- Mickaël
Bonjour et bienvenue, je suis Mickaël Salinière. Après avoir travaillé plus de 10 ans en banque, je me suis lancé dans l'entrepreneuriat pour créer une marque de boissons sans alcool. Partant de zéro, j'ai décidé d'aller à la rencontre des acteurs du secteur pour comprendre les défis qui m'attendent. C'est cette aventure que je vous invite à partager dans le podcast Business & Boissons. Au fil des épisodes, nous découvrirons des personnalités qui nous raconteront leur parcours, mais surtout qui viendront nous donner des clés pour appréhender au mieux l'univers de la boisson. Aujourd'hui... j'ai le plaisir d'accueillir un entrepreneur qui se présente comme un artisan caviste. Après une première partie de carrière dans la fonction publique, il a ouvert il y a deux ans une magnifique cave située dans le 13e arrondissement de Paris et dans laquelle il partage sa passion pour les belles bouteilles et plus généralement les beaux produits. Avec son franc-parler, il anime régulièrement les réseaux sociaux en n'hésitant pas à adopter un ton volontairement provocateur. C'est avec un grand plaisir que je reçois Olivier Bonafé, fondateur de la cave de Gavroche. Olivier, merci d'être avec nous aujourd'hui.
- Olivier
Merci à toi, merci de m'accueillir.
- Mickaël
Merci beaucoup Olivier, je suis ravi que tu sois là. Je t'ai découvert sur LinkedIn avec un post, tu étais assez provocateur sur le sans alcool et les boissons sans alcool. Et je suis ravi qu'on soit là aujourd'hui et qu'on puisse discuter aujourd'hui ensemble.
- Olivier
Ça fait plaisir, merci à toi de m'accueillir.
- Mickaël
Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour celles et ceux qui ne te connaissent pas ?
- Olivier
Oui, en quelques mots, comme tu as dit en introduction, moi je suis caviste, en entreprise. preneur voilà selon selon comment on voit les choses mais j'ai effectivement une cave à vin dans le 13e arrondissement qui s'appelle la cave de gavroche et en fait j'en ai une seconde également qui est situé dans le 20e arrondissement qui s'appelle le bateau ivre que j'ai ouvert celle ci avec un associé qui s'appelle sylvain qui est un associé et un ami ce qui n'est pas toujours une bonne idée mais là en l'occurrence une très bonne idée un très bon ami est un super associé et voilà Voilà, et moi je... Mon travail, c'est de commercialiser effectivement du vin, des spiritueux, des boissons avec ou sans alcool, même si je suis un peu taquin parfois sur LinkedIn. Et voilà, entrepreneur. Après, j'ai d'autres casquettes. Je fais pas mal de choses différentes. Je ne fais pas que ça. Je suis régulièrement consultant, rédacteur. Je fais de la formation également. Je fais pas mal de choses différentes. Je suis un peu un touche-à-tout. C'est quelque chose qui me définit en partie d'être un peu multicarte comme ça.
- Mickaël
Ok, c'est super parce que surtout dans l'entrepreneuriat, je pense que ce côté touche à tout, c'est un vrai point fort du coup.
- Olivier
C'est quelque chose qui est indispensable. En fait, pour moi, les entrepreneurs qui sont souvent les plus efficaces, c'est des gens qui sont excellents dans aucun domaine, mais qui sont bons dans beaucoup de domaines. Et moi, c'est un peu comme ça que je me définis. Je pense être bon dans pas mal de domaines différents, mais je n'excelle dans aucun. Sinon, je me serais peut-être spécialisé dans quelque chose. Mais c'est le côté multicarte, etc. Et de savoir déléguer aussi aux gens qui sont plus compétents que toi quand tu n'es pas compétent dans un domaine. Et forcément, on est incompétent dans certains domaines. Donc, on délègue, on s'entoure d'équipes, de gens qui travaillent avec nous.
- Mickaël
Top, ok. Tu sais que dans ce podcast, avant de commencer, moi, j'aime bien que les gens nous racontent un peu leur enfance, l'environnement dans lequel ils ont grandi. Mais toi, avant que tu nous racontes ça, j'ai une question à te poser. Est-ce que tu peux nous donner ta date de naissance, s'il te plaît ? T'es pas obligé de donner l'année, mais au moins le jour et le mois.
- Olivier
Je suis né le 10 avril 1986 à Paris, 14e arrondissement.
- Mickaël
Ok, super. Je suis né aussi le 10 avril.
- Olivier
Ok, d'accord.
- Mickaël
Donc voilà, en faisant quelques recherches, c'est ce que j'ai vu. Et je trouvais ça excellent de me rendre compte qu'on était nés le même jour.
- Olivier
Ça nous fait un beau point commun. J'en croise pas souvent. Ouais, moi non plus. Il y avait une chance sur 365.
- Mickaël
Je peux le dire, j'ai une soeur jumelle. Donc voilà, il y a au moins elle. Mais après, je ne connais pas beaucoup de gens qui sont nés le 10 avril. Donc on a ce point commun et j'espère que ça va se sentir dans le podcast en termes d'alchimie ou de lien.
- Olivier
Bélier du coup.
- Mickaël
Voilà, bélier. Tu crois un peu aussi New ?
- Olivier
Alors j'ai discuté de ça récemment avec quelqu'un qui est un ami à moi, qui est très rationnel et très terre à terre et qui pour autant croit vachement à ça et qui m'a dit qu'il fallait que je m'y intéresse. De base, moi je suis assez cartésien donc j'ai un peu du mal avec ça mais franchement il faut que je m'y intéresse parce que mon pote m'a beaucoup chauffé.
- Mickaël
Non, après sur les béliers, ce qu'on dit, c'est que quand on a une idée en tête, c'est difficile de nous faire changer d'avis. On a plutôt tendance à aller à fond au bout des choses.
- Olivier
Il semblerait que ça se vérifie un peu avec moi, visiblement. Bon, bah top ! Pas avec toi peut-être aussi. Oui, aussi,
- Mickaël
carrément. Donc ça nous fait un deuxième point commun. Est-ce que tu veux nous parler de ta jeunesse, de l'environnement dans lequel tu as grandi ?
- Olivier
Moi je suis ce qu'on appelle un titi parisien parce que je suis né à Paris, comme je disais juste avant, dans le 14e arrondissement. Et mes parents ont rapidement bougé, parce qu'on a un petit peu habité à Paris quand j'étais tout petit. Et après, on a bougé dans une banlieue populaire du sud de Paris, une ville qui s'appelle Issy-les-Moulineaux, qui est aujourd'hui plutôt une ville de classe moyenne, assez aisée, mais qui était à l'époque une ville en transformation. C'est une ancienne ville communiste, quand il y en avait beaucoup autour de Paris. Très ouvrière, en fait, ça, les gens ne le savent pas. Non, non, c'est pas... Voilà, la plaine d'ici, c'était... C'était beaucoup d'usines, d'industries, je pense qu'il y avait un peu de textile, il y avait des usines d'armement Gévelo qui ont connu leur âge d'or au cours du 19e et du début du 20e siècle et qui ont fermé à la fin du 19e siècle. Et moi j'habitais avec mes parents à je pense 200 mètres des usines d'armement Gévelo, pas très loin des usines Renault à Billancourt. qui était une des places fortes de la classe ouvrière francilienne et même française. Donc plutôt d'un milieu populaire, je le dis avec un peu de fierté quelque part, pas en soi, mais parce que moi je viens de ce milieu-là, et aujourd'hui je suis entrepreneur et j'essaie de monter des projets qui fonctionnent, tout en ayant un peu ces origines modestes. Voilà, papa machiniste, receveur à la RATP, maman secrétaire. mais qui m'ont donné une excellente éducation qui ne m'ont pas transmis de patrimoine financier immobilier ou quoi que ce soit mais qui m'ont par contre transmis quelque chose qui pour moi est beaucoup plus important qui est une bonne éducation ils m'ont fait lire des livres ils m'ont parlé beaucoup d'histoire de politique, de beaucoup de choses différentes et ça m'a mis du plomb dans la tête je pense et ça m'a beaucoup aidé pour la suite de ma vie parce qu'après moi j'ai pas emprunté Merci. le chemin classique. J'ai arrêté mes études juste après le bac, c'est un peu un miracle d'ailleurs si j'ai eu le bac, parce que j'ai arrêté d'aller en cours en première terminale, c'était terminé.
- Mickaël
Malgré l'éducation, tu parlais de tes parents.
- Olivier
Ouais, malgré l'éducation en fait, mais du coup c'est ça qui m'a aidé, c'est-à-dire que moi j'ai eu mon bac, comme j'ai dit, je ne sais par quel miracle, puisque j'avais une bonne culture générale qui m'avait été transmise, j'avais le ciboulot qui tournait à peu près droit et du coup j'ai J'ai réussi à avoir mon bac sans aller vraiment en cours à la fin. Et puis ensuite, j'ai fait vaguement un peu de fac pendant un mois ou deux. J'ai vite compris que ce n'était pas pour moi. Et du coup, j'ai arrêté. J'ai travaillé en fait, voilà, depuis 18 ans jusqu'à là maintenant, que j'ai 38 ans.
- Mickaël
Tu as commencé par quoi ?
- Olivier
Alors, j'ai commencé, j'ai mon tout premier emploi. C'était un emploi de... de manutentionnaire dans une usine qui s'appelle le Cernam, qui est à Porte de la Chapelle. En fait, je transbahutais des colis, le dictionnaire. Et comme tu vois, je ne suis pas le mec le plus balèze du monde. Donc c'était très dur. C'était pour tout début, pour subvenir à mes besoins et me faire un peu d'argent. Et puis après, j'ai été pendant une période dans le milieu de la musique. Moi, j'avais un petit groupe de musique. et puis j'ai rapidement... Je faisais des petites tournées, etc. Et puis je produisais un peu de concerts, mais plus pour le plaisir.
- Mickaël
Tu joues d'un instrument ?
