- Speaker #0
« Bienvenue sur notre podcast Cactus Théorie, je suis Alex. »
- Speaker #1
« Je suis Hache, on va vous parler d'histoires qui ne manquent pas de piquant. »
- Speaker #0
« Disparitions mystérieuses, phénomènes inexpliqués et enquêtes épineuses. Alors si c'est votre truc, n'hésitez pas à rester avec nous. »
- Speaker #1
« Et à vous abonner bien sûr. »
- Speaker #0
« Petit avertissement pour nos auditeurs sensibles et pour le jeune public. Sachez que certaines histoires et thématiques abordées dans ce podcast... » Ça peut être, comment dire, dérangeant. Salut les cactus !
- Speaker #1
Salut Alex, comment tu vas ?
- Speaker #0
Je vais très très bien, Hachan, ce dimanche matin, dimanche VAC.
- Speaker #1
On ne bosse pas, tout va bien.
- Speaker #0
Ouais, exceptionnellement, on ne bosse pas. Exceptionnellement, on ne boit pas du vin, on boit du café.
- Speaker #1
Eh oui, c'est le matin, on n'est pas non plus un accro-pilère à ce point.
- Speaker #0
Non, on va attendre une petite heure pour ça.
- Speaker #1
Maxi, maxi.
- Speaker #0
Et Hach, tu as de la chance, tu bois dans une tasse cactus, tu sais, au risquement. Oui, oui. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Ça se passe bien, le café est meilleur.
- Speaker #0
Tu m'étonnes. En fait, Ash, je voulais te demander quand même, est-ce que tu as retrouvé ta voix ?
- Speaker #1
Ah oui, alors il faut qu'on vous explique. Apparemment, il y a une publication qui a été faite sur Insta. C'était Insta, c'est ça ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Comme quoi j'aurais perdu ma voix à un concert de Taylor Swift. Est-ce que j'ai une tronche à aller voir un concert de Taylor Swift ? Je n'arrive même pas à reconnaître. Je ne la connais pas. Donc apparemment, c'était un poisson d'avril bien foireux.
- Speaker #0
Ouais, un gros flop. parce que vous y avez cru en fait. Vous êtes nombreux à ne pas avoir capté. En fait, c'est ça. L'idée, c'était de dire que H avait perdu sa voix donc que je recherchais une voix masculine pour le remplacer pour le prochain enregistrement.
- Speaker #1
Oui, j'ai hurlé au concert.
- Speaker #0
Oui, bizarrement, il y en a qui se sont fait avoir.
- Speaker #1
Tout le monde.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Toi, ça prouve bien que tu fais des blagues foireuses.
- Speaker #0
Ou alors, ça prouve bien que tu as une tête à aller voir un concert de Taylor Swift. Ceci dit, moi, je ne tête pas Taylor Swift. et je suis sûre qu'on a plein d'auditeurs et auditrices qui adorent. Donc H, chacun ses goûts.
- Speaker #1
Ouais, on passe à autre chose.
- Speaker #0
Eh bien, autre chose justement, avant de commencer cette histoire, H, je voulais te faire et vous faire partager, parce que ça m'a fait beaucoup rigoler quand j'y ai pensé, un petit florilège des phrases que je te sors en public au sujet du podcast et des phrases qui, quand j'y pense, de l'extérieur, doivent nous faire passer pour deux tarés.
- Speaker #1
Je t'écoute.
- Speaker #0
Je t'en cite une. N'oublie pas qu'on a cactus ce soir. Ou alors, j'ai pas encore commencé le cactus.
- Speaker #1
Ah oui, oui.
- Speaker #0
Ou alors, je me mets au cactus ce soir. Ça, je te le dis aussi souvent.
- Speaker #1
Ça fait comme si tu faisais un cactus géant en Lego. Je sais pas.
- Speaker #0
Des fois, je te dis, il faut que je me mette au cactus. Je suis à la bourre. Et des fois, je te dis aussi, je vais être super occupée demain parce que j'ai le cactus à finir.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
T'imagines de l'extérieur comme ça, de la faire bizarre.
- Speaker #1
Ouais, genre, accro vraiment à la plante verte.
- Speaker #0
Ouais, bizarre. Et même le simple fait de dire... N'oublie pas qu'on enregistre Cactus ce soir. C'est très bizarre d'un point de vue...
- Speaker #1
Pas pour moi.
- Speaker #0
Pas pour toi. Mais imagine, des fois on dit ça en public.
- Speaker #1
A rien t'abuses.
- Speaker #0
Bah oui. C'est la jeunesse, tu sais pas, tu t'en rappelles plus. C'était il y a trop longtemps.
- Speaker #1
On va couper, je vais l'insulter. Allez, trêve de plaisanterie. On a Cactus à faire.
- Speaker #0
Oui, et on m'a tellement reproché d'être trop longue dans les intros que maintenant j'accélère. J'ai peur.
- Speaker #1
Bah oui, t'es bavarde.
- Speaker #0
Oh oui. L'histoire du jour, je préfère vous prévenir tous et toutes. Elle comprend certains passages difficiles à entendre pour ces détails qui sont vraiment gores. Je n'ai pas trouvé d'autre terme que gore en fait. Avant d'arriver à ces détails-là, je vous préviendrai évidemment pour que vous puissiez accélérer si vous avez le cœur sensible et l'estomac fragile. H, prenons la direction d'un pays que je trouve très sous-coté.
- Speaker #1
Sous-coté. Sous-coté.
- Speaker #0
Avec sa cinquantaine d'îles sauvages bordant la mer d'Irlande, ses châteaux mystiques, son dragon rouge, ses parcs naturels d'une beauté époustouflante et ses petits villages de pêcheurs, le pays de Galles est sans aucun doute un petit coin de paradis à découvrir.
- Speaker #1
Oui, quand on vient à la flotte.
- Speaker #0
Cette nation donc constitutive du Royaume-Uni, au même titre que l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande du Nord, cache bien tous ses joyaux derrière une image plutôt industrielle. Les minières, une réputation qui ne demande qu'à être déconstruite. Revenons en arrière, Hache, si tu veux bien, il y a précisément 25 ans. La charmante Mabel Lichon, 90 ans, coule une retraite heureuse sur l'île galloise d'Anglesey, dans un petit village dont le nom... et c'est vraiment rigolo, n'est autre que le nom de village le plus long d'Europe.
