- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Bram, le média qui part à la rencontre de passionnés et de professionnels dans le secteur de la nature, de l'outdoor et du terroir. Aujourd'hui j'ai l'immense plaisir de recevoir Louison Fort qui est armurier, chasseur, c'est également le responsable du magasin Wuzlo à Saint-André-Cubzac et c'est surtout un très bon copain. Ensemble on va parler de son parcours, on va parler du métier d'armurier, on va parler de ses différentes passions, il va également nous partager l'arme qu'il a fabriquée lui-même. Mais avant tout ça, pensez à vous abonner. C'est super ! important. On sort un épisode chaque semaine donc s'il vous plaît, si vous nous entendez, si vous nous écoutez, faites-le. Vous pouvez retrouver Bram en vidéo sur YouTube mais également sur toutes les plateformes d'écoute comme Apple Podcast, Spotify ou encore Deezer. Donc franchement, s'il vous plaît, abonnez-vous. Pour toute demande de partenariat, n'hésitez pas à nous contacter par mail à contacte-bram-media.com. Et je tiens également à remercier le sponsor de cette vidéo qui est Huntag. Huntag c'est un petit badge métallique à coller à côté de votre trophée de chasse. Il suffit de le scanner avec votre téléphone pour accéder instantanément à toutes les infos sur le prélèvement. Date, lieu, distance, photo, récit, c'est un super moyen de valoriser votre trophée et de raconter leur histoire. Perso, j'en ai sur tous les miens et c'est toujours un plaisir de les présenter à mes amis. Les HUNTAG sont disponibles par pack de 5, 10, 25 ou 50 et en 3 coloris, noir, bronze ou argent. Franchement, c'est un super produit, vous pouvez y aller les yeux fermés. C'est également une excellente idée cadeau. Je remercie sincèrement Frédéric Joss qui est l'inventeur du Untag et qui est aussi le fondateur de l'application Hunter. Tous les liens sont dans la description. Je pense avoir tout dit, je laisse désormais la parole à Louison qui va nous parler de Vouzelaud. Et c'est parti pour ce nouvel épisode sur Bram.
- Speaker #1
Salut Nico !
- Speaker #0
Bon, ça fait plaisir d'être là, je suis trop content de t'avoir.
- Speaker #1
Ça fait plaisir aussi d'être avec toi.
- Speaker #0
Présente-nous rapidement Vouzelaud, du coup, comment ça se structure ?
- Speaker #1
Alors Vouzelaud, c'est trois magasins, dont le magasin principal est le siège social qui se situe à Brou en Eure-et-Loire, au sud de Chartres, donc qui est composé en fait d'un magasin, de deux ateliers, un atelier spécifique pour le bois, un atelier mécanique où là on va plus sur les réparations, disons pièces, usinage et... et ajustage et puis on a un stand de tir aussi pour pouvoir permettre à nos clients d'aller s'entraîner d'essayer aussi les armes qu'ils ont achetées et on a également une cartoucherie on est un des derniers fabricants de cartouches indépendants voilà de disons du groupe Novel Sport.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous parler de ta formation d'armurier et la formation dans la globalité en France, ça peut intéresser ceux qui nous écoutent.
- Speaker #1
Ouais. Moi j'ai un parcours atypique déjà pour rentrer à l'école d'armurerie. J'avais un BEP, un brevet technicien agricole. Donc ce n'est pas vraiment le parcours recommandé pour rentrer à l'école à Saint-Etienne. De ce fait, j'avais quand même fait ma demande pour rentrer en CAP en armurerie. C'est un CAP qu'on fait en un an, qui est en alternance. C'était ma première chance de pouvoir rentrer. Donc j'ai tenté le coup et j'ai été pris. Avec un peu de motivation et un dossier scolaire rattrapé, on arrive quand même à rentrer.
- Speaker #0
Quand on veut, on peut.
- Speaker #1
Avec de la motivation, on peut tout faire.
- Speaker #0
Quels ont été tes freins quand tu as attaqué ta formation ? Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour toi quand tu t'es lancé dans cette carrière d'armurier ?
- Speaker #1
C'est que j'avais très peu de notions en mécanique. Le peu de notions que j'avais, c'était lors d'un stage justement. En BEP, où j'avais fait trois semaines de stage dans un magasin de matériel agricole, disons de réparation de tronçonneuse, débroussailleuse, j'avais touché à la mécanique dans un premier temps, et c'est vrai que ça ne m'avait plus. Ça n'avait plus l'atelier, le fait de démonter, remonter les armes, la minutie, tout ça, ça me plaisait. Et je ne connaissais pas encore bien le métier. Et finalement, arriver en CAP, ça a été une révélation. à toucher aux armes et le fait de voir aussi de belles armes, de voir des mécanismes différents, je trouvais ça passionnant et ça a fini de me piquer pour ensuite continuer en brevet des métiers d'art. Donc là deux ans de brevet des métiers d'art, une première année pour monter le dossier, préparer l'arme qu'on doit rendre en deuxième année. et une deuxième année de travail assez conséquent pour y arriver.
- Speaker #0
Tu as commencé par être intéressé par les armes ou par la chasse ?
- Speaker #1
Ma passion pour la chasse, je crois que ça a toujours été depuis que je suis petit. C'est-à-dire que je voyais mes grands-parents, mon grand-père, mes grands-pères rentrer de la chasse. avec des pièces de gibier, ça m'a toujours interpellé, j'ai toujours été dans le questionnement, de savoir comment c'était passé, toujours très adepte des histoires de chasse de mes grands-pères, mais je pense que c'est ce qui a créé une passion chez moi. Après j'ai commencé à les accompagner, je devais avoir 6-7 ans à les suivre, avec les chasseurs de petits gibiers. Ils avaient des bras tellement, ils chassaient, ils chassaient. Voilà, à l'époque, le père de rôle faisait un peu la grive et j'étais dans leurs pieds depuis ces âges-là. Après, j'ai grandi, moi, j'estime avoir eu la chance de grandir dans une région assez extraordinaire qui est les Hautes-Alpes. Mes parents étant pisciculteurs, j'ai toujours été dehors. toujours dans le milieu rural de l'aquaculture.
- Speaker #0
Et quand est-ce que tu as eu ce déclic ?
