- Speaker #0
Bienvenue sur notre podcast Cactus Théorie, je suis Alex,
- Speaker #1
je suis Hache, on va vous parler d'histoires qui ne manquent pas de piquant.
- Speaker #0
Disparitions mystérieuses, phénomènes inexpliqués et enquêtes épineuses. Alors si c'est votre truc, n'hésitez pas à rester avec nous et à vous abonner bien sûr. Petit avertissement pour nos auditeurs sensibles et pour le jeune public, sachez que certaines histoires et thématiques abordées dans ce podcast peuvent être, comment dire, dérangeantes. Alors chers Cactus, un petit mot juste avant de lancer cet épisode. Vous l'aurez compris, c'est un épisode avec des invités. On a eu la chance de recevoir le scénario du pire et Medicine City dans Cactus Theory. Juste pour vous prévenir que c'est un enregistrement à 6 voix et à 5 micros, tout ça à distance, donc forcément il y a des petits couacs. Il y a des moments où les réactions des uns et des autres se superposent un petit peu. Il y a d'autres moments où on n'entend pas forcément les réactions. puisque seulement le son du micro principal est enregistré. Donc ça donne l'impression que certaines blagues ne font rire personne. Ce qui, rassurez-vous, n'est pas le cas. Si vous êtes bien attentif et que vous tendez l'oreille, vous entendrez des petits rires. Donc voilà, on compte sur vous pour être indulgents, mais on sait que vous l'êtes. En tout cas, on a passé un bon moment tous ensemble et on espère que ça sera pareil pour vous. À bientôt les cactus. Bon épisode. Salut les cactus, et salut les invités de cactus !
- Speaker #1
Hello !
- Speaker #2
Bonjour !
- Speaker #1
Et bonjour !
- Speaker #0
Et salut H aussi qui est quand même là !
- Speaker #1
Bah oui, salut !
- Speaker #0
On est super contents aujourd'hui, et très excités parce qu'on a des invités dans Cactus Theory, et pas n'importe qui, puisqu'on reçoit deux podcasts qu'on adore d'ailleurs H, qu'on écoute depuis le début. Donc on reçoit San et Philippe, nos amis du podcast Le Scénario du Pire, donc podcast belge qu'on adore. Et on a aussi le couple de soignants très dark de Medicine City, Bloodineurs et Falsiparum. Bienvenue parmi nous.
- Speaker #1
Bienvenue à tous. Un bonjour, bonsoir et merci à l'invitation.
- Speaker #0
Bon alors, il est 11h, on est dimanche, donc théoriquement c'est l'heure de la messe. Donc merci d'être parmi nous.
- Speaker #2
Ça nous manque.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Tellement.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, on voulait en fait vous offrir une petite parenthèse de détente. Mais j'ai cru comprendre que certaines des histoires qu'on allait vous raconter Elle est peut-être plus piquante que ce que j'avais imaginé. On en a eu quelques aperçus. Mais avant de démarrer, on va commencer par les présentations. Donc, chers invités, on va vous laisser vous présenter vous et présenter aussi votre podcast et le concept de votre podcast. Le scénario du pire, on commence par vous.
- Speaker #3
Allez, d'accord. Eh bien donc, nous sommes San et Phil. Donc, nous avons un podcast en trio. Il nous manque Michel qui est au Québec, que nous saluons bien sûr, on pense à elle. Et donc nous avons un podcast où on adresse des histoires d'un point de vue à la fois cinématographique et sociologique. Donc on va parler avec Michel qui est sociologue d'histoires criminelles qui feraient des bons films. Et donc on termine toujours par un petit casting et un soundtrack.
- Speaker #1
Ok, et les suivants alors ? Iso, les médecins ?
- Speaker #4
Eh bien écoute, nous c'est Blue Dinners et Falsi Parum, donc dans la vraie vie nous sommes de vrais soignants. Blue Dinners est infirmière, moi je suis médecin. Et nous avons un podcast d'histoires criminelles ou d'histoires sombres dans le domaine de la santé humaine et de ceux qui la pratiquent. Et nous savons, ça fait un peu plus d'un an qu'on est sur les ondes. Donc voilà.
- Speaker #0
Comme nous, on a commencé à peu près en même temps.
- Speaker #2
Le 20 mars, c'est le meilleur jour.
- Speaker #0
C'est l'anniversaire de Blonnie Nurse. Alors écoutez, après ces présentations, j'ai envie aussi de m'adresser à nos auditeurs auditrices pour leur dire, comme d'habitude, d'interagir avec cet épisode un peu spécial, mais aussi de s'abonner au podcast de nos invités et de partager au maximum cet épisode qui s'annonce H1.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #2
Il n'a pas compris le conseil.
- Speaker #1
C'est génial ! Soyez pas timides, abonnez-vous !
- Speaker #0
Oui, alors si ça vous va, si ça va à tout le monde, je vais commencer par une petite histoire parce que ça va être ça le concept de cet épisode, ça va être des petites histoires piquantes qu'on va tous vous raconter. Et moi je suis partie sur des disparitions mystérieuses qui ne sont pas si mystérieuses que ça. Et je tiens à préciser que la source, c'était le journal La Dépêche. Alors, je tiens à féliciter les choix éditoriaux de La Dépêche, parce que c'est vraiment... J'aime beaucoup l'humour du directeur éditorial de La Dépêche. Je ne sais pas si vous connaissez le concept des Floridamènes. Oui. Non ? Oui. Oui, non ? Oui, oui, oui.
- Speaker #2
Nous, oui.
- Speaker #0
Vas-y, peut-être le dinner, si tu veux nous dire ce que c'est.
- Speaker #2
En gros, c'est des mecs qui font de la merde. Des histoires trolls ?
- Speaker #4
En fait, c'est plus précisément dans la presse floridienne, donc aux Etats-Unis, en Floride. Allez,
- Speaker #3
Floridamène, bien sûr. Pardon, je n'avais pas compris. Je pensais que c'était un mot français, un néologisme. Floridamène, bien sûr.
- Speaker #4
Non, non, non. Et du coup, dans la presse floridienne, il y a tout un tas d'histoires vraiment cocasses, bizarres, etc. Et en particulier des histoires qui sont issues des archives judiciaires. et des chroniques judiciaires de cet État. Parce qu'en fait, il y a une loi en Floride qui dit que, enfin une loi sur l'information des citoyens, qui dit que tout doit être transparent pour les citoyens. Donc en fait, toutes les absurdités, toutes les cocasseries, tout ça, ça finit par être dans la presse. Et donc la presse quotidienne régionale de Floride est très... Rigolote. Pour le coup, est très rigolote sur ces situations qui sont... parfois très, très absurdes, mais qui relèvent du quotidien banal des gens qui sont les premiers intervenants, mais qui sont pour le coup écrits.
- Speaker #2
Il y a un équivalent en français, je ne sais plus comment ça s'appelle.
- Speaker #4
C'est la dépêche ? Non, il y avait un truc, comment ça s'appelle ? Sur Insta, il y avait, attends, il faudra que je retrouve le nom.
- Speaker #2
Il y avait un podcast canadien qui avait fait justement, ils étaient allés spécifiquement en Europe, où ils avaient fait l'équivalent de comment ça s'appelait en français. Bon bref.
- Speaker #0
Il y a de quoi faire, il y a de quoi faire en tout cas. Oui, c'est clair. Et donc, pour la première disparition, qui a fait un flop, je viens de le dire, j'ai trouvé un titre qui va être peut-être un peu mystérieux pour vous. C'est « De la neige, des amis et des champignons » . L'histoire. L'histoire se déroule dans un contexte que l'on retrouve malheureusement souvent dans le cadre de disparitions mystérieuses. Et résolu, c'est la montagne. On se trouve là plus particulièrement au nord de l'état de New York, dans les montagnes... Alors je vais essayer de prononcer correctement, comme d'habitude ça risque de ne pas être tout à fait ça. A-di-ron-da-x-hi-pix. Je ne sais pas comment ça se prononce. Vous m'excuserez, vous avez l'habitude. Pour imaginer le cadre, on est tout près du Vermont, donc c'est quand même un cadre de randonnée qui a l'air plutôt sympa, plutôt sympathique. Le 24 mai 2025.
- Speaker #1
C'est mon anniversaire.
- Speaker #0
Ah oui, je n'y pensais même pas.
- Speaker #1
Pardon, j'ai pensé tout fort.
- Speaker #0
C'est l'anniversaire de Vache. Trois randonneurs new-yorkais se lancent dans l'ascension de Cascade Mountain. Et c'est un trek qui est quand même assez difficile, non pas parce qu'il est très long, mais parce que... ça grimpe pas mal et le sentier est essentiellement constitué de zones rocheuses et de boue. Donc pas facile. Mais quelques heures seulement après le début de leur ascension, deux des trois randonneurs appellent le 911 pour signaler une terrible nouvelle. Leur ami, donc le troisième randonneur, est mort. Il est décédé pendant la randonnée. Le répartiteur va essayer d'avoir plus d'informations, mais il va se rendre compte que les deux amis s'expriment de façon un peu incohérente. et lui disent juste qu'ils sont complètement perdus dans la montagne. Donc un ranger du parc va être envoyé pour les secourir, et il va rapidement les retrouver. De là, il ne va pas lui falloir beaucoup de temps pour se rendre compte que les deux jeunes randonneurs sont défoncés. Et plus particulièrement, ça va te rappeler un épisode de Patrion, ils ont pris des champignons hallucinogènes.
- Speaker #1
Je ne vois pas du tout de quoi tu veux parler.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, les petits loups. Quant au troisième randonneur, qui a été déclaré mort par ses deux amis, je rappelle. Lui, il a paniqué quand il s'est retrouvé perdu dans la montagne. Il a lui aussi appelé le 911. Non pas pour déclarer, bien sûr, sa propre mort, mais pour demander de l'aide. Il allait très bien, en fait. Il n'est pas mort,
- Speaker #2
quoi.
- Speaker #0
Il n'est pas mort. Ils étaient juste tellement dans leur alu qu'en fait, je ne sais pas ce qu'ils ont imaginé.
- Speaker #2
Ils ont cru que leur pote était mort, mais il n'était pas mort, en fait.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
Ah oui, donc ça a fait un flop, en fait.
- Speaker #0
Ça fait un sacré flop, ouais. Donc évidemment, ce qui s'est passé quand ils sont arrivés en bas de cette montagne, c'est qu'ils ont été accueillis par une ambulance quand même, histoire d'eux, mais également par une unité de police de l'État de New York, parce que ça ne les a pas fait rigoler du tout, du tout. Tu m'étonnes. Après, pour le reste, je ne sais pas ce qu'ils sont devenus, ce qu'ils ont eu. une amende pour ça, probablement, j'espère quand même, parce que c'est quand même du temps perdu aussi pour les policiers, pour les secours, etc. Donc, ce n'est pas cool. Mais, j'ai trouvé que c'était quand même assez fun comme histoire. Oui, c'est...
