- Speaker #0
Bienvenu à ça c'est Wow. Des fois c'est wow, des fois c'est pas wow, la santé mentale, quand ça va bien c'est wow quand ça va pas bien c'est pas wow. J'ai avec moi aujourd'hui Jacques Coderre-Lareau, je vais lire ce qui est écrit sur son LinkedIn:"...il a cumulé des rôles-conseils en ressources humaines et des rôles de gestion. Jacques a également soutenu le développement de plusieurs centaines de gestionnaires à titre de Formateur/Coach et animé plus de 3000 formations". Moi, je l'ai découvert justement dans une formation et c'est un formateur hyper talentueux, c'est un excellent vulgarisateur. Je suis vraiment très contente de vous le présenter aujourd'hui. C'est un homme multifacette avec une superbe sensibilité, une intelligence, en fait, sensible, que je nommerais. Donc voilà, sans plus tarder, entrons dans le beau sujet de la santé mentale au travail avec Jacques Coderre-Lareau. Vous aimez, vous sentez que l'épisode pourrait plaire ou aider quelqu'un ou une entreprise ? Partagez ! Je suis très, très heureuse de t'avoir avec moi aujourd'hui. Fait qu'on se commence-tu ça ?
- Speaker #1
Oui, allons-y !
- Speaker #0
Je pense que ton cadrage, il est parfait, t'es parfait !
- Speaker #1
Ah ouais, ça je sais pas, mais...
- Speaker #0
Fait que là, on va essayer de faire ça en 45 minutes.
- Speaker #1
Allons-y.
- Speaker #0
T'es-tu prêt ? Fait que là, tout de suite, tac-tac, MICRO-CHAUD.
- Speaker #1
Ouais, c'est bon.
- Speaker #0
Une habitude bizarre que tu as?
- Speaker #1
Une habitude bizarre que j'ai ? Je me brosse les dents des fois avec du bicarbonate de soude puis du peroxyde pour les blanchir.
- Speaker #0
Ah ! C'est une bonne idée, ça. C'est bizarre, c'est plus santé bizarre,
- Speaker #1
non ? Je sais pas, mais en même temps, une autre habitude bizarre, supposons... Une habitude bizarre que je pourrais avoir...
- Speaker #0
Elle était bonne, celle que tu as donné.
- Speaker #1
Ah ! Des fois, je porte des kilts.
- Speaker #0
Ah ! C'est bien cool ! Ça, c'est cool ! Nice ! Est-ce qu'une chose que tu fais, mais que tu ne dis jamais ?
- Speaker #1
Une chose que je fais, mais que je dis jamais ? Qu'est-ce que je fais, mais que je dis jamais ? Ou que j'ai jamais dit encore, mais que ça n'a juste pas donné. Je me suis déjà amusé à mesurer mes ondes de cerveau avec un bandeau.
- Speaker #0
Ah ! Comment tu fais ?
- Speaker #1
Il y a des bandeaux qui sont faits pour ça, qui aident à méditer, qui aident à réfléchir. Ah oui ! À un moment donné, je voulais comprendre un peu, quand on réfléchit, quand on dort, un peu au-delà des théories, voir un peu ce que ça a de l'air, ce qu'on réussit à faire avec ça. Puis en fonction de l'état, quand je me sens d'une certaine façon, qu'est-ce que... Concrètement, c'est quoi que ça fait ?
- Speaker #0
Comme on...
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, exact. Fait que j'ai fait ça, mais j'ai fait des tests avec moi-même. Fait que ça, c'est un affaire que j'ai jamais vraiment dit.
- Speaker #0
Moi, je pense que t'aimes beaucoup apprendre, honnêtement. Depuis tantôt, les gens ne savent pas, mais on a plein de discussions, pis c'est comme un feu roulant de sujets, là. Autre micro-show, une série que t'as binge-watchée en cachette.
- Speaker #1
En cachette, binge-watchée.
- Speaker #0
Tu binge-watches-tu ?
- Speaker #1
Euh, rarement. Je te dirais les séries médiévales, Games of Thrones, The Witcher et compagnie. Ça, c'est dangereux. C'est dangereux,
- Speaker #0
mais on ne fait pas vraiment cachette. C'est tellement bon. Oui,
- Speaker #1
mais je suis tout seul chez nous, à l'époque, parce que les autres n'aiment pas tant ça. Depuis les enfants vieillissent, c'est un peu moins pire, mais quand même.
- Speaker #0
Nice. Et si tu pouvais vivre dans un film, ce serait lequel ?
- Speaker #1
Si je pouvais vivre dans un film ?
- Speaker #0
Game of Thrones.
- Speaker #1
Oui, peut-être. Le Seigneur des Anneaux.
- Speaker #0
Ah, wow ! Tu serais quel personnage ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Peut-être pas si noble.
- Speaker #0
Je ne sais pas dans la question, puis je ne les connais même pas à part Frodo.
- Speaker #1
Je te dirais au rang, peut-être un cavalier.
- Speaker #0
Ah, oui, ça te va bien. Oui, même dans une autre époque, je te mettrais samouraï.
- Speaker #1
Oui, ce serait pas fou en considérant que j'ai quand même le pli de faire des arts martiaux depuis que j'ai 12 ans.
- Speaker #0
Ah bon, mais tu vois, je ne sors pas ça de nulle part. Je pense que c'est des dons. Et une dernière question.
- Speaker #1
ton wow personnel de la semaine. Mon wow personnel de la semaine. Tantôt, juste avant de se rencontrer, j'ai eu un appel de quelqu'un qui se posait des questions par rapport à l'orientation. Par rapport à un choix en particulier d'un embauche. Étrangement, elle hésitait entre quelqu'un qui lui ressemble parce qu'elle se voyait dedans ou un choix rationnel. Ah ! Puis, la personne avec... beaucoup, beaucoup d'humilité et de bonheur. Quand j'ai dit, j'ai vu, et c'est pour ça que je disais « wow » , j'ai vu toute la maturité aussi au travers de la personne qui se posait la question quand j'ai fait le reflet. de la situation, qui disait « Ah, c'est fou comment... » Tu sais, dans le fond, je voulais te téléphoner pour avoir ton idée, mais je savais très bien que tu me dirais exactement qu'est-ce qui se passe. Fait que ça, quand je vois des gens avec beaucoup, beaucoup de maturité qui sont capables de prendre un peu le reflet des choses, j'adore ça.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est « wow » . C'est vrai que c'est « wow » parce que quand quelqu'un vient nous voir, puis que ça donne comme rien... C'est ça,
- Speaker #2
exact.
- Speaker #0
All right. Alors aujourd'hui, bravo, tu as survécu au micro-show. Est-ce que tu te sens prêt à rentrer dans le vif du sujet ?
- Speaker #2
Allons-y.
- Speaker #0
Qui est la santé mentale.
- Speaker #2
Oui, exact.
- Speaker #0
Dans le milieu du travail. Vraiment, je te remercie. Je te le dis encore, je suis vraiment très, très touchée que tu sois avec moi aujourd'hui. Et j'aimerais ça, avec toi, qu'on découvre... Parce que, je vais le dire, je t'ai découvert parce que tu donnais des cyber-ateliers dans mon entreprise où je travaille. Oui. Et je te trouve fabuleux et excellent vulgarisateur. Et dans le fond, c'est quoi, pourquoi c'est crucial à notre époque de parler de santé mentale au travail, tu penses ? Est-ce qu'il y a de plus en plus de cas ?
- Speaker #1
Oui, statistiquement, on est capable de trouver cette information-là. Je ne sais pas si, dans la question, pourquoi c'est crucial à notre époque, je ne sais pas si c'est pas un peu biaisé. C'est-à-dire que je pense que ça a toujours été important. Si jusqu'avant, dans le fond, on y réfléchissait peut-être moins, j'ai le goût de penser, parce qu'on le sait depuis longtemps, que c'est en train de s'en aller dans un sens, et que la détresse dans la population est en train d'augmenter. Parce qu'à l'époque, je recule en 2000, 2010, l'OMS avait déclaré qu'en 2020, les troubles de santé mentale étaient pour dépasser les problématiques du cœur. Et elle est rendue là ? Bien oui, c'est rendu là. En ce qui a trait aux arrêts, maladies, puis aux causes d'invalidité au monde. On savait déjà en 2010 que c'était pour arriver. Là, évidemment, il y a eu la pandémie, il s'est passé toutes sortes de choses, puis ça a augmenté.
- Speaker #0
Des accélérateurs.
