- Speaker #0
C'est tellement facile d'essayer de les humilier, d'essayer de reprendre ça, d'avoir la bonne phrase, c'est vraiment un boulevard. Mais je n'y refuse parce qu'il faut qu'on essaie de garder une forme d'auteur qu'eux n'ont pas. On parle vraiment littéralement d'une personne tous les 36 minutes qui décède en France du cancer du pancréas. Si on décale la loi de ne serait-ce qu'elle que moi, c'est des vies qu'on met en danger. Donc j'essaie de me dire comment est-ce qu'on prend de la hauteur quand eux n'en ont pas et je trouve que c'est la meilleure réponse un peu à leur bassage parfois.
- Speaker #1
C'était mieux après. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans C'était Mieux Après, le podcast qui va vous réconcilier avec l'avenir. Et je dois commencer cet épisode malheureusement avec une mauvaise nouvelle. Et oui, c'est le dernier épisode de la saison. Et ouais, bon là vous entendez pas le public mais les gens se roulent par terre de désespoir, se tapent la tête contre les murs. Voilà, merci de ne pas jouer le jeu, ça fait plaisir. Donc, une première saison exceptionnelle de C'était Mieux Après, où on s'est réconcilié avec plein de choses. On s'est réconcilié avec le journalisme, on s'est réconcilié avec l'humour, avec la cuisine. Et je vous refais juste la liste des invités pour que vous vous rendiez compte un peu de la Dream Team. On a eu Pénélope Bagieu, Le Tréma, Manon Fleury, Charlene Vandenhecker, Tristan Lopin, Anna Roy, Swan Perissé, Fabrice Arfi, Sabine et Théo Grattalou. L'épisode sort très bientôt. Et donc voilà, en gros, s'il y avait la Coupe du Monde de l'écologie qui est démarrée aujourd'hui, je pense qu'on aurait notre équipe type. Et en même temps, je vous dis qu'il manque une personne quand même dans cette équipe. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais bon, on va voir ça dans un instant. Donc, mauvaise nouvelle parce que c'est le dernier épisode de la saison, mais il y a peut-être une bonne nouvelle. Peut-être que c'est le meilleur épisode de la saison qu'on va faire. Je ne mets pas du tout la pression sur mon invité, mais peut-être que ce sera le meilleur épisode. Mon invité, vous la connaissez, on ne la présente plus, des sommets alpins au Tréfonds-Marin, elle dépoussière le militantisme aujourd'hui. Elle arrive à nous passionner pour les sujets les plus lointains, stressants, compliqués et chiants. Franchement, la pêche au krill, moi je n'aurais pas parié là-dessus, mais vraiment, ça retelle pour ça. Et aujourd'hui elle est dans une love-hate relationship avec un ancien premier ministre qui est aussi patron des députés macronistes. Vous l'avez reconnu, il s'agit de Camille Etienne, vous pouvez l'applaudir. Bon Camille, moi je suis aussi là pour apprendre des choses comme le public. Comment tu chauffes une salle comme ça ? Quand tu montes sur scène, tu sens que les gens sont un peu fatigués, comment tu les électrizes ?
- Speaker #0
Faut pas me demander à moi, je suis en train de travailler sur la pollution chimique, donc j'ai aucune forme de nouvelles électrifiantes comme ça, j'ai plutôt des nouvelles terrifiantes, mais je crois que de la peur du constat peut naître l'envie du soulèvement, et donc j'espère qu'on va réussir à créer ça ce soir.
- Speaker #1
Waouh, moi je me sens électrisé, je sais pas vous, là je suis beaucoup trop chaud ! Alors Camille, parmi tout ce que tu fais, je pense qu'on est beaucoup dans cette salle à apprécier particulièrement tes posts qui commencent par « Bonjour Gabriel Attal » . C'est presque devenu un mème sur les réseaux sociaux. Au-delà de ça, on sent que cette personne a une place particulière dans ta vie. Est-ce que tu peux nous décrire ta relation avec Gabriel Attal aujourd'hui ?
- Speaker #0
Non, mais on essaie d'avoir un peu plus de hauteur que ce qu'ont parfois nos politiques. En réalité, moi, je n'ai rien de personnel avec eux. Ils ont décidé d'avoir cette position. ça va forcer quand on est politique on fait une campagne avec nos têtes dessus on va chercher des gens pour qu'ils votent pour nous donc de ce désir d'être à cet endroit n'est une très grande responsabilité donc quand on me demande pourquoi moi ? parce qu'en fait vous êtes président d'un groupe qui est un groupe aujourd'hui qui est un des plus gros à l'Assemblée Nationale donc excusez-moi de m'adresser à vous ça n'a rien de personnel c'est simplement un rôle politique et donc que... Aujourd'hui, ils ont un rôle vraiment très important dans le Parlement. On sait qu'il y a une grande partie qui est d'extrême droite, auquel je ne suis vraiment une différence entre ce qui pour moi est un ennemi et ce qui pour moi est un adversaire. Les élus d'extrême droite, pas les gens qui votent extrême droite, mais les élus d'extrême droite, je n'ai même pas envie de les interpeller. Je n'ai même pas envie de leur faire changer d'avis. C'est en dehors du cadre de mon activisme. Je les combats de manière complètement différente.
- Speaker #1
Je suis sûr que Tanguy il est dégoûté il n'y aura jamais bonjour Jean-Philippe Tanguy avec toi
- Speaker #0
Quand on se recroise sur des plateaux j'essaie de démonter méticuleusement ces arguments qui n'en sont pas mais voilà c'est vrai qu'on interpelle souvent le groupe de Gabriel Attal parce que souvent c'est un endroit où il faut réaliser aussi l'Assemblée Nationale où il y a beaucoup de lois qui sont votées complètement sous les radars et évidemment on ne peut pas tous les mettre Sur le devant de la table, mais il y a plein d'autres personnes qui font ce travail là aussi. Il y a des scandales tous les jours. Là, on n'a pas eu le temps de mobiliser, mais à partir de demain, on va réouvrir. Donc quand le podcast sera passé, peut-être vous verrez que c'est une nouvelle loi. C'est la dernière fois que ça passe à l'Assemblée nationale. On va réouvrir les puits de pétrole dans les dom-toms. Voilà, donc ça, ça se joue demain. Et on aurait pu mobiliser pour avoir un groupe, mais en fait, c'est ça tous les jours. Et donc on se retrouve à être un peu bénévole pour l'Assemblée nationale, être un peu député. Malgré nous, et ça c'est pas normal, par contre je trouve ça très important qu'on joue ce contre-pouvoir parce que ce qui se passe derrière ces portes closes nous concerne tous et toutes en fait, vraiment. Et je vous invite, si jamais vous avez le temps, ça paraît étrange mais je vous jure que c'est fascinant, on comprend vraiment tellement de choses en regardant les débats. En fait, vous pouvez regarder, c'est totalement accessible à tout le monde, les débats à l'Assemblée nationale, en ligne, sur un sujet qui vous intéresse particulièrement, c'est hallucinant. Parce qu'ils ne sont pas sur un plateau télé, donc ils ne sont pas dans la même posture, ils imaginent que personne ne va voir leurs arguments. Et ils sont capables d'un cynisme, mais qui est vraiment terrifiant. Donc je vous invite vraiment à regarder ça, et comme ça vous serez peut-être autant énervés que moi contre certains politiques qui font vraiment un double jeu. Et ça, je trouve que c'est très, très éclairant.
- Speaker #1
Ils ne savent pas que la seule personne qui est en train de regarder le stream de l'Assemblée nationale, c'est Camille Etienne et qu'elle prend des notes pour les interpeller. Vous étiez au téléphone avec Gabriel Attal le jour du vote à l'Assemblée nationale.
- Speaker #0
Je ne sais pas comment c'est sorti. Et c'est terrifiant que ça fait partie du rôle de lobbying. C'est d'avoir, on les interpelle, ils répondent. Mais je garde toujours cette partie-là normalement privée. Alors moi j'ai découvert dans la presse pour le coup Oui je sais c'est pour ça que c'est étonnant mais normalement je garde toujours cette partie là privée justement parce que c'est ça qui est important c'est de se dire que on met une pression suffisante, cette pression fonctionne et donc ils sont ensuite un petit peu et cette pression elle est grâce à vous, c'est pas du tout moi c'est parce qu'ils se rendent compte parce que si moi je leur disais je peux vous appeler, j'aimerais vous parler d'un vote évidemment qu'ils n'en auraient rien à faire le résultat c'est pas ça c'est que puisqu'il y a énormément de gens qui vont dire je ne suis pas d'accord avec ce que vous vous apprêtez à faire en l'occurrence sur la vote sur le cadmium je ne suis pas d'accord à ce que vous vous apprêtiez à reculer l'entrée en vigueur d'une loi qui est cruciale pour la santé des gens, on vous voit, on sait ce que vous allez faire et on trouve ça indigne c'est parce qu'on a été des milliers c'est uniquement pour ça, c'est parce qu'on a été des milliers qu'ensuite ils disent, oulala attendez je vais perdre les électeurs moi avec cette histoire, faudrait qu'on se parle faudrait qu'on voit Et donc dans ces moments-là, moi j'essaie de faire ce travail de lobbyiste en étant vraiment très claire en disant « Retirez ces amendements, il n'y aura rien d'autre qui vous honore à d'autres que de retirer ces amendements honteux. »
- Speaker #1
Et à ce moment-là, qu'est-ce qui a fait la différence ? Parce que c'est intéressant ce que tu dis sur le fait que quand on parle d'une personne comme Gabriel Attal, c'est pas Gabriel Attal le sujet, c'est la personne qui est dans cette position de pouvoir aujourd'hui.
