de tout le monde. Alors, ce n'est pas évident parce que dans les cours que j'enseigne, il y a souvent des nouvelles personnes et parfois des personnes qui ne sont là qu'une seule fois. Mais j'essaie de repérer les personnes qui viennent régulièrement et j'essaie d'apprendre leur prénom. Parfois, j'ai besoin de les noter, j'ai besoin de les redire plusieurs fois, j'ai besoin de passer mon temps sur un élève en disant « En fait, rappelle-moi ton prénom et essaie de mettre ce prénom sur le visage pour qu'il puisse rester. » Il y a des personnes qui se rappellent très facilement des prénoms. et les associe avec les visages. Il y a des personnes qui n'arrivent jamais à associer un prénom avec un visage. Donc ça dépendra aussi de vous. Mais c'est un effort que j'essaie de faire parce que ce n'est pas quelque chose qui est aisé pour moi. Mais c'est tellement important de se rappeler des prénoms des autres parce que c'est un début de connexion. C'est aussi dire à l'autre, je sais qui tu es, je t'ai vu et je suis ravie de te retrouver. Une autre manière de créer la connexion qui, là... et plus facile pour moi, c'est le regard. C'est d'essayer d'attraper le regard des autres, de chercher le contact visuel. Que ce soit en début du cours, en fin de cours, pendant le cours, pendant une posture, peu importe, mais de temps en temps, réussir à capter un regard, un sourire, ça permet aussi de mettre en lumière la présence de chacun. Donc, se balader, choper un regard, avant de poursuivre. Peut-être que... pour vous, le regard, c'est quelque chose qui est plus compliqué et vous préférez la parole. Dans ces cas-là, voyez quel mot vous allez utiliser pour entrer en connexion. Par contre, pour l'accueil dans les cours, dans le fait d'accueillir les élèves dans un cours, j'avoue, je suis loin d'être la meilleure pour ça. J'ai un petit côté sauvage et un côté besoin de retrait social qui, parfois, prennent le dessus. Et c'est quelque chose qui me demande vraiment d'effort. C'est loin d'être naturel. Mais j'y travaille. Pour l'accueil... je vous propose de réécouter l'épisode avec Audrey Dufour qui est une petite pépite autour du sujet. C'est l'épisode 77 et vous retrouverez tout ça dans les notes de l'épisode. Et pour moi les moments où la connexion se fait pleinement c'est quand une blague est sortie alors. Moi je fais beaucoup de blagues quand j'enseigne, j'essaie de faire des blagues qui sont parfois pas marrantes, qui sont des fois toutes pourrites mais qui permettent de créer de la connexion et parfois certains élèves aussi se mettent à faire des blagues. Et cela permet pendant un temps de relâcher la pression, de relâcher les efforts qui sont faits dans la posture. Cela permet de relancer la respiration pour ceux qui étaient coincés. Et à un moment donné, ce moment-là où tout le monde arrive à se détendre, à rire, à sourire, à dire « oh mais n'importe quoi, cette blague c'est vraiment trop nul » , et bien ça, ça crée de la connexion. Dans certains studios où j'enseigne, la connexion elle se fait autour du petit « et » à la fin de la pratique. Tout le monde sort de sa pratique. dans sa petite bulle et puis il y a un thé chaud qui attend avec des petites tasses de couleurs. Chacun prend son thé, il papote juste une, deux secondes et c'est un moment où tout le monde se pose, c'est notre petit temps de transition avant de retrouver l'extérieur. Et ça aussi, c'est une manière de créer de la connexion. Pas avant le cours, pas pendant, après. Donc tout ça, ce ne sont pas des grandes théories, c'est des petites choses, des petits gestes qui sont répétés, qui sont simples. qu'on peut tous mettre en place, que l'on soit enseignant, que l'on soit pratiquant, que ce soit dans un tout petit groupe, dans un groupe très nombreux, avec même très peu de temps. Mais ça demande un petit peu d'attention pour pouvoir offrir ce temps de connexion, ou recevoir aussi ce temps de connexion, parce que dans la connexion, on a besoin d'être au moins deux, si ce n'est plus. Alors cette question de la connexion, je me la suis posée très concrètement l'an dernier, mais dans un tout autre contexte. celui de mes formations. En 2025, j'ai basculé les inscriptions en quasi tout automatisé. Formulaire en ligne, paiement, confirmation et tout rouler tout seul sans que j'ai besoin d'intervenir. C'est d'ailleurs ce qui se faisait beaucoup autour de moi dans tout ce qu'on pouvait voir sur internet. C'était la proposition la plus régulière et ça me semblait assez aisé de mettre ça en place. Un gros travail au départ et puis après tout roule tout seul. Sur le papier, c'était génial. Je me suis dit, je vais gagner du temps et préserver mon énergie et mettre mon énergie dans autre chose qui compte. Mais dans les faits, ce n'était pas génial parce que je me retrouvais face à des formulaires et je ne savais plus grand-chose des personnes qui allaient s'engager avec moi pendant plusieurs jours de formation. C'était un nom, un prénom, des échanges de mails, parfois automatiques, et puis rien d'autre de concret. Et ça, ça m'a mise mal à l'aise. Je n'ai pas du tout aimé ce fonctionnement-là parce que L'automatisation n'est pas mauvaise en soi, mais parce qu'elle avait remplacé un lien dont je ne mesurais même plus la perte. Le distinguo, je pense, est là. L'automatisation, ça marche très bien pour faire du en ligne. à distance, sur du format court ou sur tout à distance. Mais dès qu'on parle d'un engagement de plusieurs jours, jusqu'à 7 jours de formation au présentiel, ce n'est plus la même histoire. Parce que les personnes qui s'engagent ont envie de savoir s'ils vont bien s'entendre avec