- Speaker #0
Bonjour et bienvenue, je suis Mickaël Salinière. Après avoir travaillé plus de 10 ans en banque, je me suis lancé dans l'entrepreneuriat pour créer une marque de boissons sans alcool. Partant de zéro, j'ai décidé d'aller à la rencontre des acteurs du secteur pour comprendre les défis qui m'attendaient. C'est cette aventure que je vous invite à partager dans le podcast Business & Boissons. Au fil des épisodes, nous découvrirons des personnalités qui nous raconteront leur parcours, mais surtout qui viendront nous donner des clés pour appréhender au mieux l'univers de la boisson. Une célèbre phrase dit que la valeur n'attend pas le nombre des années. Cette citation trouve souvent résonance dans l'entrepreneuriat et notre invitée du jour en est une excellente illustration. A seulement 28 ans, elle a déjà fondé plusieurs entreprises et relevé de nombreux défis. Elle a prouvé son talent jusqu'à être sacrée en 2025 deuxième meilleure épicerie fine de France. Ce succès n'est pas arrivé par hasard. Derrière cette reconnaissance se cache de la détermination, de l'ambition et une passion sans faille pour le goût et l'authenticité. Aujourd'hui... J'ai l'honneur et le plaisir de recevoir Justine Bobin, fondatrice de l'épicerie fine Almaera, deuxième meilleure épicerie fine de France. Bienvenue Justine.
- Speaker #1
Oui, bah écoute, merci de l'invitation et bonjour à toi. Je suis ravie d'être là.
- Speaker #0
Moi aussi.
- Speaker #1
Ça fait super plaisir. Première expérience.
- Speaker #0
Super, bah j'espère que ça va bien se passer.
- Speaker #1
Y'a pas de raison.
- Speaker #0
Je suis ravi de te recevoir aussi, ça fait un moment que je suis ton travail. Je vois aussi les difficultés auxquelles t'es confrontée et quand j'ai vu que t'avais été sacrée deuxième meilleure épicerie fine de France... J'ai été vraiment content pour toi, donc je n'ai pas pu résister à l'idée de t'inviter dans le podcast et je suis vraiment content que tu sois là aujourd'hui.
- Speaker #1
Bah écoute, merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu peux te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas ?
- Speaker #1
Ok, parfait. Alors, je m'appelle Justine Beubin, j'ai fondé en 2022, décembre 2022, Almaera, donc mon épicerie fine, après une grosse galère personnelle et j'ai trouvé finalement la force de rebondir et... l'épanouissement total professionnel dans ma boutique. Je suis maman d'un petit garçon de 4 ans, maman solo en fait, on a un peu tout perdu tous les deux. Lui il avait 6 mois, moi 25 ans. Et puis on a relevé les défis ensemble, j'ai fondé mon entreprise en me disant que je voulais que mon petit garçon soit fier de moi. Et aujourd'hui c'est le cas. Aujourd'hui il dit, tu vas à la boutique maman. Du coup, j'ai une épicerie fine qui invite au voyage, au partage, à la gourmandise. J'ai voulu mettre toutes mes valeurs dedans, tout simplement. Pas faire forcément un commerce avec toutes les notions de marketing qu'on peut trouver dans un commerce, mais plutôt avec toutes les valeurs humaines qu'on peut mettre dedans. Parce que je pense que ce qu'on a besoin, c'est un commerce de proximité, du lien accordé de la valeur aux liens humains, au partage, aux conseils. Au sourire, aux petites attentions qu'on peut apporter avec les gens. Et puis avec un peu plus de gourmandise dedans, c'est encore mieux.
- Speaker #0
Super. Ton épicerie fine, elle est au Creusot en Bourgogne. En général, c'est toi qui fais voyager tes clients avec tes produits. Mais aujourd'hui, est-ce que tu peux nous faire voyager et nous présenter le Creusot ?
- Speaker #1
Ok. Le Creusot, petite bourgade de 20 000 habitants où je suis née. Je suis partie 8 ans sur Dijon et je suis revenue au Creusot. C'est ma ville de cœur. parce que on est proche des grandes villes par la ligne TGV, donc Paris-Lyon, 40 minutes de Lyon, 1h20 de Paris. Et puis à la fois, on a la nature, pas de bouchons, pas trop de monde. Tout est accessible rapidement et c'est vraiment une ville que j'apprécie, qui est en plus dynamique parce qu'on propose de participer à plein d'événements. Et je suis ravie de pouvoir faire partie intégrante d'une société locale dynamique et innovante.
- Speaker #0
Stylé. Si je venais passer une journée au Creusot, qu'est-ce que tu me ferais absolument découvrir ?
- Speaker #1
Ma boutique ! C'est pas narcissique du tout. Je te ferais découvrir le château de la Vérier, qui est un château de la famille Schneider. et qui a laissé un château magnifique, je trouve, avec un parc qui a tout son charme au milieu de la ville. Et c'est vraiment, je trouve, un lieu assez chouette.
- Speaker #0
Le château, le parc sont accessibles ? Oui,
- Speaker #1
le parc est totalement accessible. Donc c'est vraiment un endroit central où on peut emmener les enfants jouer, il y a des animaux, on peut pique-niquer, c'est très charmant. Moi, j'y vais courir. C'est très agréable. Et le château est aussi accessible. Il y a des visites, etc. Et puis, il y a régulièrement des événements qui sont organisés, soit dans le château, soit dans la cour du château. Récemment, le festival des rugissantes auquel j'ai participé. Donc moi, je vendais des glaces artisanales. Et puis, il y avait un festival des arts de la rue. Donc c'était assez divers et c'était vraiment très beau.
- Speaker #0
C'est une ville, comme tu disais, qui est assez dynamique quand même, le Creusot.
- Speaker #1
On essaye.
- Speaker #0
Tu as grandi là-bas ?
- Speaker #1
Oui, je suis née là-bas. Je suis née à 200 mètres de chez moi, de la maison de mes parents. L'hôpital étant tout proche. Et puis je suis partie quand j'avais 17 ans à Dijon.
- Speaker #0
C'est comment de grandir au Creusot ?
- Speaker #1
Calme. Peut-être un peu trop calme quand on a une vie d'ado, je pense. Mais sympa parce qu'on vit quand même proche de la nature et je pense que c'est important.
- Speaker #0
Je pense que ça, c'est des choses que quand on est enfant, on ne s'en rend pas forcément compte. Et c'est plus tard, quand on est plus grand, qu'on redécouvre ce besoin et à quel point ça peut être agréable de grandir ou de vivre à côté de la nature.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Et à quel moment tu as déménagé ? Tu as dit qu'après tu es parti sur Dijon, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça, j'ai fait un bac pro, j'étais en filière scientifique au lycée du Creusot. En soi, j'avais les bonnes notes, mais ça ne me correspondait absolument pas. Et puis, je n'étais pas super bien dans ma peau quand j'étais ado. Et du coup, j'ai tout arrêté. J'ai fait un bac pro de cuisine. Et le lycée professionnel le plus proche était Dijon. Du coup, je suis partie à Dijon.
- Speaker #0
Pour le lycée ?
- Speaker #1
Pour le lycée. Et après, même le lycée pro, finalement, ça ne m'allait quand même pas. Du coup, j'ai fait un apprentissage d'un an pour avoir quand même un bac en poche. J'ai eu mon bac et à 19 ans, du coup, j'ai fait ma première entreprise.