- Speaker #0
Mais ça c'est intéressant, je te coupe, mais parce que je pense qu'on doit... Moi j'essaye et j'espère qu'on va tous se forcer à... C'est hyper tentant de tomber dans la pluralité. Vraiment c'est hyper tentant parce qu'ils nous donnent toutes les pertes pour aller juste sur le même, juste sur la blague, juste sur le tweet qui va faire des likes. J'ai par exemple une de ces porte-parole du groupe, Madame Thévenot, qui a fait une pancarte, elle en disant bonjour, qu'est-ce que vous étiez comme ça, devant l'Assemblée Nationale. Et je lui disais mais moi je suis activiste, je ne suis pas à l'intérieur de l'Assemblée Nationale, donc qu'à la limite moi je vous interpelle avec une pancarte. C'est à peu près tout ce que je peux faire. Mais vous, vous êtes élu de la nation. Vous êtes censé défendre la nation, typiquement les gens. Vous êtes censé travailler les textes, être très occupé. Et vous êtes là en train d'aller mettre une pancarte pour faire un coup de com'. Et regardez le débat, c'était très drôle parce qu'on voit dans l'Assemblée nationale comment tout est un objet de communication. Et moi, face à ça, c'est tellement facile. d'essayer de les humilier, d'essayer de reprendre ça, d'avoir la bonne phrase, c'est vraiment un boulevard. Mais je m'y refuse parce que je pense qu'il faut qu'on essaie de garder une forme d'auteur que eux n'ont pas. Et c'est ça, honorer, c'est pas des petits sujets en fait, c'est pas un sujet marrant, on parle vraiment littéralement d'une personne tous les 36 minutes qui décède en France du cancer du pancréas. Ce qu'on a en face, en jeu, c'est des vies humaines, littéralement. Et si on décale la loi de ne serait-ce qu'elle que moi, c'est des vies qu'on met en danger. Donc j'essaie de me dire comment est-ce qu'on prend de la hauteur quand eux n'en ont pas et je trouve que c'est la meilleure réponse un peu à leur bassesse parfois.
- Speaker #1
Alors je vais parler de Gabriel Attal, je vais donner une anecdote et je précise encore une fois que c'est Gabriel Attal en tant que ce qu'il fait aujourd'hui. Ce n'est pas à son âme que je m'adresse mais il se trouve que Gabriel Attal a un rapport un petit peu particulier parfois aux médias. Et je l'ai vécu à deux reprises, je l'ai vécu aujourd'hui, ça je ne vais pas vous raconter ce qui s'est fait. Et je l'ai vécu il y a deux ans quand Gabriel Attal était Premier ministre. Donc j'avais fait une vidéo en collaboration avec un média de vidéos très connu sur internet. Le but du jeu c'est pas du tout de dire qui c'est, de distribuer les bons et les mauvais points. Et j'avais fait une vidéo où j'expliquais les cinq raisons pour lesquelles Gabriel Attal est le plus vieux Premier ministre de la Ve République. Donc je racontais comment ce jeune homme fougueux et effringant avait mis en place des mesures en faveur de la voiture, en faveur de l'étalement urbain, en faveur de l'avion. Et j'avais raconté notamment que, parce que c'était sorti dans la presse, c'est pas moi qui l'ai inventé, que quand il était arrivé à Matignon, ils avaient supprimé le repas végétarien à la cantine de Matignon. Tout ça, c'était écrit dans le Figaro, source extrêmement fiable s'il en est. Et donc j'avais raconté ça dans la vidéo. La vidéo sort un matin à 8h, elle fait un buzz. Monumental, c'est-à-dire que même pour Camille Etienne, même pour les stats Instagram de Camille Etienne, en une heure, il y avait plus de 300 000 vues et la vidéo, elle était en train d'exploser. Et je découvre que la vidéo disparaît. Je me dis, qu'est-ce que c'est que ce délire ? Donc j'appelle le chef du média en question, je lui demande, et en fait, il avait reçu un coup de fil du staff de Gabriel Attal pour lui demander de retirer la vidéo parce que l'info sur les cantines était fausse. Donc ils ont mis un coup de pression à un Red Chef immédiatement. Un Red Chef qui du coup a une responsabilité, c'est-à-dire que s'il y a quelque chose qui est faux, il est pas censé laisser ça en ligne, surtout quand c'est une vidéo. Et en fait, ils ont jamais pu démentir vraiment qu'il n'y avait pas eu cette suppression de repas végétariens. Ça a jamais été écrit dans le Figaro, il n'y avait pas un démenti en dessous avec marqué le fait que c'était faux. Et ils ont réussi à tuer une vidéo qui parlait mal de Gabriel Attal, et qui parlait mal de manière parfaitement factuelle. Moi, c'est pas mon style non plus de dire « Ah, il est méchant, il est nul » . Et donc quand j'ai vu ça, je me suis dit « Ah, intéressant comment... » Une certaine génération, une certaine classe dirigeante aujourd'hui entretient son rapport aux médias.
- Speaker #0
Même plus largement, je pense qu'au-delà de l'anecdote, ce que ça dit d'intéressant politiquement, c'est vraiment comment on peut négliger un peu ça en disant, parfois en disant, oui, enfin, les interpellations comme ça sur les réseaux sociaux, médiatiquement, c'est de la forme, ça ne les entendra jamais, ce n'est pas ça qui va être offensif. Et en fait, factuellement, si. C'est pas du tout suffisant. Je suis pas du tout en train de dire que c'est le seul mode d'action. Et loin de moi, j'adore participer à plein d'autres modes d'action. D'ailleurs, on combine la veille de cet épisode de Résolution. On avait fait une mobilisation sur le terrain, devant l'Assemblée nationale, avec plein de gens qui étaient venus. On avait fait du lobbying en interne. On fait plein de modes d'action différents. Mais c'est quand même pour dire ça, c'est que ne sous-estimez pas le pouvoir de la réputation. Que ce soit du côté des grandes entreprises ou du côté... des politiques. Pour les politiques, c'est littéralement, ils sont collés, surtout à quelques mois de la présidentielle, ils sont collés aux yeux des sondages d'opinion. Ils sont collés aux yeux des statistiques de qui va avoir la cote de popularité, qui va avoir le plus de followers sur Instagram en tant que personnalité politique, qui est le politique père préféré des Français, des jeunes, des moins jeunes, des femmes, des pauvres, des riches. Ils regardent ça tous les jours. Vraiment, ils ont des rapports dans leur bureau qui leur amènent ça. Ce qui se passe, c'est que quand on va toucher à ça, On est le bug dans leur matrice. On est ce qu'ils n'ont pas prévu. On est leur élément comme de crise. Et il y a cet épisode-là où là, c'est sorti, qui m'a appelée, je ne sais pas comment, parce que j'ai eu son appel quand on était en conférence de presse et je me suis vite enfuie. Je pense qu'un journaliste a vu ce qui s'est affiché sur mon téléphone. Mais soit ça arrive...
- Speaker #1
C'est quand t'as décroché que t'as dit « Ouais, Gabi, attends, je ne peux pas te parler. »
- Speaker #0
On n'a pas ce rapport-là, manifestement. Je peux vous assurer. Mais ce que ça dit, et ce qui est intéressant, c'est que... Ça arrive vraiment souvent qu'ils paniquent. Alors soit ils mettent des coups de pression, ils ont plein de méthodes. Soit ils essaient de nous amadouer, soit ils nous appellent, soit ils s'énervent en disant mais vous vous rendez pas compte, c'est du harcèlement. Donc c'est très drôle de voir souvent ces hommes de 60 ans, grande carrière politique, qui ont des fois été ministres, même des cabinets de présidents, et qui d'un coup sont comme ça, à nous supplier sur une histoire de story. C'est très étonnant et en même temps pas du tout parce qu'on attaque là leur plan. de l'image qu'ils essaient de créer. Et donc, ça peut jouer vraiment dans le rapport de force. Par contre, nous, on le fait toujours de manière très réfléchie, c'est-à-dire que ça fait partie d'une stratégie globale. On ne dit pas, tiens, je vais faire une petite story et ça ne marchait pas du tout. C'est que ça fait des semaines avant où on sait les forces politiques en place, on sait que c'est tel groupe qui peut changer, on sait qu'ils ont déposé tel amendement et donc il faut qu'on appuie ici, que s'il y a X personnes qui changent le vote, peut peut-être basculer et le gagner. Tout ça est vraiment comme un jeu d'échec, en fait. On a vraiment comme un jeu d'échec qu'on prépare avec plein de gens et on essaie d'avoir les meilleurs arguments scientifiques pour les convaincre. Et vraiment, ça se joue comme ça. Donc, c'est pour ne pas sous-estimer la force que vous avez quand on envoie des signaux réputationnels. Pour les entreprises, c'est la même chose. Vraiment, on a eu des... Parfois, sur les valeurs en bourse, quand on travaille sur l'exploitation des fonds marins, une entreprise qui était une des premières entreprises qui allait faire l'exploitation minière des fonds marins, qui a été déclassée de la bourse. par le coût réputationnel qu'on avait mis sur cette boîte. Et donc, les investisseurs ont commencé un peu à dire « Ouh là là, ça ne semble plus très bon cette histoire. » Ils sont très sensibles à ça. Et donc, imaginez juste le budget qui est mis en marketing. Et donc, ils sont faits déclassés ensuite. Mais imaginez juste qu'il y a un vrai impact économique de millions d'euros par le dommage qu'on a créé sur leur réputation. Imaginez juste le nombre d'euros qui est mis et le nombre de... sur la publicité en fait, sur les services marketing, sur les trainings pour être bon à l'oral, dans les médias, sur les espaces publicitaires qu'ils achètent, sur les espaces publicitaires qu'ils achètent même sur vos téléphones, dans les temps d'écran, dans l'algorithme. Donc c'est quelque chose de très très très très précieux et ils font tout pour avoir un bon buzz quelque part. Quand ils payent des influenceurs, c'est parce qu'ils savent qu'ils vont gagner des parts de marché. Donc quand on crée l'inverse, quand on va montrer leurs pratiques trompeuses, quand on va mettre la lumière sur ce qu'ils font... d'afro et qu'ils imaginent être cachés et être protégés de ça, en fait, vraiment, on peut leur faire du mal. Mais ça, pour moi, c'est à condition, si et seulement si, c'est de penser de manière très stratégique et que c'est pas le seul mode d'action. C'est un peu le dernier coup d'épée, je dirais.
