Speaker #0Je suis Sandrine Martin, enseignante et formatrice en Yin Yoga et en Yoga fonctionnette. J'ai créé ce podcast pour donner une autre vision du yoga. Un yoga où chacun peut trouver sa place, que l'on soit raide ou flexible, petit ou grand, fin ou rond, quel que soit son âge. Je ne crois pas aux règles universelles de l'alignement. En revanche, je crois que chacun peut trouver ses propres alignements. Chaque semaine, seule ou avec mes invités, je vous propose des réflexions, des partages d'expériences et des explorations. L'intention de ce podcast est de vous offrir la liberté de pratiquer un yoga qui vous ressemble et qui vous fait vibrer. Bonjour et bienvenue dans Blabla Yoga, je suis ravie de vous retrouver à nouveau aujourd'hui. J'avais envie de vous parler de fascias, des fascias en général. Je parlerais du relâchement myofascial, des automassages avec les balles en fin d'épisode, mais on parle des fascias en général aujourd'hui. Les fascias c'est un vrai truc de geek de l'anatomie chez moi, je suis tombée dedans. En 2011, je dirais, et depuis je ne me lasse pas d'en parler et de lire des articles dessus. Il y a tellement d'écrits sur ce sujet qu'il y en a vraiment pour tous les degrés de lecture, du débutant au perfectionné. Et le fascia est devenu hyper à la mode, on en parle partout, et parfois avec des termes très savants, très poussés. Et puis parfois avec un petit côté mystique et mystérieux parce que ça donne envie d'aller creuser un petit peu plus loin. Ce qui est d'ailleurs le cas avec les fascias, c'est d'aller creuser un petit peu plus loin et de passer la surface de la peau et des muscles et des articulations et des os. Mais cet engouement pour le fascia est arrivé vraiment depuis 2018 suite à l'étude sur l'interstitium, qui est une partie du fascia. Cette étude a été publiée en mars 2018 dans la revue Scientific Reports par une équipe de la NUY School of Medicine. Les chercheurs ont identifié l'interstitium comme un organe à part entière, l'un des plus grands du corps, présenté comme un réseau parcourant l'ensemble du corps humain présent sous la peau, entre les muscles, autour des artères et des veines. Cette étude a été largement reprise dans la presse grand public avec des titres comme Merci. On a découvert un nouvel organe, vous avez certainement vu passer ces publicités, ces livres, c'est passé dans plusieurs magazines aussi. Et c'est cette étude-là et ces recherches-là qui ont nourri l'engouement médiatique autour des fascias ces dernières années. Et surtout, ce qui était intéressant dans cet article, quand on regarde un petit peu en arrière, c'est que ça donnait l'impression que l'interstitium ou les fascias venaient d'être découverts. Alors que ça faisait longtemps que beaucoup de personnes travaillaient dessus, il y avait même déjà eu des congrès autour des fascias, des congrès internationaux autour des fascias qui existaient depuis longtemps. Donc voilà, le grand public s'est emparé des fascias et aujourd'hui on en parle de plein plein plein de manières et on ne sait plus finalement où donner de la tête, où donner du mouvement et savoir exactement ce que c'est que le fascia. Et pour moi j'ai l'impression qu'à force de voir le fascia affiché partout, on lui fait un peu dire n'importe quoi. Comme si c'était la solution, la technique miracle qui va débloquer tout d'un coup, supprimez vos douleurs, vous redonnez de l'amplitude, etc. Cela dit, il y a dix ans, on vantait tout autant de choses avec le yoga. On avait le yoga pour perdre du poids, le yoga pour se tonifier, pour dormir, pour la détox, pour faire circuler les chakras, pour atteindre le nirvana, pour n'avoir que des pensées positives, j'en passe et des meilleures. C'est peut-être aussi ce qui a participé à la perte de valeur du yoga. où le sens de la pratique s'est perdu, s'est dilué, et finalement on ne sait plus pourquoi on fait du yoga, ou on nous l'a vendu tellement dans tous les sens qu'on