- Speaker #0
Mais quand tu as fait le choix de la cuisine, c'est la cuisine qui vraiment t'intéressait ou c'était parce qu'il fallait faire quelque chose, il fallait trouver une filière et passer ton bac ?
- Speaker #1
Alors, la vérité, c'est que... Quand j'ai arrêté ma première S en cours d'année, ma mère m'a dit, alors c'est très bien d'arrêter, mais tu fais quelque chose de ta vie. Et donc tu fais des stages, etc. Et c'est là où je remercie mes parents, parce qu'ils se sont un peu démenés pour, même si j'étais en rupture scolaire, d'avoir des conventions de stages du lycée pour que je puisse faire quelque chose, etc. Et j'ai fait des stages en cuisine, parce que j'aimais bien faire des gâteaux à la maison. C'était pas vraiment une vocation. Et après, je me suis dit, ah oui, c'est cool. Mais en fait, ce qui était surtout cool, c'est que je puisse créer, faire quelque chose de mes mains, pas trop réfléchir aussi, parce que je pense que je cogitais pas mal aussi. Et c'est ça qui m'a orientée vers la cuisine. Et après, une fois que j'ai fait mon bac pro, que j'ai fait un an d'apprentissage, toute la journée, on me dit, oui, chef ! Et qu'au fin de soir, à minuit, une heure du mat, qu'on a donné quelque chose aux gens, parce qu'on a créé quelque chose, on a fait des plats, etc. Mais que finalement, on ne voit personne. Il me manquait un lien humain, en fait, je pense.
- Speaker #0
Et du coup, tu as dit qu'après, tu as lancé ta première entreprise directement, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et tu as voulu apporter, trouver ce lien tout de suite, c'est ça qui t'a motivée ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, j'ai fait les marchés, j'ai fait des pâtisseries. au début, des biscuits, cookies, cakes, tout ça, que je vendais sur les marchés à Dijon. Et après, ça s'est transformé en pâtisserie orientale. Pas parce que je voulais forcément faire un truc oriental, mais parce qu'en termes de business, c'était plus porteur, on va dire.
- Speaker #0
Ok, t'avais vu que les pâtisseries orientales, j'avais... Ok.
- Speaker #1
J'avais fait des pâtisseries orientales, en fait, pour un ramadan. Parce que c'était la période du ramadan. Et j'ai vu... que ça marchait énormément et que les marges étaient la plus conséquente.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et du coup, mon âme de businesswoman a pris le dessus. J'ai fait des platines très rentables. Au début, les marchés, puis après, Foirexpo, salon gastronomique, braderie, marché de Noël, etc.
- Speaker #0
Il paraît que les marchés, c'est une excellente école de la vie.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord avec toi. Parce que qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige, ben t'es là.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #1
Les gens, des fois, ils ne sont pas là. Mais toi, t'es là, avec tes produits. Si t'avais pas été là, et que des gens seraient passés et t'avaient pas vu, bah la prochaine fois, ils se seraient pas arrêtés vers toi, en fait.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et tous les jours, tu fais ton stand, tu défais ton stand, tu fais ton stand, tu défais ton stand. C'est pas comme une boutique où tes rayonnages sont faits, en fait. Et donc, même physiquement, c'est éprouvant.
- Speaker #0
Et toi, j'imagine que tu devais avoir à peine 18 ans, 19 ans, peut-être ? 19. T'as trouvé la force de faire ça et d'y aller tous les jours ?
- Speaker #1
Ouais. Et en plus, j'ai commencé avec pas de moyens. C'est-à-dire que j'avais acheté sur le bon coin un Kangoo.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
qui tombait en panne une fois sur deux. J'avais payé 900 euros parce que j'avais pas de moyens du tout quand j'étais jeune. J'avais acheté des tables, un parasol. Et puis après, j'avais surtout mis plus d'argent pour mettre ma cuisine personnelle aux normes.
- Speaker #0
Et après,
- Speaker #1
j'avais fait avec les moyens du bord. Mais les moyens du bord, des fois, c'était un peu limite.
- Speaker #0
Et t'as fait ça pour combien de temps du coup ?
- Speaker #1
Les marchés, j'ai fait ça quasiment six ans.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En fait, j'ai fait ça. Et puis, quand il y a eu le Covid, toutes mes foires expo ont été annulées. Et j'avais versé des accomptes. Il faut savoir que la dernière foire que j'aurais dû faire, c'était Eurexpo.
- Speaker #0
C'est une très grande foire.
- Speaker #1
Donc à Lyon. Et mon stand m'avait coûté quasi 4000 euros.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et ils m'ont remboursé. Donc ça, c'était en 2021. 2020. Donc, c'était mars 2020, début du Covid. Ils m'ont remboursé en octobre 2020. Ils ont gardé 15%. Je m'en souviens encore aujourd'hui et je les balance, tu vois, parce que ça m'énerve.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai que le Covid, ça a été quand même assez... ça a été très difficile pour les entreprises. Et surtout les petites entreprises, finalement. Et on oublie, parce que maintenant, c'est vrai que ça fait déjà presque cinq ans, on oublie l'impact que ça a eu. Mais pour les entrepreneurs, comme tu l'étais à l'époque, c'est fou, tout s'arrête d'un coup. Qu'est-ce que tu fais ? Comment tu réagis à ça ?
- Speaker #1
Je me mets à vendre des fruits et légumes. Parce qu'en soi, mon activité sur les foires expo était terminée. Les gens n'avaient pas la tête à manger des pâtisseries orientales. C'était plus des choses de... de l'alimentation quotidienne et il y a certains marchés qui avaient obtenu des dérogations pour rester ouverts. Et à partir de là, j'ai vu une opportunité. Donc j'étais pas seule, j'avais mon ex-conjoint avec moi et qui lui aussi avait une entreprise. Du coup, on a mis en commun nos entreprises et on a fait des stands de fruits et légumes sur les marchés. de Dijon et alentour, qui avaient obtenu une dérogation. Et en livraison à domicile, je n'avais pas du tout de réseau social personnel, mais j'ai créé un Facebook. Comme ça, en disant « Coucou, on fait des livraisons à domicile de fruits et légumes français, ou français quand on peut, en agriculture raisonnée, avec des labels comme HVE, etc. » Pas forcément bio, mais toujours de très bonne qualité. Et on a publié des photos des paniers qu'on faisait, etc. Et les gens, ils commandaient sur Facebook. Mais c'était dingue. C'est-à-dire qu'il y a des marchés, je m'en souviendrai toujours. On avait 12 mètres de stand. C'est beaucoup 12 mètres sur un marché. Bah oui, mais en fait, il y avait de la place, vu qu'il n'y avait pas tous les autres. Tous les produits manufacturés ne pouvaient pas être vendus sur les marchés. C'était uniquement l'alimentaire et l'alimentation quotidienne. Donc du coup, les fruits et légumes avaient toutes leurs places. Et à partir de là, on avait 12 mètres de stand, on était 4 vendeurs. Et il y a des jours où je n'osais même pas lever la tête du stand tellement il y avait la queue. C'était impressionnant, on avait un camion, un petit semi. On le remplissait, on vendait entre 6 et 7 palettes par semaine. C'était dingue. Et quand on finissait le marché, je préparais les commandes des gens qui avaient passé commande de fruits et légumes la veille ou le matin. Et je les livrais l'après-midi. Donc j'étais partie à 4h du mat de chez moi. Et je rentrais, c'était 19h-20h. Et là, je me demande encore aujourd'hui, à l'heure actuelle, je me dis mais comment t'as fait pour tenir debout ?