- Speaker #1
Bien oui, exact. Mais d'aussi longtemps que je me souvienne, en fait... Je pense que la santé mentale, c'est important pour être capable de s'assurer de fonctionner. Parce qu'un des axes qu'on va retrouver, puis on en reparlera peut-être plus tard, c'est que quand on est en bonne santé mentale, on est capable de fonctionner.
- Speaker #0
C'est pas mal un des principaux moteurs d'avoir son équilibre total mental et physique. Et aussi, prochaine question, c'est quoi un bon boss ?
- Speaker #1
C'est quoi ? Ah, ça, c'est une question terrible. Ah oui, parce que, tu sais, il y a tellement de perceptions, il y a tellement de théories, d'éléments différents. Puis, tu sais, on entend parler de leadership, de bienveillance, puis de toutes sortes d'affaires, tu sais. Je te dirais, mon chemin à moi m'a amené dans un endroit qui est peut-être un peu différent, en fait. Je vois un... Là, je vais dire un gestionnaire, un boss. Oui. Je le vois comme quelqu'un, en fait, qui gère un environnement. Pas nécessairement quelqu'un qui gère des gens. Mais il y a une raison pour laquelle je te dis ça, c'est qu'on oublie, puis on a cette tendance dans les milieux de travail à vouloir mettre la responsabilité de notre vie entre les mains d'une organisation ou d'une autre personne. Alors qu'on est tous responsables de ce qu'on vit et de ce qu'on fait. Et l'important, c'est que l'environnement nous permette de s'améliorer, de s'épanouir, de se replacer si on a besoin. Je pense que si l'environnement est géré de manière adéquate, ce que ça fait, c'est que ça nous donne l'espace pour être capable de s'épanouir, de se replacer, de s'améliorer, et ainsi de suite. Je pense qu'un bon boss, c'est quelqu'un qui gère l'environnement.
- Speaker #0
Et qui le gère avec ouverture, avec empathie, avec... Pour créer de l'espace.
- Speaker #1
Un balai. Non, mais c'est parce que quand on a de l'espace pour fonctionner, pour exister, normalement, le reste prend sa forme. C'est sûr que d'avoir de l'ouverture, ça crée de l'espace. avoir de l'empathie ça permet de se sentir compris être inclusif et non directif être inclusif ça crée de l'espace de responsabiliser ses employés là on est dans la direction dans le fond c'est qu'ultimement j'ai un rôle à jouer dans l'organisation puis à partir du moment où la situation est gérée pour que je sois capable de jouer mon rôle c'est sûr qu'il faut que je sache ce qui est attendu de moi d'avoir les orientations je pense que c'est nécessaire que ce soit clair d'avoir les balises Maintenant, toutes ces histoires de considération, bienveillance, c'est une façon pour moi, dans le fond, d'aider la personne à savoir qu'elle a le droit d'exister dans l'environnement. Mais je veux aussi faire attention parce que des fois, on a tendance à m'appiéter sur ça, en disant « ouais, mais j'ai l'impression que je ne peux pas exister, mais t'es ici pour faire un travail » . Puis là, à la fin, dans le fond, on se départit de la responsabilité qu'on a ou des choix qu'on fait sur le dos de l'organisation devrait prendre soin de moi. Non, c'est toi qui devrais prendre soin de toi, puis l'organisation ne devrait pas nuire au fait que tu es capable de prendre soin de toi.
- Speaker #0
Ah, très belle nuance. J'adore ça. Puis toi, tu m'avais parlé, parce que là, j'ai vu aussi, tu parlais de, voyons, premier répondant en soins.
- Speaker #1
Oui, les premiers soins santé mentaux.
- Speaker #0
Ça, je ne sais pas pourquoi, mais ça résonne comme de quoi qui me fait vraiment triper.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est comme une notion de premier répondant, genre. Exact. J'adore ça.
- Speaker #1
Oui. En fait, il faut dire que ça fait quelques années que ça se trame. OK. Je vais dire ça comme ça. Les premiers programmes de son ont commencé il y a déjà peut-être un peu plus qu'une dizaine d'années. Maintenant, ils ont évolué au travers du temps. Là, je recule dans le temps en 2013. L'OMS a sorti 13 critères en 2013. Ça fait déjà un bout de temps. de temps pour aider à aborder les risques psychosociaux dans les organisations. On parle de l'OMS. C'est quoi l'OMS ? L'Organisation mondiale de la santé. Ils en ont fait une norme ISO au Canada. La Commission de la santé mentale du Canada a récupéré les 13 critères et en ont fait une norme CSA. Et de là, après ça, a décliné toutes sortes de programmes avec des initiatives en santé mentale, dont entre autres l'émergence des programmes qu'on va dire de PSSM, de premiers soins santé mentaux. Et là, qui se sont étendus un peu au travers de la déploiement. Puis aujourd'hui, bien là, c'est de plus en plus connu, puis aussi avec le virage en santé-sécurité au Québec qui est venu inclure la santé mentale, ça devient encore plus spécifique, je dirais. Maintenant, juste pour être capable de se positionner en premier soin en santé mentale, on est vraiment dans la même perspective que des premiers soins en santé physique. C'est-à-dire qu'on voit quelqu'un qui est en détresse, essentiellement qui est blessé, qui vit quelque chose, Et la job, essentiellement, c'est de prendre la personne et là, de juste venir.
- Speaker #0
Penser les blessures superficielles et de la diriger vers le bon professionnel.
- Speaker #1
Exact. Fait que là, dans le fond, en premier soin, je vais faire quoi ? Je vais mettre un pansement, je vais empêcher que ça saigne ? Bien, en premier soin en santé mentale, on fait la même chose, puis après ça, on l'oriente.
- Speaker #0
Est-ce qu'un boss devrait être premier à répondre ?
- Speaker #1
Est-ce qu'un boss a besoin d'être la personne qui est en premier soin en santé physique ?
- Speaker #0
Bien, on a des secouristes à job, là. Bien, donc,
- Speaker #1
ça prend des gens qui sont prêts à faire le travail, puis qui sont prêts à faire face à... à quelqu'un qui est en détresse.
- Speaker #0
Ça fait que ce seraient des délégués sociaux ?
- Speaker #1
Ça peut être n'importe qui, en fait. Ça peut être un patron, mais c'est pas obligé d'être le patron. Ça peut être quelqu'un en santé-sécurité, en ressources humaines, ça peut être un délégué social, ça peut être un autre employé. C'est une personne de référence qui est prête à faire le travail de premier soin.
- Speaker #0
Ça pourrait être un collègue.
- Speaker #1
Ça peut être n'importe qui. Ultimement, ça peut être quelqu'un sur la rue.
- Speaker #0
N'importe qui qui a le courage de demander comment ça va, est-tu correct ?
- Speaker #1
Ou qui est prête à intervenir quand il voit que quelqu'un va pas bien. au même titre que tu... Quelqu'un en premier soin qui est formé, voit quelqu'un qui est blessé, qui s'est foulé une cheville, qui saigne, va aller voir la personne spontanément pour essayer de faire le bout de travail qui lui appartient en attendant les ambulanciers. J'adore ça. C'est vraiment la même référence. Ça prend une personne qui a à cœur les autres et qui est prête à intervenir à des moments où des fois les autres ne savent pas quoi faire.
- Speaker #0
Oui. C'est ça aussi, je me demandais comme patron, jusqu'à quel point tu peux intervenir, bien, pas intervenir avec un employé, mais... C'est autant délicat entre employeur et employé. Tu ne peux pas vraiment rentrer non plus dans le personnel. C'est quelqu'un qui ne va vraiment pas bien à job.
- Speaker #1
Oui, j'aimerais sortir un peu de ça parce que pour moi, ce n'est vraiment pas si compliqué. Puis en fait, quand je me place dans une perspective de gestionnaire ou d'employeur, pour moi, tu as l'obligation d'aller voir si quelqu'un ne va pas bien. Ce n'est pas une question de malaise ou pas. Je te ferais le comparatif suivant. Tu verrais comme gestionnaire un de tes employés boiter. Tu es obligé de le voir et de lui dire si ça va, si tu es correct pour faire ta journée. Parce que, ultimement, tu as la responsabilité de t'assurer qu'il ne s'aggrave pas dans le milieu de travail. Que l'environnement ne nuit pas à sa condition, mais qu'il y a de l'espace pour se replacer, mais qu'il y a de la considération qui est placée pour que la personne fasse ses affaires.
- Speaker #0
Puis, y a-tu une limite jusqu'où tu peux aller dans le questionnaire ?