- Olivier
Alors pas du tout. J'étais chanteur. Pas très bon chanteur, mais chanteur. Et en fait, après, j'ai rejoint une association d'éducation populaire dans laquelle je suis resté pendant dix ans. Donc j'ai beaucoup bossé dans les milieux d'éducation populaire, les colonies de vacances, le milieu socioculturel, etc. C'est fou. Voilà. J'ai été embauché là-bas, puis ça a duré dix ans. C'était une super expérience. J'ai rencontré beaucoup de gens formidables pendant cette expérience-là. Puis après, j'ai fait ma carrière un peu dans les milieux éducatifs, on va dire au sens large du terme, et jusqu'à arriver à des postes de directeur de service dans des collectivités territoriales, comme on dit dans le jargon, c'est-à-dire dans des mairies, pour ce qui me concerne. Et voilà, et donc là, j'ai appris... Tout ce qui était management, conduite de projet, conduite du changement, tout un tas de choses qui pour le coup sont très utiles ensuite dans ce qui concerne l'entrepreneuriat. Mais bon, sans vouloir aller dans trop loin dans les détails parce que ça ne va pas être forcément ultra intéressant je pense, mais en gros j'ai toujours eu ce côté un peu porteur de projet même si je n'étais pas entrepreneur, dynamique, j'ai toujours été un peu touche à tout et je me suis toujours très vite ennuyé. en restant au même endroit donc j'avais toujours besoin de faire des nouvelles choses, prendre des nouvelles responsabilités, avoir des nouvelles perspectives.
- Mickaël
Ouais c'est intéressant, c'est-à-dire qu'avant même d'être entrepreneur, Dans ta vie, dans ton évolution, dans ta carrière, t'avais déjà cette démarche un peu entrepreneuriale, ça ?
- Olivier
Ouais, ouais, bah en fait, même, ça j'en ai pas parlé, mais moi, pendant pas 18 ans, j'ai fondé une association de 1901 avec quelques copains à moi. On produisait des concerts, j'avais à peine 18 ans, mais on avait, alors, j'étais pas tout seul, j'avais des copains avec moi, mais j'étais le président, et j'étais celui qui impulsait, en quelque sorte, les projets. Donc j'avais déjà ce côté-là, de, voilà, volontaire, et envie de faire des choses, voilà, sans... trop savoir toujours par où prendre les choses, mais ça, ça fait partie du fait d'apprendre. Moi, j'ai toujours appris en faisant. Ça a toujours été mon truc. J'ai jamais appris dans des cours ou dans des formations particulières, parce que j'ai jamais fait d'études. Donc, en fait, j'ai appris en faisant ou en lisant des livres ou en écoutant des podcasts ou en regardant des vidéos sur YouTube. Bon, c'est pas... C'est plus trop ma génération. Enfin, je fais partie de la génération des gens qui ont grandi avec YouTube, mais... C'était beaucoup moins développé à l'époque, donc c'était plutôt lire des bouquins et rencontrer surtout les bonnes personnes. Bien sûr. Rencontrer les bonnes personnes qui t'aiguillent, qui te font grandir, qui te mettent un peu du plomb dans la tête pour apprendre à bien bosser. Et ça, j'en ai rencontré quelques-uns qui ont été un peu des gens, soit des gens que j'aurais pu considérer un peu comme des mentors ou des gens qui m'ont fait grandir dans mon approche professionnelle. Ça, c'est vraiment des choses qui m'ont servi.
- Mickaël
J'ai vu qu'en 2013, tu avais fait l'Association de l'Himalaya, c'est ça ?
- Olivier
Tu peux nous en parler. Oui, je ne suis pas allé faire l'Everest du coup, volontairement déjà à l'époque. Déjà parce que ça coûte très cher, parce que moi à l'époque c'était il y a 10 ans que j'étais dans l'Himalaya et ça coûtait déjà de mémoire à l'époque entre 25 et 30 000 euros pour une expédition, sans évidemment avoir aucune certitude d'arriver en haut. Et déjà la surpopulation sur le mont Everest était déjà connue, donc je n'ai pas fait ça. Mais je suis allé dans l'Himalaya qui est la chaîne de montagne. où il y a l'Everest, mais je suis allé faire un autre sommet qui s'appelle l'Island Peak, qui a son vrai nom népalais, c'est Imjatsé, et qui est un sommet qui est à peu près à 6500 mètres, un peu moins, dans l'Himalaya, ce qui est un gros défi déjà, mais où tu n'as pas du tout ce côté autoroute, et je l'ai fait de façon beaucoup plus autonome.
- Mickaël
Qu'est-ce qui t'a poussé à faire cette ascension ? Est-ce que toi, tu étais déjà amoureux de la randonnée ? Tu étais amoureux de la montagne ?
- Olivier
Non. Tu étais amoureux du défi sportif ? Qu'est-ce qui t'a motivé ? C'était plus le défi. C'était plus le défi. Moi, j'étais quelqu'un qui voyageait beaucoup à ce moment-là. J'ai fait d'ailleurs une année qu'on appelle sabbatique, où j'ai pris vraiment une année complète. J'ai travaillé comme un taré pendant deux ans pour mettre de l'argent de côté. j'avais genre j'avais un contrat à temps plein là où je bossais, mais j'avais quatre ou cinq employeurs supplémentaires, je prenais tout ce qui passait, je travaillais tellement que j'avais même plus le temps de dépenser mon argent, même si j'avais voulu, j'aurais pas pu. Et donc j'ai mis tout cet argent de côté, je suis allé voyager pendant un an, et j'ai fait pas mal de choses côté sportif. Mais moi c'est pas le sport en tant que tel, ça a toujours été un moyen, pas une fin en soi, tu vois. Donc je faisais de la pnée, je faisais de la plongée sous-marine, je faisais un peu de montagne, et j'avais un côté où j'aimais bien être en solo. Et en fait, je m'étais mis ce défi-là, qui a été le plus gros défi sportif de ma vie. En vérité, je ne suis pas sûr qu'il y en aura d'autres aussi intenses d'ici là. Parce que je l'ai fait en... Alors déjà, je suis allé au camp de base de l'Everest. Je ne suis pas allé en haut du mont Everest, mais je suis allé au camp de base en solo et sans porteur, sans guide. Donc ça déjà, c'était...
- Mickaël
Ça prend combien de temps ?
- Olivier
Ça prend, pour aller au camp de base, depuis le petit village de Loucla, qui est là où tu arrives, ça prend au moins une dizaine, douzaine de jours. Ça dépend de ton rythme.
- Mickaël
douzaine de jours.
- Olivier
Et tu marches tous les jours ? Et tu marches tous les jours, oui. Tu marches tous les jours entre 6... Alors, ce n'est pas tant une question de durée, mais qu'une question de dénivelé. D'accord. Et donc, j'ai fait ça. Et ensuite, ça, c'était super. J'étais vraiment avec moi-même. C'était génial. Alors, tu croises du monde. On ne va pas faire semblant. La vallée qui mène au camp de base de l'Everest, il y a du monde qui y passe. donc t'es jamais seul au monde Mais par contre, quand t'as pas de porteur et pas de guide, et ça j'ai vu personne qui était sans porteur et sans guide, parce que tous les occidentaux qui vont là-bas prennent au moins des porteurs, et pour certains des guides, moi c'était pas le cas, donc j'avais tout sur mon dos.
- Mickaël
Sans porteur, sans guide.
- Olivier
Ouais, sans porteur, sans guide. C'était dur, franchement c'était plus dur que ce que j'avais imaginé, donc j'ai un peu souffert, mais j'y suis allé parce que c'est beaucoup de mental. Et ensuite après j'ai rejoint un guide dans la montagne qui s'appelait Tundou, qui a été mon guide. pour aller en haut de l'Island Peak parce que pour le coup, tu ne vas pas seul. Ça, c'est vraiment de l'alpinisme. Donc,
- Mickaël
tu peux nous rappeler l'altitude ?
- Olivier
Ça fait, je crois, ça fait 6200 mètres, il me semble de mémoire. Et voilà, tu as la dernière partie de l'ascension. Tu es sur des parois de glace, tu es avec Crampon, tu joues marre, tout ce qu'il faut. Donc bref, tu ne vas pas tout seul. Et c'était super. J'étais avec un guide qui était formidable, qui était... Bon voilà ça, justement, Inokstag, le youtubeur, dans son reportage, il le dit, il a raison, rien ne se fait sans les Sherpas là-bas. C'est quelqu'un qui, en plus, c'est un peu triste, mais j'en parlais dans mon posting, je crois que c'est quelqu'un qui a perdu la vie, lui, durant une ascension sur la Madablam, qui est un autre sommet, donc quelques années plus tard, parce que moi je l'avais recontacté pour essayer de refaire un autre sommet avec lui, parce que j'avais adoré un peu la symbiose qu'il y avait. Et en fait, sa femme avait répondu qu'il était malheureusement décédé d'une chute de pierre. un séisme terrible au Népal il y a quelques années de ça, il a pris une chute de pierre. C'était quelqu'un qui avait fait neuf fois l'Everest, donc c'était un monstre physique. Ce n'est pas dans la carrière que ça se voit, mais vraiment dans la technique, la résistance, l'endurance, et jamais je ne serais arrivé en haut sans lui, donc c'est un petit hommage. Mais c'était formidable, et nous on était les seuls, il y avait d'autres expéditions qui partaient pour essayer de rejoindre le sommet, mais on a été les seuls à y arriver ce jour-là. en haut et donc j'étais tout seul en haut à 6200 mètres et j'avais la vue pas sur l'Everest parce qu'on voit pas l'Everest depuis l'Island Peak mais j'avais la vue sur le K2 par exemple qui a un autre sommet qui est mythique, qui est le deuxième plus haut sommet si je me trompe pas de l'Himalaya et voilà t'es seul au monde et c'est absolument incroyable et t'as craché tes poumons et t'as plus d'oxygène à ces attitudes là c'est vraiment compliqué et quand t'arrives là-haut bah t'es un peu dans un truc cathartique tu vois tu penses à ta famille, tu penses à la vie, tu te dis waouh c'est dingue Et c'est vrai que c'est dingue. C'est des défis sportifs que j'invite les gens à essayer de faire, parce que c'est super. Après, ça pose la question de la surfréquentation. C'est des questions à côté desquelles on ne peut pas aller. C'est vrai que ça a surgi au moment de la sortie du documentaire du YouTuber. C'est des vraies questions à se poser. Moi, je ne veux pas faire la morale aux gens, mais est-ce que c'est des manes financières aussi pour les Népalais ?
