- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Bram. Aujourd'hui j'ai le plaisir de rencontrer Rémi qui est coureur, trailer, il pratique également du canicross, il va nous expliquer comment bien débuter dans cette pratique. Mais avant de commencer, comme d'habitude, je vous invite à vous abonner, c'est super important. Rejoignez-nous dans ce projet, c'est un tout petit clic, mais ça va nous permettre de nous développer et de continuer à vous proposer ce type de format. Bram est disponible en vidéo sur YouTube, mais également sur toutes les plateformes d'écoute comme Spotify, Apple Podcasts ou encore Deezer. Et je remercie également le sponsor de cette émission qui est la Chaussette de France. La Chaussette de France, ou LCF pour les intimes, est une marque née à Troyes, dans l'Aube, qui fabrique des chaussettes en France depuis plus de 60 ans. Un savoir-faire 100% local, maîtrisé de A à Z avec un engagement clair, faire du bon, du durable et surtout du confortable. Historiquement reconnu dans le milieu du ski, LCF s'impose aujourd'hui dans l'univers de l'outdoor, Du running, de la randonnée, du trekking, avec une gamme. Technique, respirante, ajustée et ultra résistante. Parmi leurs modèles phares, il y a la Coyote Run Run. Une chaussette fine, colorée, avec des renforts ciblés et technologiques, comme la friction free pour limiter les freudements. Avec le code BRAM25, profitez de 15% de réduction. La chaussette de France, c'est une marque qui parle aux passionnés débutants, comme confirmé, à ceux qui veulent du sens, de la qualité et du made in France. Ils ont des nouveautés à venir, donc n'hésitez pas à cliquer sur le lien qui est en description. Vous pourrez suivre toute leur actualité. Merci à la chaussette de France de soutenir cette émission. Je pense avoir tout dit. Vous êtes prêts ? C'est parti ! Salut Rémi ! Salut Nicolas ! Bon, ça fait plaisir de te rencontrer.
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux commencer par te présenter, simplement ?
- Speaker #1
Ok. Eh bien écoute, je m'appelle Rémi, j'ai 46 ans. que te dire, on va en parler un peu mais a priori il semblerait que j'ai un parcours de vie inhabituel en gros je suis un curieux finalement je pourrais dire ça, j'ai toujours été curieux de plein de choses et à chaque fois que j'ai eu l'occasion d'explorer ce qui m'intéressait, je l'ai fait ça m'a permis d'explorer pas mal de choses et puis dans ce qu'on va parler aujourd'hui, la nature, le sport j'ai pu explorer les choses je ne saurais pas quoi dire de plus je suis expert en rien curieux de tout. On pourrait dire ça ? Ça te va ?
- Speaker #0
C'est nickel. Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je suis pasteur. Pasteur d'une église évangélique. J'ai longtemps été éducateur spécialisé aussi. J'ai fait les deux en parallèle. Maintenant, je suis pasteur à plein temps. Je gère ou je participe à l'animation de pas mal d'associations qui sont en lien avec ma foi ou avec tout ce qui accompagne la foi chrétienne en général. Charitable et ainsi de suite.
- Speaker #0
Comment et pourquoi tu es devenu pasteur ?
- Speaker #1
Alors, j'aurais dit de manière assez logique. J'ai grandi dans une famille chrétienne. Et à un moment donné, dans mon parcours de foi personnel, j'ai eu envie d'apporter plus que de recevoir. Donc, se mettre au service des autres, en se mettant au service de Dieu en étant pasteur, c'est quelque chose qui s'est imposé petit à petit, comme une évidence. Et toujours pareil, dans mon parcours de curieux, j'ai suivi ce fil. jusqu'à prendre cet engagement de vie et exercer mon ministère maintenant à plein temps.
- Speaker #0
Moi, ce que j'aime d'Ambram, c'est vraiment m'intéresser à la personne. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton enfance ? Comment tu étais quand tu étais enfant, puis adolescent ?
- Speaker #1
Enfant, j'ai eu la chance de grandir à la fois en région parisienne, mais au bord de la forêt. J'ai grandi dans la grande banlieue et on était dans un lotissement qui était vraiment au bord de la forêt. Je prenais mon vélo, je faisais 50 mètres et... C'était la forêt, les étangs. Donc j'ai passé toute mon enfance sur mon bicrosse, dans la forêt, à pêcher des grenouilles, des tétards, dans les étangs. Et ça, je pense que ça m'a donné cet amour de la nature. Il y a comme une connexion, le terme est un peu galvaudé, mais je crois que c'est vraiment ça. Il était évident que c'était là que j'étais bien. Donc voilà. Donc ça, ça a quand même défini pas mal de choses, parce que dès que j'en avais l'occasion, je partais dans la verte. Après, tu as grandi,
- Speaker #0
tu es devenu adolescent. Voilà,
- Speaker #1
après, j'ai grandi, je suis devenu adolescent. Donc à l'adolescence, on découvre d'autres choses. Il y a forcément les copains. Alors, il y a le sport. Le sport, ça a toujours fait partie intégrante de ma vie. J'ai fait du jeune gamin. Il y avait le foot avec les copains, le vélo, la course à pied. J'ai découvert la course à pied avec mon père. Donc adolescent, on met ça un peu de côté. On va un peu plus sur la console. Mais malgré tout, je n'ai jamais passé trop de temps devant la console. Il fallait toujours que je retourne dans la nature. Donc c'était le camping quand je pouvais. J'avais déjà envie d'être scout, même si je n'ai jamais pu le faire. Il y avait cette idée aussi de... de partir dans la nature et puis d'y passer du temps. Donc l'adolescence un peu coincée entre deux. Et puis après arrive jeune adulte, une vingtaine d'années. Donc mon parcours de vie est un peu particulier parce que même si mes parents étaient croyants, mon père souffrait d'une maladie psychiatrique. Donc ça n'a pas toujours été drôle, très clairement. Donc je suis parti assez vite de la maison aussi, forcément pour essayer de survivre face à la maladie de mon papa. Et je me suis reconnecté très rapidement avec la nature. Toujours en région parisienne, mais quand on s'est mariés avec mon épouse, les loyers ont fait qu'on s'éloignait encore un peu plus. Donc c'était la région de Fontainebleau. Et on a vécu dans un centre équestre, un logement dans un centre équestre. Et au milieu de la nature aussi. Donc voilà, on rebelote, course à pied à nouveau. Donc j'ai découvert le trail avant même que ça s'appelle le trail. Puisque j'ai toujours couru dans la nature, toujours couru dans les bois, toujours couru dans les sentiers. Et pareil, voilà, randonnée. Et puis au-delà, la nature, c'est aussi pour moi les potagers. C'est aussi toutes ces choses-là. Donc tout ce qui va avec. Voilà un peu.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ce coin, de ce département où nous sommes actuellement ?
- Speaker #1
Le Lot-et-Garonne. Alors, je découvre le Lot-et-Garonne. Comme je t'ai dit, moi, j'ai grandi en région parisienne. dans les beaux coins de la région parisienne, Fontainebleau, il y a pire. C'est vrai. Donc je suis arrivé ici il y a cinq ans pour mon ministère, pour prendre la suite d'un pasteur qui changeait d'église. Je ne connaissais pas du tout. Je ne connaissais pas du tout le sud-ouest. Je ne connaissais pas du tout le Lot-et-Garonne. J'ai découvert une région dont je suis tombé amoureux parce qu'il y a à peu près tout ce que j'aime. C'est vallonné, il y a des bois, il y a des chemins de rondeau. Il ne fait pas trop chaud, mais il fait vent quand même.
- Speaker #0
On y mange bien.
- Speaker #1
Vive la charcuterie. Et je suis vraiment tombé amoureux de cette région. Je ne saurais pas trop dire pourquoi, si ce n'est qu'il y avait tous les ingrédients. Ça manque peut-être un peu de forêt ici pour moi. Mais bon, il y a la région de Cahors qui n'est pas très loin. Et puis, le meilleur moyen de découvrir pour moi une région, c'est d'enfiler mes baskets. Ok, c'est une belle phrase. Donc, la première chose que j'ai faite en arrivant, c'est d'enfiler mes baskets, de prendre les chiens. et puis randonneau, course à pied et j'ai découvert cette région que j'affectionne beaucoup.
- Speaker #0
Je vais rentrer un peu dans ce sujet justement, la course à pied, tu dis que ça permet de découvrir une région, comment tu t'organises comment tu planifies tes courses, quelle distance tu réalises
- Speaker #1
Alors comment je fais, toujours pareil je pars à l'aventure, c'est bien connu, quand je vois mes copains d'ailleurs ils savent jamais trop par où on va passer mais moi non plus, donc moi je prends un sentier alors ça dépend, si j'ai le temps, ce que j'aime C'est vraiment partir à l'aventure. Je prends un sentier et je vois où ça me mène. Après, maintenant, on a quand même des applications sur les téléphones qui sont vachement bien faites. Donc, avec une application, je prends le téléphone, je regarde grosso modo en amont là où je veux aller et je pars à l'aventure. Et puis après, on se réajuste en cours de route. Donc, moi, j'aime faire ça. Donc, très clairement, j'ai découvert la région comme ça. Enfin, les environs du village où je me trouve. Vraiment. Il y a un chemin de randonnée qui passe pas très loin, je le prends, je vois où il mène. Si ça m'emmène un peu trop sur la route, moi, j'aime vraiment les sentiers. Ça, c'est mon truc. Moins je prends la route, mieux je me porte. Même s'il faut traverser un champ, même s'il faut se manger des ronces ou des orties, j'aime autant ça que le bitume. Et donc, voilà, je découvre vraiment comme ça. Donc, ouais, pour moi, c'est la meilleure manière.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des personnes qui t'ont fait prendre des chemins différents, justement, pour rester dehors ? dans la thématique de la course à pied, des rencontres, des personnes qui t'ont donné des chemins de vie différents ?
- Speaker #1
Alors forcément, mais comment le dire ? Parce que j'ai jamais vraiment réfléchi à ça d'ailleurs. J'essaie de me laisser porter, ouais. S'il y a un truc fun, j'y vais. Ah bah si, tiens, regarde, par exemple, j'ai un poulailler et je me suis lancé un peu dans l'élevage de certaines races. Comment ça s'est fait ? Je vais acheter mes graines au magasin, comme tout le monde. Et puis là, je tombe sur un gars de mon âge qui est un passionné de poules. Et on commence à discuter. Puis comme je suis curieux, on y va. Qu'est-ce que tu fais ? Et puis lui me dit, tiens, je développe telle race de poules. Alors pour les connaisseurs, les poules de Gournay, qui est une race justement de Picardie. Je dis, moi j'étais en Picardie, j'en fais. Et puis on discute comme ça. Et là, il me dit, d'habitude, elles sont noires et j'aimerais développer une couleur bleue. Il me dit « Tu veux faire ça avec moi ? » Bah pourquoi pas, puisque de toute façon je vais m'en racheter. Donc voilà, c'est des chemins différents, et puis plutôt que d'aller m'acheter mes poules à droite ou à gauche, et bien... je m'achète une couveuse, ils me filent des œufs, et puis je fais éclore mes œufs, et puis on démarre un nouveau truc. Voilà, donc c'est exactement comme ça que ça se passe. Le canicross, c'est comme ça que ça s'est passé, je cours depuis que j'ai 15 ans. Et puis un jour, par le biais du travail, quand j'étais éduque, je suis parti avec des adultes autistes en séjour, on a fait du mushing, j'ai découvert une musheuse. J'ai découvert les chiens, j'ai découvert l'attraction. Et puis, du coup, j'ai pris un chien et je suis parti courir en traction. Et puis, ma course à pied est devenue du canicross et du canitrail. Voilà un peu comment ça se passe pour moi. Ça me plaît, c'est raccord avec mon planning, c'est raccord avec mes valeurs. Pourquoi pas ?