- Speaker #1
Imaginez, vous partez à la montagne avec deux copains, vous prenez des silos, vous êtes complètement défoncés, on en perd un.
- Speaker #2
C'est quand même pas très malin de prendre des champignons quand tu vas faire une randonnée. On est d'accord. Tu fais ça à la maison, pas quand tu pars en randonnée ?
- Speaker #1
Non, tu ne prends pas de champignons, jamais.
- Speaker #0
Déjà, pour commencer. Et si tu en prends... Ou on prend autre chose. Il faut qu'il y en ait au moins un des trois qui n'ait rien pris, qui gère un peu les deux autres. Parce que là, franchement, c'est n'importe quoi. Et puis quoi, tu sais avec qui ils lâchent ? Je ne sais pas, je crois que c'est des jeunes. Mais après, les jeunes, c'est variable.
- Speaker #1
Parce que quand ils sont partis, quand ils ont grimpé, il y en avait au moins un qui connaissait les lieux ?
- Speaker #0
Je ne crois pas. Non, c'était des New Yorkais qui venaient en rando pour...
- Speaker #1
Plus dans un rock que tu ne connais pas.
- Speaker #0
Ouais, non, non, c'est la totale. Je trouvais ça rigolo.
- Speaker #4
Ils ont failli être dans un truc qui s'appelle les Darwin Awards. Je ne sais pas si vous connaissez. C'est les gens qui se mettent en danger, qui finissent soit par se tuer, soit par perdre la capacité de se reproduire avant de se reproduire. C'est le principe du darwinisme, c'est que tu mets fin à la lignée. Parce que tu fais des trucs absurdes, tu te mets en danger, etc. Et il y a un truc qui s'appelle les Darwin Awards et qui, justement, donne un petit peu toutes ces histoires ou décrit toutes ces histoires où des gens, finalement, ont fini par être tués ou mis en hors d'état de se reproduire par des actions stupides qu'ils ont faits.
- Speaker #1
Il y avait une émission sur MTV pendant un moment, dont le nom m'échappe, où il y avait une bande de jeunes qui faisaient n'importe quoi.
- Speaker #2
Jackass. Ah oui,
- Speaker #1
les Jackass. C'était trash des fois, il fallait voir s'ils vivaient.
- Speaker #4
J'ai retrouvé le compte Insta dont on parlait tout à l'heure. C'est le collectif A Juste Titre. On le retrouve sur Instagram, je ne crois pas qu'il soit ailleurs. et qui met en exergue des titres un peu absurdes de la presse quotidienne régionale.
- Speaker #0
Ok, merci. J'en ai une autre histoire comme ça dans le même genre juste après. Mais on va peut-être enchaîner avec une autre histoire. Ash, est-ce que tu as envie de choisir un de nos invités pour raconter une histoire ?
- Speaker #1
On aura nos dèlges.
- Speaker #0
Alors qui ? Philippe ou San ?
- Speaker #1
Ah ben San ! Allez !
- Speaker #5
Alors, alors... Déjà, merci pour l'invitation. Cactus Theory. Et c'est chouette de retrouver Medicine City aussi, avec qui on a déjà eu l'occasion d'avoir une très chouette collab. Donc, moi, j'ai justement une histoire d'hôpital. Alors, elle se termine vachement moins bien que celle que tu viens de nous raconter. Donc, voilà. Parce que je trouvais que ton histoire, elle était fun. Et finalement, elle était fun parce qu'elle se termine bien, au final. Il n'y a rien de dramatique.
- Speaker #2
C'est bien, des fois, quand ça se finit bien, quand même. Oui,
- Speaker #5
c'est bien. Mais moi, je ne vais pas vous raconter une histoire qui se finit bien. Notre première histoire, à fil et mois, elle implique la famille royale britannique. En 2012, vous savez, Kate Middleton est enceinte de son premier enfant. Et bien entendu, c'est un événement mondial. D'autant plus que c'est une grossesse qui est compliquée. Parce qu'on sait que dès le début, Kate se sent super mal. Alors on pense aux nausées de la grossesse, mais il s'agit en réalité d'une maladie plus sérieuse qui est appelée l'hypérémèse gravidique.
- Speaker #4
J'allais le dire.
- Speaker #5
Voilà. Et le CHU Sainte-Justine décrit la maladie de la manière suivante, donc je vais faire une citation pour nos auditeurs. Donc l'hypérémisse, l'hypérémisse, l'hypérémice ? L'hypérémésis. L'hypérémésis gravidique. est le terme scientifique désignant les nausées et vomissements sévères et persistants chez la femme enceinte. Il se définit par des nausées intenses qui entraînent une perte de poids et une déshydratation. Un débalancement des électrolytes, donc sodium, potassium, chlore, magnésium, calcium, etc., survient également. L'hospitalisation est en général nécessaire et cette complication affecte environ une grossesse sur 100. Finalement, il y a quand même 1% des grossesses, une femme sur 100 enceinte qui peut être affectée par une maladie. On pourrait dire que c'est une maladie falciparum ou c'est plus une affection ?
- Speaker #4
Oui, quand on est au stade d'hyper-MS, c'est une pathologie.
- Speaker #5
C'est une pathologie, ok. Bref, pauvre Kate Middleton, parce qu'on sait qu'elle a eu trois enfants et qu'elle a eu à chaque fois, effectivement, ses problèmes. Et donc, le 2 décembre 2012, elle est admise à l'hôpital King Edward VII à Londres. Et la Grande-Bretagne retient son souffle et la presse People est au taquet. Deux jours plus tard, Kate est toujours hospitalisée. Et à 5h30, le matin du 4 décembre, l'hôpital reçoit un important coup de téléphone de la reine. et du prince Charles en personne. Enfin non, parce qu'en réalité, il s'agit de Mel Greig, une animatrice de radio australienne qui œuvre sur la radio 2DFM, et de son collègue Michael Christian. Et les animateurs veulent faire un prank pour amuser leurs auditeurs. Alors à cette heure, l'hôpital est encore en rythme de nuit, vous devez bien connaître ça, Falsiparum et Bloody North. Et donc les animateurs parviennent à parler en direct à l'infirmière de garde. Elle s'appelle Jacinta Saldana, retenez bien son nom. Et Mel Greig, l'une des animatrices de cette radio italienne, euh, italienne, australienne, pardon, prend son meilleur accent anglais, bon, ils ont déjà un très bon accent anglais, les Australiens, voilà, son accent british, et demande, je cite, pour elle, je ne vais pas le dire en anglais, même si j'ai un meilleur accent que vous, je dois l'admettre, je ne le dirai pas en anglais.
- Speaker #4
Ce n'est pas très, très connu, c'est hindou.
- Speaker #5
Elle demande donc, pourrais-je parler à Kate, s'il vous plaît, ma petite fille ? Et Jacinta Saldana répond par l'affirmative et transfère l'appel à l'infirmière personnelle de la Duchesse Kate. Il s'en suit une conversation quand même de deux minutes. L'infirmière de la Duchesse, donc son infirmière privée, va répondre très sérieusement que Kate est dans un état assez stable, qu'elle n'a pas eu de vomissement la nuit passée, donc que tout va plus ou moins bien. Le canular n'est pas diffusé en direct. Mais les avocats de la station de radio donnent le feu vert pour sa diffusion. Et la diffusion va se faire le 5 décembre, donc le lendemain. Et vous vous en doutez, elle va faire grand bruit. Et les informations médicales sont reprises un peu partout en Grande-Bretagne. Donc on parle quand même d'informations médicales réelles de Kate Middleton. Donc encore en horaire de nuit, à 5h30 du matin, Yacinta Saldana est l'infirmière la plus haut placée de l'hôpital. et est donc responsable de la gestion des appels extérieurs. Et elle est bien entendu, vous imaginez, dévastée. La station de radio a rappelé quatre fois Yacinta pour obtenir l'autorisation de diffuser le canular. On ne sait pas si elle a explicitement marqué son accord, si Saldana a consenti à la diffusion, mais le protocole de l'hôpital prévoyait qu'elle aurait dû raccrocher, vérifier l'identité de l'interlocuteur et qu'elle a donc commis une faute professionnelle.
- Speaker #2
Tu m'étonnes.
- Speaker #5
Voilà.
- Speaker #2
Oui, nous, ça nous est déjà arrivé. Ça m'est déjà arrivé que ça soit... Il me semble que c'était une assurance qui appelait et se faisait passer pour la police qui avait ramassé la personne sur la route. Oui, je suis le machin. Sauf que moi, ça m'a paru un peu bizarre parce qu'il, soi-disant, il venait prendre des nouvelles. Sauf qu'il n'a pas le droit de faire ça. Et les policiers le savent très bien. Et en fait, c'était une assurance qui avait appelé pour savoir un peu les nouvelles, sauf qu'on n'a jamais donné, parce qu'on a des personnes référentes à qui on doit donner des nouvelles.
- Speaker #5
Oui, moi, j'ai trouvé effectivement cette histoire assez spéciale de me dire, bon, on parle quand même, déjà, je pense, de manière générale, on ne va pas donner des informations sur qui que ce soit sans être sûre de la personne à qui on est en train de s'adresser. Mais là, qui plus est, on parle quand même de la famille royale. Donc, je trouve que... le niveau de sécurité n'était pas top top. Un simple mot de passe ou un code aurait peut-être suffi, je ne sais pas. Bref, quoi qu'il en soit, le matin du 7 décembre 2012, trois jours après le canular, Yacine Tassaldana se pend à l'aide d'une écharpe dans sa chambre du quartier des infirmières.
- Speaker #0
What ? Oh la pauvre.
- Speaker #4
Tu disais que ça finit bien ton histoire, c'est ça ? Non,
- Speaker #5
justement.
- Speaker #0
Elle n'a pas supporté.
- Speaker #5
Quand elle est retrouvée sans vie, un médecin ne peut que constater le décès et observe qu'elle présente des blessures au poignet. Et Jacinta a laissé trois notes manuscrites. La première accuse explicitement le canular radiophonique d'être à la cause de sa mort. La deuxième note concerne ses souhaits pour ses funérailles. Et la troisième note s'adresse à son employeur. Elle a écrit, je cite, « Je vous prie d'accepter mes excuses. Je suis vraiment désolée. Merci pour tout votre soutien. » « Je tiens les Australiens de la radio, Mel Greig et Michael Christian, pour responsables de cet acte. S'il vous plaît, faites-leur payer mon hypothèque. Je suis désolée. Yacinta. » Lord Glenn Arthur écrit à la radio australienne, je cite à nouveau, « L'hôpital King Edward VII prend soin de personnes malades et il était extrêmement idiot de la part de vos présentateurs, ne serait-ce que d'imaginer mentir pour accéder à l'un de nos patients, et pire de réellement appeler. » Puis découvrir que non seulement cet appel a eu lieu, mais qu'il a été préenregistré et que la décision de le diffuser a été approuvée par le management de la station, était purement consternant. La conséquence sur le long terme a fait le tour du monde et est tragique au-delà des mots. Fin de citation.