- Mickaël
Non, c'est vrai que c'est des questions qui reviennent souvent. En tout cas, félicitations. C'était incroyable je trouve de réaliser ce genre d'exploit. Et puis c'est bien aussi que tu rendes hommage au guide qui t'a accompagné ce jour-là et sans qui tu n'aurais pas pu aller au bout.
- Olivier
C'est sûr et certain.
- Mickaël
Est-ce que ça t'a apporté des choses pour la suite de ta vie tout simplement ?
- Olivier
Oui, c'est des genres de moments, je pense que chacun a des moments comme ça. Beaucoup de gens vivent un jour, ils se mettent un défi et puis ils y arrivent. Et ça te donne du plaisir, de la confiance, de la fierté parce que voilà, t'as tes proches, que t'as envie aussi de rendre fiers, tu leur montres que tu fais des choses qui sortent un peu de l'ordinaire. Mais même personnellement, c'est grisant parce que t'arrives à un endroit où y'a pas grand monde qui est allé au final. Et puis ça donne confiance. Après, c'est comme beaucoup de choses, c'est beaucoup dans la tête. Si t'arrives là-bas... que tu t'es mis 3 quittes par jour pendant 6 mois, ça ne va pas le faire. Mais ce n'est pas le premier sujet, je pense. Dans la tête, c'est extrêmement important.
- Mickaël
Donc il n'y a pas besoin d'être déjà un sportif à guérir ou quelqu'un qui a une pratique sportive régulière pour réaliser ce genre d'exploit,
- Olivier
tu penses ? Moi, ce n'était pas mon cas. Je n'ai jamais été quelqu'un qui a une pratique sportive. Je faisais du sport, mais plus comme un outil pour aller explorer un peu le monde, tu vois. Mais je n'avais pas une condition physique spéciale. Donc, bon, faut pas être... Voilà, faut avoir quand même une condition physique minimale, mais c'est beaucoup dans la tête et c'est dans la détermination, beaucoup. Et voilà, il faut être humble quand même pour savoir juger ce que tu vas peut-être être capable de faire ou pas. Et puis surtout, c'est des trucs où t'as pas l'assurance d'arriver en haut. Ouais. Qui concerne ça, mais voilà, c'est des choses qui m'ont servi. Ça m'a donné confiance en moi. D'accord. Il y a deux choses qui m'ont donné confiance en moi dans ma vie. D'une part, voilà, accomplir ce genre de choses. Et d'autre... par des gens aussi qui te disent mais voilà, t'es compétent pour ça, t'es fort pour faire ça, vas-y. Donc t'as des gens qui vont sur ton chemin, sur ton parcours, puisqu'on parle aussi un peu d'entrepreneuriat durant ce podcast, qui vont te donner confiance, une confiance que t'as pas forcément à la base.
- Mickaël
Je suis assez d'accord avec toi et on l'oublie parfois, mais c'est très important. Des fois, c'est quand tu vas rencontrer quelqu'un qui va te faire un retour, qui va t'encourager, qui va croire en toi, ça va permettre de prendre confiance en toi. Parce que c'est difficile de s'auto-juger, de savoir ce qu'on vaut, entre guillemets. Et finalement, c'est les retours des autres qui vont nous permettre de créer cette confiance et d'emmagasiner de la confiance pour après pouvoir réaliser nos projets.
- Olivier
C'est crucial, surtout quand tu viens d'un milieu où il n'y a pas forcément d'entrepreneurs. Moi, c'était mon cas. Où tu dois un peu tout bâtir tout seul, entre guillemets, de ce point de vue-là. C'est crucial. Donc moi, j'essaie un peu, à mon niveau, de redonner ça aussi avec les gens à qui je travaille, les salariés qui bossent avec moi. ou mes partenaires, moi je suis quelqu'un qui fait beaucoup de retours positifs alors je ne les fais pas pour faire plaisir aux gens, c'est quand je le pense mais je sais que moi ça m'a beaucoup servi dans ma vie donc j'essaie un peu de répercuter aussi ça, de refonctionner comme ça avec les gens qui m'entourent en leur disant quand je suis heureux, quand je suis content, satisfait c'est quelque chose qui est important.
- Mickaël
C'est vrai, parce que souvent, les retours, malheureusement, on a plus le réflexe de faire des retours négatifs ou constructifs, on va dire, mais c'est bien aussi, des fois, de simplement dire que c'est très bien. C'est très important.
- Olivier
Tu sais, moi, je prends toujours cette comparaison, je l'explique souvent aux gens avec qui je travaille. Les gens que tu respectes, en fait, dans ta vie, c'est pas les... J'allais dire, c'est pas les gens gentils, ni les gens méchants, d'ailleurs, parce que gentils, méchants, bon... C'est pas les gens sympas, c'est les gens justes en fait. Tu vois ? Et c'est comme les profs quand t'étais au collège ou au lycée. Les profs que tu respectais, c'était pas les profs gentils, ni les profs sévères. C'était les profs qui étaient juste avec toi. C'est-à-dire que c'est les profs qui, quand tu faisais de la merde, ils te disaient « tu fais de la merde, coco » . Et quand tu faisais quelque chose de bien, ils te félicitaient. Parce qu'en fait, on a besoin de repères. Encore plus quand on est adolescent ou enfant. mais même quand on est adulte on a besoin de repères pour se situer en fait Donc, en fait, les gens qui vont te faire grandir, pour moi, en tout cas, c'est ma vision des choses. C'est les gens qui te donnent des repères et les repères, c'est les retours. En fait, c'est bien, c'est pas bien. J'attends si plus ça, moins ça. Voilà, ça, c'est ultra important.
- Mickaël
Je suis totalement d'accord avec toi. En 2013, quand tu as fait cette ascension, est-ce que tu te voyais déjà devenir entrepreneur ?
- Olivier
En fait, je ne me voyais pas devenir entrepreneur, mais j'étais déjà un entrepreneur dans ma façon de fonctionner.
- Mickaël
C'est ce qu'on disait.
- Olivier
Donc, moi, l'entreprenariat, déjà, je veux dire un truc. L'entrepreneuriat, ce n'est pas une fin en soi. C'est vachement, voilà, c'est quelque chose qui est bien vu, entre guillemets. C'est un peu une espèce d'accomplissement. C'est comme ça que c'est présenté dans la société d'aujourd'hui, beaucoup. Et c'est un peu en opposition avec les gens qui sont salariés, tu vois. En vérité, on va se dire les choses franchement. Moi, je considère que ce n'est pas une fin en soi. Ça correspond à certaines personnes. Moi, par exemple, ça me correspond plutôt. Mais si ça se trouve, un jour, je redeviendrai salarié, tu vois. un jour j'en aurais marre d'avoir toutes les responsabilités qui m'incombent. et je voudrais avoir une vie un peu plus tranquille, qui sera peut-être un peu moins dynamique, mais ça me correspondra plus. Donc je trouve que ce n'est pas une fin en soi, mais effectivement ça correspond à certaines personnes, de par leur caractère, etc. Mais voilà, ça a des avantages et des inconvénients, comme d'autres. Et s'il y a des entrepreneurs, c'est qu'il y a des salariés. En fait, il n'y a pas d'entrepreneur sans salarié, à moins d'être auto-entrepreneur, etc. Mais je veux dire, même quand tu es auto-entrepreneur, tu ne travailles pas de façon isolée, c'est un statut juridique. Mais tu travailles toujours avec des gens autour de toi. Et tu as toujours des gens qui vont travailler au service de ton projet parce que tu les rémunères. Et voilà, donc moi, j'ai ce côté-là. Je ne veux pas enjoliver et exagérer ce que c'est que l'entrepreneuriat. C'est beau, ça fait plaisir quand on le met en œuvre. Mais il y a aussi des gens formidables qui ne sont pas entrepreneurs. Il y en a beaucoup. Donc voilà.
- Mickaël
Et comment tu es arrivé dans l'univers des vins, des spiritueux ?
- Olivier
Alors, moi je viens d'une famille, même si je suis né à Paris, ma famille, des deux côtés de ma mère et de mon père, on vient de régions qui sont portées sur le vin, des régions viticoles. Du côté de mon père, on vient de l'Hérault, dans le Languedoc, où notre famille, on a des ancêtres qui ont géré des caves coopératives, on a toujours eu des vignes, etc. qui ont été revendues au fur et à mesure du temps. Et du côté de ma mère... hum... Mon grand-père, par exemple, est né à Saumur, donc côté de la Vallée de la Loire. Donc voilà, une région très différente, mais où il y a aussi du vin. Et puis, ils ont vécu toute leur retraite à côté de Chinon. Donc ça, c'est pareil dans la Vallée de la Loire. Donc voilà, moi, j'ai toujours été petit. Je gambadais dans les vignes. J'avais les voisins de mes grands-parents étaient vignerons. Je me baladais dans les chais. Voilà, donc j'ai toujours été entouré de cet environnement-là. Mais en fait, finalement, j'ai commencé à boire du vin un peu sur le tard. Tu vois, je me suis... Pendant quelques temps, mon père était un peu désespéré parce que je ne buvais pas de vin. Lui, il adorait le vin. Un jour, j'ai commencé à boire du vin. J'ai toujours aimé tout ce qui était la culture de l'apéro. La convivialité, ça a toujours été mon truc. Depuis toujours, ça pour le coup. Je me suis vraiment intéressé sérieusement. C'est comme ça que j'ai passé quelques formations autour du vin. Un jour, je me suis dit que ça arrivait un peu à un moment où j'arrivais sur une... une fin de cycle dans une partie de ma carrière professionnelle, à savoir dans le milieu éducatif, dans les communes, etc. Et du coup, je me suis dit, c'est le moment, j'en ai assez de travailler pour d'autres gens. J'avais vécu quelques expériences qui m'avaient convaincu que j'avais fait mon temps et que les valeurs que je voulais porter, je n'arrivais pas à les faire résonner de là où j'étais, surtout sur les dernières années. de cette période-là professionnelle. Je me suis dit, au lieu de subir des choses qui ne correspondent pas à mes valeurs, je vais monter ma propre entreprise et je vais y mettre les valeurs que je veux mettre. Comme ça, je serai en accord.