- Speaker #0
Est-ce que tu peux justement expliquer ce que c'est précisément, et avec tes mots, le canicross ? Là, tu viens de dire également le canitrail. Tu différencies les deux, du coup, tu peux nous expliquer ?
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas. Moi, comme je dis, je ne suis pas un pro. Bien sûr. J'essaie de reprendre les termes qui sont utilisés pour juste essayer de parler la même langue que les autres. Pour moi, le canicross, c'est prendre un chien, enfin, c'est prendre un chien, c'est aller courir avec son chien et en traction. Donc avec un harnais, un baudrier, bien évidemment adapté au chien et ainsi de suite, il n'y a pas de souci, fait par des professionnels, et puis courir en traction. Donc c'est une manière de courir particulière. Pourquoi canicross ? Parce qu'à un moment donné, moi, 5 km, ça ne me suffisait pas. Et donc, je suis passé à 10. Et puis à 10, je me dis, ah tiens, 15, ça me plairait bien. Et puis, pareil, je rencontre un gars un jour qui court aussi. Alors, c'était quoi ? C'était parce que je suis sur Strava, comme tout le monde. Et puis, un jour, il y a un mec qui me like, qui me renvoie un condo. Et puis, il me dit, ah tiens, tu fais du canicross. J'ai vu que tu faisais 15 kilomètres. Cherche quelqu'un pour faire plus. Moi, je dis, ben, banco, on y va.
- Speaker #0
C'est parti.
- Speaker #1
Voilà, j'ai envie de faire plus. Et puis, lui aussi. Et donc, on fait connaissance comme ça. Et puis du coup, on commence à faire des 15, des 18. On fait un SMI. Puis un jour, quelqu'un m'a dit, un canicross, quand tu fais un SMI, c'est un canitrail. Je lui ai dit, si tu veux, moi, ça me va.
- Speaker #0
Quelles sont tes fréquences de course ? Quelles sont tes fréquences d'entraînement ? Là, tu nous as parlé un peu de tes distances, mais rentre un peu plus dans les détails.
- Speaker #1
OK. Alors aujourd'hui, je cours moins qu'avant parce que le ministère me prend plus de temps. Avant, j'étais sur des fréquences à trois sorties par semaine. je bossais en horaire décalé donc ça me permettait quand je bossais à 14h de me faire une longue sortie le matin ce qui n'est plus le cas aujourd'hui donc ma fréquence avant c'était 3 fois par semaine je m'entraînais pas pour faire de la compète et j'ai jamais eu l'occasion de rencontrer quelqu'un qui pouvait m'entraîner j'ai pas pris de coach donc je sais pas ce que c'est que la VO2max je sais pas refaire juste je sortais et c'était au plaisir et au feeling C'est comme ça que je pratique ma course. Aujourd'hui, j'en fais un peu moins. J'ai du mal à dépasser 10 km parce que je n'ai plus le temps. Parce qu'il ne faut pas faire une sortie de 15 ou une sortie de 20 pour le plaisir. Ou si on y va au talent, on prend cher après. Aujourd'hui, je ne suis plus sur des 5, 7. J'arrive encore à faire un 10 de temps en temps. Aujourd'hui, ma fréquence, c'est deux fois par semaine. J'essaie de démarrer ma semaine de boulot. Comme le dimanche, c'est ma grosse journée de travail. J'essaie de démarrer ma semaine du lundi avec une sortie. C'est une sortie détente pour s'aérer. L'idée, c'est de me vider la tête aussi. Ça me sert à ça. C'est de vider le corps, mais de vider la tête. J'y vais au feeling, j'y vais au plaisir. C'est vraiment ça. Et puis une sortie le samedi, pareil, pour finir la semaine tranquillou avant de rattaquer le gros week-end. C'est comme ça que je pratique. J'essaie aussi de faire... J'ai les chiens. Donc si les chiens sont malades, je ne les sors pas. Et j'avoue que sortir sans mes chiens, je n'ai plus l'envie aujourd'hui. Il y a comme un sentiment de trahison de ne pas y aller avec mes compagnons.
- Speaker #0
C'est ça que j'allais te poser comme question. Du coup, maintenant, tu ne cours qu'avec tes chiens ? Tu ne fais que du canicross ? Ou alors, tu arrives de temps en temps de courir pour toi perso, tout seul ?
- Speaker #1
Alors, ça peut m'arriver. Mais pour moi, comme je le vis, courir, c'est courir avec eux. d'ailleurs mon border, peut-être qu'on le verra tout à l'heure je l'ai choisi pour ça je l'ai choisi dans cet esprit après la rencontre avec les chiens et avec cette meucheuse il y a vraiment eu une découverte du monde canin à tel point que quand j'ai repris mes études d'éduc mon mémoire je l'ai écrit sur la médiation animale et sur la médiation canine c'était vraiment un truc qui m'a marqué à un moment donné de ma vie dans ma carrière pro et puis pour la suite donc j'ai choisi mon chien en fonction de son caractère, en fonction de ses capacités physiques, vraiment en fonction de ce qu'on disait aussi du border, de ce qu'il attendait de la relation avec le maître, tous les avantages et tout ce que certains pourraient considérer comme des inconvénients. Et l'idée, c'était d'adopter un compagnon de course. Donc pour moi, c'est impensable pratiquement d'aller courir sans lui. Ça m'arrive quand on fait des sorties avec des amis où on ne peut pas prendre les chiens, je le fais. Mais au quotidien, non. Je préfère me priver d'une course à pied que de partir sans eux. C'est peut-être excessif, mais c'est comme ça que je le vis.
- Speaker #0
Quels sont les sentiments et les émotions que tu partages quand tu pratiques cette activité avec tes animaux ?
- Speaker #1
Il y a la dépense physique.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Le canicross, c'est explosif. J'avais entendu parler de ça, ce qu'on appelle la survitesse. C'est-à-dire que le chien, pas tout le temps, mais à un moment donné, te fait courir au-delà de ce que tu ferais tout seul. Parce que quand il a l'envie et qu'il pousse, enfin qu'il tracte plutôt, il faut suivre. Et puis, il y a cette motivation. Quand le chien a envie, il te motive. Donc, le chien, il te tire, il te pousse. Donc, le sentiment, c'est... Pour moi, un sentiment de se vider. On se vide et on peut se dépasser. On peut se dépasser peut-être à des moments où on n'aurait pas l'envie, pas la niaque pour le faire. Puis moi, j'ai un chien qui a la niaque. Donc quand lui, il veut, je le suis. Donc il y a ça et puis il y a le partage. Le border, ce n'est pas le seul, mais cette race, elle aime être en relation avec le maître. Et le chien, je dis toujours, c'est un pote. Ça reste un animal pour moi dans ma conception. Je ne le considère pas comme mon fils ou je ne suis pas son père, comme certains le disent, et je ne juge pas. Mais moi, c'est vraiment un chien. C'est un animal, mais c'est un pote. Il y a vraiment cette notion d'âme-sœur. Ça se situe un peu entre les deux. Et on partage les choses vraiment. Il y a une vraie relation entre nous. Et dans le canicross, il y a aussi cette relation. Ça va peut-être faire rigoler, mais on se parle quand même. Des fois, le chien, il me regarde. et il me dit « tu y vas ou tu y vas pas » . Il y a des fois, le chien, je sens qu'il n'a pas envie, ou c'est comme si le chien sentait que je n'avais pas envie. Donc il y a vraiment quelque chose. Quand on faisait des semis, on se calait vraiment sur la même vitesse. On ne bosse pas l'un contre l'autre, on ne court pas l'un contre l'autre. Il y a vraiment quelque chose qui se passe. Et ça, ça fait du bien, c'est sympa. Je trouve que ça permet aussi à la fois de pouvoir compter sur l'autre, un peu, ou sur un autre. et puis on sait qu'on peut compter sur lui aussi sur l'aspect purement sportif on va dire en tout cas moi j'aime ça c'était exactement une de mes questions est-ce que tu as de la communication,
- Speaker #0
de l'échange comment tu fais pour le comprendre comment vous communiquez ensemble quand l'un est plus dans la difficulté je pense que c'est parce qu'on se connait c'est la relation alors c'est marrant parce que du coup où...
- Speaker #1
Ça va me permettre peut-être de parler de la médiation animale. Quand j'ai repris mes études en diplôme d'éduc, tu as un peu de psycho, un peu de psychanalyse, on touche du doigt, on n'est pas des pros. Mais notamment, j'ai découvert ce qu'on appelle les espaces intermédiaires. Je ne vais pas faire de la psycho, mais il y a un moment donné dans la médiation, pour aller bien dans notre vie, il faut qu'on reste humain, mais il faut que les enjeux de notre humanité, de nos relations, elles tombent. Donc il y a des espaces transitionnels. C'est un gars, Donald Winnicott, Donald, je crois, je ne sais plus. Tu verras si je me trompe. Winnicott, ça c'est sûr, qui était un pédopsychiatre, et qui disait, il parlait des enfants avec le doudou, c'est un moment donné où on a besoin d'aller bien, on n'est en nulle part, mais on est en là, sans tomber dans la folie. Et Winnicott, il explique que quand on est adulte, on a besoin de ça. Et il dit, c'est l'art, c'est la musique, quand on ne va pas bien, c'est l'alcool, c'est la drogue. Et puis quand on va bien, c'est d'autres choses. La foi, c'est un espace transitionnel. Et puis il expliquait que les animaux pouvaient être ça aussi. Quand on est en relation avec les animaux, on est à la fois pleinement humain, mais on est en relation pas avec des êtres humains. Donc on est dans un entre-deux. Et dans cet entre-deux, il se passe plein de choses et on peut lâcher crise. Et donc il y a cette réalité qu'on communique et qui communique avec nous, mais pas comme avec des êtres humains pour nous. Et donc, il faut... C'est du non-verbal. C'est du regard. Avec mon chien, avec Melvin, c'est parce que je l'ai dressé, parce qu'on a passé du temps ensemble et que j'ai essayé d'être à son écoute aussi. C'est d'essayer d'apprendre ce qu'il veut me dire quand il refuse d'obéir à tel moment ou quand il tourne la tête d'une telle manière ou quand il me regarde d'une telle manière. Finalement, par empirisme, on se rend compte que ça veut dire quelque chose. Alors forcément, on l'interprète, je ne sais pas exactement ce que pense mon chien. Mais j'ai essayé d'interpréter certaines choses, et puis les résultats de mon interprétation m'amènent à dire que ça vaut la peine ou pas, que je ne me suis pas planté. Et donc en course à pied, ça je le mets en pratique. Et ouais, clairement, je dis toujours, j'ai cette anecdote, tu m'as parlé de l'anecdote tout à l'heure, un jour on partait courir, je vais entraîner pour un semi-chrono, maîtrisé avec mon pote justement de Canitrail, et je n'étais pas en forme ce jour-là. Je n'étais pas en forme, et le chien était au taquet lui. Et à un moment donné... il se passe un truc, le chien il se retourne et il me gueule dessus il m'aboie dessus, et puis il se remet dans le harnais et puis bah il se met comme ça et puis moi je suis pas parce que j'ai pas envie et puis le chien il se retourne et puis il aboie encore et je me suis dit bah tiens mon chien il m'engueule il est en train de me dire de faire un effort et qu'est-ce que j'ai fait, j'ai coupé mon cerveau et puis j'ai couru et on a fait une super sortie qui était sympa est-ce que c'était vraiment ce qui s'était passé ou pas j'en sais rien moi j'ai voulu croire que mon chien il était en train de me dire qu'il a réveillé que je me défausse. Je me suis défoncé. Puis au bout du bout, on a passé un bon moment. Je crois que c'est ça qui compte.