- Speaker #1
Ce déclic pour Amurier, c'est suite à mes études à l'AMFR de Mondy, où j'ai fait un BEP en aménagement et entretien des espaces naturels et ruraux. Donc sortie de troisième BEP, et ensuite brevet technicien agricole en gestion de la faune sauvage. Au lieu de le faire en deux ans, je l'ai fait en trois ans. Je n'ai jamais été une lumière trop à l'école, quand même, on ne va pas se le cacher. Et c'est vrai que mon but, moi, c'était vraiment de pouvoir rentrer soit dans le milieu de la chasse dans tous les cas, c'est-à-dire fédération de chasse. Pareil, à l'époque, c'était vraiment l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. En troisième, j'avais fait mon stage à l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage à l'époque, suivi après par des stages en fédération de chasse des Hautes-Alpes. Donc voilà, l'objectif étant petit, c'était plutôt de travailler dans ce milieu-là, vraiment à l'extérieur, aller faire de l'observation et tout ça.
- Speaker #0
Tu as grandi, tu disais, à la campagne. Oui. Ça a été ton meilleur terrain de jeu, c'est là que tu as tout appris ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est ça qui t'a donné la motivation et envie de travailler dans le secteur de la chasse ou là, désormais dans l'armerie ?
- Speaker #1
Depuis tout petit, j'ai toujours été dehors. Très souvent, j'étais dehors. observer. J'avais un copain aussi qui était passionné de nature et autres. Donc on était toujours fourrés l'un et l'autre dans les bois, à sortir les chiens. Voilà, c'était notre occupation.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te fascine le plus dans une arme ? C'est la qualité du bois, les gravures, le mécanisme, tu l'as dit, la modernité peut-être aussi ?
- Speaker #1
Parce qu'il y a plusieurs aspects. Aujourd'hui, on rencontre... énormément sur le marché d'armes industrielles, qui sont faites en usine par des moyens colossaux. Et on a encore la chance d'avoir quelques petits artisans qui fabriquent à la main des armes. Aujourd'hui, forcément, on va être attiré par le nouveau, par l'innovation que va nous apporter cette partie industrielle. Et après, on a quand même... Toute la finesse, le choix des bois, le choix des lignes d'une arme, on va plutôt retrouver du côté artisan et artistique. L'armurerie se compose en plusieurs métiers. On va avoir un canonnier, on va avoir un monteur à bois, on va avoir un équipeur, on va avoir un basculeur, on va avoir un graveur. Donc en fait, tous ces corps de métier sont représentés, même aujourd'hui, par le concours des meilleurs ouvriers de France. Donc on a des meilleurs ouvriers de France dans certaines disciplines de l'armurerie, comme la monture bois, l'équipe. la gravure voilà et le fait de pouvoir monter une arme par l'intermédiaire de ces artisans on arrive à avoir des pièces aujourd'hui d'exception donc c'est ce qui me plaît aujourd'hui c'est de c'est de pouvoir voir des
- Speaker #0
montées réparer régler ou sur les pièces d'exception quoi un peu plus tard dans la vidéo on parlera de l'âme que tu as créé elle est incroyable donc on va revenir un peu plus tard dessus. Juste avant, est-ce que tu peux nous expliquer une journée type ici, comment tu t'organises et ce que tu fais ?
- Speaker #1
À 9h, j'ouvre le magasin, je vérifie que tout soit en place pour recevoir mes clients. Ensuite, je reçois mes clients ou sinon si j'ai un peu de travail en atelier, moi généralement en atelier, j'essaie de faire... ce qui me prend le moins de temps possible parce qu'en fonction des périodes, j'ai des périodes qui sont un peu plus creuses, des périodes où il y a un peu plus d'activité. Donc j'essaye en fait de me libérer un maximum de temps pour pouvoir être plus disponible, pour être disponible complètement à mes clients pendant les périodes, disons, de saison, voilà, le port d'influence. Et puis après, sur les périodes un peu plus creuses, je me réserve toujours un petit peu de boulot, un peu plus tranquille à l'atelier.
- Speaker #0
C'est quoi les tâches que tu réalises à l'atelier ?
- Speaker #1
À l'atelier, beaucoup de nettoyage, d'épanage, petites réparations.
- Speaker #0
Il y a des mises en conformité ici également, des fusils ? Tu peux nous en parler rapidement ?
- Speaker #1
Bien sûr, c'est une des spécialités de Vuzlo, la mise en conformité. Donc j'ai un fusil conformateur, où là on va prendre des cotes sur le client. On va choisir son arme, ensuite on va venir à l'atelier, on va prendre les cotes sur le client, qu'on va retranscrire sur un fusil conformateur. Le client va essayer à partir d'un rétroprojecteur et d'un logiciel, va essayer l'arme avec ses cotes, et on va essayer de se rapprocher le plus possible de l'arme qui lui correspond le mieux. Une fois qu'on a trouvé ses cotes là, le fusil repart à Brou. on met le fusil au même code qu'on aura trouvé ensemble et ensuite le client récupère son fusil avec les codes qu'on aura trouvé.
- Speaker #0
Donc ça on avait fait une vidéo justement là-dessus sur le quart de chasse il y a quelques années déjà. Elle a bien marché ?
- Speaker #1
Oui elle a bien marché.
- Speaker #0
Tu as eu des bons retours justement ?
- Speaker #1
J'ai eu des chasseurs retours oui.
- Speaker #0
Avec l'évolution de la technologie, est-ce que tu as vu que ton métier a changé ?
- Speaker #1
Oui en disant qu'on a moins de travail, c'est beaucoup d'interchangeabilité. pièces aujourd'hui sur toutes les armes industrielles. On appelle le fournisseur, on voudrait telle pièce, il nous l'envoie, on la change. Il n'y a plus de travail vraiment de réglage, d'ajustage, mis à part sur les vieilles armes et les armes d'artisan.
- Speaker #0
Quels sont les conseils que tu donnes à tes clients qui viennent chez toi, qui veulent acheter, on va parler d'un fusil de chasse par exemple, quels sont les bons conseils, comment bien choisir son fusil ?
