- Speaker #0
Bonjour et bienvenue, je suis Mickaël Salinière. Après avoir travaillé plus de 10 ans en banque, je me suis lancé dans l'entrepreneuriat pour créer Maison Lajwa, une marque de boissons sans alcool. Partant de zéro, j'ai décidé d'aller à la rencontre des acteurs du secteur pour comprendre les défis qui m'attendaient. C'est cette aventure que je vous invite à partager dans le podcast Business & Boissons. Au fil des épisodes, nous découvrirons des personnalités qui nous raconteront leur parcours, mais surtout qui viendront nous donner des clés pour appréhender au mieux l'univers de la boisson. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir une invitée qui, elle, n'est pas entrepreneur. Cependant, c'est une véritable intrapreneur passionnée par son métier et l'univers de la boisson. Si vous êtes en Ile-de-France, vous l'avez certainement déjà croisée. Chez les clients, dans des salons, en soirée networking, elle est partout. J'ai le plaisir d'accueillir Laetitia Corneille, commerciale chez Maisons Pêches. Laetitia, bienvenue.
- Speaker #1
Merci, merci beaucoup Mickaël pour cette intro, ça me fait très plaisir et c'est vrai que ça me représente bien quand même au final, un peu comme agitatrice de terrain cette présentation, merci.
- Speaker #0
Je suis ravi qu'elle te plaise, je suis ravi que tu sois présent aujourd'hui dans le podcast. L'idée pour laquelle je t'ai invité, c'est pas nécessairement pour parler de Maison Specht, on a déjà reçu Sébastien qui nous a parlé de l'entreprise et de cette très belle aventure, mais toi ça me tenait à cœur que tu sois là en tant que passionné. que tu puisses nous transmettre ta passion.
- Speaker #1
Avec plaisir pour te partager mes retours. C'est vrai que moi, au final, j'ai fait le choix de travailler pour des petites maisons où je suis en direct des entrepreneurs qui ont créé l'entreprise. Et j'apprends beaucoup à leur côté. Et quand je vais les représenter, souvent on me demande et on me pose la question « Est-ce que c'est ta boîte ? » Et c'est ça quand tu incarnes le côté intrapreneur, c'est un peu ça. c'est que t'as tellement envie de... de porter ce que fait l'entreprise et l'entrepreneur ou les entrepreneurs que tu représentes, qu'on t'associe directement à eux.
- Speaker #0
Génial, c'est que tu fais très bien ton métier et ton rôle, donc c'est très bien. Est-ce que tu peux te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas ?
- Speaker #1
Oui, avec grand plaisir. Donc moi, c'est Laetitia Corneille. Écoute, j'ai 27 ans, donc ça ne fait pas si longtemps que ça que je suis dans le monde de la boisson. Un petit cheminement et plusieurs étapes qui m'ont amenée jusqu'ici. Aujourd'hui, je suis dans la boisson sans alcool. Un univers dans lequel il y a plein de choses à dire. Il y a beaucoup de créations. Donc, je ne spoil pas la suite. Je te laisserai poser tes questions. Mais en tout cas, c'est riche. C'est très riche et c'est ça qui est passionnant. C'est qu'on apprend, on découvre tous les jours. Et donc pour revenir à ce que je fais au quotidien, je suis commerciale depuis 5 ans. J'ai travaillé précédemment pour une autre petite boîte mais qui était plutôt dans l'univers alimentaire, food, en direct de petits producteurs. Et aujourd'hui dans une maison où on produit des boissons. Donc voilà pour le parcours sur les 2-3 dernières années.
- Speaker #0
Merci pour la présentation que tu as pu réaliser. Est-ce que tu peux nous parler de toi un peu, de ton enfance, comment tu as grandi ? Et au fur et à mesure, on va essayer de comprendre comment tu es arrivé dans le secteur de l'ambassade.
- Speaker #1
On reconstitue, ok, avec plaisir. Alors moi, je ne viens absolument pas d'une famille de grands fins gourmets, pas du tout. J'ai grandi dans une campagne française dans le centre de la France, Big Up, aux habitants du 36, où passe la rivière de la Creuse, c'est l'Indre.
- Speaker #0
Ok, excuse-moi,
- Speaker #1
je ne l'avais pas. Voilà, pour la géographie. Souvent placée dans la diagonale du vide en géographie, donc personne ne connaît et n'a envie d'y aller. Et pourtant, c'est une très belle région. Donc, j'ai eu la chance, en fait, de grandir dans un environnement de campagne où tout le monde se connaît et où, quand on est enfant, on est curieux de la nature, en fait, parce qu'on va beaucoup en nature. C'est très classique d'avoir les bottes et d'y aller toutes les semaines. Et en plus, cette région-là où j'ai grandi, il y a un parc naturel régional, qui est le parc naturel régional de la Brenne. Donc il y a beaucoup d'animaux sauvages, il y a beaucoup d'oiseaux. On appelle cette région la région des mille étangs. Donc il y a aussi des poissons, la carpe et des agriculteurs. Donc voilà, plutôt environnement assez nature où on grandit bien, on vit bien, on noue de belles amitiés. Et puis après, au bout d'un moment, on fait des études et on quitte la douce campagne.
- Speaker #0
Mais déjà, est-ce que la vie à la campagne, ça t'a donné une affection particulière ? pour les produits, pour le terroir ?
- Speaker #1
Écoute, moi je viens précisément d'un village qui s'appelle Pouligny-Saint-Pierre où on fait un magnifique fromage de chèvre en forme de pyramide. Donc si je devais parler de ma première expérience culinaire significative et premier amour, c'est autour du fromage et notamment du fromage de chèvre et associé à ça aussi dans ma région, on fait du bon miel. Donc c'est un bon combo aussi.
- Speaker #0
Chèvre-miel.
- Speaker #1
Oui, voilà, chèvre-miel, mine de rien, ça reste. Et voilà, c'est les deux ingrédients qui m'ont un petit peu marquée. Mais au final, je n'étais pas passionnée d'alimentation quand j'étais plus jeune. Moi, j'ai fait du sport.
- Speaker #0
Tu peux nous dire ce que tu faisais comme sport.
- Speaker #1
J'ai fait de la gymnastique. J'ai fait beaucoup de gymnastique et c'était ça ma passion. J'y passais des heures et quasiment tous les jours. Donc c'est ça qui me drive et peut-être que ça m'a apporté le côté commercial en fait, peut-être qu'il est en moi.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux faire le lien entre la gymnastique et le côté commercial ou le sport peut-être ?