- Speaker #1
Et finalement, Gabriel Attal, le groupe EPA Ensemble pour la République, ils ont dit qu'ils avaient toujours voulu voter pour cette proposition de loi. Finalement, ils ont voté pour ça. Est-ce qu'on peut dire que Gabriel Attal est un camarade ? Non, je rigole, ce n'est pas du tout une vraie question. Par contre, ma question, c'était, ça, c'est quand même une belle victoire.
- Speaker #0
Oui, c'est une belle victoire. Ce qui est marrant, c'est qu'ils ont dit, mais écoutez, c'est grâce à nous. Très bien, mais écoute, j'aurais dit, je ne suis pas là pour ce qui ne m'intéresse pas une seconde, la communication après. Donc, je ne vais pas aller dire non, mais parce qu'en fait, il avait dit que peut-être que... La loi est passée, maintenant je me concentre sur l'étape d'après, qui est faire en sorte qu'elle soit adoptée au Sénat ou qu'elle entre directement demain au gouvernement. L'intégralité de mon temps se passe sur ça, mais pas sur essayer de faire un petit règlement de compte médiatique inintéressant avec lui. Donc voilà, moi je suis concentrée par lui, chacun met le temps où on veut. Mais en l'occurrence, ce qui me fait rire et ce qui est très cynique, mais ça ne m'étonne pas, c'est qu'ils avaient eux-mêmes mis des amendements. Vous voyez, je ne sais pas si tout le monde voit ce que c'est un amendement, il y a une loi, et après les députés peuvent décider de dire Moi, j'aurais écrit ça différemment. Ils font une proposition de modification. Et après, les gens votent pour dire quelle version on adopte du texte final. Et il faut qu'il y ait une majorité qui dise moi, c'est cette version-là qui me va. Et puis s'ils font des amendements, il y a la majorité qui vote pour cet amendement, alors c'est la nouvelle version, la V2 du texte qui passe. C'était clair. Et donc, eux, ils avaient fait une V2 du texte, un amendement qui essaie de décaler de plus de 5 ans l'entrée de la loi, c'est-à-dire de plus de 5 ans la réduction du canium.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut donner un peu de contexte ? Parce que là, on parle de ce projet de loi comme si tout le monde l'avait en tête. C'est une proposition de loi de Benoît Biteau et Clémentine Autain, du groupe écologiste, pour réduire la teneur en cadmium dans les engrais qu'on épanse sur les champs. Parce qu'en fait, c'est comme ça qu'on pollue les champs et c'est comme ça qu'on pollue l'alimentation et nos corps in fine. Et donc, cette proposition de loi reprenait des recommandations qui sont celles des experts de l'Agence Sanitaire Française, l'ANSES, qui date de 2019 et avec un horizon qui n'était pas trop lointain. alors que le gouvernement, et donc ça on l'a raconté avec ma collègue Zoé Moreau dans une grande enquête sur ces 7 années d'inaction de la Macronie sur le cadmium où on a révélé des projets de décret qui datent de 2020, de 2024, de 2025 et on a raconté comment ce sujet a systématiquement fini à la poubelle alors qu'il y avait une urgence qui était croissante. Et donc aujourd'hui le gouvernement a un projet qui est de sortir, pas tout à fait mais presque sortir du cadmium dans les engrais en 2038, c'est-à-dire 20 ans après les premières alertes de l'ANSES. Et donc il y avait tout cet enjeu de, est-ce que le groupe macroniste va soutenir la proposition qui est plus ambitieuse des écologistes, ou est-ce qu'elle va voter contre et s'aligner finalement sur les positions du gouvernement ? Pour résumer l'affaire.
- Speaker #0
Voilà, je pense qu'on a l'histoire, on en parlera après.
- Speaker #1
Eh ben on en parlera après, mais en tout cas, c'est une belle victoire. Alors c'est pas fini parce qu'il faut encore un vote du Siena.
- Speaker #0
C'est une belle victoire d'étape, là vu le bruit qu'on a réussi grâce à vous, littéralement médiatique à faire sur un sujet un peu technique, je pense que ça va être difficile pour le gouvernement de... de justifier le fait de ne pas entendre le Parlement, les alertes scientifiques, les gens, ça les embête, mais je pense que ça va être difficile pour eux de ne pas mettre un décret qui dit très bien, allez, ça y est, on le met en place tout de suite, mais on y travaille. Donc ce n'est pas une victoire totale et finale, mais c'est une très grande victoire d'étape parce que ce n'était pas prévu. C'est-à-dire que sans mobilisation, là, on serait sur une trajectoire à 2035. Donc on a gagné 5 ans quand même de, je vous laisse faire le calcul, une personne qui meurt tous les 36 minutes. Je pense que c'est assez important, 5 ans. C'est pas anecdotique.
- Speaker #1
Une autre belle victoire à laquelle tu as participé, c'est celle sur les PFAS. Entre 2024 et 2025, tu as participé à remuer un peu ciel et terre, notamment avec un documentaire Contaminés, où tu as allié journalisme, science et activisme pour essayer d'alerter l'opinion publique sur ce sujet. Et ensuite, en tant que vrai lobbyiste ou militante en interpellant les députés. Et donc, en 2024 puis 2025, on a eu un vote définitif. d'une loi pour limiter les polluants éternels dans notre quotidien. Tu dirais qu'on en a ou de cette histoire d'épiphase ? Toi qui as bien couvert ça. On a raconté aussi dans une enquête qui sort demain que toutes les communes aujourd'hui n'ont pas encore commencé à mesurer l'épiphase dans l'eau potable. Vous découvrirez à la carte et vous saurez si l'eau de votre robinet est contaminée ou non et si votre commune a fait le taf ou pas qu'il lui a été demandé. Donc on voit que ce n'est pas encore tout à fait entré en action. Est-ce que toi, t'as l'impression qu'on a vraiment avancé sur ce sujet en France ? Et est-ce que ça va assez loin aujourd'hui ?
- Speaker #0
Sur l'épiphase, on parle que des trucs législatifs hyper techniques, j'espère.
- Speaker #1
Mais on a un public comme ça. Il aime bien les petits amendements, les petits décrets. J'adore,
- Speaker #0
j'ai jamais des trucs qu'on parle pas, mais j'espère que c'est pas trop loin de son intérêt. On aura le temps d'ouvrir après aux questions, j'espère. Mais non, en fait, sur l'épiphase, tout le monde voit ce que c'est l'épiphase. Alors ceux qui écoutent peuvent pas lever la main, mais ceux qui sont présents physiquement, ça va ?
- Speaker #1
Donc c'est une famille de... c'est les substances paires ou polyfluoroalkylées, bonjour, c'est une famille de milliers de composés chimiques qui sont utilisés dans l'industrie parce qu'elles ont des propriétés qui sont géniales, genre anti-adhésives dans les poils ou genre imperméables, et il se trouve qu'on en bouffe partout puisque c'est des polluants qui ne se dégradent presque jamais dans l'environnement, j'ai bien résumé ou pas ?
- Speaker #0
C'est très technique, donc c'est très dur de résumer, mais ça va, c'est très bien.
- Speaker #1
Ok, super. Et donc, il faut arrêter d'en mettre partout, parce que sinon, on ne va finalement pas en avoir partout. J'ai bien résumé ou pas ?
- Speaker #0
Il y en a déjà partout, en réalité.
- Speaker #1
Il y en a encore plus partout s'il y en arrête. Bref, vas-y.
- Speaker #0
En fait, c'est vraiment une contamination massive. Il y a plus de 14 000 molécules. Et puis, elles se dégradent en réalité, mais elles se dégradent en eau de pyphase. Donc, c'est juste, vous imaginez, je ne sais pas si vous vous rappelez, en cours de physique et de chimie, une ville. Les petites boules qu'on mettait avec des petits tubes là, comme ça, qui va lier des atomes entre eux. Et donc en fait, quand ça va se casser, ça va se casser en plus petits pyphases. Donc là, par exemple, on parle du TFA, c'est une dégradation des pyphases. Donc tout ça pour dire que ces pyphases ne disparaissent réellement jamais et ils sont présents absolument partout dans notre organisme, donc dans notre corps littéralement. Certains restent plus ou moins longtemps dans notre sang, d'autres sont métabolisés, c'est-à-dire qu'ils sont vraiment dans nos cellules. dans des organes de notre corps. Et puis, ils sont dans l'eau. Dans tous les eaux qui ont été testées, on a retrouvé des pyphases. Là, je rentre d'un travail de recherche. On a même regardé les pyphases dans les oeufs des manchots en Antarctique. On a retrouvé. Donc, c'est absolument partout.
- Speaker #1
C'est encore plus niche que la pêche au krill. Il y a un manchot qui a du TFA dans son oeuf. Mais c'est important.
- Speaker #0
C'est vraiment important de montrer.
- Speaker #1
7 millions de vies sur YouTube.
