- Julien Coudert
Chez les sportifs professionnels, ils n'ont que ça à faire. Alors, ils peuvent avoir des problèmes personnels. Ils ne sont pas exempts de ce genre de soucis. Mais par contre, autour, professionnellement, ils n'ont aucun problème puisque leur job, c'est de faire du sport. Donc, on n'a pas ça à s'adapter. Et puis, ils ont beaucoup de temps de récupération. Ce que nous, on n'a jamais puisqu'on est toujours en train de...
- Maéva
Oui.
- Julien Coudert
Tu sors du boulot, tu vas vite courir, après il faut vite aller chercher le gamin au sport, ou alors il faut vite retourner en réunion, ou alors tu as une vidéo, ou alors machin. On n'a jamais de temps de récupération dans la journée, donc c'est ça qui est compliqué.
- Maéva
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de BPM. Vous le savez, j'espère, le podcast BPM a été lancé en décembre et nous avons deux formats. Le format court, 180 BPM pour donner des conseils concrets pour l'entraînement, et un format plus long, 120 BPM en endurance fondamentale. pour prendre le temps d'explorer le parcours de nos invités ou d'aller plus loin sur l'explication d'un thème. Nous avons le plaisir aujourd'hui de recevoir Julien Coudert, kinésithérapeute et coureur accompli, et Romain Adam, cofondateur de Run Motion Coach, qui connaît très bien Julien puisqu'il l'a remis sur pied après ses blessures. Julien est un coureur expérimenté, il a couru le marathon en 2h29 en 2024, il a fini dans le top 20 de la CCC en 2013, il est kiné du sport basé à Chambéry, et il a contribué à la création des modules PPG et étirement de l'app. Merci d'avoir accepté notre invitation. Julien, comment ça va ?
- Julien Coudert
Bonjour à tous, merci pour l'invitation. Ravi d'être là et bien en forme pour ce début d'année 2026.
- Maéva
Et toi Romain, comment ça va aujourd'hui ?
- Romain
Ça va, quelques courbatures, mais pas de blessures. Ce sera un des thèmes d'aujourd'hui. Si ça a un peu tiré, c'est que normalement j'ai une bonne charge d'entraînement pour le week-end.
- Maéva
Super, on pourra voir aussi les solutions. à mettre en place quand ça tire un petit peu trop. Donc on va dans un premier temps évoquer avec toi, Julien, ton parcours. Et puis ensuite, on évoquera le thème des blessures, du renforcement musculaire et des étirements. Pour commencer, on a une petite question pour en savoir un petit peu plus sur toi. Quel est ton rêve en course à pied ? Ou du moins, est-ce qu'il y a une course qui te fait de l'œil plus qu'une autre ?
- Julien Coudert
Je ne sais pas si c'est un rêve, mais il y a une course qui m'attire particulièrement, c'est la hard rock aux États-Unis. Pas forcément pour la distance, mais plus pour les paysages et cet aspect d'altitude. J'aimerais savoir comment je peux réagir à ce genre de sollicitation. Ça m'intrigue.
- Maéva
Du coup, peut-être un jour, c'est ça ?
- Julien Coudert
Peut-être un jour, on verra. C'est vrai que ce qui est difficile sur ce genre de course, c'est d'être tiré au sort. Parce qu'il y a très peu de dossards, contrairement à des trails en Europe, où sur un UTMB,
- Romain
tu as 2500 coureurs. Alors que sur une Hard Rock, c'est quelques centaines, je crois.
- Maéva
On te le souhaite alors.
- Julien Coudert
On verra un jour. Il faut que je me réentraîne un peu plus pour ça par contre.
- Maéva
Du coup, on va commencer un petit peu pour en savoir plus sur ton parcours. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ton parcours sportif et professionnel ?
- Julien Coudert
Oui, alors moi je suis tombé dans l'espoir d'endurance tout petit. J'ai commencé par la natation, j'ai ensuite pratiqué le triathlon longtemps puisque j'ai couru un bon niveau jusqu'en 2020. En parallèle, entre 2013 et 2020, j'ai aussi fait du trail, du court-distance jusqu'à 100 km, la CCC, c'est le plus long que j'ai fait. Et voilà, pour mon parcours sportif, aujourd'hui je cours toujours. Je suis inscrit au 10 km d'Aix-les-Bains, j'espère bien finir devant Romain. Mais voilà, je vais essayer de me réentraîner un petit peu sérieusement pour ça, ça va me motiver. Et puis d'un point de vue professionnel, je suis kiné depuis 2009. J'ai toujours travaillé en libéral, j'ai fait des spécialisations dans la kiné du sport, la réathlétisation. J'ai travaillé 5 ans avec les équipes de France de biathlon entre 2015 et 2020. Actuellement, je suis associé dans un cabinet de traumatologie et d'orthopédie du sport sur Chambéry. Je suis toujours des athlètes de haut niveau, notamment dans le ski, puisque je travaillais avec le lycée sport-études à la mode Cervolex. où je fais tout ce qui est soins kiné, mais je fais aussi tout ce qui est réathlétisation pour les blessés.
- Maéva
Super, on va pouvoir profiter de toute ton expérience du coup.
- Romain
Oui, complètement. Et puis justement, tu as parlé de différentes disciplines. C'est quoi que tu préfères entre le triathlon, le trail et le marathon ?
- Julien Coudert
Je ne sais pas. Après, ce n'est pas très objectif parce que je fais toujours du triathlon. J'ai pratiqué le triathlon parce que mon papa en faisait. Donc voilà, je dirais que ça reste le triathlon. Après pour moi par contre la discipline la plus difficile je trouve c'est le marathon. Que ce soit par rapport à ce que j'ai fait en triathlon, que ce soit du court distance ou du long distance, parce que j'ai aussi fait du long distance en triathlon, je trouve que le marathon c'est vraiment compliqué, la préparation est difficile, elle est rigoureuse, elle est contraignante, mentalement difficile. En triathlon c'est difficile, mais comme tu varies d'un sport à l'autre, tu as toujours un sport dans lequel tu te sens un petit peu mieux, etc. Alors que sur le marathon... C'est longuet la prépa quand même.
- Romain
Et puis t'as un peu le diktat du chrono finalement sur toute l'expérience, t'essayes de savoir si tu vas être sur le bon rythme.
- Julien Coudert
T'es toujours avec ton chronomètre, je pense d'ailleurs des fois un peu trop. On a un peu de mal à se détacher du chrono parce qu'on a toujours notre objectif chronométrique en tête. Et du coup mentalement, nerveusement, c'est vraiment difficile. Et c'est pour moi l'épreuve en tout cas que j'ai préparée qui est la plus difficile.
- Romain
Et est-ce que tu conseillerais justement, toi qui fais du triathlon, de varier les sports, même pour un marathon finalement ? Est-ce qu'il ne faudrait pas mieux, d'un point de vue aussi charge d'entraînement et blessure, varier les sports ?
- Julien Coudert
Oui, oui, moi je suis un partisan de l'entraînement croisé. Après, il y a un moment donné, sur le marathon, il faut courir quand même. Mais c'est vrai que dans un premier temps, si on peut faire un peu d'entraînement croisé, pour le système aérobie, c'est quand même vraiment bien. Et puis ça permet de monter en charge progressivement sur la course à pied.