ne voit plus l'intérêt à pratiquer le yoga. Peut-être que le fascia nous attire dans ces cas-là, parce que lui a gardé encore une part de mystère. Alors aujourd'hui, je voudrais regarder ça un petit peu plus près avec vous. Voir le rôle des fascias, pourquoi on ne peut pas fonctionner finalement tout seul, isolé du reste, et surtout vous emmener vers une autre manière de penser la pratique avec moins de... de performance et plus en l'air. Alors installez-vous confortablement, on y va. Mais alors, le facia c'est quoi ? Il y a plein de choses à dire sur le facia et j'ai pas l'intention de faire en sorte que cet épisode soit un cours d'anatomie. Si vous êtes intéressé par le facia, vous pouvez aller sur Youtube par exemple, je crois même, vous pouvez le retrouver encore sur Arte. Il y a un super reportage qui a été fait il y a un petit paquet d'années quand même, qui s'appelle les fascinants facia. Les fascinants facia, vous le retrouvez très facilement sur YouTube et vous avez plein d'explications hyper accessibles pour comprendre ce qu'est le facia. Alors les recherches ont continué, ont progressé, mais là vous avez les plus actifs dans les recherches autour des facia et ça vous permettra d'avoir déjà une belle base, une bonne compréhension de ce qu'est le facia et comment il fonctionne. Mais en attendant ce visionnage, si vous ne l'avez pas fait, je vous pose quelques bases pour comprendre ce qu'est le fascia. Le fascia, c'est du tissu conjonctif. Alors le tissu conjonctif, on en parle depuis très longtemps dans l'anatomie, c'est présent depuis très longtemps, mais on n'en parlait pas forcément comme le fascia. Et puis, le tissu conjonctif, il était un petit peu laissé de côté. Les anatomistes ne préoccupaient pas vraiment à une époque, parce que finalement, tout simplement, c'est un tissu un peu particulier. C'est, si on veut aller plus loin dans la description de ce fascia, c'est un réseau continu qui enveloppe et relie tout. C'est-à-dire que c'est cette matière qui va faire le lien entre les différentes structures du corps. Ça va donner à la fois de la forme, mais ça va permettre aussi de s'allonger, de s'étirer, de subir le mouvement pour pouvoir se déformer suffisamment pour aller dans le mouvement, qu'il soit petit ou qu'il soit ample. Donc, c'est à la fois un tissu qui va quelque part contenir, mais qui va... permettre le mouvement. Et c'est un tissu qui va se déplier, s'étirer très très facilement, je crois que c'est 150 fois sa capacité, sa taille, de pouvoir s'étirer, et en même temps, il a une capacité de rétraction, ce qui fait par exemple que, quand vous ne bougez pas pendant plusieurs heures, comme par exemple la nuit, le matin, vous vous leviez, vous avez l'impression d'être raide, encore plus quand il fait froid, et le fait de faire quelques mouvements, de vous étirer, etc., vous retrouvez une certaine mobilité, une certaine malléabilité de votre corps. En fait, c'est le fascia qui va se détendre. Je vais utiliser ce mot-là, ce n'est pas forcément le plus juste, mais c'est ce qui va être le plus représentatif. Ça va se détendre et c'est ce qui va permettre de ramollir un petit peu toutes les structures de votre corps, de manière à ce qu'il y ait une forme d'harmonie au niveau de votre corps. Quand je parle en cours, parfois, du fascia, je le représente comme ça aussi, en disant que vous pouvez imaginer une pâte à tarte que vous avez faite vous-même. Alors souvent, quand on fait une pâte à tarte, on fait fondre un peu le beurre pour qu'il soit malléable. Puis après, quand la boule est formée, on la passe au frigo pendant quelques heures, de manière à ce qu'elle se densifie, qu'elle se refroidisse, qu'elle soit plus compacte. Et puis avant de l'étaler dans le moule, on va la malaxer un tout petit peu pour lui redonner de la souplesse avant de l'étaler. C'est un peu ça le fascia. Quand il est trop souple, il s'étire comme une pâte à tarte qu'on a laissé longtemps dehors