- Speaker #0
Comment tu te sens après une séance, physiquement, émotionnellement ? Comment ton chien aussi, tu penses qu'il se ressent ? Qu'est-ce qu'une bonne séance, selon toi ?
- Speaker #1
Une bonne séance, c'est une séance où je me sens bien, effectivement. Alors, se sentir bien, ça veut dire plein de choses. On est d'accord. Pour moi, clairement, le canicross, je le pratique pour l'explosivité. donc ça fait partie d'une des raisons pour laquelle j'aime ce sport donc une séance où j'ai pas lu ça j'ai l'impression qu'elle a pas été bonne il faut accepter qu'on peut pas être au taquet tout le temps et puis il faut accepter que le chien soit pas au taquet tout le temps il y a eu des fois, c'est le chien qui avait pas envie ou du moins qui a pas donné ce qu'il donne d'habitude et là il faut que j'accepte que c'est pas une mauvaise séance parce qu'on est deux à courir et puis c'est pas un objet Si je veux une séance explosive, je m'achète un vélo et puis je mets un moteur électrique dedans. Et là, c'est un animal, c'est un être vivant. Donc une bonne séance, c'est oui, d'abord quand j'ai la possibilité d'avoir ce côté explosif. Mais c'est une séance où j'ai pris du plaisir aussi. Alors prendre du plaisir, c'est accepter à 47 ans, on n'a plus 20 ans, on mûrit peut-être un peu. C'est d'accepter que si ce n'est pas explosif, elle a pu être bonne autrement. Donc j'essaie aussi de gérer cette frustration qu'il peut y avoir. Et puis d'essayer d'anticiper, peut-être pendant la séance ou au début de la séance, me dire peut-être aujourd'hui, ça ne va pas être une séance à fond. Elle ne va pas être au taquet, celle-là, parce que je ne suis pas là, parce que j'ai les jambes, je n'ai pas envie de me blesser, parce que le chien, je sens qu'il n'a pas envie. Et puis de me donner le droit, puis de donner le droit à mes chiens de juste profiter de la sortie, de la balade d'être dehors. Et de me dire, la course à pied, du coup, elle devient peut-être accessoire. Parce que comme j'ai dit, pour moi, dans le canicross, il y a... Il y a le côté sportif, mais il y a la relation. Et je crois qu'il ne faut pas que j'oublie la relation. Des fois, ça m'est arrivé de gueuler après mon chien parce qu'il me fait un stop pipi ou il a une odeur. Et puis de me dire après, mais qu'est-ce que tu fais ? Je veux dire, voilà. Donc, j'essaie de veiller à ça. Donc, une bonne sortie, c'est ça. Si je peux, une sortie où je me suis défoncé. Mais c'est une sortie où j'ai profité. Parce que, comme j'ai dit, c'est quand même de découvrir. Et puis c'est peut-être de se dire, je fais toujours le même tour là, peut-être aujourd'hui je vais partir un peu à l'aventure ou je vais faire une autre séance, une autre sortie. Et puis juste profiter d'être dehors avec mon chien, de ne pas être toujours comme ça, la course, la course, la course.
- Speaker #0
Est-ce que le canicross t'a rendu meilleur ? Je parle techniquement, c'est-à-dire que là tout à l'heure tu disais ton chien il motive, ton chien il te traque, c'est explosif. Peut-être que quand on court seul, tu vas en dire... bon allez, je vais ralentir un peu est-ce que tu penses que ça te rend meilleur ?
- Speaker #1
je pense que oui, parce que c'est comme de sortir avec quelqu'un quand on court tout seul la course à pied de toute façon c'est se battre un peu contre soi-même je crois que tout le monde dira ça il y a toujours ce moment où on n'a pas envie ce moment où il faut se botter les fesses ce moment où on coupe le cerveau quand on est tout seul, il faut la niaque pour le faire, puis des fois on n'a pas envie puis des fois ça peut être fatigant il suffit qu'on soit dans une période Et... Pas le moral, c'est fatigué. Bref, quand on part à deux, tout de suite, on s'automotive mutuellement. Oui, le chien me donne ça tout le temps. Pas comme un homme, mais il me le donne quand même plus que par moi-même. Donc oui, je pense qu'il m'a permis de progresser. Et puis dans cette idée aussi de suivre son rythme quand il a envie, je sens bien que je cours plus vite que quand je suis tout seul. D'ailleurs, les chronos parlent d'eux-mêmes. il suffit juste de regarder la montre à la fin de la sortie et quand je suis tout seul ou quand je suis avec eux, je fais toujours mieux avec eux que quand je suis tout seul, donc oui je pense que c'est le cas après comme je t'ai dit moi j'ai jamais j'ai pas fait partie d'un club, je n'ai pas d'entraîneur. À ce niveau-là, quelqu'un qui est un vrai coach ou quelqu'un qui, forcément, il y répondrait mieux que moi, ou il irait plus loin que moi. Mais oui, il y a forcément des éléments. J'ai lu mon matos aussi. Peut-être que tu as parlé de matos pareil en introduction, peut-être qu'on en parlera, mais mon matos aussi, le matos fait énormément, notamment les chaussures.
- Speaker #0
On peut en parler, si tu veux. Quel matériel tu utilises ? Quel conseil aussi tu peux donner à ceux qui nous écoutent ? qui souhaitent se mettre à courir avec leur chien. Ok.
- Speaker #1
Alors, le premier conseil, je vais vous renfoncer une porte ouverte, il faut une bonne paire de baskets. Et une bonne paire de baskets, celle qui sera bonne pour moi, elle ne sera pas bonne pour toi. Je crois que c'est un grand classique. Donc, il faut trouver vraiment une bonne paire de baskets, les chaussures premier prix. Alors, quand on démarque, on fait des petites distances et compagnie, oui. Mais après, quand même, il faut des chaussures qui soient confortables. Et si on n'est pas entraîné, bien amorti. Parce que le canicross, c'est violent. Ça pousse. Et puis, le chien, on fait les enjambées plus grandes. Quand on est en descente, on est en survitesse. Donc, ça tape. Je pense qu'il faut un amorti quand même de qualité. Après, c'est pareil. Ça veut tout dire et rien dire. Moi, j'aime courir en minimaliste. Je ne sais pas si tu as entendu parler de la course minimaliste. Déjà, je cours en zéro drop depuis des années. Zero Drop, c'est quand tu as la même épaisseur de semelle sur le bout des pieds que sur l'arrière. Peut-être que tu connais aussi ou que ceux qui regardent y connaissent. Donc moi, je cours en Zero Drop. On peut donner les marques de chaussures ? Oui, oui. Je cours avec Altra. Ce n'est pas les seuls qu'on font, mais j'aime bien Altra parce qu'ils ont une vraie gamme de Zero Drop, à la fois en chaussures de running route et en chaussures de trail, et que tu as différentes épaisseurs et différents cramponnages. et j'ai du coup différentes chaussures avec différentes épaisseurs différents comprendages aussi et je cours en Vibram, en Five Finger et là aussi ça dépend de ce que tu veux quand je partais en semi je partais pas avec mes Five parce que là j'ai vraiment 2mm et je suis vraiment sur la pointe des pieds donc en semi forcément tu fatigues quand tu mets un coup de talon sur un caillou avec 2mm euh du ah d'épaisseur, forcément, ça sanctionne. Donc là, je partais avec des chaussures un peu plus épaisses. Donc voilà, il faut trouver la chaussure qu'on aime. Tout le monde n'aime pas le zero drop. Il y en a qui vont courir avec des drops de 10 où on est vraiment comme ça. Et ils vont être bien. Et puis, il y en a d'autres qui vont vouloir des drops de 4. Et puis, ils vont dire, le drop de 4, c'est l'idéal. Brooks, c'est meilleur. Non, moi, je suis Soconi. Moi, je suis Reebok. Je crois qu'il faut essayer plusieurs marques, plusieurs modèles. Maintenant, il y a des boutiques qui font ça. Alors peut-être pas dans l'Ontegarode, mais sur la région parisienne, toulousaine, dans les grandes agglos. Il y a plein de boutiques maintenant, ils ont même des tapis de course pour vous aider à choisir les chaussures. Pour moi, le conseil, pour nous, c'est une bonne paire de pentes. Je crois qu'après, le sac d'hydratation ou pas, tout ça, c'est du confort. Mais l'essentiel, c'est une bonne paire de chaussures.
- Speaker #0
Quels sont justement les autres accessoires que tu peux avoir ?
- Speaker #1
Il faut un bon harnais pour ton chien. Ça, c'est indispensable. et un harnais fait par des professionnels avec des formes adaptées à la morpho du chien donc là aussi il faut prendre conseil donc ça c'est le harnais qu'on met sur le chien c'est ce qu'on enfile ou qu'on règle autour de lui et c'est ce qui va le rattacher à toi et puis après nous on a besoin d'un baudrier là aussi il y a plusieurs types de baudriers et entre les deux il y a une longe élastique je reviens sur le harnais pour bien comprendre on ne cache pas avec un collier Merci. On ne court pas avec un collier, on ne court pas avec un canneuf. Il faut vraiment quelque chose qui le prenne bien le long du torse, qui ne vienne pas l'étouffer, qui ne vienne pas lui casser des épaules. Ça, c'est des conseils qu'on trouve bien sur Internet. Tout ça, je l'ai appris en lisant ce qui se fait. Et puis, il y a des boutiques qui donnent des très bons conseils aussi. Donc oui, il faut le harnais, c'est ce que le chien porte. C'est l'équivalent de ta paire de chaussures à toi. C'est ce qui va faire son confort, c'est ce qui va faire que tu ne le blesses pas, que tu ne l'irrites pas. Et c'est ça qui va faire qu'il va aussi avoir envie de refaire une sortie avec toi.
- Speaker #0
La laisse après, ce sont des laisses SL ?
- Speaker #1
Oui, c'est ce qu'on appelle, on voit plutôt le terme de longe. Donc c'est une laisse qui... Alors aujourd'hui, à priori, en compétition, les normes ont évolué. Avant, tu avais... un mousqueton pour toi, un mousqueton pour le chien, maintenant tu n'as pas de mousqueton. C'est un système de nœuds sans fin que tu accroches sur le chien pour éviter que quand ça claque, le chien se prenne. D'ailleurs, c'est sûr que tu as le nez sans fin et c'est le chien qui a le mousqueton.
- Speaker #0
que des fois les mousquetons pétaient, donc c'est pour éviter que le chien se prenne la longe en tension avec le mousqueton. Donc tu as des longes spéciales, effectivement élastiques. Et là tu as plusieurs longueurs, plusieurs élasticités, mais grosso modo tu as des normes de course à pied maintenant, mais tu trouves un peu de tout. Si tu prends une longe pour le mushing, une longe pour la canitronite, ou le canivetteté, ou pour le canicross, ça ne va pas être la même longueur.