- Speaker #1
On part du principe qu'une arme, c'est de la transmission. on part du principe que l'arme du grand-père, on peut récupérer l'arme du grand-père, si on l'entretient, on va pouvoir la garder et puis la transmettre. Donc le fait d'acheter une arme, il faut que l'arme elle plaise, il faut avoir envie peut-être plus tard de vouloir la transmettre, parce que c'est un objet aussi qui est important, c'est un objet de transmission. Alors aujourd'hui, pour acheter un fusil de chasse, qui fait partie de la catégorie C pour la plupart, si on reste sur la chasse, Donc il faut avoir soit une licence de tir, donc le baltrap ou la fédération française de tir, ou un permis de chasser validé. A partir de là, on pourrait acheter une arme et laisser munitions, en catégorie C. En fait, avant, quand on venait acheter une arme à l'armurier, on avait un serfa qu'on devait remplir avec le client, et après on le transmettait directement à la préfecture. Aujourd'hui, les préfectures se dématérialisent, disons. Et donc ils ont créé un site qui permet de pouvoir référencer les armes. Alors au début on était un peu tous dans le questionnement, plus que réfractaire, mais c'est vrai qu'aujourd'hui ça nous facilite quand même beaucoup plus la tâche que ce que ça a été avant administrativement. C'est-à-dire que maintenant, à partir du moment où c'est dans la machine, c'est assez facile disons de rentrer l'arme. et de la restituer à son propriétaire. C'est clair qu'en termes de suivi, c'est hyper fluide. Donc il y a encore quelques mises au point à faire, je pense. Mais dans sa globalité, je trouve que c'est un bel outil.
- Speaker #0
Est-ce qu'une arme est dangereuse ?
- Speaker #1
Une arme est à manipuler avec précaution. Une arme, en fait, il faut toujours considérer que l'arme peut être chargée. A partir de ce moment-là... on doit avoir un comportement qui s'adapte comme si l'arme était chargée. Parce qu'on n'est jamais à l'abri. Un truc tout simple, nous ça nous arrive tous les ans d'avoir quelqu'un qui arrive avec son fusil, plus généralement c'est des semi-automatiques, parce que c'est moins évident d'ouvrir l'arme, d'éviter qu'il n'y ait pas de munitions. Donc d'avoir une cartouche dans le tube magasin, d'avoir une cartouche carrément chambrée. Donc la première chose qu'on fait nous quand un client nous amène une arme, généralement moi je préfère par moi-même ouvrir la housse, récupérer l'arme, vérifier que l'arme est en sécurité, déchargée, non approvisionnée. Et à partir de là, après on peut commencer à discuter en toute sérénité.
- Speaker #0
Tu as déjà reçu des armes chargées.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Ça arrive régulièrement, mes confrères pourraient en parler aussi. Je pense que c'est un des béabats de notre métier, c'est vraiment le fait que... On doit prendre en considération, étant professionnel, de toujours travailler en sécurité.
- Speaker #0
Quelles sont les erreurs de manipulation que tu as pu voir sur une arme de chasse ?
- Speaker #1
Souvent c'est à la chasse, tout simplement. Le fait de pointer son arme dans la direction d'une ligne de posté, le fait de ne pas décharger son arme quand on traverse un fossé, parce que le chien est à l'arrêt, qu'on est pressé. C'est des erreurs en fait d'inattention, c'est des erreurs où on se dit, oh, j'ai jamais eu d'accident, pourquoi ça arriverait ? Et malheureusement, voilà, ce jour-là le fossé est mouillé, il y a eu la rosée, on glisse, on tombe, le coup part. Ou tout bêtement, on a notre arme en bandoulière, le chien vient nous sauter dessus, et malencontreusement, il vient appuyer sur la détente. Ça arrive, et ça arrive tous les ans. On n'en parle pas parce que ça ne va pas forcément au drame, mais ça reste des accidents, ça reste des accidents.
- Speaker #0
Donc le message qu'on peut faire passer aujourd'hui, c'est vraiment considérer toujours que votre arme est chargée.
- Speaker #1
Et que le coup peut partir du moment qu'on appuie sur la détente.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une arme qui te fascine ? Alors tu travailles avec de très belles armes ici à Oslo. Est-ce qu'il y a un modèle, une référence ou peut-être un matériau qui te fascine dans une arme ?
- Speaker #1
Les bois ça a toujours été aimé pour beaucoup. En fait, le bois c'est la dernière matière vivante qui reste sur une arme. Donc c'est comme si c'était une matière vivante. Tous les bois sont différents. Aujourd'hui on reçoit même des fusils qui sont fabriqués par paire, pour certaines pratiques de chasse, disons un peu plus type anglo-saxonne. Donc les battues d'auvol, des choses comme ça, où on a le chasseur qui a également, on peut appeler un chargeur à côté de lui, donc il y a deux fusils. Lui est là pour tirer, son chargeur ré-apprévisionne les armes au fur et à mesure. Ces armes-là sont fabriquées dans le même morceau de bois, pour ainsi dire. C'est-à-dire que les deux crosses sont quasiment identiques et c'est très rare de trouver cela sur des armes industrielles.
- Speaker #0
J'ai un petit jeu ! Pour toi mon loulou, tu vas devoir choisir entre ton arme préférée. Je vais te faire toute une liste d'armes et tu vas me dire celle que tu préfères et à la fin il ne restera qu'une. Tu préfères quoi entre un lance-pierre ou une lance en bois ?
- Speaker #1
Le lance-pierre.
- Speaker #0
Le lance-pierre ou un arc ?
- Speaker #1
Le lance-pierre.
- Speaker #0
Le lance-pierre ou un couteau ?
- Speaker #1
Pour la chasse, plutôt le lance-pierre. Le couteau plutôt pour dépecer, mais pour la chasse plutôt le lance-pierre.
- Speaker #0
Le lance-pierre ou un petit pistolet à plomb ?
- Speaker #1
Le lance-pierre quand même, c'est tellement drôle le lance-pierre, ça me rappelle des souvenirs de jeunesse.
- Speaker #0
Le lance-pierre ou une sarbacane ?
- Speaker #1
Sarbacane, j'aimerais bien essayer. Allez, je l'échange pour la sarbacane.
- Speaker #0
Sarbacane ou une petite 22 équipée d'une petite lunette ?
- Speaker #1
Tout de suite, une petite 22, là on rentre sur un terrain glissant.
- Speaker #0
Une carabine 22 ou un pistolet 22 ?
- Speaker #1
Une carabine 22.
- Speaker #0
Une carabine 22 ou une carabine type 243 ?
- Speaker #1
243, on va monter en calibre.
- Speaker #0
Même si tu as peut-être plus d'usage avec une petite 22,
- Speaker #1
non ? Non, en soi la 22, c'est une arme qui est très bien pour l'initiation au tir. C'est formidable. Après, on n'a pas le droit de chasser avec une 22, je le rappelle. Donc du coup, on partira sur la 243.
- Speaker #0
C'est vrai. La 243 ou un fusilier en calibre 12 ?
- Speaker #1
Le fusilier en calibre 12.