- Speaker #1
C'est moche.
- Speaker #5
C'est moche. Alors vous imaginez bien que la nouvelle de la mort de Jacinta parvient à Mel Gregg et Michael Christian, les fameux animateurs de cette radio australienne, qui sont anéantis par cette nouvelle. Donc la station va leur offrir un soutien psychologique. Mel Gregg va recevoir des menaces de mort et même des balles par la poste. Elle écrit être restée 24 heures recroquevillée en position fétale sur le sol pendant que son fiancé surveillait le balcon par peur qu'elle ne mette à son tour fin à ses jours. Elle dira plus tard que sa mauvaise blague lui aura coûté sa carrière et sa vie sociale. Pour Christian, ça semble plus facile. Donc lui va reprendre le boulot tranquille en février 2013. Donc on a d'un côté une femme, d'un côté un homme. Juste, je n'ai pas envie de faire ma féministe,
- Speaker #2
mais voilà.
- Speaker #5
Donc Christian, lui, il va reprendre le boulot en février 2013. Il va même remporter cette même année le prix du meilleur animateur de sa station.
- Speaker #0
Et alors, pourquoi est-ce que...
- Speaker #5
Voilà, je suis un petit peu fâchée quand même sur Michael plus que sur Mel. C'est qu'en fait, il va continuer quelques semaines après le drame de faire la promo de son prank royal sur son compte Twitter. Alors qu'il a quand même... Voilà, je trouve que c'est quand même...
- Speaker #1
Il n'y a pas eu de censure à ce niveau-là ?
- Speaker #5
Non, c'est un Twitter en plus. À l'époque, Twitter, encore, on pouvait censurer. Mais non, finalement...
- Speaker #4
En 2012, Twitter, c'était très, très libre.
- Speaker #5
Oui. Bref, Jacinta Saldana, elle avait 46 ans. Elle a laissé derrière elle un mari et deux enfants de 14 et 16 ans. Et la famille de Jacinta va prendre la parole publiquement pour affirmer que Jacinta ne souffrait d'aucun problème de santé mentale et n'avait pas d'antécédent de tentative de suicide. La direction de l'hôpital parle de tromperie journalistique à laquelle aucune infirmière ne devrait être confrontée. Il déclare que ni Saldana ni l'autre infirmière n'avaient fait l'objet de sanctions disciplinaires pour ne pas avoir respecté le protocole. Et idem du côté du palais qui déclare officiellement ne blâmer aucune des deux infirmières. Alors le corps de Jacinta est enterré en Inde, qui est son pays d'origine. Et en Australie, la station 2DFM doit quand même gérer une crise sans précédent suite à cette affaire. Il y a des annonceurs, donc des personnes qui payent pour de la publicité, qui vont retirer leurs investissements. La station va quand même finir par verser 500 000 dollars australiens à un fonds pour la famille de Saldana. Et l'émission Hot 30 Countdown, la fameuse émission qui avait diffusé le prank, est supprimée en janvier 2013. Mais aucune poursuite pénale ne sera engagée contre les présentateurs. Alors, bien que la famille de Saldana ait initialement déclaré qu'elle n'avait pas d'antécédent de maladie mentale, il a été révélé plus tard qu'il ne s'agissait pas de sa première tentative de suicide. Elle en avait déjà fait deux auparavant et prenait des antidépresseurs.
- Speaker #2
Se suicider, autant que tu démissionnes, que tu changes de métier, je veux bien, mais se suicider, c'est loin quand même.
- Speaker #5
Vous êtes en dépression, vous ne pouvez pas avoir eu. Mais ça, c'est sorti bien plus tard. Voilà, donc après une longue période de retrait des médias, Mel Grigg est revenue sur le devant de la scène. Et elle a participé à plusieurs émissions. Et je trouve que c'est très beau, elle est même devenue une porte-parole contre le cyberharcèlement. Donc voilà, je trouve qu'elle s'est vachement rachetée finalement, alors qu'on n'imagine pas qu'un prank peut être aussi dramatique, contrairement à son ancien co-animateur qui lui a été moins classe.
- Speaker #0
Même s'il faut bien, moi je trouve que c'est quand même bien une idée bien pourrie de base. Vraiment irrationnelle.
- Speaker #5
Ouais, on est d'accord.
- Speaker #1
Je dirais qu'elle a eu qu'à faire une dépression, et quand je vois que l'autre a continué à bosser comme d'habitude, on se demande bien qui a pu avoir l'idée de ce genre de blague-là.
- Speaker #5
Ouais, ça.
- Speaker #1
Je pense que c'est lui qui est... qui a eu l'idée et qui a emmené sa collègue dans la blague. Et au final, elle ne l'a pas supportée. Et lui, il a appris ça. Bon, la vie continue. On ne laisse pas couture en rien. Moi, j'étais le job.
- Speaker #5
Exactement.
- Speaker #1
J'ai bossé dans la presse pendant des années. C'est un véritable monde de chien. Quand tu as le droit d'un secours à se mettre sous la dent, tu en as ventre de l'influence.
- Speaker #4
Moi, j'ai deux anecdotes à vous donner. Des anecdotes perso, j'en aurais plein, parce qu'effectivement, c'est hyper commun d'avoir des gens qui essayent d'avoir des informations qui sont protégées par le secret professionnel, que ce soit des proches, que ce soit effectivement des assureurs. des membres de la police, etc. C'est hyper commun et ce n'est pas pour rien qu'on est normalement hyper vigilants avec ça. En France, nous, c'est défendu par deux articles du Code pénal avec des sanctions assez lourdes puisque l'article 226.13 du Code pénal punit d'un an de prison maximum et 15 000 euros d'amende pour toute divulgation de secrets professionnels. Et pour recel ou pour partage, c'est 3 ans et 45 000 euros. C'est en France, en Belgique, je ne sais pas, mais ça doit être à peu près similaire, je pense. Au Canada, il doit y avoir les mêmes types de protections. Donc, ce n'est pas rien. Mais les deux anecdotes comme ça, ce n'est pas très longtemps après cet épisode-là. En 2014, en France, on a eu le vol et la tentative de vente du dossier de Michael Schumacher. qui avait eu son accident sur équité hospitalisée en France. Et encore plus récemment, pour le coup, c'était l'année dernière cette année, après l'incendie de Cranmontagne en Suisse, il y a quand même des journalistes qui ont tenté de se déguiser en soignants pour pouvoir entrer dans les services de réanimation, pour aller voir les grands brûlés et essayer de gratter des interviews. Et effectivement, il n'y a pas d'autre mot que c'est dégueulasse. Et comme tu disais, H, c'est parfois un monde de chiens. D'ailleurs, on a eu, pour les plus vieux, les plus à l'actualité, on a eu un Premier ministre qui s'est suicidé en France et qui, quand il s'est suicidé, a justement désigné les journalistes sous ce vocable de chien.
- Speaker #6
Oui, oui.
- Speaker #1
On a eu l'ONA aussi dernièrement.
- Speaker #6
Ça n'a rien à voir.
- Speaker #4
C'est le même genre de pratique qui se voit. Normalement, c'est un boulot avec une certaine éthique et certains ont moins d'éthique que d'autres.
- Speaker #0
Bien sûr. Est-ce qu'on n'enchaînerait pas avec la troisième histoire ? Est-ce que tu as quelqu'un en tête ?
- Speaker #4
Bloody !
- Speaker #2
Alors nous, on va partir avec notre bon Louis XIV, notre roi soleil qui a illuminé la médecine grâce à son séance. Donc, Louis XIV a régné seul à partir de 1651. Avant, c'était la régence de sa mère de 1643 à 1651. Donc, Louis XIV a eu, comme tout humain, lui aussi, des petits problèmes de santé qui ont fait l'échou gras de la presse à l'époque aussi. Un de ces problèmes a fait avancer la chirurgie par l'avancée technique chirurgicale et créé, selon les dires, un des plus célèbres hymnes au monde. Au début de l'année 1686, à 48 ans, le roi se plaint, ouvrez les guillemets, d'une petite tumeur de verre le périnée à côté du raffé, à deux travers de doigt de l'anus, assez profonde, peu sensible au toucher, sans douleur ni rougeur ni pulsation, selon l'historien Louis Bertrand et les observations académiques des médecins royaux de l'époque. Alors, est-ce que vous avez un peu compris où est-ce que ça se situait ou pas ?
- Speaker #7
Dans l'oignon. C'est ça.
- Speaker #2
Je vais vous envoyer une petite image sur WhatsApp. Voilà, c'est un peu l'image que vous avez vue, que Falsipara m'a fait à moitié partagée.
- Speaker #0
Qu'on n'aurait pas dû voir.
- Speaker #4
Non, vous n'avez vu que la partie haute, qui était la partie la plus intéressante, parce que la partie qu'elle mettait en point focal était la partie basse. Donc c'est pour ça que j'ai coupé...
- Speaker #0
Très jolie, très jolie ces mains.
- Speaker #2
Voilà, donc c'est à peu près un petit pin de Google Maps, comme ça. C'est pas mal.
- Speaker #0
Je vais mettre la photo, je vais mettre l'image dans la description de l'épisode.
- Speaker #2
Donc en fait, pour décrire un peu aux auditeurs, on voit une verge...
- Speaker #4
L'anus en érection, littéralement.
- Speaker #2
Oui, en érection. Donc une verge en érection avec les deux testicules et l'anus derrière. Et en fait, c'est pour vous préciser un peu le lieu. On a le raffé, l'endroit où ça se situe à peu près. C'est une ligne à la surface d'un tissu qui ressemble à une couture ou à une suture. C'est l'espèce de petit truc que vous pouvez voir si vous regardez un petit peu, bien sûr.
- Speaker #4
Raffé, en grec, ça veut dire cicatrice. Et en fait, des raffés, on en a quelques-uns dans l'organisme et en particulier au niveau du périnée.
- Speaker #0
Ce que dit El Socorpo-Poto, c'est le point genre vous êtes ici.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
C'est énorme.
- Speaker #2
Donc le raffais ici, on l'appelle anocoxygien. Il fixe l'anus et la partie basse du rectum au coccyx en arrière. Voilà, donc notre bon Louis XIV, en gros avec toute l'explication médicale d'un autre temps avant, en fait il a une fistule tout simplement. La fistule c'est un abcès. Et un abcès, qu'est-ce que c'est ? C'est une collection de pus sous la peau d'origine bactérienne. Un abcès, ça peut être assez profond, lui c'était son cas. A l'époque, c'était plutôt récurrent comme problème, surtout pour des personnes comme Henri XIV, qui pratiquaient très régulièrement le cheval, mais aussi, et sûrement dû à la pratique courante de lavement, par l'introduction dans l'anus d'une seringue métallique qui s'appelle un clister. dont on ne maîtrisait alors pas du tout la stérilisation. Je vous envoie le clister, à quoi il ressemble, pour savoir comment il gère. Ça va piquer ça.