avec un beurre qui est très fondu. Quand on n'a pas bougé pendant un moment après une blessure, après une immobilisation ou de manière plus courte après une nuit, c'est comme une pâte que l'on a sortie du frigidaire et qui du coup est difficile à mobiliser, à rendre souple. Et puis après quelques mouvements, comme quand on malaxe la pâte, on retrouve une certaine mobilité. C'est une façon d'expliquer un petit peu comment réagit ce tissu-là. Alors pourquoi il y a eu un changement ? comme ça, de chercheurs, de chirurgiens, de médecins, d'anatomistes encore plus, qui se sont intéressés au tissu conjonctif. D'après ce que j'ai compris, d'après les renseignements que j'ai reçus, notamment avec Guy Ledley, qui est un anatomiste américain, c'est qu'avant, les moyens de conservation de corps ne permettaient pas de voir le tissu conjonctif facilement, parce que c'est le tissu qui... se désagrègent le plus vite dans le corps quand il n'y a pas une conservation. Les changements de technique de conservation des corps en vue d'études anatomiques ont permis de garder les tissus conjonctifs, donc les fascias, de manière plus intègre et ce qui a permis d'aller étudier ce tissu-là de manière beaucoup plus présente. Il y a eu un deuxième changement aussi, ça c'est le professeur Gimberto qui nous en a parlé. qui est du changement aussi dans la chirurgie où ont pu être introduits des caméras sous la peau avec des corps vivants puisque c'était sur des personnes qui étaient en chirurgie en elles-mêmes. Donc ça s'appelle un endoscope, c'est une micro caméra qui est, on va dire, au bout d'un tube qui est glissée à l'intérieur de la peau et cela permettait de voir le tissu dans son... dans son environnement normal, dans son environnement vivant. Là aussi, vous avez des vidéos, vous pouvez aller chercher le professeur Jean-Claude Gimberto, je vous mettrai les références en descriptif, comme ça vous pourrez retrouver tout ça tranquillement à la fin de l'épisode. Et c'est grâce à l'endoscope, donc, à ces vues, à ces prises de vues au sein des corps vivants, qu'on a pu aussi étudier plus facilement le tissu conjonctif. Donc, les changements de techniques, les changements scientifiques pour voir... expérimenter et explorer ce tissu a vraiment facilité les études dessus. Il y a une chose qui est importante, et ça on le voit bien dans les vidéos du professeur Gerberto, c'est que rien ne bouge tout seul. C'est-à-dire que quand vous allez étirer, par exemple, vous attrapez votre propre peau sur votre avant-bras, vous tirerez sur la peau, et vous allez avoir du mouvement qui est répercuté sur les cellules de la peau, les fascias, les veines et plein d'autres choses autour. Donc comme on le disait au début, le fascia est un réseau qui va envelopper et relier tout. Donc quand vous avez un mouvement dans une zone, eh bien ça va avoir des répercussions dans d'autres zones. Ou encore quand vous avez une action sur un type de tissu, par exemple le muscle, et vous allez avoir du coup des réactions sur d'autres tissus comme les os, comme les articulations, comme la capsule articulaire, et tiens pourquoi pas comme le système lymphatique. Donc il n'y a rien qui bouge tout seul. Il y a toujours une connexion entre les différents tissus dans le corps. Et c'est ça qui est important. Mais il y a aussi une autre observation, si vous avez eu par exemple une opération au niveau du ventre, et que la cicatrice n'a pas été travaillée avec de la kiné, ou il n'y a pas eu de travail vraiment sur le tissu cicatriciel, et que cette zone-là elle est très compacte, elle bouge peu, et bien ça va avoir des répercussions aussi sur le reste de votre corps. Peut-être que vous aurez du mal à vous déplier complètement, à lever les bras et aller loin dans l'extension, parce que vous avez cette bande-là au niveau des fascias de votre ventre, qui sont compactes les uns contre les autres, on peut appeler aussi une adhérence, c'est une zone compacte de