- Speaker #0
La
- Speaker #1
Coupe du monde de football continue et Bleu Blanc Bled vous emmène découvrir des footballeuses. L'association Lassana Ouagikeye a lancé une équipe de football de maman il y a une année pour créer des liens à Pavillon-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Une idée germée dans la tête de Diadou Gaffa. Le Blanc-Blaide a assisté à un de leurs matchs à Bondy.
- Speaker #2
Bonjour coach.
- Speaker #3
Bonjour, ça va ? Ça va ? Ça va bien ? Bonjour. Bonjour. Bonjour.
- Speaker #4
Vous allez là dans les lèvres ? Bonjour.
- Speaker #3
Salut. Ça va ?
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #3
Il m'a joué.
- Speaker #2
Là, on est un dimanche ensoleillé, on est super contentes et du coup, on retrouve les femmes du sport avec qui on avait fait une rencontre déjà il y a plusieurs mois. On avait participé à un Five. On les reçoit ici à Bondy sur le terrain de Sessifoot que la mairie de Bondy nous a gracieusement prêté. Et l'idée, en fait, c'est de faire une rencontre plus amicale, joviale, à rigoler qu'autre chose.
- Speaker #4
C'était quoi le résultat du match allé ?
- Speaker #2
On est arrivés derniers, mais il ne faut pas le dire, c'est un secret ça. Mais on a quand même gagné la coupe. On a gagné vraiment la coupe de l'ambiance. Puisque notre ADN, c'est vraiment ça. C'est pouvoir mettre de l'ambiance, créer de la cohésion sociale, créer de la cohésion entre les mamans et voilà.
- Speaker #4
Vous avez vos meilleurs supporters, c'est qui ? C'est vos enfants ?
- Speaker #2
C'est nos enfants. Il n'y a pas mieux. C'est vraiment les meilleurs supporters qu'on a, c'est nos enfants. Que ce soit de l'étranger âge de 10 ans ou les adolescents de 20-25 ans. Limite, je me suis dit à un moment donné, mais... Ils viennent nous voir, eux, et finalement, ils viennent nous voir, ils viennent nous encourager, ils nous suivent, ils nous boostent, et il n'y a pas mieux, quoi, il n'y a pas mieux.
- Speaker #4
Majoritairement, c'est marrant, mais je vois que les enfants, c'est des garçons.
- Speaker #2
Ils tiennent à supporter leurs mamans, et c'est vrai que la plupart des mamans qui sont là, elles ont suivi leurs enfants sur les terrains de foot, donc majoritairement des garçons. Il y a très peu de filles, vous allez voir, elles viennent d'arriver parce qu'elles étaient elles-mêmes au foot, puisqu'à l'Académie du CSI Foot. Ils ont ouvert une académie futsal pour les filles. Mais c'est vrai que la plupart, c'est des petits garçons. C'est qui le meilleur supporter ? Du coup Diadou Yafa, 42 ans, je suis la présidente de l'association La Sama Wagiré, je suis dirigeante trésorière au Blondie Sessi Foot Club, je suis cadre RH au sein d'une collectivité originaire de Pavillon-sous-Bois, de la ville des Pavillons-sous-Bois, conseillère municipale aussi à Pavillon-sous-Bois. Alors moi il faut savoir que j'ai grandi dans le 18ème, dans le quartier de la Goutte d'Or, ensuite très vite mes parents sont arrivés sur la ville des Pavillons-sous-Bois en 1995. Mais très vite, étant donné que nous, on est issus des quartiers de Paris, de la Goudor, du 18e, qu'on avait déjà cette fibre un petit peu que nos parents nous avaient donnée, de l'accompagnement social, de créer du lien, puisque avec nos parents, avant qu'on n'habitait sur Paris, on accompagnait les femmes qui venaient du tiers-monde pour leur apprendre tout ce qu'était le français, l'accompagnement administratif, donc j'étais baignée dedans très très très jeune. Mon père, à son âme, il accompagnait vraiment tout le monde. Il ne savait ni lire ni écrire, mais pourtant, ils avaient cette fibre-là de connaître l'administration et avec leur bienveillance qu'ils avaient avec tout le monde, ils arrivaient à faire l'accompagnement qu'il faut. Quelqu'un qui voulait demander un titre de séjour, quelqu'un qui voulait aller demander ses droits à la CAF, quelqu'un qui voulait aller à la Sécurité sociale. On est une famille de 17 enfants, et on a vraiment baigné du plus petit au plus grand dans cet environnement-là. Du coup, quand on est arrivé à Pavillon-sur-Bois, donc grande famille qui arrive, donc c'est un truc, tout le monde s'interroge et tout. Et on avait vraiment la particularité d'avoir, mon père, toujours la porte ouverte. Donc on avait tous les voisins qui venaient, gauche, droite, les copains, les copines. Il y avait à manger pour une personne, il y avait à manger pour dix personnes. Et voilà. Fort, fort,
- Speaker #0
top ! On finit là-bas en flash. On peut se remettre en place dans la ligne, on s'ouvre, quand tu es mort. Restez là, restez là, restez là. Premier top, je vais entendre qui est timide. Fort, Allez, top. Allez, on envoie, Allez, on envoie. Ouais, jusqu'au bout.