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Mais en fait, l'adrénaline du moment fait que... On tient, en fait.
- Speaker #0
C'est trop bien, parce qu'en fait, tu arrives toujours à rebondir. Comme tu dis, tu as cet âme de businesswoman. Et à chaque fois, tu vois un peu les opportunités qui se créent. Tu essaies de les saisir, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, mais avec sens. C'est-à-dire que là, en même temps, l'idée de rendre service, l'idée de pouvoir garder un lien. Il y a des gens, ils venaient au marché. C'était un prétexte.
- Speaker #0
Bien sûr, pour ça.
- Speaker #1
Ils venaient acheter trois cerises, histoire de dire « Je suis venue au marché, j'en avais besoin. »
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. C'est important à cette époque-là.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Même si on gardait les distances, qu'on avait les masques, etc., qu'on faisait attention au fait de voir des gens. Surtout qu'on allait aussi dans des plus petits patelins. Je pense à Ruffet-les-Chiray, qui est à 15 minutes de Dijon, même pas. C'est un petit patelin, mais c'était la sortie pour les gens. C'était la sortie de la semaine, quoi. C'était ouf.
- Speaker #0
Et tu penses que ce dynamisme que vous avez connu durant le Covid, ça aurait pu continuer ou c'était juste un besoin qui était fort pendant le Covid où les gens avaient besoin de produits plus naturels peut-être de ce contact humain, d'aller au marché. Est-ce que tu penses que c'est quelque chose qui aurait perduré après le Covid ou qui se serait tassé finalement avec le temps ?
- Speaker #1
Ça s'est tassé avec le temps. Je peux te le dire, ça s'est tassé parce que des confinements, on en a eu trois je crois.
- Speaker #0
J'étais en Martinique à cette époque-là donc on n'a pas forcément...
- Speaker #1
Non, je crois qu'il y a eu Trou. Trois confinements. Le premier étant celui qui a marqué le plus les gens, je pense. Mais pendant les confinements, oui, c'était vraiment le marché au centre du lien humain, du partage dans les villes, etc. Après, ça s'est tassé vraiment, vraiment, vraiment tassé. voire même des commerçants qui sont contre. Et c'est un peu ingrat de dire vous nous avez connus pendant le Covid et puis après, on ne vous a plus vu. Mais moi, ce que j'observe à l'heure actuelle, c'est que les gens ont toujours besoin de liens humains parce que des commerces comme le mien existent et que les gens, ils ne viennent pas que acheter, ils viennent aussi discuter.
- Speaker #0
C'est important.
- Speaker #1
Pour mon plus grand bonheur parce que je suis super bavarde.
- Speaker #0
Ok. Super. Et du coup, comment tu arrives à fonder Almayra ? Après cette expérience, qu'est-ce qui fait que tu arrêtes et que tu décides de repartir sur, cette fois-ci, une boutique, une épicerie fine ?
- Speaker #1
Alors, j'avais pour idée déjà de base de faire une boutique. Parce qu'au moment où j'attendais mon fils, j'avais bien conscience qu'élever un nourrisson et faire aller marcher, c'était pas trop compatible. Du moins, difficilement compatible. Et je voulais garder une activité professionnelle. du coup je réfléchissais à prendre un local pour faire une épicerie mais plus alimentation générale fruits et légumes haut de gamme sur Dijon à l'époque où j'étais toujours mariée mais j'avais cette barrière de on ne t'acceptera pas tel que tu es avec ton foulard En fait, on m'a plutôt mis dans la tête, je pense même pas que c'était moi, on m'a plutôt mis dans la tête que de toute façon, avec mon apparence, je pourrais avoir toutes les compétences du monde et je pourrais avoir les meilleurs produits du monde, ça ne passera pas. Et je trouvais ça super injuste.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et après, quand je me suis séparée et qu'il a bien fallu que je trouve quelque chose à faire, Je me suis dit, fais ta boutique. De toute façon, les loyers au Creusot sont beaucoup plus moindres. Et du coup, quand je me suis dit, je vais faire quelque chose, je pourrais revenir au salariat alors que je n'ai jamais été salariée. J'étais apprentie un an.
- Speaker #0
Quel métier je peux faire ?
- Speaker #1
Pas possible. Vraiment impossible. Quand tu as goûté à la liberté d'être à ton compte, c'est foutu. Et du coup, je me suis dit... d'âme. Je reviens à mon idée de base de faire une boutique, mais une boutique de quoi ? Je ne savais pas trop. Et il y a un magasin d'épices, ou plutôt une espèce d'entrepôt, qui vendait des épices et du thé, vraiment perdu dans la campagne vers Saint-Jean-Goul national.
- Speaker #0
Je ne connais aucune ville que tu cites à partir de mon épicure tout à l'heure.
- Speaker #1
Mais je t'inviterai et tu vas connaître.
- Speaker #0
Je viendrai avec plaisir.
- Speaker #1
Et dans cette ville, il y avait cet entrepôt et les gens venaient vraiment acheter leurs épices et leurs thés là-bas, faisaient la route pour ça. Et là, je me suis dit, si ça marche en plein milieu de la campagne, pourquoi ça ne marcherait pas au Creusot ?
- Speaker #0
Donc là, tu as cru, tu t'es dit qu'on pourrait ouvrir un endroit où on vendrait encore une fois des thés, des épices et que ça pourrait fonctionner au Creusot.
- Speaker #1
Et qu'avec mon métier de base de cuisinière, j'avais toutes les compétences pour. mener à bien ce projet et mettre ma sauce surtout tu vois ajouter ma pâte au projet parce que finalement Almayra c'est pas que des épices et du thé c'est beaucoup d'autres choses tu vois. T'as aussi bien du miel, des confitures, des tartinables, j'ai un rayon japonais, des spiritueux sans alcool plein de choses comme ça qui font que c'est un lieu singulier à mon image.
- Speaker #0
et si on revient un peu en arrière tu le disais récemment dans un post LinkedIn effectivement qu'à un moment donné tu as dû repartir de zéro tu as traversé des difficultés, tu as dû repartir de zéro comment on repart personnellement comment tu as retrouvé l'énergie finalement pour repartir dans un autre projet
- Speaker #1
Je ne sais pas. Je pense sincèrement que je n'aurais pas eu un petit bébé de six mois dans les bras. Je ne me serais pas relevé aussi vite et avec autant de force. Je pense que toutes les mamans de la Terre ont ce sentiment de dire « Ok, je n'ai pas le loisir de pouvoir rester sous ma couette me morfondre. » Et puis, il y a ce truc de dire « J'ai envie que mon enfant ait la meilleure vie possible. » Je pense que le départ, c'était ça. Et puis après, la suite, c'était « Ok, j'ai mon fils, mais je suis digne et je vais montrer à tout le monde que je suis capable. » Parce qu'on m'a dit une phrase, quand je me suis séparée, on m'a dit « De toute façon, t'es rien sans moi. » Et j'ai dit « Ok, mon coco, on va en reparler dans quelques années. »
- Speaker #0
Il faut avoir des moteurs, je pense que ça peut aussi être des phrases qui motivent, d'avoir cette envie de montrer qu'on peut faire plein de choses par soi-même.