- Speaker #0
Dans les endroits les plus reculés. y compris l'Antarctique qui est aujourd'hui l'endroit le plus reculé au monde possible où il y a le moins de présence humaine on a quand même ça ça montre la volatilité de la molécule donc le fait qu'elle peut voyager vraiment très très loin de ses endroits d'émission et sa persistance, ça veut dire que pour faire tout ce voyage de longs kilomètres dans l'océan, dans l'air ça veut dire qu'elle persiste vraiment longtemps dans les écosystèmes donc ça prouve ça, c'est vrai que c'est intéressant mais donc au-delà de ça l'épiphasme, on a réussi à passer le noix grâce à Merci. plein de gens, vraiment c'était génial comme victoire parce que c'était hyper beau de voir des médecins des chimistes des personnes affectées, des ouvriers des activistes des journalistes d'investigation bien sûr travailler ensemble en fait moi c'est ça que je trouve le plus beau dans ce combat là, c'était que vraiment c'était une alliance un peu improbable et très punk de gens bien obsédés par un sujet assez niche et que avec cette petite équipe là on a réussi à à obtenir ce que c'est moi qui le dis, c'était Le Monde qui disait, Le Monde entier, non, le journal Le Monde, qui disait la loi la plus ambitieuse au monde sur l'épiphasme. Donc bien sûr qu'on pourrait faire plus, plus, c'est-à-dire interdire l'intégralité de tout l'épiphasme demain. On pourrait faire ça. Moi, je suis pour faire ça. Maintenant, là, il fallait qu'on crante des victoires. Et la première, c'est qu'on a enlevé l'épiphasme dans beaucoup de catégories, par exemple cosmétiques, textiles. Fard de ski qui a l'air un peu niche mais qui a entraîné une brèche aux émissions. Et après on a fait quelque chose dont on a beaucoup moins parlé dans la loi mais qui est très utile pour vous les journalistes. C'est qu'on a rendu obligatoire les tests d'eau. C'est-à-dire que c'était pas testé donc. Devinez quoi ? On peut pas trouver ce qu'on cherche pas. Donc nous on a rendu obligatoire le fait de chercher. Parce que sinon c'est des gens comme nous, des associations comme Génération Futur qui font un travail incroyable, mais qui doivent payer des tests. Dites-vous que c'est entre 3, entre les 2 selon si on a des chances avec les labos, mais 250 et 500 euros un test. sur l'eau par exemple. Donc quand on a des résultats, il y a des tests dans votre commune, dans l'eau, ça coûte extrêmement cher et ça c'est nous qui devons payer. Donc c'est pour ça qu'il y avait peu de données. Et donc quand il y a peu de données, on ne se rend pas compte réellement du scandale. Donc on a rendu obligatoire les tests. Du coup ce qui fait que là on voit tout sortir plein plein d'infos dans les médias, on disait c'est contaminé ici et là et là et là parce que on a donné accès à la donnée publique. Ça c'était hyper important. Et la troisième chose c'était de Merci. Faire ce qu'on dit pollueur-payeur, c'est-à-dire de faire payer ceux qu'on polluait, en disant, vous allez avoir une taxe. Ce qui fait que vous, quand vous émettez des PFAS, les producteurs de PFAS, vous allez devoir payer pour que ce ne soient pas les petites communes du maire qui soient là à devoir se dire, comment je vais payer hyper cher cette dépollution ? Ce n'est pas possible. Donc on a fait passer cette loi, et ce qui est assez fou, c'est de voir comment les lobbies sont présents à toutes les étapes, littéralement. La faire passer, ça a été un... Pas une mince affaire. C'était vraiment assez incroyable de voir la présence des lobbies à cet endroit. Mais on voit que si même une fois que la loi est votée, c'est pour ça que vraiment, je ne crois à aucun politique du temps qu'on n'est pas inscrit dans le marbre et qu'on est sûr que ça marche. Parce que vraiment, d'expérience, il y a toujours moyen qu'ils retournent un peu leur veste. Et là, en l'occurrence, ils ont réussi à décaler déjà l'entrée en vigueur de la spétaxe d'un an. Et en un an, ils ont économisé 15 millions d'euros. Et ça, on l'a appris juste parce qu'il y a des journées d'investigation, la cellule d'investigation de Radio France, qui a montré ça. Donc dites-vous quand même, c'est fou. C'est-à-dire que, déjà, notre loi était pas mal, parce que c'était 15 millions, mais aussi parce qu'ils ont tout fait pour décaler l'entrée là. Et ensuite, une autre des méthodes, c'est d'attaquer ceux qui peuvent mettre en place les lois. Donc par exemple, quand on voit des corps comme l'ADEME, je sais pas si ça vous parle, l'Office français de la biodiversité, là on a Santé publique France, c'est comme ça des noms un peu... Vague, on a l'air très administratif de l'administration française, mais en fait souvent, c'est des formes d'autorités indépendantes du gouvernement, donc pas politiques, qui sont souvent avec des chercheurs, des gens du terrain, et qui sont censés faire respecter la loi, les lois environnementales. Sauf que, ce qu'on voit là, ce qui est en train de se passer, dans l'espèce de route vers la fascisation de notre pays, c'est d'attaquer ces corps-là. Mais vu que ça a l'air très très chiant, en fait, c'est très dur de s'y intéresser, donc de mobiliser autour de ça, mais en affaiblissant. ceux qui sont censés de manière indépendante faire de la recherche et faire respecter la loi, on s'assure d'une chose très simple et très puissante, c'est que la loi ne puisse pas être mise en place. Et là, c'est ce qui est en train de se passer. J'ai des mères qui m'appellent en disant « Du coup, on était censé avoir des aides via la taxe, la taxe est décalée, comment je fais pour payer mes tests d'eau ? » J'ai une mère qui me dit « Par exemple, on s'est rendu compte à quel point on était contaminé avec des tests, et donc maintenant, je n'ai pas de solution, je dois distribuer des packs d'eau. » Ah mais aux habitants. Vu que ça coûte cher, je fais femmes enceintes d'abord et les jeunes et puis les vieux. Mais bon, entre-temps, je dis aux gens, essayez d'acheter de l'eau. Enfin, on en est là. Et ça, c'est un mer dans les Vosges, mais on a plein, plein, plein d'alertes comme ça. Donc la réalité du terrain derrière, et si l'État n'a pas réellement envie que ça marche, ils ont plein de moyens de le faire.
- Speaker #1
Il y en a encore du boulot parce qu'on ne cherche que 20 pifasses dans l'eau française. Or, il y en a 17 000, comme tu l'as dit. Et on cherche pas le plus répandu qui s'appelle le TFA et qui est le plus petit et qu'on retrouve absolument partout. Donc je pense que les scientifiques, les activistes et les journalistes ont encore du taf et des beaux jours devant eux. Tu t'engages sur beaucoup de sujets, donc des sujets peut-être moins chiants et moins nus que les deux avec lesquels on va commencer l'entretien.
- Speaker #0
C'est pas chiant d'ailleurs, je tiens à dire.
- Speaker #1
Non mais t'as rendu ça très bien quand t'as dit « Vous voyez les petites bouboules ? Les petites bouboules, elles se cassent. » J'ai beaucoup aimé. Je sais pas si c'est parce que tu respectes beaucoup ou pas du tout le public de verre.
- Speaker #0
Mais c'est justement un nom.
- Speaker #1
J'ai bien aimé la pédagogie. Il y a l'épiphase, le cadmium, l'exploration gazière et pétrolière en article, tu as fait une collègue de fonds pour le Liban, tu as beaucoup parlé aussi de Gaza, du droit à l'avortement. Comment tu choisis les sujets, les causes sur lesquelles tu te mobilises et comment tu fais pour ne pas te disperser ?
- Speaker #0
C'est très marrant. C'est une question qu'on me pose hyper souvent. Je ne crois pas d'où vient cette question. C'est drôle de voir qu'elle revient à chaque fois. C'est uniquement l'intuition. Il n'y a pas du tout de... Il n'y a pas un petit comité derrière qui me dit nous allons sélectionner ce sujet très important demain. C'est vraiment juste, j'ai conscience que personne n'est remplaçable, qu'on est plusieurs, donc je ne pourrais pas tout traiter. Et donc j'ai conscience de moi-même, c'est-à-dire que je sais que je suis bonne dans ce que je fais quand je suis 100% passionnée pour un sujet parce que c'est là où je vais pouvoir avoir une espèce d'obsession. Et ça marche bien quand j'ai une obsession sur un sujet. Moi je fonctionne comme ça. D'autres fonctionnent différemment, elles sont capables de faire une chronique sur un truc un jour, un tweet sur un truc l'autre jour. Moi je sais que quand je fais ça, et j'ai pu le faire à des moments puisqu'on me demandait beaucoup, puis tu te culpabilises de dire oh là là mais c'est vrai qu'il y a tel pays, tel truc, telle guerre, telle info, tel scandale. Le nombre de messages que je reçois, mais j'imagine que vous c'est absolument pareil, à chez Vert c'est d'alertes de gens qui me disent des trucs horribles, à chaque fois c'est horrible. Il se passe ça dans mon village, il y a tel scandale de clusters pédiatriques chez ici. Il va se passer telle décision politique demain. Enfin, c'est tout le temps urgent. C'est tout le temps urgent, c'est tout le temps grave. Donc on met ce qu'on choisit. Une fois que j'ai conscience que si je ne le fais pas, d'autres le feront aussi, et que je suis bonne quand j'arrive à... Et moi, ce qui m'intéresse, en fait, c'est de prendre un sujet, et de prendre vraiment, de le maîtriser vraiment, et d'aller jusqu'au bout et de faire du fond. Sinon, je ferais de la politique, ou je serais chroniqueuse. Et je respecte ces métiers-là, juste, moi, ils m'intéressent pas.
- Speaker #1
Ça habite.
- Speaker #0
Non, mais je respecte totalement, on a besoin de ça, on a besoin de ça, bien sûr, mais juste, moi, ça me fait sentir un vide existentiel profond. J'ai l'impression de s'y penser.
- Speaker #1
J'étais une grosse nulle hausse en vie d'existentiel, je serais la politique ou du journalisme.