- Speaker #2
On a toujours baigné dans le sport. Moi, plus jeune, j'ai fait du volet, du badminton, de la natation et de l'athlétisme. Et tous mes frères et sœurs, nos parents, nous ont toujours mis au sport. À Paris, il y avait plus cette facilité-là d'accès, en tout cas. au sport, mais on faisait du sport avec les policiers. C'était pour éviter tout ce qui était délinquance. le fait de traîner dans les quartiers. Et c'est des projets en tout cas auxquels nous on a participé étant jeunes. Et c'était des vrais projets puissants qu'ont recréé du lien entre le 18e, 19e, 20e. Et aujourd'hui, par le biais du sport, moi je me rends compte très vite qu'en fait on peut parler d'éducation, on peut parler de parentalité, on peut parler vraiment de tous les sujets par le biais du sport. Et aujourd'hui, on y est. Là on ramène les mamans à la parentalité et juste par le biais du sport. Elle réinstalle le respect. En tout cas, les adolescents, ils sont vraiment respectueux de leur maman parce qu'ils les voient vraiment se surpasser sur un terrain. Et ils se disent « waouh » . Et c'est vrai que ça fluidifie en tout cas les rapports entre ados et parents.
- Speaker #4
Quelle est ton rapport avec la Mauritanie ? Tu y vas depuis que tu es petite, tu y vas régulièrement, quel est ton rapport ?
- Speaker #2
Alors j'y suis allée la première fois à l'âge de 17 ans et c'est vrai que la première fois que j'y suis retournée je me suis dit mince il se passe quelque chose quand même. Je parle beaucoup donc à force de discuter un petit peu avec les jeunes filles là-bas. dans les milieux ruraux et à la capitale, je me rendais bien compte qu'il manquait quelque chose que nous on a ici en France et qu'elles n'ont pas là-bas. Donc l'idée m'est venue très vite en tout cas de faire ce projet phare du 93 au Guidimara. Le Guidimara, en l'anxionique, c'est le village en fait. Et c'est d'essayer de retransposer tout ce qui se passe ici en France dans le 93, dans les milieux ruraux ou à la capitale. C'est-à-dire que ce n'est pas dénaturer en tout cas leur culture, mais c'est de permettre à ces jeunes filles d'avoir accès au sport, d'avoir accès à différentes actions culturelles et autre chose, et ne pas rester tout le temps ancré dans les clichés. Bon, la femme est à la cuisine, ce qu'on entend très souvent maintenant, aujourd'hui. Et sinon, il y a des voyages avec des jeunes d'ici qu'on emmène aussi là-bas. Le dernier voyage qu'on a fait en date, c'était au Sénégal, c'est dans le cadre des Jeux Olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. C'était d'aller retransposer... tout ce qui était la réglementation sur le futsal ici. C'est une action qui a très bien fonctionné. On a eu la participation de plus de 1000 filles et franchement, c'était top. C'est top et on a même eu l'équipe de la Mourétanie qui est venue nous rejoindre là-bas.
- Speaker #3
C'est pas fini les filles. Il reste deux fois à dix. Il y a le temps pour revenir.
- Speaker #0
Je pensais que vous aviez plus de points. C'est bon ?
- Speaker #2
En France, tout se passe du bouche à oreille. C'est des connexions qu'on a à gauche, à droite. Donc tu connais le parrain 2, la mère 2. Et du coup, il y a les anciens du PSG, les amis de Valdo, qui ont fait un tournoi intergénérationnel et auquel on nous a demandé de participer et de monter une équipe de mamans. Je me suis dit, allez, pourquoi pas ? J'ai mes sœurs, des copines qui ont fait du sport, d'autres qui n'en ont jamais fait. Pourquoi pas ? Donc on est partis, on a participé à ce tournoi intergénérationnel. Ça s'est très, très bien passé et elles ont vraiment pris plaisir. Et là on s'est dit, pourquoi pas l'année prochaine monter une équipe de mamans en alliant le sport santé, le sport loisir, un peu de compétition. Et donc nous voilà. Là-bas c'est pas équitable. Il y a Georgia, il y a elle, il y a la bonne gaule.
- Speaker #0
Regarde autour de toi On va faire des changements magiques La peau elle a été décrochée Allez Laissez les ballons On se met là sur la ligne de pointillé J'ai parlé tout à l'heure avec
- Speaker #4
L'entraideur Maxime Qui a également des fonctions au sein du club Alors je lui ai demandé Comment on coach des mamans Par rapport à comment on coach des enfants Ou des adultes Franchement je lui tire mon chapeau Parce qu'il a vraiment de la patience Merci.