- Speaker #0
Le fusilier en calibre 12 ou en 28 ?
- Speaker #1
28, c'est mignon. Pour la beauté de l'arme, le 28.
- Speaker #0
Le fusilier en 28 ou une 30-06 ?
- Speaker #1
Euh... Tout dépend de ce qu'on veut chasser, finalement.
- Speaker #0
Et si tu devais en choisir qu'une ?
- Speaker #1
Je vais rester au 28. Je vais rester au 28, chasse au petit gibier, bécasse, chien d'arrêt.
- Speaker #0
Le 28 ou le 410 ?
- Speaker #1
Je vais rester sur le 28, quand même.
- Speaker #0
Oui, c'est un calibre que tu aimes bien ?
- Speaker #1
Oui, le 28, j'aime bien. 410, bon, c'est un... très beau calibre, j'ai beaucoup de clients, enfin de plus en plus de clients qui se mettent au 410 pour chasser la bécasse en fin de saison et autres, et je trouve ça génial. Mais le 28, je pense qu'on peut chasser avec As toute l'année avec un 28, la différence. Mais 410, c'est de plus en plus de clients qui aiment bien faire leur fin de saison avec un petit calibre. Et je trouve ça bien et passionnant.
- Speaker #0
Un calibre 28 ou un drilling ?
- Speaker #1
Un drilling, un calibre 28 aussi. Ok, d'accord. Un drilling, on fait tout avec un drilling. On fait tout, c'est lourd, mais par contre, on n'a qu'une arme au râtelier.
- Speaker #0
Et bien justement, un drilling ou une kiplof ?
- Speaker #1
On va rester sur le traditionnel et la polyvalence, le drilling.
- Speaker #0
Drilling ou une carbine carbone en calibre 300, full équipée, RDS lunettes ?
- Speaker #1
Le drilling, drilling traditionnel de chez Merkel en 20 765R. et là on peut partir tranquille. Une bonne lunette, c'est important de mettre le prix dans une bonne lunette. La lunette sur une arme c'est nos yeux, donc souvent, pour revenir au conseil, on a tendance à vouloir se faire plaisir sur une belle arme, mais je parle pour l'approche, ou principalement pour l'approche, on a tendance à vouloir se faire plaisir sur une belle arme, et finalement défavoriser l'optique, alors qu'il faudrait faire l'inverse. c'est très important c'est nos yeux sur l'arme il vaut mieux je conseille à tous ceux qui vont nous écouter de favoriser quand même le budget plutôt sur l'optique parce qu'une arme en soi pour tirer à jusqu'à 200 mètres à quelque chose près elles vont tout arriver à toucher à 200 mètres sur une arme d'approche je parle pas d'express ou chose comme ça mais mais une arme à verrou une qui ploffent la plus basique que ce soit, elle va arriver à toucher à 200 mètres. Après, c'est l'optique qui fera la différence. L'optique, le montage, bien sûr, mais l'optique.
- Speaker #0
Le drilling ou une paire de le beau coralli ?
- Speaker #1
En quel calibre, Nico ? En quel calibre ?
- Speaker #0
Ce que tu veux,
- Speaker #1
je te le faisais. Après, là, on rentre sur des armes prestigieuses. Pour moi, c'est considéré à de l'art, donc forcément. La paire de Lobo. La paire de Lobo.
- Speaker #0
Et là, je vais encore te faire douter. La paire de Lobo ou la carabine que tu as fabriquée ? Ah ah !
- Speaker #1
Ah ah ah ! Ouais, t'as pas le droit.
- Speaker #0
Si, j'ai le droit. C'est mon émission.
- Speaker #1
Ah, t'as pas le droit. J'échangerais mon arme contre une paire de Lobo. Ouais. Non, je fais semblant de réfléchir, mais je garde mon arme. Non, elle a une valure inestimable. Pour moi, c'est des heures de travail. Elle me représente.
- Speaker #0
C'est ton héritage ?
- Speaker #1
C'est mon héritage. Tu arrives à me faire chialer. Ah non, tu ne peux pas ça, tu le mets.
- Speaker #0
Ça t'a fait plaisir ce petit jeu ?
- Speaker #1
Oui, c'était marrant.
- Speaker #0
Bon, impeccable. Ok, on va passer sur la chasse désormais. Est-ce que tu peux nous expliquer ta première sensation, ta première émotion de chasse que tu as vécue ?
- Speaker #1
Vraiment une émotion, quelque chose aujourd'hui que je recherche. En fait je l'ai ressenti quand j'ai commencé à chasser en haute montagne principalement. Donc se lever très tôt le matin, il faisait encore nuit, monter à la nuit, puis arriver en crête, lever du soleil sans forcément avoir vu encore un chamois ou un tétras. Mais en fait surplomber toute la vallée, surplomber... tout ce paysage au lever du jour, en fait c'est là où j'ai ressenti vraiment une sensation de liberté qui est aujourd'hui en perpétuelle recherche en fait de cette même sensation de liberté.
- Speaker #0
Tu pratiques quel mode de chasse ou alors quel mode de chasse tu as déjà pratiqué ?
- Speaker #1
J'ai pratiqué beaucoup de types de chasse. De la chasse à cour à la chasse à l'approche, chasse en battue, chasse au petit gibier. J'ai toujours été passionné vraiment par la chasse en elle-même et je me suis intéressé à tous ces types de chasse. Par l'intermédiaire de mes formations, on a pu aussi voir, approcher la fauconnerie, ces choses-là. Donc non, c'est... Tout type de chasse est intéressant. On se rend compte qu'à chaque fois qu'on rentre dans des niches, on rencontre des passionnés qui sont généralement très ouverts d'esprit, en plus avec qui on a des échanges qui sont hyper constructifs. Et c'est là où il faut être, je pense, à l'écoute de chacun pour s'enrichir de cette passion.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux développer justement le fait d'être à l'écoute de chacun ? Qu'est-ce que tu sous-entends par ça ?
- Speaker #1
Je sous-entends en fait que je pense qu'on peut apprendre de chacun tous les jours. On peut rencontrer quelqu'un, à premier abord on se dit... Je ne ferai pas mon meilleur ami, mais du moment qu'on a une passion commune, même si on ne la pratique pas forcément de la même façon, on a toujours des enseignements à prendre de l'expérience de chaque personne qu'on peut rencontrer.