- Speaker #1
Oui, le sport en général. C'est vrai que j'encourage n'importe qui à pratiquer du sport en étant jeune, en étant moins jeune. Je fais toujours du sport. Moi aujourd'hui, j'étais encore en séance entre midi et deux. Donc non, le sport... Le sport, ça apprend de la discipline, ça apprend de la rigueur, ça apprend des valeurs. Souvent, on est avec d'autres personnes, donc on est dans l'échange. Et puis, c'est exigeant. C'est exigeant. Et puis, il y a l'aspect où on se donne des objectifs, où on veut progresser. Et puis même, il y a un côté saison. Tu t'inscris une année, il y a des compétitions. Ça ressemble quand même un petit peu au rythme qu'on a en entreprise aussi, en tout cas au rythme commercial, année, trimestre, objectif. À chaque fois, on repart année après année en ayant progressé l'année précédente et puis on avance. Et puis au-delà de ça, ça fait du bien au corps et à l'esprit.
- Speaker #0
Tout à fait. Non, c'est un très beau parallèle entre nos métiers et le sport. Moi je sais que c'est quelque chose qui m'inspire beaucoup, les parcours de sportif, parce qu'il y a toujours le travail surtout.
- Speaker #1
Tu fais du sport aussi ?
- Speaker #0
Je fais du sport, je fais un peu de course à pied.
- Speaker #1
Ah la course, ok.
- Speaker #0
Je fais beaucoup de course à pied parce que ça me permet de m'évader, donc je ne suis plus dans l'objectif de performance. Aujourd'hui je le fais vraiment pour le plaisir, c'est-à-dire que je vais courir, je ne prends pas de montre, je ne regarde pas combien de kilomètres je fais. C'est vraiment pour le plaisir et me faire du bien.
- Speaker #1
Mais ça, c'est un joli sujet pour les entrepreneurs. Moi, ceux que j'ai pu accompagner, souvent, ils ont fait du sport. Donc, c'est la boxe ou c'est le vélo ou c'est la course. Mais mine de rien, il y a un côté état d'esprit grâce au sport qui peut maintenir à un haut niveau l'énergie d'un entrepreneur.
- Speaker #0
Oui, effectivement, il y a l'énergie qu'on veut maintenir au niveau. Ça peut être aussi une soupape de décompression. On passe beaucoup de temps dans nos entreprises à réfléchir à nos projets, à ce qu'on va faire le lendemain, à mettre en place des stratégies. Et c'est bien d'avoir justement un moment qui est à toi, où tu peux t'évader, où tu penses peut-être à autre chose. Donc, en tout cas, moi, c'est ce que m'offre la course à pied. Tu nous as dit avoir fait pendant le temps de la gymnastique. Ensuite, qu'est-ce que tu as fait comme étude ?
- Speaker #1
Alors moi, c'est vrai que j'étais un peu une première de la classe, je le suis toujours. Ah, frustration, bravo ! Oui, pas première exactement, mais en tout cas dans le top 3. Moi, j'ai été beaucoup poussée par mes professeurs. Donc j'ai fait des études longues et j'ai fait une classe préparatoire et j'ai fait une école de commerce. parce qu'on m'y a poussé. Mais tu vois, quand j'étais au lycée, je disais je veux faire de l'humanitaire. Et on m'a dit non, on fait des longues études et tu verras ensuite pour l'humanitaire, mais j'y reviendrai.
- Speaker #0
Ok, parce que je sais qu'en école de commerce, souvent il y a notamment des années de césure et il y a pas mal d'étudiants qui en profitent pour faire de l'humanitaire. Est-ce que c'est quelque chose que tu as fait ?
- Speaker #1
Eh bien, tu me tends une perche que je saisis. Je ne crois pas que je t'avais raconté, mais en effet, j'ai pu faire une mission humanitaire en Inde qui m'a complètement bouleversée. Je suis partie trois mois dans le nord de l'Inde donner des cours d'anglais à des enfants qui avaient travaillé déjà plus que moi à l'époque, même si j'avais le double ou triple de leur âge. Et c'est mon point de départ avec l'alimentation, en fait. lié aux coutumes du pays. En fait, en Inde, la région dans laquelle j'étais, c'était une région où on mange végétarien, où il y a beaucoup de légumineuses à chacun des repas. Et ça a vraiment transformé mon alimentation. Pourquoi ? Déjà parce que j'ai perdu beaucoup de poids pendant ce voyage. Et aussi parce que j'avais fait une prise de sang avant mon voyage et j'en ai fait une après. Et mes résultats de prise de sang étaient meilleurs quand je suis revenue, alors que pour moi, je m'étais moins bien nourrie, juste parce que mon alimentation était moins variée. Et donc, ça a été le point de départ de, en fait, qu'est-ce que je mets dans mon assiette ?
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Et en tant qu'étudiante, au moment où je suis partie, je n'avais pas trop de budget. Donc, c'est vrai que j'avais une consommation où je ne me posais pas de questions. C'était le supermarché en bas de chez moi. Il fallait se nourrir pour avoir un peu d'énergie, mais il n'y avait zéro question de... de goût ou de plaisir autour de ce que je mettais dans mon assiette. Je n'avais pas les sous d'aller au restaurant.
- Speaker #0
Forcément, dans l'étudiant, ce n'est pas toujours évident.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Après, la chance que j'ai eue aussi, la deuxième chose, c'est que j'ai fait pas mal de jobs en restauration. Et donc, j'ai appréhendé de façon opérationnelle l'univers de la restauration. Comme ça, moi, j'ai fait mes études à La Rochelle. Et pour ceux qui connaissent... Il y a un très chouette glacier qui s'appelle Ernest le Glacier, qui est à La Rochelle. Et moi, quand j'ai fait une saison là-bas, j'avais à prendre 54 parfums. Donc, tu goûtes, tu t'appropries le produit, tu racontes aussi aux clients, tu les guides. Enfin, tu vois, j'ai toujours au final mêlé un peu vente et dégustation, mais par nécessité avec le job étudiant. Tout ça m'a amenée après le voyage à faire une année de césure, comme tu disais, parce que quand on fait une mission humanitaire qui chamboule de l'intérieur, on n'est pas spécialement prêt à retourner sur les bancs de l'école et à faire un peu la fête, parce qu'on fait quand même un peu la fête en école de commerce. Donc j'ai fait une année de césure et je suis allée tout droit vers un truc que j'avais trouvé, je ne sais plus comment. qui s'appelait Foodentropie. Foodentropie, ouais.