- Speaker #1
Oh la vache.
- Speaker #0
C'est pas une blague, il fait 51 lettres.
- Speaker #1
Je t'écoute, qu'on se marre un peu là.
- Speaker #0
Ouais. Je vais tenter de le prononcer. Je vais probablement le massacrer parce qu'en plus c'est du gallois. Donc, on y va.
- Speaker #1
Je rigole d'avance, ouais, ouais.
- Speaker #0
Mabel, elle vit donc à Lannfirepoolwingilgogeur. You queer none rob. Oul Landis Ilio Gogogor.
- Speaker #1
Ah, t'es sauvée. C'est trash, oui. Tu peux pas mettre un petit diminutif ?
- Speaker #0
Ah si, justement. C'est ce que j'allais te dire. Les locaux l'appellent Landfire Pidgey.
- Speaker #1
D'accord. Tu veux pas répéter parce que j'ai pas bien compris, en fait ? Non.
- Speaker #0
Par contre, je vais vous montrer une photo d'un panneau à l'entrée du village. C'est assez drôle. Et comme on peut le lire en commentaire sur Google, le challenge, c'est d'arriver à le prononcer sans avoir à reprendre son souffle.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc le panneau H.
- Speaker #1
On y va ? Ça prend toute la devanture d'une boutique, je crois. C'est une boutique, ça,
- Speaker #0
oui ? Oui, une espèce de magasin central, oui.
- Speaker #1
Ah oui, ça prend... Ça fait 5 ou 6 mètres de long, le panneau.
- Speaker #0
C'est ça. Et en fait, ce qui est écrit en dessous du panneau, vous pouvez voir. Je vais te le traduire, Hache. C'est tout simplement, vu que je te dis le nom du village, c'est en gallois. Eh bien, c'est tout simplement la traduction du nom du village. Donc, le nom du village, en fait, s'appelle... Accrochez-vous. L'église de Marie dans le creux de la noisette blanche, près du féroce tourbillon, et l'église de Tisilio près de la grotte rouge.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est le guide du routard le truc, c'est un itinéraire. C'est pas un nom de village, c'est un itinéraire.
- Speaker #1
Il s'est passé quoi dans cette ville bizarre ?
- Speaker #0
Il s'est passé H, un meurtre terrible dont nous allons parler dans quelques instants. 66% des habitants de l'île d'Anglesy peuvent parler couramment le gallois. C'est donc une île bien ancrée dans son terroir, mais qui est une île avant tout paisible. Un endroit dans lequel on se sent à sécurité. Tu te dis, ça fait partie des petits villages de la planète encore préservés, dans lesquels il ne peut théoriquement rien t'arriver.
- Speaker #1
Oui, la vie au grand air, un peu sauvage.
- Speaker #0
Oui, et puis les gens calmes, tout le monde se connaît. Mabel Leeshan, elle vit seule dans un bungalow depuis 40 ans, depuis le décès de son mari. Je précise tout de suite, H, qu'au Royaume-Uni, un bungalow, c'est une maison individuelle de plein pied. C'est pas du tout pour nous, c'est comme un mobilon. Elle habite sur une rue qui s'appelle Lone Pint. Mabel, c'est une dame qui est décrite comme discrète, assez solitaire, à part ses voisins. Il faut dire qu'elle a 90 ans, elle n'est plus toute jeune, donc elle passe la plupart de son temps chez elle à se reposer, à écouter la radio et regarder la télé. Les amis de Mabel vont parler d'elle, par contre, comme une femme qui adore papoter. Une fois qu'elle est lancée, on ne peut plus l'arrêter apparemment.
- Speaker #1
On dirait toi.
- Speaker #0
Merci. Mabel est loin d'être une mamie grabataire. Elle est encore tonique et surtout, elle a toute sa tête et elle vit en totale autonomie finalement dans sa maison.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pour 90 ans, déjà chapeau.
- Speaker #1
Ah oui, bravo.
- Speaker #0
Le seul problème avec Mabel, c'est qu'elle n'entend pas très bien et donc elle met souvent le volume de la télé et de la radio à fond. Et depuis la rue, ses voisins, ils savent exactement ce qu'elle regarde ou ce qu'elle écoute. En novembre 2001H, le samedi 24 plus précisément, Mabel va qu'à ses occupations habituelles. Dans l'après-midi, elle papote au téléphone avec une copine à elle. Et cette dernière dira ensuite que rien ne semblait anormal. Mabel, elle avait l'air en forme. Elle n'exprimait aucune inquiétude particulière. Et rien ne laissait présager la suite des événements.
- Speaker #1
Ok, jusque-là, tout va bien.
- Speaker #0
Oui. Le lendemain, soit le dimanche 25 novembre, vers l'heure du déjeuner, l'une des bénévoles de Meals on Wheels arrive devant chez Mabel pour lui livrer son repas. Meals on Wheels... On a ça aussi en France, c'est un service de portage de repas à domicile pour les personnes qui ne peuvent pas cuisiner ou pas se déplacer, voire les deux.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ma mamie, elle avait ça. Tu ne connais pas ce... Bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Tu verras dans quelques années. On va t'inscrire. C'est aussi un moyen de garder, bien sûr, du lien social pour les personnes isolées. Et Maybol, elle aime bien ce moment parce qu'elle en profite pour discuter avec la dame qui la livre.
- Speaker #1
Oui, c'est ce qu'ont des personnes qui ne voient pas de remontes à tous les jours, je veux dire.
- Speaker #0
C'est ça, si elle ne sort pas, oui. Lorsque la bénévole frappe à la porte du bungalow de Maybol, aucune réponse. C'est évidemment anormal et très inhabituel parce qu'on sait que les personnes âgées, elles ont des routines et en manquait une aussi importante que la livraison de son repas, sonne tout de suite l'alarme dans l'esprit de la bénévole. Elle essaye de s'approcher de la fenêtre et de regarder à l'intérieur du bungalow pour voir dans le salon. Mais elle constate... que le store principal est fermé. qui est aussi très suspect à cette heure de la journée. De plus en plus inquiète, elle décide de faire le tour de la maison et lorsqu'elle arrive à l'arrière, elle remarque des éclats de verre sur le sol. Elle va lever la tête et voir qu'une des fenêtres arrière a été brisée. Vraisemblablement, quelqu'un a utilisé un objet assez lourd pour la fracasser. Sûrement apeurée, la bénévole ne va pas prendre le risque de rentrer et elle va tout de suite appeler la North Wales Police. qui va dépêcher un agent sur place. Lorsque l'agent de police pénètre dans le bungalow, il tombe sur l'une des scènes de crimes les plus traumatisantes de sa carrière. Au milieu du salon, Mabel est retrouvée sans vie. Son corps a pratiquement glissé jusqu'au pied de son fauteuil. Il est couvert de sang et de blessures profondes par arme blanche.