- Romain
Et sans parler du trail, évidemment, pour se renforcer musculairement, ça que le vélo est essentiel.
- Julien Coudert
Alors en trail, je pense que ça se discute encore moins. Sur route, il y a vraiment un fort intérêt pour le vélo, pour faire des heures, c'est quand même plus facile. Et puis tu acquiers quand même un peu de puissance, un peu de force, souvent. dont les coureurs manquent et qui permettront de progresser, notamment sur les montées.
- Romain
Et puis, au-delà de la partie autres sports, il y a une notion qui est importante, c'est le renforcement musculaire pour éviter les blessures. C'est comme ça aussi qu'on s'est dit qu'ensemble, ce serait intéressant de créer ce module. D'abord, renforcement musculaire, puis le module étirement. Est-ce que tu veux nous dire un peu comment ça s'est passé ?
- Julien Coudert
Oui, alors du coup, tu m'avais contacté. D'abord, on a travaillé ensemble parce que tu étais blessé. C'est ça. Et puis, du coup, on a essayé de te remettre sur pied. Et puis ensuite, tu m'as contacté pour qu'on fasse ça. Donc, ça s'est passé assez naturellement. Après, ce n'est pas évident parce qu'on a tout type de public, tout type de course. Que ce soit sur route, ça peut aller course rapide jusqu'au marathon. Ou alors en trail, les trails courent jusqu'à l'ultra. Donc forcément, les besoins ne sont pas les mêmes. Donc, il a fallu faire quelque chose d'un petit peu général qui réponde à toutes les attentes. Mais ça reste de la course à pied, qu'on fasse de la course sur route ou du trail, ça reste de la course à pied. La base est malgré tout la même. On sait qu'aujourd'hui, à travers tout ce qui est renforcement musculaire, on va pouvoir prévenir les blessures et de ce fait être plus performant puisqu'on va pouvoir s'entraîner plus, on va pouvoir s'entraîner mieux. Donc renforcement musculaire, pour moi, indispensable.
- Romain
On va peut-être parler des blessures, mais peut-être que je peux rajouter sur la partie anecdote. C'est vrai qu'on a tourné les différents exercices dans un studio. Je me rappelle, c'est un studio avec un fond vert. C'était juste avant ma préparation pour l'UTMB. Et c'était juste le lendemain, je partais pour un tour du Mont-Blanc. On avait répété, je crois qu'il y avait une soixantaine d'exercices. Et donc, il fallait tourner chaque exercice une vingtaine ou une trentaine de secondes. Et donc, je me rappelle que le lendemain, j'avais déjà des courbatures pour démarrer mon tour du Mont-Blanc. Et c'est vrai que ce qu'on a aussi apprécié, c'est que tu as aussi fait des séances qui sont un petit peu différentes entre la route et le trail. Et derrière, grâce aux algorithmes, au-delà de la bibliothèque de séances, on a regardé ensemble et on a travaillé ensemble pour adapter l'entraînement et adapter ces modules de renforcement musculaire en fonction de l'objectif de la personne, mais aussi en fonction de son niveau en préparation physique. Parce que parfois, tu peux avoir des gens qui sont très rapides, mais qui ne sont pas bons en préparation physique. Et à l'inverse, tu peux avoir des gens qui viennent, par exemple, de l'Irox, qui peuvent être un peu moins bons en course à pied, mais par contre très forts en renforcement musculaire. Et donc, on a construit ça ensemble et c'était un vrai plaisir. Au-delà même du tournage, on est satisfait du résultat et on espère que les auditeurs et les utilisateurs de Run Motion Coach prennent plaisir à faire ce renforcement musculaire.
- Maéva
N'hésitez pas à nous donner votre avis sur les modules de PPG et d'étirement. Mais en effet, même à poids de corps, ça reste assez physique. Donc on a dit, on va parler des blessures. Donc c'est quelque chose qui est un petit peu redouté par les coureurs et qu'on a rencontré forcément à un moment donné. Parce que du coup, en moyenne, il y a un tiers des coureurs qui rencontrent une blessure. En tant que kiné, toi, tu dois fréquemment rencontrer des coureurs blessés. Est-ce que tu peux me citer trois blessures que tu rencontres fréquemment et les solutions que tu peux donner pour pallier ? à ses blessures.
- Julien Coudert
Oui, alors le grand classique, ça reste la tendinopathie d'Achille. Romain connaît bien. Ça, c'est le grand classique. Après, si on doit en citer que trois, je dirais celle-ci. Ensuite, on a toutes les tendinopathies au niveau du genou. Alors, ça peut être le tendon rotulien, le tendon quadricipital ou le fameux TFL, syndrome de l'issue glace. Grand classique du courant à pied. Et puis ensuite, une pathologie qu'on retrouve aussi, c'est les lésions musculaires. Ce qu'on appelle un peu plus communément les déchirures ou les élongations, quand on en parle un petit peu de manière commune. C'est les trois grandes pathologies. Je rajouterais peut-être l'entorse de cheville pour les trailers. On en voit énormément, la fameuse. On ne peut quand même pas passer à côté, on en voit beaucoup, surtout dans nos régions. Après, comment prévenir ? Le plus simple, ça reste de s'entraîner correctement, d'adapter son programme d'entraînement du mieux possible et de faire du renforcement musculaire.
- Maéva
Et aussi pour les chevilles, est-ce que tu conseilles des exercices de proprioception ?
- Julien Coudert
Oui, il y a les exercices de proprioception, les exercices un petit peu plus longs, de pliométrie alors c'est des choses très simples ça peut être de la corde à sauter ça peut être des sauts cloche pied droite gauche des sauts latéraux des choses comme ça parce que notamment en trail puisque c'est l'entente de cheville ça reste quand même une pathologie du trailer qu'on voit peu chez le coureur sur route à part quand il met le pied dans un trou mais sur la route mais ça bon il y peut rien donc voilà ça va être des exercices relativement simples mais fait régulièrement avec acidité et puis bien encadré, ça porte ses fruits et on essaye de prévenir un petit peu ce genre de problème.
- Romain
Ça me semble assez injuste parfois les blessures. C'est qu'il y a des coureurs qui sont tout le temps blessés et il y a des coureurs qui ne semblent jamais blessés. Est-ce que c'est... Quelle est la part de génétique ? Quelle est la part de travail derrière ça ?