- Speaker #0
Pendant qu'il regarde, je vais vous dire un truc. J'ai un copain en Normandie, il y a une dizaine d'années, il m'a dit, je me suis réveillé l'autre matin, et entre les joyeuses et l'anus, j'avais une espèce de boule de pu, il m'a dit, mais c'est pas une orange, mais une clérantine.
- Speaker #1
Il avait 14, du coup.
- Speaker #0
Il a passé justement deux ou trois jours à quatre pattes dans un service à l'hôpital avec des neiges pour vider la chose. Donc, tu es en train de me dire que c'est à cause de quoi ? Parce que je le connais bien, ce mec-là. Il ne fait pas d'équitation.
- Speaker #2
Alors, à cette époque, c'était dû au lave-vent réalisé par le Clister et qui n'était pas forcément propre. est sûrement dû à la pratique régulière du cheval, puisqu'il en faisait assez avec l'air.
- Speaker #1
Ça peut être aussi bêtement et simplement un poil incarné qui se dégénère.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Un peu de clister pour ton pote, je tiens à essayer de préserver sa mémoire.
- Speaker #0
Je pensais bien le connaître.
- Speaker #2
Donc, en ce début d'année 1686, le roi est tellement douloureux qu'il se fait porter même dans une chaise à porteur, plus de cheval. A l'origine, son problème au niveau de la presse a été évoqué comme une tumeur à la cuisse et pas au cul. Et en fait, sa fistule anale sera quand même publiquement révélée à un moment donné. Je n'ai pas la précision si c'est avant ou après l'opération, mais ça, c'est l'histoire qui le précisera. Alors, au début, soigné par des cataplasmes et des emplâtres. comme de l'injection d'eau de barège. Sur fond de guerre entre chirurgiens et apothicaires, afin de rentrer dans le cercle privé du roi, on préconise de l'envoyer en cure thermale dans les Pyrénées. Sauf que son médecin ne voulait pas parce que c'était trop loin, c'était trop douloureux, c'était trop risqué, avec les risques liés aux abcès d'infection, etc. Entre suppression de rémission et de rechute, amégrissement du roi et impact sur la gérance du royaume, C'est le chirurgien Charles-François Félix de Tassy, avec la balle de Fagon qui est le chirurgien du roi, qui convainc le roi de se faire opérer de cette fistule. Le roi exigera des entraînements, avant de passer sur lui, que M. Félix de Tassy réalisera sur des malades réquisitionnés, entre guillemets. Ils étaient vraiment réquisitionnés et pas volontaires. Donc réquisitionnels à Basse-Nie et dans les hospices de Paris.
- Speaker #1
Ainsi,
- Speaker #2
il va développer spécialement pour l'occasion un bistouri à la royale.
- Speaker #0
C'est quoi un bistouri à la royale ?
- Speaker #2
Je vais te montrer. En forme de croissant, aux tranchants recouverts d'une chape d'argent et à l'extrémité se prolongeant par un stylet long et flexible.
- Speaker #1
Elle a une belle photo à vous envoyer.
- Speaker #0
Qui a été spécialement conçue pour le roi.
- Speaker #2
Exactement, c'est vraiment spécifique à lui.
- Speaker #1
Il y a deux choses qui font avancer la science, c'est les guerres et les rois.
- Speaker #0
C'est bien résumé. Tiens, regarde. Ah la vache ! Ouh là là, ouais.
- Speaker #2
Alors aujourd'hui, il se retrouve encore dans la collection du musée d'histoire de la médecine à Paris. Alors est-ce qu'il est visible ? Je ne sais pas, mais il est dans leur collection, ça c'est sûr. Et il me semble que tu avais une petite anecdote à nous parler par rapport à ça ?
- Speaker #1
Oui, oui, en fait, Bistouri Skalpel, vous savez la différence ou pas ?
- Speaker #0
Non, pas du tout.
- Speaker #1
Parce qu'on utilise souvent, on entend souvent les deux et classiquement l'un est pris pour l'autre. Et alors Scalpel, c'est le terme un peu international, anglophone et qui désigne ces instruments coupants qui sont utilisés en chirurgie. Donc à la fois c'est un faux ami et en France, le terme bistouri, ça désigne exactement la même chose. Le terme bistouri a été inventé par un chirurgien de renom qui s'appelle Paré, Ambroise Paré. Et donc, on utilisera plus volontiers le terme bistouri en francophonie, alors que les Anglais utiliseront plutôt scalpel. Et en France, pour le coup, le terme scalpel sera réservé plutôt aux opérations de médecine légale, de dissection, là où les bistouris seront plutôt réservées aux opérations de chirurgie, donc sur les vivants. Voilà, il y a une petite différence.
- Speaker #0
L'objet reste sensiblement humain.
- Speaker #1
L'objet reste le même, oui. Alors, on dit que le scalpel est un instrument qui a une lame qui n'est pas amovible et le bistouri a généralement une lame amovible. Mais globalement, on est sur la même chose. C'est un instrument coupant qui est fait pour découper des corps humains, qu'ils soient vivants en chirurgie ou morts en médecine légale.
- Speaker #2
Allez, je reprends. Donc, c'est au petit matin du 18 novembre 1686 que se tient... en grand secret la grande opération. Donc elle s'est vraiment appelée la grande opération. On installe alors le souverain sur le bord de son lit, un traversin sous le ventre pour lui élever les fesses pendant que deux apothicaires lui maintiennent les jambes écartées avant de laisser faire le chirurgien. Le roi dira tout haut, mon dieu, je m'en remets entre vos mains.
- Speaker #0
J'ai l'image là.
- Speaker #1
Là, je n'ai pas d'image à vous montrer.
- Speaker #2
On l'imagine, on l'imagine. Alors l'opération qui se déroule sans anesthésie, j'avais précisé SIG, se déroule avec grand succès et le compte-rendu opératoire de l'époque, relaté dans le journal de santé du roi, dit que Félix a traduisit une sonde au bout d'un bistouri fait exprès, tout le long de la fistule jusque dans le boyau qui joignit avec le doigt de la main droite et... Le retirant en bas, ouvrit la fistule avec assez de facilité et ayant ensuite introduit des ciseaux dans le fondement de la plaie, il coupa l'intestin un peu au-dessus de l'ouverture et coupa toutes les brides qui se trouvaient dans l'intestin.
- Speaker #1
Mais sans anesthésie, ça devait être un cauchemar. Il a dû tomber dans les pommes directes, j'espère, pour lui.
- Speaker #2
Je ne prenais pas de l'eau de vie ou je ne sais pas, un truc pour... Je ne sais pas, ça vraiment, je ne sais pas du tout, je ne l'ai pas vu passer. L'autre dit, c'était... Il est au taquet, attends, ça n'envoyait de Dieu, je te rappellerai, c'est vrai.
- Speaker #0
Tu l'as voulu la place mieux.
- Speaker #2
Voilà. Alors, lors de l'opération, le roi aurait encore dit, « Est-ce fait, messieurs ? Achevez et ne me traitez pas en roi. Je veux guérir comme si j'étais un paysan. »
- Speaker #1
Ah tiens donc, là d'un coup, on est d'accord dans un centre d'une échelle.
- Speaker #0
Qui est de soi aurait de chaussée.
- Speaker #2
Alors, l'après-midi même, le roi préside son conseil après une saignée. Et le jour suivant, il reçoit des ambassadeurs, puisque à ce moment-là, l'opération est encore un secret. Le chirurgien sera gratifié de la terre des Moulineaux, ainsi qu'une forte somme d'argent, et gratifie la corporation des chirurgiens, qui à l'époque était mal vue. C'était en gros... C'était une noterie, quoi, on va dire.
- Speaker #1
Les parmi les chirurgiens.
- Speaker #2
Les parmi les chirurgiens. Donc ils n'étaient pas bien vus. Donc là, la corpo des chirurgiens a pris un update. Donc ça, c'est bien. face aux médecins simples, entre guillemets, les médecins du roi classiques en France. L'opération est un succès, mais à prendre avec des pincettes, car elle devra être quand même réitérée encore à deux reprises fin de l'année 1686 et il ne sera réellement et complètement rétabli que début 1687. L'histoire raconte qu'une fois rendue publique, une trentaine de courtisans auraient prétendument eu une fistule pour se faire opérer à la manière de roi. Donc voilà, même la médecine a ses modes. Si l'on croit, il faut se faire opérer de la même façon et sans anesthésie. Alors moi, je n'aurais pas fait, mais bon.
- Speaker #1
Je m'étonne.
- Speaker #2
Alors tout à l'heure, je vous ai dit aussi qu'il y a un hymne très célèbre qui viendrait éventuellement de cette fistule. Est-ce que vous savez laquelle dont je parle ?
- Speaker #0
Oui, donc c'est le soundtrack de notre épisode du jour, c'est ça ? Peut-être. Il s'agit de King. Ouh là là, ça vous dit rien Mel Brooks ?
- Speaker #2
Ouais mais non. C'est mieux quand tu ne chantes pas H.
- Speaker #0
C'est beaucoup plus célèbre.
- Speaker #2
Un hymne. Non, ça ne dit rien.
- Speaker #0
Ah, attends, ça va être un truc trash. Non, pas du tout. Non, pas du tout.
- Speaker #2
Alors,
- Speaker #0
on donne notre langue Ausha.
- Speaker #1
C'est God Save the Queen, ou King. Ah ouais ?
- Speaker #0
Oui. Ça vient que là.
- Speaker #2
La rumeur dit que l'hymne national britannique proviendrait de l'opération de cette fistule. On a les souvenirs apocryphes de la marquise de Crequy, femme de lettre française, qui rapporte que l'ère de... « Seigneur Dieu, sauve le roi » , puisque nous, on a une version française qui s'appelle « Seigneur Dieu, sauve le roi » , aurait été composée par Jean-Baptiste Lully sur un texte écrit par la Duchesse de Brinon pour célébrer cette fameuse opération.
- Speaker #0
Je suis curieux de savoir si les Sex Pistols étaient au courant quand ils ont chanté ça. Sûrement.
- Speaker #1
Je te disais que c'était beaucoup plus célèbre que...
- Speaker #2
Donc celle-ci, alors, mère supérieure, donc la Duchesse de Brinon. à la maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr, aurait écrit cette musique afin d'accueillir en chant le roi rétabli par les orphelines de cette école. Donc la chanson dit « Grand Dieu sauve le roi, long jour à notre roi, vive le roi, à la victoire, bonheur et gloire, qu'il est un règne heureux et l'appui des cieux » . C'est en 1745 que le fameux « God save the queen » ou « king » en fonction de qui est à la tête de l'emploi. aurait été pour la première fois exécuté en pleine crise politique et au soutien au roi Georges II en Angleterre. Le succès en Angleterre est immédiat. La légende aime à dire que la chanson viendrait donc de Dieu sève le roi, de Lully, mais rien n'est vraiment avéré. D'autant que le compositeur de la version anglaise n'est déjà pas avéré. Il y a deux personnes qui sont en liste pour la composition de cette chanson. Il est possible que ce soit soit John Bull, soit Henry Caray, mais on ne sait pas qui c'est. De plus, il est mentionné que cet air aurait été joué avant par les royalistes de la maison Stuart en 1688 avec God Save Great James Hawking.