- Speaker #2
Il a vraiment de la patience. Déjà, il sait d'ores et déjà qu'une séance, on dit midi, mais c'est pour commencer à midi 30. Parce qu'on arrive, on va avoir nos discussions de vestiaire. T'es parti au marché ce matin ? Ah, tu n'as pas ramené le café aujourd'hui ? Parce que c'est la base, le café, les croissants, les madeleines. Moi, je n'ai plus le droit de ramener de madeleines, mais bon, on ramène des fraises. C'est l'entraîneur qui ne veut pas. Il dit qu'on passe trop de temps au café après. Mais je pense vraiment qu'il s'est découvert une passion parce qu'il prend autant de plaisir aujourd'hui avec les mamans qu'il a pu en prendre en coachant des seniors ou en coachant des enfants. Les mamans !
- Speaker #3
Les mamans ! Allez les filles, allez les filles ! Allez tout le monde, c'est la presse, on cesse ! Vas-y, c'est Guinée ! Vas-y,
- Speaker #2
vas-y !
- Speaker #3
On finit ta course !
- Speaker #0
Waouh !
- Speaker #2
Bravo ! On a eu nos fils qui sont venus nous supporter, du coup on a participé au foot en marchant. Au début je me suis dit le matin ils ne vont jamais se lever, un dimanche et tout ça, alors que nous vraiment pour le coup, tout autant que nous sommes ici, le samedi on a passé sur des tournois, à partir, à revenir, à faire des kilomètres, à les accompagner vraiment un peu partout. Et je pense qu'ils se sont dit ouais ben pourquoi pas on va aller les encourager et là je me rends compte que le dimanche matin ils se lèvent. ils viennent, ils donnent de la voix, ils donnent du corps et franchement c'est génial jusqu'à ce qu'ils nous demandent, là ils nous ont appelé tout à l'heure c'est quand votre prochain match, vous allez faire quoi, contre qui et ils nous donnent même des tips pour se positionner sur le terrain donc bon
- Speaker #4
J'ai vu ce matin, vous avez reçu la visite du maire de Bondy, c'est quand même un dimanche matin on a vu le maire de Bondy arriver qu'est-ce que ça te fait justement de voir le maire de la ville débarquer un dimanche matin pour échanger avec vous, pour vous supporter Merci.
- Speaker #2
Franchement, ça fait chaud au cœur parce qu'on se dit quand même que nous, on essaye à nos petites échelles en tout cas de pouvoir apporter des choses concrètes avec les mamans. Comme on a parlé du sport santé, de la confiance en soi, du dépassement de soi. Et je me rends compte qu'à un moment donné, on partage les mêmes valeurs que ceux que le maire de Bondy veut véhiculer au sein de sa ville. Et ce n'est pas rien. Et puis, ça encourage vraiment les mamans à poursuivre dans cette dynamique-là. Là, c'est génial ce qui est en train de se passer. Des fois, quand je leur parle, je m'assois et je commence à pleurer un petit peu. Mais c'est des larmes de joie parce que je me dis qu'on n'est parti de rien. On a monté cette équipe et à un moment donné, les garçons nous ont beaucoup moqué en disant « Ah, mais vous récupérez nos femmes, on n'a plus le temps. Le dimanche, en général, elles font les bons repas, elles s'occupent des enfants. » Je leur ai dit « Non, mais pas qu'eux. » Je leur ai dit « Elles peuvent le faire, elles peuvent le faire bien. Il faut juste leur laisser un moment à elles. » Donc, ça a pris. Les mamans sont en demande. En début de semaine, nous avons rencontré l'équipe de Lady Squad à Clichy-sous-Bois. On a fait un petit mercato qui veulent rejoindre notre équipe l'année prochaine. Ça a été aussi dupliqué vraiment dans d'autres villes. Et moi, l'idée, ce n'est vraiment pas de garder le concept là pour nous, c'est que ce soit dupliqué partout dans toutes les villes. Moi, je vois des mamans qui ont repris confiance en elles. On voit certaines mamans qui sortent de maladies très graves et qui viennent. malgré que des fois elles sortent de chimio ou des choses comme ça. Donc moi je suis super heureuse pour ça, je suis super heureuse de pouvoir apporter une partie de moi, une partie de plaisir en tout cas à ces moments-là. Et je n'attends qu'une chose, en tout cas, c'est que ce soit redéployé à l'échelle mondiale en tout cas. À chaque fois qu'on est parti sur un tournoi, on a toujours eu la coupe de l'ambiance. Et nous ça nous va !
- Speaker #3
Donc voilà ! Allez, allez, allez ! Tire ! Allez ! OUAAAHHHHH