- Speaker #0
Aujourd'hui, dans ton métier d'armurier, est-ce que c'est la chasse qui va t'apporter de l'expérience et des informations pour être armurier, ou alors c'est l'inverse ? C'est ta formation en armurier qui va t'apporter des compétences et de l'information sur la chasse ?
- Speaker #1
Non, c'est plutôt ma formation en armurier. Ok. J'ai eu la chance de rencontrer une multitude de professionnels et de professeurs extraordinaires qui ont été toujours très ouverts et à l'écoute et qui avaient vraiment cette envie de transmettre, de transmettre leur passion de l'armurier. Généralement, pour la plupart, ils étaient chasseurs aussi. Donc c'est vrai que cette effervescence fait que j'ai beaucoup appris de par ces personnes-là.
- Speaker #0
Quelles sont les personnes qui t'ont inspiré, justement ?
- Speaker #1
En particulier, c'est Edric Camus et Jean-Charles Savin, qui sont pour moi des références. Alors je leur dois énormément.
- Speaker #0
Les embrasses aussi, nous regardent. Tu as d'autres personnes qui t'ont inspiré, ou des films, ou des vidéos, ou même des personnes que tu n'as peut-être jamais rencontrées ?
- Speaker #1
Ah ! Des films ? Si, La gloire de mon père. On ne peut pas faire cette interview sans... Non mais bon, c'est sûr. Forcément, La gloire de mon père, Marcel Pagnol. Ça c'est une des références. Quelqu'un qui prétend aimer la chasse, ou dire qu'il a aimé la chasse depuis son enfance. Vraiment le fait d'avoir ce virus pour la chasse. Je pense qu'on le ressent très bien dans ce film de Marcel Pagnol. Tout à fait.
- Speaker #0
Question simple mais difficile. Pourquoi tu chasses ?
- Speaker #1
Pourquoi je chasse ? Alors avant, j'aurais dit peut-être parce que j'avais besoin, quand on est plus jeune, on a besoin de prouver quelque chose. Donc peut-être qu'effectivement, plus jeune, j'avais besoin de prouver que j'étais capable. d'aller prélever du gibier comme mon grand-père, comme mon père. Après, en grandissant, disons que ça a été plutôt mon échappatoire. Donc là, ce n'est plus vraiment d'aller prélever, mais c'est plutôt le fait de sortir s'aérer, de marcher, de sortir de notre cadre quotidien de travail. Et puis maintenant, avec une petite fille qui a eu 5 ans, forcément on aimerait transmettre. Après, sans vouloir brusquer, parce qu'aujourd'hui je pense qu'elle n'est pas forcément intéressée à aller directement à la chasse, mais déjà elle s'intéresse, elle est contente de sortir, aller voir des chevreuils, les lièvres, reconnaître une palombe ou un pigeon ramier. d'une tourterelle, faire ces différences-là. Ça fait partie de la transmission synergétique pour moi. Donc, dans un premier temps. Après, on verra si elle a envie de prendre le fusil un jour ou même juste le plaisir d'aller sortir le chien et de faire des rencontres dans la nature avec son chien.
- Speaker #0
On lui fait des gros bisous, en tout cas. Qu'est-ce qui pourrait te rendre très fier d'elle plus tard ?
- Speaker #1
qu'elle me dise un jour qu'elle a réalisé ce qu'elle espérait. On va dire ça comme ça, mais ce qui me rendrait fier d'elle, c'est un jour me dire, papa, l'éducation que tu m'as donnée, les valeurs que tu m'as données, je te remercie, ça me sert aujourd'hui. J'en suis aujourd'hui arrivé à ce que je suis grâce à ce que tu m'as transmis.
- Speaker #0
À ce jour-là, je serai fier.
- Speaker #1
Qu'est-ce que t'apporte la chasse ? Je pense notamment à des sensations, à du partage, à du gibier.
- Speaker #0
Oui, j'aime beaucoup. En fait, je trouve aujourd'hui qu'on est dans un monde d'hypocrisie la plus totale. C'est-à-dire qu'on va dans notre magasin, chez notre boucher, on a des pièces de viande et pour nous, dans l'imagination, ça reste de la nourriture, une pièce de viande. On ne s'imagine pas qu'avant c'était un animal qui a été élevé, qu'on a peut-être croisé en voiture dans une prairie. Et en fait, cette hypocrisie-là de se dire, moi je ne comprends pas qu'on puisse aujourd'hui, qu'il y ait des gens qui soient capables de tuer des animaux pour, on nous dit le plaisir, mais c'est à la base pour se nourrir. Je pense que c'est la plus belle des valeurs, le fait de pouvoir se dire... qu'on a chassé, on a prélevé, proprement, avec respect. On a préparé son animal, on l'a dépecé, on l'a débité, on l'a cuisiné. Après, tout le plaisir est dans le fait de le manger et de le partager aussi, avec les amis ou la famille.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous donner ta recette préférée ou des petits conseils sur ta préparation d'un gibier ?
- Speaker #0
Là on est au mois de juin, donc je dirais chasse à l'approche du brocard. Pour moi, disons que ça dépend des saisons, mais là comme l'été il fait très chaud, je dirais un petit carpaccio de chevreuil, rien de tel. Un peu d'huile d'olive, parmesan.
- Speaker #1
Un petit vin rouge ?
- Speaker #0
Un petit vin rouge, c'est obligé dans la région.
- Speaker #1
Et là, on n'est pas mal.
- Speaker #0
Et là, on n'est pas mal. Là, on n'est pas mal.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous parler de ton matériel, des armes que tu utilises ? Et les bons conseils pour ceux qui nous écoutent et qui aimeraient se mettre à la chasse, découvrir la chasse ? Vers quoi on doit aller ?
- Speaker #0
Tout d'abord, je pense qu'il n'y a pas d'armes aujourd'hui à tout faire. Vraiment. chaque type d'arme va avoir une spécificité et va donner un avantage par rapport à la pratique qu'on va exercer. Aujourd'hui, quelqu'un qui commence la chasse, il faut savoir qu'est-ce qu'il va chasser principalement. Est-ce que son copain, par exemple, c'est plutôt à la palombière ? Est-ce que c'est plutôt à l'approche ? Est-ce que c'est plutôt au chien d'arrêt ? Est-ce que c'est plutôt... Donc il faut vraiment cibler peut-être un type de chasse où on va être le plus souvent confronté. Et à partir de là, on va pouvoir sélectionner une arme qui va être adaptée et qui pourra dans tous les cas pouvoir servir aussi pour d'autres types de chasse, mais qui sera peut-être moins l'arme spécifique de ce type de chasse-là.