- Speaker #1
On parlait d'accent anglais tout à l'heure. San, il faut que tu nous sauves tous.
- Speaker #0
Je vais vous coacher, je vais vous coacher.
- Speaker #2
Donc certains chercheurs pensent, sans être certains aussi, qu'elle pourrait remonter à encore plus loin lors du règne de Charles II vers les années 1660. Enfin, l'hymne en 1790 a été adapté en allemand. Alors là, c'est Falsiparum qui va nous aider. « I'll dear him, she gear crons » En pleine période révolutionnaire et a été choisi comme l'hymne national de Prusse. Bref, on n'a rien qui est établi que « God save the king » ou « queen » . soit originaire du succès de l'opération de la fistule de Louis XIV, mais en bon français et en anglais, qui est à se taper dessus depuis plus de 600 ans maintenant, une autre petite pique envers nos meilleurs amis, ça ne fait pas de mal.
- Speaker #0
Quelle histoire !
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #0
Pauvres rois. On pense qu'ils ont la vie belle, leur cours.
- Speaker #1
Comme tout le monde, ils ont des belles fistules et compagnie.
- Speaker #0
Surtout qu'à l'époque, au niveau hygiène, on est bien au courant.
- Speaker #1
C'est pas la même chose.
- Speaker #0
Toi qui as bossé à Versailles.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est clair.
- Speaker #2
Est-ce qu'on enchaîne avec une prochaine histoire ? Qui choisis-tu, Hache ?
- Speaker #0
Allez, Felsipora, m'envoie.
- Speaker #1
Ok, ça marche. Alors, mon histoire s'appelle... Enfin, le titre de mon histoire, c'est Signé SB. Et donc, je vais commencer par faire une présentation à la... à un scénario du pire. Je voulais vous dire que mon histoire du jour va parler d'altération anthropique, d'un cadre en transplantation hépatique et de la némésis d'un chirurgien.
- Speaker #0
Elle est finie la phrase ? J'ai pas de compréhension. Justement,
- Speaker #1
je vais vous demander si vous avez déjà pratiqué vous-même l'altération anthropique.
- Speaker #0
Moi, je ne sais pas ce que c'est.
- Speaker #2
C'est pas pour nous la question.
- Speaker #1
Non, mais si, justement, c'est pour vous. Et si je vous donne un indice et je vous dis que ça peut se faire sur un arbre, sur un monument historique ou sur un corps humain ?
- Speaker #0
C'est de la scarification ?
- Speaker #2
Oui, c'est le fait de graver qu'à l'oiseau. Pas de verge ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, pour ceux qui ne savent pas, l'altération anthropique, c'est une pratique qui peut, selon les us et coutumes, et aussi selon les époques, être assimilée à du vandalisme parce qu'elle consiste à simplement laisser ses initiales sur son lieu de... passage. Et maintenant, si je vous demande à nouveau, est-ce que vous avez déjà pratiqué l'altération anthropique ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #2
Jamais.
- Speaker #0
Plein de fois dans les toilettes en pension.
- Speaker #1
Ben voilà. Non mais en vrai. Bon, maintenant, avec cette entrée en matière et connaissant un petit peu Medicine City, vous allez très, très vite voir où je veux en venir avec mon histoire du jour, non ? Allez, moi aussi, je vous embarque en Angleterre et on va du côté de Birmingham à la rencontre du docteur Simon Bramhall. Simon Bramhall, c'est un chirurgien britannique spécialisé en chirurgie hépatobilière et en transplantation hépatique. Sa formation s'inscrit dans un parcours classique, enseignement médical britannique de haut niveau, avec une formation clinique rigoureuse et académique également. Il va effectuer ses études de médecine et acquérir très vite des bases en chirurgie générale, avant de s'orienter vers des spécialités de plus en plus techniques et de plus en plus pointues. Et comme de nombreux chirurgiens de haut niveau dans son domaine, son parcours va inclure une formation. post-universitaire avec pas mal de rotations dans des centres hospitalo-universitaires connus. Et il va très vite développer un intérêt en particulier pour la chirurgie du foie et des voies biliaires, qui est un champ complexe en constante évolution avec beaucoup de techniques et qui provoque pas mal de changements et qui est en constante essor à cette époque-là. Il va intégrer, comme je disais, des équipes spécialisées dans la greffe d'organes et en particulier va devenir un très très éminent représentant de cette discipline en Angleterre et cela va l'amener à exercer dans un des centres de référence du pays en Angleterre qui est le Queen Elizabeth Hospital de Birmingham. Ni plus ni moins que l'un des plus importants centres de transplantation de foie au Royaume-Uni. Parallèlement à son activité clinique, Bram Hall va développer une carrière universitaire à la University of Birmingham et va former des dizaines, des centaines d'internes en médecine, de jeunes chirurgiens, que ce soit en anatomie, en pathologie hépatique, en technique chirurgicale et bien entendu en transplantation hépatique. Son rôle pédagogique est reconnu et comme je vous le disais, c'est quelqu'un de particulièrement installé. et vraiment reconnu par sa profession. Pour vous dire que l'hôpital dans lequel il travaille, c'est un des plus gros volumes de transplantation hépatique du pays et il reçoit régulièrement des cas parmi les plus complexes, que ce soit au niveau national ou au niveau international. Clairement, on ne parle pas de n'importe qui. Je vous ai fait un petit topo, je suis allé voir sur le site PrechercheGate. Notre bon docteur Bram Hall a écrit 192 articles scientifiques. Ceux-ci ont été cités 8555 fois par d'autres auteurs. Et sur PubMed, il apparaît en dernier auteur, donc comme superviseur d'études. dans 15 articles publiés dans des journaux internationaux à comité de relecture. C'est un niveau assez élevé dans le palmarès de la recherche. Donc voilà, je ne vous parle clairement pas du premier venu. Mais si je suis là aujourd'hui et en suivant l'introduction que je vous ai faite tout à l'heure, ce n'est clairement pas pour vous présenter son CV qu'on est là. Et je vais vous parler du 21 août 2013. Là, une patiente souffrant d'insuffisance hépatique aiguë. Donc son foie est en train de défaillir, mourir, et est admise au Queen Elizabeth Hospital Birmingham. Et cette patiente est admise parce qu'elle est sur la liste d'attente pour une transplantation de foie. Et elle vient de recevoir un message en lui disant qu'un foie nouveau l'attendait et qu'elle devait se présenter. Il faut savoir que dans son dossier, son espérance de vie sans la greffe était estimée dans les 72 heures suivantes. Donc on est sur des cas vraiment urgents. Et donc à 19h, elle reçoit le message et elle est convoquée à l'hôpital. À 49 ans, Bram Hall, c'est l'âge qu'il avait à ce moment-là, le docteur Bram Hall avait déjà réalisé plus de 400 greffes. Ce qui est beaucoup dans une activité qui est plutôt rare, mais très très pointue.
- Speaker #0
C'est routine pour lui.
- Speaker #1
Voilà. Et en pratique, l'opération de la patiente fut un succès. Quelques jours plus tard, malheureusement, comme ça arrive, le nouveau foie et la greffe ne tiennent pas. Et le 29 août, elle doit subir une deuxième transplantation en urgence.
- Speaker #0
Mais ils ont des stocks de foie là-bas ? Comment ils font ?
- Speaker #1
Alors, en France, il y a plus d'attentes que dans les pays anglo-saxons parce qu'on a une culture de dons d'organes qui est un peu différente.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Dans les pays latins versus dans les pays anglo-saxons. Donc, il y a un accès aux organes qui est un peu différent. Donc, le 29 août, elle est opérée par un autre chirurgien, un collègue de Bramhall. Et il ouvre. Et là, il découvre, à la surface du foie greffé, donc il doit enlever parce qu'il ne tient plus, deux caractères écrits qui font quand même 4 cm de haut, et les deux caractères, c'est une lettre S et une autre lettre B. S, B. Et là, il ne fait aucun doute pour le chirurgien qui a ce foie devant lui que Simon Bramhall avait gravé ses initiales sur le foie de la patiente quelques jours plus tôt. La question était de savoir pourquoi et comment il avait pu commettre un tel acte dans un bloc opératoire où il y a de la lumière partout, il y a des infirmières, des aides opératoires, des anesthésistes. Comme je disais, c'est un centre universitaire important, donc il ne pouvait pas ne pas y avoir d'interne ou de jeunes chirurgiens en formation. Bref, ce n'est pas une opération qu'on fait tout seul et encore moins dans un centre universitaire comme ça. Mais il ne va pas se poser la question tout de suite. Il va prendre une photo avec son Blackberry, on est en 2013 Blackberry, et pendant quelques mois, il va se la garder cette photo et ne rien en faire. Et Bram Hall, lui, va continuer à opérer. Sans doute ne pensait-il pas que Bram Hall représentait un danger pour ses patients et il imaginait assez volontiers. qu'il pouvait avoir utilisé un instrument que ces chirurgiens utilisaient de façon régulière, qui est un faisceau d'argon ionisé. Je ne vais pas détailler ici pour les puristes, mais globalement on parle de coagulation au plasma d'argon ou laser argon, pour ceux qui veulent. En gros, on est sur quelque chose qui est très précis, une sorte de petit laser, et qui est utilisé un peu comme un stylo pour être très très précis. Donc il pensait... que c'était ce que Bram Hall avait pu utiliser pour « signer » son travail et cautériser la surface du foie sans en altérer le fonctionnement. Parce que ce n'est clairement pas ce qui a altéré le fonctionnement et ce qui a empêché ce foie nouvellement greffé de fonctionner et qui a nécessité de se faire.
- Speaker #0
Attends, il a signé, mais c'est pris pour la peintre ou quoi ?
- Speaker #1
Justement, c'est ce qu'on va voir un petit peu. Et à ce moment-là, ce chirurgien, comme dans beaucoup d'équipes soignantes, on échange en marge de ce qu'on fait. Et puis, il commence à montrer la photo à d'autres personnes au sein du Queen Elizabeth Hospital de Birmingham. Et petit à petit, on arrive au 18 décembre. Donc, on est quand même plusieurs mois après. Ça se passe en août, ces histoires. Et puis là, on arrive au mois de 18 décembre. Il y a quand même beaucoup de rumeurs qui se font et Bram Hall finit par être suspendu le temps qu'une enquête interne soit menée par le University Hospital de Birmingham qui dépend du NHS. Et là, il y a un anesthésiste qui avait l'habitude de travailler avec Bram Hall, c'est des petites équipes et des équipes qui se croisent régulièrement, qui n'a jusque-là jamais pensé à porter plainte contre Bram Hall. signale l'avoir vu apposer ses initiales sur le foie d'une autre patiente, à un autre moment, et là, quelques mois avant, puisque c'était le 9 février 2013, il se l'était consigné en se disant, tiens, je l'ai vu faire quelque chose. Et l'enquête interne va rapporter qu'une infirmière de bloc opératoire qui était présente lors de l'intervention du 21 août a demandé à Bramon, a vu Bram Hall signer le foie de la patiente. Et lui dit, mais pourquoi vous faites ça ? Et Bravo lui aurait simplement répondu, je fais ça, point.