- Speaker #0
Tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
Ouais, ouais, complètement. Robin, c'est le premier entrepreneur que j'ai accompagné. Foodentropie, ça n'existe plus aujourd'hui. C'était un lieu physique, un peu dans la mouvance des tiers-lieux, mais c'était au tout début. C'était au tout début, c'était 2017-2018. Il n'y avait pas eu le Covid qui a accéléré tous ces sujets. et ce n'était pas encore arrivé. Donc Food Entropy, c'était un espace où il y avait d'un côté un restaurant et d'un côté des salles événementielles. Et le but, c'était d'avoir une expérience alimentaire qui est différente, qui est bien sourcée. Il y avait proche de l'établissement un incubateur de cuisine partagée eux où il y avait de nombreuses start-up qui venaient tester des projets pour les plus significatifs, du fromage végétal, des pâtisseries véganes, des choses qui changent de l'ordinaire.
- Speaker #0
C'est nos batteries, c'est qu'on n'a pas le petit devoir.
- Speaker #1
À ce moment-là, c'était très avant-gardiste. Tout le monde découvrait, il n'y avait pas de fromage végétaux en grande distribution, ça n'existait pas. Donc dans ce lieu-là, moi j'ai découvert tout ça déjà. Ensuite, le but du lieu, c'était d'accueillir des grandes entreprises, des comités de direction, des directions générales, des équipes dans ce lieu pour leur faire vivre une journée de séminaire qui était différente au travers de l'expérience alimentaire. et le but en fait c'était vraiment et je l'ai vu de mes propres yeux vu que j'organisais les journées de séminaire, c'était que hum grâce à une expérience alimentaire différente, les échanges entre les collaborateurs soient plus riches et différents. Exemple, comité de direction principalement masculin, une femme est dans l'assemblée. Quand il y a au petit déjeuner, pas de viennoiserie classique, mais un granola maison avec des graines. que certains ne connaissent pas et d'autres connaissent, le sujet de conversation, du coup, pour démarrer la journée, il est différent. Et en fait, ça, ça peut changer derrière la discussion dans une réunion. Quelqu'un qui va potentiellement ne... qui ne va pas oser prendre la parole dans une réunion, parce qu'il a pris la parole en amont sur un sujet qui était tout autre. il va peut-être se sentir plus à l'aise ou plus légitime, suite à la conversation d'avant, de partager son avis. Donc ça, je l'ai vu.
- Speaker #0
C'est très intéressant. Je ne connaissais pas Foudentropie, ni... Je n'avais pas forcément idée que... À travers la nourriture et ce qu'on proposait comme menu, on pouvait changer le déroulé d'une journée et les échanges entre les personnes. Donc, c'est très intéressant.
- Speaker #1
Tu es contente de le partager. Et puis, moi, je me suis beaucoup amusée là-bas parce que le lieu s'y prêtait. Et puis, tu rajoutes des petites activités de dégustation d'huile d'olive, de confection de certains produits. Enfin, voilà, l'idée, c'était de vivre des moments ludiques. avec une proposition culinaire différente. Donc là, j'ai goûté beaucoup de trucs. On va dire que ça m'a vraiment aidée à faire mon palais. J'ai découvert des noms de courges. Enfin, vraiment, j'ai mis un pied dans... Presque les fruits et légumes, ça existe autre que ceux qu'on a bien calibrés au supermarché. Donc, c'est là où j'ai goûté pas mal de choses.
- Speaker #0
Et c'est là où tu as eu envie ensuite de travailler dans ce secteur ?
- Speaker #1
Oui, oui. Et en fait, c'était naturel. En fait, je n'en sortirai jamais parce que c'est trop chouette. Ça éveille la curiosité. Et puis, en fait, ce qui est chouette là-dedans aussi, parce que je reste commerciale, mon rôle à Foodentropie, c'était de vendre des journées de séminaires. ce qui est intéressant et moi ce qui m'émerveille c'est de faire vivre une expérience que toi même tu as vécu et que tu proposes à d'autres personnes Ce côté par la dégustation, émerveiller quelqu'un pour l'amener sur un chemin différent par la suite. Tu vois, l'alimentation durable, personne n'est parfait. Moi, la première, je n'ai pas une alimentation 100% durable. J'essaye au maximum, mais c'est fait de plein de points de contact différents. et moi j'aime me dire que je suis un de ces points de contact une fois dans la vie de quelqu'un que ce soit pour la première ou pour plus tard, on a toujours des choses à apprendre. Donc, c'est cool de s'émerveiller par la dégustation, par l'expérience.
- Speaker #0
L'expérience est très importante. Quand tu parlais d'expérience et de faire découvrir à quelqu'un des saveurs, ça fait le parallèle aussi avec la boisson. Est-ce que tu peux faire jus chez Maisons Pêches, j'imagine ? Comment tu es arrivée chez Maisons Pêches ?
- Speaker #1
Il y a eu deux étapes suite à cette expérience que je viens de décrire et aujourd'hui. La seconde étape, c'est que je suis allée ensuite en grand groupe, toujours dans l'univers de la restauration. Et là, c'était la restauration collective. Et ça a renforcé mon envie de travailler pour des petites structures. Je ne m'épanche pas sur le sujet, mais voilà, c'est des fonctionnements où c'est difficile, en fait, par la taille de la structure, d'accepter à des choses plus niches. Le volume fait que c'est plus compliqué de mettre en place des choses ou... où on travaille avec des petits faiseurs. Et puis ensuite, j'ai travaillé pour une maison qui s'appelle Super Producteur, qui fait des produits en direct de petits producteurs un peu partout en France. Et donc là encore, j'ai goûté pas mal de choses. Là, on était vraiment dans l'idée de l'ingrédient principal, du produit brut, du produit très peu transformé. Donc tu vois, ça m'a donné une autre idée. sur une idée précise sur les aliments. Tu vois, une crème d'artichaut, le goût de l'artichaut, une crème de pois chiches, le goût du pois chiche. Voilà, des ingrédients comme ça, très précisément. Et donc, dans cette expérience-là, le discours et ce que faisait l'entreprise, elle s'appelle Super Producteur, c'était de mettre en avant des producteurs et leur savoir-faire et leur terroir. Et donc moi j'en ai rencontré quelques-uns, j'ai raconté leur histoire. L'idée c'était de les positionner sur des beaux établissements parisiens sous forme soit de grands formats et de culinaires, soit de petits tartinables apéritifs pour des formules snacking. Et donc dans cette expérience-là, j'ai fait beaucoup de terrain, j'ai rencontré beaucoup de passionnés qui... qui m'expliquaient leurs problématiques et ce pourquoi ils allaient vers moi, ce que j'avais à leur proposer. Et puis, c'était surtout quand je suis arrivée dans cette boîte, une période où on était après Covid. Donc, ça m'a permis de voir deux choses. La première, c'est que quand je suis arrivée, l'hôtel et restauration, ça n'avait pas encore vraiment redémarré. Donc, moi, commercialement, j'avais le challenge de vers qui on va. Et donc, j'ai beaucoup avancé sur la partie, au début, épicerie fine et caviste, qui était une super typologie. Il y a eu une typologie flash aussi de tout ce qui était livraison à domicile.