- Julien Coudert
La vie est injuste. Déjà, il y en a qui naissent, ils sont grands. Il y en a qui naissent, ils sont petits. Il y en a qui naissent, ils sont plus solides que d'autres. Voilà. Après, il y a énormément de choses qui rentrent en jeu. A commencer déjà par tout ce qu'on a pu faire dans notre enfance, ça a eu un impact énorme sur la manière dont on bouge adulte. Ça, on n'en parle jamais assez, mais le développement des habiletés motrices chez les enfants, c'est quelque chose qu'on ne peut pas acquérir plus tard. Donc, un enfant qui fait énormément de sport, varié, il va acquérir des habiletés motrices qui sont vraiment très importantes. Et chez ces gens-là, on remarque quand même qu'ils se blessent beaucoup moins. Donc on a quand même une forte influence de notre passé sportif. Après, selon comment on est fait aussi, il y a des gens qui ont des grands segments, d'autres qui ont des petits segments, etc. On est un peu plus sujet à certaines pathologies ou non, tout comme les fractures de fatigue. On a des gens qui font des fractures de fatigue très régulièrement, on a d'autres qui n'en feront jamais alors qu'ils font n'importe quoi à l'entraînement. c'est pas très juste mais c'est comme ça et il faut apprendre à se connaître mais le meilleur moyen ça reste quand même de pratiquer vraiment beaucoup de sports différents quand on est enfant et puis après chez l'adulte je pense que ça reste d'être raisonnable déjà quand on se fixe des objectifs par rapport à sa vie professionnelle sa vie personnelle etc de bien doser tout ça et ça reste quand même le meilleur moyen de prévenir les blessures
- Romain
Parce qu'on voit parfois dans l'application des personnes qui sont très sédentaires, qui pendant 20 ans, entre 20 et 40 ans, n'ont pas fait du tout de sport après les études. Et puis finalement, qui se mettent à la course à pied. Et du coup, pour ces personnes-là, qu'est-ce que tu recommanderais pour éviter les blessures ?
- Julien Coudert
Oui, ça c'est un grand classique. Quand on rentre en études supérieures, on le voit d'ailleurs, on perd beaucoup nos jeunes dans les clubs, dans le sport. On perd énormément de jeunes autour de 18-20 ans. Et puis après, on s'y remet une fois qu'on est installé. Et puis, on pense qu'on va pouvoir reprendre comme on a arrêté. Donc déjà, reprendre de manière très progressive, être bien encadré, avoir un plan d'entraînement bien structuré, bien progressif. Ça, ça reste pour moi vraiment la base. Et puis, si on parle de course à pied, vraiment, ne pas hésiter à faire un petit peu moins de course à pied selon le temps dont on dispose. Et de mettre un petit peu de renforcement musculaire ciblé sur un petit peu ses déficits et ses défauts qu'on a pu acquérir avec les années. Et voilà, ne pas se précipiter à vouloir tout de suite faire trop de courses à pied. Voilà, on a souvent, parce qu'en plus quand on reprend, on a beaucoup d'envie. Ça fait longtemps qu'on n'a pas fait et souvent on a une envie un peu débordante. Et il faut savoir un petit peu se freiner. Et voilà, ne pas hésiter à remplacer une séance de course à pied par une séance de renforcement musculaire, des choses comme ça. Et de croiser éventuellement si on a aussi l'opportunité. Je sais que pour certains, c'est compliqué d'aller faire du vélo, pour ceux qui habitent en ville, etc. Dans les grandes villes, je parle. C'est un peu difficile, mais pourquoi pas nager ou ce genre de choses. Et ça permet tout doucement de remettre un petit peu le corps à l'effort. Et voilà, ça reste pour moi ce qui est le plus important quand on reprend au début. Mais faire attention avec la motivation un peu débordante du début.
- Romain
C'est ça,
- Maéva
on peut être un petit peu trop enthousiaste à la reprise de l'entraînement. Du coup, tu as parlé un petit peu des fractures de fatigue. Est-ce que tu as défini un petit peu, tu as une idée de la part des blessures entre mauvais entraînement, fatigue générale, stress matériel inadapté ? Est-ce que tu as une distance moyenne que tu recommanderais par semaine pour éviter les blessures ? À partir de laquelle tu peux favoriser le risque de blessure ?
- Julien Coudert
Il n'y a pas de distance moyenne parce qu'encore une fois, ça dépend d'où on part. Quelqu'un qui a arrêté de courir pendant 15 ans et qui s'est remis, c'est sûr que pour lui, courir ne serait-ce que déjà 20 km dans la semaine, ça va être énorme. Quelqu'un qui n'a jamais arrêté ou quelqu'un qui a pratiqué le foot ou d'autres sports et qui se met à courir, lui, il n'aura aucun problème à aller courir 20 ou 30 km par semaine. Donc ça, c'est vraiment dépendant de chacun. après la... par des blessures, souvent, elle est quand même associée à une mauvaise gestion de l'entraînement. En course à pied, on a quand même très peu de blessures traumatiques. On ne tombe quasiment jamais. On ne va pas avoir des fractures de clavicule comme on peut avoir en vélo, des fractures de poignet. Ça peut arriver, évidemment. On va toujours trouver quelqu'un qui est tombé, qui a trébuché sur le frottoir ou qui l'a glissé lors d'une séance. C'est dans un virage. C'est ce que je me rappelle d'avoir vu.
- Romain
Le jour de mon anniversaire, c'est la fin de l'année.
- Julien Coudert
Voilà, mais c'est quand même assez rare. Dans la course à pied, on a surtout des blessures qu'on appelle overuse, donc de surutilisation. Et c'est souvent lié à une mauvaise gestion de l'entraînement. Alors, c'est ce qui est très compliqué dans nos vies à nous, qui sommes des sportifs amateurs, c'est de doser ce qu'on peut faire à l'entraînement par rapport à nos charges personnelles et professionnelles. Ça, c'est vraiment la clé et c'est souvent comme ça. Donc, c'est pour ça quand tu... tu parles de stress ou de fatigue générale, tout ça va avoir un énorme impact sur nous. Et c'est à ce moment-là qu'il faut être capable de doser l'entraînement, de l'adapter en fonction de notre stress, de notre fatigue. Il y a des semaines, le petit ne dort pas, c'est le bazar à la maison, je dors 3-4 heures par nuit. Forcément, l'entraînement, il va falloir l'adapter un petit peu. Au boulot, c'est le stress, c'est le rush, ça ne se passe pas très bien avec mes collègues. Pareil, je vais être beaucoup moins performant et surtout, je vais être beaucoup moins chargeable à l'entraînement. Je supporterais moins de charges à cause de ces aléas de la vie personnelle ou professionnelle. Et c'est comme ça que les choses un peu s'imbriquent et que la gestion de l'entraînement, elle est vraiment très très compliquée chez le sportif amateur, bien plus que chez le sportif professionnel. Beaucoup plus. Chez le sportif professionnel, ils n'ont que ça à faire. Alors, ils peuvent avoir des problèmes personnels, ça, ils ne sont pas exempts de ce genre de soucis. Mais par contre, autour, professionnellement, ils n'ont aucun problème, puisque leur job, c'est de faire du sport. Donc, on n'a pas ça à s'adapter. Et puis, ils ont beaucoup de temps de récupération. Ce que nous, on n'a jamais, puisqu'on est toujours en train de... Voilà, tu sors du boulot, tu vas vite courir. Après, il faut vite aller chercher le gamin au sport. Ou alors, il faut vite retourner en réunion. Ou alors, tu as une vidéo. Ou alors, machin. Voilà, on n'a jamais de temps de récupération dans la journée. Donc, c'est ça qui est compliqué.