fascia, et bien du coup il va y avoir une répercussion dans votre posture, dans votre manière de vous déplacer, dans votre manière de bouger avec votre corps, et là encore on voit la connexion entre une zone et une autre zone du corps, ou un type de tissu avec d'autres tissus du corps. Il y a eu un autre glissement aussi dans le vocabulaire, où avant on utilisait le réseau musculaire, on parlait des muscles, puis du tissu conjonctif et du fascia de l'autre côté. Maintenant, le mot qu'on va utiliser un peu plus facilement, c'est myofascia. Vous avez peut-être déjà lu ce mot-là, et vous vous êtes demandé ce que ça voulait dire. En fait, le myofascia, c'est une forme de travail de muscle où on va travailler ou intégrer le fascia à l'intérieur. Le myofascia, c'est quoi finalement ? C'est le muscle où on intègre le fascia à l'intérieur, on ne va pas séparer. mécaniquement les du tissu parce que quand on a cette vision de travail uniquement les muscles sans jamais parler du fascia et bien on est uniquement dans les tissus contractiles mais les tissus contractiles ils vont avoir une action sur les fascias si vos fascias ne peuvent pas grandir s'étirer accepter le mouvement qui est fait et produit par les microfibrils de la des muscles et bien du coup votre muscle ne va pas pouvoir se développer se grandir ne serait-ce que pendant le temps de l'entraînement donc Ce mot-là a été introduit quand on parle des muscles pour dire myofascia, parce qu'on intègre aussi le travail du fascia. Je ne sais pas si j'ai été très claire sur ce coup-là, mais sachez que si une personne utilise myofascia, il va certainement parler du muscle et ce n'est pas un mot grandiose, c'est juste pour gagner en précision dans la pratique corporelle ou dans l'explication corporelle. Et donc le vrai enjeu avec le travail de fascia, c'est de faire la différence à un travail musculaire qui va être très local. et un travail facial qui va être beaucoup plus large. Et c'est une question d'intention, pas d'outil. Donc si on revient sur cette histoire de myofascia, l'idée c'est de pouvoir travailler sur le muscle, mais d'englober aussi les différentes régions qu'il y a autour, de manière à ce que le fascia soit présent. Alors comment j'intègre les fascias dans ma pratique ? Dans ma pratique personnelle, mais aussi dans l'enseignement. Il faut savoir que ça ne prend pas toute la place dans un cours, c'est juste une manière de voir qui s'invite... ponctuellement, quelques exercices que je peux apporter qui vont cibler plutôt les fascias, mais c'est jamais un travail pleinement de fascias. D'ailleurs, j'en profite pour essayer d'éliminer un petit peu cette idée magique autour du fascia. On ne travaille jamais le fascia tout seul. Si on vous vend une méthode où on parle du fascia uniquement sans qu'il y ait d'autres actions sur le reste, partez en courant. Si le fascia vous permet, bien sûr. Mais ce n'est pas possible parce que Encore une fois, c'est un tissu comme les autres tissus. On ne pouvait pas travailler un muscle sans forcément avoir des réactions sur les articulations autour ou sans avoir de mouvement des os jusqu'à un certain point, bien sûr. Mais vous avez une action qui va être répercutée dans tous les autres tissus du corps. Donc, on ne peut pas travailler le fascia de manière isolée. Ça, c'est clair. Par contre... Quand on met son accent sur le travail autour du fascia, on va être peut-être moins focalisé, dirons-nous, sur le muscle biceps, mais on va travailler sur tout le mouvement, sur les différentes actions qu'il va y avoir autour du biceps, avec le biceps, à la fois sur le bras, l'avant-bras, peut-être la main, peut-être l'épaule. Donc c'est plus une question de travail de corps qui est un peu plus globale que très précis sur, par exemple, le travail du biceps au niveau du bras. Alors quand j'emmène le fascia dans un cours, je ne vais pas forcément non plus dire qu'on va travailler dans les fascias. Par contre, voilà