- Speaker #0
C'est pas être journaliste, je dis que c'est différent, attention. Non, et donc du coup, je sais que j'aime bien avoir un sujet de fond, parce qu'on peut faire un journaliste dans les séries d'action par exemple, et vraiment dire, ok, on va aller sur le terrain, on va voir ce qui se passe, on va rencontrer les différents acteurs, on va voir le temps de la complexité, le temps de penser, qu'est-ce qui est un peu imprévisible, une stratégie claire, et ensuite sur le fond, vraiment de tirer, Et de s'assurer qu'on lâchera une fois qu'on a une vraie victoire. Là, l'épiphase, maintenant, on ne le dit pas encore, mais on va le faire au niveau européen. Donc là, on travaille depuis des mois et des mois à rencontrer des communautés impactées partout en Europe, des toxicologues, des épidémiologistes, pour faire la version Europe qui arrive dans quelques mois. Et donc tout ça, c'est un tendement que moi, j'adore, qu'on ne voit pas du tout, mais parce que tout n'a pas besoin d'être vu. Qu'en dehors des réseaux, qu'il y ait dans des labos, qu'il y ait dans des instituts de recherche, qu'il y ait avec des ouvriers d'une usine dans les Pays-Bas. Enfin, et ça, c'est... C'est assez rock. Déjà, j'aime bien l'idée que ça ne se ressemble à rien et que c'est des journées qui, moi, me plaisent beaucoup. J'apprends des choses de fou tout le temps. Et surtout, au moins, j'ai l'impression de faire avancer, même si ce n'est que quelques sujets, du coup. Ça tombe bien, je n'ai pas de prétention hégémonique, mais je sais que sur les quelques sujets sur lesquels je vais me concentrer, j'essaie de faire en sorte que vraiment, ce soit des vraies victoires et qu'on ait obtenu quelque chose. Et ça, pour moi, c'est la chose qui donne le plus d'espoir, c'est de dire que ça marche. donc c'est pour ça que j'en choisis peu et quand j'en choisis c'est pas dire que j'en ai rien à faire des autres ça veut dire que par hasard à un moment donné sur ma route j'ai rencontré un chimiste qui m'a dit qu'il était fasciné par ce sujet et on a passé une soirée entière à parler de ça et je suis devenue addict à ça et en fait je m'en suis jamais remise c'est ça vraiment souvent ça se joue à des trucs la pêche au krill, on peut dire oui par rapport à tout ce qui se passe mais en fait j'ai eu un choc émotionnel tellement fort pendant que je faisais de la recherche en Antarctique que Merci. que je vois pas comment ne pas essayer d'être la voix avec d'autres de cet endroit qui a aucune population. Donc il y a absolument personne qui ne peut défendre le dernier endroit sauvage sur Terre, le dernier endroit qui appartient à personne, il n'y a pas de président, il n'y a aucun pays. C'est le seul endroit de nature qui s'appartient à elle-même. Donc ce que ça dit même ontologiquement de nous, c'est bien plus grand que juste la pêche au krill, c'est immense. Et quand on sait que la première menace, c'est ça, c'est la pêche au krill, je fais en sorte d'essayer que ça devienne un sujet, parce que c'est un sujet en soi.
- Speaker #1
Est-ce que tu sais ce que c'est le Club de Vert ?
- Speaker #0
C'est vous, non ?
- Speaker #1
C'est vous ou pas ? Par applaudissement, est-ce que c'est vous le Club de Vert ? Vous pouvez applaudir n'importe quoi de nos gens. Et oui, alors le Club de Vert pour 16...
- Speaker #0
C'est juste que j'ai le figurant qui est en cachet, tu sais, tu nous as pris.
- Speaker #1
C'est dur pour tout le monde. Ça coûte hyper cher le figurant aujourd'hui. Pour 16 de ceux qui ne connaissent pas, peut-être des gens qui nous écoutent, qui n'ont jamais entendu parler, le Club de Vert c'est aujourd'hui plus de 12 500 personnes qui nous soutiennent tous les mois. avec un don mensuel, avec de la force qui nous aide à faire notre travail au quotidien et qui nous permet de faire un journalisme gratuit indépendant, libre, honnête sourcé, scientifique, etc ce qui est un petit miracle au quotidien donc on les remercie infiniment et comme tu le sais peut-être, nous sommes actuellement en campagne pour atteindre la barre des 15 000 membres du club, donc passer de 10 à 15 on est à mi-chemin de cet objectif là et le but c'est de créer une équipe d'enquête et de solution qui va nous permettre en utilisant tous les moyens du journalisme et de la science, c'est pour ça que ça résonne bien avec ce que tu racontes, de justement révéler les pollutions partout où elles sont cachées, de montrer, d'exposer qui sont les personnes qui prennent les décisions qui nous empoisonnent, et surtout de trouver des solutions pour savoir comment rester en bonne santé et arrêter de polluer l'environnement. Parce que la dernière chose dont on a besoin, c'est des bonnes nouvelles, point final. Sinon, on se tire une balle et on arrête aujourd'hui. Donc voilà pourquoi on est en campagne aujourd'hui. Si vous nous écoutez et que vous n'êtes pas encore membre du club, mais que vous trouvez que ce serait vraiment pas une mauvaise idée de faire cette petite équipe d'enquête, n'hésitez pas, vous pouvez aller sur le site de Vert, activer un don mensuel, rejoindre une communauté de gens sublimes. Malheureusement, on n'a pas de caméra dans la salle, mais les gens sont beaux, ils rayonnent comme des gens qui sont en train de faire quelque chose d'important. Je n'ai pas du tout de suite à cette phrase. Et voilà, ils sont très très beaux. Et ils peuvent faire plein de choses, et notamment, ils peuvent poser des questions, la parenthèse était très longue, à nos invités du podcast. Et donc, on a une question. de Constance.
- Speaker #0
Attends, avant pause, je te pose ta constance, excuse-moi. Non mais parce que ça me fait penser à un truc, c'est que j'étais avec un très grand ami et immense activiste de Hong Kong, qui lui avait été, il s'appelle Nathan Law, peut-être que vous l'avez déjà rencontré, il a été un de ceux qui étaient le leader de la Umbrella Revolution, qui était vraiment un mouvement révolutionnaire démocratique à Hong Kong contre le régime chinois autoritaire. Là, il se dit, où est-ce qu'elle va ? il y a une suite à ça, attention c'est qu'en fait je lui disais ok dis-nous, donc lui il se bat quand même il est sur la liste rouge terroriste du régime chinois, enfin c'est un délire et là il est réfugié politique en Angleterre, il a des espions chinois qui le suivent, il y a eu la CIA anglaise qui a fait le premier cas sur ça c'est un vrai, on parle d'un truc assez solide et je lui disais ok, donne-nous un conseil, comment est-ce qu'on fait pour résister dans un état qui se fascise quand on a Je dis vraiment, toi qui as vécu un niveau de répression quand même mastoc, régime chinois contre toi, c'est quoi les clés ? Il y a quoi que tu vois que ça commence à être dangereux ? Parmi toutes les choses qu'il aurait pu me dire, il m'en a dit deux. La première, c'est ne perdez jamais la capacité à critiquer, y compris ceux qui veulent être au pouvoir, ceux qui sont déjà au pouvoir, ceux qui sont de vos aspirations politiques. Ne jamais perdre la capacité à critiquer parce qu'à partir du moment où on s'empêche cette critique, c'est là. qu'on tombe sur la fin de liberté d'expression. Et la deuxième... Et la deuxième, la patience, mon ami, est très importante. Parce que je veux dire, la deuxième, c'est l'indépendance des médias. Et il dit, quand on perd l'indépendance des médias, quand on arrive à un endroit où ils n'ont plus WhatsApp, par exemple, en Chine, il y a plein d'autres... Il dit, quand on perd cette capacité de critique dans des médias indépendants, là, vraiment, c'est le moment où résister devient quasi impossible. Parce qu'on n'a plus d'espace pour faire raisonner. ses critiques et ses luttes. Donc, le journalisme indépendant et ce qui est le cas de Vert, c'est crucial comme outil de résistance dans des endroits où on est en train d'être un glissement un peu en dehors de la démocratie. Et je crois que c'est ce qui, potentiellement, peut nous arriver. Donc voilà, c'est un vrai moyen concret de lutte aussi de soutenir des médias indépendants. Tu vois, il y avait une chute.
- Speaker #1
C'est toujours bon. Merci Camille pour cette passe décisive. Je pense que tu es vraiment la numéro 10 dans l'équipe de France de l'écologie. Je reviens à mon club. J'espère qu'il y a un million de personnes qui sont rejoints au club. Constance du 92, revenons à Constance qui a posé une question. Elle te demande comment fait-elle pour ne pas se décourager ? Et une autre question un peu du même genre, question de Jordan B. de Saint-Denis. Mais où trouve-t-elle toute cette énergie ? Où trouve-t-elle toute cette énergie ? Où trouve-t-elle toute cette énergie ?