- Speaker #1
La limite de ce que la personne accepte de te répondre, mais c'est aussi vrai en santé physique. C'est-à-dire que quelqu'un qui boite, il n'est pas obligé de raconter ce qui s'est passé. Il est obligé de dire oui je vais être correct pour faire mon travail ou non j'ai besoin ou je suis pas sûr. Il est obligé de te donner une forme de réponse mais il est pas obligé de te dire d'où ça vient, comment il s'est blessé. C'est un peu la même chose. Il faut que ce soit aussi simple que ça en fait. Quand on voit quelqu'un qui est distrait, qui vit de la détresse, qui est pas bien, ben va le voir, ça va dessus. Je constate que deux points, ça fait deux jours que t'es arrivé en retard, c'est pas dans tes habitudes. Je vois que t'es plus morose, pis là je te parle pis je vois que t'as pas l'air affilé. Peut-être que c'est une impression. Qu'est-ce qui se passe ? As-tu quelque chose que j'ai besoin de savoir ? Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Il faut que ce soit aussi simple que ça.
- Speaker #0
Après ça,
- Speaker #1
la personne me parle ou pas, mais si elle ne me parle pas, je vais le respecter. Mais si je vois... J'ai comme l'obligation de m'assurer que l'environnement de travail aggrave pas le contexte de la personne, la condition de la personne. J'ai comme pas le choix d'être vigilant dans le fond.
- Speaker #0
Ouais. Tu sais,
- Speaker #1
sur cette base-là, c'est pas vraiment plus compliqué que la santé physique. Puis l'autre chose aussi qu'on voit, quand on dit « ben oui, mais il y a un malaise, c'est la vie personnelle » , moi j'aimerais ça qu'on se désensibilise à propos d'une chose en particulier. Si tu t'en rends compte, c'est plus privé. Ah !
- Speaker #0
J'adore ça ! J'adore ça !
- Speaker #1
Ça se peut que ce soit encore personnel, mais c'est plus privé.
- Speaker #0
Ah, j'aime cette notion-là.
- Speaker #1
Tu t'en rends compte ? La vie privée de quelqu'un, c'est ce qui ne paraît pas.
- Speaker #0
Hum hum. Fait que si la personne...
- Speaker #1
Si ça paraît, ce n'est plus privé. Ça se peut que ce soit encore personnel, mais ce n'est plus privé.
- Speaker #0
Puis là, les signes que quelqu'un ne va pas bien en dehors de « elle ne se présente pas au travail » ou « elle pleure » , là.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Y'en a-tu comme des gros signes à part le...
- Speaker #1
Oui, je vais... En santé mentale en milieu de travail, une des choses que je fais depuis 15 ans, je me suis doté d'une espèce de canevas, d'un axe. Je te dirais, il y a trois affaires que je vais regarder. La capacité à fonctionner. C'est-à-dire qu'un être humain qui va bien, est capable de fonctionner, de s'investir dans sa vie, de travailler, faire son bénévolat, arriver à l'heure, rendre des projets, faire ses hobbies, faire ses loisirs, s'offrir à manger. Il est capable de fonctionner. Il fait ses choses. Quand la capacité à fonctionner d'une personne commence à être altérée, commence à démontrer des problèmes d'égalité, d'assiduité, alors que ce n'était pas le cas avant, ça veut dire qu'il se passe quelque chose.
- Speaker #0
Une désorganisation. Oui,
- Speaker #1
mais on est vraiment dans le fonctionnement de la personne. La personne a fonctionné, elle fonctionne moins bien. Il y a une raison. Je ne sais pas laquelle, mais il y en a une. Ça, c'est le premier. Le deuxième, la capacité d'être en relation. Je sais qu'un être humain va bien quand il est capable d'entrer en relation, d'entretenir des relations d'une manière saine. À partir du moment où la personne n'est plus capable d'entrer en relation ou d'entretenir des relations, il commence à avoir un enjeu.
- Speaker #0
Se dire comme tu verrais au travail, mettons. Quelqu'un s'isolait,
- Speaker #1
il ponnait les nerfs alors qu'il ne faisait pas, il a réagi dans un commentaire alors qu'il y a un mois, le même commentaire, la personne n'aurait pas réagi. Elle commence à avoir des difficultés en relation. Ce que ça fait, c'est que si on n'a pas de latitude, si on n'a pas de lousse pour réagir en relation, ça veut dire que je vis quelque chose, il se passe quelque chose. Le dernier morceau, c'est le sens. Quand les affaires autour de nous ne font plus de sens, c'est parce que je vois moins bien.
- Speaker #0
Ça, c'est grave. Ça, c'est urgent,
- Speaker #1
non ? Sans dire que c'est urgent, des fois, ça peut être la première chose qui débarque, puis les deux autres n'ont pas débarqué encore. Puis des fois, on va le voir quand, par exemple, supposons, le travail de la personne, pour elle, ne fait plus de sens dans sa vie. Ce n'est plus en phase.
- Speaker #0
Ça fait que c'est bâclé ?
- Speaker #1
Pas nécessairement, mais c'est comme si la personne devient un peu plus nonchalante, un peu plus morose. Ce qu'il lui a demandé pour elle, ça ne fait pas de sens. Il manque de reconnaissance, supposons. Ce genre de choses-là, des fois, on va voir le sens débarquer. Maintenant, quand je prends ces trois éléments-là, Tous les diagnostics presque, je vais dire courant parce que je veux faire attention, la majorité des diagnostics qu'on va trouver dans le DSM vont correspondre à ces axes-là. Quand on regarde la dépression, ça l'affecte les trois. L'anxiété, ça l'affecte les trois. Le trouble d'adaptation, ça l'affecte les trois. Il y a des choses très courantes qu'on regarde. La personne commence à avoir des difficultés à fonctionner, à être en relation, ou le sens des choses commence à débarquer. Je n'ai pas besoin des diagnostics. On a juste besoin d'évaluer ces trois choses-là. Ça correspond à quelque chose dans le milieu de travail.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Soyons alertes à ça et intervenons à ce moment-là.
- Speaker #0
Dans le fond, c'est de voir, pas notre part de responsabilité, mais comment nous, on peut venir, pas améliorer le sort, mais faire en sorte que...
- Speaker #1
Parfait. Là, il y a deux... C'est intéressant parce que je vois qu'il y a comme deux... C'est délicat,
- Speaker #0
mais c'est parce que je trouve ça tellement... OK.
- Speaker #1
Comme... comme la santé physique des fois. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
On revient encore. C'est ça que j'aime de ce que tu parles.
- Speaker #1
Il y a pour moi, en fait, deux éléments dans ça. C'est que ça se peut que la détresse soit occasionnée par le milieu de travail ou pas.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Donc, ça se peut que la blessure physique soit occasionnée par le milieu ou pas. Donc, dans la même mécanique, ce que ça fait, c'est que quand on va l'aborder, on va juste nommer ce qu'on observe. J'essaierai de présumer ça vient d'où. Une fois que j'aurai nommé ce que j'observe, je vais dire « qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que je peux faire ? » Et là, je vais vite voir la tournure de la situation en fonction du fait que la personne me parle ou pas. Si la personne me parle et me dit « non, écoute, vraiment, ça ne va pas bien, je ne voulais pas t'en parler parce que je ne voulais pas t'acheter avec ça, supposons que je vis des difficultés à la maison, je vais écouter, je ne poserai pas nécessairement des questions pour explorer ça avec la personne parce que ce n'est pas nécessairement ma position de le faire, mais je vais certainement écouter, par exemple. » Une fois que je vais avoir écouté, je vais dire « Ok, as-tu des ressources ? As-tu du soutien ? »
- Speaker #0
As-tu eu des beaux cas comme ça où tu as vu un autre ?
- Speaker #1
Oui, certainement. L'affaire, c'est que quand on parle de détresse comme ça, ce qu'on voit des fois, c'est des situations qui peuvent passer de « Je ne dors plus ces temps-ci. Je suis en instance de divorce. Ça ne va pas bien avec mon adolescent. » En passant, j'ai des idées noires. Il n'y a plus rien qui va et j'ai pensé à m'enlever la vie. On voit toute la panoplie des affaires possibles et imaginables. Dépendamment de ce que c'est, après ça, comme gestionnaire, supposons que je nous place dans une position de gestion, ce qu'on va faire, c'est qu'on va juste donner les ressources à la personne en fonction de ce qu'elle nous présente. Tu me disais un cas spécifique, sans rentrer dans les détails, quelqu'un rentre à un moment donné dans une rencontre, je le vois que la personne ne fait pas, ça fait... Six mois que je l'accompagne en coaching, que je l'accompagne dans son développement de gestion, puis à un moment donné, la personne en arrivant, regarde la terre, tout le non-verbal me dit que ça va pas, beaucoup plus amorphe que d'habitude. Je regarde la personne, je dis écoute, je vois que ça va pas là, qu'est-ce qui se passe ? Dis-toi raison, il y a plus rien qui marche. J'ai passé la fin de semaine à me chicaner avec ma conjointe, mon fils est rentré en prison fédérale la semaine passée. Il dit là je ne sais plus quoi faire.