- Mickaël
Est-ce que tu peux nous dire justement quelles sont les valeurs que tu as voulu mettre en place dans la cave ? Puisque finalement tu as monté une cave, mais tu aurais pu aussi faire d'autres choses dans le vin. Qu'est-ce qui t'anime profondément et qui fait que c'est une cave que tu as créée ?
- Olivier
Comme je t'ai dit, moi je suis assez attaché à la convivialité et au partage. C'est vrai que les caves à vin, tu as ce côté, c'est un peu l'image d'Epinal que les gens en ont. Tu vois, le côté un peu bonhomme, l'accueil un peu sympathique. Moi je voulais, voilà, être commerçant ça me plaisait. Et par ailleurs, j'ai une attache avec la gastronomie, avec le côté patrimonial français. Donc je voulais transmettre ça. Donc ça faisait sens entre le fait de vendre des produits qui sont considérés, que je considère en tout cas moi, comme des produits nobles, à la fois du côté du vin, mais aussi de l'épicerie fine, des spirituels, etc. qui sont des produits plaisir en fait. Et avoir ce contact public. Et puis monter effectivement ma boîte. C'est pour ça que j'ai coup sur coup monté deux caves à vin. Et voilà.
- Mickaël
Ok. J'ai eu la chance de venir à la cave de Gavroche. Et c'est vrai qu'en arrivant, j'étais vraiment impressionné par la déco, par l'univers que tu as créé. Est-ce que tu peux nous en parler et nous dire ce que tu as voulu, toi, créer et comment tu as imaginé ce lieu ?
- Olivier
En fait, tu vois, moi, en fait, je me dis, je pense à un peu comme quand tu vas au resto. Quand tu vas au restaurant. Tu peux avoir un super plat, mais si tu n'as pas un beau dressage, ça va te gâcher un peu l'expérience. Donc en fait, moi, quand j'ai monté la cave de Gavroche et ensuite le bateau ivre, j'avais en tête de faire un beau lieu, un lieu qui donne envie d'y rester, de discuter, d'avoir un beau cadre où il y ait de la place, où tu puisses kiffer la déco, regarder autour de toi et vraiment que ça soit un décorum un peu positif et qui te donne envie. Donc en fait, j'ai mis des moyens là-dedans. Ça fait partie, quand j'ai monté la cave, des postes de dépenses et d'investissements initiaux qui étaient importants, mais c'était indispensable pour moi. Donc je me suis entouré d'une architecte d'intérieur qui s'appelle Sophie Doda.
- Mickaël
Sophie Dauda-Lagorsque, je salue aujourd'hui, qui est quelqu'un avec qui j'ai travaillé plusieurs fois du coup, et qui est formidable parce qu'elle m'a accompagné, c'est donc une architecte, donc c'est avec elle que j'ai défini toute l'image, la décoration en tout cas, intérieure, etc. Et j'ai aussi bossé avec une équipe de graphistes, Margot et Guillaume, qui m'ont aussi accompagné. Et en fait j'ai fait ce que je te disais au début de podcast, c'est-à-dire que moi je ne suis pas architecte. Et je ne suis pas graphiste, donc en fait, je me suis entouré d'architectes et de graphistes que j'ai payés correctement, comme il faut, pour qu'ils bossent avec moi et qu'on bosse sur ce projet-là ensemble. Et qu'à la fin, les gens fassent comme t'as fait quand t'es rentré en disant « Waouh, c'est stylé, c'est beau, ça te donne envie » . Et voilà, moi, c'est vrai que c'est toujours un petit peu un problème quand je rentre dans les commerces et je vois des meubles IKEA ou des trucs un peu pérables et tout. Je trouve ça toujours dommage. Alors après, on n'a pas tous les mêmes moyens d'investir au départ, etc. donc c'est sans jugement mais c'est vrai que je trouve ça Voilà, je reste toujours sur ma faim quand je suis dans des lieux comme ça. J'aime bien quand c'est beau. Ouais,
- Olivier
moi aussi, j'aime beaucoup quand c'est beau. Et je trouve que justement, ça met en valeur ton commerce. Mais même pour les producteurs qui travaillent avec toi, je trouve que ça met en valeur les bouteilles.
- Mickaël
C'est clair.
- Olivier
Et Sophie, c'est quelqu'un qui était déjà dans l'univers des commerces ou elle vient d'un autre univers ?
- Mickaël
Pas trop, je pense que... Je ne sais pas, il faudrait que je lui demande. Mais je crois que j'étais quelqu'un qui a un peu fait la bascule pour elle. Parce qu'elle, elle faisait beaucoup d'appartements. Elle bossait pour des particuliers. elle faisait des des très belles décos d'intérieur. Et en fait, je pense qu'elle a commencé à se mettre un peu dans les commerces avec moi. Je faisais partie des premiers. Et voilà, moi, je lui ai cassé les pieds. J'ai été très exigeant avec elle, mais en même temps, c'est quelqu'un qui est très exigeant avec elle-même. Donc, ça a très bien matché entre nous. Et elle a une super équipe. Elle a des artisans excellents avec qui elle travaille. Donc, en fait, tout ça a bien fonctionné.
- Olivier
Elle a réussi à créer quelque chose de chaleureux. Et non, franchement, bravo. c'est une très belle réalisation Si tu nous écoutes, si ils ne connaissent pas encore, n'hésitez pas, tu peux ordonner l'adresse peut-être.
- Mickaël
Ouais, la cape de Guerroche, c'est 64 rue de la Glacière, c'est au métro Glacière dans le 13ème. Mais le mérite, moi je pense qu'il me revient un petit peu évidemment en tant que porteur de projet. Forcément. Mais quand t'as des artisans qui sont des… moi franchement c'était des tueurs les artisans que j'ai eus, mais c'est des genres d'artisans, tu sais que tout est possible en fait. Ok. ça va demander un peu plus de moyens, un peu plus de temps. Mais c'est des gens qui te disent, jamais c'est pas possible. Ils te disent, ouais c'est possible, on peut faire comme ça, comme ça. C'est formidable quand tu travailles avec des gens comme ça. Et elle, elle est comme ça aussi. La relation humaine dans ce moment-là, elle est capitale.
- Olivier
Je trouve que c'est super, surtout pour l'entrepreneur. On a une vision, on a des envies, on a presque des rêves. Et trouver une équipe qui arrive justement à mettre ça sur pied, à rendre ça réel, c'est incroyable.
- Mickaël
Quand t'as un partenaire qui merde, parce que t'en as, quand t'es en train de monter un projet, t'as toujours un partenaire, à un moment donné ça va pas. pas bien se passer ou en tout cas pas comme tu voudrais c'est énormément d'énergie de temps perdu donc il faut vraiment faire très attention et ça pour les gens qui écoutent et qui peut-être saisit hésite à se lancer un peu dans l'entreprenariat faut bien s'entourer et faut payer les gens correctement ça c'est important pour pas faire d'économies de bout de chandelle parce que quand tu fais des économies de bout de chandelle tu le paye à la fin en fait tu vois si tu prends ton cousin qui est vaguement graphiste ou le pote du pote parce que c'est plus facile et que t'as pas envie de faire du... tu as une étude de marché pour trouver ton architecte, tu risques, je n'ai pas dit que ça va forcément être comme ça, mais tu risques de tomber sur des gens, surtout si tu les sous-payes d'ailleurs.
- Olivier
Bien sûr.
- Mickaël
Si tu les sous-payes, tu n'auras jamais la même exigence que si tu payes les gens normalement ou si tu les payes bien en fait. Donc c'est vraiment très important de trouver des personnes. Et puis après, tu as d'autres partenaires, les agents immobiliers, les banques, tout un tas de gens un peu indispensables comme ça. Et pareil, il faut aussi trouver des gens qui sont... qui sont au niveau. Ce n'est pas toujours le cas.
- Olivier
C'est très important de savoir s'entourer, de réussir à bien s'entourer, mais ce n'est pas évident parce que tu le dis, effectivement, il faut payer les gens aussi à la juste valeur et comme ils le méritent. Mais ça emmène aussi sur un autre sujet qui est le sujet du budget, du financement. Quand tu entreprends, tu n'as pas forcément les moyens que tu voudrais au départ en tout cas. Et donc c'est ça aussi, réussir à faire les bons choix qui n'est pas toujours simple, je pense, pour les entrepreneurs.
- Mickaël
C'est sûr. Après, Voilà, on... Bon, je pense que moi, je suis parti avec pas grand chose, pour ne pas dire zéro, tu vois. J'ai juste que j'ai beaucoup travaillé, par contre. Je ne me suis jamais arrêté de travailler depuis que j'ai 18 ans. Je n'ai jamais été au chômage de ma vie. Mais voilà, ça m'a obligé à être un peu souple, travailleur, bosseur avec mes employeurs, parfois dans des conditions qui n'étaient pas forcément optimales, qui ne me plaisaient pas. Mais voilà, j'ai bossé, je n'ai pas dépensé mon argent de façon bête dans des conneries. J'ai mis de côté un max. Il y a des fois, j'ai eu des petits coups de pouce et tout, mais grosso modo, je n'ai pas eu grand-chose. Ça a été beaucoup à la force du poignet, on va dire. Mais voilà, et après, il faut aller voir les banques, les convaincre de ton projet, de prêter, etc. Ce n'est pas le moment le plus facile, surtout que les banquiers ne sont pas les partenaires qui font le plus rêver.
- Olivier
Il nous parle un peu sur moi qui est attention.