- Speaker #1
C'est quelle distance justement sur le canicross ?
- Speaker #0
Je te dirai des bêtises, mais je crois que c'est 1,70.
- Speaker #1
Non mais je veux dire, c'est pas 5 mètres, c'est quelque chose d'assez court.
- Speaker #0
Ouais, c'est quelque chose d'assez court, parce que t'es assez proche de ton chien. Et puis après, c'est plutôt en VTT ou en canicrot que c'est plus long, parce que t'as la distance de freinage, aussi le chien change de direction devant toi, il faut que tu t'entonnes pas avec ton VTT ou avec ta trotte.
- Speaker #1
Tu as également d'autres accessoires ?
- Speaker #0
donc le baudrier ok baudrier ou ceinture là aussi donc c'est une ceinture que tu mets là et puis avec un bout de ficelle hop qui te rattache moi j'utilise le baudrier c'est plus confortable que la ceinture quand il ya des à coups tu prends pas les à coups dans les reins donc là aussi tu as pas mal de choses qui ont été développées moi j'ai le même baudrier melvin a 10 ans on est rentré en course à pied il avait deux ans ça fait huit ans que j'ai le même baudrier Je ne me suis pas intéressé aux matos. Je suis sûr qu'entre mon matos que j'ai acheté il y a 8 ans et le matos d'aujourd'hui, il y a un monde parce que c'est un sport qui s'est considérablement développé ces dernières années. Maintenant, il y a des chaussettes techniques. Entre la chaussette en coton de base et les chaussettes techniques, j'ai vu vraiment un confort. Une chaussette plus près du pied. Maintenant, il y a même des chaussettes avec des renforts et des élasticités pour faire un peu de compression ou pas. Je ne sais pas vraiment quelle est... la véritable utilité physiologique des shorts ou des chaussettes de compression, mais il y a tout un tas de choses. En tout cas, une chaussette ajustée avec, je dirais, un tissu, coton ou autre qui est pensé pour, en tant qu'utilisateur, je vois la différence entre ma chaussette premier prix et la chaussette Special Running que j'achète, je vois le confort. Donc oui, je connais moins, je ne me suis pas plus intéressé que ça. autant la question du minimalisme ou du zéro drop, j'ai été lire énormément là-dessus, autant pour ce qui est chaussettes, je ne me suis pas plus intéressé, si ce n'est que je vois bien la différence entre ma chaussette de tous les jours, si jamais pour aller faire mon semi, ou la chaussette spéciale, je n'ai pas les pieds dans le même état à l'arrivée.
- Speaker #1
En tous les cas, on a le sponsor qui est la Chaussette de France sur cette vidéo, on les remercie encore. Tous les liens sont dans la description. Donc si jamais vous souhaitez voir différents modèles pour l'outdoor ou pour le running, n'hésitez pas, c'est dans la description. Quels sont les dangers que tu as pu avoir ? Est-ce que tu as eu des situations un peu dangereuses quand tu as pratiqué le canicross ?
- Speaker #0
Alors, dangereuse à proprement parler, non. Il faut prendre en considération ce que je disais, la question de la survitesse. Quand le chien te tracte, il t'emmène toujours plus vite que ce que tu vas d'habitude. Donc forcément, quand il y a un obstacle, de quelque nature que ce soit, tu es obligé d'anticiper les choses. Parce que tu ne t'arrêtes pas de la même manière. Et puis si toi tu veux t'arrêter, mais que le chien n'a pas de obstacle, lui, ça n'arrête pas. Donc il t'emmène. J'ai pris quelques gamins, quelques belles gamelles. Il faut prendre en considération la question de l'adhérence, surtout en trail. Et à la plus forte raison, avec un chien. Pour l'hiver, le Lot-et-Garonne, c'est bien l'été, mais l'hiver, ça pleut. Et ça glisse plus que la Picardie, contre toute attente. Parce qu'en Picardie, il y a pas mal de caillasses sous la boue. Ici, il n'y en a pas. Donc j'ai pris quelques bêtes gamelles dans des changements de direction ou autre. Donc ouais, il faut faire attention à ça.
- Speaker #1
Tu t'es blessé déjà ?
- Speaker #0
Jamais vraiment blessé. Non, j'ai la chance de jamais m'être blessé. Alors la pratique du judo, ça doit aider. J'ai appris à tomber, alors j'ai appris à chuter. Je me suis déjà vu faire des belles glissades et retrouver comme si j'étais sur le tatami, l'épaule en avant, on tape au sol. J'ai la chance de ne jamais me laisser. Mais c'est que la chance, ça aurait pu m'arriver. Une mauvaise glissade, pied en trail, forcément, c'est dans les bois. Donc une mauvaise direction, on peut se prendre un arbre à pleine vitesse. Ça, ça n'arrive pas sur une voie verte. Donc je pense que les seuls vrais dangers c'est plutôt ça, c'est la survitesse et l'adhérence, en tout cas en canicross aussi. On pourrait dire forcément, si on est avec un chien et qu'on court là où il y a d'autres personnes, il faut gérer... les autres gens avec son chien. Je me rappelle, quand j'étais à Beauvais, en Picardie, il pouvait m'arriver de courir en ville où on a le plan 2 du Canada, en Picardie, où il y a pas mal de monde. Donc, il faut gérer les autres. Il faut peut-être gérer les autres chiens aussi. Mais je pense que ce n'est pas un danger à proprement parler. C'est plus une chose à prendre en considération.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut courir sur du bitume ? Tous ceux qui courent en centre-ville avec des chiens, est-ce qu'on peut le faire ? Et est-ce qu'on peut aussi participer à des compétitions ? avec son chien sur du trail, etc. Ou alors c'est très différent.
- Speaker #0
J'ai envie de dire oui et non. Oui, on peut courir sur du bitume. Après, il faut faire attention l'été parce que le bitume, ça chauffe et les chiens, ils n'ont pas de basket. Donc, j'ai déjà vu des posts passer sur différents réseaux ou autres de gens qui disaient faites attention, n'allez pas brûler les coussinets de votre chien. C'est clair, ça peut arriver. à leur entraînement, ils peuvent se couper sur un caillou ou autre. Enfin, ils ont l'habitude. Mais la chaleur, il faut faire gaffe avec le bitume. Donc l'hiver, oui, sans problème. Après, le bitume, moi, je n'aime pas parce que ça tabasse le dos, ça tabasse les genoux. Et forcément, l'animal, il a les mêmes contraintes que nous. Donc je pense qu'il faut adapter, comme tout, il faut adapter sa course à son chien, à la morpho du chien, à la santé du chien. Ça va forcément avec la race du chien. On ne court pas de la même manière avec un mollo solide qu'avec un berger, ça c'est clair. Et puis adapter, adapter. L'été, le bitume, je le déconseille autant pour nous qu'encore plus pour eux. Après, tu me demandais aussi les courses.
- Speaker #1
Si on pouvait participer avec son chien à certaines courses. Alors,
- Speaker #0
il y a des courses de canicross organisées.
- Speaker #1
Là, c'est spécifique au canicross.
- Speaker #0
Spécifique canicross. Moi, je conseille de faire. Il y a une ambiance extraordinaire. C'est comme ça que j'ai fait connaissance avec certains coureurs. il y a plein de chiens partout c'est brouillant 200 chiens en excitation juste avant le départ ça aboie non-stop, c'est même pas la peine d'espérer les faire sauter et puis c'est comme dans tout la course à pied, tu te fais porter par l'ambiance et les chiens ressentent qu'ils sont galvanisés par les autres j'ai jamais fait d'aussi bon temps que sur des courses comme ça j'ai pas eu l'occasion d'en faire beaucoup parce que souvent les courses c'est le dimanche et moi le dimanche c'est ma journée de boulot rires Mais j'en ai fait quelques-unes en nocturne, notamment souvent les courses hors dimanche, elles se font en nocturne. Et alors là, le revient, c'est encore plus particulier. Courir avec son chien au lieu des autres à la frontale, c'est extraordinaire. Donc oui, ça existe. J'ai eu la chance de m'allumier sur des trails classiques avec mon chien. Ok, oui. Là aussi, je n'en ai pas fait ici dans l'Ontegraude, mais en Picardie, j'ai eu l'occasion d'en faire quelques-uns. Pour ceux qui connaissent le trail des Lucioles. entre autres, ou la 14-18 à Sanlis, qui était un trail assez sympathique. Et les organisateurs m'ont autorisé à plusieurs reprises à m'aligner avec mon chien. Je ne faisais pas partie du classement, j'étais hors classement. C'est-à-dire que, partait du principe que comme je m'alignais avec un chien, à catégorie égale, mon temps était forcément aidé par rapport aux autres. Donc, si je voulais faire un classement, c'était mort. Mais je n'étais pas là pour ça, donc ça m'allait très bien. Donc ouais, j'ai pu m'aligner à plusieurs reprises, et je n'étais pas le seul. Je me suis retrouvé sur le train Éluciole ou la 14-18, on était plusieurs trailers avec leurs chiens. Donc c'était sympa, il y avait deux cours dans la course, je me souviens d'un gars avec un mal à mute, et on s'est chassés mutuellement pendant tout le trail. Et les gens étaient plutôt contents de ça. On se faisait chambrer, « Ouais, les gars, vous trichez, les chiens, vous êtes dans l'inventé ! » Puis nous voyions descendre comme ça. Mais il y a vraiment une bonne ambiance. Je me souviens de ça. Et puis, de course en la course. J'ai fait la course avec le gars en malamute pendant les 22 km, pendant les 21 km. C'était sympa. Est-ce que ça se fait encore ? Depuis 5 ans, je n'ai pas eu l'occasion de m'aligner. Je ne vois pas pourquoi ça ne se ferait pas. Mon chien était vacciné. J'avais certifié que j'avais tous les vaccins obligatoires. Et puis, je m'étais engagé à la gentillesse de mon chien avec les autres participants. Et ça n'a pas posé de problème.
- Speaker #1
On a fait l'interview d'un éleveur de chevaux de course. Et il nous disait que le cheval cherchait à se dépasser, à gagner. Est-ce que tu sens la même chose pour ton chien ? Tu me parlais de course, ça se tire la bourre. Est-ce qu'il cherche à gagner, à être meilleur que les autres ?
- Speaker #0
Oui. Alors Melvin, oui. Est-ce que c'est parce que c'est un chien, parce que c'est un border ou parce que c'est Melvin ? Je ne saurais pas le dire, mais lui, il a ça. Il a ça et c'est même rigolo parce que même quand je vais faire... Des fois, je sors avec des amis, eux en VTT et moi en course. dès que mon pote en VTT il se rapproche de moi le chien il en remet un coup dans le harnais il a vraiment la gagne et j'aime ça chez lui parce que j'ai pas vraiment la gagne mais j'ai la mien et j'aime bien mon pote de trail avec qui je courais Geoffrey, je sais pas si il regarde la chaîne je vais l'appeler et je lui dire de la regarder il me le disait quand on partait en semi, Melvin il pouvait nous recoller une axelle au 18ème kilomètre et il était terrible pour ça il suffisait qu'il y ait un bruit qu'il y ait une odeur, il suffisait qu'on dise allez vas-y et le chien se remettait dans le harnais il nous éclatait les cuisses au 18ème kilomètre et nous on aimait ça tant qu'ils ont la gagne les chiens pareil sur le canicross que j'ai fait en compète je sentais qu'à chaque fois on part tous en décalé et puis on se retrouve, on se double et à chaque fois qu'il y avait soit quelqu'un qui me rattrapait soit qu'on rattrapait quelqu'un je sentais vraiment que le chien il en remettait un tu lui parles,
- Speaker #1
tu l'encourages qu'est-ce que tu lui dis ?