- Speaker #0
Brilliant, bravo à celui qui fait les blagues Et ben comment je fais pour pas me décourager ? Ce serait mentir de dire que peut-être je ne me décourage pas en public je pense que c'est ça déjà et donc je bien sûr que j'ai des moments de doute heureusement, ce serait grave de pas les avoir Après, c'est aussi peut-être parce que je place mon espoir de manière assez lucide. C'est que je suis vraiment dans le présent, c'est-à-dire que je vois dans un peu ce que dit Rebecca Solnit, qui est, je ne sais pas si vous la connaissez, une autrice américaine géniale, qui a travaillé sur les périodes les plus sombres de notre histoire, notamment même sur les camps de concentration, sur des prisons d'hôtes surveillance aux Etats-Unis, des endroits où il y a vraiment une très forte humanité. Et elle dit, l'espoir, elle parle de l'espérance exactement, C'est la croyance que ce que nous faisons peut avoir de l'importance. Et c'est exactement ce que j'essaie de vous dire au début. C'est pas léger comme sujet, et la manière dont on lutte n'est pas légère non plus. On y met de la joie, on y met de l'humour, on y met de la forme, on y met de la précision, on y met de la créativité. Mais on a conscience que c'est très lourd. On parle vraiment de l'idée de vie humaine et non humaine qui sont en jeu. Mais du coup, ça, ça me donne immensément d'espoir parce que je sais que ce qu'on fait est très important, est vraiment très important. Et que quand on se mobilise suffisamment, on arrive à faire des choses que, vraiment, on nous disait tout le temps impensables. Deux fois, vous n'imaginez pas, on disait, mais ça ne passera jamais, mais quelle naïveté vous avez là, ou alors, c'est vraiment... Mais jamais on n'y croit à la mobilisation, souvent. Et quand j'arrive à prouver le contraire, grâce à vous, littéralement, en fait, moi, c'est ça qui me donne le plus d'espoir. Donc je pense que mon espoir, il vient du fait que je sais qu'on a les moyens D'inverser la courbe qui semble inéluctable, et ça, ça me donne un espoir fou. Et après, cette énergie que je trouve, je sais, j'ai beaucoup d'énergie, mais je pense que je suis concentrée et que je suis vraiment habitée par ça. C'est pas un hubi, c'est pas un caprice de l'âme où je trouve pas ça marrant de faire ça, c'est vraiment parce que ça me touche profondément, c'est des questions qui moi me bouleversent profondément, ça touche ma vie, ça touche mes proches, ça touche ceux que j'aime, je ne pourrais rien faire d'autre sinon je deviendrais folle, je sais que j'arriverais pas à tenir dans ce monde si je faisais pas tout ce que j'avais en tête. Mon pouvoir pour essayer qu'ils tiennent debout. Donc je dirais que ça vient de là, d'un tube très sincère. Et après, de mes fuites, ma force est aussi de mes fuites. Donc je n'ai aucun mal à m'enfuir. Là, je suis partie retrouver des livres à des bibliothèques en Angleterre pendant un an. Ou alors en bateau aussi, je pars souvent en bateau, en mer. Et là, ça me fait un bien fou de partir dehors. Je sais que moi, ça, c'est ma chambre à moi, c'est le mouvement. C'est la piraterie, c'est partir sur des vieux voiliers ou en montagne. Et là, je retrouve beaucoup, beaucoup de force. Mais d'autres, ça va être, je ne sais pas, dans la lecture. D'autres, ça va être dans... On a chacun un peu notre truc qui fait qu'on retrouve un peu une force vitale comme ça. Donc, trouvez juste votre chambre à vous. Et ne fûtes pas trop tous les conseils qui vont vous dire comment la retrouver. Ça vous appartient profondément. Vous savez ce qui vous permet de refaire des cellules un peu.
- Speaker #1
C'est important. Est-ce qu'on peut dire que c'est ok parfois de penser qu'à soi, de sortir d'aspirations planétaires et de se dire ok maintenant j'ai besoin de me reconcentrer sur mes trucs, j'ai besoin de me faire du bien, que la lutte c'est pas forcément toujours, c'est pas que un sacerdoce quoi. T'es peut-être pas d'accord avec ça mais c'est...
- Speaker #0
Mais je pense que j'ai un peu de réac, mes amis, c'est pour moi que beaucoup de monde sur ce sujet là du développement personnel, prendre soin de ça et tout.
- Speaker #1
Alors j'ai pas dit développement personnel.
- Speaker #0
Non mais du coup... Même le truc de penser à soi, pas penser à soi. En fait, je trouve que c'est marrant parce que c'est pas une scission que je trouve utile ni éclairante. En fait, moi, quand je lutte, c'est aussi pour moi. Même d'abord, c'est pour moi. C'est parce que j'adore la vie profondément, de manière absolument naïve. Je trouve ça absolument génial. J'ai aucune forme d'envie que ça s'arrête, donc je lutte pour que ça reste. C'est vraiment comme sur une bicyclette où on fait du vélo, on n'a pas envie que ça s'arrête. Pour pas tomber, il faut continuer à pédaler. Donc c'est aussi égoïste. Et quand je fais des fuites qui seraient de En pleine lune de la lutte, quand je fais du bateau, il n'y a rien de plus altruiste que le bateau par exemple, parce que sur un bateau, la règle c'est qu'on pense d'abord au navire, ensuite à l'équipage, ensuite à soi. C'est la règle de base de navigation. Donc du coup, quelque part, c'est aussi des moments où je vais même presque être beaucoup plus là pour les gens autour de moi, dans mon cercle restreint, être beaucoup plus à l'écoute, être presque moins égoïste dans ma manière de vivre, pour m'assurer que tout le monde va bien, de prendre l'écart quand il y en a qui sont fatigués. Je ne fais pas du tout de décision comme ça. Et je crois que même un des meilleurs conseils qu'on m'ait donné, c'est un prof, c'est marrant, c'était ça, c'était de me dire, c'était à une époque où on sentait tous un peu, on faisait de grandes études, donc on sentait tous pris d'une mission plus grande que nous et d'avoir un grand destin, plein d'ambitions. Et en fait, je lui disais, ok, dites-nous un conseil. Et il m'a dit, ben, oubliez-vous vous-même. Arrêtez de penser un peu à vous, faites des choses et vous verrez. Et ça, honnêtement, voilà. je sais pas si ça peut aider quelqu'un ici mais moi au début ça m'a un peu je me dis bon écoute tu l'exagères et en fait l'idée de dire fichez-vous la paix et en faisant on va apprendre tellement sur soi aussi alors parmi tes fuites tu l'as évoqué c'est
- Speaker #1
carrément applaudissant donc tu l'as dit l'an dernier tu as repris des études avec un master à l'université d'Oxford en politique publique à part fuir c'était quoi l'idée ?
- Speaker #0
C'était génial, c'était de dézoomer un peu c'est vrai qu'on est tout le temps, surtout quand on a un rôle un peu médiatique ou politique on nous demande tout le temps notre avis sur tout, on n'a plus vraiment le temps de penser et c'est important de le faire ça mais moi c'est vrai que j'avais besoin je pense de me dire allez je passe le rôle à quelqu'un et je prends un peu le temps long et donc j'étais avec des gens, j'ai une chance immense j'étais avec des gens de la meilleure université du monde, avec des gens qui viennent de partout, j'étais la seule française sur 160 personnes Merci. Et donc, ce que j'avais jamais le temps de faire, de passer un mois avec quelqu'un qui vient du Ghana, quelqu'un qui votait pour Trump aux Etats-Unis, une activiste qui ouvrait des écoles en Afghanistan, c'était un peu lunaire comme casting, mais c'était vraiment hyper intéressant parce que ça m'a vraiment permis d'avoir un truc très concret, où je disais, une qui était une amie proche, une ancienne ministre au Soudan, qui me disait, ok, ton truc d'énergie renouvelable est tout génial, Maintenant, comment je fais, en fait ? C'est-à-dire que si je veux pouvoir développer mon pays, si on découvre des réserves de pétrole, qu'est-ce qu'on fait ? Et là, c'était plus Pascal Praud qui... D'un coup me sortait cet argument que moi j'avais ma bonne punchline pour le contrer. Ça devenait très concret en fait, ça devenait vraiment où il n'y avait pas d'enjeu de gens qui nous regardaient, de caméra, de like, de posture, il n'y avait aucune posture, c'était vraiment ok, là on a un ensemble, on va se rassembler, on va partager nos pratiques, partager ce qui se passe concrètement et on va réfléchir et du coup ça donne tellement plus de profondeur et ça veut dire que ça nous réconcilie un peu avec la pensée complexe aussi et avec le fait que tout n'est pas toujours juste si... simple, facile, évident, on n'est pas toujours si pur, on n'est pas toujours si... Et donc ça, ça m'a fait beaucoup de bien. Je pense que j'ai adoré ça, sortir de la posture. Juste,
- Speaker #1
c'est quoi un master en politique publique ? T'as appris quoi pendant un an ?
- Speaker #0
Mille choses. Je réfléchis à ce que j'ai dû faire en examen. J'ai dû travailler sur les politiques économiques chinoises en matière de développement d'énergie renouvelable, travailler sur l'utilisation de l'IA dans... Les armes en droit international, voilà des trucs très très très vastes. La politique économique agricole du Costa Rica, enfin des trucs un peu...
- Speaker #1
Le contenu des œufs de manchot à travers les siècles.
- Speaker #0
Ça c'était pas là, c'était après. Mais non mais donc c'est des choses vraiment qui sont au début, il y a plein de sujets, mais vraiment grande majorité des sujets sur lesquels je ne connaissais rien, vraiment rien. J'avais lu vite fait un article, même pas l'article, j'avais dû lire les titres des journaux Le Monde qui popaient sur mon écran. Du coup ça nous force aussi. à prendre le temps vraiment long de la lecture. Et ça, aussi, très concrètement, tellement on est sollicité sur les réseaux sociaux, en tout cas, moi, j'arrive très mal à gérer ça. Je suis un peu comme un enfant qu'on sérine avec on va happer mon attention tout le temps, que là, le fait de devoir... Tu peux pas tricher, tu peux pas être un imposture quand t'as... En tout cas, à Oxford, dans ces études-là, je n'avais pas le droit de... Je pouvais pas juste citer vite fait, être approximative ou m'en sortir parce que je parle bien l'oral. ça ne marchait pas. J'avais des profs avec qui je devais rendre des longs papiers sur des ouvrages en anglais un peu austères que je devais lire. Et donc, en fait, ça reforce une forme de rigueur intellectuelle. Et ça, c'est un luxe immense. Alors là, j'ai vraiment eu une chance immense de faire ça. Donc, je sais que ce n'est pas du tout... Mais si vous avez l'occasion de pouvoir créer des moments, vous pouvez peut-être relire ou se mettre loin de cette hausse d'objets qui nous hantent, qui nous téléphonent. Je pense que c'est hyper dur à faire. mais... Mais moi, je sais que ça m'a vraiment fait un bien fou. Et oui, ça m'a permis ça d'abord, je dirais. Et après, j'ai fait mon mémoire sur la réglementation européenne d'Epiphase. Voilà, bien sûr.
- Speaker #1
On ne se refait pas. Est-ce que c'est vrai qu'en vrai, tu es allée en Angleterre pendant un an pour apprendre à prononcer correctement le mot pipeline ?
- Speaker #0
C'est Swan qui vous a dit ça ou pas ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. C'est une pure blague, mais je sais que tu galères à prononcer ce mot.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas vrai. C'est Swan Perissé, c'est une tête de Private Joe, qui était aussi sur ce podcast que vous pouvez retrouver.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
qui m'a...
