- Bryan Umana
Tu as cité des montants, que ce soit d'investissement, que ce soit de fonds. Par exemple, en disant qu'une caisse de pension, si elle investit 50 millions, il ne faut pas qu'elle détienne plus que la majorité. Donc, ce seraient des fonds de 500 millions, par exemple. Aujourd'hui, VI Partners, en termes de taille, je crois que j'avais vu 160, c'est possible ?
- Olivier Laplace
L'ensemble de nos actifs sous gestion, c'est plus d'un demi milliard. Et le dernier fonds, enfin plutôt l'avant-dernier fonds qu'on déploie, c'est plus de 100 millions de francs. Et le fonds actuel, c'est une cible. Notre objectif, c'est de lever 150 millions. Donc c'est les ordres de grandeur. Pour du venture capital suisse, c'est gros. Pour du venture capital européen, c'est médian. Et pour du venture capital américain, c'est petit.
- Bryan Umana
Et les Chinois ?
- Olivier Laplace
Et les Chinois, le problème des Chinois, c'est d'où vient l'argent. S'il vient du gouvernement, c'est impossible de savoir. Par contre, il faut comprendre qu'aujourd'hui, en venture capital, dans la logicielle... L'arbre qui cache la forêt, c'est OpenAI et Entropic, qui à elles seules ont levé 40% du venture capital mondial l'année dernière. Donc il y a une telle concentration aujourd'hui d'investissement sur deux sociétés que ça rend le système, moi ça me rappelle l'époque où j'étais en banque d'investissement en 2008, too big to fail. Qu'est-ce qui se passe si ça se passe mal pour Entropic et OpenAI ? Et potentiellement ça pourrait être dangereux. Mais c'est intéressant à observer et ça crée plein d'opportunités. Moi je suis persuadé que... On va finir par voir une commoditisation, c'est-à-dire un fondement des prix de ces modèles fondamentaux et que c'est les sociétés qui vont directement auprès du client, donc les uniques où Picterat se monte dans notre portefeuille, qui vendent directement à l'utilisateur final ces solutions de LLM en les packageant et en comprenant très très bien comment l'utilisateur final, qui est une entreprise de taille intermédiaire ou une grande entreprise, peut utiliser ces solutions et améliorer. Dans le cas de Pic Terra, c'est analyser des images de satellites pour comprendre l'ensemble de la chaîne fournisseur. de quelqu'un qui produit du café par exemple. Nespresso, il y a des clients, et Nespresso, ils ont 100 000 fermes indépendantes de café avec qui ils travaillent, pour avoir le café de la meilleure qualité possible. Comment est-ce que vous savez si ces gens appliquent ou non les règles de sustainabilité que vous leur imposez ? Il vous faut des images satellites, des images drones, aller chercher de façon automatisée, ça c'est le métier de Picterra, et ça résout un problème qui est fondamental, qui est très utile pour des très grandes entreprises.
- Bryan Umana
Donc taille de fonds, disons pour simplifier, 100 millions. Vous prenez 2% de frais annuels sur le fonds en question. Donc ça vous paye la maintenance annuellement ?
- Olivier Laplace
Ça paye nos frais. Ça paye l'ensemble de l'équipe, les gens qui nous aident, les avocats, le marketing, mais surtout... Le fait qu'on travaille à disposition des entrepreneurs.
- Bryan Umana
Mais vous générez un VC qui génère d'autres types de chiffres d'affaires ?
- Olivier Laplace
On n'a pas d'autres revenus.
- Bryan Umana
Vous n'avez pas d'autres revenus ?
- Olivier Laplace
On n'est pas censé. Certains VC peuvent... Peut-être commencent à faire d'autres choses, mais non, la plupart des VCs gagnent leur vie uniquement avec les frais. L'autre façon de très bien gagner sa vie, c'est si on génère la performance qu'on a promis, on prend 20% de la performance à partir d'un certain niveau. Mais c'est dans très longtemps. C'est des métiers où... On est très motivé par cette performance long terme et les revenus relativement court terme n'ont rien d'exceptionnel, surtout par rapport au pédigré des gens qui font le métier. Mais à long terme, si on est capable d'investir dans des sociétés incroyables qui réussissent très bien, qui font des introductions en bourse, etc., on peut potentiellement très bien gagner sa vie. Mais la partie que je trouve qui motive tous les jours quand on se lève le matin, ce n'est pas le carried interest comme on appelle ça dans 10 ans, c'est le fait d'aller bosser avec des entrepreneurs qui sont incroyables.
- Bryan Umana
Le soutien à l'économie suisse, c'est incroyable. Une toiture solaire peut générer beaucoup plus de valeur qu'on ne l'imagine. Avec Solarsplit, les propriétaires peuvent optimiser leur consommation d'énergie et valoriser leur surplus d'électricité grâce à une plateforme simple et centralisée. Donc rendez-vous sur solarsplit et téléchargez l'application.