- Speaker #0
Oui parce que là la personne rentre travailler.
- Speaker #1
Mais elle est au travail là. Elle est au travail là. Ok ? Donc là c'est sûr que tu sais mon premier réflexe c'est de dire ok prends le temps de t'asseoir. Là on va regarder les différentes affaires ensemble mais la première étape, tu en as-tu parlé à ton patron, tu en as-tu parlé à ton gestionnaire ? Non mais ça va être important que tu y anglais ça un mot. Parce que si jamais tu as besoin de lousse, je parlais d'espace tantôt. « Hey, tu as besoin d'aller prendre un rendez-vous en plein milieu de la semaine, puis tu as besoin de t'absenter parce qu'il y a une situation qui va falloir que tu ailles gérer. Il faut que tu sois capable de l'avoir, ce lousse-là. Il va falloir que tu y en parles un minimum, sans m'être donné tous les détails, mais il va falloir que ce soit au courant. » Après ça, le deuxième réflexe, moi je ne suis pas dans une position où je vais faire de l'accompagnement, de la thérapie avec la personne, mais je vais dire à la personne, parce que ça donne que je le sais, « Tu le savais-tu que ça existe des ressources, pour exemple, les familles des personnes incarcérées au Québec ? » Parce qu'on sait que c'est difficile. Savais-tu qu'il y en a des ressources, des organismes qui s'occupent des familles des personnes incarcérées ? Non, je ne le savais pas. J'ai pris mon téléphone, j'ai trouvé le nom de l'organisme, j'ai appelé. J'ai mis sur main libre.
- Speaker #0
Puis nous, comme... Y a-t-il une place où on voit toute cette liste de ressources-là qui existent ? Y a-t-il une place, nous, comme être...
- Speaker #1
C'est ça. En fait, ça, c'est un des enjeux. C'est-à-dire qu'il y en a... Je veux vraiment. panoplie de ressources qui viennent compenser d'une certaine façon. Des fois, j'ai le goût de dire, des fois, le manque de ressources du système de santé, parce qu'il y a aussi cette réalité-là, dans le fond, c'est que le système de santé, à l'heure actuelle, la santé mentale, c'est un peu l'enfant pauvre du système, alors qu'on sait très bien que le système est un peu en crise. Maintenant, je mets ça de côté. Il y a vraiment une panoplie de ressources qui se sont articulées quand même autour, en termes d'organismes. Tous ces organismes-là ne sont pas nécessairement répertoriés, mais si vous allez voir, il y a... quand même des listes à des places. Entre autres, le gouvernement du Québec, je pense qu'il en a fait une. Il faudra aller voir. Je pense que 811 peut vous aider.
- Speaker #0
Peut-être que ChatGPT aussi, à ce heure-là.
- Speaker #1
C'est possible de demander à des AI de faire des recherches pour les trouver. Mais si vous faites une bonne vieille recherche sur Internet dans un navigateur, vous allez en trouver toute une panoplie. Si vous vous dites, voici la problématique, c'est quoi les organismes dans mon coin, normalement, ils sont quand même assez bien identifiés. C'est possible, même s'il n'y a pas de répertoire à proprement en parler. Puis je vous dis ça, puis j'en ai déjà trouvé des répertoires, même si à certains moments, il n'était peut-être pas complet. Ah ok. Mais il y en a quand même. Après ça, il y a des lignes qui existent aussi, qui sont plus générales, comme au Canada, exemple, supposons, dernièrement, ils ont élaboré une ligne pour la prévention du suicide, qui est le 988, qui n'a pas été publicisée beaucoup au Québec, mais que le gouvernement fédéral, dans le fond, a mis mur à mur au Canada, partout. Quelqu'un en prévention de suicide appelle au 988, puis il va avoir une réponse comme si on l'avait fait un, mais c'est juste de la prévention de situation de crise.
- Speaker #0
Comme quelqu'un qui va vraiment pas bien, appelle-le, ou un parent qui s'inquiète pour son enfant ou un voisin.
- Speaker #1
C'est ça, exactement. Et le gouvernement fédéral, ce qu'il a fait, c'est qu'il a relayé, dans le fond, la ligne à des organismes, dans le fond, de prévention du suicide et de soutien. Donc, au Québec, je pense que, je suis pas sûr si c'est pour relayer, dans le fond, dans les organismes qui s'occupent de la prévention du suicide au Québec.
- Speaker #0
Ah, c'est bien cool ça.
- Speaker #1
Mais c'est direct, ça devient un raccourci plutôt que de faire le numéro complet.
- Speaker #0
Je me rappelle dans les ateliers, c'est-tu toi qui disais ça, de ne pas avoir peur de poser la question, « T'as-tu pensé au suicide ? »
- Speaker #1
À t'enlever la vie, « T'as-tu pensé au suicide ? » Oui,
- Speaker #0
mais ça c'est parce que c'est comme la question qui tue. Un peu.
- Speaker #1
Mais tu sais,
- Speaker #0
c'est une question qu'on n'ose pas demander à personne. Oui.
- Speaker #1
Ça fait peur. Oui, c'est ça. Mon expérience me met à deux places. La première, on sait que de poser la question, ça n'augmentera jamais les chances que la personne le fasse. On commence par ça. C'est-à-dire que la base, c'est que si la personne n'y pensait pas, ce n'est pas parce que tu lui poses la question que vous y pensez plus. Ok.
- Speaker #0
Très rassurant.
- Speaker #1
Si on avait ce mythe-là, il faut sortir ça de l'histoire. Ça, c'est pas vrai. C'est pas comme si on allait lui donner l'idée. Non, c'est ça. Exact.
- Speaker #0
Comme si c'était une suggestion qu'elle allait se prendre dans le cerveau.
- Speaker #1
Exact. Après ça, le deuxième malaise qu'on a, c'est « S'il me répond oui, je vais être pogné avec. » Ça, c'est le deuxième malaise qu'on a. Alors qu'en réalité, la personne, si on lui pose la question, ça veut pas dire qu'elle a l'idée de le faire parce qu'elle y a pensé, parce qu'entre y avoir pensé et commencer à avoir articulé l'idée... Il y a un écart entre les deux. Si la personne a pensé à articuler l'idée, ça lui fait du bien juste d'en parler, de le ventiler, ça fait juste donner un niveau de détresse plus élevé. Si la personne a commencé à articuler l'idée, c'est une bonne idée de le savoir, comme si on est capable de l'orienter. Dans tous les cas, tout le temps, je vais dire aux gens, si la personne vous dit oui, je ne vous demande pas d'évaluer le risque, il ne faut surtout pas que vous essayiez d'évaluer le risque si vous n'êtes pas outillé pour le faire. Faites juste dire, écoute, ce que tu viens de me dire, c'est important je vais partager quelqu'un à qui tu veux qu'on en passe
- Speaker #0
Si la personne dit non, je ne veux pas que tu en parles.
- Speaker #1
Je comprends, mais moi, je ne veux pas rester seul avec cette information-là, parce que si ça arrive, je vais m'en vouloir. C'est juste ça, la réponse.
- Speaker #0
Ça sensibilise la personne en détresse.
- Speaker #1
Oui, de je ne veux pas que tu restes seul avec ça, puis moi non plus, je ne veux pas rester seul avec ça, parce que là, tu me fais confiance. C'est gros. Puis on va transférer, on va garder la confiance, même si on va ultimement, dans le fond, puis là, un peu sur les lignes de ce qu'on considère des fois comme la confidentialité, c'est-à-dire que je vais partager l'information, mais par souci de confiance. On va le faire ensemble.
- Speaker #0
Hum.
- Speaker #1
Tu sais, parce que la pire chose qui pourrait arriver, c'est si quelqu'un vous dit oui, vous ne savez pas quoi faire, vous gardez le secret, le lendemain, vous apprenez que c'est arrivé.
- Speaker #0
Ah mon Dieu.