- Speaker #1
Mais complètement, et puis qu'en fait, quand on est une femme, on n'est pas enfermé dans un mariage, on n'est pas enfermé dans un cadre, on peut être ambitieux, on peut être... Pourquoi on ne le serait pas en fait ?
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr, tu as complètement raison.
- Speaker #1
Bah ouais, mais il y a des fois, on oublie. Moi, je me le suis rappelé, c'est tout.
- Speaker #0
C'est bien que tu le dises aujourd'hui et que ça puisse faire résonner auprès de nos auditeurs et de nos auditrices du coup. Et pour repartir, alors, parce que tu veux fonder une épicerie fine, c'est très bien, c'est un beau projet, mais tu repars de zéro. Comment tu fais pour arriver à créer Almaera, finalement ?
- Speaker #1
Alors, en termes de finances, je partais pas complètement de zéro. Et après, j'ai pu compter sur ma famille. Moi, mon idée, c'est de pas faire de prêt bancaire. D'accord. C'est mon idée personnelle, chacun fait ce qu'il veut, j'ai pas d'avis là-dessus.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais du coup, j'ai tout fait en fonds propres. en me disant, je commence petit, et par la suite on verra. Et en fait, j'ai ouvert le 1er décembre, et j'ai fait un chiffre d'affaires quand même assez conséquent sur le mois de décembre. J'ai fait ce que je pourrais appeler maintenant un bon mois classique. C'était mon premier mois de décembre, et ça m'a permis d'avoir les finances, de refaire un stock, etc. Et ça m'a permis de me payer dès le premier mois.
- Speaker #0
Dès le premier mois, tu as pu te réveiller ? Chez les entrepreneurs, je pense que tu vas créer des envieux là.
- Speaker #1
Oui, écoute, petite fierté, voilà. C'est dit.
- Speaker #0
Ok, super, bravo, parce que partir, comme tu dis, sur fond propre, et quand on voit ce que tu as créé aujourd'hui, on n'a pas forcément ça en tête. Donc bravo, c'est une belle performance.
- Speaker #1
Oui, après je pense aussi que le fait que je n'achète pas de pas de porte, que mon loyer soit une location abordable, que j'ai un propriétaire particulier qui est très conciliant aussi. Je tiens à le préciser. Je n'ai pas payé de frais de dossier d'agence immobilière ou autre. Et j'ai un propriétaire qui m'a offert mon premier mois pour que je puisse faire mes travaux.
- Speaker #0
D'accord. Donc, ça t'a permis de commencer avec un budget peut-être plus restreint, en tout cas plus modéré.
- Speaker #1
Oui. Mais en fait, je pense que c'est le fait de s'entourer de gens qui ont les mêmes valeurs humaines que moi qui font que ça crée des... des conditions favorables.
- Speaker #0
C'est vraiment important dans le choix des partenaires, de chercher finalement pas que la compétence ou le prix, mais d'aller chercher aussi les valeurs.
- Speaker #1
Je pense qu'il faut être aligné en fait. Il n'y a pas de relation, même dans le business, je pense que les relations de business où on n'est pas aligné, ni avec ses clients, ni avec ses collaborateurs, je pense que c'est des très mauvaises relations.
- Speaker #0
Et au début, toi tu voyais quand même cet exemple de cette commerce qui vendait du thé et des épices à proximité, mais tu t'es pas... Tu n'as pas eu peur quand même, notamment quand on évoque la baisse des fréquentations, des commerces de proximité ? Ce n'est pas quelque chose qui t'a inquiété au départ au moment de te lancer ?
- Speaker #1
Il y a beaucoup de choses qui m'ont inquiété au départ de me lancer, mais en fait, je n'avais pas de plan B. Le truc, c'est que moi, je suis partie en étant convaincue que de toute façon, il fallait que ça marche, parce que je n'avais pas le choix, tu vois. Et que donc toute mon énergie servirait à fonder une entreprise pérenne, simple. J'avais que ça en tête. Mais j'avais peur de beaucoup de choses. J'avais peur de mon image, de ne pas être acceptée comme je suis, parce qu'on ne m'avait pas acceptée comme j'étais avant. Donc j'avais peur de ça, au point où les six premiers mois d'Almaera, ni sur les réseaux sociaux, ni dans les journaux qui ont annoncé l'ouverture de la boutique, il n'y avait mon image. Je refusais catégoriquement.
- Speaker #0
Mais t'es en retraite, tu ne te montrais pas au départ.
- Speaker #1
Ah oui, le premier article du journal de Sonnet-Loire, c'était la vitrine de la boutique sans moi.
- Speaker #0
Ok, non mais c'est fou parce qu'aujourd'hui, je vois comment tu communiques aussi et on aurait du mal à imaginer ça. T'as l'air tellement à l'aise aujourd'hui avec ton image et avec qui tu es.
- Speaker #1
J'ai fait du chemin en fait mais c'est surtout quand je faisais les travaux dans le local ça allait même plus loin que ça quand je faisais les travaux dans le local donc j'étais en habit pour faire des travaux jogging sur vêtements, pleine de peinture enfin voilà quoi et les gens du quartier pensaient que j'allais ouvrir un kebab parce que je porte un foulard je me suis dit ok, on commence mal Je me suis dit, dans une petite ville, ils ont une image un peu rétrograde, etc. Je me suis dit, c'est foutu, ils ne viendront jamais chez moi, il ne faut pas qu'ils sachent que je porte un voile. Et donc, je n'ai rien dit, même si ça m'a affectée, franchement. Et du coup, à partir de là, je me suis dit, ok, il va falloir travailler cette image et bien gérer la communication. Donc au début, je ne voulais pas montrer ma tête. Et puis j'ai rencontré une personne formidable qui s'appelle Alexia qui m'a dit « Mais tu es rayonnante dans ta boutique, pourquoi tu ne serais pas rayonnante sur les réseaux sociaux ? Ose, qu'est-ce que tu as à perdre ? » Et maintenant, c'est ma devise. C'est-à-dire que quand je n'ose pas faire quelque chose, je me dis « Qu'est-ce que tu vas perdre ? » Et la réponse en général, c'est « Rien » . Qu'est-ce qui peut se passer au pire ? En général, la réponse est « Rien » ou « Pas grand-chose » . ou pas quelque chose de vraiment déterminant. Et du coup, je le fais. C'est pour ça que je suis avec toi, par exemple.
- Speaker #0
Non, mais c'est super. Parce que je voulais qu'on évoque la communication, justement. C'est bien de voir qu'il y a un cheminement, finalement. Quand tu dis qu'au départ, tu n'osais même pas te montrer. Et aujourd'hui, pour ceux qui veulent, qui n'hésitent pas à aller regarder sur les réseaux sociaux, Almayra, ce soir sur LinkedIn, sur Instagram, sur LinkedIn, Justine Bobin, sur Instagram, Almayra Lispis-Riffin. Voilà, tu as ce côté où, effectivement, tu es rayonnante, finalement, aussi, sur les réseaux. tu es en sport la parole, tu oses te montrer ?