ce que je peux proposer, c'est de se mettre dans une position comme par exemple un guerrier 1. Je ne m'occupe pas de ce qui se passe au niveau des jambes ni de la posture. Pour moi, la posture, encore une fois, n'est pas idéale, ni parfaite, ni bonne pour tous. Vous prenez la posture qui vous convient le mieux. Et celle qui vous permet d'être stable sur vos jambes, pouvoir laisser le reste de votre corps bouger comme il se doit. Et du coup, une fois que vous avez installé votre posture, vous allez garder une main en l'air et une main sur le bassin. On peut faire soit la main droite, soit la main gauche, peu importe l'organisation des jambes. L'idée, c'est de s'amuser avec. Si on restait dans une pratique plutôt traditionnelle, on va placer les différents segments du corps, faire attention aux articulations, activer les muscles nécessaires, etc. Et puis souvent, on va se mettre dans la posture et on ne va plus bouger pendant quelques respirations. Ça va de 5 à 10 ou 15, peu importe. Dans la pratique avec le fascia, une fois qu'on est installé, que nos jambes sont bien ancrées sur le sol, on va changer un peu l'organisation du haut du corps. Par exemple, on va dire le bras qui est en l'air, on va l'avancer un tout petit peu. On va lui faire faire une petite rotation interne. L'idée, c'est d'aller englober l'épaule, de sentir peut-être une petite sensation d'étirement, une petite sensation d'engagement, une petite sensation au niveau de la peau aussi, de la main jusqu'à peut-être l'homoplate. L'idée, c'est d'aller trouver, d'avoir une sensation qui est moins portée sur les muscles, mais sur une zone beaucoup plus générale. Et puis donc, une fois qu'on a trouvé cette sensation-là, avec le bras monté vers le plafond, une rotation interne, le bras peut-être avancé un petit peu plus vers l'avant pour décaler un petit peu l'épaule, on peut se dire, tiens, l'autre bras. Si je laisse l'autre coude aller un petit peu plus en arrière, imaginez que vous avez la main sur le bassin, vous emmenez le coude un petit peu plus en arrière, ce qui fait que vous engagez un tout petit peu plus la torsion. Pas besoin d'aller plus loin. ça reste tout tranquille, tout petit, mais ça permet de sentir peut-être un peu votre pectoral de ce côté-là. Peut-être que vous allez sentir aussi cette sensation-là qu'on avait déjà au niveau du bras jusqu'à l'épaule qui va peut-être descendre jusqu'à la fesse opposée. Donc c'est ça travailler avec les facias, c'est ne pas être dans un alignement bien spécifique, c'est de changer un petit peu l'organisation du corps pour sentir un éveil sur toute une zone du corps qui est beaucoup plus grande qu'une zone musculaire. Donc je vous laisse essayer, vous n'hésitez pas à retourner vers les autres épisodes autour des fascias où je suis beaucoup plus explicite sur comment travailler avec les fascias. Donc le but de l'intégration des fascias dans une pratique de yoga, ça va être comment chercher des sensations plus larges qu'une zone attendue, donc une zone plus large qu'un muscle, et jouer sur plusieurs segments du corps et surtout jouer sur plusieurs plans. Aller vers l'avant, lever une épaule, reculer le buste pour travailler aussi dans le dos ou dans la poitrine, etc. Et surtout, de prendre le temps de ralentir. Le fascia, on va plus avoir de sensations à pouvoir le travailler un peu plus quand on ralentit. Le muscle, lui, il aime la rapidité. Le fascia, il aime un peu plus la lenteur et la longueur. Et d'ailleurs, c'est ce qui fait que quand on travaille trop les fascias, qu'on met trop l'accent sur les facias, sur cette... lenteur, sur ce fait de ralentir, le fait d'aller étirer, eh bien, on en perd l'action rapide des muscles, parce que du coup, les fascias vont prendre le relais dans le mouvement, et si on doit se rattraper quand on tombe par terre, qu'on a tellement travaillé les fascias, parce que ça arrive, eh bien, on va se retrouver à ne pas avoir la dynamique nécessaire