- Speaker #1
Elle a été massacrée.
- Speaker #0
Oui. Par contre, l'agent remarque tout de suite qu'il y a un autre fauteuil à côté qui est couvert de sang. Et donc, il va en déduire que Mabel, elle a été poignardée sur le premier fauteuil, puis déplacée par le tueur sur un autre fauteuil.
- Speaker #1
Ou s'est déplacée toute seule, non ?
- Speaker #0
En général, quand tu le déplaces, ce n'est pas pour te mettre sur... Et que tu es couverte de blessures, ce n'est pas pour aller te poser sur un autre fauteuil à deux mètres. Enfin, tu comprendras après, Ash, qu'elle a été déplacée. Elle ne s'est pas déplacée toute seule. L'autopsie va révéler une vingtaine de coups de couteau. L'angle des incisions montre que l'assassin l'a attaqué et poignardé par derrière. La pauvre, elle a dû rien comprendre de ce qui lui est arrivé.
- Speaker #1
Un coup de couteau, c'est de l'acharnement.
- Speaker #0
Oui, carrément. Au moment de l'attaque, tu l'auras compris, elle était face à la télé et le volume était à fond. Elle était dos à la fenêtre. Vu qu'elle avait des problèmes d'audition, elle n'a même pas entendu la vitre se briser.
- Speaker #1
même pas le temps d'avoir peur, rien.
- Speaker #0
Pour ça, c'est mieux. Plusieurs autres éléments étranges prouvent que le tueur a clairement mis en scène cette exécution avec une intention occulte. Et là, pour ceux qui ont... La partie gore arrive maintenant, donc si vous voulez passer d'une minute ou deux, c'est maintenant. Autour du corps de Mabel, on trouve, je vais te montrer quelques photos de la scène de crime, deux chandeliers, mais aussi deux tisonniers de cheminée, donc qui ont été posés en croix l'un sur l'autre. au pied de Mabel. Et on va passer aux détails vraiment dérangeants avant que je te montre les photos. Les photos sont pas gores, je précise. Le tueur a ouvert le bus de Mabel et il a prélevé son cœur.
- Speaker #1
Ah, carrément.
- Speaker #0
Ce cœur, il l'a ensuite enveloppé dans du papier journal. Puis il l'a déposé dans une casserole. Elle-même posée sur un plateau en argent par terre.
- Speaker #1
Ouais, je...
- Speaker #0
Que dire ?
- Speaker #1
C'est une diapositive par la photo. Ah non,
- Speaker #0
il n'y a pas ces photos-là. Pour finir dans l'horreur, le tueur a ensuite fait trois entailles sur la jambe de Mabel et il a utilisé la casserole, la soucière un peu, pour récupérer du sang et le faire couler dans cette même casserole. Et sur le bord de la casserole, les enquêteurs ont clairement observé des traces de lèvres, de bouche.
- Speaker #1
il a bu le sang qu'est-ce que c'est que ce film ? tu voulais t'exprimer ?
- Speaker #0
j'en perds ma voix, je suis désolée un vrai film d'horreur en effet, je te montre juste la photo avec les tisonniers en croix sur le tapis ensuite une jolie photo de Mabel avec son petit toutou qui était décédé au moment de l'évolution
- Speaker #1
Mamie Gâteau, quoi. Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Et le fameux bungalow La Maison, avec les cordons de police devant.
- Speaker #1
Et tous les bouquets de fleurs. C'est par les gens qui devaient la connaître, je suppose.
- Speaker #0
Donc, sur place, l'équipe de police scientifique de Lancaster va trouver également du sang qui est vraisemblablement issu d'une entaille avec un des morceaux de verre. Et c'est un sang masculin. C'est pas celui de Mabel, donc probablement que c'est celui du tueur. Sur le sol du bungalow, il y a également des empreintes de chaussures type basket qui correspondent plutôt aussi à une pointure masculine. C'est quand même un bon début. Par contre, ils ne trouvent pas l'arme du crime. Ils supposent que le tueur est reparti avec et que c'était un couteau. Un couteau.
- Speaker #1
Oui, tout simplement, oui.
- Speaker #0
Démarre alors, bien sûr, H, une enquête de terrain de très grande ampleur, ce qui est évidemment très inhabituel dans un village de cette taille-là, dans lequel il ne se passe pas grand-chose.
- Speaker #1
Oui, c'est l'animation de l'année.
- Speaker #0
C'est ça. La première chose va consister à faire le tour du voisinage, du quartier et même du village, pour demander à tous les voisins... de Maybol s'ils ont vu ou entendu quelque chose autour de sa maison la veille de sa découverte, de la découverte du corps soit le samedi 24 a priori c'est là que se serait produit le meurtre. Le premier témoignage va faire référence à un van clair plutôt bleu clair a priori qui était stationné dans l'allée de la maison de Maybol le jour de son meurtre. Ce van n'appartient à personne du quartier et Il est assez inhabituel que Maybol reçoive des visiteurs qui viennent avec un van. D'autres témoins vont citer également ce même van dans d'autres endroits du quartier.
- Speaker #1
Pas un gars du coin, ça pourrait pas être un réparateur, un technicien ?
- Speaker #0
On sait pas. L'un des témoins va décrire deux hommes dans ce van, au volant un grand monsieur avec les cheveux noirs et une frange, et un plus petit. Je suis désolée.
- Speaker #1
C'est pas que c'est difficile.
- Speaker #0
Mais en fait... J'ai du mal à imaginer spontanément un homme avec une frange. Je n'ai pas l'image.
- Speaker #1
Moi, je l'ai, si, si.
