Speaker #0Est-ce que le yoga est mort ? Est-ce qu'il a été remplacé par le pilates ? Ça fait des semaines que j'entends ça partout, que je lis ça partout sur Instagram, sur des articles, bref, ça tourne en boucle. Alors bien sûr, j'y suis aussi allée de ma petite analyse et j'ai longtemps hésité à écrire sur le sujet. Mais à chaque fois que je me suis posé sérieusement la question, je me suis dit, bah non, d'autres l'ont fait, c'est bon, il y a assez de discours là-dessus. Mais ce matin, ma réponse est plutôt oui. Alors je surfe sur la vague et on en parle. Autant te dire que cet épisode est fait sans notes et à l'arrache. Il paraît que dans l'improvisation naît de belles choses, alors pourquoi pas aujourd'hui ? Je suis Sandrine Martin, prof de yoga depuis 2010. Comme beaucoup d'entre vous, je suis indépendante, solopreneuse comme on dit maintenant. Je donne des cours en studio, je donne des formations, j'ai des projets à côté et pas de salaire fixe. Et ces derniers temps, je me pose pas mal de questions sur le métier, sur l'avenir du métier. Parce que pour pouvoir continuer à enseigner, il faut parfois enfiler sa casquette d'entrepreneur ou d'entrepreneuse avant celle de prof. Et ici, je partage ce que je teste, ce que je rate et ce que je réajuste. Et si ces questions te travaillent aussi, c'est ce que je creuse chaque lundi dans ma newsletter pour les profs. Le lien est dans la description. Alors aujourd'hui, une petite phrase qui tourne partout, le yoga est-il mort ? Alors ce discours... vient d'abord des États-Unis parce qu'il y a eu pas mal de choses qui se sont passées de ce côté-là, avec notamment des grands studios qui ont fermé. Et l'analyse que l'on peut faire aujourd'hui, en tout cas sur le marché européen, c'est que la pratique ne disparaît pas, elle continue. Ce qui flanche, c'est peut-être un modèle studio, parce qu'on parle aussi beaucoup de studios qui ferment. Mais on ne parle pas d'associations qui continuent, d'MJC qui continue à donner des cours aussi, d'autres structures, d'autres business models qui fonctionnent. Et puis aussi, on parle du yoga qui est mort parce qu'on voit un nombre de grands studios, notamment dans les grandes villes et encore plus dans la région parisienne, qui ferment les uns après les autres. Et en face, il y a un nombre incalculable. Deux studios de pilates qui ouvrent. La dernière fois, je suis allée à quelques kilomètres de Paris. Et dans une petite ville, il y avait deux grands studios qui étaient en train d'ouvrir ou qui ouvraient autour du pilates. Donc effectivement, on se pose la question. On voit plein de studios de yoga anciens qui ferment. Et des nouveaux business, des nouveaux modèles qui arrivent de cours de pilates. Mais aussi, il faut pouvoir comparer les deux choses correctement. Les anciens studios qui sont là depuis longtemps, qui sont là depuis 8, 10, 12 ans. Eh bien, on subit plein de choses. Ils ont subi le Covid, le post-Covid, les difficultés à remonter la trésorerie. Après toutes ces difficultés, ces mois de fermeture. Et en face de ça, on a des nouvelles entreprises qui ont des business plans, peut-être un peu d'argent au départ pour pouvoir investir, mais qui n'ont pas tout le passif. Donc, quand on compare ces deux-là en se disant, il y a plein d'anciens studios qui sont en train de fermer et en face, il y a plein de nouveaux studios qui ouvrent. Il y a aussi des studios de yoga qui ouvrent. On les voit un petit peu moins, mais ils continuent à ouvrir. Donc, c'est surtout de se dire, quels types d'entreprises sont en train de fermer ? Quels types de studios sont en train de fermer ? Depuis quand ils sont là ? Quels sont les différents facteurs qui ont fait qu'ils ont fermé aujourd'hui ? Et la plupart du temps, si on regarde bien, c'est grandes structures. Je ne vais pas les nommer ici parce qu'il y a des exemples aussi bien américains, anglais que français, ou plutôt parisiens ici. qui ont ce même constat, c'est que les grands studios qui sont là depuis longtemps voient un grand essoufflement. Et puis parfois, quand il y a des équipes aussi qui travaillent d'arrache-pied depuis longtemps, finissent par être