- Speaker #1
Oui, complètement. En fait, j'ai passé six ans de ma vie à ne pas oser, à rester enfermée dans un mood qui ne me correspondait pas. Et à partir du moment où j'ai voulu prendre ma place vraiment, c'est là où j'ai commencé à m'éclater, en fait, à faire ce qui me plaît, à proposer ce qui me plaît aux gens et voir que ce qui me plaît, ça plaît aussi aux gens. Et à partir de là, je me suis dit, allons-y.
- Speaker #0
Et tu penses que la communication, ça a un gros rôle dans le succès de ta boutique aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, je pense que je ne communiquerai pas autant si ça ne me servait pas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'aime bien communiquer, mais je pense que maintenant, avoir un commerce de proximité, du moins puisque c'est que ce que je connais. Si on ne communique pas, ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien de faire les meilleurs produits du monde si personne n'est au courant que vous les faites.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Simplement. Et maintenant, le commerce, alors on peut être pour ou contre les réseaux sociaux, j'en ai pas à titre personnel.
- Speaker #0
C'est fou.
- Speaker #1
Mais par contre, avoir un commerce, il faut qu'il ait des réseaux sociaux, il faut qu'il ait une page vivante, il faut que sa fiche Google My Business soit à jour. Il faut même... Au début, je communiquais pas du tout sur LinkedIn. Et après, je me suis dit que oui, même avec... Les gens pouvaient avoir envie de savoir aussi, derrière Almaera, il y a Justine, Justine gérante. Comment ça se passe, être gérante d'épicerie fine, c'est quoi les défis tous les jours en fait ?
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr. Et tu dis que cette communication elle te sert, en quoi elle te sert ? Le fait de communiquer sur Instagram, ça permet d'avoir plus de flux à la boutique ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Faire des stories. Faire des stories tous les jours d'ouverture.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois, là, par exemple, je suis venue te voir, j'ai une petite story que tu as likée.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Quand j'étais dans le train. Après, c'est pareil, je partage que des choses professionnelles. C'est rare que je partage ma vie perso. Mais les gens sont intéressés par ce que je fais, ce que je propose comme produit, des inspirations en fait. Des fois, juste quelques coffrets cadeaux que je propose, je les mets en story. Ou un produit que je mets en avant, les nouveautés. Ça, je le fais régulièrement. C'est très important. Et puis après, en termes de postes, on en poste deux à trois fois par semaine sur Facebook, Instagram et sur LinkedIn.
- Speaker #0
Pas en ce moment parce que je suis un peu à la ramasse, mais sinon tous les jours.
- Speaker #1
Tous les jours, tu essayes de faire LinkedIn ?
- Speaker #0
Tous les jours, oui.
- Speaker #1
Tu arrives à trouver de l'inspiration, tu te fais accompagner, comment ça fonctionne ?
- Speaker #0
Alors, je trouve l'inspiration avec mon ami Chad J.P.T., mais j'écris mes posts.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Il m'aide à trouver des sujets intéressants et après, de manière générale, quand j'ai une idée, je la note et après, je me cale un temps d'écriture.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et quand j'ai de l'inspiration, j'écris. comme ça. Mais c'est toujours moi qui écris mes posts quand même.
- Speaker #1
Tu écris tous tes posts ?
- Speaker #0
Des fois, il reformule un peu. Mais le texte, c'est moi.
- Speaker #1
Parce que pouvoir écrire tous les jours et trouver des sujets intéressants, ce n'est pas si évident que ça en fait.
- Speaker #0
Après, j'ai la chance d'avoir une énorme source d'inspiration par les produits que je propose. Par la diversité des services que je propose, notamment aux entreprises, les produits sur mesure et les choses comme ça. Et puis après, je pense que quand on est passionné par ce qu'on fait, on a plus de facilité à en parler.
- Speaker #1
C'est vrai. Et c'est quoi l'intérêt de poster tous les jours sur LinkedIn ?
- Speaker #0
Je me suis fait des super potes sur LinkedIn. C'est vraiment, il y a plein de gens que j'ai rencontrés sur LinkedIn et avec qui je bosse maintenant. où juste on s'est pas forcément rencontrés mais on s'est parlé au téléphone on s'est donné des conseils des choses comme ça je trouve que c'est un réseau finalement hyper humain que je détestais à la base et je l'ai connu enfin disons je l'ai connu je le connaissais mais je publiais pas tous les jours et on a tagué ma vitrine moi je pense que t'as suivi l'épisode et j'ai posté le tag sur mes réseaux sociaux parce que j'étais indignée et le mot est faible. Et je me suis dit, non mais tu ne vas pas effacer ça. On ne va pas t'insulter sur ta porte sans rien dire en fait. Parce que la police, vous n'avez pas de caméra, vous n'avez pas de témoin, ça ne sert à rien et puis de toute façon, on ne se déplace pas.
- Speaker #1
C'est violent.
- Speaker #0
Oui, c'est violent. On vous fait ça en plein jour. Soumise va en Iran, pour les gens qui ne savent pas. Soumise va en Iran, sur ma porte, en plein jour. Je ne l'ai pas vue. Et c'est des clients, quand ils sont rentrés, j'ai vu leur tête, je me suis dit, mais ils ont un problème, c'est des gens que je vois... Que je vois régulièrement et qui sont toujours très joyeux. Ils n'ont rien osé me dire parce qu'ils pensaient que j'avais déjà vu. Et c'est après, quand j'ai retourné ma tête, je me suis dit, mais il y a quelque chose sur ma porte. Du coup, je n'arrivais pas à lire à l'envers. J'ai ouvert la porte pour lire à l'endroit. Et là, j'ai vu ça. J'ai été atterrée. J'avais ma collaboratrice, Salima, qui était avec moi. Mais j'étais folle de rage, en fait. Mais vraiment, je me suis dit, mais à quel moment on peut venir empiéter sur mes plates-bandes pour m'insulter ?
- Speaker #1
Ouais, non, c'est...
- Speaker #0
C'est violent.
- Speaker #1
C'est extrêmement violent. Je ne comprends même pas les mots, mais c'est fou qu'on en arrive là. C'est-à-dire que je pense que tu communiques pas mal, donc tu as l'habitude peut-être, ou tu commences à avoir peut-être des haters.
- Speaker #0
J'ai un fan club là.
- Speaker #1
Donc ça, tu me diras, c'est digital, c'est Internet, c'est les réseaux sociaux, on vit avec, ou les gens en tout cas essayent de faire avec, même si je pense que c'est quand même violent.
- Speaker #0
On ne vit pas avec.
- Speaker #1
On ne vit pas avec en plus. Donc tu me diras comment tu fais avec ça, toi ? Mais quand on vient taguer ta boutique, tu vois, là, on n'est plus sur Internet, on n'est plus sur le monde des réseaux sociaux. C'est ta réalité, c'est chez toi. Comment tu le vis, quoi ?