- Speaker #0
C'est hallucinant.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. Et donc là, il est sous enquête, tout ça. Il est suspendu le temps de faire une enquête. Et on va avancer un petit peu dans le temps jusqu'en 2018. où il va finalement être appelé en cours pour se justifier de ces actes-là. Il va appeler des coupables et va reconnaître avoir inscrit ses initiales sur les organes transmentés. Juste sur deux organes transmentés, il y a des doutes sur d'autres, mais il a reconnu deux parce que c'est là où il y avait des preuves et des constats par d'autres personnes. Et je vais vous extraire quelques citations. de ce procès pour voir un petit peu, pour appréhender son état d'esprit, parce que Hache, tu parlais de cet état d'esprit, de qu'est-ce qu'on fait, à quel moment c'est normal de faire ce genre de choses. Et donc il dit, je me suis retrouvé dans le service des pathologies presque par hasard, et j'ai tout de suite compris que c'était ce que je voulais faire. Un peu plus tard, il dira au juge, j'étais un personnage haut en couleur, et c'était de la chirurgie lourde, de la vraie chirurgie. des techniques de pointe à la limite du possible. C'est là que je voulais être, repousser les frontières. Je crois qu'à l'époque, c'était moi, c'était ma personnalité. Les éléments vous transforment. Le 21 août 2013 fut l'un de ces jours-là. J'avais déjà opéré deux patients avant que le foie de donneur ne soit disponible pour la patiente A. La patiente A, dans les procès, c'est la première. C'est celle du mois d'août et pas celle de février. Elle a été désignée comme ça. Sa transplantation... aurait dû se dérouler sans encombre. Elle n'était pas en surpoids et son foie défaillant était petit et atrophié, ce qui facilitait son prélèvement. Mais la mise en place de l'organe s'est avérée être un sérieux défi, un défi inattendu. Lorsque j'ai relié l'artère du donneur à celle du receveur, aucune pulsation n'a été constatée. J'ai tenté de la reconnecter à quatre reprises, observant avec une concentration... intense au travers des lunettes chirurgicales à grossissement x3, avant de comprendre que l'artère avait dû être endommagée lors du prélèvement du foie chez le donneur. J'ai découvert une minuscule déchirure sur la couche interne de l'artère du donneur, et je suis parvenu à la sectionner. Mais, il ne lui restait plus qu'un vaisseau très court à relier à l'artère du receveur. Tandis que je m'efforçais de rétablir la circulation sanguine, la vie de son patient ne tenait qu'à un fil. Et j'ai enfin réussi. J'ai réussi à rétablir la circulation sanguine dans le foie et j'ai ressenti un immense soulagement. On le sent quand on est sous pression. Les expressions du visage, le langage corporel, tout le monde le perçoit. Un silence de mort s'installe dans la salle. On est submergé par une énorme surcharge cognitive. C'est au niveau de stress que peu de gens connaissent. Je ne dis pas ça pour me justifier, c'est la réalité. Je tenais le foie de ma main gauche, il y avait une petite goutte de sang à la surface. J'ai comprimé le foie. J'ai arrêté le saignement avec l'argon pendant 20 ou 30 secondes, puis j'ai relâché la pression pour vérifier que le saignement était toujours arrêté. Ensuite, j'aurais dû éteindre ce coagulateur. Je ne l'ai pas fait. Je connais un chirurgien qui a joué au morpion sur un foie. Un autre a écrit des mots sur un foie. J'ai vu des gens faire toute chose, tout un tas de sortes de choses à la surface d'un foie, sous prétexte que les dégâts ne se mesurent que de par micromètre. Les lésions cellulaires sont minuscules. Pendant ma formation, au début de mon internat, l'humour noir était mon écrou en taubleur. On raconte que certains ophtalmologistes laissent leurs signatures sur la rétine lorsqu'ils utilisent le laser pour traiter la rétinopathie. J'ai vu des chirurgiens orthopédistes grébouiller dans le ciment lors de la pose de prothèse de hanche. Et j'ai été témoin de comportements à faire froid dans le dos. Des chirurgiens qui faisaient des remarques désobligeantes sur des patients anesthésiés. Des chirurgiens qui jetaient des instruments contre le mur. des chirurgiens qui donnaient des coups de tête à leurs assistants par-dessus la table d'opération. Bref, il a plaidé coupable et il s'en est sorti avec une amende de 10 000 livres, une victime sur charge, c'est-à-dire une contribution au service des victimes prévue par le droit britannique, une sorte d'indemnisation pour les dommages, et la prise en compte des frais de procédure. Donc, pas de peine d'emprisonnement. Il a également été suspendu pour... pendant un temps par le GMC, le General Medical Council, pour non-respect de la dignité du patient et pour la réalisation d'un acte non justifié cliniquement, alors qu'il avait l'obligation d'agir dans l'intérêt exclusif du patient. Mais cette suspension a pris fin fin 2018, ce qui veut dire qu'il a pu après se réinscrire et retravailler comme avant. Sauf qu'en fait... rien n'a été vraiment comme avant. Il n'a jamais repris complètement son activité. Il n'a jamais retravaillé dans le même hôpital. On a peu d'éléments pour nous dire ce qu'il fait exactement, sinon qu'il écrit des livres. D'ailleurs, si vous le souhaitez, vous pouvez acheter un de ses livres en particulier qui est des Lettermans pour l'homme de lettres.
- Speaker #0
Il n'a pas écrit La gravure pour les nuls ?
- Speaker #1
Parce que... En fait, dans l'Etherman, il raconte cette histoire. Et pour finir, je vais vous laisser avec le témoignage de la première victime, afin de planter la graine de vos futurs cauchemars.
- Speaker #0
Elle dit « L'horreur de voir cette photo de mon corps ouvert avec les initiales SB tatouées sur mon foie restera à jamais gravée dans ma mémoire. De toute façon, je déteste les tatouages et l'idée que quelqu'un ait pu faire ça alors que j'étais inconsciente est abominable. Ce que je ressens, c'est ce que ressent une victime de viol. À cause de cette épreuve, ma confiance dans le corps médical est anéantie. » Voilà, c'est du chou au truie, ça. que je voulais vous raconter sur cette... altération anthropique, c'est un peu autre chose que laisser ses initiales sur le colisier à Rome ou sur les portes des toilettes dans une colonie de vacances quand on est ado.
- Speaker #1
Ok, mais moi je trouve ça incroyable parce que le gars, c'est quand même son job. Il ne faut pas te prendre pour une vedette, mon vieux, c'est ton boulot. Arrête de signer à chaque fois que tu fais un truc.
- Speaker #2
C'est encore une histoire d'égo et de domination.
- Speaker #0
Mais je pense qu'il y a une... partie d'ego, c'est pour ça que dans mon intro je pensais à la némésis du chirurgien qui se fait rattraper par la patrouille et comme il dit en fait dans son témoignage, c'était un peu long il raconte tout ce qu'il a vu faire par d'autres chirurgiens et que finalement ça ne doit pas être une chose si exotique que ça en fait ça fait partie des choses dont on ne dit jamais rien,
- Speaker #1
on ne connait pas ce n'est pas ça Merci.
- Speaker #0
Donc quand on vous serait opéré, quand vous serez endormi, anesthésié, qui sait si vous n'allez pas avoir un chirurgien qui va laisser sa marque à l'intérieur de vous ?
- Speaker #1
Voilà, une nouvelle angoisse pour nous.
- Speaker #2
C'est clair.
- Speaker #1
On n'en est pas suffisamment.
- Speaker #0
C'est ce qu'on a dit, une nouvelle angoisse débloquée.
- Speaker #2
Exactement ça, oui.
- Speaker #1
Quelle histoire, disons. J'étais loin de me douter qu'il y avait des choses comme ça qui pouvaient se produire.
- Speaker #2
Moi, malheureusement, ça ne me surprend même plus ce genre de choses. On enchaîne avec l'histoire de Philippe.
- Speaker #3
Eh bien oui. Alors, on va continuer dans les cours d'anglais. Je vais vous apprendre peut-être un nouveau mot. Est-ce que vous savez ce qu'est le swatting ? Le ? Le swatting.
- Speaker #0
Ah, moi, je sais ce que c'est.
- Speaker #3
Ah, tu sais ? Oui.
- Speaker #0
S-W-A-T-I-N-G. Je n'ai jamais pratiqué. Je n'ai jamais été victime. Mais je sais ce que c'est.
- Speaker #3
Explique Falsiparum.
- Speaker #0
Alors, je ne sais pas de quand ça date exactement. Pour moi, c'est en lien avec les joueurs de jeux vidéo, les streamers. C'est une technique... Enfin, c'est quelque chose d'assez récent. C'était l'idée de faire intervenir le SWAT, les unités de police spécialisées dans les prises d'otages, enfin vraiment la cavalerie en gros. Et l'idée c'était de les voir arriver en direct chez un streamer. Et au départ je pense que c'était des pranks, mais je ne suis pas certain que tout soit des pranks à chaque fois. Et donc pour moi c'est faire intervenir une équipe d'intervention musclée chez un streamer en direct pour diffusion sur Internet.
- Speaker #3
C'est exactement ça. Donc, effectivement, Sam et moi, on a eu comme thématique les blagues qui tournent mal. Et effectivement, c'est une forme de prank. Donc, effectivement, ça vient du SWAT. Le SWAT, c'est le Special Weapons and Tactics qui désigne les unités d'élite d'intervention. Et donc, en effet, c'est des SWATeurs. On appelle ça le SWATeur, celui qui va faire la blague. Il va masquer son identité. Il va utiliser des moyens de brouiller son identité en ligne. et il va signaler... une situation de crise qui est très grave. Parce que si ce n'est pas grave, tu as juste un patrouilleur qui va venir sonner à la porte de chez toi. Là, il faut vraiment qu'on défonce la porte, on passe à travers les fenêtres. Il faut que l'intervention soit brutale, soudaine et violente. Alors, la pratique, comme l'a dit Falsiparum, c'est né dans la communauté du jeu vidéo. Et dans les sweating célèbres, il y a dans le monde Fortnite, qui est une communauté très forte dans le jeu vidéo. le champion du monde, Bugha, qui s'est fait souhaiter en direct sur Twitch avec une audience absolument considérable qu'il a vu se faire souhaiter en direct. Et heureusement, ça s'est bien terminé parce qu'il y a un des policiers qui connaissait Bugha et donc ça a été désamorcé tout de suite. Mais c'est une pratique dangereuse.
- Speaker #1
Qu'est-ce que c'est que ce nouveau jeu encore ?