au niveau des muscles pour pouvoir se redresser, se retenir. On va dans l'autre sens, comme ça aussi, si vous demandez à un bodybuilder qui a beaucoup, beaucoup travaillé le fait de... de travailler ses muscles, de les arrondir, de les développer, etc. Vous lui demandez de s'étirer, ça va être super difficile parce que les muscles ont tellement de travail dans une direction que faire dans l'autre sens, ça va demander du temps aussi. Donc ça va dans les deux sens. Si on travaille un tissu trop intensément, on perd l'efficacité d'autres dynamiques au niveau des autres textures du corps. Et juste pour terminer sur comment j'infuse tout ça dans mes cours, et bien ça reste en fait finalement discret, c'est de l'extérieur, ça va se faire vraiment de manière toute petite. C'est loin d'être spectaculaire, ça ne se voit pas forcément, mais l'intention change. Et finalement, ce que ça va modifier, c'est la qualité de la présence dans la posture. C'est la manière dont on va peut-être être plus dans une globalité de la posture, puisque c'est une des recommandations dans la pratique du yoga, c'est d'être dans sa posture physiquement, mentalement, émotionnellement, dans sa respiration. Donc, le fait d'aller chercher avec un regard un angle de fascia, ça va permettre d'englober une plus grande partie du corps et peut-être d'avoir une meilleure conscience de son corps et de sa respiration et de sa posture et de son état émotionnel, etc. Donc, ce n'est pas mal aussi, plutôt que de mettre uniquement l'accent sur la force, la puissance, la performance, le fait d'être présent dans son corps et peut-être être légèrement déconnecté. Donc, pour moi, quand je travaille avec les fascias dans ma propre pratique, c'est ce qui va me permettre d'être peut-être… plus disponible, plus concentrée sur une pause et pas forcément mettant de la force sur esta avec des choses qui sont hyper simples, hyper accessibles mais j'essaie d'aller travailler dans cette notion de globalité Ce qui pourrait ressembler aussi à la biotinségrité. La biotinségrité, c'est le fait de travailler toutes les zones du corps sans être au détriment d'un autre. C'est ce que je vous disais tout à l'heure. Si vous travaillez trop le muscle pour le faire développer et dessiner votre corps, par exemple, en faisant du bodybuilding, eh bien, du coup, vous avez une perte de disponibilité, une perte de réaction, une perte de fonctionnalité d'autres tissus. Donc, la biotinségrité, c'est de se dire, je vais travailler un type de tissu, mais pas au détriment des autres. Si je fais beaucoup de posture, un enchaînement assez fort, mais que je perds ma respiration, on n'est plus dans la biotinségrité. L'idée c'est de continuer à maintenir son rythme, mais sans perdre une respiration qui va être efficace pour oxygéner tout le corps dans son entier et faciliter la récupération après la pratique. Et puis, quand j'enseigne, ça passe aussi par un autre média qui est le relâchement myofacial. Le relâchement myofacial, c'est quoi ? C'est de la manipulation corporelle pour aller masser dans certaines zones. Si vous avez déjà été chez un kiné qui vous a fait du massage et qui a mis ses doigts là où dans les muscles c'était tendu et resté là, dans cette zone-là, en allant en profondeur, c'est une technique de thérapie manuelle qui va travailler sur le myofacial. Donc en cours, ce n'est pas forcément ce que l'on va faire parce que forcément on n'est pas obligé non plus de toucher. les pratiquants qui sont en face de nous, on n'a peut-être pas le temps non plus, et puis on a envie de proposer autre chose, et dans ces cas-là on peut jouer avec des automassages en utilisant des balles comme médiateurs. Le plus simple pour commencer ça reste des balles de tennis. Donc c'est de jouer avec des pressions sur les différentes zones musculaires, faciales, pour pouvoir dénouer certaines zones. On a tous à un moment donné dans notre vie eu mal au trapèze, mal au cervical, ou mal