- Speaker #0
Je n'ai pas l'image. Et donc, un autre plus petit, plus trapu, avec des cheveux très courts, coupés courts. La North Wales Police, elle va passer un appel en local pour essayer de retrouver le van et surtout son conducteur principal. Mais ça ne va rien donner et personne ne va se manifester. Donc, ça paraît louche. Parce que tu te dis, si tu es le conducteur de ce van... et que tu te souviens avoir stationné là, pour des raisons normales.
- Speaker #1
Tu contactes la police.
- Speaker #0
Tu contactes la police, mais là, rien. Depuis décembre, donc, un autre... Depuis décembre, pardon, je me dis qu'il y a un truc qui ne va pas.
- Speaker #1
Ça ne te va pas, toi, le dimanche ?
- Speaker #0
Non, je suis moins efficace. Un autre témoin va raconter avoir aperçu un homme à l'attitude étrange devant la maison de Maybol vers 15h, le samedi de sa mort. Selon la voisine d'en face, c'était un jeune homme de 25-30 ans, barbu, cheveux noirs et raides, en jean, avec une veste bleue et rouge, et un sac à dos genre sac de randonnée, sur le dos.
- Speaker #1
Une frange ?
- Speaker #0
Non, celui-là il avait pas de frange. Et a priori, donc la voisine va dire que c'était bizarre parce qu'il est resté planté sur le trottoir de Maybol sans bouger comme ça pendant 10 minutes. Moi quand je me fais une image comme ça, je trouve ça flippant. En fait, parce que moi, quand je lis ce genre de description, j'imagine vraiment le mec bizarre qui fixe...
- Speaker #1
Qui observe la maison et qui attend le beau moment.
- Speaker #0
Ouais, voilà. En fait, tu vas te rendre compte, ah, je ne que pas du tout. Puisque l'enquête de voisinage ne va rien donner, les officiers de police vont passer à la vitesse supérieure. En plus d'organiser une campagne de tests ADN de grande ampleur, qui va leur permettre d'ailleurs de récolter une centaine de prélèvements masculins, mais qui ne vont malheureusement rien donner. ça ne va pas coller avec l'ADN prélevé sur place, ils vont faire appel à un spécialiste du profilage, un psychologue criminologue qui est ancien ni à la faculté nationale du crime. Pourquoi H ? Parce qu'ils ne comprennent pas bien le mobile de l'assassin. Ils se disent que ça ressemble quand même à un rituel occulte, gothique, satanique, je ne sais pas quoi. Et ils se disent aussi que mieux connaître le profil de l'assassin leur permettra de mieux orienter l'enquête.
- Speaker #1
Ah, je te demande pardon, il y a une question que je ne t'ai pas posée.
- Speaker #0
Oui ? Euh...
- Speaker #1
C'est pas un cambriolage ?
- Speaker #0
Non, justement. Non, non. Je vais t'en parler juste après, mais ça ne ressemble absolument pas à un cambriolage qui a mal tourné. En fait, on peut en parler tout de suite. Déjà, il n'y a aucun objet sur place de valeur qui n'a été emporté, premièrement. Tous les objets de valeur et toutes les affaires de Maybol et son argent étaient sur place. Ensuite, ça peut arriver qu'un cambriolage tourne mal. quand le cambrioleur ne savait pas que la personne était là. Ça peut arriver, malheureusement, que ça se termine comme ça. Mais en général, le cambrioleur qui devient tueur, c'est parce qu'il panique. Et là, on a clairement, sur cette scène de crime, l'inverse de quelqu'un qui a paniqué. On a quelqu'un qui a pris son temps, qui a ritualisé le meurtre. Il n'était pas là pour piquer des sous, tu vois. Ça te laisse sans foi. Le profilage va décrire un homme qui a un trouble psychiatrique évident H, mais qui n'a sans doute jamais reçu de diagnostic. Les profilers pensent à un homme isolé, qui soit vit seul, soit vit peut-être encore chez ses parents, assez jeune. Et selon les experts, il n'est pas tombé sur Mayball. et sur sa rue par hasard. Ce n'est pas un crime opportuniste. Il savait qu'elle vivait là, il l'avait déjà croisée et surtout, il savait qu'elle vivait seule.
- Speaker #1
Oui, il l'avait observée depuis des jours ou des semaines.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il avait trouvé la proie idéale.
- Speaker #0
Exactement, oui. Vulnérable. Sachant tout ça, H, les policiers vont interroger, bien sûr, les livreurs de Mills on Wheels, ainsi qu'un commercial qui a fait du porte-à-porte dans le quartier sur cette période-là. Mais ça ne va aboutir à aucune piste sérieuse. Le 10 décembre, un homme se présente au commissariat local après avoir vu un appel de la police le concernant. En effet, c'était lui l'homme qui a attendu 10 minutes devant chez Maybol le samedi après-midi.
- Speaker #1
Tu sais qu'il était planté là. Oui, je me souviens.
- Speaker #0
Il explique qu'en fait, il attendait simplement son collègue de travail qui venait le chercher pour partir au boulot.
- Speaker #1
Avec un camion bleu ?
- Speaker #0
Non, c'était pas lui le valant. Ça n'a rien à voir.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Après vérification, son alibi va être confirmé et il va être... définitivement écarté de la liste des suspects. Donc c'est là que, en écrivant cette histoire, je me disais, c'est quand même fou l'interprétation des gens, de cette voisine qui a vu juste un mec sur le trottoir d'en face qu'elle n'avait jamais vu, qui attendait. Elle a fait le lien avec le crime, elle s'est dit, son attitude était suspecte. En fait, le mec, il n'avait aucune attitude suspecte, il attendait juste.
- Speaker #1
Oui, mais quand c'est un petit village comme ça, tout le monde se connaît, il y a un étranger qui passe et qui attend 10 minutes sur un trottoir, et que la police... t'interroge après un meurtre macabre comme ça, tu te souviens de ce type, tu leur en parles quand même.
- Speaker #0
Oui, oui. Mais ce que je trouve étonnant, c'est les mots choisis. De dire qu'il était louche, qu'il avait une attitude suspecte.
- Speaker #1
Oui, juste parce qu'il attendait.