- Speaker #1
Là, la culpabilité est dure à gérer.
- Speaker #0
Ah mon Dieu, oui.
- Speaker #1
Puis ça, c'est le genre de choses que j'ai déjà vues. Maintenant, une fois que je sors de là, l'idée, en fait, c'est assez simple. C'est quand quelqu'un vous dit oui, faites quelque chose avec. Je préfère que quelqu'un vous en veule, que vous ayez partagé l'information. que d'avoir à dire avec la culpabilité de ce qui est arrivé et que vous ne l'avez pas dit.
- Speaker #0
Oui, parce que ça, c'est quelque chose qui doit rester jusqu'à la fin.
- Speaker #1
Les gens finissent par se replacer de ça. Les gens finissent par se remettre. C'est-à-dire que sur le coup, oui, effectivement, c'est un peu difficile. Mais dans tous les cas, je préfère le savoir. Mais je comprends que c'est demandant. Puis au niveau psychologique, là, je vais dire par expérience, quand on pose la question, quelqu'un nous dit oui. Sur le coup, on peut tomber un peu mécanique, un peu froid, ou des fois, c'est déstabilisé. Puis tu sais, à la fin, faites juste dire à la personne, « OK, mais c'est important ce que tu viens de me dire. On va aller chercher de l'aide ensemble. Je vais partager l'information. Je ne veux pas que tu restes seule. »
- Speaker #0
Puis on partage à qui l'information, normalement ?
- Speaker #1
Dans tous les cas. Oui. La police ? OK. Bien là, dépendamment du contexte. Si vous êtes dans un environnement de travail, vous êtes un gestionnaire, je vais vous dire, là, téléphonez aux ressources que vous avez à l'interne. Si vous ne le savez pas, vous avez le droit d'appeler au 911. Il n'y a pas d'enjeu. Dites à la personne au bout du fil, c'est une centrale d'appel, c'est pas directement la police, dites à la personne, ils écoutent. Je m'appelle Jacques, je suis avec un ami, il vient de me dire qu'il pense à s'enlever la vie. J'ai besoin d'aide. Peux-tu m'aider ? La personne va vous aider. Vous pourriez, je pense, faire la même chose avec le 811, vous pourriez faire la même chose avec le 988. Mais dans tous les cas, l'important c'est de partager l'information pour qu'il y ait une évaluation qui soit faite par quelqu'un.
- Speaker #0
C'est drôle, tu as parlé du 988, puis j'y ai même pas pensé. Tu sais, tout de suite, j'ai dit, on m'appelle à 888.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais tu sais, sauf qu'à la même temps, la ligne d'urgence que vous allez utiliser, pour moi, est moins importante.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
que juste de penser à faire un téléphone ou à aller chercher une ressource. Vous pourriez appeler justement un 866-APPEL, par exemple. Peu importe. Pour moi, c'est moins important de savoir où plutôt que juste de faire quelque chose avec.
- Speaker #0
Oui, j'adore. Puis aussi, il y avait, dans les comportements changeants, des fois, ça peut être aussi une clé. Comme quelqu'un qui, du jour au lendemain, qui était vraiment dépressif, qui devient subitement très, très, très heureux.
- Speaker #1
Oui. Je veux faire attention. Oui, on observe ça. Puis souvent, on s'en rend compte trop tard ou à postériori.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que là, on dit, c'est bizarre, il n'allait pas bien. Puis là, tout à coup, il me semble que c'était sa meilleure semaine depuis longtemps. La personne avait peut-être pris la décision, avait fait la paix avec. Tu sais, il peut se passer toutes sortes de choses. Puis des fois, ça peut faire en sorte qu'on ne le voit pas.
- Speaker #0
hum euh
- Speaker #1
Je ne veux pas qu'on se culpabilise avec le fait de ne pas voir les changements, parce que ça aussi, c'est un piège. Là, je reviens à quelque chose, puis je sais que c'est un peu difficile, en fait. C'est-à-dire qu'on n'est pas responsable de la vie des autres, on est responsable de comment on les traite pendant qu'on est avec eux autres.
- Speaker #0
Ah, dis-le encore ! Non, mais c'est vrai ! C'est tellement important !
- Speaker #1
On n'est pas responsable de la vie des autres, on est responsable de comment on les traite pendant qu'on est avec eux.
- Speaker #0
Ça, j'adore ça !
- Speaker #1
Je pense qu'après ça, il ne faut pas s'en vouloir d'avoir manqué d'informations. Là je comprends qu'on parle d'une situation où il s'est passé quelque chose.
- Speaker #0
qui a mené à une fin. Maintenant, si je sors de là, le nombre de fois où je n'ai pas une information parce que la personne ne me le dit pas et je ne m'en rends pas compte, si je m'en voulais à toutes les fois que j'ai manqué une information, il y a quelque chose qui ne me fonctionnerait pas. Une fois qu'on a dit ça, après ça, l'important, c'est important de bien traiter le monde, mais si on se rend compte de quelque chose, non mais là, dites-le, je le vois que ça ne va pas, il se passe quelque chose, veux-tu m'en parler ? Non, c'est correct. Si jamais il y a quelque chose, je suis là, je m'en rends compte.
- Speaker #1
Juste de nommer le fait qu'on voit un changement, qu'on a observé une différence.
- Speaker #0
Puis souvent en fait, là c'est quelque chose qu'on apprend aussi, quand on... Je pense à ma formatrice aussi, à moi, en premier soin en santé mentale, qui disait que des fois juste le fait de n'avoir parlé finalement, ça fait ce que ça a la sensé faire parce que ça crée une connexion qui aide la personne à moins se sentir seule. Parce que des fois quand on se sent pris, c'est là qu'on arrive à avoir des pensées qui sont plus les bonnes parce qu'on n'a pas de solution, mais juste le fait d'en parler des fois... Ça ouvre des portes à des solutions. Ça fait en sorte qu'après ça, la personne arrête de penser, passe à d'autres choses ou va vers une autre direction. Ça ne veut même pas dire qu'ultimement, on a fait quelque chose avec la situation. C'est juste le fait d'avoir aidé la personne à débloquer alors qu'elle se sentait toute seule et qu'elle n'osait pas nous déranger. Ça, c'est l'autre chose. C'est quelqu'un qui ne va pas bien, il ne veut pas nous déranger.
- Speaker #1
Oui, puis j'imagine aussi que le sentiment d'être pris seul avec quelque chose a beaucoup plus d'ampleur que de savoir que tu as nommé ou qu'il y a quelqu'un qui est au courant.
- Speaker #0
Exact. Je vous ai dit, à partir du moment où quelqu'un nous en parle, quelqu'un accepte d'avoir cette discussion-là avec nous, par défaut, c'est plus facile. Moi, juste d'avoir cette ouverture-là. Puis des fois, on n'a pas besoin de rien faire à part le nommer.
- Speaker #1
À part quoi ?
- Speaker #0
À part le nommer. Je vous partage deux choses, en fait. Je vous invite à aller voir l'initiative être-là.org. Ah, OK.
- Speaker #1
C'est quoi ça ?
- Speaker #0
C'est une initiative qui a été bâtie dans le Canada anglais par un organisme à but non lucratif, qui donne quatre étapes. Essentiellement pour aborder un ami quand on voit qu'il ne file pas. Puis ça a été bâti à l'origine pour des adolescents dans des écoles, mais ultimement ça fonctionne pour n'importe quel humain qui travaille avec un autre humain ou qui est avec un autre humain, qui c'est son ami, puis qui veut juste dire « je le vois que tu ne vas pas bien » . Ça explique exactement quoi faire. Vous pourriez faire ça. Maintenant, quand on regarde ces étapes-là, ce qu'on voit c'est super simple. C'est « non, qu'est-ce que tu vois ? Ce n'était pas comme ça avant. Tu es important pour moi. Qu'est-ce qui se passe ? » Puis respecte ce que la personne t'a dit, puis respecte ton rôle. T'es son ami, t'es pas son thérapeute. Là, ce que ça fait, c'est que là, on est capable de venir l'encadrer. Puis des fois, ce que ça va faire, c'est que ça va nous amener dans des positions un peu particulières. J'ai déjà fait ça avec un de mes gestionnaires. J'ai déjà annoncé à un de mes gestionnaires qu'il n'allait pas bien.
- Speaker #1
Non, arrête.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comme, explique.
- Speaker #0
Bien, je suis rentré dans son bureau, je lui ai fermé la porte.
- Speaker #1
Parce que lui, il savait pas du tout qu'il allait pas bien ?