dans le haut du dos, pourquoi pas dans le bas du dos d'ailleurs, Et le fait d'utiliser une balle que l'on place entre notre corps, le point de douleur et le mur, et on va aller masser notre corps sur cette balle pour essayer de dénouer les tensions, c'est ça en fait, le relâchement myofacial avec l'utilisation de balles. C'est aller trouver les points qui sont tendus, qu'on appelle parfois les trigger points, pour aller détendre certaines zones. Parfois, ça va toucher aussi les points d'acupuncture. Parfois, ce n'est pas du tout sur un chemin de points d'acupuncture. Et finalement, peu importe, l'idée c'est d'aller ramollir. Vous vous rappelez, c'était une notion de pâte à tarte un peu trop dure. Le massage, l'automassage avec les balles, c'est ce que ça va permettre. Le fait de ramollir, de redonner un petit peu de liberté dans cette zone, de lubrifier aussi grâce au mouvement. C'est le mouvement qui va lubrifier un petit peu tous les facias pour faciliter la mobilité dans cette région-là. Et donc je rappelle cette importance qui est qu'on ne travaille jamais une zone isolée, on vient à nouveau sur la biotinségrité. Et quand on va travailler ici avec la balle, c'est une idée de tension, de compression, puis associée au mouvement après, qui se répartissent de partout. On va faire un temps de pression, on va augmenter la compression dans ces zones, et puis après c'est le mouvement qui va favoriser la mobilité dans un deuxième temps. Donc c'est important de garder en tête que dans certains moments, on va favoriser un type de technique parce qu'on a besoin de relâcher le corps, de dénouer le corps, et puis dans d'autres parties de la vie, dans d'autres moments, dans d'autres saisons, on va travailler ou mettre plus d'attention sur une autre fonctionnalité du corps, comme par exemple la rapidité, parce que c'est ce qui va permettre aussi d'être plus juste dans sa pratique, dans ce qu'on fait au quotidien et dans sa structure corporelle tout simplement. Donc c'est intéressant à la fois de varier les différentes Merci. techniques, les différentes disciplines au sein d'une même semaine ou au sein de plusieurs périodes dans une année. Et l'utilisation des balles, c'est ce que j'entends parfois aussi, c'est d'aller plus loin dans la souplesse, comme si en massant profondément le muscle, on va beaucoup plus loin dans la souplesse. Oui, la souplesse, c'est une forme de graal aussi, quelque part, dans la pratique du yoga. Il y a beaucoup de personnes qui viennent pour ça et c'est tout autant respectué. Mais je rappelle juste que si vous mettez trop d'attention, encore une fois, uniquement sur la souplesse, et que c'est votre leitmotiv dans la pratique, soyez attentifs à avoir suffisamment d'activités à côté qui permettent au muscle de maintenir une forme de rapidité, d'agilité, parce que trop de souplesse, ça va jouer sur vos articulations, ça va jouer sur votre rapidité, ça va jouer sur votre équilibre au fil des années. Donc travailler au sein d'un cours, encore une fois, juste pendant, je ne sais pas moi, 5-10 minutes, l'équivalent de deux poussures de hyène avec des balles qui sont positionnées sur certaines zones du corps, ça va permettre d'assouplir, peut-être de relâcher, de dénouer les tensions sans aller plus loin. Et c'est peut-être aussi parfois, tout simplement, prendre conscience des tensions qui sont dans cette région-là, des tensions dues à nos mouvements du quotidien, à nos mauvaises postures du quotidien, quand on paraisse, par exemple, beaucoup de temps. face à un ordinateur, de desserrer les dents aussi parce qu'on se rend compte que quand on a cette pression au niveau d'un mollet, ça a une réaction au niveau de la mâchoire par exemple, c'est un exemple parmi d'autres. Donc l'utilisation des balles, c'est pas forcément pour aller plus loin, ni pour aller dans la souplesse, ni pour favoriser la mobilité, ça peut être juste pour prendre conscience de ce point de tension qu'on peut