- Speaker #3
Et donc je vais vous raconter une histoire de swatting assez terrible qui se passe en 2017. L'affaire met aux prises Casey Viner et Shane Gaskill. Ce sont deux joueurs de Call of Duty. Call of Duty, c'est un jeu en réseau. C'est la version Deuxième Guerre Mondiale de 2017. C'est un jeu en ligne multijoueur. Casey Viner vit dans l'Ohio et Shane Gaskill dans le Kansas. C'est le genre de jeu où les joueurs peuvent se parler. Souvent, on joue avec un micro et souvent, les joueurs se vannent un petit peu. C'est de la compétition, on s'envoie quelques petites injures. Et Kézi et Shane pensent tous les deux qu'ils vont gagner leur partie. Et donc, ils font un pari. Et le pari a quand même un enjeu considérable parce qu'il parie 1,50$. Alors, Weiner est mauvais perdant. C'est lui qui perd. Et parce qu'il a perdu et parce qu'il ne veut pas donner le dollar 50, il menace de faire souhaiter Gaskill.
- Speaker #0
Pour un dollar 50.
- Speaker #3
Pour un dollar 50,
- Speaker #0
oui. C'est pas proportionné quand même. C'est un peu de chose.
- Speaker #3
Donc Gaskill ne se démonte pas, donne son adresse à Viner. Mais ce n'est pas son adresse actuelle, c'est son adresse précédente dont il s'était fait expulser à Wichita, au Kansas. Alors Viner, le mauvais perdant, contacte une connaissance. Un certain Tyler Barris. D'ailleurs, Barry, c'est un Californien qui a une petite notoriété dans ce milieu-là, sous le pseudonyme de SWATistique. Donc, il y a SWAT et autistique dans son pseudo. C'est une légende du SWATing et des fausses alertes à la bombe. Il a des dizaines de SWATing et d'alertes à la bombe, notamment dans des écoles californiennes, à son actif.
- Speaker #0
Ah, c'est lui qui envoie, ce n'est pas lui qui reçoit.
- Speaker #3
C'est lui qui... Donc, Barry, c'est un spécialiste... pour souhaiter ou pour appeler des écoles pour dire, voilà, il y a une bombe, etc. C'est son bon malin.
- Speaker #2
On a eu ça à Perpignan en début d'année scolaire sur un lycée. On a eu trois appels à la bombe sur un des lycées de Perpignan.
- Speaker #3
Et c'était faux, donc.
- Speaker #2
Mais ils ont évacué deux ou trois fois. Je ne suis pas sûre du trois fois, mais deux, c'est sûr. Et ils ont évacué le lycée inutilement.
- Speaker #3
Et alors, c'est important, évidemment, quand tu souhaites, de pouvoir masquer ton identité. Tu ne peux pas appeler d'un numéro de téléphone, évidemment. Maurice sait comment faire pour masquer son identité. Le 28 décembre 2017, il se rend dans une bibliothèque publique de Los Angeles. Il utilise une connexion Wi-Fi gratuite et il téléphone par du Voice over IP. C'est une façon de téléphoner en utilisant une connexion Internet et pas un numéro de téléphone. Il appelle le 911 à Wichita. Il se fait transférer à la police locale. Là, il se présente comme étant Brian. Brian is in the kitchen.
- Speaker #2
On reprend les cours d'anglais.
- Speaker #3
Brian, c'est un jeune homme qui, selon le récit qu'il livre à la police à ce moment-là, un jeune homme qui vient de tuer son père et qui tient en otage sa mère et son frère. Donc évidemment, il y a une situation gravissime, une situation d'urgence.
- Speaker #2
C'est chaud comme histoire.
- Speaker #3
Oui, c'est chaud. C'est vraiment une blague idiote. Et donc, il annonce qu'il va tuer tout le monde. qui va mettre le feu à la maison et se suicider.
- Speaker #1
Tu l'as voulu la cavaler, à mon avis, tu vas l'avoir.
- Speaker #3
Exactement. Évidemment, la police, ce n'est pas le SWAT, c'est la police de Wichita qui va se rendre à l'adresse indiquée. La maison, c'est la maison dont a été expulsé Gaskill. Il a un peu de colère par rapport à ça. Et donc, on est au 1033 West Cormick Street à Wichita. Les policiers arrivent, encerclent la maison. Elle est occupée par une famille. C'est une jeune famille avec des jeunes enfants. La famille s'appelle la famille Finch. Il y a beaucoup de gens ce jour-là dans la maison. Le père de famille, c'est Andrew Finch. Et ce jour-là, il a une cousine et sa mère qui est présente au domicile familial. Et bien, il voit tous les gyrophares autour de la maison. Donc, c'est vraiment la cavalerie, comme on disait. Et la maman va sortir sur le Porsche pour voir ce qui se passe. Le fils s'appelle Andrew Finch va la rejoindre et va commencer à discuter avec la police. Il essaie d'expliquer que c'est un malentendu, qu'il n'y a pas de prise d'otage chez lui. La police, à ce moment-là, lui ordonne de mettre les mains en l'air. Il s'exécute, mais il marque un arrêt dans son geste. Il y a un policier qui s'appelle Justin Rapp qui prend ça comme une menace. Il lui tire dessus et la balle lui traverse le poumon et le cœur. Et donc Andrew Finch est emmené à l'hôpital où il sera immédiatement déclaré mort. Mais il est probablement mort sur le coup.
- Speaker #2
Putain, tout ça pour 1,50$ ?
- Speaker #3
Tout ça pour 1,50$, oui.
- Speaker #1
Pas possible. Attends, si le flic, c'est un peu un cow-boy, là, tout de suite.
- Speaker #3
Ah oui, oui.
- Speaker #1
On est aux Etats-Unis, tu sais.
- Speaker #3
Exactement. Oui, parce qu'après, on saura plus tard. Le flic va dire, j'ai cru qu'il avait une arme. Après, il a dit que non. Enfin bref, il y a eu toute une procédure par rapport à ce policier, après. Donc il est évident qu'il n'y avait pas de prise d'otage, qu'il n'y avait pas non plus de signe de prise d'otage dans la maison et qu'il est mort pour rien à cause de cette fausse dénonciation, à cause de ce swatting. Et donc il y a une enquête quand même qui s'organise pour retrouver l'origine de cet appel.
- Speaker #2
Tu m'étonnes.
- Speaker #3
Oui. Et en fait, les éléments pour retrouver Barry sont assez faciles à collecter. Ce n'est pas parce que tu utilises du voice-over IP que tu es complètement indétectable. Déjà, on sait d'où il a appelé. localiser cette bibliothèque publique assez facilement. L'adresse IP est immédiatement trouvable et le compte qu'il a utilisé pour le Voice over IP également. Puis alors il y a l'eurodatage. Tout ça fait que... Il est retrouvé très facilement. Il est déjà connu des autorités. Il y a déjà une association entre des pranks et son pseudo. Tout ça fait qu'il est arrêté quasiment tout de suite. Là, il va donner le nom de son commanditaire, de Weiner. Weiner va parler de Gaskill. Et donc, les trois vont être arrêtés. Et donc, il y a un procès. Et alors, l'histoire, elle semble tragique, mais elle va prendre un tournant encore plus tragique. Donc, tout ça pour 1,50$. Il y a la sœur Dominika Finch qui va témoigner au procès et qui va parler de l'impact que ce sweating a eu sur sa famille. Et en fait, il y avait une nièce dans la maison ce jour-là qui s'appelle Adelina, qui à l'époque devait avoir 16 ou 17 ans, et qui un an après le sweating s'est suicidée. Parce qu'elle n'a pas supporté la mort de son oncle, elle l'a vue en direct. Son petit ami s'est suicidé. Parce que la fille s'est suicidée. Donc il y a un troisième mort consécutive à ce prank.
- Speaker #2
Trois victimes.
- Speaker #3
Trois victimes.
- Speaker #1
50 cents par personne.
- Speaker #3
Exactement, 50 cents par personne.
- Speaker #1
Ça devient ridicule.
- Speaker #3
Exactement.
- Speaker #0
Tu sais que j'ai fait le même calcul et je pense que ce n'est pas forcément glorieux. Non, non, je sais.
- Speaker #1
Enfin, fermez les yeux et imaginez ça, vous habitez dans une maison, vous êtes tranquille en train de dîner, je ne sais pas. Et il y a la police qui va se donner chez vous. Pourquoi ? On ne sait pas. Tu dis, excuse-moi, je reviens.
- Speaker #3
Oh non !
- Speaker #1
Tu meurs sur le coup et après, tu as deux suicides.
- Speaker #3
Vraiment.
- Speaker #0
Ça fait un peu comme... Je pense que c'est un peu le même traumatisme que les home invasion que certains vivent. Tu sais, quand tu as, pour le coup, des vrais méchants qui viennent dans ta maison et qui viennent soit te cambrioler ou te menacer ou autre. Sauf que là, en fait, c'est là aussi un envahissement du domicile, mais par la police. Et c'est aussi brutal parce que ça... Parce que... qui est ton sanctuaire finalement, ne l'est plus et tu ne peux pas te sentir en sécurité alors que c'est censé être l'endroit qui est le plus sécuritaire.
- Speaker #2
C'est une histoire qui est super triste en fait.
- Speaker #3
Ah oui, attends, il y a encore le procès. Donc évidemment, les trois sont arrêtés. C'est effectivement assez triste. Alors Baris, il est repentant au procès et donc il assume l'anti-responsabilité de sa blague. Il peut être coupable de 51 chefs d'accusation, notamment des chefs d'accusation qui concernent aussi les alertes à la bombe qu'il avait fait précédemment.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #3
Donc, il est condamné à 20 ans de prison. Et les deux autres ont des condamnations également. Donc, Weiner, celui qui a commandité, lui, il a 15 mois de prison et deux ans de liberté surveillée, de probation.
- Speaker #2
Et lui, il est reportant ?
- Speaker #3
Alors Louise, c'est repentant et gasquille les patrons parce que c'est lui qui a donné la mauvaise adresse. Et donc pour ça, il est également poursuivi. Alors au départ, il n'a pas de peine de prison, mais il a des conditions de probation qu'il ne va pas respecter. Et donc il va faire finalement 18 mois de prison.
- Speaker #2
Et quand même !
- Speaker #3
En mars 2018, il y a un projet de loi qui est introduit au Congrès. En mars 2018, il y a un projet de loi qui est introduit au Congrès pour punir le Swatting. Mais finalement, cette loi ne sera jamais votée. Donc aujourd'hui, il n'y a pas de cadre législatif spécifique pour le squatting.
- Speaker #2
Il n'y a pas eu assez de morts ? Oui,
- Speaker #3
c'est ça, exactement. Et le policier Justin Rapp va être complètement blanchi en mars 2022, donc cinq ans après. Donc on considère qu'il a l'immunité. Et suite à cette immunité, il est promu.
- Speaker #0
Ah ouais.
- Speaker #3
Tiens, c'est ça. On est vraiment au Far West.
- Speaker #1
Ouais. Plus elle est plus loin, toujours plus haut dans les médis humains.