épuisées, manquent de ressources. Peut-être que la clientèle, elle bouge aussi, elle évolue parce que les gens ne restent pas à 10 ans, parce qu'il faut tout le temps, tout le temps entretenir aussi la machine pour qu'il y ait des nouvelles personnes. On ne peut pas vivre uniquement sur les anciens. les participants, les anciens élèves, etc. Donc il y a aussi ce travail-là de mise en place qui se fait. Donc, c'est important aussi de pouvoir comparer ce qui est vraiment comparable. Mais aujourd'hui, effectivement, on peut constater, en regardant à l'extérieur quand on se balade, l'espèce d'écart qui se creuse entre les ouvertures de studios de pilates, par exemple, et les studios de yoga. Mais on n'a pas de chiffres réels, on n'a pas de chiffres qui vont nous dire tant de studios ont fermé, tant de studios sont en train d'ouvrir, donc on n'a que finalement ce que l'on a dans notre environnement et dans nos balades. pour voir, observer ce qu'il en est. Alors, est-ce que le pilates prend le dessus Par rapport au yoga, c'est une bonne question, ça peut être aussi un effet de mode parce que l'inverse s'est produit aussi à partir des années 2010, quelque chose comme ça, il y avait beaucoup de pilates et pareil, le yoga a pris plus d'essor par rapport aux pilates, on a vu plus de yoga sortir à droite et à gauche et puis le pilates s'éteindre un peu, là ça revient, c'est normal, c'est des histoires de mode, c'est comme... Je ne sais pas, je pourrais dire le pantalon pas de def va revenir ou le pantalon taille basse ou les slims qui ne sont plus, les pantalons slims qui ne sont plus à la mode aujourd'hui. C'est une question de changement de marché, d'adaptation de marché. Effectivement, quand on est indépendant, ce n'est pas évident à suivre parce qu'il faut payer ses factures. On se pose plein de questions, certains n'en dorment plus. Donc, c'est important d'aller se poser des questions et parfois d'avoir aussi un plan B ou de pouvoir... réagir quand il y a des difficultés comme cela. Et donc, en me baladant sur les réseaux, en regardant un petit peu ce qui se dit à droite et à gauche sur le yoga est mort, le pilates prend de l'essor ou peu importe, on en entend pas mal de choses et c'est hyper intéressant parce que ça va nourrir notre réflexion, notre observation. On va regarder ce qui se passe à gauche, à droite, on va en parler avec nos collègues de... aussi comparer les différentes choses. Mais si on fait un petit pas en arrière, sans parler yoga, sans parler pilates, il y a un gros constat que l'on peut faire aujourd'hui, c'est que nous sommes dans une période de crise, de crise économique, de crise géopolitique, de crise politique aussi au sein de la France. Et par conséquent, ça a un impact énorme. Aujourd'hui, si vous parlez avec des kinés, si vous parlez avec des personnes qui travaillent sur le bien-être, que ce soit avec le massage, avec l'ergothérapie, peu importe, tout ce qui va être soit paramédical aussi, les gens ont moins de budget à investir dans le bien-être, le soin, ne serait-ce que le soin. Aller faire des radios, certains vont passer ça, vont repousser encore, ne pas prendre en compte le traitement des dents et changer ses lunettes le plus tard possible, etc. On est dans une période qui est... compliqué au niveau économique et forcément tous les métiers de bien-être, de paramédical, d'accompagnement, de loisirs, ce sont les premiers qui vont subir la crise parce que tout simplement, financièrement, ce n'est plus possible de suivre ou en tout cas les budgets sont revus à d'autres endroits. Et ça, ce n'est pas une question de le yoga est mort ou pas. C'est une question de est-ce qu'il y a un budget pour ça ou pas. Et c'est une des analyses que je ne vois pas beaucoup dans ce que je peux regarder. Il y a vraiment une comparaison entre les différentes stratégies, entre les différentes techniques, pourquoi les gens viennent ou les gens ne viennent pas. Mais cette partie-là qui est importante parce qu'on le voit. Si on regarde toutes les grandes entreprises qui ferment, celle qui a fermé ou qui est en redressement judiciaire récemment, c'est la marque de chaussures André. Il y