- Speaker #0
Ça a bien marché.
- Speaker #1
Pour ceux qui ont vu passer le truc, il y avait une petite opportunité marché à ce moment-là que j'avais vu passer et que j'avais saisi. Et il y a eu une seconde étape, plus là de réponse aux problématiques des hôteliers-restaurateurs qui avaient la demande de leurs clients finaux, suite au Covid et au questionnement que chacun a pu avoir, de produits. peut-être plus artisanaux, de produits plus locaux, de produits bio. Et moi, j'avais choisi une maison qui était dans cette mouvance. Donc voilà, pendant quelques mois et années, j'ai parlé de ces producteurs. Et puis, naturellement, en fait, c'est vrai qu'il y a plus de facilité à trinquer autour d'une boisson. qu'à manger et s'installer à une table. La première étape, l'étape d'avant de s'installer à une table, c'est le café, c'est le verre d'eau et en tout cas, c'est une boisson sans alcool. Et donc, c'est comme ça que je suis arrivée à Maisonspecht. Et pour être très transparente, pour partager une expérience personnelle, mon recrutement, il n'était pas du tout orienté et je ne suis pas allée vers eux. Et ils ne sont pas vraiment allés vers moi. C'est un cabinet de recrutement, en fait. qui nous a chassés indépendamment et qui a créé le match pour qu'on se rencontre et qu'on se dise qu'on allait travailler ensemble.
- Speaker #0
Génial. Et ça fait combien de temps maintenant que tu es chez Maisons Special ?
- Speaker #1
Là maintenant ça fait un peu plus d'un an, je suis très fière parce que je suis leur premier recrutement commercial donc il y a du challenge et on est bien accueillis des clients quand une boîte a plus de 10 ans et que c'est toujours les fondateurs qui ont fait la partie commerciale et en même temps il y a un peu tout à construire aussi et ça m'anime beaucoup. beaucoup de savoir que je vais défricher les choses, et beaucoup par l'expérience et par le terrain, pour toujours apporter une expérience de dégustation aux personnes que je rencontre.
- Speaker #0
Comment ça se passe quand on arrive dans le secteur de la boisson et qu'on ne vient pas de ce milieu-là ? Est-ce que ça a été assez facile pour toi ? Est-ce que tu t'es vite familiarisé avec les clients ? Est-ce qu'il y avait des codes à apprendre ? Est-ce que tu as dû te former ? Comment ça s'est passé tes débuts ?
- Speaker #1
Je considère que je dois toujours me former et apprendre. Pour le coup, c'est très infini comme univers. Et puis surtout qu'il y a le vin, il y a le café, il y a le sans-alcool, il y a les spiritueux. Tu ouvres une porte, une boîte de Pandore dans chaque univers. Donc il y a pas mal de choses à voir, à savoir. Moi, c'est vrai que je suis toujours en veille permanente. Et je fais pas mal de terrain et je suis à l'écoute de ce que me racontent les restaurateurs ou les hôteliers avec qui je travaille, ou parfois même les cavistes ou les épiceries fines. Donc souvent, ils ont le dernier produit ou ils ont goûté. Et quand tu discutes et que tu leur demandes un petit peu des informations, ils en ont à te partager. Et puis quand tu fais, je ne sais pas, 5, 10 établissements comme ça et que les 5, 10 te parlent tous de la même chose. Tu comprends qu'il y a une tendance,
- Speaker #0
il se passe quelque chose.
- Speaker #1
Il se passe quelque chose et il faut aller voir. Et s'ils t'en parlent, c'est qu'ils aiment bien et qu'ils sont contents. Et plus que ça, ça veut dire que leurs clients aiment bien, le consommateur final aime bien et est content. Donc voilà, le premier truc, c'est ça, être curieux lors de rendez-vous. Et en fait, moi, je suis une commerciale. Mon but, c'est presque de parler des enfants de mes clients avec mes clients. Tu vois, souvent, il y a une image du commercial qui veut la commande à chaque passage. Dans la boisson, il y a beaucoup ça. Et j'ai déjà eu, tu vas devant une porte et on dit non, non, non, je ne veux pas ces commandes, mais je veux juste vous dire bonjour et savoir comment vous allez.
- Speaker #0
C'est très important la proximité que tu peux créer avec tes clients.
- Speaker #1
Oui, c'est être humain, en fait, tout simplement, c'est être humain avant tout. Et après, la deuxième chose, c'est de faire des salons. Il y a quand même toujours des boîtes qui ont fait le job avant toi. Et il faut être à l'écoute d'eux, les tendances qu'ils suivent, qu'est-ce qu'ils présentent, les questionner, les découvrir. Et donc, tu as pas mal d'informations comme ça aussi en participant à des salons spécialisés.
- Speaker #0
Il y a des salons qui te semblent inratables ? où il faut impérativement être, tu penses ? Oui,
- Speaker #1
il y en a.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous les citer ?