- Romain
C'est vrai que moi, je voyais... Quand tu parles de stress, etc., c'est vrai que pour moi, au-dessus de 80 km dans la semaine, il y a un vrai risque de blessure pour mon corps quand je suis stressé ou fatigué. Et à l'inverse, par exemple, je m'en rappelle, j'en fais plus tellement maintenant, mais par exemple des camps d'entraînement d'une semaine, déjà tu peux mettre en place la sieste en début d'après-siff. Et c'est vrai que là, je pouvais monter à 140, 50 km presque sans problème. Alors pas forcément sur plusieurs semaines, mais en tout cas pendant une semaine sans souci. Et c'est vrai que comme tu dis, à ce moment-là, déjà tu as quasiment zéro stress quand tu es en entraînement. Tu peux mettre en place la sieste, tu peux avoir des massages, etc. Donc effectivement, c'est très dépendant évidemment de ton expérience, mais aussi de cet environnement-là finalement.
- Julien Coudert
Oui, et puis tu es cool quand tu es en stage comme ça. Oui, carrément. Tu as fini ta séance, tu n'as qu'une chose à faire, c'est aller boire, aller manger, tu vas boire un café avec les copains. Et du coup, tout passe mieux, tout est plus simple. Et je te rejoins, moi c'est pareil, quand j'ai préparé mon marathon, au-delà de 70-80 km par semaine, j'ai essayé et je me suis blessé. Voilà, ça m'arrive à moi aussi et en fait c'est juste que ça passe pas dans mes semaines et voilà, donc je couple avec un petit peu de home trainer régulièrement, parce que j'adore le vélo, mais comme toi je peux pas dépasser 70-80 km par semaine, sinon après j'explose et puis... Même sans exploser physiquement, ne serait-ce que mentalement, il y a quand même une perte d'envie. Il y a un peu moins de plaisir à courir. Et ça reste pour moi normalement la première motivation, c'est le plaisir quand même de courir.
- Romain
Donc on peut faire 70 km par semaine et 2h29 au marathon.
- Julien Coudert
Ouais, après je faisais aussi un petit peu de séance de home trainer à côté. Je faisais pas que de la course à pied parce que je garde toujours un petit peu le vélo. Voilà, pour travailler un peu au niveau physio. C'est vrai que j'ai beaucoup utilisé le home trainer sur cette prépa là. Mais oui, c'est possible. Mais encore une fois, moi je tombais dans le tout petit. J'ai commencé le triathlon quand j'avais 6 ans. J'ai fait un sport et une natation jusqu'à 16 ans. Enfin voilà, j'ai aussi beaucoup d'heures derrière moi qui font que... J'ai des acquis. On a quand même un passé qui facilite un petit peu les choses.
- Maéva
Une mémoire musculaire.
- Julien Coudert
Oui, mais le corps, il se rappelle de tout.
- Romain
On avait des questions d'auditeurs, je crois.
- Maéva
Oui, justement, on a une question de Kadel73 concernant le matériel. Est-ce qu'il y a un meilleur drop pour les chaussures en running ou en trail ? Quel est ton conseil ?
- Julien Coudert
C'est la question que tout le monde pose. C'est une question difficile. Si on prend quelqu'un qui a l'habitude de courir, souvent je conseille de modifier assez peu le drop. Ou alors si on veut le modifier, il n'y a aucun problème, mais par contre il faut le faire progressivement. Donc ça demande du temps parce que forcément on ne va pas acheter 5 paires de chaussures pour passer de 12 mm à 4 mm. Donc il va falloir y aller lentement. Chaque fois que vous changez votre paire, vous essayez de diminuer le drop de 2 mm par exemple. Et puis petit à petit vous allez vous rapprocher d'un drop un petit peu plus faible. Chez les gens qui attaquent la course à pied, je conseille souvent de démarrer avec des drops relativement faibles. Ça permet de travailler la foulée un peu plus avant pied. Je n'aime pas trop ces termes-là, mais ça permet plus facilement de travailler la technique. Ça permet plus facilement d'aller vers quelque chose de techniquement propre avec des drops faibles. Je conseille rarement le drop 0 parce qu'en fait il en existe assez peu dans le commerce. Il y a quelques marques qui le font mais à son spécifique il y en a peu. Du coup après il faut aussi d'un point de vue commercial, il y aura peu de possibilités, peu de choix avec un drop à 0. Alors qu'un drop entre 4 et 6, vous allez avoir beaucoup de marques qui font ça, il y aura moyen de trouver des choses très bien dans ces drops là. Et surtout, vous aurez beaucoup de choix, alors que c'est vrai qu'un drop à zéro, les gens auront moins de choix et ce sera plus difficile d'aller trouver une paire de chaussures qui leur va. Parce qu'en dehors du drop, il faut quand même que la chaussure, elle corresponde aux pieds des gens. Il faut déjà être bien dans ses baskets, comme on dit. Et ça, c'est la première chose. Donc voilà. Mais petit à petit, aller sur un drop entre 4 et 8, 4-6 me paraît idéal. Voilà.
- Romain
C'est peut-être ce qui se dit, tu pourras peut-être nous confirmer, c'est que par exemple, si tu as souvent mal au genou, il faudrait plutôt réduire ton drop parce que c'est moins sollicitant et surtout, tu vas avoir une pose de pied qui sera plus médiopied, voire avant-pied. Du coup, ça va réduire un peu les sollicitations sur le genou qui peuvent tendance à être bloquées quand tu as un gros amorti et du coup un gros drop. Et à l'inverse, quand tu as mal au tendon d'Achille ou au mollet. Le fait de re-augmenter ton drop te permet de soulager quelque peu la chaîne arrière ? Est-ce que toi tu es d'accord avec ça ? Oui,
- Julien Coudert
en fait ce qui se passe avec le drop, c'est que plus le drop est fin, plus on va avoir tendance à attaquer sur l'avant-pied. Donc plus tu vas attaquer sur l'avant-pied, plus tu vas avoir une sollicitation sur ta chaîne postérieure, mollet, tendon d'Achille. Donc évidemment pour ceux qui ont un peu des soucis de tendon d'Achille, c'est un peu plus délicat. Mais par contre, le fait de courir comme ça permet d'un peu mieux amortir les chocs et l'impact au niveau articulaire. Donc pour les gens qui ont des problèmes de genoux ou de hanches ou même de dos, souvent il va être préférable de prendre une chaussure avec un drop un peu plus fin pour attaquer un petit peu plus avant pied. Alors il n'est pas question d'aller croître sur les orteils, on ne fait pas du sprint non plus. Mais voilà, avoir une pose de pied un peu plus agressive va nous permettre de solliciter un peu plus au niveau musculaire et tendineux, mais de laisser un petit peu plus tranquille nos articulations genoux, hanches et lombaires. Et à l'inverse, par contre, c'est vrai que si tu as des problèmes de tendon d'Achille, il va falloir peut-être réaugmenter le drop, mais on va peut-être en discuter un petit peu après sur le tendon d'Achille. Une phase un petit peu de rééducation et de réentraînement qui pourrait permettre, malgré tout, avec une adaptation de la charge sur un certain temps, de rester sur un drop relativement faible. Après, il y a aussi les questions d'âge. Avec l'âge, parce que je suis dans ma première année master, t'as longtemps cette année, ça devient difficile de courir sur l'avant du pied. Avec l'âge, on s'est aperçu quand même que c'était plus compliqué de courir sur l'avant-pied. On a beaucoup plus de blessures mollées, notamment musculaires. Donc avec la prise d'âge, il va falloir faire un petit peu attention et souvent la foulée est un petit peu modifiée. Il y a quand même beaucoup de paramètres qui rentrent en jeu. Chaque chose doit être adaptée au cas par cas, mais il y a quand même ces grandes lignes qui sont vraies.