- Speaker #0
alors déjà je lui donne les distances droite, gauche ça ça se fait en canicross et puis Melvin c'est un border donc droite, gauche ça fait partie des choses qui connaît, qui font partie de son instinct, de sa race donc il y a le droite, gauche il y a le stop, il y a le do Et puis, il y a le go, le vas-y. Après, ça, c'est propre à chacun. Mais en gros, quand je pousse le lancement, le chien sent qu'il faut y aller. Et il accélère. Et il accélère. Là aussi, il faut doser. Quand je sens que le chien n'a pas envie, si moi, je veux le pousser, il faut que j'accepte que non. Mais quand il a envie, on s'encourage. Et puis, je lui parle. Je le félicite. C'est bien les chiens, quand on est dans une côte et que je l'encourage. C'est bien, allez-y. Je trouve que c'est ça aussi la relation. je crois que... Il y a ce truc entre nous. Quand il fait une bêtise, que je lui fais les gros yeux, que je lui dis non et que j'élève la voix, il sait ce que c'est. Donc quand c'est bien, je crois que c'est ça qui nourrit notre relation aussi. Et cette réelle affection mutuelle qu'il y a entre nous, c'est lui dire c'est bien mon chien, c'est cool, merci. Voilà, moi je le fais.
- Speaker #1
Tout à l'heure, on les fera rentrer, on va les présenter, on les montrera à la caméra, tu nous en parleras encore plus en détail. Est-ce qu'il y a des races spécifiques pour courir justement ou alors tout le monde peut courir avec son chien ?
- Speaker #0
Les deux. Il y a des races qui sont plus adaptées que d'autres. Effectivement, un border, un gréster. Alors non, je dis des bêtises, je vais plus loin. En fait, des chiens, des races classiques qui sont naturellement déjà des races qui courent sont adaptées à ça. Des races qui ont de l'énergie et qui ont la physionomie. Oui, alors je ne vais pas toutes les citer parce que je risquerais de dire des bêtises. Et il y a des puristes qui diraient peut-être « Ah non, il raconte n'importe quoi ! » Peut-être que sur les commentaires, ça va se battre. Mais des chiens qui, naturellement, sont des chiens qui ont de l'énergie et qui sont faits pour courir de par leur sélection dans la race, ils sont adaptés au canicross. Après, si tu as envie d'aller courir avec ton petit chien et que tu adaptes ta sortie et ta course à pied à la morphologie du chien, je ne suis pas choqué. Bon, je n'irais pas courir avec un basset.
- Speaker #1
Oui, on est d'accord.
- Speaker #0
Mais c'est plus pour l'animal que pour moi. Après, il y a des races, j'ai parlé du Grester, il y a des races où le Rund, je crois, de mémoire, qui ont été créés spécialement pour ça. Je crois qu'il y a un croisement avec le Braque allemand, de mémoire. Je crois que le Grester, c'est un croisement avec le Braque. Là aussi, vous irez voir dans les commentaires, je ne vais pas faire ton boulot. Et puis, vous irez corriger le profane que je suis encore. Les chiens bavent. forcément les skis dérivés qui sont naturellement des chiens qui sont faits pour courir sont particulièrement adaptés. Je sais qu'un temps, le braque allemand était un peu à la mode parce que puissant et plein d'énergie, alors forcément, ça envoie. On a un champion du monde en France, un Français qui est champion du monde de canicross et à plusieurs reprises dont j'ai perdu le nom. Canicross, pardon, dont j'ai perdu le nom là. Et qui court, je crois, avec une de ses races. Je ne sais pas si c'est un Eurohound ou un Gréster ou autre. Pareil, tu pourras aller dans les commentaires ou après le cut, d'aller corriger tout ça. Il y a des races qui sont vraiment spécialement faites pour ça, très clairement. Après, moi, là aussi, il y a la compète et il y a le plaisir. Si tu choisis un chien pour la compète, tu choisis un chien pour la compète. Moi, ce que j'aime, c'est partager ce temps-là avec mon chien. Je ne l'ai pas choisi pour la compète, je l'ai choisi... pour aller courir avec lui, comme je l'ai dit tout à l'heure, avoir un pote de course. Et c'est mon pote au quotidien et c'est mon pote pour aller courir.
- Speaker #1
Comme l'a dit Rémi, on vous invite à commenter cette vidéo. Si vous pratiquez le canicross, quel type de chien vous avez ? N'hésitez pas, on lira tous vos commentaires. Est-ce que tu as un petit rituel avant chaque sortie ?
- Speaker #0
Il y a le rituel de l'équipement. Ouais, ouais, alors ce qui est assez surprenant, enfin on parle d'ailleurs, en tout cas qui est remarquable, je ne sais pas comment le dire, c'est que le chien il sait quand je vais courir. Il ne peut pas enfiler, il connaît même mon équipement de course à pied. Je vais à la salle avec mon fiston, on fait une petite soirée muscu ensemble. Je peux enfiler mon short pour la muscu, ce n'est pas mon short de course à pied. Le chien, il le sait. J'enfile le short de muscu. Je prends mes t-shirts que je prends pour aller à la salle ou les baskets pour aller à la salle, le chien ne me rouge pas, il sait qu'il va rester là. Mes t-shirts de course à pied, mes shorts de course à pied, il les connaît. Donc je ne peux pas toucher même à mes baskets, même pour les nettoyer, le chien se la voyait comme pas possible. Donc il y a des rituels. Le chien connaît le matos, dès que je commence à préparer le matos, que ce soit les sacs, les chaussures, que ce soit pour aller marcher, pour aller courir, les chiens sont en garde à vous, ils aboient comme pas possible. Et puis ensuite, c'est ça. Donc, premier rituel, c'est quand je me prépare, les chiens, ils sont autour de moi, ils aboient, en mode, tu nous emmènes, quoi. Tu nous laisses pas. Si j'ai le malheur d'aller courir sans eux, je me rappelle quand, il y a des fois, j'allais courir avec un de mes collègues. On courait le matin avant d'embaucher, quand on embauchait en décalé. Je devais faire mon sac la veille, le soir, planqué. Genre, je vais vous tromper, quoi. Je me planque parce que j'ai offert une infidélité. Sinon, les chiens, ils aboyaient comme des godins. Donc, il y a ça. Donc, oui, ce petit rituel. Et moi, j'aime bien parce que... Puis, ils savent, le lundi matin, ils savent que le lundi matin, c'est pas la balade, c'est la course. Donc, les chiens, ils me tournent autour, pas comme d'habitude. Ils sont insistants, ils me collent, ils me regardent. Donc, voilà. Et puis après, c'est toute la prépa. Donc, moi, je vais m'équiper. J'en filme des baskets. J'en filme moi en baudrier. Et puis, je les équipe, je leur mets le harnais et puis on y va. Donc, les chiens, ils savent. Donc, il y a toute cette mise en place et j'aime bien.
- Speaker #1
Quel est ton terrain préféré ? Quelles sont tes conditions préférées ?
- Speaker #0
Mon terrain préféré, c'est la forêt.
- Speaker #1
Mais je veux dire, tu vois, ça peut être des chemins ou vraiment de la forêt.
- Speaker #0
Les chemins de forêt. Ou de la boue. La boue, c'est pas peur. J'aime la boue. Ouais, pas plus qu'autre chose. c'est vraiment le chemin forestier dans l'état dans lequel il se trouve même les grands chemins ouverts c'est pas ceux que j'aime moi j'aime le petit chemin, ce qu'on appelle les singles en course où on est vraiment comme ça et où il n'y a pas de place pour se retourner, on ne peut pas zoomer quand on est à plusieurs donc c'est la forêt, plutôt le petit chemin vraiment fermé j'aime le trail donc j'aime quand ça monte
- Speaker #1
T'aimes ça l'effort, vraiment c'est quelque chose que tu vas rechercher, l'explosivité,
- Speaker #0
l'effort. C'est pour ça que je le fais. Avant je faisais du badminton, le badminton ce que j'aime c'est l'explosivité du bad aussi. Donc dans ma pratique sportive, j'aime la rando, quand je vais en rando j'y vais pour aller à la cool, mais quand je vais courir, ce que j'aime dans le trail c'est ça, ce que j'aime dans le canicross c'est cette explosivité. Donc j'aime les montées, pouvoir se mettre dans le rouge. La descente, j'aime bien la survitesse, mais il y a beaucoup, on en a parlé tout à l'heure, un peu le danger, perdre un appui en montée, ça pardonne. Perdre un appui en descente avec le chien qui est devant, lancé à 30 km heure, ça ne pardonne pas. Mais j'aime ça. Moi, ma sortie préférée, c'est la sortie en colline, en montagne, en forêt. Et même en forêt, il ne faut pas qu'elle soit plate, ma forêt. Ce n'est pas pour rien que j'aime la forêt de Fontainebleau. Plutôt que la forêt d'Orléans, même si elle est belle. C'est que ça craque pas vite, quoi. Ouais, ça, c'est ma sortie préférée, c'est celle-là.
- Speaker #1
Quel lien tu as avec tes chiens en dehors du sport ? Est-ce que tu penses que justement, et je pense que tu vas dire oui, que le sport, ça a renforcé ton lien avec tes animaux ?
- Speaker #0
Oui, forcément. Alors, mon lien, déjà, peut-être, je ne sais pas si ça va s'entendre, mais on les a entendus aboyer quasiment en arrière-plan. Donc mes chiens sont avec moi tout le temps. Je les ai choisis pour ça. J'ai choisi la race pour ça. Le border, le bouvier. Peut-être qu'on racontera l'anecdote du bouvier tout à l'heure.
- Speaker #1
Tu peux y aller maintenant.