- Speaker #1
Là, par rapport au moment où on enregistre, il y a le Whisky Live, qui est un incontournable du mois de septembre, où il y a beaucoup de maisons de spiritueux qui sont présentes. C'est une super fête où il y a plein de choses à déguster. Et pour moi, au niveau du cocktail, c'est C'est un peu le meilleur... le meilleur moment pour déguster et découvrir plein de choses. Chaque maison de spiritueux a son stand. Donc voilà, le Whisky Life, c'est quelque chose à faire pour l'univers de la boisson. Et après, moi, j'aime bien les salons. Il y a un salon de la bio qui est assez important aussi. Il y a un salon de l'hôtellerie ensuite qui est assez important aussi. Après, il y a aussi des salons food. Ça va ensemble. Il y a toujours des stands de boissons sur des salons food. Et les salons food, il y a notamment des salons de chefs. Omnivore, ça fait partie des salons de chefs. Et puis après, il y a d'autres choses plus tournées largement autour de la restauration. Mais j'ai fait le salon de l'agriculture. J'ai fait le salon qui s'appelle Europain, qui est un salon autour de la boulangerie. Enfin Il y a de quoi faire, en tout cas, quand on est résident à Paris, au niveau des salons et autour de la restauration. Il y a de quoi faire. Et moi, personnellement, ce que je préfère lors de ces salons, c'est d'aller à la partie conférence. Déjà parce qu'on peut souvent voir des têtes qu'on ne croisera jamais dans notre quotidien. Tu vois, Thierry Marx, moi j'avais assisté à une conférence qui m'a marquée avec Thierry Marx. et un des sommeliers avec qui il travaille sur l'aspect accord boisson et assiette. C'est le type de choses où tu comprends la démarche d'un chef par rapport à une carte boisson. Je recommande les salons.
- Speaker #0
Je partage ta recommandation. Je pense qu'effectivement, les salons, c'est aussi l'occasion de rencontrer un maximum de gens dans un minimum de temps. Et comme tu l'as dit, il y a beaucoup d'entrepreneurs qui sont présents et qui sont passés par les étapes qu'on peut rencontrer quand on se lance. Et donc, c'est intéressant d'aller les rencontrer, d'échanger avec eux et surtout sur le secteur de la boisson. Ils sont toujours ravis d'échanger. C'est toujours un plaisir d'échanger avec des gens qui ont un peu d'avance ou qui ont de l'avance sur nous ou sur ceux qui se lancent.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Après, souvent aussi, il y a des salons que tu ne fais plus parce que le stand coûte cher et du coup, tu veux rentabiliser. Il y a quand même des marques parfois qui sont là et qui ne viennent plus ou alors qui sont là vraiment pour prendre du contact.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr. Et mis à part les salons, est-ce qu'il y a des endroits où tu aimes bien aller pour découvrir justement des nouvelles boissons, des nouveaux produits ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Après, à Paris, en tout cas, il y a des... Des épiceries fines de référence, la Grande Épicerie de Paris en fait partie, les Galeries Lafayette Gourmet en font partie. C'est des lieux où c'est toujours intéressant de passer une tête et de regarder, pas que dans le rayon boisson, dans tous les rayons en général. Ils font des mises en avant, c'est intéressant de regarder quelles sont les thématiques. Les Galeries Lafayette Gourmet, par exemple, ça fait quelques années, je ne sais pas si je dis une bêtise, ça fait deux ans, je crois qu'ils font une thématique qu'ils appellent French Touch voilà des fois ça donne comme ça des petites idées, tendances de fonds qui proposent et qui sont intéressantes et ils mettent en avant les fournisseurs partenaires et après sinon, ça j'y vais pas souvent deux fois par an on regarde on dit tiens il y a une nouvelle marque qui est rentrée, intéressant quand même il faut regarder parce que c'est quand même difficile de rentrer dans ces lieux là et après qu'est-ce que je voulais dire ... Oui, au niveau des lieux, moi, je suis toujours curieuse. Dès que je pousse la porte d'un établissement de restauration, je regarde la carte, je regarde ce qu'il y a et je découvre en buvant un verre chez un de mes clients. En général, ça se passe comme ça.
- Speaker #0
Pour toi qui as l'habitude de goûter et qui, on le voit, on l'a entendu, qui est vraiment passionné par cet univers. Aujourd'hui, qu'est-ce qui te motive à aller goûter, à découvrir une nouvelle boisson ? J'imagine qu'il y a la nouveauté, mais est-ce qu'il y a l'histoire, le goût ? Qu'est-ce que tu vas chercher ? Qu'est-ce qui va le plus te titiller ?
- Speaker #1
Moi, personnellement, c'est le goût. Pour les entrepreneurs qui veulent se lancer dans la boisson, je trouve que c'est le critère 1. Si c'est pas bon, c'est pas la peine. Parfois, je goûte des choses, je m'en moque du packaging. Je m'en moque complètement et je peux même goûter des choses de la grande distribution sans problème. Il y a des choses qui sont très bien faites, qui ne viennent pas de circuits micro spécialisés ou de boîtes artisanales ou de choses qu'on a achinées à la ferme. Donc non, moi, c'est pour savoir quel goût ça a. Et sans être spécialiste en me demandant est-ce que c'est équilibré ou pas, juste en me disant est-ce que j'aime ce que je bois.
- Speaker #0
Très important.
- Speaker #1
Et si j'aime, après je creuse.
- Speaker #0
Et après tu t'intéresses à l'histoire ?
- Speaker #1
L'histoire, pas forcément. Oui, si, parce que bien sûr, c'est toujours bien d'avoir une démarche, mais après l'histoire, pour moi c'est un peu associé à... du marketing. C'est bien de le raconter pour pouvoir comprendre, mais ça n'a rien à voir avec le goût du produit. Et honnêtement, je pense qu'on trouve plus de produits qui ont une belle histoire, mais qui ne sont pas bons, que de produits qui sont bons et qui ont une belle histoire.
- Speaker #0
Comment ça se fait ? Comment tu peux l'expliquer, ça ?
- Speaker #1
La science du marketing. C'est la science du marketing et je ne critique pas du tout cette science parce qu'elle est indispensable aujourd'hui à des commerciaux comme moi. mais c'est vrai que j'échange aussi avec des personnes qui ont fait la même école que moi mais qui sont je suis un peu atypique dans le style de boîte vers lesquelles je suis allée parce qu'en général tu vas plutôt dans des grands groupes et des grandes structures et t'as une belle expérience un peu comme celle que toi t'as pu connaître Mickaël mais donc ouais je... Je ne l'explique pas. Pourquoi est-ce que certains racontent une histoire ? Je ne sais pas. Tu sais, il y a des choses terribles qu'on nous cache. Encore une fois, je discutais avec un entrepreneur sur le sujet des déchets et de l'enfouissement, par exemple. Et tu vois, ça, c'est des choses qu'on ne sait pas, qu'on nous cache. Mais qu'est-ce qu'on fait de produits qui ne sont pas vendus ?