- Mickaël
Ouais, mais je sais très bien, on en avait déjà parlé, je t'avais dit. Non, non, mais c'est vrai que les banquiers, parfois, tu en as certains, tu te demandes quelle est la plus-value qu'ils apportent. Et il y a des fois, tu vois, parce que je ne veux citer personne et je ne veux cibler personne, mais... Mais moi, j'ai eu des expériences vraiment très pénibles avec des banques. J'en ai eu d'autres, j'ai eu des gens très compétents et ça a été un plaisir.
- Olivier
Je pense que l'interlocuteur qui est en face de toi, il est très important au final. Plus que l'enseigne, c'est souvent l'interlocuteur qui va faire la différence, à mon avis.
- Mickaël
C'est pas l'enseigne, l'enseigne, t'as des nuls et des excellents dans toutes les enseignes. Mais c'est l'interlocuteur. Mais la banque a un pouvoir d'empêchement extrêmement puissant. Pour une plus-value, alors la plus-value, elle existe, on te prête de l'argent. mais en fait... tu as des intérêts donc en fait c'est toi qui leur apporte de l'argent tu vois et pour autant il ya une capacité d'empêchement qui est très puissante donc c'est vrai que quand les gars en face ils sont pas compétents ça t'énerve un peu mais bon voilà tout le monde évidemment n'est pas dans ce cas là et puis j'ai rencontré aussi des gens super donc voilà faut savoir bien s'entourer le comptable aussi très important moi j'ai un très bon comptable voilà pareil il faut avoir un bon comptable qui te donne des bons conseils c'est extrêmement important on va là sur le côté partenaire je note en tout cas c'est très intéressant
- Olivier
C'est quoi pour toi être caviste ?
- Mickaël
Être caviste, c'est être le lien entre les producteurs et les clients. Nous, on est des détaillants, donc notre objectif, notre raison d'être, je pense, c'est de sélectionner des produits qui sont bons, qui sont qualitatifs, et être des passeurs d'histoire pour les clients, parce qu'on n'est pas juste des vendeurs. Tu vois, de produits un peu lambda, on essaie de raconter une histoire à nos clients. Au sens propre du terme comme au sens imagique du terme, on raconte une histoire en vendant des produits qui sont des produits nobles. Donc voilà, c'est un travail de sélection auprès des producteurs ou de leurs représentants. Et ensuite, d'expliquer et de transmettre ça à nos clients.
- Olivier
Et toi, souvent, tu te décris comme artisan caviste. Est-ce que tu... Le terme artisan, est-ce que tu lui apportes une signification particulière ?
- Mickaël
Ouais, artisan, c'est un peu un modèle qui est l'inverse de tout ce qui est chaîne et franchise, etc. Quand je dis artisan, c'est qu'on fait tout nous-mêmes, en fait. C'est-à-dire que nous, on n'a pas de centrale d'achat, on n'a pas de gamme qui nous est imposée. Quand on ouvre notre commerce, on n'est pas un franchisé, donc on ne va pas avoir les architectes de... de la marque qui vont venir t'imposer quoi que ce soit. Nous, on fait tout de A à Z. Les personnes qui font la sélection sont les personnes qui vendent les produits. Et voilà, on est vraiment des artisans. On est un peu comme les producteurs qu'on représente. Parce que, par exemple, dans le vin, c'est un peu pareil. Tu as des producteurs qui sont des artisans et puis tu as des producteurs qui vont être plutôt dans une démarche industrielle, y compris dans le vin. Quand tu vas dans un supermarché, 98% des produits qui sont là, Ce sont des produits qui sont des produits industriels en fait, que ce soit pour le vin ou pour le reste d'ailleurs, la nourriture en général.
- Olivier
De toute façon il y a un sujet volume en supermarché qui fait que forcément il faut être dans une démarche industrielle.
- Mickaël
Exactement, c'est-à-dire que c'est même pas forcément un jugement en soi. Alors moi j'ai un jugement là-dessus parce que je considère que les produits dans les grandes surfaces sont globalement des produits de piètre qualité en général. Mais le modèle suppose ça, c'est-à-dire qu'effectivement tu dois avoir une distribution industrielle donc tu as forcément une production. qui doit répondre aux besoins de la distribution industrielle, donc forcément une production industrielle. Tu ne peux pas être un petit artisan qui est distribué dans les grandes surfaces, ça n'existe pas. Donc voilà, nous on est un peu... Comme on me dit quand je provoque un peu sur LinkedIn, en rigolant et je rigole en disant ça, il y a de la place pour tout le monde et de toute façon tu ne pourras pas nourrir la France avec une production artisanale. Donc il faut forcément du volume et ce que ça implique. Mais moi, je fais le choix, en tout cas, par exemple, pour ce qui me concerne. Moi, tout ce qui est produit issu des animaux, viande, poisson, oeufs, fromage, etc. Au maximum, j'essaie d'acheter ça chez les producteurs indépendants. Pas uniquement pour une question politique et éthique, mais aussi pour une question de qualité. Et de plaisir, en fait.
- Olivier
Est-ce que tu goûtes tous les produits qui rentrent dans ta cave ?
- Mickaël
Ouais, je pense que j'ai goûté quasiment tous les produits qui sont dans la cave. Si jamais certains, je ne les ai pas goûtés, c'est parce que c'est des producteurs avec qui je travaille déjà, ils font une nouvelle cuvée, je les connais, je sais que ça va être bien, et puis je finirai de toute façon par les goûter un jour. D'accord. Si on fait correctement le boulot de caviste, on goûte tout. Alors, quand je dis on goûte tout, je vais rassurer les gens qui nous écoutent, on ne boit pas tout, parce que sinon on finit alcoolique.
- Olivier
T'as raison parce que t'as combien de références ?
- Mickaël
Je pense que je dois avoir Un truc genre 700 références de vin sur chaque cave. Et je ne travaille pas seul, comme tu disais, j'ai une équipe. J'ai d'abord mon associé Sylvain sur une des deux caves, qui évidemment est indispensable au bon fonctionnement de la deuxième cave, puisqu'il s'en est le gérant en fait, en vérité. Et après j'ai une équipe qui travaille avec moi, qui est salariée, mais qui participe à la dégustation, qui participe au maximum, on les fait participer à la sélection des produits. plein de raisons, déjà pour se les approprier, les connaître. Et puis ensuite, parce que c'est aussi un plaisir, tu vois, de sélectionner, de donner son avis. Puis moi, je m'appuie aussi sur leur avis. C'est moi qui décide à la fin, mais c'est toujours intéressant d'avoir les avis autres. Bien sûr, bien sûr. Mon propre avis, quoi.
- Olivier
Donc effectivement, tu arrives quand même à goûter un maximum de produits avant de les rentrer.
- Mickaël
C'est obligatoire, ça c'est le travail de caviste. Il y a plein de cavistes qui ne le font pas, on ne va pas se mentir. Surtout dans les chaînes où en fait c'est même pas forcément une question de volonté mais c'est une question de possibilité parce que quand tu es dans des chaînes de cavistes... Alors il y a certaines chaînes qui vraiment mettent de l'énergie à faire en sorte que leurs salariés goûtent, je le sais parce que j'observe un peu, y compris sur LinkedIn, les actualités des différentes chaînes. Mais c'est des modèles où c'est beaucoup plus difficile parce qu'il y a des centrales d'achat, donc tu as des gens qui vont sélectionner, présélectionner et après ils essayent de renvoyer ça vers leurs équipes mais il y a aussi des chaînes qui ne le font quasiment pas. Donc nous, on goûte tout. Ça veut dire que tu viens chez nous, quand tu nous demandes un truc avec tel profil, on est en mesure de te le dire parce qu'on a goûté et on sait à quoi ça ressemble.
- Olivier
Et c'est quoi les critères pour sélectionner les produits que tu choisis d'intégrer à ta cave ?
- Mickaël
C'est que ça soit du bon vin, pour ce qui concerne le vin, et des bons produits. Donc tu vas me dire que c'est un peu abstrait. Moi, quand je goûte, je ne sélectionne pas déjà que des trucs que j'aime moi parce qu'il ya des choses que donc je suis pas forcément clients à la base mais où je sais qu'il ya des gens en fait on doit être capable de déceler ce qui est bon même si c'est pas forcément nos goûts personnels d'accord ok c'est pas évident ça non c'est pas évident mais voilà ça fait partie du boulot il faut par exemple je sais pas moi il ya certains spiritueux où je suis pas forcément ultra fan mais pour autant il faut que je sois en mesure de voir si c'est bon moi par exemple je suis pas un très grand fan de jean Mais il faut que je sois capable de goûter des jeans et de voir si c'est bon. Et en fait, là où je sais que c'est bon, c'est quand je me dis « Hum, c'est pas si mal que ça, finalement, le jean, tu vois ? » Et c'est là où je me dis « Voilà, c'est qualitatif. »
- Olivier
Il y a quelqu'un d'intéressant qui se crée.
- Mickaël
Mais en fait, il faut beaucoup se faire confiance. Il faut s'écouter. Il faut être aussi humble, écouter les gens qui t'entourent. Mais il faut aussi se demander une question simple. Est-ce que ça me plaît ? Est-ce que je prends du plaisir en goûtant ça ? Est-ce que je trouve ça vibrant, tu vois, quand je goûte le truc ?
- Olivier
C'est vraiment la saveur en termes de goût ou tu fais aussi attention à l'histoire, au packaging, aux...
- Mickaël
Je fais attention à tout.
- Olivier
...de fabrication peut-être ?
- Mickaël
Je fais attention à tout parce qu'en fait t'as des milliers de vignerons en France, donc il y a l'embarras du choix. Nous on a 800 références pour des milliers, des dizaines de milliers de vignerons, donc on tente de te dire qu'on a le choix. Donc en fait on regarde tout, moi je vais regarder en premier ce qu'il y a dans la bouteille, parce que ce qu'il y a dans la bouteille n'est pas bon, bah je le prendrai pas. En tout cas si c'est pas ce que j'appelle moi être au niveau de son prix C'est à dire En fait, nous, notre boulot, c'est que le vin, il vaille, il vale le prix auquel on va le vendre. Et si possible, le vrai défi, c'est de trouver des choses qu'on peut vendre à un prix où qualitativement, tu te dis, ça pourrait être vendu un peu plus cher parce que c'est vraiment très bon. Mais après, il y a le produit à l'intérieur et après, il y a toute l'histoire. C'est l'histoire au sens large, c'est-à-dire l'image, l'étiquette, parce que les gens qui te disent qu'ils ne font pas gaffe aux étiquettes, 90% des gens qui te disent ça, c'est de la démagogie. Tu fais toujours attention. Comme le dressage de restaurant.