- Speaker #0
Parce qu'on en avait parlé aussi. T'as vu ? Je suis sympa. Je te lance. Le bouvier, je l'ai trouvé sur le bord de la route. En plein Covid. 2020, quand on n'avait pas le droit de sortir trop tard. Voilà, couvre-feu 20h, je rentrais d'une de mes réunions à l'église, et sur le bord de la route, deux jours avant Noël, je vois une boule de poils qui passe devant, que j'ai failli écraser. Puis du coup, je me dis, je rentre, je rentre, quoi. Et puis il m'a dit, bah non, c'est un chien. 6 mois j'ai failli le taper Prochain virage, la probabilité qu'il se fasse renverser est énorme. Si demain, je prends la voiture et que je vois le chien que j'ai croisé renversé, je m'en voudrais. Donc je m'arrête, je fais demi-tour. Tant pis, je suis à la bourde. Enfin, les flics dans l'Antégarode à 20h, le 21 décembre, au milieu de nulle part. J'aurais payé mon amende, mais je craignais trop rien. Du coup, je fais demi-tour. Et puis là, je vois que c'est un chiot, en fait. Donc je le charge. Et puis, je fais le lendemain les démarches. j'appelle la mairie pour ceci, pour cela. J'appelle les vétos du coin pour savoir à qui il est. Je lance le plan hors sec type chien tendu, Facebook et tout le tout type. Et en fait, le chien, il n'a personne. Je suis assez surpris parce que c'est un bouvier. C'est plutôt des chiens qui coûtent de l'argent, pure race. Et puis là, j'ai remarqué quand même, on en parlait pareil tout à l'heure, qu'il a une couleur qui est la couleur du berger australien. Le gris que tu peux trouver sur le berger australien. Donc comme ça, je dis à ma femme, ça se trouve, ce chien, c'est un chien qui est croisé et il n'est pas vendable. Donc voilà, ça se passe 3-4 jours. Les contacts que je prends nous disent que le chien, dans 10 jours, il nous appartient. Et pour la petite histoire, ma femme, elle voulait un bouvier. Elle voulait un bouvier et puis moi, je dis, écoute, ma chérie, le bouvier, c'est bien, mais pour aller courir, ça ne vaut rien. Donc quand je serai à la retraite et que je ne pourrai plus courir, je te prendrai ton bouvier contre toi. C'est un chien qui est fusionnel, le bouvier. qui est éputé pour avoir ce caractère-là. Et donc, ouais, le petit conte de Noël, quoi. Et finalement, au bout de quelques jours, personne ne réclame le chien. Et le chien, de toute façon, je l'avais mis au sous-centre pour inviter de nous attacher, mais tout le monde le voulait déjà, il avait déjà un nom. Et voilà, le 31 décembre, il nous appartenait. Donc le chien est entré dans la famille comme ça. C'est vraiment sympa, comme manière d'adopter un chien. Et ce chien est vraiment devenu fusionnel avec moi. Je pense que c'est son caractère, le fait qu'on l'ait tué, qu'on l'ait sauvé, ça dit peut-être quelque chose de ça. Du coup, les chiens sont tout le temps là. Donc oui, en plus de la course à pied, alors comme il est croisé, ce bouvier, avec un berger australien, il a le caractère du bouvier, mais il a l'énergie de l'australien, ce qui fait qu'il va courir avec moi. Je ne ferai pas d'esprit avec lui. Oui,
- Speaker #1
c'est du plaisir.
- Speaker #0
Oui, c'est du plaisir. 5-6 kilomètres sur mes petites courses à pied du lundi matin, le chien, il les fait. Et puis, il est là aussi. Interdit de partir sans lui. C'est comme pour les boarders. Interdit de partir sans lui. J'ai cette relation au quotidien avec eux. Ils sont tout le temps là. On est ensemble. On vit avec eux. Quand on part en vacances, on ne part pas en vacances sans eux. La course à pied, c'est que la continuité de la relation que j'entretiens avec eux au quotidien.
- Speaker #1
J'ai un petit jeu pour toi, si tu veux. J'ai une liste d'objets. Et on va essayer de deviner quel objet tu préfères parmi cette liste d'objets. Donc, je vais t'en proposer deux et on gardera celui que tu préfères du quai avec le suivant. Tu préfères quoi entre le harnais de traction ou la frontale ?
- Speaker #0
Le harnais de traction. Et même aller courir de nuit sur la frontale, c'est fun.
- Speaker #1
Le harnais de traction ou un t-shirt technique ?
- Speaker #0
Le harnais de traction.
- Speaker #1
Le harnais de traction ou le kit premier secours ? Justement, on n'en a pas trop parlé. Est-ce que tu as des choses comme ça que tu prends avec toi quand tu cours ?
- Speaker #0
Alors, harnais de traction plutôt que le kit de premier secours. Mais ouais, dans mon sac d'hydratation, il y a un kit de premier secours.
- Speaker #1
Harnais de traction ou montre connectée ?
- Speaker #0
Harnais de traction.
- Speaker #1
Harnais de traction ou longe de traction ?
- Speaker #0
Tu ne peux pas avoir l'un sans l'autre. Je suis obligé de choisir.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ouais. Honnêtement, je ne sais pas quoi te répondre parce que la longe sans le harnais ne sert à rien. Et même... courir en canicross, on l'a dit avec le collier, forbidden.
- Speaker #1
C'est interdit. Alors,
- Speaker #0
harnais de traction.
- Speaker #1
On va intégrer du coup la longe comme ça, je t'en fais le cadeau. Harnais et longe ou sac d'hydratation ?
- Speaker #0
Harnais et longe.
- Speaker #1
Est-ce que du coup, justement, tu peux le prendre à la main ou pas ? Ou tu es obligé d'avoir le baudrier ?
- Speaker #0
Alors, tu peux le prendre à la main, mais en termes de confort, il faut le baudrier. C'est un ensemble en fait. Cela dit, si un jour, il fallait courir, et que je devais choisir entre les deux, ce serait le harnais de traction et l'allonge en priorité.
- Speaker #1
Et harnais de traction ou chaussure de trail ?
- Speaker #0
Harnais de traction. Parce que le chien, il dépend de moi. Je l'ai choisi, je l'ai éduqué. Il va courir que quand c'est moi qui l'emmène, je suis responsable de sa santé. Et le harnais de traction, c'est indiscutable pour sa santé. C'est pour ça que ce sera toujours le harness de traction en premier. Même s'il y a des choses à côté, on peut difficilement faire sans. Encore qu'en barefoot, j'ai déjà tenté d'aller me faire un petit canicross pieds nus.
- Speaker #1
Justement, c'était un peu l'objectif de ce petit jeu. C'est de savoir quel objet était le plus important.
- Speaker #0
tu cours pas sans harnais du coup tu cours pas avec ton chien à côté de toi en libre c'est pas quelque chose qui est conseillé si si ben du coup c'est plus du canicros mais tu peux ok c'est plus là encore peut-être qu'il ya des puristes dans les commentaires qui diront que non crois que le canicros ça vient d'où si j'ai bien si j'ai bien tout compris ce que j'ai lu c'est d'abord des mûcheurs qui hors période de neige ont trouvé des moyens d'entraîner leurs chiens qu'ils les ont mis sur des cartes qui les ont mis devant des vélos et puis qu'ils se sont rendus compte que les emmener en randonnée, ça pouvait être sympa pour eux, puis ça les faisait vivre aussi avec le tourisme en été, et puis qui, de fil en aiguille, se sont dit que ça pouvait être totalement compatible avec la course à pied et qu'il se passait des choses sympas. Je crois que c'est un peu par empirisme que tout ça s'est mis en place. À moins que quelqu'un, un jour, s'est dit « Tiens, je vais le faire, c'est génial, c'est l'idée du siècle » . Peut-être, j'en sais rien. Donc pour moi le canicross, c'est le principe du canicross, c'est d'être rattaché à son chien et de vivre tout ça. Maintenant des gars qui courent avec leur chien, c'est pareil, ça existe depuis toujours, tout comme le trail existe depuis avant même qu'on ait eu l'idée de l'appeler comme ça. Moi j'ai couru un peu avec mes chiens quand j'étais adolescent, j'avais un épanoui breton, et je l'emmenais courir avec moi et on n'était pas attaché et il courait en libre. Concernant Melvin, il est totalement capable de le faire, mais il déteste ça.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
C'est le chien de travail, c'est le border de travail. D'ailleurs, il vient d'une lignée... J'ai été le chercher chez un berger qui était le beau-frère d'une copine de promo. Il vient d'une lignée de chien de berger, il a été sélectionné... Ses parents, grands-parents, et lui a été sélectionné pour ça. Donc, il a le truc du travail. Donc, Melvin, s'il n'a pas le harnais, qu'il n'est pas rattaché, il aboie, il n'est pas content... Quand je l'attache et qu'il se met dans le harnais et qu'il se met en course, le chien est focus, il est content. Je ne vais pas courir en libre avec mon chien. Le bouvier qu'on va voir tout à l'heure, lui, par contre, il n'aime pas l'attraction.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc lui, il est équipé comme l'autre, mais en course à pied, il n'aime pas l'attraction. Même quand je l'attache, il est collé à moi. Donc ça ne sert à rien. On se marche dessus, on se prend les pieds l'un dans l'autre. Donc Rox, le bouvier, il court en libre. Et je n'attache que dans les parties où il y a des voitures ou où j'ai besoin qu'ils soient là si je croise des animaux et compagnie.
- Speaker #1
Justement, est-ce qu'il t'arrive de croiser d'autres animaux, des animaux sauvages ou autres ? Comment réagissent tes chiens ? Est-ce que tu as une anecdote à nous raconter par rapport à un animal ?
- Speaker #0
Oui, souvent ça m'est arrivé, que ce soit à Picardie ou ici. Alors, quand c'est des gros animaux tels chevreuil et compagnie, mes chiens sont de paraitre... très orgueilleux, sont plutôt bien dressés. Donc, ils ont un bon rappel. Donc, voilà, si je leur dis non, ils n'y vont pas. S'il y a un lapin qui passe, ils vont peut-être avoir envie de suivre, mais c'est pareil. Je leur dis un droite, un gauche, un stop, et les chiens, ils suivent. Ce qui est rigolo, par contre, c'est le cri du jet. Le cri du jet, ça rend fou Melvin. Dès qu'il entend un jet pousser un cri, il se met dans le harnais et blam ! C'est comme un hypnose. sur une japonaise trafiquée. Il y a tout qui vient. Alors, c'est assez rigolo. Et on en joue. C'est-à-dire que quand il y a ça, je ne lui dis pas non. Je le laisse y aller. C'est l'occasion. J'ai ouvert mon kit nose et puis on y va, on accélère. Voilà, petite anecdote.
- Speaker #1
Est-ce que tu t'es déjà perdu lors d'une course, lors d'une séance ?
- Speaker #0
Alors, oui. Oui, ça m'est arrivé. Mais ce n'est pas grave. Ça fait partie du jeu. Alors quand je veux vraiment faire une séance paramétrée, j'anticipe. Mais dans mes séances de découverte, ça m'est déjà arrivé de me perdre, de devoir même faire rebousser chemin. Quand c'est comme ça, je rebousse chemin. Après, perdu, vraiment perdu.
- Speaker #1
Oui, tu n'as jamais eu de frayeur à partir et pas savoir où tu étais dans la forêt.
- Speaker #0
Non, parce que je ne suis jamais parti à l'aventure sans carte dans des lieux que je ne connaissais pas. Et puis maintenant, très clairement... avec les outils qu'on a pour se perdre pour de vrai, il ne faut juste pas s'être préparé. Donc je me prépare un minimum. Quand je pars totalement à l'aventure, j'ai préparé mon itinéraire quand même sur mes applis. Et même quand je pars deux jours en bivouac, j'ai fait une impression de ma carte sur papier à l'ancienne au cas où le téléphone n'est plus de batterie et que la batterie de secours ne marche pas. Donc vraiment perdu, ça ne m'est jamais arrivé.
- Speaker #1
Ben écoute, ce que je te propose c'est qu'on va rentrer les chiens tout de suite, et comme ça tu vas nous les présenter. ça marche allez c'est parti
- Speaker #0
On a fait rentrer tes chiens. Trop cool. Est-ce que tu peux nous les présenter un petit peu, me donner des détails dessus ?
- Speaker #1
Ok. Ok, ok. Écoute, on va commencer par lui, Rox, puisqu'on a parlé de l'anecdote de sa venue dans la famille.
- Speaker #0
À Noël.
- Speaker #1
Voilà, à Noël, le cadeau de Noël de mon épouse et le mien aussi, parce qu'il est à la fois bouvier et à la fois australien. Donc, il a le caractère du bouvier, tu vois, toujours près de moi, posé sur les pattes. et l'énergie de l'Australien pour aller courir, comme ça c'est le meilleur des deux mondes donc voilà, Rox, 5 ans là maintenant alors on a imaginé, enfin pas imaginé, on a posé l'hypothèse de son âge parce qu'on l'a trouvé, il était déjà chiot mais a priori, de ce que me disait le Vito c'est à peu près ça
- Speaker #0
Quel entretien tu as avec lui en alimentation ?