- Speaker #0
C'est une très bonne question. Aujourd'hui, on essaye de développer le réemploi. Ça ne répond pas à toutes les problématiques que tu évoques, mais je pense que c'est important aujourd'hui pour les marques d'avoir ça en tête. C'est quel impact j'ai sur la planète, sur l'environnement, quand je crée mon produit, quand je le vends et qu'est-ce qu'il devient.
- Speaker #1
Je pense vraiment que c'est là où ce serait bien que... Le monde des petites entreprises, à y expliquer au monde de très grandes entreprises, comment ils font à leur échelle et comment eux peuvent progresser, parce qu'on ne peut pas... Enfin après, éthiquement, il faut arriver à être dans ces boîtes-là. Moi, je ne pourrais pas. Je ne pourrais pas, je suis trop honnête et je ne sais pas garder des secrets aussi gros. Et puis éthiquement, oui, je ne pourrais pas. Mais oui, il faut qu'il y ait une... Une bascule parce qu'il y a des choses qu'on ne peut plus faire. C'est interdit. Heureusement qu'il y a de plus en plus de solutions d'anti-gaspillage. C'est un vrai sujet. Qu'est-ce qu'on fait des choses qui ne sont pas vendues dans l'alimentaire ? Il y a beaucoup de boissons. Une date qui est passée. Qu'est-ce qu'on en fait ? Et moi, je préfère me dire que c'est consommé. Et je préfère encore mieux me dire qu'on produit au juste volume. Je préfère travailler pour des boîtes qui ont cette mentalité-là. Voir qu'on ne produit pas assez et qu'il y a une rupture et on l'explique, plutôt qu'on produit à tout prix et trop et après on enterre des bouteilles dans le sol. C'est quand même un peu triste.
- Speaker #0
Je pense qu'on est assez d'accord là-dessus. Depuis que tu es dans le secteur de la boisson ou même depuis que tu es dans la foot, puisque ça fait un moment maintenant, est-ce que tu as vu des évolutions dans les tendances ? dans le secteur de la boisson
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'est hyper dynamique. Depuis 2020, il y a beaucoup de gens qui ont des idées, qui osent entreprendre et qui osent se lancer. Puis ça avait même commencé un peu avant, d'ailleurs. Surtout dans la boisson, il y a plein de maisons qui font de belles choses. Au niveau des innovations, moi, ce que je remarque quand même quand on regarde la carte d'un restaurateur, par exemple, c'est qu'on a un peu plus de bio quand même. Donc ça veut dire que c'est un critère pour le consommateur. C'est très rare maintenant de voir un établissement, en tout cas pour ceux que j'ai visités en Ile-de-France, où il n'y a pas de vin bio, par exemple. Ce petit label-là, AB, c'est vrai qu'on le retrouve souvent sur une carte. Ça peut être un premier signe de se dire, cet établissement s'est un peu posé des questions, il a goûté des choses différentes. Il cherche à avoir des choses qui complètent ce qu'il avait déjà. Donc ça, c'est une évolution, un peu plus de bio à la carte. Après, ce que je peux voir, c'est aussi... Mais c'est un vrai choix. C'est un vrai choix des établissements qui choisissent des maisons artisanales. C'est-à-dire qu'on regarde la carte et on ne sait pas quelle est la marque qui fabrique. voilà Une boisson sans alcool ou une boisson alcoolisée ou un cidre. Donc, le côté artisanal.
- Speaker #0
Tu trouves que c'est plutôt généralisé ou c'est des établissements spécifiques qui font ce choix-là ?
- Speaker #1
Je pense qu'en tout cas, pour Paris-Ile-de-France, on est sur un 50-50. Je pense que les établissements en région ont plus cette culture. Parce qu'en fait, c'est des artisans locaux qui vont chercher et que c'est juste logique. À Paris, je pense que c'est venu après. C'est venu après et je pense que c'est 50-50, parce qu'il faut aller faire découvrir à ceux qui ont toujours travaillé différemment, il faut aller aussi leur proposer des choses. Et c'est là où les commerciaux comme moi doivent pousser des portes et faire connaître pour être le premier point vers la suite d'une évolution de carte. Donc voilà, je dirais les boissons artisanales quand même. Et le début des choses, je remarque le fait maison dans la boisson. Ça, c'est une vraie tendance. C'est une vraie nouvelle tendance. J'avoue, ça me fait un peu peur, tu vois.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on voit aujourd'hui beaucoup de restaurants qui proposent leur propre limonade, leur propre infusion. Quand tu dis que ça te fait peur, pourquoi ça te fait peur ?
- Speaker #1
Ah non, mais j'exagère. Rien ne me fait peur. Non, j'exagère. Non, je dis que ça me fait peur parce que c'est vrai que moi-même, je m'amuse à faire infuser des choses, à mélanger des choses. Je suis une assez grosse consommatrice de tisane, de thé, des rooibos, du cacao, tout ce qui peut se faire infuser. Et je trouve que c'est assez simple. à faire. Et je me demande même pourquoi parfois les établissements ne le font pas. Donc, le fait maison, je pense que c'est une tendance d'avenir à mon avis. De la même façon que le fait maison en cuisine est une tendance aujourd'hui, je pense que pour la boisson, ça sera le cas.
- Speaker #0
En tout cas, c'est une dynamique qu'on voit de plus en plus, qu'on compte de plus en plus. Après, c'est... Tout l'intérêt, c'est de voir comment, en tant que marque, on peut se positionner justement à côté du fait maison, comment on peut apporter de la valeur ajoutée tout de même pour l'établissement. Mais ce sera un défi à relever pour plusieurs marques demain.
- Speaker #1
Nous, on sait déjà chez Maisonspech comment on fait. Toujours des solutions à proposer.
- Speaker #0
On ne va pas vous demander vos secrets aujourd'hui. Et si tu peux nous parler un peu du sans-alcool, est-ce que dans le sans-alcool aussi, tu as vu des évolutions ? Est-ce que ça rejoint ce que tu disais là, où tu vois d'autres évolutions plus larges ?