- Speaker #3
Et ce n'est pas la seule histoire. Donc, il y en a pas mal, les histoires de sweating. Alors, je ne vais pas les raconter. Mais il y a un cas que je vais vite évoquer. C'est Mark Herring, un monsieur de 60 ans qui était sur Twitter. Et il était propriétaire de ce qu'on appelle le handle, donc le nom du compte Twitter qui était Attenessi. Et il y avait d'autres gens, notamment des hackers, un groupe de hackers qui s'appelle The Community, qui auraient voulu mettre la main sur ce nom. compte, ce Handel de Tennessee. Et donc, ils l'ont menacé et ils ont organisé un sweating contre lui. Et là, ce monsieur est mort d'une crise cardiaque pendant le sweating. Donc, c'est une pratique qui est en fait...
- Speaker #1
Hier, c'est une pratique.
- Speaker #0
Donc, si ça sonne chez lui et que c'est la police, on n'ouvre pas.
- Speaker #2
J'avais aucune idée de l'existence de ce truc, franchement. J'ai appris un truc.
- Speaker #3
Il y a pas mal de cas. Ils n'ont pas tous fini au type.
- Speaker #0
C'est pas assez naïf pour ne pas avoir l'idée de l'existence de ce truc, malheureusement.
- Speaker #3
Et voilà, mais finalement, c'est du cyberharcèlement plus plus.
- Speaker #0
Et en effet, ça pourrait être un scénario de film.
- Speaker #3
Oui, vraiment.
- Speaker #2
Totalement, là, vous êtes dans le coup. Parce que là,
- Speaker #0
ça va très loin.
- Speaker #2
Du coup, il va être temps de... Moi, je vais raconter une dernière histoire, du coup. Une histoire qui est beaucoup plus légère que ce qu'on vient d'entendre, donc c'est bien si on termine là-dessus. Ça se passe dans le sud-ouest et ça se passe à Grépiac, pas très loin de chez moi. On est à 25 kilomètres au sud de Toulouse. Et ça ressent aussi comme histoire, on est le 23 avril 2025. Christian, je ne vais pas donner son nom de famille par respect pour lui, vous comprendrez après, est un septuagénaire qui... est parti, en milieu d'après-midi, faire une balade dans la forêt qu'il a l'habitude de faire. Rien d'inhabituel. Il n'a pris ni son téléphone portable, ni ses papiers, ni sa carte bleue. Sauf que dans la soirée, Christian n'est pas revenu. Donc sa femme commence sérieusement à s'inquiéter. Elle va appeler tout de suite la gendarmerie locale qui, on peut l'imaginer, la greppiaque, n'a peut-être pas grand-chose d'autre à faire ce jour-là, va prendre les choses très au sérieux. Dès le soir même, les premières recherches vont démarrer dans le secteur et ça ne va rien donner. On ne trouve pas Christian. Le lendemain matin, toujours aucune trace. Donc on va passer à la vitesse supérieure. Plusieurs battues citoyennes vont être organisées. Les habitants du coin vont s'en mêler, vont essayer de retrouver Christian. Les gendarmes vont appeler les hôpitaux de la région pour signaler sa disparition. Ils vont même dépêcher un hélicoptère qui est équipé d'une caméra infrarouge qui va sillonner toute la zone et la forêt. pour essayer de retrouver Christian, mais toujours rien. Mathieu, qui est le fils de Christian, va lui aussi, qui est très inquiet pour son père évidemment, va créer une page Facebook qu'il va appeler « Retrouvons Christian » . Il y a des milliers de personnes qui vont l'avoir passé. Et sur cette page, il va préciser, il va détailler le physique de son père. C'est un grand monsieur qui fait 1m85, qui a toute sa tête, il va le préciser. et qui était habillée, le jour de sa balade, d'un jogging gris, une veste bleue et des baskets blanches. Pendant les 48 heures suivantes, on va imaginer le pire. On va se dire, Christian, il a peut-être fait un AVC, il est peut-être tombé, il a eu un accident, parce que le secteur est très boisé et assez isolé. Il y a une rivière qui coule aussi dans cette zone, donc forcément, on s'imagine qu'il est tombé à l'eau. Une expédition en kayak va être organisée. Vraiment, les choses bougent vraiment pour retrouver Christian. En parallèle, il y a même des dronistes qui ont vu l'appel sur Facebook et sur les journaux locaux, qui ont commencé aussi à diffuser le signalement, qui ont proposé de faire voler leurs drones personnels au-dessus de la zone pour essayer d'aider. Franchement, c'est chouette, un bel élan de solidarité pour retrouver ce cher Christian. Sauf que le vendredi soir, on connaît deux jours après, tranquillement, Christian, il rentre chez lui. Alors que tout le monde le pensait soit mort, soit en très grand danger, blessé.
- Speaker #1
Je crois que j'en ai entendu parler de cette histoire. Ça m'a dit quelque chose.
- Speaker #2
Oui, ça a fait le buzz. C'était tellement énorme. Et qu'est-ce qu'il a dit, Christian ? Il a fini par admettre, et là, accrochez-vous, que pendant ces deux jours, il était caché dans un silo à grains pour aller bouder parce qu'il s'était disputé avec sa femme.
- Speaker #1
Oui, j'en avais entendu parler.
- Speaker #0
Ah, la bruisie.
- Speaker #2
Un silo à grains ? En plus, un silo à grains ? Je me dis, en plus, il est parti. Je réfléchis absolument en détail. Il est parti. Il n'avait pas d'eau. Il a peut-être une bouteille d'eau, mais il n'a pas mangé pendant deux jours. En fait,
- Speaker #1
il s'est infligé. Il s'est infligé comme une finition.
- Speaker #0
Surtout qu'il aurait pu vraiment mourir parce qu'il y a des gens qui, si tu te fais ensevelir dans le silo à grains, la machinerie se met en route, tu te fais déchiqueter. C'est pas le meilleur move du siècle.
- Speaker #1
Il aurait pu aller s'éclater quelque part,
- Speaker #0
je ne sais pas moi, se prendre... Il n'y a pas de grenier ?
- Speaker #2
Oui, je pense qu'il aurait pu trouver tout un tas d'autres solutions, mais non. Donc en fait, il voulait faire peur à sa femme, c'est réussi. Tu m'étonnes. Mais moi, ce que je trouve vraiment, ce qui me choque beaucoup, c'est qu'il a quand même fait perdre du temps et des moyens aux gendarmes qui ont mobilisé de gros moyens pour lui, pour rien. Il a inquiété sa femme, son fils, ses amis. tous les gens qui ont donné de leur temps aussi pour le retrouver. C'est énorme, en fait.
- Speaker #0
Il a eu une amende ?
- Speaker #2
Je ne sais pas. Ça, je ne sais pas.
- Speaker #3
Tu as pu penser à deux histoires que j'ai entendues. Il y en a une où c'était une disparition. Je pensais d'ailleurs, je m'attendais à ce que ce soit celle-là que tu racontes. Une disparition inquiétante. Et dans les battus, on a retrouvé la personne qu'on recherchait, qui était ivre morte et qui n'avait pas compris que c'était lui qu'on recherchait.
- Speaker #0
Oui, oui. Ah oui, oui, celle-là, oui.
- Speaker #2
Je l'ai raconté dans un début de Cactus Theorie. J'en avais parlé. Oui, c'était en Turquie, je me souviens. Le monsieur, il participait à sa propre battue.
- Speaker #3
Et alors, dans le genre où on se dispute avec sa femme, il y a un Japonais qui n'a pas parlé avec sa femme pendant 20 ans. suite à une dispute. Et finalement, après 20 ans, il a accepté de lui reparler. De lui réadresser. Pendant toute leur vie, quasiment, il parlait par l'intermédiaire de leur enfant.
- Speaker #1
Encunier, c'est japonais.
- Speaker #2
Entre-mêmes, le divorce, ça peut être une option.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que j'allais dire.
- Speaker #2
On dit souvent que les gens du Sud-Ouest partent chez moi. Surtout de cette génération-là en caractère un peu... compliqué.
- Speaker #1
C'est pas faux.
- Speaker #2
Ben là...
- Speaker #0
À quoi est-ce que tu tiens ça ?
- Speaker #2
En tout cas, moi, je me sens pas du tout dans cette vibe-là. Je suis pas du tout comme ça. Fait qu'elle t'a. Hache.
- Speaker #1
De toute façon, y a pas de silo à grains dans le coin.
- Speaker #2
Y a pas de silo à grains, mais...
- Speaker #1
Faut l'inclutre où vous êtes idée.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Peut-être que je serais capable de faire un truc comme ça, moi.
- Speaker #2
Ah, t'es de moudeur ?
- Speaker #0
Genre ? Vas-y, répète. Dans 6 ans. Non, mais moi, j'ai pas la patience. J'ai pas cette patience-là, moi. 2 heures et c'est fini.
- Speaker #1
Arrêtez les recherches, c'est pas grave. Il est mort, c'est beau.
- Speaker #0
Moi je peux rien dire, j'ai une tendance à être encunier aussi. Oh punaise. Il est capable de m'appeler pendant 20 ans lui aussi.
- Speaker #2
Mais ça des fois c'est chouette, ça fait du bien un petit peu.
- Speaker #0
Non, sincèrement non.
- Speaker #2
Non, 20 ans c'est un peu too much.
- Speaker #0
Une heure c'est bien, ça va. Mais à plus, c'est long.
- Speaker #2
Voilà, donc c'est une histoire qui est folle. Oui, c'est vrai. Ce monsieur est un fou.
- Speaker #1
Ce sont des gens qui vont jusqu'au bout des choses, tout simplement.
- Speaker #2
Il a dû se sentir très très bête quand même.
- Speaker #0
Il a dû bien se faire engueuler par sa femme en tout cas.
- Speaker #1
Il est reparti aussi, c'est reparti Boudet. Opération nulle, tu sais, on recommence toujours.
- Speaker #2
Bon, écoutez, je crois qu'on arrive à la fin de cet épisode.
- Speaker #1
C'était chouette, merci. Oui, j'ai bien rigolé.
- Speaker #2
Il y avait des histoires. Nous,
- Speaker #3
on a plombé un peu l'ambiance, comme d'habitude.
- Speaker #1
Scénario du pire, je veux dire. Bon,
- Speaker #3
voilà.
- Speaker #2
Scénario du pire, oui, c'est sûr. On espère aussi, les cactus, que vous avez passé un bon moment. Et puis, on vous dit à une prochaine fois. Et n'oubliez pas de vous abonner à ces super podcasts. On compte sur vous.
- Speaker #1
J'ai été super content de vous rencontrer. Moi aussi. Et puis, soyez pas sages, continuez à faire des histoires trash.
- Speaker #3
On va faire ça.
- Speaker #1
On va pouvoir recommencer un de ces quatre si ça vous fait plaisir. Merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #3
Un petit Patreon bientôt.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Salut les cactus et salut à tous.
- Speaker #2
Salut à tous, à bientôt.
- Speaker #0
Bye bye.