- Olivier
Quand tu regardes,
- Mickaël
si tu arrives dans un gastronomie et qu'on te sert une espèce de vieille purée dégueu dans une assiette, mal dressée, ta nappe est tachée, ton verre, il y a des traces de doigts, tu ne vas pas apprécier comme tu apprécierais si tout était nickel. Donc là, c'est pareil. Et ensuite, l'histoire. L'histoire, effectivement, on adore. Par exemple, il y a un truc que j'adore. Moi, c'est bosser avec des tout petits vignerons. Je sais que la bouteille, il y en a eu 2000 qui ont été sortis dans l'année. Je dis ça aux clients, forcément, ils kiffent. parce qu'ils se disent « je bois un truc qui est quasi unique » . Et après, tu as aussi des gens qui produisent beaucoup plus, qui sont des domaines plus importants, mais qui pour autant font attention à comment ils bossent, bossent de façon respectueuse de la nature, la plus respectueuse possible, parfois souvent même labellisée, biologique ou avec d'autres particularités. Nous, on fait très attention à ça. Et voilà, on ne veut pas faire la morale parce que moi, en plus, je suis un citadin et je n'aime pas du tout le côté un peu bobo moralisateur des paysans. Je ne suis pas super à l'aise avec ça. Donc, j'essaie aussi de comprendre les réalités dans lesquelles se trouvent les gens qui produisent ce qu'on mange. Mais voilà, j'écoute beaucoup. Quand je me déplace, je me déplace beaucoup dans les vignes, voir les vignerons, etc. Je passe beaucoup de temps à les écouter. Je passe peu de temps à parler, contrairement à maintenant.
- Olivier
Mais là, tu es là pour ça aujourd'hui.
- Mickaël
Voilà, là, je suis là pour ça. Mais sinon, je passe beaucoup de temps à écouter les vignerons. comprendre leur histoire, leur réalité, leurs problématiques, leurs spécificités de production, etc. C'est quelque chose qui me passionne.
- Olivier
C'est quoi pour toi une bonne bouteille ?
- Mickaël
Une bonne bouteille, c'est une bouteille, ça va faire un peu le lien avec ce qu'on disait avant, c'est une bouteille qui va me faire vibrer quand je vais boire le truc, où je vais prendre plaisir gustativement et où je vais penser à tout ce qui a amené ce vin dans mon verre. ou ce spiritueux d'ailleurs, là par exemple pour les rhum et tout, tu peux avoir des histoires, ou les whisky, des histoires incroyables, et où je vais pouvoir me dire, bah voilà en fait ça a été produit à tel endroit, il y a telle histoire, le vigneron il est là depuis tant de temps, il bosse de telle manière, et ce que je bois me fait vibrer, me procure du plaisir, au-delà de la question gustative. Voilà, une bonne bouteille c'est ça. C'est bon dans la bouteille, c'est joli... extérieurement il y a une histoire qui l'accompagne.
- Olivier
Et souvent j'ai l'impression que chez les cavistes, c'est souvent justement des très belles bouteilles, des bonnes bouteilles, est-ce que malgré tout tu arrives à rester accessible, pour que tout le monde puisse faire le choix de venir chercher une bouteille chez toi ?
- Mickaël
Ah ben tu dois être accessible, tu dois être accessible, ça c'est je pense une erreur que font certains commerçants, c'est de, surtout dans les commerces de bouche, c'est en fait de, par exemple pour les cavistes, moi les cavistes qui zappent, le créneau entre 8, 9 euros et 15 euros, c'est une erreur. Je pense déjà parce qu'on se met dans un positionnement... Après, chacun fait comme il veut. C'est un placement, c'est un choix d'entreprise. Mais je trouve ça dommage de réserver ça à des gens qui soient le réserve pour leur moment uniquement festif de fête, soit en se coupant d'une partie de la population qui n'a pas des moyens énormes. Surtout dans une période où le vin est de moins en moins consommé, parce que la réalité de l'industrie du vin, c'est ça. Alors, on boit moins, mais on boit mieux, c'est ce qu'on dit. Mais il y a quand même une déconsommation. Donc, en fait, il faut garder les gens, y compris les gens qui ont peu de moyens. Et moi, je pense à tous les gens qui sont soit étudiants, qui n'ont pas beaucoup d'argent, soit des gens qui n'ont pas énormément de moyens, mais qui ont envie de boire des bonnes bouteilles et de se faire plaisir. Donc, moi, par exemple, je fais en sorte de garder toujours cette tranche-là entre 9, 8, 9 euros, tu vois, et 15 euros vivantes. On a beaucoup de références. Je pense qu'on doit avoir 150 références dans ces prix-là, tu vois.
- Olivier
Ok, donc il ne fait que ça. Ça permet à beaucoup de personnes de pouvoir venir et trouver une bouteille.
- Mickaël
Ouais, même les gens qui ont du pognon, ils n'ont pas envie de claquer 25, 30 euros par bouteille à chaque fois qu'ils vont chez le Cavis.
- Olivier
Et t'as aussi des bouteilles d'exception, justement ?
- Mickaël
Ouais, nous, on a tout. On a les petits prix et des bouteilles qui vont valoir plusieurs centaines d'euros. On fait un peu de tout. Mais en fait, ce qui nous fait vivre, ce n'est pas la bouteille qui fait 300 euros. Ce qui nous fait vivre, c'est la bouteille qui fait 15 euros achetée 60 fois.
- Olivier
Bien sûr. Qui sont tes clients, justement ? Est-ce que c'est les voisins du quartier ? Est-ce qu'il y a des gens qui se déplacent de plus loin ?
- Mickaël
Oui, c'est des voisins. Nous, on est dans une approche assez quartier, assez locale. On n'est pas une cave qui a la réputation ou l'offre qui ferait bouger les gens de l'autre bout de Paris. Alors ponctuellement, je sais qu'il y a des fois, ça arrive, des gens qui bougent d'un peu loin parce qu'ils voient un peu comment on est noté sur Google, ils voient un peu les commentaires, etc. Donc ils se disent, ça vaut le coup quand même que je me déplace. J'en ai encore eu un, tu vois, lundi, qui est venu, qui a fait... pas mal de chemin pour venir, mais c'est quand même beaucoup de notre clientèle locale qui sont nos clients, qui pour certains deviennent nos amis, les familles. Pour ce qui est de la Carte de Gavroche, c'est plutôt familial, c'est vraiment ultra local. Pour le bateau ivre, ça va être plus des jeunes, un peu d'étudiants, un peu de jeunes actifs, un peu bobos. Peut-être que le bateau joue aussi. Peut-être que le bateau joue. Mais voilà, c'est des publics un peu différents, mais toujours avec cette rame quand même qui est... commune d'avoir une approche très locale en fait.
- Olivier
Merci en tout cas pour cette présentation. Si on évoque le marché de la boisson, tu avais lancé un débat justement il y a quelques mois sur LinkedIn, tu tapais sur le sans-alcool. Est-ce que tu es vraiment contre le sans-alcool ?
- Mickaël
Alors je n'ai pas tapé sur le sans-alcool.
- Olivier
C'est volontairement provocateur.
- Mickaël
Ouais, je vois que tu fais de la provocation sur ma provocation. Je n'ai pas tapé sur le sans-alcool. Alors je me rappelle plus exactement de ce que j'ai mis, parce que ça date un petit peu, mais je sais que ça avait fait la polémique, et qu'il y avait pas mal de gens qui avaient démarqué et tout pour discuter de ça. Je disais pas ça, je disais moi... que j'ai un problème avec le côté hygiéniste et un peu moralisateur qui peut parfois accompagner le sans-alcool. Ce qui n'est pas la même chose, parce que d'ailleurs, je te ferai remarquer, comme tu le sais, vu que tu es venu à la boutique, que j'ai une sélection de sans-alcool qui est assez étendue. Je pense que je dois probablement faire partie des cavistes à Paris qui ont le plus de sans-alcool, au-delà des caves qui sont 100% sans-alcool, tu vois. Donc je ne suis pas du tout contre le sans-alcool et au contraire, je suis favorable à ce que... Moi, je suis un passeur d'apéro, tu vois, je suis là pour que les gens viennent. Et qu'ils se fassent plaisir, qu'ils achètent des boissons ou des tapas ou des trucs d'apéro qu'ils vont kiffer quand ils vont être avec leurs amis le soir. Donc si ça doit passer par le sans-alcool, ça passe par le sans-alcool. Moi ce que je disais, c'est juste que tu as un côté un peu moralisateur et hygiéniste qui accompagne le sans-alcool, qui m'a dérangé. Pour te donner un exemple, par exemple, tu as pas mal de caves sans-alcool qui se montent régulièrement, partout en France en ce moment, c'est un peu la mode. Et souvent, t'as un côté marketing, mais je crois qu'on en avait parlé, je sais plus si on en avait parlé quand on s'était rencontrés la première fois, mais t'as un côté marketing qui accompagne un peu tout ça, où en gros, les gars, pour certains d'entre eux, ils te disent « bon moi je suis un ancien alcoolo, et c'est pour ça maintenant je fais du sans-alcool » . Mais tu vois, ça sous-tend des choses, c'est-à-dire que ça sous-tend que l'alcool puisse mener à l'alcoolisme, personne ne le niera. Mais il y a aussi une grande partie des gens, je m'étais amusé à regarder les chiffres... C'était des chiffres, je ne sais plus les chiffres de qui d'ailleurs, mais c'était des chiffres officiels qui disaient qu'il y avait 77% des gens qui ne buvaient pas, c'est l'OMS je crois, des chiffres de l'OMS qui disaient que 77% des gens ne dépassaient pas ce qui était une consommation non problématique, normalement je ne sais plus quel était le terme qu'ils utilisaient. Mais voilà, t'as plein de gens qui ont eu une consommation heureuse, et par ailleurs, moi je suis, et ça c'est quelque chose sur lequel je suis clair là-dessus, Je me méfie beaucoup, pour ne pas dire que j'ai un problème avec les gens qui pensent avoir trouvé un truc génial que n'avaient pas trouvé des dizaines de générations avant eux. Tu vois ce que je veux dire ? Moi, les gens qui bazardent l'héritage et la tradition, je fais toujours attention, ça me fait tiquer. Donc, les romains disaient « in vino veritas » . « In vino veritas » , donc dans le vin, la vérité. Mais en fait, c'était quoi ? Ça voulait dire qu'en fait, le vin et les boissons alcoolisées, c'est partagé partout dans le monde. Bien sûr. Partout dans le monde, y compris par exemple dans les pays musulmans, t'avais des traces, pour ceux qui font le choix, ne boivent pas d'alcool, t'avais des traces de vin. Au Maroc, t'as des vignes. L'homme a toujours produit de la boisson fermentée. que des milliers d'années d'histoire et de générations qui nous ont précédés, qu'on se dise « ouais, en fait, c'est pas bien, en fait, nous, on a compris la vérité dans le sens d'alcool » , c'est ça qui me dérange. Je dis pas que c'est forcément le discours recta qui est servi par les gens, mais t'as ce petit bruit, voilà. Moi, j'encourage les gens à boire avec modération, avec parcimonie, mais boire bien et venir nous voir si possible, on leur vendra des belles bouteilles. Et après, par contre, tu as ce qui s'appelle l'alcoolisme, et ça, pour le coup, c'est une maladie, et ça, on n'est pas tous égaux par rapport à ça. Et évidemment, quand tu es dans des situations comme ça, c'est triste, c'est malheureux, et surtout, il faut essayer de faire en sorte de lutter contre ça, par des campagnes de prévention, etc. Et ça, il n'y a pas de problème par rapport à ça. Bien sûr.