- Maéva
Merci pour ces infos-là. On a une question de Chris3815 qui dit en cas de douleur articulaire type genoux ou cheville, est-ce qu'il faut s'arrêter ? Combien de temps ? Et quels sont les exercices à effectuer ?
- Julien Coudert
En général, en cas de douleur, oui, il vaut mieux s'arrêter. Surtout si elles sont vraiment articulaires, elles passeront de toute manière pas en continuant à courir dessus. Surtout, essayez, moi c'est ce que je conseille souvent, c'est de s'entourer de professionnels de santé en qui on a confiance, créer un petit réseau pour les coureurs réguliers, pour avoir vite des informations, pour pouvoir vite consulter et pour éviter les bêtises. Les douleurs articulaires, oui, il faut faire attention parce que de toute manière, elles ne passent pas en courant. Ça, on en est sûr. Autant sur des pathologies tendineuses, on va régulièrement arriver à continuer à courir en adaptant. Évidemment, on ne pourra pas faire tout ce qu'on veut, mais on pourra souvent continuer à courir. Mais les pathologies articulaires, souvent, ça demande une petite période de repos. De cours sains, j'entends. Ce n'est pas interdit d'aller nager ou de faire du vélo. Et si tu rencontres ce type de douleur en course, par exemple, qu'est-ce que tu fais ? Est-ce que tu continues quand même, au risque d'aggraver la blessure ? Joker ! Alors moi, je fais plutôt partie de la team « je continue parce que je n'ai pas envie d'abandonner » , mais les coordonnées sont les plus mal chaussées, et souvent ce que je conseille, c'est d'arrêter.
- Romain
Oui, parce que toi, tu sais quand même poser un diagnostic assez vite et savoir si tu peux quand même véritablement continuer.
- Julien Coudert
J'ai quand même l'âge de connaître un petit peu les choses et de savoir s'il faut continuer ou s'arrêter. Souvent, je conseille quand même d'arrêter parce qu'en règle générale, quand même, de continuer, ça n'ira pas mieux. Ça va très probablement aggraver la blessure et du coup, vous allez avoir une période de repos derrière qui sera encore plus importante. Vous allez devoir vous arrêter de courir encore plus longtemps que si vous n'aviez pas fini la course. Après, il y a les courses un petit peu sans enjeu, en tout cas sans enjeu personnel, qui ne sont pas vraiment des objectifs. Là, je dis, il faut vraiment arrêter. Si on a des courses où c'est vraiment l'objectif, genre toi à l'UTMB, bon ben, après, tu sais que derrière, si t'as mal, ça va être long. La période, un petit peu de coupure risque d'être plus longue, etc. Après, chacun fait aussi un petit peu comme il le sent.
- Romain
Oui, donc si c'est un objectif intermédiaire, tu arrêtes, et puis si c'est une voie principale, sauf blessure grave... Après,
- Julien Coudert
je pense dire qu'avec une fracture, il faut aller au bout. On parle de petits bobos, de choses tranquilles, d'accord ? Parce qu'on voit quand même des pathologies assez importantes des fois dans l'ultra-trail, notamment des hydratations, etc. Donc là, non, hors de question de continuer, ça c'est clair et net. Si c'est une petite douleur au genou qui ziti un peu, qui gêne un peu, bon ben voilà, si t'es sur l'objectif de l'année, t'essayes d'aller au bout coûte que coûte, ça tout le monde le fait je crois, ça nous est tous arrivé, on le fait tous, il n'y a pas mort d'homme. Mais voilà, après il faut quand même faire attention, parce qu'il y a quand même des pathologies, notamment dans l'ultra, on verra moins ce genre de soucis sur des courses courtes, mais sur des courses longues des ultras, il y a quand même des vraies pathologies qui peuvent être dangereuses, et sur lesquelles il faut vraiment faire attention.
- Romain
Oui, puis ça peut peut-être dépendre aussi, je pense sur un UTMB, forcément, au bout d'un moment, on a mal quelque part. Mais si c'était par exemple au bout de 120, 130 kilomètres, on peut se dire, je serre les dents. Par contre, si c'est kilomètres 30,
- Julien Coudert
on commence à... Si t'as mal au genou, t'es aux zouches. Bon, Valvaré, quand t'as fait 8 bornes, il en reste 150. Ça paraît quand même mal engagé. Mais effectivement, si t'as mal un peu à Valortine, qui reste 15, 20 kilomètres à faire.
- Romain
Et sur les ravitaillements, tu as toujours des médecins. Souvent, ils peuvent te dire tu vas souffrir, mais tu peux quand même continuer.
- Maéva
Pas hésiter à demander. Ils te disent,
- Romain
il faut vraiment t'arrêter. Tu t'arrêtes.
- Julien Coudert
Il faut savoir aussi écouter un petit peu le corps médical. Il y a des gens qui sont quand même compétents, qui sont là sur place, surtout sur ces grosses courses. Donc, pas hésiter à aller voir, à consulter. Parce que c'est bien, c'est notre objectif. Nous, ce qu'on aime avant tout, c'est quand même courir. Si on ne peut plus courir après derrière, on a l'air malin.
- Romain
Et justement, Benoît V nous pose la question, quels types de douleurs sont acceptables ? Et à partir de quand il faut s'inquiéter, justement ?
- Julien Coudert
Je ne sais pas ce qui est acceptable ou non acceptable. Déjà, ça reste assez subjectif, c'est personnel. Moi, j'ai quand même pour habitude de dire que normalement, si on a mal, il faut arrêter. Il faut arrêter, il faut aller consulter, il faut faire les choses correctement, dans l'ordre. Et ça se passe toujours mieux comme ça que quand on essaye de tirer un petit peu sur la corde. Des fois, ce n'est pas grand-chose en plus. On a une petite douleur, il suffit de s'arrêter 3-4 jours et puis finalement, ça va mieux. Alors des fois, si vous ne prenez pas ces 3-4 jours de repos, trois semaines après, vous êtes encore en train de traîner votre truc et puis vous entraînez à cloche-pied à moitié. Souvent, je dis qu'il faut arrêter, qu'il faut consulter. C'est pour ça que je conseille toujours aux gens, aux coureurs, aux sportifs réguliers d'essayer de s'entourer d'un médecin, éventuellement d'un kiné, mais déjà d'un médecin qui puisse faire un diagnostic, qui puisse poser les bases. Et puis après, on sait sur quoi on part.
- Romain
On a Michel Bu qui nous dit qu'il y a une douleur qui n'est pas identifiée. Est-ce que je mets du chaud ou du froid ?