- Speaker #0
Ben je pense qu'il savait, je vais te... C'est juste que... C'est juste que quand on va bien, on ne s'en rend pas compte que ça paraît. Ou des fois, on ne s'en rend pas compte, point. Fait que là, je suis juste rentré dans son bureau, j'ai fermé la porte, je lui ai dit « Écoute, j'ai besoin de discuter avec toi, mais ce que je vais te dire, je vais te le dire juste une fois, puis c'est aujourd'hui. Je ne t'en reparlerai jamais. » Mais je veux aussi te dire que la seule raison pour laquelle je t'en parle, c'est parce que tu me tiens à cœur. Pis tantôt quand je vais ressortir, je vais faire comme si je te l'avais jamais dit. Par respect pour le contexte pis la position. J'ai commencé comme ça.
- Speaker #1
This is sweet.
- Speaker #0
Wow ! Là, il a comme reculé dans sa chaise. Je l'ai regardé et je lui ai dit « Écoute, ça fait trois ans qu'on se connaît. Dans les deux derniers mois, voici ce que j'observe. » J'ai nommé ce que j'observais. J'ai dit « Tu m'inquiètes, tu n'étais pas dans cet état-là avant. Il n'y a rien que je peux faire avant de te le dire. J'aimerais ça que tu ailles chercher de l'aide. Je te remercie de m'avoir écouté. Je n'ai pas besoin que tu me répondes. »
- Speaker #1
Wow ! Il a dû capoter ! C'est donc bien beau !
- Speaker #0
Évidemment, il est resté un peu sous le choc sur le coup. Puis là, j'ai dit, je te rappelle avant de sortir que je t'en reparlerai jamais. Mais je voulais te le dire parce que c'est important pour moi, parce que tu me tiens à cœur.
- Speaker #1
Il a-tu cassé ? Il a-tu dit non, papa ? Non,
- Speaker #0
non, non, c'est resté comme ça. Je suis sorti, je ne suis pas resté dans le contexte. C'était quand même mon gestionnaire. Je ne voulais pas faire exprès pour le mettre dans une position qui n'était pas la bonne non plus. Je suis ressorti, puis neuf mois plus tard, il m'a accroché pour me dire merci. Il m'a rendu l'appareil. Il m'a juste dit, Écoute, je voulais juste te dire merci par rapport à ce que tu m'as dit il y a neuf mois. Je te remercie. Bonne journée.
- Speaker #1
Ah, c'est donc bien beau !
- Speaker #0
C'est pour ça, des affaires comme ça, il faut avoir le courage de le faire, mais c'est pas que j'ai des compliqués.
- Speaker #1
Non, non, pis même la simplicité avec laquelle... Ben, c'est désarmant. En tout cas, moi, je me mets dans la position de cette personne-là. C'est simple, c'est beau, c'est touchant, pis ça fait un beau miroir sur... Tu sais, moi, t'aurais fermé la porte, c'est sûr, j'aurais fait... Tu sais, c'est vraiment, ça vient crever un abcès, en fait. Ben oui,
- Speaker #0
ben oui. Mais tu sais, c'est parce qu'en même temps, puis l'autre affaire, c'est que, d'un, je te disais, des fois, on ne sait pas que les gens s'en rendent compte, puis des fois, nous-mêmes, on ne s'en rend pas compte. Si j'ai mal à une jambe, c'est mon cerveau qui analyse la douleur. C'est mon cerveau qui dit « t'as mal à la jambe » . Si j'ai mal au cerveau, c'est lui qui analyse la douleur. L'outil de mesure, c'est lui qui est brisé.
- Speaker #1
Ah, ça, ça, là, c'est un concept qui me fait vraiment triper.
- Speaker #0
Fait que là...
- Speaker #1
Ça, là...
- Speaker #0
C'est-tu normal que ça marche pas ? Ben oui, c'est normal. J'essaie de mesurer quelque chose avec une règle qui est brisée.
- Speaker #1
Ouais. Ça, d'aller chercher des solutions, tu sais, tu demandes à ton cerveau de trouver des solutions alors que tu vas pas bien, c'est sûr que ce qui va sortir de là ne sera pas des bonnes solutions.
- Speaker #0
Quand quelqu'un te dit « Écoute, je le vois que tu ne vas pas bien » , ben non, ce n'est pas si pire. Pourquoi tu dis ça ? Non, je vais bien, je ne me vois pas. C'est normal, ce qui me sert à mesurer que je vais mal, c'est ça qui ne va pas bien.
- Speaker #1
Ça, j'adore ça.
- Speaker #0
C'est super simple en fait. Mais on a la chance que les jeunes qui nous aiment nous le disent. Mais le premier réflexe, c'est qu'on ne le prend pas toujours.
- Speaker #1
Oui, as-tu déjà eu des retours ?
- Speaker #0
Je dis régulièrement. des fois on dit quelque chose à quelqu'un, puis même moi, la personne avec qui je suis en couple me dit « écoute Jacques, tu vas pas bien » « ben là, pourquoi tu dis ça ? » c'est le premier réflexe, c'est pas de dire oui-oui c'est pas de dire « ben là, c'est possible, fais-en pas » le premier réflexe c'est celui-là, c'est pas de dire « oui, oui, oui, t'as raison, je vais pas bien » c'est de dire « ah,
- Speaker #1
euh... »
- Speaker #0
pourquoi ? Parce que... Ben,
- Speaker #1
tu vois, là, c'est sûr que la façon d'aborder c'est tout de suite « hey, tu vas pas bien » alors que celle que t'as faite d'entrer doucement... de te dire, tu sais, c'est deux approches complètement différentes qui n'ont clairement pas le même impact.
- Speaker #0
Oui, je le sais. Puis c'est clair que, tu sais, quand on enseigne aux gens à aborder des gens, on ne leur dit pas, « Hey, écoute, tu ne vas pas bien. » Là, je suis dans une position où on est en relation, ça fait 20 ans qu'on se connaît. Il y a tout un contexte autour. Puis, tu sais, pour vrai, les gens qu'on aime, des fois, on ne sait pas trop comment les dire, donc on leur dit juste parce qu'on les aime, mais des fois, pas de la bonne façon. Peu importe ce qu'on a à dire.
- Speaker #1
Maintenant,
- Speaker #0
on est tough là aussi. Oui, clairement. Mais après ça, dans le fond, c'est que l'idée, c'est pour ça que je dis que les étapes ne sont pas super compliquées. C'est nommer les corps, nommer ce que vous observez. C'est quoi les corps ? Tu n'étais pas comme ça avant. J'observe telle affaire. Je t'en parle parce que tu es important pour moi. Je t'en parle parce que je t'aime. Je t'en parle parce que tu es un bon collègue. Peu importe c'est quoi, faites juste dire la raison pour laquelle vous le dites. C'est important pour moi de te le dire, je m'en rends compte. Faites juste être sincère. Inventez pas une affaire, soyez sincère, mais après ça, dire...
- Speaker #1
Tu dirais que la sincérité est un atout majeur, dans la mesure où quelqu'un débarque un peu avec « Bon, j'ai un employé qui va pas bien, je vais aller le voir. »
- Speaker #0
Tu sais,
- Speaker #1
ça doit arriver, là. Ben oui,
- Speaker #0
mais en même temps, tu sais, un employé qui va pas bien... Je vous ai dit tantôt, on gère l'environnement comme gestion. La perception que j'ai, c'est celle-là. Maintenant, je sors de là. On va aussi gérer des fois des comportements, mais pourquoi ? Parce que ça a un impact sur l'environnement. Là, je reviens un peu à mon affaire. Ultimement, si ça n'a pas d'impact sur l'environnement, le comportement de quelqu'un, c'est son caractère, laissez-le faire. Si ça a de l'impact sur l'environnement, vous n'aurez pas le choix de gérer. À la fin, c'est sûr qu'on gère le comportement, mais pourquoi ? Parce qu'on gère l'environnement. Vous êtes responsable de l'environnement, vous êtes responsable de l'espace de travail. Ça, c'est comme gestionnaire. mais comme gestionnaire, quand je vois un emploi qui ne va pas bien... C'est comme si je vois un employé qui bouillette. C'est pas plus compliqué. Faut pas que ce soit plus compliqué. Je vois telle affaire. C'était pas comme ça la semaine passée. Ça va-tu ? La personne me dit « Oui, ça va, il y a rien. T'inquiète pas, c'est correct. » Ben écoute, je t'en parle juste parce que je vois la différence. Fait que si jamais il y a quelque chose, dis-moi-le. Non, non, c'est beau, c'est correct. Fait que là je comprends que s'il y a rien,
- Speaker #1
ça ne réagira pas. quelque chose aussi,
- Speaker #0
je peux faire quelque chose. Ben oui, c'est ça. Mais je vais-tu rester vigilant ? Comme quelqu'un qui boite qui me dit qu'il est capable de faire sa job, je vais rester vigilant juste d'un coup que.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Je ne fais pas exprès, là. Pourquoi ? Parce que je suis responsable qu'il ne se blesse pas dans l'environnement plus. Ça va être la même affaire. Si je ne suis pas sûr, je vais rôder autour un peu, mais pas trop. Je ne veux pas être invasif, mais en même temps, je vais être vigilant. Pourquoi ? Parce que c'est important. C'est important comment les gens vont.