- Speaker #0
Déjà, tu le vis mal. Et puis après, tu te dis, c'est quoi la suite, en fait ? Ça veut dire, quand je vais sortir le soir, il y en a un, il va m'attaquer dans le dos. Parce que c'est lâche, en fait. Donc après, à partir du moment où c'est lâche, on se dit, c'est quoi la suite ? Il va venir cramer ma boutique. Il va venir faire quoi ? Parce que ça, on me l'a dit sur les réseaux. on va piller ta bouquille, des trucs comme ça. Mais... Non, c'est lâche. Pour en revenir à LinkedIn, quand j'ai posté sur LinkedIn, j'ai reçu un soutien incroyable sur LinkedIn. Donc, on peut dire tout le mal qu'on pense des réseaux sociaux. Il y a aussi une part de bienveillance qui est non négligeable, qui m'a fait connaître des personnes avec qui je bosse maintenant, à qui je parle tous les jours. On a un vrai groupe de soutien. On s'est vus en vrai, on a fait des événements pro ensemble, des afterworks sur Paris ensemble. On s'est rencontrés, c'était vraiment top. Et puis, voilà, on se soutient mutuellement depuis cette histoire. Et c'est eux qui m'encouragent et qui m'ont encouragé au début. On se dit non, mais il faut que tu postes sur LinkedIn. Tu as des choses à dire et il faut être régulier. Donc au début, ils te disent deux, trois fois par semaine. Et puis eux, ils postent tous les jours. Donc du coup, la dynamique fait que tous les jours, on va voir les posts de l'un, de l'autre. On partage, etc.
- Speaker #1
T'es obligé de te mettre au diapason et toi aussi. Oui,
- Speaker #0
mais parce que je veux bien quoi.
- Speaker #1
Oui, ça te plaît.
- Speaker #0
Ouais, ça me plaît. C'est vraiment cool en tout cas.
- Speaker #1
J'aime beaucoup LinkedIn aussi. C'est un réseau social que j'utilise pas mal. Et souvent, derrière, il y a beaucoup d'échanges. Tu peux aussi trouver beaucoup de soutien. Et moi, depuis que je me suis lancé dans la voiture entrepreneuriale, c'est un réseau que j'utilise beaucoup. Et je ne suis pas encore à un poste par jour. Je ne pense pas que j'y arriverai. Ça vient tout seul, t'inquiète. voilà toi aussi t'as commencé tu te faisais pas trop te montrer et finalement maintenant tu fais un poste par jour
- Speaker #0
En fait, oui. Moi, ce qui me plaît, c'est le lien humain, toujours. C'est la notion de partage, de lien humain et de partager des valeurs. Et en fait, je pense qu'on est beaucoup d'entrepreneurs à partager les mêmes valeurs, à partager les mêmes galères et les mêmes succès. Et c'est important de le dire aussi. Et du coup, ce soutien de gens qui nous ressemblent et qui partagent les mêmes choses est intéressant. Et puis, quand on peut passer du virtuel au réel, c'est encore mieux.
- Speaker #1
Bien sûr. Et Instagram ? Comment tu postes aussi pas mal ? T'as dit les stories. Là encore, c'est toi qui gères ça toute seule ou tu te fais accompagner ?
- Speaker #0
Alors, ma collaboratrice, Salima, elle est en alternance, elle est en Master 2 de communication marketing digital.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc là où quelqu'un dans un commerce aurait embauché un vendeur ou une vendeuse, moi j'ai embauché une chargée de com.
- Speaker #1
C'est un choix fort, c'est très très fort comme choix.
- Speaker #0
Après, ça a un coût tout suisse. Elle va écouter le podcast, Donc, franchement un gros big up à Sanima qui m'aide beaucoup. Et on est vraiment une équipe pour le coup. C'est ça qui est intéressant et elle fait beaucoup mais on fait toujours en collaboration, c'est-à-dire que ce sont des idées que nous mettons en commun, on écrit les posts mais il y a toujours un check derrière pour dire qu'est-ce que tu penses de ça, etc. Ce qui fait qu'à la fin, on fait une communication un peu commune.
- Speaker #1
Et à part la communication, qu'est-ce qui fait selon toi le succès d'Almaera ?
- Speaker #0
Ma spontanéité. Non, je pense que c'est toutes les valeurs qu'on met derrière. C'est le conseil en magasin, c'est l'identité du lieu où les gens disent qu'ils se sentent bien dans la boutique parce que c'est lumineux, c'est coloré et puis parce qu'on essaie toujours de... C'est marqué sur le panneau à l'entrée. Il y a toujours du soleil dans la boutique.
- Speaker #1
C'est beau. Les gens sont attachés à ça, au fait que... Oui,
- Speaker #0
c'est toutes les valeurs qu'on met derrière, c'est l'univers qu'on propose, je pense. Et je pense que mon univers me ressemble, et je pense que quand on met toutes ces valeurs et son identité propre, les gens, ça plaît aux gens.
- Speaker #1
Et on retrouve quoi comme produit alors chez Almaïra ?
- Speaker #0
C'est vaste, il y a quasiment 2000 références, je m'en suis aperçue parce que je vais faire mon inventaire bientôt, à la fin du mois, et que je vais pleurer, clairement.
- Speaker #1
2000 références, c'est beaucoup.
- Speaker #0
Oui, c'est beaucoup.
- Speaker #1
Comment tu fais ta sélection ? Comment tu sélectionnes les produits que tu proposes dans ta boutique ?
- Speaker #0
Alors, je vais tous les ans au Gourmet Sélection. Donc, j'y retourne cette année vu qu'il y a la remise de prix. J'ai pas le choix. Je vais aussi aux Épicures. C'est un autre salon qui se déroule en avril. Pavillon Gabriel, du coup. Pareil à Paris. Et puis après, on a un média professionnel qui s'appelle Le Monde de l'épicerie fine, qui est intéressant, qui décortique un peu les tendances, le marché, qui met en avant des produits, etc. Et après, les réseaux sociaux aussi.
- Speaker #1
J'ai vu aussi que tu avais une belle offre de boissons sans alcool dans ta boutique. Pourquoi c'était important pour toi de proposer dans ton épicerie fine des boissons sans alcool ?
- Speaker #0
Alors, moi je ne bois pas d'alcool. Par contre, moi à titre personnel, quand j'arrive dans un endroit et qu'on me dit « Ah Justine, tu ne bois pas d'alcool ? » Bon, il y a du jus d'orange et de la grenadine vers la table des enfants.
- Speaker #1
C'est dur.
- Speaker #0
Je me dis, non, c'est abusé, c'est pas cool. J'ai envie de boire quelque chose de rachiné, en fait. Et donc, du coup, à partir de là, j'ai voulu faire des jus de fruits un peu plus haut de gamme. J'ai voulu faire aussi des spirituels sans alcool. Donc, il y en a un passe de gingembre, beaucoup.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, Jim Burr, Gilly. J'ai du thé pétillant aussi. C'est très intéressant comme boisson parce que... Tout ce qui est vin sans alcool, en général, c'est très sucré, vu qu'il n'y a pas eu de fermentation finalement, et que c'est à base de jus de fruits.
- Speaker #1
Ça dépend un peu des procédés de fabrication.
- Speaker #0
Mais ça, c'est ton domaine à toi.