- Olivier
Moi, je pense que tu as raison, il ne faut pas opposer forcément l'alcool et le sans-alcool, bien au contraire. Je pense que l'alcool, avec modération, c'est très bien, et ça peut être très bien pour certains. après je trouve ça quand même intéressant aujourd'hui qu'il puisse y avoir une offre qui se multiplie dans le sens d'alcool Parce que le plus important, ce n'est pas alcool ou sans alcool. Je pense que c'est le moment qu'on partage. Et c'est ça qui est important, c'est de continuer à partager des moments de festivité, des moments où on peut se rassembler, on peut échanger autour d'un verre. Et après, s'il y a avec alcool ou sans alcool, chacun puisse faire son choix, mais que tout le monde puisse avoir accès à une offre de qualité. Et pour moi, c'est ça le plus important.
- Mickaël
C'est ça l'intérêt du développement aujourd'hui du sans alcool, c'est de produire. Alors il y a un peu à boire à manger vu que c'est un peu un business qui se développe, donc tu as des trucs plus ou moins bons, plus ou moins pertinents. Mais l'intérêt c'est que nous on a un public pour le sans alcool. Tu vois on va avoir quelqu'un qui pour des questions de santé ralentit l'alcool ou l'arrête, tu vas avoir des gens qui pour des questions éthiques, religieuses, ne veulent pas boire de l'alcool, tu vas avoir des femmes enceintes, tu vas avoir simplement des gens qui veulent réserver. l'alcool au week-end et en semaine. Donc il n'y a pas de problème, il y a un public pour ça et c'est très bien. Et c'est bien qu'on se tape autre chose que le vieux soda, ou le jus de fruits classiques, et d'avoir des choses un peu créatives. Ça, ça fait plaisir.
- Olivier
Tu disais justement que tu avais même augmenté tes références, je crois, dans le sans-alcool, dans ta cave. Est-ce que tu penses que tu seras encore amené à faire augmenter tes références de sans-alcool ? Tu dis qu'il y a moins de consommation de vin. Parallèlement à ça, on voit quand même qu'il y a une consommation de boissons pour adultes sans alcool qui augmente. Comment tu vois cette évolution au sein de ta cave, au sein de ta sélection ? Est-ce que tu veux aussi en tenir compte ?
- Mickaël
Ouais, moi j'avais un rayon sans alcool au tout début, quand j'ai ouvert il y a trois ans, qui était très très très restreinte et qui se résumait justement à des trucs un peu basiques. Et après j'ai fini par le développer par la force des choses, parce qu'en fait on m'en demandait pas mal, on m'en demandait pas mal de vin sans alcool aussi. On dit vin sans alcool, mais ça n'existe pas vraiment, c'est du vin désalcoolisé. Mais du coup, j'ai élargi la gamme et en fait, ça m'a permis aussi de découvrir plein de choses super qui se faisaient. Peut-être que demain, on augmentera encore. Moi, je ne sais pas. Tu sais, c'est les gens qui, à un moment donné, en nous demandant... nous font un peu nous poser la question à un moment donné donc on verra ce que le futur nous réserve après moi je suis un peu dubitatif sur le vin sans alcool parce que malheureusement quand tu désalcoolise du vin battu lui fait perdre sa structure et cette structure que tu perds tu dois la récupérer d'une autre manière donc le problème c'est qu'aujourd'hui on crée en fait des produits qui sont très artificiel et beaucoup de saloperies à l'intérieur en vérité Donc, et du vin sans alcool, moi j'en ai, on me le demande, donc forcément j'en ai. Mais si les gens me demandent mon avis, je leur dis franchement, pourquoi ne pas partir sur des vraies boissons sans alcool, plutôt que sur des ersatz, un peu artificiels qu'on a recréés. Je ne sais pas, je n'ai pas d'avis tranché, mais je pense que je suis un peu plus séduit par tes boissons un peu botaniques, un peu créatives, à base de fruits, de légumes, qui vont être quelque chose de nouveau.
- Olivier
Bien sûr.
- Mickaël
Plutôt que des copies où on a enlevé de l'alcool. Enfin, moi, vin sans alcool, ça n'a pas de sens pour moi. Du vin, c'est avec alcool. Mais voilà, après, c'est des débats. Et en fait, ce qui va trancher, c'est les clients.
- Olivier
C'est les consommateurs.
- Mickaël
Les consommateurs, ils vont trancher. À un moment donné, ils vont faire leur choix. Mais voilà.
- Olivier
Après, en prenant un vin sans alcool, il y a ce côté, la référence. On sait qu'on veut un vin, c'est à peu près l'usage. Qu'est-ce qu'on va en faire ? Peut-être que ça rassure aussi des fois les gens de se dire je buvais du vin là, je veux soirée dure ou soirée témoin consommation d'alcool. Oui,
- Mickaël
bien sûr.
- Olivier
Je reprends du vin à la place. mais effectivement il y a peut-être d'autres choses à découvrir et je pense que le sans alcool il ouvre aussi sur ces possibilités là là tu vois.
- Mickaël
Ouais mais c'est un marché nouveau le vin désalcoolisé et il y a plein de trucs dégueux quoi franchement on va te dire des trucs franchement moi j'en ai goûté plein, t'as plein de trucs c'est atroce et t'as certains trucs qui se défendent mieux que d'autres par exemple le vin blanc en général ça boxe un peu mieux que le vin rouge, le vin rouge désalcoolisé c'est compliqué tu vois donc les vins blancs pétillants et les vins blancs tranquilles qu'on appelle donc les vins blancs classiques en général ça se défend mieux mais moi j'ai goûté plein de merde tu vois les trucs franchement tu me fais pas boire ça donc voilà faut vachement faire le tri ça prend beaucoup de temps c'est un business qui est en construction. Donc voilà, on regardera. Moi, je suis curieux de voir ce que ça donnera les vins désalcoolisés dans cinq ans. Et en même temps, ça pose aussi une question. C'est souvent un débat qui agite justement les réseaux sociaux. Sur LinkedIn, ça repart régulièrement dans les gens qui sont un peu influents dans le milieu du vin. c'est qu'est-ce qu'on fait aussi du surplus de vin qu'on a dans certaines régions et de la production qu'on ne vend pas. Il y a certaines régions aujourd'hui comme Bordeaux par exemple qui se retrouvent avec des hectolitres et des hectolitres à ne pas savoir quoi faire. Donc est-ce que ça peut être un débouché pour ça ? Ou est-ce que les entreprises sont simplement fermées et les gens vont être au chômage ? Toutes ces questions-là, c'est des questions qui se posent. Parce qu'en fait... Pour ce qui concerne nous les cavistes, cette déconsommation de vin, elle n'est pas forcément négative dans le sens où en fait les gens boivent moins. mais boivent mieux. Et ça, ça a été démontré. Il y a beaucoup d'études qui montrent ça. Les gens boivent moins. Donc en fait, ceux qui souffrent de cette déconsommation de vin, c'est les grandes surfaces et les producteurs qui sont affiliés aux grandes surfaces. Ils vendent leur vin dans ces canaux-là. Parce que les gens, ça décroît depuis, je ne sais plus, ça fait un siècle que ça décroît. On a plus, avant, on buvait du vin à table à chaque fois, qu'on coupait parfois avec de l'eau, le midi, dans les cantines, t'en avais. Je veux dire, même nous, tu vois, notre génération, on a encore vu ces trucs-là. On avait ça le midi, y compris au boulot. Bon bref, tout ça est un peu derrière nous. Mais l'intérêt du vin, je sais pas s'il décroît tant que ça, parce que moi, j'ai toutes les générations qui viennent. On vend du vin toute l'année, plein d'occasions. Dans les restaurants gastronomiques, je suis désolé, mais c'est du vin qu'on vend la plupart du temps.
- Olivier
Mais tu penses que le sans alcool, ça peut vraiment être un débouché pour la filière ?