- Speaker #1
Je te moque de moi,
- Speaker #0
mais je sais pas, moi je disais pipeline. Non, tu disais pas pipeline,
- Speaker #1
maintenant tu dis pipeline. Non, tu disais paplan.
- Speaker #0
Voilà, elles me moquent de moi, parce que ma prononciation est parfois un petit peu...
- Speaker #1
Non, mais en tout cas, t'as fait des gros progrès, je suis très impressionnée.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Alors, j'enjambe un peu des questions, puisque je le savais, on papote, on papote, et je vois l'heure qui tourne, et que j'ai quand même envie qu'on aborde certains sujets. T'as testé beaucoup de formes. dans ton activiste, de beaucoup de formes, de formats, la danse, l'interpellation de politique, des marches climat, la désobéissance civile, t'as fait des documentaires, t'as fait de l'aventure en mer. De tout ce que t'as testé, c'est quoi les recettes qui fonctionnent pour... susciter l'engagement du public et en fait obtenir des victoires est-ce qu'il y a des choses transversales comme ça où tu t'es dit tiens ça c'est des bonnes recettes le travail vraiment c'est un énorme discours de droite le développement personnel ça me fatigue non
- Speaker #0
non c'est pas ça mais vraiment dans le sens c'est le travail et le collectif le travail c'est pas forcément que nous tout seul individuellement mais ça va être vraiment aller s'appuyer sur des gens qui ont travaillé sur le sujet depuis hyper longtemps et l'honnêteté intellectuelle Ça vraiment c'est les deux choses parce que quand on essaie de s'arranger un peu avec un chiffre, une info, etc. Ça finit toujours par retomber et en fait ils attendent tellement de nous. L'industrie attend tellement qu'on se trompe, qu'on soit imprécis, qu'on bidouille un peu un truc. Ils attendent que ça et tout finit toujours par se savoir que, et puis qu'ils ont beaucoup de moyens pour essayer de trouver la faille, que moi ma meilleure défense que j'ai trouvée honnêtement c'est d'essayer d'être inattaquable. Et des fois c'est hyper dur parce que des fois il y a des sujets où on a tellement envie de... De dire, ouais, mais là, c'est gros, et on sait qu'on peut faire un coup avec ça. Mais en fait, quand on a un chercheur, une chercheuse qui nous dit, on ne peut pas vraiment dire ça comme ça. Il faut utiliser la supposition. Là, on ne peut pas annoncer ce chiffre-là, je suis désolée. Il n'a pas été vérifié assez. Et donc, c'est dur, c'est frustrant. Mais je pense que c'est vraiment sur le long terme une stratégie qui paye. Parce que ça donne une légitimité sur le fait de... Enfin, une confiance, en tout cas, j'espère, une confiance sur le fait que... Ça ne veut pas dire qu'on ne se trompe jamais, mais... En tout cas, c'est une confiance sur le fait qu'on se bat pour que ce soit vraiment une vérité qui existe, ou en tout cas quelque chose qui s'y approche le plus possible. Donc ça, je dirais que c'est important. Et moi, le temps long, ça a toujours été. Il n'y a aucune victoire qui s'est faite en deux jours. Toutes les victoires sur lesquelles on a réussi à obtenir des choses, c'est parce qu'on s'appuyait sur le travail de gens qui avaient travaillé depuis des années sur le sujet, qui connaissent le sujet par cœur. on a posé des questions, on a mis en avant on a travaillé avec les principaux concernés qui sont souvent beaucoup de connaissances donc ça c'est vraiment on peut pas faire l'économie de ça, ce serait génial ce serait tentant, on claque des doigts, on a une petite recette magique en 5 points et demain on change ce qu'on veut, non en vrai c'est aussi de demander autour de soi, il y a tout le temps moi je fais ça tout le temps, c'est tout le temps des annonces le bon coin sur mes stories, je dis est-ce que quelqu'un est ce soir par exemple on cherche des biogénéticiens, voilà Merci.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des bio-généticiens dans la salle ce soir ?
- Speaker #0
Jamais, vous l'amenez voir à la fin. Et du coup, c'est des sujets sur lesquels moi souvent j'ai aucune idée. Et plutôt que de me dire, bon, je vais me débrouiller avec ça, non, je demande, est-ce qu'il y a quelqu'un qui sait faire ça ? Est-ce que quelqu'un connaît telle info ? Et souvent, même systématiquement, c'est ça qui me fascine et qui me donne plein d'espoir, c'est vraiment ça. C'est que des gens me disent, alors attends, j'ai un cousin qui travaille un jour dans un truc ou j'ai un tel qui... Et on arrive toujours à avoir des choses mais improbables avec la personne spécialiste du sujet qui dit, bien sûr ! je vous passe une demi-heure là-dessus, je vais régler votre problème. Même sur l'investigation qu'on va faire sur une grande multinationale pétrolière, on a même des gens de cette entreprise-là qui ont vu un de mes appels et qui ont dit, bon, vous ne dites surtout pas pour qui je travaille, vous ne mettez surtout pas mon nom à la fin de votre truc, mais je peux vous faire le modèle qui va permettre, on faisait ce qu'on appelle du remote sensing, c'était essayer de voir par image satellite s'il y avait plus ou moins d'espace vert avec une pollution. après une pollution massive d'hydrocarbures, donc de pipelines qui avaient explosé. Et en fait, moi, je n'avais aucune idée de comment faire ça. Et c'est le gars même de l'entreprise qui a pris du temps pour valider nos modèles, nous montrer, etc. Et donc souvent, c'est des choses un peu absurdes, des alliés improbables qui se passent comme ça. Mais dans toutes les victoires qu'on a eues, c'est parce qu'on a eu vraiment des gens improbables qui ont passé du temps et qu'on a fait travailler ensemble des gens qui ne parlent pas nécessairement. Ça, je dirais que c'est le point commun, plus qu'une recette, c'est le point commun de toutes ces victoires.
- Speaker #1
Est-ce qu'avec tout le respect que je te dois, on peut faire des réponses un tout petit peu plus courtes ? Parce qu'en fait, on en a plein, plein, plein et j'en ai enlevé plein, plein, plein déjà. Je savais que j'aurais dû mettre deux questions dans l'entretien avec Camille et Etienne, ça aurait été plus simple. Est-ce qu'il y a, dans toutes les victoires que tu as obtenues ces dernières années, est-ce qu'il y en a une qui t'a particulièrement marquée ?
- Speaker #0
L'épiphase.
- Speaker #1
J'ai adoré la longueur de cette réponse. Elle t'a le droit de faire plus de deux mots par contre.
- Speaker #0
Elle est bien très totalitaire.
- Speaker #1
Donc on est en juin 2026. Comment ? Vas-y,
- Speaker #0
pardon.
- Speaker #1
On est en juin 2026 et il y a un truc qu'on pensait enterrer qui est en train de revenir, c'est la loi du plomb. Et surtout la partie où on fait revenir un insecticide interdit depuis 2018. Donc là c'est Amipride. Aujourd'hui, on est en pleine discussion sur le projet de loi d'urgence agricole. Et Laurent Duplon, le sénateur qui a donné son nom à la tristement fameuse loi Duplon, a décidé d'en faire une affaire personnelle. Et donc, il remet le couvert. Et donc, il a déjà annoncé qu'il allait mettre un amendement à ce projet de loi pour faire revenir encore l'acétamipride. Plus de 2 millions de personnes qui ont signé ça, tout ce que le pays compte de scientifiques, de médecins, qui disent que ce n'est pas une bonne idée. Et ça revient quand même. Tu vas retourner au charbon ou comment ça marche pour toi ?
- Speaker #0
Non. D'autres le font. Moi, bien sûr, je viendrai en soutien aussi. Mais d'autres le font déjà depuis longtemps. Donc il faut regarder aussi. Moi, sur les questions agricoles, ce que j'écoute beaucoup, ça va être en réalité le soulèvement de la terre, qui est à la base un mouvement paysan. On l'oublie souvent, mais qui est vraiment un mouvement paysan. Et qui, du coup, souvent, c'est à eux que je vais demander un peu. OK, qu'est-ce que vous en pensez ? Ils vont être sur l'aspect législatif, mais vraiment sur l'aspect terrain, pratique, etc. Donc regardez, ils font souvent des... Ils font souvent des chroniques, c'est pas le bon mot, mais des textes où ils vont expliquer leur position sur un truc précis. C'est souvent ce que je vois de plus intellectuellement très très fort sur le sujet et puis sur ces terrains aussi. Et après, il y a aussi, par exemple, la Confédération Paysanne, où je suis beaucoup ce qu'ils vont faire. Je pense qu'ils sont déjà en train de se remobiliser sur la loi du plomb 2. Donc bien sûr, on va soutenir tout ça. Et là, c'est un sujet, heureusement, sur lequel il y a beaucoup de gens qui travaillent. Donc ça me rassure et en même temps ça me rassure pas qu'ils reviennent, c'était prévisible aussi. C'est pour ça que je vous dis les victoires ne sont jamais... Ça veut pas dire qu'il faut pas les célébrer, franchement on peut s'autoriser juste à souffler de temps en temps. Je dis ça pour vous déprimer, je dis juste ça pour être lucide. Et c'est pour ça qu'il faut qu'il y ait des gens qui, sur des sujets, soient là jusqu'au bout du C'est pour ça qu'il faut qu'on se les répartisse et qu'il faut pas vous sentir... Merde je fais encore une réponse longue mais ça c'est peut-être un truc vraiment important. C'est pas se sentir épuisé, écrasé par le poids du... tous les sujets, prenez des choses qui vous tiennent à cœur et filez des coups de main de temps en temps à d'autres sur d'autres sujets mais c'est comme ça qu'on avancera le mieux,
- Speaker #1
c'est une équipe il faut voir ça comme une équipe de foot On entre dans une période un tout petit peu particulière qui est celle de l'élection présidentielle avec tous les jours c'est la litanie des candidats des illustres inconnus qui se présentent à la présidentielle comment tu comptes aborder cette période toi en tant que militante est-ce que tu as prévu quelque chose de particulier et est-ce que tu comptes te tenir aussi à Toujours autant à distance des partis politiques ou est-ce que tu penses que tu vas assumer un rôle différent cette fois-ci ?