- Speaker #1
Puis là, est-ce que tu ouvrais encore les notions de, tu sais, à l'automne, il y a plus de... Oui. Puis est-ce que vraiment le changement d'heure, le moins de lumière...
- Speaker #0
C'est un mélange. On s'y tue ? Oui, oui, oui, oui. C'est un mélange. C'est curieux parce que lundi, justement, je postais quelque chose de cette sorte-là. Oui,
- Speaker #1
j'ai adoré ça. J'ai liké ton post,
- Speaker #0
d'ailleurs. C'était d'une simplicité, là, tu sais. En fait, à l'automne, on fait face à une série d'adaptations, dans le fond, là. On sait en arrière, une des adaptations significatives, c'est celle du rythme circadien.
- Speaker #1
Avec le changement d'heure ?
- Speaker #0
Non, pas nécessairement le changement d'heure, la baisse de luminosité avec le froid qui arrive. Beaucoup la baisse de luminosité, le changement des horaires, si tu veux, avec le soleil, fait en sorte que, normalement, notre cycle d'éveil-sommeil est régulé par le noyau suprachiasmique dans le cerveau. qui lui jacque jacque.
- Speaker #1
Écoutez ça, redis ce beau mot-là, c'est sûr qu'on vient d'en perdre une couple.
- Speaker #0
C'est le noyau suprachiasmique, c'est là où les nerfs optiques se croisent dans le cerveau. Il y a un noyau qui est là, puis c'est lui qui régule en fait l'activité d'éveil-sommeil par les hormones, puis normalement il fonctionne avec l'illuminosité. C'est la raison pour laquelle on dit que ce n'est pas nécessairement bon d'écouter quelque chose de lumineux le soir juste avant de se coucher, c'est parce qu'on envoie dans le fond des signaux de dérèglement du cycle. Avec la lumière bleue.
- Speaker #1
As-tu des trucs, toi, pour passer à travers les changements comme ça de saison ?
- Speaker #0
Bien, mon Dieu, juste se focusser sur vos bonnes habitudes puis vous assurer que le sommeil est bon.
- Speaker #1
L'alimentation, les lumières, ça marche-tu ça, les lumières ? Oui, bien,
- Speaker #0
toutes ces affaires-là peuvent marcher, mais après ça, à différents degrés, dépendamment, évidemment, de votre milieu de travail, de votre environnement, de votre système, de l'âge qu'on a. Il y a un paquet de variables. Les hormones. Oui, il y a plein d'affaires qui rentrent en ligne de compte. Mais je dirais que la chose qui vient le plus... influencer, en fait, ça, c'est vraiment une bonne qualité de sommeil. Fait que si on a une bonne qualité de sommeil, puis essentiellement, tu sais, on est capable de trouver des études, comme Oxford en Angleterre, je pense, en 2014, ça prend 7h37 de sommeil par nuit, en moyenne, sur 2000 personnes pendant un an pour jamais être malade. Fait que c'est des moyennes, là, ça dit pas de quoi c'est composé, mais ce que ça dit, c'est que quand on dit au niveau médical, ça prend 7h et 8h de sommeil par nuit, c'est assez réaliste.
- Speaker #1
Oui, 7h37.
- Speaker #0
Oui, c'est une moyenne. Mais tu sais, à la fin, dans le fond, c'est entre 7 et 8. Moi, par expérience, je sais très bien que si je dors 7h45 par nuit, je suis pas mal correct. 8, je finis par me réveiller un peu plus tôt, naturellement. 7, je finis par manquer de sommeil. Mais ça, c'est mon expérience à moi. Maintenant, je sais que tout le monde n'est pas fait pareil. Il peut y avoir des variables. Moi,
- Speaker #1
je le réalise. Quand je dors trop, je suis insupportable. Tu sais, ça se crabe tout, ça...
- Speaker #0
Mais c'est les cycles. C'est quand on comprend ça, en fait, il y a les deux hormones, évidemment, de la mélatonine de la nuit, la sérotonine de jour qui vient réguler tout ça, l'éveil, qui se trouve être des systèmes d'activation. Puis c'est vraiment géré par le cerveau avec la luminosité. Puis c'est l'affaire à laquelle... Je devrais dire que c'est la plus grande demande d'adaptation du corps à l'automne. C'est celle-là. Après ça, bien évidemment, l'adaptation froide, le retour à l'école. le rythme qui recommence. Il y a plein d'enfants. Ce qui fait en sorte qu'ultimement, ce qu'on considère comme étant la dépression saisi en heure, essentiellement, c'est de la fatigue d'adaptation cumulée. Ou de la fatigue d'adaptation.
- Speaker #1
Mais que c'est ! C'est de l'allure !
- Speaker #0
Oui. OK.
- Speaker #1
Puis je me demandais, toi, penses-tu que des semaines de quatre jours, ça pourrait aider ma santé mentale en général ? Au lieu d'avoir des semaines de cinq.
- Speaker #0
Ce serait une belle utopie. Je pense que ce ne serait pas mauvais. Mais j'ai déjà croisé quelqu'un qui travaillait 100 heures par semaine. Après deux ans, je croise la personne, je lui dis « Tu travailles beaucoup ? » La personne me regarde et me dit « Je t'arrête tout de suite. Es-tu en train de me demander de faire moins d'heures par semaine, ce que j'aime vraiment dans la vie ? » L'enjeu, ce n'est pas de travailler quatre jours, cinq jours, ou de travailler beaucoup ou pas beaucoup. L'enjeu, c'est d'aimer ce qu'on fait.
- Speaker #1
Écoutez ça tout le monde. Encore, redis-le encore. On va répéter les phrases deux fois.
- Speaker #0
Non, c'est ça. L'enjeu, c'est vraiment d'aimer ce qu'on fait. Si je travaille cinq jours par semaine et que je n'aime pas ce que je fais, c'est trop. mais si je travaille quatre jours et que je n'aime pas ce que je fais, c'est encore trop. C'est ça l'affaire.
- Speaker #1
C'est ça, dix heures de trop de quelque chose qu'on n'aime pas, ça pourrait être…
- Speaker #0
Mais aimer, qu'est-ce qu'on fait ? J'ai tendance à penser qu'il y a deux variables. Il ne faut pas se leurrer. Ce n'est pas vrai que tout le monde qui travaille aime ce qu'il fait. Il y a des gens qui ont choisi un job parce que c'est ça qu'il y avait, et je comprends les nécessités de la vie. Mais il y a deux façons d'aborder ça. C'est soit que tu fais ce que tu aimes ou tu aimes ce que tu fais. C'est pas la même affaire.
- Speaker #1
Ou t'aimes ce que ça t'apporte. Tu respectes la sécurité financière puis tu le sais que c'est ça qui est bon.
- Speaker #0
Puis tu peux y mettre du tien pour finir par aimer ce que tu fais, même si d'emblée, t'aimes pas ça. C'est-à-dire que tu peux t'investir dans ce que tu fais quand même pour y trouver ton compte d'une certaine façon. T'as une autre façon de le voir.
- Speaker #1
It's a good way to see it. I love it. Hé, je regarde. On est dans les temps. C'est extraordinaire. Mais j'avais une autre question. Attends, je vais quand même regarder. Je veux juste être sûre que je t'ai posé mes questions importantes. Je pense que j'ai pas mal toutes demandé ce que je voulais. Ah, bien tiens, une dernière question. Si tu pouvais changer une chose... Dans toutes les entreprises, demain matin, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Une chose dans toutes les entreprises.
- Speaker #1
Oui, mais quelque chose que tu vois qui n'est pas globalisé ou qui n'est pas...
- Speaker #0
C'est la tendance depuis les années 90 à l'augmentation de la pression avec, je devrais dire, la performance organisationnelle mesurée ou mesurable qui fait en sorte que... plein de moments où on perd un peu l'humanité.