- Speaker #1
Quels sont rapidement tes plus beaux moments de chasse, des souvenirs que tu as eus ?
- Speaker #0
Moi, tout d'abord, la chasse, c'est vraiment une histoire de partage. De partage que ce soit avec la famille, avec les amis. Donc oui, mes plus beaux souvenirs, ça va être la chasse, les ouvertures de chasse avec mes grands-pères, mon père. J'ai un petit frère aussi, on a pas mal d'écarts et pareil, il est passionné aussi de chasse. Les amis aussi, par l'intermédiaire de mes différentes rencontres et mon parcours en fait, j'ai pu rencontrer... des personnes de la France entière. Et aujourd'hui, j'ai le privilège de pouvoir aujourd'hui continuer à voir ces personnes-là et puis à partager des grands moments de chasse partout en France.
- Speaker #1
Est-ce que tu as le souvenir d'avoir eu un moment de chasse, une scène de chasse un peu dangereuse, difficile ?
- Speaker #0
Oui, en montagne. Oui, toujours. La montagne, pour moi, ça reste vraiment... le cas extrême de la chasse. J'ai des souvenirs, forcément, que ce soit au Tetra, vouloir faire partager justement à des amis, entre autres, un ami commun, David, où j'ai eu la... Je pense, oui, pour moi, c'est une chance d'avoir pu lui faire découvrir cette chasse-là. Quelqu'un qui est très connu dans le milieu de la chasse, qu'a eu le président je pense, énormément d'opportunités. Et pour moi, j'ai eu le privilège de pouvoir lui faire découvrir la chasse du tétra et lui faire prélever son premier tétra. On ne dira pas que... Il s'est accroché à un mêlès parce qu'il a chopé le vertige et que ça reste quand même, la chasse en montagne reste quand même une des chasses les plus, je pense, qui te prend le plus aux tripes. Ouais, vraiment. Par son milieu déjà, assez difficile. Et puis, quelqu'un qui n'a pas l'habitude, ça peut faire la différence.
- Speaker #1
Il y a un animal qui te fascine ?
- Speaker #0
Ouais, c'est toujours les mêmes. C'est le tétra, le chamois. L'Isard dans les Pyrénées, parce que les copains des Pyrénées vont me dire « Mais c'est vrai que l'Isard, oui, le Mouflon, toutes les chasses de montagne me fascinent toujours autant. »
- Speaker #1
Justement, quand tu chasses en montagne comme ça, je suppose que tu as des produits très techniques. On va en reparler après de ton arme, juste après. Mais est-ce que tu peux nous parler un peu de la modernité des armes aujourd'hui, de la technicité des produits de chasse ? Pour ceux qui ne connaissent rien à la chasse, peut-être qu'ils pensent qu'on va... chasser en montagne avec des bottes et une veste kaki. Est-ce que tu peux nous parler de cette évolution technique que tu as vue ?
- Speaker #0
Non, mais c'est le même principe que pour de la randonnée, où il y a toujours du matériel spécifique en fonction du milieu dans lequel on va évoluer. Donc forcément, après pour la chasse, en ce qui concerne en tout cas les armes, on va forcément chercher à avoir une arme plutôt légère, légère, précise. Souvent, ce n'est pas raccord. Mais le but c'est d'avoir une arme légère, une arme précise, une bonne optique de visée, et puis être confiant sur son réglage. C'est pour ça que souvent je conseille de pratiquer le tir, en dehors même des saisons de chasse, pour s'entraîner, pour s'apprivoiser l'arme aussi. Et le jour où on est confronté à un tir après avoir marché pendant 3 ou 4 heures, en avoir bavé et puis avoir finalement l'animal au bout de la carabine à 150 mètres, et puis là, on rate parce que l'arme n'était pas réglée, ou parce qu'on a mis un coup de doigt, ou parce qu'on n'était pas prêt finalement, ou le matériel n'était pas prêt. Et là, c'est pas... Quand on est jeune, ça va. On arrive à l'assimiler, mais ça sert d'expérience. Mais c'est vrai que plus on prend un peu d'années, forcément, on a moins d'occasion. Donc quand on les rate à cause du matériel, c'est toujours plus embêtant.
- Speaker #1
Parle-nous justement de l'entraînement qu'on peut avoir avec une arme. Quels conseils tu peux donner ? Là, tu disais, oui, c'est vrai que tu pars chasser, mais si ta carbine n'est pas réglée ou si tu ne la maîtrises pas, c'est compliqué. Est-ce que tu peux nous donner tes bons conseils là-dessus ?
- Speaker #0
Là dessus déjà c'est d'aller voir son armurier, de faire régler son arme. Si possible c'est bien de l'accompagner si on peut, pour justement avoir quelques points de technique sur la façon d'appréhender le tir, éviter les coups de doigts. Souvent l'armurier peut régler l'arme, mais si on n'a pas corrigé ce problème de coups de doigts, forcément... on ne comprendra pas pourquoi on continue à rater. Donc c'est important, je pense, quand même, d'avoir la possibilité de faire du tir avec un professionnel pour justement gommer ou du moins rectifier ces défauts, des fois auxquels on ne peut pas se rendre compte.
- Speaker #1
Parle-nous un petit peu du ball trap. Tu l'as longtemps pratiqué. Oui. Tu as accompagné également beaucoup de personnes sur les pas de tir. Très rapidement et facilement, que peux-tu dire aux gens qui souhaiteraient découvrir cette pratique et tout de suite avoir les bons tuyaux ?
- Speaker #0
Le baltrap, c'est la discipline du baltrap. Il y a plusieurs disciplines dans le baltrap. On a ce qu'on appelle les fosses, donc tout ce qui est fosse universelle, DTL, fosse olympique, où là forcément les tireurs sont en ligne. on a des plateaux fuyants pour la plupart du temps de façon aléatoire ou non donc ça c'est une dc ce sont des disciplines de baltrap après ce qui va se reprocher le plus de la chasse entre guillemets du tir de chasse ça va être le compact sporting et le parcours de chasse qui est une discipline de baltrap après aujourd'hui il existe beaucoup de stands quand même fait qu'il reste encore de ça même si c'est difficile pour eux parce que pour les problèmes de bruit qu'on peut rencontrer aujourd'hui assez facilement dans tous les sports qui font du bruit, comme la moto, comme le sport automobile ou autre. Donc les stands ont les mêmes problématiques de bruit. On arrive encore à avoir des stands où on peut trouver du parcours et du compact. Il ne faut pas hésiter à s'en rapprocher pour aller se perfectionner. Il faut bien garder à l'esprit que ce sont des bénévoles, c'est des clubs. Il faut y aller dans une approche de rentrer dans un club et pas d'aller chercher forcément un service. et puis à partir de là on arrive à progresser assez rapidement quand même sur le tir de l'oiseau ou du plateau.