- Speaker #0
Juste parce qu'il attendait. Bref, ce pauvre monsieur, en fait, il allait juste bosser, quoi. Le 20 décembre, on avance dans le temps. Noël approche. Les 60 enquêteurs qui travaillent sur cette affaire ou qui ont travaillé sur ce dossier... n'ont malheureusement pas réussi à résoudre cet horrible crime. Les autorités décident alors de tenter le tout pour le tout en incluant l'affaire Mabel Leeshan au programme de l'émission de Cold Case qui s'appelle Crime Watch, produite par la BBC. Ils se disent que ça les aidera peut-être à mettre la main sur ce fameux van bleu clair et son conducteur. Ils se disent aussi qu'après avoir commis un crime aussi violent, le tueur a dû sortir de chez Mabel couvert de sang. Et ça, ça passe pas inaperçu.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Sauf que non, ça ne va rien donner non plus.
- Speaker #1
C'est dingue, c'est un fantôme.
- Speaker #0
C'est clair. Ça va donner, c'est pas tout à fait vrai ce que je dis, parce que la police va recevoir plus de 1000 appels, je crois, suite à cet épisode de Crime Watch, mais rien de concret.
- Speaker #1
Ça n'aboutit à rien.
- Speaker #0
Non. Les semaines passent et les enquêteurs se décident à reconcentrer leurs recherches sur un périmètre plus restreint autour du domicile de Mabel. Parce que... Ils se disent vraiment, vu le contexte et tout, que c'est quelqu'un qui a dû, qui devait, entre guillemets, bien la connaître, qui a eu le temps de l'observer, qui a eu le temps de préméditer son acte et donc il l'a vu plusieurs fois.
- Speaker #1
Et qui a eu donc le temps de préméditer sa fuite.
- Speaker #0
Aussi, ouais.
- Speaker #1
Parce que comme tu disais, s'il est couvert de sang, dans un bled comme ça, tu te fais repérer.
- Speaker #0
C'est ça. Donc soit t'as une voiture, tu rentres dedans et tu disparais, soit t'habites pas loin.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
La campagne de prélèvement ADN dont je te parlais tout à l'heure, H, elle était volontaire. Donc les policiers se disent peut-être que tout simplement, le tueur n'y est pas à ce cash, pas loin, qu'il a juste pas voulu donner son ADN. Les policiers frappent à la porte de tous les hommes du quartier de Maybol pour les interroger. Et leur pugnacité va finir par payer. Le samedi 5 janvier 2002, ils frappent à la porte de la maison de Matthew Hardman. Un jeune étudiant en art de 17 ans qui vit chez sa mère. Et j'arrive à... à se renseigner et à savoir que la mère de Matthew était partie en week-end avec son nouveau compagnon, le week-end du meurtre de Mabel. Merci. C'est la deuxième fois qu'ils interrogent Matthew Hardman. Mais ils veulent vérifier que les témoignages des hommes du quartier n'ont pas fluctué entre le tout début de l'enquête et aujourd'hui. Parce qu'on sait bien que quand les détails d'un témoignage fluctuent, c'est soit que la personne est très stressée, soit qu'elle est coupable. quand tu changes ta version.
- Speaker #1
Et là,
- Speaker #0
bingo, Hardman va changer de version et va changer de beaucoup de détails de son témoignage. L'enquêteur sur place va aussi regarder l'entrée de la maison de Hardman et ses yeux vont tomber sur une paire de baskets Levis dont les empreintes de forme un peu particulière de la semelle correspondent parfaitement à celles découvertes sur la scène de crime.
- Speaker #1
Je trouve ça complètement crétin, la plupart des types ils font le pire. crime. Et ils gardent leur pompe.
- Speaker #0
Ouais, ils ne se disent pas, tiens, je vais les jeter.
- Speaker #1
Non, je les lave, je les aime bien, je les garde.
- Speaker #0
Je passe un petit coup d'eau dessus et je les laisse à l'entrée de la maison. En fait, je pense que ce n'est pas de la débilité, c'est qu'ils se pensent invulnérables tellement sur deux que pour eux, on ne les arrêtera jamais. Donc, dans ce cas-là, pourquoi cacher ce genre d'indice ? Et ces chaussures H ? Lorsqu'elles vont être envoyées au labo pour analyse, elles vont matcher pratiquement à 100% avec les empreintes trouvées chez Maybol. Ensuite, les enquêteurs reçoivent l'autorisation immédiate de fouiller les affaires de Hardman. C'est une commission arrogatoire, je pense. Et qu'est-ce qu'il trouve dans la poche de sa veste ? Un couteau de cuisine. T'allais dire quoi ?
- Speaker #1
Il a aussi gardé le couteau, ce sabruti ?
- Speaker #0
Mais oui. Les analyses, il a été nettoyé, plus ou moins. Parce que les analyses du labo vont révéler une petite trace de sang de Maybol trouvée entre le manche et la lame. Tu sais, là, dans le petit... Oui, oui. Autre élément très concordant, Hardman a tout un tas de livres sur les vampires dans sa bibliothèque. Avec tout ça, il va être arrêté le 8 janvier à 8h du matin et vont suivre trois jours d'intenses interrogatoires. Ensuite, sans surprise, l'ADN prélevé sur Hardman correspond à 100%. avec l'ADN trouvé sur le verre brisé de la fenêtre de Maybol.
- Speaker #1
Le pire, c'est que quand ces mecs-là se font pincer et qu'on leur demande pourquoi t'as tué cette femme, pourquoi ? Pour savoir ce que ça fait. Il y en a plein qui disent ça, je voulais juste savoir ce que ça faisait de tuer quelqu'un. Oui. À cet âge-là, 17 ans, t'es pas un.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je voulais savoir ce que ça faisait.
- Speaker #0
C'est une espèce de pulsion bizarre. Ouais, ouais.
- Speaker #1
Mais là, franchement, le mec, chapeau. Il garde les pompes, il garde le couteau, il leur a peut-être sonné direct chez les flics.