- Julien Coudert
Alors. C'est plutôt du froid. Plutôt du froid, en règle générale, on met plutôt du froid. Normalement, avec le froid, on ne prend pas de risques. Avec le chaud, selon les pathologies, ça peut être un peu nocif. Donc quand on ne sait pas, il vaut mieux mettre du froid. Mais mieux, ça reste quand même d'aller voir le médecin.
- Maéva
Et on a peut-être une dernière question sur les blessures de Hartnay, entre kiné et ostéo. Qui c'est qu'il faut aller voir et dans quel cas ?
- Julien Coudert
Ça, c'est le genre de questions qui reviennent très souvent. Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi, parce que selon les pathologies, aussi bien l'ostéopathe fera un excellent boulot sur un problème articulaire, en aiguë, etc. Et aussi bien si vous avez une pathologie un peu plus tendineuse, qui va demander un traitement à long terme, etc. Il vaudra davantage mieux aller voir d'abord le médecin, puisque c'est lui qui va vous prescrire les séances de kiné. Après, si c'est juste un blocage, quelque chose d'aigu, un blocage articulaire, etc. Vous pouvez aller chez l'ostéo, il n'y a aucun souci.
- Maéva
On a beaucoup parlé du coup des blessures. On a tous été un petit peu concernés par, malheureusement, l'une ou l'autre, ou en tout cas une de ces blessures. Et justement, le meilleur moyen pour les éviter, tu l'as dit, c'était la PPG. Donc, en plus d'une charge d'entraînement adaptée et du coup, la PPG, pardon. Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi c'est important de faire de la PPG et du renforcement musculaire ?
- Julien Coudert
Alors, renforcement musculaire, ce qui va nous permettre, c'est d'être plus durable. C'est-à-dire d'être plus durable dans l'entraînement, d'être plus durable sur nos compétitions, sur nos courses. Tout simplement parce qu'on va être... plus fort, on va être plus gainé, on aura moins de mouvements parasites dans notre biomécanique et tout ça va nous permettre d'aller plus loin, plus longtemps. Voilà, si on doit résumer le renforcement musculaire, moi je le résumerais comme ça. Ça nous permet d'être plus durable à l'entraînement et en compétition. Souvent, ce qui se passe, c'est qu'avec un renforcement musculaire adapté, mais surtout régulier, il n'y a pas besoin de faire des choses incroyables. mais régulier on va on va avoir un meilleur renvoi en fait des forces que vous transmettez du bas vers le haut ou du haut vers le bas tout dépend des sports qu'on pratique mais en tout cas en course à pied vous allez mieux accepter les contraintes voilà et surtout vous allez être plus efficient dans votre dans vos poussées sur chaque pied à chaque pas etc donc voilà il ya un gain d'efficacité Et un gain sur la durabilité dans l'entraînement. C'est surtout dans l'entraînement, puisque quelqu'un qui s'entraîne mieux, qui s'entraîne plus, forcément c'est quelqu'un qui est plus fort à l'arrivée. Et renforcement musculaire, il va nous permettre de mieux s'entraîner, de s'entraîner plus et de repousser un petit peu nos limites. On doit résumer la chose de manière assez succincte.
- Romain
Et entre la route et le trail, est-ce que c'est les mêmes exercices qu'on doit effectuer ?
- Julien Coudert
Non. Alors la base est la même, ça reste de la course à pied malgré tout, mais il y a des petites subtilités au trail, notamment sur l'aspect descente, le travail excentrique qui va être très important chez le trailer, notamment le travail excentrique de quadriceps, alors que chez le routier on aura un travail excentrique mollet très important, beaucoup plus que chez le trailer. Donc oui, il va falloir forcément adapter en fonction du... Qu'on fasse de la route ou qu'on fasse du trail. Et aussi en fonction de la distance. Puisque quelqu'un va faire du trail court, il va avoir besoin de plus d'explosivité. Quelqu'un qui fait de l'ultra, s'il n'est pas très explosif, ce n'est pas bien grave. Par contre, il faut qu'il soit fort. Il faut qu'il soit fort, les montées sont longues, ça dure longtemps. Et surtout, il y a une répétition du trail excentrique et de la descente qui est un peu difficile, non ?
- Romain
Et puis une amplitude aussi qui n'est pas la même. Parce que quand tu montes une grande marche type escalier dans du trail, forcément tu as une angulaire qui n'est pas du tout la même que sur un marathon.
- Julien Coudert
L'avantage de la route, c'est qu'il n'y a aucune surprise. Quand tu cours sur route, tu n'as aucune surprise. Tu ne fais jamais un pas à droite, un pas à gauche, à part s'il y a quelqu'un qui tombe devant toi. Mais sinon, c'est toujours pareil. C'est plat, c'est lisse. En trail, ce n'est jamais pareil. Les appuis ne sont jamais les mêmes. Ce qui fait que c'est un peu moins traumatisant, contrairement à ce qu'on pourrait penser, parce que justement, on ne répète pas le même mouvement en permanence, contrairement au marathonien qui veut courir 42 km exactement de la même manière. Donc du coup, le renforcement musculaire pour un routier, il est un peu plus simple dans le sens où il n'y a aucune surprise. Chez le trailer, il faut un peu plus d'adaptabilité. C'est pour ça qu'on va avoir du travail avec différentes amplitudes, différents angles, et puis aussi un travail en ampleur. on parlera un peu de proprioception pour être adaptable au terrain. Voilà, parce que des fois ça glisse, des fois c'est sec, des fois il y a du caillou, des fois c'est de la terre, des fois, voilà, il faut être adaptable.
- Romain
Peut-être que le plus dur, alors, c'est les trails plats. Je pense à l'ultramarin, par exemple, 175 km autour du golfe du Morbihan. Parce que là, tu es sur un effort très long, tu es quasiment tout le temps la même angulation. Et puis finalement, assez peu de surprises sur certains passages où tu as des racines, etc.
- Julien Coudert
Je pense que le plus dur, ça reste quand même les courses longues où il faut courir tout le temps. Ça, c'est ce qu'il y a de terrible. C'est qu'il faut courir tout le temps, tu fais toujours la même chose. Tu n'as jamais moyen. finalement, entre guillemets, de te reposer ou en tout cas de changer un peu ta manière de bouger. Alors qu'en trail, c'est assez confortable, entre guillemets, en tout cas sur un certain temps. Après, au bout d'un moment, il va quand même râler le bol. Mais c'est assez confortable, finalement, de passer d'un petit footing à je marche en montée, puis après, je me laisse aller un petit peu dans une descente. Voilà. Alors qu'effectivement, un trail plutôt plat et roulant, c'est l'enfer. C'est compliqué, ça. Il faut courir tout le temps, tu es toujours à peu près à la même vitesse. Souvent, les descentes, elles ne sont pas très longues. Elles peuvent être raides, mais pas longtemps. Donc, c'est un petit peu toujours la même sollicitation. Et puis, ça dure surtout très longtemps.
- Romain
Et puis, tu ne marches pas parce que tu as peu de montées. Mais justement, est-ce qu'une stratégie, ce ne serait pas aussi de s'imposer des périodes de marche ?