- Speaker #1
Tu vas nous présenter ton arme, on va la faire entrer, on va faire une petite coupure et comme ça on va voir l'arme de Louison tout de suite. Donc c'est reparti, je viens d'avoir du coup cette fameuse arme, on va voir ensemble ce que comporte cette boîte. Est-ce que tu peux nous parler déjà de cette boîte de transport ?
- Speaker #0
C'est une mallette que j'ai fabriquée. La matière, c'est du pin-simbro qu'on trouve principalement dans les Alpes. C'est ce qui est utilisé pour fabriquer les menuiseries dans les chalets de montagne ou dans ce qu'on appelle les muandres, ces petites cabanes de bergers où il y a des chaises, des tables, le lit qui est fait dans cette matière, dans ce bois-là. avec la particularité de faire des rosaces sculptées sur les meubles.
- Speaker #1
Par rapport aux conditions sur YouTube, je ne vais pas pouvoir vous montrer l'arme dans son intégralité, donc on va faire bloc par bloc, mais croyez-moi, ça vaut le coup. On va la poser.
- Speaker #0
Donc en fait, cette arme a été fabriquée pour mon brevet des métiers d'art. Donc brevet des métiers d'art qui veut dire qu'on avait un thème artistique à respecter. Donc moi forcément, vous l'aurez deviné, ce sera sur le thème des Hautes-Alpes. Donc avec plein de petits points qui vont rappeler en fait le département. Déjà sur les gravures, ici on a ce qu'on appelle une orchidée spécifique de la région qui est le sabot de Vénus. Les pommes de pin de Mélèze. Vous avez des... faire. Les montagnes, chamois, ici sur les gravures, on peut reconnaître le lac de Serre-Ponçon avec le pont, avec le chamois. Le chamois ici qui permet également d'armer tout le mécanisme de percussion, ce qu'on appelle aujourd'hui un armeur séparé, qui s'apparente à un chien comme sur les vieux fusils. Donc on vient armer la mécanisme ici au dernier moment, au moment de tirer. On peut le désarmer aussi à la main. On va retrouver également une plaque de couche, une plaque qui permet d'amortir le recul de l'arme. Là, on a un gainé cuir. La particularité de ce cuir, c'est que c'est un cuir de truite. Comme je vous l'expliquais en début d'interview, mes parents étaient pisciculteurs. C'est une des truites des bassins dont la peau a été tannée et teintée, auxquelles j'ai pu faire un... un gainé cuir sur la plaque de couche. Ensuite, on va retrouver de la corne aussi pour rappeler forcément les espèces qu'on peut chasser avec cette arme. Donc le chamois, le mouflon.
- Speaker #1
Magnifique.
- Speaker #0
Voilà. Et devant, là, on va avoir une sculpture au niveau de la tulipe qui va être une Edelweiss, une fleur emblématique. emblématique des Alpes, toujours avec des chardons qu'on retrouve forcément en montagne souvent, avec un contour en forme de cordes qui rappellent entre autres les cordages des radeaux de la Durance. Donc tout ce qui a été fait a été réfléchi en fonction du thème artistique que j'avais choisi. Donc c'est pareil jusqu'au collier gravé et la lunette, qui est une lunette... pour le tirer à l'approche, donc tirer au moins à 100 mètres facilement.
- Speaker #1
Elle est en quel calibre ?
- Speaker #0
Alors c'est un 5.6 50 R Magnum, calibre peu courant, mais l'idée c'était au départ vraiment d'avoir un petit calibre, c'est un calibre qui est utilisé beaucoup pour le chevreuil, qui a été créé entre autres pour la chasse du chevreuil. du renard donc ça s'apparente au 243 donc on peut aller au chamois avec sans problème L'idée, c'était d'avoir un petit calibre pour avoir une arme légère. Et puis vraiment dans l'idée de devoir placer sa balle pour tuer l'animal proprement.
- Speaker #1
Donc là, tout à l'heure, on parlait de transmission. Je suppose que cette arme fera partie de ta transmission.
- Speaker #0
J'espère qu'elle le gardera et qu'elle le transmettra aussi. Après, ça fait partie de ma transmission, forcément.
- Speaker #1
Combien de temps t'as mis à fabriquer cette arme ?
- Speaker #0
Quelles ont été les difficultés ? Les difficultés, je me les suis mis tout seul. J'ai fait deux projets lors de mon brevet des métiers d'art. J'avais un autre projet au départ, je voulais faire un mixte, qui me demandait énormément de temps. J'avais carrément usiné une bascule, une frette, une sous-garde. J'avais vraiment l'idée de fabriquer l'arme de A à Z. Ça avait été validé, on m'avait bien mis en garde par contre que ça allait être très long. Même avec toute la bonne volonté que j'ai pu mettre dans ce projet, il a fallu se rendre compte assez vite que ça allait être difficile de la rendre finie et ça mettait en péril mon obtention de diplôme. Donc mes professeurs m'ont conseillé de faire une arme de secours. Et celle que je viens de vous présenter, c'est finalement mon arme de secours. Parce que l'autre, bon, après, forcément, avec le travail et autres, je n'ai pas pu continuer à la terminer. Il reste encore énormément de travail. Mais rien que sur cette carabine-là, il y a 600 heures de travail.
- Speaker #1
C'est énorme. Est-ce que tu as déjà eu des clients qui t'ont fait des demandes improbables ou très difficiles à réaliser ?
- Speaker #0
Oui, souvent. Souvent, après, il faut rester sur... On a souvent des demandes un peu particulières, des choses, des sortes de fantasmes pour le chasseur, d'avoir une arme vraiment qui lui appartient et tout ça, mais ça ne corrobore pas avec le fait de partir sur une arme... Par exemple, il va aimer Chapuis, Vernet Caron, et il voudrait un Vernet Caron, mais voilà, qu'il soit... customisé en fait pour lui. Donc aujourd'hui, c'est vrai que le custom... Alors les Américains, ils en font beaucoup. Nous, en France, c'est pas quelque chose qu'on a tendance à vouloir développer. Alors peut-être qu'effectivement, c'est quelque chose auquel il faudrait se pencher. Du moment que la personne veut y mettre les moyens, pourquoi on ne le customiserait pas ? En sachant que de toute façon, dans cet esprit toujours de transmission, ça peut être intéressant, mais c'est vrai qu'après... Une arme qui a été customisée à la revente, ce n'est pas cohérent. Donc tout dépend de ce que le client final souhaite faire.