- Speaker #1
Quand on parle de vin sans alcool, on peut trouver beaucoup de choses. Il y a des produits qui, comme tu dis, n'ont pas été fermentés, et finalement, c'est plus du jus de raisin qui a été mis en bouteille. Mais parfois, il y a aussi des produits qui viennent de la désalcoolisation. Donc cette fois-ci, c'est des produits qui ont été fermentés, mais après qui ont été désalcoolisés, et qui fait qu'on peut retrouver aussi des produits très peu sucrés.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Mais en tout cas, ce que j'observe, c'est que ça se développe pour mon plus grand bonheur. Du coup, je peux tester plein de choses. Et puis, si j'ai des invités, on peut boire des bulles. C'est toujours agréable, en fait. Parce qu'en fait, l'apéritif en France... C'est un symbole, il y a quelque chose en fait, c'est culturel. Et moi, je ne bois pas d'alcool, mais je suis quand même de culture française et je n'ai pas envie d'oublier ça en fait. C'est ce que je suis, je suis née française. Je ne vais pas m'inventer une autre culture que celle avec laquelle je suis née. Et donc, je suis attachée à ça et je suis attachée à pouvoir boire un verre avec les gens que j'aime. mais tout en... Sans avoir à faire de compromis sur mes valeurs ou sur les choix que j'ai faits, tout simplement.
- Speaker #1
Je comprends tout à fait et c'est aussi pour ça que je me suis lancé dans ce secteur-là parce que je pense qu'il y a vraiment des choses intéressantes à proposer et il y a beaucoup de gens finalement qui sont attachés à ça, à l'apéritif, même s'ils font le choix d'arrêter, de réduire leur consommation ou même de ne pas boire tout simplement. Mais ils sont encore attachés à ce moment-là, à la convivialité, au partage et il faut qu'ils puissent trouver des boissons aussi qui soient à la hauteur de l'expérience finalement.
- Speaker #0
Et je pense aussi aux femmes enceintes qui sont hyper heureuses de trouver quelque chose à boire d'équivalent en termes de qualité et de raffinement. C'est vraiment sympa de pouvoir découvrir plein d'alternatives. En tout cas, j'ai hâte de goûter ta proposition.
- Speaker #1
Très bientôt. Je le disais en introduction, ton travail a été récompensé cette année puisque tu as été sacré par le prestigieux Gourmet Sélection, deuxième meilleure épicerie de France. Déjà, bravo, toutes mes félicitations, c'est une très belle récompense. Est-ce que tu peux expliquer pour nos éditeurs ce que ça représente, Gourmet Sélection ?
- Speaker #0
Merci pour tes félicitations. Le Gourmet Sélection, c'est l'un des deux salons majeurs d'épicerie fine en France, du secteur gourmet, qui se déroule à Paris-Porte de Versailles. en septembre tous les ans. Ce concours fait, ce salon fait un concours qui s'appelait avant les quintessences et maintenant qu'ils ont appelé la meilleure épicerie de France. Et donc c'est un dossier à remplir. Et puis il y avait plus de 70 dossiers.
- Speaker #1
Donc 70 épiceries fines qui postulent, qui candidatent en tout cas pour ce prix.
- Speaker #0
Oui c'est ça. Et moi, je l'ai fait en pensant que je n'allais pas gagner. Sur LinkedIn, j'ai une personne qui m'a dit, il faut que tu participes, etc. Et moi, j'ai dit, OK, je participerai. Et deux, trois jours avant la deadline pour déposer le dossier. C'est toujours comme ça quand on est entrepreneur.
- Speaker #1
Le dernier délai. Est-ce que c'est bien le 23 à minuit ou le 24 ?
- Speaker #0
Tu as tout compris. Je me suis dit, mince, je ne l'ai pas fait. Et quand je vais aller au salon et que je ne l'ai pas fait, ça la fout mal. J'avais dit que je le ferais et par principe, je respecte ma parole. Donc, je le fais. Mais je le fais sans me dire, je vais gagner, etc. Et du coup, dix jours après, je reçois un mail. Félicitations, vous avez renforcé le deuxième prix. Nous allons... Au début, il fallait que je garde ça pour moi. C'était super dur.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'était trop trop dur.
- Speaker #1
Tu ne pouvais pas en parler ?
- Speaker #0
Non, je ne pouvais pas en parler. Ça me démangeait.
- Speaker #1
Surtout pour toi qui a mieux communiqué.
- Speaker #0
C'est une horreur. Ah ouais, j'étais vraiment... J'avais tellement envie d'en parler.
- Speaker #1
Trop bien. Je pense que c'est un super prix. Et puis voilà, comme tu dis, ça récompense à la fois ton travail, ton abnégation. Tu nous as expliqué comment tu t'es lancé dans ce projet, de quoi tu partais. Et voilà, avoir cette récompense, je trouve que ça fait beaucoup de sens par rapport à ce que tu disais depuis le début.
- Speaker #0
Ouais, mais par contre, je ne le vois pas comme une consécration en soi. je le vois comme une étape. C'est-à-dire que quand on voit que ce qu'on fait, ça plaît. qu'est-ce que je vais pouvoir faire d'autre tu vois en fait j'ai une ambition grandissante de me dire je vais pouvoir m'éclater dans ce que je fais qu'est-ce qui me ferait plaisir de quoi je rêve et là je suis dans la phase de rêve kiff et fais-le et du coup j'ai plein de projets en tête faut que je me calme un peu d'ailleurs j'ai envie de faire plein de choses c'est venu nourrir encore un peu plus ton ambition finalement ouais alors du coup je sais pas si ça m'a si c'était une bonne chose parce qu'il faut savoir garder l'épice sur terre aussi.
- Speaker #1
Au-delà de venir nourrir ton ambition, qu'est-ce que ça t'a apporté ? Est-ce que tu vois déjà les retombées suite à cette récompense et ce prix de la deuxième meilleure épicerie fine de France ?
- Speaker #0
Alors oui, je vois les retombées économiques déjà, parce que j'ai de nouveaux clients, des gens qui sont attirés par ce que je fais. Pour les gens qui ne sont pas présents localement, j'ai ma box. J'ai aussi constaté une augmentation des commandes, une augmentation des abonnés sur Instagram, sur Facebook, sur LinkedIn.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Une augmentation de la violence aussi, mais ça, bon, on fait avec. Après, il paraît que c'est une bonne nouvelle.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui est une bonne nouvelle ?
- Speaker #0
Le fait d'avoir des haters et tout, apparemment, c'est une bonne nouvelle. Après... Ça fait partie du job, on va dire.
- Speaker #1
Ouais, tu penses que ça fait vraiment partie du job ? Parce que, voilà, il faut qu'on se le dise, Justine, à chaque fois, heureusement, j'espère, j'imagine pas, mais très régulièrement, quand tu postes, ou quand il y a des publications qui sont faites sur Amahira, sur toi, on peut retrouver des commentaires désobligeants, même parfois haineux carrément. Ça fait partie du job ?
- Speaker #0
Alors, ça fait pas partie du job en tant que tel, parce que je veux dire... Je porterais pas un foulard, il n'y aurait pas de problème, je pense.
- Speaker #1
Il y en aurait moins, en tout cas, puisque la plupart sont dirigés vers ça.