- Speaker #1
Tu veux dire de trop se baser sur des chiffres, puis d'améliorer les benchmarks ?
- Speaker #0
Ben oui, mais je comprends la nécessité d'en avoir, ceci étant dit, c'est juste qu'il y a quelque chose dans ça où le système dans lequel on est, c'est un système qui éventuellement risque, si ça continue, tu sais d'arriver pas nécessairement à une forme de breaking point ou un moment où il n'y a plus rien qui va marcher, mais qui va nécessiter des changements significatifs parce que c'est pas vrai qu'il y a toujours vouloir. Puis là, je l'entends beaucoup, mais faire plus avec moins, là évidemment on est en gestion, fait que des fois on dit faire plus, faire mieux avec autant, je sais pas c'est quoi la différence des fois, sauf qu'en même temps, puis je comprends dans le fond que des fois on a laissé des systèmes s'encrasser, fait qu'on est obligé de... de faire ça. Mais c'est comme si tu as une espèce de tiraillement qui fait en sorte que c'est comme si on est toujours en train de devenir de plus en plus essoufflé. Puis quand on regarde statistiquement, les semaines de travail moyenne au Canada dans les 60 dernières années, on n'a fait qu'augmenter, en fait.
- Speaker #1
Ça fait que ce serait quoi la solution ?
- Speaker #0
Bien, je ne sais pas c'est quoi la solution, mais si tu me demandes qu'est-ce que je pourrais changer, qu'est-ce que j'aimerais que je change, c'est sans nécessairement dire que demain matin, il faut que tout le monde se mette à travailler justement quatre jours par semaine. Il y a une espèce de conscientisation à la limite humaine de la performance. C'est-à-dire que la performance et l'humain, ce n'est pas une performance mécanique. Pour atteindre une forme de performance humaine, ça prend des fois beaucoup de considération. On n'est pas des machines. Il y a toutes sortes d'autres variables qui rentrent en ligne de compte. J'aime beaucoup les réflexions croisées. Certaines qui viennent même de l'économie. Je pensais à John Key qui parlait d'un double equity. La meilleure façon d'obtenir quelque chose, des fois, c'est de prendre la diagonale, c'est pas de prendre le chemin direct. Si je prends cet exemple-là, il disait que faire de l'argent, ça ne devrait pas être un objectif, ça devrait être une conséquence dans une entreprise. Une conséquence de quoi ? De bien faire ce qu'on est censé faire. Mais on vise l'argent comme objectif.
- Speaker #1
On dirait que c'est ça qui vient tout. C'est ça la mesure.
- Speaker #0
Mais en réalité, ça ne dit pas qu'est-ce qu'il faut faire, alors que l'objectif devrait être ce qu'il faut faire, puis l'argent devient la conséquence de bien faire ce qu'il faut faire.
- Speaker #1
Ah ça, j'aime ça, j'aime ça, j'aime ça, j'aime ça.
- Speaker #0
Fait que là, on est dans la performance, mais tu sais, c'est quelque part, quand on réfléchit à la performance, puis on le voit aussi dans le développement, supposons, des athlètes au niveau olympique, si on vise juste la performance, on passe à côté de ce que ça prend pour y arriver.
- Speaker #1
En fait, c'est plus de faire de l'amélioration plutôt que de la performance de retomber.
- Speaker #0
Mais oui. Puis là, c'est pour ça, je pense que ça, il y a certains courants de... Je pense qu'il y a encore beaucoup d'organisations qui sont très, très juste focus performance, mais pas nécessairement de la bonne manière.
- Speaker #1
Oui, c'est comme un artiste qui peaufine son art, dans le fond, de peaufiner qu'est-ce qu'on fait puis d'essayer de rendre encore meilleur notre service si on est entre une entreprise de service et non pas devoir faire grossir puis qu'il y ait des retombées piquinières puis de faire grossir la patente. parce que anyway, ça va venir avec.
- Speaker #0
Bien oui, puis réussir à court terme, ça se peut, mais c'est que des fois, les gestes que tu poses pour réussir à court terme, ce ne sont pas des gestes qui sont utiles à long terme. Ce que ça fait, c'est quand on a des focus comme ça, des fois, ce que ça fait, c'est qu'on brûle des gens.
- Speaker #1
Ah, j'aime ça, j'aime ça, j'aime ça. Une chance, j'ai posé ma dernière question. Je suis vraiment contente de ma dernière question. Oui. Oui, parce que c'est ça, on ne l'a pas dit, mais tu réorganises aussi des... Des ressources humaines, des ressources des entreprises.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Essentiellement, on aura compris, je travaille en ressources humaines et en santé mentale en milieu de travail. C'est sûr que j'interviens dans toutes sortes de contextes, toutes sortes de situations, mais ça reste que l'humain, pour moi, est quand même une forme de priorité.
- Speaker #1
C'est la plus belle de toutes les ressources. Oui,
- Speaker #0
mais je comprends aussi que des fois, l'humain... a tendance à prendre sa propre responsabilité et à la mettre entre les mains d'un système, de quelqu'un d'autre, parce que c'est plus facile. Alors que dans le fond, il faut aussi que les gens comprennent ce qu'ils sont, comment ils vont. C'est leur responsabilité aussi.
- Speaker #1
Hey, c'est-tu pas une belle conclusion, ça ? C'est-tu pas merveilleux ? Puis ça, c'est dans tout, n'importe quel être humain que tu vas rencontrer. Rencontrer un être humain qui se responsabilise, c'est tellement cadeau, là.
- Speaker #0
Ben oui.
- Speaker #1
Ça fait tellement des relations plus saines.
- Speaker #0
Puis après ça, si la personne a besoin d'aide, on va être là. Ça va nous faire plaisir.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on les aime. Oui, c'est ça. Et parce que ça nous tient à cœur.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Oh, merci tellement, Jacques ! Mais là, avant, on va faire un dernier petit jeu. Oui. Wow, pas wow. OK. Prêt ? Ouais.
- Speaker #0
All right.
- Speaker #1
Dormir dans une capsule suspendue à un flanc de montagne.
- Speaker #0
Wow.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ouais, j'ai hésité parce que j'ai un résiduel de vertige.
- Speaker #1
Ah bravo ! Frigo qui commande automatiquement ta bouffe quand elle est vide.
- Speaker #0
Power.
- Speaker #1
Des vêtements qui changent de couleur selon ton humeur.
- Speaker #0
Power.
- Speaker #1
Des tortues peuvent respirer par leurs fesses pendant l'hibernation.
- Speaker #0
Oui, je le savais déjà. Ah ! C'est juste un fait. C'est extraordinaire,
- Speaker #1
tu trouves ça wow ?
- Speaker #0
C'est original, wow.
- Speaker #1
T'aimerais-tu se le faire ? Non.
- Speaker #0
Juste bien.
- Speaker #1
En Chine, certaines personnes paient pour des simulateurs de prison pour se détendre.
- Speaker #0
Oh wow ! J'ai comme un doute là !
- Speaker #1
Et un dernier, se marier à soi-même.
- Speaker #0
Ah non !
- Speaker #1
Hé j'ai vu là, il y a une fille sur internet, elle s'est mariée à elle-même et elle a divorcé. Elle s'est divorcée aussi après un an parce que c'était trop difficile de faire des consultations.
- Speaker #0
Mais... En fait, je comprends, mais probablement c'est plus pour le show. Ben oui, on s'entend. À la fin, en fait, c'est intéressant parce que... OK, je recommence. La majorité des gens ont peu ou pas de relation à eux-mêmes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Depuis la pandémie... Beaucoup de gens ont réalisé qu'ils ont paniqué seuls parce que finalement quand on s'est ramassé isolé ça n'a pas marché. Depuis la pandémie, il y a un peu plus de gens qui ont été capables de développer une relation à eux-mêmes, qui sont capables d'être bien seuls, d'être bien avec eux-mêmes, mais c'est pas encore la majorité de la population d'être capable. de développer une relation à soi-même, c'est à la fois un art et un cadeau. L'idée, elle est bonne. La façon dont elle est présentée, je trouve ça questionnable.
- Speaker #1
Fait que c'est wow et pas wow.
- Speaker #0
C'est ça,
- Speaker #1
une affaire comme ça. Jacques, vraiment, un grand, grand merci de t'être présenté, d'être venu ici aujourd'hui. Merci pour le cadeau. C'est cadeau. Oui, c'est mon café.
- Speaker #0
Ciao !