- Speaker #1
Que pensent aujourd'hui un peu les gens du métier d'armurier ? Est-ce qu'ils sont critiqués ?
- Speaker #0
Non, le métier en soi n'est pas critiqué. C'est plutôt la pratique de la chasse qui est critiquée, mais en soi le métier d'armurier... Il comprend aussi bien le tir sportif, donc le baltrap, le tir aussi, tout ce qui est catégorie B, donc le tir au pistolet, voilà. Non, pas forcément, nous on a encore cette image-là plutôt de défense aussi, pas forcément que de chasse, donc non, on n'a pas un métier qui est décrié, malgré qu'il soit quand même en voie, je pense, d'extinction, parce qu'aujourd'hui les personnes qui ont je pense le plus de... Le plus gros pouvoir d'achat restait les chasseurs. Maintenant, je dis ça parce que je suis moins confronté au monde du tir. Mais c'est vrai que toutes les armuries qui tournent autour de la chasse, on sent quand même qu'il y a une régression. Il y a de moins en moins de chasseurs, donc forcément il y a une régression.
- Speaker #1
Quel message t'aimerais faire passer aujourd'hui par rapport à ton métier ? Qu'est-ce que t'aimerais que les gens comprennent ?
- Speaker #0
Je pense qu'il est important. Aujourd'hui, on a la facilité... Mais tous, que ce soit moi ou mon entourage, on prend notre téléphone, Amazon, tous les sites internet. Et la facilité aujourd'hui c'est d'aller sur internet. Assez vite on a des comparatifs de prix, par contre on n'a pas de service. Donc on va commander, ça va arriver à la maison, quelqu'un qui connaît ou un passionné qui s'est intéressé. Voilà, qui a déjà une expérience un petit peu dans le milieu de l'armurier, il va se débrouiller. Mais le nombre de personnes qui viennent, qui ont acheté une arme sur Internet, qui n'arrivent pas à la régler... C'est colossal. Aujourd'hui, forcément, ceux-là, ils paieront deux fois plus de services que quelqu'un qui aura acheté l'arme en boutique. Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
Si tu avais une phrase à mettre au-dessus de ton armurerie à graver, qu'est-ce que tu mettrais ? Pas facile comme question.
- Speaker #0
On ne vend pas que des armes, on vend aussi du service. C'est beau. Ou on vous propose un service. Un service qui est, je pense, non négligeable.
- Speaker #1
Pas n'importe lequel avec toi.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Justement, tu parles de service, mais est-ce que tu apportes aussi de la pédagogie ?
- Speaker #0
Après, je ne considère pas être quelqu'un qui connaît tout, loin de là. Moi, j'en apprends tous les jours. Mais par contre, ce que je sais, je le transmets. à qui veut bien entendre. Si quelqu'un a besoin d'un conseil, en l'occurrence, j'ai déjà rencontré ce problème, mon expérience a fait qu'aujourd'hui, je peux donner vraiment un point de vue, je pense, important, je le transmettrai sans problème.
- Speaker #1
Toi, tu aimerais vraiment apporter toute ton expérience, tout le savoir qu'on t'a apporté, c'est quelque chose qui est important pour toi, de retransmettre tout ça ?
- Speaker #0
Oui. Oui, parce que j'ai eu la chance d'avoir des personnes autour de moi qui l'ont fait. Et ce n'est pas le cas de tout le monde.
- Speaker #1
Est-ce que tu t'épanouis toujours autant aujourd'hui dans ton métier, comme au début ? Est-ce que ton œil a changé un petit peu ?
- Speaker #0
Non, je m'épanouis toujours autant chaque jour. Après, en plus de ça... Parler de transmission, j'ai mon petit frère, le dernier, qui souhaiterait intégrer l'école d'armurerie. Donc forcément, en termes de transmission, on va être en plein dedans. Il y a eu la chasse, mais non, s'il y a l'armurerie, ça va être génial. Donc forcément, énormément d'épanouissement à ce niveau-là.
- Speaker #1
Quels sont tes futurs projets ? Comment tu vois l'avenir ?
- Speaker #0
Après, j'aimerais... Je m'investis de plus en plus dans les associations communales de chasse dans lesquelles je fais partie. J'essaye d'apporter, quand on a envie, que j'apporte quelque chose. Quand je ressens qu'on a besoin de moi par rapport à ce que je peux apporter. Oui, j'aime transmettre, j'aime donner un coup de main. et puis j'aimerais qu'on avance tous vraiment dans un esprit de... de buts communs qui est de défendre nos traditions, nos passions. Aujourd'hui, je trouve que même entre nous, le gros problème, c'est qu'on n'arrive pas à s'entendre alors qu'on a une passion commune et on doit avancer pour moi tous dans le même sens.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux justement développer peut-être un peu plus ?
- Speaker #0
Eh bien, tout simplement, on arrive encore à... Plutôt que d'écouter ce que chacun... à partager son expérience, on va être souvent dans la critique. Et ça, je pense que les réseaux sociaux en sont en bonne partie les facteurs. Parce qu'au départ, les réseaux sociaux, c'était pour moi un outil de partage. Et aujourd'hui, c'est devenu un outil de critique. Et on le ressent. C'est pour ça que moi, j'y suis de moins en moins sur les réseaux. j'ai beaucoup de mal à accepter en fait au lieu d'être dans la construction on est dans la déconstruction justement c'est l'objectif de Bram aussi de donner la parole,
- Speaker #1
de prendre le temps, d'expliquer les choses parce qu'il y a une phrase qui est dite et qui est très vraie qui est que la chasse n'a pas besoin d'être défendue elle a juste besoin d'être expliquée et c'est ce que tu as fait là avec ta passion et avec l'armurerie donc en tout cas un grand merci nous ils ont pour le temps accordé j'espère que ça t'a plu moi j'adore j'adore transmettre alors c'était toujours un plaisir franchement top c'était génial un grand merci également à tous ceux qui s'abonnent c'est super important franchement faites-le je remercie également Vouzelaud pour l'accueil je remercie Timothée qui est juste derrière la caméra et on se dit à très vite pour une nouvelle vidéo ciao