- Julien Coudert
Certainement. Certainement, en tout cas chez ceux qui ne sont pas élites, très certainement ne pas hésiter à marcher à chaque montée, oui. finalement, marcher à 5-6 km heure au lieu de courir à 6,5, tu as peut-être perdu 30 secondes dans la petite montée-là, mais par contre, tu as économisé un petit peu au niveau musculaire, tu as changé un peu ton pattern de course, tu as changé un peu ta manière de fonctionner, et ça fait du bien.
- Maéva
Même si tu te sens évidemment capable de courir cette petite montée, c'est de se l'imposer en tant que... Oui,
- Romain
je pense qu'il marche d'avoir se l'imposer.
- Maéva
Et justement, pour faire du renforcement, est-ce qu'il faut mieux aller en salle ? Est-ce qu'on peut rester à la maison ? Est-ce que tu conseilles poids de corps ou charges additionnelles ?
- Julien Coudert
Déjà, la première chose qu'on peut conseiller, on l'a dit, c'est de faire du renforcement. Faire du renforcement à la maison au poids de corps, c'est déjà quelque chose d'excellent. On peut faire des super choses. Ça peut être hyper pertinent. Chez le coureur amateur, à mon sens, c'est largement suffisant. voilà après pour les coureurs un peu experts pour les élites évidemment on va aller chercher des gains un petit peu plus importants et puis on souvent c'est des gens qui s'investissent plus qui mettent plus de temps dans leur pratique et donc à ce moment là chez eux on pourra peut-être leur conseiller effectivement de faire du renforcement musculaire avec charge ça c'est sûr chez les élites après à la maison rien n'empêche d'avoir un ou deux kettlebell une petite barre voilà des choses très simples y'a pas besoin de grand chose pour ajouter un petit peu poids aux exercices un peu classiques de renforcement musculaire du type fente squat tout à fait, on t'enchaîne une vingtaine de fentes avec 10 ou 15 kilos sur le dos ça fait déjà un joli travail donc oui, moi souvent ce que je conseille aux gens, parce qu'on est tous pareil on a quand même des contraintes de temps qui sont importantes et mine de rien, aller à la salle ça prend beaucoup de temps Voilà, donc moi, je conseille souvent, on fait à la maison, on essaye de réfléchir à ce qui nous manque, à ce qui nous irait. Et puis, on remplace un programme régulier qu'on a eu fait avec Romain sur Runmotion. Et puis, on peut y ajouter un petit peu de charge. Avec des packs d'eau. Voilà, des packs d'eau, un enfant sur le dos. Enfin voilà, ça fait marrer tout le monde à la fin. avec le petit sur le dos les squats avec le gamin sur l'épaule tout le monde est content à l'arrivée et il y a une progressivité parce que plus il grandit plus il prend de jacks exactement, j'espère que vos enfants ne sont pas trop costauds parce qu'au bout d'un moment ça va être dur mais voilà et puis surtout surtout déjà à poids de corps on peut faire d'excellentes choses et quand c'est régulier ça porte ses fruits et c'est déjà un premier pas vers le renforcement musculaire et c'est souvent suffisant pour les sportifs amateurs que nous sommes, évidemment.
- Maéva
Super. Je ne sais pas si tu avais d'autres questions sur la partie renforcement romain.
- Romain
Non, pas forcément, mais je me disais que ça pourrait faire une excellente transition avec les étirements. Ça nous arrive parfois d'avoir des personnes qui rencontrent le mur du marathon assez tôt, kilomètres 25, kilomètres 30, et qui très souvent ont des grosses douleurs aux ischios jambiers. Et donc ça, ce n'est pas forcément lié à un manque de glucose dans les muscles. Et c'est peut-être plutôt lié à... un manque de souplesse ou un manque de renforcement. Toi, c'est quoi ton point de vue par rapport à ces gens qui rencontrent souvent le mur à cause de limites musculaires dans les ischios ?
- Julien Coudert
C'est quelque chose qu'on voit pas mal avec les nouvelles chaussures aussi. Les chaussures carbone, je pense qu'on court à des vitesses un tout petit peu plus élevées grâce à ces chaussures qu'avec nos chaussures un peu traditionnelles. Déjà le premier point, ce serait vraiment sur la préparation d'essayer de s'habituer un petit peu à ces chaussures régulièrement, de faire ses séances d'allure marathon avec. Après, il y a de toute manière forcément un déficit musculaire. Pas que de la souplesse, parce que la foulée, tu la fais très bien pendant 25 kilomètres. Et puis au bout d'un moment, tu ne la fais plus, mais ce n'est pas parce que tu es moins souple, c'est juste parce que souvent tu es moins fort. Petit à petit, tu te déconditionnes, tes muscles sont moins adaptables. Donc c'est là-dessus qu'il faut travailler. C'est pour ça qu'être extrêmement souple, non, ce n'est pas ça qui va te sauver. Par contre, être plus fort, oui.
- Maéva
On va passer sur la partie étirement.
- Julien Coudert
Oui.
- Romain
Tu vas nous dire justement à quoi ça sert, si ça ne sert pas à courir plus vite.
- Julien Coudert
La partie préférée des coureurs.
- Maéva
Ça ne sert à courir plus, c'est juste que ça n'évitera pas le mur.
- Romain
Donc, on a une question de Arne qui nous dit, on rencontre trois teams de coureurs, ceux qui s'étirent avant, après un run ou pas du tout. Et toi, quels seraient tes conseils en tant que kiné ?
- Julien Coudert
ça c'est la question que j'ai à peu près 12 fois par jour au cabinet non mais je disais être plus souple ça permet de couvrir plus vite de toute façon il suffit de regarder vous allumez la télé, vous regardez les Jeux Olympiques vous voyez bien que Usain Bolt il est plus souple que Kipchoge en gros le sprinter est plus souple que le marathonien mais ça c'est juste une question de longueur de foulée donc sur les étirements en fait pas du tout beaucoup ou un petit peu c'est dépendant Alors... forcément, souvent les extrêmes, c'est jamais très bon. Donc le pas du tout ou tout le temps, c'est soit pas assez, soit trop. C'est un peu vrai pour tous les sujets de la vie. Mais ce que je conseille moi aux gens, c'est de réfléchir un petit peu à leurs points forts et leurs points faibles. Est-ce que je suis souple ? Est-ce que je suis raide ? Si je suis souple, est-ce que je suis souple sur la chaîne postérieure ? C'est-à-dire les ischios jambiers, les mollets. ou alors sur la chaîne antérieure, les quadriceps notamment, et en fonction, mettre un petit travail en place pour limiter les raideurs d'un côté ou de l'autre. Mais ça doit être adapté un petit peu au cas par cas. S'étirer avant de courir, c'est jamais bien bon. S'étirer après courir, si c'est après une séance très facile, un petit footing et tout ça, il n'y a aucun problème. Si c'est après une séance avec beaucoup de dénivelé pour le trailer, Ou après une séance de fractionnée très difficile pour le marathonien au cours sur route. Là, non, pas d'étirement tout de suite. On attend quelques heures, voire même le lendemain. Voilà, que ce soit reposé, que le muscle ait eu le temps un petit peu de digérer la séance. Et puis ensuite, on peut aller travailler les étirements, le relâchement. Souvent, ce que je conseille, c'est plutôt de se relâcher que de s'étirer. Voilà, donc ça va être des étirements courts plutôt. pour relâcher un petit peu les muscles après les séances, après les courses. Et après, si des gens sont vraiment raides, par contre, il va falloir qu'ils y passent du temps. Ça demande du temps de réaliser des étirements un petit peu longs. Tout simplement parce qu'avec nos vies un petit peu sédentaires, de plus en plus sédentaires, on a quand même tendance à s'enrédire, notamment de la chaîne postérieure. Et du coup, on a des gens qui sont même trop raides pour courir relativement à une allure un petit peu, ne serait-ce que 12-13 km heure. Pour eux, c'est difficile parce qu'ils sont devenus trop raides et ils n'ont pas l'amplitude de fouler. Ou en tout cas, ça demande un réel effort sur la chaîne postérieure pour arriver à ces allures-là. Donc chez eux, oui, on conseille de s'étirer un petit peu longuement, mais par contre à distance des séances.