- Mickaël
Je n'en ai aucune idée. Franchement, je n'ai pas de boule de cristal. Je ne sais pas. Moi, ce que je dis, c'est juste que le vin, c'est un produit où il y a de l'alcool dedans. Et que du vin désalcoolisé n'est plus réellement du vin. Voilà, ça, c'est mon avis. Voilà. Et je ne me prie pas de dire aux clients, tu sais, moi, quand les clients viennent chez moi et qu'ils me demandent du vin sans alcool, je leur explique, déjà, ce n'est pas du vin sans alcool, c'est du vin désalcoolisé. Et je leur dis ça, je leur dis ce que je te dis là, je leur dis, moi, je vous le vends parce que vous en voulez et que, voilà, j'offre un débouché à une demande. Mais si tu me poses la question à moi, je vais t'orienter sur d'autres produits, y compris au sein de la gamme sans alcool.
- Olivier
Bien sûr. Ok, Et si on parle des vins de manière globale, la Foire aux Vins, pourquoi tu ne veux pas participer à la Foire aux Vins ?
- Mickaël
Ça procède de la même logique. C'est-à-dire qu'on en a parlé avant, la Foire aux Vins, historiquement, je ne sais pas si tu sais, mais la Foire aux Vins a été créée par et pour la grande distribution. C'est vraiment eux qui ont été à l'initiative de ça. Je crois que c'était Leclerc, si je ne me trompe pas. Et donc, ça a été créé pour moi de la même manière que je... Je ne suis pas forcément un très grand fan du vin sans alcool. Je ne suis pas un très grand fan de la recherche de l'affaire perpétuelle. Je pense qu'il y a certains secteurs qui doivent être protégés de ça, parce qu'en fait, si tu pars dans cette logique de la bonne affaire perpétuelle, du bon deal, tu vois, tu vas forcément te diriger vers des trucs qui ne seront pas qualitatifs. Moi, chez moi, il n'y a jamais de solde. Il n'y a pas de solde chez moi. Il n'y a pas de réduction. Il n'y a pas de 5 bouteilles offertes, une bouteille gratuite. Il y a des fois, les clients me regardent avec des gros yeux. Ils me demandent si je veux vous prendre deux cartons, vous faites une réduction. Non, je ne fais pas de réduction. Si tu me prends 3000 euros de marchandises, je pourrais te faire un geste. Mais dans la globalité du truc, je ne fais pas de réduction. Parce que nous, on paye toute une chaîne de production. Et en premier, les vignerons. Mais après, tout ce qui en découle, les transporteurs. les agents qui les représentent parfois, les vignerons, et toute l'équipe qui travaille avec les vignerons, ça découle, ça va au vent dangereux, etc. Bref. Et en fait, je considère qu'un produit qualitatif, il y a un prix à mettre. Et le problème, c'est que la grande distribution, je vais encore me faire des amis, parce que j'en ai eu plein qui sont venus sur le fil de discussion sur la grande distribution, mais j'ai rien contre eux en tant que personne, mais la grande distribution a participé à faire croire aux gens qu'on pouvait se nourrir pour pas cher. Tu vois ? Voire pour des prix qui ne correspondent pas à la réalité du travail qui est produit. Donc qu'est-ce qui s'est passé dans les années 60-70 ? Tu as l'explosion des grandes distributions, du supermarché, même de l'hypermarché, où les gens vont faire leurs courses de la semaine, voire du mois. Et en fait, tout le monde se tire la bourre. Les marches sont très petites, donc il faut faire beaucoup de volume. Et en fait, on cherche à presser comme des citrons les producteurs. Et en fait on abaisse les prix au maximum et on fait croire aux gens qui peuvent avoir deux steaks pour 3,90€, tu vois. Pour parler de la viande qui en plus c'est encore plus problématique. Mais non, tu peux pas avoir deux steaks pour 3,90€ à part d'acheter quelque chose qui est pas bon et qui est même parfois néfaste en fait pour la santé. Si tu veux acheter de la viande de qualité ou du poisson, parce que le poisson il y a toute la question de l'élevage en plus, ou du vin, etc. Il faut mettre un prix en fait. Et donc en fait, si on participait à la Foire aux Vins, moi je considère qu'on participerait un peu à cet état d'esprit de la recherche de la bonne affaire permanente. Nous, on ne cherche pas à vendre des bonnes affaires, on cherche à vendre des bons produits, ce qui n'est pas pareil. Donc on ne se met pas dans cette logique-là. Par contre, il y a des gens qui ont répondu sur cette petite polémique que j'ai volontairement créée, qui ont répondu en disant « Mais pourquoi est-ce qu'on ne ferait pas une fête des vendanges ? » du vin, etc., qu'on retournerait en faisant de la dégustation. Et c'est vrai que c'est une bonne idée. Je me demande si d'ailleurs je ne vais pas rebondir là-dessus, je ne vais pas essayer d'organiser ça avec des collègues à Paris pour l'année prochaine. Essayer d'un peu mettre... Je ne sais pas si j'aurai le temps de le faire, parce qu'on est toujours très pris, mais j'aimerais bien se dire qu'en fait, on fait un mois où on fait des dégustations tous les jours de week-end, si possible avec les vignerons. On ne fait pas de prix, mais par contre, on met l'accent sur la découverte de produits. alors nous on n'a pas besoin de ces moments là pour le faire on le fait déjà, on fait beaucoup de dégustes mais voilà essayer peut-être de créer quelque chose autour de ça
- Olivier
ça peut être intéressant parce que effectivement dans la foire au vin il y a le côté prix mais du coup aujourd'hui c'est aussi un moment où on sait qu'on va potentiellement acheter du vin, on va s'intéresser un peu plus au vin et donc si vous pouvez aussi en profiter pour mettre en place des actions je trouve ça...
- Mickaël
Ouais mais faut pas qu'on soit mêlé faut pas qu'on soit mélangé en fait à ces initiatives là et moi je le dis franchement parce que je vais le répéter ce que je disais les produits de grande distribution notamment les produits de la nourriture c'est une qualité qui est clairement en dessous de ce que nous on vend. Et on ne va pas se mentir, les vins qui sont vendus en grande distribution, pour 90% d'entre eux, sont des vins de qualité médiocre. Voilà, et le modèle suppose ça. C'est-à-dire que c'est des modèles où il faut de la rentabilité, c'est des très grandes surfaces, tu ne peux pas traiter avec le même égard d'immenses surfaces viticoles et avoir des process industriels. et avoir des produits avec une haute qualité. Ce n'est pas possible. Intrinsèquement, ce n'est pas possible.
- Olivier
C'est bien que tu le dises. Dans la grande distribution, il y a certains vins qui ont des prix plus élevés que ceux dont tu parlais tout à l'heure quand tu parlais de tes premiers prix. Si les gens veulent acheter une bonne bouteille à 8, 9 euros ou jusqu'à 15 euros...
- Mickaël
Moi, je pense que... Bien sûr. Mais moi, je leur dis. Si ton but, c'est d'acheter une bouteille à 10, 12 euros, va chez un caviste. Si le mec ou la fille fait bien le boulot, Tu seras plus gagnant.
- Olivier
En conclusion, est-ce que tu peux nous parler de la plus grande leçon que tu tires de ton aventure entrepreneuriale ?
- Mickaël
Moi, je n'ai pas envie d'amener du lot. Je ne vais pas dire quand on veut, on peut. Tous ces salades que j'entends tout le temps dans les podcasts d'entrepreneurs, parce que moi, je ne crois pas à ça. Ça, c'est des salades de start-upeurs. Ce n'est pas vrai. Quand on veut, beaucoup de choses sont possibles.
- Olivier
Ok.
- Mickaël
Voilà. voilà ma définition et c'est là-dedans que je me reconnais tous les gens qui viennent de milieux populaires savent qu'il y a des barrières qui s'imposent à un moment donné et d'ailleurs que ce soit le milieu dont tu viens, il y a des barrières à un moment donné qui sont plus fortes que toi et même avec toute la bonne volonté du monde, il y a des fois des limites à un moment donné, tu vois, à ton ambition mais par contre, avec de la bonne volonté de la motivation et le fait de se donner un peu de mal tu peux par contre atteindre beaucoup d'objectifs voilà Et après, c'est une question vraiment personnelle à se poser. Est-ce que j'ai envie d'entreprendre ? Et encore une fois, ce n'est pas une fin en soi. Mais si tu as envie, dis-toi que si tu es sérieux ou sérieuse, que tu t'entoures des bonnes personnes, que tu sais faire preuve d'humilité et tu sais identifier là où tu n'es pas forcément compétent. Très important. Tu sais, pour le coup, faire appel à des personnes qui, elles, sont compétentes, que tu vas rémunérer correctement. Et voilà. Moi, ma leçon, c'est ça. C'est le fait de... de pouvoir avoir atteint des objectifs et de voir qu'avec de la détermination, tu peux aussi arriver à pas mal de choses différentes. Et donc, quand on veut, plein de choses sont possibles. Maintenant, c'est des choix personnels. Est-ce qu'on a envie de se lancer là-dedans ou pas ? Je laisse à la discrétion des gens qui nous écoutent le fait de se poser la question. Mais quand on veut, plein de choses sont possibles.
- Olivier
Ok. Merci. Merci beaucoup, Olivier. Je suis ravi de finir sur ces mots. C'était un plaisir de t'avoir dans le podcast et encore merci pour ton franc parler et ton partage. Voilà, ça s'est senti, tu nous as apporté beaucoup de choses aujourd'hui dans cet échange et merci beaucoup.
- Mickaël
Merci de ton accueil.
- Olivier
Merci, à très bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode de Business & Boissons. J'espère que vous avez autant apprécié cette conversation que moi. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager, à commenter et à mettre les 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Si vous souhaitez continuer à suivre l'aventure... et découvrir d'autres histoires inspirantes, n'hésitez pas à écouter nos précédents épisodes et à nous suivre sur les réseaux pour être informé des prochaines sorties. À très bientôt et encore merci d'être à l'écoute de Business & Boisson.