l'enseignant, s'ils vont être bien avec la personne et si leur recherche, leur projet, correspond à ce que l'enseignant va leur proposer. Donc c'est important de pouvoir créer de la connexion en amont pour être sûr qu'à ce moment-là, Quand tout le monde franchit la porte le premier jour, tout le monde se sent à l'aise, se sent à sa place. Alors cette année, j'ai revu ma copie. J'ai remplacé une partie de l'automatisme par un formulaire avec de vraies questions. Qui sont les stagiaires ? Où ils en sont dans leur pratique et dans leur enseignement ? Ce qu'ils viennent chercher. Ce qui me permet de mieux comprendre les personnes, savoir s'ils viennent... dans le bon cours parce que des fois aussi on a un mauvais casting parce que finalement la personne parfois elle a des attentes que moi je ne peux pas fournir et c'est bien de pouvoir regarder ça en amont et en rediscuter. Aussi j'ai remis en place un calendrier donc c'est un rendez-vous gratuit en visio de 30 minutes pour voir échanger avant l'engagement. Ça me permet d'apprendre à se connaître, ça permet de poser les différentes questions et ça permet aux stagiaires de savoir où est-ce qu'il met les pieds. Et moi, ça me permet de... de mieux connaître déjà la personne et d'avoir une idée de ses questions, de ses besoins, ce que je pourrais ensuite utiliser dans le contenu de la formation. Alors tout ça ne rend pas tout parfait, je suis encore en train de réfléchir à comment créer davantage de liens en amont, mais aussi pendant la formation elle-même. C'est un chantier qui est en cours, ce n'est pas une solution clé en main et c'est loin d'être fini. Il y a aussi deux autres choses que j'ai remises en place cette année. La première, ce sont des visios informelles pour... papoter que j'avais lancé il y a quelques années sous le nom de Café Yoga et je les ai relancées au mois de juin et elles s'appellent maintenant les papotes. C'est un moment où on se retrouve ensemble pour pouvoir papoter, poser nos questions, échanger avec les collègues, savoir comment ils vont, ce qu'ils font, etc. C'est ouvert à tous, c'est sans chichi. Et c'était chouette, quand on l'a fait au mois de juin, de papoter avec d'autres profs de manière décontractée, sans objectif précis, sans attente particulière. Alors, ces papotes, il y en aura d'autres. J'espère pouvoir en proposer tous les deux ou trois mois. Et pour voir les dates, il suffit de s'inscrire à la newsletter, le lien étant dans les notes de l'épisode ou vous pouvez aller aussi sur mon site. Ensuite, il y a la formation de Yin Yoga que j'ai donnée au mois de novembre 2025. À la fin de cette formation, j'ai proposé un rendez-vous en visio un mois plus tard pour celles qui le souhaitaient. pour pouvoir continuer à poser des questions, pour avoir le temps de mettre en application pendant quelques semaines avant de revoir les choses ou de demander des précisions. Savoir aussi ce qui avait été expérimenté sur le terrain. Et le retour a été super, de pouvoir échanger comme ça après un mois ou six semaines et de poser de nouvelles questions ou d'observer où est-ce qu'on était dans notre trajet final. Et du coup... Je le propose maintenant systématiquement pour toutes les prochaines formations. C'est-à-dire qu'un rendez-vous visuel est proposé quatre ou six semaines plus tard de manière à ce qu'on puisse continuer un petit peu la discussion et clore tout ce que l'on a vu pendant cette semaine intense de formation. Ce que je retire de cette réflexion, qui est loin d'être finie, parce que la question de la connexion revient souvent en formation, c'est qu'elle ne se produit jamais par défaut, ni sur le tapis, Quand on enchaîne les postures sans lever les yeux vers qui est en face, ni dans le business qu'on a rendu fluide à coup d'automatisation. Elle n'est plus si automatique ni si simple cette connexion. Parfois, notre propre déconnexion au monde, notre rythme effréné, nous met dans notre tête et on oublie de regarder les autres, de prendre le temps de créer un contact oculaire ou simplement de garder ce contact oculaire à l'occasion. Hélas, pour certains, cela devient un effort à faire, par manque d'habitude, par peur de déranger, par peur de ne pas être au bon endroit. Alors il faut parfois provoquer les gestes, les attentions, pour créer de la connexion. Et puis à l'occasion d'un regard capté, se rappeler que c'est tellement bon un simple regard qui offre la connexion et qui nous fait nous sentir présents simplement là, dans le regard de l'autre. Alors vous, dans votre quotidien ? dans votre pratique, dans votre enseignement ou dans vos propres projets. Comment créez-vous du lien aujourd'hui ? Comment aimeriez-vous que ce lien soit ? Qu'est-ce que vous aimeriez changer, transformer pour que ce lien soit fort, présent et simple en même temps ? Nous voilà arrivés à la fin de l'épisode. J'espère que tout cela vous aura donné matière à réflexion, à mise en place peut-être de nouvelles façons de procéder. Si la réflexion sur la connexion et la pédagogie vous parle, c'est exactement ce genre de sujet que je creuse chaque semaine dans la newsletter que j'envoie aux profs de yoga. Des pistes concrètes, pas juste de la théorie. Le lien pour vous inscrire est dans les notes de l'épisode. Et si vous vous... poser des questions sur les prochaines formations, aller jeter un oeil sur ce qui est prévu dans mon programme, ou réserver un créneau de 30 minutes avec moi pour en discuter. C'est donc là que nos chemins se séparent. Je vous dis à bientôt pour un prochain épisode de Babla Yoga, et d'ici là, que votre pratique puisse être libre et décomplexée. A bientôt !