- Speaker #0
Ouais, mais je pense qu'il se pensait, il y a une espèce d'ego qui fait qu'il se sent invincible, intouchable.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
En juillet 2002, le procès pour meurtre de Matthew Hardman va démarrer à la Molde-Crow de Courte. Hardman va choisir tout de suite un positionnement qu'il n'abandonnera jamais, H, je préfère te le dire, le déni. Ah tiens. Il affirme qu'il n'a jamais rien fait, et même il va dire qu'il n'a jamais mis les pieds chez Maybol. Je vais te parler un petit peu de son profil, ce jeune homme. Il habite à Lanfer. PG depuis ses 13 ans. C'est l'année où son père est décédé brutalement à la suite d'une crise d'asthme. C'est vraiment affreux. C'est un événement qu'il a bien sûr traumatisé. Pendant le procès, un témoin clé va revenir à la barre et va raconter un événement très étrange qui ne va clairement pas rendre service du tout à Hardman. Il s'agit d'une étudiante allemande qui raconte qu'elle a rencontré Hardman en 2001 Donc l'année du meurtre de Mabel. Elle a discuté avec lui pendant deux heures. Je ne sais pas trop si c'était chez des amis, je pense. Enfin voilà, c'était deux jeunes qui se rencontrent. Ils discutent pendant deux heures. Et tout à coup, sans aucune raison, Hardman va se mettre à l'accuser d'être une vampire à cette pauvre étudiante.
- Speaker #1
Il est un peu allumé le mec.
- Speaker #0
Carrément. Il va ensuite aller plus loin. Il va la supplier de le mordre pour que lui-même se transforme en vampire. Donc là, bien sûr, la jeune étudiante, elle va flipper. Elle va refuser, ça va énerver Hardman. Parce qu'il veut vraiment être mordu. Et il va devenir violent.
- Speaker #1
Comment allumer ce mec ?
- Speaker #0
Ouais. Et d'ailleurs, il va tellement s'énerver et péter un plomb que la propriétaire du bâtiment, appartement dans lequel ils sont, elle va devoir appeler la police.
- Speaker #1
Ça fait partie des gens qui sont dans leur petit monde, tu sais, avec leurs croyances, que ce soit vampires ou autres. Ils sont persuadés que c'est faisable, ça existe.
- Speaker #0
Ouais. Encore une fois, on en a déjà parlé dans Cactus Theory, mais c'est ce qu'on appelle une psychose, quoi.
- Speaker #1
Ouais, bien sûr.
- Speaker #0
Et, attends, parce que c'est pas fini, à un moment, donc, il est en train de péter un plomb, la police est sur le point d'arriver, il vient d'être appelé, il va se mettre lui-même un grand coup de poing dans le nez, pour saigner, et il va demander aux personnes présentes de sentir son sang.
- Speaker #1
Ouais, ok. Voilà.
- Speaker #0
Lorsque l'officier de police arrive sur place et vient chercher Hardman pour l'amener au poste, Hardman ne va pas cesser de répéter en boucle, mordez mon cou. coup, mordait mon cou.
- Speaker #1
Mais il est persuadé qu'il est cerné par les vampires ou quoi ?
- Speaker #0
Bah ouais. Je te dis, il est dans une psychose...
- Speaker #1
Et il veut devenir lui-même vampire pour être comme les autres ?
- Speaker #0
Ouais. Ouais, ouais.
- Speaker #1
C'est complètement dingue comme histoire.
- Speaker #0
Bah il veut être vampire et puis il veut obtenir également évidemment l'immortalité des vampires.
- Speaker #1
Faut arrêter de regarder les films de science-fiction quoi.
- Speaker #0
C'est clair. Cet événement par contre malheureusement ne conduira à aucune arrestation. Hartmann sera juste sermonné par la police, un petit gamin, puis relâché. Sauf que ça s'est produit deux mois avant le meurtre de Maybol.
- Speaker #1
Donc là,
- Speaker #0
j'avais envie de dire, on avait quand même un sacré red flag, comme on dit.
- Speaker #1
Je m'étonne, oui.
- Speaker #0
L'hypothèse la plus probable dans toute cette affaire, c'est que Hardman ait pensé que Maybol était une vampire aussi. Pourquoi il la connaissait un peu ? Puisqu'il était livreur de journaux dans le quartier. Donc il la voyait souvent, tous les jours en fait. Là, sachant seul et vulnérable, il aurait décidé d'aller au bout de son délire gothique. On ne saura jamais s'il a demandé à cette pauvre dame de le mordre, mais ça serait surprenant parce que, comme je te disais, vu qu'elle a été directement attaquée par derrière, je pense qu'il était dans un objectif de tout de suite la tuer. Et les enquêteurs pensent qu'il a voulu un peu inverser le processus et boire le sang de Mabel pour devenir un vampire.
- Speaker #1
Lui arracher le cœur.
- Speaker #0
Ça c'est un truc de délire occulte. J'ai pas vraiment de culture générale sur le sujet, mais...
- Speaker #1
Mon empire mis le collier d'ail.
- Speaker #0
Oui, le collier d'ail et le film que j'adore, Entretien avec un vampire, ça s'arrête là. Hardman va se défendre en disant qu'il sait très bien que les vampires n'existent pas. Il va dire que oui, ça l'intéresse, mais à peine. Il va aussi raconter qu'il ne se souvient pas de l'événement avec l'étudiante allemande. Il ne se souvient pas que la police est venue le chercher. Il se souvient juste qu'ils ont fumé de la beuh ensemble. Donc, il était défoncé. C'était un délire parce qu'il avait fumé, selon lui. Après deux semaines de procès, H, le juré populaire, va annoncer son verdict, sans surprise, coupable.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Hardman, qui est majeur au moment de son procès, va être condamné à la prison à vie avec une période de sûreté de 12 ans. Michael Strain, son avocat, Et quant à lui, il restait persuadé de l'innocence de son client. C'est bizarre, parce que je pense que là, il y a quand même... Après plusieurs appels qui n'ont malheureusement... Qui n'ont heureusement, pardon, pas abouti.
- Speaker #1
Oui, heureusement,
- Speaker #0
oui. Cet avocat a même continué à défendre Hardman bénévolement.
- Speaker #1
C'est bien, ça lui tourne à perdre.
- Speaker #0
Je pense qu'il devait s'ennuyer dans sa vie. Et donc à ce jour, H. Matthew Hardman purge toujours sa peine en prison. Cette histoire, elle est aussi là pour... Vous vous rappelez à quel point, on en parlait, c'est drôle parce qu'on en parlait tous les deux hier, et je me disais tiens, c'est intéressant parce qu'on va en reparler dans l'épisode. C'est que les personnes âgées et les personnes isolées en général, elles sont vulnérables.