- Olivier Laplace
Oui, le fait de transformer... c'était intéressant le jour où j'ai présenté Bring au comité d'investissement de savoir que l'ensemble du comité d'investissement était utilisateur et quand je suis allé hier rencontrer notre introducteur chez Nestlé qui est un investisseur de long terme dans notre fonds il savait très bien ce que faisait Pictera parce qu'il savait très bien que Pictera collaborait donc ça c'est absolument incroyable chez Unique quand je vais voir les gens chez Pictera, Julius Baer ou autres pour leur dire ce que vous voulez investir dans mon fonds je leur dis vous savez que l'intelligence artificielle que vous utilisez tous les jours elle est fourni par une des sociétés de notre portefeuille qui s'appelle Unique. Voilà, donc ça c'est effectivement, ça a un impact significatif local, et c'est une des raisons pour lesquelles j'ai trouvé plus intéressant pour moi, qui avais décidé de vraiment contribuer le plus possible à l'écosystème local, d'investir dans un fonds qui investit 60% en Suisse, à contribuer à l'avenir de mes enfants, et à créer les champions de demain dans la technologie et dans la santé, parce qu'on a besoin de créer les futurs Roche et Novartis, les futurs Logitech. Et c'est important de les financer. Et je suis beaucoup moins intéressé d'aller financer les nouvelles innovations américaines. Pas que ce ne soit pas intéressant, mais je trouve que pour pouvoir travailler main dans la main avec les entrepreneurs, c'est important de pouvoir les voir régulièrement.
- Bryan Umana
Je voulais juste revenir, parce que tu les as cités à nouveau, les anthropiques, les open AI, sur l'IA, parce que tu as écrit un post intéressant à propos de l'IA et du paradoxe de Jevons. Est-ce que tu peux expliquer, s'il te plaît, ce paradoxe ?
- Olivier Laplace
Ça, c'est mon ami Perrick, qui est entrepreneur, avec qui j'en ai discuté pas mal de fois. C'est ce... C'est ce concept très simple qui est de dire, beaucoup de gens ont très peur en se disant, on va avoir de l'intelligence artificielle, donc on n'aura plus d'emploi. Et en fait, pour simplifier le paradoxe en question, on dit, comme on a accès à l'intelligence artificielle et qu'elle n'est pas chère, on va se mettre à l'utiliser partout. Donc on va créer plein de nouveaux emplois. Quand le cloud est arrivé, il y a 12, 13, 14, 15 ans, j'avais fait un projet de consulting pour une grande société américaine. qui avaient très peur que le cloud fasse effondrer leurs revenus, parce qu'ils vendaient des serveurs qui étaient très chers, et que le cloud c'était des serveurs pas très chers. Et en réalité leurs revenus ont explosé parce que, oui c'était des serveurs moins chers, mais ils en ont vendu dix fois plus. Et le paradoxe en question, il a été étudié la première fois à partir du charbon, où beaucoup se sont dit, le charbon on va faire tourner des machines qui va donc produire un effondrement du besoin de produire et d'humains qui produisent. Et en réalité, on s'est rendu compte qu'on pouvait produire moins cher, donc on allait produire beaucoup plus. Donc il y a ce côté un petit peu anthropique, la nature horreur du vide. Si on crée ce besoin, on va l'utiliser encore plus. Et ce que j'illustrais avant, c'était que maintenant que tout le monde peut faire un petit logiciel en utilisant Cloud ou d'autres solutions, tout le monde se rend compte qu'il peut faire un logiciel. Donc c'est possible de digitaliser ce processus. Et donc ça va créer un appel d'air fantastique de gens qui n'avaient pas pensé avant. qu'ils auraient besoin d'une application pour un problème à Oubé et qu'ils vont vouloir le résoudre avec un vrai logiciel j'ai trouvé intéressant l'exemple
- Bryan Umana
qui m'avait Évidemment, l'exemple du charbon est parlant et on arrive bien à s'imaginer. C'était aussi l'électricité. Quand c'est arrivé, ça a remplacé nos bougies à la maison. Et puis, au final, tout le monde a commencé à utiliser l'électricité. Évidemment, les plus gros consommateurs, c'était les usines. Ça a changé tout cet écosystème. C'est ce que tu dis là. En fait, c'est pas parce qu'on a commencé à utiliser de l'électricité à la maison, par exemple, et que l'électricité est devenue meilleur marché, qu'on en a moins utilisé. A contrario, ça a explosé. Et puis bon, aujourd'hui, on a les problématiques qu'on a avec l'énergie et l'électricité.
- Olivier Laplace
De surconsommation, oui. Exactement. Mais c'est vrai que, si je prends un exemple, mon... Ma start-up était dans un incubateur dans le nord de la France, à Lille, qui s'appelle Eura Technologies, qui a été créée dans l'usine Leblanc-Lafont, qui était l'usine la plus innovante probablement de France à l'époque de sa construction, qui était la première usine électrifiée de la région. Et quand on a électrifié cette usine, c'était une innovation exceptionnelle à l'époque. Qu'est-ce qui s'est passé ? L'électricité arrivait à l'usine. Donc on a électrifié les maisons environnantes. On a électrifié l'ensemble de la ville. Donc en fait, on a permis de propager une innovation. À partir d'un petit innovateur qui était l'entrepreneur local qui s'était dit « Moi, je vais faire une usine électrifiée » et on a propagé l'électricité dans l'ensemble de la ville. Donc on a amélioré le niveau de vie de façon gigantesque. Et donc les LLM, c'est un peu la même chose aujourd'hui. On les utilise pour des tas d'applications d'entreprise. On les utilise vaguement. On a l'impression de faire des choses incroyables en organisant ses vacances avec Chagipiti. Mais on peut faire beaucoup plus de choses que ça.
- Bryan Umana
Bien sûr. Merci d'avoir écouté cet extrait et s'il t'a plu, n'hésite pas à aller regarder ou écouter l'épisode en entier. D'ailleurs, n'hésite pas à partager le podcast autour de toi. Ciao ciao !