- Speaker #1
Si, si, si, il y a des évolutions, on voit un tas de trucs. On voit un tas de trucs. La proposition aujourd'hui sur le sans-alcool, elle est folle. Il y a des caves sans-alcool. Il y a des caves sans-alcool qui poussent comme ça. J'en ai visité plusieurs. Elles ont toutes des maisons différentes, que ce soit en vin sans-alcool, que ce soit en spiritueux sans-alcool, que ce soit en boisson pétillante sans-alcool. Sur les jus de fruits, il n'y a pas grand monde, mais sur le reste, il y a de tout. La dernière boisson que j'ai testée et que j'ai bien aimée d'ailleurs, tu vois, c'était une boisson pétillante figuenois.
- Speaker #0
Figue et noix.
- Speaker #1
Figue et noix, ouais. Donc ouais, c'est riche. Il y a des gens qui ont des idées. En fait, je pense qu'il y a des gens qui testent. Et si c'est bon, ils se disent, bon, on y va.
- Speaker #0
On lance. C'est possible. J'étais au Pankibois il y a quelques semaines. Aujourd'hui, ils ont plus de 500 références. Est-ce qu'il y a encore de la place pour des nouvelles offres ? Ou c'est un marché qui pourrait être saturé selon toi ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a de la place. Je pense qu'il y a de la place parce qu'en fait, on a toujours envie de changer, on a toujours envie de renouveler, on n'est pas sur de l'eau. Donc non, bien sûr, il y a de la place sur les boissons sans alcool, de la même façon qu'il y a autant de références de vin qu'on peut imaginer, il pourrait y avoir autant de références de sans alcool. Donc non, moi j'y crois beaucoup, je trouve ça chouette d'avoir toujours plein de choses à découvrir, une nouvelle boisson toutes les semaines. C'est hyper sympa. Et après, pouvoir revenir vers celles qu'on aime bien. Donc non, moi, je pense qu'il y a de la place. La vraie question par rapport aux entrepreneurs qui se lancent, c'est un peu... Parfois, il y a des choses qui se lancent et qui ne restent pas. Ce n'est pas forcément triste. Ça fait partie de la vie entrepreneuriale, parfois, de monter une boîte et que ça s'arrête. Là, j'ai en tête deux exemples récents. Une qui a été rachetée. parce que la stratégie n'était pas au rendez-vous. Et puis une autre où ça s'est arrêté parce que la production ne suivait pas et n'était plus possible. Donc c'est vrai qu'en tant qu'entrepreneur, pour ceux qui le sont, il faut avoir en tête que ça peut un peu s'arrêter du jour au lendemain. C'est difficile, en tout cas pour les petites structures. Et du coup, la question, c'est plutôt... Qui restera et qui sera demain un aussi géant qu'un Coca-Cola ? C'est un peu ça l'idée.
- Speaker #0
Je pense que c'est effectivement un challenge. Quel que soit le secteur d'activité aujourd'hui pour un entrepreneur qui se lance, il y a forcément cette interrogation sur sa capacité à durer dans le temps. Dans la boisson, ça l'est tout autant. Qu'est-ce qui pourrait permettre justement à un entrepreneur de durer, de pérenniser son activité ?
- Speaker #1
Dans la boisson, on a dit le goût déjà, très important. C'est d'abord le goût, il faut que ce soit bon. Et après, pour la suite, j'imagine, parce que ce n'est pas ce que je fais, mais de ce que je peux voir, j'ai le sentiment qu'il faut avoir une bonne intuition et prendre les bonnes décisions. C'est-à-dire qu'au moment où ça prend, il ne faut pas vouloir aller trop vite et grandir trop vite. Il faut arriver à continuer à grandir progressivement. Parce qu'en fait, il y a des super boîtes qui tombent après avoir eu une superbe explosion des ventes ou un passage télé. C'est un peu triste quand ça se passe comme ça, parce qu'on se dit que ça va être exponentiel. Et en fait, les reins de l'entreprise... Et sa structure ne sont pas assez solides pour pouvoir assumer des volumes qui sont trop importants. Donc je dirais garder cet esprit de grandir pas à pas, par étapes. Et puis d'avoir une vision en fait et de ne pas raccourcir sa vision et le but à atteindre parce qu'il y a une opportunité. Sauf si on est entrepreneur et que son but c'est de vendre son entreprise. Là, let's go, foncez. Et puis comme ça, vous saisissez rapidement une opportunité pour vendre. Mais sinon, non, c'est un petit peu comme tout dans la vie. Il faut construire les choses pas à pas, ne pas être trop pressé, saisir les bonnes opportunités, suivre son intuition. Mais le plus important, ça reste quand même d'avoir un bon produit.
- Speaker #0
Les bons produits, où est-ce qu'ils trouvent leur place, tu penses ? Un produit qui est bon, qui est nouveau. Est-ce qu'il ne trouverait plus facilement sa place chez un cavis, dans un restaurant, dans une épicerie fine ?
- Speaker #1
Ça dépend un peu de l'envie de l'entrepreneur. Au final, tu as des entrepreneurs qui créent des boissons, qui ont envie d'être que dans des lieux très premium, de travailler qu'avec des grands sommeliers ou des chefs étoilés. Donc, en fait, tu choisis un peu ton positionnement. Après, il y a un vrai sujet. Il y a les entrepreneurs aussi qui se disent, moi, je veux lancer une boisson et je vais en grande distribution pour plein de raisons. Soit pour que ça aille plus vite, soit pour faire découvrir au plus grand nombre, ce qui est très bien aussi. Après, c'est un autre système. Après, il y a quand même une chose qui est importante, c'est qu'il y a le coût de production dans tous les cas de ton produit. Et souvent, ça va déterminer là où tu veux aller parce que si tu vends ton produit assez cher, il y a certains réseaux, circuits de distribution où malheureusement, ça ne marche pas. Donc, c'est un peu à choisir. Et puis après, parfois, on essaye d'aller quelque part et puis ça ne marche pas. Donc, il y a souvent, moi, les entrepreneurs pour qui j'ai travaillé, ils ont souvent testé la grande distribution et ils y sont revenus. parce que le modèle d'achat dans la grande distribution, qui est un modèle de géant, ne correspond pas exactement à celui de plus petite boîte. Mais après, il y a plein de petites boîtes pour lesquelles je n'ai pas bossé, mais que je connais, qui arrivent à super bien travailler avec la grande distribution. Donc au final, là-dessus, ça dépend quand même. J'ai l'impression que ça dépend un peu d'où l'entrepreneur a envie de placer son produit. J'ai l'impression qu'au départ, c'est ça. Après, il y a un sujet sur le tarif, parce qu'évidemment, le but, j'espère, c'est quand même de rendre les boissons accessibles et qu'on puisse les acheter. Mais pareil, tu peux choisir d'avoir un circuit de distrib avec un prix exorbitant et que ce soit très fermé. Pourquoi pas ? Je trouve que ça n'a pas trop d'intérêt si tu te lances dans la boisson sans alcool et que tu veux innover. je dirais que ces deux points là c'est des points importants et après entre cavistes, épiceries fines Hôtellerie, restauration, parfois c'est le format. Parfois c'est le format, il y a des formats qui... Je ne sais pas, par exemple, la typologie des événementiels traiteurs. Il y a des formats qui sont très adaptés à cette typologie-là. Donc voilà, parfois il y a ça aussi.