- Speaker #1
Alors moi je les ai passés, tous les deux ils ont la même alimentation C'est des croquettes que j'achète, on a un producteur de croquettes pas très loin à Saint-Sylvestre, qui font une gamme, comme on peut trouver un peu partout maintenant, tu as la gamme chasse, la gamme junior, la gamme senior, la gamme intensive. Donc ils sont tous les deux sur la gamme intensive, parce qu'ils dépensent pas mal d'énergie. Donc avec des croquettes que j'ai essayé de sélectionner dans des tarifs abordables, mais avec de la prod quoi, pas que de la betterave.
- Speaker #0
On est d'accord.
- Speaker #1
Donc j'ai commencé d'ailleurs avec un pote chasseur dans mon village en Picardie, qui me fournissait des croquettes qu'il prenait pour son grand prochain. Et donc j'ai gardé un peu cet esprit. Après l'entretien, c'est des chiens qui sont plutôt en bonne santé. Le bouvier est un chien qui n'est pas très rustique, qui est réputé pour avoir des maladies diverses.
- Speaker #0
Paradoxalement, sa structure en plus.
- Speaker #1
Alors peut-être, peut-être par rapport à sa sélection. Mais lui, pour l'instant, il est plutôt en bonne santé, à 5 ans. peut-être que le croisement australien fait que, ou peut-être qu'on a juste de la chance donc après c'est un brossage régulier et puis on suivit l'acide véto que tout propriétaire avec son chien, vaccination et ainsi de suite donc rien de spécial il nous a fait quelques petites frayeurs parce que comme il est gourmand, une fois il nous a mangé de la mora donc on a eu une petite frayeur
- Speaker #0
On a vu un vétérinaire hier pour le tournage. On en a parlé un petit peu des dangers et des risques qu'on pouvait avoir avec un chien.
- Speaker #1
Puis à la campagne, c'est-à-dire que les chiens, quand on n'est pas en crosse, on est en balade. En balade, ils sont libres en permanence. Donc, il y a de la paille, il y a des hangars, les épilages, on enlève régulièrement. Je n'ai jamais eu trop de soucis, mais régulièrement, pareil, le brossage.
- Speaker #0
Les tiques,
- Speaker #1
ça, les tiques, moi, je ne les traite pas en chimie, qu'aux tiques. notamment parce que je savais que pour le border il y a une question génétique qui fait que chez certains border ça se passe mal donc je les traite en complément alimentaire alors ça empêche pas qu'ils soient croqués par les tiques mais a priori c'était mon berger avec qui je bossais qui m'avait dit ça ça donne un goût au sang qui fait que le tique croque mais il ne suce pas donc souvent je leur enlève des tiques Mais ils n'ont jamais été vraiment sucés par le tic. Donc après, je surveille la maladie qui va bien derrière, donc les selles et ainsi de suite. Le brossage, c'est le bon moyen de ne pas couiller, de contrôler que tout va bien en sortie de course aussi, qu'il n'y ait pas de problème articulaire. Et je leur fais un ostéo une fois par an.
- Speaker #0
D'accord, ok. Ça, c'est important, tu trouves ?
- Speaker #1
Alors, euh... Je me suis laissé convaincre que si nous en tant que sportif on avait besoin d'un petit contrôle ostéo de temps en temps le chien qui courait autant que moi il pouvait en avoir besoin aussi donc ouais je pense.
- Speaker #0
C'est de la prévention ?
- Speaker #1
En preuve ouais. Lui m'a fait des petits soucis là je vais pas présenter encore donc Melvin. Viens mon chien. À la caméra. Donc Melvin 10 ans border collie donc je disais tout à l'heure qui vient d'une lignée de chiens de troupeau. Il a été sélectionné par le berger qui me l'a vendu pour ça. Donc, il a vraiment l'instinct. Et il a la niaque qui va bien. Il aime l'attraction, lui. Il aime le travail.
- Speaker #0
L'athlète. Oui.
- Speaker #1
J'ai fait un peu de troupeau avec lui aussi quand j'étais dans l'Oise. Je faisais une journée par mois avec un berger.
- Speaker #0
Pour lui faire plaisir.
- Speaker #1
Oui. Et puis, pour canaliser. Parce que les border sont des chiens qui n'ont pas que besoin d'une activité physique. Ils ont besoin d'une activité cérébrale. Ils sont faits pour ça. Et surtout lui, de par sa lignée. Donc... C'était nécessaire même pour son bien-être à lui, parce qu'on parle de notre bien-être, mais il y a le leur aussi. Effectivement, et son bien-être à lui, ça passait aussi par la dépense intellectuelle. Donc le troupeau, ça lui a permis... de faire ce pour quoi il a été sélectionné, il a été mis au monde. Et ça l'a vraiment posé bien comme il faut dans ses pattes. L'excitation qu'on peut trouver chez les boarders, elle est tombée quand je l'ai fait travailler au troupeau. Et ça nous a permis aussi de développer notre relation tous les deux.
- Speaker #0
On a parlé du canicross, on a parlé du running, du trail. Est-ce que tu pratiques d'autres sports ? Est-ce que tu as pratiqué d'autres sports ?
- Speaker #1
Oui, la rando. Ça fait partie des activités aussi que du coup je peux pratiquer avec ma femme puisqu'elle n'aime pas la bourse à pied. Et avec eux forcément aussi. J'ai fait du badminton pendant quelques années aussi. Mes activités professionnelles ne me permettent plus de le faire, mais le badminton j'ai pratiqué pendant longtemps. Pareil, j'aime le côté explosif. Et puis après, dès que j'ai l'occasion de faire un truc nature, je le fais. On a la chance d'habiter à 5 minutes du lot. Donc, forcément, j'ai un kayak et un paddle pour aller de temps en temps sur l'eau. Et puis, les sports de combat pendant mon enfance, judo, kendo, que je ne pratique plus maintenant, plus le temps. Puis bon, un pasteur avec un cocard le dimanche matin.
- Speaker #0
Oui, ça ferait bizarre. Voilà. Pour toi, la nature et le fait d'être dehors ? C'est important ? C'est quoi ? C'est un équilibre ? C'est un besoin ?
- Speaker #1
C'est important, c'est un besoin, et j'y trouve mon équilibre. C'est important, et je te disais en introduction, depuis tout petit, je suis dans la nature. Je ne saurais pas vraiment te dire pourquoi, je n'ai pas poussé l'analyse jusque-là, mais la réalité, c'est que quand je suis trop loin de la nature, trop longtemps, je ne me sens pas bien. Il y a quand même, je ne sais pas, le silence qu'on peut trouver, le bruit des animaux. Il y a quelque chose de naturel, je trouve, d'être dans la nature. Alors, on peut remonter aux origines de l'homme, quelles que soient les choses auxquelles on croit sur les origines de l'homme. Mais au départ, on vit dans la nature, quoi. On vit de la nature. Au départ, l'homme, il est fait pour vivre en accord, en symbiose avec la nature. Il n'est pas fait pour la contrôler, pour la servir. Même si forcément, on adapte notre environnement. On est un peu la seule espèce qui fait ça. Mais je trouve que peut-être adapter notre environnement, mais en le respectant, il y a quelque chose qui, pour moi, est naturel et fondamental. Et quand on arrive à le faire et à le vivre, forcément, on est mieux. Donc moi, je suis bien dans la nature. On est dans l'Haute-Garonne, ville neuve sur l'autre, c'est déjà une ville suffisamment grande pour moi.
- Speaker #0
Tu penses qu'il y a un stress urbain et justement la campagne qui est plus paisible ?
- Speaker #1
Oui, oui, très clairement. J'ai vécu en région parisienne. Oui,
- Speaker #0
c'est pour ça que je te dis ça.
- Speaker #1
Je connais, même si j'habitais en très très grande banlieue, mais j'ai bossé en région parisienne. Mon premier boulot, c'était jardinier, j'étais lagueur et on bossait en banlieue Paris-Intramuros. Donc oui, le fait de se lever, on va parler de Paris, mais Bordeaux, c'est devenu un peu ça. Le fait de se lever à 5h30 pour être à 6h dans le camion, pour être à 8h sur le chantier, c'est forcément une fatigue, c'est forcément un stress. De devoir gérer en permanence les interactions avec les autres et tout ce que ça implique, de bon et de compliqué. Devoir faire attention aux voitures, de devoir gérer le bruit. Oui, il y a un stress, ça épuise la nature, on peut lâcher prise. On parlait des phénomènes transitionnels, la nature te permet ça. peut être autre chose que tout ce que la ville et les relations t'obligent à être en permanence. Alors, je ne suis pas un ermite. J'aime beaucoup les relations avec les gens. C'est mon métier depuis toujours, même encore aujourd'hui. Mais ce besoin de se retrouver, de se reconnecter avec la nature, oui, pour moi, c'est fondamental.
- Speaker #0
La nature t'a apporté des choses encore différentes que la reconnexion. Ça t'a construit aussi, peut-être ?
- Speaker #1
Forcément, même si je ne saurais pas le dire comment, mais je me suis construit toujours. avec la nature à côté, donc forcément elle m'a construite. Forcément, si je trouve de l'apaisement dans la nature, alors qu'en ville, je trouve du stress, forcément que la nature, elle me construit, et qu'elle me construit de manière équilibrée. Après, tu vois, on n'a pas parlé, on ne peut pas parler de tout, mais j'ai un poulailler, j'ai un potager, la nature, elle me nourrit aussi, j'aime ça, je ne serai jamais autonome, il n'y a pas de souci, c'est un art de vivre à part entière, ceux qui le font. mais forcément quand c'est tout bête j'ai la vie mes poules je mange leurs oeufs mais je mange aussi des poules mais mes poulets je les ai fait pour ça Quand tu tues un animal que tu as fait naître, que tu as élevé, que tu as fait grandir, dont tu as pris soin, les éleveurs prennent soin de leurs animaux, pas juste parce qu'ils leur apportent de l'argent, mais parce qu'ils veulent qu'ils soient en bonne santé. Que tu tues toi-même, ce n'est pas anodin de tuer tes chasseurs. Je n'ai pas donné la mort avec un fusil, mais moi je la donne avec un couteau. Ce n'est pas anodin. On prend conscience de ce qu'on fait. On prend une vie et on ne le fait pas sans raison. on n'est pas des assassins, on n'est pas des tueurs quand on fait ça. Je ne jette pas un gramme de viande du poulet que j'ai tué. Donc forcément, ça te construit, parce que ça dit quelque chose de ton rapport au monde, de ton rapport aux autres, et forcément, le respect que tu donnes aux animaux quand je prends soin d'eux, quand je prends soin de mes poules, que pourtant je vais tuer, que j'élève pour les tuer, pour les manger, forcément, ça me construit dans ma relation aux autres, obligatoirement.
- Speaker #0
Par rapport à ton métier, par rapport à tes expériences, que penses-tu de la société actuelle et est-ce que tu l'as vu changer ?