a plein d'autres structures, plein d'autres grandes entreprises qui étaient florissantes il n'y a pas si longtemps, sont en train de se faire enlever. de fermer ou sont en redressement judiciaire donc ça concerne énormément de domaines mais si j'en crois les bruits de couloir de HEC les deux domaines aujourd'hui qui sont rémunérateurs et qui rapportent du business c'est l'armement et le luxe quoique le luxe a priori est en train de changer aussi sa brillance si je peux appeler ça comme ça mais il y a aussi des facteurs environnementaux et puis des facteurs financiers autour du luxe. En pensant global, en étant entrepreneur ou solo-entrepreneur, ça ne nous arrange pas parce que ça ne donne pas non plus un avenir qui est très réjouissant. Et encore une fois, je pense que c'est important d'avoir dans sa bannière des ressources, de se dire j'ai un plan B, un plan C, un plan D qui permet de passer la crise. Ou encore de se dire finalement ce n'est pas soutenable, je vais reprendre un travail à côté. autant que la... la crise passe et que je puisse repartir, etc. Donc voilà, c'est de réfléchir aussi avec sa casquette d'entrepreneur, quelles sont les compétences que l'on a, qu'est-ce qu'on peut mettre en avant, comment on peut passer ce temps-là, cette période qui est compliquée, avant de repartir, ou peut-être tout simplement changer complètement de métier, de ne plus enseigner le yoga pendant des années, ou voire plus du tout. Donc c'est aussi ça qui est important quand on est entrepreneur, c'est de se poser la question de l'étude de marché. C'est de faire un pas de recul ou de prendre de la hauteur en observant ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, ce qu'on doit changer, ce qui ne doit pas changer, ce qui est tenable, ce qui est intenable, avant de crier sur tous les toits. Le yoga est mort et le pilates prend toutes les parts du marché. Non, c'est aussi de regarder ce qui se passe autour. Donc ma petite analyse du yoga, est-il mort ou pas ? Toujours est-il que les élèves, en tout cas ceux qui sont là, ceux qui continuent à venir, sont super contents de venir, ils ont besoin de venir, ça fait partie de leur énergie, ça fait partie de ce qu'ils ont besoin de mettre en place, de leur hygiène aussi mentale, physique, etc. Et c'est important aussi de rester sur cette dynamique positive de... valoriser ceux qui sont là, ceux qui prennent le temps de venir, ceux qui investissent encore, ceux qui croient en vous parce qu'ils continuent à payer les cours pour venir dans vos cours, et bien c'est aussi d'être en clair, d'être dans une posture qui est stable, juste, en disant que quand vous êtes face à ces personnes, vous êtes face à ces personnes, et vous n'êtes pas en train de donner cours ou être face à ces personnes en disant mais où sont les autres ? Parce que sinon, votre attention, elle est portée sur les autres qui ne sont pas là, au lieu d'être portée vers les personnes qui sont là. Donc, honorez ceux qui sont en face de vous, honorez ceux qui croient en vous, ceux qui continuent à investir dans vos cours, dans leur propre bien-être, dans leur propre investissement aussi. Et c'est ça qui est important, c'est de continuer à valoriser ce moment que l'on passe ensemble et cette transmission qui se fait, mais parce qu'eux aussi, ils sont là. vous êtes prof parce que vous avez des élèves en face c'est sur cette note que je finis aujourd'hui si vous découvrez Blabla Yoga pour la première fois et que vous êtes arrivé au bout sachez qu'il y a plus de 190 quasiment épisodes que vous pouvez réécouter sur plein de thèmes différents et j'espère vous retrouver une prochaine fois si vous n'êtes pas encore abonné au podcast n'hésitez pas à vous abonner ce qui vous permettra d'être informé quand un prochain épisode sort J'espère que ce que j'ai partagé avec vous aujourd'hui vous aura éclairé, inspiré, donné envie de creuser un petit peu les différents chiffres, les différentes questions qui se posent autour de cette thématique du yoga et de l'avenir du yoga. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout cet épisode et je vous dis à bientôt pour une prochaine aventure. Bye bye !