- Speaker #0
Et tes clients, tu les sens ouverts à la nouveauté ?
- Speaker #1
Oui, oui, bien sûr. Bien sûr, mais toujours. Tout ce qui est nouveau est intéressant. Après, ça dépend comment on le présente. Honnêtement, je ne crois pas avoir rencontré de restaurateur qui me disait les nouveautés, non merci.
- Speaker #0
On ne veut pas.
- Speaker #1
Non, parce que ce sont des passionnés, ce sont des passionnés curieux. À partir du moment où le produit est là et où on peut le goûter, on teste. Après, encore une fois, moi, je ne suis pas dans une démarche quand je rencontre des gens de vente. Donc, je suis plus dans une démarche de faire découvrir. Et donc ça, peut-être que l'intention que tu mets dans la rencontre, elle est différente. Parce que moi, ce qui m'intéresse, c'est de faire découvrir, mais c'est aussi de rencontrer une personne qui a peut-être des choses à m'expliquer. J'ai rencontré des super... Les gens qui me marquent, moi, souvent, c'est les chefs. Les chefs de cuisine.
- Speaker #0
Ah bon ?
- Speaker #1
Oui, il y a des personnes qui ont tellement de... C'est les chefs de l'ancienne génération, souvent, ça fait 30 ans qu'ils sont dans la même maison. Donc, ils ont vu des tas de commerciaux débarquer. Et souvent, ça se passe bien quand on échange et ils ont des vrais retours d'experts sur la boisson. Et puis, ce qui est bien, c'est que c'est des personnes qui ne mentent pas, qui sont très honnêtes. Si ça leur plaît, ils te le disent. Si ça ne leur plaît pas, ils te le disent et ils te disent pourquoi. Et ça, ça fait avancer aussi.
- Speaker #0
Si tu rencontrais un entrepreneur qui veut se lancer demain, qu'est-ce que tu pourrais lui conseiller ?
- Speaker #1
Moi, ce que je lui conseillerais, c'est d'y croire, c'est d'avoir envie, c'est de partager aux équipes cette envie profonde et ce pourquoi il s'est engagé dans l'entrepreneuriat et s'y mettre à fond parce qu'en fait... Pour les personnes qui travaillent dans l'entreprise, ça inspire, ça donne envie, on a envie de se battre. pour faire connaître pour l'entreprise. Donc, je dirais qu'il faut qu'il ait envie, qu'il y croit et qu'il le transmette, qu'il transmette cette envie. Ce n'est pas grave de croire à fond en quelque chose qui est peut-être imparfait. Mais pour moi, c'est ce qui m'anime le plus quand je rencontre un entrepreneur et je pourrais suivre n'importe qui à partir du moment où il y croit.
- Speaker #0
C'est un très beau conseil.
- Speaker #1
Ah oui ? Je ne sais pas.
- Speaker #0
Je pense que c'est un très beau conseil. Effectivement, on se lance dans une aventure. Si on n'y croit pas, c'est compliqué après de fédérer autour du projet. Donc, il faut que l'entrepreneur y croie et qu'il y ait à fond.
- Speaker #1
Oui, puis on est dans une croyance dure comme fer. C'est-à-dire que s'il y a des difficultés, il faut continuer d'y croire. C'est dans ce sens-là. Ce n'est pas y croire quand on démarre. Quand on démarre, on y croit. C'est vraiment... continuer d'y croire au fur et à mesure des aléas de l'entreprise, que ce soit de belles surprises ou de mauvaises surprises. Parce que si on n'y croit plus, tout s'arrête.
- Speaker #0
Je crois que tu es dans la bonne maison aujourd'hui pour ça, en termes de détermination et de persévérance. Aujourd'hui, tu es au bon endroit.
- Speaker #1
Oui, oui, oui, bien sûr, bien sûr. Je suis d'accord avec toi, mais ce n'est pas la seule maison. mais il y a une petite... très belles et petites communautés d'entrepreneurs dans la boisson qui représentent ce que je dis. Maisons Specht, Sébastien est très impressionnant et très inspirant, mais il n'est pas le seul à se battre dans cet univers. De toute façon, ils vont tous passer dans ton podcast pour raconter.
- Speaker #0
Je le souhaite, j'espère. En tout cas, merci beaucoup. Est-ce que tu as un dernier mot pour nos auditeurs ou nos auditrices ?
- Speaker #1
Un dernier mot ? Écoutez, faites-vous votre avis en goûtant ce que vous avez dans l'assiette ou dans le verre. Et puis, si vous aimez, peu importe le packaging ou l'histoire, parlez-en autour de vous pour le faire connaître.
- Speaker #0
Génial, génial. Merci beaucoup Laetitia, ça a été un plaisir de te recevoir et d'échanger avec toi aujourd'hui. Je pense que nos auditeurs et nos auditrices ont ressenti ta passion et j'espère que ça leur a donné envie, comme tu dis, d'aller goûter, de tester des nouvelles choses et de permettre à l'offre de s'accroître un peu partout.
- Speaker #1
Merci Mickaël.
- Speaker #0
Merci Laetitia. A très bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode de Business & Boissons. J'espère que vous avez autant apprécié cette conversation que moi. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager, à commenter. et à mettre les 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Si vous souhaitez continuer à suivre l'aventure et découvrir d'autres histoires inspirantes, n'hésitez pas à écouter nos précédents épisodes et à nous suivre sur les réseaux pour être informé des prochaines sorties. A très bientôt et encore merci d'être à l'écoute de Business & Boissons.