- Speaker #1
Oui, je l'ai vu changer. Je l'ai vu changer et je te dirais, je pense qu'il y a deux phases. En tout cas, que je pense avoir identifié, la première, 2001, les tours jumelles qui s'effondrent. Et j'ai l'impression qu'on a pris conscience que l'insouciance dans laquelle on vivait dans les années précédentes, les Trente Glorieuses... on aura du travail, on aura la retraite, on va vivre vieux, en bonne santé. Elle est tombée, quoi. Moi, j'ai grandi dans les années 90, et j'aime ces années-là, parce qu'on avait encore toute l'espérance de la sortie du confort et de la richesse de ces 30 glorieuses. Puis il y avait déjà le début de la technologie, donc c'était en même temps enthousiasmant. Le plein emploi, j'ai travaillé mon premier boulot en l'an 2000, et c'est encore le plein emploi, en tout cas en région parisienne à l'époque. Et puis 2001, c'est comme si tout s'arrêtait, c'est comme si on prenait conscience que la paix, en fait, elle n'existait pas, comme si on pouvait mourir, comme s'il y avait des choses. Et donc, pour moi, ça, c'est un premier temps, un premier temps important qui nous a amenés, avec différents événements, à perdre cette insouciance dont on parlait avant, et puis à accepter des pertes de liberté pour se protéger soi-même. Et je pense à cet homme-là, Jacques Attali. qui a été un homme politique, qui a traversé le XXe siècle et qui a été défenseur des droits, qui a arrêté, je ne sais plus, en 2018, il ne faudra pas aller les voir, et qui disait en partant qu'il était inquiet que les Français, aujourd'hui, ils pensaient qu'ils étaient prêts à perdre consciemment, volontairement, des libertés individuelles pour le prix de cette réassurance par rapport à la peur de la mort. Et ça l'inquiétait parce que c'est comme si pour lui l'histoire se répétait. Donc ça, ça m'a marqué. Deuxième chose également, qui pour moi est une évolution de société, c'est le Covid. Je pense que j'enfonce une porte ouverte, mais quand même, on l'a tous vécu à plein d'égards. Moi, j'ai travaillé pendant le Covid en plus de par mon métier d'éduxper. Donc, j'avais l'impression de vivre un film dystopique réellement. Donc, c'était particulier quand on est dans un centre commercial en région parisienne, qu'il y a une caissière, deux clients, moi et une autre cliente, alors qu'à l'habitude, on est des centaines. et que quand elles me croisent au bout de l'allée, on sent la peur, on entend les néons clignoter, et puis qu'elle fait demi-tour, on se demande à quel moment il y a Alienne qui va sortir du mur. Ça, c'était particulier. Et puis, une espèce de repli, et j'ai travaillé pour refaire des travaux chez moi avec des artisans qui me disaient qu'ils ne trouvaient plus des gens qui avaient envie de bosser aussi, comme si chacun s'était replié sur soi. Donc bon, et d'un autre côté... Pendant le confinement, on a arrêté de vivre à 200 à l'heure aussi. Alors, tout n'est pas négatif. Et j'ai retrouvé presque le temps qui s'écoulait comme dans les années 90 pendant cette période-là. Donc, la société, elle a changé, elle a évolué. Qu'est-ce qu'elle va devenir demain ? Elle va te le dire. Je ne lui risquerai pas. Et puis, de toute façon, c'est le propre de l'humanité que la société évolue après chaque génération. Les vieux disent que c'était mieux avant. Et puis les jeunes, ils en profitent à fond. Et puis finalement, c'est pas si mal que ça. Faisons confiance aux jeunes.
- Speaker #0
Est-ce que tu es fier de toi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui. Pas fier de ce que j'ai accompli. Ce serait vachement orgueilleux de le dire comme ça. Fier dans le sens heureux. Fier parce que... J'ai eu la chance, il y a une part de chance, et peut-être que ma foi me permet de dire que Dieu a veillé sur moi, et une part de grâce. Mais je me suis donné les moyens aussi de pouvoir vivre des choses que j'avais envie de vivre. Je crois qu'une vie, on la construit. J'ai conscience, et mon métier me l'a prouvé, que certains ne tirent pas le bon jeu de cartes au départ et que même en voulant construire leur vie, ils n'y arrivent pas. Moi, j'ai eu la chance d'avoir les moyens de construire ma vie, mais je me suis donné les moyens de le faire aussi. Donc je suis fier de ça, je suis content de ça. Plus que fier. Je me suis donné les moyens de changer quatre fois de métier. Même j'ai divisé mon salaire par deux à plusieurs reprises dans ma vie professionnelle. Et ma femme m'a permis de le faire aussi parce qu'elle était dans cette manière de vivre. On s'est donné les moyens de vivre à la campagne et d'accepter les inconvénients qui l'accompagnent. Donc je suis plus content que fier, mais je suis vraiment heureux de la vie que je mène aujourd'hui, en toute sincérité. Elle n'est pas parfaite, clairement. Elle n'est pas exempte de combat, comme tout le monde. Et je n'ai pas été confronté au plus dur, je n'ai pas été confronté à la maladie pour mes proches ou pour moi-même. Et j'aurai certainement des défis à relever plus tard. Mais aujourd'hui, oui.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu as un certain équilibre entre tes activités, ton métier, ta vie dans le monde de la campagne. Ou alors il y a des choses qui prennent plus le dessus.
- Speaker #1
Oui, il y a un certain équilibre. Mon métier de pasteur, mon ministère de pasteur prendra toujours le dessus. parce que quand on s'occupe des gens, Et quand on aime les gens, on a toujours à un moment donné envie d'arbitrer en fonction des gens. Et puis parce que je représente quelque chose aux yeux des autres aussi qui ont la foi, et ils vont naturellement venir vers moi. Donc il faut en faire quelque chose. Mon ministère viendra toujours déséquilibrer ma vie d'homme, de père et de mari. C'est inévitable. Mais c'est une donnée qu'on a pris en considération avec ma femme et mes enfants depuis toujours. Et eux, ils sont ceux qui m'équilibrent. Ils ont un droit de regard là-dessus. C'est un peu comme ça qu'on fonctionne dans la famille. C'est moi qui ai l'autorité. Je suis très XXe siècle là-dessus, il n'y a pas de problème. Ça fera peut-être sauter de rage plein de gens. Mais on essaie vraiment de vivre en équilibre où chacun a la parole, où on prend les décisions ensemble. Et parfois, les décisions que je prends ne sont pas forcément celles que moi j'avais vues ou celles que j'avais envie, mais c'est vraiment pour tous. Donc toi, même dans la pratique du sport, je me rappelle, quand j'ai démarré le canicross, avec les deux trois copains que j'ai rencontrés il y a un club qui s'est fait pas très loin et il m'a dit Armin viens faire partie du club on court ensemble, bah ouais génial sauf qu'à un moment donné il faut prendre du temps pour faire partie d'un club et j'avais dit à mes enfants si entre mon boulot, mes activités sportives et puis parce qu'il y avait déjà l'église même si j'étais pas le pasteur principal ou pas à plein temps j'étais en second mais j'avais déjà du temps qui était pris j'aurais dit s'il y a un déséquilibre il y en aura un Voilà. La base, il y aura un déséquilibre, c'est inévitable. Quand il y en aura un, vous me le dites. Et quand vous, vous me direz qu'il y a un déséquilibre, je ne discute pas, c'est vous qui avez autorité sur mon agenda. Et un jour, ma fille, elle avait quoi ? Elle avait 6 ans, pas plus que ça, peut-être. Ouais, dans ces eaux-là, et elle me dit « Papa, tu pars encore courir avec tes chiens, mais moi je voulais passer la soirée avec toi. » C'est trop. J'ai appelé mes potes, je leur ai dit « Je ne viens pas. » Voilà. Donc oui, il y a un équilibre, on le trouve et on le construit comme ça, en permanence. Et c'est ça qui fait que je suis bien, que je suis fier. Parce qu'en fait, je crois que la réussite, le fait que ça fonctionne, on va dire comme ça, c'est parce qu'on travaille à cet équilibre en permanence.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui ferait que tu serais fier, encore une fois, de tes enfants plus tard ?
- Speaker #1
Je suis déjà fier d'eux. Je suis déjà fier d'eux. Aujourd'hui, mon fils a 19 ans, ma fille a 17 ans. Je suis fier d'eux parce que j'ai réussi à leur transmettre les choses qui étaient importantes pour moi. Parfois, ils la respectent ou ils ne la respectent pas, mais ils la comprennent et elle a du sens pour eux. Et ils ont la leur, et ça, c'est une fierté pour un croyant, très clairement. Les valeurs qui sont les miennes, valeurs de respect, valeurs d'ouverture, mais des valeurs aussi solides, pas des valeurs à géométrie variable. On peut comprendre les autres sans être d'accord avec eux, sans les excuser. Et on peut ne pas être d'accord avec eux, ou ne pas faire ce qu'ils font, sans les condamner non plus, en comprenant comment... Voilà. Ça, c'est des valeurs qui sont importantes, que j'ai essayé de transmettre. Fier, parce que j'ai essayé de leur donner la liberté que je voulais avoir, d'expérimenter, et ils le font. Même s'ils n'expérimentent pas les choses comme moi j'aurais voulu, en tant que père, qu'ils le fassent, mais ça, c'est pas le problème. Voilà. Et ma plus grande fierté, finalement, c'est ça, c'est que ils se donnent le droit de se construire. Et ça, ça me rend fier d'eau.
- Speaker #0
Si tu devais mettre une pancarte gravée au-dessus de ta maison pour que les gens qui viennent ici comprennent tout de suite à quoi s'attendre, qu'est-ce que tu mettrais comme phrase dessus ?
- Speaker #1
Je serais presque obligé d'en mettre deux.
- Speaker #0
Tu peux. Elle est grande.
- Speaker #1
Parce que je suis à la fois totalement construit par mon identité d'être humain, mais en même temps, ma foi, elle fait tellement par nid-predante de ma vie qu'elle est indissociable. Mais je ne veux pas... Les deux sont liés, donc je ne voudrais pas en mettre une en avant plus qu'une autre. Donc déjà, première phrase, j'aurais envie de dire que... que cette maison est la maison de Dieu et que tous ceux qui y entrent puissent être bénis par la présence de Dieu. Ça, c'est ce qui me définit. Mais j'aurais aussi envie de dire bienvenue chez vous, parce que j'aime que ma maison soit vraiment une maison d'accueil et que les gens qui y viennent puissent se sentir chez eux, à leur place. Une place qui se construit, une place qui se trouve, une place qui... que ce soit mes amis ou des gens de passage qui s'inscrivent dans le respect des autres et du lieu, mais quand je dis à quelqu'un fais comme chez toi, je dis vraiment fais comme chez toi c'est pas une parole en l'air donc ce serait peut-être deux phrases comme ça, alors je les ai pas réfléchies elles changeront pas la face du monde mais ça me va qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ? et bien que que que ma vie continue d'évoluer en fonction des circonstances, mais toujours avec un équilibre. Je pense que ça serait bien,
- Speaker #0
ça. Moi, ça me va nickel. Un grand merci, en tout cas, Rémi.
- Speaker #1
C'était cool ?
- Speaker #0
Avec plaisir. T'as pris du plaisir ?
- Speaker #1
Ouais, vraiment, c'est fun. Parler de ce qu'on aime, franchement.
- Speaker #0
Un grand merci. Je remercie également le sponsor de cette vidéo. Pensez à vous abonner, c'est super important. Un grand merci également à Timothée, qui est derrière la caméra et qui m'accompagne sur tous les tournages. Et pour les autres, on se retrouve pour une prochaine émission. Ciao !