- Speaker #0
Je ne vais pas te faire une réponse course sur ça maintenant, mais bien sûr on a prévu des choses qui arrivent, donc voilà, petit teasing. Et la seule chose que je peux dire qui est ça qui me guindera toujours, c'est un profond doute sur les partis politiques pour les avoir vus de près, donc une grande distance de fait, ce qui fait que je suis très proche de la politique. Ce qu'on fait, je passe beaucoup de temps à l'Assemblée nationale, beaucoup de temps. travailler avec certains ou contre d'autres, mais que j'ai refusé jusqu'à présent toutes rentrées en politique classique. Donc je garderai toujours cet esprit critique, vraiment, envers tous et toutes, mais quand il y a des urgences aussi grandes que celles-là, bien sûr qu'on va tout faire, pour essayer d'être créatif, essayer de marquer d'autres gens par plein de moyens différents, avec plein de gens, on s'organise pour des choses qui vont sortir bientôt, pour essayer de faire en sorte que l'extrême droite n'arrive pas au pouvoir.
- Speaker #1
Alors si on essaie de se projeter au-delà de 2027, mettons en 2050, si on ferme les yeux et que tu nous emmènes dans toi ta vision de 2050, un monde où on aurait réglé peut-être les problèmes contre lesquels tu te bats aujourd'hui, ça pourrait ressembler à quoi une société qui aurait réglé ces problèmes-là ? Elle n'a pas écouté mon vocal ou je lui ai dit qu'il y aurait cette question ?
- Speaker #0
Si mais je ne prépare pas la question parce que sinon ce n'est pas censé, après des fois je change d'avis et puis j'aime bien voir... C'est ça qui est beau aussi, c'est qu'avec tes questions et nos discussions, j'ai des idées que j'avais pas avant. C'est en vous écoutant ou en posant vraiment la question. Je viens pas avec un truc rédigé prêt et je le fais à chaque fois comme ça parce que c'est ça qui est trop beau dans le dialogue je trouve.
- Speaker #1
On va nous faire un slam.
- Speaker #0
Non mais c'est une question qui me perturbe beaucoup parce que moi je vois pas et je comprends qu'on peut en avoir besoin mais j'ai pas besoin d'une espèce d'idéal... dans lequel me projeter pour l'atteindre. Je me vois plus mon rôle comme étant un peu urgentiste. Donc j'ai l'impression d'arriver et je vois quelqu'un qui a un truc très grave, je ne me dis pas à quoi il va ressembler en l'imaginant lui jouer avec ses enfants dans le jardin dimanche après sans son cancer. C'est vraiment plus de, il y a ça, c'est quoi le protocole d'urgence ? Comment est-ce qu'on fait tout ce qu'il y a d'autre possible pour essayer de le sauver là maintenant ? Ça prend du temps, mais on va le sauver là maintenant. Donc c'est vraiment quelque chose comme ça que je vois. maintenant à quoi ça pourrait ressembler à mille choses et ça dépend vraiment de nous de le créer, de l'imaginer ensemble moi j'ai des fantasmes que l'on soit beaucoup plus proche de la mer parce que je pense que le monde On serait beaucoup plus dehors. Avec la montée de l'océan,
- Speaker #1
on va être tous plus proches de la mer. Je te le confirme.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Pardon, c'est les moments où on se fait du bien.
- Speaker #0
Je suis très honnête, c'est ça. C'est un monde, une chose concrète, qui a l'air un peu ubesque, mais qui, je crois, chargerait tellement la vie. Un monde où on ferait tous plus de sport dehors. Où on serait tous plus en mouvement, avec plus de temps. Ça veut dire de temps, des moyens. De passer du temps dehors à juste être ensemble dans des endroits proches de la nature, ça c'est très concret et ça ressemblerait à ça, déjà un monde qui va mieux. C'est évident que cette déconnexion-là, où on nous a arrachés un peu à la terre en fait, c'est ça. Le fait qu'on nous a arrachés à la terre, moi c'est une des causes premières du mal qu'on vit aujourd'hui.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui était mieux avant ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Peut-être qu'il y a plein de choses qui étaient bien pires avant, mais il y a des choses qui étaient mieux avant, je crois. Peut-être la simplicité, quand je parle juste de molécules chimiques, le capitalisme a créé une mise en compétition de tout. Pour se différencier, à chaque fois, il faut faire un peu plus complexe, toujours un peu plus complexe pour avoir notre molécule chimique à nous, quand on a une autre prise ou une autre, ou notre type de fauteuil à nous. Je crois vraiment que cette multiplication du choix, moi, ce qui me crée une sidération, c'est parce qu'il y a des milliards de films à regarder sur des plateformes qui se ressemblent finalement tous un peu, mais qui sont tous un peu différents. que je sais plus quoi faire et qu'au final je passe une heure à chercher mon film et à pas le regarder. C'est parce qu'on arrive dans les supermarchés où il y a 18 milliards de pots de moutarde différents qu'au final on sait plus quoi faire et qu'on va se retrouver à acheter un truc qu'on voulait même pas acheter et qui est déjà tout prêt parce que ça nous a paniqué de pas savoir. Donc je pense qu'une chose qui était mieux avant c'est peut-être la restriction de choix.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui était pas mieux avant ?
- Speaker #0
Je dois faire court en plus. Qu'est-ce que t'es pas mieux avant ? Le fait que j'aurais probablement pas pu être là à parler sur une scène, à donner mon avis politique, et à ce que vous m'écoutiez en étant une jeune femme.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui sera mieux après ?
- Speaker #0
Une forme d'esprit révolutionnaire, mais dans le beau sens vraiment du terme, que j'espère qu'on aura en nous un esprit de révolte, en tout cas. De révolte, d'indignation, qu'on aura un peu comme la Boétie qui dit ça, qui dit qu'ils sont grands que parce que nous sommes à genoux et il appelle un peu à se soulever, à arrêter de coopérer tout simplement avec le système. Et j'espère que ça, ce sera beau parce que c'est pour ça que j'avais du mal à répondre à ta question avec une liste de courses de choses, mais c'est plutôt pour moi une posture, un réveil qu'on a et qui fait que du coup j'ai confiance dans les générations à venir pour se dire ok, on va reprendre le travail, on va pas juste leur préparer un monde tout prêt en paquet qui est bien, on va leur donner la capacité. de créer ce monde là et c'est plus ça qui m'anime vraiment.
- Speaker #1
Dernière petite question, comment les gens dans le public ou les gens qui nous écoutent, s'ils ont envie de s'engager et qu'ils ne savent pas forcément par où commencer, une fois qu'on a fait les trucs un peu attendus, une fois qu'on a rejoint le club de verre évidemment, c'est quoi le premier truc qu'on pourrait faire pour s'engager là maintenant tout de suite et essayer de faire changer les choses ? Mettre des likes sur les potes de Camille Hessienne qui commence par un bonjour Gabriel Attal.
- Speaker #0
Il y a deux choses bien plus utiles à faire. Non mais en vrai rejoindre une association ça a l'air très basique mais c'est vraiment ça. Je pense que si là on a d'un coup une vague massive de gens qui s'inscrivent dans... Je pense que ça peut être une association de quartier qui vous parle de... Les associations pallient beaucoup au manque de l'État. Et donc du coup quand on a un État qui se fascise, qui se délite, qui se désengage, qui recule sur je sais pas... l'aide aux personnes migrantes sur les repas des personnes qui ne peuvent pas manger sur tout un tas de choses quand on a une réponse inverse de la population qui dit ok on prend le relais, on va s'occuper de ce que vous étiez censé faire mais ce que vous faites mal ou ce que vous ne faites pas ça c'est vraiment puissant donc peut-être rejoignez des associations peu importe celles qui vous parlent, celles qui vous plaignaient si vous en avez l'envie et le courage parce que c'est pas une mince affaire mais oui, rejoignez physiquement les rangs de la lutte, si vous pouvez le faire ça c'est très utile Merci.
- Speaker #1
Merci infiniment Camille, merci d'avoir été la dernière invitée de la saison 1.
- Speaker #0
Merci, bravo à vous.
- Speaker #1
Je pense que tu as mérité le maillot numéro 10 de la team de l'équipe de France de l'écologie. Je voudrais remercier aussi très très chaudement toutes les personnes qui ont travaillé avec moi sur le podcast toute l'année, pour cet épisode mais aussi pour les autres. Colline Vigo à la préparation et à la caméra aujourd'hui, Arnaud Huc à la réalisation, Colline Balfro à montage, vous pouvez les applaudir, Monsafar Bajic et Chef Hop aujourd'hui. Margot Desmond, Lucie Savin et Julie Lelievre à la diffusion. Merci infiniment. Merci au Grand Contrôle qui nous accueille aujourd'hui pour cette soirée et ce dernier épisode. On a le droit d'applaudir le Grand Contrôle. Et encore une fois, merci, merci, merci. 12 600 fois merci aux membres du club qui nous ont rejoints, qui nous soutiennent au quotidien et qui nous permettent de faire ça, tout le reste, d'informer le plus largement possible la population française, de faire du meilleur journalisme, de faire de l'enquête, du décryptage. Et des bonnes nouvelles au maximum. Merci à vous. Si vous n'êtes pas encore membre du club, je crois que vous avez compris le call to action de ce soir. Rejoignez le club absolument pour nous aider à créer cette équipe d'enquête. Et voilà, je crois qu'on se revoit en septembre pour la saison 2. Merci infiniment. Bonne soirée.
- Speaker #2
C'était mieux après.