- Speaker #1
Oui bien sûr. T'en as même maintenant qu'on a des petits trucs autour du cou, des petits boîtiers sur lesquels t'appuies. Oui,
- Speaker #0
SOS, c'est bien ça. En tant que citoyen, mais aussi surtout en tant qu'humain, il est de notre devoir de veiller sur eux et de s'inquiéter aussitôt. qui nous laisse sans nouvelles.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Les personnes âgées, mais aussi les enfants, les femmes isolées, sont des cibles faciles pour les prédateurs, et elles ont d'autant plus besoin d'être protégées. Et on vit malheureusement, on en parlait hier, dans un monde qui est individualiste. On oublie trop souvent qu'on a des voisins qui sont peut-être dans une situation de grande solitude et de grande vulnérabilité.
- Speaker #1
En tout cas, ça me fait penser à quelque chose, on en parlait encore et encore, ces gens-là s'attaquent toujours Plus faibles que eux-mêmes.
- Speaker #0
Oui, ça s'appelle des prédateurs.
- Speaker #1
C'est tellement plus facile.
- Speaker #0
C'est le système de prédateurs proies.
- Speaker #1
Tu te sens supérieur, t'arrives, c'est toi le méchant, tu vas faire mal et l'autre pourra pas se défendre.
- Speaker #0
C'est comme le lion, si tu veux, qui se met à repérer de loin les animaux du troupeau, il va rapidement repérer le petit qui est un petit peu à la traîne.
- Speaker #1
Ou le malade, le blessé.
- Speaker #0
Celui qui a la patte un peu. Et c'est celui-ci vers lequel il va se... s'orienter. Mais là, bon, c'est une histoire qui est hyper triste parce que cette dame-là, elle était arrivée à la fin de sa vie. Alors, t'as des gens qui peuvent se dire, c'est affreux, mais c'était pas une jeune femme qui avait toute la vie devant elle. Oui, mais justement, Mabel, elle avait fait... Elle était en fin de vie, elle avait vécu une existence longue et elle espérait certainement finir sa vie paisiblement.
- Speaker #1
Oui, dans sa maison, tranquillement.
- Speaker #0
Dans sa maison. à aucun moment elle n'est méritée de quitter ce monde dans une violence pareille quoi le seul point,
- Speaker #1
j'ai pas envie de dire positif parce que c'est moche mais le seul point positif, je n'ai pas d'autres mots. C'est que je suppose qu'elle n'a pas eu le temps d'avoir peur ni de souffrir. Ça lui est tellement brutal.
- Speaker #0
Alors, d'avoir... Malheureusement, pas trop de ton avis. Parce que je pense que les coups de couteau, tu ne meurs pas au premier coup de couteau.
- Speaker #1
Non, bien sûr, mais un coup de couteau, tu ne perds pas 10 secondes entre chaque coup de couteau. Tu sais bien comment ils s'acharnent, ces mecs-là.
- Speaker #0
Oui, mais je pense que tu ne meurs pas rapidement. C'est ça que je voulais dire. Tu as le temps de... C'est bête, mais dans les films, des fois, tu sais, hop, un coup de couteau, fchit. terminée. Je pense que la réalité, malheureusement, elle est pas aussi... Je pense que c'est lent, douloureux, angoissant, et surtout pour une mamie comme ça, qui devait se sentir en sécurité, en fait, tu vois ?
- Speaker #1
Ouais, t'as raison, elle devait se voir partir, quand même. Dis-moi, toi, dans ta jeunesse ou ta vie d'adulte, t'as déjà rencontré des garçons ou filles comme ça, qui vivent dans leur petit monde, avec, je dirais pas leur croyance, mais leur...
- Speaker #0
Leur délire du moment ?
- Speaker #1
Leur petit rituel ?
- Speaker #0
Un peu bizarre comme ça ? Un peu glauque, ouais. Non. Après, je pense qu'à l'échelle de l'adolescence, on a tous plus ou moins eu des phases un peu obsessionnelles, tu ne crois pas ? Moi, je sais que j'ai eu une phase justement magie noire, parce que moi, j'étais la génération de la série Charmed, Buffy et compagnie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et je sais que j'avais mes copines, avec mes copines du collège, on avait un délire, on imprimait des espèces de grimoires avec des incantations dessus. Et on se faisait des cérémonies gothiques.
- Speaker #1
Tu vois, tu y es passé toi aussi.
- Speaker #0
Oui, mais on n'a jamais fait quelque chose de dangereux, tu vois. Et toi, tu as connu quelqu'un qui était dans...
- Speaker #1
Dans les NWF, 89-90, j'étais jeune, comme maintenant. Ouais, t'as raison. J'étais à l'école de photo à Paris. Et il y avait plusieurs classes, évidemment, dans ces écoles-là. Et certains élèves s'étaient retrouvés. À cause de leur look. C'est-à-dire, on appelait ça les Batcave à l'époque. C'est plus les gothiques maintenant. Voilà, habillés en noir de la tête aux pieds, les filles vernis noirs, maquillage bien noir, le teint plutôt blafard, c'était pas les pros du bronzage.
- Speaker #0
Ils écoutaient de la bonne musique.
- Speaker #1
Ils écoutaient des groupes, oui, dans les chapes.
- Speaker #0
The Cure et compagnie, non ?
- Speaker #1
Oui, voilà. Ils se retrouvaient des fois dans les soirées... Bon... Sataniques. Il y avait un peu de fumette, il y avait beaucoup d'alcool. Voilà, ils avaient leur petit rituel, mais ça devenait plutôt sexuel qu'autre chose. Ah oui ! Des jeux, c'était pas non plus trash, mais c'était des petits jeux de charme, on se touche, et puis pas SM, mais pas loin. Les filles se laissaient un peu menotter, les garçons, donc ça finissait, je suppose que ça finissait un petit peu plus en mode sexy. Mais hormis ça, non, j'ai jamais croisé de personnes comme ça, vraiment.
- Speaker #0
fan des vampires ou des... Moi non plus.
- Speaker #1
C'était leur univers.