avoir dans une zone, alors que tout autour, tout va bien et tout est assez confortable. Donc pour moi, finalement, travailler avec les fascias, ce n'est pas une méthode. Une méthode, ça voudrait dire qu'elle marcherait peut-être pour tout le monde. Une méthode, c'est quelque chose que vous appliquez comme une recette. Mais je ne sais pas vous, moi j'ai déjà utilisé des recettes dans des livres. Et même en étant hyper précis, en utilisant exactement tous les ingrédients de la recette, comme il fallait au gramme près, la recette, elle échoue. Parce que parfois, il vous manque des informations comme... la température idéale du four, combien de temps exactement il faut le chauffer, quel moule il fallait utiliser, parce qu'utiliser un moule métallique ou un moule en verre, ce n'est pas du tout la même chose, mais c'est exactement la même chose ici. Et puis, il n'y a pas une méthode qui va fonctionner pour tout le monde. Donc, je reviens sur cette notion qui est importante. Travailler avec les fascias, comme dans n'importe quel autre travail musculaire, articulaire, c'est un chemin, ce n'est pas une formule magique. Et l'important, c'est que ça continue à vous apprendre des choses sur vous-même. à progresser dans votre apprentissage sur vous-même, sur vos capacités, sur la façon dont évolue votre corps. Je rappelle que l'évolution du corps, il peut aller vers des grandes amplitudes, ou au contraire, moins de mobilité et moins d'amplitude. Alors si je devais résumer tout ça en une phrase, que ce soit par le mouvement, que ce soit par le relâchement myofascial en utilisant des balles pour des techniques d'automassage, ce n'est jamais une technique qu'on sort isolément pour réparer un bout du corps, pour soigner un bout du corps. C'est une manière de regarder le corps dans son ensemble. Et cette manière de voir, elle continue d'apprendre des choses pour chaque personne, année après année, et moi la première. Et d'ailleurs, si ce genre de sujet vous parle, sachez que j'en parle régulièrement dans ma newsletter entre deux épisodes. Mais surtout, si cette question de biotensibilité, de l'intégrité des structures, de cette façon d'enseigner par le ressenti, si tout ça vous parle vraiment, je vous invite à découvrir la formation Myoïne. C'est la formation où on prend le temps de creuser tout ça ensemble sur les fascias, sur l'utilisation des balles et comment associer les postures de yin avec les automassages de balles et tout ça en pratique. Le lien est en description de l'épisode. Il y a deux prochaines formations qui arrivent. Il y en a une en octobre à Paris et il y en a une en avril au Sable d'Olonne. Toutes les informations sont déjà sur mon site. Et si vous avez des questions avant de vous engager, sachez que mon calendrier est juste en dessous dans la description. Et on peut discuter pendant une trentaine de minutes, gratuitement, sans engagement, de finalement, est-ce que ça s'intègre dans votre enseignement, dans votre pratique ? Est-ce que vous avez envie de venir ou pas ? Alors, je fais juste une petite aparté. Il y a plusieurs personnes qui m'ont contactée en demandant si cette formation était réservée aux professeurs de yoga. Non, elle n'est pas réservée aux professeurs de yoga, ni aux professeurs de yin. Elle est pour toutes les disciplines de pratiques corporelles. Je prends le temps de réexpliquer les différentes postures de yin. Donc, il n'y a aucun problème pour vous intégrer. au contraire. plus vous avez chacun des techniques différentes, vous augmentez votre boîte à outils et ça vous permet donc d'avoir plus de propositions pour vos élèves au fil de l'année. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Vous retrouvez à la fois les inscriptions pour le Myojin et le Calendly en description. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout et en attendant de vous retrouver la semaine prochaine, je vous souhaite de pratiquer un yoga libre et décomplexé. À bientôt !