- Speaker #0
Alors, oui. Mais je me dis, j'aurais 20 kilos de trop, ça serait un débat. J'aurais les cheveux violets, ça serait un débat. Je m'habillerais court, ça serait un débat. Je m'habillerais trop ample, ça serait un débat. Déjà, on est une femme. En plus, on est... ambitieuse, déjà deux problèmes. Ensuite, on est jeune, parce que j'ai 28 ans, donc il y a des gens qui me reprochent mon âge. Désolée d'exister, les gars. Et en plus, je suis musulmane.
- Speaker #1
Ça fait beaucoup.
- Speaker #0
Et en plus, je suis une femme divorcée. J'ai toutes les tards de la terre. Et en plus, j'ai besoin de personne, quoi. Non mais, enfin bon, bref. Mais je pense que le simple fait qu'on ne juge pas les femmes pour ce qu'elles font, mais pour ce qu'elles sont. Je pense que, clairement, un homme, on a beaucoup moins de problèmes.
- Speaker #1
On a tendance à critiquer un peu plus facilement, plus rapidement les femmes. En tout cas, sur les réseaux, c'est ce qu'on voit. Et souvent, comme tu dis, ce n'est pas pour ce qu'elles font, mais c'est pour ce qu'elles sont. Et c'est là où il y a un problème, en fait.
- Speaker #0
Tu vois, clairement, France 3 Bourgogne, Bourgogne-Franche-Comté, a fait un article sur son site web. sur la boutique ils ont fait un article plutôt élogieux je trouve que c'est bien écrit et l'article parle de moi, de la boutique, de mon prix mais c'est tout quoi, de mes compétences, de mon travail et là sur Facebook, parce que du coup, ils relaient leurs articles sur les réseaux sociaux, qu'ils renvoient à leur site internet. Là, on est à... Je crois que ce matin, il y avait 1600 réactions et un peu moins de 900 commentaires, après modération, parce que les plus trash, ils les ont déjà modérés. Et il y en a... au moins la moitié, qui parle de comment ça se fait que je m'appelle Justine, comment ça se fait que je porte un foulard.
- Speaker #1
Comment toi tu vis avec ça ? Parce que tu te lèves le matin, tu vois ça, comment... Parce que tout à l'heure c'est vrai que j'ai dit bon ça fait partie des haters des réseaux sociaux, mais toi t'es Justine Bobin, t'es une personne, tu te lèves, tu vois ça sur toi, alors que comme tu dis, toi tu sais pas du tout ce que tu mets en avant, toi tu parles pas de religion, tu parles pas de ça, toi tu... parles de ton commerce, de l'épicerie, des saveurs. Quand tu vois ça le matin en te levant, comment tu le vis ?
- Speaker #0
Alors maintenant, je prends de la distance. Au début, je ne le vivais pas trop bien. je me fais une raison parce que ces gens ils prouvent rien sur moi ils prouvent tout sur eux je respecte les avis de tout le monde j'ai pas le monopole de la bien-pensance c'est à dire que ils ont un avis certes je le respecte mais moi je suis méchante avec personne je respecte tout le monde ça ne leur correspond pas ils ne veulent pas venir au magasin. Mais grand bien leur fasse. J'ai jamais imposé quoi que ce soit à qui que ce soit. Vous savez, c'est un peu venez comme vous êtes. Moi, je suis comme ça, en fait. Moi, je suis comme ça. Mon commerce, il est comme ça. La proposition, elle est comme ça. Maintenant, est-ce que quand tu vas dans un magasin... Il faut que tu sois complètement en accord avec, complètement aligné avec le commerçant ou tu t'en fous, tu as besoin de bananes, tu vas acheter tes bananes et tu repars.
- Speaker #1
C'est surtout que, comme tu dis, on peut ne pas être en accord avec la personne, avec la proposition, on peut juste passer son chemin. Mais prendre le temps d'aller déverser sa haine sur les réseaux, moi, c'est un truc que je ne peux pas comprendre. Alors,
- Speaker #0
par contre, ce qui me réconcilie avec la vie, entre guillemets... C'est les gens qui répondent. Parce que moi, je ne réponds pas.
- Speaker #1
Tu ne réponds pas, d'accord. Mais alors,
- Speaker #0
il y a des pépites. Il y a des gens qui me font sourire de fou. Et je me dis, mais quelle inspiration !
- Speaker #1
Tu n'as jamais donné envie d'arrêter ou d'amendonner ?
- Speaker #0
Alors, d'arrêter, surtout pas.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Parce que je suis un poil têtu.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Après, par contre, ça m'a donné aussi envie d'aller voir un peu ailleurs, dans d'autres pays, parce qu'en fait, je pense que mon concept peut s'exporter assez facilement. Du coup, je me suis dit, faire des boutiques à l'étranger, why not ? C'est ça que je me suis dit. Mais après, en fait, je suis française. Je n'ai même pas d'origine étrangère. Je suis franco-française. Donc, en fait... Euh... on me donne pas ma place, j'ai ma place, je prends ma place. S'ils sont pas contents, c'est pareil, je suis chez moi ici, et ma boutique, elle demeurera au Creusot, et si on peut en faire partout en France, on en fera partout en France. Et les gens qui sont pas ok avec ça, ils n'iront pas, y'a aucun problème, mais nous, enfin moi, je suis là, je suis à ma place, je suis chez moi en fait, c'est mon pays, et j'ai envie d'être chère de mon pays en fait.
- Speaker #1
Non vraiment, bravo, encore une fois bravo, et je te félicite encore parce que... On en a parlé comme ça, mais je ne sais pas si les auditeurs se rendent vraiment compte de ce que ça peut être et de la haine que ça représente. Mais bravo pour ton courage, ta détermination. Il en faut. En tout cas, il faut vraiment être courageuse. Et pourtant, tu n'as que 28 ans. Mais déjà, je trouve que c'est vraiment inspirant finalement ce que tu fais et ce que tu arrives à traverser. Donc, toutes mes félicitations pour ça.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Mais une fois de plus, je n'ai rien inventé.
- Speaker #1
Non mais c'est rien inventé le fait de tenir bon parce qu'on pourrait devant les épreuves lâcher ou abandonner Mais qu'est-ce qu'ils veulent les gens ? Que t'abandonnes Mais c'est bien de pas leur donner raison
- Speaker #0
Je suis vraiment têtu pour le coup
- Speaker #1
Reste comme ça lâche pas Merci On va finir là-dessus et ça m'a fait plaisir de te recevoir dans le podcast J'ai hâte de voir la suite comment finalement cette récompense tu vas pouvoir l'exploiter Qu'est-ce que tu vas faire par la suite ? J'ai vraiment hâte de voir tout ça.
- Speaker #0
Moi-même, je ne sais pas. Mais tout ce que je sais, c'est que le meilleur reste à venir. Merci à toi de m'avoir invitée. En tout cas, ça m'a fait super plaisir.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Merci à toi de venir. C'est un beau mot pour conclure. Merci et à très bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
Au revoir. Merci d'avoir écouté cet épisode de Business & Boissons. J'espère que vous avez autant apprécié cette conversation que moi. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager, à commenter. et à mettre les 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Si vous souhaitez continuer à suivre l'aventure et découvrir d'autres histoires inspirantes, n'hésitez pas à écouter nos précédents épisodes et à nous suivre sur les réseaux pour être informé des prochaines sorties. À très bientôt et encore merci d'être à l'écoute de Business & Boissons.