- Romain
Tu l'as dit, tu déconseilles en tout cas l'étirement après une séance intense. Est-ce qu'il y a d'autres choses qu'il ne faudrait absolument pas faire ou que tu ne recommandes pas tout du moins ?
- Julien Coudert
Oui, c'est les étirements longs avant les séances. Voilà, donc c'est s'étirer longuement avant une séance. Avant une séance, on peut faire des étirements un petit peu dynamiques, ce qu'on appelle dynamique, donc c'est par exemple balancer de la jambe d'avant en arrière pour mettre un petit peu en tension la chaîne postérieure ou la chaîne antérieure. Voilà, des choses plutôt dynamiques, mais les étirements statiques et un petit peu posturaux où on reste longtemps en position, ça c'est vraiment à proscrire avant les séances, ainsi qu'après les séances difficiles. Après un footing, il n'y a pas de souci. Et puis, il y a des gens... Et souvent, après, on aime bien là où on est bon. Et souvent, les gens qui aiment bien s'étirer, c'est les gens souples. Les gens qui n'aiment pas s'étirer, c'est les gens raides. Ça, c'est traditionnel. Donc, il y a des gens qui vont vous dire, moi, ça me fait du bien. Franchement, si ça vous fait du bien, pas de souci, allez-y. Mais pas après les séances difficiles.
- Romain
OK. Et en termes d'intensité, de douleur, parce que forcément, quand on s'étire, ça... Ça tire un petit peu, mais du coup, jusqu'où on peut aller en termes de...
- Julien Coudert
C'est pareil, les gens qui sont raides, ils vont dire que l'étirement, ça fait mal. Les gens qui sont souples, ils vont dire, moi, ça me fait du bien. Molo, pour les gens avec qui ça fait mal, il faut y aller doucement. Soit juste sentir un petit étirement, ça suffit. Il n'y a pas besoin d'aller tirer comme un âne dessus. Il ne faut pas être trop agressif, bien dosé. Petit à petit, les choses se feront, mais il faut y aller doucement.
- Maéva
Donc plutôt étirement dynamique avant une séance, mobilité de hanche, et puis sinon le reste à distance des entraînements.
- Julien Coudert
Avant de courir, ce serait plutôt des mouvements ou des exercices de mobilité et un petit peu de mise en activité des muscles et des articulations. Et après les séances, pour ceux qui ont besoin ou ceux qui aiment ça. Faire réaliser des séances d'étirement un peu longues, mais à distance des séances ou des courses ou des choses difficiles. Après un footing, il n'y a pas de souci, on peut s'étirer, il n'y a pas de problème. Mais tout ce qui est difficile, il faut prendre un petit peu de temps et laisser le corps un peu absorber et se régénérer avant d'aller. Parce que quand vous faites une séance d'étirement long, c'est presque comme une séance de fractionner finalement au niveau musculaire. Donc c'est pour ça que si on fait des étirements longs juste après une séance de fractionner, c'est double peine pour le muscle. Donc voilà. Il faut prendre le temps un petit peu de se régénérer et puis après, aucun problème.
- Romain
Justement, dans l'application Runmotion Coach, des séances d'étirements avant séance, après séance et puis sur des jours de repos. Donc normalement, si vous suivez ce module-là, il y a peu de risque de faire des erreurs.
- Maéva
Comme ça, vous avez toutes les clés en main pour bien vous entraîner. On va bientôt terminer cet épisode. Mais avant de conclure, on aurait du coup te poser la question. Dans l'instant, on va dire, ça s'appelle l'instant cœur à cœur. L'idée c'est de pouvoir poser la question de ton choix Pour le prochain invité Donc tu ne connais pas son identité Tu ne sais pas qui ça va être Mais du coup tu vas pouvoir lui poser la question de ton choix La dernière fois, Emilia nous avait demandé Qu'est-ce que tu rêverais d'avoir Comme produit sur un ravitaillement d'arrivée Du coup, toi pour cette question-là Quelle serait ta réponse ?
- Julien Coudert
Peut-être sa marguerite canard Si c'est un rêve
- Maéva
Très bien On dirait, Emilien, un petit magret de canard à l'arrivée.
- Romain
Tu as des protéines directes.
- Julien Coudert
Mais exactement, du bon gras, puisque la graisse de canard, c'est excellent pour la récup, etc. Il y a tout pour repartir après de plus belle.
- Maéva
On note pour Emilien. Et du coup, toi, quelle serait la question que tu voudrais poser à notre prochaine invitée ?
- Julien Coudert
Quelle est la raison principale pour laquelle tu cours ? Tu devrais répondre, toi, Romain.
- Maéva
Toujours intéressante. Oui,
- Julien Coudert
pour moi, oui. La raison a vachement évolué.
- Maéva
Exactement, elle évolue avec le temps.
- Romain
Au début, c'était pour battre Guillaume et de faire la compète entre frères. Et maintenant, c'est beaucoup plus pour m'épanouir et puis pas mal passer du temps à la montagne pour le trail en l'occurrence. Donc c'est plutôt un levier d'épanouissement pour moi, la course à pied. Et toi, Julien ?
- Julien Coudert
Moi, c'est ça aussi. C'est vraiment le plaisir d'être dehors. On est déjà enfermé toute la journée au boulot. C'est vraiment le plaisir d'être dehors. Et puis, le plaisir de l'effort aussi que j'ai depuis tout petit. Même quand je ne prépare pas de compétition, j'aime bien de temps en temps un petit peu aller tirer sur la machine. C'est un plaisir aussi. C'est un peu maso, mais c'est un plaisir.
- Maéva
Les fameuses endorphines post-séance. Super ! Merci Julien pour ta présence. C'était vraiment très chouette d'avoir ta vision de kiné sur les entraînements des coureurs et puis du coup, toutes tes astuces et tes conseils. Nous, on vous dit à la semaine prochaine pour un nouvel épisode de BPM. On abordera le sujet de l'endurance fondamentale. À bientôt !