- Speaker #0
C'était des univers. Je ne trouve pas ça malsain quand tu as cet âge-là, comme tu dis, d'explorer un peu tes limites, puis d'avoir un peu des obsessions. Dans la mesure où tu fais de mal à personne, en général, c'est des phases. Parce qu'en fait, tu te cherches. Tout simplement.
- Speaker #1
Je suppose que 20 ou 30 ans plus tard, ces gens-là...
- Speaker #0
Dans une vie normale...
- Speaker #1
Ils ont rangé les menottes.
- Speaker #0
Ou pas, mais... En tout cas, là, en l'occurrence, on parle d'une dérive qui est partie... On n'est plus sur la passion ou de l'obsession, on est sur de la psychose.
- Speaker #1
Oui, total.
- Speaker #0
Ça veut dire qu'il n'y a plus de contrôle. Et les pulsions peuvent se transformer en drame comme ça.
- Speaker #1
Est-ce qu'on sait s'il avait pris, par exemple, des substances psychédéliques ? C'est genre des chimies, peu importe, un acide, un truc qu'ils mettent dans une transe.
- Speaker #0
A priori, non. Mais par contre, ce qu'on sait, c'est qu'ils fumaient du cannabis. On sait que dans certains cas de figure, la consommation régulière de cannabis sur les jeunes, comme ça, les cerveaux qui ne sont pas tout à fait terminés.
- Speaker #1
Ça te rend totalement parano.
- Speaker #0
Ça peut créer, développer des... Après, on n'est absolument ni psychiatre ni quoi que ce soit, mais moi, j'ai déjà lu que ça développait les... les paranoïas et que ça pouvait aussi déclencher des schizophrénies.
- Speaker #1
Tu te sens en insécurité totale. Tu as l'impression que tout le monde te regarde.
- Speaker #0
Je ne dis pas que ce mec-là aurait eu un destin très différent s'il n'avait pas consommé du cannabis. Mais en tout cas, potentiellement, ça a peut-être exacerbé tout ça. Surveillons les anciens, mais surveillons les jeunes aussi. Ah, chier !
- Speaker #1
C'est joliment dit.
- Speaker #0
Sur ces belles paroles, est-ce qu'on a terminé cet épisode ?
- Speaker #1
Je suppose. Rien d'autre à ajouter ? Non, non, c'est un grand malade qui est passé à l'acte encore. Malheureusement.
- Speaker #0
C'est la première fois que la victime d'un de nos épisodes est une mamie.
- Speaker #1
Et que le tueur est aussi jeune.
- Speaker #0
Non, on avait eu, tu sais, Benjamin Elliot qui avait tué sa sœur qui avait le même âge. Mais voilà, moi je suis très sensible. Je ne supporte pas qu'on fasse de mal aux plus vulnérables, donc en général les personnes âgées, les enfants et les animaux. C'est un truc qui me rend malade.
- Speaker #1
On était d'accord.
- Speaker #0
Donc voilà, cette histoire me touche plus particulièrement.
- Speaker #1
Oui, surtout que moi, j'ai vu la photo de la petite dame que vous pourrez voir. C'est vraiment ce que j'appelle moi la petite mamie gâteau. Celle qui te fait des crêpes le dimanche.
- Speaker #0
Ouais, qui ne demande rien à personne, qui est âgée mais qui arrive à rester chez elle, à faire sa petite vie. Voilà quoi, c'est tellement cruel, improbable et injuste dans un petit coin de paradis comme ça.
- Speaker #1
Que dire de plus ?
- Speaker #0
C'est tout, on va s'arrêter là, on va vous laisser digérer tout ça. Et puis, dans les prochains jours, on va enregistrer le deuxième gros épisode Patreon.
- Speaker #1
Ah tiens, en parlant de ça, j'ai appris que Madame, une fois que j'ai le dos tourné, s'amuse à enregistrer en solo un petit épisode comme ça.
- Speaker #0
Oui, j'ai improvisé.
- Speaker #1
Avec jeunesse.
- Speaker #0
Ça va, ça va vexer.
- Speaker #1
Grave.
- Speaker #0
Les gens ont adoré d'ailleurs. Je plaisante. Non, non, c'est que l'idée du Patreon, c'est aussi de temps en temps, quand on a des petits billets, de faire des petits billets d'humeur comme ça et d'improviser. Et moi, j'étais en boucle sur cette histoire de Xavier Dupont de Lugonnet, là. Ce n'est pas pour vous, mais moi, mon algorithme me mettait tous les faux témoignages de personnes qui pensaient l'avoir trouvé à l'autre bout du monde. Donc, au bout d'un moment, ça m'a énervée.
- Speaker #1
Sacré mystère, ça encore.
- Speaker #0
Ouais. Ouais, ouais. Je sais pas si on fait un épisode un jour dessus. Peut-être qu'il y a des avancées dans l'enquête. J'espère.
- Speaker #1
Là, l'épisode là-dessus, elle aura de chèvres. Y'a rien de plus à ajouter, quoi. On va faire que répéter ce qui a déjà été dit.
- Speaker #0
Ouais, mais je trouvais ça tellement hallucinant, toutes ces personnes qui pensent le croiser à tous les coins de rue.
- Speaker #1
Je n'ai plus m'empêché de faire un épisode toute seule.
- Speaker #0
Oui. Ah, mais... J'ai envie de te dire... Et je pense que les cactus seraient contents, libres à toi, de faire la même chose.
- Speaker #1
Je vais me gêner, tu vas voir.
- Speaker #0
Ok, j'ai hâte d'écouter ça.
- Speaker #1
Le message est passé.
- Speaker #0
Pour ces belles paroles.
- Speaker #1
Allez, salut à tous. J'espère que cette histoire vous aura gelé un petit peu, glacé le sang. Les sangs ? C'est intéressant. Et qu'on parle de sang.
- Speaker #0
Ouais. Eh bien, ouais, moi aussi. Et puis, on ne vous souhaite pas un Joyeux Pâques, puisque du coup, quand vous aurez l'épisode, ce sera fini. Mais si vous avez fait tout ça, on espère que vous allez manger plein de pudos. Au revoir.
- Speaker #1
Je vous embrasse. Attention à la crise de foie. Allez, à bientôt, Alex. Salut à tous.
- Speaker #0
Salut, H. Salut, les kikis.
- Speaker #1
Ciao, ciao.